🔴 Edito-Blog | Ces coups sans États sous nos cieux : l’armée et les petits peuples, tous dans le flou perpétuel !?

Au Burkina Faso, 2 coups d’état en dix mois à peine. Un capitaine qui détrône un colonel, on y arrive peu à peu, le prochain peut être un lieutenant de 25 ans qui va chasser le capitaine. Qu’on se l’avoue, si des motards enturbannés chétifs ensanglantent et rasent nos contrées saheliennes sans être éradiqués durant ces nombreuses années, c’est dû à la faiblesse de nos forces armées et de sécurité. Armées clanisées en bataillons et en unités méfiants les uns envers les autres, l’élite hiérarchique embourgeoisée dans les villas sécurisées très loin du terrain chaud n’a aucune emprise décisionnelle efficiente sur les opérations menées au front. Ainsi les groupes terroristes fanatisés mènent la danse parce qu’ils semblent mieux au point en vision opérationnelle. Illuminés par une idéologie takfiriste aveuglante, ils installent la terreur parmi des populations abandonnées. À force de végéter dans cette terreur sans perspective d’espoir d’en sortir un jour par les forces de sécurité, les populations affectées vont se résoudre à un laisser-aller compatible avec ce joug islamiste au jour le jour. Ces derniers temps, certains médias annoncent que 40 % du territoire Burkinabé est hors contrôle des autorités étatiques. Et la priorité se joue ailleurs entre les factions de l’armée. Cette armée par la faction du colonel Damiba qui a chassé en janvier 2022 le président civil élu Koboré (reproché d’être dépassé par l’insécurité qui ronge le pays), est passée ces dernières heures sous la coupe nette d’une autre faction dirigée par un jeune capitaine appelé Ibrahim Traoré (né en 1988). Encore quasiment les mêmes reproches annoncés à l’encontre du déchu colonel Damiba comme lui même avait fait au sujet de la gouvernance Koboré. Toujours l’insécurité et l’impossible mission à faire face sérieusement aux groupes terroristes qui baladent en motos. On dirait que c’est normal, car l’armée ne cesse d’être en guerres intestines très loin du terrain chaud. La faction la mieux équipée du moment ne va pas bousculer longtemps les terroristes fanatisés dans les profondeurs de zones occupées, et trouve aisément l’alibi « entretenu » l’insécurité pour détrôner le gars en place dans la capitale. Au Mali, la bande GOITA tient et sécurise son pouvoir mais peine à sécuriser l’ensemble du territoire où la conjugaison des efforts Fama-Wagner fait bouger certaines lignes. Et dans d’autres zones, les groupes terroristes marquent des points, ainsi retrouver l’intégrité territoriale est un mirage aujourd’hui…

Du côté de Bamako, le régime de la bande Goïta risque l’installation d’un embourgeoisement avec les vagues d’une ferveur populiste consommatrice irréfléchie d’un anti-impérialisme fourre-tout. Les affaires sérieuses de l’intérieur sont masquées par une certaine véhémence populiste en haut lieu contre des ennemis représentés dans l’imaginaire collectif par exemple la France qui serait à l’origine de tout, une approche trop simpliste bien sûr. Les coups d’état ne préviennent pas, et les masses fanatisées à la sauce simpliste et idéaliste kemi-sebaénne d’aujourd’hui peuvent se retourner à tout moment quand d’autres arrivent à détrôner ceux d’aujourd’hui pour rectifier….dit-on.

Ouagadougou 2 octobre 2022 – Les drapeaux Burkinabé et Russe brandis par les manifestants de soutien aux putschistes


Et ces masses populaires très versatiles !

Sûrement les masses vues aujourd’hui 2 octobre 2022 autour de l’enceinte de RTB en soutien à la bande du jeune officier capitaine Traoré, étaient présentes à l’écrasante majorité dans les rues Ouagalaises déjà pour le colonel Damiba et ses hommes il y a 9 mois seulement. On peut parier si un lieutenant Ouedraogo fait chuter le capitaine Traoré dans 3 mois, on verrait les mêmes masses populaires en transe pareillement pour le nouvel homme fort. C’est ainsi, ça suit beaucoup dans l’instant et l’instinct euphoriques mais ça réfléchit peu sur le long terme.

Ces masses populaires se gavent d’arguments simplistes dits panafricanistes boiteux via les réseaux sociaux et meublent occasionnellement un quotidien austère et compliqué autour. Une unité d’élite la mieux équipée de l’armée qui vient se loger au cœur du pouvoir dans la capitale avec un capitaine « bébé » en tête, quel autre bataillon ferait mieux sur le terrain des combats contre les groupes terroristes ?
Mais non, étrangement on ne s’interroge pas, on applaudit mécaniquement en masses tout en brandissant le drapeau russe et en haïssant la France. Tout un symbole qu’une certaine indignation collective qui n’est pas synonyme de pertinence et de bonne orientation sociale et politique.

Si on mettrait à disposition de nos masses populaires 4 avions d’évacuation ouverte vers 4 destinations : Paris (France) , Le Caire (Égypte) , Durban (Afrique du Sud) et Moscou (Russie), on verrait vers quelle ombre il y aura du monde en bousculade…!

Une certaine opinion publique versatile et manipulée fait partie de nos multiples maux qui vont détruire le peu d’ordre étatique qui subsiste encore dans certains pays.

Arrivera un moment où une mobilisation est nécessaire à partir de Capitales parmi les masses populaires fanatisées dites anti-impérialistes, pour aller affronter les groupes criminels qui massacrent les pauvres populations abandonnées dans certaines localités. Type de la marche verte en 1975 de feu Roi Hassan II du Maroc sur le Sahara espagnol. Si 1 millions de Burkinabé déterminés et encadrés par les forces de sécurité se lancent sur les zones où sévissent les groupes terroristes, tout sera nettoyé. Ce serait plus efficace que l’appel au remplacement d’un ancien maître par un nouveau…n’est-ce pas !?

