● Mauritanie : la fête de l’Aïd el-Kebir sera célébrée dimanche 10 juillet



Sahara Média – La commission centrale pour l’observation du croissant lunaire a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’elle n’a disposé d’aucune information confirmant l’observation du croissant cette même nuit.

La commission a précisé qu’elle a contacté toutes les wilayas du pays et a poursuivi ses investigations jusqu’à 23h30, sans avoir obtenu une quelconque confirmation pour l’observation du croissant lunaire.

La commission considère que le 1er du mois Dhou Al hijja coïncidera avec le 1er juillet 2022 et que la fête de l’Aïd Al Adha sera célébrée dimanche 10 juillet 2022.

La prière sera organisée à 9 heures à la mosquée Ibn Abass

©️ Crédit source : Page Mauritanie FACEBOOK

✔️Pèlerinage de La Mecque : les règles changent, pour le meilleur et pour le pire ?

~~Une nouvelle procédure d’obtention des visas pour les candidats au grand pèlerinage de la Mecque pourrait mettre de nombreuses agences de voyages occidentales sur le carreau et empêcher des milliers de pèlerins français d’accomplir le cinquième pilier de l’islam. Certains observateurs saluent toutefois une initiative destinée à mettre fin aux abus qui gangrènent le business du Hajj.

C’est une petite révolution dans l’organisation du pèlerinage de la Mecque. Après deux éditions interdites aux étrangers pour cause de pandémie de Covid-19, le Hajj 2022 aura lieu du 7 juillet au 12 juillet avec un tout nouveau système de demandes de visas pour les croyants originaires des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, d’Europe et d’Australie.

Pour espérer accomplir le cinquième pilier de l’Islam, les musulmans vivant dans ces pays occidentaux sont passés cette année par la plate-forme numérique Motawif, la seule habilitée à fournir par tirage au sort des visas pour le Hajj. Les candidats devaient remplir deux conditions pour valider leur inscription : être vaccinés contre le Covid-19 et être âgés de moins de 65 ans.

Alors que les derniers résultats de cette loterie aux visas sont attendus le 18 juin, des milliers de musulmans français craignent de manquer le pèlerinage cet été. Car il n’y aura pas de places pour tout le monde : le quota 2022 de pèlerins français a été fixé à 9 200, contre plus de 20 000 habituellement.

Agences de voyages hors-jeu

Jusqu’à présent, les visas étaient accordés par les autorités du royaume wahhabite par l’intermédiaire d’agences de voyage privées. Avec Motawif, ces entreprises se retrouvent brutalement évincées de l’organisation du pèlerinage.

La Coordination des organisateurs agréés Hajj de France (CHF), qui regroupe 70 sociétés, a exprimé début juin dans un communiqué son « incompréhension de cette démarche troublante et comportant des risques très importants quant au bon déroulement du pèlerinage au départ de la France ».

« Les agences sont dans une phase où elles n’arrivent plus à se projeter. On part sur des situations de quasi faillites pour plusieurs d’entre elles », explique un responsable cité par SaphirNews, site spécialisé dans l’actualité du monde musulman.

Cependant, l’initiative saoudienne n’est pas une surprise totale pour les agences. « Cela fait plusieurs années que cette réforme du pèlerinage se prépare, mais les agences ne s’attendaient pas à une décision aussi soudaine, et surtout pas à la dernière minute », explique Leïla Seurat, chercheure associée à l’Observatoire des mondes arabes et musulmans (Omam), autrice d’une étude sur le marché du pèlerinage à La Mecque.

Escroqueries à La Mecque
Selon une source saoudienne citée par l’AFP, ce nouveau système d’attribution des visas a pour objectif de lutter contre les escroqueries de « fausses agences » qui s’emparent de l’argent de pèlerins.

Des arnaques et pratiques commerciales trompeuses que dénoncent en France, depuis 2015, Omar Dakir, président de l’Association culturelle d’entraide et de fraternité (Acef). Il cite en exemple des « agences non immatriculées qui vendent des forfaits à des prix exorbitants et obtiennent des visas avec la complicité d’agences agrées ».

Selon lui, le nouveau système mis en place par les autorités saoudiennes est « une excellente nouvelle » pour faire le ménage dans ce business du Hajj. « Pendant des années, on a parqué des citoyens français de confession musulmane dans des avions et des hôtels, sans garanties financières ni protection juridique. C’est de la mise en danger de la vie d’autrui », estime Omar Dakir.

