Ganbanaaxu fedde : Procès et projets de réformes coutumières.

■Volet 1

Depuis le lancement de notre mouvement Ganbanaaxu fedde au 05.10.2016 (mouvement pour les droits civiques qui demande l’égalité en dignité et en droits dans un cadre républicain), foisonnent à notre encontre toutes sortes de calomnies, d’attributions d’intentions malsaines et funestes (achats d’armes pour casser du noble , trafic de drogues, accusation d’avoir créé un climat insurrectionnel entre autres).Et pire encore certains de nos membres expatriés sont menacés d’emprisonnement une fois sur le sol mauritanien par les partisans de l’ordre féodal ,du statut quo stérile .
CAMARA MOUSTAPHA Président GUIDIMAKHA POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPEMENT avait tenté d’intercepter via la frontière de Gouraye (Mauritanie) , notre membre Hadet Boudou Coulibaly de Gneleba( village mauritanien dans la région du Guidimakha).
Toutes ces accusations et intimidations ne sont que ferments de haine, du mépris et du peu de considérations pour la communauté Ganbanaaxu fedde .On nous reproche de combattre les vestiges des pratiques de l’esclavage , du systèmes de castes , la hiérarchisation des rapports héritées des pratiques esclavagistes .Ganbanaaxu fedde lutte contre les pratiques d’esclavage et ses séquelles , nous ne ruminons ni haine , ni revanche ni demande de réparations pour les victimes et descendants de victimes de l’esclavage communautaire .Pour beaucoup cet esclavage intracommunautaire couplé des systèmes de castes – parce que entre africain)-ne devrait pas être objet de débat soit par gène ou par mauvaise foi.
L’argumentaire farfelu avancé par les partisans d’un certain conservatisme féodal n’a aucune teneur face à l’idéal de Ganbanaaxu fedde . C’est ce qui est risible certains se font hérauts légitimes de cette communauté soninké du fait de leur nom de famille .Ganbanaaxu fedde ne fait pas table rase du patrimoine matériel et immatériel de SONI KAARA , ce qui n’est pas notre dessein d’ailleurs.
L’esclavage par ascendance ne peut être constitué comme pilier d’une organisation sociale, la remise en cause de certaines pratiques par notre mouvement Ganbanaaxu fedde a fait de nous les ennemis , des parias , des excommuniés dans beaucoup de villages, agressés , emprisonnés ou harcelés par procès répétitifs . Ces manœuvres reflètent une impuissance face l’élan d’éveil communautaire transfrontalier.
Mais nous voulons réformer certains référents coutumiers, certaines entités coutumières .Pour ce faire une autocritique de notre communauté SONI KAARA est nécessaire pour notre survie, notre dynamisme.
Les anciennes code de valorisations sociales ne sont plus adaptées .Ganbanaaxu fedde ne demande personne de s’excuser d’être le fils ou la fille d’un ancien vendeurs , possesseurs –mal traiteurs d’esclaves , car notre combat est face un système séculaire ficelé qui n’a rien de sacrée. Toutes organisations ou entités faites dans nos sociétés ne sont là que pour le bonheur, la fraternité et la paix sociale. D’autres codes de valorisations devraient être recherchés, le nom de famille ne doit pas être critère sociale valorisation ou de discrimination. Un changement de comportement est nécessaire de l’espace nucléaire à l’espace public .Nous ne pouvons faire comprendre à un enfant de abs âge qu’il est supérieur ou inférieur à son camarade de classe ou ami d’enfance du fait de son rang social certifié pour beaucoup par le patronyme en ce qui concerne SONI KAARA.
Ce qui fait beaucoup de polémiques aujourd’hui ce n’est guère c et élan réformateur, de progressiste initiée par Ganbanaaxu fedde .
L’affront ou la pilule nos détracteurs est à situer au niveau des auteurs de cet initiative , par euphémisme on accuse de mauvaise stratégies , de manque de plan d’action , de référence et d’un leader .
Dans le fond on nous accuse d’être des esclaves revanchards , haineux pour venger nos ancêtres abusés et réduits en esclavage.
Nous soutenons le projet de réforme de la chefferie traditionnelle, de l’imamat .Nous reviendrons là-dessus prochainement pour éviter les raccourcis et par générosité aux sans arguments qui excellent dans la caricature.

