​Libérer l’Islam 5 : la question de l’esclavage (2) par OUSMANE TIMERA.

Le tri se poursuit. La « poubelle » se remplit. C’est la direction du futile et de l’inutile. « L’écume s’en va, asséché qu’il est au rebut. Et ce qui sert aux hommes se maintient sur terre » (S13, s17). Cela est vrai pour les idées comme pour les cités. Sans but, nous errons tels des rebuts de l’humanité, dominés que nous sommes par les fausses idées que nous portons en nous. Mais les idées mortes ont la peau dure. Bien que désuètes, imitations et dominations se plaisent ensemble à les adorer, l’une pour servir, l’autre pour asservir.  C’est la sainte alliance. Il en est ainsi de la pensée musulmane contemporaine, dont l’héritage pour laquelle elle se fait gardienne, est allégrement confondu par elle avec la révélation qui le contredit en fond sur tous les points et en forme sur bien des points. La question de l’esclavage est un exemple des plus éclatant, dont le doigt pointe la lune d’un paradigme et d’une approche de la réalité, inadaptés parce qu’erronés. C’est la vision et la méthodologie qui permettent la justification de l’esclavage et bien d’autres injustices et inepties, que nous aborderons ultérieurement, qui est à abandonner. Car tout bonnement anti-coranique, bien qu’elles soient défendues par des « savants » et des prédicateurs canoniques. 
C’est là la conséquence des politiques de « déprogrammation des réformes de l’Islam ». Déprogrammation de l’Islam qui dans le droit musulman, la scolastique, la philosophie et le soufisme, ont pris forme dans la subversion du sens de son texte libérateur en prétextes dominateurs. Cela fait grincer. Mais c’est pourtant la vérité qui n’échappe point à tout chercheur digne de ce nom. La conquête a pris les habits de la quête en prétendant l’incarner. Or, c’est bien l’imbrication des ambitions de la domination avec les intentions de la révélation que les musulmans, à travers leurs intellectuels, savants et leaders d’opinion, entretiennent en refusant d’opérer une séparation/distinction nette entre le Coran et le reste.  Pour quelle raison ? Est-ce par incapacité ? Cette distinction est-elle difficile ? Rien de tout cela. Mais la soumission spirituelle, la fainéantise intellectuelle, le parti pris idéologique et la protection des intérêts politiques et oligarchiques ont des raisons qui renient la raison. 
C’est « radical » me dit-on.  « Cela manque de nuance, tes mots sont trop forts ». Il faut, saint graal de l’idiotie bavarde, « contextualiser, car tout le monde à l’époque faisait ainsi. L’Islam n’avait pas le choix ». L’esclavage était sa seule option dans un contexte mondial qui le pratiquait sans vergogne. N’avait pas le choix ?! C’est ce qu’ils disent. Dieu n’avait pas le choix ?! Le message du Coran n’était/n’est pas universel ? L’islam est donc l’idéologie d’un empire, tributaire des contingences culturelles et géopolitiques de l’époque ? Ils ne le savent pas, mais c’est ce qu’ils disent. C’est abêtissant.  C’est abaissant.
L’esclavage n’est pas coranique. Il est barbare et anti-coranique. Les précédents billets l’ont, je pense, assez bien établi.  Et de ce fait, le droit musulman qui jusqu’à nos jours le légitime, doit être considéré, sur cette question, comme une déviance qu’il faut corriger, au risque de le voir s’appliquer aujourd’hui, dès que l’occasion se présente. Cela d’ailleurs se fait, comme nous le voyons en Lybie, en Mauritanie, avec DAESH ou Boko haram ou encore sur le plan social dans les sociétés traditionnelles d’Afrique de l’ouest, du Maghreb, du moyen orient et d’ailleurs, qui maintiennent de fait les relations de subordinations entre (anciens) maîtres et « anciens » esclaves. 
Mon propos est donc d’actualité. Il ne s’agit aucunement d’un luxe. Il est de fond car il est une critique radicale du paradigme philosophique, théorique et méthodologique qui permet la justification de l’esclavage et celle de la domination cléricale, politique et économique qui l’instaure et le maintien. 
Mais toute critique, à l’instar de la création-révélation, se doit d’être à la fois dé-constructive et constructive. Sinon elle n’est pas créatrice. Elle n’est pas révolutionnaire. Le Coran n’est pas juste confirmateur-triant (musaddik) mais aussi un dépassement-créateur (muhaymin). Je fais donc mienne cette approche du réel. Et c’est à son aune que s’exerce cette réflexion. 
Le droit musulman sur la question de l’esclavage doit être déconstruit, certes. Mais à l’aune du projet de libération radicale qui émane de l’harmonie du tout Coranique et permet de remettre tous les signes du Livre sur ce sujet et les applications et dires du Prophète qui en découlent (après leur tri critique à la lumière du Coran) en cohérence avec ce but. Ce, pour ensuite en tirer les enseignements généraux qui permettent de continuer ce processus de libération, selon des modalités adaptées aux formes de dominations contemporaines de la mondialisation capitaliste-libérale et son exploitation outrancière des hommes, des femmes et de la nature. En effet, et c’est l’étape que jamais n’atteint l’approche défensive et apologétique des savants et prédicateurs musulmans, le propos coranique et sa réforme ne visent pas juste les modalités anciennes d’exploitation et de domination, dont l’esclavage en est l’extrême incarnation. Ils concernent au contraire toutes les formes d’assujétissement de l’être humain, en leurs processus et dénominateurs communs, à toutes les époques, dans toutes les cultures et interactions sociales. 
Voilà ce dont le droit musulman et la bouillie religieuse et intellectuelle qui la défend, empêche le dévoilement et le déploiement. Voilà ce que, à travers ces lignes, je tente de mettre en lumière, afin de donner aux luttes du monde entier la sève spirituelle universelle et la révélation cosmique, qui transformera leurs révoltes en révolution et leurs résistances en renaissance. Tel est l’enjeu véritable de cette réflexion critique et son ambition profonde. 
Venons-en maintenant à ce que dit le Coran, dans son harmonie, de l’esclavage. Et analysons la réforme qu’il a/avait mis en place pour l’abolir socialement après l’avoir interdit moralement, tel que nous allons le démontrer ci-dessous. Pour ce faire, il nous faut saisir la façon dont le Coran parle de l’esclavage et dans quel sens son propos à son sujet s’inscrit-il. Les lignes qui suivent se borneront donc à méditer le sens du terme « mâ malakate aymânukum » d’abord, pour ensuite « lyre » trois passages du Coran qui viendront, confirmant notre analyse de ce terme, dessiner l’origine de la dépendance et de l’esclavage ainsi que les voies pour en libérer ses victimes. Ce, contrairement à la l’interprétation courante qui font de ce terme et de ces passages des justifications de l’esclavage et de la domination.
1) Parler de l’esclavage ne signifie pas sa justification
Est-il vrai que le Coran, en parlant de l’esclavage et de la servitude, justifiait ainsi ce système comme certains, prédicateurs et oulémas peu profonds, le prétendent ? L’empressement n’est pas savant. Il est partial et partiel. C’est pour cela qu’il brandit bruyamment des arguments qu’il ne comprend pas. La conséquence n’est pas son sujet. Ses passions sont ce qui l’intéresse. C’est dur mais c’est vrai. 
Voici un exemple qui va servir notre propos. L’un d’entre eux, féru d’anathème sur le net, bien qu’il ne soit lui-même pas très net, balançait ce qui se voulait être une évidence : « comment ça il n’y a pas d’esclavage en Islam ? Encore des gens qui veulent faire plaisir à l’Occident. Et les ‘’milk al-yamin’’ qu’on trouve partout dans le Coran, c’est quoi ? D’ailleurs l’islam encourage de libérer des esclaves, non ? Mais pour en libérer encore faudrait-il qu’il y en ait, n’écoutez pas ces égarés et leurs ‘’shubuhates’’, ils sont là pour nous détourner de notre foi et de la voie des ‘’salafs salihs’’ »
Ainsi, selon cette superbe logique, un médecin qui dans son exposé parlerait du sida, induirait nécessairement, indépendamment de ce qu’il en dit, la justification de son existence, voire sa propagation. Le médicament il est vrai a besoin, pour exister, de la maladie. Pour guérir rendons malade ; pour libérer faisons des esclaves. Quelle « généreuse » ignorance !
Que le Coran parle de l’esclavage, cela ne fait pas débat d’une part et n’est pas un argument suffisant pour affirmer sa licéité et justification, d’autre part. La question est de plutôt savoir pourquoi et comment il en parle ? Le terme « mâ malkate aymânukum » existe bel et bien dans le Livre. Mais quel est son sens, quelle réalité sociale objective et universelle recouvre-t-il ? Des passages du Coran font en effet mention de l’esclavage et de la servitude, mais dans quel projet global cette mention s’insère-t-il ? Telles sont, préalablement, les questions qu’il faut se poser pour comprendre ce que l’Islam, à travers le Coran, dit de l’esclavage. C’est que tout propos sur un sujet quelconque doit se saisir dans la raison d’être de sa tenue et dans l’ensemble qui lui donne sens. Or ce que la révélation dit du sujet qui nous intéresse ici, ne peut en aucun cas être en contradiction avec la conception qu’il offre de l’humanité et les principes généraux qu’il présente et entend établir dans la réalité des rapports humains. Ainsi, il ne suffit pas de dire, encore une fois, que le Coran parle de l’esclavage pour ensuite en déduire qu’il est, en conséquence, en accord avec ce système. 
