● Bocar Oumar Bâ : « Si j’étais élu, je formulerais à l’assemblée nationale une proposition de loi visant à faire de la diaspora mauritanienne une 14ème région »

Elections 2023 Mauritanie : interview de Bocar Oumar Bâ, candidat AJD-MR-FPC en France

Au lendemain de la révélation des autorités de Nouakchott des 8 pays dont les expatriés vont voter en mai prochain, le candidat de l’AJD-MR-FPC en France s’est livré à Kassataya pour se présenter avant d’expliquer ses motivations et ses engagements pour les prochaines législatives. L’occasion pour Bocar Oumar Bâ de revenir sur la situation politique inquiétante en Mauritanie et le scandale de la cartographie électorale qui ne date pas d’aujourd’hui.

« De cette disposition, si elle était retenue, découlent des politiques publiques qui ne peuvent que prendre en compte, à la fois les préoccupations de la diaspora dans ses intérêts catégoriels, et les besoins de notre pays de compter sur les ressources humaines de la diaspora… »

Kassataya : pouvez-vous vous présentez ?

Bocar Oumar Bâ : je suis originaire de la ville de Kaëdi où j’ai passé une grande partie de mon enfance et de ma jeunesse ; même si les péripéties de la vie de fonctionnaire de mon père ont voulu que je sois né à Mbagne. Ma famille reste d’ailleurs très attachée à la ville de Mbagne et à toute la zone environnante.

J’ai fait mes études primaires, mon collège et une bonne partie de mon lycée dans ma ville de Kaëdi. J’ai dû cependant passer mon bac dans la capitale en raison de circonstances militantes qui m’avaient conduit à être transféré au lycée arabe de Nouakchott durant les années de braise (1990).

C’est à partir de là que j’ai envisagé de continuer mon engagement militant commencé au collège et au lycée de Kaëdi, en m’investissant au sein de l’Alliance pour une Mauritanie Nouvelle (AMN) dès sa création en 1991. A l’époque, ce mouvement semi-clandestin constituait une des sensibilités au sein du principal parti de l’opposition naissante : le FDUC, devenu UFD, puis UFD/EN avec l’arrivée de Ahmed Ould DADDAH. Je n’ai jamais dévié de ce courant politique. Je l’ai suivi dans son parcours au sein d’autres partis comme AC de Messaoud O. BOULKHEIR, comme dans sa mutation en parti politique reconnu, l’AJD, devenu aujourd’hui l’AJD-MR. Depuis le dernier congrès de mon parti, j’occupe la fonction de porte-parole.

Que vous dire d’autre, si ce n’est que je suis de formation philosophe, anthropologue et sociologue ? Je suis marié et père de famille et vis depuis bientôt 25 ans à Strasbourg où je travaille comme cadre en protection de l’enfance, et formateur à mes heures perdues à l’Ecole Supérieure de Praxis Sociale de Mulhouse sur les thématiques de la médiation ethnoclinique et de la sociologie de l’immigration.

Kassataya : qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter comme candidat aux prochaines législatives ?


Bocar Oumar Bâ : cette décision a été mûrement réfléchie. Je crois profondément en la capacité de la parole politique, lorsqu’elle est incarnée de la bonne manière et portée par les bonnes personnes, à produire du changement. Or il me semble que le rôle d’un parlementaire, de par même son étymologie, est de porter cette parole dans l’hémicycle en vue de changer les choses. Je pense être arrivée à un âge et avoir capitalisé une expérience politique qui m’autorise à me penser légitime pour prétendre à cette tribune. Les idées que j’ai toujours défendues de différentes façons sur le plan national et les préoccupations de la diaspora mauritanienne, notamment en Europe, mériteraient qu’on les porte avec force et vigueur à l’assemblée nationale. J’ai la faiblesse de penser que je pourrais endosser ce sacerdoce. Mes camarades politiques de la section AJD-MR Europe ainsi que ceux de la fédération FPC me soutiennent dans cette démarche. Et le mouvement de soutiens qu’on enregistre tous les jours sur le terrain me conforte dans ce choix. J’espère fédérer autour de ma candidature au-delà de notre coalition immédiate pour donner la chance à l’opposition de battre ici le système. Nous y travaillons et j’ai bon espoir que la raison l’emporte sur les passions et les tentations aventurières.

Kassataya : quels arguments avez-vous contre les autres candidats de l’opposition et de la majorité ?

Bocar Oumar Bâ : je n’ai pas d’argument contre qui que ce soit de l’opposition ni de la majorité. En revanche j’ai plein d’arguments en faveur de ma candidature. Mon principal argument est celui de mon projet qui s’adosse à une proposition forte et novatrice concernant la diaspora mauritanienne.

Si j’étais élu, je formulerais à l’assemblée nationale une proposition de loi visant à faire de la diaspora mauritanienne une 14ème région. Cela aboutirait alors à la création d’un Haut Conseil de la Diaspora subdivisé en départements en fonction des zones de concentration des mauritaniens. Dans cette hypothèse, nous aurions par exemple en France un département composé de représentants d’associations villageoises ainsi que de la société civile, et des personnes désignées par l’état qui travaillent de concert avec le consulat en vue de régler les problèmes administratifs de nos compatriotes et de formuler ensemble et de soutenir des projets de développement. Croyez-moi cette proposition ne relève pas d’une fantaisie de l’esprit, mais d’un véritable changement de paradigme concernant notre manière de percevoir nos citoyens installés à l’étranger. De cette disposition, si elle était retenue, découlent des politiques publiques qui ne peuvent que prendre en compte, à la fois les préoccupations de la diaspora dans ses intérêts catégoriels, et les besoins de notre pays de compter sur les ressources humaines de la diaspora, notamment dans sa capacité à fournir une vraie expertise en matière de coopération décentralisée et de soutien aux collectivités locales, et de mobilisation des fonds des caisses villageoises en Europe pour soutenir des projets locaux.

Le jour où notre pays réussira à mieux considérer sa diaspora, celle-ci deviendra pour lui un atout majeur de développement. C’est donc ce projet phare que je déclinerai en propositions concrètes qui fait ma différence dans cette campagne.

« Aujourd’hui la cartographie électorale décidée unilatéralement par le pouvoir au sujet de la diaspora suit la même logique de discrimination des zones de présence de nos ressortissants négro-africains »

Kassataya : quelle lecture faites-vous de l’opposition à trois mois des élections ?



Bocar Oumar Bâ : je dois avouer qu’elle est dans un état peu reluisant. Son impréparation générale est patente. En atteste sa cécité face aux mesures déjà prise pour lui voler les élections. La cartographie électorale en soi en Mauritanie est un scandale permanent. Des régions à très faible densité démographique, parce qu’elles sont habitées par nos compatriotes arabes, sont représentées par plus d’élus que des régions de très fortes densités démographiques, généralement négro-africaines. Cela n’est un secret pour personne. L’opposition antisystème qui fait généralement ses meilleurs scores dans ces régions demeure impuissante et sans réaction significative face à cet état de fait.

