IRA-MAURITANIE: LA MOBILISATION CONTINUE ET LA RÉPRESSION AUSSI.

Au cours de leur troisième journée de marche et protestations publiques et pacifiques, aujourd’hui 20 février 2018 à Nouakchott, dans la région de Arafat, les militantes et militants d’IRA-Mauritanie ont été confrontés, dès les premiers instants à un déploiement sans précédent de nombreuses unités d’élite de la police, armées jusqu’aux dents, quadrillant tous les artères et prêts à casser du militant pacifique. La série de marche qu’IRA à initié depuis quelques jours, visent à dénoncer la montée injustifiée et insupportable des impôts et des prix des denrées indispensables ainsi que le manque de politique gouvermentale envers la sécheresse et la famine qui menace citoyens et cheptels mauritaniens.
Les dirigeants de la police ont donné l’ordre aux unités sous leur commandement d’attaquer les marcheurs pacifiques iraouis avec une violence indescriptible et gratuite qui occasionné des dizaines de blessés, dont certains très graves. Certains chefs de la police sympathisants du mouvement de revendications, ont soufflé aux militants, que le général Mohamed ould Meguett à rendu visite à l’aube aux unités de police pour leurs intimer une directive ferme: casser du manifestant, casser du IRA.
Les blessés graves et les personnes arrêtées dans les rends des manifestants:

1- Zoubeir Mbareck

2- Taghy Beydar

3-Sidi Aly Nabgha

4- Imijine Mohamed dit Seyid

5- Malick Sy

6-Ahmedou Yalla

7-Mohamed ould Saleh

8- Moulaye Mesdoud

9- Amodou Traore

10- le rappeur Cheikhna Imigine dit Chico Basd

11- Sabbar Houssein

12- Abdallahi Homod

IRA-Mauritanie réitère sa persévérance dans les marches et protestations conformément aux lois mauritaniennes et aux engagements internationaux de la Mauritanie.
Appelle les forces vives de la nations à rompre avec le défaitisme et se dresser pacifiquement mais fermement et avec esprit de sacrifice contre la confiscation des droits et libertés et l’humiliation du peuples.

Publicités

Les mentalités féodaloesclavagistes de plus en plus agressives dans les villages soninkés : le cas de monsieur Simbara BA ostracisé à Nahali au Mali.

Encore pour une énième fois, les soubresauts du régime féodal et rétrograde font l’actualité dans une localité rurale en « pays soninké ». Depuis le 3 février dernier à Nahali , monsieur Simbara BA vit un embargo sociétal imposé par la féodalité locale. Travailleur en France, il est actuellement en vacances auprès de sa famille dans ce village malien faisant partie de la commune de Djélébou (Aourou à 25 kms) dans le cercle administratif de Kayes , monsieur BA s’est décidé récemment d’annoncer la rupture du lien féodal et coutumier avec une famille du village . Ainsi une fois, cette décision d’éveil et de conscientisation connue, les milieux féodaux (la caste nobiliaire et la caste maraboutique) et leurs obligés courtisans, se sont consultés en urgence chez leur chef coutumier. Selon les informations recueillies de monsieur Simbara BA, membre du mouvement GANBANAAXU*, des mesures restrictives ont été décidées à son encontre. Par exemple, dans le village il est interdit aux bouchers de lui vendre de la viande et ainsi qu’aux personnes en service de change de lui rendre ses mandats de devise. Il dit qu’un membre de la caste maraboutique l’a convoqué chez lui en l’invitant de reprendre les liens sociaux (lada) avec la famille féodale. Convaincu du caractère perverti de ces liens sociaux qui perpétuent le cordon des séquelles esclavagistes dans le Vivre soninké, monsieur BA est resté catégorique en gardant sa position intacte. Encore comme dans plusieurs cas, l’ordre féodal soninké sévit d’une manière abjecte dans les localités rurales en milieux soninkés. Rien ne justifie cette mise en quarantaine sociale de ce monsieur qui n’a enfreint aucune loi malienne.
La mouvance abolitionniste sous le vocable GANBANAAXU FEDDE exprime ses vifs soutiens à ce monsieur . Ainsi nous adressons ce communiqué aux autorités publiques maliennes, en particulier à celles du cercle administratif de Kayes , en guise d’alerte sur le cas de monsieur Simbara BA qui vit un ostracisme humainement et moralement inadmissible dans notre époque du 21ème siècle.
Nous comptons utiliser tous les moyens et voies légaux afin de secourir ce monsieur dont son cas relève d’une atteinte flagrante à la dignité humaine. Surtout un rappel aux consciences progressistes du monde soninké qui ne doivent plus se taire sur ces réalités honteuses qui prévalent en coulisses dans nos communautés. Aujourd’hui, ce qu’un maire d’extrême droite en occident n’ose pas imaginer , est appliqué entre nous-mêmes dans nos contrées arides au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Ce village de Nahali est situé à 9 kms à peu près du village de Baidiam en Mauritanie. On ne cesse de répéter dans nos discours de sensibilisation et de conscientisation, le système de ladani est le régime psychologique de milieux féodaux et réactionnaires pour harceler et humilier des paisibles citoyens.