« Pour le coup, les Saoudiens normalisent et rendent beaucoup plus transparent le système, alors que beaucoup d’argent circulait au noir », affirme de son côté Didier Leschi, ancien chef du bureau central des cultes au ministère français de l’Intérieur, auprès du site d’actualité religieuse La Croix Africa.

Côté prix, trois forfaits sont disponibles pour les musulmans résidant dans la zone occidentale et s’échelonnent de 6 200 euros à 9 900 euros pour des séjours d’environ trois semaines.

Reprise en main
En supprimant des intermédiaires, le royaume saoudien cherche également à maximiser les revenus colossaux générés par le tourisme religieux ainsi qu’à diversifier son économie.

Avant la pandémie, les deux principaux pèlerinages musulmans, le Hajj et la Oumra, rapportaient quelque 12 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) par an à l’Arabie saoudite.

« L’Arabie saoudite veut reprendre en main ce marché pour bénéficier directement des échanges avec le pèlerin. Cette réforme s’inscrit dans le plan Vision 2030 qui a pour objectif de développer le tourisme afin de préparer l’après-pétrole », analyse Leïla Seurat de l’Omam.

Reste à savoir si les Saoudiens seront capables de se substituer aussi facilement aux agences occidentales, alors que subsistent de nombreux points d’interrogation sur la nouvelle organisation et l’accompagnement dont bénéficieront les fidèles. « Les agences occidentales jouent sur la peur des gens en affirmant qu’il n’y aura pas de guides sur place, mais c’est complètement faux », rétorque Omar Dakir, le président de l’Acef.

« Il n’y aura plus de cohésion au sein de groupes de pèlerins français qui voyagent ensemble », précise toutefois Leïla Seurat. « Les tentes [dans lesquelles dorment les pèlerins à Mina après la Mecque] étaient organisées en fonction de la nationalité. C’est difficile de savoir comment ils feront cette année. Cela risque d’être un sacré pataquès ».

Pour cette édition 2022, l’Arabie saoudite a autorisé la venue d’un million de pèlerins étrangers ou nationaux, contre 2,5 millions avant la pandémie de Covid-19.

©️ Crédit source : https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20220617-p%C3%A8lerinage-de-la-mecque-les-r%C3%A8gles-changent-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire?ref=fb_i

✓Fabrique des « chérifs » | La Famille authentique du Prophète (psl) est sa communauté spirituelle !


Moi, je croyais qu’on est Tous (musulmans) descendants Chérifs spirituels du Prophète (psl) mais apparemment d’autres de très loin territorialement se créent des soucis aujourd’hui en collant des étiquettes de filiation forcée. Dans quel but justement…? Pour tenir une arnaque sociale et politique en utilisant une donnée que les gens Hedjaz (noyau originel) aujourd’hui n’en font pas une priorité existentielle.

Les Al-saoud venus historiquement du Nejd (très révolutionnaires à un sens bien particulier) courant 20 ème, ont éradiqué méthodiquement les derniers vestiges pilosités dits chérifiens de la Mecque, pour assoir leur légitimité politique et idéologique. Leurrés par les britanniques, ces chérifs qui s’attribuent une parenté avec le Prophète (psl) s’étaient trouvé une planque territoriale au sein d’un bancal royaume appelé aujourd’hui la Jordanie. Et si un negroide soudanais dans nos sables mouvants a comme priorité intellectuelle et sociale de se lier coûte que coûte par du forcing aléatoire et sectaire à la famille prophètique… alors que la famille spirituelle est universaliste… On doit s’interroger !

À quel dessein surtout…?

~ un commentaire lié cet article paru dans Cridem sur une histoire insolite devenue un cas judiciaire – https://cridem.org/C_Info.php?article=757138

✍🏾 KS pour le BLOG

✓Tawassoul payera le prix politique de sa décision, dit Mint Khaitour

Senalioune – Le parti du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul) paiera le prix social, moral et politique de sa décision, a affirmé la députée Saadane Mint Khaitour, faisant allusion à la mesure disciplinaire dont elle a fait l’objet sur décision du Bureau Exécutif de cette formation politique.

Tawassoul a montré qu’il n’y a pas de place pour les exclus, a-t-elle dit, au cours d’une conférence de presse, tenue le vendredi 27 mai courant avec le leader de l’IRA et député à l’Assemblée nationale Biram Dah Abeid.