2) Que signifie « ce que vos droites possédaient » ( mâ mâlakate aymânukum) ?
Ceci étant établi voyons de plus près les formules et passages qui désignent et parlent de l’esclavage. Je ne vais pas m’attarder sur les mots « ‘abd » et « ama » qui signifient esclave ou serviteur au masculin (pour le premier) et au féminin (pour le second). Nous aurons à y revenir plus loin. 
Analysons plutôt le sens du terme « ce que vos droites ou mains droites (selon la traduction littérale) possèdent » (mâ malakate aymânukum) qui revient souvent dans le Coran. Il désignerait exclusivement, selon les commentateurs et traducteurs, la catégorie des esclaves et par extension les prisonniers de guerre que le droit musulman réduit à l’esclavage (contrairement à ce que dit le Coran, comme nous l’avons déjà vu). S’agit-il réellement de cela ? Il nous faut méditer.
Pour ce faire, corrigeons tout d’abord la traduction littérale courante qui en est faite. Le verbe posséder qui est la traduction de « malaka », n’est, dans cette formule, jamais conjugué par le Coran au présent (yamliku) mais toujours au passé (malakate). C’est donc « ce que vos droites possédaient » et non « possèdent ». La différence est de taille. Elle aura des conséquences dans la compréhension qu’il faut avoir de cette formule. Car il désigne un fait passé (la possession) aux conséquences encore présente (la dépendance). 
Un autre mot dans cette formule doit être médité : il s’agit de « yamîn » qui donne le pluriel « aymân » traduit par le mot « droites » ou « vos droites ». La traduction littérale n’est pas fausse en soit. Seulement son utilisation dans la langue arabe et par le Coran, sous-tend dans le cas présent un sens figuré qu’il nous faut saisir afin de mieux appréhender l’entière signification de cette formule. A quoi cela renvoie-t-il ?
Le « yamîn » comme en français la droite, possède un sens propre et un sens figuré. Le propre est évident. Point besoin de trop s’y attarder. C’est le figuré qui nous intéresse ici, car la possession par la « main droite ou la droite » ne peut vouloir dire son sens propre immédiat. On peut en effet posséder avec sa gauche et les manchots peuvent être propriétaires. Il nous faut donc chercher plus loin.  Que ce soit en arabe, en français, en soninké ou en d’autres langues, la « droite » est souvent utilisé dans un sens symbolique. Dans la langue française par exemple nous parlons de « droiture », de « droit », d’être « adroit ». Et par contraste on désigne la maladresse d’une personne en disant qu’il est « gauche ». En langue arabe le « yamîn », au sens figuré, signifie le bien ou la bénédiction (baraka), la force et l’engagement découlant d’un serment.
Ainsi voyons-nous dans le Coran l’utilisation de ce terme au sens propre, comme lorsqu’il est question du bâton de Moise et dans son sens figuré comme lorsqu’il ordonne le respect des serments (S5, s89).
Main droite et serment donc. Quel dénominateur commun entre ces deux notions, l’une physique et l’autre symbolique, pour être désigner par un même terme ? Et en quoi ce dénominateur commun permet-il de recouvrir, par le mot « yamin », la relation de subordination que la possession établit ? Car c’est bien cette relation que vient décrire la formule « ce que vos droites possédaient ». Ils possédaient. Mais ils possédaient par quoi ? Par leurs droites. Mais quel lien entre possession et droite ? C’est à ces questions qu’il faut réfléchir pour saisir la portée terminologique encore opérante de cette formule coranique.
Si la « droite », dans la plupart des langues (du-moins celles que je connais) est associé à l’habileté, à la force, au bien, à l’honnêteté, c’est sans doute parce qu’elle est la main qu’utilise la très grande majorité des êtres humains. Et que, par ailleurs, elle est de fait, comparé à la gauche, la plus forte car la plus mobilisée au quotidien. De ce fait, la fortune d’une personne, gagné de ses mains, de sa main droite pour être plus exact, ainsi que la force intérieure, l’intelligence, la maitrise et la « droiture » ou, en d’autres termes, sa « droite » spirituelle, qui sont l’origine de cette richesse, peuvent être ensemble désignés par le terme « yâmîn » au sens doublement figuré : la richesse et ce qu’elle donne d’ascendance et de pouvoir d’une part ; la force intérieure et ce qu’elle donne de supériorité et d’autorité d’autre part. Or ces avantages (fadl) que donnent ces « yamîn » dotent ceux qui en sont détenteur un pouvoir de commandement sur ceux qui n’ont ni les moyens ni les capacités de les avoir ou de les acquérir, les rendant complétement dépendant d’eux pour répondre à leur besoin, les obligeant ainsi, pour survivre, à être en état de servitude et de suivisme. 
Ce sens, vous le voyez, déborde largement la notion d’esclave qui en est une expression, certes ultime, mais partielle, toutes les autres formes et causes de dépendance et d’exploitation de l’homme par l’homme étant recouvertes par le terme coranique « mâ malakate aymânukum ». Toutes les personnes qui, sur le plan économique et social et sur le plan intellectuel et culturel, sont en état de dépendance et subissent les décisions de ceux qui possèdent l’avoir et le savoir en surplus (fadl), sont dans toutes les sociétés, en tout temps, à plus forte raison aujourd’hui, des « ce que vos droites ont possédé ». L’esclave certes y est compris mais le terme ne s’y restreint pas et recouvre des catégories multiples comme les serfs, les prolétaires, les salariés, les précaires, les immigrés, les intouchables, les réfugiés etc.  Ainsi cette terminologie à elle toute seule est une formidable description des causes et sous-bassement socio-économiques et culturels des rapports de domination. D’où le choix que nous faisons de traduire ce terme par le mot « les dépendant(e)s » afin de recouvrir au maximum le sens général social et culturel de « mâ malakate aymânukum ».  Et nous verrons comment, en fait, l’ensemble de la révélation vient confirmer la méditation que nous venons de faire sur ce terme et ses conclusions, comme les prochaines lignes le démontreront. 
Venons-en maintenant au temps verbal utilisé. Nous l’avons dit, le Coran, dans tous les passages où il utilise ce terme, emploi le passé et non le présent et encore moins le futur.  Il est donc question d’un principe révolu (la possession) mais dont les conséquences perdurent (la dépendance). Cela a été dit. La question par contre qui se pose est pourquoi et comment cela est-il révolu ? Et que faire de cette conséquence subsistante qu’est la dépendance ? Le Coran parle-t-il de cette réalité pour la corriger ou pour la faire perdurer ? 
Prenons d’abord la première interrogation. Les autres auront leurs réponses dans le déroulé du propos. Le temps passé, systématiquement utilisé par le Coran pour ce terme, indique d’abord qu’il s’agit d’une situation révolue de possession. Or c’est cette « révolution », en son avènement, avec ses nouveaux principes en amont et leurs réformes programmées, en cours de réalisation, en aval, qui explique la formule coranique de « mâ malakate aymânukum » (ce que vos droites possédaient).  Cette formule traduit donc les conséquence d’un évènement qui a transformé cette possession au présent, en possession au passé, dont il faut se débarrasser, par étape, de ses causes et effets économiques et culturels, après avoir remis en cause leurs justifications philosophiques. 
Les principes d’unicité divine, de dignité humaine et d’égalité qu’apporte d’un coup d’un seul la formule « il n’y de dieu si ce n’est Dieu »; sont le sous-entendu qui permet de comprendre la raison d’être du temps passé constamment utilisé par le Coran. Ces principes qui, sur le plan philosophique, démolissaient les fondements de l’esclavage et de la servitude et exigeaient en conséquence de reformer l’organisation sociale qui le permettait. Ces principes disions-nous étaient si présents dans l’esprit des premiers musulmans, que la formule d’Omar, « comment pouvez-vous donc réduire les gens en esclavage alors que leurs mères les ont fait naitre libre ? », doit être comprise non comme une déclaration individuelle mais comme un rappel qui sous-entend un principe de base, porté par l’Islam lui-même et connu de tous, avant la régression et la déprogrammation des réformes qui adviendront plus-tard. D’ailleurs, l’incident à l’occasion duquel cette sentence Omarienne fut formulée, montre à la fois les difficultés avec lesquelles ces principes d’égalité et leurs réformes furent acceptées par les sociétés d’alors, et symbolise les signes avant-coureurs de la contre-révolution qui suivra. 
Ainsi, là où d’aucuns voyaient dans cette formule une justification du système de l’esclavage et de la domination dont elle procède. Nous constatons qu’elle traduit bien au contraire le caractère révolu de ce système, sur le plan philosophique (interdiction de principe) et la réforme de ses conditions économiques et conséquences sociales sur le plan politique (abolition par étape). Comme d’ailleurs nous le verrons dans la troisième partie de ces billets consacrés à l’esclavage. 
3) L’analyse coranique de la réalité des « mâ malakate aymânukum » et ce qu’il en fait