*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké

Le 17 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU FEDDE.

ALERTE : DES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ GANBANAAXU VIOLEMMENT ATTAQUÉS À MODIBOUGOU.

Dans la nuit de mercredi au jeudi, un groupe de gens sortant d’une rencontre nocturne s’est lancé dans des propos provocateurs ciblant les personnes connues comme refusant le système féodal de ladalamxu (rapports sociaux pouvant lier les anciens esclaves et les anciens maîtres) dans cette commune appartenant au Moughaata de Kobenni dans le Hodh El Gharbi. Tout part d’une provocation lors d’un mariage, au cours duquel un monsieur dénommé Siran kante baba Dramé issu de la composante sociale Niakhamala (selon les sources il serait un guesseré ou diaré), aurait clamé en public et avec le zèle que la part de présents destinée aux esclaves est là. Sur l’état pas de réaction contestataire mais lors d’une rencontre dans une place du village, un membre de la communauté GANBANAAXU* présent au moment des propos apologistes tenu par le courtisan féodal, lui a rappelé que son comportement était blessant et condamnable par la loi. L’homme niakhamala a remis une couche provocatrice en disant qu’il est chargé de dire ces propos sur ordre de ses maîtres féodaux qui sont de la famille Diawara. Il aurait rajouté qu’il peut même tuer une personne si ses maîtres lui donnaient l’ordre. C’est ainsi qu’un membre de la communauté GANBANAAXU s’est rendu auprès de la brigade locale pour signaler ces provocations caractérisées. Convoqué avec certains de ses maîtres féodaux, le cas du courtisan social s’est arrangé à l’amiable avec des avertissements exprimés par les gendarmes concernant ce discours extrémiste et provocateur lié à l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés.
Après cet épisode qui n’a pas trop plu aux milieux féodaux et réactionnaires du village, des réunions ont eu lieu toute la journée et après la rencontre du soir, une bande extrémiste parmi eux, a ciblé les militants GANBANAAXU par des propos injurieux et jusqu’aux coups violents à l’aide de gourdins. Il y’a eu plusieurs blessés dont un cas relativement grave. Ce dernier, Fidi Cissokho, un retraité venu de la France a reçu des coups sanglants sur sa tête. Encore alertés, les gendarmes ont arrêté 11 personnes issues de milieux féodaux du village et d’autres suspects ayant pris part aux agressions gratuites de la nuit seraient en fuite d’après une source proche du dossier.
Ainsi, il est URGENT et nécessaire pour que les autorités mauritaniennes prennent toutes les mesures qui s’imposent pour stopper l’engrenage de provocations féodales et esclavagistes dans les localités soninkés.
Par ce communiqué, nous condamnons fermement ce nouveau palier réactionnaire de ceux qui se considèrent comme intouchables pénalement en défiant les lois ouvertement. Nous interpellons encore toutes les consciences progressistes de la communauté soninké sur un silence inquiétant sur ce phénomène de l’ordre féodal devenu de plus en plus agressif dans nos localités.
Nous alertons nos partenaires défenseurs des droits humains à Nouakchott sur ce cas de Modibougou afin de suivre de près l’évolution de ces événements violents.

