Mauritanie – Politique : Intervention du président et député Biram Dah Abeid au cours de la conférence de presse animée par le président du Parti Rag Omar ould Yali.



Mesdames et messieurs de la presse

Bienvenue à vous !

Nous avons souhaité nous adresser à vous, après un cumul exceptionnel de dysfonctionnements dans la gouvernance d’Etat. Parmi les évènements portés à votre connaissance, je souligne le détournement de fonds au siège de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm), la découverte présumée d’un lot de faux dollars et les tentatives de cambriolage de bureaux de la Direction du budget et de la Cour suprême (Csm) ; à ces incidents – je n’en minore la gravité – s’ajoutent les contentieux de corruption en examen par la Commission d’enquête parlementaire (Cep). Selon toute probabilité, des scandales de même facture pourraient rajouter au discrédit d’une gestion publique, en panne dès le lendemain du 10 juillet 1978.

Notre propos, ici, ne consiste ni à exagérer la critique fût-elle légitime d’ailleurs, ni à démonter la faillite de l’hégémonie ethno-tribale. A cet égard, l’essentiel a été dit, réitéré et prouvé ; les derniers évènements confirment nos constats, de jour en jour. Vous vous souvenez avec quel scepticisme, une frange de l’opinion accueillit mon projet, formulé durant la campagne électorale en 2019, de confier, à une instance permanente de contrôle, le soin de vérifier et authentifier les diplômes et qualifications du personnel de l’Etat. A l’époque, je pressentais combien le pays s’enracinait dans la culture du faux, généreusement servie par la négligence, l’impunité, les ententes de clan, la pression des clientèles et le cynisme ambiant. L’autorité de l’Exécutif étant devenue une entreprise de prédation, elle ne produit plus que des passe-droits, des indulgences et des distributions rotatives de rente, sans se soucier de réduire les inégalités hérités, métastase de la gouvernance en Mauritanie. La clochardisation de la fonction publique et de ses bâtiments témoigne de la ruine. Oui, le modèle a dépassé ses limites et sa péremption menace les fondements de la cohésion sociale, du moins ce qu’il en subsiste.

Aussi, mon propos, ici, se résume en une injonction unique : l’heure impose d’oser la rupture, pour survivre, en paix.

L’objectif vital requiert d’abord la sincérité à l’application du droit, la réhabilitation de la justice, le nettoyage de la corporation des magistrats et l’avènement d’une transparence, tous azimuts. Ainsi quand tout semble perdu, un pouvoir légitime ou ambitieux de l’être gagne la confiance des gouvernés ou s’expose à l’insurrection. Or, à présent nos compatriotes ne croient plus à leurs dirigeants et regardent l’ensemble de l’élite, avec suspicion et impatience.

L’ampleur du défi exige une concertation nationale sur le devenir du pays, débat dont nul thématique ou acteur ne devrait s’exclure. Cette refondation, notre Parti radical pour une refondation globale (Rag), ne cesse de la réclamer, depuis longtemps, comme d’autres organisations interdites.

Aujourd’hui, le Président de la république et le Parlement ne sauraient éluder ni différer davantage l’instant de vérité, qui est le temps des réformes, à la racine et vite. Il lui appartient de prendre la population à témoin, d’en susciter la confiance puis le concours, sur la base d’un inventaire franc, qui n’esquive les fautes, les insuffisances, les erreurs, encore moins les crimes. Le moment est venu de reconnaitre, juger, présenter des excuses, réparer ; la part symbolique de l’exercice concerne, d’abord, les protagonistes actuels de la faillite. A force d’amnisties dénuées de raison juridique et de consensus, nous avons appris à banaliser le vol, l’usage de faux, les nominations pour faire plaisir, toujours aux mêmes. Je reviens, ici, sur la nécessité d’abroger la loi scélérate du 14 juin 1993, qui insulte la mémoire et le sentiment d’une composante de la communauté de destin.
Jusque-là, la Mauritanie se singularisait par le racisme et l’esclavage ; la voici atteinte au cœur de la crédibilité de ses institutions, ; les incidents que j’ai cités plus haut attestent d’une dérive vers l’Etat-voyou. Sortir de l’engrenage, a un prix, un seul : il faut aller loin, privilégier la générosité et le courage, bref oser mieux que des ravaudages de grand-mère, des demi-mesures et la sagesse fataliste du laisser le temps au temps.
Si le gouvernement et le Chef de l’Etat s’engage sur la voie du discernement et de l’équité, il mériterait notre soutien vigilant. En revanche, nous continuerions à combattre le maintien du statu quo, grâce au surcroit d’ardeur que commande l’urgence. Mon camarade Oumar Yali et moi n’avons failli au devoir de l’avertissement et de la proposition.
Tous deux, nous vous remercions d’accorder votre attention à notre propos liminaire.

Nouakchott, le 9 juin 2020

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE

TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

Mauritanie – Tribune : Impuissance ? Par AOC

Biram est rentré la semaine dernière au pays. Frais émoulu après plus de trois mois de confinement en Europe. Et ne s’est pas fait prier pour dire tout haut ce que le reste de l’opposition pense tout bas : il est temps pour le pouvoir de se ressaisir. Presqu’un an d’exercice et ses promesses de normaliser la scène politique, en autorisant les organisations et les partis non reconnus, n’ont connu aucun début d’exécution. Pire, les symboles de la décennie honnie sont encore aux premières loges, gouvernails de l’économie en mains : fer, pétrole, gaz et énergie ; alors que le pays pensait avoir tourné pour de bon la sombre page. Ceux qui le narguaient hier, privilégiant les intérêts d’un clan au détriment de ceux du peuple, et dont les noms sont quotidiennement cités dans des dossiers sulfureux, marchés douteux et malversations en tout genre, sont maintenus contre toute logique en des postes sensibles. Comme si le pays ne pouvait pas se passer de ces (in)compétences ! Biram l’a dit, le peuple le répète à longueur de journée : cette situation est intenable ! Les grandes réformes passent d’abord par les hommes qui vont les mettre en valeur et ce n’est pas avec du vieux pourri jusqu’à la moelle qu’on pourra faire du neuf. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire qui sera rendu dans quelques semaines sera-t-il le déclic susceptible de séparer enfin le bon grain de l’ivraie ? Prions que la montagne n’accouche pas d’une souris… qui serait évidemment impuissante à contenir le flot grandissant des amertumes populaires.

