Racisme en Mauritanie : l’autopsie du déni (IRA-MAURITANIE)

Note de synthèse

• Les faits

Le 23 juin 2020, par « message-radio » du Directeur général de la sureté nationale (Dgsn), le Général de division Mesgharou Ould Sidi, deux policiers du commissariat de Elmina1 dans la capitale Nouakchott, dont un brigadier, permutent avec leurs collègues du Hodh oriental, respectivement à Bassikou et N’beiket Lahwache, à l’extrême Est du pays, près de la frontière du Mali. La mesure d’éloignement, suggérée comme sanction, clôt une intense polémique sur l’image d’un jeune noir que deux agents, de teint clair, étranglaient, à même le sol, deux jours auparavant et devant témoins. Certes, la torture et la « crise cardiaque » durant la garde à vue relèvent de la banalité du traitement, lors de la détention, d’africains subsahariens, fussent-ils citoyens ou étrangers. L’indignation consécutive à la diffusion de la photographie résulte de la protestation, aux quatre coins du globe, contre le racisme et le « négrocide », après l’homicide de Georges Floyd, par un agent de type caucasien, le 25 mai 2020, à Minneapolis, ville des Etats unis d’Amérique.

La victime se nomme Abou Djiby Diop, âgé d’environ 20 ans et ressortissant, pulaarophone, de Mauritanie et natif de la ville de Maghama ; les auteurs de l’étranglement sont le brigadier Balle Ould Zeidane et son collègue sans grade, Ahmed Salem Ely dit Eleyat, tous deux arabo-berbères.
Au moment de l’incident où il aurait pu perdre la vie, le contrevenant présumé, Abou Diop, séjournait au commissariat El Mina 1 où il répondait d’une accusation de larcin. Profitant de l’inattention de ses gardes, il se sauve à toutes jambes, aussitôt poursuivi par les susdits lesquels parviennent à l’immobiliser, dans la posture du mouton de sacrifice. Selon les témoignages recueillis auprès des riverains, les deux policiers multirécidivistes rivalisaient de brutalité envers les civils. A la suite de sa capture, Abou Diop se retrouve menotté et jeté dans une cellule ; il n’existe, depuis, aucune information fiable sur son sort. Point davantage n’a-t-il été possible d’identifier le lanceur d’alerte dont la photo, de qualité moyenne, atteste, cependant, du zèle à l’administration de la bavure sur un adolescent désarmé et plutôt chétif, de constitution.


La dissimulation

Passé la séquence de la stupeur, voire de l’incrédulité devant la disproportion du geste et la charge symbolique de l’acte dans un environnement de racisme, l’engrenage du déni se mit à produire, sans discernement ni souci de la vraisemblance, l’habituel flots de relativisation, puis de démenti, enfin, d’invective, à l’endroit des défenseurs de l’égalité et de l’intégrité physique des gens. Dès 1987 – surtout grâce à la loi d’amnistie de 1993 – le système consolide une expérience touffue de contrefaçon, qui consiste à discréditer les militants des droits humains, au grief que leur refus de banaliser le mépris du noir, tient, en soi, d’une volonté de nuire à « l’identité arabo-islamique de la Mauritanie ». La fraude induite de la nécessité politique du mensonge devenait un réflexe, d’où la facilité du recours au faux.

Pour s’en rendre compte, il suffit que constater combien l’’intervention, sur les lieux, de l’honorable députée Coumba Dada Kane, eut l’effet étonnant de détraquer la machine : en 48 heures, l’affaire prit une tournure partisane. L’Etat de l’hégémonie ethno tribale et ses relais au sein de l’opinion se mirent à changer de version, d’une heure à la suivante. Il fut même insinué-comble d’inhumanité- que la victime venait du Mali et, à ce titre ne méritait tant de bruit.

• Epilogue et conséquences

A priori, Abou Djiby Diop aurait survécu, sous réserve d’une confirmation par un avocat ou une institution d’assistance aux prisonniers de droit commun. Sa mésaventure intervient dans le contexte de l’exécution de Abass Hamadi Diallo, près de Wending, pendant la nuit du 28 au 29 mai 2020, par un militaire en patrouille, le long de la rive mauritanienne du fleuve Sénégal. La communication des autorités, le réputa délinquant notoire, avant d’envoyer de l’argent à sa famille, aux fins d’en acheter le silence.

Au terme de deux décennies d’impunité d’une extrême violence à l’encontre de sa majorité d’ascendance noire, le gouvernement de la République islamique de Mauritanie porte la responsabilité de la négligence et de la fuite en avant, aux motifs éculés de patriotisme et de défense de l’ordre. Or, aucune des deux lignes de défense ne tient, longtemps, tant qu’elle s’appuie sur le fait accompli, comme fondement de la gouvernance. Partout, les honnêtes gens cessent de respecter une autorité qui les gave de promesses d’équité mais leur demande d’attendre encore, de patienter, d’espérer, de laisser le temps au temps. L’espoir déçu devient venin.

Pour le gouvernement de la Mauritanie, l’instant est plus que venu d’agir, avec courage et inventivité, en direction de la vérité d’abord, ensuite du compromis, au lieu de s’enfermer, toujours, dans les tripatouillages de dilettante, sous le sceau de l’improvisation et de l’incurie.