Ci-joint l’audio des aveux d’un agresseur : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=i6Jd8udijlQ

*Mouvement pacifique et citoyen pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

8 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU

MAURITANIE : COMMENT TORTURER UN NOIR ET S’EN VANTER 

Note d’alerte 

I. LES FAITS 

1. Le 11 janvier, les réseaux sociaux mauritaniens, notamment les groupes de discussion  WhatshApp et Facebook, diffusaient deux vidéo d’une séance de torture infligée, par des maures, aux voix jeunes, à un  descendant d’esclave, un Hartani, prénommé Ethmane. Les circonstances, la cause, le lieu et la date restaient indéterminés. L’échange verbal, entre les protagonistes, laisse entrevoir la probabilité d’une expédition punitive, suite à une tentative de larcin ; les tortionnaires, qui filment la scène et s’y expriment distinctement, non sans l’agonir la victime d’insultes et exigent l’identité de son complice. Hamza, l’un des assaillants, réclame, en réparation du préjudice allégué, que le présumé voleur lui cède son épouse, pour une nuit. Ethmane, ensanglanté, y compris à l’entrejambe, supplie, demande pardon et sanglote ; des soufflets  pleuvent sur sa tête, bandée au niveau des yeux. Dans le second film, d’à peine quelques secondes, le visage tuméfié témoigne de coups et blessures portés en réunion. Tout le dialogue se déroule en Hassaniya, l’Arabe vernaculaire du Sahara.  
2. La famille de Ethmane Ould Brahim prétend que ses assaillants l’ont interpellé, en soirée du dimanche 7 janvier, à proximité d’un restaurant de la commune de populaire de Dar Naïm, pour lui demander du feu, avant de se mettre à le ruer de coups. Dans l’enregistrement audio que Hamza envoie à son ami, le premier raconte plutôt l’histoire d’une intrusion chez lui, tard dans la nuit, à 3h30 mn. Il aurait alors poursuivi et maîtrisé l’inconnu qui fuyait pour escalader le mur ; après une empoignade entre les deux, le présumé voleur, muni d’une épée, aurait été neutralisé, par un une entaille de tournevis aux côtes. Des proches, appelés en renfort, accourent, grâce à appel téléphonique ; ils décident, ensemble, de le conduire, dans la malle arrière d’un véhicule, à la plage de Nouakchott, située 7 kilomètres plus loin. Là, toujours selon la voix, ils le molestent copieusement à plusieurs et éteignent des mégots de cigarettes dans son anus. Le témoin précise : 

« nous n’avons pas voulu filmer cette scène à cause d’éventuels ennuis ». Sur le ton de la moquerie et l’accent du sarcasme, des mots d’insultes à l’endroit des « nègres esclaves » ponctuent le récit.  
3. L’ouvrage achevé, les exécutants jettent leur proie inanimée dans le Commissariat de police de  Dar Naïm I, au lever du jour. Hamza dit être rentré chez lui pour s’endormir. Ismaël Ould Brahim, le frère de Ethmane, apprend l’évènement dès le 8 janvier mais ne parvient à le rencontrer que le lendemain. Le vendredi 12, il se rend au bureau du Procureur près le tribunal de Nouakchott-nord et lui montre la vidéo de la séance de torture ; ce dernier promet de diligenter une enquête.  Parmi le groupe de tortionnaires, sont formellement reconnus un gendarme dénommé Cheikhna Ould Issaoui, Hamza Youssouf et, ironie du sort, un Saddam ; l’un d’eux exercerait le métier de médecin.  

Le 14 janvier, Ethmane, présenté par une partie de la presse comme un délinquant multirécidiviste, poursuivait sa garde-à-vue ; à la même date, les lyncheurs jouissaient d’une entière liberté.  

 

II. L’ENVIRONNEMENT 

2. Le racisme, en Mauritanie, ne constitue en rien une nouveauté. Il relève d’une banalité sociale dont témoignent des siècles d’esclavage et deux décennies de persécution des ethnies négroafricaines du Sud. L’insolite, ici, réside, dans  l’usage assumé de sévices, relevant de la privatisation de la justice, par des auteurs peu enclins à l’anonymat ; leur volonté de se donner en exemple, au travers de l’image, témoigne d’une certaine sérénité. Pour parvenir à un tel degré d’assurance, il fallait, aux apprentis suprématistes, la certitude de l’impunité.  

