✓L’Editorial du Calame : Magots planqués ?

La nouvelle a de quoi surprendre. Elle n’a pourtant pas été inventée par un média en mal de sensation.

L’ancienne Première dame, Tekeïber mint Ahmed, cherche, après quarante ans de vie commune (dont onze au palais présidentiel), à obtenir auprès des services de l’état-civil une attestation de mariage avec son époux Mohamed Ould Abdel Aziz. Pourquoi maintenant ? Le timing interroge.

Alors que le dossier dit de « la décennie », où MOAA et douze autres sont poursuivis pour, entre autres, détournement de deniers publics et malversations, vient justement d’être clos, ouvrant la voie au procès, cette demande est tout, sauf fortuite.

On parle de dizaines de millions de dollars, de biens meubles et immeubles aux quatre coins de ce vaste monde qui auraient échappé aux mailles du filet du pôle anti-corruption. Malgré des commissions rogatoires adressées à plusieurs pays…sans aucune réponse positive à ce jour.

Des cavernes d’Ali Baba auxquelles on ne peut avoir accès sans montrer patte blanche… un certificat de mariage, par exemple. Sans compter ce que les garçons, les filles et leurs conjoints ont mis de côté et qui n’a plus aucune chance d’être recouvert.

Que faut-il en déduire ? Que ce qui a déjà été saisi en Mauritanie n’est que, malgré son importance, la partie visible d’un énorme iceberg caché dans les paradis fiscaux et autres États complaisants ?

Que le « casse du siècle » ne dévoilera jamais ses secrets ? Sans doute mais on peut légitimement se poser une dernière question : Combien d’écoles, de routes, de dispensaires, de maisons de jeunes et de barrages aurait-on pu construire avec tout cet argent dont une grande partie semble nous échapper pour de bon ?

Ahmed Ould Cheikh (Le Calame)

✓L’éditorial : Repenser la Mauritanie | Par Camara Seydi Moussa (Nouvelle Expression)

Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale ; on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible admis comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.

C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Plus d’un demi siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.
Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme ; de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.

La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature

Seydi Moussa Camara

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1561

✓Les signaux de la France politique en 2022 | Un cas d’extrême droite appelé Zemmour !

Crédit Page officielle EZ

Dimanche 5 décembre 2021 à Villepinte, ville de la région parisienne (département de la Seine-Saint-Denis), ils se disent 15 000 participants autour de lui pour lancer leur reconquête de la France. Lui , il s’appelle Éric Zemmour, né le 31 août 1958 à Montreuil, journaliste et chroniqueur politique encarté tribun dans l’extrême droite avec une fixation obsessionnelle à l’endroit de TOUT ce qui a trait à l’extra-européen. Il assume une ascendance de berbère juif du côté d’Algérie. Il est recommandé de lire la dernière contribution de Mr Dominique SOPO président de SOS Racisme (France) dans Jeune Afrique, qui donne un portrait feuilleté psychologiquement de Zemmour… Le lien https://www.jeuneafrique.com/1275993/politique/eric-zemmour-une-nevrose-algerienne/ .

On dirait que ce Zemmour tient ses inspirations d’un ancien temps où les croisades constituaient un carburant idéologique et sociale par du fanatisme religieux du clergé qui rameutait les royautés européennes pour aller en martyrs se faire du Sarrazin (musulman) en Orient. Il profite des temps politiques populistes du moment en faisant du racisme et de l’islamophobie, un programme électoral. Une obsession à une « Francité » originelle est marquante chez lui, jusqu’à laisser apparaître qu’il vivrait des complexes incrustés dans son psyché concernant ses propres origines. Il aurait aimé avoir une filiation géographique avec Charles Martel, car tout ce qui le perturbe avec certaine aigreur maladive semble être lié à ses origines lointaines d’extra-européen physiquement et nominativement . La stratégie caractérielle pleine de ressentiments à vouloir se justifier en indexant sans cesse ceux qu’il considère comme « impurs » dans la « Nationalité française » dont il a bénéficié historiquement. Secoué d’être assimilé à une composante du peuple français ayant des ascendants qui vécurent le statut d’indigènes dans l’empire français d’antan, car il s’y voit minoritaire dans cette minorité . Ainsi il va se visibiliser par un certain populisme trompeur et manipulateur. Il ne dénonce pas au fond un risque de déclin de la France mais plutôt il transpose ses propres craintes d’être rejoint dans la classe d’une certaine catégorie de citoyens français d’aujourd’hui. Son parti s’appelle la « reconquête » dit-on, peut être un clin d’œil à l’histoire avec la reconquista, et les mois prochains vont nous édifier davantage. D’ici là il se déclare hypocritement anti-système politico-médiatique qui l’a construit pourtant en grande partie. Une stratégie à la Trump moins la richesse, il espère par les surenchères discursives exacerber les tensions pour arriver au pouvoir en France. Comme la photo illustrative ici, que Tout reste sombre autour de lui et sa vision. À suivre….!

D’ici là les principaux candidat.e.s qu’on peut citer pour la présidentielle de 2022, sont plus du président Macron (pas déclaré officiellement), mesdames Hidalgo (PS), Pécresse (LR) et Lepen (RN), monsieur Mélenchon (Les Insoumis).

-KS pour le BLOG.

✓Hommage – Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage | Mon combattant anti-esclavagiste de la journée du 2 décembre 2021!



Il s’appelle Mahamadou Sidibé, soninké malien originaire du village de Kremis. Beaucoup d’entre nous ont visionné l’élément média du reportage FRANCE 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA datant d’à peine 2 ans. Le monsieur entouré par une foule hystérique et haineuse demandant qu’on l’attache et qu’on le frappe parce qu’il est Gambana, c’était lui. Traîné, humilié et ligoté, parce qu’on lui reproche d’être militant actif contre l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké en Afrique de l’ouest aujourd’hui en ce 21 ème. Nous avons eu l’opportunité de le rencontrer il y a un mois à Kayes (26-27/10/2021) parmi les militants victimes invités comme témoins lors du forum d’octobre avec le programme Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo . Il en ressort de son témoignage lors de nos échanges, ce qu’on a pu constater et rapporter ailleurs en milieux Soninké ces dernières années, ceux qui s’affichent abolitionnistes en refusant les coutumes de l’esclavage par ascendance, subissent mise en quarantaine, embargo social, contraintes indirectes, accusations fallacieuses et harcèlements de tout genre. Ainsi dans leur zone, ils sont considérés comme indésirables sans la soumission à cet esclavage statutaire sous couvert de sinistres traditions dites ancestrales.



