Mauritanie/Politique : Osons !, par Bocar Oumar BA

Arrêtons-nous juste un instant. Le président du Parlement traite un élu du peuple d’étranger, voire de bâtard (si mon hassaniya ne m’a pas trahi), au sein même de l’hémicycle de l’assemblée nationale, tout ça dans un pays où il y a seulement quelques mois, une célèbre marche fut organisée au plus haut niveau contre les « discours haineux », et ça suscite à peine quelques indignations…

Les députés et militants de la majorité qui avaient tous soutenu cette fameuse marche hypocrite doivent avoir le cerveau surconnecté carrière pour ne pas voir que l’insulte leur est adressée au même titre. Quelle misère politique, intellectuelle et éthique que celle qui tue en vous cette dose minimale de dignité qui ferait dire à n’importe quel homme ou femme:  » non, je n’irai pas jusque là! « 

Et c’est dans ces rares cas que j’apostrophe directement les négro-africains qui militent au sein du parti au pouvoir pour leur dire d’oser la dignité minimale. Je ne suis pas, et ne serai jamais de ceux qui leur reprochent leurs nominations à des postes de responsabilité. Je le leur souhaite même, et grand bien leur en fasse! Mais quand ils participent à des manifestations hypocrites organisées par le pouvoir, dont on voit bien que la seule cible c’est nous autres militants noirs soulevant les vraies questions de discrimination dans ce pays, ils doivent avoir le minimum de courage de demander que le principe s’applique quand ce n’est pas un Biram, un IMS, un Samba Thiam ou un autre. Ils doivent oser réclamer que la sanction s’applique à Ould Baya, ne serait que pour éviter que nous ayons raison de dire qu’ils ne soutiennent que par carriérisme, et jamais par conviction.

Osez la dignité! Réclamez que les principes que vous avez défendus lors de cette marche (si tant est que c’était les principes qui vous importaient) s’appliquent pour le président de l’assemblée.

©️ Crédit source : post Facebook de l’auteur (du 2 février 2020)

Mauritanie – Justice : Le mathématicien Mamadou Sy réagit sur le cas des homosexuels condamnés.

Voilà une injustice qui se produit devant des millions de complices. L’Avenir nous dira à quel point nous avons tord, à quel point nous sommes lâches de ne pas protéger la diversité, de leur appliquer des peines qui ne condamnent que la notion même de la diversité.
Si nous savions à quel point notre existence même doit à la diversité des choses, nous serions plus ouverts. Mais hélas, quand des règles de fermeture animent un groupe, il ne comprendra qu’il court à sa perte que seulement quand il est condamné. Notre société a encore une fois échoué, en ne sachant pas comment gérer sa diversité, sa force, et comment ménager les phénomènes qui lui sont singuliers, qu’elle soit si agressive à l’encontre du singulier qu’elle décrète contre-nature, elle montre sa faible capacité en tant que société.
Qu’un groupe d’individus usurpe le pouvoir judiciaire pour y instaurer des positions extrêmes et que des millions de gens approuvent ou exigent même des peines plus lourdes, cela est un signe de plus que notre société est une société faible. Et c’est dangereux pour elle!
Pour le bien d’une société, les principes ‘exclusivistes’ doivent rester personnels, il n’y a que des principes humanistes qui devraient s’ériger en bases pour des lois communes. Il est clair que des principes basés sur la phobie des caractères sont exlusivistes. Il est lâche, pour un soi-disant intellectuel, de tomber dans la facilité extrême à faire passer ses positions exclusivistes parce quelles sont majoritairement acceptées au détriment de l’humanisme. La plupart de nos intellectuels, professeurs, penseurs ne savent que citer Volaire, répéter Montesquieu, brandir Thierno Souleymane Ball, et redire Lincoln. Mais s’il s’agit de se comporter en un bon défenseur des droits de l’Homme, et là je ne dis pas de ses droits mais tout simplement de ceux de l’Humain, alors ils se font petits, ridiculement petits et plus minables encore que certains injustes notoires. Vous n’avez pas compris ou vous avez peur d’exprimer votre compréhension que ces héros que vous citez ne l’ont été que parce qu’ils ont osé dire non, s’opposer aux idéologies de leurs temps qui exprimaient une profonde injustice. Aujourd’hui c’est notre temps, nous sommes témoins ou acteurs conscients ou non des injustices de notre temps occasionnées par des idéologies puissantes de notre temps, alors combattons les ou libérons nos postes d’universités, de leaders de mouvements, cassons nos plumes et économisons de l’encre, éteignons nos micros; car nous ne servons alors strictement à rien!
C’est un instant bizarre mais instructif quand on découvre cette pulsion injuste et primaire entrelacée avec les plaintes justifiées d’intellectuels qui, au fond, sont des criminels en puissance. Ce jour est triste.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (31/1/2020) joint au lien ci-dessous

