Mauritanie/Présidentielle 2019 : les grandes lignes du programme du candidat indépendant Biram Dah Abeid

✅LES GRANDES LIGNES DU PROGRAMME DU CANDIDAT BIRAM DAH ABEID – 1/2

ÉTAT DE DROITS ET INSTITUTIONS

Le Gouvernement adoptera les dispositions légales nécessaires pour qu’il y ait une séparation des pouvoirs condition sinequanone de tout État de droit.

1. Exécutif
2. Législatif
3. Justice

Une justice indépendante, disposant des ressources légales, en personnel et en infrastructures, est essentielle pour la consolidation de l’État de droit.
L’indépendance de la justice mauritanienne sera formellement consacrée dans le cadre du Pacte de la Renaissance. L’accessibilité de la justice sera renforcée par des reformes procédurales aboutissant à la réduction des délais. L’efficacité des procédures pénales sera renforcée dans le strict respect des droits de la défense et la réforme de l’exécution des peines sera réalisée.

I. Droits fondamentaux garantis

Chaque citoyen jouira des libertés suivantes conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme est adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris :

• Le droit à la vie, à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté.
• Le droit à la liberté de conscience et de religion.
• Le droit de pratiquer la religion de votre choix ou de ne pas adhérer à une croyance ou à une religion
• Le droit à la liberté de réunion et d’association
• Le droit de participer à une manifestation pacifique et vous avez le droit d’être membre d’un syndicat ou d’une association
• Le droit au respect de votre dignité, de votre honneur et de votre réputation.
• Le droit au respect de votre vie privée et des biens privés

II. Indépendance de la Justice

Le renforcement de l’indépendance du ministère public constitue un ensemble avec le Pacte de la Renaissance.
L’indépendance de l’Institution judiciaire une priorité.

III. Accès à la justice

Consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Droit à l’accès à la justice sera une priorité du mandat.

IV. Reforme procédurales

L’efficacité de la justice vise à apporter des optimisations procédurales en matière civile et commerciale dans le but de rendre la justice plus rapide et plus efficace pour exécuter les décisions de justice.
Garantir les droits des personnes accusées et détenues, et leur garantir un procès juste et équitable avec des procès publics, transparents et rapides.

V. Dossier des exécutions extrajudiciaires contre les populations noires (1989 – 1991)

Ici, l’ultime objectif du Gouvernement sera de réconcilier les mauritaniens avec eux même. Pour le règlement de ce dossier, en s’inspirant des expériences récentes de justice transactionnelle mises en œuvre ailleurs et conformément aux normes internationales, le Gouvernement posera des actes majeurs basés sur les devoirs de vérités, de justice, de réparation et de mémoires.

VI. Traite des êtres humains et esclavage

La traite des êtres humains sous toutes ses formes – esclavage et travail forcé – est un fléau contre lequel les efforts nationaux et internationaux seront renforcés pour son éradication totale.

VII. Exécution des peines

La nouvelle administration pénitentiaire appliquera la réforme de l’exécution des peines afin d’améliorer la réinsertion sociale des détenus et prévenir la récidive.

4. Relations entre l’État et l’Armée

Dans le cadre de l’État de droit, L’État sera séparé de l’Armée.
L’armée doit se limiter à ses fonctions régaliennes dans le contexte de la sécurité nationale, régionale et internationale. Tout comme les civils doivent se tenir à, l’écart de la gestion opérationnelle, les militaires n’ont pas la vocation à faire de la politique pour se concentrer sur leur mission régalienne.

5. Médias

Le Gouvernement veillera à assurer à la presse sa liberté d’informer et d’éduquer le peuple et d’attirer l’attention du gouvernement sur les questions importantes pour la vie de la Nation.

I. Indépendance et pluralité des médias

Une presse forte dans un paysage médiatique varié, pluraliste et indépendant constitue une condition essentielle à la formation d’opinion et au débat critique dans
une démocratie. L’indépendance de la presse sera garantie et la pluralité des médias sera promue, tout en favorisant un standard de haute qualité journalistique et en continuant à investir dans la qualité de l’information indépendante.

II. Promotion de la diversité et de la qualité des médias

Dans le prolongement de la promotion de la presse écrite, des dispositions claires pour le soutien aux médias citoyens et locaux seront élaborées, tout en respectant des critères de qualité.
En parallèle à la réforme du régime de la promotion de la presse écrite et au vu des efforts du secteur en faveur d’un travail journalistique de haute qualité, il est envisagé de revaloriser la profession de « journaliste professionnel », en concertation avec le Conseil de presse et les associations professionnelles.

III. Administration transparente et ouverte aux médias

Chaque citoyen a le droit d’accéder aux informations détenues par les services de l’État qui sont liées à l’exercice d’une activité administrative.
L’accès aux informations des différents ministères et administrations est essentiel pour le travail des journalistes. Ainsi, afin de permettre le traitement dans les meilleurs délais des requêtes journalistiques et de garantir les flux d’informations, les moyens nécessaires seront mis en œuvre en étroite collaboration avec les organes de presse et les associations professionnelles des journalistes.

6. Société civile

La place et rôle des organisations de la société civile dans la consolidation d’un État de droit est fondamentale. Elle est un agent majeur pour l’amélioration des conditions de vie de la population, pour son émancipation, et pour la démocratisation de la société mauritanienne.
Renforcer la société civile est devenu un impératif de la consolidation démocratie, ainsi rétablir une société civile dynamique et diversifiée constitue l’un des principaux objectifs du gouvernement.
Pour ce faire, le gouvernement s’évertuera à renforcer la capacité de la société civile pour 2 missions :

• Aider le gouvernement dans son action
• Être l’avocat/Plaider la cause du peuple afin de défendre et faire avancer ses droits auprès du gouvernement

FONCTION PUBLIQUE

Une fonction publique compétente, transparente, efficace et respectueuse du principe de neutralité est garante de l’État de droit.
Une importance particulière sera accordée à la mise en œuvre et au suivi de la gestion par objectifs. Et ce afin d’assurer que le programme gouvernemental soit réalisé de manière efficace et cohérente.
La création d’une Institut National de l’administration publique assurera l’expertise nécessaire pour assurer que les actions de l’État soient alignées à tout moment avec la réalisation des objectifs stratégiques.

1. Continuité de l’action de l’État et séparation de l’administration publique et des partis politiques

Dans la continuité du nouveau format d’admission à la sélection fondé sur les compétences et le potentiel de développement, la procédure de sélection et la gestion des ressources humaines sera encore davantage professionnalisée afin d’assurer la pérennité d’un service public de qualité.
Tout particulièrement lors d’élection d’un nouveau Chef d’État et d’une nouvelle équipe gouvernementale.

2. Formation des fonctionnaires et de hauts fonctionnaires de l’État
Institut national de l’administration publique
Les formations de l’Institut national de l’administration publique (INAP) seront développées et évolutives afin de répondre aux besoins des administrations de la société mauritanienne.

La formation de l’administration publique aura pour objectif d’apporter à l’ensemble des agents les connaissances des métiers de l’administration publique, liés aux besoins réels de la société.

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✅LES GRANDES LIGNES DU PROGRAMME DU CANDIDAT BIRAM DAH ABEID – 2/2

PROTECTION ET PROMOTION DES DROITS DE L’HOMME

Le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour faire l’état des lieux en matière des Droits de l’Homme.
Ceci constitue une démarche de réconciliation nationale fondamentale qui marquera une nouvelle page dans l’Histoire de la Mauritanie.
Les problèmes liés au Droits de l’Homme doivent être présentés d’une manière responsable de façon à répondre aux besoins de justice sans compromettre l’équilibre du pays.

