LA SITUATION DES DROITS HUMAINS EN MAURITANIE : LE PRÉSIDENT DE LA CNDH, MAÎTRE BOUHOUBEÏNI FACE AUX ÉCUEILS DE FAITS TÊTUS !?

Ce 18 février 2020 à Genève (en Suisse), l’honorable député Biram Dah Abeid a été primé par Le Sommet de Genève pour les Droits de l’homme et la Démocratie, du Prix du Courage – 2020. Une énième reconnaissance internationale d’un engagement droit-de-lhommiste pacifique entamé depuis de nombreuses années. Ce jour du 18 février 2020 lors d’une conférence plénière dans la ville helvétique au bord du lac leman, le président Biram Dah Abeid a brossé avec pertinence la réalité de grands déséquilibres multidimensionnels qui affectent notre pays depuis plusieurs décennies. Ainsi ces dernières heures, différentes réactions sont apparues à travers divers canaux médiatiques. Celle de Maître Bouhoubeïni, président de la Commission Nationale des Droits l’Homme (CNDH) , a retenu notre attention. Lors d’un point de presse, il se dit surpris par le fond du discours de Genève. Ainsi pour nous , rien de surprenant connaissant l’actualité qui prévaut dans ce pays en matière de déficit de Justice et d’Égalité entre les citoyens. Certes depuis l’élection controversée de l’actuel chef de l’Etat Ghazouani en juin 2019, nous avons constaté une esquisse d’ouverture qui finit par mourir dans l’oeuf du fait de la résistance des tenants suprematistes du systeme. Ainsi, l’ossature administrative, judiciaire et sécuritaire a renforcé la mécanique et les reflexes de pratiques discriminatoires et de violations de la dignité humaine notamment le blanchiment systematique des crimes atroces de l’esclavage. Les discours volontaristes que nous avons cru sincères de Maître Bouhoubeïni, commencent à montrer leurs limites amèrement et trés vites ont pris le ton et la teneur habituels chez les organisations gogos, toujours à la solde de la defense du gouvernement en contrepartie de subsides. Sur la problématique de l’esclavage, le cas Ghaya Maiga (fillette de 14 ans) et l’autre cas avéré de crimes esclavagistes, sur le petit Beibeu (garçon de 8 ans) au Guidimagha récemment, nous prouvent que la connivence habituelle entre les présumés esclavagistes et certains pans administratifs et judiciaires, sévit toujours hier du temps de Ould Abdel aziz qu’aujourd’hui avec le nouveau régime. En matière politique, certains partis et mouvements (IRA-MAURITANIE, RAG et FPC) sont toujours interdits sans motifs identifiés sinon qu’ils sont encartés comme étant des formations cataloguées par le régime en place comme étant defenseurs des causes des victimes du racisme et de l’esclavage en Mauritanie. Nous dirions que Maître Le president de la CNDH, Bouhoubeïni, a osé par cette conférence de presse, engager contre le defenseur des droits humains nouvellement primé à Genéve par le Prix du Courage, une campagne de diabolisation sans précédent. Allié à des activistes suprématistes et islamistes radicaux comme Mohamed Jemil Mansour et Sidi Mohamed ould Maham, respectivement anciens présidents des partis Tawasoul (d’aubedience frères musulmans) et le parti de l’Union pour la République, toujours au pouvoir. Les deux hommes avaient reclamé publiquement en 2012 et en 2014 la peine de mort contre Biram Dah Aveid et Mohamed Cheickh ould Mkhaitir qu’ils ont accusés d’apostasie. Le président de la CNDH, institution censée être indépendante selon des principes de Paris, se lance dans une guerre politique partisane en faveur du gouvernement en place.

Au lieu de concourir à l’enclenchement d’une dynamique pouvant affronter véritablement les écueils qui sapent l’instauration d’un véritable état de droit, la CNDH est exploitée par les tenants connus de la violence verbale et physique contre les défenseurs des droits humains pour assoir la persécution idéologique , la terreur sociale, le silence complice et le statu quo de l’injustice. D’ailleurs cet ordre inique et injuste que défend sans gêne le président de la CNDH, a ses racines au cœur du système étatique à différents niveaux. Aujourd’hui il n’est pas lieu de s’étonner du discours du président Biram Dah Abeid , mais il faudrait sérieusement et profondément exposer un diagnostic courageux et proposer des décisions gouvernementales fortes.