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 25 juin 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie  – Bavure à Mbagne : l’Armée « tue un charretier » (Le Maire)

L’Armée mauritanienne « a commis une bavure en tuant un charretier d’une quarantaine d’années » dans la localité de Wending dans la commune de mbagne (Sud). L’incident s’est déroulé, jeudi, vers 22h, a rapporté à Alakhbar le maire de Mbagne Assane Amadou Seck.
 
Abasse Rouguiy est le nom du charretier. Il transportait, pour un commerçant, de la marchandise que ce dernier voulait faire traverser frauduleusement vers le Sénégal, par le fleuve. Surpris par l’Armée, qui surveille la fermeture de la frontière en raison de la propagation de la Covid-19, les deux ont tenté de prendre la fuite, mais le charretier va recevoir une balle à bout portant dans la poitrine.
 
Le procureur de la République, le colonel de la gendarmerie et un colonel militaire ont fait le déplacement sur les lieux. Les parents préparent les obsèques du défunt qui est originaire de Dabane à quelques kilomètres de Mbagne.
 
Selon le maire, cet incident était prévisible : « Des jeunes de la commune qui s’étaient organisés pour stopper cette contrebande, en complicité avec des militaires, ont été arrêtés 72 heures durant au Commissariat de Mbagne et transférés à Aleg. J’avais alors saisi Ould Horma du Ministère de l’Intérieur sur le fait que Wending devenait une plaque tournante de trafic de marchandises entre les deux rives (Mauritanie-Sénégal) depuis la fermeture des frontières et que les pouvoirs publics devaient prendre cela au sérieux. Personne n’a voulu m’écouter. Voilà les dégâts. Malheureusement, l’histoire me donne raison».
 
L’Armée mauritanienne n’a pas communiqué sur l’incident.

alakhbar.info

Crédit source: https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Bavure-a-Mbagne-L-Armee-tue-un-charretier-Le-Maire_a19769.html

Mauritanie/ Droits humains : « Sauvons une âme à la fleur de son âge blessée par un viol à Adel Bagrou! » Par Maham Youssouf

En ce moment ci où notre pays fête Elfitr dans la liesse malgré la psychose installé par le COVID 19, une jeune fille et ses siens se torturent dans l’âme et l’esprit.
Cette fille violée et déchiquetée dans son corps ce qui la marquera toute sa vie à tout de même besoin que justice lui soit rendue.
Cette justice même rendue, jamais cette innocente ne sera réhabilitée du fait des séquelles qu’elle traînera toute sa vie.
Cette affaire nième du genre ne doit pas rester impunie et le bourreau doit véritablement répondre de ses actes et doit être ester en justice.
Ces cas répétés de viol de jeunes filles haratines doit susciter une profonde réflexions sur les exégèses sur les quelles certains se basent pour commettre ces crimes de pudeurs et de foi, d’où la nécessité de les tamiser en les passant au peigne fin, afin de les purifier de l’esprit avilissant de l’instinct sexuel.
Finie l’impunité !
Justice pour la victime de viol d’Adel Bagrou!

©️ Crédit source: post FB de l’auteur 23 Mai 2020

Mauritanie, Abou Hafs: Le projet de loi sur le genre est dictée par les organisations et pays occidentaux mécréants (Audio transcrit , Source le Calame)

Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
Louange à Allah, nous Le louons, implorons Son aide,⁰ Lui demandons pardon et cherchons refuge auprès de Lui contre nos propres maux et contre les actions mauvaises que nous serions amenés à commettre. Celui qu’Allah guide dans le bon sens ne peut être désorienté par qui que ce soit et celui qui est désorienté ne peut n’est pas guidé vers la bonne direction. J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah seul qui n’a pas de partenaire et j’atteste que Mohamed est Son serviteur et Son messager Et je témoigne que Muhammad est son serviteur et messager, que celui-ci a fait parvenir le Message, s’en est acquitté avec honnêteté, a servi loyalement la Nation et a accompli le Jihad jusqu’au bout sur la voie d’Allah.


La loi sur le genre ou la loi portant protection de la femme et de la jeune fille, comme elle a été appelée récemment, est une dangereuse loi. Il s’agit d’une très mauvaise loi. Cette loi réunit plusieurs défauts : c’est une législation ne tenant pas compte d’Allah, qui est contraire à la chariaa, qui est choquante, qui tranche avec les valeurs et la morale de la communauté musulmane. Il s’agit d’un texte qui participe à la destruction du foyer familial, à la désintégration du tissu social et qui représente une injustice à l’endroit de la femme et de l’homme, tous les deux. Nous passerons ultérieurement les articles de ce texte, qui sont en porte à faux avec le Coran, la Sunna et avec les questions faisant objet de consensus à travers la Oumma islamique.


Pour le moment, ce n’est pas le lieu de nous arrêter sur ces différents points parce qu’il s’agit ici de faire des interventions succinctes en réponse aux questions posées durant le présent épisode de cette émission.


