​Guidimagha : l’affaire de Ouloumboni 


Le cas de 2 frères Diallo impliqués dans une bagarre avec un élément féodal provocateur Camara, traîne dans le bureau du procureur de Sélibaby. Sous influence des milieux féodaux proches du pouvoir, le procureur joue un jeu de fuite en avant qui n’aura pas d’effet à long terme. Il croit pouvoir mettre la pression sur commande du milieu féodal du guidimagha pour dissuader les militants antiesclavagistes et antiféodaux dans les villages. À la suite des coups reçus par l’élément féodal qui est à l’origine de l’altercation, de la part de nos jeunes frères DIALLO à Ouloumboni, d’aucuns pensent trouver une bonne occasion de faire taire l’activisme antiféodal et antiesclavagiste en milieu soninké. Ce qui relève SÛREMENT  d’une très  mauvaise lecture de l’élan émancipateur amorcé il y a quelques mois. Cette affaire est d’un cas d’école très instructif pour l’engagement contre les tares sociétales érigées étrangement  en valeurs sociales soninkées dans nos contrées. 

Des sources fiables nous indiquent que le procureur en connivence avec certains  cadres féodaux  très remontés depuis Nouakchott, veut garder nos jeunes aux arrêts par des procédés louches depuis bientôt 1 mois. Une justice qui suit les caprices des milieux dominants du moment, ne vaincra jamais  la persévérance et le courage d’un esprit vaillant. 5 ans ou 100 ans d’emprisonnement ne feront pas le retour d’un passé qui selectionnait et conditionnait la DIGNITÉ HUMAINE en caste et en case. 


NOUS NE LES OUBLIONS JAMAIS. 


La lutte continue..!


K.S

​En Mauritanie, l’ostracisme des Noirs est une volonté des hautes autorités. 

J’étais parmi le personnel de la radio Mauritanie pendant 4 ans au sein du service  Langues Nationales.

J’étais l’un des présentateurs des éditions Soninké maigres en temps et en contenu. À chaque fois je vais dans ma région d’origine, le guidimakha , je constate qu’aucune couverture n’est faite sur place. De ce fait, nos populations vivent dans un désert en matière de communication, et ce déficit fait partie d’une politique sournoise d’arabisation forcée promue par les autorités étatiques sous l’égide du général Ould Abdelaziz aujourd’hui.  

Ce putschiste arrivé au pouvoir par un coup de force contre le jeune régime démocratique du seul président civil en 2008, fait ses interventions en arabe mélangé avec son dialecte le hassanya. Nos populations du Sud Mauritanien sont exclues d’office d’accéder aux discours du président et cette réalité de citoyenneté de seconde zone ne m’a jamais laissé indifférent. 

Par exemple l’événement médiatique annuel appelé Face au Peuple, le président l’a fait dans plusieurs régions où dominent les populations arabo-berbères . 

Par ailleurs nos populations du Sud subissent un véritable calvaire administratif par les opérations d’enrôlement biométrique initiée depuis plus de 6 ans. 

Ce recensement a un seul but, c’est fabriquer une majorité artificielle au profit des arabo-berbères pour dominer et ostraciser les populations noires. 


Ces derniers temps, les services de recensement au sein de l’ambassade mauritanienne à Paris, sont arrêtés sans raisons valables. 

Ces décisions fréquentes font partie d’une logique  volontaire des autorités pour freiner la régularisation des citoyens negro-mauritaniens.

Ce qui a été constaté : « bien que pas seulement limiter à eux »…., parlant des difficultés liées au recensement,… « cela est particulièrement problématique pour les afro-mauritaniens… » souligne Philip Alston, le rapporteur des Nations-Unies en mission en Mauritanie du 2 au 11 mai 2016.


Aujourd’hui à l’étranger, plusieurs mauritaniens deviennent apatrides et d’autres perdent leurs emplois faute d’avoir des documents d’état civil à jour. 

