🔴 Edito-Blog | Ces coups sans États sous nos cieux : l’armée et les petits peuples, tous dans le flou perpétuel !?

Au Burkina Faso, 2 coups d’état en dix mois à peine. Un capitaine qui détrône un colonel, on y arrive peu à peu, le prochain peut être un lieutenant de 25 ans qui va chasser le capitaine. Qu’on se l’avoue, si des motards enturbannés chétifs ensanglantent et rasent nos contrées saheliennes sans être éradiqués durant ces nombreuses années, c’est dû à la faiblesse de nos forces armées et de sécurité. Armées clanisées en bataillons et en unités méfiants les uns envers les autres, l’élite hiérarchique embourgeoisée dans les villas sécurisées très loin du terrain chaud n’a aucune emprise décisionnelle efficiente sur les opérations menées au front. Ainsi les groupes terroristes fanatisés mènent la danse parce qu’ils semblent mieux au point en vision opérationnelle. Illuminés par une idéologie takfiriste aveuglante, ils installent la terreur parmi des populations abandonnées. À force de végéter dans cette terreur sans perspective d’espoir d’en sortir un jour par les forces de sécurité, les populations affectées vont se résoudre à un laisser-aller compatible avec ce joug islamiste au jour le jour. Ces derniers temps, certains médias annoncent que 40 % du territoire Burkinabé est hors contrôle des autorités étatiques. Et la priorité se joue ailleurs entre les factions de l’armée. Cette armée par la faction du colonel Damiba qui a chassé en janvier 2022 le président civil élu Koboré (reproché d’être dépassé par l’insécurité qui ronge le pays), est passée ces dernières heures sous la coupe nette d’une autre faction dirigée par un jeune capitaine appelé Ibrahim Traoré (né en 1988). Encore quasiment les mêmes reproches annoncés à l’encontre du déchu colonel Damiba comme lui même avait fait au sujet de la gouvernance Koboré. Toujours l’insécurité et l’impossible mission à faire face sérieusement aux groupes terroristes qui baladent en motos. On dirait que c’est normal, car l’armée ne cesse d’être en guerres intestines très loin du terrain chaud. La faction la mieux équipée du moment ne va pas bousculer longtemps les terroristes fanatisés dans les profondeurs de zones occupées, et trouve aisément l’alibi « entretenu » l’insécurité pour détrôner le gars en place dans la capitale. Au Mali, la bande GOITA tient et sécurise son pouvoir mais peine à sécuriser l’ensemble du territoire où la conjugaison des efforts Fama-Wagner fait bouger certaines lignes. Et dans d’autres zones, les groupes terroristes marquent des points, ainsi retrouver l’intégrité territoriale est un mirage aujourd’hui…

Du côté de Bamako, le régime de la bande Goïta risque l’installation d’un embourgeoisement avec les vagues d’une ferveur populiste consommatrice irréfléchie d’un anti-impérialisme fourre-tout. Les affaires sérieuses de l’intérieur sont masquées par une certaine véhémence populiste en haut lieu contre des ennemis représentés dans l’imaginaire collectif par exemple la France qui serait à l’origine de tout, une approche trop simpliste bien sûr. Les coups d’état ne préviennent pas, et les masses fanatisées à la sauce simpliste et idéaliste kemi-sebaénne d’aujourd’hui peuvent se retourner à tout moment quand d’autres arrivent à détrôner ceux d’aujourd’hui pour rectifier….dit-on.

Ouagadougou 2 octobre 2022 – Les drapeaux Burkinabé et Russe brandis par les manifestants de soutien aux putschistes


Et ces masses populaires très versatiles !

Sûrement les masses vues aujourd’hui 2 octobre 2022 autour de l’enceinte de RTB en soutien à la bande du jeune officier capitaine Traoré, étaient présentes à l’écrasante majorité dans les rues Ouagalaises déjà pour le colonel Damiba et ses hommes il y a 9 mois seulement. On peut parier si un lieutenant Ouedraogo fait chuter le capitaine Traoré dans 3 mois, on verrait les mêmes masses populaires en transe pareillement pour le nouvel homme fort. C’est ainsi, ça suit beaucoup dans l’instant et l’instinct euphoriques mais ça réfléchit peu sur le long terme.

Ces masses populaires se gavent d’arguments simplistes dits panafricanistes boiteux via les réseaux sociaux et meublent occasionnellement un quotidien austère et compliqué autour. Une unité d’élite la mieux équipée de l’armée qui vient se loger au cœur du pouvoir dans la capitale avec un capitaine « bébé » en tête, quel autre bataillon ferait mieux sur le terrain des combats contre les groupes terroristes ?
Mais non, étrangement on ne s’interroge pas, on applaudit mécaniquement en masses tout en brandissant le drapeau russe et en haïssant la France. Tout un symbole qu’une certaine indignation collective qui n’est pas synonyme de pertinence et de bonne orientation sociale et politique.

Si on mettrait à disposition de nos masses populaires 4 avions d’évacuation ouverte vers 4 destinations : Paris (France) , Le Caire (Égypte) , Durban (Afrique du Sud) et Moscou (Russie), on verrait vers quelle ombre il y aura du monde en bousculade…!

Une certaine opinion publique versatile et manipulée fait partie de nos multiples maux qui vont détruire le peu d’ordre étatique qui subsiste encore dans certains pays.

Arrivera un moment où une mobilisation est nécessaire à partir de Capitales parmi les masses populaires fanatisées dites anti-impérialistes, pour aller affronter les groupes criminels qui massacrent les pauvres populations abandonnées dans certaines localités. Type de la marche verte en 1975 de feu Roi Hassan II du Maroc sur le Sahara espagnol. Si 1 millions de Burkinabé déterminés et encadrés par les forces de sécurité se lancent sur les zones où sévissent les groupes terroristes, tout sera nettoyé. Ce serait plus efficace que l’appel au remplacement d’un ancien maître par un nouveau…n’est-ce pas !?

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🔴 Mali | cette saillie discursive Onusienne du premier ministre par intérim malien au sujet du président nigerien : le langage d’un panafricanisme WhatsAppeur !


Depuis New York, le journaliste Serge Daniel (sur TV5) résume en substance ce que les colonels maliens reprochent au président du Niger Mohamed Bazoum qui rappelle que « la place des militaires n’est pas les salons feutrés à Bamako mais au front face aux terroristes… » . Cet élément de langage qui a beaucoup de sens par rapport à la situation politico-sécuritaire du Mali serait la principale motivation qui a suscité l’ire du Choguel boy l’actuel premier ministre par intérim, le jeune colonel Abdoulaye Maïga (41 ans). Il a traité de « Non Nigerien » l’actuel président du Niger (issu de la communauté arabe), à la tribune de l’ONU ce samedi 24 septembre 2022. Des propos aux relents xénophobes pour ne pas dire racistes à l’encontre d’une personne à cause de ses origines ethniques ou communautaires. Les supporters suprémacistes de Donald Trump ne diraient pas moins en théorie fumante et raciste sur la « non américanité » de Barack Obama. En diplomatie, on peut exprimer avec tact et respect ses différences de vue avec le dirigeant d’un autre pays surtout un voisin si proche tout en évitant une surenchère verbale de la sorte. Cet panafricanisme toxique des passions ne sert pas « grand chose » en matière de développement multidimensionnel dont nos pays ont besoin depuis toujours. Le langage véhément et excessif dit souverainiste qui rameute les masses « réseaux sociaux », ne peut doter un pays d’infrastructures dignes ni former et soigner les populations. Le colonel A Maïga qui vise le président Bazoum sous cet angle, peut heurter la sensibilité d’une partie de ses propres concitoyens (arabes maliens), est-il conscient de cette donnée ?

Dans nos pays, un certain panafricanisme toxique est porteur d’une idéologie marinée d’une xénophobie latente et d’un cache-misère intellectuel et technique. Un éveil social et politique sain se doit d’être constructif et ouvert par la force de l’intelligence et non par l’entretien perpétuel des ressentiments d’un passé chez les masses populaires. Le malien est grand voyageur, les diasporas maliennes sont partout, si un caucasien français dirait à son compatriote afro élu à #Montreuil (ville de la région parisienne) qu’il est étranger, cela ne plairait pas. Cette sortie du premier ministre par intérim du Mali est une insulte à la tradition idéologique de pères panafricanistes comme feu Kwame NKrumah du Ghana. L’invective populiste rassure les fiertés « perturbées » mais ne remplit pas l’estomac ni ne sécurise un territoire, à rappeler nécessairement !

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● Mauritanie ~ « La loi d’orientation, Par-delà pour et contre » | Par Mouhamadou Sy


« Douter de tout ou tout croire, disait le mathématicien Henri Poincaré, ce sont deux solutions, également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir ». En dépit du contexte épistémologique dans lequel l’auteur avait formulé sa remarque, pour justement introduire son approche du rôle de l’hypothèse en science, il ne me semble pas relever de l’abus que de la convoquer dans un débat où « l’hypothèse » prend une valeur idéologique si profonde qu’elle s’en dépouille de sa nature optionnelle et prescriptive. Le questionnement des hypothèses, des présupposés idéologiques, a été en effet l’étape largement éludée, volontairement ou non, par bon nombre des contributions au débat ; ce qui a certainement causé son avortement surtout sur le terrain intellectuel.

