TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

L’édito – CriOsé: La féodalité nègre en Mauritanie : L’affaire se joue à l’honnêteté et à la cohérence.

Cet antiraciste proclamé très loquace qui est par ailleurs un féodal zélé qui s’efface étrangement face aux faits liés au régime féodalo-esclavagiste dans sa propre communauté.

Nous, la priorité qui s’impose à nous , c’est de se défaire du féodalisme nègre dans le Sud mauritanien, parler du racisme supposé d’ailleurs est presque du luxe si j’ose dire ainsi !
Les problématiques liées à nos coutumes féodalo-esclavagistes ne sont pas des « sous problèmes ». Un contact Facebook m’apprend en coulisses que pour certains engagés negro-mauritaniens pourtant « très affichés » pour l’avènement d’un véritable État de droit, le système des hiérarchies par la caste au sein de leurs communautés est un non problème. En précisant que pour eux cela fait partie de leur idéologie sociale et motive en partie leur engagement identitaire en prétentions nobiliaires et féodales face à d’autres membres de la communauté. Ils se croient défendre leur identité profonde en maintenant les castes et même celle des esclaves dans l’ordre social en place. En gros ils ne développent aucune approche sérieuse en intracommunautaire pour réformer le régime discriminatoire et ségrégationniste de castes. On comprend mieux pourquoi certains voulaient institutionnaliser l’ordre religieux coutumier et communautaire à un niveau de l’échelle de la Justice dans le pays…

Leurs desseins intimes seraient de vouloir remplacer le système décrié en qualificatifs pompeux aux visées progressistes, par leur système prêt à sévir déjà légendaire dans leur communauté qui est l’affreuse hiérarchisation hermétique des hommes par les castes. Dans leur logique sociale les hommes ne se valent pas et leurs prêches extramuros pour l’égalité citoyenne ne sont qu’un leurre fantaisiste et de foi douteuse.

Sur la question de l’esclavage en Mauritanie, nos compatriotes maures savent que certains milieux negro-mauritaniens mènent un militantisme (discours et posture) HYPOCRITE, et c’est VRAI et surtout très GRAVE pour l’engagement droit-de-lhommiste global.

Le temps passant face à certaines réalités longtemps tues chez nous, je réalise que nos cousins haratines ne pouvaient pas compter sur un VÉRITABLE éveil libérateur antiesclavagiste et abolitionniste venant du Sud (communautés soninkés et peuls) .

Peu d’espoir de réussite à vouloir légitimer les divisions ségrégationnistes chez soi et tout en réclamant une cohésion nationale sur la base d’égalité CITOYENNE.

Par KS pour le BLOG

Tribune : Déboulonner ou pas déboulonner ? Par l’essayiste Mohamed Lam

De façon générale, je suis contre le déboulonnage ou la destruction des statues de personnages historiques. Ce sont des éléments d’histoire qu’il ne faut pas effacer mais qu’il faut assumer. C’est une erreur que de penser que c’est la seule solution pour rendre aux descendants malheureux de l’histoire leur dignité. Il faut laisser les statues mais exiger la contextualisation. Il faut surtout lutter pour obtenir plus de statues de personnages méconnus et dont leurs actes ont été insuffisamment enseigné dans les manuels scolaires. L’histoire a été raconté par les vainqueurs. Mais aujourd’hui, les descendants des « vaincus » demandent la restitution complète du passé et donc du récit collectif. Ce qui est doit être entendu.

Des mouvements citoyens reclammant l’effacement dans l’espace public des statues de figures historiques controversées refont actuellement échos presque partout dans le monde.

Christophe Colomb, décapité à Boston. À Miami, sa statue est repeinte en rouge, vendalisé. En Viriginie, elle a fini dans un lac. En Angleterre, c’est la statue d’Edward Colston, armateur négrier, qui a été déboulonné. En Belgique, la statue du Roi des Belges Léopold 2 est, elle, méconnaissable, retiré d’un square car complètement repeinte en rouge. En Martinique, deux statues de Victor Shoelcher ont été détruite lors de la commémoration de la journée de l’esclavage. La statue de Colbert, auteur du code noir, est également la figure la plus emblématique la plus ciblée.

On se rappelle également, il y a quelques années, au Ghana, que la statue de Ghandi a été vendalisé. Ghandi, accusé d’avoir tenu, entre 1893 et 1915 des propos racistes et quasiment homophobes contre les Noirs en Afrique du Sud. Mahatma est pourtant présenté comme la figure de l’indépendance en Inde et de la non violence mais affirmait que « les indiens sont infiniment supérieurs aux Kaffirs ». Le mot Kaffir, étant utilisé à l’époque par les colons anglais pour désigner les personnes noires.

Toutes ces statues exposent publiquement l’histoire des figures du passé qui ont contribué à un certain moment soit à légitimer l’esclavage et ou la colonisation des peuples soit ont tenu des discours d’inégalités entres les humains.

Certains observateurs pensent que déboulonner n’est pas la solution. Il faut systématiquement expliquer, de la façon la plus pédagogique possible, leur histoire et leur part de responsabilité et de leur degré d’implication dans le passé. C’est la proposition de l’historien Pascal Blanchard que je partage évidemment. Le problème est que cette pédagogie explicative n’a pas été suffisamment faite voire pas du tout. La plupart des figures historiques dont les statues sont plantés dans les plus grandes villes d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, ne fait pas l’objet de contextualisation.

D’autres pensent justement qu’il faut soit déboulonner ou placer ces statues dans des musées avec explications à l’appuie.

Kalvin Soiresse Njall, député (écologique) belge pointe justement le doigt sur la question du traitement de l’histoire et de la mémoire coloniale en Belgique. Pour lui, ce pays est resté très longtemps dans une sorte de déni de son passé qu’il refuse de voir en face. Le député Njall affirme donc qu’une société qui ne regarde pas son passé est une société qui se ment à elle même.