✍️🏿 KS pour le BLOG

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● Non au racisme domestique sur la voie publique. | Par Moussa SOUMARE (le Parti RAG)



La vidéo a été largement partagée sur les réseaux sociaux. À la marge de la manifestation de OLAN, après quelques minutes d’échange avec des blogueurs, au cours duquel le député Biram Dah Abeid, répondait à leurs questions, le président d’IRA a été empêché de s’exprimer, de manière si violente que gratuite.

La jeune femme a usé de toutes ses cordes vocales ( sa voix) pour parler fort, délibérément et ce avec détermination, rappelant le procédé d’acharnement contre le député Biram Dah Abeid, qu’un infiltré a exécuté à côté de Kiffa, dans une vidéo largement et sciemment diffusée et ayant abouti à l’arrestation de membres de IRA et du Parti RAG! Quelle similitude? Les forces centrifuges, anachroniques, au sein du pouvoir et dans nos sociétés, sont elles mécaniquement si conformes et si unanimes pour s’interposer entre ce leader et les questions du peuple? Sont elles idéologiquement dressées contre la symbiose et l’intégration sociale et citoyenne? Pour que le leader anti esclavagiste Hratin donne son opinion sur la question des langues nationales, en relation avec le projet de loi contesté défendu avec bec et ongles les autorités, est ce que la dirigeante de OLAN doit être si offusquée ; qu’est ce qui explique cette aversion, cette rancoeur, cette animosité ?

C’est quand-même, une attitude incompréhensible pour OLAN qui ne s’est pas gêné de charger les autorités Mauritaniennes lors de sa manifestation réprimée.
Ne pas autoriser que des citoyens manifestent pour exprimer leur désaccord est une entrave à la liberté de manifester. En effet, il s’agit assurément d’une forme d’expression: manifester, c’est aussi s’exprimer.

Ainsi, refuser qu’un citoyen et de surcroît,un député invité à l’instar de tous les citoyens à participer à une manifestation, sur un sujet d’intérêt national, c’est également une entrave à la liberté d’expression.

Cette dirigeante de OLAN est donc à mettre au même niveau que l’Etat qui fait un usage disproportionné de la force pour réprimer.
Heureusement, elle n’a pas les mêmes pouvoirs que celui-ci. Imaginez un instant, si elle disposait de moyens de répression plus redoutable…

C’est vrai que OLAN est le visage connu de la lutte pour l’officialisation des langues nationales.
La marche, c’est sa marche. C’est elle qui est l’organisatrice, personne ne peut lui ravir la vedette. Cependant, cela ne lui donne pas l’exclusivité de la défense des langues nationales, au point d’empêcher certains manifestants de prendre la parole et bien à la marge de la manifestation et pas sur le podium. Cette parole à la marge n’engage nullement OLAN.
Tout citoyen peut défendre les idées de OLAN quelque soit sa couleur politique, ou sa CATÉGORIE SOCIALE TRADITIONNELLE, ce qui est d’autant plus normal pour un député, un élu du peuple.

Certains parlent de récupération. Quelle récupération ? Ce sont également, les mêmes qui reprochent au député de n’avoir pas contribué physiquement à la lutte pour l’officialisation des langues, ce sont ceux qui ont toujours réclamé une position publique de Biram Dah Abeid sur le débat des langues nationales!!! Ce sont eux qui manifestent devant le parlement pour se faire entendre par les députés et Biram Dah Abeid est un député ; ce sont ces gens qui ont donné la parole à Samba Thiam, présidé du FPC, à Coumba Dada, député de Sawab; et ces organisateurs, dont la fille qui a agressé le député BDA, sont des membres éminents et dirigeants de partis politiques bien connus!!!

Mais comme toujours, cette jeune femme , c’est l’arbre qui cache la forêt. Son attitude, n’a besoin d’être analysée . Elle n’a exprimé que la haine et la rancoeur contre un homme politique d’une aura nationale et internationale, jouissant d’une légitimité nationale au regard des résultats des élections législatives et présidentielles dernières et au regard de ses sacrifices incontestables en faveur de toutes les causes justes de son pays.

Et à ce titre, son ascension met à mal d’autres acteurs politiques chassant sur le front identitaire, estimant qu’ils ont plus de droit que d’autres quand il s’agit de certains sujets : droit de l’homme, question du passif humanitaire, discrimination, lutte contre l’esclavage, ou encore la question cohabitation en Mauritanie etc.
Messieurs et mesdames, vous vous trompez d’ennemis. Au contraire, Biram doit être votre allié, votre compagnon de lutte pour changer la donne .
Ce combat n’est pas communautaire. Il interpelle tous ceux qui se retrouvent dans les idéaux et valeurs de justice pour une Mauritanie plurielle, multi-linguistique et multi-culturelle. Cette attitude grave et foncièrement irresponsable, pousserait certainement les vrais et sincères défenseurs des langues, à créer d’autres structures, moralement et idéologiquement aptes à mener à bon port cette cause noble et urgente.

Moussa SOUMARE
Membre du bureau Exécutif RAG

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● Éditorial : Ma plume, ma santé….la marche du pays | Par Camara Seydi Moussa

Je reprends ma plume (pour mes modestes contributions), après quelques temps d’absence…temps de latence ou d’hibernation ?

Rien de tout cela, Camara Seydi Moussa était malade. Une maladie bizarroïde. Et perdu entre les dermatologues de Nouakchott, Bamako et, depuis quelques mois, de Dakar.

Victime d’une allergie de je ne sais quoi. Une allergie qui énerve mes pores sudoripares. Car je ne supporte plus la chaleur ni ne peux porter un quelconque habit. Difficile, non ? De bilan médical en consultation… rien. Les toubibs n’y ont vu que du feu. Car le patient que je suis, après quelques temps de répit, recommence à souffrir. Alors pour mes soins je suis retourné à Dakar.