Il a tenu et il tient à cet éveil pour la restauration sociale d’une dignité tant bafouée par diverses assignations liées cet abject esclavage par ascendance. Nous sommes au cœur de l’Afrique, le continent qui fut gravement saigné diverses traites (atlantiques et sahelo-saharienne) . Si cette Afrique colonisée et néo-colonisée compte se libérer de l’impérialisme extérieur, les forces agissantes et mobilisatrices notamment parmi la jeunesse doivent revoir et réactiver une dynamique globalisante en secouant nos travers traditionnels et religieux. Nos aristocraties « pacotilles » (anciennement collabo occasionnels des colons) en total déphasage avec la marche du troisième millénaire, sont source d’un immobilisme multidimensionnel rendant rédhibitoire tout véritable éveil de conscientisation profonde, cohérente et massive. Feu Thomas Sankara ne s’était pas trompé lorsqu’il laissait clairement entendre que la révolution de masses pour un développement global et digne a comme ennemis intérieurs; les féodaux et les fonctionnaires embourgeoisés . Malheureusement de grandes incohérences continuent de marquer certains mobilisés dits panafricains anti impérialistes. Ils clament et réclament avec verve la souveraineté africaine pour de bon face aux multiples systèmes (occidentaux et autres) qui essaiment en prédateurs impitoyables de nos ressources naturelles. Et de l’autre côté, on essaie d’ignorer nos bizarreries sociales et traditionnelles qui persistent « pompeusement » par lesquelles on indexerait l’activisme antiesclavagiste et abolitionniste que Mr Sidibé et ses camarades mènent avec le soutien important des différents acteurs nationaux et internationaux (ONG, institutions, universitaires…), comme une forme de collusion avec l’ennemi extérieur dit-on. l’Afrique Noire du côté Ouest en tout cas a besoin d’un nécessaire travail mémoriel sur les problématiques liées à l’esclavage intérieur afin de se dire de certaines vérités thérapeutiques pour les mentalités. En milieux occidentaux, on déboulonne les statues de certaines figures historiques à problèmes avec la traite transatlantique, chez nous il nous faut dissoudre les références organisationnelles foncièrement discriminatoires considérées à tort comme sacrées. Aujourd’hui je dirais que monsieur Sidibé est devenu un autre type d’Africain par sa bravoure et sa détermination. Si on était au 18 ème, ceux qui l’ont traité comme vu dans ce reportage, l’auraient vendu au premier marchand (Blanc ou Noir) d’esclaves qui passe par là. Ces agissements d’une haine viscérale contre les personnes qui revendiquent leur normale dignité face aux humiliations coutumières, nous édifient beaucoup pour savoir que certains africains étaient/sont résolument esclavagistes hier et aujourd’hui par les mentalités.



✓ l’élément média via Ligne Directe Les Observateurs – France 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA

— KS pour le BLOG

Racisme et féodalité : l’addition est trop salée | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Il m’a été demandé de réfléchir dans une approche comparative voire dialectique sur les mots racisme et féodalité.
J’avoue que j’étais gêné et même quelque peu embarrassé par l’offre.
En effet, dans le tréfonds de la sagesse Soninké, il existe une inspiration rationnelle exprimée dans les proverbes et dictons, qui s’est émancipée du primat et diktat de la pensée et de la philosophie dominantes de l’asservissement.
Ainsi, on a l’habitude de dire chez les Soninké « qu’il ne faut pas comparer deux grains de sel : la différence est dans le poids et non pas dans la saveur ».
N’est-ce pas une sagesse !
Du coup, j’ai trouvé le sujet sans intérêt. Mais au fur et à mesure de la réflexion, il m’est apparu intéressant et à la fois pertinent. Même si la morale soutient qu’il ne faut pas comparer deux maux, il faut plutôt les combattre : ils se valent quel qu’ils soient.
Cependant, ce n’est nullement du cynisme que de vouloir mettre en opposition ces deux concepts.
J’entends ainsi les combattre en les mettant à nu, comme des voleurs qu’on mettait à poil au milieu de la journée à la place publique, autrefois quand j’étais enfant, au temps où le vol était un acte répréhensible.
Appartenant à un pays multi-ethniques et multiculturels, cette comparaison m’est apparue problématique, irrésistible et envoutante à la fois : je suis contrarié et pris dans un dilemme. En effet, il s’agit de parler de deux maux, deux malédictions, deux abominations.
A présent, je suis gagné et vaincu par le mal de ma profession : l’autocensure.
J’en viens à mesurer aussitôt la « dangerosité » du sujet : deux maux comme deux grenades dans mes mains et qui peuvent être dégoupillées à tout moment.
C’est un acte suicidaire. Il faut du courage et beaucoup de courage pour traiter ce sujet.
Je prends l’avis d’un camarade de promotion, plus brillant et plus courageux : naturellement sa réponse est un encouragement.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Après moult hésitations, c’est le oui qui finit par l’emporter comme dans un référendum.
Et voilà ! Je me décide maintenant, chers compatriotes à livrer ma réflexion sur ce sujet pour servir l’intérêt général et agissant désormais sous la légitimité et la légalité référendaires de la victoire du « oui ».

Le racisme pour faire simple est une idéologie qui repose sur le postulat selon lequel, l’espèce humaine est constituée de plusieurs races ou catégories dont certaines sont intrinsèquement supérieures à d’autres, sur la base d’une différence liée à la couleur de la peau, à la culture, ou encore à l’ethnie etc.

