NOTRE « J’ACCUSE »

● Contre les couvertures intellectualistes et militantes de l’ordre féodalo-esclavagiste dans nos communautés, notre « J’ACCUSE »

Il y a quelques mois, je suis passé sur le film « J’ACCUSE » de R Polanski. L’affaire Dreyfus portée au cinéma, un officier français de confession israélite qui fut injustement accusé et sali courant 19ème siècle. Un film qui retrace comment un certain ordre militaro-politico-social en France s’était emmuré pour entretenir les mensonges et manipulations afin de salir un innocent par antisémitisme crasseux. Et le plus passionnant et vibrant dans le film, c’est quand Zola rentra dans la danse pour la VÉRITÉ par son célèbre J’ACCUSE qui secoua l’anse du FAUX socialement et culturellement distillé. Dieu sait que Zola risquait beaucoup dans cette initiative… tellement que les forces manipulatrices et mensongères furent puissamment érigées à divers niveaux depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui en abordant les réalités féodales et esclavagistes dans nos communautés, on se rend compte qu’effectivement il y a des approches sensiblement similaires entre ceux qui portèrent méthodiquement les MENSONGES anti Dreyfus en visant le juif et surtout en croyant défendre leur « société pure », et ceux qui s’activent en coulisses et par des postures intellectualistes en zones choisies en voulant NIER, SALIR, COUVRIR, MINIMISER ET DISTORDRE enfin de donner une humanité aux tares affreuses de leurs communautés.

Notre « J’ACCUSE » d’aujourd’hui consistant à dévoiler ces double-face et autres « couteaux suisses », est une mission de portée sacrée.

KS pour le BLOG

Tribune : Déboulonner ou pas déboulonner ? Par l’essayiste Mohamed Lam

De façon générale, je suis contre le déboulonnage ou la destruction des statues de personnages historiques. Ce sont des éléments d’histoire qu’il ne faut pas effacer mais qu’il faut assumer. C’est une erreur que de penser que c’est la seule solution pour rendre aux descendants malheureux de l’histoire leur dignité. Il faut laisser les statues mais exiger la contextualisation. Il faut surtout lutter pour obtenir plus de statues de personnages méconnus et dont leurs actes ont été insuffisamment enseigné dans les manuels scolaires. L’histoire a été raconté par les vainqueurs. Mais aujourd’hui, les descendants des « vaincus » demandent la restitution complète du passé et donc du récit collectif. Ce qui est doit être entendu.

Des mouvements citoyens reclammant l’effacement dans l’espace public des statues de figures historiques controversées refont actuellement échos presque partout dans le monde.

Christophe Colomb, décapité à Boston. À Miami, sa statue est repeinte en rouge, vendalisé. En Viriginie, elle a fini dans un lac. En Angleterre, c’est la statue d’Edward Colston, armateur négrier, qui a été déboulonné. En Belgique, la statue du Roi des Belges Léopold 2 est, elle, méconnaissable, retiré d’un square car complètement repeinte en rouge. En Martinique, deux statues de Victor Shoelcher ont été détruite lors de la commémoration de la journée de l’esclavage. La statue de Colbert, auteur du code noir, est également la figure la plus emblématique la plus ciblée.

On se rappelle également, il y a quelques années, au Ghana, que la statue de Ghandi a été vendalisé. Ghandi, accusé d’avoir tenu, entre 1893 et 1915 des propos racistes et quasiment homophobes contre les Noirs en Afrique du Sud. Mahatma est pourtant présenté comme la figure de l’indépendance en Inde et de la non violence mais affirmait que « les indiens sont infiniment supérieurs aux Kaffirs ». Le mot Kaffir, étant utilisé à l’époque par les colons anglais pour désigner les personnes noires.

Toutes ces statues exposent publiquement l’histoire des figures du passé qui ont contribué à un certain moment soit à légitimer l’esclavage et ou la colonisation des peuples soit ont tenu des discours d’inégalités entres les humains.

Certains observateurs pensent que déboulonner n’est pas la solution. Il faut systématiquement expliquer, de la façon la plus pédagogique possible, leur histoire et leur part de responsabilité et de leur degré d’implication dans le passé. C’est la proposition de l’historien Pascal Blanchard que je partage évidemment. Le problème est que cette pédagogie explicative n’a pas été suffisamment faite voire pas du tout. La plupart des figures historiques dont les statues sont plantés dans les plus grandes villes d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, ne fait pas l’objet de contextualisation.

D’autres pensent justement qu’il faut soit déboulonner ou placer ces statues dans des musées avec explications à l’appuie.

Kalvin Soiresse Njall, député (écologique) belge pointe justement le doigt sur la question du traitement de l’histoire et de la mémoire coloniale en Belgique. Pour lui, ce pays est resté très longtemps dans une sorte de déni de son passé qu’il refuse de voir en face. Le député Njall affirme donc qu’une société qui ne regarde pas son passé est une société qui se ment à elle même.

Rappelons que la Belgique colonisa le Congo. La statue de Léopold 2, l’une des figures de cette colonisation, est déposé sans être accompagné d’une contextualisation pédagogique. Contexte historique dans lequel le peuple congolais était sous domination Belge.

Lorsqu’on n’explique pas une histoire, on a tendance à laisser penser qu’on la nie, et quand on fait paraître ce doute le risque est grand. Aujourd’hui, la non prise en compte des responsabilités historiques des uns et des autres a provoqué les demandes de déboulonnage partout dans le monde. Les mouvements qui deboulonnent le font parce qu’ils estiment que le passé n’est pas assez assumé dans le monde occidental.

L’affaire George Floyd a provoqué une indignation planétaire. Le racisme dévoilé en plein jour depuis son assassinat a donc conduit à une prise de conscience mondiale sur l’histoire du racisme, les figures, les récits et les personnages qui qui l’ont été.

En Afrique, les traces de la colonisation et de l’esclavage restent encore présentes dans beaucoup de pays. Monuments, forts, ponts etc. L’île de Gorée ou la maison des esclaves en est la trace indélébile.
Mais ce passé est raconté, expliqué enseigné. Joseph N’Diaye, conservateur de cette maison, de son vivant, n’aurait jamais demandé sa destruction parce qu’il considérait qu’il faut raconter cette histoire de la manière la plus complète possible.

Au contraire, il faut dire l’histoire et ne pas laisser planer le doute ou le déni.

Déboulonner et oublier ou pas déboulonner mais expliquer, telle est la grande question du monde déconfiné.

Mohamed Lam

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur

L’édito-Cri Osé : Oui… le Noir ne compte pas « HUMAIN » pour certaines cultures !

Sortons de la classification raciale entre les Humains pour déraciner le racisme et déconstruire nos cultures racialistes !

Oui… le Noir ne compte pas HUMAIN pour certaines cultures !

Lilian Thuram disait ceci il y a quelques mois : « Quand on parle de racisme, il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche .
Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. C’est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles »

Loin de toute visée d’essentialisation, mais ces derniers temps autour de l’affaire de la mort de l’afro américain #George_floyd, pratiquement plusieurs voix ont tenu à peu près de propos ayant la teneur de ceux du champion du monde français 98. Les deux flics américains vus dans la vidéo de l’incident mortel sont un blanc caucasien et un américano-asiatique, tous 2 devraient certainement avoir des préjugés bien fixes et similaires sur l’effet Noir ou Black . Et ils peuvent avoir quelque chose de commun avec les supporters de foot qui s’en prennent aux joueurs Noirs dans certains stades européens. Ces fachos supporters partagent une certaine idée du Noir avec les brigands libyens qui faisaient du trafic esclavagiste sur les migrants Noirs courant 2017. Ces libyens ne sont pas très loin de ces marocains propriétaires qui ne voulaient pas de subsahariens dans leurs appartements à loyer. Et eux aussi peuvent se comprendre avec ce libanais qui mettait sa bonne nigériane en vente sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Aussi ce libanais a certainement les mêmes idées sur l’effet Noir que ces saoudiens qui étaient hystériques et haineux contre leur compatriote Noire devenue pilote de ligne, lire : https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/01/15/leffet-noir-nous-et-le-cas-de-la-pilote-noire-saoudienne-nawal-hawsawi/ . Il y a quelques années un grand patron français taillait du Noir à la télévision française en se demandant en substance si « les Noirs ont servi » quelque chose déjà…

Tout ce monde peut avoir une empathie pour ce responsable touarègue malien (du mouvement rebelle Mnla) qui disait que son peuple serait le seul à être sous domination d’un pouvoir Noir dans la Zone. Encore on apprend selon certaines sources historiques que les contingents Noirs (tirailleurs ou afro américains) furent méthodiquement écartés lors de la descente en ville (À Paris) des troupes alliées après la libération… pourquoi et quel sens profond… !? Tout peut être lié d’une manière ou d’une autre… et Thuram avait pertinemment résumé le fond de la « CHOSE ».

On peut en lister encore et encore…

KS pour le BLOG

Tribune : « Le général Picquart du désert où la fabrique des héros 2.0 » Par Diallo Saidou dit Thierno

Les sorties tonitruantes du trublion de la diplomatie mauritanienne lui ont valu d’être relevé de ses fonctions juste après une promotion.
La cause, une dénonciation légitime (même si on peut discuter de la manière) des discriminations que subissent les Halpularénes.
Le ministère des affaires étrangères, dans une forme de fourberie sans nom, le remplaça par un de ses amis dont il a dénoncé la marginalisation.

Si les sorties sur les RS de l’intéressé ont fait sensation avec un élan de soutien large. Elle a aussi était l’occasion pour certains, à l’insulte facile, de jeter l’opprobre sur son remplaçant.
Se faisant, les soutiens du diplomate déchu ont voué aux gémonies son remplaçant, tombant ainsi dans le piège sciemment orchestré par l’administration.
Et il est désolant de voir des personnes aguerris politiquement et baigné dans l’histoire, affubler un de leurs semblables de Négre, ce substantif utilisé péjorativement dans la lutte contre l’émancipation des Noirs.

Ainsi les militants 2.0 en manque de repère ont trouvé en ce diplomate déchu un Héros, un Martyr vivant au service de la cause!
Pourtant le récit héroïque qu’on veut nous imposer avec cette figure de l’homme qui se sacrifie pour les Noirs de Mauritanie est plus complexe qu’il n’y parait.

Car cohérence pour cohérence, dans sa dénonciation légitime de manque de diversité dans les dernières nominations au niveau du ministère des affaires étrangères, l’homme ne s’intéresse qu’aux Halpularenes, sa communauté d’extraction oubliant au passage l’ensemble des autres communautés qui sont victimes de marginalisation !

Cohérence pour cohérence, pourtant celui que vous érigez en héros aujourd’hui, était un fervent soutiens du régime actuel durant la campagne présidentielle précédente !

Cohérence pour cohérence, votre héros du jour, il y’a de cela un an traitait la CVE de coalition de toorobbés, invitant vos militants à quitter le navire, preuve à l’appui.

Cohérence pour cohérence, votre héros a fait le choix de dénoncer cette marginalisation sans concertation avec les intéressés. En les citant nominativement, il implique ainsi des gens dans une affaire (légitime soit-elle) sans leurs consentements. Ces derniers découvrent cela sur les RS.

Face à une politique structurelle de marginalisation communautaire, on ne peut opposer une dénonciation de circonstances, au risque que cela s’apparente à une action spectacle.

Les lanceurs d’alertes restent généralement dans les lambris dorés du pouvoir ( pas pour en profiter) afin transmettre à des relais extérieurs des informations pour alerter l’opinion…

Dire cela n’est pas une forme remise en cause du fond, à savoir le combat légitime pour mettre fin à cette saignée dont on est victime dans nos administrations.

Cette petite contribution qui se veut factuelle, n’emportera probablement l’adhésion de beaucoup et tant mieux. Cependant l’auteur que je suis vous invite à porter la contradiction sur le terrain de l’argumentation rationnelle au détriment des diatribes émotionnelles qui me laissent de marbre.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur – 21/05/2020

L’éditorial – Nouvelle Expression : « Quand les héritiers de Wagadu déraisonnent… » Par Camara Seydi Moussa

Notre propos à l’égard de la communauté soninké, l’héritière de l’une des plus belles histoires de l’humanité en Afrique – groupe auquel j’appartiens – relève, pour moi, de la séquence de l’émotion.
Voilà maintenant plus de cinq ans, que j’endure, sans recours ni trêve, un lynchage intracommunautaire dont la sordidité le dispute à l’infécondité.

Ici, s’opposent, à l’abri de la moindre médiation, les tenants du statu quo des hiérarchies anachroniques et les détracteurs de telles discriminatoires ; comme partout dans le monde, depuis que les humains ont inventé le désir d’équité et acquis l’usage de la mémoire, la conservation se défend des assauts du progrès et le sentiment de supériorité résiste aux exigences d’égalité.

Là, il n’est point question d’un échange courtois sous la supervision d’un arbitre que sa neutralité désigne à la confiance des deux parties mais d’une relecture passionnée de l’histoire, aux fins de s’en réapproprier les symboles, en les malmenant, s’il le faut. L’enjeu comporte sa part de rancœur et de violence, comme le révèle, sur la ligne de clivage « seigneur-sujet », la vivacité, parfois la brutalité concrète de la néo-contradiction parmi les Soninko.

Des voisinages harmonieux se muent en inimitiés, les regards s’évitent, l’insulte devient facile et, désormais, les coups pleuvent, quelquefois dans un sens inédit.
Les victimes de ce que l’on appelle complaisamment « séquelles de l’esclavage, se confrontent aux défenseurs de l’Ancien, toujours perpétué ; après y avoir sacrifié des siècles durant, elles perdent l’assurance, voire l’illusion, de vivre, encore, le temps de la justice, qui définit et alimente la faculté du supportable. A terme plus ou moins bref, nul ne se satisfait d’un contrat -fût-il sacré – où il cesserait d’espérer une compensation, un profit.

Ainsi, la frustration et sa soudaine part de lucidité régissent les révolutions et guerres de renversement et, dans le meilleur des romans, une action de réforme. En l’occurrence, le verbe du débat se caractérise par la diffamation, l’anathème et l’intimidation physique.
Malgré l’occasion d’apprendre et d’enseigner, peu d’acteurs et de témoins inclinent, jusqu’alors, aux vertus de la pédagogie et de la recherche. A cause de la démocratisation de l’accès aux gadgets de l’instantanéité, les praticiens des sciences humaines et sociales, les sages et les préposés au souvenir, perdent la voix ; au chapitre, l’on n’entend plus que le charivari populaire de l’accusation, de la réfutation et du procès d’intention, ceci selon la loi, lapidaire, du nombre.

De part et d’autre du litige, la rue parle haut et fort. Du quasi-monopole de la vox populi émerge et s’installe la légitimité du règlement de compte, sur la place publique, devant le juge mais aussi en privé, au hasard des rencontres. La préméditation de l’embuscade témoigne d’un passage qualitatif de l’adversité, du spontané à la délibération. Les ondes d’un conflit de basse intensité parcourent, à intervalle aléatoire, les hameaux, campements, villes, villages et quartiers où un Soninké en croise un autre. Aucun n’y échappe.

L’on assiste, souvent désolé, nauséeux ou passif par lassitude, à une confrontation des moins conventionnelles ; il convient de se le remémorer, le royaume de Wagadu n’a succombé ab intestat mais la descendance, convertie à l’Islam, préférait ignorer, oublier, gommer la fortune d’avant. De la, s’explique, peut-être, la propension des descendants de légataires immédiats, à abolir leur lien primitif et le débiter en lambeaux d’allégeance circonstancielle.

Il en résulte la facilité avec quoi l’injonction de l’adversité et le fantasme d’une différence non surmontable, substituent la discorde à la cohésion d’antan. Remise en question, révisionnisme, braquage mémoriel, tentative de déconstruction d’une fraude ou attente de réparation, l’identité Soninko se retrouve sommée de se départir de son vocabulaire initial. Certains de ses fils n’y puisent des motifs de prestige, une denrée immatérielle qui constitue l’un des ornements de l’existence à plusieurs.

Ce passé mal réparti les révolte et dégoûte ; il n’est plus le leur. Certes, à leur décharge, les rejetons du Wagadu d’hier ne s’imaginaient ressortissants d’un Etat unitaire, sous l’égide des principes normatifs, qui commandent le primat de la citoyenneté sur la fortuité de la naissance. Ils tenaient plutôt pour sain d’appartenir à un peuplement où chacun agirait à sa guise, suivant le savant équilibre entre subjectivité et conséquences de celle-ci. Bien entendu, le constat s’applique à n’importe laquelle des autres composantes de la Mauritanie plurielle.

Aujourd’hui, les langues se délient et le Soninkara semble dénudé. Des situations conflictuelles se créent et perdurent sur l’espace de l’Afrique de l’Ouest où la communauté s’étend, notamment la Gambie, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal…S’ensuivent des morts d’hommes, des privations d’habitation et de terres culturales. Et dans la honte, les enfants de Wagadu se dévoilent. Malgré les principes de pudeur, de devoir et de parole donnée qui singularisent ce code d’honneur, la vulgarité, le ressentiment et l’irrespect gagnent les esprits ; ce n’est plus qu’une mêlée informe.

Pourtant, à l’épuisement conjoint des ressources de la polémique et de la force brute, les deux lutteurs, confus, se rendront compte que le désir de justice et d’égalité finit par vaincre, hélas dans la douleur. L’évidence inéluctable de la prédiction recèle de quoi modérer la fureur à l’assaut de la cité imparfaite et adoucir, aux défenseurs de ses murs, la certitude de leur reddition.

Un proverbe Hassani le rappelle assez, « il est bien nu celui qui se cache sous les jours ». Les jours se suivent et renouvellent. Ils se ressemblent de moins en moins.

Camara Seydi Moussa

©️ Crédit source: http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1255

Contribution : « l’esclavage statutaire en milieu soninké » l’étudiant – chercheur Ismail Traoré

En écoutant les uns et les autres, notamment sur la question de l’esclavage statutaire ou coutumier, donc par ascendance, je me suis aperçu que de nos jours, beaucoup d’intellectuels et cadres soninkés se rangent du côté des masses populaires analphabètes.

Les paroles le plus couramment proférées sont, entre autres : «L’esclavage est révolu »; «Nul ne doit être exploité, légué et/ou cédé»; «Tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité ». Ces propos sont certes augustes et fédérateurs. Ils sont tout de même ironiques. Car étant issus de l’horde féodal, ces derniers ne peuvent ni tenir des discours prolifiques ni ériger des lois fiables, encore moins trouver des compromis sur des sujets à caractère litigieux.

Il est à déceler aussi chez ces personnes un sentiment d’indifférence voire un comportement d’apathie et de passivité. Loin de prendre une position perfide, je réagis en tant qu’individu appartenant à la même société dont à présent indigné face à des pratiques d’antan rétrogrades.
Je suis écœuré d’entendre encore par des témoins oculaires que chez nous, des maisons sont saccagées, des champs sont défrichés, des hommes sont chassés de leurs villages, certains ont été ligotés et battus avec des machettes et des gourdins parce qu’ils ont dit qu’ils ne veulent plus l’esclavage coutumier ou par ascendance.

Ces actes exclusivement odieux et vraisemblablement insensés sont répréhensibles. S’agissant des auteurs des crimes, ils doivent comparaitre devant les cours pénales. Ces chauvins et les soi-disant ténors se laissent guider par un instinct animal, puisqu’ils réagissent sans moindre scrupules. Leurs assauts ne se bâtissent sur aucun plan stratégique.

Ce qui s’est passé le 05 avril 2020 au Mali, plus précisément à Lani Tounka dans la circonscription de Kayes est inadmissible. En effet, un groupe majoritaire pour ne pas dire aristocrate garni de toute sorte d’armes blanches s’est levé contre les familles prises pour inferieures, puisqu’elles sont minoritaires afin de les lyncher et d’incendier leurs foyers y compris leurs magasins de stockage.

À noter également que les membres de cette communauté sont écartés des affaires villageoises telles que les cérémonies funéraires, nuptiales… De même, ils sont dépossédés de leurs terres agricoles, les filles et les garçons ne sont plus scolarisés parce qu’ils ont été interdits à l’école de la ville. Pareil, leurs défunts ne sont plus enterrés dans le même espace que les autres. Ces problèmes ne concernent pas seulement cette localité.

Environ 70% des villages soninkés du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, où de nombreuses personnes ont été tuées, se retrouvent dans cette posture. Quelle horreur !
C’en est trop ! Il est temps de tourner la page de l’Histoire. Le soninkara entier doit se lever pour dire non à l’esclavage statutaire ou par lignage; non à la violence physique; non à l’outrance verbale; non à la scission ethnique ! Le célèbre écrivain malien Seydou BADIAN ne dit-il pas que « La maison n’est belle que lorsque chacun y reconnaît sa part de labeur ». Et moi je dirai le jamaane (nation), le debbe (village) et le kunda (quartier) ne sont admirables que quand tout le monde s’y sent utile et ragaillardi.

L’éclatement étatique, clanique et communautaire m’étouffe. Je dois arrêter de me voir en cordonnier, en noble, en forgeron, en griot ou encore en esclave. De même, je dois cesser de me voir en maure, en soninké, en peul, en wolof, en bambara, en malinké. Je dois juste me voir en citoyen du monde, en être civilisé.
Je ne pourrais conclure sans me rappeler le théoricien de la “non-violence” Mahatma Gandhi à travers Robert Deliège Gandhi sa vie et sa pensée : « La non-violence n’est jamais un acte de faiblesse, une démission et encore moins l’expression d’une peur. La non-violence est le moyen d’arriver aux buts que l’on s’est fixé ; elle est à la fois un moyen et une fin en soi ». Que tout se fasse sans la violence !

Ismail Traoré

Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France

ismael172017@yahoo.com

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/contribution-lesclavage-statutaire-en-milieu-soninke/

Tribune : Médecine « bienveillante » et retour de la raison coloniale, Par Sidi N’diaye

Il est des temps exceptionnels qui rendent possible la libération de racismes faussement habillés de bienveillance. Quand arrivent ces temps, les digues de la décence et de la retenue entretenues par les règles implicites et explicites de la vie en communauté se fissurent par endroits, laissant suinter la boue et les excréments. 2 avril 2020, le Covid-19 continue d’arracher des vies, et alors que le monde est frappé de stupeur, des effluves pestilentiels remontent à la surface :Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin, propose sur le mode interrogatif de tester un vaccin en Afrique « où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation. Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le sida…». Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale acquiesce: « Vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique ».

Bienveillance ? Non,déchets, ignorance et arrogance rassemblés dans l’esprit et les mots d’hommes de science. Une surprise ? Une nouveauté ? Non, pas pour les Africains qui ont appris dans la douleur que le statut d’homme de science (souvent ce mâle de type caucasien prétendant tout savoir) ou d’homme éclairé n’est en rien synonyme d’intelligence sociale, encore moins d’humanité, de générosité, de respect et de bienveillance.
Depuis que des hommes éclairés ont prétendu avoir « découvert » un continent exotique abritant d’innombrables richesses et des peuples barbares aux mœurs étranges, depuis que d’autres hommes éclairés ont prétendu dire cet ailleurs à la place des gens qui y vivent, qu’ils ont dans le même geste légitimé l’esclavage et la colonisation, l’Afrique est devenue le lieu de tous les fantasmes et projections lugubres. Même lorsque le regard se tourne vers quelques figures progressistes, il finit par se heurter à une condescendance, un paternalisme et des appétits prédateurs. N’est-ce pas par exemple Victor Hugo, anti-esclavagiste répondant à un Victor Schœlcher pressé de « porter la lumière à des populations encore dans l’enfance » qui s’exclamera : « Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre (…). Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la » ? N’est-ce pas Jules Ferry, artisan de loi portant sur l’instruction obligatoire, laïque et gratuite qui soutiendra en 1885 devant des députés français, dont beaucoup ont été désarçonnés, « qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles de civiliser les races inférieures », et de conclure avec assurance : « est-ce que vous pouvez nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? ». Les exemples sont légion, et il serait malvenu de justifier pareils propos en les adossant à leur contexte et à leur temps.
Ce n’est donc pas par pur hasard que des médecins occidentaux, en ce XXIe siècle, jugent intelligent de sauver l’Afrique en lui « proposant» de tester des vaccins sur ses gens. Bien au contraire. C’est non seulement parce que subsistent dans les mémoires des traces d’une idéologie raciste (même celle qui s’ignore), mais aussi parce que l’Afrique a longtemps été le terrain privilégié de la médecine coloniale et de ses expériences. Associée à l’anthropologie physique qui a conduit à des dérives macabres, cette médecine, quoi qu’en disent ses défenseurs (ils sont nombreux), a semé la désolation et la mort en Afrique. Il en est ainsi du vaccin contre trypanosomiase humaine ou maladie du sommeil. Dans Le médicament qui devait sauver l’Afrique, pour ne citer que les rares travaux en langue française, Guillaume Lachenal revient sur la découverte de ce vaccin et son administration aux populations africaines. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Lomidine est découverte. Dans l’enthousiasme, de grandes campagnes de ‘lomidinisation préventive’ sont organisées dans toute l’Afrique. La molécule se révèle inefficace et dangereuse, mais ceci ne freine pas les médecins ». Cet acharnement s’expliquait non seulement par des considérations économiques, à savoir l’entretien de la force de travail et de production des colonies, mais aussi par le souci qui était celui des médecins de ne pas faire reposer le coût élevé des pertes humaines liées à l’administration du vaccin sur les Européens, en particulier ceux qui étaient installés en Afrique et qui n’ont jamais été vaccinés.
On sait aujourd’hui que la Lomidine n’a pas été la seule tueuse d’Africains. De nombreuses campagnes de vaccination censées prévenir ou lutter contre des maladies comme la bilharziose, la syphilis, le pian…ont aussi, paradoxalement, engendré la propagation rapide de d’infections meurtrières. Ce fut par exemple le cas de l’hépatite C au Cameroun, en République centrafricaine ou en Egypte, et dont des recherches ont montré qu’elle s’était généralisée du fait d’une entreprise massive et forcée de vaccination (« Quand la médecine coloniale laisse des traces », Les Tribunes de la santé, 2011). On ne peut donc que se réjouir que les Africains, conscients de ce que des générations de malades et de vies perdues doivent aux entêtements d’apprentis sorciers soutenus par des politiques scélérates, se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer d’une seule voix, y compris par les voies légales, la médecine raciale « bienveillante » et la raison coloniale.

Sidi N’Diaye, Politiste, pour ADN

©️ Crédit source: https://africadiaspora.news/2020/04/medecine-bienveillante-et-retour-de-la-raison-coloniale/

Questions sociales et explosion de la violence en pays soninké, Par Aliou Kissima Tandia

🔹️Par Aliou Kissima Tandia

Les soninkés ont la réputation d’être un peuple paisible mais les explosions de violences qui traversent cette communauté depuis quelques temps sont en train de lui donner une face hideuse. Les derniers affrontements intracommunautaires à Laani au Mali, Moodibugu en Mauritanie, Koyina en Gambie, dans le Kingui et ailleurs que nous avons suivi de loin interpellent la conscience de tous et de toutes. Ils sont la suite logique et l’expression d’une accumulation de rancœurs et de frustrations, d’un manque de dialogue et de communication entre membres d’une même communauté. La nature ayant horreur du vite, l’avènement des réseaux sociaux a brusquement libéré la parole et établi le contact entre acteurs dont la plupart n’étaient ni intellectuellement ni psychologiquement préparés et prêts pour un débat d’idées. Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans la société soninké, il serait important d’apporter quelques éclairages historiques.

● Éclairages historiques

Comme toutes les sociétés qui vivent dans la bande sahélo-saharienne, la société soninké est une société très hiérarchisée composées de groupes qui se subdivisent à leur tour en sous-groupes.
Les structures sociales et politiques donnent la prééminence à certains clans (tunkanlenmu) pour l’exercice du pouvoir à l’échelle d’un village (debe) ou pays (jamaane). C’est un droit de commandement qui se base sur le droit du premier occupant du sol ou l’usurpation du pouvoir qu’on acquiert par la naissance.
C’est ainsi que suivant les régions ou pays, on peut rencontrer des patronymes qui jouent un rôle prépondérant dans la vie politique et sociale (Traore au Xanaaga, Baccili Gajaaga, Jaawara dans le Kingi etc.
Les différents groupes entretenaient et entretiennent encore des relations complexes marquées par le maarenmaaxu (parenté), le jonganlemaaxu (alliance codifiées par des serments comportant une séries d’obligations réciproques engageant les parties contractantes et leurs descendants), le laadanlemaaxu (alliances codifiées par les coutumes aux termes desquelles les différents groupes se rendent mutuellement services contre des gratifications symboliques et le kalungooraxu (cousinage à plaisanterie). Tous ces niveaux d’alliance ont pendant longtemps permis et permettent encore de cimenter le vivre ensemble dans la solidarité et ont créé les conditions d’une résilience sociale et économique.

● Contestations de l’ordre ancien

Aujourd’hui même si la taxinomie employée pour désigner les différents groupes sociaux existe toujours, la société soninké n’a pas été épargnée par l’évolution en cours dans toutes les sociétés africaines.
L’ordre ancien qui a commencé à être contesté depuis les premières années de nos indépendances par des intellectuels et anciens combattants d’extraction servile a trouvé aujourd’hui un terreau fertile à travers notamment le combat d’Elhor, de SOS esclaves et tout récemment du mouvement IRA Mauritanie et de l’ARMEPES-France : (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques Esclavagistes et ses Séquelles). Si les premières organisations citées plus haut ont réussi à faire bouger les lignes concernant la lutte pour l’émancipation des harratines et pour plus de justice et d’équité en Mauritanie qui fait de leur leaders des acteurs clés sur l’échiquier politique et social en Mauritanie, le second fondé essentiellement pour ne pas dire exclusivement par des ressortissants du Guidimakha mauritanien a pour ambition d’opérer des transformations sociales profondes dans la société soninké en ayant comme objectif premier « de débarrasser notre Soni Karaa de toutes ses tares liées à la féodalité, au système de castes, à la hiérarchisation statutaire entre personnes ayant vécu ensemble depuis de tant d’années »[i]
Le succès ARMEPES-France Ganbanaaxu Fedde, a favorisé le lancement d’un mouvement transnational couvrant non seulement la Mauritanie mais aussi le Mali, la Gambie, le Sénégal et toute la diaspora soninké à travers le monde et avec comme devise l’égalité en dignité et en droits dans les communautés soninkés respectives.
L’utilisation de Whatsapp pour redynamiser et faciliter la communication entre les membres du mouvement et la vulgarisation de ses idéaux a non seulement permis de tisser et de renforcer des liens entre ses sympathisants mais aussi favorisé l’éclosion de courants supposés opposés à toute transformation sociales en pays soninké ou à la démarche utilisée par Ganbaaxu Fedde. Ainsi démocratie islamique, Hooron da in baana, Kingui contre Ganbaana, TGV contre Ganbaana ont été créés et sont vite allés en guerre contre Ganbaana feddé. Suivant les camps, les deux courants ont utilisé les réseaux sociaux pour légitimer ou condamner le combat de Ganbanaaxu ou questionner ses méthodes de lutte en puisant très souvent leurs arguments du coran et de sunna du prophète.
La virulence de certains propos et la manière de tourner l’adversaire en dérision étaient souvent d’une rare violence et manquaient de décence.
Cette liberté d’expression offerte par les réseaux sociaux s’est révélée être à la fois une opportunité et un piège pour notre communauté car la plupart des personnes qui s’invitaient dans ces débats d’idées et de société n’étaient pas toutes intellectuellement et psychologiquement à la hauteur. Ils ont plutôt créé une cacophonie qui a brouillé le message authentique de Ganbaanaaxu et rendu inaudible la voix des progressistes de toutes extractions sociales, exacerbant ainsi la résurgence du phénomène de l’esclavage dans beaucoup de contrées.
Par leurs capacités de filmer, d’enregistrer, de transférer des audios et images en temps réel, d’archiver et même de manipuler des faits, les nouvelles technologies de la communication ont, dans le cadre de ce combat intracommunautaire, contribué à exacerber les tensions entre familles et clans en faisant émerger beaucoup plus de faucons que de colombes.
Face à cette situation, des bonnes volontés ont tenté des médiations qui se sont soldées par des échecs. Quant aux états, ils ont brillé par leur inaction qui peut se traduire par une manière subtile de laisser la situation pourrir.

Explosions de violences

Les conflits latents et la guerre fratricide qui en a résulté a déjà fait couler beaucoup de sang, endeuillé des familles et augmenté la vulnérabilité d’autres, les rapports de forces n’étant pas toujours les mêmes partout. La violence dans les rapports humains est tout simplement inacceptable, particulièrement entre personnes unies par des liens historiques et multiformes, c’est pourquoi nous sommes tous interpellés par les cris de détresse et les sanglots des blessés et des victimes des différentes explosions de violences. Nous le sommes autant que nos états qui doivent se doter d’institutions fortes et impartiales qui créent les conditions d’une paix sociale et la garantissent.
Il faut condamner la violence et les injustices d’où qu’elles puissent venir et les corriger après une analyse froide de ces évènements douloureux. Cela permettra d’éviter l’amalgame et les conclusions hâtives sous l’effet de l’émotion.

● Conclusions

À l’image de ce qui se passe chez les peuples voisins, les transformations sociales sont, en milieu soninké déjà là, elles sont à la fois visibles, subtiles et complexes. Il faut les ancrer dans notre vécu au quotidien, les accompagner et sachant que les protagonistes considèrent qu’ils sont d’égale dignité et le sont conformément aux différentes lois fondamentales des pays concernés. Cette période que nous vivons est une transition vers une nouvelle ère. C’est une tendance irréversible. Il nous faut une intelligence situationnelle pour sauvegarder l’essentiel et chacun dans son contexte local et son vécu connait l’essentiel. Il faut orienter les radios mille collines vers la promotion de la paix et la réconciliation par le respect des aspirations légitimes de tous ceux qui, dans notre cohabitation se sentent lésés.
Ce conflit est appelé à être dépassé avec ses souvenirs douloureux d’où la nécessité de dialoguer dès maintenant, de dialoguer sincèrement et sans tabous pour ne pas mettre en péril notre vivre ensemble qui doit être au-dessus de tout. Ce malaise profond doit être traité à l’échelle globale mais surtout au niveau local, chaque jamaane et debe ayant ses spécificités héritées du passé qui ne sont pas forcément celles des autres.
En sachant qu’ils seront interpellés devant les tribunaux de l’histoire sur leur gestion de notre patrimoine commun qu’est le soninkara, la diaspora, les cadres vivant dans nos différentes capitales et autres grandes villes, les oulémas, les élus et tous qui constituent les éminences grises et des références incontournables pour leurs Co-villageois ou contrées sont appelés inventer des mécanismes pour ramener la paix des cœurs et des esprits de façon durable.

Aliou Kissima Tandia
Ndjamena, le 11Avril 2020

[i] Gaye Traore, interview accordée à Calame le 29 Mars 2018.

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/questions-sociales-et-explosion-de-la-violence-en-pays-soninke/

À Lany au Mali, ce coronavirus féodal et esclavagiste soninké dans ses actes criminels (en images)



Images reçues du terrain tard dans la nuit du 6/4/2020

Dans la journée du dimanche 5 avril 2020, un groupe de plusieurs jeunes venus de 3 villages (lany modi, lany tounka et lany takhoutala), a attaqué les membres de la communauté GANBANAAXU du village.

Du terrain de foot jusqu’à dans certaines maisons, un déchaînement d’une violence inouïe a visé systématiquement des personnes identifiées comme étant membres du mouvement anti-esclavagiste et anti-féodal dans le village. Un véritable guet-apens haineux et criminel causant plusieurs blessés graves et mise à feu dans des demeures. Gourdins et armes blanches, tout a servi pour sévir contre des paisibles gens (femmes, vieux et jeunes) dont leur seul tort, c’est d’avoir osé dire « Nous ne sommes pas esclaves ». Une honteuse bizarrerie sur les terres africaines aujourd’hui au 21ème siècle entre Noirs d’un même groupe sociolinguistique. Quand l’actualité mondiale est marquée par la menace de la pandémie Covid-19 , certains milieux soninkés ratés de l’Histoire contemporaine se trouvent comme priorité existentielle, la défense des coutumes moyenâgeuses qui discriminent, humilient et agressent. Triste RÉALITÉ !

On se demande s’il est nécessaire encore de pointer le laxisme ahurissant et les complicités évidentes de pouvoirs publics au Mali face aux extrémistes féodalo- esclavagistes soninkés dans certaines localités. Depuis 3 ans au Mali, le régime coutumier soninké basé sur la hiérarchisation sociale s’est muté par endroits, en ordre agressif d’une violence inédite à l’encontre de personnes qui refusent les humiliations sociales de l’esclavage statutaire.

©️ Sources recueillies : Ganbanaaxu Mali

🔹️Par KS pour le BLOG

Réflexion- Tribune : La rage qui sert l’Afrique…, Par Dr Mamadou SY

Le fait que des propos d’un médecin en France puissent avoir le poids de faire trembler un continent montre encore une fois la faiblesse dangereuse qui caractérise, malheureusement encore, les pays africains, leurs gouvernements, leurs décideurs, leur intelligentsia…

Les nations fortes ne seraient aucunement inquiétées d’une déclaration d’un individu à travers sa télé nationale, si d’ailleurs cette déclaration avait quelque chose d’inquiétant. Elles auraient tout au plus souri.

Donc, jeune africain, remarque quand même que le vrai problème n’est pas qu’un individu externe puisse déclarer un plan à ton encontre, mais bien que ta situation puisse rendre la réalisation de ce plan possible.
De ce fait, si tu veux éradiquer ce problème une fois pour toutes, si tu veux vraiment ne plus en entendre parler, attaque toi à sa véritable cause… mais vraiment à celle-ci, profondément à celle-ci, et pas à ses corollaires récurrents qui surviennent aux grandes occasions.

Les faits sont que la jeunesse africaine connait un grand retard dans sa formation scientifique et technique quelque soit les facteurs responsables de cet état des faits. En même temps la jeunesse forme la part importante de la population des pays africains. Et ces deux phénomènes cohabitent et s’accentuent…
Si nous avons accepté que notre consommation soit importée, que nos médicaments soient importés, que notre habillement soit importé… Si nous acceptons que même les informations sur nous-même et sur le monde soient importées (à travers des médias extérieurs très politisés: RFI, TV5, BBC, etc..), si nous acceptons que nos langues de communication soient importées (en voici un exemple, si j’écris ce texte en Pulaar, la plupart des lecteurs diront que c’est pas important car ce n’est pas écrit en Francais ou en Anglais ou en Arabe …)…
Si nous ne faisons pas l’effort scientifique et technique qu’il faut, l’effort politique qu’il faut pour changer notre situation; si nous restons un bassin de larmes qui, à chaque perturbation, produit quelques vagues mélancoliques que les prochains jours se chargeront de dissiper, de ramener au calme insoucieux, en attente du prochain mouvement d’air…, alors sachons que notre cri n’est qu’une perte de temps.
Il va nous soulager, de la même façon que lancer une insulte savoureuse au chauffard qui a failli nous cogner le fait bien; les mêmes médias importés vont en profiter pour avoir quelques audiences. Mais cela s’arrêtera là.

La vraie action est un projet qui nécessite du temps et de gros efforts. Et pour l’accomplir il va falloir beaucoup plus d’énergie et de caractère que ce qui est requis pour déplorer sa blessure, non il en faut beaucoup plus.

Voici ce que je vous propose:

1– Tout d’abord, agissez dans le but d’instaurer la pratique des sciences et de la technique, je parle des plus pointues et non des recettes de cuisines avec lesquelles on nous bassine généralement… Si Pr Mira n’aurait fait que faire sourire le Russe s’il s’était adressé à ce dernier, c’est parce que la Russie dispose d’un nombre monumental de Mira puissance 1000, donc il ne lèverait pas le petit doigt une fois la-bas. L’Afrique a certainement des plus que Mira, mais en relativement petit nombre et c’est ce nombre qu’il faut cultiver.

2– Revenez à vos langues les gars, c’est comme cela qu’on formera un grand nombre en peu de temps. On toucherait plus de gens et c’est ainsi qu’on aura plus de chance d’avoir dans nos classes les « bonnes graines ».

3– Pour une fois écoutez bien Cheikh Anta Diop. Je crois que vous tous pensez l’avoir écouté et je suis sincèrement désolé de vous vexer… Tous les enseignements de Cheikh peuvent être sujets à modifications ou à expiration vu la nature progressiste de la science, mais un seul persistera c’est la formule « Armez-vous de la science jusqu’aux dents! » Vous pouvez croire que c’est réducteur mais c’est loin de l’être. La formule ne veut pas dire d’aller bouffer tout ce qu’il y a dans les bibliothèques de sciences. Elle invite d’abord à apprendre et développer la méthode scientifique; celle qui lui a permis d’être un esprit scientifique épanoui de son temps. Les livres se font dépasser par d’autres, mais l’attitude, la méthode survivent au contenu. Donc en écoutant Cheikh Anta Diop, vous vous investirez dans l’implantation de la méthode scientifique en Afrique et ce dans une mesure qui dépasse largement ce qui se passe aujourd’hui.

4– L’Afrique a de la chance d’avoir une jeunesse avec tout ce qui la caractérise en terme d’énergie qui s’exprime sous différents modes comprenant l’égo, la fougue, la fierté, la passion et tout ce qu’on a observé depuis hier. Mais c’est dommage, j’aimerais que cette énergie et ses modes d’expression soient appliqués dans la recherche de solutions aux grands problèmes techniques et théoriques qui hantent l’humanité et l’Afrique en particulier. Derrière les grandes découvertes, il y a parfois la passion, mais parfois il y a aussi l’égo, le désir fort chez le jeune d’impressionner la fille de ses rêves (ou vice-versa), la fougue qui emmène à se mesurer au plus fort etc… Mais ma foi, n’est ce pas là une façon louable d’utiliser des caractères peu enclins à être loué? Si on raffole d’une population jeune, ce n’est pas parce que les jeunes bouffent trop, qu’ils puent des pieds, qu’elles adorent le maquillage,… ce n’est pour rien d’autre que pour les anti-qualités, si l’on me permet, citées plus haut, distinctement décriées mais aux effets desquelles on aspire tant. Alors jeunes africains et africaines, venez comme vous êtes mais appliquons méthodiquement notre façon d’être aux vrais problèmes sérieux que seuls les vrais hommes et femmes ont su sérieusement attaquer. L’Afrique en sortira gagnante, honorée, respectée et protégée par les siens.

M.S.

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur (3/4/2020)