Mauritanie : Journées de concertation au sein de lacoordination IRA/RAG

La coordination du mouvement IRA et du parti RAG a entamé hier des journées de concertations et d’échanges entre la direction e la base. Obectif : évaluer la nouvelle approche menée dans le cadre de l’apaisement avec le pouvoir, un processus enclenché il y a plus de deux ans avec l’arrivée du président Ghazouani aux commandes.

Ces 3 journées dont la première s’est tenu ce mercredi 08 septembre à Nouakchott Nord sont supervisées par le président Birame Dah Abeid.

Dans son mot introductif Birame a salué le « climat de paix et de coopération positive entre IRA-RAG et le pouvoir de Ghazouani. »

Et de rappeler qu’après les élections présidentielles de 2019 et la fraude qui s’en est suivi à son détriment, des branches du pouvoir et de l’opposition basée à l’étranger avaient concocté un plan diabolique ayant pour objectif une confrontation violente et sanguinaire entre mauritaniens. Ce plan dit-il a foiré car nous avons choisi le camp du peuple.

Nous avons donc choisi d’éviter l’effusion de sang et la guerre civile car c’est nous qui détenons la force populaire, la jeunesse dynamique et les deux dernières élections présidentielles l’ont prouvé, ajoute-t-il. Et de poursuivre en affirmant, c’est à nous de protéger les mauritaniens en usant de moyens pacifiques.

Et Birame de saluer la nouvelle atmosphère qui permet à IRA/RAG de consolider son emprise, d’avoir l’oreille du pouvoir et partant de mieux défendre les intérêts des populations.

Ainsi IRA ne fait plus face à la répression à l’emprisonnement et aux procès politiques. Beaucoup d’avantages ont été souligné, des progrès notoires et une scène apaisée. C’est là le point de vue de IRA.

Mais face à cette approche il y a des gens qui disent que IRA a perdu son âme en pactisant avec le diable.

Ces journées de concertations constituent un message pour la classe politique et pour le pouvoir. Et comme ont eu à le souligner les différents intervenants les rencontres avec Birame dans les bureaux sont insuffisants.

Ainsi Mahfoud Habib,Mohamed Samba, Salek Ould Maatala, Hamada Ould Lekhal, Abdallahi Abou Diop, Yeslem Ould Salem, Jibril, Bilal Ould Salem, Amadou Traoré, Salem Ould Sid’Ahmed et bien d’autres cadres et militants de IRA/RAG ont tous salué la main tendue du pouvoir mais l’ont jugée insuffisante.

Les intervenants s’impatientent notamment pour la légalisation du mouvement IRA et du parti RAG. Ils ne comprennent pas pourquoi toutes ces tergiversations de la part du pouvoir.

Ils ont aussi réclamé l’instauration de la justice, l’accès aux centres d’enrôlement, la lutte contre l’esclavage, les inégalités, les prix.

Les cadres et militants ont invité le pouvoir a profiter de l’occasion pur lâcher du lest.

Face à ce qu’ils considèrent comme un immobilisme ils menacent de renouer avec la rue, une menace qui exprime un ras-le-bol et qui sonne comme un avertissement.

Notons qu’une journée de concertation similaire se tiendra cet après midi à Sebkha.

Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/journees-de-concertation-au-sein-de-la-coordination-ira-rag/

✓ Photo-reportage autour de l’évènement via RS :

✓Expression de reconnaissance et satisfaction au président de la république pour l’érection de Wompou en Moughataa | Par Dr Issa Coulibaly



Le Conseil des Ministres du mercredi, 08 septembre 2021 fera date dans la mémoire des habitants du Guidimakha et en particulier ceux de Wompou. En effet, l’arrondissement de wompou vient d’être érigé en Moughata.

A cette occasion, en ma qualité de président du Conseil Régional du Guidimakha et ressortissant de Wompou, je ne peux m’empêcher d’exprimer toute ma gratitude au président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani pour sa clairvoyance et sa capacité à concevoir des politiques de gouvernance pertinentes et inclusives en vue de mieux servir les citoyens.