AOC

©️ Crédit source: http://lecalame.info/?q=node/10544

Mauritanie – Politique: La conférence de presse du député et président Biram Dah Abeid,Nouakchott, le 19 juin 2020

Commission Communication Initiative de Résurgence Abolitionniste(Ira-M) de la conférence de presse du député et président Biram Dah Abeid,
Nouakchott, le 19 juin 2020

  1. Comme docteur Martin Luther King, nous n’acceptons pas de nominations à des postes officiels ou semi, qui nous éloigneront d’une lutte inachevée. D’autres aînés ont éxpérimenté ce chemin sans landemain avant moi.
  2. Nous n’avons connaissance d’une seule condamnation d’arabo-berbères auteurs des crimes de génocide, d’esclavage ou de viol contre les populations d’ascendance noire africaine, tels les bambara, wolof, soninké, pulaarophones, les hratin et immigrés subsahariens…
  3. A l’exemple des afro-américains pendant les décennies antérieures à la conquête des droits civiques, nous sommes privés de l’enrôlement électoral, donc de la faculté de voter ; à ce titre, les nôtres sont empêchés de s’organiser comme le démontre l’interdiction des mouvements capables de vaincre l’hégémonie ethno-tribale, dans les urnes. Je citerai, ici, Ira-M, le Rag, les Fpc…
  4. La privation foncière frappe les noirs de plein fouet, souvent par la spoliation de leurs terres de culture et espace de pâture, au profit d’autres mauritaniens privilégiés, des multinationales de l’agrobusiness et des vendeurs de charbon de bois. Arrachés au sol nourricier dont la qualité se dégrade, ils s’exilent vers les villes et en deviennent le prolétariat corvéable, à vie.
  5. Cette discrimination d’Etat exacerbée qu’ont vécu les Usa après la fin de l’esclavage, se manifeste de nos jours en Mauritanie ; l’exclusion des afro-Mauritaniens du personnel civil et militaire de l’Etat en est la manifestation la plus courante…Le processus a été entamé au début des années 1980 et atteint son achèvement aujourd’hui, tant et si bien que les nominations monochromes se banalisent.
  6. Nos mouvements non-violents et légalistes sont accusés de racisme et de violence par le bloc conservateur où se retrouvent le pouvoir, des syndicats, des corporations d’imams, de blogueurs, de journalistes, d’hommes d’affaires, de dignitaires tribaux, etc. Le matraquage de l’opinion sous les discours de haine et de diabolisation des courants abolitionnistes, enracine, dans la société, le mépris du nègre, que la culture enseigne et reproduit, parfois sous couvert de religiosité. Ainsi, sommes-nous accusés de vouloir abâtardir l’univers arabo-musulman, d’en adultérer la pureté et la singularité.
  7. Dans le but de mieux nous retarder, distraire et contenir, des organisations prétendument progressistes, des pseudo défenseurs des droits de la personne, issus de milieux afro-mauritaniens, se retrouvent en demeure de nous critiquer au bénéfice du système. Beaucoup sont maintenus aux confins du stress alimentaire qui les expose à la compromission. Plus l’édifice des inégalités vacille, davantage leur nombre augmente et se dévalue.
  8. Le même procédé de diversion-détournement touche la communauté de lutte contre l’oppression de la femme ; l’on se souvient que de tels montages ont été réalisés pour détruire la réputation des pionniers des droits civiques aux Usa. A titre d’illustration, il convient de mentionner l’invention et la contrefaçon de 35 viols de femmes maures, dans la ville de Bassiknou en ce début du mois de juin 2020. Cette forme de propagande sensationnelle et vindicative, a été utilisée par le KKK(le groupe suprémaciste blanc le plus violent de l’histoire de l’Amérique) durant les années 50 et 60 ; elle visait à obtenir le discrédit et la défiance envers le combat des afro-américains; la méthode commence à prendre forme et favorise l’éclosion des premiers embryons du KKK en Mauritanie.
  9. La police de l’Etat mauritanien agit dans le sens de conforter et de rassurer les ultra-racistes arabo-berbères, en faisant régner la terreur au cours des marches pacifiques de Ira-M; il suffit d’observer les scènes de molestation et de torture, infligées aux militantes et militants, notamment l’acharnement symbolique sur les femmes. Les forces de l’ordre inique nous traitent en ennemi, lors d’une guerre, alors que nous sommes désarmés. A l’image du suprémacisme blanc aux Usa, la police agit en gardienne de la domination.
  10. l’Etat est le premier concepteur et producteur de violence -symbolique et physique – à l’endroit des afro-mauritaniens, quand il institue, de facto et selon ses normes, l’ostracisme et le bannissement des mouvements porteurs de la parole d’émancipation raciale, offre l’impunité automatique aux criminels d’esclavage avec le maintien de la loi d’amnistie de 1993, résume le message adressé aux « bons citoyens », en somme les mauritaniens de naissance convenable : « nous, l’Etat, vous protégeons de la justice et de l’étranger ».