La question de la politique linguistique est faite de plus de politique que de langue et de technique. Et souvent, la petite portion de technique qui y est contenue ne s’inscrit que dans une « linguistique politique », autrement dit dans une ‘science’ taillée sur mesure pour accompagner les décisions prises dans leurs aspects publicitaires auprès de l’opinion et leur mise en application sur le terrain.
Ainsi les théories justificatives et les interprétations devancent souvent les faits auxquels elles se rapportent, non pas pour les motiver et les introduire, encore moins pour inviter le peuple à s’y intéresser en toute lucidité, mais pour inoculer à ce dernier un message dont il ne lui revient plus de comprendre le contenu. Dans un contexte comme celui-ci, le débat intellectuel a le rôle impérieux de déjouer la propagande en déchirant le voile et mettant à nu le fait brut qu’il enveloppe, le seul élément auquel la pensée doit se soumettre et sur lequel toute décision avisée est tenue de se fonder. Mais le rôle du débat intellectuel ne s’arrête pas à l’exhumation et à l’analyse des données factuelles noyées au fond de la présentation officielle, on attend de lui d’être le lieu où s’opère une reconstitution du contexte, souvent tu ou trahi par la présentation qui en est faite, afin de réinscrire ces données dans les bases idéologiques, politiques, historiques qui les sous-tendent. Le contexte fait en effet partie du fait qui s’y place et ne pas l’intégrer est une façon comme une autre de dénaturer le fait. La convocation de telles bases jette certes une lumière sur les endroits obscurs d’un projet qui touche le cœur de la société. Toutefois, s’en suffire ne mènerait pas plus aux objectifs du débat que s’arrêter à mi-chemin d’un voyage mènerait à la destination visée. Le débat intellectuel est fondamentalement l’espace où ces bases elles-mêmes doivent être considérées comme objets de la discussion au même titre que les produits qu’elles dégagent, loin de leur statut admis de principes immuables et limitants invoqués à tout bout de champ à la rescousse d’une position en péril. Dans un tel refus systématique d’interroger les fondements idéologiques des positions défendues, le débat ne jouera guère son rôle de contrecarrer la propagande ; au contraire, il ne fera qu’occuper une parcelle à l’intérieur même de la propagande dont il ne diffère plus en nature.

La question que pose la loi d’orientation du système éducatif, mise dans le contexte général du pays, engage au moins trois éléments à débattre : le rôle de la loi, l’orientation de la nation et le projet de société mis en promotion. Vouloir restreindre cette loi d’orientation à une simple question de loi sur l’apprentissage c’est lui ôter sa substance et, accessoirement, éclipser tous les aspects de la vie nationale dans lesquels l’école agit, en réduisant cette dernière à un simple endroit d’acquisition de ‘savoirs’ qu’il faut réformer au vu de ses mauvais résultats. L’école est, et a toujours été, plus que cela. Et je le note sans aucun jugement de valeur. A-t-on jamais appris à l’école, avec l’objectivité due, les préceptes d’une idéologie contraire à celle défendue par l’État ? A-t-on simplement jamais appris à l’école, avec objectivité critique, l’idéologie que défend l’État ? L’apprentissage de celle-ci est toujours fait dans l’optique d’y faire adhérer les apprenants en usant de tous les moyens structurels mis à disposition. L’école est plus qu’un lieu d’acquisition de savoirs en étant aussi un lieu de tri de ces savoirs et d’orientations des contenus. Qu’elle soit mauritanienne, française ou béninoise, l’école est ainsi un haut lieu idéologique ayant pour livres saints ses manuels délimités par l’idéologie de l’État qui les a conçus, et véhiculant les dispositions d’un ordre sous le contrôle d’un clergé répondant au nom de ministère de l’éducation. L’on me dira que cette description est exagérée. Mais l’est-elle davantage que celle présentant l’école comme un innocent lieu de transmission de savoir ? En notant cet aspect, loin de discréditer cet organe essentiel de la vie en société et de lui refuser la reconnaissance de son rôle, nous ne faisons que refuser de soumettre notre description au bon vouloir de son image promue. Si nous voulons toucher du doigt notre sujet, nous devons accepter de nous départir de l’usage automatique des termes et descriptifs usés dans l’étiquetage publicitaire de ses éléments constitutifs en nous intéressant aux éléments eux-mêmes. Et il nous incombe alors de dire l’école telle qu’elle fonctionne et non telle que nous aimerions qu’elle soit ou que d’autres voudraient qu’on la voie. Il en vaut autant pour les autres éléments de notre dossier.

Dès son introduction, la loi, du moins le projet de loi, présente ses buts sociaux (comme l’égalité des chances, l’équité, la cohésion), ses buts identitaires-nationaux (on peut y lire « l’amour de la patrie », « respect des symboles » etc…) et ses buts civiques. Cela fixe les grandes lignes du projet de société que la loi dit vouloir concrétiser derrière l’idée de la réforme. Elle reviendra ensuite décliner, dans les titres et les chapitres qui suivront, son approche et les détails du modèle qui sera mis en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés. Ainsi, après la déclinaison du projet de société envisagé, le modèle à mettre en place sera la deuxième composante majeure de la loi. Quand la note de présentation du projet de loi, publiée plus tôt, parlait de la nécessité de combler l’absence d’un cadre juridique organisateur du système éducatif dans le même texte que celui mentionnant l’usage prévu des langues nationales, on était déjà au cœur de la question de la « politique linguistique ». Cette dernière occupe le chapitre II du Titre V du projet de loi et constitue, comme le témoignent les évènements qui continuent de jalonner ce processus législatif, le cœur du modèle proposé. Avant même de proposer une présentation de l’article phare de cette loi, à savoir le fameux article 65, il convient ici de remarquer l’incroyable maladresse, pour ne pas dire sabotage, consistant à vouloir solder cette éminente question de la politique linguistique dont la portée va au-delà du système éducatif, malgré l’important lien qu’elle entretient avec ce dernier, dans un cadre purement scolaire. Cela peut en effet nous faire penser à d’autres aspect de la question nationale (la loi d’amnistie en fait partie, d’autres faits relatifs au même dossier…) qui ne cessent d’être abordés dans des cadres inappropriés qui ne peuvent à l’évidence pas les contenir. L’expérience a montré que cela ne participe qu’à complexifier le problème mais jamais à le résoudre. Vouloir dissoudre la question linguistique dans une loi comme celle-là semble, hélas, être un nouveau cas de traitement inapproprié d’une problématique majeure en cela que la place des langues dans les autres secteurs de la vie nationale ne peut y être abordée et assurée. Or cette place, en tant que source de débouchés et comme marqueur concret de la politique linguistique, peut même conditionner le déroulement du modèle proposé. Si apprendre en soninké ne donne pas de débouchés ou ne produit que des « analphabètes » de la langue utilisée dans le secteur administratif, alors il sera prévisible que ce choix de langue ne sera qu’éphémère et qu’au bout de la pulsion identitaire légitime, les parents soninkés finiront par guider leurs enfants dans la langue qui rapporte, de la même façon qu’on fait tous les jours des choix guidés par l’intérêt économique et social au détriment d’un principe culturel et identitaire. Cela vaut évidemment pour le pulaar et le wolof. C’est pourquoi certains observateurs ont vu avec justesse que cet aspect de la loi n’a aucun sens sans l’officialisation de ces langues, sauf si la loi cherche à torpiller la question linguistique et l’officialisation avec, en mettant en équation sa part éducationnelle avec un vide complet au niveau de ses perspectives dans les structures économiques, administratives, politiques et in fine sociales. Il n’est rien de tel que cette démarche pour inspirer un rejet populaire du projet au cours de son déroulement. Par conséquent, avant même d’entrer dans le contenu de cet article, nous nous confrontons à un sérieux problème de cadre qui pose plus de questions qu’il n’en donne de réponses. En effet, à partir de ce problème, nous nous devons de nous demander quel est le type de modèle que cette loi nous propose. Car, même si on peut tout écrire et prétendre à tout comme buts escomptés, seul le modèle utilisé nous dira ses capacités réelles et vers quelle société il nous dirige. Il est donc question de savoir si nous sommes en face d’un modèle de transition vers l’usage généralisé de la langue dominante ou s’il contient une capacité palpable d’un développement multilingue. Car l’un et l’autre de ces modèles utilisent bien la diversité linguistique ; seulement le premier le fait en ayant le passage à la langue dominante pour but, et le second le fait en ayant les langues utilisées comme finalité. Cette catégorisation de modèles, mise en perspective avec l’absence d’officialisation et en particulier de débouchés clairs des langues pulaar, soninké et wolof, nous fait d’emblée nous attendre à un modèle de transition dont la mise en place ne requiert en effet aucun changement dans le statut constitutionnel des langues. Le statut courant suffisant à supporter le rôle accessoire qu’elles joueraient dans le système éducatif en vue. Donc, avec ces premières données, il est légitime de s’attendre à ce qu’il s’agisse d’un modèle de transition jusqu’à la preuve du contraire que fournira peut-être le contenu des articles. La question se simplifie donc : elle reste de savoir si les contenus de l’article 65 et de l’annexe qui s’y rapporte ont la capacité de contredire l’idée d’un modèle de transition suggérée par les données extérieures qui conditionnent sa mise en place.
De son côté, l’article 65 énonce explicitement des propositions contradictoires quand elles ne sont pas si superflues qu’elles suscitent de la suspicion à son encontre. Ces caractéristiques ont été discutées en long et en large par différents observateurs. Mais citons ses passages en guise de complétude. Comparons d’abord le contenu des trois propositions suivantes qui se suivent telles quelles dans l’article 65:

Prop. 1.« Pour offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir, chaque enfant mauritanien sera enseigné dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Prop. 2.« L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation et de formation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés. »

Prop. 3.« Les langues nationales Poular, Soninké et Wolof sont introduites, promues et développées à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et de formation, à la fois comme langues de communication et comme langues d’enseignement ; selon la langue maternelle et la demande exprimée pour chacune de ces langues. »

Pour peu qu’on soit soucieux de la logique des choses, comment peut-on assurer l’enseignement de tout enfant mauritanien dans sa langue (Prop. 1) et assurer en même le même enseignement en arabe (Prop. 2) ? Le manque de clarté ici entraîne une contradiction. La Prop. 3 ne se veut pas claire non plus car les modalités de cette introduction ne sont pas définies. Dans son régime maximum, elle entre en contradiction avec Prop. 2. Il y a toutefois une façon de résoudre la contradiction entre Prop 1 et Prop 2 si le mot « enfant » dans Prop 1 s’accompagne d’une limitation d’âge correspondant à la sortie du primaire, et si on fait appel à la suite de la loi qu’on verra comme une atténuation de la Prop 2 :

Prop 4. « Au niveau du primaire, chaque enfant mauritanien effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Donc ces passages de la loi sont plein de contradictions. Mais si on suit la résolution proposée, on voit des langues pulaar, soninké et wolof dont la considération est mieux affirmée au primaire qu’aux autres niveaux. Ce qui suggère encore une fois un modèle de transition.

Mais ce dernier passage le fait de façon encore plus claire :

Prop 5. « Tout enfant de langue maternelle arabe doit apprendre au moins l’une des trois langues nationales (Poular, Soninké et wolof). Le choix de cette langue est guidé par le contexte sociodémographique régional. L’arabe est enseigné à tous les enfants dont elle n’est pas la langue maternelle comme langue de communication et comme langue d’enseignement.»

Le bilan de cet article fondamental est que non seulement il n’a pas pu contredire l’hypothèse d’un modèle de transition, mais il participe même à l’étayer en optant pour une asymétrie dans le traitement entre l’arabe et les autres langues. Ce bilan est consolidé par les dispositions de l’annexe qui conditionne l’introduction généralisée des langues à un test dont les termes ne sont pas définis.

Maintenant si on est embarqué dans un modèle de transition, que pouvons-nous espérer ? Autrement dit, que reste-t-il des buts sociaux louables avancés dans l’introduction de la loi ? Tout d’abord, il se passe de discussion que toutes les communautés nationales ne sont pas à égale distance par rapport à l’arabe. Les locuteurs de la langue hassaniya, un dialecte de l’arabe, sont de loin les plus proches de cette langue que leurs compatriotes locuteurs du pulaar, soninke ou wolof. Un système dont le souci est de transiter ces derniers, par le biais des dispositions du modèle dessiné, vers l’utilisation pleine de l’arabe instaure d’emblée une inégalité dans les conditions d’apprentissage. Or peut-on atteindre une égalité des chances à partir d’une inégalité des conditions ? Cette première injustice est intercommunautaire. L’égalité des chances restera un mythe au moment où la communauté hassaniya est mise dans des conditions linguistiques de réussite meilleures que celles des autres communautés. Par ailleurs, à l’intérieur de chaque communauté, une autre forme d’inégalité des chances, de nature économique mais impliquée par la condition linguistique, subsistera dans la mesure où les communautés pulaar, soninke et wolof resteront face à une langue aussi étrangère que toute autre, érigée en passage obligée pour une réussite scolaire. Donc ce seront encore les classes les plus aisées qui auront globalement plus de chances que les autres dans la mesure où elles auront un moyen accessible d’action contre les barrières linguistiques en payant un service privé. Le même phénomène pourrait être observé, à moindre degré, dans la communauté hassaniya quant à l’adaptation à l’arabe classique (mais il est très probable qu’on décide d’en rester à la version du hassaniya par le principe bien connu du moindre effort). Donc les buts sociaux sont doublement un leurre pour les communautés pulaar, soninke et wolof.
Mais alors qu’en est-il du but national ? Qu’adviendra-t-il de l’identité nationale aussi fermement défendue mais si peu définie dans les termes de la loi ? Si la définition de l’identité nationale est à la charge de l’école, la nôtre de par le modèle choisi, produit l’arabe ou l’arabisé. Faire entrer des petits soninké, wolof et pulaar, et ressortir des arabisés fait incontestablement de notre école une machine d’assimilation comme l’école française l’a été pour les petits bretons, basques, alsaciens et leurs autres camarades d’autres régions. Il n’aura fallu qu’à peine un siècle après les lois Ferry sur la généralisation de l’école pour changer de fond en comble le paysage sociolinguistique français. Les jacobinistes mauritaniens expliquent les éléments asymétriques dans la politique linguistique déclinée dans la loi, et qu’on a vu sont de nature à inscrire le système dans un modèle de transition, par une prétendue majorité de l’arabe. Une majorité qu’aucune statistique ethnique actuelle ne soutient. Ce qui fait que la communauté qui en est bénéficiaire est jusque-là plus majorée que majoritaire. Mais quand bien même il y aurait une majorité arabe ou pulaar ou autre en Mauritanie, nous serions bien d’accord que cet état de majorité serait valable à un instant précis de l’histoire. L’évolution démographique peut en faire ce qu’elle voudra dans le futur. L’idée de la figer au profit des uns et au détriment des autres en faisant fi de l’expression libre du devenir démographique des uns et des autres n’est donc pas objective. Elle le serait si elle soutenait par exemple que « la langue de l’État est la langue majoritaire ». Un tel principe pourrait volontiers être nommé « unilinguisme ouvert » par opposition à « l’unilinguisme fermé » consistant à nommer et entériner la langue majoritaire à l’instant t. Ainsi, dans un unilinguisme ouvert, si aujourd’hui c’est le wolof la langue majoritaire, alors le wolof sera pris. Quand cela changera dans trente ans au profit du soninké, cette langue serait l’heureuse élue en ce moment-là. S’il s’agissait d’un unilinguisme fermé, comme c’est le cas aujourd’hui en Mauritanie, on inscrirait dans la constitution que « wolof est la langue de l’État » en se basant sur le nombre majoritaire de ses locuteurs d’aujourd’hui tout en n’envisageant pas de le changer si la situation se renversait au profit du soninké ; ce qui serait refuser un droit au soninké pour les mêmes raisons qu’on l’avait accordé au wolof. Voilà la contradiction fondamentale de l’unilinguisme fermé et son injustice intrinsèque. La seule façon de résoudre ce problème tout en restant à l’intérieur du cadre de l’unilinguisme fermé est de plonger davantage dans l’injustice et d’assurer à la langue élue la persistance de sa position de majoritaire en usant de tous les moyens de l’État pour arriver à cette fin. Certains pays ont appliqué une telle politique ; ainsi, les langues régionales françaises sont mortes ou en agonie. D’autres pays comme la Suisse arrivent, en optant pour un multilinguisme décomplexé, à préserver ses langues, en particulier le romanche dont la survie ne serait pas possible autrement. L’unilinguisme ouvert ainsi défini, est exempt de l’injustice `interlingue’ constitutionnel. Car il propose un droit qu’en théorie toute langue peut atteindre quand elle est dans les conditions. Mais il pose deux problèmes. Premièrement, l’évolution démographique peut mener à une situation où aucune langue n’est majoritaire : il atteindrait alors ses limites et devrait improviser ou le système serait clôturé. Le deuxième problème est qu’en réalité il n’est juste qu’entre les langues, mais qu’à l’intérieur de chaque cycle les locuteurs des langues minoritaires subiront une injustice sociale ; et celle-là n’est pas justifiable par une expression du type « Tenez bon et faites des bébés, ça pourrait être le tour des autres dans un siècle ». Cela dit, dans un unilinguisme fermé, celui qu’on vit, peu importe le nombre de bébés que le camp des ‘minorités’ ferait, la constitution dit que ça sera toujours leur tour de souffrir ! Dans ce sens, l’unilinguisme ouvert reste, malgré ses problèmes de structure et son injustice sociale cyclique, meilleur que l’unilinguisme fermé. Par conséquent, seul le multilinguisme reste un une option viable. Ainsi, l’on peut dire qu’un projet de société soucieux de l’égalité des conditions et, par voie de conséquence, celle des chances, passe par le choix du multilinguisme. C’est ce dernier qui est également le garant d’une identité nationale diverse. Si l’on veut libérer les buts sociaux que la loi affiche des pièges du choix idéologique jacobin ambiant et en faire, peut-être un jour, des réalités pleines, une étape impérieuse nous incombe ; celle de l’officialisation des langues pulaar, soninke et wolof, seule garante de la réussite de tout projet éducationnel les concernant.

Mouhamadou Sy
Le 21 Septembre 2022

🔴 Ces hâbleurs apprentis « lettrés » qui s’attaquent injustement à cheikh Mohamed diakho Tandjigora !

