Communication de Hamady Samba, Chargé des Relations Extérieures d’Ira-Mauritanie au Colloque International sur l’Esclavage……Niamey, Niger , date…..

Défaitisme et démission des courants abolitionnistes africains et afro-américains face à la traite arabo-musulmane, sa persistance et son expansion en Afrique.

Il est un constat sans équivoque que, antérieurement et parallèlement à la traite atlantique, une autre traite orientale, arabo-musulmane, a autant saigné le continent Noir que la première. Les Arabes et les populations arabophones, amazighs, touaregs ou maures, ont, depuis leur expansion en Afrique, utilisé les africains comme une marchandise à écouler en Afrique du Nord, en Arabie, au Moyen-Orient ou en Asie. En effet, dans le fond culturel de ces peuples et leurs pratiques linguistiques, le Noir est synonyme d’esclave, un sous-homme. Ce statut du Noir bête de somme et bien, sur lequel s’appliquent tous les attributs de la propriété, a été bien défini dans des codes juridiques écrits et validés par les grands docteurs et érudits de la « charia musulmane ».
Étant donné que les élites africaines et afro-américaines indépendantistes, anti-impérialistes et abolitionnistes, ont privilégié de jeter leur dévolu uniquement sur l’esclavagisme de l’Homme Blanc et la traite atlantique. l’Esclavage social, culturel, racial et religieux, au sein du monde arabo-musulman, n’a jamais été remis en cause ni déconstruit. C’est donc un esclavage doublé d’un mépris inné à l’encontre de l’Homme Noir, qui s’est enraciné, survivant à toutes les transformations politiques, socio-économiques et culturelles de la sphère géographique allant de la Mauritanie jusqu’au fin fond de l’Inde, passant par l’Afrique du Nord l’Arabie et le Moyen-Orient. Les millions d’Africains ayant été arrachés à leurs racines, dans le cadre de la traite arabe, et qui ont échappé aux disparitions massives dues aux mauvaises conditions de traitement, de transport et à la castration, ont légué une importante diaspora noire qui, hélas est l’enfant démuni de la lutte des africains et afro-américains contre l’esclavage et le racisme. Tous les pays de cette sphère géographique et culturelle, contiennent en leurs seins de fortes minorités noires d’origine africaine et/ou servile. Mais toutefois ces populations noires continuent à subir les discriminations criantes, la marginalisation ou l’invisibilité, institutionnalisées, ou purement et simplement l’esclavage moderne ou traditionnel.
La politique de la dissimulation suivie par les gouvernements des pays arabo-musulmans concernés par ce phénomène, n’a pas tardé à enregistrer ses limites dès sa confrontation aux libertés de paroles et d’investigations journalistiques et à la propagation des réseaux sociaux ; la preuve est le reportage de CNN l’année dernière sur la vente aux enchères des esclaves noirs en Lybie, la découverte d’un racisme primaire domestique et d’État contre les noirs de Tunisie, d’Algérie et du Maroc.., mais surtout l’ampleur et la profondeur des pratiques et idées esclavagistes en Mauritanie, au Niger, Nord Mali, Tchad, Soudan.
Ces pays représentent la ligne de frottement entre d’une part les populations arabes ou arabophones (Amazighs, Touaregs, Maures) et d’autres part les populations africaines subsahariennes. Sur cette ligne, ce contact abouti à l’institutionnalisation de l’esclavagisme érigé par les nomades arabo-musulmans contre les africains subsahariens.
Cet esclavage est légitimé par un important patrimoine législatif et « religieux » de jurisconsultes musulmans qui ont codifié l’esclavage des Noirs dans tous ses détails. Les puissances occidentales, colonialistes et les révolutionnaires africains des indépendances, ont tous passé sous silence et couvert d’un voile de mensonge le phénomène, pour éviter la gêne et pour se focaliser sur « l’essentiel ».
Maintenant, avec l’essor et la mondialisation de l’activisme des sociétés civiles suite à la fin de la guerre froide, la mondialisation et la naissance des réseaux sociaux, les élites issues des groupes confinés dans l’esclavage, ont donné le coup d’envoi à leur propre lutte de libération. Et, dans tous les Etats concernés par cette situation, les gouvernements tentent de se dérober à leurs engagements internationaux sur les droits humains, en niant la situation ou en la falsifiant; et ce, tout en s’occupant à amadouer les groupes esclavagistes qui sont en général parties prenantes dans la gestion de l’État. Ceci est valable pour le Niger, le Mali, le Tchad… Mais la Mauritanie a une toute autre spécificité.