Le plus grave, s’agissant de cette loi et là où elle contrevient le plus aux normes islamiques, c’est qu’elle représente une législation qui ne tient pas compte d’Allah Le-Tout-Puissant. Or, Allah le Tout-Haut dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants. » Et Il dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes. » Et encore : « Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. » (Sourate Al MA’IDA, versets 44, 45 et 47)
Et comme c’est exclusivement Allah qui est vénéré, c’est aussi Lui seul qui légifère. Allah est donc seul à monopoliser le droit d’être vénéré et de légiférer et il a dit : « et Il n’associe personne à Son commandement. » et aussi « Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun à son Seigneur ». (Sourate Al Kahf, versets 26 et 110) La loi en question est une législation qui ne tient pas compte des obligations islamiques et n’est guère autorisée par Allah car elle contredit le Livre, la Sunna et le consensus de la Oumma.
La deuxième raison qui fait que nous nous tenons contre cette loi, que nous œuvrons pour son rejet et appelons tout le monde à y contribuer, c’est qu’il s’agit d’un texte qui incarne l’obéissance aux mécréants sur des points contraires aux ordres de la religion islamique. Allah dit : « Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs. » (Sourate Al AN’Am, verset 121). L’obéissance aux mécréants sur des sujets contraires aux prescriptions religieuses représente une entorse à l’obligation de croire à l’unicité d’Allah (chirk), comme c’est dit expressément dans le Saint Coran. Et cette loi, c’est connu, est imposée par des organisations internationales, des forces et des associations dont l’ONU, les Etats occidentaux qui œuvrent ensemble à la destruction de la famille islamique à travers l’adoption de lois pareilles. Cela apparaît clairement à travers la formulation de ce texte, à travers son contenu et à travers la nature des milieux qui militent à son adoption. Même, après la 3e révision de ce texte, certains parmi ses articles comprennent toujours des expressions et des contenus qui montrent qu’il s’agit bel et bien d’un texte imposé de l’étranger, qui n’a rien à avoir avec notre religion ni avec notre culture, ni avec nos valeurs ni avec nos coutumes.
L’autre question, qui nous dicte de nous opposer à cette loi, c’est qu’elle est en porte à faux avec la constitution. La loi fondamentale de la République Islamique de Mauritanie précise que la Chariaa islamique est l’unique source de législation. Elle proclame en son préambule, l’attachement à la religion islamique, précise que la Mauritanie est une République islamique et que l’Islam est la religion du peuple et de l’Etat. En conséquence, toute loi et toute disposition contraire à l’Islam est, par la force des choses, anticonstitutionnelle et est donc nulle et non avenue.
Parmi les articles de cette loi et qui sont clairement en porte à faux avec le Livre, la Sunna et le consensus des oulémas de la Oumma, il y a que ce texte considère comme un crime le fait pour un époux d’encadrer sa femme, de la discipliner en recourant même s’il le faut à la sanction physique autorisée par Allah quand Il dit : « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les ». (Sourate Annissa, verset 34). Cette sanction physique, consistant à battre la femme sans atrocité, sans provoquer de blessures ou de fractures sans méchanceté, déterminée par le législateur islamique, est déclarée licite par le Saint Coran alors que du point de vue de cette loi, cela représente un crime qui est réprimé. Parmi les articles expressément contraires au Livre, à la Sunna et au consensus des oulémas, il y a le fait pour cette loi de stipuler que l’époux ne saurait imposer un quelconque comportement ou attitude à son épouse sous peine de se voir appliquer une peine d’emprisonnement. Or, du point de vue de la Chariaa, l’époux est le responsable du foyer et c’est à lui qu’incombent tous les devoirs envers la famille. Allah dit en ce sens : « Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres » Sourate Ettahrim, verset 6. Et Il dit : « Et commande à ta famille la Salat, et fais-la avec persévérance ». (Sourate TAHA, verset 132) Donc, si un époux impose à sa femme de porter le voile et de ne sortir que si elle le porte, ceci est considéré comme un crime du point de vue de cette loi. Imaginez là que si un père empêche, par exemple, sa fille de suivre un film pornographique, cette loi donne à cette fille le droit de porter plainte contre lui pour l’avoir empêchée de jouir d’un droit culturel qui lui est reconnu. Si d’aventure cette fille ne porte pas plainte, la loi confère aux organisations féminines de le faire en ses lieux et place. Si ces organisations le font, le père sera puni pour avoir empêché sa fille de suivre le film en question, la mère de la fille sera sanctionnée pour ne pas avoir dénoncé son mari et les enfants seront punis eux-aussi pour ne pas avoir porté le crime commis par leur géniteur à la connaissance de la justice. Vous vous imaginez tous les graves développements pouvant naître de cette catastrophe ! Ce ne sont là que des exemples et les circonstances ne permettent pas de citer tous les cas de figures pouvant résulter de l’adoption de ce texte. Le tout, sans compter que cette loi a consacré les peines prévues par le droit positif auxquelles elle a cédé la place des sanctions instituées par le code pénal islamique.
En plus de tout cela, ils ont dit que l’objectif visé par cette loi est la protection de la femme, de l’épouse et de la jeune fille alors qu’en réalité, elle ne leur confère aucune protection. La preuve en est que dans les pays occidentaux et dans les pays islamiques qui ont adopté cette loi, il y a une recrudescence des crimes de viol et d’agression contre les femmes qui dépassent 10 fois le taux de faits similaires en pays où cette loi n’est pas en vigueur. A chaque minute qui passe, il y a des centaines de viols et d’agressions contre les femmes dans les pays occidentaux où cette loi est appliquée alors que les autres pays respectueux de leurs valeurs religieuses et culturelles, qui n’appliquent pas cette loi, ne leur sont pas comparables du point de vue de la fréquence de ces faits répréhensibles.
En réalité, cette loi ne préserve pas la dignité de la femme, ne protège pas ses droits mais, au contraire, consacre une injustice contre elle et contre l’homme également. Parce que tout jugement qui n’est dérivé des lois divines représente une injustice. Allah Le-Tout-Puissant a dit : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants ». (Sourate AL MA’IDA, verset 44).
Et ce qui est curieux, c’est que cette loi n’a pas fait cas de droits fondamentaux de la femme et de la jeune fille qu’Allah a imposés et garantis. Cette loi ne parle pas du droit de la mère à jouir de l’obéissance et de la bonté de ses enfants et ne fait pas cas du droit de la jeune fille à l’éducation, à la préservation de sa dignité et aux bons soins des parents. Cette loi se limite à parler de certains aspects visant à détruire la famille et à la faire dévier par rapport à la législation islamique. Donc, c’est une loi contraire à la chariaa qui matérialise la soumission aux mécréants et l’obéissance à eux en ce qui concerne des questions prohibées par la religion. En plus, elle est anticonstitutionnelle parce que la loi fondamentale stipule que la chariaa est source de droit ; elle est contraire à nos valeurs, à notre culture,
constitue une menace pour la famille et n’apporte rien à la protection de la femme et à la garantie de ses droits. De ce fait, on doit combattre cette loi et œuvrer à son rejet.

