TRIBUNE: La société soninké peut-elle s’affranchir des pesanteurs féodales pour réaliser une communauté de destin ? | Par Seyré Sidibé

Crédit Photo illustrative FA

Les mutations et remous que connait la société Soninké, de nos jours est une situation naturelle et normale. Il n’y a pas à se lamenter : c’est dans l’ordre normal des choses. Dans son fondement, la société soninké traditionnelle a longtemps séduit par son mode d’organisation et sa stratification sociale. Ces valeurs vertueuses dans leur esprit étaient perceptibles à travers le comportement de l’individu au sein du groupe et au-delà. Le consensus y était presque acquis notamment autour de la charte qui régissait le vivre-ensemble. Les LAADA (la charte) en cause aujourd‘hui étaient l’expression de la volonté populaire caractéristique d’une société dont le moteur était la solidarité et la complémentarité à travers des rôles sociaux stratifiés, comme des maillons d’une même chaîne où chaque élément est essentiel pour l’harmonie du groupe.

Ces valeurs témoignent du génie d’une société traditionnelle, celui des hommes et des femmes d’une époque et d’un contexte sociopolitique et historique bien déterminé.

Ces éléments historiques ne sont ni reproductibles ni transférables. Dès lors la crise que traverse la société soninké contemporaine exprime l’incapacité des Soninkés à s’adapter, à prendre la mesure du temps pour créer des lois en adéquation avec les nouvelles réalités.

C’est en cela que les ancêtres étaient des références, du fait de leur capacité à avoir réalisé un cadre et des conditions socio-culturel, juridico-institutionnel leur permettant de vivre en s’affranchissant des menaces d’alors dans une société viable.

A l’inverse, les contemporains pêchent par leur manque de lucidité, par ce que obnubilés par la nostalgie et le culte d’un passé glorieux mais dépassé et démodé.

La crise actuelle est le résultat d’un refus et/ou d’une inaptitude à inventer une nouvelle échelle des valeurs consensuelles en conformité avec les réalités du présent.

En effet, la recomposition et la nouvelle reconfiguration qu’impose désormais notre époque se moque parfois de l’ancien ordre dont certains aspects doivent inspirer pour servir de référentiels. Cependant les composantes sources de discorde et de division sont à bannir.

Il reste que les intérêts égoïstes empêchent certains à placer l’intérêt du groupe et de la communauté au-dessus de celui de la famille.

Quel sens peut-on donner à un contenu culturel, religieux ou cultuel qui ne permet pas de mieux-vivre et changer qualitativement le niveau de vie de la communauté ?

Pour quoi doit-on s’accrocher obstinément à des traditions qui fragmentent, délitent notre cohésion et compromettent, notre passé jusque-là glorieux ?

Quelle est la grandeur et la pertinence d’une tradition dès lors qu’elle cesse d’être valorisante, en passant par anachronisme de valeur à anti valeur ?

Autant de questions que doivent se poser les Soninkés pour connaître leur situation dans ce monde et avancer résolument.

Qu’on soit nostalgique, progressiste ou révolutionnaire, une chose est certaine : l’humanité avance dans le sens de l’histoire.

Rien ne sera plus comme avant. On continuera toujours à regretter un certain passé et à fustiger un présent qui nous déclasse et donc peu valorisant.

Telle est la nature humaine.

Mais l’histoire nous enseigne que les grands peuples sont ceux-là qui ont réussi à transformer leur guerre, leur adversité et leur haine en amitié, en acceptant de coopérer avec l’ennemi d’hier pour faire face aux nouveaux défis.

C’est la résilience.

La France et l’Allemagne, les Tutsi et les Hutu au Rwanda sont des exemples patents. Dans ces deux cas, il s’agit de peuples différents alors que chez les soninkés, la brouille concerne la même entité. Ici, la famille se désunit, incapable de s’entendre sur l’essentiel par ce que traversée par des intérêts divergents.

Au finish qu’est-ce que l’esclavage coutumier ou par ascendance objet de la discorde au sein de wagadu remu ?

Qu’en est-il de la noblesse ?

Le contexte sociohistorique d’antan qui légitime et explique la genèse de ces deux composantes de la société féodale étant non reproductible, il ne peut dès lors avoir d’esclaves aujourd’hui dans la société soninké.

Là encore, pour quel intérêt doit-on continuer à stigmatiser un groupe pour un passé dont il n’est pas responsable ? Ce serait injuste.

Chez les Soninkés la noblesse est dans les patronymes et dit-on dans le sang : une référence à la naissance.

Or expliqué de manière scientifique, on peut observer que les membres d’une même famille déplacés dans des territoires différents n’ont plus le même statut. Le changement d’espace de vie a-t-il affecté leur d’ADN ou leur paternité ?

Allez savoir !

Il s’agit d’une déchéance pour certains et une ascension sociale pour d’autres au gré des pérégrinations tant qu’on a la chance de ne pas rencontrer un « vassal » aux ambitions impérialistes.

Ainsi les mêmes noms de familles sont assimilés ici à la noblesse alors que là-bas, sous d’autres cieux, ils sont dits esclaves.

Ce caractère mouvant, versatile voire impertinent est suffisant pour montrer que ces étiquettes ont quelque chose d’arbitraire et sont d’une absurdité insondable. C’est donc une échelle des valeurs caduque, inappropriée et controversée dans une nouvelle société qui redistribue les rôles et les chances.

De nos jours, la société soninké est menacée de déflagration : ses fondements se désagrègent de son corps meurtri alors que sa tête est déchirée, fragmentée par un manque de réalisme qui l’empêche de concilier philosophiquement son passé et son présent dans une approche dialectique et non conflictuelle.

Si gouverner c’est prévoir, c’est également anticiper.

La chefferie traditionnelle n’est-elle pas dépassée ?

S’est-elle posée la question de savoir pourquoi sa parole ne fait plus autorité ?

N’a-t-elle pas entendu ces désirs de changement et de déconnexion d’un passé emprunt de manichéisme et devenu dès lors déshumanisant ?

Le pouvoir temporel a intérêt à comprendre que les relations de servilité ont fait leur temps. Sans vouloir faire le procès de l’histoire. Force est de reconnaître que la féodalité n’a plus de place dans le monde capitaliste où « le chacun pour soi » reste la règle d’or et un leitmotiv pour trouver une place au soleil.

Dès lors l’héritage n’est plus perçu comme un viatique inépuisable et vénérable à tous égard. La valeur a connu une dynamique et un changement de sémantique.