Le Cas de la Mauritanie:
La lutte contre l’esclavage en Mauritanie.

Les groupes dominants arabo-berbères de Mauritanie, ont une longue tradition avec l’esclavage. Ce groupe de maures, est constitué d’Amazighs, de Touaregs et d’Arabes, organisés en tribus, il s’était beaucoup investi dans les traites triangulaire et transsaharienne. Cette communauté de vie et de destin commun qui s’est distinguée par ses penchants arabophones exacerbés, aime se désigner par le nom Beydanes ou Blancs, par opposition aux noirs autochtones, les subsahariens (hratins, peulhs, soninkés, wolofs ou bambaras). La colonisation française n’altéra en rien le mode de vie des auxiliaires de la colonisation que sont les beydanes. Pendant la période coloniale, leur mode de vie comme leur code d’honneur, basés sur l’esclavage et ses pratiques, ont été largement tolérés par les administrateurs coloniaux en contrepartie de la soumission. C’est pourquoi, l’esclavage racial et héréditaire par filiation matrimoniale en Mauritanie a bel et bien survécu à la colonisation française. Dans l’arabe dialectal mauritanien, le noir ou soudani, est synonyme d’esclave et le blanc ou bidani est synonyme de maître.
Et bien que minoritaires, les beydanes ont détenu le pouvoir politique dans la Mauritanie postcoloniale grâce au penchant et à la complicité de la France. Et depuis 1960, l’État Mauritanien, suivant une forte tradition des administrateurs coloniaux Français, adopta la ligne de déni de l’existence de l’esclavage bien que les rapports sociaux à caractère esclavagiste sont restés intacts depuis plusieurs siècles jusqu’à nos jours.

Début de la contestation organisée contre l’esclavage en Mauritanie: Création du mouvement Elhor ou l’homme libre.

Le 5 mars 1978, un groupe de cadres et fonctionnaires moyens, issus de la communauté hratin (esclaves et esclaves affranchis), fondèrent le mouvement Elhor ou l’homme libre; Elhor recrutait uniquement parmi les hratin et les incitait à prendre conscience de leur situation servile et à se soustraire à la domination du maître beydane. Cette petite élite hratin, ne tarda pas à être récupérée par le pouvoir mauritanien qui en a fait, jusqu’à nos jours, les plus grands détracteurs et faux témoins contre les militants anti-esclavagistes.
En 1994, un des anciens dirigeants d’Elhor, Boubacar Messaoud, fonda une ong de lutte contre l’esclavage: SOS-Esclaves. Cette ong, constituée par un groupe de personnes, très restreint, continua à dénoncer l’esclavage et ses pratiques par voix de presse et par des rapports transmis aux ongs internationales mais aussi aux organismes régionaux et internationaux. Biram Dah Abeid, président et membre fondateur d’IRA – Mauritanie, fut l’un des principaux activistes de SOS-Esclaves entre 2002 et 2008.

Naissance d’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie):

Après plusieurs années passées au sein de SOS-Esclaves, Biram Dah Abeid, avec d’autres camarades, décidèrent de fonder une organisation capable d’imprimer à la lutte contre l’esclavage, un caractère populaire, de masse, en rompant avec le militantisme élitiste de SOS-Esclaves et sectaire de Elhor. C’est pourquoi IRA – Mauritanie opta pour un mouvement de droit civique, populaire, recrutant au sein de toutes les communautés ethniques et groupes sociaux mauritaniens et structurant autour de la lutte contre l’esclavage, toutes les autres luttes, contre le racisme, l’oppression des castes, pour la démocratie et l’État de droit.
IRA – Mauritanie a été aussi est conçue comme un mouvement d’idée qui vise à déconstruire la légitimation religieuse et idéologique de l’esclavage et autres injustices sociales en s’attaquant à la version locale mauritanienne du rite musulman malékite; une version qui est à la base du code négrier mauritanien et autres coutumes et lois de stratification sociale dans le pays.
IRA – Mauritanie s’est fixé aussi comme objectif de disséminer l’information sur la réalité de l’esclavage en Mauritanie dans tous les forums et centres décisionnels internationaux, pour confondre l’État Mauritanien devant ses partenaires internationaux et ses engagements devant les Nations-Unies et autres organismes.