Audio whatsapp du 17 mai 2020

©️ Crédit source: le Calame via adrar.info http://adrar-info.net/?p=62981

Mauritanie : Un officier de police judiciaire viole une mineure descendante d’esclave

🔹️Note d’information

Le 15 mai, le juge d’instruction et le ministère public de la ville d’Aïoun, chef-lieu de la région du Hodh occidental, inculpent, de « viol sur mineure » et « transgression des préceptes de Dieu », le Commandant de la gendarmerie de la localité de Twil. Certes, les juges ont ignoré les délits flagrants d’exploitation de mineur(e), d’obstruction à la loi et les tentatives de subornation de témoin, mais ils viennent d’ordonner le dépôt du prévenu, en prison. Il est rare, en Mauritanie, que des agents de la force publique répondent de leurs excès de pouvoir. Il convient de souligner l’importance de l’évènement, non sans en dérouler la genèse et les avatars, quand ils attestent des atteintes caractérisées à la dignité de la personne.

Le déclenchement

Le 12 mai 2020, la section Ira-M de la région du Hodh Elgharbi, à Aïoun, apprend que le commandant de la brigade de gendarmerie dans l’arrondissement de Twil, a été dénoncé par la mère et l’oncle d’une fillette de 12 ans, victime de sévices sexuels. L’enfant, Toutou Mint Kaber, est hartania, c’est à dire issue de la communauté des descendants d’esclaves que la terminologie pudique des gouvernements de Mauritanie, qualifie de « couche vulnérable » ; il s’agit du groupe social le moins exposé à l’instruction, aux services universels de base et sans doute le plus familier de la misère. Au lendemain de la nouvelle, le responsable local de d’Ira, Elhacen Ould Saleck et son adjoint Hamadi Ould Abeidallahi, se transportent vers Twil. La délégation, grâce à ses investigations sur le terrain et aux témoignages de proches, a pu recueillir, situer et corroborer les faits suivants :

  1. L’ultime responsable de la sureté des lieux et de la police judiciaire à Twil, le commandant de la brigade de gendarmerie Ahmed Taleb Ould Elmokhtar Ould Cheikh, a loué la fillette Toutou, pour le ménage et les menues commodités de la maison, depuis le début de l’année 2020. Celle-ci œuvrait, chez lui, comme domestique, en contrepartie de subsides d’un montant indéfini, dont sa maman jouissait. Pauvre et démunie, la mère habitait une manière de galetas, parmi d’autres logement de fortune, à proximité de la demeure du protecteur. La maman, Arba Mint Kaber, dit avoir installé sa hutte près du domicile d’un représentant de l’Etat. Ainsi, elle bénéficierait de la sécurité et de la justice, souci en vertu duquel, elle plaçait sa fille chez un gradé de gendarmerie mais aussi afin de gagner une meilleure nourriture et améliorer l’ordinaire.
  2. Or, au début du mois de mai 2020, la jeune employée de logis se sentait malade et se plaignait de douleurs et d’un mal-être diffus. Son employeur, l’officier de police judiciaire, l’emmène au centre médical où le personnel de santé informe, Ahmed Taleb Ould Elmokhtar Ould Cheikh, que sa servante se trouve en grossesse, de trois mois ou plus. Le gendarme aurait demandé, à ses interlocuteurs, de procéder à l’avortement mais ils se seraient abstenus de déférer à de telles instances. Le représentant de l’Etat décide, alors, de recourir à l’oncle maternel de la petite, le sieur Sghair Ould Kaber, auquel il promet 15 mille ouguiyas nouvelles, soit 340 euros, en compensation du silence des parents ; en « bon musulman », il promet de convoler avec la fillette grosse de ses œuvres, selon les prescriptions de la charia, dès qu’elle accoucherait. L’oncle décline la proposition et demande, d’abord au gendarme, d’avouer son forfait. Ce dernier élude la réponse, ajourne la discussion et accorde rendez-vous, à son contradicteur, chez les parents de la victime, en soirée du 11 mai 2020. À l’heure dite, le visiteur arrive, en compagnie d’une imposante députation de notables locaux, sous la conduite du maire de Twil. Devant témoins, il propose de remettre, aux parents 100 mille ouguiyas – 2400 euros – en guise de forfait, assorti de l’engagement définitif à clore le contentieux, ici et maintenant.