En procédant à ce nouveau découpage administratif, monsieur le président de la république, vous veniez de satisfaire une veille doléance des populations du Guidimakha longtemps exprimée mais jamais réalisée.

En érigeant wompou en Moughataa, Monsieur le président de la république, vous amenez nos populations à mesurer la portée de vos politiques d’aménagement territorial arrimées à celles de la décentralisation et de déconcentration dans le but de rapprocher les services publics des citoyens.

Grâce à ce reclassement administratif, Wompou entend devenir un pôle de développement socioéconomique et bénéficiera de tous les services publics inhérents à un département pour le grand bonheur de ses habitants.

Les populations laborieuses et patriotes du Guidimakha et de la Moughataa de wompou, monsieur le président de la république vous seront à jamais reconnaissantes pour cet acte qui ouvrira, assurément de nouvelles perspectives de développement et de progrès pour elles, tout en rehaussant leurs chances et capacités d’implication et de participation à la conception et l’élaboration des politiques publiques plus proches de leurs préoccupations.

Dr Issa COUYLIBALY

Président du Conseil Régional du Guidimakha

©️ Crédit source : Post FB du Journaliste Hamet Diabira – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4385748858186002&id=100002527932421

✓Mauritanie : 6 arrondissements portés au rang de moughata

Le gouvernement mauritanien a approuvé mercredi une décision créant 6 nouvelles moughatas dans le pays, selon les sources de Sahara Medias.

Selon celles-ci il s’agit de N’Tekane, Lexeïba, Adel Begrou, Touil, Wompou et Maal.

Ces nouvelles moughatas qui étaient auparavant des arrondissements portent désormais à 62 le nombre de moughatas dans le pays, réparties entre les 15 wilayas.

©️ Crédit source : https://fr.saharamedias.net/mauritanie-6-arrondissements-portes-au-rang-de-moughata/

✓Mauritanie : réduction des prix des principaux produits de consommation

Le gouvernement mauritanien a annoncé mercredi de nouvelles mesures destinées à fixer les prix de certains produits de première nécessité de 10% par rapport aux prix initiaux.

Lors de la conférence de presse des membres du gouvernement le ministre des pêches et de l’économie maritime, ministre du commerce par intérim, Dy O. Zeine, a dit que ces mesures représentent une baisse importante des prix et qu’elles seront applicables dès jeudi, sur l’ensemble du territoire national.

Le ministre a ajouté que la différence des prix à Nouakchott et à l’intérieur du pays va se limiter au prix du transport qui sera extrêmement limité.

Ould Zeine a ajouté que le gouvernement a chargé une commission de suivre les prix, demandant aux citoyens de contribuer à cette opération en informant les autorités chaque fois qu’ils constatent des spéculations sur les prix.

Ci-dessous les anciens et les nouveaux prix des produits concerné :

Sucre : 260 le kg au lieu de 300, soit une réduction de 2000 MRO sur le sac
Blé : baisse de 500 MRO ce qui ramène le prix du KG à 145 MRO au lieu de 155
Riz importé 1ère catégorie : réduction de 2000MRO sur le sac ce qui ramène le kg à 360 MRO au lieu de 400 MRO
Riz importé 2ème catégorie réduction de 1500 MRO sur le sac, soit 320 MRO le kg au lieu de 350.
Riz local 1ère catégorie réduction de 2500 MRO sur le sac soit 300 MRO au lieu de 350 MRO
Riz local 2ème catégorie réduction de 2250 MRO le sac soit 275 MRO le kg au lieu de 320 MRO
Huile le bidon de 10 passe de 800 MRO à 660 MRO
les 3 catégories de lait en poudre :
1100 MRO le kg au lieu de 1600 MRO
800 MRO le kg au lieu de 1400
700 MRO le kg au lieu de 1200 MRO
poulet importé (cuisses) 700 MRO le kg au lieu de 800 MRO
poulet entier importé 900 MRO le kg au lieu de 1100 MRO
La viande rouge : le kg de la viande de caprins 2200 MRO au lieu de 3000 MRO
La viande de bœuf et de chameau : 1700 MRO au lieu de 1900 MRO.