Voici, en somme, le diagnostic que je me suis toujours fais de la situation de la gouvernance raciale en Mauritanie ; il s’agit du verrou principal qui plombe la citoyenneté, la cohabitation, la démocratie, le développement et surtout la paix bâtie sur un fondement sain.

Après la proclamation plus que discutable d’une prétendue victoire dans les urnes, le Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, recevait le pouvoir, de son prédécesseur, nuitamment, du 22 au 23 juin 2019 ; en trois jours, de concertation avec ses proches conseillers et certains de mes amis proches, j’ai cru devoir désamorcer la situation explosive du moment. Notre franchise et sincérité ainsi que l’amour du pays, attendu de tout mauritanien de bonne foi, devraient inciter le nouveau Chef de l’Etat à comprendre que l’époque devient gourmande en démocratie, droits de l’individu, aspiration à la dignité humaine, y compris pour les noirs. Le 21ème siècle consacre la libération irréversible du descendant d’africain subsaharien. Il est bien temps d’en prendre conscience, en Mauritanie, sous peine de rater le rendez-vous de l’histoire et se retrouver anonyme parmi les vaincus !

Aussi, j’espère qu’avant la fin de sa première année de mandat, le Président de la république va se ressaisir et permettre, à la majorité des mauritaniens, de se sentir fiers de vivre sur une terre des justes.


Nouakchott, 20 juin 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Biram Dah Abeid : La situation du pays est difficile et nous espérons que le président se souviendra de ses engagements (vidéo) (Page Mauritanie FB)



Biram Dah Abaid, membre du parlement (Nouakchott), a déclaré que la Mauritanie connaît des situations difficiles, appelant le président mauritanien Mohamed Ould Ghazwani à se souvenir de ses engagements.

Vendredi, à Nouakchott, le député a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il avait décidé de donner au président mauritanien un délai de deux mois, ajoutant: « Nous espérons qu’il procédera à une véritable réforme dans cette période ».

Il a ajouté qu’il traitera avec le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazwani, selon le niveau de changement et de réforme qu’il entreprend au profit du peuple mauritanien.

Biram , a critiqué la situation dans le pays, ajoutant que la période récente « a vu une restriction des libertés ».

ALAKHBAR


Traduction page Mauritanie

©️ Crédit source : Page Mauritanie FB https://www.facebook.com/297319407063485/posts/2831060473689353/ – 19 juin 2020

Arrivée de BDA à Nouakchott: Forte mobilisation policière

Biram Dah Abeid, longtemps absent du pays, d’abord pour des raisons de santé, puis suite à la fermeture des frontières et au confinement imposé par la pandémie du coronavirus, est arrivé ce jeudi 18 juin 2020 à l’aéroport international de Nouakchot-Oumtounsi. Les militantes, les militants, les sympathisants et les sympathisantes du Mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE, assoiffés de voir leur leader avaient, en nombre imposant, fait le déplacement à partir des trois Wilaya , des neuf Moughataa et de tous les quartiers de Nouakchott. C’etait pour lui réserver un accueil motorisé dont toutes les mesures à cette fin ont été prises dans le cadre du respect scrupuleux des recommandations relatives à la lutte contre la propagation du covis_19 (port du masque, de gants, deux personnes au maximum par véhicule, observer une distance de cinq à dix mètres entre deux voitures qui se suivent , interdiction de sortir des voitures, et dispersion des véhicules au terminus du trajet). Mais, deux à trois heures avant l’atterrissage de l’avion de la compagnie Air France, huit groupes de forces de l’ordre bien armés s’étaient positionnés tout au long de la route de l’aéroport Nouakchott Oumtounsi.
Ainsi la première vague de militants venus à l’accueil s’est trouvée bloquée au premier barrage avant même la sortie de Tevragh Zeina. Il a fallu presque une heure de négociation pour arriver à libérer le passage à un vehicule devant ramener chez lui le président , l’honorable député Biram Dah Abeid.
Aux yeux du plus humble des mortels, les huit barrages sur la route Nouakchott-Aéroport le blocage des militants dès le premier barrage, militants très assoiffés de voir leur leader, et retenir pendant longtemps la voiture de l’honorable député constituent une forme élaborée de provocation. Heureusement discipliné, tout le monde bloqué à la première passe, a simplement rebroussé chemin mettant ainsi en échec les mauvaises intentions des forces de l’ordre et du coup, respecter les consignes de leur chef Biram Dah Abeid, à savoir, ne pas répondre à la provocation.
Une fois encore, le président , Honorable député et son mouvement abolitionniste Ira-M ont montré devant cette épreuve combien difficile, un haut degré de responsabilité. En effet, tout le monde sait que les militants de Ira-M ont depuis toujours été battus, blessés, emprisonnés, traînés par terre par les forces répressives chaque fois qu’ils réclament le plus simple droit . Ce soir du 18 juin 2020, plaçant au-dessus de tout la situation dans laquelle le pays est plongé par le coronavirus, ces militants dont tout le monde témoigne de l’engagement ont été empêchés d’accueillir leur leader, et donc auraient pu, céder au soucis de confrontation qui animent les forces de l’ordre vu l’importance de l’événement et l’énormité de la provocation. À ceci s’ajoute l’agression protocolaire, zéle et abus de pouvoit qui ont consisté à retenir l’honorable député et opposant le plus légitime, pendant cinq heures d’horloge sous pretexte de test pour covid_19 alors que la compagnie Air-France et la mission diplomatique de Mauritanie à Paris avaient exigé et obtenu du président et son épouse, un test datant de moins de 72 heures, réalisé à Paris et qui s’est avéré négatif Dieu merci.
Toute cette patience et tout ce sang froid face à ces manoeuvres, qui se sont malgré tout soldés par plusieurs blessés dans les rangs de Ira-M et des véhicules immobilisés par la police, sont des leçons de sagesse et une preuve de l’intérêt national accordé au pays par le mouvement abolitionniste Ira-Mauritanie; et ce contrairement à l’idée que ses détracteurs de tous bords s’évertuent à créditer.