Mme Coumba Dada KANE
Vice-présidente IRA Mauritanie
Députée à l’Assemblée Nationale Mauritanie

Nouakchott le 21/02/2020

MAURITANIE : JUSTE MAIS INSUFFISANT (IRA-MAURITANIE)

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Apostrophe à l’autorité exécutive

Le 18 février, la justice de la Mauritanie mettait un terme aux poursuites contre les opposants en exil Mohamed Ould Debbagh, Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi. Également cibles de tentative d’émission de notices rouges auprès d’Interpol, les trois parcouraient le monde sans contrainte ; ils dévoilaient ainsi le caractère fantaisiste des griefs retenus par des juges aux ordres du Président d’alors, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que le ministère public renonce, de lui-même, à sa propre requête en dit long sur l’instrumentalisation partisane du droit et son corollaire, la sujétion des magistrats à l’autorité du prince. La fin de la persécution permet aussi le retour, au bercail, du groupe de rap Oulad Leblade et du poète Mohamed Yahya Ould Lemsaïdov ; tous pourront désormais redonner libre court à leur art.

L’épilogue réjouit de nombreux compatriotes et rappelle notre plaidoyer, constant, afin de soustraire les instruments légaux du pouvoir, aux tentations de règlement de comptes avec les adversaires du gouvernement. L’acte de normalisation, porté au crédit du Président de la république Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, mérite compliment et adhésion.

Cependant, le climat d’apaisement et de transparence, revendiqué depuis le début du quinquennat requiert, d’urgence, la levée de l’interdiction de certains partis, en particulier les Forces Progressistes du changement (Fpc), Radical pour une Action Globale (Rag) et l’association Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M). Le Chef de l’Etat en avait d’ailleurs pris l’engagement, à mainte reprise, depuis son investiture.

Autre objection du moment, l’heureuse occasion ne saurait faire oublier que la police vient d’engager une sombre campagne d’arrestation, visant des dirigeants locaux de l’Alliance pour la refondation de l’Etat mauritanien (Arem), des activistes de la laïcité et des féministes de renom. Comme d’habitude, les enseignes et hauts parleurs de la domination entourent l’évènement, d’une studieuse censure.

Ira-Mauritanie réitère sa solidarité aux victimes de la coercition indue et réitère l’engagement à défendre l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et empêcher la dérive du pays vers l’obscurantisme religieux.

Nouakchott, le 20 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Sommet de Genève pour la démocratie et les droits de l’Homme : Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid 《 Prix du Courage》



Allocution du lauréat de la session 2020, Biram Dah Abeid, « Prix du Courage »

Mesdames et Messieurs les membres de la coalition du Sommet de Genève
Chers membres du jury, honorable assistance

La session 2020 du « Sommet de Genève, pour les droits humains et la démocratie » me décerne, aujourd’hui, le diplôme du courage. Que l’honorable jury reçoive ma gratitude. Cependant, je souhaite exprimer une nuance : lorsqu’enfant, vous expérimentez l’injustice, l’héritez de vos aïeuls et risquez de la transmettre à votre descendance, l’affronter ne relève plus d’une option. Résister, tient, ici, de l’impératif de survie ; parce qu’il subsiste en vous un brin d’espoir, un résidu de volonté, votre humanité vous commande de vous battre, par réflexe ; votre corps et l’esprit qu’il abrite, même meurtris, vous enjoignent de relever la tête. Voici pourquoi, je ne pense mériter une si prestigieuse médaille ; nul ne doit être félicité d’aspirer – et d’agir – à une existence de bonheur et de paix, à l’ombre de l’équité.

Nous autres, noirs de Mauritanie, rejetons d’esclaves depuis des siècles ou victimes plus récentes de ségrégation, savons la rançon des efforts de relèvement que nous intime la lucidité de notre état. A l’image de tant de nègres au fil du temps et des civilisations, j’ouvrais les yeux sur le constat brutal de mon infériorité, laquelle m’expliquait-on, procède de ma peau sombre, des origines païennes de mes ancêtres et du vouloir de Dieu. Vous le voyez, un si mauvais départ ici-bas, m’exposait à devenir, tôt ou tard, l’ennemi public de quelqu’un. A partir de 2008, année de création de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), j’ai cessé de courir devant le déterminisme de la lutte et accepté la fatalité du sacrifice.