🔹️Le lien média https://kassataya.com/2020/01/31/condamnation-des-homosexuels-a-des-peines-de-prison/

Mauritanie/International : Le député BDA classé dans le Top 100 – 2019 de Washington Compol


Une célèbre institution américaine appelée Washington Compol publie son Top 100 personnalités politiques ayant influencé l’année 2019. Dans cette liste, le député mauritanien et leader abolitionniste Biram Dah Abeid a été classé 19 ème. Se trouvant dans les 20 premières figures influentes courant 2019, Monsieur Dah Abeid était arrivé deuxième lors de l’élection présidentielle de Juin 2019 en Mauritanie. Militant irréductible pour l’avènement d’un Ordre Juste dans son pays et combattant anti-esclavagiste à travers son emblématique mouvement IRA-MAURITANIE, a été récipiendaire de nombreux titres honorifiques dans le monde. Rappelons le que son mouvement IRA-MAURITANIE fondé en octobre 2008 n’a pas été toujours reconnu par les autorités mauritaniennes.

KS pour le BLOG

🔹️L’élément médiatique :《Le Mauritanien Biram Dah Abeid, classé 19 ème par l’institution Washington Compol 100, parmi les personnalités politiques les plus influentes au monde pendant l’année 2019.

■Lien à suivre : https://mprgroupusa.com/2020/01/13/compol-100-los-profesionales-politicos-mas-influyentes-de-2019-11-al-20/

©️Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

Droits humains : comprendre la problématique de l’esclavage coutumier en milieux soninkés, par Baliou Coulibaly.

Interview très fructueuse avec M. Baliou Mamayary Coulibaly, professeur d’anglais, journaliste, homme de culture et fervent militant des droits humains. Il a ouvert ses portes pour répondre à nos questions d’actualité sociale dans le milieu Soninké. Bonne lecture.

1-Bonjour Baliou Mamayary Coulibaly, merci d’avoir accepté à répondre aux questions du site guidumakha.com, pouvez vous nous présenter votre parcours aux lecteurs ?

Merci Monsieur Dicko pour m’avoir donné l’occasion de m’adresser à vos lecteurs. Je m’appelle Ba Aliou Coulibaly connu sous le nom de Baliou Mamayary, je suis originaire de Kaédi, Gattaga. J’ai fait mes études à Kaédi, après mon bac en 1985 j’ai poursuivi les études à l’université de Nouakchott, ensuite j’ai intégré l’Ecole Normale Supérieure ou je suis sorti comme professeur d’Anglais. J’ai enseigné pendant 12 ans avant d’intégrer Oxfam GB comme chargé de l’interprétation et de la Communication. Aujourd’hui je travaille dans le domaine de la gouvernance des industries extractives. Parallèlement à ces activités je milite activement pour le respect des droits humains de manière générale et je lutte contre les pratiques esclavagistes en milieu Soninké de manière particulière.

2-Vous êtes le porte parole d’un Collectif de Lutte Contre l’esclavage en milieu Soninké, votre collectif est composé de combien d’associations et citez nous leurs noms ?

