Les Mystères de la nature humaine

L’humain est un ensemble de contradictions, un amas de chair, une étincelle d’intelligence, un cadavre ambulant, un réservoir de mystères. Il est un et tout. Il est unique, il est l’esthétique et n’échappe nullement à la laideur. La laideur d’une âme, souillée par la haine et la jalousie est plus destructrice qu’un ouragan. Un ouragan ravage nos espérances et nos souvenirs, emporte des vies et des espoirs. Une âme errante et sans foi détruit des mondes, blesse des cœurs et se console dans nos malheurs. La foi en Dieu, en l’Homme, en une lueur d’espoir est un temple de paix et d’amour. Notre époque nous promet un sombre avenir et nous montre la facette la plus sombre de l’humain. De la haine à la négation de notre humanité, le pouvoir mauritanien, infesté d’âmes errantes sans foi, déchire des cœurs, enterre l’intelligence de nos enfants, élève au rang de savants, des esprits vides et chasse la connaissance pour laisser place à l’ignorance. Que l’étincelle d’une âme éclairée et juste leur vienne en aide !

Le poète est émotif, l’artiste peint les portraits de nos vies et le penseur éclaire nos esprits, disserte sur nos existences et crée un équilibre entre le bien et le mal. La morale est humaine ! S’insurger contre une injustice faite sur un peuple est humain. Replacer l’intelligence au cœur de nos relations et rencontres, de nos vies et combats, de nos malheurs et crispations, est humain. Le bâton qui éclate le nez, la matraque qui humilie, la haine qui nous déchire, le mépris qui nous ronge sont encore plus humains. Mais, l’amour et la tendresse, la compassion et le courage, la recherche de la paix et la protection des innocents et des opprimés est un enclos des hommes aimants, des femmes courageuses et des âmes sensibles. La connaissance est une arme. Sans elle, on est désarmé disait le poète. Dispensons la connaissance, démocratisons les savoirs et, nous verrons, que les esprits de la discordante, les allergiques à la différence et les mentalités de la violence et de l’aigreur s’agenouilleront devant la toute puissante évidence de notre unité, de la richesse de notre diversité et de notre humanité. D’ailleurs, ne dit-on pas que c’est la variété des couleurs qui fait la beauté d’un tapis ?

La diversité des langues et des cultures, des couleurs et des opinions n’est qu’une bénédiction. Elle embellit notre existence, nous montre l’essence de notre monde et le rôle des hommes. Sans amour, nous serions que des tyrans impitoyables et des éternels agresseurs. L’amour est l’arche à partir du quel est accroché le trône de l’humanité. L’amour dessine la beauté de nos chemins de vie, véhicule nos pensées et veille à ce que la différence et la diversité soient l’emblème de nos conduites et de nos aspirations les plus profondes. Il rassemble des hommes et des femmes. Il constitue au-delà de l’agressivité cette corde d’humanité qui nous rassemble.

Ce texte est un enseignement, un cheminement vers l’autre. Il est aussi un hymne à la différence, à la connaissance, à la diversité et à notre l’humanité. C’est la porte de la diversité et de la différence qui laisse entrer la tolérance. La méconnaissance de l’autre, de sa culture et de sa différence sont sources de nos questionnements, de nos angoisses et de nos peurs. Elles nous montrent une image floue de l’autre, de nous à travers l’autre et de l’autre à travers nous. C’est à travers ces perceptions, ces angoisses et ces peurs que « l’Homme voyage, rebrousse chemin, repart, se perd, se retrouve, croit se retrouver et se perd encore ». Quoi qu’il en soit, voyageons et partons à la rencontre de l’autre !

Voyager c’est renaître. Renaître socialement et intellectuellement. Lire c’est voyager dans l’intimité de l’auteur, se plonger dans la profondeur de son monde. Un univers imaginaire et fictif, réaliste et réel. Pourtant, il est beaucoup plus instructif de côtoyer les autres, de se noyer dans leurs peurs et angoisses, dans leurs cultures et imaginaires, dans leurs sagesses et philosophies. Cette aventure, menée avec sagesse et humilité, déconstruit nos préjugés, nos jugements et nos caricatures. Maillard disait  » le plus difficile c’est de se rendre à la gare », de s’éloigner des siens et de se plonger dans l’inconnu et dans l’univers de l’autre. Pourtant, il est certain qu’un esclavagiste qui croit réellement à cette pratique horrible et inhumaine serait très étonné de s’aventurer dans un monde libre où les hommes, quelques soient leurs richesses et leurs intelligences, se courbent devant la toute-puissante loi de l’égalité entre les hommes. Ce raisonnement est aussi valable pour les féodalistes et les suprématistes de tout bord.

On y est, le féodalisme ! En Mauritanie, ma patrie, la Terre de mes pères est un laboratoire d’expérimentation et d’application de toute sorte d’injustice. Du racisme étatique institutionnalisé à la féodalité primaire des  » dignitaires du sud » et des  » notables du nord », des hommes libres et innocents, se courbent devant la barbarie et l’ignorance d’une partie de ceux qui se prétendent « nobles » et élus de Dieu.

La cruauté de la nature humaine est inimaginable. Elle emprisonne les âmes innocentes des jeunes filles et garçons dans une tradition archaïque et injustifiée dans laquelle le féodaliste et l’esclavagiste se battent pour remporter la couronne de la honte et de l’injustice. Pire encore, ils transmettent à leurs enfants, dès le plus jeune âge, les codes et des règles pour écraser les espoirs des hommes qui, dans le mépris et la barbarie, ne cherchent qu’à se libérer et jouir de leurs droits les plus élémentaires. Les chaînes de la honte les couvent, la sincérité, ils ignorent, la compassion, ils ne la connaissent point mais, ils se dresseront pour dénigrer et exploiter la misère des pauvres pour se dédouaner de leur animalité primaire et de leur comportement nauséabond et cruel.