Sur le chemin de ce rendez-vous médical, contrairement aux autres par le passé, j’ai fait un agréable voyage en compagnie du journaliste et petit frère Babacar Baye N’Diaye de CRIDEM. C’est ainsi que le petit-frère et célèbre journaliste découvre ma souffrance. La souffrance d’un homme avec peu des moyens, écartelé entre les dermatologues de trois pays. Il a compati et en déduit un peu la cause de la rareté des mes éditos…

Le chemin était exaltant, empreint de l’amour du pays, la Mauritanie. Un pays que nous aimons et que nous jalousons. Mais un pays qui, par sa gouvernance, nous méprise, nous rejette mais surtout se plait et se complait dans la médiocrité, la honte comportementale et de la suffisance béate de l’ignorant. Un ignorant qui ignore qu’il est ignorant et surtout ignore que les gens savent qu’il représente le sommet de l’ignorance.

Au cours du voyage, on a raconté des petites histoires pour égayer l’atmosphère et surtout sortir du complexe des infrastructures que nous traversons…

Cahin-caha, je suis arrivé au point d’intersection qui mène chez mes diatigui. Je dois quitter mon petit-frère Babacar pour chercher un abri, car je n’ai plus les moyens de me loger dans une auberge. Babacar ne comprenait pas comment vais-je faire me frayer un passage dans ce qui ressemble à une petite forêt dakaroise sous un pont qui mène vers le carrefour Thiaxane. Je lui ai assuré que je m’en sortirai. Sur ce, le «Taxi Allô Dakar» me quitta, avec les « Fais attention à toi grand Seydi. Bonne chance ».

Merci Babacar pour ton soutien. A dire vrai, petit-frère, je ne connaissais pas ce pont, ni cet endroit touffu mais j’ai cru aux indications du chauffeur. Car, dit-il, sous le pont, de l’autre côté, il y a un carrefour où je pourrai trouver un taxi pour ma destination.
Je dois être hébergé par une famille dans le département de Rufisque au village de Sangalkam avant d’aller sur Dakar lundi pour voir mon médecin.

Sur le chemin, avant cette petite forêt surplombée par un pont, nous avons discuté. La discussion était intéressante, dépassionnée avec un détachement professionnel parfois aigu du sujet. Le petit-frère et moi sommes accueillis par une ville quasi-noyée, grandement paralysée par les eaux de pluie. Mais Dakar a pu se relever après les effets d’une averse d’une intensité sans précédent.

Que serai-il arrivé si cette pluie était tombée sur Nouakchott, notre capitale ? Non. Ce n’est pas le sujet. Parlons de mes médecins. Oui mes médecins. Ils étaient tous bons. Mais seulement chez moi, mon pays, la Mauritanie, les diagnostics de nos vaillants toubibs sont biaisés par les produits servis par nos officines pharmaceutiques. Comme quoi en Mauritanie il y a de très bons médecins qui ploient sous le poids des mauvais médicaments.

Mes propos peuvent être étayés par les cas de ces patientes, victimes de tuberculose osseuse qui, après l’administration du produit servi par le programme mauritanien, n’ont enregistré aucune amélioration. Il a fallu traverser le Fleuve et aller à la petite ville de Richard Toll pour se procurer de la même molécule du programme sénégalais.

Alors c’est la ruée vers le Sénégal ou Dakar ; et pourtant, particulièrement pour la tuberculose osseuse, le Sénégal et la Mauritanie reçoivent les mêmes molécules du même programme du richissime américain Bill Gates. Mais les nôtres sont tout simplement mal conservées.

Sacré pays, trituré, saccagé et sucé par des sangsues sans vision ni projet de société ; pauvre pays complètement à terre, complètement perdu. Le secteur de la santé est en perpétuelle admonestation.

Le malheureux citoyen mauritanien que nous sommes, continuerons à nous procurer des médicaments sans effet sur les maladies diagnostiquées qui constituent un danger pour notre santé … de véritables poisons. Dans l’histoire récente du pays, le ministre qui a cherché à mettre un peu d’ordre dans le secteur de la pharmacie s’est vu vite remercié. Car jugé nuisibles aux intérêts des intouchables, ces gens qui décident pour nous du prix des denrées alimentaires comme ceux des produits pharmaceutiques !

La faillite. L’Etat mauritanien est réellement en faillite. Embourbé dans l’à-peu-près et l’inefficacité. Sans initiative et ambitions pour ce peuple hagard… les belles intentions du Président Ghazouani ont pour effet sur la vie et l’existence du mauritanien que ce que les gouttes d’eau ont sur un rocher.

Un gouvernement nul. Car Ould Bilal et son équipe n’ont de programme ou d’action que des réactions après les sorties présidentielles. Un Président perdu et pris en otage, dirigeant une horde de ministres qui oublient qu’ils sont là pour exécuter son programme.
Monsieur le Président, revisitez vos engagements pour lesquels vous pensez avoir été élu et regardez l’action de votre gouvernement. Le gouvernement à qui vous avez donné la charge de les exécuter. Difficile de ne pas croire que beaucoup de ces hommes et femmes travaillent contre vous ou ne savent pas pourquoi vous leur avez confié ces tâches. Sur ce gouvernement, je viendrais.

… Alors ma santé : je considère que ce n’est pas le médecin dakarois qui m’a soigné mais que c’est plutôt les produits pharmaceutiques distribués et contrôlés par les hommes et femmes en charge de la santé des Sénégalais qui m’ont soigné. Je suis comme les victimes de la tuberculose qui quittent la Mauritanie pour payer les médicaments dans la petite ville de Richard Toll sachant que ces médicaments sont les mêmes que les nôtres convoyés dans le même bateau venant des Etats-Unis. Alors, pourquoi les nôtres sont sans effet sur les patients jusqu’à ce que les médecins demandent à ces derniers de traverser le Fleuve pour se procurer des produits qu’on offre gratuitement à Nouakchott ? Pauvre de nous !!