1. Conférence nationale de justice transitionnelle
Dans l’intérêt national, le gouvernement organisera une conférence nationale afin d’entamer une séquence de justice transitionnelle pour régler ces problèmes complexes et faire un nouveau départ sans compromettre l’unité nationale.

2. Protection et promotion des Droits de l’Homme
Le gouvernement apportera les corrections nécessaires à toutes les violations des Droits de l’Homme constatées, tels que les tueries extra judiciaires, les déportations, les enregistrements biométriques.

3. Immigration, réfugiés
Sur le plan humanitaire, la Mauritanie continuera à offrir sa protection et son assistance aux réfugiés qui se trouverait sur son territoire national, les traiter avec respect et dignité conformément aux conventions internationales.

4. La double nationalité
La migration est une réalité mauritanienne. Les mauritaniens sont de grands voyageurs et s’installent souvent ailleurs pour longtemps avec pour conséquence l’acquisition d’une nouvelle nationalité. Les barrières légales actuelles posées aux mauritaniens porteurs d’une seconde nationalité créent des contraintes pour un retour harmonieux au pays, temporaire ou définitif.
Le Gouvernement réorganisera le dispositif légal pour faciliter aux mauritaniens l’acquisition d’une seconde nationalité.

BONNE GOUVERNANCE

La bonne gouvernance signifie l’usage responsable des ressources naturelles du pays au service du peuple. Cela signifie aussi l’usage judicieux des ressources humaines.

1. Lutte contre la corruption
La corruption est un mal globale comme rapporté par Transparency International. La Mauritanie ne fait pas exception.
En effet, l’organisme place la Mauritanie à la 144/180 sur leur indice de perception de la corruption (IPC), avec un score de 27/100.
https://www.transparency.org/country/MRT

I. Transparence
Le Gouvernement mettra à disposition les moyens afin que la Mauritanie puisse être évaluée par les institutions internationales en ce qui concerne le niveau de perception de la corruption dans le pays.

II. Finances publiques, Budget et Trésor
Pour le Gouvernement, la rigueur budgétaire sera de mise pour diminuer le déficit public actuel compte tenu de la situation macroéconomique du pays. L’État mauritanien dispose suffisamment de ressources naturelles et extractives pouvant financer ses besoins de fonctionnement ainsi ses projets de développement.

DIPLOMATIE ET LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

1. Conventions bilatérales, multilatérales et internationales
En tant que membre des Nations Unies, de l’Union Africaine, et de la Ligue Arabe, la Mauritanie jouera un rôle actif dans ses institutions et s’évertuera à appliquer toutes les conventions multilatérales.
La définition d’une politique extérieure ambitieuse, soucieuse de mieux défendre les intérêts du pays, mais aussi d’instaurer un climat de dialogue, de concertation et de bonne entente avec nos États voisins immédiats.
Le réajustement du réseau diplomatique pour mieux prendre en compte les enjeux du monde d’aujourd’hui et d’être en mesure de porter assistance et soutien à la diaspora mauritanienne.
La revalorisation du capital humain par l’application rigoureuse du statut du corps diplomatique maintes fois réformée, mais jamais mis en œuvre.
L’égalité professionnelle et le système de rotation, entre autres dispositions statutaires, doivent prévaloir, de sorte que l’efficacité et la transparence de la gestion du personnel s’en trouve améliorée.

2. Coopération économique
Au niveau régional la Mauritanie va réintégrer CEDEAO, car il s’agit d’un espace économique naturel pour la Mauritanie.
Les avantages pour le Mauritanie et les partenaires sont énormes car les pays membres ont une forte communauté mauritanienne. Ceci va faciliter leur intégration et leur activité.

3. Défense
Concernant le G5 Sahel, la Mauritanie n’épargnera aucun effort pour le bon fonctionnement de cette institution. Le gouvernement considérera la Sécurité une condition nécessaire au développement.
De plus, la Mauritanie est ouverte à tout nouveau membre pour renforcer la capacité de cette institution.

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, COMPÉTITIVITÉ ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

1. Pour un développement de qualité
Un développement économique dynamique et durable est au cœur de la stratégie poursuivie par notre mandature. Elle vise à générer de la richesse afin de pouvoir procéder aux transferts sociaux, d’investir dans des infrastructures modernes et de garantir la qualité de vie des citoyens ainsi que la prospérité du pays.

2. Aménagement du territoire
a) Les infrastructures

Le gouvernement fera des infrastructures une priorité. Aucun développement économique n’est viable sans infrastructures qui offrent une maîtrise du territoire. Ces actions répondront aux besoins actuels et à venir.

I. Infrastructures routières
La densité du trafic routier a considérablement augmenté compte tenu du parc automobile national, de l’augmentation de la population, et l’intensification de l’activité commerciale.
Face à cette réalité, le gouvernement construira les infrastructures routières nécessaires et renouvellera celles qui sont obsolètes causant des accidents mortels
Selon les chiffres de la Banque mondiale, le nombre de décès causés par accidents de la route (pour 100 000 habitants) est de 24,25 pour 100000 habitants. Ce qui situe la Mauritanie dans la moyenne haute du continent.
Seront mis en œuvre, entre autres :

• La « Route de l’espoir » qui lie Nouakchott à Néma jusqu’à la frontière malienne est vitale pour l’économie du pays.

• La route qui lie Nouakchott à Rosso, la construction du pont de *** qui économisera 3 heures de transport terrestre.

II. Infrastructures ferroviaires
III. Infrastructures maritimes
IV. Développer les ports maritimes
V. Développement des infrastructures numériques
VI. Logistique

b) Urbanisme
Quelques cinquante ans après sa création, les autorités entendent se pencher sur le devenir de la capitale mauritanienne. La Communauté Urbaine de Nouakchott s’interroge sur les orientations à mettre en œuvre en matière d’aménagement urbain pour faire face aux multiples défis environnementaux, sociaux et économiques auxquels elle est confrontée :

I. Voirie
Dans le cadre des infrastructures sanitaires, la ville de Nouakchott est extrêmement sale. Elle pose un problème de santé publique, le gouvernement doit en faire une priorité pour maintenir la ville dans des conditions sanitaires acceptables.
Un problème majeur de Nouakchott, c’est le problème de canalisation. Dès sa conception, la ville n’a pas pris le problème des pluies et des inondations. Le gouvernement doit affronter le problème de canalisation.

II. Aménagement urbain
Nouakchott doit, à l’avenir, relever de très nombreux défis. En premier lieu, les aléas climatiques puisque la ville est un point de convergence du changement climatique. A court terme, il est urgent de mettre en place des mesures techniques afin de limiter les premiers effets du changement climatique.
Parallèlement, d’autres enjeux s’avèrent tout aussi importants, parmi lesquels améliorer la gouvernance urbaine, préconiser une meilleure gestion et planification de l’agglomération, tout ceci dans le but de favoriser le vivre ensemble.
La ville dispose de multiples atouts, qu’il convient de mettre davantage en valeur :

• Site littoral intéressant
• Situation géographique stratégique entre plusieurs aires culturelles et réseaux d’échanges
• Population jeune et ouverte sur le monde, flexible et adaptable
• Secteur informel florissant
• Paysages remarquables de mer et de dunes.