Ils ne cessent de se plaindre du racisme étatique de l’État mauritanien sur tous les toits. Ils ne cessent de se glorifier d’un passé qu’ils n’ont jamais construit. Ils ne cessent de bomber le torse pour chanter la bravoure et le courage de ceux qui ont donné l’âme de notre Futa d’antan. Qu’avez-vous accompli pour libérer le jeune Bilal qui vous masse les pieds et vous considère comme maître et représentant de Dieu sur terre ? Qu’avez-vous fait pour combattre ceux qui humilient et trainent des innocents et des respectables pères de familles dans nos villages d’aujourd’hui aux habitudes et pratiques d’hier ? Rien ! Le plus juste d’entre eux est celui qui se sent et se revendique supérieur aux autres. La seule différence entre un  » noble  » et un « non-noble » , si vous croyez en Dieu et à son message, c’est la foi. Et s’il arrive que la foi en Dieu ne vous titille point, ayez au moins la décence de posséder un minimum de savoir pour vous imposer. Autrement, soyez juste humains et compatissants. Cela suffit et cela fait partie de notre intelligence et de notre nature originelle. Lisez Camus, vous comprendrez mieux !

Dans « Vers le dialogue » publié en 1946, Albert Camus, en guise de conclusion nous dit :  » Ce qu’il faut combattre aujourd’hui, c’est la peur et le silence, et avec eux la séparation des esprits et des âmes qu’ils entraînent. Ce qu’il faut défendre, c’est le dialogue et la communication universelle des hommes entre eux. La servitude, l’injustice et le mensonge sont les fléaux qui brisent cette communication et interdisent le dialogue. C’est pourquoi nous devons les refuser. » Refuser c’est résister et, résister, pour reprendre les mots d’Adolf Perez Esquivel, c’est le début de la victoire. Donc, Résistons !

KIDE BABA GALLE

©️ Crédit source : RMI-INFO

Langues nationales: 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha

Ceci est une note qu’il m’a semblé nécessaire d’écrire à la suite d’une lecture de l’article tout récent du Pr Ely Mustapha à propos de la transcription des langues mauritaniennes non arabes, à savoir le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof. Pour être exact, je préciserais que le Bambara n’a pas été discuté par l’auteur; mais je crois que si inclure cette langue avait traversé l’esprit de ce dernier, elle subirait certainement le même sort que celui infligé à ses sœurs.Je vais tenter de souscrire à la brièveté minimale permise par l’argumentation que je m’apprête à dérouler, et proposer donc au lecteur quelques points à l’intérieur desquels je ne manquerai pas de reprendre et discuter certaines idées véhiculées par l’auteur; dans certains cas je quantifierai la teneur en erreur de celles-ci.
Voici donc des arguments qui montrent, avec le plus de clarté qu’il m’a été possible de donner, combien le contenu de l’article de Ely Mustapha va à l’encontre des faits et combien absurde est son idée de transcrire les dites langues en caractères arabes plutôt que de continuer à utiliser le système latin qui, pour lui, est un échec total.

1– Argument utilitaire:
Tout d’abord, j’ai besoin que Ely Mustapha soit d’accord que les lettres, comme éléments de base d’une langue, existent indépendamment du système alphabétique utilisé pour transcrire cette langue. Ainsi, même si on avait pas d’écriture pour le Français, rien qu’en ralentissant son expression orale en disant « MOUTON », on arrivera à distinguer les syllabes, et enfin à isolé les éléments incassables que sont les lettres. Et pour cela, on n’a pas utiliser une représentation écrite, mais juste une expression orale naturelle. Ce qui justifie bien le caractère indépendant des lettres vis à vis du système alphabétique. Si aujourd’hui le Français adopte un autre système alphabétique, cela ne changerait en rien l’existence de la lettre « A » bien qu’elle sera écrite différemment suivant le goût du nouveau système, tout comme si Ely Mustapha décide de changer de prénom, ce ne sera pas pour autant qu’il en perdra une jambe ou poussera un troisième œil: la nature du professeur ne dépend pas du choix du prénom qu’il porte, il sera d’accord du même rapport d’indépendance chez les langues et leurs transcriptions.
Ayant compris ce fait, la question devient donc quelle transcription pour telle langue. Prenons le cas du Pulaar; une langue que je connais bien (je crois qu’un bon connaisseur des autres langues visées pourra faire une même analyse). Le Pulaar compte 31 sons primordiaux correspondant à l’idée qu’on a construite de la lettre. Si on veut voir, du point de vue utilitaire, lequel des systèmes arabe ou latin est plus indiqué pour servir de base à sa transcription, la meilleure façon de le faire est de déterminer la masse des lettres Pulaar dont les sons sont déjà représentés dans chacun des systèmes choisi. Dans l’alphabet latin de base, on trouve 22 sons fondamentaux du Pulaar (lettres) (a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, w, y). Cela fait 70.97% des lettres du Pulaar. Dans l’alphabet arabe, on en trouve 16 (a, b, t, j, h, d, r, s, dh, f, k, l, m, n, w, y); ce qui fait 51.61% des sons fondamentaux du Pulaar. Rien qu’à ce niveau, l’intérêt du Pulaar est assez clair: de l’arabe et du latin, le choix est vite fait.
Mais revenons un peu à l’analyse, car ce n’est pas tout! Imaginez un instant une langue qu’on va appeler A ayant juste 5 lettres (ou sons fondamentaux) et les partagent toutes avec avec le Pulaar, et une autre appelée B ayant 25 lettres mais en partagent seulement 5 avec le Pulaar. Laquelle des deux partage le plus avec le Pulaar? Certains pourront imaginer qu’elles sont à égalité vis à vis du Pulaar, mais il n’en est pas ainsi. En effet, c’est la langue A, bien que partageant le même nombre de lettres avec le Pulaar que la B, qui partage le plus! On s’en rend compte quand on se met former des mots dans les deux langues A et B. Dans A, on aura que des mots dont le son est Pulaar-compatible, et ce par la constitution au niveau fondamental de A, tandis que dans B les 5 lettres partagées ont toutes les chances d’être diluées dans les 20 autres, et donc la formation des mots tendra à affaiblir le rapport initial entre B et Pulaar. Ce qui fait que dans la comparaison, ce ne sera pas seulement les quantités partagées qui doivent intervenir mais aussi les masses initiales des langues de comparaison doivent entrer en jeu, tel que expliqué ci-dessus. En concret, il faut un coefficient qui modélise cela, et il n’y a pas mieux que le rapport entre ces deux masses initiales pour former ce coefficient. Ainsi, vu que les lettres arabes sont au nombre de 28 et celles latines au nombre de 26, pour mettre l’équité dans l’étude il faut multiplier la ‘parenté’ Pulaar-Latin par 28/26 (environ 1.0769) et obtenir un taux de 76.429% pour Pulaar-Latin contre les 51.61% pour Pulaar-Arabe. Donc, environ 25% de différence effective en faveur du Latin. Ceci est évidemment appelé à s’amplifier dans la formation des mots.