Effectivement je suis le porte parole du Collectif des associations de lutte contre l’esclavage en milieu Soninké qui regroupe l’ensemble des mouvements et associations de lutte contre l’esclavage en milieu Soninké notamment Ganbaanaxu ; A ce titre nous avons publié plusieurs déclarations dénonçant les violations de droits humains liés à l’esclavage et organisé un important sit-in devant la Présidence pour attirer l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion nationale et internationale sur l’esclavage en milieu Soninké . Cette manifestation a été couverte par la presse nationale et internationale notamment RFI

3-Comment décrire les pratiques de l’esclavage dans le milieu Soninké aujourd’hui?

Jusque dans un passé très récent beaucoup de nos détracteurs niaient l’existence de l’esclavage chez les Soninké. En réalité ce que ces négationnistes souhaitaient c’est de voir des personnes enchainées et marquées au fer rouge pour reconnaitre que l’esclavage existe. L’esclavage est un ensemble de pratiques qui se manifestent de différentes manière chacune aussi abjecte que l’autre. Certes la violence physique est plus brutale et visible mais les manifestations liées à l’ordre social sont encore plus dévastateurs et avilissants. Dans la société Soninké les pratiques de l’esclavage se manifestent dans toutes les étapes de la vie ; de la naissance à la tombe en passant par les cérémonies sociales et religieuses, l’accès aux ressources et à la propriété.

4-Est-il vrai que les descendants d’esclaves Soninké ne peuvent être des imams, si oui, pourquoi le ministère des cultes islamiques ferme les yeux sur cette discrimination grave liée au crime de l’esclavage, votre collectif s’est-il engagé à interpeller le ministère concerné ?

Dans un village Soninké un descendant d’esclave quelque soit son érudition, ne peut jamais diriger une prière collective dans un lieu public. Cela est une règle tacite acceptée et admise de tous. Sur ce plan des associations de lutte contre cette pratique se sont levées pour s’opposer à cela. Elles ont d’abord commencé par fonder leurs propres mosquées dans leurs villages et designer des personnes issues de leur rang pour désormais diriger les prières. Nous savons que jusqu’à-là l’administration n’a pas facilité ces initiatives pour plusieurs raisons, mais face à l’immobilisme des féodaux, nous encourageons fortement les groupes abolitionnistes à disposer de mosquées dans lesquelles seule la loi d’Allah SWT prévaut.

5-Apparemment, les descendants d’esclaves Soninké sont discriminés sur beaucoup de postes, ils ne peuvent être chefs de villages, ils ne sont pas représentés dans les partis politiques de l’opposition comme le pouvoir lors des élections, ils ne sont pas nommés dans le gouvernement malgré leur compétence, comment expliquez vous cette situation ?

Effectivement, les descendants d’esclaves sont non seulement victimes de discrimination dans leurs villages mais sont aussi inexistants dans les sphères de l’administration. Cela est dû au fait que les différents pouvoirs qui se sont succédés ne sont rien d’autre que le prolongement de l’ordre féodal. Le comble, c’est de voir certains qui se déclarent militants de droits humains défendre avec véhémence l’ordre féodal et justifier que les citoyens ne doivent pas être égaux dans leurs propres villages car ils sont esclaves

6-Vous avez suspendu vos activités en tant que membre de la commission technique chargée de travailler sur l’harmonisation de l’écriture (Orthographe, et grammaire) Soninké au sein du FISO (festival international Soninké), expliquez nous les raisons ?

Effectivement suite au silence complice de toutes les organisations Soninké qui regroupent l’ensemble des intellectuels face aux actes de barbaries perpétrés contre des femmes , des enfants et même des vieillards tout simplement parce que ces derniers ont voulu rejeté l’ordre féodal, et compte tenu de la gravité de ces actes qui sont assimilables à un crime contre l’humanité, j’ai décidé de suspendre ma participation dans toutes les organisations sociales et culturelles Soninké.

7-Ces dernières années, nous avons suivi avec stupeur des scènes violentes sur les militants abolitionnistes Soninké (Ganbanaaxu Feddé) : en Mauritanie, au Mali, Sénégal et en Gambie, pourquoi selon vous cette violence gratuite envers des populations qui réclament leur droit à l’égalité entre des citoyens pacifiquement au 21ème siècle ? Les états ont-ils failli à leur mission ?