III. Planifier la métropole en devenir
Pour se positionner à l’échelle régionale et internationale, Nouakchott doit s’organiser sa bonne gouvernance pour jouer un rôle dans la région et à l’échelle du continent.

IV. Créer le vivre ensemble
L’objectif est de donner de la grandeur à Nouakchott et en faire une capitale désirable.
Et ce, en transformant cet espace urbain en une capitale à la hauteur de son statut et de son futur rôle en Afrique.
Les espaces publics sont des lieux de sociabilité qui marque une identité urbaine partagée. Il sera question d’accompagner la construction de l’identité urbaine par des moments et des lieux fédérateurs.
Pour renforcer l’unité nationale, il s’avère nécessaire de penser à̀ recoudre la ville et par-là̀ même la société mauritanienne. Des espaces publics et des infrastructures permettront la rencontre et renforcera l’appartenance à la capitale, et par extension à l’identité mauritanienne.

3. Industrie
Selon le Fonds monétaire international, le secteur industriel représentait 26% du Produit Intérieur Brut en 2018.

I. Industries extractives

En 2018, la croissance économique a poursuivi sa reprise modérée, avec une augmentation du taux de croissance de 3 % à 3,6 % entre 2017 et 2018. Les secteurs non-extractifs ont stimulé l’activité économique, tandis que le secteur extractif a freiné la croissance pour la deuxième année selon la Banque Mondiale.
https://donnees.banquemondiale.org/pays/mauritanie
http://www.banquemondiale.org/fr/country/mauritania/publication/mauritania-improving-the-business-climate-to-promote-the-development-of-the-private-sector
En effet, l’année précédente, l’industrie extractive représentait 18,7% du PIB (2,3% pour les produits pétrolier, 16,3% pour les industries extractives autre que produits pétroliers, 14,9% extraction des minerais métalliques desquels 9,9% revient à l’extraction du fer, et 5% pour l’or et le cuivre) selon l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
https://www.wto.org/french/tratop_f/tpr_f/s371_f.pdf

II. Industries productives

4. Artisanat
Le secteur artisanal constitue une épine dorsale de l’économie. Composé principalement de petites et moyennes entreprises, ce secteur sera revalorisé en rehaussant son image de marque, en valorisant le travail artisanal auprès des jeunes et à travers le soutien par les différentes initiatives du Gouvernement.

5. Agriculture
Les atouts :
Dans le contexte de vulnérabilité de l’économie mauritanienne, le gouvernement, dans l’objectif de développement du secteur agropastoral, trouvera des solutions aux contraintes suivantes :

• L’incohérence de l’environnement institutionnel et réglementaire qui rend l’application des reformes difficile: les codes pastoral et de l’élevage adoptés par le gouvernement, respectivement en 2003 et 2004 ne sont pas appliqués.

• Les conditions climatiques difficiles : sécheresses, inondations.

• La faiblesse des ressources : humaines, manque d’intrants, système bancaire peu développé absent du milieu rural, les banques prêtent généralement à court terme à des taux de l’ordre de 25 % et exigent des garanties solides.

• Les parasites des cultures : oiseaux granivores, sésame, charbon…

• Le manque d’infrastructures : enclavement des zones de production, manque d’énergie, faible accès à l’eau potable des populations rurales.

• Le manque de moyens destinés à la recherche : le pays ne compte que le CNRADA (Centre National Recherche Agronomique et Développement Agricole) et le CNERV (Centre National d’Etudes et de Recherches Vétérinaires).

• Enfin, l’étroitesse de la base de production et d’exportation.
Contraintes :
En dépit du manque de performance du secteur agropastoral, on peut énumérer les avantages suivants, en sa faveur :

– L’augmentation des ressources pétrolières, si elles sont bien administrées, contribuera à libérer des ressources importantes pour le développement des infrastructures et des services d’appui nécessaires dans les zones rurales,

– Un grand potentiel agropastoral (plus de 500 000 ha arables dont 135 000 sont irrigables, mais seulement 20 000 ha sont mis en valeur annuellement). Les bons facteurs climatiques en contre-saison (faible hygrométrie, ensoleillement et amplitude thermique) offrent des conditions favorables aux cultures tropicales et tempérées. Selon les estimations (FAO), les rendements en riz dans la région du fleuve pourraient doubler, le revenu par femelle reproductrice de bovin peut augmenter de 20 à 30 % grâce, notamment, à une amélioration de la gestion collective des ressources pastorales, de la valorisation des produits, du suivi vétérinaire et à un renforcement des complémentarités agriculture –élevage.

– L’avantage de la proximité des marchés importants (UE, Maghreb et l’Afrique Subsaharienne),

– Un réseau de télécommunication en plein essor (l’avancée de la téléphonie mobile dans les zones de production),

– La possibilité de développement de l’écotourisme.
Par conséquent, le Gouvernement intégrera harmonieusement tous ces éléments pour optimiser sa production.

I. Autosuffisance alimentaire
Au sujet de la sécurité et souveraineté alimentaire en Mauritanie, le gouvernement fera des 2 points une priorité gouvernementale. Chaque mauritanien et mauritanienne doit pouvoir manger à sa faim.
Pour ce faire :

• Créer une banque agricole et faciliter le crédit,
• Assister les paysans propriétaires terrestres,
• Faciliter l’accès aux engrais et aux outils agricoles,
• Protéger le droit foncier traditionnel contre les agro-business qui viennent usurper les terres, • Faire aménager les bassins versants pour une meilleure exploitation des ressources en eau et sol des zones arides,
• Consolider, développer et encourager la pratique des cultures fourragères en tenant compte des spécificités des différentes zones agroécologiques.

II. Ressources halieutiques
Les ressources halieutiques constituent un pilier majeur dans l’économie de la Mauritanie. Par conséquent, leur exploitation doit être gérée d’une manière rationnelle et les revenus judicieusement utilisés pour le développement du pays.
Pour ce faire, le gouvernement passera en revue toutes les conventions et accords relatifs aux ressources halieutiques et s’il y a lieu, faire les corrections et les amendements nécessaires en faveur de l’économie nationale.
En plus, compte tenu de l’importance du secteur de la pêche, le gouvernement va développer de manière créative des programmes et surtout encourager la pêche continentale pour faciliter l’insertion des jeunes dans ce domaine porteur.

6. Tourisme
La Mauritanie a un potentiel insoupçonné en matière de tourisme. Le secteur n’est pas développé. Le désert, les plages et les sites touristiques (banc d’Arguin, Atar et Chinguetti) peuvent être aménagés pour devenir des points d’attraction touristiques majeurs. Ainsi ce secteur constitue une source de revenus et d’emplois.

I. Professionnalisation du secteur du tourisme
La professionnalisation des offices de tourisme régionaux continuera d’être promue, tout comme la collaboration entre les offices de tourisme régionaux ainsi que la collaboration entre les différents acteurs du tourisme.
Étant donné que toutes les régions de la Mauritanie ont des potentialités en matière touristique, des efforts seront déployés pour développer ce secteur dans toutes les régions du pays.

II. Le contexte règlementaire
Mise en place de mesures à faciliter l’investissement dans le secteur touristique, de développer ou créer des centres de formation, faciliter la procédure de visa pour les étrangers. Aussi, stimuler l’intérêt pour la création de structures d’hébergement (actuellement il n’y a aucun centre de formation hôtelier en Mauritanie, ce qui est un grand manque à gagner).