©️ Crédit source : https://fr.saharamedias.net/mauritanie-reduction-des-prix-des-principaux-produits-de-consommation/

✓Mauritanie | Le Conseil des ministres a décidé le recul du couvre-feu à minuit

Le Conseil des Ministres s’est réuni le mercredi 08 septembre 2021 sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, Président de la République.

Le Conseil a examiné et adopté les projets de décrets suivants :

– Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Adel Begrou dans la Wilaya du Hodh Echragui.

– Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Touil dans la Wilaya du Hodh Gharbi.

-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa Lexeiba dans la Wilaya du Gorgol.

-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Maal dans la Wilaya du Brakna.

-projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Tekane dans la Wilaya du Trarza.

-Projet de décret portant création et délimitation de la Moughataa de Wompou dans la Wilaya du Guidimagha.

Le Conseil a également adopté un projet de décret modifiant certaines dispositions du décret n° 2017-132 du 20 novembre 2017 accordant le permis d’exploitation n° 2480 C2 pour les substances du groupe 2 dans la zone de Tijirit (Wilaya de l’Inchiri) au profit de la Société Tijirit Recherche Exploration (TIREX).

Le Conseil a, en outre, adopté des projets de décrets accordant des permis de recherche pour les substances des groupes 1 et 2 au profit de la SNIM-SEM au niveau des Wilayas de l’Adrar et de l’Inchiri.

Il a, enfin, adopté des projets de décrets accordant certains permis de recherche pour les substances du groupe 2 au niveau de la Wilaya de Tiris-Zemour à la Société EMIRAL MINING-SARL.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre des Pêches et de l’Economie Maritime a présenté une communication relative aux grands axes de la politique du secteur des pêches et de l’économie maritime.

Cette communication fait le diagnostic des insuffisances de la stratégie du secteur des pêches et de l’économie maritime en vigueur depuis juillet 2020 et esquisse les grandes lignes d’une nouvelle politique tendant à améliorer les performances et l’impact de ce secteur vital, notamment à travers une prise en compte plus effective de ses différentes composantes maritime, continentale et économique.

Le Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement a présenté une communication sur les principaux aspects du festival des Cités du Patrimoine.

Cette communication vise une refondation du festival des villes anciennes, en tirant les leçons des précédentes éditions et en corrigeant certains dysfonctionnements constatés à ce niveau dans le but de favoriser l’atteinte des résultats stratégiques escomptés en matière de développement culturel.

Pour faire face à l’augmentation récente des prix des denrées de première consommation et atténuer leurs effets sur les populations, le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre une série de mesures comprenant l’administration des prix desdites denrées y compris la viande , l’augmentation de l’approvisionnement des boutiques Taazour, l’augmentation et la diversification des variétés de poisson distribuées et enfin la mise en place d’un dispositif rigoureux de suivi pour s’assurer du respect et de l’application effective et permanente de ces mesures.

Par ailleurs, suite à la tendance à la baisse des cas du COVID-19 et dans le souci d’alléger le poids des mesures de restrictions sanitaires sur les populations, le Conseil a décidé de reculer le couvre-feu à minuit, à compter de ce soir, tout en invitant les populations à maintenir les gestes barrières et à se faire vacciner.

Enfin, le Conseil a pris la mesure individuelle suivante:

Ministère de la Transition Numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration

Etablissements Publics

Société Mauritanienne des Postes (MAURIPOST)

Directeur Général: Alioune Ould Issa, précédemment Chargé de mission au Cabinet du Premier Ministre.