L’argumentation doit se poursuivre.  Notre analyse recherche sa confirmation. Elle ne doit pas être le fruit de nos passions. La cohérence du Livre doit être médité. Trois de ses passages nous parlent du sujet traité par ces lignes. Mais voilà qu’ils sont par l’ignorance utilisés comme justification de l’esclavage. Leur lettre dit tout le contraire. A croire qu’on ne lit pas le même Livre. C’est que je lie et médite ; quand eux délirent et interprètent. Les signes du Coran sont clairs ; qu’ils soient donc ici notre arbitre.
La seizième sourate les abeilles nous livre les premiers passages. Dans leur ordre abordons les. Et nous verrons alors en quelques signes une analyse et synthèse des plus pointues qui expliquent l’origine des inégalités. 
Voici le premier d’entre eux : « Dieu a avantagé (fadl) certains d’entre vous par rapport aux autres en subsistance (rizk). Or ceux qui ont été avantagé ne sont pas disposés à rendre leur subsistance à leurs dépendants (mâ malakate aymânukum), de sorte qu’ils soient à égalité. Renient-ils donc le bienfait de Dieu ? » (S 16, s 71).
Ceux qui lisent le Livre savent que ce signe s’inscrit dans une série de passages qui montrent l’infini de la création divine et la débordante vitalité de la nature qui en découle. C’est sur cette base cosmique d’interaction infinie et de dons divins à profusion, que s’insère l’existence des hommes. C’est elle aussi, en sa richesse débordante, qui explique les dons donnés aux uns et aux autres et les avantages et surplus offerts à certains par rapport à d’autres. Enfin c’est cette réalité qui se transpose dans les sociétés humaines, et fonde la complexité de leurs interactions sociales et échanges économiques.
Il s’agit là, à ce niveau premier, de disparités et surplus naturels qui permettent l’interdépendance et la complémentarité des talents et dons et, en conséquence, de l’établissement de la civilisation. Cependant, arrive en second lieu une autre forme de disparité, cette fois sociale et inégalitaire, issu des rapports de force qui permettent aux uns, plus forts (physiquement ou symboliquement), de spolier les autres, plus faibles, lors des échanges et productions de richesses, en retenant par divers moyens ce qui revient de droit à ceux qui, dans ces conditions, deviennent des « malakate aymânukum », parmi lesquels se trouve les esclaves. Ce, en empêchant la redistribution des richesses (infâk) par leur accumulation entre leurs « mains droites ». Or il s’agit, comme indiqué dans le passage, de rendre (râdd) à ces dépendants leurs subsistances (rizk) pour qu’ils deviennent égaux dans ces richesses avec les dominants. Afin, ainsi, de dépasser les relations de dépendance fondées sur les rapports de force naturels, vers celles humaines d’interdépendances fondées sur le droit et l’égalité. Or la difficulté des sociétés humaines à donner à la lutte naturelle pour la subsistance des finalités humaines supérieures de solidarité, se trouve dans l’oubli de l’origine des richesses, à savoir les dons divins infinis, et l’ignorance quant aux lois sociales qui régissent la société et la production des richesses, comme nous l’indiquera le troisième passage. 
En tous les cas trois phases sont à repérer dans le propos : l’origine divines des dons et de leurs disparités parmi les humains ; la réalité de l’inégalité et de l’injustice qui en est la cause (d’où la forme passive utilisé pour signifier l’action aveugle des rapports de force qui avantagent les plus forts) ; et enfin l’action politique humaine qui rend aux dominés leurs dus, au nom et en vue de l’égalité entre possédants et dépendants, par la redistribution et dépense des biens. L’objectif visé par ce passage est clair : il s’agit de mettre fin à l’inégalité économique qui fonde l’existence des « mâ malakate aymânukum » et non de justifier leur existence et encore moins celle de la servitude et de l’esclavage.
Les deux signes qui viennent, issus de la même sourate et traitant du même sujet, s’inscrivent dans cette description précise de l’origine des inégalités et sa prescription pour y mettre fin, tout en maintenant la disparité des dons naturels qui permet l’échange et la production des richesses. Il montre les conséquences respectives des deux systèmes, celui de l’inégalité esclavagiste et celui de la redistribution humanisante et libératrice.  Le premier se fonde sur la dépendance ; le second sur l’interdépendance. Le Coran décrit le premier pour le dépasser par le second.
« Dieu vous propose l’exemple d’un esclave (abd), propriété d’autrui (mamluk), dépourvu de tout pouvoir, et celui d’un homme à qui nous avons accordé de notre part une bonne subsistance (rizk) dont il dépense (infâk) en secret et en public. Sont-ils égaux ? Louange à Dieu ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. Dieu vous présente la parabole de deux hommes : l’un d’eux est muet, dépourvu de tout pouvoir et à la charge de son maître. Où que celui-ci l’envoie, il ne rapporte rien de bon. Est-il l’égal de celui qui ordonne la justice et qui est sur un droit chemin ? » (S16, s15-16).
La conséquence des inégalités est la servitude qui fait de l’autre une propriété. C’est ce qu’indique ce signe à la suite de celui médité plus haut. Son origine est la pauvreté économique par contraste avec celui qui dépense ; et la pauvreté culturelle qui rend muet, par contraste avec celui qui ordonne la justice. Dans les deux cas, la conséquence sociale politique est la même : l’incapacité et la dépendance à un maitre. Or, quelque-soit la bonne intention du maitre et ses orientations, rien de bon et d’utile ne pourra sortir de cette relation maitre-serviteur. C’est la situation dans laquelle se trouve les pays musulmans et du sud ainsi que les quartiers populaires et ruraux, qui sont maintenu en situation de dépendance économique et idéologique afin que perdure politiquement leur exploitation et colonisation. Or, pour ne pas être de fait un esclave parce qu’incapable et dépendant, sans idée ni droit de cité, que l’on soit femme, pauvre, jeune, prolétaire, précaire, populaire, immigré, intouchable ou autre, il s’agit de (se) donner les moyens de l’indépendance en devenant celui qui donne les biens (car il produit et distribue) et ordonne le bien (car il le produit et le diffuse).
Ainsi, si le premier signe est une adresse faite à la société dans son ensemble, les deux passages ci-dessus concerne plus les individus en leur montrant lequel des deux modèles d’être humain, la dépendance qui vous animalise ou la dépense et défense qui vous responsabilise, est celui qu’il faut promouvoir au nom de l’unicité de Dieu. La redistribution est libératrice, l’accumulation est dominatrice. Ces deux signes nous exposent donc clairement, dans la continuité du précèdent, le point de vue divin sur la question de l’esclavage : il contrevient frontalement à son adoration et à sa volonté dans la création de l’homme. Au passage, ces signes confirment aussi l’analyse que nous venons de faire du terme « mâ malakate aymânukum » : il recouvre en effet à la fois l’aspect économique et l’aspect symbolique dans laquelle s’origine la domination spirituelle et politique des dépendants (mâ malakate aymânukum).
Le troisième passage vient confirmer ses « sœurs » (ce sont des âyates). Si les précédents abordaient le sujet de l’esclavage et de la dépendance qui la comprend, avant tout sous le prisme de la description de sa réalité et de la recommandation indirecte. Le signe ci-dessous de la sourate 30 des Romains est quant à lui plus directement incitatif et impératif dans sa description et son ordre. Voici ce qu’il dit :
« Il vous donne une parabole de vous-mêmes. Avez-vous en vos dépendants (mâ malakate aymânukum) des associés qui soient à égalité avec vous en ce qu’on vous a attribué, de sorte que vous les preniez en crainte/respect comme de vous-mêmes ? C’est ainsi que Nous détaillons nos signes pour des gens qui comprennent » (S30, s28).
La ressemblance est patente. Les signes se parlent. Leurs contenus se rejoignent et se complètent. Un véritable projet de civilisation se dessine et peut se décliner en politique publique mondiale d’autonomisation et d’égalité. Il y est toujours question des « mâ malakate aymânukum ». La société est ici interpellée, plus particulièrement les détenteurs de l’ordre et du leadership en son sein, quant au sort des dépendants et dominés. L’égalité et le respect sont les objectifs et le partage des richesses est l’ordre donné pour les atteindre. 
C’est une constante coranique. La division des hommes en castes et classes de dominés et de dominants (Noé, Babel), la domination des plus forts (Pétra, Hud), l’accumulation et la spoliation des richesses (madyan, chuayb) amène irrémédiablement au « complexe de pharaon » qui va synthétiser l’ensemble de ces maux civilisationnels, en tant qu’aboutissement, en déclarant la divinisation du chef, la supériorité raciale des siens et l’esclavage assumé des déshérités. Les sourates des Poètes et des Récits en sont un excellent exposé. L’histoire de Moise et de Pharaon dont le péché majeur fut de réduire les enfants d’Israël en esclavage, aurait dû suffire aux légalistes férus de règles toutes faites, comme preuve de l’interdiction formelle de l’esclavage.  En tous les cas, cela provoque la destruction de la civilisation dont les traces laissées symbolisent l’extrême inégalité qui existait dans la société détruite : « des puits désaffectés et des palais fortifiés » (S22 ; s 45).
En conclusion