Pour ma petite expérience, je dis chapeau aux médecins mauritaniens qui ne sont malheureusement pas soutenus dans la chaine sur laquelle repose le secteur de la santé en Mauritanie. En fait, quel est le secteur qui marche bien dans ce pays ? Quel secteur est en mesure de soulager les difficultés quotidiennes des populations ? J’en cherche…

Tous mes remerciements aux amis qui m’ont soutenu durant les plus difficiles moments de cette épreuve. Merci.

Camara Seydi Moussa

©️ Via l’éditorial La Nouvelle Expression – http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1768

✓L’aéroport, Oum Tounsy de Nouakchott : le Ceuta et Melilla, des citoyens Mauritaniens | Par Seyré Sidibé – [Onde Info]

Les traditions abjectes, comme les mauvaises pratiques ont décidément la peau dure.

L’aéroport International, Oum Tounsy de Nouakchott est un joyau, une réalisation dont peut se vanter l’État Mauritanien. Mais seulement, elle est soumise à une gestion inconvenante et inappropriée: l’infrastructure est fermée au public.

Pour la plupart d’entre nous, elle reste une carte postale, qu’on contemple de loin, ou une infrastructure dont on découvre la beauté à travers la télévision. Finalement, on se demande à qui est-elle destinée, si elle reste fermée au public ? Un aéroport de ce standing n’est pas seulement construit, pour assurer l’atterrissage et le décollage des avions. C’est d’abord un lieu de trafic, de brassage, de rencontre, de détente mais surtout d’affaires pour chercher la croissance économique, en créant de la richesse et de l’emploi pour résorber, le chômage de masse qui touche la jeunesse, une priorité absolue, par les temps qui courent.

Depuis bientôt, cinq ans ou plus, l’aéroport Oum Tounsy de Nouakchott n’est ouvert qu’aux voyageurs, et à quelques privilégiés ou tout-puissants. Les autres qui accompagnent ou qui viennent accueillir, un ami, un frère, un parent sont tenus à distance, et ce temps quelque soit, le temps qu’il fait ( canicule, pluie ou tempête de sable). Cette mauvaise inspiration sécuritaire est le terreau fertile à de nombreuses pratiques déloyales et contraires à la loi. Les Micmacs qui s’y passent n’échappent à personne. Mais, comme dit l’expression « Motus et bouche cousue » . Là où, l’on empêche » l’économie légale » de prospérer, l’économie parallèle, la concurrente de la première s’y installe et généralement, c’est pour la durée, telle une décision impopulaire.

Cette situation a pour corolaire, la prolifération d’activités d’escroquerie, source de convoitise et de tentation : elles alimentent directement, les poches ou la marmite, selon l’expression consacrée de chez nous. C’est pour quoi, il est urgent de revoir cette mesure, qui ne peut être expliquée que dans le cadre d’une gouvernance basée sur les humeurs, héritée de l’ancien régime.

Les mauvaises traditions, comme les mauvaises pratiques, ont décidément la peau dure.

Il faut desserrer l’étau sécuritaire à l’aéroport Oum Tounsy. Mettez en place, un dispositif sécuritaire respectable et coercitif : portiques de sécurité, détecteurs de métaux, fouilles corporelles, brigade canine etc. Mettez- vous, un instant à la place des pauvres, citoyens ! Même lorsque, vous avez une veille maman, un malade à accompagner ou à accueillir l’accès à l’aéroport vous est refusé. Les raisons invoquées: la menace terroriste.

Si la stratégie, Mauritanienne dans la lutte contre le terrorisme a fait des émules, et est enseignée dans les académies, cette mesure qui concerne la fermeture de l’aéroport Oum Tounsy au public a du échapper aux experts. Elle est indéfendable et relèverait d’une dérive sécuritaire, de nature à mépriser les populations. Une telle mesure serait pertinente dans un contexte d’exception, de guerre, de pandémie, ou même de menace terroriste imminente. Et même dans ces cas, elle reste limitée dans le temps.

Même les pays de la sous région( Niger, Mali, Burkina Faso) qui sont aujourd’hui dans » l’œil du cyclone terroriste » n’ont pas pris des mesures aussi contestables que la fermeture de l’aéroport de Nouakchott au public. Plus près de nous encore, d’autres aéroports plus fréquentés et loin d’être à l’abri d’attaques terroristes, investissent plutôt dans les renseignements, la formation et la prévention sans tomber dans cette espèce de paranoïa sécuritaire.

Le terrorisme étant un problème transnational et transfrontalier, comme les crises économiques qui font partie de notre époque, Il faut les intégrer dans nos politiques et stratégiques de développement publiques ou privées. La riposte face à ces défis ne doit en aucun cas tordre le coup, à notre modèle social et politique, basé désormais sur le respect des libertés et les droits de l’homme.

Seyré SIDIBÉ

©️ Via OndeInfo – https://ondeinfo.com/laeroport-oum-tounsy-de-nouakchott-le-ceuta-et-melilla-des-citoyens-mauritaniens/

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✓L’Editorial du Calame : Magots planqués ?

La nouvelle a de quoi surprendre. Elle n’a pourtant pas été inventée par un média en mal de sensation.

L’ancienne Première dame, Tekeïber mint Ahmed, cherche, après quarante ans de vie commune (dont onze au palais présidentiel), à obtenir auprès des services de l’état-civil une attestation de mariage avec son époux Mohamed Ould Abdel Aziz. Pourquoi maintenant ? Le timing interroge.