En septembre, Ghaya Maiga, une fille mineure de 14 ans que ses maîtres exploitaient et frappaient, leur sera finalement livrée, selon l’injonction du juge d’instruction, malgré l’opposition théâtrale du procureur de la république. Ils s’empressèrent de la conduire, dans leur village, à plus de 1200 kilomètres et postèrent des images et messages de victoire, sur les réseaux sociaux ; en février 2020, déguenillé, déscolarisé et sans état civil, le garçonnet Beibbeu a fui l’enfer de la servitude congénitale. Au lieu de recevoir le secours de la loi, sera emprisonné et intimidé par les juges et gendarmes supposés le défendre. Il finira par retirer sa plaine et la demande de protection.

Dans le passé proche – et pour quelques uns encore aujourd’hui – nous mourrions au service d’une frange de nos compatriotes. Garder le bétail, creuser les puits, préparer la nourriture et la couche, accompagner les caravanes sous le soleil ardent, pieds nus, sans salaire ni horaire de travail, tel se présentait notre destin. Nos femmes, à peine vêtues, se prêtaient au viol, notre progéniture servait de cadeau de noce ou de naissance. Dispersés en guise héritage, aux quatre points cardinaux, nous étions vendus et troqués, contre une génisse, un dromadaire, une perle en pâte de verre, un anneau de cheville ou une amulette miraculeuse. Voici, résumé, l’univers mental où, adolescent, je me retrouvais, en demeure de forger une identité et imaginer un avenir.

En avril 2012, las de m’inscrire, à chaque occurrence, dans la rhétorique des sacralisations imposées par nos maitres, je décidais, après la prière du vendredi, de brûler, devant témoins, les livres dits de « droit musulman » qui codifiaient l’institution de l’esclavage. Aussitôt, les foules fanatisées submergèrent les mosquées et les rues, exigeant ma crucifixion ; des semaines durant, les médias publics et privés leur offriraient le monopole de la parole et le Chef de l’Etat de l’époque vint cautionner l’appel au meurtre. Arrêté au grief de rébellion vis-à-vis de Dieu, je n’ai dû mon salut qu’à la mobilisation de mes frères et de nos soutiens extérieurs. Je ne regrette un tel geste et le referais, volontiers. Pour une raison qui m’échappe encore, les ambassadeurs du Maroc et de Russie me blâmèrent en public et celui de la Syrie me défendit, à la télévision du gouvernement. Aucun représentant du Monde libre ne m’apporta le soutien auquel je m’attendais, au nom des droits humains, des valeurs de laïcité, de l’idéal républicain ou du devoir d’ingérence. Je vous épargne le récit sordide des humiliations et des sévices, à l’intérieur de deux mètres carrés, par temps de canicule, jour et nuit. Ironie du sort, c’est de ma cellule, que je fus élu député, dès septembre 2018. Les soldats en charge de me surveiller m’ont paru tristes de leur réclusion dans l’univers carcéral ; je les quittai, sans trop de regret mais avec un brin de pitié. Depuis décembre 2010, j’ai vécu quatre incarcérations. Mon organisation, toujours interdite, avoisine le record d’une vingtaine de procès et détentions accompagnées de torture. Aucun de nos tortionnaires n’a été inquiété.

A l’élection présidentielle de juin 2019, je talonnais l’actuel Chef de l’Etat, alors candidat des notabilités tribales et de l’armée. Malgré l’attestation massive de la fraude, je reconnus, le résultat erroné du vote. Ainsi, évitais-je, à mon bercail vulnérable, l’autodissolution dans une crise qui le livrerait au djihadisme violent, en embuscade alentour. Aux nouvelles autorités, j’ai tendu la main du dialogue ; je m’obstine à obtenir, d’abord, la reconnaissance d’associations et de partis réfractaires à la discrimination envers les noirs de filiation subsaharienne et l’annulation des poursuites contre d’illustres opposants en exil. Nous œuvrons à abroger la loi d’amnistie qui protège, depuis 1993, les auteurs de déportation de masse, de torture et de tuerie, forfaitures commises entre 1986 et 1991, au titre d’une tentative sanglante de changement de la démographie et d’effacement de la diversité linguistique, pour que la Mauritanie, enfin « arabisée », tournât le dos au Sahel, sa vocation. Permettez-moi, ici, de vous montrer deux visages des victimes de la tentative de purification ethnique en Mauritanie : Houleye Sall, âgée de 80 ans, s’obstine, depuis bientôt trois décennies, à obtenir la réhabilitation de son fils unique. Un parmi des centaines d’autres suppliciés, le lieutenant Abdoulaye Sall mourut, à 31 ans, d’un écartèlement entre deux voitures en mouvement, sur ordre de ses supérieurs au sein de l’armée.