Elle a cessé d’être un legs, transmissible de manière héréditaire : elle signifie désormais rendement et ce que vaut l’individu dans la société.

Ces réalités sont aux antipodes de la société féodale basée sur le « communautarisme » avec le primat du groupe sur l’individu porteur d’une valeur synonyme de rang social acquis souvent de manière contingente.

Chers Messieurs, l’esclave d’hier, c’était un contenu culturel correspondant à un rôle social. Un homme façonné pour servir, se soumettre, incapable de raisonner mais prompt à faire des bouffonneries.

L’esclave, c’était plus qu’un nom de famille. C’était un statut, une « éducation » et des valeurs inculquées par le biais de la société féodale.

Avec le temps, les vents de démocraties et des droits humains ces stratifications sociales sont perçues, à juste titre, comme des inégalités.

En effet, elles relèguent certaines catégories humaines au second plan en les stigmatisant et les confinant dans des rôles mineurs peu enviables, en faisant fi de leurs compétences imposées par le nouvel ordre social auquel, le monde féodal reste sourd.

Ce qui se déroule sous nos yeux aujourd’hui n’est pas une spécificité de la société Soninké. C’est un mouvement inhérent à toutes les sociétés inégalitaires.

Les conséquences de ces remous sociaux vont dépendre de la capacité de l’ordre traditionnel à entendre la volonté de changements exprimée par des composantes issues historiquement, d’entités placées au bas de l’échelle de la pyramide sociale.

Comme des damnés, la société ne prévoit pour elles aucune perspective heureuse : tout les ramène à l’histoire de leur famille.

Cette guéguerre risque d’emporter la société soninké déjà assaillie, fragilisée par l’émigration, l’ignorance et les interactions culturelles multiples parmi lesquelles la mondialisation.

Au regard de ce drame soninké qui est en train de se jouer, un message apparait : l’appartenance à une même langue et à une même communauté n’est plus une raison suffisante pour former un groupe culturellement homogène.

Désormais, la condition sociale est un référentiel et un élément fédérateur de revendications qui crée des passerelles entre des groupes historiquement, géographiquement et linguistiquement différents : la guerre des classes a peut-être commencé.

Sous ce rapport, avec la fragilisation des pays du sahel ayant pour corollaire la négation de certains Etats, nous assisterons à un terrorisme d’un autre paradigme qui plongera nos communautés dans une débandade, un chaos qui profitera à d’autres entités déjà à l’affût.

S. Sidibé

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/tribune-la-societe-soninke-peut-elle-saffranchir-des-pesanteurs-feodales-pour-realiser-une-communaute-de-destin/

COMBAT POUR LA LIBERTÉ « LES LÉGITIMATIONS DE L’ESCLAVAGE ET DE LA COLONISATION DES NEGRES » | Par Yaya SY (Anthropologue et Historien)


(Lire l’ouvrage de Yaya SY pour mieux saisir les origines lointaines du racisme persistant dans tous les pays, racisme lié à l’esclavage et à la colonisation).


Dans cet ouvrage, j’ai pris soin de mettre le lecteur en garde contre
tout parti-pris, philosophique, idéologique, religieux, économique,
juridique, social, culturel… face à la mise en esclavage d’un homme
par un autre.
Face à l’esclavage il y a tout d’abord la condamnation sans appel,
sans compromis ni compromission, c’est un système contraire à la
justice au droit, à la morale et à l’éthique.
Face à l’esclavage, il faut que les gens comprennent qu’un peuple qui
ne s’oppose pas à l’esclavage, à l’idée de voir ses enfants réduits en
esclavage, acceptera toujours toute autre idée de soumission par la
force et la violence. Ce peuple ne se battra jamais pour demeurer
libre.
Face à l’esclavage cinq attitudes essentielles peuvent être observées :


1°) La défense du système esclavagiste :


Les défenseurs de l’ordre esclavagiste s’appuient sur des supports tenaces : le préjugé et le stéréotype fondés sur l’altérité sont les socles historiques de la perpétuation de l’esclavage depuis des millénaires. Ensuite, nous avons le bénéfice économique, les
richesses matérielles, le prestige social, la puissance symbolique
qu’en tirent la classe des maîtres ; puis l’attachement des
gouvernants et des gouvernés à la «tranquillité de la société» ou aux 2
« traditions millénaires » (y compris de certains esclaves ou descendants d’esclaves eux-mêmes…) C’est le rejet ou le refus de la violence et du désordre, alors que l’esclavage et l’ordre ancien qu’il incarne est basé sur la violence physique et symbolique, la domination perpétuelle des uns sur les autres, la négation de l’humanité de l’esclave… Tous ces obstacles à la libération des esclaves ou des descendants d’esclaves doivent être surmontés pour faire disparaître l’esclavage et ses séquelles dans toutes les sociétés humaines. L’égalité de tous les êtres humains et la solidarité citoyenne annoncent le devenir de l’humanité, elles sont indépassables, n’en déplaise aux esclavagistes d’hier et d’aujourd’hui.
En Afrique à ces difficultés intrinsèques à tous les esclavages,
s’ajoute l’idée que nous devons renforcer l’unité nationale et l’unité continentale ; les Africains sans esprit de revanche ni amertume,
doivent ériger et renforcer la conscience historique d’appartenir à un peuple indivisible (dominé depuis plus de treize siècles) qui n’a désormais de références et de référents que les valeurs et les héros venus d’ailleurs… L’Afrique s’est oubliée, elle ne réfléchit et ne parle qu’en étrangère à elle-même.
Nous devons labourer nos propres champs de la liberté pour y récolter les fruits de la prospérité spirituelle et matérielle.
A tous ceux qui ne veulent pas se débarrasser de l’esclavage et /ou
de ses séquelles, il faut ajouter d’autres attitudes et comportements humains face à ce fléau :


2°) L’indifférence :


l’indifférent se dit : tant qu’on n’est pas directement concerné, la terre tourne rond, on a rien vu, rien entendu, tout va bien dans le
meilleur des mondes… C’est une attitude très répandue, elle est souvent liée à la peur de se mouiller, à l’égoïsme, ou au manque de discernement.