Le dérapage

  1. La famille refuse l’offre d’arrangement. Le commandant de brigade, furieux de subir l’affront en assemblée, lance un défi, à la cantonade : « aucune autorité et aucune justice ne me fait peur ; allez, vous plaindre là où vous voulez ! » Aussi, le matin du 12 mai, la mère et l’oncle, accompagnés par la fillette, portent-ils plainte au chef d’arrondissement de Twil, qui relève de l’autorité administrative, en somme le Ministère de l’Intérieur. Selon les requérants, le fonctionnaire fut très ému par le récit et surtout le détail circonstancié de la contrainte à visée sexuelle. Aussitôt, il rédige une lettre adressée au Procureur de la république du tribunal du Hod Elgharbi. Il y stipule que la fillette Toutou confirme ses griefs contre le commandant de brigade de la gendarmerie de Twil et transmet l’affaire à la compétence du magistrat.
  2. Le soir du 12 mai, la victime, sa mère et l’oncle, sont arrêtés et mis en cachot dans les locaux de la brigade de gendarmerie. Et jusqu’à la fin de la journée du 14 mai, les trois ont pris la place du bourreau, conformément à la jurisprudence factuelle de la république islamique de Mauritanie ; selon les témoignages concordants, les prisonniers subissent les intimidations et brimades, pour modifier leurs témoignages et imputer les faits délictueux à d’autres auteurs, notamment parmi la communauté d’ascendance servile. Les anciens maîtres maures, ne devant répondre du viol sur une mineure noire, la gendarmerie de Twil interpelle trois jeunes hratin du village et d’alentour ; deux d’entre eux restaient, en détention, le 14 mai. L’Apartheid empirique de Mauritanie commande la poursuite et la condamnation des coupables de substitution, de sorte que l’impunité, continue d’assurer, à une frange de la population, la garantie de sa prééminence.

Enseignements et recommandations

De facto, la Mauritanie ne protège, les mineurs, de l’asservissement par les adultes, malgré son empressement à signer les normales mondiales en faveur de l’enfance. Pour des raisons à la fois religieuses et anthropologiques, l’opinion accorde, aux parents, une souveraineté déliée sur leur progéniture. Ainsi, des milliers de fillettes et de garçonnets s’échinent-ils au labeur, à l’abri de la moindre assurance-santé ou protection contre l’abus, en particulier la maltraitance, l’usage de la correction corporelle, le mariage forcé et les mutilations génitales féminines ; le salaire, s’il y en, est souvent versé au tuteur. La pratique concerne, à une majorité écrasante, les rejetons de familles hratine, en bas-âge. La présence de ces ombres noires ponctue le quotidien de beaucoup de foyers arabo-berbères où elle perpétue la division raciale du travail, legs de siècles d’esclavage à sens unique ; néanmoins, la barbarie envers les mineurs, surtout les filles, n’épargne aucun milieu. La société tolère les pratiques de l’infériorité infantile et considère, avec méfiance et fanatisme, l’intervention de l’Etat ou du magistrat, au secours du mineur menacé par les siens.

En Mauritanie, le moment est venu de ratifier l’ensemble des instruments de droit international, protecteurs de la femme et de l’enfance – dont, en premier, le protocole de Maputo à la Charte africaine – et les inscrire dans le corpus juridique du pays, à l’occasion d’une loi spécifique. Alors que le Parlement examinera bientôt les termes du projet de pénalisation de la violence au genre, Ira Mauritanie propose, à ses alliés dans l’Assemblée nationale, de s’efforcer, en synergie, à l’éclosion d’une norme qui préserve, les non-majeurs, des outrances et de la débauche, infligés au sein de la parentèle et sous l’immunité des liens du sang. A cette fin, le Commissariat aux Droits de l’homme, à la lutte contre la Pauvreté et à l’insertion est tenu, statistiques à l’appui, de produire et réactualiser, pour les besoins de la comparaison et de la prévention, une cartographie de la vulnérabilité selon l’âge.

Initiative de résurgence abolitioniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 15 mai 20120

Nouakchott covid Bana Blanc : l’impardonnable négligence du ministère de la santé

Après les chants à la gloire de la lutte contre une épidémie fantôme, après avoir osé dire qu’il n’y a plus de cas de Covid en Mauritanie avant de faire machine arrière face à l’énormité de la bêtise car nul ne saurait en savoir quelque chose, voilà qu’une épicerie des quartiers chics est touchée via la famille des propriétaires dont l’un des membres a perdu la vie à 63 ans.