7. Environnement
La Mauritanie, très aride, est le pays sahélien le plus touché par l’avancée du désert. Très vulnérable au changement climatique mondial, elle est confrontée depuis des décennies à une crise environnementale.
A ce phénomène naturel est venue s’ajouter la forte pression humaine sur les ressources naturelles (eau, terres, flore et faune) qui a conduit à l’anéantissement des services dont la productivité diminue considérablement ce qui a provoqué entre autre, l’insécurité alimentaire.
Pour inverser la tendance de la dégradation environnementale, des actions urgentes et efficaces s’imposent par la promotion des énergies renouvelables et du développement durable :

– Préserver les forêts et encourager l’agroforesterie,
– Valoriser les eaux de surfaces et les ressources en sol des zones arides par des aménagements des bassins versants des zones arides,
– Agir fermement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre par des Actions de Transition Energétique basées sur la promotion des énergies renouvelables, la diversification des sources énergétiques dans la fourniture de services aux centres urbains, et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie dans les habitations,
– Promouvoir des entreprises vertes qui exerceront leurs activités dans le secteur du développement durable et de l’économie solidaire.

TRAVAIL ET EMPLOI

1. Droit du travail
La Mauritanie est membre de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), par conséquent le gouvernement va continuer à honorer ses engagements internationaux, et s’il y a lieu améliorer l’application de ces conventions.
Sachant que la majorité des mauritaniens sont dans le domaine de l’informel, le gouvernement n’épargnera aucun effort pour créer un cadre réglementaire adéquat pour les assister à développer leurs capacités et les aider à promouvoir leurs activités.
En 2017, 50% de la population travaille dans le secteur agricole,1,9% dans l’industrie, 48,1% dans les services.
Dans ce contexte, un intérêt particulier sera accordé à l’insertion des jeunes, et à la promotion de l’emploi des femmes.
Concernant les jeunes de 15 à 24 ans, représentent 19,78% de la population.
31% de la population vivent sous le seuil de pauvreté.

2. Création d’emplois
En Mauritanie, les statistiques actuelles donnent des chiffres dans l’ordre de 60.000 naissances chaque année.
Les potentialités d’essor économique offre d’énormes possibilités de résorber le chômage :

I. Dans le secteur agricole :
Dans les zones humides du pays, existe un potentiel de 135.000 ha irrigables. Le système pluvial (Dieri) offre jusqu’à 183.400 ha qui peuvent être améliorés par la maitrise et la valorisation des eaux de surface.
Afin de valoriser ce potentiel pastoral, le Gouvernement mettre sur pied un programme de création :

– De Domaines Agricoles Villageois qui auront un potentiel de création de plus de soixante mille (60.000) emplois qualifiés et non qualifiés, sur cinq (5) ans.
– De PME dans la transformation des produits agricoles et halieutiques, promotrices d’économie verte. Dans ce domaine, sur cinq (5) ans, plus de 20.000 emplois peuvent être créés.

II. Dans le secteur minier et industriel :
Le secteur public des mines et de l’industrie échappe, aujourd’hui, à tout contrôle. Son assainissement contribuera fortement à l’essor de l’économie nationale et à la création de nombreux emplois.

ÉDUCATION

L’école publique mauritanienne doit offrir un enseignement de qualité qui permet aux enfants de recevoir une très bonne éducation leur permettant d’être compétitif. L’école doit s’ouvrir à la diversité de sa population en adaptant son offre éducative et scolaire aux besoins réels de ses élèves.
La promotion de l’égalité des chances reste un principe directeur qui caractérisera l’action gouvernementale dans les années à venir. Il veillera à donner à̀ chaque enfant des chances équitables de réussir et de construire son avenir à travers l’éducation primaire, secondaire et universitaire :

1. Faire les efforts nécessaires pour atteindre l’éducation universel pour tous les enfants. Car l’éducation est un droit fondamental pour les enfants pour leur épanouissement (pour leur avenir).

2. Faire la réforme de l’éducation secondaire et universitaire pour qu’elle puisse mieux répondre à la compétitivité et la performance et mieux réponde aux besoins du pays.

3. Promouvoir nos langues dites nationales (pulaar, soninke et wolof) en les réintroduisant au système éducatif national.
4. Rehausser le statut des langues pulaar, soninke et wolof

au niveau de langues officielles.
L’action du Ministère sera orientée vers cet objectif afin de préparer les jeunes citoyens à la société mauritanienne conformément à l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations Unis.
Par ailleurs outre sa mission d’éducation, l’école doit servir de creuser d’échange culturel, social de nature à renforcer les relations entre les étudiants ou les élèves.

DROIT DES FEMMES

Tout en observant les spécificités dues à la religion et à la culture, les femmes doivent jouir de tous les Droits garantis par la Constitution mauritanienne et les Conventions internationales des Nations Unies.
Le gouvernement déploiera tous les efforts nécessaires en vue d’atteindre la parité homme-femme conformément aux recommandations des Nations Unies.
La participation effective des femmes à la vie économique constitue une contribution fondamentale dans le pays.
La parité doit être représentée à tous les niveaux, y compris le niveau de la prise décision.
Au niveau politique, il convient de noter la diminution du nombre de femmes à l’Assemblée, qui est passé de 23 % à 21 % selon la Banque Mondiale.
http://www.banquemondiale.org/fr/country/mauritania/overview

SANTÉ

La politique de la Mauritanie en matière de santé sera articulée autour des valeurs fondamentales que sont l’universalité, l’accès à des soins de santé de qualité, l’équité et la solidarité.
Pour ce faire, le gouvernement fera une priorité de présenter l’accès au soin comme un droit fondamental et non pas comme un privilège.
Dans cette optique le gouvernement doit considérer comme une priorité une formation adéquate pour le personnel de santé publique, l’amélioration et le développement des infrastructures de santé. Plus particulièrement, rendre l’accès aux soins facilité pour les personnes démunies ou marginalisées.

La politique dans le domaine de la santé veillera à :
• Garantir la qualité des soins selon une démarche de soins pour tous
• Assurer l’égalité d’accès aux soins
• Contribuer à la prévention des maladies
• Donner la priorité aux soins primaires

CULTURE

La politique culturelle poursuit une approche ambitieuse qui prend en compte le fait que la diversité des cultures, la liberté créatrice, les arts, les droits culturels, le respect du patrimoine culturel et naturel sont essentiels au développement du débat démocratique, d’une véritable ouverture d’esprit et des droits fondamentaux en général.
En effet, aucun développement sociétal ne peut être libre, juste et durable sans l’une de nos composantes culturelles.

SPORT

Comme la culture le sport étant un élément vital et dynamique pour la société particulièrement sa composante la plus dynamique, la jeunesse. La pratique du sport demande des infrastructures appropriées, le financement de projets.
Ce gouvernement pour réaliser « qu’un esprit sain soit dans un corps sain » va procéder à la reconnaissance et à la réhabilitation de la pratique du sport dans tous les domaines, à commencer par le plus connus, le football, le basket, les arts martiaux.

DÉFENSE

Concernant le G5 Sahel, la Mauritanie n’épargnera aucun effort pour le bon fonctionnement de cette institution. Le gouvernement considérera la Sécurité une condition nécessaire au développement.
De plus, la Mauritanie est ouverte à tout nouveau membre pour renforcer la capacité de cette institution.

