✓Note laconique de lecture : Héros de L’ISLAM de I . Meyer



L’avant-propos est un grand MERCI au frère, ami…et pourquoi pas au CHEIKH Bano Coulibay. Merci pour la recommandation et surtout l’incitation amicale pour le lire l’intégralement. La curiosité me titille mais finir une Lecture est une petite torture parce qu’une paresse maligne m’assaillit dès que je capte relativement une certaine idée présentatrice d’un bouquin.

Cet ouvrage « Héros de L’ISLAM » fait voyager à travers des biographies succinctes et riches de certaines figures monumentales de l’Histoire du monde musulman. Ainsi les parcours des 4 honorables califes ayant succédé au Sceau de Messagers Muhammad (psl), ont été abordés d’une manière soutenue dans leurs diversités , leurs complexités et leurs contextes. Sincères, volontaires, dévoués et courageux, Abubakr, Umar, Usman et Ali (Qu’ils soient agréés) ont su tenir avec RESPONSABILITÉS l’émergence spectaculaire et la consolidation révolutionnaire d’une Nation de Foi et de Vision du Monde qui continue de marquer l’Humanité à jamais.

Parmi ces 30 grands noms sélectionnés par l’auteur, on y compte le conquérant pionnier Amr ibn al-As qui ouvrit l’Égypte à la prédication islamique. Un génie issu de l’élite Qurayshite païenne d’antan, l’arrivée de l’islam sur les terres africaines lui doit beaucoup historiquement. Également le premier muezzin de l’islam et proche compagnon du Prophète fait partie des illustres personnages du livre. Le respectable Bilal ibn Rabah, on y apprend qu’il naquit à la Mecque d’un père arabe et d’une mère originaire d’Éthiopie. Le tonitruant et intrépide combattant Khalid Ibn al-Walid, le courageux berbère Tariq ibn Ziyad pour l’ouverture à l’Espagne musulmane, le martyr résistant à la tyrannie Al Husayn ibn Ali, le distingué réformateur Umar ibn Abd al- Aziz, le conquérant ottoman de Constantinople (devenu Istanbul) en 1453 Mehmet Al-Fatih, un digne et vivace représentant du mouvement revivificateur (les Mourabitounes) Yusuf ibn Tashfin du grand Sahara-maghreb, le kurde protagoniste principal de la reprise de Jérusalem de l’emprise Croisée en 1187, Salah ad-Din al-Ayyubi (connu Saladin), le visionnaire rempart contre les terribles mongols et les fervents adeptes croisés, Baybars,…et beaucoup d’autres figures-piliers donnent divers portraits-ressources qui peuvent nous inspirer dans nos engagements, nos croyances, nos initiatives individuelles ou collectives dans diverses domaines de la Vie.

Du côté de l’Afrique subsaharienne, l’auteur s’est choisi parmi ses grandes figures, Usman dan Fodio, un activiste prédicateur peul très dynamique en fin 18ème siècle et courant 19ème siècle, qui secoua et assainit les pratiques d’alors en pays haoussa épars déjà islamisé mais avec d’autres mélanges résistants du paganisme ancestral. Le résistant et chef religieux inspiré mouride cheikh ahmadou bamba du Sénégal mériterait toute sa place-portrait là où le globe-trotteur maghrébin Ibn Battutah est nommé. Ainsi parmi d’autres omissions remarquables, j’ose citer l’égyptien cheikh Hassan El-Banna, le fondateur courant 20ème du mouvement des frères musulmans, le sahélien lettré Ahmed Baba de Tombouctou qui s’était révolté intellectuellement contre les visées impérialistes du sultanat du Maroc à l’époque, et pourquoi pas le cheikh téméraire et martyr Mohamed Lamine Dramé qui osa défier l’injuste ordre colonial français dans une zone du Sénégal actuel. Du côté de l’Arabie, l’absence d’une grande figure connue originaire du Nejd et principal inspirateur du courant politico-religieux dit wahabite, l’imam activiste Mohamed Ibn Abdel Wahab au 18ème siècle, ne passe pas inaperçue.

Le contenu de ce type d’ouvrages nous éclaire sur certaines données historiques, religieuses, culturelles, politiques et géopolitiques constituent le fond de frictions et de tensions de nos jours. Ainsi le monde chrétien occidental prosélyte politiquement et militairement faisait face au dynamisme expansionniste du monde islamique naissant. Donc comprendre la logique des croisades de la chrétienté et les divers affrontements tout au long de l’Histoire avec les porteurs de la Foi musulmane. La ferveur religieuse de 2 côtés représentait du carburant politique inépuisable. Les gens de Foi différente ont une idée différente de Dieu et logiquement une idée différente du Monde des Hommes. Aujourd’hui ce Monde par certaines relations internationales conflictuelles, est le lointain rejeton d’un passé et d’une conscience différemment interprétés et hérités de 2 univers.

Pour pouvoir bien comprendre certaines réalités Aujourd’hui, il est impératif de bien cerner certains paradigmes et contingences qui motivaient Hier.

• KS pour le BLOG

Ghazouani : la queue de comète d’un système politique ou le « nouvel homme fort ». | Par Souleymane SIDIBÉ

Le chef de l’État Mohamed Ould Ghazouani, ancien général de l’armée mauritanienne, reconverti en homme d’État, a pris les rênes du pouvoir le 1er août 2019. Nous sommes, aujourd’hui, le 14 juillet, une date qui marque chez l’ancien colonisateur, la France, une journée symbolique appelée notamment La fête nationale française. Quant à notre pays, rattaché par les faits historiques et l’éducation de qualité des enfants de l’élite dans les écoles françaises, nous avons aussi notre fête nationale célébrée le 28 novembre. Cette date marque l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie. De cette émancipation jusqu’en 1978, un président, à la base, avocat-stagiaire du nom de Mokhtar Daddah a dirigé d’une main de fer le pays. Il a installé les bases, assez discrètement, de toutes les inégalités qui sévissent dans ce pays multiculturel. Un lieu qui, dit-on, aurait pu être la « Suisse de l’Afrique de l’Ouest ». Par conséquent, l’avènement des militaires au pouvoir fera une entorse aux réflexes démocratiques à travers la confiscation du pouvoir ; encore pérenne.

Dans cette logique de domination et de confrontation d’idéologies, la Mauritanie, sous l’ère de la gestion du pouvoir « central » par l’armée, la force publique sensée être républicaine, nous assistâmes à des pogroms jamais connu dans l’histoire politique : les tragiques « événements » de 1989 à 1991. Quelques règlements de compte au sein de l’armée avaient fait rage ; auparavant. Là, il s’agit d’une période où de paisibles citoyens ont connu la « damnation » sous le régime de Taya. L’État d’exception. Le 28 novembre 1990, 28 soldats noirs, majoritairement peuls ont été exécutés après qu’une partie soit excommuniée.