Alors que le dossier dit de « la décennie », où MOAA et douze autres sont poursuivis pour, entre autres, détournement de deniers publics et malversations, vient justement d’être clos, ouvrant la voie au procès, cette demande est tout, sauf fortuite.

On parle de dizaines de millions de dollars, de biens meubles et immeubles aux quatre coins de ce vaste monde qui auraient échappé aux mailles du filet du pôle anti-corruption. Malgré des commissions rogatoires adressées à plusieurs pays…sans aucune réponse positive à ce jour.

Des cavernes d’Ali Baba auxquelles on ne peut avoir accès sans montrer patte blanche… un certificat de mariage, par exemple. Sans compter ce que les garçons, les filles et leurs conjoints ont mis de côté et qui n’a plus aucune chance d’être recouvert.

Que faut-il en déduire ? Que ce qui a déjà été saisi en Mauritanie n’est que, malgré son importance, la partie visible d’un énorme iceberg caché dans les paradis fiscaux et autres États complaisants ?

Que le « casse du siècle » ne dévoilera jamais ses secrets ? Sans doute mais on peut légitimement se poser une dernière question : Combien d’écoles, de routes, de dispensaires, de maisons de jeunes et de barrages aurait-on pu construire avec tout cet argent dont une grande partie semble nous échapper pour de bon ?

Ahmed Ould Cheikh (Le Calame)

✓L’éditorial : Repenser la Mauritanie | Par Camara Seydi Moussa (Nouvelle Expression)

Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale ; on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible admis comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.

C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Plus d’un demi siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.
Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme ; de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.

La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature

Seydi Moussa Camara

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1561

✓Les signaux de la France politique en 2022 | Un cas d’extrême droite appelé Zemmour !

Crédit Page officielle EZ

Dimanche 5 décembre 2021 à Villepinte, ville de la région parisienne (département de la Seine-Saint-Denis), ils se disent 15 000 participants autour de lui pour lancer leur reconquête de la France. Lui , il s’appelle Éric Zemmour, né le 31 août 1958 à Montreuil, journaliste et chroniqueur politique encarté tribun dans l’extrême droite avec une fixation obsessionnelle à l’endroit de TOUT ce qui a trait à l’extra-européen. Il assume une ascendance de berbère juif du côté d’Algérie. Il est recommandé de lire la dernière contribution de Mr Dominique SOPO président de SOS Racisme (France) dans Jeune Afrique, qui donne un portrait feuilleté psychologiquement de Zemmour… Le lien https://www.jeuneafrique.com/1275993/politique/eric-zemmour-une-nevrose-algerienne/ .

On dirait que ce Zemmour tient ses inspirations d’un ancien temps où les croisades constituaient un carburant idéologique et sociale par du fanatisme religieux du clergé qui rameutait les royautés européennes pour aller en martyrs se faire du Sarrazin (musulman) en Orient. Il profite des temps politiques populistes du moment en faisant du racisme et de l’islamophobie, un programme électoral. Une obsession à une « Francité » originelle est marquante chez lui, jusqu’à laisser apparaître qu’il vivrait des complexes incrustés dans son psyché concernant ses propres origines. Il aurait aimé avoir une filiation géographique avec Charles Martel, car tout ce qui le perturbe avec certaine aigreur maladive semble être lié à ses origines lointaines d’extra-européen physiquement et nominativement . La stratégie caractérielle pleine de ressentiments à vouloir se justifier en indexant sans cesse ceux qu’il considère comme « impurs » dans la « Nationalité française » dont il a bénéficié historiquement. Secoué d’être assimilé à une composante du peuple français ayant des ascendants qui vécurent le statut d’indigènes dans l’empire français d’antan, car il s’y voit minoritaire dans cette minorité . Ainsi il va se visibiliser par un certain populisme trompeur et manipulateur. Il ne dénonce pas au fond un risque de déclin de la France mais plutôt il transpose ses propres craintes d’être rejoint dans la classe d’une certaine catégorie de citoyens français d’aujourd’hui. Son parti s’appelle la « reconquête » dit-on, peut être un clin d’œil à l’histoire avec la reconquista, et les mois prochains vont nous édifier davantage. D’ici là il se déclare hypocritement anti-système politico-médiatique qui l’a construit pourtant en grande partie. Une stratégie à la Trump moins la richesse, il espère par les surenchères discursives exacerber les tensions pour arriver au pouvoir en France. Comme la photo illustrative ici, que Tout reste sombre autour de lui et sa vision. À suivre….!

D’ici là les principaux candidat.e.s qu’on peut citer pour la présidentielle de 2022, sont plus du président Macron (pas déclaré officiellement), mesdames Hidalgo (PS), Pécresse (LR) et Lepen (RN), monsieur Mélenchon (Les Insoumis).

-KS pour le BLOG.

✓Hommage – Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage | Mon combattant anti-esclavagiste de la journée du 2 décembre 2021!



Il s’appelle Mahamadou Sidibé, soninké malien originaire du village de Kremis. Beaucoup d’entre nous ont visionné l’élément média du reportage FRANCE 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA datant d’à peine 2 ans. Le monsieur entouré par une foule hystérique et haineuse demandant qu’on l’attache et qu’on le frappe parce qu’il est Gambana, c’était lui. Traîné, humilié et ligoté, parce qu’on lui reproche d’être militant actif contre l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké en Afrique de l’ouest aujourd’hui en ce 21 ème. Nous avons eu l’opportunité de le rencontrer il y a un mois à Kayes (26-27/10/2021) parmi les militants victimes invités comme témoins lors du forum d’octobre avec le programme Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo . Il en ressort de son témoignage lors de nos échanges, ce qu’on a pu constater et rapporter ailleurs en milieux Soninké ces dernières années, ceux qui s’affichent abolitionnistes en refusant les coutumes de l’esclavage par ascendance, subissent mise en quarantaine, embargo social, contraintes indirectes, accusations fallacieuses et harcèlements de tout genre. Ainsi dans leur zone, ils sont considérés comme indésirables sans la soumission à cet esclavage statutaire sous couvert de sinistres traditions dites ancestrales.