SÉCURITÉ INTÉRIEURE

Développer un programme qui assure la sécurité au niveau de la maison, au niveau de la rue, car aucun développement et épanouissement n’est possible sans la sécurité.
Dans ce cadre, le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour protéger les personnes et les biens de tous les citoyens sur tout le territoire national.

A cet effet, les réformes nécessaires seront faites pour que les services de sécurité puissent être performants et aussi s’adapter à l’évolution actuelle.
Le gouvernement va capitaliser sur les instruments nationaux déjà existants et renforcer la collaboration avec les instituions sécuritaires régionales et internationales.

Dans ce contexte, en tant que candidat des Droits de l’Homme, nous allons harmonieusement intégrer les exigences de sécuritaires aux Droits de l’Homme, car contrairement à ce qu’on pense ils se renforcent mutuellement.

POURQUOI LES SÉQUELLES DE L’ESCLAVAGE EN MILIEUX SONINKO AU LIEU DE L’ESCLAVAGE TOUT COURT?

Depuis la création du mouvement « GANBANAAXUN FEDDÉ » natif, initialement, de Mauritanie, mais devenu transnational voire transcontinental de part l’aura qu’il a eu à travers le monde, mouvement qui a emboîté le pas à ses aînés « Abolitionnistes de l’Esclavage et ses Séquelles », notamment les mouvements « hratines », Les Soninko (pluriel de Soninké) dans leur grande majorité ont horreur et ne veulent pas entendre parler du phénomène de l’esclavage dans leurs localités. La question a été érigée en une sorte de tabou autour duquel s’est formé un consensus latent. Dans la société soninké, les classes dominantes et certaines couches qui leur sont inféodées se sont mis d’accord pour clamer sur tous les toits qu’en milieu Soninké l’esclavage qui avait par le passé existé, comme d’ailleurs chez les autres communautés, a complètement disparu et que le phénomène a totalement été éradiqué en pratique et qu’il n’en demeure que des « restes » à travers quelques symboles marginaux. Mais ces « restes » constituées de codes de valorisations ou de « dévalorisations », c’est selon et autres symboles pudiquement désignées de séquelles, sont encore pires que la pratique réelle de l’esclavage par endroits à travers les zones infectées par le phénomène car elles expriment une certaine nostalgie d’un passé peu glorieux au sein de ces zones hautement stratifiées, ségrégationnistes et discriminatoires.
Au sein de la dite noblesse, tenant de la gouvernance, du chef du village à l’intellectuel, jusqu’au fonctionnaire dans Les rouages de l’Etat, exceptées quelques âmes justes (s’y reconnaîtra qui le mérite) tous sont unanimement d’accord et unis pour ne laisser la moindre parcelle de notabilité aux partisans de la caste ou classe dite inférieure considérée d’extraction servile et par conséquent inapte à toute mission relevant de la gouvernance sauf cas de force majeure, c’est-à-dire lorsque la nomination d’un membre de cette classe dite inférieure devient la seule option pour préserver un intérêt incontournable.
Il serait plus juste de dire et d’affirmer qu’en milieu soninké, le phénomène de l’esclavage est de nos jours quelque chose de « souhaité » pour ne pas dire de « prisé » par certains. Ce sont les circonstances qui ont obligé les soninko à parler d’éradication parce que ne disposant plus des moyens de coercition leur permettant d’asservir, dans le sens de reconnaitre le droit de propriété d’une personne sur son semblable. Mais « l’homo-sonincus », permettez moi le néologisme, n’est pas encore convaincu que toute forme d’asservissement est à proscrire et que la liberté est un don de Dieu à l’ensemble de ses serviteurs et dans cette perspective, elle est un don sacré et inaliénable. Ainsi, quelles que soient les affinités et l’admiration que l’on puisse éprouver pour une forme particulière d’organisation sociale de quelques communautés que ce soient, on ne peut en aucun cas consentir et trouver d’excuses ou de prétextes à des pratiques injustes et discriminatoires qui oppressent et aliènent. Et pourtant, dans la société soninké contemporaine, au nom de « la déification d’une certaine forme de culture » qui n’en est pas une, par les autoproclamés défenseurs de « notre culture soninké », des citoyens à part entière, considérés comme inférieurs font quotidiennement l’expérience de l’inégalité, de la discrimination, de l’injustice ; sont accablés par des préjugés et des clichés et sont parfois confrontés à l’ostracisme et à l’exclusion dans les villages.

Considérant cet état de fait, nous déduisons que l’éradication du phénomène en milieu Soninké, si éradication il y a eue, ne découle pas d’une réelle volonté politique interne mais plutôt et simplement d’une carence endémique des moyens et d’une mutation des rapports des forces qui ne permettent plus la pérennisation du phénomène dans sa forme classique au sein de la société soninké.
En effet, la prise en charge de l’esclave demande des capacités financières énormes, lesquelles étaient par le passé, acquises par le produit de la force de travail de l’esclave lui-même. Il était, il faut le dire, le moteur de la production sociale du maitre et de l’économie locale en général.
Les conditions multiples et variées qui entretenaient le phonème de l’esclavage dans sa forme classique, n’étant plus, la caste ou classe dite de la noblesse se résigna petit à petit à assouplir les jougs qui pesaient sur l’esclave. Ce qui donne l’impression que le phénomène est révolu et a été éradiqué. Mais, c’est juste une impression, car tous les codes liés au phénomène sont restés vifs et perceptibles à travers toute la structuration de la société. Et la naissance de Ganbanaaxu transnational a démontré que l’éradication tant clamée et crue par certains et annoncée n’était que du rêve ! En effet, les revendications des mouvements abolitionnistes ont rencontré des résistances absolument farouches reflétant ainsi la vivacité du phénomène dans les cœurs, concrétisée par des réactions nostalgiques tragiques partout où les lois des Républiques étaient lacunaires en occultant la situation, quand bien même, leurs lois fondamentales interdisent formellement le phénomène en le criminalisant. Pourtant certains esprits essaient encore de faire croire à la thèse du vide juridique donnant ainsi libre cours aux nostalgiques du passé honteux de commettre des tristes forfaits sans que ce comportement d’un autre âge ne leur suscite la moindre inquiétude. Mais le plus abominable et le plus horrible dans toute cette histoire est que, les défenseurs des droits humains reconnus comme tels à travers des associations légales, sont bel et bien ceux qui croupissent dans les prisons pour avoir dénoncé au 21ème siècle, un phénomène qui a gangrené le monde pendant des siècles et, qui continue encore à sévir par endroits avec la complicité de ceux qui sont sensés défendre la légalité et appliquer les lois, à travers des tribunaux spécialement érigés pour prévenir la persistance du phénomène dans tous les compartiments de la société et dans ses plus infimes manifestations.
Le combat juridique est devenu financièrement, tellement juteux pour certains défenseurs de la légalité que la justice n’est plus qu’un soporifique. Et la vérité doit être dite en tout temps et en tous lieux, pour aviser les âmes justes capables de l’admettre, d’accepter la dénonciation et d’agir pour son application, surtout quand on occupe un poste de responsabilité et de surcroit quand on tient les rênes du commandement. Une telle attitude est digne du patriote, du jaloux pour l’édification, le développement et le progrès de sa patrie ou encore de celui qui croit qu’un Seigneur Tout Puissant jugera un jour entre ses serviteurs. Lutter contre l’injustice et les discriminations ne doit pas être une option, mais un devoir du croyant et de toutes personnes dotées d’un minimum de conscience. Il est aujourd’hui de notre devoir de déconstruire pour mieux comprendre notre société et de défaire certaines conventions pour mieux vivre ensemble.