Depuis cette date, une grande majorité de la population ne se reconnait plus dans ladite fête d’indépendance devenue un jour de deuil. Il ne s’agit, par-là, nullement de tenir pour responsable l’actuel gouvernement. Mais, il serait judicieux pour le chef d’État de se démarquer de cela, ne serait-ce qu’une fois au cours de ce mandat. Par un acte symbolique. C’est peut-être trop demander de créer une commission, à l’exemple de celle de l’enquête parlementaire sur la décennie de son ancien « ami et camarade » Abdel Aziz sous mandat judiciaire ; mais cette fois de vérité, justice et réconciliation (mot que réfute le président – car il ne s’agit pas de guerre civile) en prélude des devoirs de réparation et de mémoires.

N’oublions pas que la mémoire consolide le devenir de toute Nation par une histoire partagée, par « la sève élaborée ». Sans poser cet acte fort, c’est encore le dédain envers les Mauritaniens, les justes. Celles et ceux qui se sentent touché(e)s et/ou ont subi voire compatissent ces épreuves. Chaque « arriviste » au pouvoir, hormis Feu Sidi Ould Cheikh Abdallah, esquive cette problématique cruciale. Cette même Mauritanie regorge encore les vestiges de l’esclavage, de la féodalité (stratification sociale), de l’exclusion, de la stigmatisation et du patriarcat : tueur silencieux. En bref, un système politique inique qui réprime sévèrement. Un État qui n’a pas encore réparé des séquelles et fait face à ses propres contradictions ; qui oublie que l’on ne peut museler la pensée humaniste. Ne parlons pas d’assistance à la petite enfance et aux personnes à mobilités réduites ; vulgairement appelées « handicapées ».

En deux années de mandats, il n’est interdit à aucune personne soucieuse de son pays, activiste, politique ou membre de la société civile, de poser un diagnostic sincère. En conséquence, cela mènera surement à quelques légers changements et tournures. Arrivera la covid-19 qui n’a peut-être pas facilité le mandat présidentiel. On se demande si à l’absence de ce virus dans un contexte de délabrement sanitaire, on aurait vu un changement dans la fabrique sociale. Rien ne montre cela. Aucun catalyseur pour le progrès. Hélas ! La covid-19 n’a pas épargné la Mauritanie. Il faut des années pour former des médecins, infirmiers et professionnels de santé capables de faire face. Le pays a quelques bons médecins mais le système sanitaire et de soins ne font le poids face à l’extrêmement petit qu’est le coronavirus. L’État va-t-il reconnaitre avoir manqué de ressources humaines et de professionnalisme ? Absolument pas ! Qu’à cela ne tienne, le pouvoir dira que « tout est sous contrôle ». Le populisme en pompe ! Cependant, la gestion de la covid-19 a recelé beaucoup de failles. Des villes entières ont été des foyers pandémiques. Des remaniements courants au sein du ministère de la Santé. Les populations ont- elles été rassurées ? Non. Vraisemblablement pas. Le ou la citoyen.ne « lambda » ne s’est-il/elle pas remis(e) à Dieu désespérément en se voyant dépourvu(e) d’une quelconque assistance étatique ? La ploutocratie est un mal à jamais ; principalement en Mauritanie avec des personnes qui ont « gouté » à tous les râteliers étatiques. La sécurité tant chantée à l’international n’est pas totalement acquise dans le pays. En parallèle, la covid-19 a montré la fragilité de notre pays à toutes et à tous. De cette fragilité, qui sévit, on voit à coté celle de nos rues ; le phénomène des villes grandissantes montre le danger imminent. Le danger d’une conceptualisation politique qui montre qu’à côté du favoritisme pour les groupes « hassanophones », les jeunes dans les ghettos s’adonnent à des pratiques barbares pour eux-mêmes et pour cette « quiétude » tant recherchée dans nos villes. Quelles solutions idoines ? Est-ce les patrouilles nocturnes ? A quand ? Lorsque nous aurons un autre « variant » de la criminalité. Plutôt un autre variant de la covid-19. L’État s’affaisse face au « religieux ». Cette dernière partie intégrante de notre substance. Le pays est sans doute fragile face au virus. Pendant que l’État interdisait les voyages, un « chef religieux », cousin ou potentiel électeur voyageait avec une escorte de la capitale vers les autres villes « à l’intérieur du pays ». Chaque mauritanien.ne en son for intérieur se demande d’où vient l’argent de ses centaines de voitures dernier cris. Le grugeur de la République, notre Bernard Madoff, est toujours libre après l’arnaque du siècle ; du moins au cœur la République islamique de Mauritanie. Mais la menace est dressée contre les internautes mauritaniens dans le globe qui veulent un lendemain meilleur.

Concernant l’éducation, le prédécesseur ou ancien « locataire du palais », Abdel Aziz a transformé des écoles en boutiques sans alternatives. Ces mêmes écoles qui ne peuvent accueillir des milliers d’enfants par soucis de pièces d’État civil – des enfants dont les parents ont été victimes de véhéments circonstances de 89 à 91. L’actuel pouvoir public prétend éliminer les maux ou y travailler. Des maux que les tenants des pouvoirs publics ne peuvent sentir car leurs progénitures ne sont pas « concernées ». Il faut une école républicaine qui prend en compte les couleurs de la Nation à construire, et la devise : honneur, fraternité et justice (sociale). Ne faut-il pas de l’équité et de la qualité dans l’enseignement et la formation ? Une formation qui ne doit nullement se plomber dans « l’arabité » outrancière. Une formation qui prend en compte les exigences du siècle. Une formation professionnelle et/ ou académique avec des bourses sur critères sociaux et d’excellence.

En ce qui concerne l’Économie du pays, elle est toujours entre les mains de quelques-uns qui prennent le pays, à l’image de certains politiques, comme une « structure boutique ». Des marchés de gré à gré, contrairement à un marché organisé, de la fabrication de nouveaux riches avec contrepartie financière à cette nouvelle politique d’investissement, on oublie que l’État devrait être le premier acteur pour développement, pour la création des biens et services. Le ou la citoyen.ne mauritanien.ne de condition d’existante modeste est encore oubliée. Les prix des denrées alimentaires flambent. Personne ne demande aux dirigeants de faire des miracles ou de rendre la Mauritanie comme la Suisse, mais de créer des conditions optimales en palliant le mal développement, la mal gouvernance : pour le bien-vivre des populations en consolidant le vivre ensemble.