Saadane a promis de revenir ultérieurement, une fois le moment venu sur la portée juridique de la mesure, indexant ceux qu’elle a qualifié de racistes au sein de Tawassoul, d’être les vrais instigateurs de la décision la visant et d’avoir pousser le parti à la prendre.

Le parti islamiste avait exclu la veille parlementaire Saadane Mint Khaitour pour l’avoir indexé de manque de dénonciation des pratiques esclavagistes courantes et des inégalités cruelles entre les différentes composantes sociales du pays, rappelle-t-on.

Par Oumlbenina Mint Bamba

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=756942

✓Tewassoul exclut de ses rangs le député Saadany mint Kheytour

Le bureau exécutif du parti Tewassoul a décidé jeudi soir l’exclusion définitive de ses rangs du député Saadany mint Kheytour.

Dans un communiqué qu’il a publié, le parti a chargé les structures administratives et juridiques du parti d’informer l’intéressée de cette décision.

La crise s’est accentuée entre le député et son parti depuis que celle-ci s’est exprimée dans un groupe sur Wattsap sur ce qu’elle a appelé le silence coupable du Cheikh Mohamed El Hacen O. Deddew à propos de l’esclavage en Mauritanie et le charge pour n’avoir pas prononcé une Fatwa en ce sens.

Ceci est intervenu après une vive altercation avec l’ancien député Mohamed Ghoulam ould El hadj Cheikh qu’elle a vertement critiqué dans son dernier enregistrement vidéo.

Mint Kheytour est une activiste du parti Tewassoul à travers lequel elle est entrée au parlement, mais elle s’était particulièrement distinguée par ses propos acerbes qui ont provoqué de grandes controverses, elle qui se considère porte-parole du Harak, (le mouvement) de la caste de Lim Almine (forgerons).

©️ Via Sahara médias https://fr.saharamedias.net/tewassoul-exclut-de-ses-rangs-le-depute-saadany-mint-kheytour/

✓Mauritanie | Appel à une khotba unifiée du vendredi sur les «dots exagérées»

Essahraa – Le ministère des Affaires islamiques et de l’enseignement originel a appelé les imams et les prêcheurs à unifier le sermon de la prière de demain vendredi 27 mai courant sur le thème « dots excessives et gaspillage dans les mariages ».

Les imams doivent axer leur khotba sur les dispositions légales (Charia) sur les dots excessives et les dépenses abusives dans les cérémonies de mariage, indique un communiqué du Département.

Le ministère a référé son appel lancé aux prêcheurs au verset coranique 67 de sourate Al Furghan:

« Et lorsqu’ils dépensent, ils ne gaspillent pas et ne sont pas avares. Et ils se font un chemin de juste milieu entre ces deux là ». Sadagha Allahou El Adhim

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=756896

✓L’AFFAIRE « GANA-GAYTE »* | PAR Tijane Bal


Quelques questions autour de « l’affaire Guèye ».

La première, prosaïque, est de savoir quel eut été le sort du footballeur s’il évoluait dans un club autre que «qatari» et incidemment que dit la loi qatarie de l’homosexualité et comment se positionnent les propriétaires qataris du PSG par rapport à la loi de leur pays sur le sujet? S’en affranchissent-ils dans la gestion de leur club?
Plus généralement, où commence et comment définir l’homophobie? Ne pas s’associer à une manifestation de «soutien» aux homosexuels est-il en soi une marque d’homophobie? S’agissant d’Idrissa Guèye, pourquoi la clause de conscience invoquée découlant de ses convictions religieuses devrait-elle être disqualifiée? Comment départager deux principes concurrents et pourquoi en déclarer un prépondérant? Par extrapolation, est-on par exemple nécessairement raciste pour n’avoir pas pris part à une manifestation antiraciste? Pourquoi certains sportifs ont-ils été autorisés à invoquer le droit (voire le devoir) de ne pas adopter le kneeling ? Avec quelquefois les encouragement de certaines autorités à l’image de Mme Priti Patel renvoyant le kneeling à « l’idéologie woke? Question corrélative: n’appartenait-il pas aux mouvements antiracistes eux-mêmes de définir les formes et modalités de leur protestation?
Circonscrit, le débat pourrait évidemment déborder le champ du football pour un cadre et des thématiques plus vastes du genre la différence entre universel et universalisme chère à Souleymane Bachir Diagne par exemple. Ou la distinction entre orientation sexuelle des individus et reconnaissance d’un statut au sein de l’espace public ou encore les tensions entre liberté individuelle et discipline de groupe.
Pour conclure, il est possible qu’au-delà du courage (incontestable) du footballeur sénégalais et de la force de son argument, son attitude génère un précédent.