Rappelons que la Belgique colonisa le Congo. La statue de Léopold 2, l’une des figures de cette colonisation, est déposé sans être accompagné d’une contextualisation pédagogique. Contexte historique dans lequel le peuple congolais était sous domination Belge.

Lorsqu’on n’explique pas une histoire, on a tendance à laisser penser qu’on la nie, et quand on fait paraître ce doute le risque est grand. Aujourd’hui, la non prise en compte des responsabilités historiques des uns et des autres a provoqué les demandes de déboulonnage partout dans le monde. Les mouvements qui deboulonnent le font parce qu’ils estiment que le passé n’est pas assez assumé dans le monde occidental.

L’affaire George Floyd a provoqué une indignation planétaire. Le racisme dévoilé en plein jour depuis son assassinat a donc conduit à une prise de conscience mondiale sur l’histoire du racisme, les figures, les récits et les personnages qui qui l’ont été.

En Afrique, les traces de la colonisation et de l’esclavage restent encore présentes dans beaucoup de pays. Monuments, forts, ponts etc. L’île de Gorée ou la maison des esclaves en est la trace indélébile.
Mais ce passé est raconté, expliqué enseigné. Joseph N’Diaye, conservateur de cette maison, de son vivant, n’aurait jamais demandé sa destruction parce qu’il considérait qu’il faut raconter cette histoire de la manière la plus complète possible.

Au contraire, il faut dire l’histoire et ne pas laisser planer le doute ou le déni.

Déboulonner et oublier ou pas déboulonner mais expliquer, telle est la grande question du monde déconfiné.

Mohamed Lam

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur

L’édito-Cri Osé : Oui… le Noir ne compte pas « HUMAIN » pour certaines cultures !

Sortons de la classification raciale entre les Humains pour déraciner le racisme et déconstruire nos cultures racialistes !

Oui… le Noir ne compte pas HUMAIN pour certaines cultures !

Lilian Thuram disait ceci il y a quelques mois : « Quand on parle de racisme, il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche .
Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. C’est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles »

Loin de toute visée d’essentialisation, mais ces derniers temps autour de l’affaire de la mort de l’afro américain #George_floyd, pratiquement plusieurs voix ont tenu à peu près de propos ayant la teneur de ceux du champion du monde français 98. Les deux flics américains vus dans la vidéo de l’incident mortel sont un blanc caucasien et un américano-asiatique, tous 2 devraient certainement avoir des préjugés bien fixes et similaires sur l’effet Noir ou Black . Et ils peuvent avoir quelque chose de commun avec les supporters de foot qui s’en prennent aux joueurs Noirs dans certains stades européens. Ces fachos supporters partagent une certaine idée du Noir avec les brigands libyens qui faisaient du trafic esclavagiste sur les migrants Noirs courant 2017. Ces libyens ne sont pas très loin de ces marocains propriétaires qui ne voulaient pas de subsahariens dans leurs appartements à loyer. Et eux aussi peuvent se comprendre avec ce libanais qui mettait sa bonne nigériane en vente sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Aussi ce libanais a certainement les mêmes idées sur l’effet Noir que ces saoudiens qui étaient hystériques et haineux contre leur compatriote Noire devenue pilote de ligne, lire : https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/01/15/leffet-noir-nous-et-le-cas-de-la-pilote-noire-saoudienne-nawal-hawsawi/ . Il y a quelques années un grand patron français taillait du Noir à la télévision française en se demandant en substance si « les Noirs ont servi » quelque chose déjà…

Tout ce monde peut avoir une empathie pour ce responsable touarègue malien (du mouvement rebelle Mnla) qui disait que son peuple serait le seul à être sous domination d’un pouvoir Noir dans la Zone. Encore on apprend selon certaines sources historiques que les contingents Noirs (tirailleurs ou afro américains) furent méthodiquement écartés lors de la descente en ville (À Paris) des troupes alliées après la libération… pourquoi et quel sens profond… !? Tout peut être lié d’une manière ou d’une autre… et Thuram avait pertinemment résumé le fond de la « CHOSE ».

On peut en lister encore et encore…

KS pour le BLOG

ILS ONT TUÉ ENCORE UN AUTRE FILS DE LA VALLÉE DES LARMES !

Ils ont tué un autre fils de la vallée ou un autre « Binngel Kummba » comme aimait dire le grand érudit Foutanké feu Thierno Younouss. Ce jeune père de famille de 35 ans était un charretier et avait transporté les marchandises d´un commercant maure sur les berges du fleuve. C´est un crime et il fallait l´assommer par un tir de sommation. Un tir de sommation ….à bout portant qui se retrouve dans sa poitrine!!!
Le propriètaire de la marchandise lui fut simplement arrêté et conduit à Aleg. Le pauvre Abass Rougui Diallo ne savait pas que c´est un crime d´être noir au pays des chauvins racistes panarabistes plus chauvins que Derek Chauvin le meurtrier de George Floyd à Minneapolis. Il pensait seulement à avoir sa dépense quotidienne, nourir sa famille en prenant ce petit risque en cette période de pandémie. Rien ne peut justifier encore ce crime de plus. Paix à son âme!

Ce meurtre me rappelle aussi celui du jeune Lamine Mangane, un jeune de 17 ans, tué le 27 septembre 2011 à Maghama. Lamine n´avait commis comme seul crime que de crier haut et fort comme les jeunes de sa génération : ”Touche pas à ma nationalité” pour s´ínsurger contre le génocide biométrique initié à l époque par le multi-récidiviste putschiste Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Une balle d´un petit gendarme est venue pour le faire taire et voler son innocence et sa jeunesse à jamais. Paix à son âme. Lamine Mangane nous n´oublierons pas.