3°) La déploration :


on sait que l’esclavage existe, on en fait le constat, mais on se dit que
la réalité étant ce qu’elle est… on ne peut rien y faire, ni rien y changer, les choses ne peuvent évoluer par quelque moyen que ce soit. C’est l’attitude des défaitistes, des fatalistes et des paresseux (c’était l’attitude de beaucoup de philosophes et de savants du
« Siècle des lumières » comme Helvétius, Montesquieu, Voltaire, A.
Smith, voire Diderot). Celui qui adopte une telle attitude ne veut
souvent pas regarder l’ensemble du problème, il se contente généralement d’une analyse molle, parcellaire ou morale. Ce qui compte à ses yeux c’est sa tranquillité d’esprit.


4°) La critique :


c’est le point vue de celui qui a bien analysé et bien réfléchi à tous les
aspects de l’esclavage. Il pose comme postulat une dé-légitimation morale (souvent basée sur le religieux), ou éthique basée sur une condamnation rationnelle de l’institution. L’esclavage est pour lui contraire à la vraie justice, au bien être et à l’intérêt de l’humanité.
L’esclavage doit être détruit. Mais pour cette catégorie de penseurs
l’esclavage est abstrait ; on ne cible pas par exemple l’esclavage des Nègres comme système contemporain des « Lumières » qu’il faut détruire immédiatement dans la réalité. On s’en tient à des principes généraux aristotéliciens ou platoniciens alors qu’au XVIIIe siècle plus de 6 millions de Nègres enchaînés à fond de cale traversent
l’Atlantique sous les yeux des plus grands esprits d’Occident : dans
cette catégorie on a des hommes comme le Chevalier de Jaucourt, Rousseau, Locke, Hutcheson, etc. Ils ont fouillé tous les aspects
philosophiques, économiques, juridiques, sociaux, psychologiques, etc. du problème pour finir par reconnaître : qu’un homme libre ne peut ni se vendre, ni vendre ou acheter un autre homme.
Qu’esclavage, justice et droit sont antithétiques ; qu’esclavage,
morale et éthique sont incompatibles.
Cette catégorie d’hommes ont beaucoup critiqué l’esclavage en
général, ils en ont cerné les contours théoriques et pratiques sans pour autant les dénoncer tous, sans pour autant se lever pour agir concrètement contre la mise aux fers des Nègres d’Afrique, la plus
grande déportation humaine de l’histoire qui se déroule sous leurs
yeux au XVIIIe siècle.


5°) Le combat


contre l’institution esclavagiste :


L’esclavage est une infamie, un scandale en lui-même dont la
disparition est une exigence absolue et incontournable. Il relève du
vieux monde dont la disparition inévitable est annoncée.
Aux esclaves combattants en première ligne de tous les champs de bataille nous disons Honneur et respect. Honneur et respect pour les
Africains déportés dans les quatre coins du monde et qui sont les
premiers guerriers tombés dans l’action quotidienne, qui ont donné
leur vie dans un combat silencieux, sourd, enfoui dans l’oubli et le
déni, invisible des historiens surgis des rangs des vainqueurs, invisible
de l’histoire orale d’une Afrique à la mémoire dominée ; morts sans
visage sur les routes intérieures de la déportation, sur les routes
désertiques, sur celles des forêts, sur celles invisibles mais bien plus
cruelles des Océans et des Mers ; routes-cimetières aux vagues incandescentes, aux caveaux invisibles mais insatiables de chair humaine. Gloire à vos éclaireurs, à vos martyrs, à nos lumières
éternelles, à la Reine Nzinga coupe-coupe des forêts impénétrables du Kongo, à Harriet Tubman transporteuse d’espoir, à Frédéric Douglas, à Toussaint-l’Ouvreur des mille voies de la liberté, à Louis Delgrès et à sa reine Solitude morts au champ d’honneur à Matouba dont le cri de guerre, résonnera dans nos oreilles pour l’éternité : « Vivre libres ou mourir ». A tous ceux que je n’ai pu citer mais qui sont au coeur de ce texte restreint.
Honneur et gloire à tous les Africains morts dans les quilombo et les mocambo du Brésil, les palenque de Cuba, les cumbe du Venezuela tous ces villages créés par des Nègres assoiffés de liberté, dans les marécages, les montagnes escarpées et les forêts primaires loin des plantations esclavagistes mortifères, au prix de leurs vies. Gloire à vos leaders courageux, intrépides et éclairés qui ont défriché les chemins de la liberté pour tous les Africains et toute l’humanité.
Gloire et honneur pour les millions d’esclaves africains à travers le
monde qui ont décidé de passer à l’action sous quelque forme qu’elle soit pour faire cesser cette pratique abjecte et déshumanisante qu’est l’esclavage. Ils sont passés de la critique en roue libre à la
lutte et au combat quotidien sur tous les plans, sur tous les fronts,
pour mettre fin à l’institution esclavagiste : action guerrière,
politique, juridique, économique, sociale, action visible, action
invisible mais toujours réelle, etc.
Ils refusèrent tous la mort physique et sociale de l’être humain à
travers le crime d’esclavage. En Occident on peut ajouter quelques noms célèbres qui ont rejoint
le combat des Nègres et l’ont prolongé en Europe et dans les
colonies ; cependant, ces noms et institutions ne peuvent et ne
doivent occulter le centre du brasier occupé par les esclaves en lutte
quotidienne contre l’ignominie de l’esclavage.
Citons pêle-mêle Wilberforce 1888 en Angleterre, l’Abbé Grégoire en
France (au combat de 1789 à1731 soit 42 ans de lutte contre
l’esclavage), Polverel, Sonthonax, Robespierre, Danton, la Convention nationale et tous les acteurs de la première abolition de février 1794 ; les Quakers ou la « Société religieuse des Amis » fondée par George Fox au milieu du XVIIe siècle en Angleterre qui a poursuivi son combat anti-esclavagiste aux USA, Condorcet, Turgot (dcd en 1781), Necker, Malesherbes ; le Girondin Brissot (Société des Amis des Noirs fondée en 1889, ils sont plutôt pour la libération des esclaves par paliers… ce sont des « gradualistes » qui sont pour la plupart partisans de la conservation des colonies avec des Nègres libérés et « civilisés » par étape…).
Parmi les acteurs de la Révolution de février à mai 1848 qui ont
procédé à la seconde abolition, certains dont le Sous Secrétaire d’Etat de la Marine et des colonies, Victor Schoelcher (sont pour la
libération des esclaves mais pour la conservation des colonies…), sont
actuellement contestés comme seuls libérateurs des esclaves des
colonies. La lutte des esclaves doit être selon eux, prise en considération, Saint-Domingue s’est libérée, partout dans la Caraïbe
les luttes de libération s’exacerbent, en Martinique et en Guadeloupe
le décret du 27 avril 1848 est arrivé après la libération des esclaves
suite à la révolte des esclaves du Nord de la Martinique. Plus généralement, la fin des déportations et de l’esclavage est un combat de longue haleine qui commence dès l’attaque d’un village africain, se poursuit dans les chemins tortueux de la captivité, ensuite dans la mise en esclavage et jusqu’à nos jours.
En effet, après toutes les libérations, réelles, formelles et institutionnelles, il faut aujourd’hui libérer les esprits des descendants d’esclaves et ceux des maîtres. Il faut déconstruire et traiter l’esclavage et la colonisation dans les têtes et dans les « signes » visibles ou ténus de la société réelle…
Bien que l’hydre a pris de nouvelles formes, aucun pays, aucune
institution ne peut plus se prévaloir de pratiquer ou de défendre
ouvertement l’esclavage sauf en Afrique chez quelques groupes
relégués en marge de l’évolution du monde moderne, en marge de
l’éducation, de l’instruction, de l’égalité citoyenne, de la liberté, du droit national et international (comme au Mali, en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, au Nigeria et dans certains autres pays d’Afrique de l’Ouest…).
L’Afrique ne pourra pas faire l’économie de l’éradication de
l’esclavage et de l’idée de réduire son prochain en bête de somme.
Pour faire peuple, les Africains doivent cheminer vers l’égalité
citoyenne, le respect de chaque être humain en Afrique.
Tant qu’un seul coin d’Afrique acceptera encore de faire de ses
enfants des esclaves intérieurs, il acceptera volontiers de les vendre
aux puissances étrangères d’une manière ou d’une autre.
L’Afrique doit se battre pour sa liberté, elle doit rapidement
apprendre à « faire peuple » pour défendre ses intérêts vitaux.
Alors, dès aujourd’hui cessons de «danser au Carnaval des autres »,
comme l’a si bien dit A. Césaire.