Après avoir rendu impossible le recensement des parents par des mesures et des artifices racistes, le gouvernement génocidaire mauritanien de Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de sacrifier l’avenir de leurs enfants en leur fermant toute perspective par la prise d’un arrêté conjoint n° 15 en date du 20 avril 2016, des ministères de l’éducation et de l’intérieur et de la décentralisation qui « porte obligation pour tous les élèves, candidats à des examens, y compris l’entrée en première année du collège, de disposer de leur recensement biométrique, à partir de l’année scolaire 2016 – 2017 ». 


Cet arrêté « exclut tout élève qui ne se serait pas inscrit et ne disposant de sa carte d’identité nationale de prendre part aux concours ou examens ou même aux inscriptions dans les établissements ». Comment ces enfants peuvent-ils se recenser alors qu’on exige pour cela le recensement des deux parents qui, eux-mêmes, n’ont pas pu être recensés. 


Ils ne pourront plus prétendre à l’éducation, s’ils ne sont pas enrôlés. En effet, « ils ne peuvent pas aller à l’école au-delà du niveau primaire et ne peuvent pas se qualifier pour de nombreuses prestations gouvernementales », poursuit le même rapporteur. 


Il est temps pour que le monde libre vienne au secours des populations noires de la Mauritanie qui subissent les manoeuvres silencieuses d’un génocide biométrique qui ne dit pas son nom. Par ma modeste contribution,  j’essaie de porter un témoignage de cri d’alarme sur une situation intenable pour mon peuple. 



Aliou CAMARA, militant activiste et ex animateur à la Radio Mauritanie. 


Source crédit : via mail de l’auteur. 

Retour sur la journée du 6 Mars 2017 à Selibaby : photo-reportage.


L’événement organisé à Selibaby par l’AMEES  (Association Mauritanienne pour l’Éradication de l’Esclavage et ses Séquelles) et ses partenaires du forum Ganbanaaxun Fedde, à l’occasion de la journée nationale de l’antiesclavagisme en Mauritanie, a mobilisé un grand public dans le Guidimagha. 

Alertés et sensibilisés,  plusieurs ressortissants sont venus de différentes localités villageoises majoritairement soninké pour assister à cet événement qui  n’a pas de pareil dans les annales du Guidimagha mauritanien. L’oral inaugural a été assuré par Monsieur Yacoub Fofana, l’actuel  proviseur du lycée de Selibaby. Dans son exposé, il a rappelé que les pratiques esclavagistes sont proscrites par l’islam et que les hommes sont égaux au regard des lois mauritaniennes également. Sur l’approche de la compréhension de l’esclavage statutaire ancré dans le corps sociétal soninké , Mr Fofana semble être en décalage par rapport à l’engagement ferme du public d’en face. En effet il s’est exprimé contre ceux qui assimilent les rapports coutumiers  d’usage entre les descendants d’esclaves et leurs anciens maîtres à des vestiges esclavagistes. Ce son de cloche n’a obtenu aucun écho auprès des participants qui attendaient autre chose qu’une telle sortie pour qui connaissant la société soninké.

Cette rencontre tenue au sein de l’enceinte de la Maison du Guidimagha, a été honorée par la présence d’un représentant du gouvernorat. La délégation de l’AMEES venue de Nouakchott est composée de  Monsieur Foussenou Ndiaye, Monsieur Diadie Bamby Coulibaby entre autres sous la direction du doyen, l’infatigable et l’historique combattant Monsieur Ladji Traoré. L’association UVDS  ( Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara) , a dépêché une délégation conduite par son président Yacoub Bakhayokho. Également IRA-MAURITANIE a pris partie à cette  journée historique et inédite dans le Guidimagha, par la présence de 2 personnalités de premier plan, Madame Coumba Dada Kane et Monsieur Balla Touré. Ce dernier lors de sa prise de parole très instructive, a interpellé les participants sur la nécessité d’intégrer la gent féminine dans le combat antiesclavagiste. Il a fait remarquer que malgré les efforts reconnaissables du gouvernement, des militants antiesclavagistes sont ceux qui subissent toujours des injustices dans le cadre de leur activisme pacifique.  Ce jour, l’arsenal juridique contenu dans la loi 2015-031 a été expliqué longuement devant l’assistance. 