Les nominations, à des postes clés de l’administration publique, montrent de nouvelles têtes, compétentes parfois, sans idéologie ou projet pour le pays. Certains essaient de faire leur tâche ministérielle dans un « océan » de déboires. La condition sine qua none pour le changement et le progrès est de se débarrasser de ce qu’un militant des droits humains et politique appelle « la Vielle Quincaillerie ». Celle-là, atrophie toute idée de développement participatif et national. Il y a un ensemble d’éléments à répertorier pour faire tabula rasa en changeant l’ossature politico-juridique défaillante. L’armée censée protéger les populations est plus protégée financièrement, mieux lotie et équipée que les structures civiles. Elle tend à être monocolore au sommet, pire que le gouvernement. Alors même que ce n’est pour perpétuer l’État-gendarme quelle finalité ? Les populations connaissent des années en disette, et nous voyons des généraux milliardaires issus d’un seul groupe ethnique à la tête d’un système politique. On oublie ou ignore que c’est aux civils que revient la gestion du pouvoir publique et non aux forces de l’ordre. Il faudra que les militaires rejoignent les camps, qui « mielleusement » prolifèrent en plein centre-ville, Nouakchott ; pour l’avènement d’un État-providence. Un État, digne de ce nom, devra intervenir constamment dans les domaines social et économique en vue d’assurer des prestations aux populations. C’est de cela que l’on a besoin pour notre pays ; notre partie du tiers-monde. Quand les besoins primaires et secondaires des populations, à savoir se nourrir, se loger et s’éduquer, seront assurés, nous pourrons penser à un accroissement monétaire où le pouvoir publique n’interviendra pas activement. Avec une forte croissance dans des secteurs clés, on pourra alors chercher d’autres moyens d’amortissements financiers.

La Justice est arabisée. L’individu qui ne parle pas arabe (ou Hassanya) se voit retirer une réponse claire quand il entame une démarche juridique.

De même, on note toujours la macrocéphalie « nouakchottoise » qui consiste à tout gérer dans la capitale. La décentralisation est toujours un mot vain. Son emploi ne reflète aucunement la réalité. Et si on laissait aux villes la responsabilité politique de trouver un nouveau modèle économique propice à leur croissance et une gestion administrative adéquate à la région ou au département avec de véritables structures d’apprentissage.

Après, le départ de Mohamed Abdel Aziz, le disruptif, la Mauritanie accueille Ghazouani : peu bavard et en quête d’un idéal jusque-là inconnu des Mauritaniens. Le « fabuleux » discours de Rosso, orienté sur le triptyque agriculture, sécurité et cybersécurité, voulait étaler le profil d’un « nouvel homme fort ». Cela sert-il à quelque chose nonobstant le ton tonitruant ? Nous savons, d’ailleurs, que Rosso est un espace géographique, à l’exemple d’autres zones agro-pastorales, qui peut aider la Mauritanie à s’auto-suffire. L’urgence serait de rendre ses terres arables en véritable pôle agricole. Il faudra encore l’expression magique pour cela : la volonté politique. Peut-on parler de volonté politique quand toute une partie de l’administration déserte pour accueillir un président ?

C’est de la folie, disait l’illustre savant Albert Einstein, de faire toujours la même chose [que les autres présidents], et s’attendre à un changement. On verra encore à des chroniques : « Le président est choqué des retards dans l’avancée du programme… »

Au lendemain de l’ascension du président, des mannes financières ont été déployées pour changer les décors de l’administration. Une autre priorité ; apparemment. On voit une nouvelle photo géante dans tous les bureaux de l’administration. Un président pétri de charisme. Ce culte du président en dit long sur la conscience collective de nos États africains ; particulièrement de la Mauritanie. Et si le président était simplement le représentant du pouvoir exécutif et non pas l’incarnation comme le juge doit-être une personne qui doit trancher des litiges, tutti quanti, dans une cour de justice plutôt que son incarnation. L’imaginaire collectif mauritanien souffrirait moins. Il est donc indispensable de dire que « l’humain » est le résultat de son milieu social, politique et culturel. Pour changer, il lui faudra se démarquer de toute cette culture, ces représentations. Le président afin de ne pas être une suite logique, doit se détacher de la culture politique hypocrite qui pousse à « vénérer » le locataire du palais. Cela pourrait notamment éviter la mégalomanie. Il aurait pu demander à l’ensemble de l’administration de dépasser sa personne en mettant des photos de leur enfant, famille (mari ou femme), de penser à celles et ceux pour qui, en tant qu’agente ou agent de l’État, il ou elle se réveille parallèlement à l’amour pour la patrie : relatif. Cet apport (novateur) pourra épargner les choses peu agréables pour le budget national, ab antiquo.

Le discours du chef de l’État sur les travaux de l’agriculture a été maquillé d’une dose de propos de dirigeants (militaire ou ancien) qui ne martyrise pas son peuple mais maitrise la situation. En ce sens, la « menace » sécuritaire a plu sur les champs de Rosso. Le mauritanien « lambda » est ébahi par de tels propos. Nulle part en Mauritanie, on se sent en sécurité. Mais ne dérange pas. Le regard attentif des internautes qui, -selon les mots du chef d’État, jouent avec le feu et vont le regretter-, inquiètent plus les pouvoirs publics.

Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a raison de dire : « La sécurité n’est pas négociable ». Audere est facere : « Dire, c’est oser ». En d’autres termes, le président essayerait-il dire que la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, plus virulente en Occident qu’en Mauritanie, de façon incongrue appellerait à la cybercriminalité. Deux expressions qui sont de champs différents. Internet est devenu, il faut le dire, partie intégrante de notre quotidien. Il est un couteau à double tranchants. D’un côté, un vaste réseau d’échanges sur les outils didactiques et de l’information qui semblent déranger nos dirigeants – car l’actualité ne leur est pas favorable, et d’un autre le « deep web » qui demande une connaissance informatique approfondie et ouvre de façon malsaine les voies vers la cybercriminalité. Cette dernière désigne toutes les activités illégales menées sur Internet, par le biais d’un ordinateur ou d’un appareil similaire. « Elle est fréquemment associée au piratage, mais inclus également les cas de fraude financière ou de harcèlement ». La cybercriminalité terrasse la technologie de grandes puissances ; elle ne peut pas être contrôlée par la Mauritanie. Malheureusement, elle n’est pas prête à disparaitre. Ainsi, il faudra des lois et des compétences pour contrecarrer les abus des réseaux : « dérives » passibles de condamnations. In fine, le mauritanien n’aime pas les critiques constructives ; le gouvernent voudrait que l’on ferme les yeux sur tout. Il se pourrait que ce soit pour continuer à exploser l’applaudimètre ! Il faudra partir des décisions d’un ensemble pluripotent, et pas seulement de la figure du président dans la gestion des destinées. « Le pouvoir est fait pour servir. Il est passager » dixit le juge Feu Kéba Mbaye du Sénégal. L’Opinion publique aura toujours son mot à dire sur la toile, les marchés et dans les salons.

Souleymane Sidibé

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/ghazouani-la-queue-de-comete-dun-systeme-politique-ou-le-nouvel-homme-fort/

✓Quelques prescriptions face aux systèmes de castes. | Par Souleymane SIDIBÉ




L’adage dit que « le remède est pire que le mal ». Il serait dangereux alors pour une société de ruser avec ses principes. Le remède face à un mal doit s’adapter sinon, il fera apparaitre d’autres complications. Faire la langue de bois face aux maux sociétaux pour, dit-on, ne pas « déchirer » le tissu social, c’est préparer l’hécatombe.