Gaye TRAORÉ, président ARMEPES-FRANCE et l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE.

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Déclaration réconciliation et de partenariat politique (FPC / AJD/mr)

Suite à une médiation de bonnes volontés, les camarades Ibrahima Sarr président de l’AJD/MR et Samba Thiam président de FPC se sont rencontrés à Nouakchott le 18 juin 2018.
L’entretien, franc et direct, a permis aux deux leaders de revenir sur l’essentiel des contentieux et des malentendus qui continuent d’entraver le rapprochement de leurs partis. Ils ont reconnu que des questions de simples divergences stratégiques les opposant ont pu donner lieu à des surenchères contreproductives. Le président Samba Thiam a, pour l’occasion, exprimé ses regrets pour des dérapages assumés dans son camp.
Les deux présidents ont convenu, dans un esprit de dépassement et pour répondre aux vœux d’unité maintes fois réitérés de leur base, de s’investir dans la dynamique de réconciliation et de partenariat.

Fait à Nouakchott le 12 juillet 2018.

■Les Présidents

~Ibrahima Moctar Sarr AJD/MR

~Samba Thiam FPC

Source crédit: Proches Réseaux sociaux de 2 partis.

Les tentatives d’expropriation d’héritage à Dafort : des incompréhensions autour de la décision du cadi de Ould Yengé.

Depuis mi-avril 2018, à Dafort, village soninké dans le Guidimagha mauritanien, certaines familles féodales s’acharnent sur de paisibles citoyens descendants d’anciens esclaves dans la communauté, par des tentatives d’expropriation d’héritage à caractère esclavagiste. Aujourd’hui 9 familles parmi la communauté d’anciens esclaves qui se sont émancipés du joug féodaloesclavagiste soninké (système de ladalamxu), risquent de jour en jour d’être expropriées de leurs champs légués en héritage familial depuis plusieurs générations. De ce fait, après 4 mois de démarches auprès des autorités départementales et régionales dans le Guidimagha, marquées par divers dysfonctionnements notamment la non prise en compte effective des auditions de nos membres plaignants chez les gendarmes dès les premiers signalements des harcèlements venant de féodaux, un avis judiciaire troublant et surprenant a été prononcé . Ces dossiers relevant des séquelles esclavagistes en milieu soninké, ont été vidés volontairement et méthodiquement de ce caractère pour en faire un cas de litige foncier classique. Ainsi le cadi de Ould Yengé s’est rendu à Dafort dans la journée du 2 juillet 2018 pour observations de champs en présence de 2 parties. Ce lundi 9 juillet, à Ould Yengé, devant les 2 parties, le cadi s’est prononcé pour une suspension des parcelles en litige et se décharge pour un niveau supérieur de juridiction.
De cette situation sensible de non application de lois mauritaniennes en la matière, nous faisons appel aux hautes autorités du pays, en premier lieu le président de la république, son excellence Monsieur Mohamed Ould Abdelaziz, afin veiller au cas de DAFORT qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Aujourd’hui par cette décision du cadi, les membres de cette communauté victime de cet esclavagisme coutumier, seront privés injustement de leurs champs qui constituent une source nourricière pour leurs familles depuis la création du site villageois en 1905.
Pour rappel, lors de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie tenue à Selibaby ces dernières éditions (6 mars 2017 et 2018) , la communauté des descendants d’anciens esclaves sous le vocable GANBANAAXU FEDDE, a exposé devant les officiels de l’Etat les différentes problématiques posées par le régime coutumier et féodal contre l’éveil d’émancipation dans nos localités rurales. Nous nous adressons aux autorités publiques, aux forces politiques et aux ONG de défense des droits humains, pour une implication sérieuse dans cette affaire de DAFORT, symptomatique d’un défi de l’ordre féodaloesclavagiste soninké face aux lois mauritaniennes dans nos zones rurales.