Les dirigeants du mouvement abolitionniste, ont en un laps de temps, et malgré l’interdiction qui les a frappé aussitôt, donné l’essor à un large et percutent mouvement de dénonciation et contestation populaire. La détermination des militantes et militants d’IRA – Mauritanie n’a d’égal que l’ampleur de la répression mise en œuvre par le régime mauritanien. Une répression violente, la torture systématique, des arrestations massives, des dizaines de procès, de lourdes condamnations, privations des droits les plus élémentaires, deviennent le lot quasi-quotidien des membres d’IRA – Mauritanie.
IRA – Mauritanie lança sur le front international, une offensive diplomatique et de plaidoyer sur la situation de l’esclavage, du racisme et des libertés démocratiques en Mauritanie. De ce fait, plusieurs ongs, organismes gouvernementaux ou non gouvernements du monde libre, suivirent IRA – Mauritanie dans ses critiques contre l’État Mauritanien et corroborent ses diagnostics sur la situation de l’esclavage en Mauritanie. Pour faire aboutir son plaidoyer international de la meilleure manière et en même temps contourner le plus possible l’interdiction qui la frappe, IRA – Mauritanie a procédé à la création de plusieurs sections officielles et reconnues de par le monde. Ainsi, Ira-France-Mauritanie, Ira-Mauritanie-Italie, Ira-Mauritanie-Belgique, Ira-Mauritanie-Hollande, Ira-Germany, Ira-Mauritanie-Espagne, Ira-Usa, Ira-Canada, Ira-Cote d’Ivoire, Ira-Senegal, Ira-Mali…
IRA – Mauritanie est dotée de milliers de militants et de dizaines de milliers de sympathisants. Avec IRA – Mauritanie, les idées anti-esclavagistes se sont propagées au sein du peuple mauritanien et dans toutes ses couches; les démonstrations populaires d’ IRA – Mauritanie sont les plus importantes et ses mots d’ordre très puissants et suivis de très grandes résonances. De ce fait, l’audience du mouvement abolitionniste IRA – Mauritanie inquiète sérieusement le pouvoir politique en Mauritanie; d’où l’interdiction de son aile politique, le parti radical pour une action globale (RAG), la conquête de la deuxième place par son candidat Biram Dah Abeid aux élections présidentielles de 2014, et la détermination du pouvoir du général Mohamed ould Abdelaziz à priver Biram Dah Abeid de battre campagne pendant les élections législatives passées (septembre 2018) et les élections présidentielles prochaines(2019), en le maintenant arbitrairement en prison, donnent preuves de l’impact du mouvement, ses idées et ses actions.
A noter que la notoriété et l’efficacité du combat et de la communication d’ IRA – Mauritanie, ont permis au mouvement et à son président Biram Dah Abeid, d’être le mouvement et le défenseur des droits humains, les plus primés dans les deux sous-régions d’Afrique du Nord et de l’Ouest.
De nombreuses organisations internationales de défense des droits de l’homme soutiennent le combat de l’IRA Mauritanie. C’est le cas de Human Rights Watch, Amnesty International, Freedom United et d’autres encore. Preuve s’il le fallait encore que l’étau moral international, se resserre autour du pouvoir mauritanien pour éradiquer dans les faits une pratique indigne d’un XXIème siècle et abusivement cautionnée par une religion dévoyée.

Niamey le 18/12/2018
Hamady LEHBOUSS Secrétaire aux relations extérieures, chargé de la communication

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Message de Biram Dah Abeid à la rencontre commémorant le centenaire de Nelson Mandela à Johannesburg.

✅Par Alexis Chaufrein, membre du staff des conseillers de Biram Dah Abeid.

Dites leur de ne jamais oublier Madiba ! (Tell them to never forget Madiba)

Mesdames et Messieurs, chers artistes, chers amis d’Afrique du sud, du continent Africain et du monde entier.

