● Mauritanie : Il y a une volonté d’arabiser toute l’Éducation (Souzy Boye – OLAN)

ALAKHBAR (Nouakchott) – La vice-coordinatrice de l’Organisation pour l’Officialisation des Langues Nationales (OLAN), Souzy Boye, estime que la Loi d’orientation de l’Éducation nationale « vise l’arabisation totale du système éducatif » et parle d’une expérimentation « sans lendemain » des langues nationales.

Elle est interrogée par Alakhbar.

ALAKHBAR_ Comment vous décrivez votre mouvement, OLAN?

OLAN est un sursaut de citoyenneté qui a réuni des mauritaniens de différents horizons et de différents profils après l’annonce de la présentation du projet de Loi d’orientation de l’Éducation nationale, portée par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Réforme du Système éducatif.



ALAKHBAR_ Qu’est-ce que vous réclamez précisément pour les langues nationales ?

La constitution mauritanienne reconnait quatre langues: le wolof, le puular, le soninke et l’arabe. Parmi celles-là, l’arabe est la seule langue officielle. Les autres sont des langues nationales. Nous demandons donc l’équité et l’égale citoyenneté de tous les mauritaniens et par conséquent l’officialisation des langues Puular, Soninke et Wolof au même titre que l’Arabe.

ALAKHBAR_ Pourquoi vous fustigez la Loi d’orientation de l’Éducation nationale ?

En fait, l’OLAN ne s’oppose pas à une réforme de notre Éducation. Plutôt, nous dénonçons les nombreuses zones d’ombre dans la Loi d’orientation de l’Éducation nationale. C’est une loi ambiguë quand elle aborde la réintroduction des langues nationales au système éducatif.

En lisant l’article 65, on comprend que la loi vise plutôt l’arabisation totale du système éducatif. Pour les langue nationales on nous propose simplement une expérimentation sans lendemain aux classes préscolaires et fondamentales.

D’ailleurs, les langues nationales ont été expérimentées il y a 20 ans. Pourquoi refaire aujourd’hui? Et puis, la nouvelle loi ne définit pas la période d’expérimentation. Comme je l’ai dit, il y a une volonté réelle d’arabiser tout le système éducatif.

Nous sommes seulement pour une réforme de l’Éducation qui accorde les mêmes chances à tous les enfants mauritaniens quel que soit leur appartenance communautaire.

©️ Via http://fr.alakhbar.info/16497-0-Mauritanie-Il-y-a-une-volonte-darabiser-toute-lducation-Souzy-Boy—OLAN.html

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✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec l’ingénieur informatique Sidi Camara, le concepteur de l’outil numérique Khrankompé.

La rubrique du GEB (Grand Entretien du BLOG) vous revient avec l’interview qu’un jeune pépite ingénieur visionnaire nous a gentiment accordée. Il s’appelle Sidi Camara, jeune mauritanien du Guidimagha (Tachott) qui est le concepteur d’un support numérique facilement exploitable et accessible dédié aux contenus pédagogiques et d’enseignement en langue maternelle. Son dispositif numérique est appelé Khrankompé (en vocable soninké) qui veut dire « salle des cours », vient d’être promu parmi les 10 finalistes de la sixième édition du Challenge App Afrique sponsorisé par l’influent duo organe médiatique français à l’international RFI et France 24 . À nos questions, l’ancien boursier mathématicien diplômé en Algérie et par la suite en France à l’université de la Sorbonne Université Paris 6, explique succinctement les objectifs de son outil innovant porteur d’espoirs en matière d’accès aux contenus d’enseignement. Et il nous distille quelques prompts conseils pour l’intérêt que doit avoir la promotion de l’éducation dans notre communauté.

À Lire ci-après :

Question 1 : Bonjour Monsieur Camara Sidi Moussa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Parcours éducatif et professionnel…

SC :Je suis Sidi CAMARA, je suis de Tachott, Mauritanie. J’ai eu le bac Mathématique en 2013 suite à quoi l’État m’a offert une bourse en Algérie pour une licence en Mathématique Informatique que j’ai obtenue en 2016. De 2016 à 2018 j’ai fait mon master en informatique à l’université Paris 6 (Sorbonne université, ex UPMC)

Depuis 2018 j’ai travaillé pour plusieurs entreprises de la région Lyonnaise et Parisienne en tant que Data engineer (ingénieur de données) et ingénieur machine learning.



Question 2 : Selon des sources médiatiques, vous êtes finaliste au Challenge App Afrique avec votre projet Khrankompé, nos vives félicitations à vous. Pouvez-vous présenter la nature de ce dispositif Challenge et votre projet Khrankompé ?

SC : L’objectif de Challenge App Afrique est d’imaginer le service numérique qui contribuera à l’éducation des enfants. L’objectif du concours est de prendre un lauréat parmi les entrepreneurs (en Afrique) dont les projets contribuent à l’éducation des enfants. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 15 000 € et un accompagnement personnalisé.

Khrankompé: L’objectif de Khrankompé est de produire tous les cours du primaire expliqués en langue locale et accessibles en offline sur smartphone et support USB tout en conservant la langue d’écriture de l’enseignement.

~L’élément média : Facebook Challenge App Afrique




Question 3 : En quoi les contenus pédagogiques sur supports numériques peuvent convenir avec pertinence aux besoins en matière de politique globale d’instruction dans nos pays, en particulier en Mauritanie dans les zones rurales ?

SC : En Mauritanie le système éducatif est en français et arabe ce qui pose beaucoup de problèmes aux enfants dont la langue maternelle est autre que ces deux langues.
Les contenus pédagogiques sur support numérique permettent de déployer la solution à large échelle et à moindre coût tout en permettant à chaque enfant des cours de qualité et dans sa langue natale.


Question 4 : Quels conseils pouvez-vous donner pour l’émergence d’une grande mobilisation autour de l’école en milieux soninkés ?


SC : Que ceux qui ont eu un parcours scolaire exemplaire soient des exemples pour les plus jeunes en leur parlant :


~ de leurs parcours,

~ des opportunités offertes par l’éducation,

~ la différence entre un ingénieur et un manœuvre.

• Que l’éducation devienne prioritaire sur l’emigration.

• La mise en place des événements mettant en avant le succès scolaire


Question 5 : Votre avis sur le régime éducatif hybride (semi privé et madrassas) qui existe en parallèle des écoles publiques dans nos localités villageoises ? Inconvénients et avantages pour l’avenir de nos enfants ?


SC : Pour moi ces madrassas ne devront jamais se substituer à l’école nationale et qu’elles devront plutôt être mises en place sous forme de soutien scolaire. Car ces madrassas n’assurent pas un parcours scolaire pérenne (pas de bac, pas de collège, ..etc). En général, les enfants deviennent déscolarisés après un certain temps et en sortent sans profession et aucun bagage scientifique.

12 mars 2022

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓L’entretien du blog | Avec Mr Boubacar N’djim du MSDH – Mali

—Nous vous proposons l’entretien avec Monsieur Boubacar N’djim du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits Humains. Le coordinateur national de ce mouvement dans le paysage droit-de-lhommiste malien, est une voix vive par son activisme agissant transversal pour la défense des droits humains.