3. Certes la Mauritanie dispose de lois exemplaires en matière de promotion de l’égalité et de répression des atteintes à l’intégrité du corps mais elles ne servent, in fine, qu’à occulter la permanence des crimes prétendument combattus. Une juridiction spécialisée dans les pratiques serviles et le trafic de personnes, une loi contre la stigmatisation, un mécanisme de pénalisation des traitements inhumains et dégradants se soldent, jusqu’ici, par l’absence de condamnation. Pourtant, comme l’attestent plusieurs rapports internationaux, le pays s’immerge dans la violation de la dignité des gens ; plus l’arsenal du droit s’enrichit, davantage s’aggravent les situations visées. Les partenaires extérieurs, quelquefois par  naïveté, souvent en vertu du cynisme de la patience, misent sur « les engagements », le « renforcement des capacités », la ratification des conventions et traités et autres diversions à l’épreuve desquels les oligarchies du Tiers-monde excellent.  

4. Déni officiel et complaisance extérieure se conjuguent, alors, au nom de la non-ingérence, pour perpétuer des pouvoirs de prédation et de brutalité. La Mauritanie confirme l’usage ; bien plus qu’ailleurs, l’étranger diplomate risque, assez vite, d’y succomber aux cadeaux et sirènes de l’hospitalité vicieuse ; en contrepartie d’un regard flou sur le présent et les perspectives d’un système de domination voué à se reproduire par la violence à la fois symbolique et physique, il recueillera bien des faveurs. Aujourd’hui, l’hégémonie ethno-tribale bénéficie d’une quasiconnivence dans le reste du monde. Or, évidence du paradoxe, l’essence « racialiste » de l’oppression s’appuie sur un potentiel d’extrémisme religieux en diffusion accélérée dans la sousrégion. La République islamo-arabiste de Mauritanie, projet de Talibanie incrustée entre de l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, n’a pas encore épuisé ses ressources d’inhumanité. Le pire arrive.  

III. QUE FAIRE ? 
5. Il ne s’agit plus de dénoncer, encore moins d’argumenter, tant l’itération de telles bavures jalonne la lutte pour une Mauritanie émancipée des privilèges de naissance, sur le chemin de la rationalité et en adéquation au cours de l’histoire. L’effort de la non-violence, vers la rupture, suivra sa nature conflictuelle parce qu’aucune construction sociale ne consent d’elle-même à renier l’iniquité qui la fonde et en garantit la reproduction. Dans cet espace d’ignominie où torturer un noir, en 2018, tient de la distraction, il n’y a désormais de communauté de destin, non plus d’avenir en commun. L’immunité des uns produit la révolte des autres. Ainsi évolue le genre humain.  

Nouakchott, le 15 janvier 2018 
Conscience et Résistance (Cr, association social-démocrate, écologiste et laïque, non autorisée).  

 

Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira, association anti-esclavagiste, non autorisée).

DIALLO Ousmane Kodoré, 2 ème vice-président ARMEPES-FRANCE alias LINKY nous conte l’histoire de Fegui.


https://youtu.be/yhMj26brIsc

ARMEPES-FRANCE – Après Yimbi Kumma, le 2ème vice-président de l’ONG- ARMEPES-France, M. Diallo Ousmane Kodoré alias LINKY son nom d’artiste, natif de Toulel, vient de dédier une belle chanson au village Malien Fegui, pour rendre hommage à un vieux sage homme, répondant au nom de Samba Dabo.

Le pauvre vieux a vu du jour au lendemain, la foudre féodale s’abattre sur sa tête, sa demeure d’une villa murée, clôturée par un mur en béton, lui privant toute possibilité d’entrée ou sortie de chez lu, parce qu’il refusa d’accomplir les veilles coutumes (LAADA ou EL-ADA) ancestrales qui reposent sur la pratique de l’esclavage et ses séquelles.

Le vieux a eu le soutien immédiat de Ganbanaaxu Fedde, une plainte a été déposée, les autorités Maliennes ont immédiatement rétabli M. Samba Dabo dans ses droits en appliquant la loi avec la condamnation des auteurs de l’infraction. Les féodaux paradaient partout qu’ils sont les seuls détenteurs de la terre à Fegui.

