Le rôle essentiel des partis politiques n’est-il pas de participer à l’animation de la vie politique ou plutôt un intermédiaire entre le peuple et le gouvernement: Tentative de réflexion/ Dr. Sao Ousmane

« Un homme peut gravir l’Everest pour lui-même, mais au sommet, il plante le drapeau de son pays » Margaret Thatcher

Texte et contexte :

« On note depuis quelques années une certaine désillusion des citoyens envers les partis politiques, qu’ils ne considèrent plus forcément comme leurs meilleurs représentants et intermédiaires. Dans certains pays, les partis ont une fonction de direction. Ils ont pour objectif la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée. Si dans les régimes pluralistes (où existent plusieurs partis) la conception traditionnelle est que le pouvoir exécutif est en charge de l’intérêt national indépendamment des partis, ceux-ci assurent bien la conduite de la politique nationale, par l’intermédiaire de leurs représentants au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Ils légitiment et stabilisent le régime démocratique, en le faisant fonctionner. Animateurs du débat politique, ils contribuent aussi à structurer l’opinion publique. »Les participations à la vie de la cité, 30 juin 2006

Selon les analystes politiques,on distingue trois différents types de partis politiques :

1– Les partis dits « de cadre » nés au XIXème siècle, sont des partis de notables issus, dans un premier temps, de la bourgeoisie ou de l’aristocratie et se situent traditionnellement à droite ou au centre comme c’est le cas en France.

2– Les partis dits « de masse » nés au début du XXème siècle avec le développement du socialisme et du communisme, ont pour objectif la transformation de la société et la réalisation d’un ordre social nouveau. Pour cela, ils s’appuient sur une organisation structurée et hiérarchisée et sur un grand nombre d’adhérents, assurant ainsi leur autonomie financière et permettant l’encadrement des électeurs ;

3– Les partis d’électeurs, notion apparue dans les années 1960 et liée à l’approche américaine (système des primaires), sont caractérisés par la recherche du rassemblement du plus grand nombre possible de sympathisants, et s’attachent à la promotion d’objectifs consensuels.

Développement

Dans tous les pays du monde, les acteurs politiques sont représentés par les militants des partis politiques qui cherchent à conquérir le pouvoir. Les citoyens ancrés dans des organisations cherchent à influencer les politiques publiques et l’action du gouvernement dans le sens de leurs intérêts. Ainsi à côté des partis politiques, les organisations professionnelles, les organisations de la société civile, les institutions parlementaires et judiciaires, les Universités et l’Etat, chacun en ce qui le concerne, est un acteur unique ayant un rôle distinct et irremplaçable. La finalité de l’action publique et de la cohésion sociale est le bien-être individuel, social, économique et culturel. La démocratie n’est pas une fin en soi mais un moyen pour réaliser le bien-être et la dignité des êtres humains. Pour faire une démocratie réussie, il faut que les acteurs agissent en synergie, dans une clarté distinctive des rôles, avec sérénité, écoute et respect mutuel. La démocratie se construit à travers nos manières de penser, nos manières de parler, nos attitudes les uns vis-à-vis des autres, nos comportements et nos pratiques. Notre continent est à la croisée des chemins et vit des moments uniques de son histoire. Une nouvelle génération se cherchepour être aux affaires et dans l’opposition. Les batailles électorales s’annoncent rudes et deviennent de plus en plus prématurées. Malgré l’importance des enjeux actuels et futurs, nous avons tous la responsabilité d’œuvrer pour des débats apaisés sur l’orientation de nos politiques publiques, l’utilisation de l’argent public par une gouvernance transparente et démocratique et l’effectivité d’une démocratie administrative au service unique du bien-être du citoyen. (Anne Muxel2001).

En Afrique, malheureusement les acteurs de la pratique démocratique sont confus et nagent dans une absence quasi-totale de discernement. Notre pratique démocratique semble étourdie. Nous avons une permanence de la contestation dirigée par les partis politiques comme s’ils voulaient prolonger les batailles électorales perdues. Ce n’est pas leur rôle. Il n’est pas du ressort d’un parti politique d’organiser des marches et de les diriger. Leur vocation est de conquérir le pouvoir par la conception et la vulgarisation d’une nouvelle offre politique, sinon cela ressemble à une révolution. Les partis politiques doivent continuer à former leurs militants, se massifier et concevoir des programmes alternatifs pour la conquête du pouvoir. Leur action significative doit se construire autour des joutes électorales. La société civile doit être d’alerte ; elle doit cesser d’être une société civile d’anecdotes ; elle doit éviter de faire les batailles des partis politiques ; elle doit chercher, fouiller, interpeler le gouvernement et l’Assemblée Nationale lorsqu’elle sent une déviation dans l’action publique ; elle doit également informer les populations, faire le plaidoyer pour la prise en compte de questions émergentes et de nouveaux défis. La construction d’une grande démocratie nécessite une société civile informée, alerte, structurée, forte et mesurée.Le gouvernement doit aussi répondre et considérer les interpellations de la société civile et des citoyens.(Daniel-Louis Seiler, Ellipses, 2003), (David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary., 1742)