À suivre :



Question 1 : Bonjour Mr Ndjim, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Boubacar N’djim : je me nomme N’Djim Boubacar. Je suis de nationalité malienne, originaire de la région de Mopti et je réside au Mali plus précisément à Bamako. je suis le Coordinateur National du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H)


Question 2 : Vous êtes actif pour la défense des droits à travers l’organisation MSDH, pouvez-vous la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?

BN : Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une jeune organisation qui fait de la lutte contre toutes les formes d’injustice son credo. Au MSDH, nous n’avons pas la prétention de tout connaitre, mais nous relaterons certains faits dont nous avons été témoins ou même souvent victimes indirectes avec justesse et objectivité.

Son siège social est situé à : Hamdallaye, près de d’ANAM MALI  Elle dispose des coordinations dans les localités suivantes ;Kayes, Diéma, Kita, Kati, Mopti, Ségou, Bougouni, Sikasso, Koutiala, Tombouctou. Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une organisation indépendante à but non lucratif créée officiellement en janvier 2019. Le MSDH intervient partout où les droits de l’homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine.

• Les objectifs du MSDH sont les suivants :   

Réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire Malien ;

Contribuer à la promotion et au respect des droits de l’Homme ;

Examiner toutes les situations d’atteintes au droit de l’Homme constatées ou portées à notre connaissance ;

Entreprendre des actions appropriées en la matière auprès des autorités compétentes ;

Formuler des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ;

Collaborer avec tous les organismes nationaux et internationaux de défense des droits de l’homme ;

Veuillez avec attention sur toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ;

Informer et dénoncer tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique ;

Mener des activités d’information, de communication, d’éducation et surtout de sensibilisation sur la promotion et le respect des droits de l’homme ;

Lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes;

Lutter contre l’excision, les violences domestiques contre femmes et enfants.

Avec le président Gaye Traoré et Mr N’Djim dans les locaux de son ONG à Bamako.

Question 3 : Quelles sont vos réalisations (activités) phares depuis sa création ?


BN : Depuis la création de notre mouvement nous avons mené plusieurs activités de sensibilisation, de communication, d’information, et d’éducation sur le domaine des violations des droits humains.
Mais l’activité phare qu’on a eu à réaliser en partenariat avec le Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès est l’organisation de la Conférence débat de Bamako sur le phénomène de l’esclavagisme qui a regroupé plus 500 participants avec les toutes les composantes de la société civile malienne qui s’est tenue le 22 Mai 2021 à Bamako.

Question 4 : Quelles difficultés rencontrez-vous dans le cadre de votre engagement droit-de-lhommiste sur le terrain ?


BN : Il faut reconnaitre que le métier de défenseur des droits humains est un métier à risque car au mali l’Etat tarde à mettre en place une carte des défenseurs des droits humains mais la loi existe néanmoins.
Concernant ma lutte contre l’esclavage par ascendance surtout dans la région de Kayes j’ai rencontré pas mal difficultés, j’ai échappé à plusieurs tentatives d’enlèvement, j’ai répondu à plusieurs plaintes de la part des féodaux pour diffamation ou encore incitation à la haine ou encore trouble à l’ordre public. Les risques sont inhérents à la vie humaine donc sans risques et difficultés pas de résultats


Question 5 : Sur la problématique de l’esclavage par ascendance au Mali, selon vous pourquoi il n’y a toujours pas une loi spécifique criminalisant cette tare honteuse d’un autre âge ?


BN : Je suis consterné et surpris de voir dans un pays comme le Mali signataire des traités internationaux et sous régionaux sur les droits fondamentaux de l’homme qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité.
Partout où on est allé les populations victimes fustigent le manque d’équité, le manque d’impartialité ou le manque d’intégrité de l’appareil judiciaire dans la région de Kayes et soutiennent que ces pratiques sont entretenues et soutenues par le Gouvernement.
Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit de l’homme fondamental ; or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage.
L’efficacité réelle d’un instrument international peut être évaluée en fonction de la mesure dans laquelle les Etats parties appliquent ses dispositions au niveau national. Le mot application dans le cas des instruments juridiques internationaux, désigne à la fois les mesures nationales adoptées par les Etats et les procédures internationales mises en œuvre en vue d’en surveiller la mise en œuvre.
Il n’existe pas de mécanisme chargé de veiller au respect par les Etats de l’obligation d’abolir l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.
Le manque d’arsenal juridique relève juste d’un manque de volonté politique de la part de nos dirigeants.

Fin

© Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓ L’entretien du blog | Avec le SG de l’association Donkosira – Mali

À lire un entretien succint avec le secrétaire général de l’association Donkosira, monsieur Mamadou Sène CISSÉ. Un archiviste en numérisation de métier rencontré lors de notre quinzaine au Mali à l’occasion de l’évènement-programme EMifo Atelier de formation au plaidoyer à l’université USJPB (Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako) dont sa structure associative a été partenaire activement.


Question 1 : Bonjour monsieur Cissé, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mamadou Sène CISSÉ : Je suis archiviste en numérisation , secrétaire général de l’association Donkosira , partenaire du projet EMiFo (esclavage et migrations forcées dans l’Ouest du Mali) , je suis membre du réseau AKN (antislavery knowledge network) et assistant de recherche du Docteur Marie Rodet.

✓Question 2 : Vous êtes le secrétaire général de l’association Dokonsira, vous pouvez la présenter succintement (genèse de sa création et principaux objectifs) ?

MSC : l’association Donkosira : C’est la recherche et la diffusion des savoirs locaux par la nouvelle technologie de l’information et de la communication pour sensibiliser les générations futures contre toutes formes d’exploitations y compris l’esclavage par ascendance.

Question 3 : Quelles sont vos réalisations phares depuis sa création ?

MSC : 1- Demarginaliser les frontières Ouest africaine des communautés descendants d’esclaves , le projet s’étendait , du Mali , le Sénégal et la Guinée.

2- Visualising liberté : la visibilité de liberté et des luttes historiques liées à l’esclavage.3-Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.

3- Enfin SlaFMig/EMiFo , programme de recherche action esclavage et migrations forcées.




Question 4 : Quelles difficultés avez vous rencontrées dans le cadre de votre engagement associatif sur le terrain ?

MSC : – Absence des autorités pour soutenir nos actions.
– Dificultés d’accès à certaines personnes ressources pour mener nos recherches.
– Manque de fonds pour financer plus largement nos activités.

• Site internet dédié : https://www.donkosira.org/

Entretien réalisé par KS

✓Entretien avec Baliou Coulibaly, Coordinateur national de Publish What You Pay (Publiez ce que vous payez)

Le CalameLes préparatifs des concertations politiques entre les acteurs politiques battent leur plein. C’est un moment important mais la société civile semble laissée en marge par les acteurs politiques. Comprenez-vous pourquoi ?

Baliou Coulibaly : Effectivement, nous avons fait ce constat regrettable qui a conduit à la mise à l’écart de la société civile. Cela est dû à deux faits. D’abord les acteurs traditionnels considèrent qu’ils sont les principaux acteurs des affaires de la cité. Jusque-là, malgré les injonctions des partenaires au développement, ils continuent à marginaliser la société civile.