Un autre meurtre de l´armée mauritanienne m´est revenu encore en mémoire c´est celui de Amadou Kane dit Amadou Likseyba en août 2003. Certains l´ont certainement oublié mais les parents de la victime non. Ce jeune avait oublié de se promener avec sa « carte d´identité « . Il avait oublié son identité Négro-africaine mais aussi son statut de citoyen de seconde zone. Il n´avait pas 18 ans mais il lui fallait ce précieux césame pour circuler « dignement  » et « librement « dans cette prison des Noirs qu´est devenue la Mauritanie. Amadou Likseyba ne savait pas que sa vie est moins que rien.Tuer un nègre équivaut à tuer une mouche. Cela ne saurait entrainer de sanction. La chambre d´enregistrement que certains appellent pompeusement « assemblée nationale » est d´ailleurs là pour laver plus blanc. Elle votera, nombre de fois que le pouvoir le voudra des lois d´auto-amnistie et d´amnésie forcée comme une lettre à la poste. C´est la Mauritanie, notre Mauritanie, leur Mauritanie.
Il n´avait tué personne,il n´avait même pas repondu aux insultes des policiers et il ne devait même pas voter pour les élections de 2003 contre Haidalla le challenger de l´époque du colonel-président Ould Taya mais sa silhouette noire et son nom trop pulaar dérangeaient les policiers haineux et racistes.
A qui la faute? Certainement pas au régime despotique de Taya mais aux parents du pauvre disparu. Ils avaient oublié eux aussi, certainement distraits par « le processus de démocratisation » ou du ”changement dans la stabilité”, slogans de l´époque, de « pratiquer sur leurs fils « une transfusion de mémoire » sur les années de braise du régime mais surtout sur la nature du Système qui gére le pays.

Abass Diallo, Amadou Kane, Lamine Mangane ne sont pas le premiers négro-mauritaniens à tomber sous les balles du régime mauritanien et il ne seront pas aussi les derniers tant que ce Système ethno-génocidaire et esclavagiste restera en rigueur et en vigueur.

Je me souviens encore du meurtre d´un autre Amadou, un jeune cousin à moi, Amadou Sall de Jowol c´est son nom, il avait le même âge que notre Amadou Kane, moins de 17 ans, lui aussi avait rendu l´âme aprés quelques séances de sadisme et de cruauté sur son corps. Son crime? Il avait refusé de puiser de l´eau pour les militaires qui se comportaient en territoire conquis dans la vallée des larmes. Il ne savait pas qu´un noir est fait pour exécuter les desidératas du bidasse occupant comme sur les terres du Gaza.

Je me souviens aussi d´un autre jeune victime de cette terreur raciste . Mamadou Moussa Ndiaye, il avait à peine 15 ans, il était aussi de chez moi, Jowol, une ville martyre pendant ces années de braise, il n´avait pas eu droit aux tortures c´était des tirs de gâchette pour lui enlèver l´âme . Vous me demanderez certainement encore son crime? le péché de Mamadou Moussa est qu´ il était sur les bords du fleuve natal pour pêcher le ”mbardi haako” avec son oncle à l´heure de l´état de siége non déclaré, à 17 heures, heure de Taya. Il devait être au lit, il ne le savait pas, personne ne lui avait notifié la nouvelle situation. Lui et son oncle Abdoul Boucka Ndiaye ancien militaire radié suite aux évènements de 1987 seront tués à bout portant par les amis du lieutenant- flingueur Ghaly Ould Souvy et enlacés dans leurs filets par les forces d´occupation et jetés comme des chiens derrière le village. Paix à leurs âmes!

Ils n´étaient pas les seules victimes de la terreur de la soldatesque du Système dans la vallée du fleuve. Je me souviens aussi de
l´assassinat du vieux Hamadi Dioumo Ba, qui est aussi de mon Jowol natal. Il était parti aux champs avant le « réveil » du soleil.
C´était un crime. Baba Hamadi ne le savait pas, il était un pauvre cultivateur, il ne pensait qu´à ses champs, il voulait seulement nourrir sa petite famille et ce sont des tirs en rafale pour lui rappeler qu´il était interdit de circuler avant le lever du soleil. Paix à son âme.

On se souvient encore d´un autre Amadou, qui avait défrayé la chronique dans la presse mauritanienne en 1994, Amadou Pamarel Sow de Fondou mais aussi Ousmane Dia le postier de Maghama, Kodda Diangua, tous tués arbitrairement par l´armée d´occupation qui faisait la pluie et les larmes dans la vallée. La liste n’est pas exhaustive mais c´était juste quelques petits rappels.

Je n´oublie pas l´exécution sommaire et tragique des 28 notables de Mouta-Alla (Guidimaxa) à leur tête le chef du village Goumbo Diawo mais aussi avec eux un autre déficient mental originaire de Tissel Angara (Guidimakha) et qui répondait au nom de Ngadiari Barry. On pouvait certainement reprocher aux notabilités et les jeunes de Mouta Alla de haïr le régime qui a déporté leurs familles entières au Mali mais que peut-on reprocher à un handicapé mental ? Sinon leur haine à tout ce qui est NOIR dans ce pays !

Les évènements tragiques de Sylla Rindiaw, Fonndou, Ndiorol, les charniers de Sori Malé, Le puits de l´horreur de Wuro Jeeri ( Maghama), les charniers de Wothie, la prison mouroir de Oualata, L´Enfer d´Inal, les camps de concentration de N´beyka, Azlat, et Jreïda sont là pour nous rappeler que les professions de foi démocratique de nos putschistes ne sont que des leurres. Rien dans le discours et dans la pratique ne nous donne à penser que le Système ait changé, ni même qu´il le souhaite sur ce point comme sur d´autres.
Ce que vous faites m´empêche d´entendre ce que vous dites, disait quelqu´un.

A quand la fin de l´impunité, à quand le temps de rédemption des opprimés et des exclus? Il est évident qu´aujourd´hui le virus du racisme est plus ravageur que la pandémie du Covid-19 en Mauritanie. Patriotes du pays, indignez-vous et levez-vous pour sauver notre pays du démembrement avant qu´il ne soit tard.

La lutte continue !