Cela est scandaleux et totalement inacceptable. Le Gouvernement Malien et l’ensemble des intellectuels Soninké se sont royalement tus face à un génocide perpétré contre une communauté qui a comme seul tort d’avoir revendiqué son droit inaliénable à la dignité humaine ; Dans ce cadre , en intelligence avec le mouvement Ganbanaxu à travers son illustre président Traoré Gaye , nous avons contacté Maitre Assane Diouma Ndiaye pour introduire une plainte contre le gouvernement Malien auprès de la cour Africaine d’Abuja. Nous tenons le gouvernement responsable de tout ce qui arrive à ces paisibles citoyens.

8-Comment jugez-vous l’attitude de la justice Mauritanienne qui met en liberté provisoire des individus incriminés sur des faits de l’esclavage et ses séquelles et qui prennent la fuite avant leur jugement ?

Effectivement ces derniers temps les pouvoirs publics ont fait des efforts notables qui ont conduit à l’arrestation et l’incarcération des trois personnes pour propos haineux et apologie de l’esclavage. Nous nous félicitons de ces progrès mais nous continuons à exhorter les autorités compétentes à plus de vigilance et de rigueur dans l’application stricte de la loi. La loi Mauritanienne considère l’esclavage comme un crime par conséquent, les sanctions doivent être à la hauteur des actes sinon, les forces du mal vont continuellement récidiver.

9-La politique et la défense des droits humains font-il bon ménage ?

Personnellement je considère cette dualité comme étant un faux débat. Les actes et les paroles d’un homme sincère doivent être en harmonie dans tous ses agissements, tout au long de son parcours. Les principes d’équité, de tolérance et de dialogue doivent être valables aussi bien en politique que dans les droits humains. Au lieu d’une antinomie, je vois entre ces deux concepts une parfaite complémentarité. Ils peuvent être contradictoires seulement pour ceux qui considèrent la politique comme le théâtre de la perfidie et intolérance

Merci d’avoir répondu à nos questions, bonne continuation.

©️ Crédit source : http://guidumakha.com/index.php/14-sample-data-articles/307-l-interview-de-baliou-mamayary-coulibaly-dans-la-societe-soninke-les-pratiques-de-l-esclavage-se-manifestent-dans-toutes-les-etapes-de-la-vie-de-la-naissance-a-la-tombe

Réflexion/Idées : 《2020 : l’incontournable Islam (partie 2 la suite)》Par Ousmane Timera

Partie 2/2 : Les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle qui expliquent pourquoi l’islam est incontournable pour l’avenir du monde.

Poussons plus loin encore la réflexion sur les dessous philosophique de la mondialisation.

Cette encapsulation ou emprisonnement de l’être humain dans sa dimension naturelle et dans les lois de la nécessité, de la concurrence et de la sélection/élection naturelle, sera philosophiquement théorisé par la pensée spinozienne et hégélienne, cette dernière opérant un retour, voire une régression (à notre avis) vis-à-vis des acquis de la modernité et de la pensée, notamment avec Emmanuel Kant, et la distinction qu’il établi entre les phénomènes (ce qui appartient au champ de l’expérience et de la science) et les noumènes (ce qui ne peut faire l’objet d’expérience mais que la raison accepte et pense) qui transcendent les premiers.
C’est cette distinction qui permet le dépassement de la nécessité naturelle et l’existence de la dimension supérieure spirituelle, de la liberté et de la créativité, et que Ghazali nommera « le stade de ce qui est après la raison » (bien qu’il donnera à ce concept un contenu mystique qui pose problème à notre avis. Mais c’est un autre débat que nous traiterons en d’autres occasions).