C’est là une tendance regrettable et fortement ancrée et qui reste en porte à faux avec les bonnes pratiques en vigueur dans le monde. Dans les pays de démocratie véritable, la société civile est au cœur de toutes les concertations et discussions autour des problématiques des cités.

Le deuxième facteur est lié au fait que la société civile n’a pas encore réussi à s’imposer en tant que partenaire indispensable et incontournable, c’est là également un fait à déplorer. Nous devons au niveau de la société civile pallier cela et nécessairement on doit être impliqué et s’impliquer, puisque pour qu’un dialogue soit franc, crédible et sincère, il doit être inclusif, et la société civile est une partie prenante de toutes les concertations qui engagent l’avenir de sa Nation.

Vous avez certainement scruté la feuille de route que les acteurs ont concoctée pour le dialogue. Quelle appréciation vous en faites ? Quels sont les thèmes qui ont retenu votre attention ?

✓BC : A propos de la feuille de nous route, nous avons constaté qu’elle s’intéresse beaucoup plus à des questions de calendrier et d’organisation. Certes, les parties ont ciblé quelques axes comme la bonne gouvernance, l’unité nationale… A nos yeux, les thèmes listés demeurent très généraux et vagues.

A notre avis, quand on va à ce genre de débat, on doit mettre l’accent sur l’essentiel et aborder sérieusement les priorités. A mon avis, on doit avoir le courage de s’attaquer aux questions essentielles et urgentes. Nous voulons que les questions de l’unité nationale, du passif humanitaire et de l’esclavage soient posées de manière claire et concrète pour sortir avec des propositions claires, comme au temps de feu le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.

Aussi, la question de l’esclavage doit-elle être traitée, pas seulement sur son aspect juridique mais aussi sur le plan économique et social, avec des mesures d’accompagnement comme la discrimination positive, l’appui et la prise en charge des personnes victimes de cette pratique mais également en termes de partage et de redistribution des richesses.

Aujourd’hui, hélas, il y a beaucoup de gens issus de ces couches qui n’ont aucune chance d’accéder à certaines fonctions, ce qui met un frein à leur émancipation puisqu’ils ne pourront pas poursuivre efficacement leur lutte et leurs enfants n’auront aucune chance de faire des études et partant jouir des richesses de leur propre pays, comme tous les autres, dans un pays égalitaire et juste et pour éradiquer ce phénomène et enfin apaiser les esprits.

Propos recueillis par Dalay Lam

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=749136

✓GUIDIMAGHA : DES CITOYENS SE PLAIGNENT DES REPERCUSSIONS DE L’ESCLAVAGE ET DEMANDENT JUSTICE [VIDÉO]

Un groupe d’habitants du village de Bouanze dans la wilaya du Guidimagha se plaint de ce qu’ils décrivent comme des séquelles de l’esclavage, appelant les plus hautes autorités du pays à leur rendre justice.

Un porte-parole du groupe, Mohamed Biranté Koné, a déclaré à alakhbar.info, que lui et les siens sont victimes de harcèlement raciste de la part des habitants du village.

Il a ajouté qu’ils sont privés d’occuper des postes politiques parce qu’ils sont d’anciens esclaves, soulignant qu’ils souffrent de l’esclavage même au XXIe siècle .

Il a souligné qu’eux et des anciens maitres vivent dans un même village et donc une seule zone géographique, mais aucun d’entre eux ne peut occuper de position de leadership ou de position politique dans le village à cause de cette discrimination.

Koné a appelé les autorités concernées à rendre justice au groupe et à régler ce problème, qui, selon lui, les préoccupe en tant que citoyens de la république.

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=70619

Le Grand Entretien du Blog | Madame Habsa Camara, la fondatrice présidente de l’ONG Macalebasse en Mauritanie .

Notre publication Le Grand Entretien du Blog (Le GEB) de cette fin de semaine concerne une entrepreneuse ingénieuse qui dirige l’ONG Macalebasse basée à Nouakchott . Notre compatriote du nom de Habsa Camara, développe et transforme des éléments-sources du terroir environnemental en des produits Bio divers d’une grande utilité pratique. Un modèle d’entrepreneuriat visionnaire avec de louables perspectives à promouvoir.

Les contacts Macalebasse :

🔸Tél : +222 48 75 41 76

🔸Page Facebook : https://www.facebook.com/Macalebasse-107817211445900/


Question 1 : Bonjour, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

✓Habsa Camara : Bonjour. Je suis Kilé Camara, Habsa Camara à l’état civil. Je suis née en juillet 1991 au Congo Brazzaville où vivaient mes parents de nationalité mauritanienne, de kaédi au Gorgol.

Question 2 : vous êtes investie dans la promotion via les réseaux sociaux de divers produits faits localement à travers l’organisation Macalebasse, de quel type d’entrepreneuriat s’agit-il ? Vos principaux produits ?

HC : Je fais cette promotion sur le terrain depuis cinq(5) bonnes années avant que mon ONG « Macalebasse » qui (organisation non gouvernementale) qui a pour mission : la collecte – transformation & distribution de produits locaux ne soit reconnue juridiquement via l’octroi d’un agrément. Ce qui nous autorise à exercer en toute légalité, donc étaler les œuvres de Macalebasse où l’on s’identifie mauritanien.
Nos principaux produits jusque-là restent : les conserves de fruits & légumes, les jus de fruits, les confitures, les produits culinaires, les produits de beauté, mais également de la teinture locale appliquée sur du textile. Mais également des objets d’arts, essentiellement du recyclage.

Question 3 : Pouvez-vous présenter votre volume d’activité actuellement et quelles perspectives de développement ?

HC : les perspectives de développement oui. Il faut noter que Macalebasse contribue:

  • à soutenir les producteurs locaux. Ce qui évite les gâchis post-recolte .
  • à contribuer à la lutte contre l’insalubrité en recyclant une partie des objets jetés.
  • lutte contre la délinquance juvénile en occupant les jeunes, notamment les enfants de la rue. Mais avant tout, faire comprendre aux mauritaniens que la richesse commence par vivre de ce que nous produisons.

Question 4 : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez éventuellement dans votre entreprise ?

✓HC : Des difficultés, il y en aura toujours. Macalebasse les affronte comme tout bon aventurier. Alhamdoullilah. Un merci sincère à vous pour l’intérêt accordé à Macalebasse. Consommer nos produits, c’est consommer local et sain !

Le 6 Mai 2021

✓ Réalisé par KS pour le BLOG

Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec la Journaliste Mariya Ladji Traoré

Ci-dessous l’entretien avec une dame connue dans l’arène médiatique en Mauritanie. Institutrice de formation, Mme Traoré Mariya a été également technicienne à la Radio Mauritanie et y occupe depuis 2006 un poste au département de l’information . La native de Nouakchott âgée de 38 ans aujourd’hui, est active dans différents secteurs comme la Santé, les médias, le syndicalisme, droits de femmes et d’autres. Elle est la présidente de l’antenne Mauritanie de l’UPF (Union internationale de la Presse Francophone). La fille du doyen Ladji Traoré (député et une voix historique dans l’engagement pour les droits humains en RIM), assure être parmi les initiateurs de la création de l’UPF Mauritanie qui connait certains soubresauts autour de sa direction depuis quelques temps.