Le moment de témoignages a été le plus émouvant de la rencontre. En effet plusieurs intervenants ont rebondi sur les rapports coutumiers qui perpétuent l’esclavagisme statutaire en milieu soninké. Le système de castes qui régit hermétiquement la cité soninké, est arrimé à des assignations rétrogrades et féodales qui privent les personnes d’extraction sociale dite esclave des prétentions statutaires dans le matériel et l’immatériel communs  (le foncier sous régime féodal, exclus des chefferies coutumières basées sur l’âge, exclus de la direction de l’exercice du fait religieux même avec les compétences acquises et les clichés sobriquets déshonorants).

Parmi les différentes interventions,  la question foncière y ressort incessamment . On y dénonce le régime féodal d’un autre âge par lequel les personnes d’extraction sociale dite servile de la société stratifiée , subissent par divers chantages. Certains segments féodaux de la communauté soninké du Guidimagha font fi de la loi foncière de l’état Mauritanien au profit d’un droit coutumier qui fait des certaines personnes d’éternelles subalternes soumises aux caprices des certains « propriétaires terriens » exclusivistes.

La journée du 6 Mars 2017 fera date dans le difficile cheminement de l’activisme antiesclavagiste dans le guidimagha mauritanien. Les mentalités féodales et esclavagistes qui structurent le Vivre soninké sous le régime sournois de LADANI feront face à une large conscientisation des personnes assignées socialement, religieusement et politiquement dans des statuts subalternes. 


La devise de la campagne serait : LES LOIS VALENT PLUS QUE LES LADANI 


Crédit source : rapports des participants (AMEES, UVDS ET TIERS)



Par   K.S



​Mise à jour: Mauritanie – Maintien en détention de deux membres de l’IRA-Mauritanie dans une prison isolée