En ce sens, Aimé Césaire disait : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». Aimé Césaire, chantre de la négritude, militant de première heure, avait adressé ces mots à l’Europe qui contenait ce que nous vivons aujourd’hui dans les sociétés africaines : les codes sociaux d’antan. Le système de caste est majoritairement installé en Afrique de l’Ouest. Nous avons une stratification « puante » à côté des droits humains, de la Charte des Chasseurs à la révolution menée par Thierno Souleymane Bal, et avec toutes les lois ratifiées depuis la Déclaration universelle des droits [humains] et de la Citoyenneté.

Rappelons qu’une civilisation englobe un ensemble de traits, caractères liés aux sociétés humaines complexes dans un continent ; c’est l’ensemble d’acquisition et de phénomènes sociaux. Nos civilisations regorgent un amas de cultures « obsolètes ». La culture est « ce qui dans la nature est l’œuvre de l’[humain] ». Nous avons donc des traditions qui sapent nos pratiques culturelles. J’avais émis une fois que la tradition est la transmission d’un contenu culturel à travers le temps. Si j’ose dire, bis repetita, elle est ce que l’on peut appeler un « héritage immatériel » qui marque l’identité de toute communauté.
Chaque génération doit alors choisir quelle tradition (« pratique transmise ») laisser aux générations futures. Nos traditions pilotent nos regards en les truffant de tares d’un point de vue scientifique et de la raison. Face à l’exigence des temps, elles demeurent.

Ces traditions africaines, pour la plupart, conditionnent le système des castes. Elles sont omises par la plupart des lettré(e)s africains.nnes. Bref, cela les engage.
On veut s’attarder sur l’origine des castes, leur amplification dans la fabrique sociale, et sans prendre à bout de bras les exigences des temps modernes qui veulent en découdre.

« Les castes sont à la base la division du travail » disait le regretté combattant Mourtoudo Diop. De nos jours, la caste, groupe social endogame qui met l’individu dans une hiérarchisation sociale en lui conférant un rang déterminé ou une profession, est devenue une case pour des groupes d’individus. L’esprit de caste ne se manifeste pas par la même manière dans nos communautés sociolinguistes mais par le fond, telle l’épée Damoclès. Certains se disent « gardiens « de la religion, d’autres sont vu comme de la « pourriture sociale » à savoir les forgerons et ceux dits « esclaves », « anciens esclaves » et/ou « de patronymes d’ascendance esclaves ». Les premiers s’octroient le monopole du beau et de la vérité. Les deniers comme les personnes qui doivent s’occuper des sales bésognes. Heureusement que l’école à servi pour éclairer les humains sur les pratiques quotidiennes. Le système de castes valorise les uns, et déshumanisent par la pensée, voire les actes barbares, les autres.

L’effigie sociale doit se moderniser. La nature nous a offert des choses fascinantes. Nos cultures encore lancinantes et latentes, par rapport à un « remembering », éprouveront de la peine au sortir de la « grotte ». S’attaquer aux système de castes, c’est toucher la conscience des africains.nes; des mauritaniens.nes. Il faut oser ! C’est simplement comme ça que l’on pourra palier à nos manquements aves des actions solides et concrètes face à ces choses qui sont d’ailleurs sources de nos maux. L’appel est lancé.

La première des prescriptions est de démystifier les discours. En particulier, ceux qui viennent des tenants de l’ordre féodal. Une autocritique s’exige ; notamment.
Aussi à partir de l’État, bien qu’il soit en Mauritanie, le premier à profiter de ce système de caste à travers les réflexes de subordinations des dites « notabilités ». Ainsi, il doit mettre en place une éducation pour toute et tous.
L’État devra mettre en place des assises pour éradiquer le « cancer social » qui gangrène la société. D’abord par une éducation nationale, « républicaine » qui consistera à enseigner, dès le bas âge, le civisme sur des bases saines. Ensuite, au lycée, toujours dans une approche éducative, il faudra se « goinfrer » d’humanités. Et enfin à l’université, continuer sur les valeurs universelles à côté de la « chose essentielle en soi » qui consiste, ici, à la disparition des tares.

De plus, l’État se doit d’être une forme d’organisation sociale. Il doit être l’œil attentif.
De ce fait, il devra notamment déconstruire ses relations avec les « notabilités », croître sa vision politique sur la citoyenne et le citoyen. La justice, encore en construction, applique les lois et codes en vigueur mais il est évident que ce n’est pas facile de condamner et/ou d’interdire ce qui est enraciné dans la mémoire. La justice doit être l’oreille attentive.

Elle effectue « son travail ». Mais elle est parfois inféodée s’agissant de querelles sur les terres. Elle ne doit pas être, quant à elle, en contradiction avec l’esprit des lois. Et la dernière des prescriptions est de se rebeller contre le construit social, têtu selon Dieynaba Ndiom, militante féministe et femme politique. Se rebeller au niveau de toutes les sphères sociales. De toutes les classes sociales. La classe sociale renvoie aux conditions d’existence contrairement au rang social qui renvoie à la « place » de l’individu dans la stratification sociale inhérente à la culture qui doit évoluer.

De l’éducation de l’école, avec une volonté politique, aux lois en vigueurs, on doit voir la naissance d’un nouveau type de citoyen à travers une nouvelle éducation de la société et celle des parents. Celui-là même débarrassé des niaiseries socioculturelles. Le processus est long mais avec le temps et les rapports de force (refus de soumission et manifestation de sa dignité, ses compétences…). Pas la peine de trop prolonger sur ce cas car la raison est là, et elle guide de nos jours. La conscience collective veut évoluer. Elle doit évoluer. Même si certains veulent l’affaisser à l’arbre bientôt déchu.

La religion, la vraie, déconstruit déjà le « mythe » de la pureté généalogique. Elle est utilisée souvent à tort et à travers comme un instrument de domination. Des mouvements comme Gambanaaxu ont compris cela. Il y a alors une démystification à faire et pérenniser. Les débats doivent faire naitre des contractions profondes qui feront que les discours biaisés ne passeront plus. De tout temps, il y a eu une complicité entre les « tenants » du privilège pour la « gestion religieuse » et les personnes de la « noblesse ».