Question 1 : Bonjour, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, parcours et activités sociales et professionnelles ?

Mariya Ladji Traoré  : Je m’appelle Mariya Ladji Traoré, connue aussi sous le nom de Feinda Traoré, dont j’ai signé avec mes tout premiers articles dans le journal la Tribune. 

Je suis enseignante sortante de l’ENI de Nouakchott. J’ai fait ma formation comme institutrice et suivi en même temps un stage de formation comme  technicienne à la radio nationale. Après deux ans d’arrêt forcé à cause des classes , je suis revenue à Radio Mauritanie en fin 2006 pour rejoindre le département de l’information jusqu’à nos jours et j’ai aussi intégré la presse écrite en 2007 au sein de l’hebdomadaire La Tribune qui paraît actuellement de temps en temps. Je fus secrétaire générale adjoint au syndicat des journalistes mauritaniens (SJM), chargé de la presse privée francophone de 2014 à 2017, entre temps j’ai mis en place un bureau provisoire de L’UPF MAURITANIE grâce à des confrères de la presse publique, privée et des camarades du syndicat des journalistes mauritaniens. Après une première embrouille au sein du bureau exécutif provisoire juste après les assises internationales de l’UPF  à Conakry en novembre 2017 . Une mise au point a été faite et une assemblée générale constituante a été organisée en février 2018 au musée national pour élire le bureau exécutif de la section mauritanienne de l’Union de la presse francophone  , que je dirige depuis lors. Dans le cadre syndicale, bien avant le SJM, j’ai été à la confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM) comme membre du bureau exécutif du SNEP (Syndicat National de l’enseignement public ) que j’ai dirigé quelques années après comme secrétaire générale jusqu’en 2019 . J’ai été membre du groupe Stop Vedan Mauritanie initié par l’association AFCF, présidé par la grande militante des droits de l’homme madame Aminetou mint El Moctar, dans le cadre du projet financé par l’institut Panos « briser le silence, lever les tabous, parler des violences basées sur le genre » (VBG).

Je suis actuellement, chargée de communication de l’association Mieux vivre avec le cancer gynécologique en Mauritanie (AMVCG) dirigé par Madame Aissa Fall, syndicaliste, militante des droits de l’homme, chargée de la sensibilisation et de la santé au niveau de SOS-esclave, sage femme et professeur adjoint technique de la santé. Membre du réseau de lutte contre l’extrémisme violent initié par le mouvement citoyen « Mauritanie d’abord Citoyen modèle » . Actuellement , je suis chargée de la programmation et de la formation dans le réseau des journalistes amis de l’OMVS RJAO. Également 2ème Vice-présidente chargée de la presse francophone à L’UNION des Femmes des Médias de Mauritanie. Membre aussi du groupe des journalistes de l’éducation pour la santé.

Question 2 : Quelles sont vos analyses sur l’environnement médiatique (public et privé) en Mauritanie actuellement ?

MLT : Pour moi , le paysage médiatique mauritanien est sur le point de connaître de très grandes réformes pour ne pas dire une refondation aussi bien sur le professionnel que sur le plan des textes qui régissent la profession. Après la remise du rapport de la haute commission de réforme du secteur de la presse qui avait été nommée par le président de la République Monsieur Mohamed ould Cheikh Ghazouani, la nomination des journalistes issus de la presse privée à la tête d’institutions telles que la Haute Autorité de la presse et de l’Audiovisuel (HAPA), l’agence Mauritanienne d’informations (AMI), Radio Mauritanie S.A, Télévision nationale El Mouritania.

Bien que le problème de la presse publique diffère de celle de la presse privée ou indépendante comme la nomment certains. 

1. La presse publique: Elle souffre plus du problème des pigistes qui ne cessent d’augmenter machaAllah sans espoir d’être embauchés ou d’avoir des contrats, bref avoir un emploi décent qui puisse sortir les jeunes et vieux journalistes de la précarité et assurer aux femmes un congé de maternité comme les femmes d’autres secteurs. Des augmentations de salaires et aussi la révision du statut de certaines institutions. 

2 . La presse privée, elle c’est la précarité alarmante, le manque d’institutions de presse au vrai sens du terme , faibles moyens et revenus (le métier ne nourrit pas son homme), le manque de publicité ou de contrat d’abonnement bien que ces dernières années, la presse privée à bénéficié de subvention octroyée par la caisse d’aide à la presse privée et des subventions de la part du ministère de tutelle dans le cadre de la collaboration du département en charge de la communication avec les associations et regroupements de la presse.

Question 3 : Ces derniers temps, l’UPF Mauritanie, l’aile Pays de l’Union internationale de la Presse Francophone aurait connu quelques remous autour de sa direction, que pouvez-vous nous en dire?

MLT : La section mauritanienne de l’Union de la presse francophone (UPF Mauritanie) connaît ces temps ci un grand mouvement de déstabilisation de la section au niveau national qui a suscité des prises de position claires et partisanes au sein de l’international sans le strict respect des textes. Ces textes régissant cette grande Organisation internationale qui a pu ces dernières années retrouvé une bonne réputation et une place respectable au niveau de ses partenaires. Une campagne acharnée contre ma personne sur base d’une plainte qui est constituée de fausses accusations et des mensonges flagrants de deux membres du bureau exécutif qui est constitué de 8 personnes. Bref je ne pourrais en dire plus car selon l’évolution de cette plainte diffamatoire, le dossier pourrait être porté à la justice et au plan international à la FIJ. De toute façon pourquoi se presser car en février prochain, je finis mon mandat et qui est renouvelable deux fois selon l’assemblée générale extraordinaire de 2019 à Yaounde au Cameroun. 

Question 4 : De par votre père le doyen et l’honorable député Ladji Traoré, vous avez des attaches dans la communauté soninké, avez-vous des commentaires à faire sur la persistance des séquelles esclavagistes et l’engagement abolitionniste enclenché en cours ?