Yaya SY (Anthropologue et Professeur d’histoire, 08-06-2021).

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 9 juin 2021

France | « Nous les Maghrébins, on vous a vendu comme du bétail » : l’agression d’un livreur Uber Eats filmée par une femme noire

Crédit photo Rap2france via internet

Un livreur Uber Eats a été agressé ce dimanche soir alors qu’il venait récupérer une commande dans un restaurant à Cergy (Val-d’Oise). Le livreur aurait été agressé et insulté par un homme d’origine maghrébine. Une habitante a filmé la scène et publié les images sur Instagram. « Il l’a traité d’esclave, il l’a fait saigner. Voilà son sang qui est parterre là », peut-on entendre dire la témoin dans la vidéo. « Je suis Algérien, je vais te n*quer ta mère », crie l’agresseur présumé.

La police a annoncé ce lundi matin l’ouverture d’une enquête judiciaire d’initiative afin d’identifier l’auteur et établir les faits.

« Quand je pense qu’en 2021 certains maghrébins pensent qu’ils sont mieux que les Noirs , ça me choque… J’ai été bouleversée de voir qu’un Noir se faisait tabasser sous mon immeuble, juste pour sa couleur de peau. Si je n’avais pas appelé la police ou mis ma tête par la fenêtre, il aurait pu perdre la vie. Et dire qu’il venait juste chercher une commande dans un restau. Quand je vois des Algériens dire qu’ils nous ont vendu comme du bétail, je me rends compte qu’il y a encore du chemin à parcourir. », a écrit la témoin en légende de son post.

Les images choquantes ont fait le tour des réseaux sociaux et ont été relayées sur le compte Instagram de la Ligue de Défense Noire Africaine, l’organisation anti-raciste dénonce un acte négrophobe et demande « une proposition de loi en urgence » pour contrer la montée du sentiment anti-noir en France, s’appuyant sur des chiffres du Service central du renseignement territorial.

Cet incident raciste survient alors que mercredi, Yusufa, un jeune homme d’origine guinéenne a été victime d’un crime présumé raciste. Le père de famille de 26 ans a perdu la vie, froidement poignardé par un groupe d’hommes arméniens à Saint-Etienne (Loire). Les images insoutenables ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Une marche en hommage au défunt se tiendra ce samedi 5 juin dès 14H, la procession partira de la rue Colette à Saint-Etienne.

©️ Crédit source : Post FB NN – https://fb.watch/5RKv0ZbXC3/ (31/05/2021)

DISCOURS MEMORABLE DU PRÉSIDENT NDJIM BOUBACAR LORS DE LA 1ere Edition de CONFERENCE DE BAMAKO CE SAMEDI 22 MAI 2021 | Sur les graves violations des droits humains liées à l’esclavage par ascendance



Mr le Conseiller Spécial de la Cour Constitutionnelle du Mali
Mr le Représentant de la Primature du Mali
Mr le Représentant du Ministre de la justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux ;
Mr le Représentant du Ministre de la Réconciliation Nationale ;
Mr le Représentant du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile ;
Mr le Représentant du Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales;
Mr le Représentant du Chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali
Le Chef de Division de la Mission des Nations Unis pour la stabilisation du Mali MINUSMA;
Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali CNDH
Les membres du cadre de concertation des Organisations de défenses des Droits de l’homme au Mali
Le Président du Comité d’organisation du Dialogue National Inclusif du Mali
Mr le Coordinateur des Chef de quartiers de Bamako
Le Vice-Président du Barreau Pénal International
Les coordinations du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.
Les membres du Rassemblement Malien pour le Progrès et la Fraternité
Le Président de la Coordination des Organisations Africaines de lutte contre l’esclavage
Le Président de l’Association Sénégalaise des Soninké pour l’Egalité et le Progrès (ASSEP SENEGAL)
Mr le Représentant de la Coalition Nationale de lutte contre l’esclavage au Mali.
Mr le Secretaire General de l’Association Temedt
Mme la Presidente de l’ONG PROMODEF
Le Représentant du Directeur Scientifique du Laboratoire d’Études et de Recherche en Droit, Décentralisation et Développement Local (LERDDL)
HONORABLES ET DISTINGUES INVITES JE VOUS SOUHAITE LA BIENVENUE.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (MSDH) est une organisation indépendante à but non lucratif créée officiellement en janvier 2019.

Le MSDH intervient partout où les droits de l’homme sont bafoués, assure la veille citoyenne et n’hésite pas à prendre position quand il s’agit de restaurer la dignité humaine.

Les objectifs du MSDH sont les suivants :

✓Réduire au minimum la violation des droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire Malien ;
✓Contribuer à la promotion et au respect des droits de l’Homme ;
✓Examiner toutes les situations d’atteintes au droit de l’Homme constatées ou portées à notre connaissance ;
✓Entreprendre des actions appropriées en la matière auprès des autorités compétentes ;
✓Formuler des recommandations sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme dans le cadre réglementaire, législatif et judiciaire ;
✓Collaborer avec tous les organismes nationaux et internationaux de défense des droits de l’homme ;
✓Veuillez avec attention toutes décisions ou actions du gouvernement susceptibles de porter atteinte au respect des droits de l’Homme ;
✓Informer et dénoncer tout acte d’injustice en mobilisant l’opinion publique ;
✓Mener des activités d’information, de communication, d’éducation et surtout de sensibilisation sur la promotion et le respect des droits de l’homme ;
✓Lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes
✓Lutter contre l’excision, les violences domestiques contre femmes et enfants ;

C’est dans ce souci de protection des droits que le (MSDH) Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme et conformément à ses statuts a décidé de signer un partenariat le 21 Avril 2020 avec le (RMFP) Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (GAMBANA) et nous avons estimé qu’il ne peut pas avoir de développement sans égalité et d’épanouissement.

L’association GAMBANA a été créée dans le but de mener une lutte implacable contre la discrimination, les pratiques de l’esclavage, ses séquelles, de faire disparaitre toute forme d’esclavage, promouvoir des thèmes et des œuvres, la paix et le développement en vue de former un bloc pour lutter contre toutes formes de violations des droits de l’homme.

C’est le 05 Mai que nous avons décidé d’organiser une conférence pour soulager les victimes et le thème retenu pour cette première Edition est « La problématique de l’esclavagisme au Mali : Cas du Milieu Soninké Enjeux et Résolutions». Une conférence de ce genre est une première au Mali car elle regroupe toutes les sensibilités de la nation d’où le nom de la CONFERENCE DE BAMAKO
Compte tenu du climat socio-politique de l’année écoulée nous avons décidé de reporter jusqu’à aujourd’hui

– Préambule

L’histoire de l’esclavage est celle des différentes formes prises par la condition sociale d’êtres humains privés par d’autres personnes du droit de propriété sur eux-mêmes. Si l’esclavage est mentionné dans les premières civilisations écrites, les conditions de son émergence sont, en l’absence de sources, impossibles à déterminer avec précision. Le statut et la fonction d’esclave ont varié selon les époques et les lieux : les sources et les justifications de l’esclavage, la position et les tâches matérielles conférées aux esclaves ainsi que les conditions de sortie de la condition d’esclave sont autant d’éléments qui confèrent sa spécificité à chaque configuration historique.

Ainsi, l’esclavage est la réduction d’une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L’esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un moteur.

Cependant l’esclavage n’a pas totalement disparu dans certaines régions du monde et réapparait sous une autre forme comme celui de la région de Kayes.

Nous Constatons aujourd’hui plus de quarante millions (40 000 000) de personnes dans le monde sont victimes de l’esclavage moderne ou esclavage par ascendance selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU) publié en 2016.

L’esclavage est un sujet tabou et a atteint son paroxysme dans la région de Kayes, dans les localités suivantes
A kayendera, diadjoumé, diangouté camara ; les 3 Lani, Dembagadiaba ; Bagamabougou et tout recenment à teyssibi, pour ne citer que comme dans la plupart des localités soninké dans cette région, la discrimination raciale ou ethnique, l’esclavage, sont des pratiques courantes en ce début de 21eme siècle .Or l’esclavage sous toutes ses formes a été aboli.

Ces populations composées essentiellement de soninké, les hommes de castes, autrement dits les captifs, souffrent à cause de leur rang social. Ils n’ont droit en rien. Pire encore leurs droits sont bafoués à cause de leur classe sociale.

Pire encore, les captifs ont beau étudié, faire des écoles coraniques, ils ne deviennent jamais imam de mosquées. A présent les souffrances continuent, même pendant les fêtes ce sont les captifs qui font office de bouchers pendant que leurs femmes s’occupent du ménage et de la cuisine des épouses de leurs soit disant maîtres.

L’esclavage est une réalité dans la région de Kayes surtout en milieu soninké, l’un des cas le plus frappant de traitement d’esclave est celui du lynchage de 04 militant anti-esclavage à diandioumé dans le cercle de Nioro.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme n’est pas surpris de ces crimes indescriptibles car depuis un certain moment, nous avons multiplié les campagnes de communication, d’information et de dénonciation de ses pratiques horribles dans la région de KAYES surtout en milieu soninké aux autorités nationales et organismes internationaux.

Courant Juin 2017 une association du nom du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le progrès (RMFP) voit le jour qui veut dire en langue soninké « GAMBANA » : égalité diront que si cette pratique ne cesse pas, ils sont prêts à aller partout pour réclamer leurs droits devant les grandes institutions internationales de défense des droits de l’homme d’où l’organisation de cette conférence débat

Pour bien cerner le rôle de l’esclavage dans l’espace culturel des sociétés soninkés et répondre à la question de savoir s’il demeure encore de nos une telle pratique sociale vivante ou nue simple inertie de l’imaginaire, il est nécessaire de mettre ces sociétés à un éclairage historique dans le cadre général des échanges multisectoriels entre , d’une part les ethnies locales du sahel, et d’autre les cultures arabo-musulmanes et occidentales.

L’esclavagisme, le terrorisme et l’extrémisme ont un point commun c’est l’atteinte à l’intégrité physique d’un individu.
C’est très bien qu’on parle du nord mais pour la région de Kayes toute la communauté internationale doit se mobiliser car des milliers de personnes ont abandonné leur village par peur de ne pas être tués et vivent sans revenu aucun pour subvenir à leurs besoins.

Si ces conflits durent toujours c’est parce que ces actes répréhensibles ne sont pas punis avec la rigueur qu’il faut, des condamnations faibles pour des personnes coupables de coups et blessures volontaires au point qu’elles les encouragent à continuer de perpétrer des crimes.

Dans ces contextes on ne peut qu’indexer l’œil complice des autorités locales et des plus hautes autorités de l’Etat.
Pourtant interdite dans la constitution malienne et toutes les conventions internationales sur les droits humains que le Mali a ratifié cette pratique honteuse continue de faire des ravages dans cette région du Mali. Des chefs de familles ligotés, battus ; humiliés devant leurs épouses et enfants pour seulement avoir refusé les ordres de ceux qui se font appeler « Maîtres »

Toutes personnes qui refusent de se soumettre à cette pratique s’exposent à de grands dangers et tout cela au vu et au su des juges, maires, des députés, des sous-préfets, des préfets et du gouverneur.

