● Crimes esclavagistes au Mali : Septembre noir | La communication de la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (CCES)

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.CE.S) rappelle aux autorités maliennes, à l’opinion nationale et internationale que plusieurs crimes ont été commis sur des militants abolitionnistes en toute impunité, notamment le jour même de l’anniversaire de l’indépendance du Mali le 28 et 29 septembre 2021 à Souroubire. Un jeune homme âgé à peine de 25 ans, qui s’appelle Diagou CISSE natif du cercle de Bafoulabé, militant actif de l’association A.C.D.E/C.S.P. Le défunt attendait un enfant de sa femme enceinte est sauvagement assassiné par des féodaux terroristes et esclavagistes sous prétexte qu’il refuse de rester un esclave coutumier.

Nous rappelons également les assassinats terroristes, lâches, sauvages et barbares de quatre (4) chefs de familles à Diandioumé, militants du RMFP-Mali, qui sont : Mountaga DIARRISOW (72 ans), Youssouf SISSOKO (73 ans), Diani Hamet SISSOKO (44 ans) et Gossi SISSOKO (45 ans), dans la commune de Gogui, cercle du Nioro Mali. Ces crimes ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 Septembre 2020, les auteurs de ces crimes odieux n’ont toujours pas été jugés et mieux, certains bénéficient actuellement d’une liberté provisoire.

Le plus récent crime esclavagiste s’est passé à Lany Mody, du 29 au 30 juillet 2022, une scène macabre fut découverte avec stupeur, une femme âgée de 70 ans est enlevée dans son champ, tuée, démembrée, puis son corps découpé en morceaux et tentative d’incinération, le reste du corps non consumé par le feu est mis dans un sac et jeté dans l’eau en pleine marre au milieu des broussailles. Le seul tort de Feu Diogou Ladji SIDIBE est d’avoir refusé d’être une esclave dans son village natal, village sous l’emprise des chefs coutumiers soninké qui voulaient l’exproprier de sa terre cultivable, propriété familiale depuis plusieurs générations et cela confirmée par des décisions judiciaires de la juridiction de Kayes.

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles exhorte le colonel Assimi AGOITA et son gouvernement à juger ces terroristes esclavagistes en liberté. De mettre en place un arsenal judicaire qui criminalise, pénalise l’esclavage par ascendance et ses séquelles.

Paris le 01 octobre 2022

Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S)

-Ganbanaaxu Féddé (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées)

-Kane Afrique

-Waraba D’AFRIQUE
-Assep : (Association soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès)

-A.H.M.E : (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

-A.R.M.E.P.E.S-France : (L’Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles)

-IRA-FRANCE (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste)

-MSDH:(Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.)

-RMFP : (Rassemblement Malien pour la Fraternité et Le Progrès

-Solidarité Africaine section France

-Un Passé Trop Présent

-Memouké Diaguily

-IPLESM: (Initiative pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles en M’Beidiya sakha)

-A.C.D.E : (Association Contre la Domination et l Esclavage )

-UVDS: (Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara )

– Alliance Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-L’association Chene et Baobab, Union Nationale des Travailleurs Africains des Troupes Coloniales et D’outre Mer

-La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (L.T.D.H)

● Le député BDA revient sur la libération des militant.e.s (RAG) à Kiffa et donne d’autres clarifications.

Ce mardi 27 septembre 2022, les militant.e.s du parti RAG (aile politique d’IRA-Mauritanie) sont sortis libres du tribunal à Kiffa (Région d’Assaba). Interpellés à Nouakchott autour du 21 septembre, ils ont été transférés à Kiffa où une plainte serait à l’origine de leur arrestation. Ainsi le député mauritanien Biram Dah Abeid est revenu sur la situation lors d’un point de presse tenu à Nouakchott aujourd’hui.

©️ Élément vidéo source : le blogueur Samba Diagana Facebook.

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● Communiqué de presse de l’ONG IRA | Arrestation de 5 militants de RAG



Que se passe-t-il ?

Le 21 septembre 2022, à Nouakchott, et dans climat de diabolisation du mouvement abolitionniste et de son chef de fil Biram Dah Abeid, cinq militants du parti pour la Refondation et une action globale (Rag), aile politique de l’Initiative de résurgence abolitionnisme en Mauritanie (Ira-M) Mauritanie, ont été convoqués et enlevés par la police, avant leur déportation vers Kiffa, à 600 km de la capitale, dans une brigade de gendarmerie. Aucun motif juridique n’a été signifié aux victimes et la procédure se déroule, jusqu’ici, en dehors du droit.

Les détenus, mesdames Salma Dia, Achour Ghamou et messieurs Cheikh Vall, Hassan Moktar et Mohamed Ali, dès leurs arrestations, ont été privés de repas, de sommeil, de changer leurs vêtements, de se laver ou brosser leurs dents et ce, pendant la moitié d’une journée et toute une nuit; le matin du 22 septembre, ils ont été embarqués dans une voiture inconfortable qui les a conduits à des centaines de kilomètres plus loin, sans qu’ils n’obtiennent plus d’un seul arrêt, pour la prière. Il leur serait reproché d’avoir vigoureusement porté la contradiction à un agent, muni de la mission de les provoquer; c’était lors de la tournée du député Biram Dah Abeid en Assaba, contrée dont est natif le Président de la République ; l’incident, survenu, à Fam Lekhdheratt depuis 18 jours déjà, vient d’être opportunément qualifié d’agression à l’encontre de Ishagh Abdallahi, porte-voix de l’un des oligarques de la région, Monsieur Lemrabott Ould Bennahi, ministre du commerce et de l’artisanat.