MLT : En effet comme vous l’avez signalé, j’ai des attaches dans la communauté soninke du côté de mon père. Moi j’étais plutôt impliqué dans le milieu culturel que autres choses car je suis de la 2ème génération de la troupe artistique Yillenkare jusqu’en 1999. Le mouvement abolitionniste esclavagiste qui est en cours est une bonne chose car les plus hautes autorités de l’État sont pour l’abolition des pratiques esclavagiste et de ses séquelles dont la première cause est la pauvreté, les litiges fonciers et nos sociétés (maures, peuls, soninke wolof) qui sont fondées sur des bases inégalitaires, voire castées. Le mouvement abolitionniste violent et passionné doit revoir sa méthodologie pour atteindre son objectif.  Travailler sur le court et long terme car , il s’agit de changement de mentalités pour éradiquer la stigmatisation des victimes d’esclavage par descendance. Sortir les personnes qui présentent encore les séquelles de l’esclavage de la pauvreté, permettre à leurs enfants d’aller à l’école en les enrolant et leur procurent des documents d’état civil, seule garantie d’avoir un avenir. Mettre en place des moyens de financement, de formation, d’accompagnement et de suivi des femmes victimes d’esclavage ou de séquelles d’esclavage, car la violence aveugle ne règle rien. Sans le changement de mentalités et des mesures d’accompagnement adéquates aussi bien sur le plan juridique, économique et social , la lutte contre ce phénomène vile et inhumain est voué à l’échec. Il faut le reconnaître le problème de l’esclavage en Mauritanie est la source de beaucoup de contradictions , source d’enrichissement pour certains, de cause noble et droits de l’homme pour d’autres, de justice pour les victimes et d’ascenseur pour les opportunistes. Comme disent les soninke, il faut taper le tam-tam au milieu : acceptons de définir l’esclavage tel qu’il est pratiqué ou ses séquelles, ensuite main dans la main briser les tabous et éradiquer ce phénomène une bonne fois pour toutes .

Merci. 

Mariya Ladji Traoré, dite feinda Ladji.

5 avril 2021

Propros recueillis par KS pour le BLOG

Mauritanie | Interview Exclusive avec Biram Dah Abeid (Par Le Rénovateur)


« Selon les échanges que j’ai eus avec les hautes autorités politiques du pays, il y aura dans moins d’une semaine, une proposition de dialogue et de concertation par thématique »

Le Rénovateur : Après les élections présidentielles de 2019, votre mouvement continue-t-il sur la même dynamique de contestation et de dénonciation des violations des droits de l’homme en Mauritanie ?


Biram Dah Abeid : Je vous remercie infiniment. En effet , notre mouvement IRA -MAURITANIE est toujours animé des mêmes objectifs et de manière inlassable, objectifs qui sont : la fin du racisme domestique et d’ Etat, la fin de l’esclavage , la rupture avec les violations de droits de l’homme et avec tous les anachronismes, tous les restes de l’arbitraire au sein de l’appareil d’Etat mauritanien. Donc nous restons sur cet objectif, sur ce programme, sur cette ligne. Néanmoins, le pouvoir a changé de fusil d’épaule. Comment le pouvoir a changé de fusil d’épaule ? : Du temps d’Aziz c’était l’attaque frontale, la violente physique morale politique et sociologique contre les défenseurs des droits de l’homme que nous sommes, contre le parti Rag.
Depuis son arrivée au pouvoir, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a adopté une nouvelle approche dans ses rapports avec nous. Il dit mettre fin aux campagnes de diabolisation dont son prédécesseur faisait tous azimuts contre IRA et contre le parti Rag. IRA n’est plus traité dans le discours officiel comme ennemi de la République, de l’islam, de la nation, un valet des juifs et des impies, comme 5ème colonne de l’occident. IRA et le parti Rag , leurs dirigeants et leurs militants ne sont plus traités et considérés comme des pyromanes , des racistes, des violents, des criminels, dans le discours officiel . Il l’a été mis fin aux arrestations, aux harcèlements, à la torture des gens de IRA du moins jusqu’à présent, jusqu’à preuve du contraire. Il a été mis fin à la privation de IRA, du parti Rag, et de leurs militants de se réunir , du droit de contact avec leurs partisans à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Comme vous le savez, nous étions interdits de déplacement à l’intérieur du pays sous l’ancien régime, sauf pendant les moments d’élections. Maintenant IRA et le parti RAG se réunissent au grand jour , tiennent leurs conférences de presse au grand jour où ils veulent et quand il veulent ; ceci tranche beaucoup avec le temps de l’arbitraire ; Et aussi nous sommes entrés dans une phase de règlement des tares de la gouvernance démocratique et en concertation avec le pouvoir. C’est pourquoi on a discuté avec le pouvoir et on a réussi à obtenir le système déclaratif pour les associations. Désormais il n’y aura plus d’organisations non reconnues dès que cette loi qui a déjà passé par le parlement, entre en vigueur. Avec la même démarche, on va apporter au régime des partis politiques la même dose et le même apport pour normalise la situation de tous les groupes et mouvements politiques et des droits de l’homme. Donc cette phase va inaugurer le règlement et la normalisation de la situation de tous les partis et mouvements qui étaient interdits ou non autorisés ou non reconnus.


Le Rénovateur : Par rapport à ce que vous venez dire au sujet de cette reconnaissance dont vous vous réjouissez, est ce qu’on a espoir que bientôt IRA , Rag et toutes les autres organisations politiques , associations non reconnues pourront l’être très bientôt ?


BDA : Ah oui très bientôt, avec le système déclaratif qui a été voté en faveur des associations, IRA, ne touche pas à ma nationalité et toutes les autres associations des veuves, des rescapés, d’orphelins vont profiter de cette reconnaissance de fait et vivre désormais dans un cadre cadre légal. Et après cette phase, on va attaquer une autre phase de discussions avec le pouvoir sur le règlement de la situation des partis politiques comme le Rag et le FPC et d’autres pour qu’ils trouvent aussi dans cette nouvelle phase de gouvernance plus démocratique, sous ce nouveau régime législatif, une nouvelle vie dans l’apport militant et la compétition politique. Dans ce cadre de normalisation de l’Etat de droit, notre situation qui n’est plus une situation de confrontation physique et juridique avec le pouvoir. Le pouvoir d’avant Ould Ghazouani était dans une logique de confrontation physique et juridique avec nous, maintenant la situation tant vers l’apaisement, la concertation et le respect réciproque. Avant on n’avait pas le droit de se réunir, c’est la répression de toutes les réunions, de toutes les manifestations, la tendance même à éradiquer notre existence physique. Et maintenant ce n’est plus le cas. Notre confrontation avec le pouvoir en place, s’inscrit dans une confrontation d’idées et de programme politique comme en toute démocratie; Mais il faut dire que sur les questions de fond , le pouvoir actuel n’a pas encore bougé sur les questions de l’esclavage , du racisme domestique et d’Etat sur le passif humanitaire , la situation des déportés au Sénégal, au Mali , l’état de la diaspora mauritanienne constituée surtout de negro-mauritaniens qui ont quitté la Mauritanie sous le poids des pesanteurs, contraintes et menaces du racisme d’Etat pendant les années de braise et d’exclusion. Ces situations requièrent l’application des remèdes importants proposés dans notre programme politique, dans notre projet de société pour la Mauritanie de demain.
Donc sur la question de la forme de la démocratie nous sommes en train de normaliser nos relations avec le pouvoir et ses rapports toutes les autres communautés politiques et des droits de l’homme qui étaient en conflit avec le régime précédent et dont les droits d’existence étaient mis en cause , de même que leur sécurité.


LR : Tout récemment certains milieux politiques ont prêté au Président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani une offre de dialogue social au lieu d’un dialogue politique. Si oui, pensez vous que le jeu en vaut la chandelle ?