Ce problème ne saurait être toléré, ne soyons pas naïfs, des personnes sont violentées tous les jours.
Ce message est adressé au Président de la transition et au vice-président de la transition chargé des questions de sécurité.

La paix tant rêvée passe par l’abolition de l’esclavage sous toutes ses formes car notre constitution stipule que tous les maliens naissent libres et égaux en droit et en dignité.

Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme est consterné, désemparé et surpris de voir dans un pays comme le Mali signataire des traités internationaux et sous régionaux sur les droits fondamentaux de l’homme qui considèrent l’esclavage comme un crime contre l’humanité qu’on a du mal à respecter.

Partout où on est allé les populations victimes fustigent le manque d’équité, le manque d’impartialité ou le manque d’intégrité de l’appareil judiciaire dans la région de Kayes et soutiennent que ces pratiques sont entretenues et soutenues par les hautes autorités de la République du Mali

Le droit de tous les individus de ne pas être soumis à l’esclavage est un droit fondamental de l’homme, or l’absence de procédures adéquates de mise en œuvre n’est pas faite pour encourager les Etats à mettre en place un système de garantie, contre toutes les formes contemporaines d’esclavage.

Cette activité consistera à l’organisation de deux (02) Panels tout à respectant les avis de tout chacun.

Panel 1; Esclavagisme, Chefferie traditionnelle Et Société Malienne : Pourquoi des violences répétées et des actes de discriminations dans la région de Kayes ?

Panel 2 : Quels sont les recours juridiques disponibles pour les victimes de l’esclavage ? Qu’est ce qui explique le blocage de la loi criminalisant cette pratique ?

La conférence de Bamako a pour objectif d’ouvrir le débat sur la problématique de l’esclavage par ascendance et les obstacles auxquelles les organisations sont confrontées dans la lutte contre cette pratique.

• Informer et sensibiliser l’opinion internationale sur l’existence de la pratique ;
• Faire le plaidoyer notamment pour l’adoption de la loi contre l’esclavage par ascendance au Mali ;
• Faire une proposition de loi et le soumettre à l’Etat
• Mettre les victimes à l’aise en leur offrant une tribune pour raconter les pratiques inhumaines auxquelles elles ont été confrontées ;
• Sensibiliser les victimes à recourir aux moyens juridiques légaux pour réclamer leurs droits ;
• Faire des recommandations très fortes pour l’Etat du Mali en vue de mieux cerner toutes les infractions découlant de cette pratique.
• Mettre en place une commission pour le retour des déplacés dans leurs villages respectifs avec le concours des partenaires techniques et financiers.

En ma qualité de président du comité d’organisation de cette première Edition.

Mes remerciements vont à l’endroit de toutes les personnes de bonne foi qui ont bien voulu faire le déplacement.

Je tiens tout aussi à remercier infiniment toutes les personnes qui ont œuvré pour que cette activité voie le jour en passant des nuits blanches

Etre un meneur d’homme je vous assure que ce n’est pas une tâche facile car vous n’êtes pas à l’abri des frondeurs des erreurs, des délits de favoritismes, des calomnies, des menaces récurrentes, de mensonges grotesques de tous genre et vous possédez souvent une vie de famille déséquilibrée mais en fin de compte vous réaliserez que vous êtes une lueur d’espoir pour une partie de ses communautés qui aspire qu’à la justice.

Je tiens à remercier en particulier les militants de Gambana que je ne trahirais jamais leur idéal que je serais toujours présent et disponible quand il s’agit de dénoncer pour tout acte d’injustice car nul n’est à l’abri des violations des droits de l’homme comme aime si bien dire l’infatigable Mr Aguibou Bouare

Sachez une chose la lutte contre l’esclavage est un combat de longue haleine et que toutes les organisations qui lutte contre ce fléau de s’unir afin de dégager des solutions pérennes.

En fin Je formule le souhait que les pays en demandant à la mouvance GAMBANA Mauritanie, Sénégal, Niger, Gambie, Guinée équatoriale, Guinée Bissau d’organiser de façon récurrente des conférences de genre pour donner une dimension internationale sur la question de l’esclavage.

Une pensée pour notre frere Cheick Oumar Yara injustement incarcéré pour des raisons de convictions personnelles .Nous demande l’abandon des poursuites et sa libération immédiate.

Je souhaite à tout un chacun de prendre du plaisir lors de cette conférence.

©️ Crédit source : MSDH – https://www.facebook.com/102319477828361/posts/627038838689753/

🔴 Nos contradictions transversales face aux différentes injustices dans le monde | Ces miroirs fuyants à tous les étages .

Certains milieux muslim en France vivent une bipolarité terrible sur certains sujets géopolitiques et les travers racistes au sein de la communauté. Par exemple un afro musulman français qui s’excite outre mesure sur « l’affaire Palestine » est vu en champion de « piété » mais s’il indexe bruyamment le racisme anti Noirs dans certains pays arabes, on dirait qu’il est diviseur de la Oumma. Il y en a qui sont indifférents tout simplement quand un joueur Noir subit les cris racistes dans un stade européen et surtout s’il n’est pas musulman en plus…!

S’ils voient un afro converti un peu exhibitionniste, ils en font leur « mamelouk » prisé « anti-blanc » dans toutes les sauces virtuelles , mais de l’autre côté ils sont foncièrement adeptes de thèses d’un influenceur comme Bassem qui distille un racisme de plus fourbe à l’endroit de Noirs. Souvent avec certains collègues natifs d’ici d’origine maghrébine, je leur dis, vous et moi, nous pouvons vivre des comportements fragiles et injustes venant du monde environnant à « dominance blanche » ici mais il suffit qu’on aille de l’autre côté de la Méditerranée, je vivrais seul d’autres comportements similaires sinon plus graves encore.