Aujourd’hui la cartographie électorale décidée unilatéralement par le pouvoir au sujet de la diaspora suit la même logique de discrimination des zones de présence de nos ressortissants négro-africains. Comment comprendre autrement qu’on ouvre des bureaux de vote en Gambie et en Guinée Bissau où il y a une forte diaspora maure commerçante, et pas au Sénégal proche ? Comment comprendre que pour toute l’Europe il ne soit ouvert de bureau de vote qu’en France, et aucun en Belgique et en Espagne qui regorgent pourtant de mauritaniens. Mais ils ont le défaut d’être surtout noirs, pour parler sans détour. L’opposition devrait dénoncer de manière forte et concertée ce scandale. Mais pour l’instant le climat semble hélas être à la résignation.

Kassataya : l’alliance CVE-CVE-VR peut-elle faire de bons résultats aux élections ?

Bocar Oumar Bâ : au-delà des résultats qu’elle pourrait produire, cette alliance est avant tout naturelle. Nous n’avons pas à ma connaissance de divergences sur la ligne politique et avons défendu le même projet politique lors de la dernière présidentielle durant laquelle j’étais le porte-parole Europe du candidat KHB, paix à son âme. C’est vous dire qu’une telle alliance, si elle n’était pas polluée par des considérations éloignées des enjeux, a d’abord l’avantage de ne pas confondre et disperser inutilement notre électorat qui est le même partout.

Kassataya : êtes-vous inquiet de la situation politique actuelle en Mauritanie ?

Bocar Oumar Bâ : ce qui serait inquiétant c’est de ne pas être inquiet.Notre pays est dans une situation géopolitique et géostratégique qui l’expose à tous les vents remuant l’instabilité. La présence des mouvements djihadistes dans la sous-région trouve des résonnances dans les relents de conservatisme social et religieux qui gagne de plus en plus notre société. Face à cela, nous avons un système de gouvernance politique qui, depuis des décennies, s’emploient à l’accentuation des discriminations, nous éloignant de l’idée même de nation, a fortiori de celle d’unité nationale.

Dans ces conditions, le défaut d’unité nationale ne peut qu’être un facteur affaiblissant face aux menaces extérieures. Sur le plan purement politique, nous assistons à une pérennisation et à une banalisation du pouvoir militaire paré de costume civil. Et parce que ce sont des militaires qui nous dirigent, ils se rendent incapables de régler la question cruciale de crimes de génocide issus des années de braise dont un certain nombre de présumés auteurs ont encore de hautes fonctions dans l’armée.

La situation de l’opposition qui n’a pas encore réglé la question fondamentale de ses lignes de démarcation politiques rend encore plus illisible la situation. Qui est d’accord avec quoi et avec qui ? C’est là où la proposition du président IMS consistant au dialogue de l’opposition pour faire la part des choses entre ceux qui sont pour l’alternance au pouvoir et ceux qui sont pour une vraie alternative au système me parait bien à propos.

Kassataya : est ce que ces élections ou l’opposition est divisée peuvent faire bouger les lignes ?



Bocar Oumar Bâ : tout dépend de quelles lignes nous parlons. En tous cas s’il s’agit de lignes de fond, celles qui consistent à secouer le système de manière significative, je ne le pense pas. Car pour cela, comme j’ai dit avant, cela supposerait que nous sachions qui est système et qui est antisystème dans l’opposition. Je crois que l’opposition a peu de temps pour clarifier les divergences que j’ai nommées. Par conséquent, pour un certain nombre de mouvements et partis il ne s’agirait que de regroupements basés sur de la pure mécanique électorale. Dieu merci, nous concernant, avec la CVE/VR et je l’espère bientôt avec la CVE et peut-être même avec le RAG ce ne serait pas le cas.

Propos recueillis par Chérif Kane, journaliste à Rouen

©️ via https://kassataya.com/2023/01/30/bocar-oumar-ba-si-jetais-elu-je-formulerais-a-lassemblee-nationale-une-proposition-de-loi-visant-a-faire-de-la-diaspora-mauritanienne-une-14eme-region/

● Bref élément de réponse à un panafricaniste qui me demande ce que je pense de l’arabisation | Par Souleymane Sidibé


L’arabisation est un projet né (officiellement) en 1966. Or, la Mauritanie a pris son indépendance en 1960. Du vendredi 2 mai 1958 au lundi 5 mai 1958 s’est tenu un congrès à Aleg au nord de la Mauritanie. A la veille de l’indépendance octroyée par la France, les cadres noirs de la vallée y sont allés pour discuter des lendemains. Ces noirs étaient issus de la haute féodalité. Ce qui n’est pas souligné. Pendant que d’autres noirs comme eux vivaient sous le joug d’un poids culturel. Les cadres noirs à l’image de Ba Bocar Alpha, étaient lettrés tantôt en arabe qu’en français. Ils ont intégré dans leur subconscient l’idée d’être les représentants d’une composante de la façon la plus inefficace car ils n’ont pas sensibilisé les masses à l’égalité entre les noirs et les non noirs et à la chose politique. Ils (les politiques) ont enfin trouvé le nom de république islamique de Mauritanie. L’islam est, selon eux, le ciment de la nation.

Le président de la république Mokhtar, marié à une française, a proclamé l’indépendance de manière on ne peut mieux faire en français. Il utilisera les cadres noirs issus de la féodalité (dont certains jusqu’à nos jours pensent être représentant d’une communauté). À partir de la date fatidique, il pensera à appliquer ce que la plupart des cadres des noirs (complexés par rapport à l’arabe) savaient. L’arabisation. La première école privée en arabe fut ouverte par un noir. L’école en question s’appelle « Al Falah». Des financements sont envoyés de pays arabes pour mettre en place l’arabisation outrancière. De 1966 à 1978, pendant que les noirs s’attachent à la conception sociale qu’ils ont du monde, Mokhtar intègre ses proches. De 78 à nos jours : l’arabisation a pris un autre tournant. De 1981 à 1989, les officiers maures que l’on appelle les arabe-berbères revenaient des pays arabes avec une idéologie baathiste et nasséristes (allusion au parti Baath et à Gamal Abdel Nasser) ….

Des partis politiques reprenaient des slogans panarabe. D’ailleurs, ce sont des officiers noirs formés en français qui [en partie] ont validé le coup d’Etat de ould Taya, celuiqui sera à l’origine du génocide peul. Même pour réaliser cela, le ministre de l’intérieur au temps Djibril oui Abdallah dit Gabriel Cimper a envoyé un élément noir pour répertorier les villages de la vallée, c’est à dire des habitations des noirs pour préparer le renvoi vers le Sénégal. Un projet diabolique. Ce dernier larbin a été ministre… Pour être bref, il y a des noirs qui prônent l’arabisation. Car ils ont été formé dans ce sens. Et d’autres en ont fait un gagne-pain. Il faut connaître le brassage ethnique qu’il y a. Les alliances. Le tribalisme. L’ethnie. Il faut savoir qu’il y avoir a des noirs qui sont bien aisés dans ce système… pour parler de cela. Et comparer la situation mauritanienne à la Palestine et l’israël, c’est manquer de bonne foi. Je suis parmi ceux qui préconisent une analyse concrète du terrain. « Faire une analyse concrète d’une situation concrète ». Dire pourquoi les masses hassanophones (maures) se sont approprié le pouvoir pendant que les noirs s’attachent à une forme d’hérésie mentale : la féodalité. Les tares diront certains. Il se doit pour nous de dénoncer nos manquements et toutes formes d’injustices et d’inégalités. Quand on me dit arabisation : je dis que le président a ses enfants à l’école française. Donc cela revient à un faux débat. Voilà un contre argument, par exemple.

