CONTRIBUTION: Hésitations , tâtonnements , appel de balises au sommet …où est donc Yehdih ? Par Samba Thiam

Par Samba Thiam président des FPC

Nous avons observé ces derniers temps, non sans espoir et beaucoup de satisfaction, le ministre de la santé se démener, pour tenter de redresser le secteur moribond de la santé . L’initiative a été accueillie avec joie, par une bonne fraction de la jeunesse qui a manifesté activement son soutien. Il faut féliciter Monsieur le ministre.

Mais sans vouloir décourager personne ni verser dans le pessimisme, je dirais que cette bonne volonté , toute seule , ne suffira pas ; Je crains fort que ce ne soit peine perdue ,car c’est tout le grand corps qui est malade ; et traiter une jambe, un bras ou un nez ne saurait suffire à remettre sur pied un corps malade! Non , pour réussir dans ce secteur ,il eût fallu créer un vaste mouvement d’allure générale, impulsé d’en haut , pour que d’un seul tenant , tout se redressât en même temps …Il eût fallu toucher tous les secteurs ; le judiciaire, l’Administration gangrenée par la corruption, la concussion et les trafics en tout genre, truffée de fonctionnaires fictifs, de faux diplômes, bref, lutter contre ce désordre général installé depuis 1978, avec les régimes militaires, enfin , poser des actes forts , immédiats… Voilà qui aurait aidé le Ministre

Hélas , parceque tout ceci manque de vision d’ensemble, on voit cette personnalité se démèner, presque seule… Rien de significatif du côté des ministres de l’enseignement où règne une sacrée pagaille ( Superieur , Secondaire , Fondamental ) qui a besoin d’un bon coup de balai. Ici , au lieu de partir des fondations on pose la toiture ; malgré la floppée d’inspecteurs, c’est maintenant que l’on dresse des fiches du personnel pour déterminer l’effectif exact des Enseignants !

Rien du côté du secteur judiciaire ou dorment, dit-on, trois mille dossiers portant sur des contentieux fonciers . Rien du côté du ministère de l’interieur avec l’arbitraire sur les terres et l‘état civil, rien du côté des affaires étrangères et de la Pêche, ou du côté des sociétés nationales où règne une gestion tout aussi chaotique .

Au désordre général de l’administration s’ajoute celui de la rue …

Dans Nouakchott des meutes de chiens errant , vaches et chèvres divaguant. Une circulation automobile anarchique, des feux rouges brûlés sous l’œil indifferent des policiers; et comme pour se moquer des citoyens, on parle d’installer des radars sur la route de Boutilimitt pour limiter-dit-on- les accidents de circulation ! Des ‘’gilets jaunes ‘’ raclent , contre tout entendement, les bordures des chaussées pour débarrasser le sable accumulé ou lutter contre des vents de sable ininterrompus… Alors qu’hier seulement on rasait la ceinture verte de la ville devant nous protéger de ces pénibles vents de sable … On s’occupe à racler des chaussées alors que juste à côté des montagnes d’ordure jonchent les abords ! ( même si, pour être honnête , on constate quelque légère amélioration dans leur ramassage) . Partout l’espace public est squatté . Dans mon quartier-Cité-plage – des filous à l’affût, profitant de la confusion d’une transition, se dépêchent de construire sur des places publiques qui leur avaient été jusques-là refusées…

Sur la route de la plage on a laissé les ‘’lampadaires du sommet arabe’’ rouiller, sans entretien, et pour des besoins de marchés, crées de toutes pièces, on installe de nouveaux ; avec la complaisance, largement partagée, de nos bailleurs de fonds …
Dans nos cimetières nos morts sont enterrés pêle-mêle ; pas d’allées , pas de plan ‘’cadastre’’, un désordre fou qui ne semble gêner personne …Alors qu’à Dakar, à côté, il vous suffit d’indiquer le nom et l’année du décès pour retrouver en 5 mn le tombeau de votre disparu …

Notre Administration n’est pas prête de se redresser, à cause de cette culture du désordre qui imprègne tout . Culture ambiante du désordre, culture du faux-semblant, de la dissimulation…

Comment dès lors réussir à redresser les choses sans lutter contre ces pesanteurs lourdes ?