Un autre tiret sur ces contradictions qui nous habitent, certaines mentalités féodales chez nous peuvent compatir avec les Afro-américains , les palestiniens, les peuls maliens, les noirs mauritaniens…et être des grands défenseurs des coutumes esclavagistes et discriminatoires (érigées en traditions sacrées) qui prévalent dans l’intra-muros communautaire . Ces derniers temps, il a été relevé que l’imam référence et officiel du gouvernement mauritanien aurait tenu dans sa Kutba de la prière de l’Aïd à Nouakchott devant la crème des hautes autorités, des propos limite apologétiques de l’esclavage (considéré comme crime contre l’humanité). Finalement, rien d’étonnant car s’agissant du discours religieux esclavagiste dans nos pays sahéliens, on entendrait le même fond qui légitime socialement la catégorisation des croyants (hommes libres & esclaves) sans aucune approche de contextualisation liée à l’histoire et aux temps. Le grand imam arabo-berbère a dit sur les conditions de zakat El-fitr ce qu’un autre imam soninké, peul ou diakhanké dirait pareillement devant ces ouailles en circonstances similaires en ce plein 21 ème siècle .

– KS pour le BLOG

Un crime contre l’humanité ne peut être une fierté culturelle ! | Par l’abolitionniste mauritanien Diko Hanoune

Quand on est fier d’être culturellement un criminel (esclavagiste), il y a de quoi à inquiéter la terre entière. L’esclavage est un crime contre l’humanité comment peut on être fier du crime d’une société inconsciente au point d’en faire une culture carrément ? Où avez vous vue où su dans le monde une société consciente fière de son génocide, de son crime au point d’en faire une fierté culturelle ?
La culture, c’est avant tout une bonne éducation de la science du savoir, des connaissances non comme semble croire certains africains qui la placent au niveau des festivités seulement (musique, danse, moquerie, rabaissement d’humains sur des préjugés etc…)

La culture a comme dénominateur premier: du va savoir, ramènes nous de ce que tu sauras là bas que du bien pour apprendre la société à le faire, non va savoir et revient, insère toi et tait toi comme nos lettrés le font actuellement. Dommage pour l’Afrique toute entière !

Certains refusent qu’on dénonce l’esclavage traditionnel dans les sociétés africaines sous prétexte c’est leur culture, celui qui s’attaque à cette culture criminelle est une menace pour l’Afrique et les sociétés négro-mauritaniennes en particulier. Ils sont fiers, se bombent le torse sur une culture criminelle au point que des associations culturelles poussent comme des champignons partout pour défendre un crime déguisé en culture.

Le malheur est que ces associations culturelles reçoivent des subventions et dons des états et autres organismes internationaux pendant que les vrais ONG qui luttent contre ce crime abject sont mises dans un embargo total. Allez comprendre pourquoi l’Afrique n’avance pas ? L’ennemi public des états se sont les défenseurs des droits de l’homme non l’injustice désormais placée au rang d’un phénomène “culturel”.

Que Dieu nous préserve de l’hypocrisie sociétale !

Diko hanoune / Militant Abolitionniste Mauritanien

©️ Crédit source : https://haratine.blogspot.com/2021/05/un-crime-contre-lhumanite-ne-peut-etre.html?spref=fb&m=1

L’éditorial – Cri Osé | L’esclavage, questions d’actualité dans une certaine Afrique Noire : cette noblesse nocive à abolir impérativement pour avancer en CIVILISATION !

Crédit photo : tirée du Magazine Historia numéro 878 – Février 2020



Hier 10 mai 2021 correspond en France à la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et leur abolition. Une date mémorielle instituée à la suite de la loi Taubira qui visait en 2001, la reconnaissance de la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Madame Taubira, femme politique originaire de la Guyane française fut rapporteuse à l’Assemblée de cette loi. Une avancée conséquente à souligner sur cette problématique d’esclavage faisant partie de zones d’ombres de l’histoire de France. Et cette réparation mémorielle dans l’hexagone touche certainement les milieux afro et afro-descendants à travers le monde francophone et au-delà. Pourtant une autre Afrique Noire intellectuelle maintient un tabou sur les réalités historiques et actuelles des implications liées à l’esclavage en interne entre Noirs. Dans le Numéro 878 du Magazine Historia (Février 2020) sous le Dossier-Une bien fourni « Les vérités sur l’esclavage » , on peut y lire certains passages grandement illustratifs de ce tabou africain ; « … C’est en 2001 que l’historien sénégalais Ibrahima Thioub fit scandale, au Congrès international des historiens africains, à Bamako, en évoquant l’esclavage dans les sociétés sénégalaises. Il se fit presque écharper par ses collègues, dont certains sont issus de familles princières ayant pratiqué autrefois l’esclavage » , « … Pourquoi ce déni ? Parce que l’esclave, en Afrique comme ailleurs, est un personnage sans qualité, sans famille, sans honneur, méprisable. » .

Ces termes sonnent horriblement avec une actualité brûlante dans certaines zones ouest-africaines sur ces traces sociales de l’esclavage intra-muros. Il y a à peine une semaine au Mali, lire https://maliactu.net/mali-lesclavage-par-ascendance-au-mali-la-cndh-tire-la-sonnette-dalarme-sur-la-situation-dans-le-village-de-bagamabougou-cercle-de-diema/ , la CNDH a communiqué sur la situation critique des personnes ayant refusé leur statut d’esclave dans un village. Plusieurs personnes (femmes, enfants et hommes) ont été expulsées par les milieux esclavagistes et elles ont trouvé refuge à Bamako. Pour rappel dans la nuit du 1 septembre 2020 dans le village Soninké de Djandjoumé au Mali, 4 hommes militants anti-esclavagistes (âgés de 42 à 72 ans) avaient été lynchés à mort et jetés dans les cours d’eau, parce qu’ils refusaient leur statut d’esclave, à lire ce communiqué des experts onusiens https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F .
Depuis bientôt 5 ans, avec l’éveil abolitionniste dans les communautés Soninké en Afrique de l’ouest et dans les diasporas, les réflexes féodalo-esclavagistes tapis dans le fond sociétal ont surgi avec une violence inouïe contre les descendants d’esclaves qui osent manifester leur entière humanité. Une noblesse nocive faite de complexe suprémaciste et d’esprit féodalo-esclavagiste, est entretenue socialement, idéologiquement et religieusement pour sévir par différents procédés fallacieux face aux militants abolitionnistes. La particularité obscène de cette noblesse coutumière, c’est qu’elle n’imagine pas une vie communautaire sans classe statutaire d’esclaves. Aujourd’hui partout en pays soninké, en Mauritanie, au Mali, au Sénégal et en Gambie, les tenants de cette noblesse soutenus par des complicités au sein des services étatiques modernes, mènent une guerilla multiforme (Harcèlements judiciaires, violences morales et physiques, expropriations, expulsions, mise en quarantaine sociale…) pour maintenir le schéma sociétal où l’esclave reste un élément social d’éternel subalterne. Selon la psychologie sociale de certains féodaux soninké, une noblesse sans possession sociale d’assignés esclaves, serait douteuse et peu valorisante. Encarté anti-esclavagiste, on peut subir les haines, les fourberies sarcastiques, les bouderies calomnieuses et d’autres remontrances venant d’un villageois austère au fond du terroir sahélien mais également d’un Docteur en X ou Y perché à Paris ou à Banjul. Les descendants d’esclavagistes occidentaux ont pu s’inventer une norme légale communautaire appelée la Citoyenneté à la place de leur noblesse suprémaciste d’antan, ceux de nôtres sont encore dans une phase variant entre une schizophrénie intellectuelle et sociale et une bipolarité existentielle. On peut saluer Madame Taubira ici en France et haïr l’abolitionniste là bas qui refuse le statut d’esclave dans ta propre communauté. Le cas soninké est loin d’être isolé en Afrique sahélienne, généralement dans les sociétés où la hiérarchisation sociale agit, on peut y trouver une norme d’esclavage statutaire qui sévit en « douce ».