Au regard de cette définition, le racisme reste fondamentalement une façon d’agir et de se comporter, foncièrement nocive, par ce que se fondant sur une idéologie par essence dogmatique, extrémiste, ségrégationniste et intolérante du fait qu’elle refuse et réprouve la différence.
Ainsi, le mot racisme traduit avec euphémisme haine, mépris, diabolisation, répugnance et préjugés : toute une construction hégémonique et suprématiste aux relents fascistes ou nazis.
La féodalité, qu’est-ce que c’est ?
Dans le contexte africain qui nous intéresse, la féodalité résulterait de la division sociale du travail.
Dans cet esprit, elle est plutôt perçue comme une stratégie de gouvernance, de gouvernement et de gestion de la collectivité en vue de survivre et de dominer la nature à une époque où « l’homme était un loup pour l’homme ».
Expliquée de cette manière, la féodalité découle de la stratification sociale, un mode d’organisation social pyramidal où tous les membres ne sont pas logés dans la même enseigne. Ce qui explique l’existence de plusieurs statuts sociaux à valeurs inégales qu’on peut caricaturer d’ascendants ou descendants, valorisants ou dévalorisants ou encore intermédiaires, médianes auxquels sont affectés des rôles sociaux et des personnalités dans un ensemble territorial, socioculturel et historique cohérent.
C’est un système parfaitement adapté au mode de travail, d’organisation et de production des sociétés traditionnelles pour ne pas dire primitives.
Ainsi définie, on comprend aisément que la féodalité est historiquement une valeur, une tradition et une coutume qui a fait l’âge d’or des sociétés ancestrales africaines avec ses hauts et bas, comme tout système.
Elle est certes inégalitaire du fait que la naissance détermine la trajectoire sociale de l’individu : aucune autre ascension n’était envisageable en dehors du statut hérité et imposé.
Cependant avec le temps et les mutations sociales, les velléités de liberté, d’émancipation et de démocratie, de respect de la dignité humaine, la féodalité est passée de valeur à anti valeur ou contrevaleur.
Chaque personne entend désormais s’épanouir et chercher lui-même son chemin en dehors du conformisme familial et communautaire : le « père et l’héritage » ne sont plus immuables et vénérés. .
Le temps étant plus fort, agissant silencieusement mais sûrement et résolument telle l’action de l’érosion sur la pierre, le système féodal est à bout de souffle et connaît des entailles fatales.
Le temps a eu le dernier mot.
Conséquence, le conflit des générations est inévitable.
C’est une crise que connaissent toutes les sociétés. Mais c’est seulement, les plus fortes et celles qui ont eu la clairvoyance et la lucidité de confier la gestion de cette crise à des dirigeants éclairés qui réussissent en sortir indemnes.
Cette comparaison n’est pas terminée ou dit moins, elle est restée jusqu’ici superficielle.
En effet, on s’est limité à étudier séparément ou de manière désarticulée nos concepts objet de notre réflexion.
Le racisme tant décrier dans le monde semble à nos yeux moins dangereux que la féodalité. C’est presque de la provocation que de soutenir une telle assertion.
Mais dépassionnons le débat.
Finalement, je présente toutes mes excuses aux racistes que j’ai tant combattus et dénoncés depuis ma tendre enfance.
On m’a vite appris à détester l’Afrique du Sud sous l’apartheid, l’Amérique suprématiste blanche, le colonisateur blanc etc.

Dans cette démarche, je n’ai pu m’empêcher d’aller me recueillir sur les hauts lieux de la traite des noirs sur le continent : Gorée au Sénégal et El Mina au Ghana.
Mais au fait, l’enfer c’est toujours l’autre disait le philosophe.
Nous sommes tendres avec nous-mêmes et trop exigeants avec les autres.
Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit.
Ne tronquez surtout pas mes propos.
Si vous devriez me reprendre, citez-moi dans le respect des conventions académiques et universitaires.
Dans mon analyse, j’en viens à conclure que le racisme est victime de sa surmédiatisation : Il n’est peut-être pas si mauvais qu’on le pense.
En effet, il se nourrit en grande partie des préjugés et de la peur de l’autre souvent présenté à tort comme malédiction et démon.
L’ignorance aidant, le raciste se croit supérieur et regarde son vis -à- vis avec une certaine condescendance.
Cependant, ses idées ou constructions préétablies et préconçues se délitent petit à petit dès qu’il a l’occasion de côtoyer l’autre.
Il en vient au regret et même des fois au mea-culpa : on m’a dit. J’ai appris que … Il paraît que etc. On comprend alors que c’est la distance qui nourrit et entretient le racisme.
Le refus d’aller à la rencontre et à la découverte de l’autre. Un éloignement qui n’est pas forcément territorial mais lié à la différence de culturel, de couleur etc.
Dès lors une méfiance trop exubérante et excessive entretenue avec une autre communauté risque d’être assimilée à du racisme. Or, nous sommes tous des hommes, l’étranger dans la plupart de nos sociétés fait toujours jaser et est objet de suspicion : la peur de l’inconnu.
Mais une fois intégré, l’étranger est assimilé, accepté et regardé avec humanité.

C’est le dénouement d’un long processus de schizophrénie basée sur la stigmatisation de l’autre par ce que différent.
Pour preuve, tous les systèmes racistes à travers le monde ont fini par se ramollir : les mariages mixtes autrefois impossibles et même regardés comme des liaisons contre-nature sont devenus un phénomène de mode. Une précision me semble essentielle.
Le racisme, ce n’est pas toujours la caractéristique du blanc.
C’est malheureusement, l’idée qui habite la plus part d’entre nous.
Il existe aussi des noirs racistes nourrissant une haine viscérale vis-à-vis de tout ce qui est blanc ou différent.
L’antidote du racisme, c’est à mon sens la tolérance.

L’intolérance conduit à tous les excès et abus : égocentrisme, nombrilisme, xénophobie etc.
A contrario, le féodal et sa « victime » appartiennent à la même entité géographique et socioculturelle.

Ils parlent souvent la même langue. Ils présentent des similitudes évidentes comme des vrais jumeaux avec des traits physiques et culturels identiques comme deux gouttes d’eau.
La nature n’a pas voulu qu’ils soient différents. Mais, ils s’imposent une différence qui n’existe pas. Une différence qu’ils sont les seuls à voir juste pour asseoir des désirs hégémoniques.