Il a tenu et il tient à cet éveil pour la restauration sociale d’une dignité tant bafouée par diverses assignations liées cet abject esclavage par ascendance. Nous sommes au cœur de l’Afrique, le continent qui fut gravement saigné diverses traites (atlantiques et sahelo-saharienne) . Si cette Afrique colonisée et néo-colonisée compte se libérer de l’impérialisme extérieur, les forces agissantes et mobilisatrices notamment parmi la jeunesse doivent revoir et réactiver une dynamique globalisante en secouant nos travers traditionnels et religieux. Nos aristocraties « pacotilles » (anciennement collabo occasionnels des colons) en total déphasage avec la marche du troisième millénaire, sont source d’un immobilisme multidimensionnel rendant rédhibitoire tout véritable éveil de conscientisation profonde, cohérente et massive. Feu Thomas Sankara ne s’était pas trompé lorsqu’il laissait clairement entendre que la révolution de masses pour un développement global et digne a comme ennemis intérieurs; les féodaux et les fonctionnaires embourgeoisés . Malheureusement de grandes incohérences continuent de marquer certains mobilisés dits panafricains anti impérialistes. Ils clament et réclament avec verve la souveraineté africaine pour de bon face aux multiples systèmes (occidentaux et autres) qui essaiment en prédateurs impitoyables de nos ressources naturelles. Et de l’autre côté, on essaie d’ignorer nos bizarreries sociales et traditionnelles qui persistent « pompeusement » par lesquelles on indexerait l’activisme antiesclavagiste et abolitionniste que Mr Sidibé et ses camarades mènent avec le soutien important des différents acteurs nationaux et internationaux (ONG, institutions, universitaires…), comme une forme de collusion avec l’ennemi extérieur dit-on. l’Afrique Noire du côté Ouest en tout cas a besoin d’un nécessaire travail mémoriel sur les problématiques liées à l’esclavage intérieur afin de se dire de certaines vérités thérapeutiques pour les mentalités. En milieux occidentaux, on déboulonne les statues de certaines figures historiques à problèmes avec la traite transatlantique, chez nous il nous faut dissoudre les références organisationnelles foncièrement discriminatoires considérées à tort comme sacrées. Aujourd’hui je dirais que monsieur Sidibé est devenu un autre type d’Africain par sa bravoure et sa détermination. Si on était au 18 ème, ceux qui l’ont traité comme vu dans ce reportage, l’auraient vendu au premier marchand (Blanc ou Noir) d’esclaves qui passe par là. Ces agissements d’une haine viscérale contre les personnes qui revendiquent leur normale dignité face aux humiliations coutumières, nous édifient beaucoup pour savoir que certains africains étaient/sont résolument esclavagistes hier et aujourd’hui par les mentalités.



✓ l’élément média via Ligne Directe Les Observateurs – France 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA

— KS pour le BLOG

Racisme et féodalité : l’addition est trop salée | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Il m’a été demandé de réfléchir dans une approche comparative voire dialectique sur les mots racisme et féodalité.
J’avoue que j’étais gêné et même quelque peu embarrassé par l’offre.
En effet, dans le tréfonds de la sagesse Soninké, il existe une inspiration rationnelle exprimée dans les proverbes et dictons, qui s’est émancipée du primat et diktat de la pensée et de la philosophie dominantes de l’asservissement.
Ainsi, on a l’habitude de dire chez les Soninké « qu’il ne faut pas comparer deux grains de sel : la différence est dans le poids et non pas dans la saveur ».
N’est-ce pas une sagesse !
Du coup, j’ai trouvé le sujet sans intérêt. Mais au fur et à mesure de la réflexion, il m’est apparu intéressant et à la fois pertinent. Même si la morale soutient qu’il ne faut pas comparer deux maux, il faut plutôt les combattre : ils se valent quel qu’ils soient.
Cependant, ce n’est nullement du cynisme que de vouloir mettre en opposition ces deux concepts.
J’entends ainsi les combattre en les mettant à nu, comme des voleurs qu’on mettait à poil au milieu de la journée à la place publique, autrefois quand j’étais enfant, au temps où le vol était un acte répréhensible.
Appartenant à un pays multi-ethniques et multiculturels, cette comparaison m’est apparue problématique, irrésistible et envoutante à la fois : je suis contrarié et pris dans un dilemme. En effet, il s’agit de parler de deux maux, deux malédictions, deux abominations.
A présent, je suis gagné et vaincu par le mal de ma profession : l’autocensure.
J’en viens à mesurer aussitôt la « dangerosité » du sujet : deux maux comme deux grenades dans mes mains et qui peuvent être dégoupillées à tout moment.
C’est un acte suicidaire. Il faut du courage et beaucoup de courage pour traiter ce sujet.
Je prends l’avis d’un camarade de promotion, plus brillant et plus courageux : naturellement sa réponse est un encouragement.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Après moult hésitations, c’est le oui qui finit par l’emporter comme dans un référendum.
Et voilà ! Je me décide maintenant, chers compatriotes à livrer ma réflexion sur ce sujet pour servir l’intérêt général et agissant désormais sous la légitimité et la légalité référendaires de la victoire du « oui ».

Le racisme pour faire simple est une idéologie qui repose sur le postulat selon lequel, l’espèce humaine est constituée de plusieurs races ou catégories dont certaines sont intrinsèquement supérieures à d’autres, sur la base d’une différence liée à la couleur de la peau, à la culture, ou encore à l’ethnie etc.