Le bouclage consanguin est un autre un danger ; scientifiquement prouvé. Hélas, il est encore maintenu. Quelle aberration quand les religions monothéistes (dont l’islam que nous partageons) disent que nous sommes issus d’un seul individu. Dans la société sooninké, jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’union maritale entre ces groupes cités plus haut. Et aussi entre les personnes dites de « castes inférieurs », les soient-disant « gardien de la tradition », « griots, troubadours, les cordonniers, les forgerons, les marabouts …

Le mal est tellement profond qu’il s’est transporté des villages aux villes, pour ensuite atterrir en France. Les personnes issues de la diaspora, vivant en Occident, ne comprennent pas cela mais subissent transversalement ces traditions féodales. On doit s’en défaire rapidement et oser braver l’interdit à l’instar de millions de personnes en Afrique de l’Ouest ; dans le monde.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 19 juillet 2021

« LE CRATÈRE SUD-AFRICAIN » | Par Achille Mbembe


Crédit photo : Sa Page FB

Dans ce texte [ https://www.dailymaverick.co.za/article/2021-07-14-this-is-what-a-failed-state-looks-like/ ] , Richard POPLAK (un observateur averti de son pays) développe l’une des analyses sinon les plus originales, du moins les plus provocatives des événements en cours en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud n’est peut-être pas (encore) un « failed state » (un Etat failli). Plusieurs expressions ont servi a la designer dans un passé récent , à commencer par la plus idiote: « la nation arc-en-ciel », qu’elle n’est pas non plus.

S’il fallait à tout prix lui octroyer un nom, alors on dirait qu’en réalité, ce pays aura été, depuis ses origines modernes, un veritable cratère.

En tant que tel, il aura fait l’experience, à intervalles plus ou moins réguliers, de violentes éruptions. Mais après chaque éruption, il aura su trouver, quelque part, les ressorts nécessaires pour se remodeler, et cela aussi fait partie de sa singularité.

L’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1994 n’a pas abouti a l’éradication de ces dynamiques cratériformes . Bien au contraire, celles-ci ont connu une vertigineuse accélération , et c’est bien l’une des raisons pour lesquelles l’on en est là aujourd’hui.

Aussi bien les choix que les non-choix effectués depuis plus d’un quart de siècle par les nouvelles élites gouvernantes auront débouché sur la multiplication sans précédent de logiques de collision multi-échelles et de situations aussi paradoxales qu’explosives – et par conséquent objectivement insoutenables sur la moyenne durée.

L’incarcération de Jacob Zuma a servi de prétexte et la poudrière a partiellement saute. Partiellement, du moins pour le moment.

La déflagration en cours représente un veritable danger pour tout le pays. Ici, les inégalités sociales sont par définition raciales et cela ne peut plus durer. Les niveaux d’appauvrissement étaient déjà vertigineux. La stratégie de lutte contre la pandémie a abouti à la destruction des ultimes filets de sécurité, ouvrant la voie, à présent, à de réelles situations de famine, de détresse et de désespoir. La violence structurelle n’est plus de nature à préserver l’ordre établi. Elle est en train de détruire la fabrique sociale elle-même. Beaucoup n’ont plus rien a perdre.

Il serait étonnant que l’explosion actuelle épargne l’ANC dont le cours, tout à fait tragique, n’est pas sans rappeler la trajectoire suivie par la plupart des mouvements dits de liberation dans notre continent au cours de la période postcoloniale .

De la libération à la prédation, le chemin aura souvent été court.
Aujourd’hui, deux factions irréconciliables sont en lutte pour le pouvoir au sein du parti. D’abord feutrée pendant plusieurs années, cette lutte est désormais une lutte a mort.

De façon schématique, elle oppose une faction prédatrice (représentée par Jacob Zuma et ses affidés) et une faction techno-ploutocratique (Ramaphosa et les siens).

La faction techno-ploutocratique cherche à préserver les oripeaux de la démocratie constitutionnelle et de l’Etat de droit comme cadre privilégié de l’accummulation, dans le contexte d’une économie de marché formelle. La redistribution, dans ce cadre, se ferait par les canaux ordinaires de la croissance, des investissements et de la création d’emplois.

La faction prédatrice se sert de la rhétorique de la redistribution (radical economic transformation) comme d’un drapeau rouge et cherche à rallier les « classes marginalisées » aux fins d’accaparement du pouvoir d’Etat. Elle n’hésiterait d’ailleurs pas à sacrifier la constitution et l’Etat de droit, à utiliser (et au besoin a détruire) la puissance publique aux fins d’accaparements privés et de rackets en tous genres (le modèle russe).

La lutte entre ces deux factions est loin d’être terminée et sert de toile de fond à l’explosion en cours.

Elle sera d’autant plus rude et impitoyable que les forces sociales qui soutiennent Jacob Zuma se recrutent y compris au sein des institutions étatiques (police, armée, municipalités, gouvernements et assemblées provinciales et services de renseignement). Elles se nourrissent par ailleurs de la convergence avec, voire du controle qu’elles cherchent à exercer sur des pans entiers de l’économie criminelle et du racket qu’avait étudié, il y a plusieurs années, le regretté Stephen ELLIS dans un ouvrage peu commenté à l’époque.

Les enjeux sont donc énormes. Une éventuelle victoire de la faction prédatrice et une restauration de Zouma sous une forme ou une autre signeraient l’échec de l’expérience sud-africaine et aurait de terribles répercussions sur l’ensemble du continent.

Mais pour réussir, l’Afrique du Sud a besoin d’une rupture radicale et d’une reforme aussi bien de l’Etat que de l’économie – une reforme qui etendrait à tous les délaissés un droit universel à la subsistance.

Bref, elle devra inventer un modèle entièrement neuf, qui ne se limite pas à la démocratie de marché. Car on le sait désormais, à l’âge du néolibéralisme autoritaire, la démocratie de marché à elle seule n’est plus une garantie contre la plongée dans le chaos, la violence et l’anarchie.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur du 14 juillet 2021 voir : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158245237561451&id=618071450

✓Vivre sa Liberté !? | Par le président Traoré Gaye

Lors d’une conférence à l’école des hautes études en sciences sociales à Paris en février 2019 en présence de l’honorable Biram Dah Abeid et de Ali Bouzou de l’ONG Timidria, une question m’a interpellé . Cette question a été posée par la modératrice Benetta avec la teneur suivante : Après l’émancipation que se passe-t-il, en substance les personnes esclaves une fois libérées comment vivraient-elles leur liberté ? Faute de temps de parole je n’ai pas pu aller jusqu’au bout de mon intervention . En effet je commence par être libre c’est comme extraire une pierre précieuse des abîmes de la terre, l’euphorie de cette trouvaille n’exclut pas une surveillance accrue, une vigilance renforcée et une prudence qui se manifesterait par un « esprit vif » et alerte.Vivre sa liberté ne consiste à idéaliser libre mouvement des bêtes de la savane , en peu caricatural certes mais assumée comme image. Être libre ne consiste pas non plus absence d’effort pour consolider la liberté qui n’est jamais acquise sinon des jeunes africains ne seraient pas appelés « Diamant noir » en Libye . Aujourd’hui au nom de la liberté invoquée à tout va , on assiste à la trivialité affectant notre dignité . Prenons l’exemple de la paresse et de l’insolence . Un quidam est libre de discourir mais si ce discours est fondé sur le mensonge, la tricherie et la diffamation. Il perdrait toute notre crédibilité ce qui affecterait sa dignité par extension. Je limite à ce niveau la digression . La paresse, on est libre de ne pas travailler mais la violence sociale d’un tel choix est redoutable…
Vivre sa liberté en vrai est à l’image du long chemin épineux à parcourir sous le soleil ardent de la condition humaine . Une remarque saillante depuis l’avènement du mouvement Ganbanaaxun fedde dans l’entité Soninke, n’avez -vous pas remarqué que les anciens villages de liberté n’ont pas adhéré à ce discours réformateur et fraternel comme si nous leur ferions souvenance d’une humiliation subie , d’une dignité bafouée, d’une indignité marquée au fer rouge dans leur existence.