* NB: le titre est de nous: « Gana-gayte »

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158929244130544&id=731995543 – Partage de lecture via profil de Kaaw Touré

✓Prier pour un non-musulman mort, permis ou interdit en islam? | Par Mohamed Bajrafil



L’horrible assassinat de la journaliste Shireen Abū Aqel, correspondante d’al-Jazeera dans les territoires occupés, a ravivé un débat, des plus vifs, au sein des milieux musulmans pratiquants. Il porte sur la question suivante:
A-t-on le droit de prier pour un mort non-musulman ? Je reprends ici une publication de l’an dernier qui traitait de la même question. Comme si le monde n’avançait pas et que des guerres et des maladies ne menaçaient pas l’humanité d’extinction, nous, musulmans, détenteurs des clefs du paradis, y admettons qui nous plait et y refusons qui nous déplaît.

Je m’excuse, tout d’abord, auprès des non-musulmans qui vont me lire, car la question peut, et ce n’est pas être humain que de ne pas l’entendre, choquer. Et ce, d’autant que bien qu’existantes dans les autres traditions religieuses, ces questions de « qui ira au paradis et qui n’y ira pas » ont l’air de moins occuper les débats au sein desdites traditions que chez nous, musulmans, aujourd’hui. Qu’ils sachent, cependant, si cela peut les rassurer, qu’au sein des musulmans mêmes, des factions existent dont chacune prétend être la seule sauvée, envoyant les autres au Diable et en enfer. Le prétendu propos prophétique des 73 sectes, bien que discutable tant du point de son texte (matn) que celui de sa chaîne de transmission, fait des ravages incroyables auprès d’une jeunesse à qui certains vendent une théologie post-it et binaire selon laquelle : « Les miens et moi sommes des saints et les autres des sectes sataniques ».

Mais, en écrivant ces lignes, que me dicte la rédaction de mon prochain livre sur la liberté de conscience en islam, j’ai une pensée particulière pour mes frères et sœurs musulmans qui ont embrassé seuls l’islam, sans leurs familles, et dont j’imagine la douleur lorsqu’ils apprennent que, prétendument selon des préceptes indiscutables en islam, non seulement leurs parents finiront en enfer, parce que non-musulmans, mais aussi et surtout qu’ils n’auront même pas le droit de prier peur eux, une fois morts.
J’ai en tête un de mes meilleurs frères, Benvenido, un homme aimant, marrant, bon croyant et enfant très respectueux de ses parents, non-musulmans. J’imagine la violence avec laquelle il accueille ces informations qu’on lui assène la plupart du temps sans aucun gant, ni aucune miséricorde. Je me rappellerai toute ma vie lorsque sentant la mort prochaine de sa grand-mère, non-musulmane, mon frère Mahdi, un amour fait homme, m’a demandé non seulement d’aller à son chevet, mais aussi de prier pour elle et m’a jeté : « Ai-je le droit de prier pour elle après sa mort ? ». Je lui ai dit que oui il lui était permis, en islam, de prier pour un mort non-musulman. Du moins, pour un nombre assez important de savants musulmans, anciens.
La question qui me taraude, depuis un moment, est cependant de savoir pourquoi les idées exclusives, condamnant l’autre à l’enfer, à la malédiction, par exemple, sont les plus répandues, aujourd’hui, chez nous les musulmans. J’ai plus d’un avis sur cette question, que je vous demande de vous poser et de poser autour de vous.

Pourquoi ? Je me rappelle l’étonnement de nombre de mes collègues théologiens lorsqu’ils m’ont entendu rapporter le propos selon lequel une des femmes du Prophètes, Aisha, se faisait exorciser par une femme juive, dans sa maison, comprenez la maison où elle a vécu avec le Prophète, qui récitait des versets de la Torah, car, vous l’aurez compris, il faut avoir un sacré problème pour imaginer que c’est le Coran qu’elle récitait. Ils m’ont dit ahuris : « Mais, d’où sors-tu cela ? » Je leur ai dit : « Des écrits musulmans aussi célèbres et incontournables pour vous que le premier livre de recueils de hadiths, qui n’est autre que le Muwatta’ de l’imam Mâlik, que la matrice (Al’umm) de l’imam al-Shâfi ‘i, des commentaires d’Ibn Battâl et d’al-‘Înî sur le recueil d’al-Bukhârî, des propos d’al-Bâgi, le célèbre théologien malikite andalous, etc. Et là, silence !