L’Opposition politique , quant à elle, au lieu de se soucier de l’abrogation des lois liberticides, scélérates de Mohamed ould Abdel Aziz qui l’étouffaient , se trouve d’autres priorités … On nous distrait, enfin , avec la ‘’ crise’’ de l’Upr, au détriment des vraies questions de fond occultées . Pourquoi , au fait , l’actuel locataire du palais ne créerait –il pas son propre parti politique ? Il ne manquerait certainement pas de soutiens au regard de nos mœurs politiques. Un parti de plus ou de moins ferait-il tant de mal à notre ‘’ démocratie’’…Céder, me semble -t-il sans, bien entendu, manquer d’être vigilant vis-à-vis de son vieux compère ; ne dormir que d’un oeil dirait Yehdih …

Où allons-nous ? Où est donc Yehdih ?

Samba Thiam

15-12-2019

©️ Crédit source: Post Facebook Kaaw Touré (15/12/19)

DROIT DE RÉPONSE : GANBANAAXUN FEDDE, MOUVEMENT TRANSNATIONAL HUMANISTE et LEGALISTE EST FONCIEREMENT L’ANTITHÈSE DES IDEOLOGIES FÉODALO-ESCLAVAGISTE DE PLUS EN PLUS VIOLENTES ET AGRESSIVES AU SEIN DE LA COMMUNAUTÉ SONINKÉ

Comme souvent et pour permettre à ceux qui ne sont pas familiers de la langue soninké de comprendre le sens de l’expression « GANBANAAXU », nous nous sommes habitués dans nos différentes communications et autres tribunes libres à définir systématiquement ce vocable, qui signifie : ÉGALITÉ EN DROIT ET EN DIGNITÉ.
Le mouvement « GANBANAAXUN FEDDE » est une initiative transnationale, progressiste et citoyenne de conscientisation des masses afin qu’elles comprennent l’urgence et la nécessité des réformes au sein de la communauté soninké où sévit depuis très longtemps un régime coutumier foncièrement discriminatoire, ségrégationniste et d’une violence symbolique inouïe. Depuis bientôt 4 ans, cet engagement pacifique est mené courageusement à travers un collectif d’associations transnational, pour le respect et la restauration de la DIGNITÉ HUMAINE au nom d’une FRATERNITÉ RÉELLE. Ce collectif d’associations hétéroclites lutte pour l’effectivité d’une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE consacrée et sanctifiée par les textes fondamentaux de nos États respectifs et par toutes les institutions internationales habilitées à défendre les Droits Humains mais aussi pour le respect strict de la légalité républicaine en toute circonstance, laquelle permet à tous ses enfants les mêmes droits, les mêmes chances, les mêmes opportunités tout en leur imposant les mêmes devoirs.

Après cette présentation assez rapide du mouvement, notre présent communiqué tient lieu d’un droit de réponse à une tribune farfelue, truffée de mensonges et honteusement diffamatoire. Le texte de cette tribune libre http://cridem.org/C_Info.php?article=730433, signé par une nébuleuse et fantomatique structure qui s’est autoproclamée « tounka lenmou fedde », littéralement « l’association des fils ou héritiers des rois » (dirigeants féodaux en traduction), il serait plus judicieux de dire plutôt « tounka lonbrou fedde », littéralement « les rois qui ne valent rien ou les rois de peccadille », vise à faire diversion en accusant l’éveil humaniste et citoyen porté par le mouvement GANBANAAXUN FEDDE et ses partenaires abolitionnistes. Dans leur tribune libre, au fond abject et infect, parue à CRIDEM, nous y décelons les mêmes tentatives vaines à vouloir camoufler la source de ce que vit aujourd’hui la communauté soninké dans la sous- région ouest- africaine pour ce qui concerne l’esclavage coutumier par ascendance. C’est un secret de polichinelle que de dire qu’il existe chez les soninkés, un esclavage statutaire intracommunautaire qui se pratique et se perpétue à travers d’innombrables violences symboliques et physiques, qui se sont même amplifiées ces dernières années, comme en atteste ce reportage récent de la chaîne internationale France 24. https://observers.france24.com/fr/video/ligne-directe-resister-esclavage-mali https://m.facebook.com/FRANCE24/videos/2548639315424208/ .