Liens vidéo, ici

Le substrat invisible

La tentative de sabotage se déroulait au titre de l’habituel zèle des cadres autochtones, quand un opposant essaye de porter la bonne parole à l’intérieur de leurs fiefs féodaux. L’usage, d’ailleurs fort couteux en moyens et actes d’intimidation, date de l’ère du colonel Ould Taya, lorsque le Parti républicain démocratique et social (Prds) achetait les consciences à tour de bras, semant, parmi la population, les germes féconds de la cupidité et de la crainte. Il semble que l’Union pour la république (Upr), désormais maquillée en Equité (Insaf) s’engage à réhabiliter l’héritage de son aïeul funeste, malgré l’évidence de l’anachronisme. Notre époque ne se prête plus à des manœuvres aussi archaïques qu’inefficaces. La peur de critiquer le pouvoir du moment et la docilité à l’endroit de la force brute ne font plus partie des réflexes dominants au sein de l’opinion ; le ministre de l’Intérieur, quasi-régent du quinquennat du gâchis, n’a pas encore compris l’évolution du monde. Son maître spirituel, l’actuel Chef de l’Etat, lui accorde, hélas, trop de prérogatives. Négligence ou complaisance, le choix coûtera cher à la stabilité de la Mauritanie, dans un contexte de désordre et de précarité des relations internationales. Sous peine d’aventurisme, un autodidacte monolingue ne devrait jamais diriger ni même contrôler, la sécurité intérieure d’un pays qui aspire à se faire gouverner par la prudence et le discernement.

Prise de risque excessive

A la suite de quelques améliorations en matière de droits humains depuis l’alternance formelle de 2019, le dernier gouvernement, sous la houlette vague du Président Ould Cheikh Ghazouani, promulgue des décrets qui érodent le peu de réformes engrangées au terme de 3 années de tâtonnements, d’approximations et d’erreurs toujours en attente de leur autocritique. L’échec de la prétendue lutte contre la corruption mais aussi sa conséquence, – le blanchiment de la plupart des protagonistes de la gabegie – reflètent l’errance, voire la divagation d’un régime, sans perspective, d’ailleurs inapte aux grandes œuvres mais où s’exprime, de temps à autre, une velléité de vigueur, un soupçon de fermeté….Or, le fonds mental et le terreau de recrutement des affidés et serviteurs de ce système ethno-tribal en décomposition vertigineuse reposent sur la faiblesse, l’incertitude et le déficit d’idées. La probabilité d’un échec aux futures échéances du suffrage universel direct conduit, le noyau de l’oligarchie, à user d’une pression préventive sur ses adversaires. Le refus de reconnaître les partis et associations de la dissidence constitue, ici, un signe manifeste de tricherie, sans doute conçu par un esprit bédouin.

Notre réaction

Une réplique de légitime défense s’impose. Elle restera, comme d’habitude, enracinée dans la non-violence et la disponibilité au compromis. Aussi, tous les partenaires d’IRA à l’étranger et dans la sous-région appellent à des manifestations, le mercredi 28 septembre 2022, de 12h à 14h. Accompagnera le mouvement, la mobilisation d’un collectif d’avocats nationaux et internationaux au cours de cette nouvelle épreuve face à une “justice” conçue en vue de sévir contre les citoyens d’ascendance sub-saharienne.

IRA appelle les organisations non-gouvernementales et les organismes gouvernementaux sous-régionaux ainsi que les États libres partenaires de la Mauritanie, à observer de près le retour de l’arbitraire dans le pays, l’instrumentalisation des forces de sécurité, de la justice et du pouvoir de l’Etat, afin d’assurer l’obstruction à l’alternance démocratique.


Le Bureau Exécutif
Nouakchott, le 25 septembre 2022

✓Militants d’IRA-Mauritanie arrêtés : Note de presse d’Armepes-France.

Nous apprenons l’arrestation de plusieurs activistes du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie et du parti RAG dans la journée du 21 septembre 2022 à Nouakchott. Interpellés et transférés dans la foulée à Kiffa (Région d’Assaba), le sort judiciaire en coulisses de ces militants est troublant. Dans une communication, le mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie dénonce un kidnapping et une atteinte caractérisée visant l’état de droit et l’engagement pacifique droit-de-lhommiste en Mauritanie.

Nous, Armepes-France, exprimons notre ferme solidarité à l’ONG IRA-MAURITANIE et ses militants interpellés. Nous demandons une urgente clarification pour l’opinion publique sur leur cas.
Notre appel à l’endroit de toute la mouvance droit-de-lhommiste pour une mobilisation contre un engrenage provocateur constaté ces derniers temps nous rappelant une autre période connue peu fameuse en matière de la défense des droits humains et des libertés publiques.

23 septembre 2022

Armepes-France et partenaires Ganbanaaxu Fedde Armepes

● Mauritanie ~ « La loi d’orientation, Par-delà pour et contre » | Par Mouhamadou Sy


« Douter de tout ou tout croire, disait le mathématicien Henri Poincaré, ce sont deux solutions, également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir ». En dépit du contexte épistémologique dans lequel l’auteur avait formulé sa remarque, pour justement introduire son approche du rôle de l’hypothèse en science, il ne me semble pas relever de l’abus que de la convoquer dans un débat où « l’hypothèse » prend une valeur idéologique si profonde qu’elle s’en dépouille de sa nature optionnelle et prescriptive. Le questionnement des hypothèses, des présupposés idéologiques, a été en effet l’étape largement éludée, volontairement ou non, par bon nombre des contributions au débat ; ce qui a certainement causé son avortement surtout sur le terrain intellectuel.