Les partis politiques, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n’ont plus la cote. Et c’est un euphémisme au point qu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il ya aujourd’hui une forte tendance au sein de la population mauritanienne pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui les dirigent, refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cette absence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. (Georges Lavau, Armand Colin, 1953).

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.(Michel Offerlé, 2006)

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situation, les citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en main leur destin. On voit ainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.(Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., PUF, 2007)

Le renouveau politique, un vaste chantier

Nos pays ont besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les hommes politiques devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Surtout dans les pays comme la Mauritanie, l’économie nationale a d’énormes promesses favorables avec la découverte de pétrole et de gaz ; il est impératif avec cette découverte de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives du pays à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Dans ce contexte précis notre citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité et de ses droits civiques et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique (Benjamin Constant, 1837). Chaque citoyen doit respecter les droits des autres qui sont identiques aux siens. Le terme de devoir peut aussi désigner une réalité plus morale qui doit guider le citoyen dans son comportement dans l’espace public. L’attitude des citoyens les uns envers les autres est primordiale pour rendre supportable la vie en société. La politesse, le respect, la capacité à venir en aide à une personne en difficulté sont des éléments capitaux pour une citoyenneté vécue au quotidien. Les manquements à ces règles élémentaires de vie en commun affaiblissent la notion de citoyenneté. Ensuite, les citoyens sont obligés de respecter les lois afin de permettre une vie en société organisée et d’éviter le développement de la loi « du plus fort ». On serait alors dans une situation anarchique, chacun agissant selon son bon plaisir, sans souci de la règle commune. L’obligation pour tous les citoyens de respecter les lois est la meilleure assurance que la liberté, les droits et la sécurité de chacun d’eux soient garantis de manière effective.

Dr Sao Ousmane : Président Cadre de Concertation et de Dialogue des mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) ;

🔹️Bibliographie

Anne Muxel : L’expérience politique des jeunes Pôle Sud Année2001, Paris presse de science Po.

Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., Les forces politiques françaises, Paris, PUF, 2007.

Michel Offerlé, Les partis politiques, Que sais-je no 2376, 5e édition, 2006.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques, Paris, A. Colin, 1993.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques en Occident : sociologie historique du phénomène partisan, Paris, Ellipses, 2003.

Maurice Duverger, Les partis politiques, 1951, Paris, Armand Colin.

Georges Lavau, Partis politiques et réalités sociales : Contribution à une étude réaliste des partis politiques, Paris, Armand Colin, 1953.

Philippe Raynaud et Stéphane Rials, Dictionnaire de philosophie politique, PUF, coll. « Quadrige dicos poche », 2003, 928 p. (ISBN 213052947X).

Henri Saint Jean Bolingbroke, Dissertation upon parties, 1775

Bernard Cottret et Marie-Madeleine Martinet, Partis et factions dans l’Angleterre du premier XVIIIe siècle, Presses Paris Sorbonne, 1991, 179 p. (ISBN 2904315926).

Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle, Société belge de librairie, 1837, p. 202 David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary, Liberty Fund, Inc., 1742

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur via Mail

Un conservatisme soninké entêté contre tout progressisme : les victimes en souffrent, par Silly Ismael Korréra

Silly Ismail Korrera – Le conservatisme est une philosophie politique qui est en faveur des valeurs traditionnelles et qui s’oppose à tout progressisme.

Pour les conservateurs l’ordre social établi est indépendant de la volonté humaine. Le conservatisme favorise la dépendance. L’individu a besoin d’indépendance pour jouir d’une entière autonomie vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. La stratification sociale soninké s’oppose à cette indépendance des individus.