La réalité est qu’aujourd’hui au sein des communautés soninké, les personnes « castées » et assignées statutairement et socialement esclaves, refusent fermement de se laisser faire et revendiquent une CITOYENNETÉ ÉGALITAIRE selon les dispositions prévues par l’ordre républicain en vigueur dans nos pays. Ils se sont dressés pacifiquement contre les pesanteurs sociales injustes et humiliantes du système féodalo-esclavagiste incarné par les « LAADANI » c’est à dire les rapports sociaux discriminatoires et ségrégationnistes issus de la stratification sociale par laquelle la caste dite esclave est reléguée au bas de la pyramide dans tous les domaines de la vie profane et religieuse de la communauté.
Du côté mauritanien, les tenants de ce système réactionnaire qui défie l’ordre républicain et les lois nationales, sont organisés en groupuscules extrémistes via watsap et Face book et s’adonnent de manière régulière à des discours aux relents apologétiques de l’esclavage et à diverses provocations injurieuses.
Fidèles à nos principes et à notre option de lutte pacifique, nous avons porté leurs agissements répréhensibles aux autorités compétentes ces derniers jours avec notamment le cas de Fousseyni Soumani Camara connu comme un acerbe provocateur apologiste de l’esclavage qui en a fait son sport préféré.
Dans une communication récente http://cridem.org/C_Info.php?article=729831 , concernant son affaire portée devant la Justice, nous y avions signalée les provocations troublantes de complices identifiés de Fousseyni Soumani Camara sur nos militants en sit-in pacifique devant le commissariat Sebkha 1. Ces provocateurs qui sont Boubacar Camara plus connu sous le prénom de Moustapha Camara et Borou Camara lançaient en direction de nos militants certaines déclarations de nature apologétique et tentaient de prendre des images vidéo de nos membres avec leurs téléphones portables. Ils ont bien évidemment été empêchés. Mais, comble du cynisme, dans leur récente tribune libre, sans vergogne, ils n’ont pas hésité à tenter une ultime pirouette en essayant de jouer à la victime d’une agression imaginaire en mettant en exergue une scène d’attaque simulée de ces deux individus alors qu’ils font l’objet de plaintes bien solides pour leurs propos apologétiques de l’esclavage tenus dans leurs groupuscules watsap « democratia islamic » et « tounka lenmou fedde » . Nous tenons donc à donner ces précisions importantes, qui seront portées à la connaissance des autorités judiciaires avec preuve à l’appui. Dans leur déni de l’existence de l’esclavage coutumier par ascendance, nous les trouvons définitivement déboussolés et désorbités. Les mentalités féodalo-esclavagistes en milieux soninké sont connues de tous depuis toujours. Depuis trois ans, toutes les problématiques soulevées en milieux soninkés et notamment au Guidimakha, tournent autour de l’esclavage sous ses manifestations sociétales et coutumières. Nos divers communiqués de presse ont relevé plusieurs cas évidents même si la judiciarisation au niveau régional n’a pas souvent suivi les dossiers sous le prisme de cet esclavage coutumier par ascendance très défendu par les extrémistes féodaux et leurs complicités parentales parmi certains éléments introduits dans les rouages étatiques.

L’engagement GANBANAAXUN FEDDE s’inscrit dans les valeurs humanistes et citoyennes, et reste fidèle plus que jamais à cette voie(x). Et les manigances diffamatoires de certains adeptes inféodés aux mentalités féodales et esclavagistes du moyen-âge, seront sans effet face à notre détermination et notre résolution contre l’esclavage coutumier par ascendance érigé en mode de vie si ce n’est en art de vie par certains milieux soninké.

Nouakchott 15 Décembre 2019

🔹️P/ La communication GANBANAAXUN FEDDE et partenaires.

Le rôle essentiel des partis politiques n’est-il pas de participer à l’animation de la vie politique ou plutôt un intermédiaire entre le peuple et le gouvernement: Tentative de réflexion/ Dr. Sao Ousmane

« Un homme peut gravir l’Everest pour lui-même, mais au sommet, il plante le drapeau de son pays » Margaret Thatcher

Texte et contexte :