C’est cette distinction nécessaire pour établir la loi morale, fondée sur la dignité de l’homme et sa spécificité en raison de la dimension spirituelle qu’il porte, et qui ne peut se confondre avec l’ordre de la nature et de l’histoire. C’est cette distinction disions-nous, qui sera annulée par la pensée de Hegel, reprenant le cœur de la philosophie de Spinoza (qui intègre l’essence de Dieu dans la nature et le monde) tout en la critiquant. En leur dénominateur commun, pour Spinoza comme pour Hegel, la réalité divine se confond avec celle du monde tel qu’il est. En d’autres termes, il n’y a pas « d’au-delà » de ce monde qui l’orienterait vers le mieux et le meilleur, car l’ordre du monde est la réalité même de Dieu, qui s’y est incarné et s’y réalise. Il est donc absolu (c’est-à-dire que rien n’est au-dessus et il se suffit à lui-même).

La différence essentielle entre Hegel et Spinoza, se trouvera dans l’entité ontologique qui recevra/dévorera l’entité divine pour uniformiser ensuite la réalité et « unidimensionnaliser » l’homme (car l’idée de Dieu façonne l’idée de l’homme). Ainsi pour Spinoza il s’agira de la nature qui absorbe l’essence de Dieu ; pour Hegel il s’agira de l’histoire qui absorbe l’essence divine. Mais dans les deux cas, le déterminisme est régnant. Et la place à toute idée d’un monde métaphysique et métahistorique qui fonde la liberté et la morale et les possibilités infinies d’un monde, et qui n’obéit pas aux règles de ce monde de nécessité mais les fonde, est inexistante et devient une chimère. Marx (et Feuerbach aussi d’ailleurs) ne feront que reprendre en son essentiel cette idée, ce en allant au bout de la pensée hégélienne (qui fait de l’histoire l’incarnation de Dieu qui se réalise dans le monde): le reniement de toute transcendance et de Dieu (qui devient une création de l’homme), et la réduction de la conscience à ce monde (débarrassé du dieu qui ne se distinguait plus de la nature ou de l’histoire) et ses règles naturelles-historiques, faite de contradictions, de lutte et d’élimination au profit du plus fort, qu’il s’agit de prendre pour la raison d’être du monde et de l’homme.

Ainsi, après la divinité, c’est l’humanité qui se fait absorber et diluer dans ces lois répétitives et indifférentes à la qualité, à la beauté et à l’esprit. L’homme, n’ayant plus de principe supérieur qui fonde sa supériorité, devient (un) moyen et adopte alors pour morale les règles qu’il découvre dans la nature et/ou les outils et idées qu’il invente dans l’histoire, et tente de se soumettre et de s’adapter à elles. C’est cela même qu’est l’idolâtrie des choses (la nature, ses éléments et les origines) ou des idées (l’histoire, les ancêtres et les origines) telle que le Coran le décrit à merveille. L’être humain alors se perd et se fond dans les lois aveugles du fonctionnement mécanique du monde physique et biologique.
Ce qui est, et que l’on croit connaitre totalement, devient ce qui doit être et ce qui doit être fait. Il n’y a plus alors de mystère /ghayb ou de limite à la raison et au savoir ; et il n’y a pas, de morale, de limite et d’interdit qui oriente la volonté et l’action. C’est l’illusion du savoir absolu et celle du droit sans limite de jouir, avec pour seule limite ce que nous impose la nature en attendant sa domination, même si cela a pour conséquence la destruction de la vie biologique et symbolique.

L’économisme capitaliste ou communiste, le monothéisme néolibéral du marché, l’adoration de la concurrence libre et non faussée, le consumérisme, le nationalisme, le suprématisme identitaire, racial, culturel ou ethnique, ou l’obnubilation pour une gouvernance des êtres humains fondée sur le chiffre et le calcul au travers d’indicateurs cybernétiques, contre la gouvernance humaine morale et démocratique. Toutes ces choses qui se transposent dans vies quotidiennes et qui empoisonnent la civilisation humaine, ne sont que la transposition, idéologiquement construite, de cette vision naturaliste, animaliste et scientiste de l’être humain, coupé de toute transcendance divine, après que cette dernière fut en amont falsifiée et détruite, en la diluant dans la nature, l’histoire ou l’homme.