Kaaw Elimane Bilbassi Touré

Mauritanie – Tribune : « Les tenants de la pensée unique arabe sont les responsables de l’élimination des négro-africains en Mauritanie » Par Oiga Abdoulaye

L’Authentique – Lorsque les officiers de l’armée mauritanienne se sont emparés du pouvoir de Maître Mokhtar Ould Daddah le 10 juillet 1978, la raison avancée pour justifier ce coup d’état était de mettre fin à la guerre du Sahara.

Mais l’objectif inavoué des initiateurs du coup d’état était de faire de la Mauritanie, pays peuplé de berbères Sanhadja se faisant improprement appeler maures, de peuls, de soninké, de haratine, de wolof et bambara, un pays arabe comme les pays du Maghreb se considérant comme arabes mais dont les populations sont majoritairement des berbères.

Pour atteindre leur objectif, ils ont aussitôt créé une organisation appelée l’Avant-garde civilo-militaire. Cette structure était composée d’idéologues civils et militaires, constituant une minorité de la composante berbère Sanhadja qui se sont imposés au peuple mauritanien par la force des armes et se relaient au pouvoir jusqu’à nos jours.

Ils ont importé de l’Iraq la pensée unique arabe. Les éléments de l’avant-garde civilo-militaire se considérant comme arabes, la pense unique arabe a pour objet de faire des populations non arabes, c’est-à-dire soninké, peul, wolof et bambara des arabes. En cas de refus de la part de ces communautés les combattre de la manière suivante : 1/3 est expulsé hors du pays, 1/3 exterminé et le 1/3 est dépossédé de ses moyens de subsistance (salaires, maisons, terres de culture et autres) et devient pauvre et anéanti c’est cette politique qui a été appliquée lors des événements tragiques de années 89-90-91.

L’avant-garde civilo-militaire a placé ses éléments chargés d’appliquer leur politique d’arabisation, et d’éliminer des composantes négro-mauritaniennes dans tous les points stratégiques de l’état.

Ainsi, les services des examens, la Direction de la fonction publique, la commission nationale des concours, la Télévision, la Radio Mauritanie ont été tous confiés à des personnes ayant adhéré à leur idéologie.

Le service des examens de tous les échelons de l’enseignement était chargé de filtrer et d’éliminer les négros-Mauritaniens admis, aux différents examens et concours. La Direction de la fonction publique était quant à elle chargée de précipiter le départ à la retraite de tous les cadres négros-mauritaniens. Les programmes de la télévision étaient dominés par ceux de la composante berbère Sanhadja (Maure).

C’est l’avant-garde civilo-militaire qui a dirigé le pays depuis le 10 juillet 1978 à nos jours. Tous les présidents qui se sont succédés au pouvoir ont gouverné sous la direction de cet avant-garde en appliquant la politique de la pensée unique arabe à l’exception de cinq d’entre eux. Il s’agit des présidents : Moustapha Ould Med Saleck, Ahmed Ould Bousseif, Mohamed Mahmoud Ahmed Louly, Mohamed Khouna ould Haïdala, Sidi Ould Cheikh Abdallah.

Ely Ould Mohamed Vall était chargé de la transition, pour préparer les conditions d’un retour à un pouvoir civil et ne pouvait en aucun cas adhérer à une telle théorie. Tous les postes de responsabilité au plan régional, départemental ainsi qu’au niveau de l’administration générale des forces armées et de sécurité sont confiés à des personnes qui adhèrent à la politique de la pensée unique arabe et acceptent de l’appliquer dans leur domaine de compétence.

Le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya lui aussi avait au début refusé d’appliquer la politique de la pensée unique arabe. Pour l’amener à adhérer à leur politique, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont poussé les militaires négro-mauritaniens à faire un coup d’état contre lui sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Le coup d’état de 1987 ayant donc échoué, Maaouya a fait exécuter 3 des auteurs du coup d’état.

Pour les éléments de l’avant-garde, le président Maaouya devait profiter de cette occasion pour exterminer tous les militaires et civils négro-mauritaniens du pays – Maaouya n’ayant pas fait ce qu’ils voulaient, ces derniers se sont retournés contre lui, en organisant à leur tour un coup d’état en 1988 pour réaliser leur souhait, mais ce coup d’état a lui aussi échoué.

A cette occasion, Maaouya, n’a exécuté aucun élément des auteurs du coup d’état, mais radié des forces armées et de sécurité 400 officiers, sous-officiers et hommes de troupes tous de la composante berbère Sanhadja. Le coup d’état des militaires négros-mauritaniens de 1987 ayant convaincu Maaouya pour l’application de la politique de la pensée unique arabe, les éléments de l’Avant-garde se sont organisés pour préparer les événements des années 1989,90-91.

Evénements au cour desquels, les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont mis en application leur théorie en expulsant 1/3 de la population négro-mauritanienne vers le Sénégal et le Mali, exterminant 1/3 et le 1/3 restant réduit au néant. Seuls Maaouya et Mohamed Ould Abdel Aziz ont accepté d’appliquer aux négros-mauritaniens la politique de la pensée unique arabe parce qu’ils tenaient à rester au pouvoir. Ce qui justifie leur durée au pouvoir. Tous les autres présidents qui ont refusé ont été demis de leur fonction.

Si les éléments de l’avant-garde civilo-militaire ont pu contrôler et imposer leur politique aux différents régimes, c’est parce qu’ils tiraient leur force de l’appui qu’ils recevaient des régimes d’où ils ont importé la pense unique arabe, avant que ces derniers ne tombent en disgrâce. A partir de l’année 2017, quand ces régimes ont connu des difficultés, pour ne pas dire tombés en déliquescence, les éléments de l’avant-garde durement affaiblis, le président Mohamed Ould Abdel Aziz enfin de règne a commencé à les combattre. Il y a eu donc divorce entre lui et l’avant-garde civilo-militaire. Les points de divorce que j’ai constatés sont les suivants :

1. Les articles de l’un de leurs membres influents pour ne pas dire leur chef critiquait le régime du président Aziz.

2. Le fait que le parti Sawab ait parrainé la candidature de Monsieur Birame Ould Dah Ould Abeid qu’ils considèrent comme un ennemi du président Aziz.