Nouakbhott le, 19/06/2020
Président du parti Rag
Ancien sénateur
Ancien ministre
Oumar Yali

Mauritanie : hausse préoccupante des privations de liberté (IRA-MAURITANIE)

● Note de synthèse

Depuis le début de 2020, le sort des blogueurs et lanceurs d’alerte, déjà préoccupant sous la gouvernance de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, ne cesse de se détériorer.

I. Une suite sans fin

  1. Le 2 juin, la police procède à l’arrestation Salma Mint Tolba, biologiste et auteure présumée d’une série d’audio remettant en cause des aspects de la riposte sanitaire du gouvernement ; elle accusait, ce dernier, de gonfler le chiffre des contagions, pour mieux capter l’aide extérieure. Dans la foulée, deux autres personnes, qui auraient participé à la diffusion de tels document la rejoignent : il s’agit de Mohamed Ould Semmane et Sidi Mohamed Ould Beyah. Quelques jours plus tôt, un communiqué du gouvernement annonçait l’ouverture d’une enquête sur de telles allégations. La virulence de la réaction aux fauteurs de doute et de panique, laissait entrevoir la fermeté de la réaction officielle. Mohamed Abdallahi Ould Bounenna est capturé par les forces de l’ordre qui le conduisent dans un lieu secret ; le lendemain l’y suit un autre écrivain en ligne, Mohamed Salem Ould Soueid Ahmed.
  2. Le 3 juin 2020, le journaliste et influenceur Eby Ould Zeidane reprend le chemin du Commissariat de police, quelques mois après son interpellation durant plusieurs jours, en février. Il subissait alors un interrogatoire en compagnie d’un groupe éclectique de militants de la laïcité, de féministes et de promoteurs des droits de l’individu. Les interrogateurs, d’un niveau de culture général qui témoigne assez de l’effondrement du savoir, opposent, aux prisonniers, des accusations dont le cumul paraîtrait absurde du point de vue de la rationalité : blasphème, apostasie, conversion aux christianisme ou judaïsme, prosélytisme évangéliste, athéisme viennent assaisonner l’appartenance à l’Alliance pour la refondation de la Mauritanie (Arem), une association non-autorisée. A défaut d’assumer, face aux partenaires du pays, la répression contre des jeunes défenseurs de la laïcité dont les mots constituent l’unique arme, l’Etat met en avant le crimes d’«atteinte au sacré», une infraction improbable dans la réalité, puisque d’essence immatérielle. D’ailleurs, la majorité des motifs de peine de mort en Mauritanie renvoie à des griefs sans prolongement physique, donc des opinions.

Les raisons inavouables

Eby Ould Zeidane, contradicteur « systémique » des islamistes, réussit, lors de sa première arrestation, à recouvrer la liberté, en même temps que d’autres détenus de la période, à l’exception de 6 majeurs auxquelles manquait le soutien d’une tribu. Tous seront oubliés dans les méandres de l’univers carcéral. Ahmed Mohamd Elmokhtar, Abderrahmane Haddad, Othmane Ould Boubacar, Mohamed Ould Jeddou, Mohamed Ould Amar et Mohamed Ould Hayda croupissent en maison de correction, à Dar Naim, co-pensionnaires de délinquants à machette, d’assassins et de jihadistes ; au moment d’investir leurs cellules, ils achevaient 15 jours de garde-à-vue, dans le local de la Direction de la sûreté de l’Etat (Dse). A la fin du mois de mai 2020, Eby ould Zeidane publie de nouveaux textes sur Facebook ; il y critique le dogmatisme des sociétés islamiques, la validité de la polygamie et celle du jeûne du Ramadan, au regard du cycle de la lune. Selon lui, ses coreligionnaires ont beaucoup dévié de la voie du Prophète Mohamed. Dans ses commentaires, il argumente que les musulmans ont déformé le message de l’Envoyé et escamoté des passages explicites du Coran ; le 3 juin, la police se saisit de sa personne et lui impute des faits d’apostasie et de blasphème, punissables d’élimination du corps, sans délai ni repentir, si l’on considère l’article 306 nouveau, du code pénal.

Déjà, le 30 janvier, des garçons et une fille, invités à une fête d’anniversaire, se retrouvent inculpés d’imitation des femmes, d’après le réquisitoire du procureur, incapable de prouver l’homosexualité des susdits, passible, elle, de l’exécution. Le Parquet évoquera la célébration de la date de naissance comme une attestation d’hérésie car elle prend les mécréants pour modèle et leur impose une peine de deux ans d’incarcération, assortis de rabaissement moral. Le reste de leur existence portera le sceau de l’infamie.

• Tuer, par raccourci

Il y a lieu de le souligner, les agents en charge de l’enquête ont pu, à chaque fois, récupérer les téléphones portables des prévenus, extraire le contenu et le diffuser, à grande échelle, sur les messageries instantanées et les groupes de discussions de Facebook. Les fuites occasionnent, alors, la révélation de l’identité des victimes ; dès le début des fuites, les familles s’empressent de les abandonner et une partie du peuple, fanatisé par le wahhabisme périphérique et celui des institutions de l’Etat, les agonit d’injures et de menaces de pendaison, d’égorgements et autres civilités de rigueur parmi les gardiens de la foi pure. Bien entendu, les prévenus comparaissent brièvement devant un juge, avant de recevoir la sentence. A Dar Naïm, ils cessent de bénéficier de soins et s’enfoncent dans la honte et l’isolement, en perpétuelle peur de se faire poignarder. Leur survie rime avec le danger, chaque jour, en particulier ceux justiciables d’infractions à incidence confessionnelle. La propagation de l’apologie du meurtre pieux et sa banalisation ont produit, au sein de la population des villes, un état mental de prédisposition à tuer pour Dieu, sinon emprisonner, torturer et bannir en son nom. A l’inverse, les élus peinent à légiférer contre le viol, au prétexte que l’homme disposerait, en vertu de la chari’a, d’une supériorité ontologique sur la femme.

