Déclaration d’AMEES. 

   

Association Mauritanienne    المنظمة الموريتانية   

pour l’Eradication de l’Esclavage    للقضـاء علي العبودية

            et ses Séquelles        و رواسبها  

Récépissé n° 0103/MINT/15/01/2008    وصل رقم 0103/و.د/15/01/2008

Tél. : (+222) 41 37 71 04 / 36 60 89 19    /  19 89 60 36  41 37 71 04هاتف :(00222)

Email : ameeskofo@gmail.com    ameeskofo@gmail.com البريد الكتروني :

Nouakchott – Mauritanie    انواكشوط –  موريتانيا

Déclaration

En cette période de début de saison d’hivernage, l’AMEES suit avec une attention toute particulière les conflits fonciers nombreux et virulents dans la Wilaya du Guidimakha, entre cultivateurs et éleveurs mais surtout au sein de la communauté Sooninke, où les propriétaires traditionnels s’évertuent à monopoliser les terres agricoles au détriment de leurs anciens esclaves et obligés en faisant totalement fi de la réglementation foncière officielle en vigueur.

À titre d’exemples :

  • conflit entre population de cultivateurs de Khabou et  éleveurs Peuls de  Dubogne ;

  • conflit de Niéliba entre le vieux Tombe Koné et ses anciens maîtres, conflit qui traîne dans les dossiers du Hakem de Selibaby ;

  • conflit de Tachott Botokholo  entre propriétaires traditionnels et anciens esclaves sans terre pour leur culture de mil et d’arachides dossier qui traîne également à la préfecture de Selibaby.

  • À Mbeïdiya Sakha (Gorillakhé) des propriétaires traditionnels ont empêché des paysans anciens esclaves d’accéder à leurs champs mis en valeur depuis des années ;

  • Le conflit de Dafort entre le vieux Silima Diarra et la fratrie Camara de Hayané vient en fin de trouver une solution grâce à la fermeté du Hakem de Ould Yengé sur l’application de l’ordonnance n° 83127 du 05 juin 1983 et son décret d’application n° 2010.08 du 31 mars 2010 portant reforme foncière l’AMEES lui demande de délivrer enfin un titre de propriétaire officiel au vieux Diarra.

L’AMEES qui suit au quotidien ces conflits, demande à toutes les autorités administratives, Wali et Hakems du Guidimakha de veiller au respect strict de la réglementation foncière afin de ne pas compromettre les efforts des paysans pauvres en cette année où la saison d’hivernage suscite beaucoup d’espoir.


Nouakchott, le 10 juillet 2017


Le Bureau Exécutif


Source crédit: Bureau AMEES. 

Vincent Dicko Hanoune condamné par le TGI de Paris pour diffamation envers Abdoulaye Diagana et Ould Jeilany.

Le 7 juillet 2017, la 17ème
chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a
condamné Vincent Dicko (de son état-civil) dit Hanoune Dicko pour
diffamation envers Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Ould Jeilany.

Quelques jours après avoir publié les
accusations mensongères et diffamatoires, le condamné, Vincent Diko Hanoune,
se croyant tout puissant et à l’abri de la justice, fanfaronnait et lançait un
défi dans les termes suivants (reproduits tels quels, y compris avec les
fautes) :

« La justice Française n’est pas
sous les ordres des chiens de gardes en garde à vous du système raciste et
esclavagiste mauritanien, Diagana Abdoullaye et Mohamd Abba Jeilany ; je serai
très honoré d’accueillir votre plainte qui ne tardera à être démonté en mille
morceaux, donnant ainsi l’occasion aux gens de lire sur vos vrais hideux
visages, vos vraies natures de quadrillons s’adonnant à la délation,
l’hypocrisie et les mensonges. Bien entendu, j’espère que cette plainte sera
une occasion pour  les autorités
françaises de nettoyer le sol français des vampires, et d’agents de
renseignements Mauritaniens, qui se sont faits passés comme des refugiés
politiques ou immigrés ? ». (Propos non poursuivis).