Dafor 9 juillet 2018

Communauté GANBANAAXU DAFORT (Familles et descendants d’anciens esclaves)

Mise au point : à propos du « Droit de réponse à Ould Mbareck, président de l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes »

Extrémistes, à l’esclavage et au terrorisme a été très surprise par un « Droit de réponse à Ould Mbareck, président de l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes », qui nous tombe du ciel, paru dans CRIDEM, signé par l’un des proches parents du ministre Amédi Camara, répondant au nom de « Moustapha Camara » qui est à la tête d’un groupuscule d’extrémistes Soninké très dangereux pour la cohésion nationale, qui revendiquent la supériorité de la caste « noble soninké» sur d’autres citoyens. Ils sont installés en France, en Afrique et aux USA, pelletons de malfaiteurs qui cherchent à détourner la vigilance des autorités Mauritaniennes sur leur combat contre l’esclavage et ses séquelles sur l’entendu du territoire national. Malheureusement, ils sont soutenus par certains cadres du Guidimakha hauts placés dans l’administration qui échappent aux sanctions administratives et notre ONG regrette ce laxisme politico-administratif. Un groupe d’avocats dirigés par le nommé Moustapha Camara débarque en force devant le procureur de Selibaby le 28 juin 2018, venant de Nouakchott directement pour se plaindre du président Mohamed Ould Mbareck sans raison, afin de stopper les activités de notre ONG dans la wilaya du Guidimakha. Le procureur leur a répondu que notre ONG est reconnue et elle a le droit de porter plainte contre quiconque si elle a des preuves. Les hommes et les femmes impliqués dans la cooptation d’héritage de terres à caractère d’esclavage coutumier, sont tous malheureusement les parents du ministre et du président directeur l’agence Tadamoun.

Les audios que divulguent le groupuscule « democratia islamique » dans les réseaux sociaux, ne laissent aucun doute, ils défendent mordicus la continuité de l’esclavage coutumier et traditionnel qu’ils considèrent comme une culture à conserver même si elle est prohibée vis-à-vis des lois nationales et internationales. Le 20 Janvier 2018, ci-joint les propos de Moustapha Camara président du groupe extrémiste dans un audio qui tonnent la terreur extrémiste : « Dans ce groupe Whatsapp, il n’y aura pas une seule femme parmi nous, jamais, ni caste maraboutique, ni esclave, ni Mangou (caste considérée dans le milieu soninké comme des modérateurs). Que cela soit claire pour tous les membres ici; il n’y aura que nous les Tounkalémou « esclavagistes soi-disant nobles…. » Lien audio à vous de juger egalement: https://www.youtube.com/watch?v=Y3LBTC5fUeU

Notre ONG a été créée le 07 Juin 2010 à Nouakchott-Mauritanie. Elle lutte contre les Discours Extrémistes, contre l’esclavage et le terrorisme. Nous comptons remettre les propos de Moustapha Camara à la disposition de la justice Mauritanienne et à l’ambassade de la France en Mauritanie. Notre ONG défend le respect de la dignité humaine sans contrepartie ni préjugé, elle n’a jamais introduit un dossier sans preuve ou témoignage de victimes, nous demandons l’application d’un dispositif juridique sur ceux qui violent les lois. Ce sont les parents au village Daffort du ministre de l’environnement et du développement durable, M. Amédi Camara et le président directeur l’agence Tadamoun, M. Moussa Seydi Boubou Camara qui salissent l’image de leurs fils et non le contraire. Pourquoi vous voulez inverser les rôles en plein jour ? Comment peut-on occuper de hautes fonctions au rang d’un ministre tout en soutenant ses parents à enfreindre, à transgresser les lois édictées, signées, votées à l’unanimité par l’assemblée nationale par un gouvernement dans lequel vous y participez?

D’autre part, les renseignements collectés sur le prête-nom signataire du fameux « droit de réponse » ne rassurent absolument pas. Moustapha Camara président du groupuscule extrémiste soninké est originaire de la Mauritanie mais n’est plus mauritanien, il réside en France, il le cache à l’administration Mauritanienne. Il rentre illégalement sur le territoire Mauritanien depuis plusieurs années. Il est parti salir l’image de la Mauritanie en France pour obtenir le statut refugié avant de prendre la nationalité française sous forme de naturalisation. Dans ses vrais documents, on n’y trouve le nom d’un Boubacar Boudalla CAMARA, né à Dafort, pourtant, il parle et signe au nom de Moustapha Camara. Un autre point d’éclaircissement, il n’a aucun niveau d’études, il a quitté l’école avec le niveau primaire donc en aucun cas, il ne peut produire un tel « droit de réponse », taillé sur-mesure pour salir l’image de notre organisation qui défend les droits de l’homme sur l’entendu du territoire national, pas seulement au Guidimakha. C’est la même personne qui s’est portée garante pour la liberté provisoire dans le dossier de M. Fousseynou Bakari Coulibaly plus connu par Tapa Bakari Coulibaly, condamné pour l’apologie de l’esclavage à un an de la prison ferme. Il a versé 250 milles ouiguiyas, anciennes monnaie. Des propos que Tapa Bakari avait tenu dans les groupes Whatsapp « democratia-islamique » que dirige Moustapha Camara. Cela montre le groupuscule qu’il dirige défi l’état Mauritanien en permanence sur le sol mauritanien et c’est très grave.

Notre ONG remercie le procureur de Selibaby, les cadis Selibaby-Ould Yengé, le gouverneur de Sélibaby, les préfets, les forces de l’ordre et l’ensemble l’administration locale. Nous remarquons l’absence d’un soutien peu qu’il soit,des élus et cadres de la région. Chose très regrettable èvidement, des élus qui laissent à l’abandon des citoyens qui se font laminer par d’autres injustement. Notre ONG recommande aux organisations de défense des droits de l’homme à investir la wilaya du Guidimakha, car la tâche est énorme. Les populations vivent dans l’antiquité, dans l’anarchie régie par une rigueur féodale. Notre ONG ne s’oppose pas à un ministre, ni directeur ect… mais aux violations des droits de l’homme.

Mohamed Ould Mbareck Président l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes, à l’esclavage et au terrorisme

Selibaby le 04 juillet 2018

Message aux Présidents et Chefs d’Etat africains

Si je devais parler aux Chefs d’État et Présidents , bientôt en conclave à Nouakchott , voilà ce que je leur dirais :
La Mauritanie que vous allez visiter, sous très peu, dans le cadre du 31e sommet de l’Union Africaine est un pays dans lequel sévit un ‘’Apartheid déguisé ‘’, non codifié comme il le fut en Afrique du sud. ’’être Noir en Mauritanie est un délit, sans que cela ne soit écrit nulle part’’ disait un observateur du CRAN. Des lois non écrites confinent, en effet, l’homme noir mauritanien, au mieux, au rang de citoyen de seconde zone, au pire, en victime du déni d’humanité à travers l’esclavage.
L’exclusion voire la négation de l’Homme noir mauritanien a débuté dès les années 1960 . Elle va se prolonger pour atteindre son point culminant avec les régimes militaires .Entre 1986 et 1991, la communauté négro-africaine de Mauritanie subira déportations et maltraitances dans ses composantes Peuls, Soninkés et Wolof ; 120.000 âmes se verront déportées au Sénégal et Mali en 1989 , selon les chiffres du HCR ; des centaines de leurs villages seront détruits ou réoccupés le long de la vallée du fleuve Sénégal qui fut, part ailleurs, le théâtre d’exactions et d’exécutions extra-judiciaires massives . En 1990, l’Etat mauritanien intensifie l’exclusion et entreprend de dénégrifier l’armée nationale ; plus 3500 soldats et officiers sont touchés ; les militaires négro-africains sont quasiment tous arrêtés et jetés dans des camps mouroirs ou ils seront torturés, soumis aux traitements les plus dégradants. Plus de 500 mourront , ensevelis dans des fosses communes qui ont essaimé les camps militaires du pays et la vallée du fleuve ; fosses communes qui n’ont pas fini de livrer leurs secrets, dont la dernière en date – celle de Benamira dans le Nord du pays (28 corps ligotés) -, découverte en mars dernier par des chercheurs d’or , soit 28 ans après les faits , mais que le gouvernement mauritanien actuel s’évertue à couvrir , refusant toute investigation…
Le 28 Novembre 1990 ,- fête de notre indépendance nationale – 28 soldats Negro- africains sont pendus en guise de solidarité avec l’Irak arabe, ‘’victime de l’agression des USA’’ . Le reste des militaires négro-africain ayant échappé à la mort est radié de l’armée. Les auteurs de ces crimes et exactions courent toujours , circulent librement , occupant de hautes fonctions de l’Etat, protégés par une loi d’amnistie inique et scélérate, votée en 1993 qui consacre l’impunité dans le pays . Pendant ces années de plomb la population négro-africaine, la composante Peule, en particulier, va subir un véritable génocide exécuté par l’Armée , à l’image de ce qui se passe actuellement au Mali , mais beaucoup plus important par l’ ampleur…IL n’existait pas alors de réseaux sociaux , et seul le gouvernement Français et nos voisins immédiats savaient ce qui se passait .
Si les déportations massives et les exécutions extrajudiciaires se sont arrêtées après cette période sombre de l’histoire de la Mauritanie indépendante, l’épuration ethnique, quant à elle, n’a jamais cessé depuis ; elle a pris simplement des formes plus sournoises… Le Pouvoir actuel a entrepris depuis 2011 une opération d’enrôlement qui vise- officiellement- à doter les Mauritaniens de papiers d’état-civil biométriques et sécurisés, mais qui, en réalité, s’est révélée être, dans son exécution, à caractère raciste et discriminatoire à l’égard des Noirs de Mauritanie pour lesquels l’obtention des nouveaux documents relève du parcours du combattant pour les plus chanceux. Des milliers de Noirs sont ainsi devenus apatrides dans leur propre pays faute d’état-civil. Des familles sont divisées , l’époux se voit enrôlé pendant que l’épouse est rejetée ,sans épargner les enfants ; des élèves en cours de scolarité sont contraints d’abandonner l’école, faute de papiers …Les commissions techniques et le comité de supervision et de contrôle chargés de cet enrôlement sont quasiment monoethniques, alors que la population mauritanienne est pluriethnique .
Les hauts postes de l’Etat et de l’administration, l’appareil judiciaire , nos forces de défense et de sécurité, nos médias audiovisuels publics et privés, le secteur économique , les grandes Ecoles du pays, tous les secteurs de la vie nationale, en un mot , sont presque exclusivement aux mains d’une composante nationale – la communauté blanche, arabo-berbere- , par choix politique délibéré de nos gouvernants …
L’esclavage demeure une réalité dans le pays aussi bien sous sa forme traditionnelle que sous la forme de ce qu’il est convenu d’appeler l’esclavage moderne, et les victimes sont toujours les mêmes : les masses noires.
Excellences, il n’est pas besoin de se munir d’une loupe pour se rendre compte de la réalité de ‘’l’Apartheid déguisé ’’ en Mauritanie. Il vous suffira de regarder autour de vous. Observez bien vos interlocuteurs , prêtez attention également à ceux qui vous servent dans les hôtels , dans les salles de réunion ( serveurs, femmes de ménage, chargés de l’accueil etc ), suivez nos Télévisions pour quelques minutes, demandez à visiter nos Administrations , nos Ecoles , notre Armée nationale, observez la rue mauritanienne et vous serez édifiés sur l’image erronée que beaucoup d’Africains se font de la Mauritanie ou que le gouvernement mauritanien s’efforce de vendre . Vous verrez alors le racisme d’Etat se déployer dans toute sa laideur sous vos yeux .. .
Excellences,
La Mauritanie ne peut pas continuer à vivre dans l’ignominie de l’esclavage, de l’exclusion et de la discrimination sur des bases raciales, ethniques et tribales et continuer à travailler avec les autres nations libres du monde comme si de rien n’était ! Vous aviez dénoncé et combattu l’Apartheid en son temps, vous ne pouvez faire profil bas sur qui se passe chez nous . Il y va de la crédibilité de votre institution, il y va du respect de la dignité humaine , il y va de la paix et de la stabilité de la sous-région et du continent… car cette situation est pour le moins porteuse de lendemains , incertains, dangereux pour tous…

Samba Thiam
Ancien prisonnier politique (traité en forçat à walata)
Président des FPC
Nouakchott le 29 juin- 2018

Crédit source: Page officielle Facebook Samba Thiam

Guidimakha – Mauritanie : L’ère est-elle à la judiciarisation des rapports entre les Soninkés ?

Pourquoi cette américanisation de leurs rapports ? Pourquoi judiciariser les rapports sociaux ? Pourquoi hier, le linge sale s’est lavé en privé, aujourd’hui, le même linge sale se lave devant le prétoire ? Autant des questions qui restent sans réponse, nous nous forcerons, pas pour répondre aux interrogations mais plutôt pour proposer des solutions aux justiciables.

Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. C’est ce que nous appelons l’ « américanisation » des rapports.

La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû. Cette fonction juridictionnelle est devenue l’une des principales attributions de l’Etat moderne, car les lois empêchent que chaque justiciable se fasse justice. Le philosophe Paul Ricœur, écrivait que, « la justice a deux finalités ; la finalité courte et la finalité longue ». La finalité courte de la justice est aux antipodes de l’organisation sociale et économique de cette communauté, décrit tant comme solidaire. Par ailleurs, c’est la finalité longue qui nous intéresse ici, en l’occurrence, la paix sociale, la tranquillité et la sauvegarde des liens sociaux pour cette communauté qui n’a pas l’habitude d’aller plaider devant un juge et qui se déchire pour des faits auxquels la loi les a déjà règlementé (esclavage, conflit foncier…).

Pour Paraphraser les propos un magistrat sénégalais (Keba M’Baye), la fierté d’un soninké, c’est de dire que moi, j’ai jamais mis pied au commissariat. Aujourd’hui, le voilà devant le prétoire en face du juge pour y être juger et dévoiler son organisation sociale conditionnée par les comportements héréditaires et patronymiques ; qui peut s’analyser suivant la stratification horizontale en castes définies par des critères de professions ou de conditions de vie, formatée à base de parenté lié à la génétique. C’est comme si l’un des pères fondateur de l’Anthropologie structurelle Claude Levi-Strauss a déjà vécu au sein de cette communauté en écrivant cela : « il fallait être peint pour être un homme, celui qui restait à l’état de nature ne se distinguait pas de la brute ». C’est ce mélange de l’ordre de l’idéal et celui du vécu, non seulement parce que la nature même du mécanisme de l’organisation sociale de cette communauté repose sur la répétition, mais plus encore parce qu’à la désobéir, on encourt les sanctions des puissances surnaturelles, auxquelles peuvent s’ajouter celles de la communauté des vivants. La coutume soninké, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Cependant, nous avions assisté ce dernier temps des condamnations, des feuilletons judiciaires, des plaintes et des contres-plaintes, des convocations en convocations soit devant la police, soit devant le juge étatique. Malheureusement, Nous continuons toujours à assister les mêmes feuilletons judiciaires devant les tribunaux étatiques entre les soninkés de Guidimakha. Après l’affaire de Coumbadaou, Dafort, Modibougou, entre autres, le voici le contentieux foncier de Diogountouro devant la Cour d’appel de Kiffa. Toutes ces affaires se succèdent et se ressemblent les unes aux autres, soit sur le fond de l’esclavage, soit encore sur le fond d’un problème foncier, avec des titres fonciers communautaires dont certains d’entre eux datent bien avant l’indépendance de la Mauritanie, qui aujourd’hui, ne valent plus un titre exécutoire au regard des textes fonciers en vigueur ; eut pourtant la solution de leurs conflits est entrain leur main. Malheureusement, encore une fois de plus les mêmes causes produisent les mêmes effets, le contentieux foncier de Diogountouro, entre Gandega et Camara se refait surface devant la Cour d’appel de kiffa, selon nos sources judiciaires. Cette affaire qui, était depuis 2017 pendante devant le tribunal de Moughataa de Selibaby, le juge a fini par rendre une décision en date du 18/ 04/ 2018 en faveur de Gandega.