Les défenseurs des droits humains Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram sont toujours détenus dans un endroit isolé en Mauritanie, quatre mois après leur transfert hors d’une prison de Zouérat. Depuis, ils sont détenus à 1200 km de leur maison et il est donc difficile de voir leur avocats, collègues, et famille depuis ce transfert. Les deux défenseurs des droits humains ont été transférés avec leur collègue Abdallahi Abou Diop le 19 décembre 2016 à Bir Moghrein, à la frontière du Sahara Occidental. Abdallahi Abou Diop a été libéré le 12 janvier 2017.
Avant leur arrestation, Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram étaient membres actifs de l’IRA-Mauritanie. L’IRA-Mauritanie œuvre pour l’éradication de l’esclavage en Mauritanie, car de nombreux descendants d’esclaves sont toujours privés de leurs droits humains fondamentaux, et ce bien que l’esclavage ait officiellement été aboli en 1981. Entre le 29 juin et le 9 juillet 2016, treize membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés à Nouakchott et conduits dans différents centres de détention sans être informés des raisons de leur arrestation. Les forces de sécurité ont ensuite affirmé que leur arrestation était due à leur participation et à l’organisation d’une manifestation contre la destruction d’un bidonville en périphérie de Nouakchott. Aucun membre de l’IRA-Mauritanie n’a participé à cette manifestation.
Les défenseurs ont officiellement été accusés le 18 août 2016, et leurs avocats ont fait appel le 22 août.  Le 28 septembre 2016, les 13 membres ont été transférés dans un centre de détention à Zouérat, jusqu’à leur appel qui a eu lieu le 18 novembre 2016. Zouérat est situé à environ 700 km de leur domicile à Nouakchott. Abdellahi Matalla Saleck, Moussa Bilal Biram et Abdallahi Abou Diop ont signalé des actes de torture et des mauvais traitements pendant leur détention à Zouérat. Les peines des 13 défenseurs ont été réduites; celles de Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck ont été réduites à trois ans dont un an de prison avec sursis pour avoir incité à participer à un rassemblement non-armé dans le but de troubler l’ordre public. Le 19 décembre 2017, Moussa Bilal Biram, Abdellahi Matalla Saleck et Abdallahi Abou Diop ont été transférés dans un centre de détention hors de Bir Moghrein, à environ 1200 km de Nouakchott. Aucune raison n’a été donnée aux défenseurs ni à leurs avocats pour justifier ce transfert.  
Il semble que le gouvernement mauritanien réserve ce centre de détention hors de Bir Moghrein aux prisonniers ayant commis des crimes graves. En outre, IRA-Mauritanie a été informée que des prisonniers sont morts dans le centre de détention de Bir Moghrein à cause des mauvaises conditions de détention. Dans cette prison isolée, Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck ne seraient autorisés à passer que de courts appels à leur famille et à leurs collègues, et toutes les communications sont étroitement surveillées par des gardes. En raison de la distance physique et du fait qu’il n’y ait pas de route sûre et sécurisée entre Nouakchott et Bir Moghrein, les collègues et les familles des deux défenseurs ne peuvent leur rendre visite.
Front Line Defenders est profondément préoccupée par le fardeau injuste imposé aux familles et aux collègues de Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck, étant donné qu’ils sont détenus à 1200 km de Nouakchott; Front Line Defenders appelle les autorités mauritaniennes à rapprocher les défenseurs de leur domicile, en vertu de la règle 59 des Nations Unies relative au traitement des détenus (Règles Nelson Mandela): Les détenus doivent être placés, dans la mesure du possible, dans des prisons situées près de leur domicile ou de leur lieu de réinsertion sociale. Front Line Defenders exhorte les autorités mauritaniennes à assurer que le traitement de Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck pendant leur détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la Protection de Toute Personne contre Toute Forme de détention ou Emprisonnement» adoptés par l’Assemblée Générale de l’ONU dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988.

12-03-2017 22:30 – L’AMDH disposée à combattre les MGF et à faire comprendre la loi-2015-031 portant incrimination de l’esclavage


AMDH – Le coordinateur régional de l’AMDH au Guidimakha s’est rendu dans la localité de Tachott Botokholo ce dimanche, 12 Mars 2017 en vue de sensibiliser sur les dangers des MGF et d’expliquer les contenus de la loi 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et les pratiques liées à l’esclavage.

Dans le cadre de ses activités de sensibilisations, d’accompagnement et de suivi, une réunion a été tenue à l’occasion avec les femmes de l’association Ensemble pour Le Développement de Tachott.

Lors de cette rencontre, Mr Ba Amadou Bocar, coordinateur de l’AMDH au Guidimakha, a souligné les dangers des MGF, les qualifiant d’atteinte aux droits de la femme. De regretter que le Guidimakha soit la région la plus touchée par cette pratique inhumaine, sans fondements religieux. Les MGF sont très encrées en milieu soninké où l’islam est la référence.

Au sujet de l’esclavage et de ses séquelles, le répondant de l’AMDH a mis l’accent sur les 27 articles de la loi en vigueur en République Islamique de Mauritanie. Et de dire que l’Etat a promulgué des lois.

Il appartient aux victimes de s’organiser pour saisir les chargés de punir ces pratiques inhumaines, pour se faire assister ou accompagner par les organisations autorisées et connues pour leurs combats contre toutes les formes d’injustice. Les intervenants dont les membres de l’AMEES ont remercié l’AMDH pour son engagement pour défendre les causes nobles.



Source crédit : http://www.cridem.org 

Note d’information : Le 6 Mars 2017,Journée nationale de l’antiesclavagisme en Mauritanie , un rendez-vous inédit à Sélibaby. 