3. La mise en place des commissions départementales, communales de recensement des populations.

4. La marche organisée et dirigée par le président Aziz le 9 janvier 2019 contre le racisme et le discours violent.

5. Le fait de débaptiser l’avenue Gamal Abdel Nasser quand on sait ce que représente le président Nasser pour le monde arabe et le continent africain.

6. Le soutien apporté par les éléments de l’avant-garde à Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar contre le candidat de Monsieur Abdel Aziz lors des élections présidentielles de juin 2019.

Ce sont ces points que mon analyse de la situation politique du pays m’a amené à considérer comme des points de divorce entre Mohamed Ould Abdel Aziz et ses complices d’hier. Il reste à les confirmer ou à les infirmer.

Je dirai aux membres de l’Avant-garde civilo-militaire qu’Allah nous a enseigné, et l’histoire passée et présente nous l’a prouvé que les hommes qui se considèrent supérieurs à d’autres communautés comme c’est leur cas, soit par leur naissance, ou leur puissance financière où militaire, finiront toujours par s’autodétruire ou à être détruits – les exemples des hébreux (peuple élu), d’Hitler, du Rwanda dans le passé et ceux de l’Iraq, de Syrie, de la Libye, du Yemen, de l’Egypte, de la Tunisie, du Soudan et de l’Algérie aujourd’hui en sont une preuve éclatante. Ces exemples sont à méditer.

Toute cette histoire, désormais appartient au passé de notre pays. Tournons nous maintenant vers l’avenir.

Nous espérons et souhaitons qu’avec l’arrivée du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au pouvoir, ce sera l’occasion pour lui de rompre et de tourner de façon définitive cette page douloureuse et sombre de l’histoire notre pays.

Si le président Mohamed Cheikh El Ghazouani arrive à se libérer du contrôle de son régime par les éléments de l’avant-garde civilo-militaire comme l’a commencé le président Mohamed Ould Abdel Aziz et qu’il instaure une politique de justice et d’égalité entre les composantes de notre pays, il réconciliera le peuple mauritanien. Je suis convaincu que si nos potentialités économiques que sont le poisson, le cheptel, le fer, le cuivre, l’Or, la bauxite, le gypse, le pétrole, le gaz, l’agriculture, le sable, le soleil, les dattes, les marbres, etc. sont exploités judicieusement et distribuées de manière juste et égalitaire aux 3.500.000 citoyens, chaque famille pourra être logée, nourrie, soignée, éduquée, et bénéficier de l’eau et de l’électricité gratuitement.

Si par contre nous continuions sur la même lancée, l’homme qui arrive au pouvoir avec sa famille et ses alliés une minorité ne représentant même pas 10% de la population se partagent les 90% de ces richesses, ne laissant au 90% de la population que les 10% de ces richesses je crains que cela ne conduise à terme notre pays vers une guerre civile.

Qu’Allah protège notre chère Mauritanie (Amine)

Oiga Abdoulaye

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=736224

Nouakchott covid Bana Blanc : l’impardonnable négligence du ministère de la santé

Après les chants à la gloire de la lutte contre une épidémie fantôme, après avoir osé dire qu’il n’y a plus de cas de Covid en Mauritanie avant de faire machine arrière face à l’énormité de la bêtise car nul ne saurait en savoir quelque chose, voilà qu’une épicerie des quartiers chics est touchée via la famille des propriétaires dont l’un des membres a perdu la vie à 63 ans.

 Nos condoléances à toute la famille.

 Des membres de la famille ont été testés positifs. Depuis c’est la panique. L’Etat demande à tous ceux qui sont passés récemment à l’épicerie d’aller se faire tester. Quand on sait la fréquentation de ces endroits, on imagine qu’il peut s’agir facilement de milliers de personnes qui peuvent potentiellement contaminer à leur tour leur famille.

 De Nouakchott, des proches cherchent à savoir où aller se faire tester. Ils ont appelé le 1155 en vain. Personne ne peut leur dire où aller exactement.

Qu’est-ce que le ministère de la santé pouvait y faire ?

 Etant en Italie, j’ai pu observer au quotidien ce que l’Etat a fait, ce que les supermarchés et autres commerces ouverts ont mis en place comme mesures barrières. J’ai vu comment le pays a été géré lors du confinement et comment le déconfinement est engagé…

 Si la richesse d’un pays permet d’agir avec plus de soutiens financiers pour les populations comme la France a pu le faire, là où l’Italie a des difficultés, reste qu’avec seulement 4 millions d’habitants, une population jeune et des milliards obtenus pour le fonds de solidarité sans parler des richesses du pays, la Mauritanie pouvait éviter l’incohérence dangereuse et l’irresponsabilité derrière une communication d’enfumage digne des pays totalitaires où tout est annoncé sous contrôle.

 Inutile d’énumérer l’amateurisme et l’incohérence des mesures prises avant que ne soit décidé le confinement. Inutile de dire ce que le Maroc a fait notamment en donnant 100 euros à toutes les familles travaillant dans l’informel, c’est l’équivalent d’un smic mauritanien pendant que l’Etat mauritanien s’est borné à donner un lot de riz, d’huile et de poissons à quelques familles pour les besoins de la TVM ; n’allons même pas nous comparer au Sénégal. Maroc et Sénégal prouvent que l’Etat craint le peuple…

 Nous avons certes fait un minimum correct, frontières fermées assez tôt et surtout prise en charge des cas avérés ou potentiels dans des hôtels comme il faut mais nous n’avons rien fait pour assurer un minimum de déconfinement sécurisé.

Que fallait-il faire ?

 Nous sommes à peine 4 millions avec un fonds de solidarité fort de milliards. Comment ne pas avoir fait comme le Maroc pour rendre le masque obligatoire, sans parler des gants jetables au moins pour un mois sachant que le Maroc peut produire 5 millions de masques par jour !