Nous avons donc pris au mot Vincent
Diko Hanoune
et avons demandé à la justice française de dire le droit sur
cette affaire (article du 7 février 2014). Les motivations du tribunal sont
sans ambiguïté : « Il est patent que, comme le soutiennent les parties
civiles, les propos de Vincent Diko leur imputent d’être des traitres à
la cause de l’opposition mauritanienne en exil et des agents de la sécurité
mauritanienne… ». Le tribunal poursuit ses motivations en disant
« qu’il s’agit INCONTESTABLEMENT, d’une part, de faits précis
pouvant faire l’objet d’un débat probatoire, d’autre part, d’allégations
attentatoires à l’honneur et à la réputation
 » de Abdoulaye Diagana
et Mohamed Abba Jeilany
qui se voient « imputer des comportements soit
constitutifs de graves infractions pénales soit contraires à la morale
commune ». Le tribunal conclut que « l’ensemble des propos
poursuivis doit être considéré comme diffamatoire »
. Il reconnait Vincent
Diko
, coupable du délit de diffamation publique envers particuliers,
en l’occurrence Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Jeilany
.

         
Sur la peine, Vincent Diko Hanoune
est condamné à une amende de 500€ avec sursis.

         
Sur l’action civile, Vincent Diko
Hanoune
est condamné à verser à Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba
Jeilany
la somme de 2000€ chacun à titre de dommages et intérêts (4000€ au
total).

         
Vincent Diko Hanoune est
condamné à leur verser 2000€ chacun à titre de l’article 475-1 du code de
procédure pénale (frais irrépétibles : avocat, huissiers…) ; soit au
total 4000€.

         
M. Vincent Dicko Hanoune est condamné
à publier sur son blog le communiqué suivant :

« Par
jugement en date du 7 juillet 2017, la 17ème chambre correctionnelle
du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné Monsieur Vincent Diko
Hanoune pour avoir diffamé publiquement Messieurs Mohamed Abba Ould Sidi Ould
Jeilany et Abdoulaye Diagana dans un article mis en ligne le 7 février 2014 et
intitulé « Abdoullaye Diagana
et son ami Mohamed Abba Ould Jeilany sabote
les efforts des cadres mauritaniens de l’extérieur CCME ».

         
Dit que ce communiqué devra occuper
l’intégralité d’un encadré de 400×400 pixels hors toute publicité, en page
d’accueil du site.

         
Dit qu’elle devra intervenir dans un
délai de 15 jours à compter de la date à laquelle le jugement aura revêtu un
caractère définitif sous astreinte de 500€ par jour de retard.

Voilà donc
ce qu’a dit la justice française en laquelle Vincent Diko Hanoune place
sa confiance en nous demandant de nous adresser à elle. Elle ne peut pas être
qualifiée de justice aux ordres. Elle veille à ce que les citoyens accèdent à
leurs droits et que certains ne s’arrogent pas le droit d’agresser impunément
d’autres.

C’est le lieu de rappeler ici que nous aurions aimé nous passer de
cette procédure. Mais la haine tenace et irrationnelle et la mauvaise foi
caractérisée en dépit du bon sens nous auront imposé cette épreuve. Nous
nous demandons encore pourquoi, malgré notre parcours, notre passé et notre
présent qui ont, tous les jours, milité en notre faveur et nous ont lavés de
ces accusations ignobles si éloignées de ce que nous sommes, Vincent Diko
Hanoune et certains de ses proches s’acharnent à nous jeter dans un camp qui
n’est pas le nôtre. A qui profitent toute cette haine, cette énergie gaspillée,
ce temps perdu ?
En tout cas pas au camp de ceux qui ont jusqu’ici
lutté pour mettre fin aux injustices en Mauritanie, camp dont nous nous
réclamons aujourd’hui plus que jamais.

Pour que le débat serein et constructif reprenne le dessus et
qu’on se penche sur les véritables maux de la Mauritanie, nous prévenons que
nous ne laisserons plus jamais passer calomnies, dénigrements, diffamations,
accusations gratuites et mensongères et autres procès en sorcellerie. Que
chacune et chacun prenne ses responsabilités et réponde de ses actes. A bon
entendeur salut.


Fait à Paris,
le, 10 juillet 2017.

Abdoulaye Diagana et Mohamed Abba Ould Jeilany



Source crédit: Mail 

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE. 


Une nouvelle plainte a été déposée contre la Mauritanie au Parquet de Paris en vertu du principe de la compétence universelle
L’une des salles de conférence du Parlement européen a abrité jeudi 22 juin 2017 une conférence de presse animée par la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique, en collaboration avec l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) avec la présence effective de l’Honorable député, ancien ministre et ancien Président de la Commission Européenne, Monsieur Louis Michel.

Sous l’intitulé «L’esclavage et la torture en Mauritanie : deux luttes à mener au 21ème siècle», la conférence s’est déroulée devant une salle composée de députés européens, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

Monsieur Louis Michel a ouvert les débats, reconnaissant la gravité de l’esclavage en Mauritanie, tout en réitérant le soutien de l’Union Européenne à l’action pacifique menée par le mouvement IRA – Mauritanie  et son président. Il a relevé les dimensions culturelles du phénomène de l’esclavage, notamment la résignation des victimes. Il a pointé du doigt l’un des plus grands obstacles à l’éradication du phénomène, en l’occurrence l’Etat mauritanien ainsi que la majorité de l’élite harratine qui ont opté pour le négationnisme des pratiques esclavagistes en Mauritanie contre vents et marées.

Maître Georges Henri Beauthier, avocat auprès des cours et tribunaux belges et français, président de la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique  et Maître William Bourdon, avocat belge et membre de la Fondation, citant les rapports et conclusions des différentes organisations internationales des droits de l’homme et les représentants d’organismes internationaux comme les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur les droits de l’homme en Mauritanie, ont mis en exergue l’unanime condamnation des acteurs de la communauté internationale sur la persistance de l’esclavage dans ce pays, qui selon eux, entraîne la mort sociale d’une forte majorité des Mauritaniens.

Maître Georges Henri Beauthier, a ainsi indexé la France qui selon lui facilite le déplacement en toute impunité des fonctionnaires mauritaniens accusés de pratiques liées à la torture alors qu’elle complique le voyage des défenseurs des droits de l’homme qui veulent aller en Europe pour témoigner.  Il a annoncé dans la foulée avoir déposé ce jeudi 22 juin 2017 auprès du Parquet de Paris, une plainte contre les présumés tortionnaires et auteurs d’actes esclavagistes mauritaniens  en déplacement en France et en Europe, selon le principe de la compétence universelle. Cette plainte viendrait s’ajouter à d’autres déposées auprès de plusieurs autres institutions internationales, comme la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, les Rapporteurs Spéciaux des Nations Unies sur la torture et la violation systémique des autres fondamentaux des droits de l’homme que le pouvoir mauritanien transgresse allègrement, notamment sur les militants abolitionnistes du mouvement IRA – Mauritanie. 

Quant à Maître William Bourdon, il a classé le régime de Mohamed Abdel Aziz implanté en Mauritanie comme un régime prédateur des droits de l’homme, en ce qu’il viole les lois condamnant un crime contre l’Humanité tel que l’esclavage et persécute une grande partie de sa population. L’esclavage, selon lui, est systématique dans son application contre les groupes défavorisé haratine en ce que le pouvoir mauritanien soustrait les criminels de l’esclavage de la rigueur de la loi. Il a décrit dans son exposé, un esclavage par ascendance raciale et la torture en tant que levier d’intimidation et de soumission contre toute revendication des antiesclavagistes.  Me Bourdon a dénoncé la complicité de l’Europe avec le régime mauritanien dans ce forfait et ces crimes inhumains sous le couvert de la coopération militaire et sécuritaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. En réalité, dira-t-il en substance, la lutte contre le terrorisme est instrumentalisée pour jouer sur la peur des gouvernements occidentaux afin de mieux sévir contre le mouvement IRA dans son combat contre l’esclavage en Mauritanie et pour  l’instauration d’une alternance pacifique et démocratique au pouvoir ainsi qu’un véritable Etat de droit.

A son tour, Biram Dah Abeid, président du mouvement IRA a d’abord remercié l’honorable député et ancien ministre, Monsieur Louis Michel pour son invitation et pour l’organisation dans l’enceinte du Parlement européen de cette conférence de presse, en présence d’un public d’élus européens, d’avocats, de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes.  Il a dénoncé de prime abord, la situation des droits de l’homme en Mauritanie, caractérisée selon lui par l’application d’une politique de violence indicible tendant à éradiquer le mouvement IRA au lieu d’éradiquer l’esclavage. Qualifiant le régime de Mohamed Abdel Aziz d’afrophobe et de réfractaire à toute amélioration des droits de l’homme en Mauritanie, mais aussi de «Daïchisant » et de «Fachisant»,  le président d’IRA a cité l’Etat mauritanien comme le principal acteur du maintien et de la pérennisation de l’esclavage, l’accusant de régir des lois pour faire taire les abolitionnistes par l’intermédiaire de mesures liberticides et à coups de répressions, d’arrestations arbitraires, de procès inéquitables, de condamnations lourdes et de tortures.

Biram Dah Abeid a dénoncé également les tentatives du régime de Mohamed Abdel Aziz d’étouffer le large et massif mouvement de droit civique que l’action du mouvement IRA a impulsé en Mauritanie. Dans la foulée de ses dénonciations, il a assimilé la coopération économique, financière, diplomatique, sécuritaire et militaire entre l’Union Européen et les Etats-Unis d’Amérique d’une part et la Mauritanie d’autre part, comme un appui à la gouvernance esclavagiste, assimilant ces appuis massifs comme un soutien indirect à la faction de l’extrême droite mauritanienne, esclavagiste, obscurantiste, xénophobe et réfractaire au droit, qui domine en Mauritanie les franges défavorisés par la répression, le faux et l’usage du faux.

Biram Dah Abeid, a interpellé dans ce cadre les élus européens à qui il a demandé de tenir tête à ceux parmi leurs décideurs qui instrumentalisent l’argent du contribuable européen pour engraisser et solidifier le pouvoir d’une poignée de personnes, dépositaires d’idées suprématistes et antidémocratiques en Mauritanie.

Il a annoncé que le mouvement IRA Mauritanie va continuer la mobilisation et la dénonciation populaire et intellectuelle contre le pouvoir en place, à l’intérieur des frontières comme à l’extérieur, jusqu’à sa chute. Il a appelé toutes les communautés mauritaniennes à faire barrage à la politique du «diviser pour régner » que le pouvoir veut ériger en instrument de dressage des communautés les unes contre les autres. Pour lui, aucune communauté, même celles dont sont issues les esclavagistes et les tortionnaires, ne doit être assimilée à ces derniers. 

Enfin, le président du mouvement IRA, a dénoncé les deux lois proposées par l’Etat et approuvées récemment par le Parlement, et dont l’une d’elle prévoit une peine allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement ferme contre quiconque critiquerait ou remettrait en cause les Codes noirs de l’esclavage en Mauritanie, considérés comme la Charia sacrée et principale source du droit dans le pays. Il s’agit selon lui, d’une mesuré moyenâgeuse éloquemment prise par le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz pour se mettre en porte-à-faux contre la Déclaration Universelle des droits de l’Homme dont la Constitution mauritanienne, dans son préambule, déclare s’être inspirée.

Tout ce qu’il y a à déplorer, c’est le retard accusé par cinq défenseurs des droits de l’homme, victimes d’emprisonnements arbitraires et de tortures et qui devaient témoigner lors de cette conférence de presse. Une escale mal négociée et les contingences d’un vol non planifié les ont ainsi empêchés d’apporter leurs témoignages qui étaient très attendus par les députés européens, les activistes des droits de l’homme et les journalistes. Toutefois, plusieurs rencontres ont été programmées pour leur permettre d’apporter leurs témoignages durant leur séjour en Belgique.

A noter que plusieurs sections d’IRA en Europe, notamment IRA Belgique, IRA Espagne, IRA France, IRA Italie, IRA Allemagne et IRA Hollande, ont fait le déplacement pour assister à la conférence de presse.

La commission de communication                 Bruxelles, le 22 juin 2017

Tentative de spoliation à caractère raciste dans le foncier au Brakna

       
Communiqué de presse

Le Wali du Brakna, Abderrahmane Ould Mahfouf Ould Khattri, a signé et diffusé,  le 18 mai 2017, un arrêté portant création et organisation d’une commission régionale chargée de l’élaboration des listes des bénéficiaires de parcelles dans l’extension du Périmètre du Casier Pilote de Boghé, d’une superficie de deux mille deux cents dix hectares (2210 ha). Cette commission est  présidée par le Hakem (Préfet) de Boghé.

Les terres objets de l’aménagement sont la source de revenue et de survie des communautés villageoises noires vivant dans plusieurs localités autour de la plaine. Contre toute logique, l’état partisan a tout simplement spolié ces terres pour les donner aux membres de l’agro business arabo et berbères, bafouant ainsi les droits de toutes ces communautés.

En effet, le 07 novembre 2014, le jour du lancement de la « Caravane contre l’esclavage foncier et les expropriations foncières », initiée par IRA – Mauritanie, une délégation formée des représentants des communautés villageoises propriétaires coutumières du site, était venue signifier au Hakem de Boghé son opposition, dans le projet d’aménagement, à la démarche adoptée par les autorités, sans aucune concertation avec les communautés concernées. Cette absence de concertation se poursuit dans la phase finale de distribution des parcelles.    

 

IRA – Mauritanie, tout en encourageant tout effort tendant à faire accéder «les sans terres »  à la propriété foncière, tient à annoncer cette position :

  • Les autorités doivent tenir compte du droit de propriété et leur accorder, prioritairement une partie de la terre qui est leur seule ressource avant la distribution aux non propriétaires.

  • L’expérience catastrophique de la distribution en 1994 des parcelles de l’extension du Périmètre Pilote du Gorgol devrait servir de leçon. Elle s’est faite dans une opacité totale qui a permis l’octroi de parcelles à de personnes étrangères au Gorgol et à la chose agricole, leur seul mérite était celui d’être porteur du capital financier.

  • Les autorités mauritaniennes seront responsables de toute tension qu’engendreront des actes irresponsables sur fond d’injustice dans la distribution des parcelles dans l’extension du Périmètre du Casier Pilote de Boghé.

  • Les communautés villageoises, victimes des agissements rétrogrades à relents esclavagistes des autorités, doivent garder leur calme et agir pacifiquement mais fermement pour le recouvrement de leurs droits.         

                


Nouakchott 31 Mai 2017

La Commission de communication

​Guidimagha : l’affaire de Ouloumboni 


Le cas de 2 frères Diallo impliqués dans une bagarre avec un élément féodal provocateur Camara, traîne dans le bureau du procureur de Sélibaby. Sous influence des milieux féodaux proches du pouvoir, le procureur joue un jeu de fuite en avant qui n’aura pas d’effet à long terme. Il croit pouvoir mettre la pression sur commande du milieu féodal du guidimagha pour dissuader les militants antiesclavagistes et antiféodaux dans les villages. À la suite des coups reçus par l’élément féodal qui est à l’origine de l’altercation, de la part de nos jeunes frères DIALLO à Ouloumboni, d’aucuns pensent trouver une bonne occasion de faire taire l’activisme antiféodal et antiesclavagiste en milieu soninké. Ce qui relève SÛREMENT  d’une très  mauvaise lecture de l’élan émancipateur amorcé il y a quelques mois. Cette affaire est d’un cas d’école très instructif pour l’engagement contre les tares sociétales érigées étrangement  en valeurs sociales soninkées dans nos contrées. 

Des sources fiables nous indiquent que le procureur en connivence avec certains  cadres féodaux  très remontés depuis Nouakchott, veut garder nos jeunes aux arrêts par des procédés louches depuis bientôt 1 mois. Une justice qui suit les caprices des milieux dominants du moment, ne vaincra jamais  la persévérance et le courage d’un esprit vaillant. 5 ans ou 100 ans d’emprisonnement ne feront pas le retour d’un passé qui selectionnait et conditionnait la DIGNITÉ HUMAINE en caste et en case. 