A quelque chose, malheur est bon.
Heureusement ! Le raciste les ramène toujours à la raison: il les traite et considère de la même manière. Ils sont logés dans la même enseigne pour lui.
D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’en rire, tellement c’est absurde pour lui.
En effet, “noble et l’esclave ” dans l’empire féodal présentent et dégagent les mêmes visages et ressemblances.
Ce sont deux frères sans fraternité, qui se côtoient et occupent le même espace communautaire stratifié et inégalitaire.
Ils entretiennent des relations complexes réglées par la naissance valorisante pour l’un et dévalorisante pour l’autre.
Ils ne peuvent jamais être des parents.
Ils ne se “marient jamais ensemble”. Ce sont deux mondes qui se côtoient mais ne se rencontrent jamais.
Les places, les statuts, le rang, le classement, sur l’échiquier communautaire sont du ressort de l’héritage. Aucune perspective de réhabilitation, de reclassement et même de rectification n’est envisageable pour ceux qui sont placés depuis des générations au bas de l’échelle.
Tout est fait pour maintenir chacun dans sa classe. Tout est reproductibilité, calque, fidélité et nostalgie du génie ancestral.
Imaginez, une société où le travail, la compétence, l’érudition, la réputation, la probité, la vertu et la sagesse par opposition à la « noblesse héritée » ne sont pas considérées comme des vecteurs d’accession au nom du respect d’une tradition.
En dépit de leur pluralité et diversité culturelles, les sociétés humaines sont par essence dynamiques.
Elles ne peuvent pas être figées. En effet, l’homme est désir de perfectibilité : il cherche toujours à changer de situation, à s’améliorer et à s’adapter.
Le temps, l’environnement, le contexte autant d’éléments endogènes et exogènes imposent leur rythme et cadence.
Une musique qu’il faut apprendre à danser au risque de disparaitre, d’être frappé d’anachronisme ou de se faire passer pour un plaisantin.

Ainsi, le raciste au contact avec la réalité à mille et une chances de se repentir.
Au contact de la vérité, les préjugés s’effondrent et s’écroulent.
En revanche, le féodal est partisan de l’éternel statuquo, de la continuité d’un patrimoine tombé du ciel, sans jamais chercher à comprendre l’origine et la source, la moralité ou l’immoralité, la pertinence et la justesse.
Je m’en tiens à mon acquis. C’est tout !
C’est de l’égoïsme surdimensionné doublé de narcissisme.
Dans le contexte de notre pays, on critique vertement à longueur de journée et ce de manière infatigable « le racisme blanc » qui résulterait de la peur, de la différence et des conflits inhérents à une scène nationale traversée par plusieurs intérêts et parfois des réalités opposés, divergents ou contradictoires qui peinent souvent à s’accommoder.
Normal quand on est différent !
Mais comment expliquer qu’un descendant d’esclave noir ait plus de chance à épouser « une blanche » qu’une femme de sa propre communauté au nom d’une tradition ? Sachant qu’ils parlent la même langue, appartiennent à la même entité géographique, socioculturelle et historique. Soyons logique.
Arrêtons de jeter la pierre sur l’autre.
Le combat pour la liberté est global, systémique et cohérent.
Il ne peut intégrer des cas particuliers. C’est une règle qui n’admet pas d’exceptions.
La féodalité qui crie au racisme, c’est courant dans mon pays. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
A l’école primaire, l’une des nombreuses chansons que j’apprises disait : “Jamais l’on verra la queue d’une sourie dans l’oreille d’un chat». Cette phrase résume à elle seule le conflit sans fin entre chat et sourie.
Qui ne connaît pas le malin plaisir du chat à terroriser la sourie?
Mais pourtant, ces deux animaux élevés ensemble deviennent des amis et même des complices au point de voir la queue de la sourie dans la gueule du chat sans risquer de se faire manger.
Les bêtes arrivent à apprivoiser leur côté grégaire, sauvage et bestial pour s’adapter aux conditions imposées par l’élevage.
Or, dans les sociétés féodales, « le noble et l’esclave » ont dans la plus part des cas grandi ensemble. Ils se sont partagés et même échangés” les choses les plus intimes” mais ils ne peuvent envisager une relation plus humaine.
Il leur est impossible d’envisager une amitié d’homme à homme, une véritable parenté : leur rapport reste celui de dominant et de dominé, d’inférieur et de supérieur. En effet, dans cette relation l’un des acteurs est incapable de tendre la main à son « alter égo », de se mettre à sa place, de comprendre ses préoccupations, par ce que trop attaché au prestige et à un statut évanescent qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dessert la communauté au lieu de la servir.
Le dialogue, la concertation ou la consultation entre les leaders politiques en gestation doit intégrer cette question- à mon sens fondamental- afin que ces assises ne soient pas juste une occasion pour certains hommes politiques de se donner une nouvelle virginité politique en vue de revenir au-devant de la scène politique nationale.
Je vous en prie. Dans votre déballage des problèmes de notre pays, osez parler de l’esclavage, de la féodalité plus discriminante que le racisme souvent accusé de plomber les ailes de la nation mauritanienne.
Cette comparaison, à la limite de la provocation est loin d’être insensée.
Elle m’a amené à la conclusion que le racisme et la féodalité sont tous porteurs des germes de divisions : ils n’ont point de place dans notre république islamique.

Seyré SIDIBE Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/

« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284

« Trahir la Constitution, c’est renoncer à l’immunité présidentielle » | Par Mbarek Ould Beyrouk

Le Point Afrique – TRIBUNE. Qu’il s’agisse de la Mauritanie ou d’un autre pays africain, aucune excuse ne doit empêcher que la corruption des anciens chefs d’État ne soit sanctionnée.

Mon respect est immense pour l’œuvre de Tierno Monénembo. Mais son récent « plaidoyer pour Mohamed Ould Abdel Aziz » me semble contestable. Il est certain que les périodes autocratiques sont destructrices et difficiles à réparer. Il est vrai aussi que l’alternance pacifique en Afrique doit être à chaque fois saluée parce qu’elle sauve notre continent de dérives qu’il n’a que trop connues.