C’est un immense honneur pour moi d’avoir été convié ici parmi vous pour commémorer l’anniversaire des 100 ans de la naissance de Nelson Mandela.
Les circonstances et mon emprisonnement dans la prison civile de Nouakchott depuis maintenant près de 5 mois ne me permettent pas d’être présent, je le regrette profondément. Je le regrette d’autant plus, mes amis, que Nelson Mandela a toujours été pour moi un modèle et une source d’inspiration. Son combat, votre combat pour l’égalité des droits de la population noire et autres minorités d’Afrique du Sud, reste dans toutes les mémoires de New York à Shangaï, de Lagos à Addis Abeba.
Mais, plus que quiconque dans ce monde, le peuple de Mauritanie peut comprendre l’ignominie que vous avez endurés face à l’Apartheid simplement parce qu’il subit le même type de barbarie depuis des siècles, l’esclavage traditionnel par ascendance.
Cette barbarie est connue de nombreux diplomates dans les chancelleries étrangères, mais ignorée par l’Humanité depuis trop d’années. Ils n’en sera plus de même ce soir mes chers amis et ce grâce à vous !

Mais avant que vous puissiez faire savoir au monde que l’impensable barbarie de l’Apartheid s’est reproduite ailleurs sous une autre forme, permettez moi de vous dresser un tableau plus précis de la terrible situation de la Mauritanie.

I.Une discrimination raciale d’une ampleur incommensurable s’y opère de la part de la minorité Arabo-berbère à l’encontre de la population autochtone d’ascendence africaine Hratin(population servile assujettie par les tribus arabophones), et ethnies subsahariennes (peulh, soninko, wolof et bambara) majoritaire.
Malgré les récentes lois votées en Mauritanie, et notamment la loi contre l’esclavage du 13 août 2015 censée reconnaître cette pratique comme un crime contre l’humanité, les pratiques esclavagistes se poursuivent de plus belle. Il faut savoir, vous devez savoir, chers amis, le monde entier doit savoir que la Mauritanie est le pays sur cette planète, qui compte la plus forte proportion d’esclaves ! Entre 4 et 20% de sa population y est réduite en esclavage. Personne ne doit ignorer que dans mon pays des foetus sont esclaves avant même que leur mère ne leur donne la vie!

Cette discrimination honteuse se manifeste également concrètement dans tous les aspects de la vie quotidienne. Dans l’accès au vote par exemple, les subterfuges qu’utilisent le régime pour empêcher les noirs Mauritaniens pour accéder à leurs droits citoyens, sont nombreux et passent notamment par des prérequis administratifs d’une complexité inouie. Cela prive de facto les moins éduqués de l’exercice d’un de leur droit les plus élémentaire.
Une terrible discrimination à l’emploi sévit également. Les postes à responsabilité de l’Etat Mauritanien et en particulier de l’armée sont fermés au noirs dès lors qu’ils refusent la servitude volontaire à ce régime raciste.
Et que dire du sort des fillettes et des femmes nées du mauvais côté de la barrière sociale? Elles subissent l’exploitation domestique, le viol et une prévalence spécifique des maladies sexuellement transmissibles.
Enfin il me faut vous parler de la discrimination religieuse qui continue à sévir et fait de la République Islamique de Mauritanie une dictature théocratique parmi les plus fermées du monde. L’article 306 du code pénal adopté en avril dernier, élargit la peine de mort, sans aucune faculté d’atténuation, en
2018

II. Les diplomaties étrangères conاnaissent cette situation, la diplomatie Américaine, la diplomatie Canadienne, la démocratie Française, et toutes les diplomaties des 53 pays Africains frères de la Mauritanie connaissent cette situation, mais ils n’agissent pas ou peu. Vous pouvez changer cela , chers amis d’Afrique du Sud, chers amis d’afrique et du monde entier.
Dites leur de ne jamais oublier Madiba !
Comme lui nous nous revendiquons comme des passeurs d’espérance, comme lui nous menons une lutte pour assurer aux noirs de Mauritanie l’égalité des droits et tourner la page des siècles d’esclavage, de racisme et de déni des droits élémentaires.