NOUS NE LES OUBLIONS JAMAIS. 


La lutte continue..!


K.S

​En Mauritanie, l’ostracisme des Noirs est une volonté des hautes autorités. 

J’étais parmi le personnel de la radio Mauritanie pendant 4 ans au sein du service  Langues Nationales.

J’étais l’un des présentateurs des éditions Soninké maigres en temps et en contenu. À chaque fois je vais dans ma région d’origine, le guidimakha , je constate qu’aucune couverture n’est faite sur place. De ce fait, nos populations vivent dans un désert en matière de communication, et ce déficit fait partie d’une politique sournoise d’arabisation forcée promue par les autorités étatiques sous l’égide du général Ould Abdelaziz aujourd’hui.  

Ce putschiste arrivé au pouvoir par un coup de force contre le jeune régime démocratique du seul président civil en 2008, fait ses interventions en arabe mélangé avec son dialecte le hassanya. Nos populations du Sud Mauritanien sont exclues d’office d’accéder aux discours du président et cette réalité de citoyenneté de seconde zone ne m’a jamais laissé indifférent. 

Par exemple l’événement médiatique annuel appelé Face au Peuple, le président l’a fait dans plusieurs régions où dominent les populations arabo-berbères . 

Par ailleurs nos populations du Sud subissent un véritable calvaire administratif par les opérations d’enrôlement biométrique initiée depuis plus de 6 ans. 

Ce recensement a un seul but, c’est fabriquer une majorité artificielle au profit des arabo-berbères pour dominer et ostraciser les populations noires. 


Ces derniers temps, les services de recensement au sein de l’ambassade mauritanienne à Paris, sont arrêtés sans raisons valables. 

Ces décisions fréquentes font partie d’une logique  volontaire des autorités pour freiner la régularisation des citoyens negro-mauritaniens.

Ce qui a été constaté : « bien que pas seulement limiter à eux »…., parlant des difficultés liées au recensement,… « cela est particulièrement problématique pour les afro-mauritaniens… » souligne Philip Alston, le rapporteur des Nations-Unies en mission en Mauritanie du 2 au 11 mai 2016.


Aujourd’hui à l’étranger, plusieurs mauritaniens deviennent apatrides et d’autres perdent leurs emplois faute d’avoir des documents d’état civil à jour. 

Après avoir rendu impossible le recensement des parents par des mesures et des artifices racistes, le gouvernement génocidaire mauritanien de Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de sacrifier l’avenir de leurs enfants en leur fermant toute perspective par la prise d’un arrêté conjoint n° 15 en date du 20 avril 2016, des ministères de l’éducation et de l’intérieur et de la décentralisation qui « porte obligation pour tous les élèves, candidats à des examens, y compris l’entrée en première année du collège, de disposer de leur recensement biométrique, à partir de l’année scolaire 2016 – 2017 ». 


Cet arrêté « exclut tout élève qui ne se serait pas inscrit et ne disposant de sa carte d’identité nationale de prendre part aux concours ou examens ou même aux inscriptions dans les établissements ». Comment ces enfants peuvent-ils se recenser alors qu’on exige pour cela le recensement des deux parents qui, eux-mêmes, n’ont pas pu être recensés. 


Ils ne pourront plus prétendre à l’éducation, s’ils ne sont pas enrôlés. En effet, « ils ne peuvent pas aller à l’école au-delà du niveau primaire et ne peuvent pas se qualifier pour de nombreuses prestations gouvernementales », poursuit le même rapporteur. 


Il est temps pour que le monde libre vienne au secours des populations noires de la Mauritanie qui subissent les manoeuvres silencieuses d’un génocide biométrique qui ne dit pas son nom. Par ma modeste contribution,  j’essaie de porter un témoignage de cri d’alarme sur une situation intenable pour mon peuple. 



Aliou CAMARA, militant activiste et ex animateur à la Radio Mauritanie. 


Source crédit : via mail de l’auteur.