2– Argument pragmatique:
La diaspora issue des communautés locutrices des langues visées par Mustapha est plus nombreuse dans des pays utilisateurs du système latin (Pays francophones ou anglophones africains, France, Angleterre, Espagne, Italie, USA, Belgique, Canada) pour des raisons qu’on sait tous. Leurs descendants utilisent ce système. Donc il sera beaucoup plus simple pour eux d’aller à la recherche des 23.6% restants, en lisant Pulaar en lettres latines, que le contexte leur fournit souvent gratuitement. Tandis que le peu d’enfants de la diaspora des dites communautés présente dans les pays utilisateurs du système arabe, quand bien même auront la maîtrise de l’arabe, auront bien du mal à combler les 48.4% manquantes, trop importantes pour que le contexte suffise à les leurs suggérer. Et de toute façon, ceux-ci sont minoritaires et risquent bien de savoir déjà s’exprimer en Français pour des raisons que l’on connait.
Ensuite, être transcrite en caractères latins, pour une langue, c’est tisser une parenté avec les langues les plus puissantes du monde telles que l’Anglais, l’Espagnol, le Français etc… et partager 76% de ses fondements avec celles-ci est un avantage dans leur apprentissage, et pour rien une langue telle que le Pulaar (et ses sœurs visées) ne renoncera à une telle position. Elle va plutôt l’exploiter jusqu’à la dernière graine d’énergie.

3– Argument culturel:
Contrairement à ce que prétend Ely Mustapha, le système latin n’a pas été un échec, au contraire! Il faut tout ignorer du processus de la transcription de ces langues et l’histoire des combats culturels menés, pour tenir ces propos. La littérature en Pulaar s’est beaucoup développée dans cette transcription. Une production de qualité s’est mise en place, les éditions Binndi e Jande, les éditions ARED, les éditions Papyrus Afrique sont des exemples de plateformes qui ont servi de trait d’union entre les écrivains et penseurs comme Yero Doro Diallo, Murtudo Diop, Aboubacry Moussa Lam pour ne citer qu’eux et les locuteurs qui ne se lassent pas de s’abreuver de toute cette production littéraire. Des livres de tout genre, Histoire, art, littérature, Sciences foisonnent aujourd’hui, et dans les coins de rue de Dakar, de Bamako, de Conakry ou de Nouakchott, il suffirait d’ouvrir les yeux pour observer des transactions dont l’objet à troquer est un livre écrit dans une de ces langues. Je ne citerai pas ces mensuelles qui sortent en Pulaar à Nouakchott, ni les nombreuses classes qui utilisent cette transcription pour apprendre et maîtriser ces langues, ni l’entrée depuis deux décennies presque des lettres pulaar (‘extra-latines’) dans le numérique. On peut se procurer des claviers en Pulaar, on peut écrire le Pulaar sur toutes les plateformes numériques.

4– Argument géographique
Il faut savoir que ces langues, en particulier le Pulaar, sont transfrontalières. Elles sont présentes dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et pour certaines, dans quelques pays de l’Afrique centrale; cohabitant avec d’autres langues. Ces pays peuvent se servir du même argument pour vouloir transcrire les langues présentes sur leurs territoires dans un seul système, cela risque fort de ne pas être le système arabe, alors Pr Ely Mustapha, irez-vous jusqu’à vouloir que le Pulaar soit écrite à la rive gauche du Sénégal différemment qu’à la rive droite? D’ailleurs, proposerez-vous aux maures Sénégalais d’écrire en caractères latins pour les mêmes soucis de standardisation?

5– Argument administratif:
Toute la littérature citée plus haut et qui est disponible dans ces langues, devra donc disparaître ou être traduite (ce qui nous retarderait beaucoup) alors que beaucoup de nouvelles œuvres sont à faire. Ceci n’est pas envisageable.
L’ACALAN (Académie africaine des langues) est une institution de l’OUA qui reconnait et adopte ces caractères.

Dr Mouhamadou Sy
University of Virginia

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=403731920551068&id=100027427912973

LA MAURITANITÉ NE DOIT PAS RIMER AVEC MAURITUDE.

La Mauritanie, voilà un pays où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, « LA MAURITANIÉ », et à partir de leur position de simples citoyens « bien nés », dictent pourtant aujourd´hui celui qui est Mauritanien et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens Noirs ce que veut dire la « Mauritanité ». La particularité de cette singulière dictée est dans sa manifestation concrète pendant les années de braise avec la déportation manu militari de plusieurs dizaines de milliers de leurs propres concitoyens au Sénégal et au Mali et l´exil forcé de centaines d´autres en Europe, en Afrique et en Amérique. L´enrôlement biométrique du Général-putschiste Mohamed ould Abdel Aziz vient de boucler la boucle de l´extermination civile et civique ou l’exclusion définitive des Négro-mauritaniens dans leur « Mauritanité » qui rime plus avec mauritude.
N´avons-nous pas le droit de dénoncer ces injustices flagrantes sans être accusés injustement de « séparatistes » ou  » de rebelles à l´unité nationale »!
N´avons-nous pas le droit de penser la Mauritanie autrement, autre que cette politique raciste, assimilationniste, ethno-génocidaires et aventuriste qui a montré ses limites?