Élément média Mizane TV

○—Il est temps de raisonner certains petits apprentis socialisés à sève des mentalités esclavagistes dans la communauté soninké. Ces derniers moments, les cas sociaux qui se sont trouvé comme mission l’apologie de l’esclavage avec virulence via WhatsApp semblent passer le relais à une autre clique de faux savants « religieux » qui s’ignorent. Ainsi au contraire de cas sociaux apologistes, ces nouveaux hâbleurs qui se basent sur de fables forcées et un forcing historique s’activent sous couvert d’une dite science religieuse pour légitimer l’esclavage coutumier dans la communauté. Prêches du fatalisme et chansonnettes rhétoriques pour défendre leur chapelle coutumière de domination sociale dans le puzzle sociétal, ils cochent incessamment leurs flèches à l’endroit de personnes lettrées en sciences religieuses qui ne soutiennent pas l’onction religieuse de l’esclavage par ascendance. Avec beaucoup de mauvaise foi, leur cible principale est cheikh Madiakho Tandjigora . Le poids intellectuel de ce conférencier sénégalais, auteur de nombreux ouvrages dont la traduction du Saint Coran en soninké (paru en avril 2021) https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/28/la-parution-dun-ouvrage-dune-portee-intellectuelle-monumentale-en-milieux-soninkes-le-saint-coran-traduit-en-langue-soninke-par-le-professeur-muhammad-diakho-tandjigora/ , est connu et reconnu dans la communauté soninké et au delà. Ces petits apprentis très limités visiblement en matière de réflexion et de compréhension des paradigmes révolutionnaires du Message de la dernière révélation, perturbés qu’ils sont, par l’éveil massif anti-esclavagiste en cours, s’attaquent injustement au cheikh Abu Elyas. Pour eux, il serait l’instigateur principal qui aurait ouvert les yeux des personnes encartées esclaves pour les libérer de leur domination sociale. Pour rappel, on leur apprend s’ils veulent bien retrouver une certaine lucidité, que déjà bien avant les positions de cheikh Madiakho, un lettré soninké Aboulaye Diallo (paix à son âme) originaire du village d’Arré au Guidimagha 🇲🇷 dans les années 70 dénonçait cet esclavage coutumier soninké faussement attribué à la religion islamique. Par la suite, une célèbre voix morale du nom de Elhaj Fodie Demba N’diaye de Oulimboni Guidimagha 🇲🇷 (paix à son âme) , abondait en substance dans le même sens après son retour d’un pèlerinage à la Mecque selon diverses sources. Encore courant débuts des années 90, à Paris, lors d’une conférence, cheikh Abdoulaye BA en répondant à une question liée à un possible mariage entre « esclave » et « noble », il s’était interrogé « Qui est esclave d’abord? » . Et en rajoutant explicitement que l’esclavage social qui sévit dans les traditions coutumières ne peut avoir de validité ou de légitimité selon la vision islamique sur la question.

En Mauritanie en avril 2015, une organisation d’Uléma avait sorti une communication rendant caduc et illégitime religieusement tout esclavage et ses manifestations dans notre pays 🇲🇷. Nos hâbleurs illuminés vont finir peu à peu à s’incruster dans les rangs de ceux qui font l’apologie d’esclavage et en Mauritanie la Loi 031-2015 est très claire notamment par son article 19 qui : « Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2)  ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas »

✍️🏿KS pour le BLOG

● Une journée d’observation au QG du leader Biram Dah Abeid à Nouakchott | Par Mohamed LAM.

Nouakchott , Octobre 2021.

En Octobre dernier, à Nouakchott, j’ai passé une soirée aux côtés de mon aîné Monsieur Biram Dah Abeid et d’une partie de son équipe au local de PK. Aîné à qui je rend toute l’affection, le respect et la considération qu’il porte en ma personne. La reconnaissance, une qualité à conserver qu’il vente ou qu’il pleuve.
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Dans le cadre de mes activités de recherche et d’écriture, je dois avouer que jamais, auparavant, il ne m’a été offert d’assister à un moment aussi intense en terme de Leadership.

Le hasard (ou pas d’ailleurs c’était peut-être écrit) a fait que cette même soirée, il devait tenir une permanence au cours de laquelle, des citoyens mauritaniens viennent de partout sur le territoire national pour porter à sa connaissance et à celle de ses équipes des situations d’injustice et de violations ignobles des droits humains.

Je me rappelle le cas de ce jeune compatriote Hartani qui a fuit ses maîtres et qui, avec dignité et ferveur, exposa les ignominies qu’il vécut. Un esclave en 2021. Il devait avoir 20 ou 21 ans. Il a réussi à s’échapper mais sa sœur, mariée à un autre assujetti également à cette pratique, y était toujours au moment où il s’exprimait.

Je me rappelle aussi celui de ce vieux Monsieur qui venait de Kiffa ou aux environs de cette ville. Malmené par un officier de police qui le traita de salle « Abd » (esclave) et lorsqu’il voulait porter plainte au commissariat, on lui fit savoir qu’il finirait en cellule. Il devait donc se taire et ne pas en faire tout un problème.

Je me rappelle enfin ce groupe de Soninkés composé de jeunes et de personnes âgées venus exposer les situations d’injustices que leur communauté subissait au sein de leur localité sur les terres qui étaient les leurs et qu’ils risquaient de perdre du fait de la présence menaçante de féodaux.

Je me rappelle enfin également de nombreux autres cas exposés ce jour et porté en la connaissance de Biram et ses équipes.

Ces citoyens victimes traversent le pays, la ville de Nouakchott, passent devant des commissariats et devant des institutions étatiques ayant pour objectif de les protéger pour aller faire entendre ce qu’ils subissent au quotidien en la connaissance de IRA. Cela ne traduit-il pas une défaillance profonde voire même une inutilité de ces établissements ? Comment renouer la confiance entre l’état et les Mauritaniens ?

Ce qui me frappa ce jour, c’est l’espoir que ces citoyens portaient en son équipe car ils savent qu’il y a un suivi, une écoute et très probablement des suites.

Biram me confia à la fin de cette longue et pénible permanence, qu’après avoir recueilli et traité tous ces sujets, chaque matin ou dans le cadre de ses différents déplacements, il faisait tout pour se rendre dans chacun de ces lieux où ces violations des droits humains se sont produits pour tenter de les résoudre.

Le tout, loin des réseaux sociaux et des médias locaux traditionnels.

Rien d’étonnant alors qu’il soit toujours accueilli fortement par les populations très éloignées de la ville et demeurant dans les bleds les plus reculés de Mauritanie car il garde cette proximité avec les habitants de ces territoires.

J’étais là en tant qu’observateur. Mais un observateur libre et actif car il est important de consigner tout fait ou élément pouvant permettre de comprendre comment et pourquoi la Mauritanie en est arrivée là.

Tout était filmé. En direct sur Facebook, rapporté et retranscrit sur WhatsApp pour une très large diffusion. Il n’existe pas de communication meilleure que celle là.

Et c’est ça faire de la politique. Connaitre les problèmes et en faire un projet politique solide.

La Présidentielle approche, j’appelle et j’espère que les partis d’opposition pourront cette fois-ci mettre leur orgueil de côté de travailler ensemble dans l’unique objectif de conquérir le pouvoir.

Les divergences idéologiques ne doivent en aucune manière empêcher une coalition ou un accord politique. L’intérêt supérieur du peuple et l’avenir du pays en dépendent .

Soit on fait de la politique soit on en fait guère.

Les partis politiques non régularisés mais qui contiennent en leur sein des véritables figures du changement, ont un rôle important à jouer dans le processus de consolidation des forces d’opposition.

Ils ont, en tout état de cause, intérêt à y réfléchir. Leurs idées doivent pouvoir un jour politiquement se matérialiser.

Nous avons tous vu comment l’Etat a ignoré et minimisé les revendications très légitimes des organisations demandant l’officialisation des langues nationales. Dans le fond, c’est qu’il n’entend pas mettre en place des dispositifs permettant de réduire les inégalités entre les Mauritaniens. La première des inégalités dans une Nation est celle basée sur la langue. Ne pas adapter également l’éducation des enfants à leur parler c’est les condamner à un avenir bancal. Les mêmes causes continueront à produire les mêmes effets.

Cette question purement politique ne sera résolu qu’à travers un rapport de force politique dans un cadre strictement démocratique.

Il appartient à chacun de prendre ses dispositions et ses responsabilités.

Bordeaux, 01/09/2022

©️ Via post Facebook de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1156794608242254&id=100017351774719

● Focus sur la Journée Mondiale du Blog | Par Laura Leboutet

A l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale.
Andy Warhol


Avec ces quelques mots, Andy Warhol ne s’était pas trompé. De nos jours, Internet nous donne la possibilité, par passion ou sur le plan professionnel, de s’exposer, exposer nos idées ou encore nos créations.

Aujourd’hui, le 31 août et depuis 2005, nous célébrons la journée mondiale du blog ! C’est l’occasion de revenir sur l’histoire du blog et son incroyable longévité.



Un carnet de bord en ligne
Le mot “blog” est un anglicisme issu de la contraction de “web” et “log” et signifie littéralement “carnet de bord en ligne”. Pour certains, il s’agit d’un véritable journal intime interactif, un espace d’expression libre et sans tabou.

Le blog offre une grande liberté rédactionnelle. Toutes sortes de sujets sont ainsi traités sur la toile, de la cuisine en passant par le sport, la photo ou encore la politique. C’est l’occasion de mettre en avant les blogueurs passionnés par leur rédaction.