Ils ignoraient les principes d’un état de droit, les autorités Maliennes les ont vite ramenées à leur place de simple citoyen, loin d’être au dessus des lois. Voila ce qui manque en Mauritanie.

Les féodaux du village de Fegui pensaient, qu’en ayant des parents hauts placés dans l’administration Malienne, également, détenteurs de la mairie de Fegui, ils sont les rois du ciel et terre pour bafouer les droits de pauvres personnes.

Faut-il rappeler que le cas de Fegui n’est pas isolé dans le milieu soninko, particulièrement dans le Guidumakha, les Féodaux tapis dans le parti au pouvoir (UPR) sans conviction agissent de la même sorte chaque jour.

Ils font vivre les villageois l’enfer sur terre avec une administration corrompue. Tout villageois qui rejette leurs coutumes esclavagistes, est harcelé, traqué au quotidien par des expropriations foncières qui reposent sur des fausses plaintes.

Certains sont priés de quitter le village carrément. Il est temps que l’administration locale à l’intérieur du pays (gouverneur, préfet, procureur, juge ou cadi etc…) prenne les choses en main, applique les lois de la république en rétablissant les pauvres citoyens dans leurs droits.

Chaque jour, des pressions pleuvent sur les fonctionnaires dans régions, venant de ministres, directeurs, conseillers du président etc…. C’est tellement honteux.

La chanson de l’histoire fegui

Il était une fois à FEGUI un village au Mali

Oh Hommes ! Écoutez l’aigle royal (goppendokampo)
C’est l’histoire de mon père
Un homme qui nous dépasse de loin
C’est la victoire de mon père
Un trophée de ganbanaaxu fedde
Il y a eu et existe des Hommes courageux à FEGUI, si je pourrais encore hier je choisirai le Nom Dabo

Je te tends la main avec cœur ouvert car je peur du pêché
Ton regard me suffit pour savoir si tu me porte dans ton cœur
2017 c’est une Année pas comme les autres
Je n’ai pas senti la fraternité en soninkara
Pourtant nos parents ont travaillé ensemble
Pour le bonheur de ce village

Eh Elhadjs! Mais pourquoi aviez vous construit ce mur ?
Eh Elhadjs ! Mais pour quelles raisons cet enclos ?
Oh que je suis aveugle ! C’est La coutume de mes ancêtres qui m’assassine
On me ligote avec les pratiques ancestrales
À cause de cette coutume, les Hommes ne s’aiment plus et ne s’entraident plus.
L’aigle royal vous dit que cela doit cesser
Oh les traîtres, stop à la provocation
Et que cela ne se produise plus.

Refrain

Fegui, Fegui, Fegui, Fegui

Fegui Fegui, Fegui Mali

Si le mariage est inconcevable alors à dieu cette coutume ancestrale.

On a peur de personnes (ganbanaaxu)
Pour les droits humains
On est sur toutes les lèvres
Vivons ensemble jusqu’à que la mort nous sépare
C’est ce que souhaite tout noble
Nos ancêtres ont connu des moments de guerres et de paix
Ils ont su gérer avec intelligence et méthode
Ceux qui veulent gouverner aujourd’hui n’ont aucune sagesse

Leurs crânes ressemblent à une route goudronnée
Ils rompent comme une poule sur ses poussins
Prenez exemple sur le vieux Dabo
Que vos familles ne dépendent de personnes
Que leurs libertés ne se trouvent pas entre les dents d’aucun Hommes
Oui ! Ils disent que je suis une mauvaise personne
Car je ne cautionne la féodalité
Mais pendant combien des jours, ma maison est restée fermer ?
Entourée par leur clan armé avec des machettes
Dont ma seule défense était la patience dans l’espoir
Seule l’Etat nous séparera !!!

Je suis vieux Dabo, aucune haine ne coule dans mon sang
Aidé par les discours de Ganbanaaxu Fedde, on a évité la guerre
Aucun jour n’est passé sans que Moro Kanouté ne m’appelle pour me rassurer dans patience

Non on ne souhaite pas la guerre

Le passée est révolu, aujourd’hui je te pardonne

Goppé(l’aigle royale) ne demande que l’Union
Dans un village aussi grand
Sans injustice, je suis partant
Sans esclavage, je suis prêt
Mais que certains ferment leurs gueules et qu’ils se tiennent au garde à vous On ira tous ensemble, même si beaucoup tomberont en route
Certains Hommes nous devancent
Le courage nous conduit à la victoire
Ganbanaaxu, nous accompagnerons soninkara
Ganbanaaxu, derrière tous les Hommes.