La mondialisation et globalisation actuelles, et la civilisation qui en a inspiré l’esprit et reste son moteur principal, ne causent ainsi les crises économiques et les désastres écologiques qui abiment tant l’humanité et le monde, qu’en raison de cette séparation du spirituel et du temporel, et l’exclusivisme qu’elle donne à la gestion et jouissance plate et quantitative de l’ici bas. Elle se contente des moyens et elle combat férocement les fins. En d’autres termes, elle idolâtre le corps qu’elle oppose à l’esprit qu’elle combat. Et elle emprisonne et veut réduire l’existence à sa réalité éphémère, instinctive et instantanée.

L’Homme ainsi fait la guerre à l’Humain pour le transformer angéliquement ou diaboliquement, selon le prisme idéaliste ou naturaliste dans lequel la domination tente de l’appréhender. Nous touchons ici au fondement religieux judéo-chrétien de la mondialisation que Spinoza et Hegel n’ont que philosophiquement conceptualisé. Il nous faut donc interroger les religions juive et chrétienne dans le rapport au monde qu’elles ont instillé dans les consciences et européenne et américaines et les philosophies hegeliennes et spinoziennes qui inspirent l’esprit de la mondialisation actuelle (la suite prochainement).

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (25 janvier 2020)

Mauritanie – Diaspora : 《AUDIENCE AVEC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 》Par le député Diawara Issa Mansega



COMMUNIQUE

J’ai eu l’honneur d’être reçu en Audience par son excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République lors de sa récente visite en France.

L’entretien a porté principalement sur les préoccupations de nos compatriotes établis en Europe.

Dans ce cadre j’ai porté à sa haute attention les questions d’état civil, de double nationalité, de visa d’entrée en Mauritanie et d’aide au retour au pays aux retraités immigrés mauritaniens.

🔹️Sur l’état civil :

Le président m’a informé avoir instruit les différents services concernés par la question (Etat civil, intérieur et commission Diombar) en vue de créer la synergie nécessaire pour lever les blocages entre services, qui empêchent certains de nos concitoyens d’accéder à leurs documents d’état civil.
Dans ce cadre les services d’état civil mettront davantage d’information à la disposition des usagers. Et les délais de traitement des dossiers seront raccourcis.
S’agissant de nos compatriotes non recensés en 98, des commissions ont été déjà mises en place dans Chaque wilaya pour le règlement de leurs cas. Quant aux mauritaniens établis à l’étranger et en Europe en particulier, son excellence Monsieur le président de la République m’a informé qu’un dispositif spécifique pour répondre au cas particulier des Mauritaniens établis en Europe sera mis en place.
Voilà décrit les premières mesures prises en matière d’état civil. Toutefois le Président de la République a ajouté qu’il réunira régulièrement les services concernés par la question pour une évaluation continue des progrès qualitatifs réalisés et si besoin pour apporter les améliorations qui s’avèreront nécessaires.

🔹️Sur la double nationalité :

Sur ce point le président de la république a d’abord affirmé ses convictions quant à l’importance qu’il accorde aux membres de la diaspora en tant qu’acteurs importants du développement national, en ce qu’ils créent des partenariats multidimensionnels, participent à l’essor de l’économie nationale par des investissements et l’injection des devises et qui s’impliquent à tous les niveaux de la coopération, qu’elle soit, multilatérale, internationale ou décentralisée pour l’intérêt du pays.
Il dit apprécier fortement cet apport et que c’est ainsi qu’il est disposé à accorder à la diaspora toute la place qu’elle mérite. Après quoi il a déclaré avoir évalué l’efficacité des dispositions actuelles relatives à la double nationalité, et que conformément à ses engagements electoraux, il a instruit les départements compétents à lui soumettre une étude sur les aspects techniques visant à définir les conditions d’application du principe d’automaticite de la double nationalité dans les meilleurs délais.

🔹️Sur le visa d’entrée en Mauritanie :

Le président de la république dit comprendre les préoccupations des familles d’origines mauritaniennes soumises à cette formalité, tendant à demander l’allègement des conditions de son obtention, voire de sa suppression. Le président de la République considère qu’aussitot que la mesure du principe d’automaticité sera mise en vigueur, les personnes concernées seront dispensées de visa.
En attendant si les délais le justifient, des mesures transitoires d’allègement des frais de visa pourraient être envisagées.