Nous devons sa création à Tim Berners-Lee, informaticien britannique est inventeur du “World Wide Web” (www). Sans le savoir à l’époque, il fut le premier blogueur de l’histoire en créant le premier site internet.

Les premières formes de blog surviennent en France déjà à la fin des années 80, en pleine apogée du minitel pressenti alors pour devenir l’outil digital français dernière génération pour communiquer et rechercher une information. France Telecom les supprimera rapidement car elles ne répondaient pas à la règle « un identifiant, un service ».

Comme pour les réseaux sociaux, ce qui aurait pu être une mode passagère s’est imposé comme un phénomène de société au fil des années.

De nos jours, les blogs contribuent activement aux stratégies de référencement naturel et ont même créé des nouveaux métiers comme blogueur, content manager ou encore responsable éditorial.

Cet outil d’expression a donné naissance à tout un vocabulaire et on parle d’ailleurs de “blogosphère” lorsque nous évoquons l’étendu du réseau tissé par ce moyen de communication et ses utilisateurs.

La Journée Mondiale du Blog
Cette journée est à l’initiative de Nir Ofir, un blogueur israélien afin de mettre en lumière la créativité et le travail de blogueurs à travers le monde.

Le but des blogueurs durant cette journée est de partager cinq blogs qu’ils apprécient à leur communauté, et ainsi donner une reconnaissance à ceux qui passent la plupart du temps inaperçus.

Beaucoup d’entre eux sont encore réduits au silence et c’est pourquoi cette journée leur est destinée.



“Blog bless the World”
Le blog est devenu au fil des années un outil incontournable et passe par toutes sortes de sujets passionnant leur créateur: du voyage aux animaux, de la santé à la beauté, ou encore de la cuisine au jardinage, la décoration… Aucun sujet ne passe à côté.

Les blogs permettent à des marques ou des célébrités de mettre en avant leurs activités, leurs passions ou encore leurs produits. C’est un outil de communication incontournable pour beaucoup.

Certains sont même devenus célèbres par le blog comme Salam Pax qui, au début de la guerre en Irak, décrit son quotidien d’une manière journalistique saisissante.

Internet a bousculé progressivement nos habitudes de lecture et nos rapports avec les médias, faisant aujourd’hui du blog un média à part entière.

©️ Via https://e-serial.fr/2021/08/31/journee-mondiale-du-blog/

● Les Africaines retournent vers leurs propres cheveux et abandonnent les perruques et les mèches

Autres pays Dix ans après l’avènement du mouvement (natural and happy) nappy, les femmes burkinabè préfèrent de plus en plus les cheveux crépus et naturels aux cheveux synthétiques.

Quand on connaît la nature des cheveux africains, il y a des choix qu’on peut comprendre aisément en observant les femmes dans les rues, au marché ou dans la circulation. Frisés, humides ou secs, le plus grand défi dans l’entretien du cuir chevelu africain, c’est de les rendre plus malléables sans pour autant les dénaturer.

Pour la journaliste et entrepreneure Atifufu Amée Dzifa, pionnière du mouvement «Faso Nappy», cette nouvelle tendance a été influencée il y a une dizaine d’années par le mouvement nappy, qui a aidé à changer les mentalités des Africaines en général et des Burkinabè en particulier, notamment sur la perception de leurs cheveux.

«Ce mouvement d’ensemble à cette époque a permis d’avoir aujourd’hui ces résultats et d’avoir également plus de marques de cosmétiques naturelles pour les cheveux et la peau, d’avoir des salons qui se spécialisent dans le traitement des cheveux africains», explique-t-elle.

Le salon Afro Kô, situé dans un quartier huppé de Ouagadougou, s’est spécialisé dans l’entretien des cheveux afro. Dalila Yaro, co-fondatrice de cet établissement, est aussi l’auteure d’un e-book récemment édité. Elle y aborde les problèmes capillaires récurrents des femmes, ainsi que les soins à adopter.

«Nous sommes beaucoup dans les cheveux naturels, l’acceptation de soi au naturel. Mais tout ça vient de notre envie de retour aux sources, à nos origines, à la terre mère. C’est une première expérience. On a testé et on a vu ce que ça a suscité», se réjouit-elle.

Désormais, au Burkina Faso, de plus en plus de femmes optent pour les cheveux naturels, montrant à travers ce choix qu’elles s’acceptent elles-mêmes et veillent sur leur santé.

©️ Via https://m.le360.ma/afrique/autres-pays/societe/2022/08/28/39146-les-africaines-retournent-vers-leurs-propres-cheveux-et-abandonnent-les-perruques-et-les

● Ma position au sujet de la persistance des détournements de deniers publics dans notre administration | Par Monsieur Béchir Fall


Nous devons beaucoup prier et demander au bon Créateur de nous couvrir de sa miséricorde pour faire disparaître à jamais le cycle infernal des détournements de deniers publics auxquels l’Inspection Générale d’État nous fait, cette semaine, le rappel d’une amère réalité. Nous avons pourtant vaincu le covid. Une pandémie mortelle. Pourquoi nous montrons-nous si faibles face à la corruption et aux détournements de deniers publics ? Pourquoi ne pas donner un coup d’arrêt définitif à ce fardeau que nous continuons de traîner sans raison ?

Au-delà des chiffres qui donnent le vertige, je m’attarderai beaucoup plus sur la déclaration de l’IGE qui traduit un aveu d’échec face à ce fléau qui semble injustement inscrit dans nos ADN. «  »Quiconque peut détourner des deniers publics, mais une fois démasqué, il est tenu de restituer les fonds détournés ou aller en prison » ». L’expression est d’une notoire maladresse. Et tout patriote mauritanien ne devrait jamais l’admettre. C’est une immense erreur que nous commettons. Celle d’accepter qu’une multitude d’infractions criminelles se déroulent devant nos yeux. La puissance régalienne devrait l’interdire et s’y opposer avec la dernière énergie.

On devrait s’en tenir au principe suivant. Une tolérance ZÉRO DÉTOURNEMENT. C’est plus que possible. C’est le cas dans tous les États de droit. Cette tolérance Zéro Détournement devrait s’appliquer à tous les responsables ou ordonnateurs de fonds publics en Mauritanie. On devrait tenir une nouvelle formulation en adéquation avec la criminalité que constitue la fréquence intolérable des détournements. «  »Nul ne pourra détourner des deniers publics, etc … » ». Et lutter férocement contre ces délinquants qui méritent une sanction exemplaire.

Tout ce que j’ai appris en droit, procédure pénale, politique criminelle ainsi qu’en droit comparé, et Dieu sait que depuis 47 ans j’en ai bavé pour en accumuler le maximum, semble avoir été mis de côté dans les affirmations de l’IGE. Le rôle de cette institution est de traquer les détournements, identifier les auteurs ainsi que l’ampleur des dégâts. Le reste, la sanction et le sort des détourneurs est une affaire relevant en principe des lois impératives de notre Justice pénale. Notamment du ministère public, des procureurs de la République agissant au nom de la société que représente la communauté des citoyens de notre Nation. Le parquet, et plus exactement le procureur de la République, est immédiatement averti dès qu’une infraction criminelle punie par les lois répressives est commise sur le territoire national. C’est la règle dans tous les États de droit.

Je suis dès lors surpris que l’IGE ne mentionne jamais l’infraction pénale qui se constitue dès le premier acte de détournement ainsi que la somme de toutes les actions ayant conduit à la soustraction frauduleuse des deniers publics. Dans ces conditions, l’agent public devenu criminel aux termes de la loi anticorruption de 2016 devrait être limogé ou licencié pour faute lourde. Et relevé immédiatement de toutes ses fonctions et responsabilités. Si ce n’est pas le cas présentement, il faudra veiller à ce que cela le soit à l’avenir. Sans oublier qu’une plainte devra être déposée dans l’urgence absolue auprès du procureur de la République, lequel diligentera l’action publique avec neutralisation immédiate du mis en cause.

Ne nous trompons jamais. Arrêté, enchaîné, humilié et jeté en prison, la détention préventive devant être formellement requise de droit contre tous les détourneurs de deniers publics, sans qu’on ait besoin de les mettre en demeure de rembourser, le détourneur ainsi détenu préventivement mobilisera obligatoirement ses avocats pour rembourser, sans délai, l’intégralité des sommes détournées afin de négocier une liberté provisoire. Ces détourneurs se pavanant dans leurs bolides n’ont jamais connu les affres d’une prison sans climatiseur, des toilettes publiques partagées avec les voyous de la rue.

De quels droits ou immunités ces délinquants bénéficient-ils afin de pouvoir détourner en toute impunité ? Aucun ! Et, s’ils sont pris la main dans le sac, l’IGE les autorise à pouvoir toujours négocier ? Quelle est cette procédure à la fois illogique, absurde et même stupide ? Alors que tous ces malfrats auraient dû être des pensionnaires des maisons d’arrêt plutôt que de continuer à fréquenter assidûment les allées du pouvoir.

Mais pour cela, il faudra changer une grande partie de nos lois pénales actuelles inadaptées à la grande criminalité financière. Je possède bien entendu une multitude d’idées et des propositions concrètes, avec sans doute d’autres collègues, pour nous permettre d’enrayer définitivement le mythe des détournements de deniers publics dont on voudrait nous faire croire qu’ils s’imposent à l’État et que c’est une fatalité à laquelle on devra se soumettre. Or les activités illicites, le faux et son usage, ainsi que la violation systématique des lois répressives de la République ne sont jamais admis dans un État de droit. Force doit et devra toujours rester à la Loi et au Droit.