 Il fallait ensuite dans tous les commerces imposer à l’entrée masques, désinfectant et éventuellement gants. Faire une campagne TV et radio pour informer les populations et sévir contre les récalcitrants.

Au lieu de ça, on a confiné de façon bancale et on déconfine de façon irresponsable et peut-être criminelle.

 Ces mesures auraient évité la situation que nous vivons parfaitement prévisible à savoir une contamination potentiellement de masse partant d’une épicerie.

Le ministère de la santé prouve encore son manque impardonnable de lucidité, de cohérence et de compétence face à cette épidémie à nos portes. Heureusement les mauritaniens peuvent compter sur leurs prières, sur la chaleur et leur population jeune pour compenser d’incompétence de ceux qui sont censés les protéger…

 Ahmed Ould Soueid Ahmed

©️ Crédit source: https://www.chezvlane.com/Nouakchott-covid-Bana-Blanc-l-impardonnable-negligence-du-ministere-de-la-sante_a19456.html

Réflexion – Tribune : « le déconfinement des mentalités » Par KIDE Baba Galle

Dans la trame de l’histoire, des contes pour enfants, remaniés et méthodiquement retravaillés, pour les besoins de la cause, peuvent se positionner comme des vérités sacrées à pérenniser. Quelques fois, la contradiction de l’histoire officielle, bien qu’elle soit fondée sur des éléments historiques avérés, réveille des réflexes qui ne se manifestent ni avec la raison encore moins avec la retenue. Ces reflexes, centenaires et extrêmement encrés dans le tissu de notre société, soutenus par un fanatisme délétère, ne servent guère à ressouder notre communauté et ne profitent qu’à nos bourreaux d’aujourd’hui.

L’histoire est faite de prédation et de libération, de vérité et de mensonge, de cynisme et de provocation. Quelques soient les lieux et les temps, les histoires ne décrivent que les faits du passé et la description d’un évènement passé est souvent teintée de paradoxe et de manipulation, de falsification et de mépris. L’histoire pensée et imposée par l’Occident sur les africains constitue un parfait exemple. De l’origine blanche de l’Egypte pharaonique à la naissance du monothéisme chez les hébreux, nous nous rendons compte que dans certaines circonstances bien précises, l’idéologie se drape en habit d’histoire.

Les fondements du féodalisme dans notre société se sont structurés sur la déformation originelle des castes et sur l’instrumentalisation de celle-ci à des fins politiques et de domination. D’aucun d’entre-nous ne serait surpris par une telle affirmation. En remontant dans le temps, cette vérité nous éclate à la figure et nous dévoile les mécanismes de cette horrible machination. Des milliers d’individus qui partagent la même langue, la même mémoire collective et la même communauté que nous se retrouvent étranglés par un suprématisme humiliant et mortifère.

Certains de nos frères et sœurs, amis et proches, par ce féodalisme silencieux et ravageur, reçoivent, pour on ne sait quelle logique et quelle science, des propos humiliants et menaçants de la part de ceux qui se considèrent comme les élus de l’Eternel. En tout cas, comme disait Kemi Seba sur le peuple élu : Moi, je n’ai pas voté. Et vous ? Sous les coups de ce fanatisme imaginaire, basé sur la primauté du sang, ces individus, laissés à eux seuls, se retrouvent dépouillés de toute dignité et privés de vivre consciemment leur temps.

Le déconfinement des imaginaires, pour les besoins de notre Union, doit être pensé et enclenché. Quand un individu adopte des comportements de domination et de prédation en s’appuyant sur des certitudes infondées, il est le devoir de chacun d’entre-nous de lui montrer le chemin de la libération et du déconfinement, du « déconfinement mental ». Les esprits peuvent être confinés dans des perceptions floues et destructrices. Ces esprits, flottants dans des contes pour enfants, par manque d’instruction et de culture, sont aujourd’hui des plaies qui nous empêchent de nous relever et de nous constituer comme un seul homme.

L’instauration d’un ordre social harmonieux et juste ne pourrait se faire sans qu’il y ait un déconfinement des mentalités ; une réforme profonde de nos préjugés et prénotions, de nos folles et fausses croyances. En faisant cela, nous permettrons le retour de l’ordre, de la paix et de la discipline dans nos rapports à nous-mêmes et à l’autrui. Puisque, là où l’incompétence, l’ignorance, le racisme et la discrimination règnent, la violence et le mépris prennent pieds et deviennent des versets et des sourates.

Le paradigme dans lequel nous planifions nos projets d’avenir est un système d’idées pensé, structuré et imposé par des féodaux qui, à la suite de l’histoire, se sont trouvés enchainés à la cheville du beidanisme. Son imposition ne s’est pas faite avec douceur et humanité mais avec une violence inouïe et avec un mépris dévastateur. Comment même s’imaginer un futur juste dans une existence faite de violence et dans la négation de l’autre, de ses capacités, de son humanité ? C’est une problématique qui doit être prise au sérieux puis que, sans une critique de notre condition spirituelle et intellectuelle, sociale et culturelle, nous ne serions que des valets à la solde des grandes tentes mauresques.

Nous traversons une crise profonde. Une crise qui nous oblige à nous rendre compte de notre destin commun et de la nécessité d’instaurer les conditions d’une société débarrassée de ses pratiques féodales injustes.

Enfin, tant que nous nous tairons devant la barbarie du féodalisme, tant que nous nous enfermerons dans le déni face à la violence et à l’injustice, tant que nous nous sentirons indifférents à la souffrance des opprimés et des « mal-nés », nos enfants nous trainerons dans le tribunal des lâches et des complices directs de la misère des pauvres, de la souffrance des innocents enfants.

*Déconfinement mental : Expression employée par Jacques Attali dans son article du 7 Mai intitulé : Petit exercice de déconfinement.