● Ce que je pense de ce nouveau découpage territorial et de la nouvelle Commune de Diogountouro : Un message à la jeunesse dynamique de cette nouvelle circonscription | Par Dr Boubou BA

Je voudrais d’abord présenter mes vœux sincères aux habitants de la nouvelle Commune de Diogountouro à l’occasion de ce nouveau découpage territorial. Que cette nouvelle circonscription (commune de Diogountouro) vous apporte épanouissement personnel, collectif et professionnel et réalisation des projets, sociaux, économiques, culturels et politiques et nous permette de poursuivre ensemble un élan dynamique vers une démocratie participative et un investissement au bénéfice de la population de cette nouvelle circonscription…

En étant natif de cette nouvelle circonscription, j’ai un droit d’alerte et un devoir de conscientiser la jeunesse sur l’avenir de cette commune et sur les échéances électorales de 2023 qui arrivent. Une commune en pleine mutation, qui est au carrefour de trois frontières (Mali, Sénégal et Mauritanie), dynamique, jeune et riche en termes de terres cultivables…

Ceci étant dit que ce nouveau découpage que moi j’appelle le morcellement de notre territoire qui fut la Commune de Ghabou, une des grandes communes de la région de Guidimakha n’a d’effets que politique. Le pouvoir politique en place a tout simplement morcelé ce territoire (Commune de Ghabou) en petits morceaux afin de pouvoir obtenir de larges ancrages politiques territoriaux dans chacune de ces localités pour défendre le bilan politique du gouvernement. Certes politiquement ce découpage territorial va permettre aux habitants de faire moins de déplacements pour eviter les tracas administratifs (les actes d’état civil). Encore faut-il que le maire ait toutes les prérogatives pour satisfaire les demandes de sa population ? Quand on sait qu’en Mauritanie on a presque dépouillé le maire de ses pouvoirs administratifs voire même les pouvoirs de police. L’exemple typique est celui de l’enrôlement. Aucun maire n’a le pouvoir de faire quoi que ce soit pour aider ses administrés à se faire recenser.

En termes d’économiques et d’investissements ce nouveau découpage n’aura aucun effet positif sur le quotidien de nos populations locales qui ont tant souffert des politiques publiques malmenées depuis des décennies. A cet effet, on vient ajouter la misère à la misère en termes de politiques publiques de gestion economique et d’investissements de ces populations car le budget alloués jadis et les investissements de bailleurs des fonds dans ce territoire font désormais se diviser par cinq voire par dix entre ces différentes circonscriptions. Nous y reviendrons même si l’approche économique et d’investissement n’est pas notre sujet mais plutôt l’approche politique.

En effet, les grecs conçoivent la politique comme une affaire de connaissances et de compétentes. C’est-à-dire on choisit quelqu’un pour bien gérer les affaires (économiques, culturelles, sociales et administratives) de la cité en fonction de ses compétences, de son intégrité morale et psychique.

Diogountouro, à peine ériger en municipalité certains dinosaures du pouvoir actuel ou devrais-je dire ceux qui prônent pour le changement dans la continuité ou encore ceux qui font la politique du ventre commencent à faire incursion sur cette nouvelle circonscription avec des beaux discours qui sonnent en creux et des belles promesses en daraa blanc. Notre commune n’a pas besoin des apprentis sorciers au profit d’un pouvoir qui tâtonne depuis plus de cinquante ans. En ce sens, j’appelle à la responsabilité et à la sagesse de toute la jeunesse dynamique et soucieuse de l’avenir de cette nouvelle Commune à soutenir un candidat jeune et dynamique qui incarne l’espoir, la rupture et le changement démocratique. Soyez vigilants ; ne vous laissez pas berner par les beaux discours et les belles promesses ; choisissez un candidat en fonction de son projet (politique, économique et social), de sa compétence, de sa bonne morale et de son intégrité ; un candidat qui s’engage à lutter contre les inégalités et les injustices sociales ; un candidat républicain qui veille à l’application stricte des lois de la République. En étant un républicain viscéralement convaincu de la bonne gestion de la chose publique de notre commune par les compétences et le dynamisme de jeunes il est de mon devoir d’énumérer quelques critères qui vous aideront à faire votre choix pour le bien de tous.

La politique n’est pas une affaire d’héritage encore moins de clan. En ce sens choisissons un candidat jeune, dynamique et compètent qui sera en mesure demain de défendre les projets de financement et d’investissement devant les institutions politiques et les bailleurs de fonds pour bien de la commune . Un candidat qui sait qu’est-ce qu’un maire et quels sont ses devoirs et ses droits vis à vis de ses administrés et de l’Etat. Evitons les candidats qui n’ont pas des projets politiques et qui pensent que leur élection est synonyme d’un visa Schengen pour aller se déambuler en France ou en Espagne. Evitons également, les candidats de substitutions, de témoignages et les candidats farfelus qui font les jeux du pouvoir et qui ne pensent qu’à se servir au lieu de servir leurs administrés.

Pour ma part, je me suis déjà exprimé ma position par rapport aux échéances électorales de 2023 après avoir fait une observation politique lors de mon séjour au pays. Je soutiens Biram Ould Dah et sa coalition car à mes yeux ils sont les seuls qui incarnent le changement démocratique et la rupture avec les vieux logiciels du système. A cet effet, je soutiendrai avec corps et âme le candidat qui sera désigné par les instances politiques de cette coalition pour briguer un mandat électoral dans la Commune de Diogountouro. Ma position est claire et sans ambiguïté sur ce sujet. Soyons vigilants et lucides dans nos choix afin d’élire un maire competent qui incarne la rupture.

Vive la République Islamique de Mauritanie !!!
Qu’Allah bénisse la Commune de Diogountouro et ses habitats !!!

Boubou BA
Docteur en Droit de l’Université Paris – Nanterre
Membre du Centre d’Histoire et d’Anthropologie du Droit à Paris – Nanterre
Juriste aux référés au palais de justice de Pontoise – France

● Y’a ça chez nous ? | Hors-série #2 : Le cas mauritanien | Ausha | Avec l’interview audio de Dr Sidi NDIAYE

Un élément audio descriptif de près d’une heure, très instructif sur les réalités socio-politiques mauritaniennes.

Le Lien du Podcast : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

DESCRIPTION

Dans cet épisode, on sort du triptyque Algérie-Maroc-Tunisie pour se rendre légèrement plus au sud. Direction la Mauritanie, un pays situé au entre le Sahara Occidental revendiqué par le royaume du Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Mali. Pour en parler, Sidi N’Diaye, politiste spécialisé dans les violences politiques, ethnopolitiques et les politiques de réconciliation nationale en Mauritanie.

©️ Source initiale : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

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● Référendum 2016 : un stratagème constitutionnel pour un troisième mandat en 2024 | Par Mamoudou Baidy Gaye

Au Sénégal, beaucoup d’observateurs avertis commencent à se demander si la révision constitutionnelle de 2016 n’était juste qu’une ruse de Ndiombor pour acter en 2024, de façon subtile, un troisième mandat pour Macky Sall, après un septennat (2012-2019) et un quinquennat (2019–2024).

A y voir clair, c’est comme si Macky Sall, avec sa dernière tournée économique à Tambacounda, est en train de tester en phase expérimentale le ressenti populaire sénégalais dans son dessein de briguer un troisième mandat présidentiel qui est en train de se profiler à l’horizon en 2024 au Sénégal.