Je me pose d’autant plus cette question que, comme c’est le cas à 99,99% des questions de kalâm ou de fiqh, il n’y a jamais qu’une parole, mais toujours au moins deux, antagonistes. C’est à croire qu’on a réussi à gommer tout ce qui, sans nuire à notre particularité en tant que musulmans, nous lie à l’autre, nous rapproche de lui. On apprend, par exemple, partout que le kâfir (pluriel=kuffâr) en islam serait tout non-musulman. Au point que c’en est devenu une classe anthropologique. On naitrait ainsi mécréant, parce que venant d’un espace géographique donné, par exemple l’Europe, et musulman parce que venant de l’Arabie. De là des conclusions aussi idiotes que « l’arabe est par définition musulman », oubliant les millions d’arabes vivant dans le monde, qui n’ont pas l’islam comme religion, et « le blanc par essence non musulman ». L’Africain et l’Asiatique, c’est au pif. Bouddha pour l’un, et le vaudou ou l’animisme pour l’autre ! La bêtise est à ce point profonde. Je me rappelle avoir entendu dans un reportage, en France, des gens parler de musulmans chrétiens, voulant dire « arabes chrétiens ». Ce sont des billevesées que seules la connaissance de l’autre et la curiosité intellectuelle peuvent effacer. Est-ce à dire pour autant que la réalité anthropo-sociologique selon laquelle l’écrasante majorité des adeptes d’une religion l’héritent des leurs ? Non, loin s’en faut. Mais, ceci est une chose, et assigner à une foi un groupe de personnes pour des raisons ethno-géographiques une autre.
En attendant, des gens vivent des drames, car ces question de savoir si on peut ou non prier pour son parent non-musulman mort et/ou s’il ira au paradis ou pas, se posent avec acuité dans une France et un monde on ne peut plus métissés, où les mariages de gens de religions différentes sont de plus en plus fréquents. En réalité, un avis – des plus forts existe chez les anciens théologiens musulmans- selon lequel on a le droit de prier pour un mort non-musulman. C’est, au reste, le cas, dans le Coran, de plusieurs messagers, dont Abraham, qui, dans sa vieillesse, a prié pour ses deux parents, bien que non-musulmans, ou, en tout cas, dont on ne sait rien de l’ orientation religieuse. Je sais, un débat existe chez les exégètes musulmans sur qui est le « père » dont il est question dans ses invocations. Je ne vais pas m’éterniser là-dessus.
Revenons à la question : A-t-on oui ou non le droit de prier pour un parent non musulman mort ? Je me figure, en vous écrivant, le visage de mon frère Benvenido, à qui j’ai fait cette réponse plus d’une fois. Oui, on a le droit. Et ce n’est pas vrai, il n’y a jamais eu d’unanimité sur la question. Je ne sais plus quel exégète le rapportait cet avis, comme un avis isolé. Pourtant, il est loin d’être l’avis de 4 poilus et deux tondus, parmi les jurisconsultes musulmans. Et ce, n’en déplaise à l’imam al-Nawâwi, qui emprunte au juge ‘Iyâd une unanimité prétendue des savants musulmans sur l’interdiction de prier pour un mort non-musulman. En effet, au sein de l’école shaféite, des propos existent qui montrent que l’avis de l’école est plutôt que c’est permis. C’est, indiscutablement, l’avis d’aussi grands noms de l’école shaféite qu’al-Khtîb al-Shirbînî (m en 977 H), al-Qalyûbî (m en 1069H), al-Barmâwî (1106 H), al-Bajîrmî (m en 1221H), al-Shibrâmullasï (m en 1087H), al-Jamal (m en 1204 H) etc.
Il ressort de là deux choses. La première est que les gens se contentent de rapporter les avis connus des écoles auxquelles ils prétendent appartenir sans jamais aller au-delà de ce qui leur est dit. L’autre est que nous devons impérativement mettre de l’humain dans l’abord des questions du salut des personnes. Les théologiens musulmans (mutakallimûn) sont beaucoup plus nuancés que les vendeurs de rêves et de prêt-à-penser que sont certains prédicateurs des temps modernes, disant au grand public ce qu’il veut entendre. Notamment, lorsqu’on vit une période de faiblesse, après avoir été à la pointe de la technologie et des sciences. Dans son épître Fayçal al-tafriqa, al-Ghazzâlî dit que toute personne qui entend mal parler de l’islam et ne l’embrasse pas ira au paradis, parce que naturellement l’homme est fait pour aimer le beau et détester le laid. D’autres, tels que l’imam Dâwûd al-Dhâhirî, ou encore le juge Abd al-Jabbâr, comme le rapporte l’auteur du Tahbîr, et al-‘Ambarî estiment que ce qui compte, pour avoir le salut, dans l’au-delà, c’est de seulement être dans la quête de la vérité. Pas d’y parvenir obligatoirement. Ainsi a-t-on la catégorie de ceux qu’on appelle « Kâfir al-dunya » que je traduis par « non-musulman de ce bas-monde », à savoir une personne qui, par exemple, ne prie pas comme les musulmans, ne fait rien comme eux, mais est dans ladite quête. A sa mort, on la considère comme non-musulmane, dans le sens où on ne lui fait pas les rites réservés aux musulmans, en termes de lavage, d’orientation dans la tombe, etc. Mais, il n’est pas exclu qu’il aille au paradis.
Encore une fois, le bon sens et l’humanité doivent être notre gouvernail face au flot d’informations et d’interdits que Google et les réseaux sociaux nous amènent continuellement. Cultivons le beau, l’humain, l’empathie en nous. Soyons moins catégoriques dans nos réponses. Doutons de ce que nous avançons, car le sage est celui qui s’étonne de tout, comme disait Gide. « Nous méritons plus qu’Abraham de douter », aurait dit le Prophète. Des traditions du Prophète nous devons retenir ce qui est beau, car cadrant avec sa création parfaite et surtout avec le Coran. Quant à des propos qu’on lui apparente, comme celui rapporté par l’imam Muslim disant qu’aucun musulman n’entrera au paradis sans qu’à sa place en Enfer Dieu ait mis un chrétien ou un juif, ou celui recueilli par Ibn Hajar al-haytamî, dans ses Fatâwas hadîthiyya disant que quand on n’a pas de quoi donner comme aumône, qu’on maudisse les juifs, parce qu’aux antipodes du Coran, ils doivent être considérés comme apocryphes. Et ce, quand bien même ils sont dans tel recueil authentique. Et n’oublions pas un principe fondamental en islam : « Personne n’ira en enfer pour ne pas avoir maudit les autres ».