Par KIDE Baba Galle

Tribune : « La Mauritanie des bras longs et des discriminés » Par le Prof Ibrahima Dioum

Le député mauritanien, Biram Dah Abeid s’étonnait le 18 février dernier à Genève de la place de la Mauritanie au sein du conseil des droits de l’Homme des Nations Unies alors que « ce pays est un apartheid implanté en Afrique de l’Ouest ». Cette déclaration de l’activiste des droits de l’Homme était applaudie par les mauritaniens épris de justice, elle avait en même temps choqué les partisans du système politique en vigueur depuis l’indépendance du pays. Le débat formel et informel sur la question de la discrimination de certains mauritaniens, sous ses différents aspects est ainsi relancé.

Il serait anodin pour nombre de mauritaniens de parler de discrimination religieuse dans le pays, l’islam y étant la seule religion. Cependant les autres formes de discriminations apparaissent comme une évidence dans cette nation de moins de 5 millions d’habitants.

Il n’est un secret pour personne que le choix politique est très déterminant dans l’évolution professionnelle en République Islamique de Mauritanie. Le fonctionnaire ou le salarié mauritanien, pour être promu à un poste, doit appartenir dans la majorité des cas au parti au pouvoir. Une bien triste réalité qui a toujours existé, qui perdure et s’enracine au fil des années. La grande majorité des dirigeants des grandes entreprises, la grande majorité des cadres de l’administration territoriale et de l’État central, pour ne citer que ceux là, sont du parti au pouvoir ou des proches du parti au pouvoir.

Dans l’armée, la police et la gendarmerie, c’est la couleur de la peau, la caste et l’appartenance ethnique qui conditionnent le grade et le poste occupé au niveau du commandement. Sauf exception, les noirs, les personnes de castes « inférieures » et les citoyens mauritaniens d’ascendance servile sont toujours au bas de l’échelle dans le régalien et dans l’administration publique de manière plus générale. Aujourd’hui, les généraux de l’armée et les commissaires de polices mauritaniens sont massivement issus de l’ethnie maure, ils sont clairs de peau et ne sont en aucun cas Zenagas, Moualems ou Hartanis. Cette situation s’aggraverait dans les années à venir puisque les actuels élèves de l’école militaire sont quasiment tous maures blancs.

La région ou l’appartenance géographique est également source de discrimination. Si vous habitez le Guidimakha, vous avez surement moins de chance qu’un Taganit ou un habitant de l’Adrar d’occuper un poste stratégique dans les établissements publics et même privés. De mémoire, un natif des régions du Guidimakha, du Gorgol, de l’Assaba et du Brakna n’a jamais été premier ministre de la République Islamique de Mauritanie. Toujours en parlant de l’origine géographique, c’est aussi connu qu’un habitant du 5ème ou du 6ème arrondissement de Nouakchott n’a pas les mêmes chances d’accès à l’emploi que ses frères bourgeois de Tevrag Zeina.

En Mauritanie, d’autres formes de discrimination basées sur l’apparence physique et l’origine familiale existent pareillement. En effet, lorsque vous vous présentez à un entretien d’embauche, habillé en wax ou en « demi-saison », vous auriez moins de chance que celle ou celui qui vient en melhfa ou en boubou blanc sur une chemise repassée ou non. En outre, les concours de l’administration publique, les sélections préalables à l’entrée de l’école militaire et à l’École Nationale d’Administration nécessitent d’avoir le bon nom de famille pour faire partie des effectifs.

Sans être exhaustif, nous allons finir avec le facteur de discrimination liée à la langue maternelle ou la langue parlée.
Le Poular, le Soninké et le Wolof sont reconnues par la constitution mauritanienne en tant que langues nationales et pourtant elles ne sont toujours pas enseignées à l’école. Cette discrimination se trouve amarrer dans la constitution de la Mauritanie en son article 6 qui officialise la seule langue arabe alors que les 3 autres langues sont juste reconnues langues nationales… Autre part, les chaines de télévisions et de radios nationales accordent un temps de diffusion en Arabe de loin plus important que celui des trois autres langues réunies.

Le fléau de la discrimination a une grande ampleur en Mauritanie et cela n’est pas sans conséquence dans un pays multilingue, multicolore et multiculturel. Il a façonné et divisé les frères mauritaniens en deux grands groupes loin de ce que la diversité ethnique, linguistique, culturelle et raciale pourrait apporter à la nation : le groupe des bras longs et celui des discriminés. Ces deux grandes catégories regroupent chacune, paradoxalement, à la fois les composantes de toutes les langues, toutes les couleurs, toutes les cultures et de toutes les régions.

Les bras longs sont une élite qui s’est construite progressivement depuis l’indépendance du pays en 1960 et prend de plus en plus de place et d’importance dans les gouvernements successifs. Les membres de ce groupe sont en général richissimes, ont pour doctrine le favoritisme et ou occupent souvent une bonne profession dans une grande administration publique. Lorsqu’ils abandonnent cette position, c’est pour se hisser à la tête d’une grande entreprise ou une grande banque avant de revenir dans une ambassade ou dans un ministère. Ce va et vient des membres de l’élite s’apparente à celui des pions du jeu de dames qui reviennent à chaque fois que le jeu reprend.

L’élite mauritanienne, d’ailleurs de type féodal bénéficie, conserve et défend un certain nombre de privilèges au risque de naviguer à contre courant de la morale et à entraver le développement du pays. Au jour d’aujourd’hui beaucoup de signaux montrent que ce groupe n’est pas encore prêt à partager sa part du lion. Au contraire il voudrait même aller jusqu’au bout de sa domination : depuis quelques années, il a commencé l’expropriation des dernières terres qui restent aux pauvres.

Quant aux discriminés, les seuls parmi eux qui ont encore la chance de s’en sortir sont ceux travaillant avec les organismes internationaux qui privilégient les compétences à la différence des organisations nationales. Quelques tristes réalités caractérisent les discriminés de la Mauritanie : la pauvreté et l’auto exclusion.

