Plaidoyer pour le respect de la loi 031/2015 incriminant les pratiques esclavagistes en Mauritanie.

ONG IODE – Notre Organisation Initiative d’Opposition contre les Discours Extrémistes remercie le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, le Premier Ministre Monsieur Yahya Ould Hademine pour la promulgation de la loi 2015/031 qui incrimine l’esclavage en Mauritanie et son application sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie.

Notre Organisation appelle les autorités judiciaires (procureurs, juges …), les autorités administratives (Hakems , Walis, …) à fournir plus d’efforts en vue de l’application de la loi 2015/031 pour l’incrimination des pratiques esclavagistes en Mauritanie.

Notre Organisation remercie les autorités judiciaires et administratives qui ont contribué avec nous à son application lors de la présentation des cas en relation avec la violation de cette loi.

Notre Organisation appelle toutes les organisations des Droits de l’Homme à promouvoir la fraternité, la solidarité et la cohésion sociale entre toutes les communautés du pays.

Elle appelle également à sauvegarder la sécurité et l’image du pays, particulièrement à l’intérieur du pays et à l’étranger. La société civile est appelée à éviter la politisation de ses activités qui visent à promouvoir les Droits de l’Homme dans le pays et partout ailleurs.

Le Président
Mohamed Mbareck
Tel :+222 46 90 77 09

Crédit source: cridem.org

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AMEES: DÉCLARATION SUR L’AFFAIRE DE MODIBOUGOU

AMEES – Selon leur tradition, les habitants de Modibougou ont décidé de célébrer cette année la fête de la Korité (fête de la fin du mois béni du Ramadan) le dimanche 17 juin 2018 dans une atmosphère de faste en invitant même des ressortissants de Nomo, village malien situé à 25 Km au sud.

Un grand tam-tam qui regroupait toutes les catégories sociales animait la grande place publique. Quelques notables nostalgiques de culture esclavagiste étaient aussi présents. La Section de l’AMEES, abolitionniste connaissant la mentalité de ces visiteurs, notamment Moussa Diarra malien résident à Modibougou a mis en garde contre tout propos injurieux et provocateurs surtout de caractère esclavagiste.

C’est dans cette atmosphère qu’une infime minorité de nostalgiques esclavagistes ont pris d’assaut des domiciles d’anciens esclaves plongeant le village dans une atmosphère explosive d’affrontements généralisés faisant des blessés graves.

Nous citons quelques cas :

– Ñanŋe Wagué et Adama Ba ont agressé une famille, violentant deux jeunes femmes Tata Khoré Diarra et Dalla Damba, blessant la première à la tête et la seconde au bras ;

– Tekhné Diawara et sa belle-fille ont attaqué elles aussi dans la rue une vieille de soixante ans Mama Diawara, la mordant sauvagement à l’épaule et au dos ;

– Quant à Monsieur Mahamedi Diarra preneur d’images, il a été agressé dans sa boutique y occasionnant des dégâts matériels considérables. La gendarmerie n’a pas voulu, à sa grande surprise générale, recevoir sa plainte pour coups et blessures, détérioration de matériels et atteinte à sa dignité ;

– Messieurs Mahadi Diawara et Babou Diawara tenaient quant à eux à détruire les images de la scène du tam-tam qui a failli occasionner au véritable génocide ;

– Hamadi Diawara a attaqué lui, une femme en pleine rue de manière grossière, madame Setouma Diawara qui a subi aussi des lésions corporelles, son seul tort étant d’avoir dit non à ces traitements inhumains et dégradants.

Le lendemain aussi a été caractérisé par des incidents très graves.

AMEES :

– déplore ces comportements et pratiques arriérés, notamment l’agression publique barbare de femmes.

– demande aux autorités de punir réellement ces comportements esclavagistes contraires à la loi et de mettre fin à ces images d’un autre âge encore fréquentes dans notre pays.

Nouakchott, le 19 juin 2018

Le Bureau Exécutif

Source crédit: Bureau AMEES

L’esclavagisme statutaire en milieux soninkés: un témoignage poignant recueilli par BMC

Je viens partager avec vous ce témoignage d’une victime de pratique esclavagiste dans un village Soninké de Mauritanie. L’histoire peut choquer , mais avons estimé que nous serons tout simplement des complices si nous la taisons: Cela se passe à Daffort à 60 KM au nord de Séilibaby , en l’an 2018. Les manifestations peuvent differer mais la mentalité et les pratqiues sont les mêmes dans tous les villages Soninké de Mauritanie.

« Je les ai nourris pendant 35 ans sans contrepartie, Aujourd’hui, ils veulent me déposséder de ma terre. »

Je m’appelle L. Coulibaly, j’ai environ 65 ans. Depuis ma tendre enfance, je voyais, ma mère K.D aller travailler dans la famille de Djadjé Seibané Camara comme esclave de case. Ma mère s’occupait de tous les travaux de ménage dans la cour familiale des Camara. Cela ne l’empêchait guère de participer activement aux travaux champêtres.

Quand j’ai atteint l’âge de 18 ans, les maitres de ma mère sont venus me récupérer chez mon père. A partir de cette date j’ai commencé à travailler pour eux comme esclave cultivant les champs et s’occupant des animaux. Mon frère ainé, qui se trouve actuellement en France, lui m’avait déjà précédé de quelques années chez les maitres. Nous constituons donc la force de travail de la famille. J’y suis resté pendant plus de 35 ans travaillant et labourant les champs dans des conditions de traitement qui frisent l’animalité. Il nous arrivait de travailler pendant une journée entière sans nourriture.
Nous n’avions droit d’aller dans nos propres champs que les Vendredis ou quelques fois après la descente, tard dans les après-midis.
Je n’ai arrêté cette corvée que lorsque je suis tombé malade, Il y a environ une dizaine d’années. A partir de ce moment j’ai commencé à encadrer mes enfants pour exploiter mon lopin personnel. En Avril 2018, les maitres par l’intermédiaire de Youba Sourakhé Camara qui se trouve être l’oncle de Moussa Seidy Boubou , Président du CA de Tadamoun ) ont envoyé un émissaire à nos familles nous sommant de quitter nos lopins. Parmi les anciens esclaves seuls ceux qui ont adhéré au mouvement Ganbanaxu sont concernés par ces représailles, nos autres parents qui continuent d’obéir aux maitres en revendiquant leur statut d’esclave n’ont pas été inquiétés.
Mon père à son tour disposait d’un vaste champ qu’il exploitait, mais à son décès aucun d’entre ses cinq enfants n’ont pu avoir accès à cette terre. Elle a été littéralement récupérée par nos maitres laissant sa nombreuse progéniture sans autre source de revenus.
Présentement, je suis à Nouakchott pour les besoins d’un traitement médical, mais à mon retour je ne ménagerai aucun effort pour récupérer mon lopin de terre et le léguer à mes enfants qui sont les seuls ayants droit.

A titre de rappel voici quelques articles tirés de la loi foncière en vigueur en Mauritanie pour ceux qui sont sincères:

ART.3.-Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli.

ART.6.-Les droits collectifs légitimement acquis sous le régime antérieur, préalablement cantonnés aux terres de culture, bénéficient à tous ceux qui ont, soit participé à la mise en valeur initiale, soit contribué à la pérennité de l’exploitation.

Source crédit: Partage Post Facebook Baliou M Coulibaly.

IRA MAURITANIE : Macron en Mauritanie, le piège du reniement

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-Mauritanie).

Macron en Mauritanie : le piège du reniement

Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République française,

Par ces mots, le courage ne vous manquait, en novembre 2017, de rappeler que l’esclavage est « un crime contre l’humanité ». A ceux qui reprochaient aux occidentaux leur part de responsabilité, vous l’expliquiez si justement, en Libye, « la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains ».

Vous vous apprêtez à venir en Mauritanie, un pays où l’esclavage, omniprésent et séculaire, demeure le fait d’Africains sur d’autres Africains. Vous allez rencontrer un homme d’Etat, témoin d’une tentative d’épuration ethnique contre les autochtones noirs, de 1986 à 1991. Avec lui, vous parlerez des défis transversaux de la paix et du développement dans l’ensemble de la sous-région Sahara-Sahel.

La lutte contre le terrorisme reste la priorité de vos échanges. L’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux constituent, en Mauritanie, les facettes d’une même oppression.

L’exploitation d’une main d’œuvre sous contrainte, ce fléau millénaire, continue de façonner la mémoire et le présent des miens. Bien avant la colonisation, des millions de mes compatriotes, y sont nés et continuaient à le subir, jusqu’aujourd’hui. Il s’agit d’une infamie locale, produit de notre histoire et expression d’une inhumanité du crû.

Les Hratin, inférieurs et exploités à la naissance, sont les parias de condition servile, sur la sueur duquel la Mauritanie a été bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient (et sont parfois de nos jours) vendus, mutilés et confinés au travail indécent, offerts en cadeau ou séparés par héritage ; le Code noir de chez nous, appelé « rite malékite » ou « Charia » vulgarise l’usage de cette viande sur pied, au point de réglementer le détail du viol et du cuissage, sur les femmes, parfois mineures.

La tentative d’épuration ethnique de 1986-1991 visait l’anéantissement sinon l’expulsion des ethnies d’ascendance africaine, tels les Wolofs, les Bambaras, les Soninkés et les Pulaarophones ; l’essai sanglant se soldait par des dizaines de milliers de déportés et d’exilés, des pogroms, la banalisation de la torture, des assassinats collectifs, des disparitions forcées, des spoliation de bétail et de terre, les radiations massives dans différents secteurs de la fonction publique et des forces armées et de sécurité. En parallèle, du jour au lendemain, l’Etat fut livré aux tribus ; le vandalisme culminait avec l’effondrement de l’école et la guerre compulsive contre l’enseignement des langues étrangères. Depuis, la Mauritanie, à genoux, s’enfonce dans le fanatisme et la misère.

Ces atrocités, imputées à l’Etat, ont créé le clivage structurel et la discorde dans la communauté de destin, entre les composantes subsaharienne et arabo-sanhaja. Jamais, il n’y eut de réparation à la mesure du dégât ; au lieu de la réconciliation, l’impunité devenait le credo ; la demande de publication de la vérité, sans cesse différée, s’apparente maintenant à un délit ; à l’exception du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, renversé en 2009 suite au putsch de son chef de sécurité – à présent au pouvoir – le déni et l’occultation cristallisaient le consensus sur la nécessité de taire le crime. La légitimité du système de domination en vigueur s’enracine dans ce silence fondateur. La dérive présente de la Mauritanie vers le wahhabisme outrancier ne poursuit d’autre objectif que de maintenir les discriminations sous le voile du sacré, afin de la mieux proroger. L’hégémonie historique dépense, ici, ses ultimes réserves de ruse.

En mai 2018, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (Cerd), réuni à Genève, répertoriait la reproduction des inégalités liée à la généalogie et la permanence de leurs effets, à grande échelle. Les recommandations insistaient, sur la part de laxisme des tribunaux au fil des rares poursuites contre les auteurs de pratiques esclavagistes.

Il n’est besoin de chercher, loin, la source de la complaisance. Le 3 mai 2016, le chef de l’Etat, lors d’un discours dans la ville de Néma, déclarait : « Les Hratin sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions ». La politique du gouvernement cherche à supprimer socialement les Hratin et les autres composantes d’Afro-descendants mauritaniens car le fantasme de leur multiplication démographique soude les anciens maitres dans la solidarité par la panique. Le pays se dit « arabo-islamique » et, pourtant, sa majorité est noire et le sera davantage ; pour un lendemain de paix, la prudence requiert, d’élites dirigeantes, sur le déclin, de canaliser l’aspiration du grand nombre à l’égalité, point d’en contrarier le cours. Telle audace à rebours des enseignements de l’Histoire, se paie cher, toujours. Voici, Excellence, Monsieur le Président, un conseil précieux à l’endroit de votre homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Combien de fois avons-nous été emprisonnés, suppliciés, relégués dans le désert et désignés à la vindicte, seulement parce que nous proclamions le droit universel à vivre libres et dignes sur la terre de nos ancêtres ?!Nos associations sont interdites, nos partis bannis, toujours figés en marge des élections. Des milliers d’entre nous errent dans le temps social, sans personnalité juridique ni visage ; comme le notait Human Rights Watch le 29 mars 2018, « le processus national d’enrôlement à l’état civil en Mauritanie empêche certains enfants de s’inscrire à l’école publique et de passer des examens nationaux obligatoires ». La biométrie se transforme en outil de marginalisation des composantes majoritaires, pour entraver leur accès aux cartes d’identité et d’électeur. Les experts indépendants et autres rapporteurs des groupes de travail de l’Onu décrivent, dans leurs conclusions étalées de 2015 à 2017, une Mauritanie que son surpoids d’injustices rend vulnérable à la dislocation.

L’Onu a également dénoncé la persécution du bloggeur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, emprisonné depuis 4 ans. Accusé d’apostasie, position passible de la peine de mort dans le code pénal, un tribunal, au constat de son repentir, commua le verdict initial en deux années de réclusion ; enfin, il devait recouvrer ses droits élémentaires ; l’aile conservatrice du pouvoir, en connivence avec les segments pro-jihadistes de l’opinion parmi la minorité hégémonique, a décidé de le garder otage, en attendant l’audience de recours devant la Cour suprême. L’ex prévenu, aujourd’hui séquestré dans un lieu inconnu, risque l’assassinat ; le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Onu) réclame sa libération depuis avril 2017.

Pire encore, le Conseil des ministres, soumettait, au Parlement, un projet de loi punissant de mort les « propos jugés blasphématoires », même en cas de repentir ; en vertu de la surenchère avec les groupes obscurantistes, une circonstance atténuante disparaissait, ainsi, du champ de la loi! Le 27 avril 2018, les députés votèrent le texte liberticide, à contresens de la marche des musulmans vers la quête de l’état de droit, du mieux-être et la prévention de la violence. La Mauritanie, membre du G5 Sahel, combat les groupes jihadistes hors des ses frontières et applique leur programme sur son territoire. Des écoles de savoir « islamique » où l’Etat n’exerce aucun contrôle du cursus, ont été transformées en des centres de radicalisation ou des milliers de jeunes, apprennent la haine de l’Autre, l’infériorité de la femme et le devoir d’abolir les libertés de conscience et la diversité culturelle. En lieu et place d’une connaissance qui les arme dans la compétition pour l’excellence, les voici dressés au combat, gorgés de colère contre la joie, la littérature, les sciences et toute célébration de la vie. L’éducation au rabais leur assigne le passé pour logis et espérance. Elle leur apprend à considérer, comprendre et transmettre le rapport au vivant, d’un seul prisme de vue, le regard d’outre-tombe.

Monsieur le Président, tout pouvoir sous le joug duquel enfle et boursoufle la détestation de l’autre, la méfiance envers le savoir, le refus du mérite terrestre et le désir de la mort, ne contribuera à endiguer le terrorisme. Le terrorisme procède d’un endoctrinement et résulte d’une éducation au pire, bien en amont du passage à l’acte.

Au nom du Monde libre qui inspire l’essor de la revendication démocratique en terre d’Islam, pour la civilisation, le genre humain et votre grand pays, de grâce, ne cautionnez pas la dérive qui dévaste, endeuille et tue !

Nouakchott le 18/06/2018
Biram Dah Abeid
Président des réseaux IRA dans le monde.

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE

Questions du Journal le Calame à Bala Touré Secrétaire Général du Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Le Calame : Vous venez de signer une alliance électorale avec le parti SAWAB. On avait parlé de Moustaqbel, de l’UFP et d’UNAD. Pourquoi plutôt SAWAB, parti d’obédience baath, à qui tout semblait pourtant vous opposer ?

Bala Touré : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer sur cette question qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis quelques jours. Avant d’y répondre, je voudrais, également, adresser une pensée militante à nos camarades Abdallahi Maatala Saleck et Moussa Bilal Biram, détenus injustement, depuis bientôt deux ans, au bagne de Bir Moghrein, à mille deux cents kilomètres au Nord de Nouakchott.
Revenant à votre question, je dirai que ce résultat est l’aboutissement positif d’une vieille démarche. Ayant remarqué le grand engouement suscité par les activités d’IRA auxquelles adhèrent, dans tout le pays, des masses compactes, très engagées et conscientes de ce que la solution, à toutes les questions de droits humains que nous posons, est impossible sans volonté politique exprimée, sans ambiguïté, par le tenant du pouvoir qu’il sera alors, inéluctablement, nécessaire de conquérir, nous avons mis en place une branche politique à notre association : le Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) que les autorités mauritaniennes se sont empressées d’interdire.
A l’approche des élections locales de 2013, nous avons entrepris de négocier avec divers partis de la place, en vue de trouver un cadre nous permettant de participer aux élections. Malheureusement, ces démarches n’ont pas pu aboutir, en raison d’intrusions malsaines d’officines à la solde des autorités. Durant ces trois derniers mois, nous avons approché plusieurs partis avec lesquels nous avons une convergence de vues, sur les questions nationales majeures. Mais ces nouvelles négociations ont traîné, se soldant, à chaque fois, par un échec, jusqu’à ce que nous rencontrions les responsables du parti SAWAB – une formation politique nationale fondée en 2005, bien après la chute d’Ould Taya. Avec eux, c’est bien au-delà des aspects électoralistes que nous avec pris tout notre temps, pour visiter, en profondeur, les grandes questions nationales. Et nous accorder sur nombre de celles-ci, notamment : le caractère pluriel de l’identité mauritanienne ; le droit à la différence ; la nécessité impérieuse de promouvoir les langues peul, soninké, wolof et hassanya, en vue de les développer et les hisser au statut de langues officielles, au même titre que l’arabe ; le règlement, sur la base de l’accomplissement des devoirs de vérité, de justice, de mémoire et de réparation, du lourd dossier de la tentative de génocide perpétrée, par les autorités, contre des populations noires de Mauritanie, durant les années de braise ; la nécessité d’un règlement définitif de la problématique de l’esclavage dans le pays ; le développement d’une culture de solidarité avec les générations futures, par la promotion et le respect de normes environnementales… Nous avons, ainsi, pris la décision, loin de toute passion, de fusionner notre branche politique avec le parti SAWAB – une décision majeure que nous assumons. L’histoire et le peuple mauritanien en jugeront de la pertinence.

Le Calame : Cet accord s’inscrit dans la perspective des élections locales en vue. Biram serait-il tête de liste de SAWAB pour les législatives?

BT : Oui, le président Biram Dah Abeïd dirigera la liste nationale législative. Nous nous sommes également entendus, sur le fond et la forme, en ce qui concerne toutes les élections (législatives, municipales et régionales) et plus des deux-tiers des postes électifs reviendront aux cadres issus de notre branche politique. Notre ambition est de pouvoir être candidats dans la plupart des deux cent dix-huit communes du pays.

Le Calame : Les autorités ont d’abord refusé d’autoriser votre conférence de presse, avant de l’accepter. Savez-vous pourquoi ? Ne craignez-vous pas que ces mêmes autorités reviennent à la charge pour bloquer la mise en œuvre de votre accord ?

BT : Le secrétaire général du parti fut informé, par le hakem, de l’interdiction de la conférence de presse. Le président Abdesselam ould Horma et son adjoint Ahmed ould Oubeïd ont alors réagi, en rendant visite au wali de Nouakchott-Ouest. C’est à la suite de leur réunion que l’interdiction a été levée.
Quant à la mise en œuvre de notre accord, nous ne sommes pas en mesure de prédire les comportements futurs des autorités. Ce dont nous sommes sûrs est que nous restons fidèles à nos principes et à nous-mêmes, prêts, de façon pacifique mais ferme et sans concession, à faire face à tout acte des autorités tendant à violer nos droits constitutionnels, à savoir d’association et de liberté d’expression.

Le Calame: Votre alliance avec Sawab a suscité des réactions hostiles, de la part, surtout, des anciens d’IRA et d’autres amis ou ex-alliés. Comment les avez-vous accueillies? Les comprenez-vous ?

BT :Nous sommes surtout surpris de ce regain d’intérêt, de la part de certaines personnes qui ont subitement retrouvé la mémoire. SAWAB est un parti de ce pays. Fondé en 2005, il a toujours mené ses activités, individuellement ou en partenariat avec les autres partis de l’opposition. Au lendemain du coup d’État militaire, perpétré par le général Mohamed ould Abdel Aziz, contre le président élu Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, SAWAB s’engagea dans la lutte contre le putsch, en tant que membre du FNDD où il côtoyait tous les partis de l’opposition. Après les accords de Dakar, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est fait élire dans des conditions troubles. Quelques temps après cette élection, la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) fut mise en place, avant le FNDU (Forum National pour la Démocratie et l’Unité). SAWAB fut de tous ces regroupements, en partenariat avec les autres partis d’opposition. Plus récemment, APP et El Wiam formèrent, avec SAWAB, la CAP (Coalition pour l’Alternance Pacifique). Pour mener la campagne contre le referendum du 5 Août 2017, visant à changer la Constitution, c’est avec le FNDU, le RFD, les FPC, l’UNAD, El Watan, IRA- Mauritanie et Touche pas à ma Constitution, que SAWAB a fondé le G8. Tous ont signé des documents communs avec ce parti, ont organisé des manifestations communes avec lui (conférences de presse, marches, sit-in…). Tous les fronts, coalitions, forums et groupes se sont formés sur la base d’accords écrits, en forme de mémorandums consensuels explicitant, à chaque fois, une vision partagée de la situation passée et présente de la Mauritanie.
De 2008 à ce jour, SAWAB s’est donc situé en partenariat, rapproché, avec toute l’opposition politique, au gré des alliances. En dix ans, personne de ceux qui nous critiquent aujourd’hui n’a remarqué que SAWAB n’était pas fréquentable. Personne n’a dénoncé, à aucun moment, ses alliances avec les partis politiques nationaux. De cela, il ressort, clairement, que ce n’est pas SAWAB que visent ces remous : il s’agit, tout simplement, d’une volonté manifeste de nuire à IRA-Mauritanie et à son président.
Ceux qui nous critiquent, sans fondement aucun, ne sont, en réalité, que des personnes mécontentes et, même, malades des nombreux succès de notre organisation. Elles sont de cette féodalité nostalgique du passé, fortement mise en cause par les actions réussies d’IRA-Mauritanie. Elles deviennent, de facto, les voix audibles des services de renseignement mauritaniens qui traquent, partout, les promoteurs de notre mouvement.
La plupart de nos détracteurs vivent à des milliers de kilomètres de la Mauritanie, en Europe et en Amérique du Nord. Ils ont choisi le bavardage, quand nous avons fait le choix de l’action, à l’intérieur du pays, dans la pauvreté et les privations, avec le risque élevé d’être réprimé sévèrement et d’aller en prison. C’est le choix de l’action qui nous a fait accomplir, malgré les risques accrus de répression aveugle, le devoir de mémoire envers nos martyrs, assassinés massivement, par lâcheté et racisme des éléments de forces armées et de sécurité nationale. Nous avons initié et conduit les pèlerinages aux fosses communes d’Inal, Sorimalé et Wothié.
Aucune vocifération ne nous arrêtera. Notre volonté de conquérir le pouvoir politique en Mauritanie reste intacte, dans l’intérêt des populations mauritaniennes, et nous invitons toutes les personnes et groupes épris de justice, d’égalité et de paix, à se joindre à ce projet national où seule l’action intelligente compte.

Propos recueillis par DL

Crédit source: lecalame

Alerte INFO: l’esclavagisme en milieu soninké (Dafort au Guidimagha)

Quelques éléments extrémistes de la féodalité esclavagiste soninkée de DAFORT (village du Guidimagha mauritanien) continuent leur campagne d’intimidations et d’agressions sur des paisibles citoyens de la communauté GANBANAAXU FEDDE. Depuis hier matin, des féodaux impliqués récemment (17/5/18 – 1/6/18 Ould Yengé et selibaby) dans l’affaire de tentatives d’expropriation d’héritage à caractère esclavagiste, font fi du rappel à la loi fait par le procureur de la république à Selibabi. Ainsi certains d’entre eux s’adonnent à des manoeuvres provocatrices ces dernières heures notamment dans les parcelles de terres qui sont héritées par les gens de GANBANAAXU depuis plusieurs générations. Depuis plusieurs mois , les personnes qui refusent les pratiques coutumières de l’esclavagisme statutaire soninké véhiculé par le ladani, affrontent les manoeuvres et les gesticulations agressives de l’ordre féodaloesclavagiste de la communauté soninkée dans plusieurs localités du Guidimagha. Encore, un énième rappel aux hautes autorités administratives et judiciaires pour prendre les mesures qui s’imposent afin garantir l’ordre public pour de bon dans ces zones rurales.

Une tribune signée par le blogueur et militant abolitionniste Diko Hanoune.

L’alliance politique RAG/ESSAWAB nous a révélée cette ignominie cachée longtemps de l’existence de cette idéologie perverse d’un racisme primaire, de l’extrémisme et avec des projets séparatistes en deux entités de la Mauritanie cultivés par certains individus tapis au sein des communautés noires qui se réclament pourtant d’être « victimes ». Ce sont, souvent des personnes étroitement féodales qui pensent qu’on doit uniquement combattre les « maures bons ou mauvais» pour les placer à la tête de l’état mauritanien. D’ailleurs, certains parmi eux disent haut et fort qu’un bon maure n’existe pas, voila une erreur monumentale, il y a des bons et mauvais au sein de toutes communautés sur terre et ils en font parti des mauvais au sein des négro-africains de Mauritanie. Ils s’en foutent royalement du respect des droits humains ni des victimes, au contraire ils exploitent leurs malheurs comme un tremplin politique. Ils exploitent des cadavres et horreurs contre d’autres citoyens pour accomplir leur sale besogne dans leurs fronts qu’ils mènent depuis l’extérieur afin de casser n’importe qui. J’en sais quelque chose évidemment.

Personnellement, je ne serai pas preneur de cette idéologie de construire un front composé uniquement de « Noirs » qu’on dresse contre l’arabe ou le berbère Mauritanien à cause de sa couleur de peau, son identité culturelle venant de certaines personnes issues des mouvements, partis politiques et ONG dites « négro-africaines ». Déjà, ces personnes sont très confuses dans leur définition du mot « négro-africain ».

On ne combat pas le racisme par le racisme, l’extrémisme par l’extrémisme, le fanatisme par le fanatisme, xénophobie par la xénophobie, ni l’esclavage par l’esclavage. Depuis la nuit du temps, nous sommes confrontés à cette minorité d’excitée extrémiste noir très communautariste, qui s’excite pour un oui ou non, qui est la principale source des problèmes aux quels sont confrontés les noirs mauritaniens dans leur pays. Pourtant, la plupart de leurs parents, sont du côté du pouvoir maure actuellement et depuis l’indépendance, ils jouent le sale travail à casser tout opposant qui essaye d’unir toutes les composantes du pays dans un projet de société pour affronter le système hégémonique que leurs parents et certains maures ont mis en place depuis les années cinquante à la veille des indépendances offertes gracieusement par le général Degaulle.

Comment peut-on chanter qu’on est opposant à un régime voire un système pendant qu’on passe son temps à s’en prendre au premier opposant du même régime ? Mais qui sont ces noirs soi-disant « victimes et opposants » ? Êtes-vous sûr qu’ils sont les vraies victimes, les vrais opposants ?? A la place de « qu’on va faire », il est temps qu’ils nous disent « qu’on a fait » ? Ces grandes gueules ne sont visibles que dans les réseaux sociaux non sur le front, non dans des manifestations, sit-in, faire les couloirs de grandes institutions internationales pour déposer de plaintes au nom des « victimes qu’elles sont » etc… Pourquoi, elles n’introduisent jamais de plaintes contre leurs bourreaux militaires et civils qu’elles ont identifiés déjà depuis plus de 30 ans? Leur seul espoir, est fondé sur la perpétuation du système inégalitaire mis en place par leurs parents et certains maures dans l’espoir cela va les permettre d’accéder au pouvoir en cantonnant les mauritaniens dans les compartiments d’ethnies et communautés. Eux et le régime en place, c’est la même pièce avec ces deux facettes, il ne faut pas se leurrer ni se tromper.

Crédit source: Reçu de l’auteur