Si tous les Mauritaniens sont officiellement musulmans, ils ne sont pas tous arabes. Le droit d´exister et de vivre en tant que Mauritaniens ne peut passer avant celui d´être Soninké, Wolof, Haratine, Haal-pulaar, Arabe, Berbère, Bambara. Et tout ce qui concerne cette question doit-être constitutionnellement reconnu.
La Mauritanie n´est pas un Etat arabe à moins qu’elle ne veuille être un Etat raciste. La Mauritanie est arabo-berbère et négro-africaine voilà la réalité historique, politique, géographique et sociologique du pays. Que ceux qui ont une mémoire courte sachent que La Mauritanie actuelle se situe sur les ruines du berceau impérial du Ghana et du Tekrour. Nos adeptes tropicaux de l´excroissance moyen-orientale du national socialisme nazi (baathisme) doivent réviser leurs doctrines et tirer des leçons sur la défaite de leur héros Sadolf Hutssein.

La Mauritanie de nos rêves c´est ce pays arc en ciel. La Mauritanie de nos rêves est cette cohabitation du « noir et du blanc de l´oeil » comme le disait bien le sage Deyloul. La Mauritanie de nos rêves, on ne le dira jamais assez , est un pays où le fait d´être arabe, noir, haratine, znega ne serait ipso-facto une condition rédhibitoire. C´est ce combat qui est le sens de notre lutte de toujours pour une cohabitation pacifique et juste.

Nous voulons d’une unité qui respecte la dignité de chaque Mauritanien et garantisse l’équilibre entre les grandes composantes nationales. En effet, la Mauritanie est condamnée à s´unir sans s´unifier en lieu et place de l´étouffante uniformisation assimilée à l´unité.
Pour nous, sauver la Mauritanie ne passe pas forcément par l’imposition d’une langue, d’une unité coûte que coûte mais par la mise en place de fondements inébranlables parce que intrinsèquement justes et égalitaires. L’unité, en soi, n’est pas une fin mais un moyen pour construire » le mieux vivre ensemble », dans une Mauritanie viable parce que réconciliée avec elle même.

LA LUTTE CONTINUE.
Kaaw Touré-

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur du 15/9/19

《L’arabe ne devrait pas être une langue officielle en Mauritanie…》10 raisons par Moulaye El Hassene

L’arabe ne devrait pas être une langue officielle en Mauritanie, et ne doit même pas être une langue nationale, pour les raisons suivantes :

1– 99% des mauritaniens ne maîtrisent pas cette langue, et 100% des mauritaniens ne parlent pas du tout cette langue à la maison. Elle n’est la langue maternelle d’aucun citoyen.

2– la langue privilégiée pour la communication entre les différentes composantes ethniques du pays est le Français, et non l’arabe. Un peul, un wolof, un soninke, un hartani et un maure, assis autour d’une table, parleront tout pour s’entendre, sauf l’arabe.

3– La majorité des présidents qui ont dirigé le pays, avaient un niveau en arabe de l’école primaire, notemment du CP, et un niveau beaucoup meilleur en français.

4– Cette langue, a toujours été utilisée par les racistes et supprematistes Maures, pour exclure les composantes negromauritaniennes de tous les secteurs vitaux…

5– Notre contexte géographique, est francophone. Nos échanges avec nos voisins, notre diplomatie régionale, 99% de nos échanges commerciaux se font avec des pays francophones, ou à travers le Français.

6– l’Arabe est la langue des colonisateurs bédouins et ignorants qui avaient envahi de la manière la plus barbare possible, cette région, massacrant et réduisant à l’esclavage une bonne partie des habitants autochtones. Donc sur le plan « langue du colonisateur » l’Arabe n’a rien à reprocher au Français.

7– L’arnaque « langue de l’islam, ou langue du coran », ne marche pas, vu que tous les pays du monde arabophone, tous réunis, tous je dis bien, ne représentent même pas 20% des musulmans dans le monde. Rien que ces deux pays, Pakistan et Indonésie, qui sont tout sauf arabophones, dépassent à eux deux seulement, en nombre de musulmans, la totalité des tous les musulmans arabophones sur terre. Même pas besoin de citer le Nigeria, le Sénégal, le Mali, la Turquie, L’Iran etc. Donc il n’est pas du tout indispensable d’être arabophone pour être un bon musulman.

8– Sur le plan scientifique, l’arabe est encore aux découvertes du moyen-âge. Tellement périmé et en retard. Même le hindi, le bengali et autres langues asiatiques sont plus en avance.

9– Sur le plan « projection dans l’avenir », aucune chance pour cette langue, dont le berceau universitaire, La Syrie, est aujourd’hui anéanti; l’Arabie Saoudite en décadence morale, le Yémen n’en parlons pas, la Libye « laisse tomber », l’Irak pareil etc.
Même nos voisins maghrébins, Maroc et Algérie, lui ont tourné le dos, et privilégient aujourd’hui le Français dans l’enseignement supérieur.

10– L’école Française de Nouakchott, les écoles « Petit Centre », Sahel, Mehares, Cadres, etc. qui enseignent
le programme français depuis des décennies, sont les écoles privilégiées par l’élite Maure elle même, et produisent chaque année les plus forts taux de réussite au BAC. L’avenir du pays est entre les mains des nouvelles générations de jeunes, « FRANCOPHONES », toutes ethnies confondues.

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur (ce jour 15/9/19) https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=675042366312367&id=100014198280265

Voilà ce que vivent les mauritaniens !