Toute ambition nourrit par les castes inférieures doit s’attendre à la résistance de la chefferie traditionnelle et religieuse souvent en connivence avec les élites politiques.

Devenir ou souvent même penser à devenir imam, élu politique pose un problème dans ces organisations. Penser à devenir chef de village ou même poser la question d’une probable possibilité est considérée comme étant un crime qui peut être source de lourdes peines. Interdiction d’accès aux fontaines publiques d’eau, embargo interdisant au commerçant de vendre à cette personne, exclusion physique de la cité.

Il s’agit ici d’organisations sociales dont les mentalités sont empoisonnées par des imaginaires collectives et des clichées sociales.

Des familles entières privées de responsabilités parce qu’elles sont descendants d’esclave, griots, forgerons, etc. Des personnes réduites à l’esclavage dans ce village soninké, le seul crime, parce qu’elles ont immigré dans ces villages à la quête d’une vie meilleure et se retrouvent en esclavage à un moment de leur l’histoire.

Dans ces espaces villageois, des citoyens mauritaniens à part entière qui ne jouissent pas de droits fondamentaux (accès à la propriété sous contrainte d’acceptation des coutumes, ne pouvant participer à la vie du village, aux décisions…). Un citoyen a des droits et des devoirs. Ce système traditionnel met en cause la situation. Parce que les victimes de l’esclavage ont des devoirs mais n’ont pas des droits. Ce qui nous amène à mettre en cause qu’il y a forcement une complicité de l’état mauritanien.

Il n’existe que l’humain. À ce que nous sachons les humains sont égaux en droit et devoir c’est une règle d’or pour le maintien du lien social et la cohésion sociale. Il faut bannir ce système abject, honteux et arriéré. Tout silence face à ce système devient complicité. Raisonner pour laisser entendre que c’était ainsi depuis nos ancêtres et pour changer, il faut du temps. Nous savons qu’il faut du temps mais à un moment il faut un démarrage et combattre toutes les mentalités qui pensent encore avoir des droits sur des êtres humains. Cette pratique est un crime et le crime doit être sanctionné.

Silly Ismail Korrera, informaticien, membre d’IRA

Ressortissant de Guidimaka (Ajar)

©️ Crédit source : http://www.cridem.org ( http://cridem.org/C_Info.php?article=730243)

✅Revoir nos coutumes : À nous de FAIRE ou on nous fera FAIRE

Un speech de Maître Ahmed Salem O. Bouhoubeïni , le président de la CNDH (commission nationale des droits de l’homme). Le 4/12/19 , il était de passage au Guidimagha (Sélibaby) avec sa délégation.

Il réaffirme clairement que l’esclavage sous toutes ses manifestations est une page à tourner en Mauritanie.

On peut saisir dans son discours, qu’il insiste sur l’égalité citoyenne entre tous les mauritaniens.

En gros tout ce qu’on prêchait et prêche toujours auprès de certains adeptes d’un communautarisme archaïque qui défie l’ordre citoyen pour maintenir et défendre un régime coutumier foncièrement discriminatoire et ségrégationniste. Cet ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie certaines inégalités entre les composantes sociales d’une même communauté. Des mentalités qui s’accrochent à un monde révolu et passéiste, risquent de rater plusieurs trains du présent et par la suite indexées d’une manière non-enviable. Et surtout nous devons cesser de croire que nos localités villageoises se trouveraient dans des îlots de principautés ou même de royaumes imaginaires enclavés dans l’état central républicain.

Il est temps, ENTENDRE ET S’ENTENDRE MIEUX pour rester « NOUS » autrement en COMMUNAUTÉ.

#Mauritanie #CNDH #Guidimagha #esclavage_coutumier #soninké #soninkara #féodalité

KS

Guidimagha – Maire de Selibaby : le Président honore la wilaya par la pose de la 1ère pierre de 9 projets structurants

AMI – M. Mohamed Vall Ould Mekhallé, maire de Sélibabi a souligné que la visite du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani honore les populations de la ville et au-delà celles de toute la wilaya du Guidimagha.

Dans le discours de bienvenue qu’il a prononcé, le maire de la commune de Sélibaby, M. Mohamed Vall Ould Mekhala affirmé que les populations du Guidimagha mesurent à sa juste valeur la visite historique du Président de la République par laquelle il honore la wilaya par la pose de la première pierre de 9 projets sociaux structurants avant de souligner que l’image du 28 novembre 2019 à Akjoujt restera gravée en lettres d’or dans le cœur de tout patriote épris de paix, de justice et jaloux de l’unité de sa patrie.