Ecouter avec le lien suivant :https://www.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=yhMj26brIsc&app=desktop

Publication : 《La Société soninké , Hier, aujourd’hui et demain》 de DIALLO Djibril Cheikh Bouye

Cet essai que nous présentons au public a l’ambition de contribuer à faire connaitre la société soninké, sa culture, ses valeurs, son organisation, mais aussi les problèmes, les tensions et les difficultés qu’elle connait. Le lecteur y trouvera une analyse critique de certaines caractéristiques sociologiques et mentales de cette communauté millénaire. En effet, notre essai propose une discussion des idées et aborde les tares de la société soninké en considérant les dimensions historique, sociale et sociétale, religieuse et même philosophique.

Pour accompagner la marche de l’histoire,  la société soninké doit libérer sa mentalité des scories d’un passé mythifié,  elle doit évoluer en s’armant d’une bonne intelligence de son temps et de son environnement. Aussi elle doit apprendre inlassablement de ses échecs et de ses expériences concluantes. C’est de cette  manière qu’elle améliorera son environnement, son mode de vie et le fonctionnement de sa collectivité.

A l’heure où émergent une culture mondiale et une standardisation des valeurs, aucune société ne peut se permettre de vivre en autarcie et se complaire dans l’immobilisme. Il est inutile de continuer à se murer aveuglement dans le passé car les vérités d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui et ces dernières ne seront certainement pas celles de demain. « Mal nommer  les choses c’est ajouter du malheur au monde » disait Camus. Cette citation résume à elle seule la mission que nous nous sommes assignée à travers ce livre. Face aux tensions, aux inquiétudes grandissantes et aux malaises palpables, l’heure n’est plus au silence et à la neutralité.  Ainsi ce  travail doit être perçu comme une nouvelle voix dans le débat qui agite actuellement soninkara. Il offre des pistes de réflexions et jette les bases pour  construire ensemble et parvenir à un avenir plus serein.

           

 Crédit source: Diallo Djibril Cheikh Bouye, l’auteur    

Livre disponible: Les librairies de l’Harmatan et via son site  à partir de la semaine prochaine wwww.editions-harmattan.fr

Ou contact de l’auteur au +33 6 03 60 14 03

Guidimakha-Mauritanie : L’organisation sociale et hiérarchie des castes en milieu soninké 

Tout le monde se demande souvent pourquoi la stratification de la société soninké reste inchangeable. Mon hypothèse d’apprenti Anthropologue  est que l’organisation sociale en milieu soninké conditionne les comportements héréditaires et patronymiques. En effet, cette influence est spécialement marquée dans la vallée du fleuve Sénégal, particulièrement dans le milieu soninké, où il existe une hiérarchisation ou une division des castes. L’organisation sociale dans le milieu soninké peut s’analyser suivant deux lignes principales, d’une part une stratification horizontale en castes définies par des critères de professions ou de conditions de vie, d’autre part, par un système formaté à base de parenté lié à la génétique, c’est-à-dire du père au fils, comme le droit de successions. Cependant, cette communauté/ethnie  est cloisonnée de la hiérarchie sociale : on nait noble, griot, forgeron ou esclave. Toute la fabrication de cette communauté/ethnie soninké est basée sur  les diverses strates apparemment désunies en castes. Leur rapport et mode de vie, leur façon de vivre et leur organisation sociale et culturelle, depuis la nuit du temps sont calqués sur cette différenciation, avec une échelle sur laquelle le groupe A et le groupe B, la seule chose qui les lie, c’est le modèle de vie traditionnel (Ladanous) pas plus que ça.  Par ailleurs, au niveau du village Soninké, tous les groupements sociaux se retrouvent d’une façon inégalement caractérisée comme tels : au ménage correspond la case, à un certain type de groupement familial correspond la concession ; de même qu’il existe plus ou moins séparés des quartiers, esclaves, nobles, d’artisans…

La typologie des Castes ou la hiérarchisation de la communauté soninké :