• Aux sources d’une faillite

Certes, les vagues d’arrestations illustrent une option autoritaire au sommet de l’Exécutif. Cependant, à l’examen des circonstances l’actuel gouvernement n’abrite même pas le semblant d’une idéologie de l’ordre qui occasionnerait un usage excessif de la brutalité. De facto, les violations constatées de la dignité des gens découlent, plutôt, de l’absence de technicité, de l’ignorance et de l’incompétence, à tous les échelons de l’appareil sécuritaire. A l’improvisation s’ajoute le degré d’infiltration de la police et de l’administration par l’extrémisme religieux et les zélateurs de la négrophobie. Cette évolution aggrave l’incurie et explique, la succession de plus en plus rapprochée, des alertes. A aucun moment, les autorités ne semblent avoir perçu le dilemme où elles se débattent, de combattre le terrorisme dans le cadre de la coalition du G5 Sahel et d’appliquer, au pays, le programme de Daesh, grâce à l’appui de fractions de l’opinion favorables à l’avènement d’un Etat jihadiste sur le sol de la Mauritanie. La plupart des organisations de la société civile, les partis reconnus, le Parlement et les ambassades accréditées à Nouakchott, s’aveuglent face à l’évidence du lien entre le takfirisme ambiant, la perte de la qualité des services de justice et la facilité du recours privé à la violence.

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 6 juin 2020

Tribune – Réflexion : « Dura lex, sed Lex » : La loi est dure mais, c’est la loi. Par Souleymane Sidibé

Quand nous verrons cette locution, ou son équivalent, écrite dans nos langues nationales aux frontispices des tribunaux et des facultés de droit, et quand l’exercice du droit et son application s’en suivent, nous aurons honoré la Mauritanie. 

Il est impossible d’avoir peur de Dieu et d’un autre Individu à la fois ; surtout dans l’exercice de ses fonctions. Pour certains, le choix est fait. D’autres ont peur de ne pas enfreindre l’Éthique. 

La loi reste méconnue de beaucoup d’individus. Son Utilité, sa pratique et sa définition sont désapprouvées par ceux qui l’appliquent. Il y a un problème de contenu mais aussi de représentativité. Dès lors que la personne en charge de faire respecter le droit, ne sait pas qu’il en est juste un représentant et non pas l’incarnation, le problème d’abus se pose.

Étant une norme ou une règle générale, la loi, dans un environnement démocratique, émane d’un pouvoir législatif : le parlement sous forme de texte. Les lois adoptées par le Parlement sont promulguées soit par le Président de la République, soit sur proposition de parlementaires (députés dans le cas de la Mauritanie), soit à partir d’un projet déposé par le gouvernement dans tout État démocratique. 

Ne respectons pas seulement la Loi (l’autorité), mais les Lois qui englobent des conventions, des codes, des règles, et qui régissent la vie sociale. Ayons ces lois expressives ! Elles s’appliquent à tous. Civil ou militaire, personne ne doit être au-dessus de la loi.

Nous devons avoir une SOCIETE où l’on n’est pas obligé de s’aimer mais de se respecter et respecter les lois. « Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer, mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher » affirmait Martin Luther King. On sera tous d’accord que chaque État doit faire valoir cela pour la liberté et la protection des uns contre les autres si besoin par l’usage de la force. 

Hannah Arendt pense que si la force est utilisée, c’est que l’autorité a échoué. Comment faire valoir l’autorité avec la raison sans bafouer les principes universels ? On ne peut en aucun cas connaitre la législation sans être passé par des études. La législation est l’ensemble des lois et des règlements en vigueur dans un pays. Il est alors fondamental de demander s’il y’a une législation mauritanienne car, deux cas de législation sont en concomitance.

  • De la NECESSITE d’une législation unique.

Sans s’aventurer dans ce champ lexical de juriste, il est bon de savoir que la loi a pour « bon ami » le droit, si exact est le propos. Le droit est la capacité de jouir de quelque chose, de faire une action. Le droit est aussi « l’ensemble des règles et des normes générales qui régissent les rapports entre les individus et définissent leurs droits et prérogatives ainsi que ce qui est obligatoire, autorisé ou interdit ». Il peut s’appliquer de façon contraignante par l’intervention de la puissance publique, c’est-à-dire de l’État. Tenons-nous au DROIT moderne qui permet une condition d’HOMME pour une ouverture au monde moderne. Pour nous qui avons hérité la dimension de la culture abrahamique, tachons de ne pas oublier la bonne moralité. Ce que la morale réprime, le droit ne l’interdit forcement pas. Ce que le droit réglemente, la morale n’approuve pas forcement. La bonne moralité est différente de la bonne conduite citoyenne d’où la nécessité de parler de règle morale et règle de droit pour ne pas aller à l’encontre de la LOI.

Pour en venir au droit (ENSEIGNEMENTS), il est segmenté en plusieurs sous-ensembles. Il existe alors le droit civil, le droit pénal, le droit international, le droit commercial, le droit des affaires, le droit du travail, le droit privé et enfin le droit public. Ces différents sous-ensembles correspondent chacun alors à « un domaine de la législation ». In situ, il est nécessaire d’apprendre le droit en Français en Mauritanie et ce, depuis les petites classes pour construire le citoyen moderne. Et, s’il le faut, traduire les textes juridiques (textes de lois) dans nos langues maternelles.