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-60191.html

✓MAURITANIE | OULD ABDEL AZIZ COMPARAÎT DEVANT LE PARQUET DE NOUAKCHOTT

L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a comparu mardi devant le juge d’instruction du parquet de Nouakchott Ouest . Ould Abdel Aziz fait face à une liste d’accusations, notamment de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite, au cours de son règne lors de la dernière décennie.
Il y a deux semaines, la chambre criminelle de la Cour suprême a rejeté la demande de la défense de l’accusé consistant à’annuler la décision de le placer sous contrôle judiciaire, de le libérer et de lui accorder l’autorisation de voyager à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
A cette occasion, la chambre a confirmé la décision du juge d’instruction rendue il y a deux mois de mettre Ould Abdel Aziz en prison à Nouakchott, pour violation des conditions du contrôle judiciaire.
Parallèlement à sa comparution devant le parquet, des dizaines de partisans d’Ould Abdel Aziz ont manifesté devant le palais de justice de Nouakchott, mais la police les a dispersés et éloignés des lieux.
Source : https://mourassiloun.com/node/20129
Traduit par adrar info

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« La concertation ou le dialogue, peu importe le mot, dérange. » | Par Lô Gourmo (UFP)

La concertation ou le dialogue, peu importe le mot, dérange. Des intérêts souvent contradictoires se coalisent pour dissuader les gens d’emprunter cette voie incontournable pour sauver le pays des affres de la division, de la corruption à grande échelle et de l’effondrement qui nous guette à terme. Le plus souvent, les partisans de la confrontation tous azimuts et sans principes avancent encagoulés, répandant rumeurs et mensonges, dressant les mauritaniens les uns contre les autres et se parant de vertus subites après avoir été les pires adversaires de la démocratie pluraliste, des droits humains et de la citoyenneté. Rien n’est épargné dans leurs propos et dans leurs actes pour déstabiliser le processus entamé au sein de la classe politique et de la société civile pour parvenir d’abord à une feuille de route consensuelle et pour entamer les débats pouvant déboucher sur un pacte républicain et des mécanismes efficients de mise en œuvre. Plus les discussions avancent dans cette voie, plus ils ruent dans les brancards, mêlant le vrai du faux et n’hésitant pas à entreprendre les pires manoeuvres politiciennes. Il fut un temps, leur campagne consistait à opposer les partisans du dialogue politique à un fumeux  » dialogue social ». Ensuite, profitant des débats sur l’interprétation possiblement contradictoire des termes de  » concertation » et de  » dialogue » ils enfourchèrent la monture de la zizanie pour discréditer le processus de rapprochement en cours entre les différents acteurs politiques et sociaux . Nouvel échec après la clarification intervenue à ce sujet. Maintenant, leur dernière trouvaille consiste à répandre le bruit suivant lequel tel ou tel sujets ne seront pas débattus. Plus particulièrement celui du  » Passif humanitaire ». Là aussi, ce sera peine perdue. Il n’y aucun tabou dans les débats à venir, et le passif humanitaire sera le 1er des dossiers à régler en matière de sauvegarde de l’unité nationale avec celui de l’éradication de l’esclavage…

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=360767902444754&id=100055346415293 – 6/9/2021

MAURITANIE : AZIZ DEVANT LE PARQUET LE MARDI PROCHAIN

Senalioune – L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz continue, en dépit des dénonciations régulières publiquement exprimées par les avocats de son collectif de défense, son séjour carcéral.
C’est le mardi 7 septembre prochain qu’il devra de nouveau se présenter devant le parquet général, face auquel, il est demeuré bouche cousue le long de toutes les comparutions antérieures.

Le ministère public viserait à travers cette nouvelle audition de l’ex Chef de l’Etat, sa confrontation avec des nouveau éléments l’accablant et obtenus au terme d’investigations approfondies menées par les limiers anti-corruption sur ce gros dossier aux mille et une ramifications, au cours de 70 jours passés.