Les critères permettant de définir les castes sont classiques : chaque individu de par sa naissance même appartient à telle ou telle caste qui est celle dont fait déjà partie son père. Le mariage se fait à l’intérieur de la caste. Cette endogamie de caste ne comporte que quelque exception entre certaines castes d’artisans ; l’appartenance à une caste est liée traditionnellement à une certaine spécialisation professionnelle dont la caste a un quasi-monopole (par exemple le travail de métaux, travail de cuir…). En effet, dans  la communauté soninké, l’élevage et  l’agriculture ne sont pas des activités castées, c’est-à-dire qu’elles sont pratiquées par tous, quelle que soit la caste. Les castes peuvent être classées suivant leur hiérarchie au sein de la société soninké. Nous nous essayons de les résumer en trois grandes catégories sans revenir sur les détails.

  1. En premier lieu, sans contestation possible viennent les Horos (singulier horé) qui forment une sorte de caste noble, composée en principe par les lettrés et les propagateurs de l’islam(les Imams). Cette caste est composée des (Debegoumous, Modinous, Mangous…), qui se marie entre eux et  détient tout le pouvoir décisionnaire du village quel qu’il soit dans la région de Guidimakha, sans associer les autres sages et les autres honorabilités des autres castes du village ; elle règne sans partage depuis la fin de l’empire du Ghana, vers le 10 et 11ème siècle. Elle était la classe dominante pendant très longtemps en termes de savoir et de richesses.  A l’ère d’aujourd’hui, les tendances ont changé, on trouve dans chaque caste des savants religieux, des intellectuels modernes et des grands patrons. Mais l’ordre établi depuis des siècles reste toujours plus ou moins inchangé. Le changement est en cours avec l’arrivée de la nouvelle génération consciente et sage, mais aussi avec l’évolution de la société, car le monde est devenu un village planétaire. Oui, certaines mentalités commencent à bouger  dans tous les côtés.

  1. Ensuite, viennent les castes proprement artisanales (les Gnakhamalanous), singulier Gnakhamala, que moi, je  préfère les regrouper dans la même enseigne : Ce sont les forgerons, griots, les pécheurs, les tisserands et les bijoutiers ; spécialisés dans le travail des métaux, du coton, du cuir, de la musique, du pirogue, du bois…Cette caste se marie aussi entre eux, selon la tradition soninké. En quelque sorte la caste Gnakhamalamous, est plus proche de la première caste horos. Les gnakhamalanous, sont souvent considérés comme des portes paroles de la première caste. Et, exceptionnellement ils se marient avec eux, mais avec un très grand embarras et dans certaines circonstances de la vie communautaire. Traditionnellement, dans le milieu soninké, les Gnakhamalanous, sont aussi appelés des agents diplomatiques, qui sont censés de régler les conflits amiablement au sein de la communauté soninké grâce à leur monopole du verbe soninké. Mais avec l’évolution de la société, cette fonction est désormais  pratiquée par n’importe quelle personne douée des raisons, des sagesses et des qualités humaines. Cette caste, si j’ose dire est le trait d’union entre la caste horos et celle des Komos.  

  2. Au niveau le plus bas de la pyramide sociale soninké, on trouve les esclaves, les Komos (singulier Komé). Traditionnellement, ce sont de serviteurs, attachés chacun à un maitre bien déterminé et qui sont transmis par héritage absolument comme les biens meubles, les troupeaux et les champs. Ces esclaves, sont transmis de père maitre au fils sans condition. Cette caste est le dernier échelon de l’échelle sociale soninké, caractérisé par son patronyme, son travail de servitude auprès de leur maitre. Les esclaves, à leur tour sont condamnés de se marier entre eux et généralement on les retrouve tous regrouper dans un quartier (comokani) au sein du village. Jadis, l’esclaves ou descendant d’esclave n’avait pas droit à la parole aux réunions du village encore moins pas un mot seul pour la gestion des affaires communautaires. Ils sont fixés à leur statut Komé, quelle que soit leur intelligence, leur sagesse et leur honorabilité. Ils sont nés komos et vont mourir komos, selon la philosophie soninké. Ce sont d’exécuteurs des ordres venants de la première caste. Par ailleurs, encore une fois, avec l’émancipation de la société et l’arrivée d’une nouvelle génération (descendants d’esclaves) efficiente, les choses changent lentement mais surement. Mais pas une chose aisée de changer les mentalités dans un milieu comme celui de soninkara. Une communauté communautariste et inegalitaire.