🔹️Sur l’aide au retour aux immigrés retraités d’origine mauritanienne :

Sur la question de l’aide au retour au pays, aux immigrés retraités d’origine mauritanienne sous forme d’une exonération à faire valoir sur une voiture à rapatrier au pays, sur présentation d’un certificat de déménagement, comme cela était le cas il ya quelques années, son excellence Monsieur le président de la république a promis d’examiner favorablement cette proposition dans les meilleurs délais.
De façon plus générale, ont été abordées avec le président de la république, la définition et l’élaboration d’une politique sur la place de la diaspora dans les politiques nationales à laquelle il s’est montré très favorable.
Il est important de faire noter enfin que lors de l’audience, le Président de la République a montré un intérêt certain à l’exposé des problématiques citées et que les réponses qu’il a données sur chacun de ces points, étaient marquées par le sceau de la clarté et de la précision.

Fait à Paris le lundi 20 janvier 2020

Diawara Issa Mansega, Député de la diaspora Mauritanienne d’Europe

©️ Crédit source : Communication source auprès du député

Communication du député mauritanien, Biram Dah Abeid, devant le Comité des Droits de l’Homme, de l’Union internationale des parlementaires (Uip), Cession du 19 au 23 janvier à Genève, Suisse.

Honorables, Mesdames et Messieurs, membres du Comité, tout d’abord, je vous préviens, honoranle, que l’état de ma santé, ne permet pas de prester debout. Ensuite, honorables, je m’adresse à vous en qualité de représentant du peuple de Mauritanie. J’ai été élu, à l’Assemblée nationale, dans le courant de l’année 2018, alors que je purgeais une peine de 6 mois de privation de liberté, au motif d’un délit d’opinion.
Grâce à la détermination des franges les plus humbles parmi mes compatriotes, envers et contre les groupes dominants, le racisme et la mentalité prégnante de l’esclavage, j’ai reçu les suffrages de l’espérance, qui sont l’arme de destruction massive, aux mains des activistes de la non-violence.
Mon parcours vous est familier, parce qu’il ne comporte rien d’original en comparaison de milliers d’autres contestataires d’Afrique et du monde arabe, sans cesse privés de la parole, de cadre légal, bref, des droits élémentaires de l’individu. Mes compagnons et moi, dirigions l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) et un parti, le parti Radical pour une action globale (Rag) ; les deux organisations, jusqu’à ce jour non reconnues et toujours persécutées, regroupent une majorité de cadets sociaux, dont des esclaves et descendants appelés Hratin, des autochtone subsahariens et des castes stigmatisées, tels les artisans, les tributaires, les griots ; cependant, nous comptons dans nos rangs, d’intrépides cadres du bloc hégémonique arabo-berbére, qui travaillent à déconstruire la domination et asseoir l’égalité ; en somme, nous représentons la majorité des exclus ; leur réveil entrainera l’éradication des privilèges de naissance et l’avènement d’une société du mérite où la supériorité raciale et le chantage à la religion auront disparu, à jamais. De nos jours, la torture y relève de la banalité, de même que le mépris envers les noirs. Mon pays en a déporté, spolié, humilié, par milliers et massacré des centaines, impunément. Une loi de 1993, protège les tortionnaires de la moindre poursuite. Une version ultra conservatrice et liberticide de l’Islam, y sert de paravent, de bouclier et d’alibi, à cette monumentale entreprise de prédation et d’exclusion ; l’essentiel des richesses du pays revient à une ultra-minorité, issue de l’ethnie arabo-berbère, celles de nos anciens maitres. Je vous parle, ici, de la République islamique de Mauritanie, un Etat, ébauche d’une modernité de façade mais encore sous l’emprise d’un obscurantisme séculaire. Depuis 1978, date du premier putsch militaire, nous combattons, d’une génération à la suivante, et souvent seuls, à mains nues, des oligarchies