MCI DIALLO

NKTT, Juin 2019

Le Sénégal et le journalisme de caniveau ! Par Diallo Saidou dit Thierno

En écoutant la sortie d’une chroniqueuse et d’un chroniqueur sur une télé sénégalaise, j’ai été abasourdi par la légèreté des propos et la déconcentration par lesquels ils sont dits.

Entre celui qui expliquerait le viol par « l’inaccessibilité » des hommes aux belles nymphes qu’on croise dans les rues Dakaroises ou ailleurs (faisant des femmes une proie, un gibier à consommer pour satisfaire une libido et des hommes des prédateurs qui ne penseraient leurs rapports aux femmes qu’à l’aune de la sexualité) et celle qui circonscrit le viol par ascendance dans les familles Peul-Toukouleur ( il faut qu’elle nous explique la différence au passage) on a une envie de gerber.

Cela est d’autant plus déconcertant que sur le plateau, en dehors des acquiescements, personne ne s’insurge, ni ne dénonce cette cette analyse socio-anthropologique de comptoir.
Des polémiques ou des propos approximatifs existeront toujours dans la presse, cependant si sur 6 participants personne ne relève cette anomalie, il y a alors un réel problème sur le choix des intervenants.

Au-delà de cette polémique, se pose la question de la qualité des programmes télévisuels et des ressources humaines qui animent des émissions.
Si le Sénégal nous servait des journalistes de qualité, aujourd’hui force est de constater que la médiocrité, l’amateurisme, le copinage malsain et le Bad Buzz se disputent les exigences de qualité.
A la recherche d’un audimat du sensationnel, des commerçants publicitaires se disent patrons de presse pour servir une télé poubelle qui en perd sa vocation première, à savoir informer, éduquer et développer le sens critique.

Une régulation rigoureuse doublée de sanction plus que dissuasives doivent accompagner la libéralisation des médias pour ne pas (re) vivre la fâcheuse expérience de la Radio Mille Colline.

Au delà des excuses prononcées par la chaîne, l’autorité de régulation doit sévir pour rappeler à ses animateurs du dimanche qu’il y a une rigueur journalistique et une déontologie à ne point violer.

✅Source crédit : Post Facebook de l’auteur (25/05/19)

Édito-Cri Osé : AU GUIDIMAGHA EN MILIEUX SONINKÉS, À QUAND UN VÉRITABLE ÉVEIL POLITIQUE CITOYEN PRODUCTIF ?

Dans l’une de mes contributions passées, j’avais avancé que l’élément “Politique” n’est pas étranger au tissu organisationnel d’un certain monde soninké. Tout en distinguant 2 univers, l’un s’articule autour d’une gestion féodale et coutumière très rigide en interne et l’autre est fait d’une passerelle clientéliste contrôlée par un monnayage communautariste dans l’arène politique nationale. Ainsi depuis toujours ce schéma est tenu efficacement par “une élite” très au fait des rouages de la “CHOSE publique” dans le pays. Cette élite appelée improprement “nos cadres”, est régulièrement indexée et même vilipendée, parce qu’elle ne ferait pas grand chose pour le peuple du Guidimagha, comprendre ici le peuple soninké du Guidimagha à en déduire du discours tenu par ceux qui dénoncent. En cette année 2019 où une présidentielle cruciale s’annonce en juin , la légendaire structure clientéliste convaincue toujours qu’en Mauritanie, la règle tacite est; Une Communauté = Un Vote, semble subir une certaine pression partisane inédite venue de sa base populaire. En effet, aujourd’hui dans le giron soninké Guidimaghanké affilié historique aux différents régimes en Mauritanie, la communautarisation politicienne auprès du candidat désigné par l’Etat profond (composé par l’élite militaire, des hommes d’affaires et des relais communautaro-religieux), trébuche. Les logiques de tendances politiques ou claniques qui ont toujours marqué les partisans du pouvoir dans la région, s’affirment AUTREMENT dans leur versant soninké. De notre angle d’observateur modeste, on pourrait dire que la machinerie clientéliste grince habituellement au niveau des égo de personnalités et aussi à travers les accroches structurelles entre les 2 univers politisés (l’ancien ordre féodal par les statuts assignés et les positions officielles tenues du moment dans l’Etat). Dans le passé, ces querelles intestines pouvant être très rudes se menaient en coulisses loin du citoyen conditionné au VOTE avec/pour nos “cadres”. À l’heure actuelle, dans ce monde 2.0 qui a libéralisé la COM, la base populaire s’intéresse AUTREMENT en s’informant davantage sur ce qui représente vraiment la “communautarisation politicienne” tant prêchée par leurs “cadres”. Ainsi, un bref vocal d’un groupe Réseau social Whatsapp du milieu militant , suffirait pour perturber et dévoiler le fond de ce conditionnement politicien qui a tant inhibé la qualité de CITOYEN. La masse militante est foncièrement communautariste à un premier niveau, clanique à un deuxième niveau et même familiale au troisième palier. De ce fait, l’engagement politique est loin d’être citoyen encore moins d’être patriotique. Et à décortiquer les discours de recadrage et de justification tenus par certains “cadres” du sérail communautaire, à l’endroit de leurs suiveurs qui attendaient du “soninké” pour des soninkés dans le staff de campagne du candidat du système, on dirait qu’on a atteint le terminus d’une infantilisation politicarde innommable.
Et conséquence, aujourd’hui l’avenir d’un engagement politique sain parmi ou pour les soninkés du Guidimagha, serait la culture d’une conscientisation citoyenne qui donnerait sens à des véritables revendications à l’endroit de pouvoirs publics. Depuis 60 ans bientôt le monnayage clientéliste par la politique n’a fait qu’entretenir un régime d’intérêts partisans et l’étouffement d’une expression citoyenne libre. Nous avons besoin d’une autre approche plus intellectuelle de certains termes “nos cadres” , “nos ministres” ou “nos fonctionnaires” qui troublent et tendent même à ethniciser avec “nos” entendre exclusivement soninkés. Alors qu’en citoyen averti ressortissant d’un village soninké , on pourrait légitimement approcher un haut fonctionnaire consciencieux Maure ou Peulh qui serait originaire de Lehajr pour des services rentrant dans ses prérogatives. Cet éveil citoyen sans les balises ne se fera pas dans l’état actuel où les prismes communautaristes pèsent dans les consciences. Et l’individu à l’éveil citoyen bridé ainsi, ne peut être qu’un éternel obligé courtisan même pour ses droits les plus élémentaires. Il se trouve aujourd’hui que ceux qui ont toujours tenu le statut de barons dans l’arène clientéliste politique décrite plus haut, s’adonnent à leur niveau à une certaine forme de mendicité politicienne à l’échelle nationale. Comme on l’a constaté ces derniers temps, la base populaire a bousculé et le maillon intermédiaire “nos cadres” à multiples accroches non identifiables en légitimité par la base, a craqué à ciel ouvert. Ainsi il faudrait une nouvelle approche de l’engagement politique par/parmi NOUS, basé sur des convictions solides qui doivent ÉVEILLER les masses populaires et non VEILLER sur leur supposé poids électoral à monnayer dans la médiocrité et le déshonneur encore et encore.