BDA : Ecoutez, une voix autorisée du pouvoir du président Mohamed Ahmed Cheikh El Ghazouani a récusé ce terme de dialogue social en se défendant que le régime en est l’instigateur de cette formule. Néanmoins le président avait évoqué avec nous un dialogue par thématique, une concertation thématique plutôt. Il récuse le mot dialogue … Pour notre part , on n’y voit pas d’inconvénients dès lors que toutes les thématiques importantes et déterminantes soient inclues telle que la thématique de l’unité nationale, à savoir l’esclavage et ses séquelles, la cohabitation et le passif humanitaire y compris la question des déportations, les disparitions forcées, les expropriations des biens notamment terriens …
On peut néanmoins escompter de manière imminente selon les échanges que j’ai eus avec les hautes autorités politiques du pays qu’il y aura une proposition de dialogue et de concertation par thématique qui inclut non seulement la gouvernance démocratique : c’est a dire le recensement, la liste électorale , le code électoral, le découpage électoral , la commission électorale nationale indépendante etc… Mais aussi une autre thématique qui concerne l’unité nationale, la question des passifs et actifs lourds, constitués des disparations forcées , des déportations , des expropriations des terres, de la problématiques des langues etc, il y aura aussi des thématiques sur l’indépendance de la justice, sur l’environnement, l’écologie , les industries extractives , les richesses du pays , l’extraction et la distribution des richesses . Bientôt de manière très imminente, dis- je, dans moins d’une semaine il y aura le déclenchement d’une proposition en ce sens.

LR : Combien de fois aviez été reçu par le président de la République depuis son arrivée au pouvoir et sur quoi ont porté vos discutions ?


BDA : J’ai été reçu trois fois par le président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani. La première fois après son installation, deux ou trois mois après son investiture je me rappelle bien avoir fait une conférence de presse pour rendre compte aux médias. Mais après cette rencontre, (le chat échaudé craint le froid), j’ai cru déceler la continuité de la même gouvernance arbitraire exclusionniste raciste, sectariste anti-droit de « l’hommiste » et anti-démocratique. C’est pourquoi les 17 et 18 février 2020 à Genève lorsque je recevais le prix du courage de la conférence de Genève sur les droits de l’homme et la démocratie, j’ai attaqué de manière acerbe le pouvoir et son développement à mes yeux qui représentaient un redéploiement du racisme d’Etat qui se conjuguent avec l’apartheid. Après cette véhémente sortie qui vient du cœur, sans calcul, le contact a été renoué entre le Président de la République et moi. On s’est beaucoup expliqué et le Président m’a démontré qu’il veut faire des pas en avant concernant la déconstruction de l’arbitraire dans le domaine démocratique. Evidemment, ma principale revendication n’est pas que le président Ghazouani substitue mon projet de société au sien. Loin s’en faut ! Ma revendication majeure est que la compétition démocratique entre nous et eux , entre nous en tant qu’opposition de principe , opposition de programme à ce pouvoir soit garantie pour que nous ayons aussi des partis et des organisations reconnues qui peuvent competir légalement, mais aussi que les institutions d’arbitrage de la démocratie soient revues et refondées comme le recensement des populations, le recensement électoral, le code électoral, la CENI, le conseil constitutionnel le découpage électoral … Si on obtient à refonder tous ces paliers sur lesquels se greffe l’arbitraire démocratique, si on réussit à lessiver tous ces niveaux de la chaine de l’arbitrage démocratique, pour en faire de véritables institutions d’arbitrage, personnellement, je pense que dans une compétition légale et démocratique, nous allons gagné et nous allons prendre le pouvoir de manière démocratique par les urnes. Donc c’est sur ces points que nous nous sommes focalisés dans nos échanges et nos négociations avec le pouvoir au lieu de se focaliser sur les questions des programmes politiques des uns ou des autres. De toutes les façons notre programme et le leur sont opposés et sommes sûrs que le notre aura la victoire si on fait une compétition sur un terrain de neutralité démocratique ouvert. En prenant l’exemple de Mandela qui a exigé du pouvoir de l’Apartheid d’accepter d’introduire un principe majeur :« un homme une voix », l’ANC balaya le pouvoir ségrégationniste sans coup férir.


LR : Tout dernièrement vous avez qualifié de non événement la dissidence d’un groupe au sein de votre mouvement pourquoi une telle qualification ?


BDA : En vérité ça ne constitue pas un événement au sein de IRA parce que vous pouvez bien vous rappeler en tant que journaliste que le premier président du parti Rag a fait défection avec son secrétaire général en 2014. Est- ce que cela a diminué les forces d’IRA dans les compétitions démocratiques qui ont suivi ?
Plusieurs présidents , vice –présidents de IRA, dans l’histoire militante de notre mouvement, ont fait défection et ont apporté de l’eau au moulin de Aziz dans les temps forts de sa compétition avec nous, de son acharnement contre nous. Vous pouvez les compter ils sont plus de 4 ou 5. Est ce que ça a diminué la force de IRA? son rayonnement à l’intérieur et à l’extérieur ? où jusqu’ en 2020 chaque année IRA récolte un ou deux grands prix internationaux! et en 2019 la mouvance IRA/RAG a battu toutes les coalitions des partis dans la consultation électorale présidentielle . Imaginez vous le parti Tawassoul, un parti d’envergure au parlement avec toute son audience nationale et internationale. Vous savez que le candidat du partit RAG et de IRA ont battu à plate couture tous les candidats des différentes coalitions de l’opposition et mis en échec le candidat du pouvoir!!! Des coalitions qui sont soutenues par les plus grands argentiers du pays, par tous les mouvements de gauche, les mouvements identitaires ou de revendications citoyennes comme, Elhor, Flam, Touche-Pas-Ma-Nationnalite, le Manifeste Hratin, les grands partis politiques historiques: Rfd, Ufp, App, Ajd-Mr, toutes ces grandes coalitions ont été dépassées et parfois de très loin par la force charismatique, populaire et organisationnelle de Ira-Rag! Donc il est ridicule que nous nous attardions à répondre à de petites manigances insignifiantes d’un argentier ivre de de soif du pouvoir et de maladresses juvéniles mortelles. Est ce que les tâtonnements amateurs de Bouamatou peuvent constituer un événement plus que les coups fourrés de son cousin Aziz ?quand les départs de IRA se comptent par dizaines, de grands dirigeants ? C’est moins et plus maigre que du déjà vu , c’est un non événement.

LR : Aujourd’hui est-ce vous pensez que la bipolarisation politique, c’est-à-dire le pouvoir contre l’opposition, l’opposition contre le pouvoir, s’est effritée depuis l’arrivée du président Ghazouani ?