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule que : « L’exercice des droits naturels de chaque Homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits ». En parallèle, la jouissance de ces droits (« faculté de réaliser ») entraîne des responsabilités. Elle entraine aussi des devoirs tant à l’égard de soi-même qu’à l’égard des personnes ; des futures générations. Les droits supposent des devoirs ! Les devoirs sont ce à quoi la bienfaisance, la loi, et les règles nous demandent d’honorer. 

On ne peut pas parler de LOI, de Droit, de DEVOIRS sans parler des libertés : choses essentielles dans la vie de L’humain.

La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d’un système politique ou social, sans porter préjudice aux autres et à la SECURITE PUBLIQUE.

Par contre, les patrouilles nocturnes intempestives ne permettent pas cette acquisition dans les quartiers défavorisés à Nouakchott. 

L’insécurité aussi fait obstacle à la capacité de profiter pleinement de sa liberté. L’insécurité est liée au manque criant d’éducation. Cela conduit souvent les jeunes délaissés et défavorisés à se livrer à la délinquance. Il existe une très forte corrélation entre le manque d’éducation et la délinquance. En ce sens, «la liberté commence où l’ignorance finit ». La liberté s’exprime sous plusieurs formes : – Il y a la liberté naturelle (droit naturel) – La liberté civile qui est celle du respect des lois – La liberté politique : voter librement. Il y’a, en outre, l’expression des libertés fondamentales appelées aussi « droits fondamentaux » qui ne sont autres que les « droits primordiaux » subjectifs de l’individu comme les Droits humains et les libertés publiques… La LIBERTE peut alors s’appliquer comme liberté de conscience (choix de croire en une religion ou pas en occident surtout), liberté d’opinion ou d’expression, liberté de presse, liberté de mouvement, au syndicalisme, même en économie… 

La loi, comme ensemble de moyens de maintiens de l’ordre, du droit, de l’expression de la liberté, doit être aussi la « RED LINE », ligne rouge à ne franchir. Elle doit être le choix voulu par la « volonté générale ». 

La « volonté générale » doit être l’expression d’une compétence extraordinaire (magistrats) qui domptera l’arsenal juridique. Elle est aussi celle du parlement ou la chambre des représentants du peuple (pour faire comprendre l’utilité d’un député), et des projets gouvernementaux. In fine, il est évident de remarquer que la loi est législation (science de la connaissance des lois) et elle est aussi le droit écrit. Elle comprend la Constitution, les lois édictées par les parlementaires, ainsi que les décrets, les arrêtés et, dans une certaine mesure, les circulaires qui émanent du pouvoir exécutif à savoir le gouvernement.

L’obligation de LA SEPARATION DES POUVOIRS est nécessaire car, la CONCENTRATION des pouvoirs dans la main d’un seul individu est dangereuse. D’autant plus que la macrocéphalie gouvernementale est dangereuse, autant il est dangereux d’avoir en Mauritanie des députés qui appellent à la violation de la plus grande norme en droit comme nous avons eu récemment à le voir : LA CONSTITUTION. La loi doit être dure à leur égard puisqu’il en va de la Survie de L’État et du pays. La revendication de la scission entre l’État et le « Clergé » est plus que nécessaire pour que les lois puissent être appliquées à tous. Cette séparation est fondamentale à tout état qui se veut démocratique. L’État doit œuvrer à faciliter l’exercice de la foi et protéger le lieu de culte mais ne doit pas faire l’objet d’instrumentation de la religion ou par celle-ci. Il faut que l’on parle d’institutions judiciaire et plus d’appareil judiciaire. Par la suite, l’engrenage de la culture du droit, des lois sera effectif.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », Article premier, Déclaration universelle des droits de l’Homme. De ce fait, ester une personne en justice ne sera plus mal vu mais sera d’une responsabilité et d’une maturité citoyenne à travers l’acquisition et la compréhension du droit. Les procédés culturels resteront un moyen toujours envisageable. La protection des individus, leurs libertés, et leurs intégrités contre les abus sera plus assurée. Et plus les institutions juridiques seront fermes, plus il y aura prise de conscience et moins de violences jusqu’à la moralisation de l’économie citée par Thierno Souleymane Bal comme le fait de ne pas s’enrichir illégalement pendant l’exercice de ses fonctions. 

Les lois doivent effacer le conditionnement citoyen archaïque qui est le fruit de l’ignorance, et qui se manifeste encore par les castes. Nous avons besoin de citoyens égaux et ayant une culture du droit. Les lois n’ont pas pour but de discriminer, de marginaliser ou de spolier des terres à partir de reformes.

  • Des LIBERTES PUBLIQUES pour un ETAT DE DROIT !

L’État de droit préconise le pouvoir soumis au droit par le respect de toutes les normes et recommandations. Dans un État de droit un individu peut contester ou poursuivre « la puissance publique », les actions d’un politique s’il les considère comme illégales ou une entreprise. L’État est considéré comme une entité morale voire personne morale. Hans Kelsen définit l’État de droit comme un « État dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée ». 

La Loi est alors régisseur des comportements et elle punie les manquements d’ordre juridique. Le plus haut gradé de l’armée doit répondre de ses actes et doit être inquiété pour toute atteinte et excès même dans l’exercice de ses fonctions. Pour finir, il est inéluctable de dire qu’un État de droit est caractérisé par « une hiérarchie des normes » à savoir le classement hiérarchisé des normes du système juridique pour en garantir le respect et la cohérence comme la rigueur. Il faudra donc une séparation entre les différents pouvoirs : pouvoir exécutif, pouvoir législatif et pouvoir judiciaire. – L’égalité des personnes face aux règles – La responsabilité des politiques face à leurs actes – La soumission de l’exécutif au droit. Il n’est pas possible de faire fonctionner les rouages de L’État sans LOI ORGANIQUE. Optons pour cela en Mauritanie. Optons pour la fraternité dans le respect de nos lois. Optons pour plus de justice et de justesse.