《Contribution au débat dans la perspective de l’élection présidentielle de juin 2019》, par l’universitaire Mamadou Kalidou Ba

✅À lire la contribution d’un universitaire mauritanien🇲🇷. Ici dans son texte, il a salué l’engagement d’éveil citoyen et humaniste GANBANAAXU FEDDE contre la féodalité :

《Contribution au débat dans la perspective de l’élection présidentielle de juin 2019
La perspective de l’échéance électorale en juin prochain nourrit en chaque Mauritanien d’énormes espoirs, mais également d’énormes inquiétudes. Or, observant l’évolution du débat politique dans notre pays, je constate qu’en dépit de l’imminence de ce rendez-vous électoral et de l’auto proclamation de certaines candidatures, le discours des uns et des autres est essentiellement caractérisé par la platitude et l’imprécision. Parmi ceux qui se sont jusque là exprimés, personne n’indexe avec précision les grands maux de la Mauritanie, et les remèdes qui leurs sont appropriés. Messieurs les candidats, arrêter donc avec vos discours vagues et dites-nous quels problèmes vous traiterez et comment !
Aussi ma grande crainte est que la Mauritanie traverse ces élections présidentielles en ne mettant pas sur la table des débats, les vrais problèmes qui minent sa stabilité et engagent son pronostic vital.
Certes de nombreux mauritaniens sont tenaillés par la pauvreté, de nombreux autres n’ont pas accès aux soins de santé de base et à l’éducation élémentaire, mais les plus grands maux de notre pays qui menacent son existence par ces temps d’instabilité, c’est le racisme d’Etat et l’esclavage.

I. Le racisme d’Etat

Le racisme d’Etat frappe les populations négro-africaines que sont les Peuls, les Soninko, et les wolofs et les plonge dans une terrible frustration d’être des pseudo-citoyens à la dignité constamment bafouée. Ce racisme s’enracine dans notre loi organique se manifeste essentiellement sur deux plans :

1.1. La discrimination linguistique et culturelle est instituée par l’article 6 de la constitution mauritanienne qui stipule : « Les langues nationales sont l’arabe, le poular, le soninké et le wolof. La langue officielle est l’arabe ».
A cause et au nom de cette loi les Peuls, les Soninkés et les Wolofs dont je fais partie n’ont pas le droit de suivre, avec le même temps d’antenne, le journal à la télévision et à la radio comme leurs compatriotes arabophones ; ils sont réduits à écouter leurs responsables politiques (président, ministres …) et administratifs (gouverneurs, préfets, chefs d’arrondissement …), les applaudir sans jamais rien comprendre de ce qu’ils ont dit ! Les cadres négro-africains sont honteusement isolés et discriminés dans toutes les réunions, uniquement parce qu’ils ne parlent pas hassaniya-arabe ! Moi-même à l’université de Nouakchott, je ne cesse de subir cet isolement à travers lequel on me fait clairement comprendre que tant que je ne parlerai pas hassaniya je n’aurai jamais les mêmes droits que les autres universitaires…

1.2. La deuxième discrimination est celle de la représentativité à tous les niveaux de la sphère politique, économique et administrative. Les Peuls, Soninkes, Hratines et wolofs sont sous-représentés dans la hiérarchie de l’Etat au point que le déséquilibre s’apparente à une forme d’apartheid. En effet, c’est plus de 90% des postes politiques et administratifs (y compris dans les forces armées et de sécurité), de notre pays qui sont occupés par les membres de la seule communauté beydane dont le poids démographique ne dépasse pourtant pas les 30% de la population mauritanienne.
Oui, je sais que c’est presque un tabou que de s’exprimer en ces termes, que certains se précipiteront pour me traiter de communautariste, voire de « raciste », mais les méfaits sont si têtus que pour leur trouver des solutions nous n’avons d’autres choix que celui de souligner d’abord la réalité accablante… Et puis franchement, traiter de « racistes » ceux qui ont le courage de dénoncer le racisme, c’est « démodé » ! Alors trouvez autre chose.

II.L’esclavage et la féodalité

Un pays à l’aube du troisième millénaire qui aspire à jouer un rôle au concert des nations, ne saurait s’accommoder ni de l’esclavage, ni de la féodalité. Or selon des voix autorisées, l’esclavage frappe plus de 20% de nos compatriotes de la communauté haratine et la féodalité plus de 30% de nos compatriotes peuls, soninkés et dans une très moindre mesure wolofs. C’est ici l’occasion pour moi d’apporter mon soutien au mouvement « Gambanaaxou fedde » qui incarne une volonté claire de combattre les discriminations statutaires en milieu soninké.
La persistance de l’esclavage et sa survivance à travers la féodalité sont une insulte à notre conscience humaine et une tache déshonorante sur tous les emblèmes de notre souveraineté nationale.
L’esclavage et la féodalité doivent être reconnus comme des endémies et traitées avec des remèdes de cheval pour permettre une renaissance de notre patrie qui pourrait alors être fière d’elle-même.

III. Esquisse de solutions :

Pour en finir avec le racisme d’Etat et instaurer une citoyenneté véritable en Mauritanie, les candidats crédibles aux prochaines élections présidentielles ne peuvent faire l’économie de ces engagements:

3.1. Modifier la constitution de la Mauritanie en introduisant, notamment dans l’article 6, l’officialisation du poular, du soninké et du wolof aux côtés de l’arabe, cela au nom de l’égalité des Mauritaniens toutes communautés confondues ;

3.2. Introduire dans la constitution une loi imposant, dans toutes les nominations officielles, une représentativité numérique de un tiers (1/3) des membres de chacun des trois grands groupes communautaires de notre pays : les Beydanes 1/3, les Hratines 1/3 et les Négro-africains (Peuls, Soninké, wolof), 1/3.

3.3.Autoriser les associations de lutte contre l’esclavage, soutenues par des unités de la gendarmerie nationale à effectuer à travers le pays des missions inopinées destinées à débusquer les esclavagistes pour les traduire devant les tribunaux spécialisés et surtout veiller à ce que ceux-ci disent les lois dans toute leur rigueur.

3.4. Réformer le secteur de la justice et des forces armées pour les rendre plus conformes à la réalité démographique de la Mauritanie dans toute sa diversité ethnologique.
Le salut de la Mauritanie exige de nous la rupture d’avec le tabou du débat et l’instauration du débat sans tabou afin que naissent des solutions consensuelles qui soient acceptables pour tous.
Chers compatriotes, soyez vigilants et ne votez que pour les candidats qui prennent en charge, explicitement et précisément, ces réformes ! Notre stabilité en dépend !

Mamadou Kalidou BA
Nouakchott le 16 avril 2019.》

Diogountoro – Guidimagha : le chef coutumier et ses administrés devant le tribunal de grande instance de Bobigny

Boubou Ba – Le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée par les parties.

Il prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression. La justice étatique décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit, d’où l’intérêt de faire appel aux modes amiables de règlement des conflits.

N’a-t-on pas coutume de dire : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ».

La justice amiable constitue une thérapie qui a pour but de briser le cercle infernal de la violence et de la contre violence afin de rétablir l’harmonie et la paix sociale. En effet, si jadis la fierté d’un Soninké, c’était de se glorifier de ne jamais mis pied au commissariat, aujourd’hui le voilà grimper la marche du palais de justice français. C’est peut-être la fin du royaume Soninké du 21eme siècle ou du moins le souverain mésopotamien du VIIème siècle.