 

Dans tous les cas, nous le voyons, les signes du Livre sur ce sujet vont dans le même sens : la réalité et la dépendance des « mâ malakate aymânukum », qui englobe les esclaves sans s’y restreindre, est à régler et non à faire perdurer. Si la réalité des avantages et disparités en dons et richesses est à accepter, celle-ci ne justifie aucunement l’inégalité et l’injustice. Il n’y a pas la dépendance des uns dans l’indépendance imaginée des autres qui les domine. Mais plutôt l’interdépendance de tous, qui exige le jugule des rapports de force spoliateurs par l’équité dans le partage, qui rend aux désavantagés leurs droits dans la richesse de la collectivité et les moyens de leur contribution et investissement dans son développement. C’est ce qui libère de fait de l’esclavage, de la servitude et de la dépendance qui contreviennent à l’unicité de Dieu et à la nature humaine, telle que les avants et les après de ses différents passages l’indiquent. L’être humain n’est peut-être l’esclave de l’homme s’il est le serviteur de Dieu. Et l’adoration de Dieu seul ne peut se faire dans la dépendance à autrui et la soumission de fait à ses vues et intérêts. La situation de dépendance de la majorité des pays musulmans et les inégalités criantes qui s’y trouvent, sont, de ce fait, une contradiction dans les termes avec la fidélité aux valeurs de l’Islam et l’adoration totale et réelle pour Dieu l’unique. La liberté est la condition de la fidélité.
Le discours coranique ainsi, dans la façon dont il parle de l’esclavage et, au-delà, de la domination, pose dans ses orientations les bases d’une réforme sociale et politique, qui prend en compte les origines économiques et culturelles de cette division, dominant-dominé, de la société. Il ne s’agit aucunement d’une justification de la domination et de l’esclavage mais d’une description de ce fait social pour en guérir la société, à l’aune des exigences de l’unicité de Dieu et de la dignité humaine. Ces réformes qui découlent de cette description, et que nous détaillerons dans le prochain billet, s’inscrivent dans l’osmose de l’ensemble des obligations, recommandations et orientations de la révélation et par là de l’Islam qui visent à faire de l’homme un humain, un Khalife-lieutenant de Dieu, libre et souverain, dans la civilisation de la terre et la participation active et créative à la vie. Tout cela mérite un livre entier. Contentons-nous pour l’heure de ces quelques lignes.
Source crédit : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1800505933599929&id=100009216208314