– Noté en lien ce post FB de juillet 2018 par KS : « Se libérer est finalement un processus relativement aisé mais VIVRE sa liberté en vrai et en ttes circonstances est une autre histoire.« 

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur du 9/7/2021 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158700275716225&id=569691224

Éloignons-nous du repli identitaire ! | Par Imam Cheikh Ould Ely

News RIM – Détribalisons nous, éloignons nous du repli identitaire, si nous voulons construire une nation.

L’instinct grégaire est fatal au développement des esprits et des pays car il favorise les inégalités et l’injustice. Depuis des décennies certains utilisent l’État, le pouvoir et l’argent pour privilégier leurs groupes d’appartenance au détriment de la majorité du peuple.

Il est temps de changer…. je suis tellement au fait des bienfaits et des méfaits de la tribu ayant grandi dans son moule et ayant été formaté à la considérer comme le premier et dernier salut et rempart, que j’en mesure le danger réel sur la modernité et le développement.

Certes les défenseurs de la tribu arguent de la faiblesse de l’Etat dont les défaillances dans son rôle social sont remplacés par la solidarité tribale….pour justifier le recours de certaines franges de la population à ce regroupement social.

Personnellement, je pense que cette défaillance de l’Etat à se substituer à la solidarité tribale, est un argument battu en brèche par toutes les tares et injustices corollaires à son existence et qui se manifestent le plus souvent par la suprématie de certaines tribus et les inégalités économiques et sociales qui en découlent. Ajoutons à cela les risques d’interférence permanente entre les exigences républicaines d’un etat démocratique et les considérations anachroniques forcément antinomiques et dichotomiques avec les paradigmes modernes et universels.

La comparaison entre les méfaits du tribalisme sur les esprits et ses éventuels bienfaits sociaux ne peuvent qu’être au désavantage des derniers.. L’expérience le vécu nous le démontrent tous les jours. Népotisme, injustice, frustrations et marginalisation.. etc….selon qu’on est d’une tribu dominante ou périphérique. Ce tribalisme spécifique à une composante de la population a engendré au plan endogène un phénomène de morcellement des appartenances sociales dabord au sein même de la société maure et ensuite au niveau exogène un repli identitaire des autres communautés par un phénomène de résistance à tous les paradigmes sociaux et culturels fondements de cette société tribale.

Cette dernière devenue du coup aux yeux des autres communautés hégémonique crée un sentiment de refus de l’autre qui s’est exacerbée depuis des décennies. Personnellement je suis convaincu qu’en lançant une lutte sans merci contre le tribalisme les autres phénomènes de repli identitaire s’estomperont à la faveur des dispositions qui ne pourront être que constitutionnelles et législatives pour être efficaces. Oui tout repli identitaire sur la base de la tribu, de l’ethnie ou de la race devront un jour faire l’objet de mesures coercitives.

La création d’une nation digne de ce nom passera par là.

Imam Cheikh Ould Ely

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=746747

✓Le mot « arabe » est synonyme en dialecte hassaniya de l’expression « maître esclavagiste » | Par Moulaye El Hassene

La colonisation arabo-islamique des contrées Nord-Ouest-Africaines, s’est accompagnée de terribles ravages en terme d’esclavage, de razzias, de viols physiques et de viols identitaires (écrasement des cultures et des identités des populations autochtones).

La composante Haratine, 1ère démographie du pays, et dont l’origine ne peut-être autre que Soninké, Bambara, peule, Wolofs etc. constitue un témoin vivant et un marqueur indélébile de la violence inouïe de cette colonisation et de l’acculturation qui l’a accompagnée. Quant aux berbères autochtones, malgré la très forte assimilation qui les a emmené plus tard à se confondre aux arabes, ils ont su, inconsciemment, marquer le dialecte Hassaniya par un terme qui a souvent attiré mon attention et qui me laisse penser que ce sont les arabo-musulmans venus de la péninsule arabique, qui ont apporté avec eux l’idée de l’esclavage dans la société maure du moins, et l’ont propagée et renforcée dans leur élan de façade qu’ils ont titré « répandre l’Islam ». En Hassaniya, un esclave, se dit « aabd », et un maître d’esclaves se dit…. « aarbi (un arabe) ».
Le mot « arabe » est synonyme en dialecte hassaniya de l’expression « maître esclavagiste ». Ainsi on dit en hassaniya « l’esclave et son arabe sont là-bas » pour dire « l’esclavage et son maître sont là-bas ».

Et même si l’esclave est Soninké et que son maître est Soninké comme lui, les berbères emploient toujours en hassaniya le même terme « arabe » pour désigner le Soninké qui est maître. Si ce mot « arabe » est aussi intimement lié à l’expression « maître esclavagiste », c’est bien qu’il doit y avoir eu à un moment donné de l’Histoire, une relation évidente, et qui tranche surtout avec les réalités sociales précédentes, entre l’étranger arabe qui vient de débarquer et la pratique de l’esclavage.

On peut trafiquer l’Histoire, et en la matière les arabes sont des experts. Mais on ne peut pas effacer certains marqueurs démographiques et linguistiques qui viennent souvent gâcher la sale besogne, et rendre à l’Histoire ce qui revient à l’Histoire.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=122281056748807&id=100069007393897

L’esclavage : phénomène complexe à combattre dans la société mauritanienne sans se munir des outils nécessaires | Par Boulaye Diakité

Il est difficile de lutter contre l’esclavage. Officiellement, partout, cette pratique d’un autre âge existe encore. Même si l’État a ratifié les conventions sur l’abolition, qu’il a criminalisé, l’esclavage n’est pas éradiquer. En effet, l’esclavage est inculqué dans les mentalités. Il n’est pas seulement dans sa définition première en droit mais être esclave dans notre société, il s’agit d’un phénomène naturalisé qu’un groupe est destiné à être esclave de génération en génération. Les esclaves des parents travaillaient pour le maître et qui ne pouvaient exister que par ce dernier. L’esclavage de la génération actuelle repose sur de prétendus états d’infériorité mentale et sociale et qui par conséquent les esclaves n’ont pas droit de réclamer leur liberté. «Une fois esclave toujours esclave» a écrit l’anthropologue Claude Meillassoux.