Partout et ailleurs, avec nos plumes, nous défendons les principes de la modernité politique et de leur application. Le respect de la dignité humaine, le respect de l’expression populaire, le respect de nos différences. Voilà les valeurs que nous défendons! Dans des spéculations politiques vides de sens, ces valeurs, justes et légitimes, se noient dans un flot de mots choisis pour anesthésier le peuple. Les mots ne sont guère innocents. Ils donnent sens à nos pensées et véhiculent notre raisonnement. La répression politique, l’instrumentalisation du fait religieux à des fins politiques, la corruption, la violation systématique de nos droits :

Voilà ce que nous vivons!

La logique voudrait que, quand on traite un sujet aussi sensible, d’identifier les véritables racines du mal. Devant le silence assourdissant de nos journalistes et de nos hommes de lettres, de nos hommes de sciences et de nos hommes religieux, une question se positionne comme une évidence. Qu’est ce qui est à l’origine de cette société maladive qui réprime et violente ses fils et filles?
Nous avons la volonté et la détermination de vaincre le mal. Notre confiance en la révolte populaire est impénétrable. Notre foi en la démocratie et ses principes est inébranlable. Nous avons un but, une ligne de conduite et un avenir prometteur pour les générations présentes et futures. Bakounine, dans Dieu et État commençait par ces mots : « Trois éléments où, si vous voulez, trois principes fondamentaux constituent les conditions essentielles de tout développement humain, tant collectif qu’individuel dans l’histoire : 1) l’animalité humaine, 2) la pensée, 3) la révolte. A la première correspond proprement à l’économie sociale et privée; à la seconde; la science; à la troisième; la liberté. »
C’est dans la substance de cette volonté de se libérer et de choisir ses propres chaînes pour reprendre Kery James, que nous appelons à une révolution sociale, à une réforme radicale des mentalités et des pratiques. La fin de la dictature militaro-politique et de cette corruption ravageuse qui affament et tuent des milliers d’enfants dans notre pays. Dans chaque lutte sociale et populaire, il est coutume d’affronter des adversaires coriaces et déterminés. Les conservateurs de la droite mauritanienne arabo-berbère, biberonnée dans la haine et le mépris, s’éternisent dans le déni et continuent d’alimenter le racisme et l’exclusion des noirs. Mais nous, de la gauche réactionnaire mauritanienne, avons foi en la force du peuple et sont confiants de l’avenir de notre pays. Nos plumes et celles de ceux qui nous ont précédé dans cette lutte évoquent la même problématique et appellent au peuple à se rebeller contre les religieux truands, les politiques véreux et les racistes de tout bord. Nous appelons à une Révolution sociale qui va donner naissance à une nouvelle Mauritanie, fière, juste et égalitaire.
L’histoire nous enseigne sur la cruauté de l’Homme et la nocivité de son animalité. Quoi qu’on dise, l’Homme, dans le sens le plus noble du terme, n’est rien d’autre qu’un animal. Plus proche des singes qu’aux fabuleux acteurs du Grand mythe du jardin d’Éden. C’est cette animalité ravageuse animée par la violence et la cupidité qui est à l’origine de tous nos maux. C’est cette dangereuse facette de l’homme qui a conduit aux massacres des peuls et des officiers noirs mauritaniens à la fin des années quatre-vingt. C’est cette bestialité de l’homme qui continue de maintenir des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards dans un asservissement infernal et inhumain. Après « l’esclavage humain », l’humain, dans toute sa splendeur, invente « l’esclavage divin ». C’est cette instrumentalisation de la religion qui maintient des milliers de mauritaniens dans l’esclavage et dans la dépendance. C’est pour la mémoire des victimes des camps de l’humiliation et de la mort ( J’reida, Ouallata, Inal, Sorimalé…), pour la fin de la dictature militaire, pour le respect de nos libertés et pour la fin de l’esclavage que nous nous battons.
Quelque soit notre bord politique et notre religion, nous devons, pour notre intelligence et notre Humanité, s’insurger contre la violence des puissants, le terrorisme, le suprématisme, la corruption, le népotisme et le piétinement de nos droits et libertés. Les blessures infligées au peuple mauritanien sont encore béantes. Le collectif des veufs et orphelins des victimes de la barbarie du gouvernement Taya demande justice et réparation. Cette partie de notre histoire est la Nôtre. Nous devons restaurer la dignités de nos écrivains, la bravoure de nos soldats. Cette sombre page de notre passé est notre mémoire collective, un événement désastreux qui devrait être jugé et réparé. La justice est la mère de tout réconfort. Sans elle, nous serons toujours des complices devant la violence et la barbarie de nos dirigeants.
Il faut quand même souligner la présence encore très profonde des responsables de ce massacre dans les sphères gouvernementales de notre pays. Pour la préservation de leurs privilèges et avec le soutien des intellectuels de la droite extrémiste arabo-berbére, ces néo-nazis, dans la souffrance des familles des victimes, se retrouvent à l’abri de tout jugement.
Pour la stabilité et pour la sécurité de nos concitoyens, une chose est sûre: Il faut faire disparaître le mal, arracher ses racines et brûler ses feuilles. Nous aspirons tous à la justice, à la justice sociale, à la justice économique, à la liberté ( la liberté de s’exprimer, la liberté des Esclaves), au respect de nos choix politiques et de nos choix religieux.
Quelques soient les lieux et les temps, l’homme, dans son génie et sa cruauté, reste le produit d’une construction sociale. On aurait pu dire « les constructions sociales ». Elles sont issues d’une base sociale unique mais avec des expériences et des ambitions différentes. C’est que l’on appelle conviction. Elle est le résultat d’une transmission intense et progressive des normes et des valeurs sociales. Ces normes et valeurs, appliquées et transmises différemment, sont les sources de nos idéologies politiques, religieuses et philosophiques. Nous, humanistes et tolérants, aspirons à une société humaine régie par des principes de liberté, d’égalité, d’équité et de justice. C’est cette idéologie anarcho-gauchiste qui fonde l’ossature de notre engagement. Celui-ci est né dans des environnements différents avec des normes et des valeurs sociales humanistes et tolérantes.
Dans la misère et la répression, les opprimés et les miséreux, essayeront toujours de se libérer et de rester maître et possesseur de leur territoire. L’homme est un être libre. Un être humain qui se nourrit dans une liberté sans aucune contrainte ni restriction. Enchaînés par des chaînes capitalistes et par la dictature, les peuples, las et impuissants, acceptent honteusement leur condition. Conditionnés à se soumettre aux lois injustes, dans la peur et dans l’impuissance, ils deviennent des machines de production et des Esclaves à la solde de la Grande bourgeoisie mondiale. Cependant, les puissants ignorent complètement la puissance de la force populaire. Protégés par des milices armées devenues forces républicaines, les méchants loups de la grande bergerie humaine ne se doutent guère que la grande tempête est sur le point de ravager tout sur son passage. Ici, il est question d’une révolte sociale très bien structurée, avec un projet cohérent et une volonté de faire naître un autre modèle politique avec une vision d’avenir très prometteuse.