« On note depuis quelques années une certaine désillusion des citoyens envers les partis politiques, qu’ils ne considèrent plus forcément comme leurs meilleurs représentants et intermédiaires. Dans certains pays, les partis ont une fonction de direction. Ils ont pour objectif la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée. Si dans les régimes pluralistes (où existent plusieurs partis) la conception traditionnelle est que le pouvoir exécutif est en charge de l’intérêt national indépendamment des partis, ceux-ci assurent bien la conduite de la politique nationale, par l’intermédiaire de leurs représentants au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Ils légitiment et stabilisent le régime démocratique, en le faisant fonctionner. Animateurs du débat politique, ils contribuent aussi à structurer l’opinion publique. »Les participations à la vie de la cité, 30 juin 2006

Selon les analystes politiques,on distingue trois différents types de partis politiques :

1– Les partis dits « de cadre » nés au XIXème siècle, sont des partis de notables issus, dans un premier temps, de la bourgeoisie ou de l’aristocratie et se situent traditionnellement à droite ou au centre comme c’est le cas en France.

2– Les partis dits « de masse » nés au début du XXème siècle avec le développement du socialisme et du communisme, ont pour objectif la transformation de la société et la réalisation d’un ordre social nouveau. Pour cela, ils s’appuient sur une organisation structurée et hiérarchisée et sur un grand nombre d’adhérents, assurant ainsi leur autonomie financière et permettant l’encadrement des électeurs ;

3– Les partis d’électeurs, notion apparue dans les années 1960 et liée à l’approche américaine (système des primaires), sont caractérisés par la recherche du rassemblement du plus grand nombre possible de sympathisants, et s’attachent à la promotion d’objectifs consensuels.

Développement

Dans tous les pays du monde, les acteurs politiques sont représentés par les militants des partis politiques qui cherchent à conquérir le pouvoir. Les citoyens ancrés dans des organisations cherchent à influencer les politiques publiques et l’action du gouvernement dans le sens de leurs intérêts. Ainsi à côté des partis politiques, les organisations professionnelles, les organisations de la société civile, les institutions parlementaires et judiciaires, les Universités et l’Etat, chacun en ce qui le concerne, est un acteur unique ayant un rôle distinct et irremplaçable. La finalité de l’action publique et de la cohésion sociale est le bien-être individuel, social, économique et culturel. La démocratie n’est pas une fin en soi mais un moyen pour réaliser le bien-être et la dignité des êtres humains. Pour faire une démocratie réussie, il faut que les acteurs agissent en synergie, dans une clarté distinctive des rôles, avec sérénité, écoute et respect mutuel. La démocratie se construit à travers nos manières de penser, nos manières de parler, nos attitudes les uns vis-à-vis des autres, nos comportements et nos pratiques. Notre continent est à la croisée des chemins et vit des moments uniques de son histoire. Une nouvelle génération se cherchepour être aux affaires et dans l’opposition. Les batailles électorales s’annoncent rudes et deviennent de plus en plus prématurées. Malgré l’importance des enjeux actuels et futurs, nous avons tous la responsabilité d’œuvrer pour des débats apaisés sur l’orientation de nos politiques publiques, l’utilisation de l’argent public par une gouvernance transparente et démocratique et l’effectivité d’une démocratie administrative au service unique du bien-être du citoyen. (Anne Muxel2001).

En Afrique, malheureusement les acteurs de la pratique démocratique sont confus et nagent dans une absence quasi-totale de discernement. Notre pratique démocratique semble étourdie. Nous avons une permanence de la contestation dirigée par les partis politiques comme s’ils voulaient prolonger les batailles électorales perdues. Ce n’est pas leur rôle. Il n’est pas du ressort d’un parti politique d’organiser des marches et de les diriger. Leur vocation est de conquérir le pouvoir par la conception et la vulgarisation d’une nouvelle offre politique, sinon cela ressemble à une révolution. Les partis politiques doivent continuer à former leurs militants, se massifier et concevoir des programmes alternatifs pour la conquête du pouvoir. Leur action significative doit se construire autour des joutes électorales. La société civile doit être d’alerte ; elle doit cesser d’être une société civile d’anecdotes ; elle doit éviter de faire les batailles des partis politiques ; elle doit chercher, fouiller, interpeler le gouvernement et l’Assemblée Nationale lorsqu’elle sent une déviation dans l’action publique ; elle doit également informer les populations, faire le plaidoyer pour la prise en compte de questions émergentes et de nouveaux défis. La construction d’une grande démocratie nécessite une société civile informée, alerte, structurée, forte et mesurée.Le gouvernement doit aussi répondre et considérer les interpellations de la société civile et des citoyens.(Daniel-Louis Seiler, Ellipses, 2003), (David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary., 1742)

Les partis politiques, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n’ont plus la cote. Et c’est un euphémisme au point qu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il ya aujourd’hui une forte tendance au sein de la population mauritanienne pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui les dirigent, refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cette absence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. (Georges Lavau, Armand Colin, 1953).