Comme lui notre dessein ne comporte que l’application effective des lois permettant l’accès à l’éducation de base, le partage des ressources et le respect du suffrage universel.
Comme lui et comme vous au cours de votre combat nous appelons de nos voeux une réconciliation au service de la liberté, de la paix et de la prospérité.
Madiba a trop longtemps été négligé par les diplomaties étrangères, il fut même considéré comme terroriste par plusieurs d’entre elles.
Mais ces dernières finirent par changer d’avis face à la gravité de la situation.
Pour toutes les femmes et les hommes de Mauritanie, empêchons ces diplomaties de recommettre la même erreur. Pour cela mes amis, nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de vous.
Nous avons besoin de vous toutes et tous Mesdames et Messieurs
Je vous en conjure, dites à toutes les diplomaties d’Afrique, d’Europe et des Amériques qu’elles ne nous laissent pas tomber comme jadis ils laissèrent tomber Madiba.
Ils vous parleront d’intérêt économique, Il vous parleront de stabilité géopolitique, ils vous parleront de lutte contre le terrorisme. Dites leur simplement une chose, dites leur de ne jamais oublier Madiba!
Johannesburg, Afrique du Sud, 2 décembre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA via Facebook

Flash info/Le cas Biram : « Nous sommes devant une nouvelle alerte. »

Président BIRAM DAH ABEID a de nouveau des vertiges et maux de tête et le ministre de la justice refuse qu’on l’évacue à l’hôpital.
Voici une situation très alarmante qui vient confirmer le projet déjà élaborer par le pouvoir mauritanien et transmis par le juge d’instruction lors de sa première confrontation avec M ABEID, lui signifiant qu’ils ouvreront jusqu’à la dégradation de sa santé au point qu’il ne se souciera plus que de sa santé.
Nous ne pouvons rester neutre devant ce projet inhumain et cela ne fera que braquer les communautés les unes contre les autres.

Il appartient à chacun d’entre nous d’œuvrer pour la libération immédiate de M BIRAM DAH ABEID afin de lui permettre de subir des examens et lui apporter les soins nécessaires.

Présentement, nos sympathisants sont entrain de s’organiser pour mettre en place un sit-in dans la demi-heure qui suit.
Nous sommes certain que la détermination des militants et la hargne des forces de l’ordre pour en découdre ne présagent pas de moments paisibles.
Restons témoins de ce qui est entrain de se mettre en place.

Elhadj FALL
Porte parole de BIRAM DAH ABEID

Tribune/Soninkara : Dépassons ce régime féodal pour VIVRE en communauté !

Dans le cadre de la sensibilisation et de la conscientisation de la masse contre les tares de la société soninke (régime féodalo-esclavagiste ségrégationniste et discriminatoire), conscients qu’une civilisation et un mode de vie doivent et peuvent être réformés, le mouvement ganbanaaxu et ses différents partenaires associatifs mènent depuis plus de deux ans une lutte pacifique à travers les réseaux sociaux, le terrain et envers les organisations nationales et internationales.

Ces acteurs bénévoles de tout âge se sont vus marginalisés, caricaturés, maltraités et insultés dans leurs villages natals. Leur engagement perce au travers des conflits qui ne manquent pas de les opposer aux descendants des anciens maîtres. Plusieurs des leurs ont été incarcérés arbitrairement avec la complicité tacite des certains segments corrompus dans les administrations publiques. Cet engagement citoyen et humaniste a coûté aux membres porteurs de la CAUSE, des mises à l’écart sociétal ( exclusions arbitraires des institutions communautaires, lieux de culte disputés et d’autres accusations fantaisistes).