Même si Macky Sall a adopté, pour l’instant, la tactique motus bouche cousue en ce qui concerne sa déclaration officielle de candidature pour la présidentielle de 2024, ses partisans sur les plateaux de télévision et lors de leurs discours publics se sont mués en chevaux de Troie pour cette cause du troisième mandat en étant des ballons de sonde pour tester l’opinion populaire sénégalaise.

Des partisans de Macky Sall d’aujourd’hui et des anciens « caïmans » et « renégats » politiques du régime de Me Abdoulaye essaiment au tour de leur ancien numéro 2 du parti démocratique sénégalais (PDS) avec comme volonté cupide de continuer le festin avec ce qu’ils qualifient comme deuxième quinquennat et non de troisième mandat.

Le premier mandat de président de Macky Sall a été marqué par cette fameuse Loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016 portant révision de la Constitution qui avait pourtant renforcé l’image du Sénégal au niveau international.

Le 20 Mars 2016, le président Maky Sall avait appelé les citoyens sénégalais à un énième référendum après celui de 2001. Macky Sall avait ainsi affirmé sa volonté de promouvoir des réformes visant à moderniser le régime politique, à renforcer la bonne gouvernance ainsi qu’à consolider l’État de droit et la démocratie.

C’est pourquoi il avait invité les Sénégalais à se prononcer sur un projet de réformes constitutionnelles de 15 points. Durant ce rendez-vous, le ‘’Oui’’ l’emportera à hauteur de 64,54%. Il s’agissait entre autres de ces réformes :
1. la modernisation du rôle des partis politiques dans le système démocratique ;
2. la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection ;
3. la promotion de la gouvernance locale et du développement territorial par la création du Haut Conseil des collectivités territoriales ;
4. la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier ;
5. le renforcement de la citoyenneté par la consécration de devoirs du citoyen ;
6. la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel ;
7. le renforcement des droits de l’opposition et de son Chef ;
8. la représentation des Sénégalais de l’extérieur par des députés à eux dédiés ;
9. l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques ;
10. la soumission au Conseil constitutionnel des lois organiques pour contrôle de constitutionnalité avant leur promulgation ;
11. l’augmentation du nombre des membres du Conseil constitutionnel de cinq (5) à sept (7) ;
12. la proposition par le Président de l’Assemblée nationale de 2 des 7 membres du Conseil constitutionnel ;
13. l’élargissement des compétences du Conseil constitutionnel pour donner des avis et connaître des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant la Cour d’appel ;
14. la constitutionnalisation des principes de la décentralisation et de la déconcentration ;
15. l’intangibilité des dispositions relatives au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandats consécutifs du Président de la République.

Malheureusement en Afrique, les textes sont bien écrits, mais leur application pose toujours beaucoup de problèmes avec la pluralité des interprétations et les intentions de se maintenir au pouvoir vaille que vaille.

En outre, nous notons, sous le régime du président Macky Sall, beaucoup d’arrestations du côté des journalistes, des membres de la société civile et même des membres de l’opposition avec la négation presque dictatoriale des droits des citoyens sénégalais à exprimer leur opinion sur les réseaux sociaux.

Des dérives autoritaires qui sont à l’origine aujourd’hui de la montée d’adrénaline de la crispation politique au pays de Senghor, Diouf et Wade.

Sur la situation sociale, la corde est devenue aussi raide avec la conjoncture mondiale post Covid 19 et la guerre Russie-Ukraine. Autant de facteurs qui risquent de plonger davantage le Sénégal dans une crise profonde et multiforme.

La pomme de discorde est née de ce stratagème constitutionnel de 2016 bien ourdi sur la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel.

Le président Macky Sall a déjà affirmé publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat, mais, l’onde de choc devient chaque jour de plus en plus envahissant face à une l’opposition de plus en plus radicale qui clame le contraire. Ces divergences peuvent être une sérieuse menace pour la préservation de la paix au Sénégal qui a pourtant toujours échappé aux convulsions nées des crises qui secouent l’Afrique depuis les indépendances.

Mamoudou Baidy Gaye

©️ Via http://fr.alakhbar.info/16696-0-Referendum-2016-un-stratageme-constitutionnel-pour-un-troisieme-mandat-en-2024.html

● CE MANDAT DE TROP QUI VOUS TENTE | Par PAR FELWINE SARR


EXCLUSIF SENEPLUS – Le fait même d’entretenir le clair-obscur est un aveu. La dérive autoritaire commence quand le prince peut faire dire au signe linguistique ce qu’il veut. L’esquif Sénégal ressemble à une barque qui a perdu son cap

Le président de la République en décembre 2019, à la question de savoir s’il allait se présenter ou pas pour un troisième mandat avait répondu par un ni oui ni non. Lors de son adresse à la nation du 31 décembre 2022, il n’a pas évoqué la question. Cependant, tous les actes qu’il a posés depuis indiquent qu’il se prépare à y aller (Lu Defu Waxu). Ne lui faisons pas de procès d’intention diront certains, pour l’heure il n’a rien dit de définitif. À une question dont la seule réponse possible est non, puisque la Constitution est claire sur ce point ; le fait même d’entretenir le clair-obscur est un aveu, au moins d’une tentation ou de l’évaluation des chances de réussite d’une telle entreprise. Par cette seule attitude de maintien du flou sur une question qui engage le destin de la collectivité entière, le contrat avec la nation noué en 2012 lors de sa prestation de serment, et renoué en 2016 à l’issue du referendum sur la Constitution est d’ores et déjà cisaillé.

Cette non-réponse a pour effet de prendre le peuple sénégalais en otage et de le maintenir dans l’expectative, pendant que ses partisans occupent l’espace médiatique et comme en 2012, tentent de nous faire comprendre que les mots n’ont plus le sens qui est le leur. La dérive autoritaire commence quand le prince peut faire dire au signe linguistique ce qu’il veut. Quand « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs », ne signifie plus, « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Et c’est à cette opération de brouillage de sens que se livre le camp présidentiel. Car ici peu importe la durée du mandat, c’est la consécution de ces derniers qui est limitée à deux. C’était le sens de notre combat en 2012 contre le troisième mandat de Wade. Établir un rythme d’alternance inscrit dans le marbre de la Constitution qui assure une respiration démocratique, un renouvellement des élites gouvernantes, l’alternance des projets de sociétés et la transmission pacifique du pouvoir.