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.(Michel Offerlé, 2006)

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situation, les citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en main leur destin. On voit ainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.(Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., PUF, 2007)

Le renouveau politique, un vaste chantier

Nos pays ont besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les hommes politiques devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Surtout dans les pays comme la Mauritanie, l’économie nationale a d’énormes promesses favorables avec la découverte de pétrole et de gaz ; il est impératif avec cette découverte de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives du pays à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Dans ce contexte précis notre citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité et de ses droits civiques et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique (Benjamin Constant, 1837). Chaque citoyen doit respecter les droits des autres qui sont identiques aux siens. Le terme de devoir peut aussi désigner une réalité plus morale qui doit guider le citoyen dans son comportement dans l’espace public. L’attitude des citoyens les uns envers les autres est primordiale pour rendre supportable la vie en société. La politesse, le respect, la capacité à venir en aide à une personne en difficulté sont des éléments capitaux pour une citoyenneté vécue au quotidien. Les manquements à ces règles élémentaires de vie en commun affaiblissent la notion de citoyenneté. Ensuite, les citoyens sont obligés de respecter les lois afin de permettre une vie en société organisée et d’éviter le développement de la loi « du plus fort ». On serait alors dans une situation anarchique, chacun agissant selon son bon plaisir, sans souci de la règle commune. L’obligation pour tous les citoyens de respecter les lois est la meilleure assurance que la liberté, les droits et la sécurité de chacun d’eux soient garantis de manière effective.

Dr Sao Ousmane : Président Cadre de Concertation et de Dialogue des mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) ;

🔹️Bibliographie

Anne Muxel : L’expérience politique des jeunes Pôle Sud Année2001, Paris presse de science Po.

Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., Les forces politiques françaises, Paris, PUF, 2007.

Michel Offerlé, Les partis politiques, Que sais-je no 2376, 5e édition, 2006.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques, Paris, A. Colin, 1993.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques en Occident : sociologie historique du phénomène partisan, Paris, Ellipses, 2003.

Maurice Duverger, Les partis politiques, 1951, Paris, Armand Colin.

Georges Lavau, Partis politiques et réalités sociales : Contribution à une étude réaliste des partis politiques, Paris, Armand Colin, 1953.

Philippe Raynaud et Stéphane Rials, Dictionnaire de philosophie politique, PUF, coll. « Quadrige dicos poche », 2003, 928 p. (ISBN 213052947X).

Henri Saint Jean Bolingbroke, Dissertation upon parties, 1775

Bernard Cottret et Marie-Madeleine Martinet, Partis et factions dans l’Angleterre du premier XVIIIe siècle, Presses Paris Sorbonne, 1991, 179 p. (ISBN 2904315926).

Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle, Société belge de librairie, 1837, p. 202 David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary, Liberty Fund, Inc., 1742

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur via Mail

Un conservatisme soninké entêté contre tout progressisme : les victimes en souffrent, par Silly Ismael Korréra

Silly Ismail Korrera – Le conservatisme est une philosophie politique qui est en faveur des valeurs traditionnelles et qui s’oppose à tout progressisme.

Pour les conservateurs l’ordre social établi est indépendant de la volonté humaine. Le conservatisme favorise la dépendance. L’individu a besoin d’indépendance pour jouir d’une entière autonomie vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. La stratification sociale soninké s’oppose à cette indépendance des individus.

Toute ambition nourrit par les castes inférieures doit s’attendre à la résistance de la chefferie traditionnelle et religieuse souvent en connivence avec les élites politiques.

Devenir ou souvent même penser à devenir imam, élu politique pose un problème dans ces organisations. Penser à devenir chef de village ou même poser la question d’une probable possibilité est considérée comme étant un crime qui peut être source de lourdes peines. Interdiction d’accès aux fontaines publiques d’eau, embargo interdisant au commerçant de vendre à cette personne, exclusion physique de la cité.