Nous avons remarqué dans la pensée des anarchistes cette forte envie de se libérer de tout. De Dieu et de L’État, de la dépendance à la soumission. Quoi qu’on spécule sur la nature humaine, le désir de se révolter constitue le socle de son existence. Il est fait pour être libre et non pour se soumettre aux gourous de tout horizon qui véhiculent des contre-vérités et des idéologies nauséabondes. Ils sont dans nos manuels scolaires, dans les livres religieux, dans des textes philosophiques, sur une affiche dans un bus, dans nos médias. Cette classe d’hommes et de femmes qui nous gouvernent ne veulent qu’une chose, que nous restions dans cet asservissement. Ils détruisent nos écoles, vendent nos établissements d’enseignement, ruinent notre système éducatif et sanitaire. Les enfants du bas peuple mauritanien n’arrivent point à avoir un enseignement de qualité qui formera un jour des ingénieurs, des médecins, des mathématiciens, des hommes de lettres, des musiciens. Ils se retrouvent piégés dans des réformes éducatives à caractère communautaire au détriment de l’intérêt général. L’arabisation de l’enseignement en Mauritanie est une très grave erreur qui, dans les décennies à venir, plongera notre pays dans le chaos. La pression des chefs de tribus maures et la droite extrémiste mauritanienne sont les racines du mal que vit le peuple mauritanien. De la corruption à la violence psychologique, de la pratique esclavagiste à la répression des libertés, de la discrimination au racisme, le peuple mauritanien, dépouillé de toute humanité, se retrouve dans la gueule de la grande bourgeoisie mauresque.
Le peuple mauritanien meurt à petit feu. Devant la misère qui sévit dans notre pays, un coeur sincère et sain ne pourrait ignorer ces cris d’enfants affamés dans les rues de toutes nos villes. Cette misère est profonde. Elle nous dépouille de notre dignité; de notre humanité. Elle nous maintient dans une dépendance mortifère qui nous écrase tous les jours.
Il est inconcevable qu’un territoire aussi riche que le notre, abrite des hommes, des femmes et des enfants qui meurent de la famine. Nous sommes devant une horreur sans nom. Notre volonté ne se résume pas uniquement à démolir la gouvernance militaire mais de donner naissance à une Mauritanie solidaire, instruite, tolérante et démocratique. La lâcheté et la peur ne doivent en aucune raison orchestrer nos intentions et nos actions. Nous avons le droit d’être libre et de participer activement à l’affranchissement de ce mur de la résilience et de la résignation qui nous étouffe. Nous n’allons aucunement laisser sombrer notre pays dans le désordre le plus total et dans les mains des fanatiques religieux qui répriment les libertés du peuple et qui volent les plus faibles et les plus démunis d’entre nous. Devant l’horreur, le bon sens devrait véhiculer nos actions et non de se camoufler dans un humanisme de comptoir qui est en réalité qu’une somme sordide des pensées opportunistes. Revenons à la misère!
Génération après génération, dans une servitude et une répression ravageuse, le peuple mauritanien reste impuissant face à l’arsenal de propagande idéologique des régimes politiques qui se sont succédés à la tête de notre État. Cette impuissance de plus en plus profonde trouve ses racines dans le clientélisme politique, le népotisme et dans la gestion calamiteuse de nos richesses. Analyser la misère du peuple mauritanien revient à mettre des mots sur des cris nocturnes d’enfants qui souffrent de la famine, sur cette impuissance dans les yeux de cet homme qui vient de perdre sa femme au cours d’un accouchement parce que les médecins refusaient de la prendre en charge sans assurance-maladie, sur cette famille qui, dans la chaleur cuisante de notre désert, séjourne honteusement dans la rue. Devant l’impuissance des puissances publiques, de nos institutions religieuses et de nos responsables politiques, les miséreux et les oubliés de la République se plongent de plus en plus dans les tréfonds de la plus grande des souffrances.
Cette monstruosité est le fruit des années de laxisme et de laisser-faire permanent. Les biens publics se confondent aux bien privés et des milliards d’Ouguiya se retrouvent dans des banques étrangères alors que nos concitoyens périssent de faim, meurent d’accidents de la route faute d’infrastructures adéquates, des jeunes filles meurent en accouchant par manque de personnels et de soins, des établissements d’enseignement totalement délabrés dans lesquels s’abritent des ânes, des chiens et des sans-abris terrassés par vos politiques destructrices et votre cupidité mortifère.
Gouverner c’est répondre aux aspirations du peuple. Gouverner c’est donner un avenir meilleur à nos filles et fils. Gouverner c’est organiser efficacement nos directions, nos institutions et notre administration. Gouverner c’est respecter les droits du peuple. Gouverner c’est de servir le peuple et non de se servir dans les tirelires du peuple. Gouverner c’est respecter le choix de chacun et de faire régner la volonté de la majorité. Gouverner c’est de savoir respecter nos différences et de faire la promotion de notre diversité pour éveiller les racines de notre unité. Gouverner c’est donner la chance à chaque citoyen quelque soit son ethnie, sa couleur de peau, sa religion, ses convictions. Gouverner c’est garder son calme devant la résistance populaire sans pour autant chercher des chicanes aux pays voisins. Enfin, gouverner c’est aussi séparer les pouvoirs ( politique et religieux) pour se prémunir de toute pression ou influence étrangère qui pourrait nuire à la stabilité de notre pays.
Nos dirigeants, au lieu de suivre à la lettre les volontés du peuple, font totalement l’inverse de ce que réclament les citoyens. Dans cette trahison de la confiance du peuple, les gouvernants, encore plus cupides et violents, violent sans cesse les droits et libertés individuelles. Leur mode de gouvernance ressemble à une organisation de malfaiteurs qui fait régner la peur et la misère dans les favelas. Ils se partagent les richesses du pays, se soignent dans les hôpitaux étrangers, inscrivent leurs enfants dans des écoles privées les plus prestigieuses, s’accaparent les biens du peuple pour se construire des fortunes dans des métropoles occidentales, utilisent la religion pour tondre et anesthésier le peuple. Pour arriver à toutes ces fins, ils utilisent des instruments légaux pour légitimer des actes illégaux.
Le monopole légitime de la violence est un concept politico-sociologique très juste et très cohérent pour le rétablissement de l’ordre républicain. En Mauritanie, nous avons dépassé ce cadre raisonnable et nécessaire. Nous sommes au niveau des assassinats arbitraires pour justifier le vol de nos biens publics. La répression policière mauritanienne est brutale tout à l’image de son patron. Pour légitimer toute cette violence infligée au peuple, ils enclenchent leur incroyable machine de propagande: les dignitaires du Sud, les notables du Nord, les journalistes, les chefs religieux, la police politique et la petite caste d’opportunistes de noirs de service vient fermer la marche. Voila les racines de notre misère, de notre exclusion et du racisme d’État mauritanien.