Humainement vôtre.
MB

©️ Via un post Facebook de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=550473029767447&id=100044142653733

✓L’ARABIE SAOUDITE VA RÉVISER LES RECUEILS DE HADITHS ET SAHIH AL BOUKHARI

C’est un événement considérable et peut-être historique. L’Arabie saoudite a annoncé en octobre, sans trop de tapage, la création d’un Centre des hadiths du Prophète. Ce centre devra « expurger les compilations des faux hadiths, de ceux qui sont en contradiction avec le Coran ou de ceux qui sont utilisés pour justifier et alimenter le terrorisme ».
Cette décision a pris la forme d’un décret du Roi Salmane. Pour en saisir la portée, il faut savoir :

-que l’Arabie saoudite est la gardienne de l’Islam sunnite le plus orthodoxe;

-qu’elle est la gardienne des Lieux saints;

-que de nombreux hadiths sont le fondement du wahhabisme;

-que le wahhabisme et le pacte de Najd sont le fondement de l’Etat saoudien actuel, depuis environ trois siècles;

-que les hadiths et ce qu’on appelle plus largement la Tradition, sont la seconde source de législation chez la majorité des musulmans orthodoxes, après le Coran et avant l’analogie et le consensus de “ceux qui lient et délient“.

Pour tout résumer, les recueils des hadiths (paroles ou actes du Prophète, collectés plus de deux siècles après sa mort) sont souvent sacralisés au point que de nombreux critiques ont subi les foudres de leurs contemporains.

Comme le disait Mohamed Arkoune, “la charia est œuvre humaine“, et elle a utilisé pour cela des hadiths dont l’authenticité n’est pas toujours garantie, loin de là, ainsi que le consensus des théologiens (ceux qui lient et délient, اهل الحل و العقد) et l’analogie, de sorte à fermer toute porte à l’Ijtihad (effort d’interprétation).

Le nouveau Centre sera basé à Médine. Sa direction a été confiée à un membre connu de la famille Al Cheikh, descendant de Mohamed Ibn Abdelwahab, fondateur du wahhabisme. Un “conseil scientifique international“ sera constitué pour mener ce travail de purge.

Le décret royal saoudien est daté du 18 octobre. Il a été peu médiatisé. L’objectif assigné au centre est de “contribuer à diffuser la pensée modérée, l’Islam modéré“.

Depuis deux ans et de plus en plus fort, MbS annonce un retour au “vrai Islam“ en Arabie saoudite et une ouverture de la société vers le monde et vers la culture. Il autorise les femmes à conduire.

Des cinémas, festivals, concerts de musique sont organisés publiquement. Un séisme, accueilli favorablement par la jeunesse saoudienne et une grande partie de la société, selon les témoignages concordants rapportés de sources médiatiques crédibles. Un séisme qui referme la parenthèse de la Sahwa (littéralement l’éveil), qui a duré plus de trente ans à partir de 1979, date de la “révolution iranienne“, et qui avait redonné les clés de la société aux théologiens les plus conservateurs.

Source : https://www.bladi.info

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=73703

✓L’édi-Blog | Mes arguments de plaidoyer pour l’officialisation de toutes nos langues en Mauritanie .

Aujourd’hui en Mauritanie tout ce qui se dit et s’active autour des langues et leur statut prend inévitablement une coloration politique et même politicienne. Et si on essayait de centrer et surtout de se centrer sur nous individuellement comme élément social et citoyen par nos vécus et nos réalités du jour le jour. Je crois qu’on n’a pas besoin d’être un génie prophétique pour saisir qu’une langue maternelle fait partie des éléments constitutifs clés de l’unité centrale de notre Être multidimensionnel. Si on veut on peut, la Mauritanie peut être officiellement multilingue sans problème comme en Bolivie où une vingtaine de langues sont officielles y compris l’espagnol, la langue de l’ancien occupant colonisateur. Je me demande en quoi l’officialisation du soninké, du wolof, du peulh et même du bambara, serait une source d’atteinte dysfonctionnelle à la langue arabe – hassanya. Je crois que cette dernière n’y perd rien du tout et peut se voir tenir sereinement hors de toute instrumentalisation politicienne d’exclusion, le statut de langue témoin de liaison entre nous et parmi nous. D’ailleurs comme la langue française que d’aucuns font semblant de l’éradiquer avec beaucoup d’hypocrisie comme elle serait une idéologie intrusive à bannir dans notre pays. Et pourtant le français tient un lien communicatif entre beaucoup de mauritaniens, et surtout chez une certaine élite trans-communautaire très branchée culturellement et intellectuellement au giron francophone et occidental à l’extérieur. Cette langue, héritage de l’ordre colonial français fait converser aisément un soninké avec un peulh, un haratine, un maure, un wolof et un bambara. L’arabe et le français, avec beaucoup de bonnes dispositions visionnaires, peuvent être à niveau égal un duo linguistique d’ouverture au monde extérieur. Aujourd’hui les langues dites nationales, une fois qu’elles deviennent officielles, l’État par une politique intelligente de construction nationale et d’identité harmonieuse avec nos spécificités linguistiques et géographiques, doit pouvoir faire un attelage administratif et réglementaire qui ne frustrerait aucune composante sociolinguistique à terme. Nous aimons nos langues, toutes nos langues, mais ayons la lucidité nécessaire d’accepter qu’elles n’ont pas toutes les mêmes possibilités internationales aujourd’hui. Ainsi menons des plaidoyers équitables adaptés à court, à moyen et à long terme. Un préfet maure qui parle couramment le soninké appris à l’ENA qu’on pourrait affecter prioritairement à Ould yenge (Guidimagha) ne serait pas moins méritant qu’un diplomate arabisant universitaire nommé aux nations unies. Que nos autorités osent sincèrement poser les jalons d’une Nation Mauritanienne fière de ses spécificités internes et ouverte au Monde de son temps. Trait-union encore l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, on apprenait à juste titre en histoire géo à l’époque. Alors assumons ce que nous sommes réellement en officialisant toutes nos langues et en faisons un usage pertinent et pragmatique qui embrasse paisiblement nos réalités.

Entre temps, à nous de donner corps créatif et support réellement à nos langues sans symboles alphabétiques « innés ». Au contraire de l’arabe-hassanya qui est porté par l’officialité de l’arabe classique, les autres langues sont orphelines historiquement de cette donnée cruciale donc elles se trouvent reléguées à la traîne même dans leur environnement naturel et majoritaire d’expression. Il faut du boulot, beaucoup même pour qu’on se mette à jour dans nos langues, et certains s’y travaillent historiquement à travers des associations dédiées. Il en faut plus à mon avis, pour arriver à structurer d’une manière soutenue le fond linguistique et à familiariser la masse de locuteurs. Par exemple, moi personnellement, Wali (gouverneur) et Hakem (préfet), je ne connais pas mot à mot leurs équivalents en soninké. Il est urgent d’asseoir mieux l’aspect technique de nos langues dites maternelles avec beaucoup de contenus. Les caractères latins sont déjà choisis, et les génies et les courageux ne manqueront pas de prouver le contraire de ce qu’on fuit par paresse maladive et aliénation intellectuelle. Il est de facilité notoire, qu’on croit que les contenus scientifiques sont hors de portée de nos langues maternelles. Notre jeune compatriote mathématicien exerçant à Londres, Mr Mouhamadou SY dit Pullo Gaynaako clame et démontre pertinemment avec beaucoup de science, que la langue peulh prend et comprend toutes les subtilités mathématiques comme toute autre langue. Je mettrai une capture d’écran d’un post Facebook qu’il a publié récemment pour illustrer qu’un groupe de gens n’ayant jamais fréquenté l’école a su apprendre des outils mathématiques.

Cet élément illustratif m’a personnellement interpellé avec un bref feedback mémoriel sur les activités commerciales de mon père (paix éternelle à son âme) décédé il y a 13 ans. Illettré, il fut, mais commerçant négociant en sommant de troupeaux de bœufs du village vers le marché sénégalais généralement à Dar Diolof et Dakar durant de nombreuses années (débuts des années 1970… jusqu’à 2002). Après la vente des animaux, il revenait avec d’autres marchandises d’importation ou de la devise étrangère. En gros je veux signifier qu’une certaine comptabilité était nécessairement tenue pour se retrouver dans pareille activité. Je m’étais rendu compte de la complexité des choses 2004, quand j’étais sur la même aventure en compagnie d’un oncle décédé également il y a quelques années (paix éternelle à son âme). Nous avions pris les transports communs du Guidimagha pour rejoindre Dar Diolof, les bergers et les bœufs partis il y a quelques jours déjà. Une fois sur place, il y a des jours ouvrables où des puissants acheteurs venaient de Dakar pour prendre par plusieurs dizaines de têtes de bœufs, et on s’était libérés après 2 ou 3 jours de marché. De Dar Diolof en passant par Dakar jusqu’au retour du village, je tenais mes chiffres à l’aide d’une calculatrice et d’un carnet de notes. Conclusion, nos gens illettrés tirent et tiennent naturellement de notre environnement de notions complexes de calculs, et ils les faisaient comprendre par nos langues maternelles avec aisance.

Autre élément non de moindre, il y’a bientôt une année, un professeur et lettré en sciences islamiques du nom de Cheikh Mohamed Diakho Tanjigora a publié le Coran entier traduit en soninké (sens de versets), Lire https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/28/la-parution-dun-ouvrage-dune-portee-intellectuelle-monumentale-en-milieux-soninkes-le-saint-coran-traduit-en-langue-soninke-par-le-professeur-muhammad-diakho-tandjigora/ .



Ainsi les 6 236 versets ou signes ont été portés et contenus intelligiblement dans la langue soninké en utilisant l’alphabet latin. Un travail monumental qui a certes mobilisé du temps et d’efforts colossaux, mais la production est là donc en la matière tout est réalisable quand on veut et on y met les moyens. Aujourd’hui en Mauritanie, la documentation administrative nécessaire à la bonne marche au service des populations concernées, peut être traduite et disponibilisée dans toutes nos langues naturellement OFFICIELLES. Il faut le vouloir, je rappelle qu’il y a des pays où il y a une vingtaine de langues officielles, nous sommes à quatres ou 5 seulement…!

✍🏾KS pour le BLOG