 Nos condoléances à toute la famille.

 Des membres de la famille ont été testés positifs. Depuis c’est la panique. L’Etat demande à tous ceux qui sont passés récemment à l’épicerie d’aller se faire tester. Quand on sait la fréquentation de ces endroits, on imagine qu’il peut s’agir facilement de milliers de personnes qui peuvent potentiellement contaminer à leur tour leur famille.

 De Nouakchott, des proches cherchent à savoir où aller se faire tester. Ils ont appelé le 1155 en vain. Personne ne peut leur dire où aller exactement.

Qu’est-ce que le ministère de la santé pouvait y faire ?

 Etant en Italie, j’ai pu observer au quotidien ce que l’Etat a fait, ce que les supermarchés et autres commerces ouverts ont mis en place comme mesures barrières. J’ai vu comment le pays a été géré lors du confinement et comment le déconfinement est engagé…

 Si la richesse d’un pays permet d’agir avec plus de soutiens financiers pour les populations comme la France a pu le faire, là où l’Italie a des difficultés, reste qu’avec seulement 4 millions d’habitants, une population jeune et des milliards obtenus pour le fonds de solidarité sans parler des richesses du pays, la Mauritanie pouvait éviter l’incohérence dangereuse et l’irresponsabilité derrière une communication d’enfumage digne des pays totalitaires où tout est annoncé sous contrôle.

 Inutile d’énumérer l’amateurisme et l’incohérence des mesures prises avant que ne soit décidé le confinement. Inutile de dire ce que le Maroc a fait notamment en donnant 100 euros à toutes les familles travaillant dans l’informel, c’est l’équivalent d’un smic mauritanien pendant que l’Etat mauritanien s’est borné à donner un lot de riz, d’huile et de poissons à quelques familles pour les besoins de la TVM ; n’allons même pas nous comparer au Sénégal. Maroc et Sénégal prouvent que l’Etat craint le peuple…

 Nous avons certes fait un minimum correct, frontières fermées assez tôt et surtout prise en charge des cas avérés ou potentiels dans des hôtels comme il faut mais nous n’avons rien fait pour assurer un minimum de déconfinement sécurisé.

Que fallait-il faire ?

 Nous sommes à peine 4 millions avec un fonds de solidarité fort de milliards. Comment ne pas avoir fait comme le Maroc pour rendre le masque obligatoire, sans parler des gants jetables au moins pour un mois sachant que le Maroc peut produire 5 millions de masques par jour !

 Il fallait ensuite dans tous les commerces imposer à l’entrée masques, désinfectant et éventuellement gants. Faire une campagne TV et radio pour informer les populations et sévir contre les récalcitrants.

Au lieu de ça, on a confiné de façon bancale et on déconfine de façon irresponsable et peut-être criminelle.

 Ces mesures auraient évité la situation que nous vivons parfaitement prévisible à savoir une contamination potentiellement de masse partant d’une épicerie.

Le ministère de la santé prouve encore son manque impardonnable de lucidité, de cohérence et de compétence face à cette épidémie à nos portes. Heureusement les mauritaniens peuvent compter sur leurs prières, sur la chaleur et leur population jeune pour compenser d’incompétence de ceux qui sont censés les protéger…

 Ahmed Ould Soueid Ahmed

©️ Crédit source: https://www.chezvlane.com/Nouakchott-covid-Bana-Blanc-l-impardonnable-negligence-du-ministere-de-la-sante_a19456.html

URGENT : DÉCISION D’OUVRIR LES MARCHÉS ,LES RESTAURANTS ET DE PERMETTRE LES PRIÉRES COLLECTIVES DU VENDREDI ET TARAWIH

Les autorités mauritaniennes ont décidé de commencer à assouplir les mesures de précaution contre l’émergence du virus Corona, en autorisant les prières du vendredi et  en ouvrant les marchés et les restaurants, tout en adoptant des contrôles et des précautions générales.

Les autorités ont également décidé de reculer  l’entrée en vigueur du couvre-feu jusqu’  à 23 heures au lieu de 21 heures précedemment.

Source : https://www.alakhbar.info/?q=node/25148

Traduit par adrar.info

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#MaliSansEsclaves – Kayes : À Lany Tounka, « ceux qui sont persécutés décidés à aller jusqu’au bout… »

L’esclavage par ascendance, aboli en 1905 au Mali, est une pratique de plus en plus décriée dans la région de Kayes. Les cercles les plus touchés par le phénomène sont ceux de Yélimané, de Kayes, de Kita, de Nioro et celui de Diéma. A Lany Tounka, certains descendants d’esclave persécutés disent vouloir mener la lutte jusqu’au bout pour s’affranchir.

Le 5 avril 2020, dans le village de Lany Tounka (Kayes), plusieurs personnes s’opposant à l’esclavage par ascendance ont été agressées. Ces incidents ont occasionné un mort ainsi que plusieurs blessés dont des personnes du troisième âge, des enfants et des femmes. Des maisons appartenant à ceux qui sont considérés comme des descendants d’esclave ont été brûlées. « La tournure que prend cette affaire est très inquiétante », a fait remarquer à Benbere le président du Rassemblement malien pour la fraternité et le progrès (RMFP) de Kayes, Djaguili Maro Kanouté. Créée en 2017, cette association lutte contre la pratique de l’esclavage par ascendance.