La question de la politique linguistique est faite de plus de politique que de langue et de technique. Et souvent, la petite portion de technique qui y est contenue ne s’inscrit que dans une « linguistique politique », autrement dit dans une ‘science’ taillée sur mesure pour accompagner les décisions prises dans leurs aspects publicitaires auprès de l’opinion et leur mise en application sur le terrain.
Ainsi les théories justificatives et les interprétations devancent souvent les faits auxquels elles se rapportent, non pas pour les motiver et les introduire, encore moins pour inviter le peuple à s’y intéresser en toute lucidité, mais pour inoculer à ce dernier un message dont il ne lui revient plus de comprendre le contenu. Dans un contexte comme celui-ci, le débat intellectuel a le rôle impérieux de déjouer la propagande en déchirant le voile et mettant à nu le fait brut qu’il enveloppe, le seul élément auquel la pensée doit se soumettre et sur lequel toute décision avisée est tenue de se fonder. Mais le rôle du débat intellectuel ne s’arrête pas à l’exhumation et à l’analyse des données factuelles noyées au fond de la présentation officielle, on attend de lui d’être le lieu où s’opère une reconstitution du contexte, souvent tu ou trahi par la présentation qui en est faite, afin de réinscrire ces données dans les bases idéologiques, politiques, historiques qui les sous-tendent. Le contexte fait en effet partie du fait qui s’y place et ne pas l’intégrer est une façon comme une autre de dénaturer le fait. La convocation de telles bases jette certes une lumière sur les endroits obscurs d’un projet qui touche le cœur de la société. Toutefois, s’en suffire ne mènerait pas plus aux objectifs du débat que s’arrêter à mi-chemin d’un voyage mènerait à la destination visée. Le débat intellectuel est fondamentalement l’espace où ces bases elles-mêmes doivent être considérées comme objets de la discussion au même titre que les produits qu’elles dégagent, loin de leur statut admis de principes immuables et limitants invoqués à tout bout de champ à la rescousse d’une position en péril. Dans un tel refus systématique d’interroger les fondements idéologiques des positions défendues, le débat ne jouera guère son rôle de contrecarrer la propagande ; au contraire, il ne fera qu’occuper une parcelle à l’intérieur même de la propagande dont il ne diffère plus en nature.

La question que pose la loi d’orientation du système éducatif, mise dans le contexte général du pays, engage au moins trois éléments à débattre : le rôle de la loi, l’orientation de la nation et le projet de société mis en promotion. Vouloir restreindre cette loi d’orientation à une simple question de loi sur l’apprentissage c’est lui ôter sa substance et, accessoirement, éclipser tous les aspects de la vie nationale dans lesquels l’école agit, en réduisant cette dernière à un simple endroit d’acquisition de ‘savoirs’ qu’il faut réformer au vu de ses mauvais résultats. L’école est, et a toujours été, plus que cela. Et je le note sans aucun jugement de valeur. A-t-on jamais appris à l’école, avec l’objectivité due, les préceptes d’une idéologie contraire à celle défendue par l’État ? A-t-on simplement jamais appris à l’école, avec objectivité critique, l’idéologie que défend l’État ? L’apprentissage de celle-ci est toujours fait dans l’optique d’y faire adhérer les apprenants en usant de tous les moyens structurels mis à disposition. L’école est plus qu’un lieu d’acquisition de savoirs en étant aussi un lieu de tri de ces savoirs et d’orientations des contenus. Qu’elle soit mauritanienne, française ou béninoise, l’école est ainsi un haut lieu idéologique ayant pour livres saints ses manuels délimités par l’idéologie de l’État qui les a conçus, et véhiculant les dispositions d’un ordre sous le contrôle d’un clergé répondant au nom de ministère de l’éducation. L’on me dira que cette description est exagérée. Mais l’est-elle davantage que celle présentant l’école comme un innocent lieu de transmission de savoir ? En notant cet aspect, loin de discréditer cet organe essentiel de la vie en société et de lui refuser la reconnaissance de son rôle, nous ne faisons que refuser de soumettre notre description au bon vouloir de son image promue. Si nous voulons toucher du doigt notre sujet, nous devons accepter de nous départir de l’usage automatique des termes et descriptifs usés dans l’étiquetage publicitaire de ses éléments constitutifs en nous intéressant aux éléments eux-mêmes. Et il nous incombe alors de dire l’école telle qu’elle fonctionne et non telle que nous aimerions qu’elle soit ou que d’autres voudraient qu’on la voie. Il en vaut autant pour les autres éléments de notre dossier.