L’attitude des descendants d’anciens maîtres est moins bien connue car basée sur la tromperie et la corruption. Les membres du mouvement ont vigoureusement dénoncé la passivité, voire la complicité des gouvernements sur la question de l’esclavage. Il importe en définitif de situer chronologiquement les prises de position et de cerner leurs spécificités. Rompant avec une vision centrée sur un territoire en particulier, cette étude tentera d’appréhender ensemble des solutions équivoques.
Par ce combat abolitionniste, ce silence reflète celui des gouvernements des pays concernés dans leur ensemble. L’influence fortement liée aux régimes en place ne saurait adhérer à une lutte conduite par des gens jugés par descendance. Le souvenir de ce passé douloureux et conventionnel, indispose bien des catalyseurs de ce phénomène de l’esclavage à l’égard des abolitionnistes. D’ailleurs dans leur soif de faire perdurer ce phénomène, certains marabouts coutumiers dans leurs prêches montrent l’esclavage comme un fait établi par l’ordre divin, certains de nôtres par ignorance et naïveté n’ont pas l’occasion de discerner le vrai du faux et se sont vus sceller l’avenir de leur descendance. L’idée d’un soulèvement organisé par les descendants d’esclaves, libres de leur mouvement suscite un effroi particulier du côté des conservateurs à l’égard de la liberté en général. Le combat pour l’émancipation est appréhendé comme un ferment de désordre qui pourrait nuire à la soi disante bonne administration des institutions. Ces idées d’émancipation générale que prônent le mouvement ne viennent rien troubler, en évoquant les difficultés qui s’abattent sur le monde soninkara d’aujourd’hui. Il ne faut pas en déduire que les gouvernements participent, soutiennent activement les conservateurs, peut être que des interlocuteurs féodaux déforment le discours et le centre d’intérêt du mouvement. Il convient toutefois de remarquer que les régimes en place nous donnent une image réellement pessimiste sur la question de la lutte contre les séquelles de l’esclavage en milieu soninke.
Pour une bonne cohésion sociale et sociétale, nous avons besoin d’interroger nos institutions, les réformer qui à mon avis, sont des institutions à géométrie variable. Pour valoriser une société, sa jeunesse, son politicien, son intellectuel et son citoyen modèle se doivent d’être jaloux pour sa communauté afin de la porter à bras le corps.

Diallo Cheikh, acteur social et SG adjoint ARMEPES-France

URGENT : le député abolitionniste Biram Dah Abeid conduit aux soins menotté !

Le leader du mouvement Réseaux IRA, Biram Dah Abeid subit une exhibition humiliante de la part de ses geôliers ce lundi 26 novembre 2018 à Nouakchott. Connu souffrant, le prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les droits humains notamment contre les pratiques esclavagistes en Mauritanie, Mr Dah Abeid élu député au parlement mauritanien en septembre dernier (1 et 15 septembre), est aux arrêts depuis le 7 Août 2018 dans un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés du terrain.

Aujourd’hui, ce traitement humiliant dont il fait l’objet publiquement, nous apprend davantage sur le caractère troublant de son incarcération.

Finalement à qui profite cet acharnement inique et injuste sur un homme connu pour son pacifisme reconnu et prouvé depuis une décennie d’engagement ferme pour l’avènement d’une MAURITANIE JUSTE !?

#FreeBiram

Pour le BLOG par KS

À SITUATION EXCEPTIONNELLE, RÉFLEXION EXCEPTIONNELLE

✅Le problème dans Soninkara …Réforme ou révolution?

Il devient urgent de faire un choix de termes et ancrer les actes selon le sens de la terminologie choisie.
Aujourd’hui dans le conflit qui oppose les soninkés, un terme fait presque l’unanimité pour définir l’objectif à long terme : la réforme d’une société, hautement stratifiée pour ne pas dire castée, depuis des siècles si je ne m’abuse. Il s’agit, autrement dit, de changer en profondeur les mentalités et les pratiques pour réduire les injustices sociales qui minent notre communauté et l’empêche par la même de connaitre le progrès et le développement.
Or, qui dit réforme, dit nécessairement négociation ; celle-ci prenant sa source dans la communication. Comme nous pouvons l’admettre, l’absence de communication où elle doit exister favorise la suspicion qui, elle, entraine le doute finissant son cheminement logique par la scission voire la rupture des relations.
Aussi, nous admettons selon ce schéma que la réforme introduit inéluctablement la concertation entre les protagonistes afin de trouver un terrain d’entente ou une solution acceptable pour tous. Les confrontations ou antagonismes néfastes seront évités, l’union est préservée et la cohésion sociale née de ce processus s’installe alors durablement. C’est pourquoi, la réforme est le terme adéquat pour définir la nature du conflit qui déchire la société soninké, en ce sens qu’elle met en échec la confrontation violente que pourrait engendrer ou susciter le terme de révolution.
Cette vision des choses à notre sens doit être privilégiée par tout esprit pacifiste. En effet, le processus de la réforme qui nécessite de permanentes négociations pour tenter de concilier des attentes contradictoires, dans l’espoir d’éviter des confrontations ouvertes et violentes, concorde avec l’esprit de l’adage qui veut que « les guerres soient la conséquence de l’échec de la diplomatie ». Nous savons que la recherche des biens matériels, mais aussi du pouvoir et du prestige ou considération sociale constitue sans nulle doute le fil directeur qui permet de comprendre pourquoi des individus, membres d’une société s’opposent les uns aux autres ou rentrent en conflit. Ainsi, pour saisir la nature du conflit qui mine la société soninké internationale contemporaine, qui s’éloigne de jour en jour de l’impératif d’apaisement, à travers les différentes stratégies mises en œuvre ici et là, alors que nous avons grandement besoin de discours et d’attitudes qui exaltent le lien social, l’unité et la fraternité, il faut identifier toutes les formes d’antagonismes qui diffèrent en fonction des villages et des contrées. En outre, il faut aussi, s’interroger sur leur mode de surgissement dans l’espace, pour savoir si l’on est en face d’une volonté manifeste de trouver des solutions apaisantes.