Béchir Fall, Juriste Expert International

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● Lettre au Peuple de Mauritanie | Par Mr SY Mouhamadou dit Pullo Gaynaako.

Lettre au Peuple de Mauritanie

Il n’y a pas de mot qui puisse contenir le respect, la considération, l’admiration et la foi que j’ai à l’endroit du Peuple. La place à laquelle je le situe m’avait mené à bâtir la base idéologique de mon action publique sur l’idée fondamentale de sa primauté devant par exemple les notions de nation, d’État ou encore de république. Ce ne sera d’ailleurs qu’à la lumière de cette seule ligne que l’on peut saisir la logique de ma démarche, aussi bien celle militante que celle citoyenne. Voilà pourquoi je peux, quelque fois, avoir un regard, non pas méprisant, mais minimisant l’importance, par exemple, d’une frontière, pour laquelle je ne manque pourtant pas de mesurer l’enjeu stratégique gigantesque, au profit d’un respect, qui m’apparaît suprême, d’une réalité d’un ou l’autre de ces peuples dont des lignes inventées de toutes pièces continuent encore de transpercer les entrailles et insistent toujours à tuer à petit feu.
Ainsi, c’est pour moi une occasion lourde de sens de m’adresser à cette entité collective que ma conscience met au-dessus de toute autre. Qu’elle soit celle qui vit aujourd’hui sur l’étendue du territoire appelé mauritanien par des circonstances de son histoire récente est un pur hasard de l’existence pour lequel j’exprime également une grande reconnaissance.

Il est des moments de la vie d’un peuple qui se distinguent par la gravité de leur charge, par leur nature à sceller des sorts inédits et par leur caractère coriace à initier des tournants.
Notre Peuple vit incontestablement un de ces moments. Ne pas le reconnaître en tant que tel est une erreur dont les conséquences seront redoutables pour les générations futures. Si un État fondé sur ce Peuple, compte tenu de l’étendue de la mémoire de ce dernier, de la profondeur de son histoire et de la variété de ses expressions culturelles et linguistiques, qu’il s’appelât Mauritanie est un autre fait contingent de l’histoire, décide, au nom de quelques motifs nébuleux, de remodeler sa destinée identitaire, alors je dis que la gravité critique est atteinte et que nous sommes dans un tournant et qu’aucune de ces habitudes tueuses d’âmes ne devrait peser autant sur nos esprits à leur imposer le sentiment d’une situation banale.

Si je décide aujourd’hui de m’adresser à cette entité sacrée à laquelle, sans distinction, nous sommes, tous, parties, et, à travers son esprit immense et divers, convoquer la conscience particulière de chacun, c’est que précisément la criticité de la situation l’impose au-delà même de le justifier.

Cher Peuple, les habitudes ainsi que quelques exemples traditionnels ont inculqué à notre société l’idée d’un académique qui doit se confiner dans un jargon typé au milieu de ses affaires universitaires. Dans l’idéal, il ferait de temps en temps quelques figurations médiatiques entre deux défilés stylistiques lors de longues sorties textuelles sur des sujets totalement importés pourtant nullement importants. Il convient de mettre au clair que, quelque séduisante – car inoffensive – que puisse être une telle conception, je m’en dissocie au risque de gêner. Cette conception définit bien en effet ce que j’appellerai, volontiers, un intellectuel de diversion. Peu importe la profondeur académique dans laquelle je professe, vous me trouverez toujours sur le terrain des luttes et transformations sociales. Pourquoi ?
Parce que je suis tout simplement du Peuple et que rien de ce qui le concerne ne m’exclut. Donc on peut déjà mettre de côté les qualifications et les classifications dont personne n’est dupe sur les visées ultimes quand elles sont pointées par la réplique. Au passage, j’exprime ici toute mon admiration à d’autres qui ont décidé de briser cette barrière qui n’existe que pour justifier l’inaction.

Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était au moment même où l’on assiste à l’admission d’une aussi grande trahison dans la cour des principes législatifs qui régiront la vie de ce Peuple. Nous ne pouvons pas nous taire et nous dissoudre dans une insouciance honteuse alors que l’on élève une injustice grossière au rang d’une loi. Sommes-nous seulement si amnésiques ou manquons-nous autant d’acuité à n’être alertés par aucun de ces crimes déjà inscrits dans son compteur alors même qu’elle n’était qu’en phase de latence ? Combien d’autres, et de quelle ampleur, en commettra-t-elle quand elle agira, en toute légalité, en tant que droit ?

Oui, je parle de la loi faussement dite d’orientation de l’éducation nationale mais qui, dans les faits, ne fait orienter, et ce de façon arbitraire et colonialiste, que la dynamique identitaire s’opérant à l’intérieur de ce Peuple. Une dynamique que différents empires, de puissance incomparable à celle de l’État actuel, ont pourtant maintenue en équilibre à travers le temps, nous faisant ainsi hériter à la fois d’une diversité culturelle et des mécanismes de maintenance de sa cohérence interne en tant qu’ensemble au-delà des rapports de parenté culturelle, linguistique et biologique ainsi tissés. Oui, au bout des luttes fatales de notre longue histoire, au bout des nécessaires confrontations souvent intestines, nous avons su préserver l’honneur du Peuple : ses identités diverses. Nous avons même su les intriquer, par des mécanismes auxquels l’on a déjà fait allusion, de façon à les rendre si interdépendantes qu’il leur incombera toujours une reconnaissance mutuelle et une démarche d’ensemble quant à l’assurance de leur survie. Nous avons ainsi connu, et ce au bonheur et à la revigoration de tous, des interpénétrations artistiques, littéraires, philosophiques, techniques, scientifiques et linguistiques fécondes. Cependant, aucune puissance, ni celle des mille ans de nos ancêtres du Ghana, ni le Tekrour, ni les mandingues et encore moins les expansions de la confédération du Djolof au 15ème siècle, n’a entrepris une politique d’un totalitarisme culturel à en redéfinir l’identité des peuples, couverts ou vaincus, et à bâtir cette dernière à l’image de celle des détenteurs du pouvoir. Manquaient-ils de puissance pour l’assoir ? Absolument pas. Si vous voulez comprendre les fruits que nous sommes d’une telle dynamique incubée depuis encore plus longtemps que les évènements cités, dans notre sociologie et souvent même jusque dans certains aspects de notre psychologie, alors vous serez obligés un tant soit peu de consulter notre histoire, ne serait-ce que celle tronquée sur cette partie de la terre qui nous abrite depuis l’entrée en jeu de cette phase temporelle et qui a servi de foyer géographique à notre marmite de l’histoire. Nous en sortirons alors avec une meilleure connaissance des contours de ce bouillonnement et de quelques-unes de ses raisons profondes. La politique étatique d’aliénation culturelle et linguistique est de date récente sur cette zone géographique. Elle s’y est invitée en force surtout depuis l’arrivée de la composante arabe au 15ème siècle. Celle-ci avait procédé par, non seulement la domination (ce qui resterait très courant), mais l’assimilation des populations berbères ; et une fois la nouvelle identité arabo-berbère constituée, les derniers conflits interétatiques consommés
avant qu’intervint la colonisation occidentale, après que fut acquis le découpage colonial des territoires, qu’une indépendance fut accordée, l’on sortit cette entreprise de l’armurerie, l’on la dépoussiéra et lui redonna une nouvelle vie. Les quelques voix visionnaires du congrès d’Aleg n’avaient pas réussi à peser sur la balance. Il ne leur manquait pourtant pas de clairvoyance et d’esprit d’anticipation. Ce n’est pas pour rien que la fédération a été suggérée et défendue, elle le sera encore plus vivement un peu plus tard après l’indépendance effective. Le même esprit d’État prédateur qui avait conduit à l’assimilation des berbères est le
même qui a fondé l’État postcolonial de Mauritanie : il n’y a aucune place au partage, il n’y a que reddition et réduction. Contrairement à la politique des grands empires cités, il n’y a plus aucune place à la diversité et au respect de la poursuite de la destinée culturelle de chaque communauté, mais il faut uniformiser, arabiser. Ce sont ainsi des coups constitutionnels et des reformes de force du système éducatif qui se sont succédés depuis l’indépendance. Tout cela dans la seule ligne de l’arabisation et de l’effacement des autres cultures et langues. On peut vous vendre l’idée de la langue de ciment, tout en sachant que de façon mécanique son avènement sera suivi de la disparition des autres comme ce fut le cas dans plusieurs pays, et faire sa publicité jusqu’à ce que vous finissiez par l’acheter ; on peut même vous convaincre qu’elle est incontournable en brandissant des mots magiques aussi muets que «pragmatisme», «modernité» ou encore «communication». Mais là on n’utiliserait qu’une facette de votre esprit. Votre esprit se laisse peut-être convaincre, mais se laissera-t-il persuader ? Se laissera-t-il persuader qu’abandonner sa langue est la seule façon de bâtir un État ? Se laissera-t-il persuader que renoncer à sa culture est la seule façon de garantir une cohésion ? Évidemment que non ! La persuasion en demande plus que la conviction.
L’intuition et l’instinct nécessaires à sa mise en marche ne sont pas réunis ici. Vous avez la bonne intuition de ne pas vous laisser persuader, peu importe que vous soyez convaincus ou pas par la construction que l’on soumet à votre raison. Oui, parce que, au fond de vous, vous savez que l’on vous a caché des choses. Des choses que vous ressentez au plus profond de vous, peu importe votre difficulté à les extérioriser. Vous êtes en effet imbibés de cultures diverses qui ont vécu sous des empires, à dimensions incommensurables à celle d’un État de dimensions moindres et pendant des durées incomparables, mais qui n’ont jamais requis une uniformisation linguistique pour se former et s’imposer. Car cette question est profondément liée à la philosophie de vie et ne répond aucunement à une quelconque nécessité qui s’imposerait à un gouvernement. Voilà la raison profonde qui fait que peu importe votre niveau de conviction, vous n’êtes pas pour autant persuadés. Et voilà qui devrait suffire à vous déconvaincre de cette tromperie odieuse et d’acquérir une intime conviction de ce dont vous êtes si profondément persuadés. L’on m’objectera, en se cachant derrière des préjugés, que les temps ont changé, comme si rien qu’à user de ces paroles évidentes on aurait asséné un argument valable, je n’aurais qu’à reprendre l’expression de Moctar Ould Daddah lui-même qui qualifiait la Mauritanie de « la Suisse de l’Afrique ». Mais qu’a-t-il vraiment appris de l’exemple suisse ? La Suisse, quant à elle, a su gérer avec équité et respect ses quatre langues nationales sans traitement de faveur. Elle en tire un bénéfice humain et économique. Nous vivons les mêmes temps que l’actuelle Suisse et nous disposons même d’un nombre égal de langues nationales ! Des exemples d’État à traitement multilingue comme régime linguistique adopté font légion. Cela nous ramène encore une fois à un choix idéologique mais absolument pas à une nécessité de gouvernance comme le régime mauritanien tente de nous le convaincre.