Dès son introduction, la loi, du moins le projet de loi, présente ses buts sociaux (comme l’égalité des chances, l’équité, la cohésion), ses buts identitaires-nationaux (on peut y lire « l’amour de la patrie », « respect des symboles » etc…) et ses buts civiques. Cela fixe les grandes lignes du projet de société que la loi dit vouloir concrétiser derrière l’idée de la réforme. Elle reviendra ensuite décliner, dans les titres et les chapitres qui suivront, son approche et les détails du modèle qui sera mis en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés. Ainsi, après la déclinaison du projet de société envisagé, le modèle à mettre en place sera la deuxième composante majeure de la loi. Quand la note de présentation du projet de loi, publiée plus tôt, parlait de la nécessité de combler l’absence d’un cadre juridique organisateur du système éducatif dans le même texte que celui mentionnant l’usage prévu des langues nationales, on était déjà au cœur de la question de la « politique linguistique ». Cette dernière occupe le chapitre II du Titre V du projet de loi et constitue, comme le témoignent les évènements qui continuent de jalonner ce processus législatif, le cœur du modèle proposé. Avant même de proposer une présentation de l’article phare de cette loi, à savoir le fameux article 65, il convient ici de remarquer l’incroyable maladresse, pour ne pas dire sabotage, consistant à vouloir solder cette éminente question de la politique linguistique dont la portée va au-delà du système éducatif, malgré l’important lien qu’elle entretient avec ce dernier, dans un cadre purement scolaire. Cela peut en effet nous faire penser à d’autres aspect de la question nationale (la loi d’amnistie en fait partie, d’autres faits relatifs au même dossier…) qui ne cessent d’être abordés dans des cadres inappropriés qui ne peuvent à l’évidence pas les contenir. L’expérience a montré que cela ne participe qu’à complexifier le problème mais jamais à le résoudre. Vouloir dissoudre la question linguistique dans une loi comme celle-là semble, hélas, être un nouveau cas de traitement inapproprié d’une problématique majeure en cela que la place des langues dans les autres secteurs de la vie nationale ne peut y être abordée et assurée. Or cette place, en tant que source de débouchés et comme marqueur concret de la politique linguistique, peut même conditionner le déroulement du modèle proposé. Si apprendre en soninké ne donne pas de débouchés ou ne produit que des « analphabètes » de la langue utilisée dans le secteur administratif, alors il sera prévisible que ce choix de langue ne sera qu’éphémère et qu’au bout de la pulsion identitaire légitime, les parents soninkés finiront par guider leurs enfants dans la langue qui rapporte, de la même façon qu’on fait tous les jours des choix guidés par l’intérêt économique et social au détriment d’un principe culturel et identitaire. Cela vaut évidemment pour le pulaar et le wolof. C’est pourquoi certains observateurs ont vu avec justesse que cet aspect de la loi n’a aucun sens sans l’officialisation de ces langues, sauf si la loi cherche à torpiller la question linguistique et l’officialisation avec, en mettant en équation sa part éducationnelle avec un vide complet au niveau de ses perspectives dans les structures économiques, administratives, politiques et in fine sociales. Il n’est rien de tel que cette démarche pour inspirer un rejet populaire du projet au cours de son déroulement. Par conséquent, avant même d’entrer dans le contenu de cet article, nous nous confrontons à un sérieux problème de cadre qui pose plus de questions qu’il n’en donne de réponses. En effet, à partir de ce problème, nous nous devons de nous demander quel est le type de modèle que cette loi nous propose. Car, même si on peut tout écrire et prétendre à tout comme buts escomptés, seul le modèle utilisé nous dira ses capacités réelles et vers quelle société il nous dirige. Il est donc question de savoir si nous sommes en face d’un modèle de transition vers l’usage généralisé de la langue dominante ou s’il contient une capacité palpable d’un développement multilingue. Car l’un et l’autre de ces modèles utilisent bien la diversité linguistique ; seulement le premier le fait en ayant le passage à la langue dominante pour but, et le second le fait en ayant les langues utilisées comme finalité. Cette catégorisation de modèles, mise en perspective avec l’absence d’officialisation et en particulier de débouchés clairs des langues pulaar, soninké et wolof, nous fait d’emblée nous attendre à un modèle de transition dont la mise en place ne requiert en effet aucun changement dans le statut constitutionnel des langues. Le statut courant suffisant à supporter le rôle accessoire qu’elles joueraient dans le système éducatif en vue. Donc, avec ces premières données, il est légitime de s’attendre à ce qu’il s’agisse d’un modèle de transition jusqu’à la preuve du contraire que fournira peut-être le contenu des articles. La question se simplifie donc : elle reste de savoir si les contenus de l’article 65 et de l’annexe qui s’y rapporte ont la capacité de contredire l’idée d’un modèle de transition suggérée par les données extérieures qui conditionnent sa mise en place.
De son côté, l’article 65 énonce explicitement des propositions contradictoires quand elles ne sont pas si superflues qu’elles suscitent de la suspicion à son encontre. Ces caractéristiques ont été discutées en long et en large par différents observateurs. Mais citons ses passages en guise de complétude. Comparons d’abord le contenu des trois propositions suivantes qui se suivent telles quelles dans l’article 65:

Prop. 1.« Pour offrir l’accès le plus facile, le plus efficace et le plus équitable au savoir, chaque enfant mauritanien sera enseigné dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Prop. 2.« L’enseignement est dispensé en langue arabe à tous les niveaux d’éducation et de formation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés. »

Prop. 3.« Les langues nationales Poular, Soninké et Wolof sont introduites, promues et développées à tous les niveaux d’éducation, aussi bien dans les établissements publics que dans les établissements privés d’éducation et de formation, à la fois comme langues de communication et comme langues d’enseignement ; selon la langue maternelle et la demande exprimée pour chacune de ces langues. »

Pour peu qu’on soit soucieux de la logique des choses, comment peut-on assurer l’enseignement de tout enfant mauritanien dans sa langue (Prop. 1) et assurer en même le même enseignement en arabe (Prop. 2) ? Le manque de clarté ici entraîne une contradiction. La Prop. 3 ne se veut pas claire non plus car les modalités de cette introduction ne sont pas définies. Dans son régime maximum, elle entre en contradiction avec Prop. 2. Il y a toutefois une façon de résoudre la contradiction entre Prop 1 et Prop 2 si le mot « enfant » dans Prop 1 s’accompagne d’une limitation d’âge correspondant à la sortie du primaire, et si on fait appel à la suite de la loi qu’on verra comme une atténuation de la Prop 2 :

Prop 4. « Au niveau du primaire, chaque enfant mauritanien effectue l’apprentissage des disciplines scientifiques dans sa langue maternelle, tout en tenant compte du contexte local et des impératifs de préservation de la cohésion sociale. »

Donc ces passages de la loi sont plein de contradictions. Mais si on suit la résolution proposée, on voit des langues pulaar, soninké et wolof dont la considération est mieux affirmée au primaire qu’aux autres niveaux. Ce qui suggère encore une fois un modèle de transition.