 

À l’occasion de la journée nationale pour la lutte contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie, fixée le 6 Mars chaque année, L’ARMEPES-FRANCE annonce sa contribution aux activités initiées par ses partenaires en Mauritanie. En effet, ce 6 Mars 2017, L’AMEES  (Association Mauritanienne pour l’Éradication de l’esclavage et ses Séquelles) avec un étroit partenariat des associations du Forum Ganbanaaxun Fedde dont L’UVDS, tiendra une journée Conférences-débats à Sélibaby. 

Dans la capitale régionale de Guidimagha , plusieurs invités des divers horizons sont annoncés pour participer aux activités de cette journée marquant l’antiesclavagisme dans le pays. Il est à noter une prise de parole prévue du gouverneur de la région, le déplacement de plusieurs cadres de L’AMEES, et d’autres voix de la société civile. 

Les réseaux villageois du Forum Ganbanaaxun Fedde feront dépêcher leurs représentants pour assister activement à cette journée durant laquelle les séquelles esclavagistes prégnantes dans les communautés soninké ne manqueront pas d’être pointées et expliquées aux autorités . 


L’association ARMEPES-FRANCE et ses partenaires du forum transnational Ganbanaaxun Fedde souhaitent une journée réussie et instructive à l’ensemble des participants. 




Paris, le 3 Mars 2017


La Cellule de Communication (La CeCo)

​L’affaire dite « le jardin du vieux » à Dafort, ce que j’en sais et j’en pense aujourd’hui..!


Les premiers signaux me sont parvenus à partir de novembre-décembre 2016 jusqu’à début janvier 2017 (mon arrivée à Dafort) , concernant ce litige foncier éclaté dans une période pas anodine. 

Briefé par plusieurs canaux pas forcément proches des protagonistes, j’ai opté pour une position de réserve par principe par rapport à certaines données pouvant être mouvantes et trompeuses. 


Après observations sur le terrain avec un entretien direct avec le propriétaire du jardin et son fils, j’ai saisi le fond du litige à partir d’une source sûre et surtout la lecture qu’ils en font. Le vieux du nom de Silma Bakary Diarra m’a expliqué qu’il avait clôturé ce terrain vierge il y a plus de 50 ans pour en faire un jardin. Ce monsieur qui est l’un des plus âgés sinon le plus âgé du village de Dafort aujourd’hui, s’est référé à un événement national qui serait la visite vers 1965 du président Moktar Ould Daddah à Ould Yengé chef-lieu du département du même nom, pour fixer un cadre temporel approximatif. Selon les sources proches du vieux Diarra, la semence du palmier rônier qui règne en maître parmi d’autres arbres dans le jardin, aurait été faite dans ces années-là . De l’autre côté, le clan Camara sous la houlette de Iba Sirakhé Camara, déclare que le terrain aurait été prêté au vieux Diarra par l’un des leurs décédé depuis quelques années. Ce qui apparaît derrière ce cas de figure, est surtout l’ordre de l’ancien régime coutumier sur le foncier dans les milieux soninké. À entendre certains esprits féodaux et esclavagistes dans le village, on dirait que le village Dafort est une enclave princière qui ne reconnaît aucune loi foncière de l’État mauritanien. Ces gens qui font bloc pour déposséder le vieux se sont servis des chantages amalgamés et farfelus. En ayant échoué d’intimider le vieux Diarra par des réunions louches et partiales  autour du chef du village Abdou fouleye Camara et par une première lettre venant de Seydi Boubou Camara  (ancien directeur de la fonction publique, ancien maire de Dafort et ancien député d’une circonscription du département), Monsieur Silma Bakary a été convoqué par le préfet concernant l’affaire qui a été portée par le clan Camara. D’après ses dires en présence de son fils en vacances au pays actuellement, après avoir donné sa version devant le préfet, ce dernier lui a dit qu’il viendrait en personne à Dafort pour régler l’affaire. Il est à noter que les plaignants auraient dit au préfet que Monsieur Diarra avait accepté de quitter le terrain « prêté » avant de revenir sur sa décision avec le soutien actif de ses proches en France. Ce qui n’a jamais été le cas en aucune manière. La phase d’attente du préfet a duré un certain temps, et il y a quelques jours  un message serait venu du préfet en appelant à un règlement amiable du litige. Ce silence plus ou moins troublant et ambiguë du préfet alimente diverses rumeurs dans le corps social Daforois. Les milieux féodaux considèrent l’approche amiable proposée par le représentant de l’État au niveau départemental comme un aval leur permettant d’exercer une énième pression sur le vieux Diarra et ses proches pour lâcher prise. Certains adeptes zélés de l’ordre féodal font appel à l’histoire du village faisant l’éloge de l’esclavage subi par les ascendants du vieux Diarra. On considère qu’une personne d’extraction sociale servile n’a aucune légitimité de disputer une terre quelconque avec ceux qui se considèrent comme les possesseurs inaliénables et exclusifs du site villageois fondé en 1905. C’est ainsi que la caste maraboutique alliée indéfectible et inconditionnelle de l’ordre féodal  ne s’est manifestée que pour démarcher bizarrement le vieux pour qu’il lâche son jardin. Cette médiation partiale se heurte évidemment aux réalités d’aujourd’hui dans un nouveau cadre organisationnel qui est le régime des CITOYENS égaux en Droits et en Devoirs.  