Souleymane Sidibé

Analyste à Perspectives Afrique

Bordeaux, France.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (4 juin 2020)

ILS ONT TUÉ ENCORE UN AUTRE FILS DE LA VALLÉE DES LARMES !

Ils ont tué un autre fils de la vallée ou un autre « Binngel Kummba » comme aimait dire le grand érudit Foutanké feu Thierno Younouss. Ce jeune père de famille de 35 ans était un charretier et avait transporté les marchandises d´un commercant maure sur les berges du fleuve. C´est un crime et il fallait l´assommer par un tir de sommation. Un tir de sommation ….à bout portant qui se retrouve dans sa poitrine!!!
Le propriètaire de la marchandise lui fut simplement arrêté et conduit à Aleg. Le pauvre Abass Rougui Diallo ne savait pas que c´est un crime d´être noir au pays des chauvins racistes panarabistes plus chauvins que Derek Chauvin le meurtrier de George Floyd à Minneapolis. Il pensait seulement à avoir sa dépense quotidienne, nourir sa famille en prenant ce petit risque en cette période de pandémie. Rien ne peut justifier encore ce crime de plus. Paix à son âme!

Ce meurtre me rappelle aussi celui du jeune Lamine Mangane, un jeune de 17 ans, tué le 27 septembre 2011 à Maghama. Lamine n´avait commis comme seul crime que de crier haut et fort comme les jeunes de sa génération : ”Touche pas à ma nationalité” pour s´ínsurger contre le génocide biométrique initié à l époque par le multi-récidiviste putschiste Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Une balle d´un petit gendarme est venue pour le faire taire et voler son innocence et sa jeunesse à jamais. Paix à son âme. Lamine Mangane nous n´oublierons pas.

Un autre meurtre de l´armée mauritanienne m´est revenu encore en mémoire c´est celui de Amadou Kane dit Amadou Likseyba en août 2003. Certains l´ont certainement oublié mais les parents de la victime non. Ce jeune avait oublié de se promener avec sa « carte d´identité « . Il avait oublié son identité Négro-africaine mais aussi son statut de citoyen de seconde zone. Il n´avait pas 18 ans mais il lui fallait ce précieux césame pour circuler « dignement  » et « librement « dans cette prison des Noirs qu´est devenue la Mauritanie. Amadou Likseyba ne savait pas que sa vie est moins que rien.Tuer un nègre équivaut à tuer une mouche. Cela ne saurait entrainer de sanction. La chambre d´enregistrement que certains appellent pompeusement « assemblée nationale » est d´ailleurs là pour laver plus blanc. Elle votera, nombre de fois que le pouvoir le voudra des lois d´auto-amnistie et d´amnésie forcée comme une lettre à la poste. C´est la Mauritanie, notre Mauritanie, leur Mauritanie.
Il n´avait tué personne,il n´avait même pas repondu aux insultes des policiers et il ne devait même pas voter pour les élections de 2003 contre Haidalla le challenger de l´époque du colonel-président Ould Taya mais sa silhouette noire et son nom trop pulaar dérangeaient les policiers haineux et racistes.
A qui la faute? Certainement pas au régime despotique de Taya mais aux parents du pauvre disparu. Ils avaient oublié eux aussi, certainement distraits par « le processus de démocratisation » ou du ”changement dans la stabilité”, slogans de l´époque, de « pratiquer sur leurs fils « une transfusion de mémoire » sur les années de braise du régime mais surtout sur la nature du Système qui gére le pays.

Abass Diallo, Amadou Kane, Lamine Mangane ne sont pas le premiers négro-mauritaniens à tomber sous les balles du régime mauritanien et il ne seront pas aussi les derniers tant que ce Système ethno-génocidaire et esclavagiste restera en rigueur et en vigueur.

Je me souviens encore du meurtre d´un autre Amadou, un jeune cousin à moi, Amadou Sall de Jowol c´est son nom, il avait le même âge que notre Amadou Kane, moins de 17 ans, lui aussi avait rendu l´âme aprés quelques séances de sadisme et de cruauté sur son corps. Son crime? Il avait refusé de puiser de l´eau pour les militaires qui se comportaient en territoire conquis dans la vallée des larmes. Il ne savait pas qu´un noir est fait pour exécuter les desidératas du bidasse occupant comme sur les terres du Gaza.

Je me souviens aussi d´un autre jeune victime de cette terreur raciste . Mamadou Moussa Ndiaye, il avait à peine 15 ans, il était aussi de chez moi, Jowol, une ville martyre pendant ces années de braise, il n´avait pas eu droit aux tortures c´était des tirs de gâchette pour lui enlèver l´âme . Vous me demanderez certainement encore son crime? le péché de Mamadou Moussa est qu´ il était sur les bords du fleuve natal pour pêcher le ”mbardi haako” avec son oncle à l´heure de l´état de siége non déclaré, à 17 heures, heure de Taya. Il devait être au lit, il ne le savait pas, personne ne lui avait notifié la nouvelle situation. Lui et son oncle Abdoul Boucka Ndiaye ancien militaire radié suite aux évènements de 1987 seront tués à bout portant par les amis du lieutenant- flingueur Ghaly Ould Souvy et enlacés dans leurs filets par les forces d´occupation et jetés comme des chiens derrière le village. Paix à leurs âmes!