​Libérer l’Islam 4: la question de l’esclavage (1) par OUSMANE TIMERA .

La plume reprend sa « voie » et celle-ci lui commande de rappeler le sens.  De même qu’une voie qui n’a pas de fin, devient une loi qui s’adore ; de même qu’une Charia qui ne sert pas l’Humain dans sa lieutenance, devient un fiqh qui sert la domination. C’est ce que nous reprochons à l’esprit qui commande le droit musulman, devenu une production qui se prend pour une révélation, afin de ne pas être subjectivement dépassé, bien qu’elle le soit objectivement. L’idée devient idole quand elle se prend pour l’idéal. Or l’idole est naine, elle déteste ce qui la dépasse. Ainsi, le droit musulman pour ce qui concerne l’esclavage, le traitement des femmes, l’autorité (politique et symbolique) et la relation avec « l’autre » n’est pas seulement le fruit d’une époque révolue mais, nous le répétons, celui d’une régression qui contrevient frontalement aux orientations du Coran, issue d’une contre-révélation et de sa contre-révolution très tôt déclenchée, dont les effets sévissent encore dans la pensée musulmane qui l’adore telle une révélation. C’est ce qu’il nous faut traquer et extirper, à l’aune de la révélation infalsifiable et claire, pour l’abroger et la remplacer par ce qui est meilleur (naskh).

Cette « déviance », cette « déprogrammation des réformes de l’Islam », sur le plan juridique est issue, plus généralement, d’une vision que nous nommons philosophiquement le paradigme d’Iblis. Paradigme qui a imposé sa marque dans les autres domaines des sciences et de la praxis sociales musulmanes (théologie, philosophie, soufisme, politique etc), comme il le fit et le fait encore avec les révélations et inspirations précédentes (S22, s52-53) avec la pensée et la religiosité humaine, traditionnelle et moderne, ancienne et contemporaine.  C’est cette vision qui falsifie la réalité en faisant du moyen une fin, de l’ordre des choses le but et la limite du monde, illustré par ces points encore enseignés du droit musulman, qui doit être jeter à la « poubelle » avec ces éléments.


Des principes incompatibles avec l’esclavage


Pourquoi cette critique radicale ? Est-ce pour les beaux yeux de la « modernité » que je veux dépasser ? Ou pour cette chose factice et éphémère de la notoriété qui est chose factice ? La calomnie exprimée est le miroir du cœur qui la contenait.  Est-ce contre l’Islam, que je sais être l’attente universel de notre monde d’aujourd’hui, en quête de maturité cosmique et dont la modernité ne pourra s’accomplir qu’en se dépassant vers lui ? L’immature patauge dans les conjectures. Laissons-les et réfléchissons sur notre sujet : la question de l’esclavage dans le droit musulmans.


Oui, réfléchissons un peu ! En effet, comment nommer un projet universel, celui de l’Islam, qui se fonde sur les points suivants :


1)   Il n’y a qu’un Dieu, unique, absolu et clément. 


2)   Les êtres humains sont de la même famille.


3)   Ils sont dignes en soi, égaux comme « les dents d’un peigne » (le Prophète) et leur distinction se fonde sur leur moralité (S49, s..) et leur utilité pour tous les hommes (le Prophète).


4)   La femme et l’homme sont issus de la même âme unique (S 4 ; s1) et « les femmes sont les sœurs des hommes » (Le Prophète).


5)  Il n’y a pas d’intermédiaire entre les humains et leur Dieu, donc pas de clergé qui entrave les consciences et leurs choix.


6)  La communauté humaine gère ses affaires par la participation de tous ses membres à la décision, donc pas de pouvoir de droit divin ou naturel qui entrave leur volonté et décision.


7)  Le monde est un univers de signes qui se méditent et un univers de dons qui nous est licite.


8)  Le savoir et l’avoir qui en sortent doivent être partagés pour se fructifier, afin d’éviter leur sclérose ainsi que la soumission des uns (exploités) par/pour les autres (dominants) qui en découle et la provoque.


9)  D’où la solidarité envers l’esclave à libérer, le pauvre à nourrir, l’orphelin à protéger (S90, s11-16).


Je pose la question à la conscience de chacun : comment nommer un tel projet, fondé sur de tels principes et ses conséquences sur tous les domaines de la vie, en direction de tous les humains ? Un seul terme convient : libération et révolution, les deux étant synonymes quant à leurs conditions et conséquences.


Comment donc n’a-t-on pas considéré ses principes généraux, inaliénables, suffisamment explicites et intimement lié à la foi, comme une interdiction, de fait et en conséquence, non seulement de l’esclavage, qui nous occupe ici, mais de toutes les autres formes de domination? Comment n’avons-nous pas vu qu’il n’y avait aucunement besoin de verset (et je ne dis pas signe), ou de hadith spécifique, pour chaque type de domination, pour les considérer tous comme « harâm » ? C’est cette inconséquence philosophique et méthodologique, majoritairement présente chez nos oulémas et prédicateurs, qui justifiera les régressions, vis-à-vis de ces principes, qui auront lieu dans la civilisation musulmane, après leur révélation et application par le Prophète et la première génération, dans la limite de ce qui leur fut donné de possibilité. Il s’agit donc de se donner les moyens de faire le tri, les voies du dépassement créatif et surtout le courage éthique de l’emprunter.


Venons-en maintenant à la question de l’esclavage dans le droit musulman. Comment est-il défini ? Sur quelle catégorie d’individus s’impose-t-il ? De quelle manière les juristes l’ont-ils justifié ? Sur quelle méthodologie de lecture du Coran, et dont la sunna, sur sa partie parole attribuée est à la fois la conséquence et la cause, cette justification se repose ?


L’esclavage, qu’en cas de guerre contre des négateurs : ou la « généreuse » exception musulmane, mais contre coranique;


L’esclavage (al-riqq) c’est l’acte de priver un individu de la jouissance de sa liberté en vue de l’asservir. La raison de cette suppression de liberté, nous disent les juristes, est « la mécréance (kufr) en situation de conflit armée. Ainsi, « un ennemi qui tombe entre les mains des musulmans peut être réduit en esclavage, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il est tombé entre leurs mains », si le chef parmi eux le décide (Muhammad Qal’ajil, Encyclopédie juridique vulgarisée, en arabe).


Dans son livre le Prophète de l’Islam, le professeur Hamidullah parle de l’esclavage en ces termes : « Quant à l’origine de l’esclavage, c’est la guerre et ses conséquences. D’après le Qur’ân, la pratique du Prophète, et l’unanimité des juristes classiques, le commandant suprême a le choix de décider du sort des prisonniers de guerre en les libérant gratuitement, en acceptant une rançon ou un échange de prisonniers, ou en les mettant en esclavage ». Il continu ensuite, pour justifier, comme d’autres savants contemporains, pourquoi l’Islam n’aurait pas selon lui abolit l’esclavage : « il était incompréhensible d’abolir l’esclavage unilatéralement vis-à-vis d’un peuple en guerre qui n’aurait certes pas renonçait à cette pratique » (Muhammad Hamidullah, le Prophète de l’Islam p 633).


Dans le même sens, l’auteur du célèbre « fiqh al-sunna » sayyid Sabiq, après avoir admis l’inexistence de texte (nas) issu du Coran ou du Prophète qui rende licite l’esclavage, indique que les Califes l’ont permis dans le cadre restreint de la guerre au nom de la réciprocité (fiqh -al sunna, Tome 3, p 65). Il continue : « ils ne l’ont pas permis dans toutes ces dimensions mais l’ont restreint à la guerre légale et déclaré de la part des musulmans contre leurs ennemis négateurs et ont abrogé toutes les autres formes et l’ont considéré comme légalement interdite et non permises en toute circonstance » (idem).


 Selon ces deux savants, tous deux représentatifs de la pensée intellectuelle et juridique musulmane, le conflit armée en situation de négation de l’Islam, serait la circonstance qui pourrait « islamiquement » justifier, selon cette vision, la réduction d’un être humain à l’esclavage. Cette justification est-elle coranique ? Le Coran permet-il la possibilité de réduire les prisonniers de guerre à la servitude ou, bien au contraire, l’interdit il ? Voyons de près ce que la révélation dit sur ce point :


« Lorsque vous rencontrez (en combat) les négateurs frappez en les cous, jusqu’à/afin que vous preniez le dessus, alors attachez les solidement. C’est ensuite soit une libération, soit une rançon jusqu’à/afin que la guerre dépose ses fardeaux… » (S47, s4).


Le propos est clair et ne laisse aucune place à une troisième possibilité concernant le sort des prisonniers : soit ils sont libérés, soit ils sont rançonnés. Il n’y a ainsi de place, ni pour l’exécution ni pour l’esclavage dans le présent propos coranique. La transformation du prisonnier de guerre en esclave, au point même que les deux termes soient pratiquement devenus synonymes dans la pensée musulmane courante, est, nous le voyons bien, une invention de toute pièce, une « bid’a », qui rentre en contradiction frontale avec les mesures coraniques qui vise à ce que « la guerre dépose ses fardeaux ». Paradoxalement, c’est ce qu’il présente comme une exception qui confirme la règle, qui est le cœur de la réforme coranique concernant l’esclavage rendant les autres mesures complètement inopérantes comme nous le verrons. En effet, en empêchant la transformation des prisonniers en esclave, le Coran, de fait rendait impossible de fait l’acquisition de nouveaux esclaves d’une part et pouvait établir les réformes qui permettait la libération concrète (spirituelle, sociale, économique, solidaire, politique et sociétale) de ceux que son message trouvait dans cette situation, sans provoquer leu ségrégation et mise au banc. C’est dans cet ordre que les autres mesures coraniques ont été appliqué par le Prophète et auraient dues être comprise par les juristes. Or, la contre-révolution a frappé là où il fallait pour rendre inopérantes les réformes coraniques sur cette question, comme nous le verrons dans les prochaines publications.


Ainsi, la guerre, contrairement à ce que disent la majorité des juristes, n’est en aucun cas une circonstance qui permet l’esclavage, bien au contraire. C’est au contraire cette ignominie barbare et préislamique que le Coran, dans ce passage, était venu abolir. Pour le Coran, il est interdit (haram) de réduire un prisonnier de guerre à l’esclavage. Vous voyez donc comment le droit musulman, sur ce point a évolué à contre sens du Coran, légitimant une situation d’exception où les musulmans se sont adapté aux règles de l’époque. Ce qui, de notre point de vue et à l’aune des orientations du Coran, fut une erreur grave sur le plan philosophique et injustifiable sur le plan stratégique et politique.