Quel recul, si nous nous retrouvions en 2024 dans la même situation qu’en 2012 ! Tout ceci pour cela ! Le procédé, nous le connaissons hélas, Wade l’avait déjà expérimenté. Nommer des juges acquis à sa cause au Conseil constitutionnel, lâcher ses propagandistes dans les médias et ses juristes qui tentent par une sophistique juridiciste (avec cette idée que le droit constitutionnel est complexe et ésotérique), de rendre acceptable une lecture de l’article 27 de la Constitution qui sémantiquement, éthiquement, politiquement, juridiquement ne l’est pas et fouler ainsi au sol le texte fondamental qui nous lie et qui fixe les règles qui gouvernent notre vivre-ensemble. Un seul individu, fut-il président de la République, ne peut confisquer un pouvoir que le peuple sénégalais lui a confié dans des termes qui étaient ceux d’un refus d’une dévolution monarchique du pouvoir, d’un troisième mandat et d’un désir de justice sociale et de redevabilité. La conséquence ultime d’un tel acte est de désacraliser la Constitution dans l’inconscient collectif. Toute communauté pour faire d’un tas un tout, se fonde sur des règles qu’elle met au-dessus d’elle-même, au-dessus des ambitions partisanes et des intérêts privés afin de garantir la poursuite de l’intérêt général. La Constitution reflète les règles qui fondent notre communauté politique et in fine, le peuple est le suprême constituant. Dire à ce dernier « cher peuple tu n’as pas compris ce que tu veux, nous les maîtres de la science constitutionnelle avons compris mieux que toi que Nul ne peut, ne signifie pas dans ce cas précis, Nul ne peut », en plus de ne pas faire cas de l’intelligence collective des Sénégalais quant au sens de leur histoire politique, relève d’un hold-up de notre volonté collective. Ce que le peuple veut (au moins sur cette question), il l’a exprimé clairement en 2012 dans la rue et dans les urnes.

M. le président de la République,

L’esquif Sénégal ressemble à une barque qui a perdu son cap et qui erre dans la brume. Un bateau en déréliction voguant dans des eaux troubles et s’apprêtant à affronter des tempêtes à venir. C’est un paquebot qui a perdu de sa superbe, dont le capitaine semble ne plus voir les nuages qui s’amoncellent, habité par le rêve (que légitimement on vous prête) de briguer un troisième mandat et peu importe si cette tentative nous plonge dans l’instabilité. Peu importe les 10 morts que ce combat pour la respiration démocratique et l’alternance au pouvoir nous ont coûté en 2012 ; peu importe si vous avez vous-même répété à plusieurs reprises urbi et orbi, que vous aviez verrouillé la Constitution ; que le mandat que les Sénégalais vous avaient confié en 2019 était votre second et dernier mandat. Peu importe que la région sahélienne soit instable et que l’ilot que le Sénégal constitue ne puisse s’offrir le luxe d’ouvrir la boîte de pandore. Les raisons sont nombreuses pour éviter que ce désir de briguer le mandat de trop, ne nous embarque collectivement dans une aventure des plus hasardeuses.

Nous assistons médusés ces derniers temps à un détricotage systématique de nos acquis sociétaux et démocratiques. Des digues qui cèdent les unes après les autres. Une montée inexorable des eaux. François Mancabou mort dans les locaux de la police nationale. Deux gendarmes, le sergent Fulbert Sambou et l’Adjudant-chef Didier Badji qui disparaissent dans des circonstances troubles, dont le premier retrouvé mort, visiblement noyé, et le second dont nous sommes sans nouvelles. Des caricaturistes (Papito Kara) détournant des unes de journaux sur internet, emprisonnés, certains pour avoir liké des post avec des smileys. Pape Alé Niang, un journaliste emprisonné pour avoir effectué son travail (informer) et faisant l’objet d’un acharnement judiciaire. Une grande muette qui ne l’est plus et qui laisse fuiter des dossiers sensibles, afin que nul n’en ignore. Des jeunes que l’on interpelle lors de manifestations et à qui l’on demande leur patronyme ; et quand ceux-ci sont à consonance casamançaise, on les arrête et les embarque dans le panier à salade, direction la garde à vue. Un militant de l’APR qui appelle à défendre le troisième mandat avec des machettes, un député qui promet de marcher sur nos cadavres pour la réélection de son champion en 2024. Des citoyennes et citoyens que l’on intimide pour délit d’opinion et que l’on fait passer par la case prison, à chacun son tour, comme pour un tourne-manège. Après les émeutes de mars 2021, 14 personnes sont mortes, certaines tuées à bout portant (une des scènes a été filmée) ; aucune enquête ouverte, aucun procès, aucune responsabilité située jusqu’à ce jour. Une douleur des familles compensée à coups de liasses de CFA, que celles-ci acceptent faute de mieux en s’en remettant à Dieu et à la fatalité du destin. Une dégradation des mœurs politiques rarement vue dans ce pays. Une Assemblée nationale devenue une foire d’empoigne et une arène de chiffonniers. On s’y insulte copieusement, on y frappe une femme députée et pire certains trouvent le moyen de justifier l’injustifiable, et par ce fait même, l’abject patriarcat qui gangrène notre société. Des députés, à l’exception de quelques-uns, qui ne sont pas à la hauteur de l’exigence du débat républicain qui leur a été confié par un peuple, qui en votant aux dernières élections législatives comme il l’a fait, a souhaité équilibrer la parole et le pouvoir à l’Assemblée nationale et voir ses préoccupations fondamentales sereinement relayées et débattues. Au lieu de cela, nous assistons dans ce lieu et dans l’espace public à une dégradation générale de la parole devenue violente et ordurière.

Nous assistons incrédules à l’érosion de ce qui a fait de notre pays une nation qui a su éviter les conflits ethnico-religieux, les coups d’états militaires, les guerres civiles dans une Afrique postcoloniale aux prises avec des soubresauts multiples. Ce tissu social solide, en dépit de ses vulnérabilités, est le résultat d’une lente construction collective, faite de consensus sociaux, de combats politiques, de luttes citoyennes et syndicales, d’avancées démocratiques conquises de haute lutte, de cohabitation interreligieuse et inter-ethnique préservée par une ingénierie culturelle et sociale, des valeurs partagées ; mais aussi par l’édification lente et patiente d’institutions sociales et politiques jouant leur rôle. C’est de l’une de ces institutions – pierre angulaire, la Constitution, dont vous êtes le gardien et le garant.

M. le président de la République,

Vos prédécesseurs ont chacun à sa manière, en dépit des limites de leurs mandatures (et du forcing avorté de Wade), contribué à renforcer la démocratie sénégalaise en apportant leur pierre au difficile édifice. La vôtre, á ce moment de notre histoire politique, est de poser un acte qui contribuera à faire de notre nation de manière irréversible une démocratie majeure, qui a définitivement résolu la question de la transmission pacifique du pouvoir, et celle d’une alternance inscrite dans ses textes et surtout dans ses pratiques et ses traditions. Afin qu’enfin les élections deviennent des moments de débat sur le destin de la nation et plus ceux de nuages gros de risques, planant au-dessus de nos têtes.

Lorsqu’il y aura des manifestations et des troubles contre un troisième mandat – et il est à prévoir qu’il y en ait si vous vous présentez – car il n’y a aucune raison pour que le peuple sénégalais accepte en 2024 ce qu’il avait refusé en 2012 (souvenez-vous que c’est ce refus du troisième mandat que souhaitait Wade qui vous a porté au pouvoir en 2012) ; et que des vies humaines seront perdues, car vous avez surarmé la police et la gendarmerie. Vous en porterez la responsabilité. Nous attendons de vous que vous annonciez qu’après avoir été élu deux fois à la tête du Sénégal ; que vous ne vous porterez pas candidat une troisième fois à l’élection présidentielle ; et que ce faisant, vous respectiez votre serment, que vous rendiez au Sénégalais.e.s l’honneur qu’ils vous ont fait en vous confiant leur destin durant deux mandats, et que vous consolidiez et préserviez notre démocratie.