Le maire a, par la suite, souhaité voir la wilaya, longtemps oubliée, bénéficier d’une discrimination positive dans l’ambitieux programme du Président de la République qui commence déjà à faire naitre l’espoir chez tout citoyen mauritanien.

M. Mohamed Vall Ould Mekhala a aussi souligné que le Guidimagha, qui a été victime cette année d’inondations, a été secouru en temps opportun avant de souhaiter voir les eaux de pluies causant des dégâts en quelques heures servir utilement au lieu de faire des victimes.

Il a révélé que la période hivernale a été très courte compromettant le rendement des paysans de la wilaya qui auront besoin de programmes de soutien comme les vivres contre travail, les boutiques Emel et des points de vente du poisson.

Le maire a encore passé en revue les problèmes posés aux populations du Guidimagha notamment ceux liés à l’état civil, à la protection civile et à l’inspection du travail qui méritent de trouver des solutions.

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

Mauritanie- Journée mondiale de l’abolition de l’esclavage : la déclaration du président de la CNDH

CNDH – A l’instar des autres pays du monde, la Mauritanie célèbre, aujourd’hui 2 décembre, la journée mondiale de l’abolition de l’esclavage.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) saisit cette opportunité pour rappeler que l’option de combattre ce phénomène et ses séquelles est irréversible dans ce pays où elle représente l’unique voie sure pour bâtir un Etat de droit et réconcilier notre société avec elle-même.

Tout en louant le soutien dont elle jouit à tous les niveaux de la part des pouvoirs publics mauritaniens, en particulier lors de sa récente caravane qui se poursuit encore, la Commission exprime sa satisfaction pour le traitement réservé par la justice au dossier de l’esclavage, ce qui s’est traduit tout dernièrement à travers les verdicts prononcés récemment à Néma contre des personnes accusées puis condamnées pour pratiques esclavagistes, au cours d’un procès qui s’est déroulé en présence de la CNDH qui y assistait en tant qu’observateur.

La Commission exprime à cet effet sa grande satisfaction pour le comportement hautement appréciable des organisations non gouvernementales des droits de l’Homme et pour leur attitude positive à l’endroit des programmes qu’elle met en œuvre.

Cette attitude positive des ONG a été ressentie à travers leur participation à la caravane des droits de l’Homme ainsi qu’à travers leur concertation et échanges avec la CNDH dans divers domaines.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme souhaite que l’ensemble des parties, autorités nationales, magistrats et organisation de la société civile, poursuivent leur avancée, la main dans la main, en toute harmonie et dans l’apaisement total, afin de surmonter tous les écueils sur la voie de la promotion des droits humains.

Le président,

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni

©️ Crédit source : http://www.cridem.org (2/12/19)

La culture est-elle nos ancêtres étaient comme ça et nous devrons être comme ça ? Par Boulaye Diakhité, chercheur en sociologie

Si toutes les cultures méritent la même attention, elles n’ont pas socialement le même intérêt. Il s’agit ici d’une réflexion de ce qu’on appelle chez les soninkés notre culture.
Dans cette courte analyse, je ferai de mon mieux de ne pas rencontrer tout ethnocentrisme dans ce qu’on appelle notre culture. S’il arrive dans mon analyse que la culture soninké se veut le centre de toute chose, que tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à elle donc elle est à disqualifier. Il s’agit d’un vocabulaire à parler des autres cultures, qu’il y a une référence à l’animalité et à la barbarie. C’est une façon de conserver sa légitimité en délégitimant les autres.

Ce qu’on appelle notre culture chez les soninkés : Je vivais dans un royaume je dois continuer à vivre dans le royaume, mon ancêtre cautionnait l’esclavage et je dois le cautionner. Non ce n’est pas de la culture ça, il s’agit de quand on pense ça nous arrange. Dans la culture soninké, on trouve plus le naturel que le réel ; l’immobilité sociale que la mobilité sociale. Je m’explique dans la conception soninké, c’est la nature qui veut qu’on soit marabout, esclave, guerrier etc… c’est à dire l’individu ne devient pas, l’individu né. Or, personne ne naît pilote, médecin, etc. On devient. Ce qui est valable pour tout ce qu’on prétend de naturel. Dans cette conception naturelle de la culture, il n’y a rien de vrai, on devient sociologue, médecin, chef de village, marabout etc. Si la culture était naturelle nous n’aurons pas à souffrir. Mon père est sociologue, je deviens sociologue puisque je porte ces gènes mais malheureusement ce n’est pas le cas. Mon père est riche, je deviens riche ; je n’ai pas besoin de travailler ; combien de personnes sont nées ayant des parents riches devenus pauvres ; de pauvres étant devenus de riches. Il n’y a pas une loi de la nature valide cette théorie de la culture soninké. Si on devient donc on n’a le choix de changer et choisir ce qu’on veut devenir.