Ils n´étaient pas les seules victimes de la terreur de la soldatesque du Système dans la vallée du fleuve. Je me souviens aussi de
l´assassinat du vieux Hamadi Dioumo Ba, qui est aussi de mon Jowol natal. Il était parti aux champs avant le « réveil » du soleil.
C´était un crime. Baba Hamadi ne le savait pas, il était un pauvre cultivateur, il ne pensait qu´à ses champs, il voulait seulement nourrir sa petite famille et ce sont des tirs en rafale pour lui rappeler qu´il était interdit de circuler avant le lever du soleil. Paix à son âme.

On se souvient encore d´un autre Amadou, qui avait défrayé la chronique dans la presse mauritanienne en 1994, Amadou Pamarel Sow de Fondou mais aussi Ousmane Dia le postier de Maghama, Kodda Diangua, tous tués arbitrairement par l´armée d´occupation qui faisait la pluie et les larmes dans la vallée. La liste n’est pas exhaustive mais c´était juste quelques petits rappels.

Je n´oublie pas l´exécution sommaire et tragique des 28 notables de Mouta-Alla (Guidimaxa) à leur tête le chef du village Goumbo Diawo mais aussi avec eux un autre déficient mental originaire de Tissel Angara (Guidimakha) et qui répondait au nom de Ngadiari Barry. On pouvait certainement reprocher aux notabilités et les jeunes de Mouta Alla de haïr le régime qui a déporté leurs familles entières au Mali mais que peut-on reprocher à un handicapé mental ? Sinon leur haine à tout ce qui est NOIR dans ce pays !

Les évènements tragiques de Sylla Rindiaw, Fonndou, Ndiorol, les charniers de Sori Malé, Le puits de l´horreur de Wuro Jeeri ( Maghama), les charniers de Wothie, la prison mouroir de Oualata, L´Enfer d´Inal, les camps de concentration de N´beyka, Azlat, et Jreïda sont là pour nous rappeler que les professions de foi démocratique de nos putschistes ne sont que des leurres. Rien dans le discours et dans la pratique ne nous donne à penser que le Système ait changé, ni même qu´il le souhaite sur ce point comme sur d´autres.
Ce que vous faites m´empêche d´entendre ce que vous dites, disait quelqu´un.

A quand la fin de l´impunité, à quand le temps de rédemption des opprimés et des exclus? Il est évident qu´aujourd´hui le virus du racisme est plus ravageur que la pandémie du Covid-19 en Mauritanie. Patriotes du pays, indignez-vous et levez-vous pour sauver notre pays du démembrement avant qu´il ne soit tard.

La lutte continue !

Kaaw Elimane Bilbassi Touré

Tribune : « Le général Picquart du désert où la fabrique des héros 2.0 » Par Diallo Saidou dit Thierno

Les sorties tonitruantes du trublion de la diplomatie mauritanienne lui ont valu d’être relevé de ses fonctions juste après une promotion.
La cause, une dénonciation légitime (même si on peut discuter de la manière) des discriminations que subissent les Halpularénes.
Le ministère des affaires étrangères, dans une forme de fourberie sans nom, le remplaça par un de ses amis dont il a dénoncé la marginalisation.

Si les sorties sur les RS de l’intéressé ont fait sensation avec un élan de soutien large. Elle a aussi était l’occasion pour certains, à l’insulte facile, de jeter l’opprobre sur son remplaçant.
Se faisant, les soutiens du diplomate déchu ont voué aux gémonies son remplaçant, tombant ainsi dans le piège sciemment orchestré par l’administration.
Et il est désolant de voir des personnes aguerris politiquement et baigné dans l’histoire, affubler un de leurs semblables de Négre, ce substantif utilisé péjorativement dans la lutte contre l’émancipation des Noirs.

Ainsi les militants 2.0 en manque de repère ont trouvé en ce diplomate déchu un Héros, un Martyr vivant au service de la cause!
Pourtant le récit héroïque qu’on veut nous imposer avec cette figure de l’homme qui se sacrifie pour les Noirs de Mauritanie est plus complexe qu’il n’y parait.

Car cohérence pour cohérence, dans sa dénonciation légitime de manque de diversité dans les dernières nominations au niveau du ministère des affaires étrangères, l’homme ne s’intéresse qu’aux Halpularenes, sa communauté d’extraction oubliant au passage l’ensemble des autres communautés qui sont victimes de marginalisation !

Cohérence pour cohérence, pourtant celui que vous érigez en héros aujourd’hui, était un fervent soutiens du régime actuel durant la campagne présidentielle précédente !

Cohérence pour cohérence, votre héros du jour, il y’a de cela un an traitait la CVE de coalition de toorobbés, invitant vos militants à quitter le navire, preuve à l’appui.

Cohérence pour cohérence, votre héros a fait le choix de dénoncer cette marginalisation sans concertation avec les intéressés. En les citant nominativement, il implique ainsi des gens dans une affaire (légitime soit-elle) sans leurs consentements. Ces derniers découvrent cela sur les RS.

Face à une politique structurelle de marginalisation communautaire, on ne peut opposer une dénonciation de circonstances, au risque que cela s’apparente à une action spectacle.

Les lanceurs d’alertes restent généralement dans les lambris dorés du pouvoir ( pas pour en profiter) afin transmettre à des relais extérieurs des informations pour alerter l’opinion…

Dire cela n’est pas une forme remise en cause du fond, à savoir le combat légitime pour mettre fin à cette saignée dont on est victime dans nos administrations.

Cette petite contribution qui se veut factuelle, n’emportera probablement l’adhésion de beaucoup et tant mieux. Cependant l’auteur que je suis vous invite à porter la contradiction sur le terrain de l’argumentation rationnelle au détriment des diatribes émotionnelles qui me laissent de marbre.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur – 21/05/2020