On ne sait pas encore si l’affaire relative aux 2,7 de dirhams volés récemment à son épouse au Maroc, l’ex Première dame Tekeiber font partie de l’ordre du jour de la comparution attendue.

Inculpé en mars dernier, l’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avait été écroué, le mardi 22 juin passé dans la soirée, sur décision du juge chargé de l’enquête pour corruption présumée, rappelle-t-on.

Par Oumlbenina Mint Bamba

via cridem

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=71478

✓Débat autour de la transcription des langues nationales en Mauritanie | « Let’s be real, Mister Sakho ! » Par Mahamadou SY



Ainsi donc rouvre le débat sur la transcription des langues non arabes de Mauritanie. Un débat conclu et clos depuis bientôt soixante ans, mais qu’une classe d’idéologues, en Mauritanie, continue de soulever pour la simple raison que la conclusion, pourtant basée sur une expertise bien solide, ne satisfait pas son idéologie conquérante.

Il y a moins de deux ans, Pr Ely Moustapha soulevait la même question et prônait, avec beaucoup de méprises sur l’histoire récente de ces langues et leur lutte, et surtout du mépris, volontaire ou par mégarde, à l’égard des communautés concernées et les acteurs de cette lutte, la transcription des dites langues en caractères arabes plutôt que les caractères latins adoptés à la conférence de Bamako. Il y a quelques jours l’on a appris qu’une commission gouvernementale a été mise en place pour veiller à l’application de l’article 6 de la constitution. Le contenu de cet article définit les langues Arabe, Pulaar, Soninké et Wolof comme nationales et promeut l’Arabe à un statut officiel exclusif. À la tête de cette commission se trouve Monsieur Abou Sow, ancien ministre et fervent défenseur de la transcription des langues nationales en caractères arabes. Ce qui frappe dans cette commission c’est déjà l’absence des acteurs reconnus, pour leur compétence et leur dévouement, de la promotion des langues nationales, à commencer par ceux liés de près ou de loin au défunt institut des langues nationales. Comment pourrait cela s’expliquer si ce n’est par un souci de faire passer sans résistance aucune un projet d’empoisonnement de la lutte des langues non arabes du pays ? Il y a plusieurs choses à dire sur cette commission et sur l’article 6 lui-même et son injustice primordiale de laquelle découlent toutes les autres, mais nous y reviendrons une autre fois.
La question de la transcription a ainsi inévitablement refait surface à la suite de l’annonce de cette commission et de son programme. Et cette fois, c’est Monsieur Moctar Sakho, dont je viens d’entendre le nom – et je ne le précise que par souci d’exactitude – qui dit nous appeler au « pragmatisme », à la « franchise » et au « réalisme », notamment par la formule « Let’s be real » martelée en point final de son texte. S’il n’y voit pas d’inconvénient, je me permets de la réutiliser. Car en effet, il faut bien être tout cela et regarder la question en face. Sur ce point, Monsieur Sakho, nous sommes vraiment d’accord. Et, il faut surtout analyser les données du problème de façon objective et méticuleuse et non se limiter aux impressions impulsives.

Le texte de Monsieur Sakho recycle principalement le fameux argument coranique, dans une saveur qui se veut nouvelle.

Tout d’abord, il prétend que l’apprentissage du coran est le point de départ de l’expérience scolaire des enfants mauritaniens, et donc cela peut servir de justification à la décision de changer de transcription en faveur des caractères arabes.
En réalité, Monsieur Sakho, il n’en est rien ! les enfants mauritaniens ne commencent pas leur aventure scolaire par l’apprentissage du coran. Que faites-vous de la matrice culturelle et linguistique qui a accueilli ces enfants, à leur naissance, qui les a vu grandir, et qui a forgé les bases d’un certain nombre de leurs fonctions cognitives fondamentales ? Vous allez à l’encontre d’un nombre considérable de résultats scientifiques sur le développement cognitif de l’enfant et son apprentissage en tenant de tels propos. L’école, dans son sens qui sied à ce contexte, commence donc bien avant le coran ; c’est d’ailleurs ainsi que l’apprentissage même du coran utilise les acquis de cette école primordiale dans sa méthode mnémotechnique bien connue chez nous. Par conséquent, ce sont des enfants qui ont déjà expérimenté les vestiges d’une école traditionnelle et ayant subi l’encadrement de diverses institutions sociales, incluant des notions dans divers métiers, qui arrivent chez le maître coranique.
En omettant cette réalité qui est loin d’être anodine, vous répliquez les erreurs du système qui a produit les échecs scolaires qui semblent vous préoccuper.