©️ via https://www.seneplus.com/opinions/ce-mandat-de-trop-qui-vous-tente

● LE PASSIF HUMANITAIRE… et NOUS | Par Mohamed Vall O. Bellal

Mohamed Vall Bellal, diplomate, ancien ministre, ancien Président de la CENI
Je souhaite dans ce posting provoquer un débat tranquille sur le passif humanitaire. Je n’ai nullement la prétention de suggérer des solutions, ni même des pistes de solution; mon objectif est tout simplement d’introduire une discussion franche et apaisée, en espérant provoquer une nouvelle initiative à propos dudit dossier.
LE PASSIF HUMANITAIRE… et NOUS
Tout au long de notre histoire nous avons connu des hauts et des bas, et traversé de dures épreuves.
Il y eut des moments où la grandeur d’âme, la lucidité, le discernement et la bonté de cœur de nos pères et grands-pères ont manqué à nos gouvernants.
Il y eut des moments où notre pays n’a pas été fidèle à son Histoire et à ses valeurs; des moments où il a manqué à lui-même, à ce qu’il veut être, à ce qu’il doit être.
Ces manquements nous ont occasionné des revers, parfois graves, et des ratés de parcours.
Nous avons connu: torture, séquestration, emprisonnement arbitraire, exécution extrajudiciaire, parodie de procès,
etc. Aucune couche ou composante de notre peuple n’a vraiment été épargnée: les élèves, les étudiants, les ouvriers, les politiques et syndicalistes, et même les militaires dans leurs casernes.
Mais dans ce registre, les événements de 89-91 sont sûrement les plus lourds, les plus poignants et les plus critiques! Il n’y a aucun mot pour décrire la douleur et la souffrance qu’ils ont causées à notre peuple dans toutes ses composantes. Quelle que soit la perception que l’on a de ces événements – répression ethnique ciblée et disproportionnée pour certains, opérations de maintien de l’ordre dans les casernes pour d’autres – leur douleur est ressentie par TOUS! Ils ont touché en profondeur l’âme et l’esprit du peuple tout entier. Tout le monde ressent la même tristesse et la même douleur, et réclame des solutions idoines à ce problème douloureux.
Trois décennies se sont écoulées, et ces événements continuent de nous accabler. Plus que tout, ils ne cessent de nous faire tourner en rond, d’empoisonner l’atmosphère et d’altérer l’unité.
Mais que faire ? Les préjudices du passé sont-ils réparables ? Faut-il criminaliser le passé et le juger ? Si oui, comment, et par quelle voie? Quel sens donner à la justice transitionnelle ? Nous nous posons ces questions, autant que le monde entier se les pose. Elles font l’actualité dans tous les instituts de recherche, et traduisent une prise de conscience mondiale du poids de l’histoire, de la nécessité de « réparer » ses dégâts, et de construire une nouvelle relation avec le passé. En posant ces questions, l’objectif visé est beaucoup plus de “réparer” le présent, plutôt que “d’incriminer” l’histoire.
Nous ne pouvons ni rectifier ni réformer le passé avec ses lots de violence et d’injustice, mais nous pouvons et nous devons «soigner» et « guérir » le présent, et réformer les relations actuelles entre les individus et les composantes de la société.
Dans ce domaine, le monde est entré dans une nouvelle phase avec l’apparition, à la fin des années 90, des « Commissions Vérité ou Équité et Réconciliation » dans plus de 30 pays, notamment en Afrique du Sud, au Maroc, au Rwanda, etc…Avec ces commissions, la “justice pénale” cède le pas à la «justice transitionnelle», dont le but n’est plus de “sanctionner” le passé, mais “d’apaiser les tensions, de vider les poches de douleur et d’amertume, et d’empêcher que le passé ne se reproduise” (Antoine Garapon). Cette nouvelle approche fait de la «réconciliation» son cheval de bataille pour atteindre l’objectif visé, à savoir: faire la paix et reconstruire une société politique apaisée.
Mais aujourd’hui, le monde a tendance à dépasser l’idée de «transition» pour aller directement vers la « réparation ». L’objectif n’est plus seulement “d’apaiser”, mais de « réparer” les torts et les dommages hérités du passé. Cette réparation, pour citer le même auteur, prend généralement 3 formes: symbolique, matérielle et politique.

La réparation symbolique vise à transcender les événements historiques par des initiatives et des gestes qui expriment le regret et l’engagement de ne plus répéter ce qui s’est passé.
La réparation matérielle appelle à une compensation financière destinée à réparer les dommages causés.
La réparation politique se traduit par la recherche des moyens concrets et pratiques pour éliminer les effets des préjudices passés qui continuent d’affliger la société.
En la matière, le droit pénal n’est plus la référence, et la sanction n’est plus l’objectif visé. L’on se tourne désormais vers le “civil” dans l’unique but de réparer les préjudices du passé en compensant les dommages y afférents.
En revenant au cas spécifique de notre pays et au traitement du “passif humanitaire”, force est de noter que l’État a posé des gestes symboliques forts depuis 2007, matérialisés par la reconnaissance officielle par le Président de la République des souffrances infligées aux victimes des événements en cause. Dans son discours historique du 27 juin 2007, il a exprimé les regrets et les remords de la République et du peuple tout entier. Ce fut ensuite le retour de la première vague de réfugiés, le 8 janvier 2008, et le début de leur réintégration sous l’égide de l’ANAIR. Puis, le 25 mars 2009 intervient à Kaëdi un autre geste symbolique fort: le gouvernement organise en présence du président de la République, une «prière, dite prière de l’Absent» à la mémoire des disparus. Enfin, en 2020-2021 avec le président actuel, des consultations commencent au sujet des compensations matérielles.
S’il est vrai que ces mesures sont positives; elles laissent cependant un goût d’inachevé. Nous devons les valoriser humainement et politiquement à la faveur du climat actuel d’entente et d’apaisement. Le Président Ghazouani a montré sa volonté de résoudre ce problème en l’inscrivant à l’ordre du jour du dialogue national reporté jusqu’à nouvel ordre. De par son tempérament tranquille, sa volonté d’unité, son esprit d’ouverture et de dialogue, Ghazouani est suffisamment crédible et rassurant quant à l’avenir de ce dossier. Il serait dans l’ordre normal des choses qu’il crée une “COMMISSION INSSAF et RÉCONCILIATION (CIR)” composée de personnalités qualifiées au plan moral, juridique et politique, dont la tâche principale sera d’aller vers la paix et la sérénité des cœurs, avec comme mandat:

• de faire la lumière sur ces événements de manière constructive, responsable et objective.
• de rechercher et de trouver les moyens de nature à réparer les dommages psychiques et psychologiques subis par les victimes.
• de veiller à la réparation des préjudices: indemnisation, réadaptation, satisfaction et garantie de non-répétition.
• de (re)prendre le processus de concertation et de dialogue avec les ayants droit pour finaliser le processus de réparation financière.
• de suivre et d’assurer la réintégration dans la fonction publique des anciens fonctionnaires, et leur régularisation administrative ou professionnelle, etc.
Une telle approche est de nature à créer un nouveau pacte national de fraternité et d’unité entre les mauritaniens, et une base de réconciliation entre eux et l’État.
• Enfin, je sais que ces propos seront tournés en dérision par une opinion généralement peu encline à l’action, la modération et la mesure. L’on criera à l’aventure, à l’utopie, au risque de remuer le couteau dans la plaie, de raviver des douleurs enfouies, ou de susciter une guerre des mémoires.
Ce n’est pas totalement faux, mais la rupture est là. De 1992 à 2019 (inclus), toutes les élections qui se sont déroulées ont montré que les populations de « Ghabou » à « N’diagou » en passant par les communes rurales, les départements et les capitales régionales, jusqu’aux faubourgs et médinas de Nouakchott et Nouadhibou ont invariablement voté en majorité contre le candidat du pouvoir. Ce message des urnes, sans cesse réitéré depuis 30 ans, est éloquent, clair et précis. Il invite à RÉPARER, RÉCONCILIER, UNIR!