de prétoriens qui se transmettent le pouvoir par les coups d’Etat, devenus, de facto, le sport national de nos élites. L’essentiel du commandement militaire, de la fonction publique, de l’économie et du magistère religieux demeure le terrain de jeu de la répartition tournante entre tribus. Pire, de jour en jour, l’extrémisme gagne du terrain et façonne la société, grâce à la connivence de nos dirigeants, lesquels, pourtant, s’affichent alliés du Monde libre. D’ailleurs, nombre des vieilles démocraties, notamment en Europe, se laissent ainsi tromper, souvent sur leur sol, préférant – lâcheté ou paresse – accorder foi à une seule face du double visage de Janus. Certaines de nos lois n’ont rien à envier à celles du projet jihadiste mondial, tel, par exemple, le nouvel article 306 du code pénal qui punit de mort immédiate et sans faculté de repentir, le blasphème et l’apostasie, comme à l’époque sinistre du Saint office et de l’Inquisition. Nous sommes l’un des rares pays dont le droit prétend protéger Dieu. La Mauritanie est devenue, après la Somalie et devant le nord Nigeria, l’espace le plus mûr à l’émergence d’un Daesh en Afrique. La progression du fanatisme résulte, en l’occurrence, d’une dynamique non armée ; celle-ci procède d’idées et de préceptes sans concurrence ni contestation possible car le droit réprime l’esprit critique et protège l’enseignement de la haine ; au bout de 40 ans de financement du culte par les pétrodollars, la misogynie, l’effacement de la diversité culturelle, l’uniformisation du mode de vie sur le modèle puritain et la guerre aux langues étrangères constituent, désormais, les rouages de la fabrique de jihadistes qui tournent à plein régime. Nous n’avons encore rien vu !
Honorable assistance, malgré l’ampleur des défis et le caractère répétitif des épreuves, des emprisonnements et sévices infligés à mes camarades et moi, en dépit des privations de soins et de salaire, je me suis porté candidat à l’élection présidentielle du 22 juin 2019. Les résultats officiels, à l’image de la plupart des scrutins dans l’hémisphère sud, consacrèrent le paradoxe de l’adage inversé « qui gagne perd ». Il me fut reconnu, à contrecœur et au terme des tripatouillages habituels, le statut de deuxième, en nombre de voix, soit 18,58 % des suffrages exprimés. Pars souci de la paix et de la cohésion sociale, j’ai accepté le verdict frauduleux et tourné la page. Par expérience, j’étais instruit de l’épilogue prévisible.
Mesdames et Messieurs, nobles représentants de la conscience de l’humanité qui refuse l’oubli et s’interdit l’insouciance, petits-enfants de Treblinka et de Stalingrad, rescapés de la colonisation et du communisme, héritiers de l’Apartheid, du génocide rwandais et de la dispersion des palestiniens, aujourd’hui en butte à la barbarie du jihadisme et aux dérèglements du climat, me voici, debout, devant vous. En homme libre, je lutte au nom de ce qui nous unit, pour toujours, c’est-à-dire l’appartenance à l’espèce humaine, selon la formule tragique de Robert Antelme, rescapé des camps de la mort.
Universaliste et partisan du devoir d’ingérence face à l’oppression, je conteste la souveraineté des Etats quand elle couvre le crime. Arrêtons de conclure des trêves avec les dictatures et les marchands de paradis post-mortem. Réapprenons à vivre dans un monde d’affrontement perpétuel entre la volonté et la fatalité. Apprenons, à nos enfants, le maniement des idées de générosité, de partage mais aussi de dureté envers la tyrannie ! Sinon, nous finirions assujettis par d’autres, vous et nous, esclaves du plus fort. Nul n’est à l’abri de perdre sa dignité. Aussi, je nous invite, aujourd’hui, à réinventer, ensemble, un plan, de survie collective, qui conjugue riposte idéologique, sens de la subversion et prosélytisme de la démocratie. Cessons de ménager la Bête immonde, qui a fait des petits, dans notre dos !

Je vous remercie.
Genéve le 20 janvier 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE