Une grave crise alimentaire menace le monde rural, face à un ciel aride et des terres desséchées

L’authentique – Le mois d’août 2019 tire à sa fin, et la Mauritanie enchaîne sa énième année de sécheresse. Les paysans n’auront plus le temps de cultiver la terre, alors que les rares animaux encore en transhumance occupent le versant des collines, arrachant les dernières feuilles d’arbres en l’absence de pâturage.

C’est tout le grenier naturel de la Mauritanie, de NDiago à Ghabou et de la Batha d’Aleg aux confins de Fassala Néré qui souffre de cette sécheresse qui risque d’être encore plus impitoyable que les années passées.

Aux alentours des villages et hameaux jadis généreusement arrosé, ce n’est que désolation. Un ciel obstinément silencieux et aride et des hectares de terre lamentablement desséchés. La plupart du bétail partie au Mali au début de la soudure, il y a de cela près de six mois, n’est pas encore revenue.

Pendant les années d’hivernage, les troupeaux redescendaient de leur zone de transhumance au Mali et au Sénégal, dès les premières gouttes, vers le mois de juillet. Certes, il y a eu des averses dans certaines régions du pays. De fortes averses, deux ou trois pluies qui ont fait couler les oueds et donner de l’espoir.

Mais depuis la mi-août, le ciel s’est refermé sur ses trésors et la terre aride où commençaient à germer de fragiles tapis vert, a repris sa couleur ocre. Le désespoir s’installe peu à peu dans le monde rural.

« Même s’il pleut maintenant, nous ne pourrons plus cultiver, car le temps qui reste ne pourra pas faire mûrir le sorgho, le mil ou le maïs. Les animaux sont d’ailleurs toujours en amont et leur retour ne fera que détruire nos cultures, si culture il y aura », explique Mahmoud, vieux paysan dont les champs s’étalent près de la mare Echeyeb, à 12 kilomètres de Kankossa en Assaba.

Non loin du village Ekamach, quelques hameaux peulhs. Hommes et femmes se tournent les pouces, en pleine oisiveté. « Les troupeaux de vaches sont toujours au Mali et ils risquent d’y passer encore des mois, car ici, la faim les décimera. C’est pourquoi, nous nous apprêtons à les rejoindre » avance Mawdo Bâ, la quarantaine.

Du Guidimagha, jadis région la plus arrosée du pays et lieu de transhumance du bétail mauritanien, les échos qui parviennent poussent au désespoir. « En cette période de l’année en général, les herbes masquent déjà les villages et les champs font germer leurs premiers bourgeons.

Mas cette année est vraiment dramatique. Nous n’avons jamais vécu pareille situation. Pas le moindre semi jusqu’à présent. Là-bas, la situation est catastrophique, d’autant plus que les animaux se sont attaqués aux arbres.

D’ici peu, et il n’y aura plus aucune forêt au Guidimagha  » raconte SIlèye Camara, un jeune transporteur soninké qui fait la navette entre Sélibaby et Kankossa.

Contacté au téléphone, Sidi Traoré, cadre à l’ONG ADIG (Association pour le développement intégré du Guidimagha) s’étonne de l’inertie des pouvoirs publics qui n’ont encore pris aucune mesure pour juguler la situation.

« C’est vrai que l’arrivée d’un nouveau pouvoir, d’un nouveau gouvernement qui vient juste de prendre fonction, pourrait constituer une excuse, mais la catastrophe est là, des régions entières de la Mauritanie sont menacés de disettes, des hommes, des femmes, des enfants, des troupeaux sont menacés dans leur existence et cela, doit constituer la priorité.

Un appel à l’aide d’urgence internationale s’impose et l’Etat mauritanien doit tirer la sonnette d’alarme » a-t-il confié.

Selon lui, le pire, c’est que la même situation prévaut sur toute la bande sahélo-saharienne, au Mali comme au Sénégal entre autres.

« N’empêche, selon Sidi Traoré, la volonté politique devra se traduire dans les faits à travers un engagement durable et inclusif. Le Gouvernement doit s’atteler à lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition, conformément aux recommandations de la revue Faim Zéro qui est le résultat d’un long processus de concertation entre le Gouvernement, la Société Civile et les partenaires au développement ».

Cheikh Aïdara

Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)

Refaisons Ensemble la Mauritanie:

L’espoir né de l’investiture du Président Ghazouani doit jeter les bases d’un nouveau processus plus capable à renforcer la cohésion nationale.

En dehors de sa bonne réputation morale, le nouvel homme fort de Nouakchott jouit d’une riche expérience professionnelle pour marquer l’histoire.

– Il suffit juste d’entamer rapidement un dialogue direct sans intermédiaire avec l’opposition pour la mise en place d’un gouvernement de cohabitation nationale. Il faut partir du principe que mon opposant n’est pas forcément mon ennemi. Ses idées autant qu’elles puissent déranger vont certainement dans le sens du but recherché conformément à sa vision. Il faut savoir tirer profit de sa riche expérience dans le camp adverse pour surmonter ensemble les obstacles.

Nous avons un exemple de démocratie dans le Sénégal voisin qui a toujours forcé l’admiration. Pendant deux mandats présidentiels, le Président Abdou Diouf a nommé le leader de l’opposition Maître Abdoulaye Wade comme Ministre d’Etat. Cela n’a jamais empêché ce dernier de démissionner à chaque échéance électorale pour se porter candidat. Chacun des deux hommes a su profiter de l’expérience de l’autre comme Président ou comme opposant. Le premier décret signé par le Président Wade après son investiture déclarait une immunité judiciaire pour son prédécesseur. Cette belle image de la démocratie sénégalaise a renforcé l’idée d’un Etat de droit pour encourager les investisseurs étrangers.

– Il faut organiser des états généraux sur l’éducation.

– Réviser le processus d’enrôlement pour permettre à tous les citoyens qui jouissent de leurs droits de s’enrôler. Et reconnaître la double nationalité.

– Interdire toute initiative, activité ou regroupement à caractère tribal ou ethnique.

– Développer une nouvelle citoyenneté sous un nouveau slogan : « Refaisons Ensemble la Mauritanie ».

– Annuler tous les mandats d’arrêts pour permettre à tous les opposants forcés à l’exil de revenir dans leur pays à commencer par l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou et l’Imam Chafi.

– Rétablir les relations diplomatiques avec le Qatar. En politique, les intérêts priment sur les sentiments.

– Saisir l’opportunité qui nous est offerte d’être le portail du Maroc sur l’Afrique pour renforcer les relations avec ce pays frère pour créer de nouvelles infrastructures routières et autres moyens de transports plus modernes. Grâce à ses infrastructures très modernes (autoroute, flotte aérienne, TGV, trains, agriculture …), le Maroc prouve chaque jour qu’il est le nouveau dragon économique d’Afrique. Ensemble nous pouvons réaliser beaucoup de choses.

Le Président Aziz a certes fait beaucoup de choses qui resteront à jamais gravées dans les mémoires. Qu’il en soit grandement remercié. Mais il a aussi fait des erreurs en sous estimant la valeur de ses opposants.

🔹️Mohamed Abdallahi EL HEBLY
Politologue

©️ Post Facebook de l’auteur en date du 6/8/19

Mauritanie/politique – CVE : MISE AU POINT

L’article publié le mercredi 25 juillet 2019, par la rédaction du site CRIDEM, intitulé « Kane Hamidou Baba chez Aziz, à l’insu des autres candidats de l’opposition » a suscité notre indignation face à tant de contre-vérités, d’insinuations et d’affirmations gratuites !

Ce papier de presse dans lequel la mauvaise foi de la prétendue source d’information « proche d’un candidat de l’Opposition », se conjugue avec la carence de professionnalisme de la rédaction de CRIDEM, laquelle n’a même pas pris la moindre précaution déontologique d’interroger les services compétents de la CVE, encore moins le concerné, n’honore pas votre rédaction.

Il est curieux et à la fois symptomatique de constater à quel point ce papier est vide de contenu, se limitant à des ragots jetés à l’opinion sans fond, ni fondement.

Vous voudriez bien noter la mise au point suivante :

1. Dr KANE Hamidou Baba a bel bien rencontré le Président de la République le lundi 22 juillet 2019, à l’initiative de celui-ci, mais en parfait accord avec le Conseil présidentiel de la CVE ;

2. La Coordination des quatre candidats de l’Opposition a été informée au préalable de la rencontre programmée, par KANE Hamidou Baba lui-même, contrairement à vos allégations, mais sans engager l’opposition sur quoi que ce soit ;

3. Le leader de la Coalition Vivre Ensemble se devait d’écouter le Président de la République et lui transmettre le message de la CVE réitérant ses préalables à tout dialogue dont l’un avait été satisfait le mardi 16 juillet 2019 (la levée de l’état d’urgence de fait), mais le second restait pendant (la libération des détenus politiques). Aussi, Dr KANE a demandé au Chef de l’Etat, qui l’a accepté, la prise en charge médicale totale du jeune Demba SALL, victime des évènements lors du saccage de son siège de campagne par les forces de l’ordre. On se rappelle, que la victime avait été amputée de sa main suite aux évènements post-électoraux ayant fait plus de 250 militants de la CVE arrêtés et/ou emprisonnés ;

4. Enfin, la CVE réaffirme qu’elle n’est engagée ni dans un dialogue, ni dans une opposition crypto-personnelle. Elle évaluera toutes les chances d’un dialogue sérieux, une fois que l’ensemble de ses préalables seront satisfaits.

CRIDEM, que nous respectons, a failli à une règle élémentaire de la profession journalistique ; et, sous ce rapport, la CVE tient à rétablir la vérité des faits au nom de l’opinion publique injustement abusée.

Nouakchott, le 25 Juillet 2019

Commission communication de la CVE

©️Crédit source : ReSo proches CVE

《Note Remerciement après une Campagne Victorieuse》par Mr Bakary TANDIA

Au lendemain des élections présidentielles de 2019 en Mauritanie, la direction nationale de la campagne du Président Biram Dah Abeid, a organisé une cérémonie de remerciements et de célébration au Palais des Congres à l’intention de ses militants, sympathisants et du peuple mauritanien dans son ensemble pour leur exprimer sa profonde gratitude. La participation massive et dynamique – mais singulière et expressive – de tous, s’est traduite par une victoire éclatante qui pose désormais son sceau dans les annales de l’histoire des élections en Mauritanie. Le Président Biram Dah Abeid a été fortement ovationné par l’audience, avant de prendre la parole. A son tour, le Président Biram Dah Abeid a chaleureusement salué l’audience avant de faire une présentation éloquente sur les nouvelles perspectives d’avenir.

Le discours du Président Biram Dah Abeid a été précédé par une déclaration commune des quatre candidats présidentiels de l’opposition. En substance, cette déclaration a dénoncé les nombreuses irrégularités que la Commission Nationale Electorale (CENI) a orchestrées (omises) dont la confirmation des résultats provisoires, en lieu et place des résultats finaux, avant le dépouillement final des bulletins de vote. Ce seul exemple a suffi pour nous priver d’un second tour, qui s’il avait eu lieu, de l’avis de bon nombre d’observateurs avisés, il nous était hautement favorable.

La déclaration commune a dénoncé également les arrestations arbitraires, les détentions abusives et toutes les exactions subséquentes à la crise post-électorale. Malgré le « holdup up électoral » et la violence antidémocratique qui s’en est suivie, les candidats de l’opposition ont opté pour l’apaisement au nom de la paix et la stabilité nationales. Ainsi, ils ont choisi la voie de la négociation à celle de la confrontation directe.

Il s’agirait d’une négociation constructive qui prend en compte les raisons pour lesquelles les électeurs ont voté pour les candidats de l’opposition. Ces conditions sont :  La libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arbitrairement détenues dans le cadre la crise post-électorale, l’ adoption de mesures effectives garantissant une gouvernance démocratique réelle, la protection des droits de l’ homme et la promotion de la justice sociale.

En tant que Directeur National de la Campagne, je voudrais sincèrement remercier le Président Biram Dah Abeid pour m’avoir donné l’opportunité d’apporter ma modeste contribution à la construction de la vie de la nation a travers cette campagne qui s’est caractérisée la participation massive des jeunes et des femmes. C’est l’occasion pour moi – autant le dire ici – toute œuvre humaine est le résultat d’une dynamique entre différents acteurs. A chacun des membres de la direction de la campagne, je voudrais vous remercier profondément pour le sérieux et le professionnalisme dont vous avez fait preuve tout au long de cette période électorale et au-delà. Ensemble, nous avons formé une équipe gagnante. Mes remerciements vont également aux directeurs de zones et les directeurs départementaux de la campagne qui ont accompli un travail monumental par l’accompagnement et l’orientation des militants et sympathisants dans un environnement précaire. Une Mention spéciale est adressée à tous les militants et sympathisants qui nous ont apporté leur soutien constant pour la campagne. Parmi eux, certains ont transforme– leurs maisons en siege de campagne. Vous avez tout le mérite d’avoir fait de cette campagne une réussite totale. Je remercie chaleureusement la Diaspora, plus particulièrement les coordinations de la campagne aux Etats Unis (dont je suis membre) et celle l’Europe pour leur soutien combien remarquable pour la bonne conduite de cette campagne honorable.

Enfin, je ne saurai conclure sans exprimer ma profonde gratitude au comite d’ organisation qui n’a épargné aucun effort pour faire de la cérémonie de remerciement une réussite totale.

Nouakchott 23 Juillet 2019

✅Bakary Tandia, Directeur National de la campagne du Président Biram Dah Abeid 2019

©️ Post Facebook Bakary Tandia (25/7/19)

NOUS VOULONS LA PAIX MAIS AU PRIX DU DROIT DU PEUPLE

🔹️Déclaration de la Coalition de Soutien à la Candidature de Biram Dah Abeid
Nouakchott, le 22 juillet 2019

L’opposition sociale, populaire et droit de l’hommiste mauritanienne, représentée par le courant abolitionniste et ses alliés (le parti Sawab et le mouvement Touche Pas à ma Nationalité) vient de réaliser une nouvelle performance dans les urnes, comme d’habitude sans effusion de sang, ni violence, lors de l’élection du Président de la république, le 22 juin 2019. Le vote en faveur de notre candidat, malgré l’infériorité des moyens et l’éclectisme de la fraude, le place, selon les chiffres officiels, au deuxième rang, en nombre des suffrages. Devant l’imminence d’un second tour, le candidat du pouvoir, s’empressa, tard la nuit, de proclamer sa victoire, alors que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devait encore dépouiller 20% des bulletins. Dès le lendemain et durant 3 jours consécutifs, une partie de la population exprimait, dans la rue de plusieurs villes, son rejet pacifique de l’imposture. A l’élan de l’indignation, s’opposera, avec virulence, le réflexe de la coercition qui est la politesse des factions antidémocratiques du régime en place. Intimidation, arrestations discriminatoires, enlèvements et sévices physiques ciblaient nos partisans présumés et ceux du candidat Hamidou Baba Kane. D’ailleurs, nos deux sièges de campagne dans la capitale furent saccagés, avant leur fermeture arbitraire. La brutalité de la réaction, son amateurisme et sa fébrilité révélaient ainsi à quel point le modèle de domination à très fort habillage démocratique, s’essouffle quand il engage la totalité ses ressources contre la vérité et le droit.
Face au contexte de fragilité nationale, nous et les trois autres candidats de l’opposition choisirons, de promouvoir l’apaisement et le refus de la confrontation. Le 1er juillet courant, le Conseil constitutionnel (Cc) entérine les résultats de la Ceni ; pourtant, les preuves d’irrégularités massives, ne manquaient à l’appui des recours en annulation.
Suite aux insistances, de nos partenaires de l’opposition démocratique et nous, pour le dialogue et la sortie de crise postélectorale, le régime provisoirement bicéphale de Mohamed Abdel Aziz et Mohamed Ghazouani acceptait le principe d’une concertation avec l’opposition que nous représentons. Nous lui réitérons notre souhait de voir les mauritaniens, ensemble, dépasser la phase de tension et revenir à un minimum de normalité. Et ce par une démarche sincère, globale et transparente. Voici où nous en sommes aujourd’hui, lundi 22 juillet.

Telles que nous concevons ces négociations, elles viseraient à réguler les différends et les vider des ferments de la rechute ; elles tendent à rechercher une ou des solutions qui s’installent dans la durée, grâce au consensus. Or, le consensus suppose des accommodements raisonnables, lesquels requièrent le sentiment d’avoir obtenu justice, ne serait qu’en partie.
Aussi, devant vous réunis, qui nous accordez votre confiance, nous nous engageons, à mener cette étape qualitative du combat. La prise et l’exercice du pouvoir en Mauritanie restent le moyen ultime de notre entreprise. L’objectif, lui, ne varie : nous voulons créer et convertir en actes, un récit collectif où l’individu, envers et contre les déterminismes de naissance, de race et de culture, vit les conditions d’un accès équitable au bonheur sur terre. L’effort qui nous guide, sous les matraques, l’étouffement, l’humiliation, la maladie et la faim, dans les prisons ou cachots insalubres, s’appelle la soif d’égalité. Sans égalité, il n’y pas de paix, jamais. Nous vous demandons de transmettre le message à nos enfants, d’une génération à la suivante ; leur désir de se battre pour la cause noble de l’humanité n’en sera que plus raffermi.

A. Justement parce qu’il comporte tant de vertu, le dialogue appelle du soin et quelque préalable. Il s’agit d’une œuvre dont la vulnérabilité, à l’image du pays, mérite, du plus fort d’entre les acteurs, un minimum de concession. Ainsi, réclamons-nous du pouvoir du moment :

1. L’annulation des poursuites de justice contre les opposants détenus lors des troubles post-elections, ou ceux contreints à l’exil durant cette dernière décennie, y compris les hommes d’affaires, artistes engagés, journalistes, syndicalistes, blogueurs, objecteurs de conscience et ex sénateurs.

2. L’enregistrement immédiat de toutes les formations politiques et Ongs, non reconnues, tels IRA – Mauritanie, le FPC ou le RAG et l’adoption en urgence, d’une norme déclarative qui régirait le droit des associations.

B. Nous participerions, avec enthousiasme, imagination et disponibilité, au dialogue inclusif pour une constitutionnalisation et normalisation des apports et rapports des deux entités : opposition et pouvoir en place. Nous reconnaitrions le pouvoir qui s’engagerait dans cette dynamique.
Parmi les contradictions à traiter en priorité figurent l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés, le fichier et le code électoraux, la Ceni, le Conseil Constitutionnel, le Haut Conseil de la fatwa et des recours gracieux (Hcfrg), les critères de financement des partis et des associations d’utilité publique, le découpage administratif et électoral, les règles de recrutement des agents de l’Etat, le pluralisme culturel dans les média, la double nationalité, l’article 306 nouveau du code PÉNAL, la partie de l’enseignement « religieux » source de la haine et de l’esclavage, les relations de la Mauritanie avec son environnement naturel, c’est-à-dire l’espace Cedeao, et la région du Maghreb, et enfin la préservation des ressources naturelles, notamment l’eau et l’arbre.

C. Quant au contentieux lourd, source d’impunité et de récidive, il occupera l’essentiel de l’espace et du temps alloués à la délibération. Nous voulons inviter l’intégralité des acteurs du devenir national, à :

1. Reconnaitre l’éradication du crime d’esclavage et des pratiques connexes, en mission du mandat présidentiel, à partir du 1er aout 2019.

2. Prendre l’engagement d’apurer le « passif humanitaire et culturel», d’où l’abrogation de la « loi d’amnistie » de 1993, qui décourage la publication de la vérité et interdit, au juge, de poursuivre les auteurs des tortures, déportations, spoliations et tueries à caractère raciste. Une instance d’enquête et de réparation mettra un terme au déni et recommandera les mesures de commémoration, de dédommagement et de vulgarisation afin de maintenir la force prophylactique du souvenir contre l’oubli.

3. Doter de moyens conséquents, une institution en charge de corriger les disparités de naissances, par l’excellence d’une école du rattrapage, au bénéfice exclusif des enfants de la rue, des descendants d’esclaves, rejetons des castes « inférieures » et ayant-droit de personnes victimes d’ injustices commises sous le commandement ou avec les moyens de l’Etat.

4. Adopter des clauses de sauvegarde domaniale en faveur du paysannat face au péril de l’agro-business national et étranger.

5. Instaurer un mécanisme non partisan de transparence dans la gestion des ressources du sous-sol et de la mer, en vue de mettre un terme à l’usage des prébendes et surtout arrêter le pillage et la destruction des écosystèmes halieutiques.

6. Déclarer cause nationale et objet de concertation annuelle, les états généraux de l’écologie, de la santé et de l’enseignement, trois domaines gravement compromis par le laxisme, le faux en écriture et l’imprévoyance.

7. Promouvoir la visibilité et le leadership de la femme dans l’appareil de justice et les mécanismes de la bonne gouvernance.

8. Animer une conférence perpétuelle contre l’extrémisme violent en Mauritanie et accorder le statut d’ « utilité publique » aux Ongs de veille en la matière. Il convient de se concentrer sur les sources de propagation du fanatisme et de l’intolérance au sein de la société ; l’endoctrinement dans certaines institutions d’enseignement traditionnel, souvent devenus une fabrique de frustration et de chômage, constitue le terreau du terrorisme de demain. Parce qu’il existe un lien désormais empirique entre l’apprentissage prématuré des langues étrangères et la porosité des esprits à la paix, la tolérance et le respect de l’Autre, nous exigeons la promotion du bilinguisme pendant toute la scolarité ainsi que le renforcement de l’enseignement de nos langues nationales. L’éducation devient un enjeu de sécurité.

Vive la Mauritanie et les Mauritaniens pour une alternance historique Vraie et Historique !

✅Source crédit : Réseaux proches du président Biram Dah Abeid

L’éditorial: Qui était la taupe ?

La Nouvelle Expression – Je suis libre. Libre après 8 jours d’enlèvement. 8 jours durant lesquels seul l’accès aux toilettes était le droit auquel j’avais… droit ; le seul droit de sortir dans le couloir y menant. Pour le reste, je suis enfermé et coupé du monde… Mon horloge était le muezzin.

J’ai été enlevé le mercredi 26 juin 2019 alors que je me trouvais dans ma maison, aux environs de 18 heures, devant toute ma famille, y compris les enfants. Enlevé par plus d’une dizaine de policiers en civil. Ces derniers avaient fait irruption chez moi, comme dans un film, en bloquant toutes les issues.

Mon épouse, qui leur a ouvert la porte de la maison, s’est vu arracher son téléphone alors qu’elle était en pleine conversation avec les services de l’ambassade des USA concernant sa carte d’invitation pour commémorer la fête du 04 juillet.

Trois individus ont, subitement, investi la chambre où j’étais entrain de travailler sur mon ordinateur. Ils m’ont demandé si j’étais Camara. Après quoi, ils se présentèrent comme étant de la police et qu’ils avaient besoin de moi. Ils saisirent alors mon téléphone et mon ordinateur.

Avec leurs accoutrements, j’ai pensé à une farce de mauvais goût ou à des malfrats venus nous déplumer. Mais au vu de leur nombre et leurs armes légèrement dissimilées, j’avais compris. J’avais compris que mes visiteurs n’étaient pas des gens ordinaires. Des policiers spéciaux. Et un peu plus tard je compris aussi qu’il s’agissait des hommes de la D.E.S.

Ils se sont invités dans toutes les chambres, fouillant partout : les tiroirs, les porte-documents, les sacs… dans une atmosphère indescriptible à laquelle participait mon épouse qui, visiblement, ne pardonnait pas la façon dont ils lui avaient arraché son téléphone. Malgré tout, ces hommes, avec leurs chaussures, ne s’empêchaient point de marcher, comme bon leur semblait, sur ses tapis.

Dans un hassaniya sans accent, ces policiers ont entendu et bien écoué la fille de Mbout (Madame) qui ne voulait, apparemment pas, rater l’occasion d’apprendre à nos visiteurs la meilleure façon de se comporter, quand bien même on venait pour arrêter le plus grand terroriste du monde.

Les policiers, sourds et muets, avaient continué leur boulot en évitant de répondre à Mme… Après avoir pris leur temps pour fouiller tous les coins et recoins de la maison, les hommes de la D.E.S. avaient pris congé de Salimata, ses enfants et ses remontrances, en emportant avec eux leur prise du jour, le chef de maison (moi).

Ils m’amenèrent avec eux vers une destination inconnue. Après plus d’une vingtaine de minutes dans les rues de Nouakchott-Sud, nous entrons dans le quartier de Toujounine, direction la populeuse Moughataa de Dar naim où nous nous arrêtons.

En face, il y avait un camp devant lequel étaient postés des hommes en uniforme ; je précise que je n’ai jamais vu ce camp par le passé. Toujours est-il que j’étais l’hôte des hommes de la brigade anti-terroriste.

Il est à souligner que mes visiteurs avaient emporté de chez moi 8 portables, 3 ordinateurs et des documents. Je me rappelle que durant notre périple vers ce camp, quelqu’un, au téléphone, demandait mon identité et ma profession et, tard la nuit encore, au téléphone toujours je suis invité à répondre à des questions portant cette fois-ci, en plus de mon identité, sur l’adresse du site web de mon journal.

Au camp, deux individus m’attendaient : le chef et son adjoint. Ils seront mes principaux geôliers durant les 8 jours qui suivront. On me présenta ma chambre (Cellule), ma désormais demeure dans ce camp de l’anti-terrorisme. Une chambre de forme trapézoïdale avec une fenêtre qui s’ouvre sur la cour principale.

Ainsi, après l’explication des principales règles qui commandent mon séjour dans cette chambre, qui restera fermée sur moi 24/24, j’ai réalisé que j’étais un prisonnier. Des questions sans réponses et des préoccupations avaient commencé à s’entrechoquer dans ma tête.

De toutes les questions et préoccupations, celle de ma famille me revenait continuellement. Comment les miens vont-ils vivre cette épreuve inédite ? Surtout les enfants ? Alors, je me souciais plus du sort de ma famille que de mon propre sort…

Pendant tout mon séjour, la porte ne s’ouvrait que pour la toilette ou les heures de prière pour les ablutions. 8 jours pour être interrogé… une seule fois… le 3ème jour.

Ce jour là, je me suis dis, enfin, je vais savoir pourquoi je suis là enfermé comme un terroriste. Malheureusement, durant cette séance d’interrogatoire, je devais aider mon accusateur ou l’enquêteur en charge de mon dossier à trouver les charges contre moi, s’aidant en cela de mes conversations téléphoniques (« qu’ils » avaient enregistrées), du dimanche 23 juin jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement, le mercredi 26 juin 2019.

Bigre ! Je devais aider mon accusateur à trouver des preuves m’accusant d’avoir participé activement à un évènement auquel je n’avais pas… participé ! Une situation kafkaïenne… Situation vraiment inédite pour un séquestré qui, en plus des questions de la police, se questionne lui-même.

Et les questions se bousculaient dans ma tête : comment la police peut-elle tomber si bas en me privant ma liberté, et ce sans motif valable, et sans but évident ? Quelle est la main invisible qui se cache derrière cette volonté manifeste de vouloir nuire aux citoyens innocents ? Et surtout quand on sait que mon téléphone était sur écoute jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement.

J’étais stupéfait et sidéré. Alors c’est vrai…. Je suis écouté. Cette évidence, je la déduis d’une phrase lors d’un échange avec l’un de mes interlocuteurs entre dimanche et lundi… en plus d’autres détails qui, inchallah, feront l’objet d’un livre que je vais consacrer à cette épreuve.

Alors moi qui cherchais la taupe et s’étonnais du comment la police a pu trouver chez moi avec précision, la taupe n’était autre que mon téléphone soigneusement rangé dans ma poche. C’est désormais une évidence : la police mauritanienne me surveillait à distance à travers mon téléphone. Depuis quand et pourquoi ? Aucune importance.

Car bien que je fusse écouté, je suis relâché 8 jours après, faute de preuves pour étayer les suspicions. Y en avait-il vraiment ? Essaye-t-on de me faire peur ? Et, par ricochet, lancer un signal aux citoyens que la police sait tout de nous et tout ce que nous faisons avec, parfois, la complicité des opérateurs téléphoniques. Comme disait ce ministre d’une époque pas très lointaine : « Nous savons tout ce que vous faites dans vos maisons ». Inquiétant, vraiment !

Ainsi, de ce récit très incomplet, je tire quelques enseignements : La police nous écoute. Elle peut arrêter qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et même où elle veut. Et elle peut libérer ceux qu’elle arrête sans explication…

J’avais été enlevé chez moi un mercredi et on m’a ramené chez moi le mercredi suivant après m’avoir dit que les suspicions qui pesaient sur moi étaient levées et qu’on devait s’excuser et oublier le passé… Quelle légèreté !

Les souffrances que j’ai subies dans cette épreuve, le combat que j’ai toujours mené, je les dédie à la Mauritanie de mon rêve. Une Mauritanie juste et égalitaire. Une Mauritanie débarrassée de ses tares et des sangsues sans foi ni loi.

De ce pays perdu après des élections présidentielles peu propres, le citoyen se voit en sursis, le citoyen est dépourvu de vie privée. L’inviolabilité de la vie privée qui est une norme islamique est piétinée dans cette terre d’Islam.

Des élections… tout ça pour ça, serait-on tenté de s’écrier. L’armée dans les rues de certaines villes depuis samedi (le jour du scrutin). Un arsenal militaire digne des grandes offensives des Marines US. Un candidat qui se déclare vainqueur avant même la proclamation des résultats par la CENI et la France qui félicite l’autoproclamé gagnant avant l’officialisation desdits résultats. Question : qui veut du mal à la Mauritanie, et pourquoi ?

On cogite sur notre sort et le sort de cette Mauritanie malmenée et qui pleure, une Mauritanie qui, de jour en jour, est en train de toucher le fond, une Mauritanie qui vit dans l’ignominie. La déchéance. L’insouciance avec une arrogance éloquente de l’ignorant qui ne sait pas qu’il est ignorant. Et surtout qui ignore qu’on sait qu’il est ignorant. Triste Mauritanie réellement prise en otage.

Que comprendre de l’après élection ? Sinon que, hagards et KO debout, les Mauritaniens pensent que la situation est sujet à inquiétude car après l’échec du coup du troisième mandat, on a failli tomber dans le scénario à la Kabila… d’autres questions à inconnues peuvent nous surprendre.

Est-ce à dire que Mohamed Abdel Aziz n’en a pas encore fini avec la Mauritanie ? Allah Seul Sait et c’est vers Lui que nous nous tournons pour demander qu’Il protège la Mauritanie, qu’Il nous sauve des velléités de ceux pour qui le pouvoir est le début et la fin de tout, oubliant que, comme le disait si bien John Emerich Edward Dalberg-Acton, « Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Camara Seydi Moussa

Pourquoi l’équipe de Selibaby s’est retirée du Tournoi l’EED en France

Notre équipe de football, championne en titre de l’édition passée du Tournoi estival de l’ONG l’EED, a été l’objet d’un traitement injuste de la part d’éléments zélés de l’équipe organisatrice de la compétition. En effet lors du week-end du 29 juin 2019, notre équipe devait affronter celle de Toulel dans le groupe A composé de Boully et Selifely. Ce jour notre membre ayant en sa possession nos maillots, a eu du retard et on l’attendait d’autant plus l’arbitre était encore dans les vestiaires. Constatant l’empressement du responsable de la commission sportive, nous nous sommes proposés de pouvoir jouer avec des chasubles. Cette possibilité a été rejetée catégoriquement par ce responsable du nom de Mr KORRERA . Ce dernier nous menaçait d’un forfait pur et simple. Quand nos maillots étaient arrivés et aussitôt portés par nos joueurs, ce monsieur s’était déjà présenté auprès de l’équipe de Toulel pour notifier que le match ne joue plus en nous pénalisant d’un forfait. Après des moments tumultueux autour de cette décision hâtive et incompréhensible, nous avons eu l’information que l’équipe de Diyala avait déjà joué avec des chasubles en absence de leurs maillots. Sur le champ, nous avons porté l’affaire à la connaissance du président de l’EED, Mr waly Diawara qui trouvait ce forfait anormal et promettait que le match serait rejoué. Quelques jours après, nous avons été informés que l’équipe de Toulel bénéficiaire de ce forfait bancal ne voulait plus rejouer. Et d’une manière tacite nous comprenons que l’organe organisateur du tournoi s’est penché en leur faveur en notre détriment. Par conséquent nous avons décidé de nous retirer du Tournoi dans lequel notre équipe et son staff se sont toujours faits remarquer par le respect, le fair-play et la discipline vis à vis de tous. Cette décision injuste nous frappant, laisse soupçonner un mode de fonctionnement interne troublant et inquiétant dans l’organisation d’un Tournoi supposé fraternel et convivial.

©️Source crédit : Post Facebook de Thale’s Ndiaye, un responsable du staff de Selibaby (15/7/19)