Notre souffrance n’est en rien imputable à l’Occident, encore moins à la colonisation ou à la traite négrière. Elle nous vient de l’intérieur de nos sociétés d’Afrique. Comme nos géniteurs et leurs devanciers, nous endurions la persécution, infligée par nos concitoyens arabo-berbères ; pourtant, ensemble, nous partageons, la foi religieuse, le culte et souvent la langue.

Sur un autre front, nous continuons à réclamer l’accès équitable à l’état-civil et aux listes d’électeurs car nous habite la certitude de représenter une majorité de la population ; le poids des suffrages, un jour, obligera nos juges à cesser de couvrir le crime d’esclavage et de banaliser le « négrocide » ; ils glorifieront le droit international, accepteront un minimum d’universalité et renonceront aux feintes du relativisme culturel. Un jour, la Mauritanie abrogera l’article 306 du code pénal dont le zèle post-coranique punit de mort, séance tenante, le refus de prier, le blasphème et l’apostasie, sans possibilité de repentir. J’ai failli en mourir. Appliquer les lois de Daesh et prétendre combattre le terrorisme relèvent de l’aporie et d’un mensonge létal. Mon pays, la Mauritanie constitue, à présent, l’environnement favorable à l’instauration d’une théocratie islamiste. Cette vérité taboue, je l’assume devant vous, aujourd’hui, en qualité de lanceur d’alerte.

Je salue, ici, les centaines de jeunes, les dizaines de lettrés et d’intellectuels, braves dissidents, issus des féodalités que nous nous acharnons à défaire ; ils portent haut et loin, l’élan de générosité et de volontarisme où je puise l’intensité et la constance de l’argument. Avec votre permission, je leur dédie ce prix du courage.

Honorable assistance, la distinction de l’année consolide mon engagement sur la voie de l’alternance pacifique, grâce au pouvoir des urnes. Certes je ne puis respecter les valeurs de qui m’opprime mais, jamais, je n’encouragerai un coup d’Etat, une sédition ou un quelconque usage de la force. Les mots, vecteurs d’idées subversives et de propositions de réforme, restent nos armes exclusives. Nous voulons persuader au lieu de susciter la crainte. La peur mène à la surenchère, la surenchère tue et nous aimons la vie.

Je vous remercie.

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Événement – Abolition Institute : les lauréats du Prix Aichana Abeid Boilil 2020 (Chicago – USA)

🔹️Element medias : English/French – Anglais/Français

✅English : Aichana Abeid Boilil Award 2020

This year’s Aichana Award recipients are Rory Hoskins, Forest Park Mayor, Antonio Sola, Human Rights Leader and Founder of Commonsense Foundation and Black Remembrance Project. They are recognized for their outstanding work on slavery and its legacy, and global human rights. The event was filled with symbolism as it took place at the Historic Stone Temple Church on February 12th, the Month of Black History. It is important to mention that the Stone Temple Church was the very first church to courageously hosted Dr. Martin Luther King, Jr. in Chicago despite of the challenges of that time.

During the event I was moved by the story of Mr. Eugene Horton, released from Illinois State prison after serving 48 years for a crime he did not commit. Interestingly, he has been inspired by his own experience to advocate for justice.

Congratulations to the awardees, heartfelt thanks to Bishop Derrick Fitpatrick and Reshorna Fitzpatrick for generously hosting the event. And kudos to the board of Abolition Institute.

Français : Prix Aichana Abeid Boilil 2020

Les lauréats du Prix Aichana de cette année sont Rory Hoskins, Maire de Forest Park, Antonio Sola, Leader des Droits de l’Homme et Fondateur de Fondation Bon Sens et Black Remembrance Project. Ils sont reconnus pour leur travail exceptionnel sur l’esclavage et son héritage, ainsi que sur les droits de l’homme dans le monde. L’événement était rempli de symbolisme car il a eu lieu à l’église historique, « Stone Temple Church » le 12 Février, le mois de l’histoire des Noirs « Black History Month ». Il est important de mentionner que Stone Temple Church était la toute première église à accueillir courageusement Dr Martin Luther King, Jr. à Chicago malgré les défis de l’époque.

Durant l’événement, j’ai été profondément ému par l’histoire de M. Eugene Horton, libéré de la prison d’État de l’Illinois après avoir purgé 48 ans pour un crime qu’il n’a pas commis. Inspiré de sa propre expérience, il est devenu un ardent défenseur de la justice.

Toutes nos félicitations aux lauréats. Merci du fond du cœur à Mgr Derrick Fitpatrick et Reshorna Fitzpatrick pour avoir généreusement abrité l’événement. Et bravo au conseil d’administration de Abolition Institute.

©️ Crédit source : post Facebook de l’activiste mauritanien Bakary TANDIA (Abolition Institute) – 15 février 2020.

Mauritanie : Esclavage sur mineur (IRA-MAURITANIE)



🔹️Tentative de dissimulation, recel et blanchiment de crime

Une attitude prévisible

Comme nous le pressentions à l’occasion d’une note d’alerte du 13 février, sur le récent cas d’esclavage, dans la région du Guidimakha, la fabrique du déni automatique et de la contrefaçon s’est mise en branle, comme un réflexe. Une vidéo partagée au fil des réseaux sociaux expose la nouvelle version de l’enfant victime de travail forcé, avec le concours de ses présumés parents, tous en plein exercice de falsification. Ils contestent les faits initialement allégués et accusent l’Ira d’avoir inventé le récit. Entouré des adultes auteurs de son sort, le garçonnet de 8 ans témoigne contre la dame qui l’a recueilli, chez elle, au village de Zweinliya. Selon lui, elle l’aurait contraint à raconter une fausse histoire, en l’occurrence celle de l’audio où il explique son calvaire et les raisons de sa fuite, loin du bercail, à la recherche d’un asile. En somme, le maître devient un oncle, Beibbeu n’a jamais été molesté ni obligé de garder le bétail et, surtout, il se serait perdu dans la nature, jusqu’à son arrivée dans une localité distante de 13 km environ. Il convient de bien visionner le film de propagande (cliquer ici) pour défaire le montage et en dénouer les ficelles.

Une tradition d’imposture

Depuis la dictature du Colonel Ould Taya et ses déboires fameux avec l’association SOS Esclaves, les services de sécurité se sont habitués à la posture défensive du démenti, peu importent les moyens requis à la réalisation d’une telle fin. Pour produire de la fraude en vue de travestir l’actualité de l’esclavage, tribu, parents, connaissances, proches, voisins ou badauds sont soumis à un cumul de pression – de la menace à la promesse, en passant par l’achat des consciences.

En vertu de cette jurisprudence du pire, l’honorable Mohamed Ould Ikabrou, Procureur de la république à Selibaby, déclarait aux militants de Ira venus dénoncer la maltraitance et le trafic de personne, que la lanceuse d’alerte, à l’origine de l’affaire, est une « ressortissante du Mali » prise en flagrant délit de nuisance à l’image de la Mauritanie. Or, la brave Hawa Mint Bilal secourait un humain en bas âge, guenilleux, épuisé et urinant le sang. Au lieu de lui décerner une distinction nationale du mérite et lui confier la garde de l’enfant avant la décision de justice, l’Etat oppose à Hawa le soupçon et l’opprobre. Ainsi, de confusion en doute, l’on oublie le fond du contentieux : Comme la fille Ghaya Maïga en septembre 2019, Beibbeu, déscolarisé et travailleur sans salaire ni état-civil, se retrouve à la merci de ceux qu’il a fuis. Le constat factuel ne souffre aucune réserve. Cependant, dans la logique du système de domination, un rejeton de famille servile peut être exploité par les siens.

Un pouvoir faible et miné de l’intérieur

Les cas de Beibbeu Ould Cheikh et de Ghaya Maiga dévoilent le tâtonnement d’une gouvernance, sans cesse tiraillée entre façade de modernisation et enracinement du conservatisme. Les juges en charge d’appliquer la loi ignorent le principe de prééminence du droit international sur les normes internes. En vertu de leur socialisation, la plupart qualifient l’esclavage de pratique prévue dans la Charia’a et, à ce titre, de l’ordre de la normalité islamique. En Mauritanie, le prétexte extensible de la religion couvre une infinité d’abus. L’impasse requiert des interrogations :

  1. Comment le gouvernement mauritanien compte-t-il résoudre la situation de Beibbeu et de ses frères et sœurs dont lui-même relatait l’infortune, avant son retournement ?
  2. Quelles mesures de sanction ou de récusation, le Garde des sceaux entend-il diligenter à l’endroit du magistrat Ould Ikabrou, s’il souhaite garantir un traitement équitable par le Parquet ?
  3. A partir de quel moment, la doctrine officielle en matière d’esclavage et de racisme évoluera-t-elle, du tripatouillage laborieux à l’acceptation de la vérité ?
  4. S’il existe, au sommet du pouvoir, une volonté d’en finir avec la décennie de l’occultation et des faux semblants, pourquoi la continuité de tels comportements prévaut-elle encore parmi les fonctionnaires et auxiliaires de de la justice ? Autrement dit, l’autorité politique dispose-elle d’un centre de décision ou subit-elle, en son sein, la compétition d’intérêts divergents ?

Conclusion

Des secteurs de l’appareil d’Etat œuvrent à rebrousse-poil des intentions de réforme – d’ailleurs revendiquées à vide – depuis l’alternance de juillet 2019 ; quand la police diffuse des d’images et des vocaux relatifs à des enquêtes en cours, elle suscite la demande sociale de coercition et instille, aux citoyens les germes de la discorde ; hormis le dysfonctionnement, révélateur de lacunes de déontologie et d’éthique dans une profession en surcharge d’impromptu et de bavure, l’hypothèse d’un complot de déstabilisation endogène prend forme. Il appartient au Président de la république et à son Premier ministre d’y faire face.

🔹️Liens connexes :

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2468601346579642&id=100002894035054

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-encore-un-cas-d-esclavage-traditionnel-sur-mineur-audio_a18131.html

https://www.chezvlane.com/Noirs-et-homosexuels-en-Mauritanie-la-double-peine_a17987.html

http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190926-mauritanie-esclavage-ghaya-maiga

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, 17 février 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Rencontre CVE/VR – IRA Mauritanie

Le Conseil des Présidents de la CVE/VR a reçu ce jeudi 13 février 2020 une délégation conjointe d’IRA Mauritanie et du parti RAG conduite par Madame l’Honorable députée Coumba Dada Kane et comprenant M. Balla Touré, Secrétaire général du RAG, M. Elhadj El Id, Coordinateur de IRA Nouakchott et Dah Boushab.
Après le discours de bienvenue du Docteur Alassane Dia, Mme Kane a pris la parole pour transmettre les salutations du Président Biram Dah Abeid et ses félicitations au Conseil des Présidents de la CVE/VR, suite à la mise en place des nouvelles structures de la coalition. Ce fut ensuite au tour des membres des deux délégations de prendre la parole pour mettre l’accent sur la convergence des objectifs. Il en est apparu que les deux groupes sont tout autant animés par l’intention de bâtir une Mauritanie juste et égalitaire, réconciliée avec elle-même.

Les deux délégations sont convenues de se revoir très bientôt pour étudier les modalités pratiques de leur collaboration.

Nouakchott le 13 Février 2020
La Cellule de Communication

©️ Crédit source: Réseaux CVE/VR

Mauritanie/ Société : les MGF, Éradiquer par une criminalisation. Par Souleymane Sidibé.

🔹️Briser les tabous au nom de la dignité humaine et de la raison!

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont des pratiques culturelles barbares, nuisibles et néfastes. Ces horreurs consistent en une ablation d’une partie de la partie intime féminine dans beaucoup de pays d’Afrique et du Moyen-Orient.
Certaines personnes l’appellent « sunna » alors qu’il n’en est nullement le cas et d’autres traditions trouvent des appellations appropriées. Des millions de femmes en sont victimes . Cette pratique ancestrale est le fruit de la bêtise et des préjugés sur les femmes.

En Mauritanie, la communauté Wolof est la seule qui ne pratique pas ce fléau.
Depuis des années des organisations locales et internationales luttent contre cette pratique.
Les MGF sont « des pratiques attentatoires à la dignité de la femme» comme l’affirme l’anthropologue Abdoulaye Doro Sow, Enseignant chercheur en sciences sociales (Mauritanie) et président du comité scientifique de l’Equipe de Recherches sur les MGF (ERMGF).
Le Bilan, à la fois physique et psychologique, est lourd. Il est impératif que les MGF soient considérées comme crime contre l’humanité: atteinte à l’intégrité physique et morale.
Il y’a une nécessité de passer de l’interdiction formelle à la criminalisation.

En parallèle, la clitoridectomie est un acte chirurgical qui consiste à l’ablation partielle ou totale clitoridienne à des fins thérapeutiques. Elle ne doit pas être confondue avec avec les MGF qui sont des rituelles d’excisions consistant à une « ablation des petites lèvres », souvent de toute la partie extérieure du clitoris…

Les MGF sont aussi appelées blessures génitales féminines. Selon UNICEF, en 2013, plus de 130 millions de femmes en sont victimes.

Cette pratique qui , actuellement, « touche 200 millions de filles et de femmes dans 30 pays du monde, se déroule principalement en Afrique où l’on estime le nombre de victimes à 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivant actuellement avec les conséquences de ces mutilations sexuelles. Toujours en Afrique, on estime que, tous les ans, 3 millions de filles risquent de subir ces pratiques traditionnelles néfastes. Si les tendances actuelles se poursuivent, 86 millions de filles supplémentaires âgées de 15 à 19 ans risquent, elles aussi, de subir des mutilations génitales d’ici à 2030. Les pays où la prévalence des MGF chez les filles et les femmes de 15 à 49 ans est la plus élevée sont la Somalie (98 %), la Guinée (97 %) et Djibouti (93 %). La pratique de l’excision est également présente au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine ».

~ Source: Female Genital Mutilation/Cutting: a global concern, UNICEF, New York, 2016.

Des lois ont été ratifiées pour l’interdiction dans le monde.
Trois pays n’ont pas encore adopté de loi contre ces pratiques : le Libéria, la Sierra Leone et le Mali.

Les idées reçues sur les MGF sont nombreuses. Ce sont des arguments culturels dans la plus part du temps.
En Mauritanie, la fonction est assignée aux « femmes appartenant à la caste sociale des forgerons ou bien des cordonniers. Il y a donc un savoir et un savoir-faire qui se transmettent de génération en génération».
De ce fait, il faudrait donc un travail de longue haleine pour la destruction de cette classification sociale qui est nécessaire mais aussi une requalification de ces personnes en charge de «l’ignominie».
C’est pourquoi les causes, très ancrées dans les traditions, nourrissent encore l’idée d’une telle barbarie.
Il est alors urgent de mener des campagnes contre les arguments culturels,à fortiori quand ils vont à l’encontre du respect de l’intégrité physique et morale. Les contres arguments culturels et scientifiques sont les bienvenus pour lutter massivement.
Il faut notamment un soutien étatique( hormis la pénalisation) pour les campagnes dans les terroirs car, jusqu’à nos jours les associations de la société civile et les ONG( UnicefMauritanie…) sont les seules réellement sur le terrain.

Dans la plupart du temps, les victimes de ces séquences ignorent les conséquences.
En conséquence, les MGF deviennent difficiles à éradiquer. Les risques notés de ces pratiques sont très souvent :

• problèmes urologiques( douleurs en urinant..) et gynécologique( infertilité…) souffrances,

• saignements abondants,

• infections (tétanos, MST…),

• abandon et échec scolaire dans les cas où l’excision est suivie d’un mariage précoce,

• douleurs pendant l’acte sexuel et les menstruations,

• risques d’incontinence,

• complications lors des grossesses et des accouchements,

• détresse psychologique…
Il arrive que la personne excisée subit un choc violent et mort s’en suive.

La sensibilisation sur les MFG est cruciale.
Souvent confrontés à des tenants des traditions, il est difficile pour les acteurs de l’éveil des consciences, à savoir les oulémas, les médecins, les associations, de perforer la mentalité de beaucoup d’individus d’où une exigence de la CRIMINALISATION des MGF face à la dérive humaine.
Ainsi, l’éducation des jeunes filles, la mobilisation de la société, et particulièrement les parents seront des facteurs importants afin de dire plus jamais ça.
Il faut soutenir les droits des filles. Pour cela, nous disons #Non_a_l_Excisison. Oui pour la Santé et L’ÉDUCATION.

Femal genital mutilation/cutting is horrible and also a crime.

#StopExcision

#unicef

#Mauritanie

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur (Post FB du 6/2/2020)