Mais ce dernier passage le fait de façon encore plus claire :

Prop 5. « Tout enfant de langue maternelle arabe doit apprendre au moins l’une des trois langues nationales (Poular, Soninké et wolof). Le choix de cette langue est guidé par le contexte sociodémographique régional. L’arabe est enseigné à tous les enfants dont elle n’est pas la langue maternelle comme langue de communication et comme langue d’enseignement.»

Le bilan de cet article fondamental est que non seulement il n’a pas pu contredire l’hypothèse d’un modèle de transition, mais il participe même à l’étayer en optant pour une asymétrie dans le traitement entre l’arabe et les autres langues. Ce bilan est consolidé par les dispositions de l’annexe qui conditionne l’introduction généralisée des langues à un test dont les termes ne sont pas définis.

Maintenant si on est embarqué dans un modèle de transition, que pouvons-nous espérer ? Autrement dit, que reste-t-il des buts sociaux louables avancés dans l’introduction de la loi ? Tout d’abord, il se passe de discussion que toutes les communautés nationales ne sont pas à égale distance par rapport à l’arabe. Les locuteurs de la langue hassaniya, un dialecte de l’arabe, sont de loin les plus proches de cette langue que leurs compatriotes locuteurs du pulaar, soninke ou wolof. Un système dont le souci est de transiter ces derniers, par le biais des dispositions du modèle dessiné, vers l’utilisation pleine de l’arabe instaure d’emblée une inégalité dans les conditions d’apprentissage. Or peut-on atteindre une égalité des chances à partir d’une inégalité des conditions ? Cette première injustice est intercommunautaire. L’égalité des chances restera un mythe au moment où la communauté hassaniya est mise dans des conditions linguistiques de réussite meilleures que celles des autres communautés. Par ailleurs, à l’intérieur de chaque communauté, une autre forme d’inégalité des chances, de nature économique mais impliquée par la condition linguistique, subsistera dans la mesure où les communautés pulaar, soninke et wolof resteront face à une langue aussi étrangère que toute autre, érigée en passage obligée pour une réussite scolaire. Donc ce seront encore les classes les plus aisées qui auront globalement plus de chances que les autres dans la mesure où elles auront un moyen accessible d’action contre les barrières linguistiques en payant un service privé. Le même phénomène pourrait être observé, à moindre degré, dans la communauté hassaniya quant à l’adaptation à l’arabe classique (mais il est très probable qu’on décide d’en rester à la version du hassaniya par le principe bien connu du moindre effort). Donc les buts sociaux sont doublement un leurre pour les communautés pulaar, soninke et wolof.
Mais alors qu’en est-il du but national ? Qu’adviendra-t-il de l’identité nationale aussi fermement défendue mais si peu définie dans les termes de la loi ? Si la définition de l’identité nationale est à la charge de l’école, la nôtre de par le modèle choisi, produit l’arabe ou l’arabisé. Faire entrer des petits soninké, wolof et pulaar, et ressortir des arabisés fait incontestablement de notre école une machine d’assimilation comme l’école française l’a été pour les petits bretons, basques, alsaciens et leurs autres camarades d’autres régions. Il n’aura fallu qu’à peine un siècle après les lois Ferry sur la généralisation de l’école pour changer de fond en comble le paysage sociolinguistique français. Les jacobinistes mauritaniens expliquent les éléments asymétriques dans la politique linguistique déclinée dans la loi, et qu’on a vu sont de nature à inscrire le système dans un modèle de transition, par une prétendue majorité de l’arabe. Une majorité qu’aucune statistique ethnique actuelle ne soutient. Ce qui fait que la communauté qui en est bénéficiaire est jusque-là plus majorée que majoritaire. Mais quand bien même il y aurait une majorité arabe ou pulaar ou autre en Mauritanie, nous serions bien d’accord que cet état de majorité serait valable à un instant précis de l’histoire. L’évolution démographique peut en faire ce qu’elle voudra dans le futur. L’idée de la figer au profit des uns et au détriment des autres en faisant fi de l’expression libre du devenir démographique des uns et des autres n’est donc pas objective. Elle le serait si elle soutenait par exemple que « la langue de l’État est la langue majoritaire ». Un tel principe pourrait volontiers être nommé « unilinguisme ouvert » par opposition à « l’unilinguisme fermé » consistant à nommer et entériner la langue majoritaire à l’instant t. Ainsi, dans un unilinguisme ouvert, si aujourd’hui c’est le wolof la langue majoritaire, alors le wolof sera pris. Quand cela changera dans trente ans au profit du soninké, cette langue serait l’heureuse élue en ce moment-là. S’il s’agissait d’un unilinguisme fermé, comme c’est le cas aujourd’hui en Mauritanie, on inscrirait dans la constitution que « wolof est la langue de l’État » en se basant sur le nombre majoritaire de ses locuteurs d’aujourd’hui tout en n’envisageant pas de le changer si la situation se renversait au profit du soninké ; ce qui serait refuser un droit au soninké pour les mêmes raisons qu’on l’avait accordé au wolof. Voilà la contradiction fondamentale de l’unilinguisme fermé et son injustice intrinsèque. La seule façon de résoudre ce problème tout en restant à l’intérieur du cadre de l’unilinguisme fermé est de plonger davantage dans l’injustice et d’assurer à la langue élue la persistance de sa position de majoritaire en usant de tous les moyens de l’État pour arriver à cette fin. Certains pays ont appliqué une telle politique ; ainsi, les langues régionales françaises sont mortes ou en agonie. D’autres pays comme la Suisse arrivent, en optant pour un multilinguisme décomplexé, à préserver ses langues, en particulier le romanche dont la survie ne serait pas possible autrement. L’unilinguisme ouvert ainsi défini, est exempt de l’injustice `interlingue’ constitutionnel. Car il propose un droit qu’en théorie toute langue peut atteindre quand elle est dans les conditions. Mais il pose deux problèmes. Premièrement, l’évolution démographique peut mener à une situation où aucune langue n’est majoritaire : il atteindrait alors ses limites et devrait improviser ou le système serait clôturé. Le deuxième problème est qu’en réalité il n’est juste qu’entre les langues, mais qu’à l’intérieur de chaque cycle les locuteurs des langues minoritaires subiront une injustice sociale ; et celle-là n’est pas justifiable par une expression du type « Tenez bon et faites des bébés, ça pourrait être le tour des autres dans un siècle ». Cela dit, dans un unilinguisme fermé, celui qu’on vit, peu importe le nombre de bébés que le camp des ‘minorités’ ferait, la constitution dit que ça sera toujours leur tour de souffrir ! Dans ce sens, l’unilinguisme ouvert reste, malgré ses problèmes de structure et son injustice sociale cyclique, meilleur que l’unilinguisme fermé. Par conséquent, seul le multilinguisme reste un une option viable. Ainsi, l’on peut dire qu’un projet de société soucieux de l’égalité des conditions et, par voie de conséquence, celle des chances, passe par le choix du multilinguisme. C’est ce dernier qui est également le garant d’une identité nationale diverse. Si l’on veut libérer les buts sociaux que la loi affiche des pièges du choix idéologique jacobin ambiant et en faire, peut-être un jour, des réalités pleines, une étape impérieuse nous incombe ; celle de l’officialisation des langues pulaar, soninke et wolof, seule garante de la réussite de tout projet éducationnel les concernant.