Ensuite, vous affirmez, toujours dans le but de défendre une transcription arabe, que ‘notre culture quotidienne est largement arabo-musulmane’. Il faut avouer qu’il y a une certaine ambigüité dans cette affirmation. Mais comme l’on parle des langues non arabes de la Mauritanie, il est logique de considérer qu’elle se rapporte aux communautés non arabes du pays. Elle devient alors tout à fait erronée.
Ce qui fait le socle de leur culture quotidienne n’est en aucun cas d’essence arabo-musulmane, ni linguistiquement, ni sociologiquement. Et dire ceci n’est pas nier les influences bien réelles que la culture islamique a sur ces communautés, mais c’est uniquement le faire avec mesure. Affirmer avec aisance une telle contre-vérité scientifique dont le contraire est vérifiable, autant à l’observation de la société en question qu’à la consultation de la vaste littérature de recherche qui lui est consacrée, est tout juste indigne de quelqu’un qui prétend faire une proposition d’une certaine clairvoyance scientifique.
Vous nous avez appelés à la raison, en utilisant la malencontreuse formule de Senghor. Ce que, personnellement, je trouve très irrespectueux et mal placé. Tout de même, j’apprécie beaucoup l’invitation en tant que telle. Nous sommes ici précisément sur un terrain strictement rationnel. Vous ne serez certainement pas contre que nous adoptions une attitude logique vis-à-vis de la question, vu que vous l’avez vous-même demandé. Donc je suppose que vous êtes à l’aise.

Vous dites avoir basé votre réflexion sur votre propre expérience. Expliquez nous alors comment votre expérience de praticien des langues vous a mené à la conclusion qu’en Mauritanie, toutes les langues devraient utiliser les caractères arabes. Avez-vous déjà été confronté à ces problématiques ? Mieux, avez-vous mené des études dont les résultats l’ont suggérée ? Si de l’expertise il y est, il ne suffirait tout de même pas de réclamer une profession pour la faire s’exprimer ; il faudrait, à la place, fournir des arguments solides qui relient vos observations à la théorie que vous en faites. Tout ceci en gardant à l’esprit que, sans une étude à grande échelle, ces observations personnelles n’auront que la valeur épistémique très limitée qu’un témoignage peut avoir. En tout cas, ce serait ainsi ; si jamais l’on décidait de faire les choses avec raison, comme vous le réclamez.