Au regard de cette définition, le racisme reste fondamentalement une façon d’agir et de se comporter, foncièrement nocive, par ce que se fondant sur une idéologie par essence dogmatique, extrémiste, ségrégationniste et intolérante du fait qu’elle refuse et réprouve la différence.
Ainsi, le mot racisme traduit avec euphémisme haine, mépris, diabolisation, répugnance et préjugés : toute une construction hégémonique et suprématiste aux relents fascistes ou nazis.
La féodalité, qu’est-ce que c’est ?
Dans le contexte africain qui nous intéresse, la féodalité résulterait de la division sociale du travail.
Dans cet esprit, elle est plutôt perçue comme une stratégie de gouvernance, de gouvernement et de gestion de la collectivité en vue de survivre et de dominer la nature à une époque où « l’homme était un loup pour l’homme ».
Expliquée de cette manière, la féodalité découle de la stratification sociale, un mode d’organisation social pyramidal où tous les membres ne sont pas logés dans la même enseigne. Ce qui explique l’existence de plusieurs statuts sociaux à valeurs inégales qu’on peut caricaturer d’ascendants ou descendants, valorisants ou dévalorisants ou encore intermédiaires, médianes auxquels sont affectés des rôles sociaux et des personnalités dans un ensemble territorial, socioculturel et historique cohérent.
C’est un système parfaitement adapté au mode de travail, d’organisation et de production des sociétés traditionnelles pour ne pas dire primitives.
Ainsi définie, on comprend aisément que la féodalité est historiquement une valeur, une tradition et une coutume qui a fait l’âge d’or des sociétés ancestrales africaines avec ses hauts et bas, comme tout système.
Elle est certes inégalitaire du fait que la naissance détermine la trajectoire sociale de l’individu : aucune autre ascension n’était envisageable en dehors du statut hérité et imposé.
Cependant avec le temps et les mutations sociales, les velléités de liberté, d’émancipation et de démocratie, de respect de la dignité humaine, la féodalité est passée de valeur à anti valeur ou contrevaleur.
Chaque personne entend désormais s’épanouir et chercher lui-même son chemin en dehors du conformisme familial et communautaire : le « père et l’héritage » ne sont plus immuables et vénérés. .
Le temps étant plus fort, agissant silencieusement mais sûrement et résolument telle l’action de l’érosion sur la pierre, le système féodal est à bout de souffle et connaît des entailles fatales.
Le temps a eu le dernier mot.
Conséquence, le conflit des générations est inévitable.
C’est une crise que connaissent toutes les sociétés. Mais c’est seulement, les plus fortes et celles qui ont eu la clairvoyance et la lucidité de confier la gestion de cette crise à des dirigeants éclairés qui réussissent en sortir indemnes.
Cette comparaison n’est pas terminée ou dit moins, elle est restée jusqu’ici superficielle.
En effet, on s’est limité à étudier séparément ou de manière désarticulée nos concepts objet de notre réflexion.
Le racisme tant décrier dans le monde semble à nos yeux moins dangereux que la féodalité. C’est presque de la provocation que de soutenir une telle assertion.
Mais dépassionnons le débat.
Finalement, je présente toutes mes excuses aux racistes que j’ai tant combattus et dénoncés depuis ma tendre enfance.
On m’a vite appris à détester l’Afrique du Sud sous l’apartheid, l’Amérique suprématiste blanche, le colonisateur blanc etc.

Dans cette démarche, je n’ai pu m’empêcher d’aller me recueillir sur les hauts lieux de la traite des noirs sur le continent : Gorée au Sénégal et El Mina au Ghana.
Mais au fait, l’enfer c’est toujours l’autre disait le philosophe.
Nous sommes tendres avec nous-mêmes et trop exigeants avec les autres.
Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit.
Ne tronquez surtout pas mes propos.
Si vous devriez me reprendre, citez-moi dans le respect des conventions académiques et universitaires.
Dans mon analyse, j’en viens à conclure que le racisme est victime de sa surmédiatisation : Il n’est peut-être pas si mauvais qu’on le pense.
En effet, il se nourrit en grande partie des préjugés et de la peur de l’autre souvent présenté à tort comme malédiction et démon.
L’ignorance aidant, le raciste se croit supérieur et regarde son vis -à- vis avec une certaine condescendance.
Cependant, ses idées ou constructions préétablies et préconçues se délitent petit à petit dès qu’il a l’occasion de côtoyer l’autre.
Il en vient au regret et même des fois au mea-culpa : on m’a dit. J’ai appris que … Il paraît que etc. On comprend alors que c’est la distance qui nourrit et entretient le racisme.
Le refus d’aller à la rencontre et à la découverte de l’autre. Un éloignement qui n’est pas forcément territorial mais lié à la différence de culturel, de couleur etc.
Dès lors une méfiance trop exubérante et excessive entretenue avec une autre communauté risque d’être assimilée à du racisme. Or, nous sommes tous des hommes, l’étranger dans la plupart de nos sociétés fait toujours jaser et est objet de suspicion : la peur de l’inconnu.
Mais une fois intégré, l’étranger est assimilé, accepté et regardé avec humanité.

C’est le dénouement d’un long processus de schizophrénie basée sur la stigmatisation de l’autre par ce que différent.
Pour preuve, tous les systèmes racistes à travers le monde ont fini par se ramollir : les mariages mixtes autrefois impossibles et même regardés comme des liaisons contre-nature sont devenus un phénomène de mode. Une précision me semble essentielle.
Le racisme, ce n’est pas toujours la caractéristique du blanc.
C’est malheureusement, l’idée qui habite la plus part d’entre nous.
Il existe aussi des noirs racistes nourrissant une haine viscérale vis-à-vis de tout ce qui est blanc ou différent.
L’antidote du racisme, c’est à mon sens la tolérance.

L’intolérance conduit à tous les excès et abus : égocentrisme, nombrilisme, xénophobie etc.
A contrario, le féodal et sa « victime » appartiennent à la même entité géographique et socioculturelle.