BDA : Moi je considère que c’est une veillée d’arme. Je pense qu’il y a partis d’opposition et partis d’opposition donc les oppositions ne sont pas les mêmes; Il y a des partis qui étaient d’opposition mais opposition par rapport à quoi ? Beaucoup de partis d’oppositions ne sont pas des ’oppositions de programme politique. J’avais toujours dit que la majeure parti des formations d’opposition sont des cousins germains du parti au pouvoir parce que leur opposition est une opposition dans le système mais ce n’est pas une opposition contre et en dehors du système. Nous et peut être un autre courant, nous sommes une opposition contre le système et en dehors du système. Mais la majorité des partis d’opposition épousent les mêmes principes, les mêmes dogmes que le système. Par exemple cette opposition qui n’est pas contre l’esclavage, qui ne sent pas qu’il y a du racisme en Mauritanie, une opposition qui s’émeut de l’incinération des livres comme s’en émeut le pouvoir. Une opposition qui considère le discours anti-esclavagiste et le discours anti-raciste comme un appel a la guerre comme un appel au racisme comme de l’extrémisme gratuit. Donc cette dernière opposition qui est cousine germine du pouvoir elle s’est effritée bien sûr parce qu’elle ne dira pas mieux que ce que dira Ould Gazouwani et les gens qui sont avec lui. C’est pourquoi elle n’est plus une opposition. Mais notre opposition à nous et l’opposition de notre courant sont des oppositions de principe, d’idées, de programme, de vision opposés au pouvoir en place. Je considère que nous sommes dans une veillée d’armes, dans une période de concertation et d’accord sur les questions de la démocratie et de la forme de la démocratie. Nous nous concertons avec le pouvoir, sur les outils l’arbitrage démocratique. Mais quand on revient aux questions de fond, il y aura une confrontation politique entre nous et le pouvoir en place, parce que nous sommes pas d’accord sur les questions de fond .

LR : Vous pensez qu’aujourd’hui comme vous venez de le dire le pouvoir ne s’est pas encore réellement attaqué a ces questions de fond l’esclavage, avec tout l’arsenal juridique qui est mis en place , le racisme , les inégalités dans l’emploi , les disparités sociales ….toutes ces questions demeurent entières ?

BDA : Toutes ces questions de fond comme la question de l’esclavage et de ses séquelles, la question du racisme et du passif humanitaire, la question des disparités sociales, la question de l’injustice sociale, la question de l’exclusion économique, l’exclusion de l’emploi. Ces questions restent en l’Etat sauf de légères avancées dans la question de l’emploi des jeunes déshérités qui commencent à bouger. D’ailleurs avec nos incessantes demandes et propositions et nos incessants appels et tentatives d’avancer. Sur ce point, il y a de légères avancée sur la question de l’emploi des jeunes des communautés exclues mais toutes les autres grandes questions restent en l’Etat .Je pense que le pouvoir ne s’est pas encore attaqué à ça et je doute que le pouvoir va exceller dans le règlement de ces questions. Mais le fait d’ouvrir le champ de la compétition démocratique nous permettra de prendre le pouvoir et de les régler.


LR : une certaines opinion dit que ces derniers temps vous n’êtes pas trop loquace vous ne parlez pas beaucoup, vous ne voyagez pas beaucoup, qu’en est-il ?

BDA : C’est vrai que je ne voyage pas beaucoup notamment à cause du covid 19 et la difficulté des déplacements des voyages internationaux, la fermeture des aéroports internationaux. Mais ce qui est en jeu maintenant est une situation qui requiert de l’avancement sur le chantier de la reconstruction de la confiance entre les partis, entre les différents segments politiques du pays qu’ils soient celui du pouvoir ou celui de l’opposition et je pense qu’à notre niveau, nous sommes en perpétuelles échanges et discussions avec les autorités du pays. Donc nous devrions être ici dans le pays pour suivre et pour pousser les choses à l’avant par notre présence, par nos interventions par les discussions que nous animions avec les autres, Euh, je pense aussi que cette période est une période d’expérimentation d’une autre posture qui n’est pas la posture de confrontation systématique avec le pouvoir pendant la décennie passée. IRA et RAG et nous-mêmes, avons excellé dans la confrontation systématique avec le pouvoir jusqu’a ce que les mauvaises langues disaient : « les gens de IRA ne peuvent être utiles que dans le domaine de la confrontation. » Dans le cadre de l’apaisement ils n’ont pas d’idées ils sont limités. Des mauvaises langues, c’est- à- dire toutes ces personnes qui sont en échec toujours dans leur vie et qui sont incapables de créer eux- mêmes autour d’eux une existence politique , une existence publique réelle et qui s’adonnent aux ragots et aux médisances, aux critiques, ils ont déjà avancé a plusieurs reprises cette critique. Et Bien, nous, nous sommes capables de bien vivre et de bien tiré notre épingle du jeu dans toutes les postures que ce soit dans la posture de la confrontation parce que nous somme courageux, nous sommes déterminés et nous sommes animés de l’esprit de sacrifice nécessaire. Nous pouvons aussi tirer notre épingle du jeu dans les situations d’apaisement et de dialogue, parce que nous sommes intelligents parce que nous sommes subtiles, nous avons les idées, l’esprit de création et l’esprit de proposition.


LR : Autrement c’est un changement de stratégie ?


BDA : C’est un changement de stratégie face aux stratégies du pouvoir. Nous ne pouvons pas rester dans le carreau, le pouvoir ne peut pas être subtil et élégant devant une opinion publique nationale et internationale, et nous, nous restons, et nous démontrons notre idiotie et notre manque de créativité ! Il faut à chaque situation, sa réponse qui lui est conforme.

LR : Si vous avez à comparer Ghazouani et Aziz, quels sont les critères sur lesquels vous allez vous fonder pour établir cette comparaison ?

BDA : Je pense que Aziz était un dictateur il ne donne le pouvoir ni a la police ni aux juges ni aux ministres ni aux directeurs des sociétés d’Etat, il intervenait dans tout, décidait de tout à tous les échelons ; je pense que Ghazouani est tout a fait le contraire. Il laisse à tout un chacun dans chaque secteur, qu’il soit ministre ou autre fonctionnaire, il leurs laisse la liberté de gérer, de décider et d’agir. Et c’est la une différence fondamentale. L’autre différence est qu’Aziz utilisait dans sa gestion quotidienne le principe que celui qui n’est pas soumis à moi est contre moi et je suis contre lui ; je vais le charger et l’enfoncer. C’est pourquoi Aziz passait tout son temps à charger tout le monde, à mettre les bâtons dans les roues pour tout le monde. Il se créait des ennemis partout ; il ne peut pas souffrir qu’il a un adversaire et que cet adversaire n’est pas un ennemi. Aziz ne peut pas souffrir ça, il ne peut pas supporter ça. Contrairement à Aziz, Ghazouani pense que ses adversaires ne sont pas ses ennemis. Il pense que ses adversaires politiques n’ont aucun problème personnel contre lui et il n’a aucun problème personnel contre eux, Il n’a pas à se venger d’eux…


• Propos récueillis par Hawa Oumar Dém et CTD

©️ Crédit source: Post FB du député BDA – 27/02/2021 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1156992874745260&id=100013036740236

Dr Boubou Camara : «La situation des malades de la COVID qui nécessitent des soins critiques est délicate»

Initiatives News – Dr Camara Boubou est Mauritanien, né à Ould Yengé dans la région du Guidimagha. Il a fait ses études primaires et secondaires à Sélibabi ou il a obtenu le baccalauréat.