KIDE BABA GALLE

Mauritanie/Intempéries : la communication de Monsieur Traoré Gaye, responsable associatif en France.

Dans la nuit du dimanche 25 août 2019 jusqu’au lendemain lundi 26, des fortes pluies sont tombées dans la région Sud mauritanien, le Guidimakha. Ces précipitations abondantes ont causé un certain nombre de dégâts à cause de la remontées des eaux dans les maisons ,certaines maisons partiellement détruites ou détruites entièrement dans plusieurs communes . Le cheptel aussi n’est pas épargné !
D’après diverses sources des décès sont à déplorer au niveau de la ville de Sélibaby , décès confirmés par le centre hospitalier de Sélibaby ,un temps très difficile pour nos populations , elles méritent de notre soutien .
Toutes nos condoléances attristées aux familles des victimes du Guidimakha . L’heure n’est pas à la polémique ni à la politique politicienne car dans la détresse et le malheur, il n’y a ni politique ni de clivages, il n’y a que l’aide et l’entraide.
Nous saluons toutes les initiatives citoyennes prises visant à soulager la souffrance des victimes de cette catastrophe naturelle qui frappe notre chère région le Guidimakha et qui au-delà affectent tous nos compatriotes .
Tout mauritanien en détresse a besoin de la chaleur humaine de ses frères mauritaniens , soyons à l’unisson comme pendant la qualification des mourabitounes , faisons des campagnes nationales de collectes de fonds, de vêtements , de couvertures , de tentes et de produits de premières n écessité au profit de nos compatriotes sinistrées ! Ainsi à cette triste occasion, toute la solidarité nationale mauritanienne doit s’affirmer , se manifester sans reste!

Nous, GANBANAAXU FEDDE, exprimons notre solidarité à l’endroit des sinistrés partout sur le territoire national et en particulier au Guidimakha où plusieurs témoignages de terrain révèlent d’innombrables perturbations dans la vie courante ces derniers jours .
Nous soutenons les autorités compétentes dans toutes les mesures nécessaires prises en vue de porter assistance aux populations sinistrées. Nous prenons acte de toutes les dispositions gouvernementales prises en vue secourir ces sinistrés, mobilisation du Génie civil de l’armée , fusiliers marins , un plan de santé encours pour éviter des épidémies !
Je soutiens que nos différentes initiatives ne consistent pas à nous substituer à l’Etat et d’ailleurs quelle prétention démesurée attribuée à tort , il est question de solidarité humaine , de fraternité .Il y a des chaleurs humaines qui valent des millions dans certaines circonstances !
Ainsi l’association Armepes-Frane que je préside a mis en place une collecte de fonds pour les victimes via la plateforme Helloasso.com , toutes sommes collectées iront aux victimes de ces inondations et la gestion des fonds se feront en toute transparence avec rapport à l’appui ! A Ganbanaaxu fedde notre devise est : « Fraternité -justice -Développement » .
Nous saluons cet élan de solidarité de la Diaspora manifesté envers les victimes dans leur ensemble, cette Diaspora doit avoir l’attention des nouvelles autorités enfin .
N’oublions pas de rendre un vibrant hommage aux acteurs présents dans les villes et villages du Guidimakha aux premières heures de la catastrophe , que Allah leur récompense et leur ouvre toutes les portes de sa miséricorde , car aidant à mettre à l’abri des familles entières en détresse , une belle leçon d’humanisme en somme .
Puisse Allah nous préserver et préserver le Guidimakha au-delà la Mauritanie toute entière de toutes calamités , de tout fléau de quelques natures qu’elles soient .