Dans un communiqué daté du 9 avril 2020, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a condamné ces actes et s’est dit préoccupée par la recrudescence de la violence liée à la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes. Elle a recommandé aux autorités « de poursuivre et traduire en justice les auteurs, co-auteurs et complices de ces abus des droits de l’homme ». Aussi, la Commission a-t-elle tenu à rappeler les dispositions de l’article 2 de la Constitution du Mali : « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, la religion et l’opinion politique est prohibée ».

La brigade territoriale de la gendarmerie de Kayes, en charge de ce dossier, continue toujours ses investigations. Déjà, une trentaine de personnes, soupçonnées d’être impliquées dans ces agressions, ont été interpellées et mises à la disposition de la justice. Le maire de la commune de Sony, M. Gaye N’Diaye, qui avait accepté dans un premier temps de nous parler, a refusé au dernier moment. Il en est de même pour le Sous-préfet de l’arrondissement d’Ambidedi, que nous avons tenté de joindre sans succès. Il n’a pas daigné réagir à nos sollicitations.

« C’EST NOTRE COUTUME À NOUS »

Dans cette montée des tensions entre ceux qui se considèrent comme maîtres et les descendants d’esclave, depuis 2018, les deux camps s’accusent et se rejettent la responsabilité. « Pour ne pas éveiller les soupçons et justifier leurs actes, les pro-esclavagistes ont toujours tenu une position jusque-là ambigüe », explique Mamadou Kanouté, l’un des blessés de cet incident de Lany Tounka, en soins à Kayes. Selon lui, si les autorités ne s’investissent pas dans la résolution de cette question, le pire est à craindre, car « ceux qui sont persécutés sont décidés à aller jusqu’au bout », prévient-il.

Sékou Traoré, qui vit en France et avec qui nous avons échangé sur le sujet via WhatsApp, accuse quant à lui : « Je détiens des preuves que 38 000 euros ont été mobilisés depuis la France par les pro-esclavagistes pour ‘’terroriser’’ toutes les personnes qui s’opposent à cette pratique dans le Gadiaga.» Nous précisions que nous avons pu vérifier ces preuves qu’il affirme détenir. Il est lui aussi considéré comme descendant d’esclave. Un habitant du village de Fégui, favorable à la pratique de l’esclavage par ascendance, que nous avons contacté par téléphone, explique que « le fond du problème ne date pas d’aujourd’hui ». Il ajoute : « Ce sont eux-mêmes (descendants d’esclave) par leurs grands-parents qui ont signé des pactes de soumission. C’est dans ce pacte que nous leur avons attribué des espaces cultivables et d’autres biens. Maintenant qu’ils ne veulent plus se soumettre, qu’ils rendent simplement nos terres et quittent le village. Ce n’est pas de l’esclavage, mais c’est notre coutume à nous. »

L’ETAT DOIT S’ASSUMER

La pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes est connue de tous. Depuis 2018, les tensions liées à cette pratique ont occasionné le déplacement de plus de 1000 personnes officiellement. Plusieurs d’entre elles voulant s’affranchir de l’esclavage dans les cercles de Kita et de Diéma ont été contraintes de fuir la persécution de leurs anciens maîtres. En 2018, alors gouverneur de la région de Kayes, M. Baye Konaté avait effectué une visite à Kita pour préparer le retour de certains de ces déplacés.

En somme, la solution ne peut venir des protagonistes que si les autorités parvenaient à les mettre autour d’une même table pour dialoguer à travers un forum régional sur la question de l’esclavage par ascendance. La diaspora « kayesienne » peut peser de tout son poids dans la balance en sensibilisant les familles qui s’affrontent.

« Tant que les autorités maliennes resteront dans le déni et refuseront de reconnaître ces atteintes aux droits humains pour ce qu’elles sont, en criminalisant l’esclavage par ascendance, les défenseurs de ce système féodal continueront à prétendre qu’il ne s’agit ici que de coutumes et non d’esclavage, et des personnes continueront à se faire discriminer et marginaliser socialement et économiquement au Mali sans que la loi ne puisse réellement les protéger. », écrivait il y a quelques mois Marie Rodet, historienne et maîtresse de conférence à la School of Oriental and African Studies (SOAS, Londres) dans une tribune sur Benbere.