Mais il est plus vrai encore que la corruption et les détournements de biens publics ont condamné nos pays à la pauvreté et la dépendance extérieure, qu’ils ont interdit tout sursaut, qu’ils ont spolié nos populations et qu’ils ont souvent bradé nos richesses.

La corruption une vraie menace

Contrairement à Tierno Monénembo, je pense que l’essentiel est là. Pour avoir servi l’État à ma modeste échelle, je sais ce que coûtent l’appât du gain, les conflits d’intérêts et les petites corruptions qui se cachent derrière les grandes.

La démocratie ne peut être mature tant que l’économie n’est pas un tant soit peu purifiée, tant que l’État de droit n’est pas respecté, tant que les activités prévaricatrices ne seront pas punies.

Le risque est grand de tendre vers des régimes antidémocratiques La Mauritanie a indirectement hérité d’une Constitution inspirée de celle de la France, pays qui a fait le choix d’un présidentialisme fort, imprégnée d’un esprit de monarchique.

De fait, chez nous, le risque est grand pour nos dirigeants de tendre vers un régime antidémocratique. « Il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposé. »

Une précision est nécessaire concernant l’ex-président Aziz

Il ne s’agit pas ici de condamner l’ancien président Aziz ou de l’absoudre. Ce sera le travail des juges. Seulement, il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées.

Pour l’écrivain Mbarek Ould Beyrouk, l’ex-président Mohamed Ould Abdelaziz « est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées ».

L’ancien président, inculpé suite aux accusations d’une commission parlementaire, se défend des faits qui lui sont reprochés. Il s’est d’ailleurs largement exprimé dans les médias nationaux et internationaux. Demain, il devrait bénéficier d’un procès équitable.

La loi doit s’appliquer à tous et la justice équitablement rendue

Quel que soit son verdict, il est donc essentiel que ce procès se tienne, car le peuple mauritanien mérite que la loi s’applique à tous et que justice soit équitablement rendue. La velléité avec laquelle les avocats d’Aziz invoquent la prétendue immunité absolue de leur client montre le chemin difficile qu’il reste à parcourir pour que l’égalité devant la justice s’inscrive comme une évidence dans les mentalités.

En effet, Aziz considère que le procès est nul et non avenu, car l’article 93 de la Constitution garantirait à l’ex-président l’immunité dans l’exercice de ses fonctions. Se faisant, ils admettent indirectement que les faits de corruption dont il est accusé font partie de la « norme » dans le service des plus hautes fonctions de l’État.

Donc, finalement…

Ainsi, je voudrais dire à ce grand écrivain qu’est Tierno Monénembo qu’il n’est pas normal que la corruption soit un phénomène normal ; les intellectuels africains ne devraient pas l’accepter. Non, l’essentiel n’est pas dans les kermesses politiques, même pas dans les douces passations de pouvoir, mais bien dans la volonté d’apporter une éducation de qualité, un système de santé acceptable et un niveau de vie décent. Pour ce faire, on ne peut pas accepter que les fonds destinés à ces grands objectifs soient détournés par les rapaces.

Par Mbarek Ould Beyrouk*

© Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747965

✓Édito du Blog | Le député BDA ou une vision portée honorablement pour l’intérêt de la Mauritanie!



Si ce grand monsieur visionnaire, le député BDA avait refusé et rejeté toutes les dispositions de dégel ouvertes par le pouvoir du président Ghazouani, beaucoup l’auraient traité d’être dans une politique politicienne pour sa seule personne. Qu’il serait dans l’exploitation de la défense des sans-voix pour entretenir son aura internationale. Non , le leader abolitionniste mauritanien sait et les petits peuples sans bras-longs dans le « Big Système » savent que sa nouvelle stratégie d’ouverture vigilante fait bouger sensiblement certaines lignes d’étouffement. Ce « Big Système » est transcommunautaire , ainsi certains milieux « favorisés naturels » y profitent la nuit et s’habillent en pourfendeurs le jour. Ils fêtent et jubilent leur part de la POMME en comité tribal et féodal à l’occasion avec les vieux ressorts réflexes et par une fine gymnastique ils se font victimes avec brouhaha via la coloration raciale et communautaire foncièrement trompeuse. Un bref aparté illustratif sur les soubresauts qui traversent les milieux soninkés autour des problématiques féodalo-esclavagistes, nous édifie sur l’étrangeté de la « chose paradoxale » depuis quelques années. Par exemple, certains communautaristes soninkés au temps l’ex-Raïs peuvent se montrer militants dans les rangs de certains mouvements encartés « negro-mauritaniens » contre le système étatique à l’échelle nationale, et être de connivence avec leurs proches bien introduits dans les rouages étatiques pour contrer les engagés contre l’ordre féodal et coutumier dans les villages. Chez ces gens, on voudrait voir et ressasser que tout « le Mal » et les « tous les méchants » sont d’une communauté dite privilégiée, les beydanes, mais dans leur giron communautaire tout éveil pour plus d’égalité sociale et citoyenne est taxé de « rébellion » de lèse-majesté au régime des coutumes discriminatoires et ségrégationnistes . Ainsi incohérences et inconséquences d’un esprit réactionnaire jusqu’à l’extrémisme d’en-bas qui se proclame progressiste et droit-de-lhommiste extramuros. Pratiquement tous les mouvements politiques ou associatifs comptent dans leurs rangs, cette catégorie « d’engagés » qui manipulent les données sociales sur certaines questions comme les hiérarchies sociales, les castes, le foncier rural et autres.

Étrangement certains de ces « favorisés naturels » du « Big Système » qui voyaient Biram Dah Abeid comme populiste, distillent aujourd’hui un autre ton teinté de gêne et de turbulences analytiques.



Le souci de l’intérêt général dans ce pays est une référence indéniable animant le leader du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie. C’est une certitude pour qui suit objectivement sa trajectoire et les circonstances depuis 2008.