Il s’agit ici d’organisations sociales dont les mentalités sont empoisonnées par des imaginaires collectives et des clichées sociales.

Des familles entières privées de responsabilités parce qu’elles sont descendants d’esclave, griots, forgerons, etc. Des personnes réduites à l’esclavage dans ce village soninké, le seul crime, parce qu’elles ont immigré dans ces villages à la quête d’une vie meilleure et se retrouvent en esclavage à un moment de leur l’histoire.

Dans ces espaces villageois, des citoyens mauritaniens à part entière qui ne jouissent pas de droits fondamentaux (accès à la propriété sous contrainte d’acceptation des coutumes, ne pouvant participer à la vie du village, aux décisions…). Un citoyen a des droits et des devoirs. Ce système traditionnel met en cause la situation. Parce que les victimes de l’esclavage ont des devoirs mais n’ont pas des droits. Ce qui nous amène à mettre en cause qu’il y a forcement une complicité de l’état mauritanien.

Il n’existe que l’humain. À ce que nous sachons les humains sont égaux en droit et devoir c’est une règle d’or pour le maintien du lien social et la cohésion sociale. Il faut bannir ce système abject, honteux et arriéré. Tout silence face à ce système devient complicité. Raisonner pour laisser entendre que c’était ainsi depuis nos ancêtres et pour changer, il faut du temps. Nous savons qu’il faut du temps mais à un moment il faut un démarrage et combattre toutes les mentalités qui pensent encore avoir des droits sur des êtres humains. Cette pratique est un crime et le crime doit être sanctionné.

Silly Ismail Korrera, informaticien, membre d’IRA

Ressortissant de Guidimaka (Ajar)

©️ Crédit source : http://www.cridem.org ( http://cridem.org/C_Info.php?article=730243)

La culture est-elle nos ancêtres étaient comme ça et nous devrons être comme ça ? Par Boulaye Diakhité, chercheur en sociologie

Si toutes les cultures méritent la même attention, elles n’ont pas socialement le même intérêt. Il s’agit ici d’une réflexion de ce qu’on appelle chez les soninkés notre culture.
Dans cette courte analyse, je ferai de mon mieux de ne pas rencontrer tout ethnocentrisme dans ce qu’on appelle notre culture. S’il arrive dans mon analyse que la culture soninké se veut le centre de toute chose, que tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à elle donc elle est à disqualifier. Il s’agit d’un vocabulaire à parler des autres cultures, qu’il y a une référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de conserver sa légitimité en délégitimant les autres.

Ce qu’on appelle notre culture chez les soninkés : Je vivais dans un royaume je dois continuer à vivre dans le royaume, mon ancêtre cautionnait l’esclavage et je dois le cautionner. Non ce n’est pas de la culture ça, il s’agit de quand on pense ça nous arrange. Dans la culture soninké, on trouve plus le naturel que le réel ; l’immobilité sociale que la mobilité sociale. Je m’explique dans la conception soninké, c’est la nature qui veut qu’on soit marabout, esclave, guerrier etc… c’est à dire l’individu ne devient pas, l’individu né. Or, personne ne naît pilote, médecin, etc. On devient. Ce qui est valable pour tout ce qu’on prétend de naturel. Dans cette conception naturelle de la culture, il n’y a rien de vrai, on devient sociologue, médecin, chef de village, marabout etc. Si la culture était naturelle nous n’aurons pas à souffrir. Mon père est sociologue, je deviens sociologue puisque je porte ces gènes mais malheureusement ce n’est pas le cas. Mon père est riche, je deviens riche ; je n’ai pas besoin de travailler ; combien de personnes sont nées ayant des parents riches devenus pauvres ; de pauvres étant devenus de riches. Il n’y a pas une loi de la nature valide cette théorie de la culture soninké. Si on devient donc on n’a le choix de changer et choisir ce qu’on veut devenir.