Mouhamadou Sy
Le 21 Septembre 2022

● Note de presse d’Armepes-France : le Prix Honorifique Gambanaaxu décerné à Monsieur TRAORÉ Hamet dit cheikh Abdoulaye Traoré.



L’association Armepes-France instaure un Prix biennal de reconnaissance et d’encouragement (Prix Gambanaaxu) à partir cette année 2022. Ce dimanche 18 septembre 2022 lors d’une rencontre de travail de l’association, le trophée de cette première édition a été décerné à monsieur Traoré Hamet communément connu cheikh Abdoulaye Traoré de Testaye (Guidimagha Mauritanie). Nous lui adressons nos chaleureuses félicitations et saluons le superbe travail réalisé par la commission chargée du Prix.

Ci-après la lettre adressée au récipiendaire par le président d’Armepes :

PRIX GAMBANAAXU FEDDE ~ RECONNAISSANCE ET ENCOURAGEMENTS 2022 POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS

L’association Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de la Pratique de l’Esclavage et ses Séquelles), l’ONG droit-de-lhommiste initiatrice de la mouvance internationale abolitionniste Gambanaaxu Fedde décerne ce Prix Honorifique à vous Monsieur TRAORÉ Hamet communément connu cheikh Abdoulaye Traoré.
Natif du village de Testaye en Mauritanie, membre fondateur d’Armepes, vous vous êtes investi socialement et intellectuellement pour promouvoir vaillamment cet engagement humaniste et citoyen dans la communauté soninké. Vous avez été le premier conférencier de l’association, notamment en animant la conférence pionnière en date du 22 novembre 2011 à Paris.

Notre vive et fraternelle reconnaissance et nos chaleureux encouragements à vous.

Paris le 18 septembre 2022

Le président d’ARMEPES-FRANCE

©️ La Communication d’Armepes-France

● Confirmation du renvoi d’Aziz et co inculpés devant la cour anticorruption

La chambre d’accusation de la cour d’appel de Nouakchott a confirmé mardi 13 septembre l’ordonnance de renvoi de Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien président de la République, et ses coinculpés, devant la cour criminelle chargée de la lutte contre la corruption.
La première décision dans le cadre du traitement de cette affaire, rendue par un collège de 3 juges d’instruction, avait fait l’objet d’un recours de la part du collectif des avocats de la défense, sur la base du motif de non communication de la procédure préalable à tout acte de renvoi.
Ainsi, l’arrêt de la chambre d’accusation valide l’ordonnance des juges d’instruction dans toutes ses dispositions et ouvre la voie à un procès dont la date sera fixée par la juridiction de renvoi, sauf dans le cas d’un pourvoi devant la Cour Suprême de la part du collectif des avocats de la défense.
Maître Brahim Ebetty, coordinateur du collectif des avocats de l’Etat de Mauritanie, constitué partie-civile dans le dossier, explique le nouvel arrêt de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Nouakchott par la solidité des arguments développés à travers l’ordonnance des juges d’instruction pour motiver le renvoi de l’ancien président de la République et ses compagnons, devant la cour criminelle chargée de la lutte contre la corruption. Mohamed Ould Abdel Aziz et ses coinculpés sont poursuivis pour plusieurs infractions liées à la décennie de gouvernance 2009/2019 (corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, dissipation de biens publics, blanchiment…).