Après ses études de médecine générale, il s’est spécialisé à Toulouse en France en médecine interne avec orientation pneumologique. Dr Camara Boubou est aussi titulaire d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires en maladies infectieuses et tropicales. Depuis 2011, il occupe le poste de responsable médical du centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose du CHU de Grenoble-Alpes.

Dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en partenariat avec l’Union Européenne et l’OMS, avec d’autres collègues, il est revenu en Mauritanie pour prendre part à la riposte nationale contre la COVID-19.

Horizons : Après la première vague, la Mauritanie, comme beaucoup de pays, fait face à la seconde vague du Corona virus. Quelles appréciations portez-vous sur la riposte nationale face à cette pandémie?

Dr Camara : Je suis revenu dans le cadre de la riposte nationale contre la COVID-19 pour prêter main forte à mes collègues, échanger avec eux et lutter avec eux contre cette pandémie.

C’est le programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en collaboration avec l’UE et l’OMS qui nous a permis de revenir travailler dans des conditions décentes en lien avec le ministère de la santé.

Nous sommes progressivement arrivés à partir du mois de juin 2020 avec les autres collègues de la diaspora Mauritanienne que je voudrais citer. Il s’agit du Dr Mohamed Salem Ould Zeine, réanimateur en France, Dr Ba Oumar, gériatre en France, Dr Hady Louly Klein, gastroentérologue, monsieur Hadiatou Ndiaye, directeur d’établissement de santé en France et Madame Aminata Soumaré, infirmière en Ile-de-France.

A notre arrivée, nous avons visité les structures hospitalières et réalisé plusieurs visioconférences avec les collègues de l’intérieur du pays. Nous avons visité toutes les structures dites « Covid », notamment celles accueillant les patients nécessitant des soins lourds, c’est-à-dire nécessitant de la médecine intensive. Nous avons remarqué qu’il y avait un problème de disponibilité en termes d’équipements. Cependant pour cette deuxième vague, il y a un effort important de la part du ministère de la santé avec la disponibilité de respirateurs, même à l’intérieur du pays. Malheureusement, au niveau de la population en général, même au sein de l’élite, les mesures barrières ont été très vite abandonnées, la communication n’a pas suivie. Je pense que cette faute collective est l’un des éléments qui explique l’ampleur de la deuxième vague que nous vivons actuellement.

Horizons : Dans une interview à l’Agence Mauritanienne d’information, le représentant de l’OMS en Mauritanie, Dr Abdou Salam Gueye, a déclaré que la prise en charge des cas graves de COVID n’est pas “parfaite”. Quelles sont les points forts de cette prise en charge, quelles sont ses faiblesses?

Dr Camara : La Mauritanie a la chance d’avoir comme représentant de l’OMS, Dr Gueye, expert en situation médicale d’urgence. Il est reconnu par ses pairs, notamment par rapport à sa gestion de l’épidémie Ebola. Cela dit, il est vrai que la situation des patients qui nécessitent des soins critiques est particulièrement délicate dans notre pays. Ces patients nécessitent la médecine intensive qui connait des problèmes dans nos établissements de santé. Nous manquons de ressources humaines soignantes de façon globale sur tout le territoire. Quelles que soient la spécialité, il y a déficit. Et, dans la spécialité de la médecine intensive, on compte au bout des doigts les professionnels capables de faire ce métier. Ensuite, l’environnement ne se prête pas forcément à la pratique de cette médecine intensive car, en plus des ressources humaines qui manquent, il y a des problèmes de consommables et de médicaments. Même si le gouvernement a fait d’énormes efforts qu’il convient de citer, il reste encore beaucoup à faire en matière d’équipements, de consommables, de logistique, de biomédicale et surtout d’organisation globale des soins… Il s’agit là, à mon avis, des principaux défis de la médecine intensive dans notre pays. Il est capital d’améliorer et d’entretenir l’existant.

C’est en connaissance de cause que l’OMS a recruté des consultants internationaux intensivistes et réanimateurs. Il y a eu l’arrivé, d’abord, d’une première équipe de professionnels (5 espagnols) sur une courte durée, ensuite huit autres consultants espagnols dont trois réanimateurs qui ont séjourné deux mois dans notre pays et les derniers vont retourner le 18 décembre 2020 en Espagne. Ils nous ont été d’un apport majeur. Je voudrais les remercier au nom de tout le peuple Mauritanien.

Horizons : vous avez aussi visité de structures de santé à l’intérieur du pays, comment s’y passe la lutte contre la COVID notamment en matière de prise en charge ?

Dr Camara : Effectivement, j’ai eu à visiter avec d’autres collègues les hôpitaux de l’intérieur de la Mauritanie. J’ai visité personnellement les hôpitaux de Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Aleg, Sélibabi ainsi que ceux de Nouakchott. Globalement lorsqu’il s’agit de prendre en charge les patients sans atteintes sévères, nécessitant une adjonction d’un faible débit d’oxygène, il existe un protocole national bien établi par un comité scientifique et ça se passe bien. Il s’agit souvent de patient jeunes ou sans comorbidités et qui ne posent pas de problèmes. La difficulté se situe au niveau des patients nécessitant des soins critiques qui peuvent évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire (lorsque l’atteinte de la maladie fait que les poumons n’arrivent plus à assurer leurs fonctions d’hématose qui consiste à oxygéner les organes vitaux). C’est malheureusement, ce syndrome de détresse respiratoire qui entraine des décès de patients. Même à Nouakchott, la prise en charge de ces patients au stade de détresse respiratoire reste problématique. A l’intérieur du pays, elle l’est encore plus. Cependant les centres comme Nouadhibou, Kaédi et Kiffa sont maintenant équipés d’appareils, de ventilation non invasive et de respirateurs. Mais, encore une fois, il se pose des problèmes de ressources humaines, de sous effectifs compétentes pour le maniement et l’entretien au long court de ces équipements de réanimation.

Horizons : Apres 20 ans d’exercice de la médecine en France, vous êtes revenu dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora ». Vous êtes revenus, vous avez une expérience du terrain dans votre pays. Avez-vous un message à l’endroit de vos collègues mauritaniens exerçant la médecine en France ou ailleurs dans le monde et à l’endroit aussi du gouvernement mauritanien pour un éventuel encouragement d’un retour des compétences ?

Dr Camara : Il est de la responsabilité du gouvernement de notre pays, notre chère patrie, de mettre en place des dispositifs pour faciliter le retour de sa diaspora qui a certainement un rôle à jouer. Je ne parle pas de discours politique ou d’une 100ème réunion sur le sujet, je fais allusion à un vrai dispositif, quelque chose de concret et palpable. Cette diaspora, d’ailleurs, ne demande qu’à revenir pour servir et se mettre à la disposition de la nation.

A tous les membres de la diaspora, la Mauritanie a besoin de vous en cette période critique, quel que soit vos compétences, soignants, logisticiens, organisation des soins et j’en passe. La diaspora a su monter sa solidarité pendant la première vague de la Covid, via le CCME (Collectif des cadres mauritaniens expatriés), le dispositif des médecins et bien d’autres oragnes. Le besoin est pressant, nous avons tous un rôle à jouer.

Propos recueillis par Khalilou Diagana

Source/Le Quotidien National Horizons

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=743868