Maintenant que nous avons discuté de la faiblesse des arguments principaux du texte de Monsieur Sakho, il convient d’exposer ceux qui sous-tendent la position opposée. Contrairement à ce que laisse penser un passage du texte de Sakho, l’argument des partisans de la continuation des caractères latins n’est pas basé sur le seul fait que l’UNESCO les reconnaît. Il y a des raisons de nature scientifique qui font qu’ils sont préférables aux caractères arabes, en plus des raisons culturelles, géographiques et programmatiques bien solides. Il y a deux ans, dans le contexte du même débat, il a été exposé le fait vérifiable, basé sur une analyse comparative des sons fondamentaux du Pulaar et ceux du Français et de l’Arabe, que le Pulaar partageait avec le Français 70,97% de ses sons fondamentaux contre 51,61% de sons partagés avec l’Arabe. Un an plus tard, dans une étude statistique sur l’utilisation relative des lettres Pulaar dans sa production écrite, j’ai pu calculer les fréquences d’utilisation de chaque lettre. Je tiens à préciser que l’étude n’était en aucune manière motivée par ce débat. D’ailleurs, qui l’a déjà lu peut, tout au plus, témoigner des motivations cryptanalytiques. C’est bien plus tard que j’ai fait la remarque évidente que ces données peuvent, en fait, raffiner l’observation basique faite ci-haut sur le rapport des sons. On trouve en fait que les sons du Pulaar extra-latins ne sont utilisés qu’à hauteur de 4,34%, ce qui veut dire que les 70,97% des sons que le Pulaar partage avec le Français expriment déjà 95,66% de la production écrite du Pulaar. La même observation montre que 72,65% de cette production est exprimée par les sons arabes. La différence est donc de 23,01% en faveur du Français, et des caractères latins donc ! Vous vouliez de la raison ? Elle est là exprimée par les chiffres et par la méthode dépourvue des sentiments. Reste à savoir ce que vous voudrez rationnellement qu’on en fasse !
Rien qu’à ce niveau, on voit donc l’avantage phénoménal que les caractères latins ont sur ceux arabes dans le contexte de la transcription du Pulaar. La même conclusion devrait s’appliquer aux autres langues concernées vu leur parenté avec le Pulaar.
Les autres arguments qu’il ne faudrait pas négliger non plus comprennent la standardisation : on ne peut pas sérieusement soutenir que des langues transfrontalières comme celles dont on parle adoptent une transcription différente selon la géographie. Cela constituerait un frein sérieux à leur développement qu’aucune solution nationale ne pourra résorber. Là aussi, let’s be real et pensons convenablement la question. La nature transfrontalière de ces langues et les peuples qui les parlent est un fait qui se passe de toute discussion et vouloir la tronquer pour satisfaire les caprices d’une idéologie est un manque de sérieux inouï qui, dans de conditions normales, ne mériterait qu’un petit sourire.

Je crois que les penseurs africains auront toujours tort de vouloir confiner les réalités de leurs peuples dans les aléas géographiques des frontières insoucieuses de toute réalité culturelle ou économique des populations. Surtout, pas au moment où une nécessité pressante fait que même des frontières construites de façon progressive et reflétant une certaine logique historique sont en train de se fléchir au profit du contact des peuples plutôt que de poursuivre les rigidités nationalistes. La véritable Afrique est celle des peuples et non celle des états dessinés à la va-vite. Notre salut passera par le fait que les états finissent par le comprendre, et qu’ils arrêtent de céder au jeu dangereux qui est celui d’assister sans réagir à la mort des peuples (de leurs langues et cultures) quand ils ne l’accélèrent pas par diverses manipulations et mises en opposition génocidaires de leurs communautés constitutives. Ils ont tout intérêt à mettre l’accent sur ces ponts qui les relient de façon si profonde, et de mener des politiques de développement adaptées.

La vocation de la Mauritanie, comme celle de tout état africain typique, n’est pas de se matérialiser en un terrain où une culture promue au sommet de l’état assimile -voire assassine – les autres. Il n’est pas question de requérir les mêmes traits culturels, linguistiques ou ‘transcriptifs’ pour garantir la paix dans un pays, surtout pas de le faire en sommant les défavorisés de l’état à rejoindre l’élu. Il est plutôt question d’admettre sa diversité et d’en faire une identité, une force ; d’accueillir l’éventail culturel, linguistique et historique ; d’incuber ces imaginaires dans le plus profond des programmes éducatifs et culturels pour espérer cueillir des créativités diverses. Cela nécessite une dimension dans nos réflexions qui va au-delà des frontières et qui permet de renouer avec notre trajectoire historique authentique.

Mouhamadou Sy

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=878506806406908&id=100027427912973 – 3 septembre 2021

✓Entretien de RMI avec Chebih CHEIKH-MELAININE

• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :

On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.

Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.

Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-chebih-cheikh-melainine/