Il faut savoir que les intérêts des membres d’une société donnée, sont conditionnés par la vision qu’ils ont de leur environnement immédiat et la perception des opportunités qui s’offrent ou non à eux. Leur milieu d’appartenance détermine ainsi des attentes et des aspirations qui leur sont propres. Ces individus voient leurs intérêts à la lumière de leurs expériences passées et des espérances qu’ils croient pouvoir nourrir quant à leur avenir.
Dans notre société soninké, on est en face de deux camps en conflit, dont on ne peut comprendre les aspirations qu’à travers une certaine organisation de l’ordre social qui a engendré des dominants et des dominés. Cet ordre social est structuré autour de la notion de division du travail et de la différenciation des tâches et des rôles qui a contribué à créer davantage d’inégalités et d’injustices que de satisfactions. Le groupe dominant ayant pris conscience de ses intérêts communs, œuvre au maintien de cet ordre et le groupe dominé manifeste son désir de le transformer. Ainsi, deux catégories de gens se livrent un bras de fer. Les uns sont pour la défense de l’ordre social ancestral et les autres le contestent vigoureusement. En fonction des contrées et de la nature du rapport des forces, par endroits le dominé souhaite sans succès une assise négociante pour trouver une solution apaisante et, par autres endroits c’est le dominant qui offre le même souhait sans succès également. On est en face d’une sorte de dialogue de sourds et il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. On peut légitimement se poser la question de savoir si devant les antagonismes de frustration, de dépendance et de concurrence, on ne s’achemine pas vers une sorte d’agressivité ouverte ou larvée, malgré les autocongratulations constantes de façade selon lesquelles « Nous sommes tous les mêmes; nous venons de la même source ou encore la communauté Soninké a toujours été exemplaire dans le temps et l’espace… ».
De notre modeste avis, si ces autocongratulations étaient véritablement fondées, la société soninké n’aura aucune difficulté à offrir à tous ses fils les mêmes droits, chances, opportunités et honneurs et supporteront les mêmes charges. Et les privilèges seraient purement et simplement abolis. C’est pourtant la persistance de ces privilèges qui crée un sentiment de frustation qui, lui pourrait conduire à une certaine animosité, engendrant à son tour de la révolte, qui nous approche de l’autre vocable: la révolution!, qui contrairement à la réforme, est souvent de nature violente. C’est pourquoi, avant d’arriver à ce stade, les décideurs politiques doivent assumer leurs responsabilité en ne laissant pas la situation s’empirer, et mettre fin aux scènes de désolation, comme constatés au Mali et en Gambie ces derniers temps. Car un embrasement général de la situation qui est à craindre et qui ne profite à personne, se profile à l’horizon.

Il faut donc, que les différents Etats de la sous-région jouent leurs rôles en cessant de prendre parti pour ceux qui disposent des moyens collossaux et qui sont réprésentés dans l’administration, par le truchement du phénomène de la corruption. Les Etats doivent faire prévaloir leurs attributs régaliens en obligeant les protagonistes à se soumettre au droit qui consacre l’égalité des citoyens. Les institutions de l’Etat ont pour rôle de faire respecter les droits de ceux de ses citoyens qui refusent de vivre sous le règne d’un droit coutumier qui les humilie en les considérant comme des êtres inférieurs qui doivent accepter leur condition servile d’antant.