La réforme judiciaire mauritanienne du 24 juillet 1999 portant organisation judiciaire a consacré l’institution du juge unique au niveau du tribunal de la Moughataa et de la wilaya. La consécration du juge unique a pris sa source après la conversion de la Mauritanie à l’islam par les almoravides a permis d’instaurer une justice fondée sur un cadi omnipotent. Ce système du juge unique, qui a été retenu au niveau de la première instance, constitue une économie certaine de personnels. Le jugement rendu par cette juridiction est une décision juridictionnelle qui peut faire l’objet d’un recours devant la Cour d’appel. La partie en conflit qui se sent léser par la décision prise de ce juge unique ou qui estime que sa cause n’a pas été entendue équitablement peut faire une déclaration d’appel au greffe de la Cour d’appel. Eut, c’est ce qui s’est passé dans cette affaire foncière de Diogountouro. Les Camara, contestent le jugement rendu par ce juge unique devant le tribunal de Moughataa de Selibaby le 18/04/2018 et font appel de ce jugement devant la Cour d’appel de Kiffa le 11/06/2018. Cette juridiction (Cour d’appel) est totalement différente du tribunal de Moughataa, car elle est composée des magistrats professionnels, soucieux de l’application des textes de lois en vigueur, le ministère public est représenté par le procureur, le greffe est tenu par le greffier en chef et l’élection d’avocat est obligatoire. La Cour d’appel statue sur les recours en appel contre les décisions judiciaires rendues en première instance. Cette justice étatique relativement longue et qui ne prend pas en compte les valeurs et les intérêts de chacune des parties ; qui est actuellement en crise dans les sociétés dites de droit à cause de son coût, sa lenteur et l’arrivée de la justice alternative au marche. La justice étatique est trop couteuse, moins soucieuse des liens sociaux, d’où l’intérêt que nous proposons aux litigants une justice douce, conciliatrice, rapide, moins couteuse et soucieuse des liens sociaux prévue par la législation mauritanienne.

Aujourd’hui, les modes amiables de résolution non judiciaire des conflits sont encouragés et favorisés par les législations internes dans le monde entier (Etats-Unis, Europe, Afrique…). Ils correspondent à un changement fondamental des mentalités face à une absence de réponse adaptée et au développement massif des contentieux devant les tribunaux. Humaniser le traitement de conflit, trouver des solutions pérennes et adaptées. La justice conciliatrice, s’inscrivent dans une volonté de négocier ses propres solutions aux conflits, de passer de l’imposé au négocié, de maitriser le traitement du conflit et d’arriver à une solution amiable. Cette justice offre une chance aux justiciables d’éviter les procédures judiciaires trop longues. C’est une forme de justice qui s’oppose à la justice étatique par sa rapidité, son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. N’a-t-on pas coutume de dire « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La finalité de cette justice est alors de construire un accord qui n’est pas nécessairement juridique, à partir d’un travail sur les valeurs et les intérêts de chacun.

La Mauritanie a légiféré dans ce sens, en créant un centre d’arbitrage et de médiation. Et dans le domaine foncier, la justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales d’arbitrage permettant de régler le litige foncier amiablement. La justice conciliatrice est conçue comme un moyen le plus raisonnable de terminer les contestations entre les litigants. Elle responsabilise les parties, en leur permettant de rapprocher leurs points de vue, de définir une solution innovante adaptée à leurs besoins et leurs intérêts, soit sous l’égide d’un juge ou un mouslih qui intervient pour contrôler le processus, la régularité de l’accord et sa conformité à l’ordre public.

Pour conclure, on n’espère que cette affaire foncière de Diogountouro n’arrivera pas devant la Cour suprême de Nouakchott, car cela serait un cataclysme pour toute la communauté. Nous demandons aux parties, d’aller vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative.

BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Assistant Juridique à la Cour de cassation de Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

Réponse au ministre porte-parole du gouvernement mauritanien Mohamed Lemine Ould Cheikh.


Le passé trouble et peu honorant de l’actuel ministre porte-parole du Gouvernement, dont, le moins que l’on puisse dire, il est sorti par effraction du parti opposant Rfd, pour la se vendre comme une marchandise, au putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce genre d’acte ignoble, devait interdire à ce laudateur de s’ériger en donneur de leçons.
J’aimerais rappeler que les mauritaniens le connaissent suffisamment et n’ont pas oublié les activités douteuses auxquelles il s’adonnait aux émirats pour amasser de l’argent et lui-même savait bigrement bien ce qu’il faisait à l’époque. Il est probable que le doctorat dont il se prévaut sanctionne plus ses activités de thieb-thieba qu’autre chose. C’est cet esprit marchand qui le conditionne au point de voir la recherche de l’argent partout et dans toute œuvre humaine.