– Devenir ou même penser à devenir imam, élu politique est renvoyé aux origines génétiques de l’individu soninké ;
– Penser à devenir chef de village est génétique ;
– Des familles entières privées à des responsabilités parce qu’ils sont descendants d’une caste dite inférieure.
– Devenir esclavage génétique ; marabout génétique, chanteur lié aux gènes des esclaves et griots ; pourtant on trouve aujourd’hui dans les gènes de ce qu’on appelle marabout et guerrier de bons chanteurs et danseurs ;
– Étranger installé dans un village soninké, on lui donne des gènes esclaves ; pourtant les soninkés se considèrent comme des grands voyageurs, migrants à s’en tenir à la conception soninké de l’esclavage, il n’existerait aucun soninké noble ;
– Un espace villageois, ces citoyens ne jouissent pas de mêmes droits fondamentaux.

Ce pourquoi, toutes ces questions qui nous amènent à mettre une interrogation à ce qu’on appelle notre culture et qu’est ce que la culture ?

La culture est un terme polysémique, issu d’un long processus de construction historique. Elle est la somme des savoirs accumulés et transmis par l’humanité. Ici on peut parler de changement social. S’il y a changement social, il y a changement culturel. La société soninké est connue pour son conservatisme. Elle est contre tout progressisme. Ce qu’on appelle notre culture soninké reste en faveur des valeurs et normes traditionnelles (esclave et dépendance). Notre système est contre l’indépendance des individus, contre les lois de la république. L’ethnocentrisme est au cœur du modèle culturel soninké. Nous n’avons d’autre choix que de le disqualifier.
La culture va au delà de toute distinction de peuples et de classes. Le mot culture est souvent associé aux idées de progrès, d’évolution, d’éducation. Le terme culture est un terme proche de la civilisation. La civilisation est un processus qui arrache l’humanité à l’ignorance et l’irrationalité. Elle est un processus de raison et d’amélioration. Ce processus de civilisation est lié au progressisme, même si certains sont plus civilisés, la raison humaine a pour vocation entrer tous les humains dans ce mouvement.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (du 2/12/19)

Mauritanie/ Politique : 《chef de l’État à chef du Parti : du politiquement incorrect》 Par Sneiba Mohamed

Le retour. Tel peut être le titre à donner à ces événements qui se succèdent depuis deux semaines. En rentrant au pays trois mois seulement après avoir quitté la présidence, Ould Abdel Aziz relance le débat autour de son rapport au pouvoir. Et à Ghazouani, son vieil ami, devenu président à la place du président.
Et c’est justement cette configuration politique nouvelle qui crée un climat de tension entre frères d’armes. Une situation insolite due au fait que, pour la première fois, un président sortant revient à la politique en voulant conserver le « commandement » du parti (du pouvoir) et continuer, à découvert, d’exercer une autorité parallèle. Un peu à l’image de cet échafaudage qui a permis, à l’ex président Kabila (RDC) de tenir en laisse Félix Tshisekedi pourtant élu président de la République « à la régulière », si l’on fait fi des accommodements mis en œuvre par le pouvoir pour ne pas lâcher le pouvoir.
Vue de cette manière, l’on peut qualifier de « politiquement incorrect » le comportement de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Comment peut-on comprendre autrement cette volonté, manifestement étrange, de vouloir bousculer un ami qui vous a laissé faire, dix ans durant, se contentant de tenir son rôle de chef d’état-major des armées astreint à la réserve ?
L’explication : « l’ancien président a le droit de faire de la politique » est raisonnable mais elle pèche sur plusieurs plans quand on la confond avec cette précipitation à vouloir utiliser le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), comme un cheval de Troie permettant à Ould Abdel Aziz d’user – et même d’abuser – d’un pouvoir parallèle que lui-même n’a jamais voulu partager quand il était à la tête de l’Exécutif.
On peut expliquer ce comportement inamical d’Ould Abdel Aziz par le seul fait qu’il s’était trompé sur l’appréciation de sa décennie calamiteuse. Et sur ce qui allait se passer après sa sortie du pouvoir.
Très vite, il s’est rendu compte qu’à Nouakchott, les choses ne se passent pas comme prévu. L’absence du « président des pauvres » est de plus en plus vécue comme une libération, au sens vichyste du terme. Les mauritaniens commencent petit à petit à le ranger dans le placard de l’histoire sans gloire, sans parvenir toutefois à oublier le mal dont les effluves suintent de partout. Ce qui relevait des rumeurs et des supputations sur des saccages économiques se transformait, le changement de pouvoir aidant, en convictions. Une de celles-ci aidait à comprendre : Aziz ne reviendra plus. Fraude fiscale, corruption, enrichissement illicite, c’est ce qu’il a légué à des mauritaniens qui se rendent compte, tardivement, de l’ampleur des dégâts. Le pays part en lambeaux. Ghazouani gère une nouvelle situation de crise. Economique s’entend. Politiquement, il poursuit son ouverture sur une opposition qui n’en demandait pas plus. Le « candidat du consensus » devient rapidement le président qui rassemble, qui ne fait pas de la confrontation un style de gouvernance. Ceux qui pensaient possible une « continuité » entre un homme adepte du « ça passe ou ça casse » et un autre qui fait preuve d’une sérénité à toute épreuve se rendent compte, rapidement, qu’ils ont perdu la partie…et le Parti.
Il faudra maintenant que la majorité « libérée » se réorganise autour de son nouveau chef pour l’aider à réparer le navire, à colmater les brèches. Il faut aussi que l’opposition, s’en tenant à son rôle de pendant du pouvoir, appréciant et jugeant sans excès, déploie tout son savoir-faire pour aider à l’exercice d’une démocratie véritable. Car le vrai changement a peut-être commencé maintenant avec un Ghazouani dont la « froideur », opposée au « zèle » de l’autre, pourrait convenir à nos mœurs politiques. Celles qui nous ont évités de sombrer, en 2011, dans ce « printemps arabe » dont on s’est rendu, très vite, qu’il était « inutile et incertain ».