Votre frère , votre compatriote Traore Gaye , connu sous le nom de GAYE TENE
Président de Armepes-France , initiateur de GANBANAAXU FEDDE

Paris le 30 Août 2019

©️Post Facebook de l’auteur du 30/8/19

L’éditorial: Guidimakha, la sinistrose

Le Guidimakha, à l’instar du reste du territoire national avait besoin d’eau. Le manque de pluies en cette période hivernale augurait pour cette région, la plus arrosée du pays, des lendemains inquiétants pour la vie et l’existence du bétail et des champs de culture.
C’était la sécheresse qui s’annonçait ; ce qui, partout ailleurs en Mauritanie, était source d’inquiétude des citoyens.
Alors le Guidimakha comme le reste du pays s’est mis à implorer Dieu pour la pluie. ALLAH a répondu par des averses sur le Guidimakha. La région a été réellement arrosée, pour ne pas dire noyée.

Avec des pluies de 36 voire 72 heures sans discontinuer dans certaines localités. L’atténuement de l’effet de la sécheresse sur cette terre a été finalement catastrophique à des degrés divers selon les localités.

On parle de 21 victimes humaines dans toute la région et les dégâts matériels sont énormes. De N’Diewo à Sansanghé, en passant par Selibaby, Bouly, Gorilakhé, l’ampleur du désarroi déconcerte toute âme sensible…

Le village de Sambakandji, situé au Sud de Selibaby, est en partie entièrement détruit. Des quartiers entiers de plusieurs villages ont été rasés par les eaux. Des champs de culture dévastés, des animaux emportés par les torrents. Plusieurs centaines des maisons (en banco) se sont affaissées et parfois ont fondu. L’eau s’est invitée partout dans les habitations. De mémoire même d’octogénaire, c’est du jamais vu. On dénombre par centaines les populations qui ont tout perdu, et aucune localité de cette région n’a été épargnée…

Le tronçon Kaédi – Gouraye a été coupé en plusieurs endroits et le pont au niveau du village d’Ehel Salem (Touriyimé – la tête de l’éléphant, c’est le nom du marigot) a cédé, coupant Selibaby des villages du Nord et le trafic vers Nouakchott.

Ce même tronçon via Gouraye, qui était déjà dans un piteux état, est également grandement affecté… pour ne pas dire tout simplement détruit dans certains endroits. Guidimakha souffre. Le désastre est sans précédent et sa gestion déplorable.

Guidimakha est sinistré. Un état défaillant avec une gouvernance de l’improvisation. La politisation du malheur des populations était aussi à l’ordre du jour.

Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévenir ?

« Gouverner, prévenir et anticiper »sont-ils des méthodes mauritaniennes? L’actuel tenant du pouvoir et son gouvernement diront sans doute en sourdine qu’ils ont héritée d’une situation chaotique…

Mais est-ce une excuse vis-à-vis d’une population qui a tardé à voir l’Etat à coté d’elle? Ici et là en Mauritanie, on se confond avec le mode épicier, la gestion du jour au jour de nos autorités ces dernières décennies.

Ainsi le Guidimakha s’est noyé et est resté sans secours conséquent, se débattant avec les moyens rudimentaires … des moyens du bord en attendant que les autorités comprennent que gouverner c’est anticiper et jouer sa partition.
Une autorité dépourvue d’un plan de contingence s’est elle-même conviée dans la défaite. Les autorités locales sont restées pantoises et inefficaces.

Le président du Conseil régional (Mr Coulibaly) s’est plu et complu, dans un français hésitant, à rassurer les populations. Quelle légèreté ! Quel déphasage ! Ce responsable qui devrait être sur le terrain dès les premières heures de la catastrophe, est tombé dans la position politico-partisane. Il s’est contenté d’énumérer les intentions d’un gouvernement qui a été défaillant à tout point de vue. Et il s’est adressé aux populations ou à ses collègues via Whatsapp, et on se demande vraiment si les populations de Sambakandji (commune de Gouraye) l’ont écouté et si celles de Mborgo (commune de Dafort) ont seulement « le réseau ».

Mr Coulibaby ne semble pas comprendre ce qui doit être son rôle et surtout langage qu’il doit utiliser en pareille situation de crise. Lui qui est la première victime car président d’une population noyée qui l’a élu. Lui, le principal espoir et interlocuteur de ces populations auprès des autorités. Lui, l’élu a failli. Un élu très différent de l’élu de Tintane.

Il n’a pas trouvé mieux que de dire qu’il a eu le Ministre de l’Intérieur au téléphone et ainsi de suite… Aux questions que notre journal lui a posées, 24 heures après son intervention, il n’avait pour réponse qu’il n’a « aucune idée de la situation ». Pauvre Guidimakha abandonné par ses politiques.

L’autre insulte vient de Ba Ousmane. Lors d’une réunion des cadres de la région pour s’organiser afin de venir en aide aux populations, lui, l’ancien ministre de l’éducation, se félicitait de la rapidité de la réaction du gouvernement pour secourir les sinistrés.

Quelle pitié ! Ce monsieur se moque de qui ? Voici le langage qui a fait perdre Ghazouani au Guidimakha les présidentielles du 22 Juin passé? Dire le contraire de ce que tout le monde sait. Même ses collègues qui participaient à la réunion semblaient être surpris par ces propos.

Heureusement que les actions de la diaspora combinées à la réaction tardive du gouvernement peuvent constituer un début de soulagement des ces populations aujourd’hui dans le dénuement total.

Encore une fois, la fâcheuse habitude des politiques de ce terroir s’est montrée au grand jour ; des politiciens qui ne sont forts que dans l’entreprise de destruction des uns des autres, les divisions, les scissions politique des supposés adversaires.

Pour ces politiciens, la mission qui consiste à atténuer les souffrances des populations historiquement délaissées n’est pas une priorité. Pauvre population que ces politiciens, toutes obédiences confondues, ont fini de transformer en poudrière sociale.

Qu’Allah vienne en aide aux populations du Guidimagha.

Camara Seydi Moussa

©️Lien de l’article : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1058