Ses propos sur les organisations de défense des droits de l’homme dénotent d’une ignorance du cadre de défense et de promotion des droits de l’homme qui relève autant d’obligations nationales que d’engagement internationaux. Monsieur le Ministre doit comprendre que la défense des droits de l’homme est une responsabilité universelle qui ne connait pas de frontières. En son temps, la communauté internationale (dont la Mauritanie) s’était élevée contre l’apartheid en Afrique du Sud et ne cesse aujourd’hui de se mobiliser légitimement aux cotés de nos frères Palestiniens pour la défense de leurs droits fondamentaux. De la même manière, cette même communauté internationale ne laissera pas l’esclavage (crime contre l’humanité) et la discrimination raciale prospérer impunément et dans le silence en Mauritanie. Mieux encore, le législateur mauritanien, en proclamant l’esclavage crime contre l’humanité, a fait de la lutte contre ce phénomène odieux, une charge universelle à laquelle l’humanité toute entière est appelée à contribuer. Dans cette même logique, pourquoi l’Afrique du Sud par exemple contre laquelle la Mauritanie s’est mobilisée sous l’apartheid ne serait pas aujourd’hui légitime autant que les autres pays africains ou occidentaux pour s’exprimer sur les violations des droits de l’homme en Mauritanie ?
Quelle cécité intellectuelle !

De toute façon, dans cet exercice, le ministre a constamment montré la profondeur de ses insuffisances intellectuelles et de sa vacuité culturelle qu’un prétendu doctorat ne saurait point combler. Ses sorties sordides et ses conférences de presse surréalistes ressemblent désormais à des numéros de comédie et des chefs d’œuvre d’ignorance qui divertissent les soirées des mauritaniens et de la communauté diplomatique à Nouakchott. Il rend ainsi au gouvernement dont il est membre le pire service en s’installant lui-même dans le sillage de l’ex-ministre de l’Information de Saddam Hussein, Mohammad Saïd al-Sahhaf. Ce faisant, j’ose espérer pour mon pays, qu’il n’inscrive également le gouvernement auquel il appartient dans la malheureuse trajectoire du gouvernement irakien de l’époque.
Comme vous le savez, récemment, il s’en est pris âprement aux Ambassadeurs de l’union européenne et de la France pour avoir tout simplement commenté avec bienveillance et bon sens les propos du Président ould Abdelaziz sur la décision de ne pas briguer un troisième mandat.
Il n’est donc pas surprenant, que la lettre de Biram Dah Abeid, président des réseaux IRA, réseaux don’t l’une des sections les plus actives est IRA-France-Mauritanie, secoue le cocotier du système en place en Mauritanie.
Cette secousse a permis aux mouchards, insulteurs et laudateurs publics et professionnels, de s’adonner de plus belle, à la sale besogne qui leurs est assignée : insulter Biram Dah Abeid, pour le compte d’un régime inique et aux abois.
Le Président Macron à qui le président Biram Dah Abeid a adressé cette lettre ouverte, est le Président de la Patrie des droits de l’homme, un homme d’Etat épris des valeurs universelles des droits de l’homme, de justice et de paix. Je suis convaincu qu’il saura faire bon usage de ce message qui est aussi un message en faveur de la stabilité dans la sous-région. Il est conscient que les violations massives des droits humains où qu’elles se produisent et constituent un danger pour la paix internationale. A cet égard, nous savons tous combien les droits sociaux, économiques, culturels et politiques des mauritaniens sont bafoués. Au-delà de la personne de Macron, cette lettre s’adresse à tous les Chefs d’État et autres décideurs qui prendront part au Sommet de Nouakchott.

Babou Abdou

Chargé de Communication de Ira-Mauritanie, membre du Conseil Exécutif.

crédit source: IRA MAURITANIE