Il faut une assistance sociale et juridique aux victimes et des sanctions financières aux esclavagistes. Sensibiliser et dénoncer partout et aucune forme d’esclavage ne doit être tolérée. La quête de la dignité humaine est le plus beau de combat qu’un humain doit s’engager et l’arracher ; elle n’est pas à discuter. Il faut se prémunir des instruments juridiques, éducatifs et sociaux efficaces contre les instincts les plus vils des hommes, pour mettre fin aux conséquences de l’esclavage qui se font encore sentir. Les pratiques perdurent et persistent dans nos sociétés. Il s’agit d’une tragédie, d’immense souffrance infligée à des innocents qui n’ont rien demandé à personne, une honte pour l’humanité. Il n’y a pas d’acte plus vilain que l’exploitation, l’humiliation de l’humain ; se servir de lui pour du prestige et de privilège.

Le phénomène de l’esclavage a marqué économiquement et sociologiquement nos sociétés mais il n’a jamais été question d’une réparation. Or, nos sociétés étaient organisées durant des siècles sur ce mode de production servile. Les uns et les autres profitaient de faiblesse, d’une situation difficile afin de s’approprier d’une force de travail.

Les victimes n’ont jamais été entendus ni écoutés. Les stigmates de l’esclavage sont toujours perceptible dans nos milieux sociaux. Cette exploitation et humiliation de l’homme par l’homme désintéresse. Les hommes y naissent, demeurent et y meurent, dans une indifférence générale, aux yeux des politiques nationaux souvent corrompus et qui n’ont aucun respect pour les droits de l’homme.

La situation de l’esclavage est pour beaucoup théoriquement les anciens esclaves, mais aussi de vrais esclaves, vivent dans nos villages et villes et certains sont exploités dans des tâches qui sont inscrits dans les mentalités comme de normes sociales.

Le sentiment de supériorité se justifie par un ancêtre commun, de noms de famille, des lignages, de la religion et des titres honorifiques. Une société ne peut pas se développer sur des telles mentalités et une démocratie ne peut pas y naître.

© Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10208949830298735&id=1705378100

De la nécessité d’une « dictature douce » pour extirper nos niaiseries socioculturelles qui sapent l’émergence d’une véritable culture citoyenne | Par Souleymane SIDIBE

La démocratie à l’image de la Liberté exige des sacrifices et des bases saines. Il faut déconstruire le statu quo au besoin par l’usage de ce que je pourrais qualifier de « dictature douce ». C’est dire par là, une forme de contrainte sociale qui détruit les lapalissades de nos cultures et coutumes pour l’avènement d’une culture citoyenne et démocratique. Son « excellence » Sadio Daffa me disait « s’il y a une autre forme de gouvernance meilleure que la démocratie que l’on nous le dise ». Je ne crois pas qu’il y ait une chose meilleure que la démocratie en matière de gouvernance. Ce sont les réflexes démocratiques qui sont rares par le manque d’institutions véritables. Cette démocratie qui appellera à la « dictature douce » dans nos contrées ne se limitera pas à parler de séparation de pouvoir mais de la quête d’une citoyenneté sans être lésé(e) en son for intérieur ou relégué(e) au second plan dans les sphères politiques ou sociales.
En ce sens, la culture doit évoluer : autrement ; une forme de « dictature douce » qui ne va pas à l’encontre du droit international mais des droits coutumiers, que j’appelle niaiseries socioculturelles, doit s’imposer. Ainsi, la méritocratie ne devrait-elle pas s’appliquer partout sur tout ? Bien évidemment, on doit faire abstraction du genre pour développer la conscience. Il y’a, en revanche, des domaines cultuels qui répondent à des exigences loin des iconoclastes. Ceux-là ne doivent en aucun nourrir le patriarcat car ce n’est pas dans leur quête. Ce sont les représentations culturelles qui sont les « agents » de la pérennisation.

Quand on doit faire la prière dans la ville, le village, la région, c’est aussi l’affaire de l’État en cas de conflit, même si les champs doivent être séparés, car la vie du citoyen rentre en jeu. Il faut exiger le plus méritant par la compétence et le meilleur apprentissage. Il est vital d’en finir avec les autorités coutumières ou les idées d’incarnations d’un quelconque pouvoir pour poser les jalons de légalité citoyenne. Par exemple, le maire est responsable du village selon un suffrage universel. C’est à lui que revient la gestion politique du village. Il doit rendre compte au conseil municipal et répondre aux demandes des habitants de la municipalité. Le chef de village ne devrait plus exister. Les nominations ne doivent pas être simplement par lignage ou proximité mais par mérite, compétence, responsabilité et éthique.
En ce qui concerne l’État, ne faudrait-il pas qu’il soit le changement au lieu d’être une continuité par des moyens légendaires de coercition en Mauritanie ? L’État ne doit pas seulement reprendre les anciennes pratiques mais redynamiser à travers plus de justice sociale à moins que cet État n’ait pas encore vu jour pour aller à la consolidation des devenirs de l’ensemble nouveau mauritanien : la Nation. On y arrivera avec la volonté politique ; en tout cas. Il faut donc définir des tableaux de bord avec des indicateurs qui permettent de mesurer les objectifs escomptés. Beaucoup d’enfants ne sont pas enregistrés dans les registres. Comment seront-ils scolarisés ou dans les données recensées à l’ère du numérique ? Il faut créer ce qui manque. Il y a jusque-là peu de réalisations dans un océan de tache. Et la question qui taraude est comment se nourrir, se soigner, se vêtir et s’éduquer en ayant ses secteurs industrialisés ou renforcés pour que la « dictature douce » qui va enfreindre les prénotions puisse être édifiante pour la naissance d’une démocratie dans une société qui méconnaît ses sens de priorité, et où la culture citoyenne est loin d’être acquise ; où l’on existe dans une entité hétéroclite mais pas en tant qu’individu : citoyen.
Le travail est énorme pour celles et ceux qui pensent progrès et citoyenneté. Je vous demande par où commencer après une bonne dose de « dictature douce » à la Bourguiba (sans s’éterniser au pouvoir) loin des identités étriquées pour un ensemble citoyen. Il faudra alors l’intelligence pour le travail et la culture du travail dans nos sociétés.

L’acharnement sur une compatriote mauritanienne, récemment sur les réseaux, montre que quand on se morfond dans l’hypocrisie collective pour avoir une quelconque légitimité, et vouloir s’en défaire facilement après, c’est une pluie de critique que l’on reçoit. C’est pourquoi, il est important d’agir selon sa conscience et ne pas chercher à plaire à un individu ou une entité. Nul ne doit prétendre imposer à qui que ce soit un comportement vestimentaire. Nous ne sommes pas arabes. Nous avons nos habits traditionnels que nous modernisons ; également. Nous avons nos cultures à façonner. Dans tout cela, chacun est responsable de soi-même. C’est cela la liberté. La « dictature douce » est nécessaire pour le processus de « dé-confinement » des mentalités. L’arabe et/ou le français, en Mauritanie, ne sont aucunement nos langues mais par le besoin de communication, indépendamment de notre volonté et par la facilité qui nous est donnée par la deuxième langue, nous extériorisons l’ensemble de nos contenus culturels et cultuels par la première langue, pour certains, et d’autres par nos langues nationales que sont le hassanya, puular , sooninké , le wolof et même le bambara. Il est alors important, au-delà de la petite carte mauritanienne, qu’elle « weltanschauung » (conception ou vision du monde) adoptée pour toujours (für ewig).
Nous sommes des êtres sociaux vivant dans ce monde régit par des lois et des normes. De notre pays (la Mauritanie) au monde, nous pouvons apporter. L’inverse est vivement souhaité compte tenu de notre conscience collective. Ne faudrait-il pas apprendre, le respect, la tolérance et le vivre-ensemble à tous.tes les mauritaniens.ennes ?