Cher Peuple, je ne vais pas prolonger le rappel des données historiques, ni m’appesantir sur les justifications chiffrées du salut qu’il y a à la promotion et au respect méticuleux de la diversité culturelle. Nous n’épuiserons pas aujourd’hui ce sujet passionnant.
Pour revenir à la loi à proprement parler, il convient de rappeler que depuis qu’elle a transféré la lutte linguistique et identitaire sur les bancs de l’école, avec la cascade de reformes faisant la promotion de la seule langue arabe et brisant tout équilibre que devrait observer un état multilingue, la Mauritanie a ainsi compromis le terrain scolaire. Il était donc logique qu’un projet de loi sur le système éducatif suscite autant d’intérêt et d’attention. L’État n’a pas manqué à l’anticiper. Comment pourrait-il en être autrement vu son expérience en la matière acquise avec 60 ans de pratique ? Il s’est empressé d’organiser une comédie législative après un casting des plus sournois. Dans cette comédie, nous avons assisté à une romance impensable jusqu’alors, mais bien exécutée par des acteurs, pris dans les rangs des plus proches des cercles de défense des langues, déterminés à mener à bien leurs rôles assignés.
Dans quel but ? Pour quel recel espéré à l’horizon ? Le partage du butin nous en dira certainement un peu plus.
Face à un article 65 incohérent, illisible, obscur à bien des égards, sciemment chargé d’équivoques pour permettre de futures interprétations révocatrices, d’aucuns se sont hasardés à se livrer aux justifications les plus tordues. Et pourtant cet article fondamental qui, à lui seul, décline toute la politique linguistique de la nouvelle école, en d’autres termes l’issue de la lutte linguistique que l’État avait déléguée à l’école, reste toujours dangereusement obscure et sujet à interprétations. Aucun numéro de prestidigitation, même performé par un expert en droit, n’a encore pu effacer ces contradictions qui sautent aux yeux de n’importe quel profane honnête.
Face à la doublure de fermeture que constitue l’annexe, où, sous forme d’une injustice qui ne dit pas son nom, la loi prévoit de soumettre à une évaluation éliminatoire le droit fondamental d’apprendre dans sa langue, déjà sujet à interprétation, certains se sont quand même disponibilisés à la supporter voire à la défendre sous petites modifications éventuelles.

Cher Peuple, je ne parle pas au nom d’une organisation. Mais je peux parler des actions d’une organisation qui s’est engagée, corps et âme, en ce moment décisif de notre histoire. Je veux nommer l’Organisation pour l’officialisation des langues nationales (OLAN). Que j’y adhère n’a aucune espèce d’importance. Ses actes sont déjà posés dans l’espace publique et peuvent être analysés avec objectivité. En tant qu’organisation, c’est la seule à intervenir dans le débat en ayant en vue des considérations d’ordre identitaire contenues dans la loi au-delà des lectures purement éducationnelles. On a pu observer une telle position chez des personnes isolées également.

Dans ce débat, on nous a présenté les associations dites culturelles, non pas à la lumière de la cohérence de leur position ni de la mesure de leur travail antérieur qui est à saluer, mais comme un argument absolu. Mais faut-il rappeler que, malgré leurs travaux et réalisations, ils n’ont aucunement le mandat du Peuple à décider du sort des langues concernées.
Oublions-nous seulement qu’appartenir à ces associations, aussi souhaitable et respectable que cela puisse être, n’est pas synonyme d’accomplissement d’une quelconque œuvre majeur pour ces langues ? Plusieurs sont ceux qui ont abattu des travaux d’extrême importance quant à la survie de ces langues sans appartenir et encore moins militer dans ces associations culturelles. Donc, loin de les discréditer, nous devons toutefois faire attention à leur accorder une confiance aveugle dans un moment aussi critique. Louer certains aspects de leur œuvre, leur mérite dans l’enseignement des langues et son déploiement, est un dû qu’aucun individu sensé ne leur refusera. Elles n’ont toutefois pas le monopole de ce mérite car, rappelons-le une nouvelle fois, des initiatives parallèles ont fait au moins autant bougé
les lignes du développement des langues que la somme de leurs actions, que cela soit dans les pays voisins qu’en Mauritanie même ou dans la diaspora, que cela soit hier ou aujourd’hui,
que cela soit dans l’alphabet ou dans le développement disciplinaire scientifique, que cela soit dans l’apprentissage standard ou dans les nouvelles formes technologiques, que cela soit en sensibilisation culturelle ou en développement du journalisme. Donc leur mérite est bien justifié, mais le monopole de ce mérite ne l’est pas du tout. Il s’apparente ainsi à une forme d’imposture, pour une association, que de s’arroger la position d’interlocuteur privilégié dans une question qui dépasse largement son cadre en concernant le sort des communautés tout entières.
Par ailleurs, il a été remarquable que le manque d’argument ait atteint de telles latitudes qu’il a fallu que des associations et des personnalités associées soient réduites à faire l’inventaire de leurs actes (ou même brandir leur âge) afin de faire passer des positions. Aucun membre de OLAN, et il y en a beaucoup qui pourraient s’y livrer avec des données non moins dignes d’intérêt, ne les a rejoints sur un tel terrain qui défie la pudeur et l’honneur. Mais comme nous l’avons dit, chaque acteur joue son rôle et l’avenir nous renseignera amplement sur les motivations des uns et des autres.

S’il y a une actrice qui n’est pas passée par le casting et qui, à partir d’une position de spectatrice espérée, s’est levée et a foulé la scène, c’est bien OLAN. Une organisation née au moment du constat de la supercherie. Nous ne reviendrons pas ici sur sa genèse mais c’était l’inconnue que l’État ne semble pas avoir prévue. Qu’il y ait des contestations isolées et disparates, il l’avait certainement envisagé, mais qu’une organisation se mette sur pied en un temps record et acquière assez tôt une détermination aussi prononcée, certainement pas. En plus de la violence de la répression policière sur ses militants, OLAN a posé un acte qui a eu
un retentissement international. Deux jeunes femmes, toutes deux faisant partie des instances dirigeantes de l’organisation, déterminées à poser un acte pour faire avancer leur cause. Armées d’un courage rare et d’une intelligence phénoménale, elles le feront et impacteront tous les enjeux de la journée. Souzy Boye à la caméra, quand Salimata Ba interrompt l’hémicycle. L’Agent de sécurité de l’assemblée, surpris, tentera de résoudre le problème à la source en agrippant le cou de Sali et l’étranglant. Le sang froid de Souzy est sans égal ! Elle sait ce qu’il est en train de se jouer. Sali, comme une lionne, se débat sans perdre de vue son message. Elle s’extirpe des mains du malheureux agent et terminera sa phrase qui sera entendue dans l’hémicycle ainsi que par des millions de personnes à travers le monde. Ce seront 17 secondes d’image qui feront le tour du monde et inscriront les noms de ces jeunes femmes dans les annales de la lutte des langues. Sali souffrira de cette strangulation et Souzy sera honteusement frappée en sortant de l’assemblée.