La foi n’empêche pas de devenir ou de rester esclave


Cependant, bien qu’ils disent que cette réduction à l’esclavage soit due à leur « mécréance » et hostilité armée, ni la conversion à l’Islam ni la cessation des hostilités ne sauvent ses individus de leur sort. Bien au contraire, même leur descendance, musulmane de fait, reste sous le joug de l’appartenance du maitre. Ainsi la priorité de l’esclave musulman n’est dans l’acquittement de ses devoirs envers Dieu mais envers son maitre, s’il doit y avoir un choix entre les deux. Ainsi le droit musulman a instauré toute un droit spécifique pour ces musulmans de seconde zone :


-Ils n’ont pas l’obligation de faire leur pèlerinage sans la permission du maitre;


-Il en est de même pour la prière du vendredi.


-Ils ne peuvent être imâms.


-Ils ne possèdent rien en soi puisque « l’esclave et ce qu’il possède appartiennent à son maitre » (al mamlûk wa mâ malaka li mâlikihi).


-Leurs vies n’équivalent pas celles des nobles et libres. Et s’il est tué par son maitre, la loi du talion (sur laquelle nous devons réinterroger la compréhension traditionnelle qui en fait une loi islamique), ni la compensation financière (diyat) n’est pas appliquée selon la majorité des fuqahas.


-Ils ne peut y avoir de mariage (mésalliance) entre esclave ou ancien(ne) et une femme ou un homme libre/noble (fiqh al-sunna, p 102 tome 2, où l’auteur relate l’opinion de certaines écoles juridiques).


-La « a’wra » des femmes esclaves n’est pas celles des autres femmes : la leur est celle de l’homme. C’est-à-dire du nombril au genoux.


– La possession du maitre donne le droit à celui-ci de jouir sexuellement de son esclave femme sans qu’il n’y ait entre eux de contrat de mariage et ce, même contre son gré ou si elle est mariée mais faite prisonnière (ce qui la réduit à l’état d’esclave si l’autorité le décide). 


Dans tous ces domaines, non seulement les fuqahas ont créé de toute pièce un droit spécifique pour les esclaves musulmans, mais sont allé jusqu’à réduire les prérogatives divines (concernant l’adoration) en les subordonnant à celles, illégitimes, du maitre. Ils ont restreint (takhsîs) ce qui dans le Coran était général (‘am) et concernait tous les humains, en sortant les esclaves en particulier et les dominés en général de l’universalité de ses orientations, en fait, tout simplement de l’humanité.


La femme esclave : un jouissance sexuelle « halal » pour son maitre ?


Une autre énormité, qui peut surprendre les non-initiés du droit musulman : la possession autorise le maitre de jouir de son esclave et ce, sans mariage. Ils disent : c’est « islamique ». Nous répondant : c’est inique, ce n’est donc pas coranique. Cela aurait dû suffire pour pousser nos savants et intellectuels à revoir leur compréhension, indépendamment de la vision occidentale sur la question.


Voici leur point d’appui : « Voici ce qu’il disent : Donc Dieu a donné la possiblité au musulman de contracter une union  avec la femme esclave que posséde un autre homme, à condition que cela se fasse avec l’autorisation de ce dernier car, par cette union, elle devra délaisser une part de son temps et de ses activités qu’elle doit à celui dont elle est la propriété » (al-sha’râwi cité par le Professeur Oméro Marongiu-Perria dans « ouvrir les portes de l’Islam, p76).


Même la critique opérée par notre ami le Professeur Omero, n’a pas pu échapper à la compréhension traditionnelle et incohérente de ce passage. Ce qui montre l’impasse intellectuelle commune dans laquelle se trouve conservateurs traditionalistes et dé-constructeurs modernistes.


« Ce passage coranique nous dit-il, indique les modalités à respecter lorsqu’un homme de condition libre souhaite épouser une femme esclave qui est la propriété d’un autre. Pour celles qu’il possède, la question ne se pose pas et il peut avoir des relations sexuelles avec elles sans restriction » (Ouvrir les portes de l’Islam p75).


Et pourtant le passage vient au contraire interdire ce genre de pratique inhumaine antéislamique, qui faisait des esclaves et des personnes de classes inferieures des objets sexuels servant à assouvir les appétits sexuels des maîtres et des classes dominantes, sans désir de les marier et de leur offrir une vie digne et stable (il suffit, entre autres, de lire les débuts des misérables de Victor Hugo pour comprendre cette réalité sociale de tout temps).


L’insidieux fragmente pour s’installer. C’est ce qu’il fait avec le Coran en ne le reliant pas, afin de lui faire dire, consciemment ou non, ce qu’il ne dit pas. Il en est ainsi pour cette question. Ils se fondent sur ce verset fragmenté (et je ne dis pas signe) pour donner droit au maitre de sexuellement disposé de son esclave : « et vous sont interdites les dames (mariées) sauf si elles sont vos mâ malakate aymânukum (traduit par esclaves) ».  De là, ils indiquent sur fausse déduction (alors que ce n’est pas ce qui est écrit) qu’il s’agit des femmes prisonnières de guerre (asra) qui sont mariés mais dont le maitre peut malgré tout « jouir » en tant que « possession ». Ensuite, de ce même fragment détourné, ils font la déduction (l’imposition plus tôt) qu’il n’y pas de mariage et de dot (mahr) pour ces femmes esclaves et que la propriété tient lieu de cela. Et enfin, plus loin, voyant que le passage parle quand de même de mariage avec ces femmes dépendantes/esclaves, ils vont en déduire qu’il s’agit là de l’esclave d’un autre maître, au nom du principe inventé/imposé que le n’a pas besoin de marier sa « possession » pour disposer d’elle.


Je pose la question à la conscience de chacun. Pas besoin d’être, il suffit d’être intelligent et sensible : Cela n’est-il pas une permission donnée pour « rapter » des femmes ? Cela n’est-il pas une autorisation donnée au « maitre » à violer « sa possession » ? comment cela peut-il venir de Dieu ? Comment cela peut-il être défendu ? Soit ces déductions sont fondées et expriment les orientations du Coran alors il n’y a aucune différence entre Mohammed Prophète de Dieu et Gengis Khan et l’Islam s’avère être une vaste fumisterie. Ou bien, ce ne sont que des élucubrations et injustices humaines que les commentateurs et « savants », sur ces points, ont légitimé dans une cécité et un suivisme sans nom. En réalité, ils sont et nous sommes les premières caricatures de l’islam. Point besoin de Charlie Hebdo pour cela. C’est abyssal !