– Devenir ou même penser à devenir imam, élu politique est renvoyé aux origines génétiques de l’individu soninké ;
– Penser à devenir chef de village est génétique ;
– Des familles entières privées à des responsabilités parce qu’ils sont descendants d’une caste dite inférieure.
– Devenir esclavage génétique ; marabout génétique, chanteur lié aux gènes des esclaves et griots ; pourtant on trouve aujourd’hui dans les gènes de ce qu’on appelle marabout et guerrier de bons chanteurs et danseurs ;
– Étranger installé dans un village soninké, on lui donne des gènes esclaves ; pourtant les soninkés se considèrent comme des grands voyageurs, migrants à s’en tenir à la conception soninké de l’esclavage, il n’existerait aucun soninké noble ;
– Un espace villageois, ces citoyens ne jouissent pas de mêmes droits fondamentaux.

Ce pourquoi, toutes ces questions qui nous amènent à mettre une interrogation à ce qu’on appelle notre culture et qu’est ce que la culture ?

La culture est un terme polysémique, issu d’un long processus de construction historique. Elle est la somme des savoirs accumulés et transmis par l’humanité. Ici on peut parler de changement social. S’il y a changement social, il y a changement culturel. La société soninké est connue pour son conservatisme. Elle est contre tout progressisme. Ce qu’on appelle notre culture soninké reste en faveur des valeurs et normes traditionnelles (esclave et dépendance). Notre système est contre l’indépendance des individus, contre les lois de la république. L’ethnocentrisme est au cœur du modèle culturel soninké. Nous n’avons d’autre choix que de le disqualifier.
La culture va au delà de toute distinction de peuples et de classes. Le mot culture est souvent associé aux idées de progrès, d’évolution, d’éducation. Le terme culture est un terme proche de la civilisation. La civilisation est un processus qui arrache l’humanité à l’ignorance et l’irrationalité. Elle est un processus de raison et d’amélioration. Ce processus de civilisation est lié au progressisme, même si certains sont plus civilisés, la raison humaine a pour vocation entrer tous les humains dans ce mouvement.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (du 2/12/19)

Mauritanie : Nomination d’un Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

AMI – La Présidence de la République a rendu public, vendredi, un décret nommant un délégué général à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion «TAAZOUR», dont voici le texte intégral :

« Par décret en date de ce jour:

Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya est nommé Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR ».

Création d’une Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

La Présidence de la République a annoncé par décret rendu public ce vendredi la création d’une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »».

Le communiqué de la Présidence de la République précise que cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Conformément aux engagements pris par Son Excellence Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans son programme électoral, une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »» a été créée par décret présidentiel en date de ce jour.

Cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Elle vient concrétiser une idée chère au Président de la République, à savoir la mise en place « d’un Etat où la justice, l’égalité, la fraternité, la citoyenneté ne sont pas de simples concepts mais des valeurs fondatrices ».

La Délégation Générale a pour objectif de généraliser la protection sociale, d’éliminer toutes les formes d’inégalités, de renforcer la cohésion nationale, de lutter contre la pauvreté et de coordonner l’ensemble des interventions dans les zones cibles.

Les programmes et projets qu’elle mettra en œuvre au cours des cinq prochaines années contribueront substantiellement à l’objectif du Président de la République qui est : « que chaque mauritanienne et chaque mauritanien se sente fier d’appartenir à ce pays, de profiter de ses richesses et d’y vivre dignement et paisiblement ».

Une enveloppe de 200 milliards anciennes ouguiyas sera mobilisée, au cours des cinq prochaines années, au profit de cette Délégation pour lui permettre d’exécuter un ambitieux programme de promotion économique et sociale en faveur des populations qui ont été victimes des inégalités et de la marginalisation à travers le renforcement des moyens de production, l’amélioration du pouvoir d’achat des pauvres, leur accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à un habitat décent et à l’énergie ».

©️ Crédit source : http://www.cridem.org