Ils parlent souvent la même langue. Ils présentent des similitudes évidentes comme des vrais jumeaux avec des traits physiques et culturels identiques comme deux gouttes d’eau.
La nature n’a pas voulu qu’ils soient différents. Mais, ils s’imposent une différence qui n’existe pas. Une différence qu’ils sont les seuls à voir juste pour asseoir des désirs hégémoniques.

A quelque chose, malheur est bon.
Heureusement ! Le raciste les ramène toujours à la raison: il les traite et considère de la même manière. Ils sont logés dans la même enseigne pour lui.
D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’en rire, tellement c’est absurde pour lui.
En effet, “noble et l’esclave ” dans l’empire féodal présentent et dégagent les mêmes visages et ressemblances.
Ce sont deux frères sans fraternité, qui se côtoient et occupent le même espace communautaire stratifié et inégalitaire.
Ils entretiennent des relations complexes réglées par la naissance valorisante pour l’un et dévalorisante pour l’autre.
Ils ne peuvent jamais être des parents.
Ils ne se “marient jamais ensemble”. Ce sont deux mondes qui se côtoient mais ne se rencontrent jamais.
Les places, les statuts, le rang, le classement, sur l’échiquier communautaire sont du ressort de l’héritage. Aucune perspective de réhabilitation, de reclassement et même de rectification n’est envisageable pour ceux qui sont placés depuis des générations au bas de l’échelle.
Tout est fait pour maintenir chacun dans sa classe. Tout est reproductibilité, calque, fidélité et nostalgie du génie ancestral.
Imaginez, une société où le travail, la compétence, l’érudition, la réputation, la probité, la vertu et la sagesse par opposition à la « noblesse héritée » ne sont pas considérées comme des vecteurs d’accession au nom du respect d’une tradition.
En dépit de leur pluralité et diversité culturelles, les sociétés humaines sont par essence dynamiques.
Elles ne peuvent pas être figées. En effet, l’homme est désir de perfectibilité : il cherche toujours à changer de situation, à s’améliorer et à s’adapter.
Le temps, l’environnement, le contexte autant d’éléments endogènes et exogènes imposent leur rythme et cadence.
Une musique qu’il faut apprendre à danser au risque de disparaitre, d’être frappé d’anachronisme ou de se faire passer pour un plaisantin.

Ainsi, le raciste au contact avec la réalité à mille et une chances de se repentir.
Au contact de la vérité, les préjugés s’effondrent et s’écroulent.
En revanche, le féodal est partisan de l’éternel statuquo, de la continuité d’un patrimoine tombé du ciel, sans jamais chercher à comprendre l’origine et la source, la moralité ou l’immoralité, la pertinence et la justesse.
Je m’en tiens à mon acquis. C’est tout !
C’est de l’égoïsme surdimensionné doublé de narcissisme.
Dans le contexte de notre pays, on critique vertement à longueur de journée et ce de manière infatigable « le racisme blanc » qui résulterait de la peur, de la différence et des conflits inhérents à une scène nationale traversée par plusieurs intérêts et parfois des réalités opposés, divergents ou contradictoires qui peinent souvent à s’accommoder.
Normal quand on est différent !
Mais comment expliquer qu’un descendant d’esclave noir ait plus de chance à épouser « une blanche » qu’une femme de sa propre communauté au nom d’une tradition ? Sachant qu’ils parlent la même langue, appartiennent à la même entité géographique, socioculturelle et historique. Soyons logique.
Arrêtons de jeter la pierre sur l’autre.
Le combat pour la liberté est global, systémique et cohérent.
Il ne peut intégrer des cas particuliers. C’est une règle qui n’admet pas d’exceptions.
La féodalité qui crie au racisme, c’est courant dans mon pays. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
A l’école primaire, l’une des nombreuses chansons que j’apprises disait : “Jamais l’on verra la queue d’une sourie dans l’oreille d’un chat». Cette phrase résume à elle seule le conflit sans fin entre chat et sourie.
Qui ne connaît pas le malin plaisir du chat à terroriser la sourie?
Mais pourtant, ces deux animaux élevés ensemble deviennent des amis et même des complices au point de voir la queue de la sourie dans la gueule du chat sans risquer de se faire manger.
Les bêtes arrivent à apprivoiser leur côté grégaire, sauvage et bestial pour s’adapter aux conditions imposées par l’élevage.
Or, dans les sociétés féodales, « le noble et l’esclave » ont dans la plus part des cas grandi ensemble. Ils se sont partagés et même échangés” les choses les plus intimes” mais ils ne peuvent envisager une relation plus humaine.
Il leur est impossible d’envisager une amitié d’homme à homme, une véritable parenté : leur rapport reste celui de dominant et de dominé, d’inférieur et de supérieur. En effet, dans cette relation l’un des acteurs est incapable de tendre la main à son « alter égo », de se mettre à sa place, de comprendre ses préoccupations, par ce que trop attaché au prestige et à un statut évanescent qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dessert la communauté au lieu de la servir.
Le dialogue, la concertation ou la consultation entre les leaders politiques en gestation doit intégrer cette question- à mon sens fondamental- afin que ces assises ne soient pas juste une occasion pour certains hommes politiques de se donner une nouvelle virginité politique en vue de revenir au-devant de la scène politique nationale.
Je vous en prie. Dans votre déballage des problèmes de notre pays, osez parler de l’esclavage, de la féodalité plus discriminante que le racisme souvent accusé de plomber les ailes de la nation mauritanienne.
Cette comparaison, à la limite de la provocation est loin d’être insensée.
Elle m’a amené à la conclusion que le racisme et la féodalité sont tous porteurs des germes de divisions : ils n’ont point de place dans notre république islamique.

Seyré SIDIBE Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/

« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284