Du fait de leur faible taux d’employabilité, de leur pauvreté et de leurs conditions précaires, les discriminés mauritaniens ont de plus en plus du mal à satisfaire leurs besoins, même les plus élémentaires. Contrairement à ce qui est répandu, en Mauritanie il y a encore des ménages qui ne prennent qu’un seul repas par jour et qui habitent des taudis. En outre, ils ont du mal à accéder à des structures de santé et de se faire soigner, les infrastructures de santé du pays étant souvent en très mauvais état de fonctionnement et mal équipées.

Les mauritaniens qui ont de la chance traversent le fleuve pour se faire soigner au Mali ou au Sénégal. Les plus fortunés d’entre eux se font hospitaliser en cas de maladie, au Maroc, en Tunisie, en Espagne et en France. Les rares structures sanitaires opérationnelles se concentrent à Nouakchott et sont inaccessibles car étant privées avec un tarif dissuasif ou exigeant là aussi un bras long. Aujourd’hui, quel mauritanien peut se faire soigner sa carie dentaire ? Quel mauritanien peut passer au scanner ? Quel mauritanien peut se permettre un bilan de santé ? Ce luxe exclut les sans bras longs.

Un autre malheur d’appartenir aux discriminés hélas peu compris de l’opinion est celui lié à la scolarité. Les enfants des discriminés se retrouvent entassés dans des salles de classes vétustes, des bâtiments délabrés sans table-bancs avec des effectifs pléthoriques. À titre d’exemples, une salle de classe du lycée de Selibaby peut compter jusqu’à 100 élèves assis à même le sol ; les écoles des quartiers populaires de Nouakchott tombent en ruine… Dans ces configurations, il est légitime et même obligatoire pour tout bon mauritanien de s’apercevoir que les écoles du pays sont de vraies fabriques d’inégalités. L’employabilité, le niveau de connaissances et la chance d’obtenir le bac chez les élèves scolarisés dans les établissements publiques sont très faibles comparés à ceux de leurs compatriotes dans les écoles privées et ou pouvant s’offrir des cours de soutien scolaire.

Les conditions d’existence des discriminés se révèlent alarmantes mais le plus inquiétant est que les individus de ce groupe s’auto-excluent.

Très souvent, certains mauritaniens refusent de se présenter à un concours ou de postuler pour un emploi. Pour eux, fournir cet effort minimum n’en vaut pas la peine. Ils perdraient leur temps dans une compétition où les médaillés sont connus d’avance : les bras longs et leurs proches. La conviction des discriminés est que lors des concours, les copies ne sont jamais corrigées avec du sérieux, la liste des admis étant établie avant le jour de la passation des épreuves. Donc se préparer, se présenter et espérer être admis à un concours est synonyme de gaspillage d’une énergie mentale.

Dans ce sens, l’attitude des discriminés mauritaniens joue contre eux et montre bien qu’ils ont intériorisé psychologiquement la discrimination par le développement d’un complexe d’infériorité et d’un pessimisme. Cette conséquence de la discrimination directe donne à l’élite un argument de taille pour s’installer de plus en plus confortablement.

Le constat est fait : la discrimination, sous ses multiples facettes existe en Mauritanie dans divers domaines. Alors le devoir de tout Mauritanien éclairé serait :
D’inviter et même d’exiger de l’exécutif et du pouvoir juridique d’avoir une volonté ferme de punir les auteurs d’actes de discrimination quelques soient leurs positions sociales et politiques ;
D’appeler l’État à mettre en place une politique de discrimination positive digne de ce nom car le fossé entre bras longs et discriminés est immense ;
De condamner le groupe des bras longs socialement et moralement en attirant leur attention sur l’intérêt général et celle de la nation ;
De montrer les méfaits de la discrimination en privilégiant l’information et le dialogue car la discrimination ne viendrait pas seulement des intérêts égoïstes mais aussi de l’ignorance et de l’aveuglement de ses auteurs et victimes c’est-à-dire des bras longs et des discriminés dans le contexte mauritanien.

Une société mauritanienne meilleure et riche de sa diversité est pourtant possible.

DIOUM Ibrahima
Enseignant d’économie-gestion
Académie de Paris

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur 10/05/2020

Mauritanie : Déclaration sur l’adoption d’un projet de loi réprimant les violences faites aux femmes et aux jeunes filles

Groupe des femmes à la CNDH – Nous nous réjouissons et félicitons le gouvernement de l’examination et de l’adoption en Conseil des Ministres du projet de loi relatif à la pénalisation de toutes sortes de violences à l’égard de la femme et de la fille. Le projet de loi vient ainsi renforcer la lutte et la condamnation des auteurs et complices des actes de violences perpétrés à l’endroit des femmes et filles en Mauritanie. Le groupe des femmes félicite le Gouvernement et le Président de la République pour cette initiative longtemps voulue et demandée par la société civile Mauritanienne dans son ensemble. Le groupe des femmes s’engage au côté du gouvernement à mener le combat afin de voir la loi être adoptée à l’assemblée nationale et de son application effective sur le terrain pour le bien-être de la femme et de la jeune fille. Les événements tragiques de ces dernières années qui ont mené aux viols et meutres de femmes et jeunes filles ne resteront plus impunis et bénéficieront désormais de procès équitables et condamnations de criminels profitant de la vulnérabilité de la femme dans notre pays. Madame Zenebou Mohamed AININA s’engage également aux côtés de ces paires de la société civile pour mener une large campagne de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national afin que cette loi, si elle est adoptée, soit connue de tous les citoyens mauritaniens et en particulier la femme et la jeune fille, ceci pour les informer de leurs droits et devoirs et se protéger de toute agression à son endroit. Le groupe des femme exhorte la société civile Mauritanienne de continuer le combat et accompagner le gouvernement pour l’adoption très prochaine de la loi à l’assemblée nationale.

Fait à Nouakchott le 07/5/2020

Madame Zeinebou Sidi Mohamed, Représentante du Groupe des femmes à la CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme )

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=735870