©️ via http://www.lecalame.info/?q=node/13740

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● PRATIQUE DE L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE A KAYES : Le réveil brutal de la justice !

Dix-neuf (19) personnes arrêtées et détenues à la maison d’arrêt centrale de Kayes, instruction ferme donnée à tous les juges de paix à compétence étendue… La justice se met au travail pour stopper la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes.

Le 30 juillet dernier Madame Diogou Sidibé, âgée d’environ 70 ans, est assassinée à Lany Mody dans la commune de Sony, près de Kayes, première région administrative du Mali. La pauvre dame est assassinée dans son champ pour avoir refusé d’être esclave. Elle avait disparu la veille. L’établissement des faits indique la piste des exactions graves en lien avec la pratique de l’esclavage par ascendance, selon la CNDH.

Aussitôt, la justice a été saisie. Elle a procédé, pour l’instant, à l’arrestation de 19 personnes impliquées. Ces présumées bourreaux de la vieille dame croupissent présentement en prison à Kayes.

Le mouvement social de lutte contre l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, dénommé Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP), ou GAMBANA en langue Marka, salue cette démarche de la justice, seule capable de mettre fin à cette pratique avilissante. «Dans nos villages on nous appelle : esclave. Et puis, dans certaines localités, l’esclavage est pratiqué à travers des travaux obligatoires. Nous avons créé le 4 avril 2017 notre association pour dire que ce qui est de l’esclavage, nous ne sommes plus dedans. C’est pour cela, nous sommes maltraités, chassés, ou même tués », explique Mahamadou Konaté dit Ras Mandé, Coordinateur du GAMBANA, qui signifie « qu’on est tous les mêmes ».

La persistance de la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, jusque-là, s’explique du fait que la justice a pris du temps pour sévir. « Si la justice avait travaillé contre cette pratique depuis 2017, on allait assister à son recul. Mais, si, nous voyons qu’on est arrivé jusque-là, ça veut dire que la justice ne sévissait pas avant », estime le Coordinateur du GAMBANA.

Pas acceptable dans un Etat démocratique

Organisé à Bamako du 15 au 20 août 2022, l’Atelier national de validation des avant-projets de code pénal et code de procédure pénale, ayant pour objectif de restaurer la confiance des justiciables envers la justice et corriger les lacunes, les incohérences et les insuffisances des textes pénaux, qui a regroupé plus de 150 participants, s’est appesanti sur la pratique de l’esclavage.

Le terme esclavage par ascendance étant à la mode dans la région de Kayes, les participants à cet atelier national sont convenus de combattre la pratique de l’esclavage partout au Mali. «En réalité, il s’agit même de combattre l’esclavage tout court dans notre pays. Des définitions ont été proposées par rapport à ces réalités sociologiques. Et ce serait une bonne chose qu’on ait aujourd’hui une législation de droit positif qui réprime effectivement ce genre de comportements qui ne sont pas acceptables dans un Etat démocratique », a indiqué Nouhoum Tapily, ancien président de la Cour Suprême participant à l’Atelier.

Ce que dit la loi

Entendu que la Constitution du 25 février 1992 du Mali précise en son article 2 ceci : « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée », la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive préoccupation face à la persistance de l’esclavage par ascendance et au regain de violences dans la région de Kayes.

Auparavant, l’Organisation Internationale pour les Migrants(OIM) au Mali avait effectué une étude sur la traite d’êtres humains s’inscrivant dans l’objectif I du plan d’action national contre la traite des personnes et les pratiques assimilées (2018-2022). Cette étude faite par l’OIM a démontré, entre autres pratiques de traite, que l’esclavage par ascendance est une des formes de la traite d’êtres humains.

Adoptée en 2013 par les Nations Unies, la journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains est célébrée le 30 juillet de chaque année.  

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) lors de cette célébration, au niveau national, a fait de forte plaidoirie à l’attention de l’Etat pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance. C ’est ainsi donc, pour lutter efficacement contre la traite d’êtres humains au Mali, la CNDH et l’OIM ont préconisé l’organisation de campagnes de formations, d’informations, et des activités de sensibilisation sur les méthodes de détection sur les victimes ou potentielles victimes en cas de violations ou d’abus des droits de l’Homme.

Selon l’article 7 de la loi N°2012-023 du 12 juillet 2012 sur la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, il est dit ceci : « Est coupable de crime de traite des personnes et puni de la réclusion criminelle de cinq ans à dix ans et facultativement de l’interdiction de séjour d’un à dix ans quiconque commet l’un des actes prévus à l’article 1er de la présente loi. Quant à l’article 9, il dispose que la réclusion à perpétuité sera prononcée lorsque la victime décède ; qu’il en est résulté pour la victime une mutilation ou une infirmité permanente ; qu’il y a eu prélèvement d’organes humains ».

Ousmane Morba pour Maliexpress.net

©️ via https://maliexpress.net/index.php/reportage/pratique-de-l-esclavage-par-ascendance-a-kayes-le-reveil-brutal-de-la-justice

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● Mauritanie : Mohamed Ould Abdel Aziz récupère ses passeports

▪︎▪︎▪︎ En Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz a récupéré ses passeports, selon ses avocats, vendredi 9 septembre. L’ancien président a recouvré la liberté mercredi, après plusieurs mois de contrôle judiciaire. Mohamed Ould Abdel Aziz est accusé d’enrichissement illicite, recel et blanchiment d’argent au cours des dix années où il était au pouvoir. Avec l’échéance de son contrôle judiciaire et ses passeports récupérés, l’ancien président est maintenant totalement libre de ses mouvements.

Mohamed Ould Abdel Aziz a désormais ses deux passeports en main : l’un biométrique et l’autre ordinaire. Un soulagement pour ses proches qui espèrent que l’ancien président pourra bientôt se faire soigner à l’étranger.

« C’est ce qu’il demande depuis des mois », explique son avocat, Maître Mohamed Thaleb Khiyar. Durant sa détention à l’école de police de Nouakchott, Mohamed Ould Abdel Aziz a souffert de problèmes cardiaques qui ont nécessité une opération. Depuis lors, l’ancien président demande à être soigné à l’étranger. Et son avocat d’assurer, qu’il ne fait aucun doute qu’il rentrera affronter son procès.

Le parquet reste attentif
Pour plusieurs sources proches des autorités, tout ce bruit autour d’un éventuel départ de l’ancien président, ne serait que communication stratégique. « Son entourage veut faire croire à un accord qui mettrait un terme à la procédure judiciaire », explique l’une d’entre elle, qui ajoute que « le parquet continue à le surveiller de près ».

Dans un communiqué publié mercredi, le Parquet général rappelle qu’il veillera « à ce que tous les inculpés assistent à toutes les étapes de ces procédures, y compris la phase du procès »

©️ Via rfi https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220910-mauritanie-mohamed-ould-abdel-aziz-r%C3%A9cup%C3%A8re-ses-passeports

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● Mauritanie : Mohamed Ould Abdelaziz est libre | Par Justine Spiegel [Jeune Afrique]

~Le contrôle judiciaire, auquel l’ancien président était soumis depuis juin 2021, a été levé dans la soirée du 7 septembre. Explications.

À Nouakchott, les policiers, dont le départ était attendu dès le 6 septembre à partir de minuit, ont finalement passé une journée de plus stationnés autour de la résidence de Mohamed Ould Abdelaziz. Ce n’est que le lendemain, toujours à minuit, qu’ils ont plié bagage : l’ancien président est donc libre. Le contrôle judiciaire très strict (il ne pouvait sortir sous aucun prétexte et ses visites étaient filtrées) auquel il était soumis depuis son arrestation, le 22 juin 2021, a donc été levé. Le juge d’instruction le lui a signifié par ordonnance dans la soirée.

Passeports restitués
Il peut désormais également disposer de sa maison à Bénichab, dans l’Inchiri, dont les clés vont lui être rendues. Celle-ci avait été saisie par la justice, comme l’ensemble de ses biens, dont la liste n’a toujours pas été communiquée à sa défense. Informé de l’état de délabrement de sa propriété, où il passait tous ses week-end, Mohamed Ould Abdelaziz avait réclamé il y a plusieurs mois un accès à un employé pour en assurer la maintenance. Une requête rejetée.

Mohamed Ould Abdelaziz devrait pouvoir voyager. Ses deux passeports, l’un ordinaire et l’autre diplomatique, doivent lui être restitués ce 8 septembre par la police. Pour le moment, aucune condition n’a été posée à un départ potentiel. « Les autorités le connaissent, dit l’un de ses conseils, Me Mohameden Ould Ichidou. S’il dit qu’il rentre, il rentrera ». Selon nos informations, les puces des passeports biométriques de ses cinq enfants et petits-enfants ont été désactivées ces derniers semaines. Ses avocats ont déposé des recours contre cette dernière mesure et la procédure suit son cours.

Séjour en France ?
L’ancien président souhaite se rendre en France, à l’hôpital de Percy-Clamart, afin d’y passer un contrôle médical. Il a en effet subi, il y a plusieurs mois, un cathétérisme cardiaque, après avoir été pris de malaise et de saignements lorsqu’il était en détention préventive à l’École de police de Nouakchott. La question de son évacuation sanitaire s’était alors posée, mais les trois spécialistes qui le suivent au Centre de cardiologie de la capitale avaient estimé, dans leur rapport médical établi à la suite d’une période d’observation, qu’il pouvait être soigné localement. Depuis qu’il a été victime d’un accident par arme à feu, en 2012, il souffre également d’une hernie qu’il doit faire opérer.

Une question, cruciale, demeure : un procès aura-t-il lieu ? Aucune date n’a encore été communiquée. De nombreux chefs d’accusation, très lourds, continuent de peser sur l’ancien président. Il est en effet poursuivi pour, entre autres, corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics et octroi d’avantages indus.

En juin, sa défense a déposé un recours contre son renvoi devant la justice. Le dossier se trouve toujours au niveau de la Chambre d’instruction de la Cour d’appel, qui n’a pas encore statué. « Eu égard à la gravité des faits, il est inimaginable de penser qu’il ne puisse y avoir un procès » assure Me Brahim Ould Ebety, bâtonnier et chef du pôle des avocats de l’État. « J’en doute fortement car cela ne jouerait pas en faveur du pouvoir, répond Me Ichidou. Ce dossier est vide. »

©️ Via https://www.jeuneafrique.com/1374954/politique/mauritanie-mohamed-ould-abdelaziz-est-libre/

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