Les descendants de Wagadu :

Si quelqu’un m’avait raconté hier, cette chaine judiciaire, c’est-à-dire les voilà venir le chef et ses conseillers d’un côté et de l’autre ses administrés devant le juge français pour trancher un litige qui les oppose, j’aurais tendance à imaginer que c’est le retour de « Wagadu Bida ».

Malheureusement, cette chaine judiciaire a eu lieu et s’est déroulée devant mes yeux à 9h30 au tribunal de grande instance de Bobigny (TGI). Les mots me manquent pour qualifier cette audience judiciaire que j’ai assistée ce lundi 25 mars 2019, devant le juge de référé du TGI de Bobigny avec un public-immigré, tous « ressortissants de Diogountouro », dans la Commune de Ghabou. J’étais pétrifié et écœuré de voir ceux qui se réclament « descendants de Wagadu » se trainent devant un magistrat étranger pour des faits qui peuvent se régler à l’amiable si nous étions véridique et honnête avec nous. Malheureusement, nous avons perdu la sagesse que le roi (Tunka) de Wagadu nous a léguée.

Autant de l’empire du Ghana, il semblerait le roi ou chef était un dirigeant véridique, honnête et sage ; il réglait toutes les affaires de son royaume à l’amiable afin de préserver la paix sociale de la cité. Le roi ou chef de Wagadu, selon les différents récits disposait trois critères qui nous laissent entendre qu’il était un roi justicier : Le roi était un « faiseur de paix » ; il était un « donateur » de ses biens, et ne peut se permettre, sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes de ses administrés ; le roi était également un grand « orateur », ayant la maitrise de tous les codes culturels de la cité.

Pourquoi aujourd’hui, les descendants de Wagadu ont-ils perdu cette sagesse de rendre la justice et de dire le Droit ? Pourquoi, les fils du roi sont-ils arrivés devant le juge pour étaler leurs « linges sales » ? Où sont-ils passés les chefs justiciers de Wagadu, pour faire régner la paix et la cohésion dans le royaume ? Nous n’avons pas coutume de dire que, « le linge sale se lave en privé ». Pourquoi, nous ne faisons pas comme la communauté Wolof du Sénégal, en réglant ses affaires dans « le ventre de la famille » ou « dans le ventre du village ». Le maintien de la paix sociale et la tranquillité dans nos cités passent par les modes amiables de règlement des conflits.

Pourquoi sont-ils arrivés devant le juge de référé ?

D’après nos informations fiables, nous nous limitons de prendre les faits à partir d’une réunion. Ainsi, lors d’une réunion du village, le chef coutumier et les dirigeants de l’association de ressortissants de diogountouro (ARD) avaient déclaré oralement comme d’habitude, que la caisse du village disposait d’une somme totale de 147000euros sans pièce justificative à l’appui.

En effet, les jeunes du village ayant connaissance de ses droits et devoirs, avaient organisé plusieurs rencontres avec le chef coutumier du village et l’Association des Ressortissants de Diogountouro (ARD), dirigée par une poignée de gens (pour ne pas dire un clan), dont certains sont à la fois conseillers du chef coutumier et membre du bureau exécutif de ladite association, pour demander de comptes sur la gestion financière de l’association communautaire, c’est-à-dire les relèves bancaires et tout autre document nécessaire attestant la gestion transparente du bien commun. Bien sûr que oui, ils sont en droit de demander ou va leur argent et comment a été utilisé cet argent.

La jeunesse a également demandé au chef coutumier et le bureau exécutif de l’association de procéder à un changement des mentalités sur les instances associatives du village, c’est-à-dire à ne pas rester coller sur les patronymes (pour ne pas dire l’esclavagisme) des uns et des autres pour designer telle ou telle personne mais plutôt à regarder du côté des compétences et d’expériences pour faire avancer les choses dans le bon sens. La réponse du chef coutumier et le président de l’association est sans appel.

Le chef coutumier et l’association (ARD) disent tous pas question de leur fournir les relèves bancaires et tout autre document attestant la gestion du bien commun. Cela revient à dire taisez-vous, on n’a pas de compte à vous rendre et vous n’avez aucun droit sur vos propres biens. Apres plusieurs tentatives de médiation auprès du chef coutumier et auprès de l’association, qui n’ont donné des résultats positifs. Ainsi, les jeunes décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit sur le bien commun.

Les faits :

Les jeunes sollicitent les compétences et l’expertises d’un avocat et docteur en Droit, Maître AKUSSON, un professionnel aguerri du Droit. Ainsi, maître Akusson, par un courrier du 31 octobre 2018 envoyé au chef coutumier et au président de l’association(ARD), demande à la partie défenderesse de lui communiquer tout document comptable susceptible d’attester de la gestion transparente des fonds de l’association. Le 17 nombre, le président de l’association (ARD) a envoyé une réponse lapidaire à l’avocat maître Akusson : « en ma qualité de président de l’ARD, je vous informe qu’il y a une totale transparence quant à la gestion des comptes et à la communication des soldes des comptes… ».

Une réponse non juridique mais plutôt littéraire, car l’avocat n’a pas demandé de verbes mais plutôt de pièces justificatives. Ainsi, n’ayant pas satisfait de la réponse du président de l’association, le 26 novembre 2018, l’avocat de la partie demanderesse a envoyé un 2eme courrier au chef coutumier et au président de l’association, faute des réponses claires accompagnées des pièces justificatives il sera obligé de saisir le juge de référé, c’est-à-dire le juge de l’urgence.

N’ayant pas obtenu une réponse, maître Akusson, à la demande de ses clients a saisi le président du tribunal de grande instance de Bobigny en référé, pour des faits de pratiques d’esclavagistes, de faits de discrimination au sein des instances associatives et une gestion opaque des ressources de l’association. Les faits sont grave, je dirais très grave même au regard du code pénal français. Enfin, il a demandé également au juge qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné à la tête de l’association et que les documents demandés soient communiqués par force.

L’audience devant le juge :

Les deux parties sont convoquées à 9h30 du matin devant le juge. Apres un bref rappel des faits et un échange de quelques documents entre avocats et juge. Madame, la juge a donné la parole à l’avocate de la partie défenderesse. Celle-ci a soulève l’irrecevabilité de la demande de la partie adverse faute de qualité à agir en justice et défaut d’intérêt, car selon l’avocate les plaignants ne disposent pas des preuves attestant leur appartenance à l’association. Ainsi, l’avocat de la partie demanderesse maître et docteur en Droit Akusson, a pris la parole pour démontrer l’appartenance de ses clients à l’association et demande au juge à ce qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné afin de mettre l’ordre dans cette association.

Madame, la juge après avoir écouté les deux parties et au vu de la complexité du dossier, elle a décidé de renvoyer l’audience au 10 avril 2019. Ce faisant, avons-nous d’autres solutions pour éviter le chaos ? Oui, évidemment nous avons une panoplie des solutions amiables (médiation, conciliation, arbitrage, négociation…) entre nos mains, qui nous permet de régler cette affaire à l’amiable sans que le juge ne soit au courant de ses linges sales. La justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations.

Elle recèle d’ailleurs plusieurs enjeux : l’apaisement des ruptures de la communauté avec la mise en avant de l’intérêt de la communauté, mais aussi la déjudiciarisation de la procédure de la gestion du conflit. J’en appelle à la sagesse et à la responsabilité de toutes les parties au procès d’aller sursoir au tour d’une table afin de pouvoir trouver une solution amiable et consensuelle pour le bien du village.

Ba – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Stagiaire à la Cour de cassation de France

🔘Crédit source : cridem.org