L’autre « fait divers macaque » marque les violences et les crimes (viols) devenant banales en Mauritanie. Il faut comprendre les violences liées aux agressions nocturnes sont les conséquences de la mal gouvernance. La justice sociale est absente dans notre pays. Le manque d’éducation fait que les jeunes dans les quartiers défavorisés sont des laissés-pour-compte, à majorité. Le banditisme est présent. Les jeunes s’adonnent à la consommation de stupéfiants et de l’Eau-de-Roche. Ces pratiques, qui ne sont pas sans danger pour le corps, leurs laissent inconscients de tous les maux qu’ils pourraient commettre.
L’éducation de masse et de qualité est la condition sine qua none pour mettre un terme au banditisme de quartier. Ces jeunes sans formation et éducation sont arrêtés pour la plupart du temps. En prison, ils ne bénéficient d’aucune assistance en purgeant leur peine et espérer leur mea culpa. Au sortir des centres carcéraux, ils s’adonnent à nouveau à d’autres formes d’agressions ; de pire en pis.

La banalisation du viol est phénomène récurrent dans nos sociétés. Très souvent dans le carcan familial, le crime (puisque qu’il s’agit de cela) est caché pour, dit-on, l’honneur familial. Quand il s’agit de viols par des éléments extérieures (à la famille), on s’acharne sur le comportement vestimentaire de la demoiselle ou dame en oubliant la lourde peine que devrait recevoir les malfrats (ces monstres sociaux). La « dictature douce » pourra alors éliminer la phallocratie pour faire voter des lois contre les violences basées sur le genre (VBG). Le cas de la dame « abusée » devant ses enfants, à Nouakchott, sans sortie étatique ou solidarité avec la victime montre l’absence d’empathie et l’indifférence de certains citoyens y compris de nos autorités. Tant que c’est loin de nous, et que c’est l’autre, que Dieu nous épargne. Telle est la manière de voir dans l’imaginaire collectif. L’indifférence dans le discours officiel, chez une partie de la population et également envers les victimes de la barbarie est frappante. Est-ce que l’État prend soin des victimes ? Cela m’étonne fort. Comment créer une cohésion sociale sur la base de l’indifférence ? Le poids mort de l’histoire !

La naissance d’idéaux féministes est plus que nécessaire. Je rappelle que « le féministe ne tue pas mais le machisme », si. Nous sommes dans des société où les violences sur les femmes sont la résultante du patriarcat qui est comme « l’épée de Damoclès » sur les femmes. Elles doivent à la naissance se soumettre à la volonté d’un père ou frère (si le premier n’est pas là), ensuite d’un mari… Toute l’éducation de la femme se limite à une forme de soumission qui n’est autre que de la dévotion maritale. Voilà que dans les rues ce sentiment de domination enfouie, en chaque homme qui n’a pas fini de vomir la domination masculine, ressort par les harcèlements, les propos déplacés ; pire les agressions comme il est devenu monnaie courante en l’absence de punition de taille. Ce sont les hommes et femmes (contribuant au patriarcat) qui détiennent l’idéologie de ce mal ; vraisemblablement. D’où la nécessité d’une nouvelle vision du monde en faisant des assises avec des programmes citoyens à soumettre aux politiques qui pensent aux prochaines générations plutôt que les prochaines élections. Déconstruire le « mythe de l’homme fort » dans les maisons, les structures sociales, politiques voire à la tête du pays est aussi crucial.. Les réflexes que la société inculque ne sont pas bénins, ni anodins. Il y a par ailleurs des personnes qui se nourrissent de la vulnérabilité des autres, en recherche de proie ; la « dictature douce » serait encore un plus pour cadrer les comportements.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur.

Quel « intellectuel » voudriez-vous ? le tangentiel ou l’orthogonal ? | Par Sy Mouhamadou



Il convient de noter la différence importante entre ces deux types d’intellectuels que je vais nommer « l’intellectuel d’intégration » et « l’intellectuel de révolution », pour simplifier.
Le premier, comme son nom l’indique, base son action de pensée sur le système établi, il peut avoir des divergences avec ce dernier mais jamais au point de vouloir le renverser ; il croit, au contraire, qu’il peut le rendre meilleur et déploie, en conséquence, son idéologie avec un certain niveau de soumission aux institutions.
Le second, lui, veut refaire le système de fond en comble à cause, non pas de simples désaccords, mais de conflits profonds au niveau idéologique.

Ainsi, la différence des deux semble être de caractère ; tandis que le premier s’emploie à embellir la montagne du système tout en y trouvant un équilibre d’ordre moral, le second a tendance à essayer de déplacer celle-ci, car c’est son for intérieur qui le lui dicte.
Je ne crois donc pas que la différence entre l’intellectuel que j’ai appelé d’intégration et celui de révolution soit de degré, mais je pense plutôt qu’elle est de nature car finalement liée à la différence de leurs tempéraments et de leurs approches globales des questions fondamentales de justice, de liberté, de paix, de dignité, et surtout de l’ordre qu’ils établissent entre celles-ci quand elles entrent en conflit – ce qui est souvent le cas.

Mon objectif n’est pas de blâmer l’un et de couronner l’autre de façon absolue. En effet, selon la situation sociale, l’un peut être plus efficace que l’autre pour permettre des avancées affectant sensiblement et positivement le bien-être global.
Dans le cas concret des pays africains, à ce stade de leur évolution, je crois que c’est l’intellectuel de révolution qui est le plus indiqué pour faire une véritable avancée dans les mentalités, qui, au passage, ont besoin d’une véritable rupture idéologique d’avec un système qui est encore largement basé sur des principes défavorables à l’épanouissement du continent – ou, pour le moins, a un rendement minimal. Dans ce contexte, un intellectuel d’intégration ne peut avoir d’effets positifs que de façon très limitée à cause des tares inhérentes au système dont il n’a pas la force de dépasser ; il peut même, dans certains cas, avoir des effets purement négatifs dans son refus de principe de transgresser le système au moment où celui-ci traverse ses phases sombres.

Note : Remarquez que des termes « d’origine mathématique » sont très adaptés pour qualifier les deux intellectuels cités. Le premier serait un intellectuel tangentiel (au système) et l’autre un intellectuel orthogonal (au système). Cela reflèterait directement leurs rapports respectifs au système et surtout la nature de leur différence.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=829568074634115&id=100027427912973