En effet, cette hiérarchie  sociale soninké, on la retrouve chez toutes les communautés humaines, en Europe  en Asie, aux Etats-Unis et en Afrique. En revanche, en occident ce modèle de société est complément révolu, car non seulement c’est une violation de droits humains, mais aussi c’est un système  qui  freine  le progrès humain. Il a fallu attendre la révolution française de 1789, pour passer la monarchie à la République. Avec la déclaration française de droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la déclaration universelle de droits de l’homme du 10 décembre 1945, les citoyens sont tous nés égaux en droit et en devoir. En effet, cette stratification sociale est certainement présente dans la société africaine et presque dans toutes les communautés. Par exemple chez les toucouleurs, en premier lieu viennent les torobés (Torodo), ensuite les rimbés (Dimo) ainsi de suite. Chez la société maure, viennent en premier lieu, les guerriers, ensuite les marabouts, ensuite les tributaires etc…

Cependant, dans la société soninké, ce formatage de mentalités est  lié automatiquement au patronyme de chacun de ses membres. C’est  un phénomène génétique, c’est-à-dire héréditaire (du père au fils…). Les Soninkos sont tous de musulmans à ma connaissance, jusqu’à nos jours je n’ai pas encore rencontré un soninké juif ou chrétien. Ils prient tous pour le même Dieu (Allah), ils partagent le même livre saint (Coran) et le même prophète (Mohamed PSL).  Mais ils interdisent le mariage entre eux pour des   raisons sordides, patronymiques et des positions sociales rétrogradées qui sont contraire au Coran et aux préceptes religieux.  Dieu  n’a-t-il pas dit dans le Coran : « Vous êtes tous crées à partir de Adam ; et Adam a été créé à partir de la terre. Le meilleur d’entre vous, est celui ou celle qui craint de plus en Allah  ». En revanche, les Soninkos, eux, ils restent figer dans leur code culturel, qui est contraire au livre saint d’Allah et la Sunna du Prophète Mohamed en termes de l’union entre deux musulmans, entre autres. Le caractère féodal de cette société, très hiérarchisée ne fait aucun doute. Parmi les chefs qui commandent, certains, très turbulents, cherchent à gagner ou à conserver une hégémonie sur les autres. L’Homme est socialement  une invention, il est ce qu’il mange, ce qu’il voit et ce qu’il croit. On ne peut pas en vouloir  à l’Homme d’être Homme.

Ce faisant, Hobbes disait que : « L’homme est un loup pour l’homme ». Tout pouvoir humain est établi en faveur de ceux qui gouvernent. Donc l’espèce humaine est divisée en troupeaux de bétail dont chacun a son chef qui le garde pour le dévorer. Le système des castes est un frein pour l’unité de la communauté, il faut le dire haut et fort. Il est  le moteur  de division entre les peuples d’une même nation, d’une même communauté et d’une même ethnie. C’est un frein/obstacle pour le développement économique et  social de cette communauté. Ce système met  en cause tout progrès social et humain des êtres vivant en société. Nous proposons à cette belle communauté de revenir à la raison. La raison d’Allah (Coran) et de Mouhammed (Souna). Il faut que cette communauté matérialise la Sahadaa et pratique la science religieuse comme le prophète l’a déjà faite. Et qu’elle arrête de mettre partout en avant les mauvaises coutumes et traditions qui sont contraires à l’islam. Dernier point très important, c’est de miser beaucoup plus sur l’éducation, surtout l’éducation et rien que l’éducation de nos enfants. Du coté médical, il faudrait, une seule et unique prescription de la part d’un médecin  pour toutes les castes afin de pouvoir diagnostiquer la pathologie. A quand le changement social  en milieu soninké du 21ème siècle ? Et quel serait la première invention de cette communauté soninké ? Un Aphone 11 ?  Un satellite ? Ou encore un véhicule volant ?





BA – Boubou

Doctorant – chercheur à Paris

Membre de l’Association Française de l’Histoire du Droit à Paris (AFHD)

Fondateur de l’association AECJRM en France

Militant de droits humains