Vers le 5 février , j’ai été appelé par le vieux Diarra pour lire une deuxième lettre qui viendrait de Camara Seydi Boubou, un ancien directeur de la fonction publique et ancien maire de Dafort. Cette lettre datant du 13 janvier 2017 reprend quasiment les mêmes propos que la première. L’auteur commence par un bref historique du site village et son partage entre les premiers habitants féodaux et esclavagistes. Mr l’ancien député enjoint le vieux Diarra de quitter cette portion de terre qui faisait partie du périmètre appartenant à leur patriarche Daba Bonco Camara en 1905. Aucune loi foncière de l’Etat mauritanien n’a été mentionnée dans cette lettre pour appuyer cette légitimité datant d’un autre temps sombre pour les ascendants d’anciens esclaves qui furent ignorés dans le partage du foncier. Dieu sait que ce sont bien des esclaves qui avaient vaillamment participé aux durs travaux pour débroussailler le site villageois. Il est mentionné en note dans la lettre que d’autres exemplaires ont été envoyés au préfet de Ould Yengé, au gouverneur du Guidimagha, au Maire de Dafort et au chef de village de Dafort. Concernant le Maire de Dafort, le vieux Diarra admet que l’édile lui avait dit que la Loi foncière est de son côté. L’issue de ce litige fera un cas de jurisprudence en la matière dans ces zones rurales où les lois ne sont pas expliquées aux tenants de l’ordre féodal qui y règne. Encore aujourd’hui on se réfère aux dispositions coutumières pour soumettre ou harceler des paisibles CITOYENS peu avisés de leurs Droits. L’état doit surtout mettre les chefferies traditionnelles sur les rails du système étatique moderne. En milieu soninké, le régime des ladani est foncièrement injuste et partisan par lequel les féodaux esclavagistes se refont un honneur d’antan devenu obsolète. 

Cette affaire qui s’est éclatée en pleine atmosphère sociale soninké marquée par l’effet sensibilisateur et mobilisateur contre les séquelles esclavagistes du forum Ganbanaaxu Fedde, a pris une dimension particulière et sensible entre les protagonistes. Notre monde 2.0 aidant, une communication a été faite autour de l’affaire via les réseaux sociaux. Notamment sur les plateformes Ganbanaaxu, le communiqué de l’AMEES, les articles repris du blogueur abolitionnsite Diko Hanoune de l’AHME  et quelques posts FB de notre profil apparenté au Blog .

À ce jour du 21 février 2017, l’affaire n’a pas toujours eu une issue tranchée officiellement par les autorités. 



Dakar, 21 février 2017  21H45 GMT