Sneiba Mohamed

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (Du 30/11/2019)

《Comprendre Biram Dah Abeid à travers SARTRE.》 Par l’essayiste mauritanien Mohamed LAM

Un jour, dans une discussion, j’ai dit que Biram Dah Abeid était en avance par rapport à son temps. Entendons ici par temps, son environnement immédiat, le temps de l’espace culturel, traditionnel et CULTUEL Mauritanien.

Ce qu’il représente dépasse sa personne physique. D’ailleurs, je pense, qu’on ne peut et même on ne doit voir en Biram, Biram tel quel, mais le sens de son engagement. Il dépose un espoir sûr dans les esprits de ceux et celles qui croient en son projet politique.

En avance par rapport à son temps, selon moi, car il agit sur un terrain dont les idées, les croyances et les us et coutumes sont bloqués dans un passé moyenâgeux difficile à briser de l’intérieur.

Seulement, l’urgence du moment appelle à l’engagement politique et militant. Alors il faut agir.

Mais on constate bien que la question de la temporalité bute sur l’état d’esprit des personnes non encore suffisamment éduquées pour percuter et comprendre un message qui leur est adressé. Elle bute également sur l’orgueil et la stupidité de personnes qui voient en Biram, Biram tel quel.

Ces deux catégories de gens, MAURITANIENS, passent donc forcément à côté des messages porté par l’homme. Celui de la révolution des idées, celui d’un changement de paradigme, celui de l’humanisme et du respect des droits humains ainsi que celui des libertés absolues inhérentes à la personne humaine dans un État de droit qui se respecte.

-La temporalité statique :

Lorsqu’il analyse cette notion, J.P. Sartre dégage trois dimensions de la temporalité et reconnaît ces trois prétendus éléments du temps : passé, présent , avenir. Mais il ne l’ envisage pas comme « une collection de data dont il faut faire la somme

_Par exemple, dit-il, comme une série infinie de « maintenant » dont les uns ne sont pas encore, dont les autres ne sont plus_ mais comme des moments structurés d’une synthèse originelle ».

La temporalité est donc à prendre ou à laisser dans son sens entier et « la seule méthode possible pour étudier la temporalité c’est de l’aborder comme une totalité ».

Sinon nous rencontrerons ce paradoxe : le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, quant au présent instantané, chacun sait bien qu’il n’est pas du tout ».

Je pense donc que le plus important dans la temporalité, c’est l’imagination et la préparation du demain. La Mauritanie manque d’hommes politiques visionnaires capables de proposer une société civile et politique à travers les imaginaires mauritaniens dans leur multiplicité, leur diversité.

Mon soutien à cette vision porté par l’homme en l’espèce est indéfectible. Le futur est à préparer avec un oeil sûr sur les choses actuelles…

Bonne réflexion à tous 🙏

©️ Crédit source : post FB de l’auteur (du 22/11/19)