Cher Peuple, l’action de cette organisation que je connais de l’intérieur peut être symbolisée par l’acte de Sali et Souzy. Ce qui fait la particularité d’OLAN dans le contexte de cette loi, c’est qu’elle a saisi la situation au-delà de la présentation qu’en a voulu faire l’État. Elle a compris qu’il y avait là fondamentalement une question de survie culturelle au moment où
d’autres discutaient matières à enseigner. Elle a ainsi initié la lutte multiforme pendant d’autres s’obstinaient à faire du commentaire de texte. OLAN ne cherche qu’un traitement équitable des cultures et langues du pays devant la loi et continuera ses actions, contre vents et marées, jusqu’à la prise en compte de ses revendications. Ceux qui sont motivés par des places au nouvel institut annoncé peuvent tout faire pour avoir leur motivation, à savoir l’institut. Mais cela n’est pas la motivation d’OLAN. Elle continuera sa lutte contre cette loi, sa promulgation, elle appelle à une refondation de l’école plus conforme aux réalités. Elle invite à un débat plus sérieux, sans cachoterie, loin d’un simulacre de concertation. Elle appelle à un vrai dialogue sur le sujet où se dégagera un consensus respectueux de la diversité, soucieux de la survie des langues qui ne passe que par leur officialisation, et garanti par une loi.

Des idéologies de l’uniformité n’ont que trop saigné notre mémoire depuis longtemps respectueuse de notre diversité. Elles ont bafoué notre histoire et veulent compromettre notre avenir en tant que Peuple.

Cher Peuple, je me permets de t’appeler à supporter cette noble lutte des langues. Je ne te demanderai pas de rejoindre aucune organisation que cela soit. Cela serait abuser de ton écoute. Ce que je te demanderais c’est de faire tout ce qui est dans ton pouvoir, peu importe le chemin adopté, dans le but de prendre en main cette question qui détermine ta survie et ton honneur. Ne trahis pas ton histoire. Ne te méprends pas sur ton propre compte. Tu viens de loin, je te conterai encore et toujours ton passé, nous n’accepterons jamais qu’on appauvrisse autant que veulent le faire les adeptes de l’uniformité tes perspectives d’avenir.
Il n’y a aucune humanité dans l’effacement des cultures, il n’y a aucun salut dans l’uniformisation mécanique, il n’y a aucun pragmatisme dans la programmation d’une mort
sure de la diversité.

Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

Le 14 août 2022

©️ Via Post Facebook – https://www.facebook.com/111186200366408/posts/609186930566330/

● Éditorial : Ma plume, ma santé….la marche du pays | Par Camara Seydi Moussa

Je reprends ma plume (pour mes modestes contributions), après quelques temps d’absence…temps de latence ou d’hibernation ?

Rien de tout cela, Camara Seydi Moussa était malade. Une maladie bizarroïde. Et perdu entre les dermatologues de Nouakchott, Bamako et, depuis quelques mois, de Dakar.

Victime d’une allergie de je ne sais quoi. Une allergie qui énerve mes pores sudoripares. Car je ne supporte plus la chaleur ni ne peux porter un quelconque habit. Difficile, non ? De bilan médical en consultation… rien. Les toubibs n’y ont vu que du feu. Car le patient que je suis, après quelques temps de répit, recommence à souffrir. Alors pour mes soins je suis retourné à Dakar.

Sur le chemin de ce rendez-vous médical, contrairement aux autres par le passé, j’ai fait un agréable voyage en compagnie du journaliste et petit frère Babacar Baye N’Diaye de CRIDEM. C’est ainsi que le petit-frère et célèbre journaliste découvre ma souffrance. La souffrance d’un homme avec peu des moyens, écartelé entre les dermatologues de trois pays. Il a compati et en déduit un peu la cause de la rareté des mes éditos…

Le chemin était exaltant, empreint de l’amour du pays, la Mauritanie. Un pays que nous aimons et que nous jalousons. Mais un pays qui, par sa gouvernance, nous méprise, nous rejette mais surtout se plait et se complait dans la médiocrité, la honte comportementale et de la suffisance béate de l’ignorant. Un ignorant qui ignore qu’il est ignorant et surtout ignore que les gens savent qu’il représente le sommet de l’ignorance.

Au cours du voyage, on a raconté des petites histoires pour égayer l’atmosphère et surtout sortir du complexe des infrastructures que nous traversons…

Cahin-caha, je suis arrivé au point d’intersection qui mène chez mes diatigui. Je dois quitter mon petit-frère Babacar pour chercher un abri, car je n’ai plus les moyens de me loger dans une auberge. Babacar ne comprenait pas comment vais-je faire me frayer un passage dans ce qui ressemble à une petite forêt dakaroise sous un pont qui mène vers le carrefour Thiaxane. Je lui ai assuré que je m’en sortirai. Sur ce, le «Taxi Allô Dakar» me quitta, avec les « Fais attention à toi grand Seydi. Bonne chance ».

Merci Babacar pour ton soutien. A dire vrai, petit-frère, je ne connaissais pas ce pont, ni cet endroit touffu mais j’ai cru aux indications du chauffeur. Car, dit-il, sous le pont, de l’autre côté, il y a un carrefour où je pourrai trouver un taxi pour ma destination.
Je dois être hébergé par une famille dans le département de Rufisque au village de Sangalkam avant d’aller sur Dakar lundi pour voir mon médecin.

Sur le chemin, avant cette petite forêt surplombée par un pont, nous avons discuté. La discussion était intéressante, dépassionnée avec un détachement professionnel parfois aigu du sujet. Le petit-frère et moi sommes accueillis par une ville quasi-noyée, grandement paralysée par les eaux de pluie. Mais Dakar a pu se relever après les effets d’une averse d’une intensité sans précédent.

Que serai-il arrivé si cette pluie était tombée sur Nouakchott, notre capitale ? Non. Ce n’est pas le sujet. Parlons de mes médecins. Oui mes médecins. Ils étaient tous bons. Mais seulement chez moi, mon pays, la Mauritanie, les diagnostics de nos vaillants toubibs sont biaisés par les produits servis par nos officines pharmaceutiques. Comme quoi en Mauritanie il y a de très bons médecins qui ploient sous le poids des mauvais médicaments.

Mes propos peuvent être étayés par les cas de ces patientes, victimes de tuberculose osseuse qui, après l’administration du produit servi par le programme mauritanien, n’ont enregistré aucune amélioration. Il a fallu traverser le Fleuve et aller à la petite ville de Richard Toll pour se procurer de la même molécule du programme sénégalais.

Alors c’est la ruée vers le Sénégal ou Dakar ; et pourtant, particulièrement pour la tuberculose osseuse, le Sénégal et la Mauritanie reçoivent les mêmes molécules du même programme du richissime américain Bill Gates. Mais les nôtres sont tout simplement mal conservées.

Sacré pays, trituré, saccagé et sucé par des sangsues sans vision ni projet de société ; pauvre pays complètement à terre, complètement perdu. Le secteur de la santé est en perpétuelle admonestation.

Le malheureux citoyen mauritanien que nous sommes, continuerons à nous procurer des médicaments sans effet sur les maladies diagnostiquées qui constituent un danger pour notre santé … de véritables poisons. Dans l’histoire récente du pays, le ministre qui a cherché à mettre un peu d’ordre dans le secteur de la pharmacie s’est vu vite remercié. Car jugé nuisibles aux intérêts des intouchables, ces gens qui décident pour nous du prix des denrées alimentaires comme ceux des produits pharmaceutiques !

La faillite. L’Etat mauritanien est réellement en faillite. Embourbé dans l’à-peu-près et l’inefficacité. Sans initiative et ambitions pour ce peuple hagard… les belles intentions du Président Ghazouani ont pour effet sur la vie et l’existence du mauritanien que ce que les gouttes d’eau ont sur un rocher.

Un gouvernement nul. Car Ould Bilal et son équipe n’ont de programme ou d’action que des réactions après les sorties présidentielles. Un Président perdu et pris en otage, dirigeant une horde de ministres qui oublient qu’ils sont là pour exécuter son programme.
Monsieur le Président, revisitez vos engagements pour lesquels vous pensez avoir été élu et regardez l’action de votre gouvernement. Le gouvernement à qui vous avez donné la charge de les exécuter. Difficile de ne pas croire que beaucoup de ces hommes et femmes travaillent contre vous ou ne savent pas pourquoi vous leur avez confié ces tâches. Sur ce gouvernement, je viendrais.

… Alors ma santé : je considère que ce n’est pas le médecin dakarois qui m’a soigné mais que c’est plutôt les produits pharmaceutiques distribués et contrôlés par les hommes et femmes en charge de la santé des Sénégalais qui m’ont soigné. Je suis comme les victimes de la tuberculose qui quittent la Mauritanie pour payer les médicaments dans la petite ville de Richard Toll sachant que ces médicaments sont les mêmes que les nôtres convoyés dans le même bateau venant des Etats-Unis. Alors, pourquoi les nôtres sont sans effet sur les patients jusqu’à ce que les médecins demandent à ces derniers de traverser le Fleuve pour se procurer des produits qu’on offre gratuitement à Nouakchott ? Pauvre de nous !!

Pour ma petite expérience, je dis chapeau aux médecins mauritaniens qui ne sont malheureusement pas soutenus dans la chaine sur laquelle repose le secteur de la santé en Mauritanie. En fait, quel est le secteur qui marche bien dans ce pays ? Quel secteur est en mesure de soulager les difficultés quotidiennes des populations ? J’en cherche…

Tous mes remerciements aux amis qui m’ont soutenu durant les plus difficiles moments de cette épreuve. Merci.

Camara Seydi Moussa

©️ Via l’éditorial La Nouvelle Expression – http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1768