– KS pour le BLOG

De la nécessité d’une « dictature douce » pour extirper nos niaiseries socioculturelles qui sapent l’émergence d’une véritable culture citoyenne | Par Souleymane SIDIBE

La démocratie à l’image de la Liberté exige des sacrifices et des bases saines. Il faut déconstruire le statu quo au besoin par l’usage de ce que je pourrais qualifier de « dictature douce ». C’est dire par là, une forme de contrainte sociale qui détruit les lapalissades de nos cultures et coutumes pour l’avènement d’une culture citoyenne et démocratique. Son « excellence » Sadio Daffa me disait « s’il y a une autre forme de gouvernance meilleure que la démocratie que l’on nous le dise ». Je ne crois pas qu’il y ait une chose meilleure que la démocratie en matière de gouvernance. Ce sont les réflexes démocratiques qui sont rares par le manque d’institutions véritables. Cette démocratie qui appellera à la « dictature douce » dans nos contrées ne se limitera pas à parler de séparation de pouvoir mais de la quête d’une citoyenneté sans être lésé(e) en son for intérieur ou relégué(e) au second plan dans les sphères politiques ou sociales.
En ce sens, la culture doit évoluer : autrement ; une forme de « dictature douce » qui ne va pas à l’encontre du droit international mais des droits coutumiers, que j’appelle niaiseries socioculturelles, doit s’imposer. Ainsi, la méritocratie ne devrait-elle pas s’appliquer partout sur tout ? Bien évidemment, on doit faire abstraction du genre pour développer la conscience. Il y’a, en revanche, des domaines cultuels qui répondent à des exigences loin des iconoclastes. Ceux-là ne doivent en aucun nourrir le patriarcat car ce n’est pas dans leur quête. Ce sont les représentations culturelles qui sont les « agents » de la pérennisation.

Quand on doit faire la prière dans la ville, le village, la région, c’est aussi l’affaire de l’État en cas de conflit, même si les champs doivent être séparés, car la vie du citoyen rentre en jeu. Il faut exiger le plus méritant par la compétence et le meilleur apprentissage. Il est vital d’en finir avec les autorités coutumières ou les idées d’incarnations d’un quelconque pouvoir pour poser les jalons de légalité citoyenne. Par exemple, le maire est responsable du village selon un suffrage universel. C’est à lui que revient la gestion politique du village. Il doit rendre compte au conseil municipal et répondre aux demandes des habitants de la municipalité. Le chef de village ne devrait plus exister. Les nominations ne doivent pas être simplement par lignage ou proximité mais par mérite, compétence, responsabilité et éthique.
En ce qui concerne l’État, ne faudrait-il pas qu’il soit le changement au lieu d’être une continuité par des moyens légendaires de coercition en Mauritanie ? L’État ne doit pas seulement reprendre les anciennes pratiques mais redynamiser à travers plus de justice sociale à moins que cet État n’ait pas encore vu jour pour aller à la consolidation des devenirs de l’ensemble nouveau mauritanien : la Nation. On y arrivera avec la volonté politique ; en tout cas. Il faut donc définir des tableaux de bord avec des indicateurs qui permettent de mesurer les objectifs escomptés. Beaucoup d’enfants ne sont pas enregistrés dans les registres. Comment seront-ils scolarisés ou dans les données recensées à l’ère du numérique ? Il faut créer ce qui manque. Il y a jusque-là peu de réalisations dans un océan de tache. Et la question qui taraude est comment se nourrir, se soigner, se vêtir et s’éduquer en ayant ses secteurs industrialisés ou renforcés pour que la « dictature douce » qui va enfreindre les prénotions puisse être édifiante pour la naissance d’une démocratie dans une société qui méconnaît ses sens de priorité, et où la culture citoyenne est loin d’être acquise ; où l’on existe dans une entité hétéroclite mais pas en tant qu’individu : citoyen.
Le travail est énorme pour celles et ceux qui pensent progrès et citoyenneté. Je vous demande par où commencer après une bonne dose de « dictature douce » à la Bourguiba (sans s’éterniser au pouvoir) loin des identités étriquées pour un ensemble citoyen. Il faudra alors l’intelligence pour le travail et la culture du travail dans nos sociétés.

L’acharnement sur une compatriote mauritanienne, récemment sur les réseaux, montre que quand on se morfond dans l’hypocrisie collective pour avoir une quelconque légitimité, et vouloir s’en défaire facilement après, c’est une pluie de critique que l’on reçoit. C’est pourquoi, il est important d’agir selon sa conscience et ne pas chercher à plaire à un individu ou une entité. Nul ne doit prétendre imposer à qui que ce soit un comportement vestimentaire. Nous ne sommes pas arabes. Nous avons nos habits traditionnels que nous modernisons ; également. Nous avons nos cultures à façonner. Dans tout cela, chacun est responsable de soi-même. C’est cela la liberté. La « dictature douce » est nécessaire pour le processus de « dé-confinement » des mentalités. L’arabe et/ou le français, en Mauritanie, ne sont aucunement nos langues mais par le besoin de communication, indépendamment de notre volonté et par la facilité qui nous est donnée par la deuxième langue, nous extériorisons l’ensemble de nos contenus culturels et cultuels par la première langue, pour certains, et d’autres par nos langues nationales que sont le hassanya, puular , sooninké , le wolof et même le bambara. Il est alors important, au-delà de la petite carte mauritanienne, qu’elle « weltanschauung » (conception ou vision du monde) adoptée pour toujours (für ewig).
Nous sommes des êtres sociaux vivant dans ce monde régit par des lois et des normes. De notre pays (la Mauritanie) au monde, nous pouvons apporter. L’inverse est vivement souhaité compte tenu de notre conscience collective. Ne faudrait-il pas apprendre, le respect, la tolérance et le vivre-ensemble à tous.tes les mauritaniens.ennes ?