Pour ce qui concerne, les soninko, ils doivent savoir que cette situation ne peut pas s’éterniser. Tôt ou tard, elle doit impérativement se régler d’une manière ou d’une autre. Il est donc de l’intérêt de tous de privilégier la voie de la diplomatie pour trouver une issue à ce conflit fraticide sur fonds d’esclavagisme statutaire, qui prend de l’ampleur de jour en jour. Il serait vraiment regrettable qu’on ne recourt à la diplomatie qu’après que des dégats irréverssibles soient commis et que des désastres surviennent.

Par cet article, j’en appelle donc à la conscience collective de la société Soninké d’une part à préférer la diplomatie à la confrontation violente, et d’autre part, aux pouvoirs publics, en l’occurrence, les autorités de la Mauritanie, du Mali, du Sénégal, de la Gambie et éventuellement les deux Guinées à assumer leurs responsabilités en usant de tous leurs arsenaux de pression pour éradiquer les causes de cette tragédie en milieu soninké, une conséquence de l’ignorance et de l’arrogance d’une catégorie de gens qui croient vivre au moyen âge.

Par Mouemine C.I Diallo

Événement/ Littérature : notre photo-reportage sur la journée internationale du Livre Africain à Massy (Région parisienne)

~L’écrivain Ousmane DIA en communication

~Dr KEBE Hassan à la parole

~Le chercheur et journaliste Diallo Saidou Nourou lors sa communication

~Extrait lumineux de poésie par Pr Amadou Elimane Kane

~Pr Abdel Wadoud Ould Cheikh en intervention

■SUITE PHOTO REPORTAGE :

Samedi 17 novembre 2018 au sein de la Bourse du Travail à Massy, s’est tenue une manifestation culturelle à l’occasion de la journée internationale du Livre Africain. Selon l’affiche d’annonce de l’événement, cette rencontre mettant la Mauritanie à l’honneur, a été organisée par le Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) , l’institut culturel panafricain et l’Association Traversées des Mauritanides. Sur place le chercheur mauritanien Dr Ousmane Sao de CCDMD était à la manoeuvre organisationnelle. La présentation d’entrée a été faite par l’enseignant chercheur et journaliste Diallo Saidou Nourou et relayé par la suite par l’écrivain et poète mauritanien Diagne Oumar, le modérateur des interventions.

En première partie du programme , des hommages ont été rendus à 3 auteurs mauritaniens (poètes et écrivains) tous décédés il y a quelques années.

Ainsi, l’écrivain mauritanien Ousmane DIA a porté sa riche communication sur feu le Pr Oumar Bâ (1917 – 1998). Par la suite Dr KEBE Hassan a présenté d’une manière succincte et lumineuse la vie et l’oeuvre du Professeur feu Ousmane Moussa Diagana (1951 – 2001). Le troisième homme des Lettres, l’enseignant et célèbre journaliste Mr Habib Ould Mahfouz (1960 – 2001) a été présenté brillamment par le chercheur et journaliste Diallo Saidou Nourou.

Après une pause de dégustation, 2 pointures célèbres dans leurs domaines ont présenté de riches contributions aux échanges de haut niveau littéraire et intellectuel tout au long de cette journée.

Il s’agit en premier lieu, du poète et écrivain sénégalo-mauritanien, le Pr Amadou Elimane Kane. Il a assuré une communication aux profondeurs intellectuelles qui stimulent grandement l’intellect afro ou Humain tout simplement avec confiance et responsabilité. Par la suite, c’était le tour du célèbre anthropologue mauritanien, le Pr Abdel Wadoud Ould Cheikh. Ce dernier a tenu une communication très instructive sous l’angle anthropologique tout en faisant une certaine historicité pas moins complexe du paysage littéraire dans notre pays et autour.

En un MOT, ce rendez-vous culturel « Le Livre Africain 2018″ avec la Mauritanie à l’honneur a été très instructif pour les participants.

Récit par KS pour le BLOG