Paris, 11 mai 2021

-Par KS pour le BLOG

« Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu’il y ait des acheteurs d’esclaves, il fallait des vendeurs » | Par Romuald Hazoumé, artiste béninois

Une exposition propose deux regards africains, d’un artiste béninois et d’un historien ivoirien, sur les collections du musée d’Histoire de Nantes (ouest) sur l’esclavage, qui fut le premier port négrier de France.

« L’objectif est de porter un regard neuf sur nos collections en décolonisant notre pensée », a expliqué lors d’une visite de presse, Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée et commissaire de l’exposition  » Expression(s) décoloniale(s) #2″, qui se tient à partir du 19 mai au château des ducs de Bretagne.

Jusqu’au 14 novembre prochain, la cour du château et les salles du musée accueillent vingt pièces de l’artiste béninois contemporain Romuald Hazoumé, dont les oeuvres réalisées à partir de matériaux de récupération sont exposées dans le monde entier. « J’ai le devoir, comme artiste, de dire aux miens qu’il faut prendre notre part de responsabilité dans l’histoire de l’esclavage pour faire notre résilience et régler les problèmes d’aujourd’hui », a déclaré Romuald Hazoumé. « Il faut arrêter de dire que les Occidentaux sont les seuls responsables, car pour qu’il y ait des acheteurs d’esclaves, il fallait des vendeurs ».

L’historien ivoirien Gildas Bi Kakou a pour sa part été convié à commenter plusieurs pièces du musée à l’aune de ses recherches sur la traite négrière en Côte d’Ivoire, qui préexistait à l’arrivée des Européens. « Cette recherche n’est pas encouragée en Afrique car elle gêne pour des raisons politiques et d’harmonie sociale », a indiqué l’historien, qui a rédigé une série de cartels intitulés « Un autre regard historique ».

L’historien souligne que les esclaves venaient des côtes mais aussi de l’intérieur du pays, via les cours d’eau, avec l’appui de populations locales qui prélevaient un droit de passage, enchérissant le « coût » de l’esclave au fil de son trajet. « Les voix de cet artiste et de cet historien sont encore peu entendues et acceptées sur le continent africain », a précisé Krystel Gualdé.

©️ Crédit source : Post FB NN – https://www.facebook.com/210978968912133/posts/5755900944419880/

L’esclavage par ascendance au Mali | La communication CNDH Mali

COMMUNIQUE N°05-2021-/CNDH-P

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) exprime sa très vive préoccupation par rapport à la recrudescence de la violence liée aux pratiques de l’esclavage par ascendance dans la Région de Kayes, en général, en particulier, dans le Village de Bagamabougou, Commune de Madiga Sacko, Cercle de Diéma.

Sur le fondement de la Loi fondamentale et des instruments juridiques régionaux et internationaux auxquels le Mali a souscrit, la CNDH :
– rappelle les dispositions de l’article 2 de la Constitution du Mali selon lesquelles « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique
est prohibée » ;
– condamne avec la plus grande rigueur les violences perpétrées sur des personnes en raison de leur soi-disant statut « d’esclave » ;
– invite le Gouvernement à tout entreprendre pour mettre fin à ces violences ;
– recommande aux autorités compétentes de poursuivre et traduire en justice les auteurs, co-auteurs et complices de ces abus des droits de l’Homme ;
– réitère son appel à l’attention du Gouvernement à l’effet d’initier dans les meilleurs délais un dialogue inclusif en vue de la résolution durable de la question de « l’esclavage par ascendance » au Mali, en général, dans la Région de Kayes, en particulier ;
– appelle les populations concernées à cesser tout acte de violence et, à œuvrer en faveur de la paix et de la cohésion sociale indispensable pour la jouissance effective des droits de l’Homme.
Pour la CNDH, la protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée.

Bamako, le 04/05/ 2021
Le Président

Aguibou BOUARE
Chevalier de l’Ordre National

©️ Crédit source : https://www.facebook.com/1574272752719250/posts/2435626313250552/

✓ Insolite | Une malienne accouche de 9 bébés au Maroc.

Crédit photo : Page FB NN

Son histoire est devenue virale sur la Toile. Halima Cissé a accouché mardi, par césarienne, « de neuf nouveau-nés – cinq filles et quatre garçons ! – au lieu de sept annoncés par les résultats d’échographies faites au Mali comme au Maroc », a précisé le ministère malien de la Santé dans un communiqué.

« Jusqu’à présent la maman et les enfants se portent bien », a déclaré la ministre de la Santé, Fanta Siby, qui a indiqué avoir été informée par le médecin malien dépêché pour accompagner la mère au Maroc. Ils rentreront dans plusieurs semaines, a-t-elle ajouté.

La ministre « félicite les équipes médicales du Mali et du Maroc, dont le professionnalisme est à l’origine de l’issue heureuse de cette grossesse » et elle « souhaite une longue vie aux bébés et à la maman », ont déclaré ses services.

Halima Cissé, originaire de Tombouctou, avait été prise en charge à Bamako, puis transférée le 30 mars dernier au Maroc pour un meilleur suivi de cette grossesse qui « sort de l’ordinaire », selon le ministère de la Santé. Les spécialistes s’inquiétaient pour sa santé et pour les chances de survie des fœtus.

©️ Crédit source : Élément Facebook NN – https://www.facebook.com/210978968912133/posts/5750034038339904/