L’autre « fait divers macaque » marque les violences et les crimes (viols) devenant banales en Mauritanie. Il faut comprendre les violences liées aux agressions nocturnes sont les conséquences de la mal gouvernance. La justice sociale est absente dans notre pays. Le manque d’éducation fait que les jeunes dans les quartiers défavorisés sont des laissés-pour-compte, à majorité. Le banditisme est présent. Les jeunes s’adonnent à la consommation de stupéfiants et de l’Eau-de-Roche. Ces pratiques, qui ne sont pas sans danger pour le corps, leurs laissent inconscients de tous les maux qu’ils pourraient commettre.
L’éducation de masse et de qualité est la condition sine qua none pour mettre un terme au banditisme de quartier. Ces jeunes sans formation et éducation sont arrêtés pour la plupart du temps. En prison, ils ne bénéficient d’aucune assistance en purgeant leur peine et espérer leur mea culpa. Au sortir des centres carcéraux, ils s’adonnent à nouveau à d’autres formes d’agressions ; de pire en pis.

La banalisation du viol est phénomène récurrent dans nos sociétés. Très souvent dans le carcan familial, le crime (puisque qu’il s’agit de cela) est caché pour, dit-on, l’honneur familial. Quand il s’agit de viols par des éléments extérieures (à la famille), on s’acharne sur le comportement vestimentaire de la demoiselle ou dame en oubliant la lourde peine que devrait recevoir les malfrats (ces monstres sociaux). La « dictature douce » pourra alors éliminer la phallocratie pour faire voter des lois contre les violences basées sur le genre (VBG). Le cas de la dame « abusée » devant ses enfants, à Nouakchott, sans sortie étatique ou solidarité avec la victime montre l’absence d’empathie et l’indifférence de certains citoyens y compris de nos autorités. Tant que c’est loin de nous, et que c’est l’autre, que Dieu nous épargne. Telle est la manière de voir dans l’imaginaire collectif. L’indifférence dans le discours officiel, chez une partie de la population et également envers les victimes de la barbarie est frappante. Est-ce que l’État prend soin des victimes ? Cela m’étonne fort. Comment créer une cohésion sociale sur la base de l’indifférence ? Le poids mort de l’histoire !

La naissance d’idéaux féministes est plus que nécessaire. Je rappelle que « le féministe ne tue pas mais le machisme », si. Nous sommes dans des société où les violences sur les femmes sont la résultante du patriarcat qui est comme « l’épée de Damoclès » sur les femmes. Elles doivent à la naissance se soumettre à la volonté d’un père ou frère (si le premier n’est pas là), ensuite d’un mari… Toute l’éducation de la femme se limite à une forme de soumission qui n’est autre que de la dévotion maritale. Voilà que dans les rues ce sentiment de domination enfouie, en chaque homme qui n’a pas fini de vomir la domination masculine, ressort par les harcèlements, les propos déplacés ; pire les agressions comme il est devenu monnaie courante en l’absence de punition de taille. Ce sont les hommes et femmes (contribuant au patriarcat) qui détiennent l’idéologie de ce mal ; vraisemblablement. D’où la nécessité d’une nouvelle vision du monde en faisant des assises avec des programmes citoyens à soumettre aux politiques qui pensent aux prochaines générations plutôt que les prochaines élections. Déconstruire le « mythe de l’homme fort » dans les maisons, les structures sociales, politiques voire à la tête du pays est aussi crucial.. Les réflexes que la société inculque ne sont pas bénins, ni anodins. Il y a par ailleurs des personnes qui se nourrissent de la vulnérabilité des autres, en recherche de proie ; la « dictature douce » serait encore un plus pour cadrer les comportements.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur.

TRIBUNE: La société soninké peut-elle s’affranchir des pesanteurs féodales pour réaliser une communauté de destin ? | Par Seyré Sidibé

Crédit Photo illustrative FA

Les mutations et remous que connait la société Soninké, de nos jours est une situation naturelle et normale. Il n’y a pas à se lamenter : c’est dans l’ordre normal des choses. Dans son fondement, la société soninké traditionnelle a longtemps séduit par son mode d’organisation et sa stratification sociale. Ces valeurs vertueuses dans leur esprit étaient perceptibles à travers le comportement de l’individu au sein du groupe et au-delà. Le consensus y était presque acquis notamment autour de la charte qui régissait le vivre-ensemble. Les LAADA (la charte) en cause aujourd‘hui étaient l’expression de la volonté populaire caractéristique d’une société dont le moteur était la solidarité et la complémentarité à travers des rôles sociaux stratifiés, comme des maillons d’une même chaîne où chaque élément est essentiel pour l’harmonie du groupe.

Ces valeurs témoignent du génie d’une société traditionnelle, celui des hommes et des femmes d’une époque et d’un contexte sociopolitique et historique bien déterminé.

Ces éléments historiques ne sont ni reproductibles ni transférables. Dès lors la crise que traverse la société soninké contemporaine exprime l’incapacité des Soninkés à s’adapter, à prendre la mesure du temps pour créer des lois en adéquation avec les nouvelles réalités.

C’est en cela que les ancêtres étaient des références, du fait de leur capacité à avoir réalisé un cadre et des conditions socio-culturel, juridico-institutionnel leur permettant de vivre en s’affranchissant des menaces d’alors dans une société viable.

A l’inverse, les contemporains pêchent par leur manque de lucidité, par ce que obnubilés par la nostalgie et le culte d’un passé glorieux mais dépassé et démodé.

La crise actuelle est le résultat d’un refus et/ou d’une inaptitude à inventer une nouvelle échelle des valeurs consensuelles en conformité avec les réalités du présent.

En effet, la recomposition et la nouvelle reconfiguration qu’impose désormais notre époque se moque parfois de l’ancien ordre dont certains aspects doivent inspirer pour servir de référentiels. Cependant les composantes sources de discorde et de division sont à bannir.

Il reste que les intérêts égoïstes empêchent certains à placer l’intérêt du groupe et de la communauté au-dessus de celui de la famille.

Quel sens peut-on donner à un contenu culturel, religieux ou cultuel qui ne permet pas de mieux-vivre et changer qualitativement le niveau de vie de la communauté ?

Pour quoi doit-on s’accrocher obstinément à des traditions qui fragmentent, délitent notre cohésion et compromettent, notre passé jusque-là glorieux ?

Quelle est la grandeur et la pertinence d’une tradition dès lors qu’elle cesse d’être valorisante, en passant par anachronisme de valeur à anti valeur ?

Autant de questions que doivent se poser les Soninkés pour connaître leur situation dans ce monde et avancer résolument.