Mohamed Vall O. Bellal
le 31-12-20224

©️ via https://initiativesnews.com/index.php/2022/12/31/libre-opinion-le-passif-humanitaire-et-nous/

● Mondial 2022 au Qatar | Analyse géopolitique d’un événement. Par Souleymane Sidibé

Le Qatar 🇶🇦 !


L’histoire retiendra des scénarii palpitants par les rencontres autour du football qui dépassent toute attente.

Place à la géopolitique après le sacre de l’Argentine 🇦🇷 face aux Bleus 🇫🇷 à la Coupe du monde.
Le Qatar devient le pays de la péninsule arabique que l’on présente plus à l’échelle planétaire.

Les béni Tamin règne sur cette principauté qu’est le Qatar depuis trois décennies.
La maison Al Thani est la garante de cette notoriété. L’actuel monarque de cette partie de la péninsule arabique dont la capitale est Doha,s’appelle Tamim ben Hamad Al Thani. Près de 3 millions de personnes y vivent. 40 % sont issus de cette région et le reste de pays maghrébins, arabes, asiatiques, etc.

Avec une superficie de 11 400 km et un PIB – selon la Banque Mondiale- de 179, 6 milliards de dollars, le pays dispose de richesses immenses dont les principaux secteurs sont les énergies : gaz et pétrole.
Notre pays, la Mauritanie, contrairement au Quatar, a un PIB de 8,1 milliards d’euros annuel en 2021, toujours selon la Banque mondiale. Elle a actuellement un PIB de 8,21 milliards d’euros annuel. Un pays très pauvre par rapport au Qatar. Ce pays a connu les
premières élections législatives en 2013, pourtant.

Les richesses sont -relativement-bien gérées. Le PIB , indicateur économique -certes incontesté-, mesure la croissance économique d’un pays par rapport à plusieurs approches ou paramètres. La croissance économique, ici, touche des secteurs clefs tels que l’économie au sein d’un État. A cet effet, le pétrole et le gaz sont les « pierres angulaires de l’économie ». En moins d’une décennie, le « pays pauvre » a vu croître de façon exponentielle son économie : il est devenu par la force de la nature et de l’intellect de ses dirigeants une nation de pétrole pour ne pas dire un géant de pétrole.
Sans oublier qu’il est le troisième producteur de gaz au monde.

Deux événements ont poussé le pays de « pauvres pêcheurs » à être un « pays de pétrole ». D’abord, la découverte des gisements qui débouche sur le développement des ressources humaines de tailles en important des écoles prestigieuses et la restructuration politique. L’actuel monarque est le fruit de l’union de Cheikh Hamad ben Khalifa avec la fille de l’opposant à son grand-père qui fut renversé par son père, Khalifa ben Hamad ben Abdallah Al Thani, Moza bint Nasser al-Missned. Ensuite, cette dernière devient la tête pensante d’une modernité inouïe pour le Qatar. Pendant que la plupart des pays arabes ne reconnaissent pas Israël, le monarque a effectué une « visite secrète ». Ce fait politique montre que les États n’ont que des intérêts souvent. Très souvent. L’argent des rentes pétrolières est investi à Londres, aux États-Unis, etc., pour faire agrandir l’influence qataris dans le monde. Une vie saine, à l’abri du besoin, est assurée à l’ensemble des sujets de la principauté.

Le Qatar abrite actuellement le génocidaire mauritanien Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, ancien chef de l’État mauritanien de 1984 à 2005. Ce dernier est exilé suite à une rupture de « contrat social » occasionnant un putsch militaire. Le pays entretient en parallèle des relations étroites avec des groupuscules extrémistes dans le monde, selon plusieurs organisations non gouvernementales. Le cas des conditions des travailleurs non-qataris inquiètent -également- les défenseurs des droits humains.

Mais sous les bonnes grâces de la Cheikha Moza, à la tête de la Fondation du Qatar qui est de facto un ministère de l’éducation, il n’y a pas seulement l’enseignement en anglais avec des diplômes de prestigieuses écoles, une vision et des écoles de commerce, médecine, etc., dont on peut citer le Weil Cornell Medecine-Qatar, HEC Paris in Qatar, GeorgeTown University Qatar, mais un réseau diplomatique immense et solide qui permet l’organisation du mondial de football. La compagnie Qatar Airlines était un acteur majeur dans cette compétition.

Cette organisation du mondial de football est une réussite, car le pays hôte a dépassé de loin les attentes. En dernier lieu, des sommes colossales auraient été versées selon certains observateurs pour l’organisation de cette compétition mondiale. À nous, pays du tiers monde de tirer les leçons de l’exploitation des ressources naturelles, de la bonne gouvernance et formation. Et aux spécialistes d’éclaircir m nôtre lanterne par rapport à la réalisation de la rencontre la plus suivie au monde autour du ballon et entre les filets de but.

Par Souleymane Sidibé

● Le Grand Entretien du Blog (GEB) | Avec le vice-président d’Armepes-Ganbanaxu Fedde, monsieur Samba Fofana.

À l’occasion de la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage (2 décembre 2022), la rubrique Le Grand Entretien de notre Blog revient avec une interview accordée par monsieur Fofana Samba. Juriste et militant droit-de-lhommiste mauritanien vivant en France, il est parmi les porteurs pionniers de l’engagement abolitionniste et pour des réformes sociales dans la communauté sooninké. Il est actuellement le premier vice-président de l’association Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles). Pour rappel l’association Armepes-France est à l’initiative de la mouvance anti-esclavagiste transnationale Ganbanaaxu Fedde via en premier lieu son forum WhatsApp de sensibilisation créé le 5 octobre 2016 par monsieur Gaye Traoré, l’actuel président d’Armepes-france.

Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité et l’intérêt accordé à notre sollicitation.

Ci-dessous ses éléments de réponse à nos 4 questions soumises :

Question 1 : Bonjour Monsieur Fofana, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (Parcours personnel et de militant)

Samba Fofana : Je m’appelle Fofana Samba, du village de Boully en Mauritanie . Je peux noter ici que j’ai un petit parcours académique à la faculté Économique et juridique de Nouakchott de 1998 à 2002 date de l’obtention de la maîtrise en droit privé.
S’agissant du militantisme associatif, j’ai œuvré à plusieurs associations d’abord villageoises dans le but de contribuer au développement de notre pays d’origine.
Je suis aujourd’hui vice-président de L’association des ressortissants Mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et leurs séquelles (ARMEPES) en France depuis janvier 2016.
Je fais partie des premières personnes à avoir posé les jalons d’une réforme sociale dans notre communauté .

Question 2 : Pouvez-vous nous édifier sur les réalités liées à l’esclavage coutumier dans la communauté soninké et l’engagement abolitionniste Ganbanaaxu Fedde ?