Source : Benbere

©️ Crédit source: http://bamada.net/malisansesclaves-kayes-a-lany-tounka-ceux-qui-sont-persecutes-decides-a-aller-jusquau-bout

Mauritanie – les terribles non- dits autour de viols : « Quand l’horreur se banalise c’est que l’humain se meurt. » Par Bocar Oumar Ba

Une petite fille de 5 ans violée à Nouakchott. Encore une. La mienne, la vôtre, celle du voisin. Je me souviens de l’année 1997 où ma vie de journaliste fût happée des semaines durant par une série de viols, quelques fois suivis de meurtres de petites filles de 2 à 8 ans, par celui que j’avais décidé d’appeler « le monstre de Nouakchott ». A chaque fois qu’il avait fait son forfait, il déposait les pauvres petits corps toujours au même endroit: aux alentours de la Foire. Le crime, tant par son ampleur que par son caractère innommable, était inédit dans notre capitale et bouleversait la vie des nouakchottois. La presse avait délaissé sa passion pour l’actualité politique pour ne titrer que sur le monstre. C’est dire combien l’opinion était scandalisée par cette série de crimes.
Dès les premières découvertes de corps de petites filles, j’avais pu écrire dans un article que je trouvais troublant qu’alors que les alentours de la foire étaient surveillés par les forces de l’ordre, le monstre puisse quand même y déposer des corps sans être appréhendé. J’avais émis l’hypothèse (qui a beaucoup déplu d’ailleurs) que le monstre fût peut-être un homme de loi, pour pouvoir ainsi se rendre « invisible » dans un endroit en principe truffé de policiers. Le scandale du coup n’était presque plus la série de crimes, mais mes « sordides accusations contre les forces de l’ordre ». Quand au bout de deux mois le monstre fut arrêté, on découvrit que c’est un ancien homme de loi qui se promenait en tenue pour faire sa sale besogne…
J’avais été particulièrement bouleversé par la rencontre d’avec l’une de ses toutes dernières victimes. Elle avait 3 ans. Je m’étais rendu à l’hôpital national pour interviewer sa mère, et dans la discussion que nous avions, je réalisai que la victime est en fait la fille d’un de mes voisins à Kaëdi. Il n’y a guère qu’une maison entre nos deux concessions familiales. Autant dire un frère.
J’ai quitté mon pays un an plus tard étant loin d’imaginer que ce que je croyais n’être qu’un horrible cas isolé, révèle en fait une terrible tare de notre société si encline à se parer de vertus quand elle se raconte. C’est l’hypocrisie et la mesquine pudibonderie dans une société où la sexualité la plus ordinaire ne se parle pas, qui nous empêchent de dénoncer les milliers de viols de case et de tente que nous taisons par lâcheté. Combien de filles sont violées au quotidien dans nos villes, dans nos villages, dans nos maisons?
Combien de jeunes filles et de jeunes femmes sont victimes chez nous de ce viol encouragé que nous préférons appeler par euphémisme « mariage forcé » pour les plus courageux d’entre nous, et « arrangé » pour les autres? Combien de filles et de femmes « esclaves » sont chez nous violées par « droit de cuissage »? Rien que l’expression suffit à sa bâtardise!

Nous préférons dénoncer par épisodes de crimes odieux, parce que nous sommes d’éternels intermittents de l’indignation. Nous avons du mal, moi le premier, à entendre le cri quotidien de toutes ses courageuses femmes qui nous disent que notre société est en dérive. Quand elles évoquent leur envie de liberté dans notre société ostracisée, au mieux les plus intelligents parmi nous gèrent leur gène par l’esprit de dérision.
Bientôt, le ramadan aidant, nos doctes se draperont de leurs grands boubous blancs pour nous apporter la bonne parole. A chaque fois qu’ils parleront des femmes, ce sera pour leur rappeler leurs devoirs vis à vis des hommes. J’ai coutume de dire que l’islam chez nous, en tous cas celui qui se raconte au quotidien par nos doctes, c’est l’islam des hommes, qui parlent uniquement aux hommes obsessionnellement des femmes!
C’est peut-être déjà là où le bât blesse…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur du 21/04/2020

Mauritanie – Covid-19 : Ouverture d’une enquête après le décès d’une femme qui était mise en quarantaine.

La commission chargée de la lutte contre le coronavirus a décidé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les causes et les circonstances du décès de feue Mariam Sanogo, qui était en confinement et qui est décédée lundi.
Le ministre mauritanien de la santé avait annoncé lundi le premier décès du coronavirus dans le pays, une citoyenne française, d’origine mauritanienne, âgée de 47 ans, arrivée en Mauritanie le 16 mars et qui en confinement à son décès lundi en milieu de journée.

Cette commission que préside le premier ministre Ismael O. Bedde O. Cheikh Sidiya a décidé d’augmenter la durée du confinement, une mesure qui devra concerner 1231 personnes dans le pays.
Elle a également décidé d’encourager les équipes médicales et les forces de sécurité et d’associer la société civile, les partis politiques et les syndicats à la campagne de sensibilisation.
Il a été également décidé la fermeté quant à l’interdiction de tous les rassemblements, de renforcer la coordination entre les institutions et les instances travaillant dans le domaine de la lutte contre la propagation du coronavirus.
Autre mesure prise mettre sur pied une équipe médicale complète chargée de suivre les personnes en confinement, prête à intervenir pour les secours en cas de besoin.
Selon la commission un nouvel hôpital sera ouvert aujourd’hui disposant de 100 lits spécialement réservé aux personnes présentant des cas suspects.
Cette réunion intervient après celle présidée par le président Mohamed O. Cheikh Ghazouani lundi, qui a réuni autour de lui les présidents des différentes commissions et au cours de laquelle a été présenté le bilan des deux premières semaines du confinement des voyageurs venus de pays où sévit la pandémie.

©️ Crédit source: sahara média (Mauritanie)