Qu’on soit nostalgique, progressiste ou révolutionnaire, une chose est certaine : l’humanité avance dans le sens de l’histoire.

Rien ne sera plus comme avant. On continuera toujours à regretter un certain passé et à fustiger un présent qui nous déclasse et donc peu valorisant.

Telle est la nature humaine.

Mais l’histoire nous enseigne que les grands peuples sont ceux-là qui ont réussi à transformer leur guerre, leur adversité et leur haine en amitié, en acceptant de coopérer avec l’ennemi d’hier pour faire face aux nouveaux défis.

C’est la résilience.

La France et l’Allemagne, les Tutsi et les Hutu au Rwanda sont des exemples patents. Dans ces deux cas, il s’agit de peuples différents alors que chez les soninkés, la brouille concerne la même entité. Ici, la famille se désunit, incapable de s’entendre sur l’essentiel par ce que traversée par des intérêts divergents.

Au finish qu’est-ce que l’esclavage coutumier ou par ascendance objet de la discorde au sein de wagadu remu ?

Qu’en est-il de la noblesse ?

Le contexte sociohistorique d’antan qui légitime et explique la genèse de ces deux composantes de la société féodale étant non reproductible, il ne peut dès lors avoir d’esclaves aujourd’hui dans la société soninké.

Là encore, pour quel intérêt doit-on continuer à stigmatiser un groupe pour un passé dont il n’est pas responsable ? Ce serait injuste.

Chez les Soninkés la noblesse est dans les patronymes et dit-on dans le sang : une référence à la naissance.

Or expliqué de manière scientifique, on peut observer que les membres d’une même famille déplacés dans des territoires différents n’ont plus le même statut. Le changement d’espace de vie a-t-il affecté leur d’ADN ou leur paternité ?

Allez savoir !

Il s’agit d’une déchéance pour certains et une ascension sociale pour d’autres au gré des pérégrinations tant qu’on a la chance de ne pas rencontrer un « vassal » aux ambitions impérialistes.

Ainsi les mêmes noms de familles sont assimilés ici à la noblesse alors que là-bas, sous d’autres cieux, ils sont dits esclaves.

Ce caractère mouvant, versatile voire impertinent est suffisant pour montrer que ces étiquettes ont quelque chose d’arbitraire et sont d’une absurdité insondable. C’est donc une échelle des valeurs caduque, inappropriée et controversée dans une nouvelle société qui redistribue les rôles et les chances.

De nos jours, la société soninké est menacée de déflagration : ses fondements se désagrègent de son corps meurtri alors que sa tête est déchirée, fragmentée par un manque de réalisme qui l’empêche de concilier philosophiquement son passé et son présent dans une approche dialectique et non conflictuelle.

Si gouverner c’est prévoir, c’est également anticiper.

La chefferie traditionnelle n’est-elle pas dépassée ?

S’est-elle posée la question de savoir pourquoi sa parole ne fait plus autorité ?

N’a-t-elle pas entendu ces désirs de changement et de déconnexion d’un passé emprunt de manichéisme et devenu dès lors déshumanisant ?

Le pouvoir temporel a intérêt à comprendre que les relations de servilité ont fait leur temps. Sans vouloir faire le procès de l’histoire. Force est de reconnaître que la féodalité n’a plus de place dans le monde capitaliste où « le chacun pour soi » reste la règle d’or et un leitmotiv pour trouver une place au soleil.

Dès lors l’héritage n’est plus perçu comme un viatique inépuisable et vénérable à tous égard. La valeur a connu une dynamique et un changement de sémantique.

Elle a cessé d’être un legs, transmissible de manière héréditaire : elle signifie désormais rendement et ce que vaut l’individu dans la société.

Ces réalités sont aux antipodes de la société féodale basée sur le « communautarisme » avec le primat du groupe sur l’individu porteur d’une valeur synonyme de rang social acquis souvent de manière contingente.

Chers Messieurs, l’esclave d’hier, c’était un contenu culturel correspondant à un rôle social. Un homme façonné pour servir, se soumettre, incapable de raisonner mais prompt à faire des bouffonneries.

L’esclave, c’était plus qu’un nom de famille. C’était un statut, une « éducation » et des valeurs inculquées par le biais de la société féodale.

Avec le temps, les vents de démocraties et des droits humains ces stratifications sociales sont perçues, à juste titre, comme des inégalités.

En effet, elles relèguent certaines catégories humaines au second plan en les stigmatisant et les confinant dans des rôles mineurs peu enviables, en faisant fi de leurs compétences imposées par le nouvel ordre social auquel, le monde féodal reste sourd.

Ce qui se déroule sous nos yeux aujourd’hui n’est pas une spécificité de la société Soninké. C’est un mouvement inhérent à toutes les sociétés inégalitaires.

Les conséquences de ces remous sociaux vont dépendre de la capacité de l’ordre traditionnel à entendre la volonté de changements exprimée par des composantes issues historiquement, d’entités placées au bas de l’échelle de la pyramide sociale.

Comme des damnés, la société ne prévoit pour elles aucune perspective heureuse : tout les ramène à l’histoire de leur famille.

Cette guéguerre risque d’emporter la société soninké déjà assaillie, fragilisée par l’émigration, l’ignorance et les interactions culturelles multiples parmi lesquelles la mondialisation.

Au regard de ce drame soninké qui est en train de se jouer, un message apparait : l’appartenance à une même langue et à une même communauté n’est plus une raison suffisante pour former un groupe culturellement homogène.

Désormais, la condition sociale est un référentiel et un élément fédérateur de revendications qui crée des passerelles entre des groupes historiquement, géographiquement et linguistiquement différents : la guerre des classes a peut-être commencé.

Sous ce rapport, avec la fragilisation des pays du sahel ayant pour corollaire la négation de certains Etats, nous assisterons à un terrorisme d’un autre paradigme qui plongera nos communautés dans une débandade, un chaos qui profitera à d’autres entités déjà à l’affût.

S. Sidibé

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/tribune-la-societe-soninke-peut-elle-saffranchir-des-pesanteurs-feodales-pour-realiser-une-communaute-de-destin/