SF : La société soninké est fortement hiérarchisée sur la base de ce qu’on appelle communément les classes sociales ou castes. On peut affirmer ici que ce système d’organisation sociale a une forme pyramidale , au sommet on trouve les classes nobles , en deuxième position les gens qui constituent les corps de métiers et au bas de l’échelle les esclaves avec leurs démembrements aussi .
Comme toutes les sociétés la communauté soninké d’antan à en moment donné de son histoire avait besoin d’une organisation socio-politique par son propre génie afin d’assurer son existence dans la quête d’un bien être.
Mais la société soninké n’a pas su opérer les réformes nécessaires pour être en phase avec les réalités changeantes et c’est là où l’élite soninké dans son ensemble a échoué.
À mon sens le conservatisme ne devrait pas en aucun cas nous pousser vers une certaine forme d’autarcie aveugle qui nous conduira inéluctablement vers le déclin.
Pour parler de l’engagement abolitionniste Ganbanaaxu Fedde, on peut dire que ce mouvement a apporté à mon sens non seulement un éveil mais aussi une certaine prise de conscience collective pour rompre avec certaines pratiques esclavagistes .

Question 3 : Le 2 décembre de chaque année marque la journée internationale de l’abolition de l’esclavage, les séquelles du phénomène restent vivaces dans certaines zones en Afrique, selon vous quels sont les écueils qui empêchent une éradication définitive ?

SF : La date du 02 décembre 2022 nous rappelle d’abord un passé douloureux dans l’histoire de l’humanité et surtout en tant que noir africain.
Mais on peut se poser la question si l’esclavage dans ses différentes manifestations n’est pas encore d’actualité en dépit de toutes les injustices qui frappent de plein fouet les humains ?
Concernant précisément la société soninké, nous avions assisté à des difficultés pas moindres dans certaines contrées à cause de l’emprise féodale tellement présente.
Cette société a connu un passé glorieux à travers L’Empire du Gana ou le wagadou Biida, connu grâce à certains historiens Arabes .

Après la fin de la colonisation, et malgré l’avènement des indépendances , les soninkés sont toujours restés dans leur ancienne organisation où la loi n’est pas forcément une norme mais surtout c’est l’ordre coutumier qui régit les affaires de la cité soninké ou en pays soninkés.
L’une des difficultés majeures peut s’expliquer par la nature de nos Etats, quand on sait que ceux ou celles qui sont à la tête de nos institutions ont d’abord du mal pour légiférer sur la question et surtout quant à l’application des lois en vigueur pour restaurer la citoyenneté réelle.

Question 4 : Quel message avez-vous à l’endroit des militant.e.s et sympathisant.e.s de la mouvance anti-esclavagiste Ganbanaaxu Fedde, aux leaders communautaires et aux
autorités étatiques ?

SF : Le message que j’ai à l’endroit de nos leaders , militants, sympathisants, hommes comme femmes . Je les invite davantage à redoubler d’efforts car la réforme que nous portons se veut inclusive, longue , difficile et qui doit s’inscrire sur une durée.
Nous devrions nous focaliser sur certaines valeurs que je trouve cardinales voire déterminantes à mon sens pour l’accomplissement de cette cause juste : Courage, unité, solidarité et humilité.

9 décembre 2022

✍️🏿 Entretien réalisé par KS pour le BLOG

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● Apostrophe républicaine / Par le Professeur Outouma SOUMARÉ

AFCD – Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

Le parti Avant-garde des Forces de Changement Démocratique (AFCD) incarne, en Mauritanie, sous l’impulsion de cadres et la disponibilité de compétences, l’implication politique citoyenne en vue d’une refondation de notre Patrie.

Dès sa création il ouvrait, la porte des ambitions et des actes, aux nouvelles générations, avides de s’exprimer en dehors des cadres traditionnels et des instances du statuquo.

Ainsi, porte-t-il le projet d’une société d’ouverture au monde et de lendemains meilleurs, avec une vision nationale où la créativité et l’innovation visent à réaliser l’avènement d’un modèle alternatif de gouvernance.

À la suite du coup d’État militaire du 6 août 2008, qui renversa le premier président civil élu grâce au suffrage universel direct et plongea le pays dans la régression des tripatouillages anticonstitutionnels, les autorités de fait s’empressèrent de violer leurs engagements de transition, tels qu’énoncés, en vertu de l’accord consensuel de Dakar ; notre parti, dont les chefs de file étaient à l’époque membres actifs du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD), s’est abstenu de participer aux élections de 2013 dans le cadre d’un boycott politique assumé et proactif. En revanche, à l’occasion du scrutin général de 2018, nous avons pu entrer au Parlement et réussi la gestion d’une commune de la capitale Nouakchott, expérience d’ailleurs saluée. L’entreprise stimulante, se poursuit.

La semaine dernière, nous avons envoyé une notification en vue d’une accréditation, du Parti, auprès de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), en nous appuyant sur :

– La Constitution de la République Islamique de Mauritanie, promulguée le 20 juillet 1991, notamment en ses articles 10 et 11 ;

– Les dispositions de l’ordonnance n° 91/024 du 25 juillet 1991, relative aux partis, clauses modifiées, respectivement, en 2012 et 2018 ;

– La décision n° 26/2019, de la Chambre administrative de la Cour Suprême, en date du 20/08/2019, ordonnant la suspension d’exécuter la mesure n° 113/2019, du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, contre la faculté, pour notre parti, de poursuivre son concours à la compétition dans les urnes.

Durant la période de 3 années écoulée, ladite décision de la Cour Suprême, n’a fait l’objet d’aucun recours dans l’intérêt de la Loi, tant et si bien que la validité de la décision judiciaire ne saurait souffrir de contestation, au regard de l’esprit de la Loi. Les arguments et moyens de défense, lors présentés à l’appui de notre requête, ont suffi à convaincre, le juge, du bien-fondé de l’avis sur lequel nous nous appuyons, aujourd’hui, conformément aux textes et usages en vigueur.

Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis l’arbitrage final de la Cour Suprême, reconnaissant, à notre parti, les attributs de la normalité et vu le délai étroit qui nous sépare des prochaines échéances électorales, nous nous retrouvons, désormais, dans l’obligation d’en appeler à l’opinion, afin de faire respecter les principes de séparation des pouvoirs et de primauté de la loi ; l’avis d’autorité, de la plus haute institution judiciaire de la République justifie et conforte notre aspiration à l’équité, dont les motifs et les termes ne relèvent, en aucun cas, de la prétention à bénéficier d’une faveur.

À présent, il revient, au gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’État, garant de l’équilibre des institutions et gardien de la Constitution, de désavouer la confiscation de la norme légale et de lever, dès lors, les obstacles à la participation de notre parti aux affaires de la Cité.

Tandis que de fraîches vocations des nouvelles générations d’hommes et de femmes politiques, avides de réformes et prêtes à mener des actions de proximité s’y pressent, non sans ferveur et volontarisme, il y aurait imprudence et défaut de sagesse, à décevoir tant de générosité. Un entrain si vigoureux et empreint de foi atteste de la vitalité de notre démocratie ; aucun patriote sincère ne se risquerait à en tarir les promesses.

Nouakchott, le 5 décembre 2022

Professeur Outouma SOUMARÉ

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=761445

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