Reprenons le passage en question en le reliant avec son avant et son après et méditons-le tranquillement. Il s’agit des signes 19 à 25 de la sourate 4 des femmes qui s’intéresse au mariage, à ses interdits, ses licéités, ses conditions et possibilités. Commençant par l’interdiction formelle de tout mariage des femmes contre leur gré ou de toute maltraitance envers les épouses, ainsi qu’une recommandation pour la bienveillance et la patience et une interdiction formelle de les spolier de leur droit et dot (S4, s19-21). Commençant par cela disions-nous, le passage va lister les catégories de femmes qu’il est interdit d’épousé ( S4, s22-23). A cette liste d’interdit le signe va opérer un ajout et une soustraction à la fois. L’ajout concernera les femmes mariées (al-muhsanât) et la soustraction à cette liste d’interdit concernera les « ma malakate aymânukum » que nous traduisons par « vos dépendantes » (nous indiquerons la raison de ce choix dans le prochain billet).  Voici le signe 24 qui les contient :


« Ainsi que les femmes mariées (vous sont interdites), mais non celles (illa) issues de vos classes dépendantes. Obligation de Dieu sur vous ! Il vous est permis, en dehors (de ces interdits) de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d’elles, donnez-leur leur dot, comme une chose due. Il n’y a aucun péché contre vous à ce que vous concluez un accord quelconque entre vous après la fixation de la dot. Car Dieu est, certes, Omniscient et Sage ».


La particule « illa » qui signifie l’exception vis-à-vis d’une réalité énoncée précédemment, ne doit pas être liée aux « dames », comme le fait la lecture fragmentée de nos juristes, « savants » et nos prédicateurs, mais à la liste des interdits qui débute avec le signe 19 de la sourate. En effet, dans une société esclavagiste et plus largement dans celles socialement, économiquement et politiquement ségréguées entre dominants et dominées, les classes nobles et dominantes n’épousaient pas celles et ceux qui était issus des classes inferieures et allait jusqu’à les exploiter sexuellement (prostitution) ou du-moins, quand on est un homme issu du haut, allait faire « l’étalon » avec les dépendantes d’« en bas » avant de se ranger, s’il en a les moyens, avec une dame d’« en haut ».  D’aucuns, peu enclin à la profondeur et à l’intelligence, pourraient rétorquer : « ben justement le passage vient permettre de prendre ces esclaves comme des ‘’concubines’’ en tant que possession ». C’est le contraire. Il vient permettre (et non recommander) le mariage avec elles en imposant l’engagement : « Celui qui parmi vous n’a pas les moyens d’épouser des (muhsanât) croyantes libres, nobles et chaste, alors parmi celles de vos dépendantes croyantes. Dieu connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns issus des autres. Epousez-les donc avec l’autorisation leurs familles et donnez-leur une dot convenable ; (épousez-les) en vertueuses chastes et non en débauchés, ni amantes clandestines. Si, une fois mariées (et donc chastes), elles commettent l’adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes nobles. Ceci est autorisé à celui d’entre vous qui craint la débauche ; mais ce serait mieux pour vous d’être endurant. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » (S4, s25). Petite remarque : Le Coran n’impose l’autorisation de la famille, pour le mariage, que pour les dépendantes susceptible d’être abusée par les « beaux parleurs d’en haut », le reste des femmes libres et majeures n’étant point concernées par cette mesure, contrairement à ce qu’imposera le droit musulman. Nous en reparlerons lorsque nous aborderons la domination des femmes dans le fiqh.


Conclusion


Ces passages et la sourate qui les englobe et sous-tend méritent une méditation plus profonde. Ils renferment en effet, une philosophie et méthode de réforme civilisationnelle qui imbriquent et relient en un savant dosage le spirituel, le psychologique, le social, l’économique, l’écologique et au-delà pour soigner et orienter l’humain. Mais cela nous emmènerait bien au-delà de ce qui nous occupe en ces lignes. Notre objectif a été de démontrer en quoi le droit musulman, pour ce qui concerne l’esclavage, est aller à l’encontre des orientations du Coran en faisant de l’ordre antéislamique l’aune à laquelle s’interpréta, en les fragmentant, les passages du Coran. La prochaine publication se bornera à montrer comment, en fait, le Coran non seulement avait/a bel et bien interdit l’esclavage mais a/avait mis en place une véritable politique de libération réelle qui dépasse de loin la simple abolition de principe qui changeait, comme dans le cas occidental, la réalité de ces femmes et hommes dominés. Nous concluons par cette question adressée aux gens doués d’intelligence : la direction de la « poubelle » que je donnais à ces inepties n’est-elle pas justifiée ! 



Source crédit : blog de l’auteur  ousmanetimera.unblog.fr

IRA – Mauritanie :Communiqué de Condoléance

​INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

Décès de l’ancien chef de l’état
IRA – Mauritanie a appris ce vendredi 5 mai 2017 le rappel à Dieu de l’ancien chef de l’Etat, le colonel Ely Mohamed Vall. A cette occasion, nous présentons nos condoléances les plus attristées à sa famille et prions Allah pour qu’il accueille le défunt dans son saint paradis.  

Amine !    

Inna li Lahi wa ina ileyhi rajioune
Nouakchott, 06/5/2017
                                                                       La Commission de communication
Source crédit : communication IRA-MAURITANIE 

RAMF 2017 AU BOURGET : NOTRE JOURNÉE PAR UN BREF PHOTO-REPORTAGE

À l’occasion de la 34ème édition de la Rencontre Annuelle des Musulmans de France, notre blog SONINKIDEES-J’OSE dresse un petit bilan de sa journée du samedi 15 Avril 2017 au Parc des expositions PARIS – LE BOURGET. L’annonce phare de cette journée pour ne pas dire de l’édition, est sans doute la communication officielle du changement de nom de l’institution patronne de cet événement important du calendrier des musulmans français. En effet, l’UOIF est devenue désormais MUSULMANS DE FRANCE. Selon les dires du président de cette organisation Mr Amar LASFAR, ce changement de nom suit une logique historique et évolutive d’accompagnement serein de la présence musulmane en France. Au sein de la grande salle de conférence Hall 2A, nous avons suivi plusieurs intervenants de qualité sur le plateau. On peut noter entre autres, Raphaël LIOGIER, Mohamed BAJRAFIL, Ahmed JABALLAH, Tareq OUBROU et d’autres. Une émission a été enregistrée en live par la célèbre chaîne de télévision Qatarie Al-Jazeera sous la direction de son journaliste vedette Ahmed Mansour.

Au cours de notre visite très instructive dans les différents Halls, nous nous sommes arrêtés au stand de la jeune et prometteuse association SONINKÉS DU MONDE. Et de là nous avons croisé 2 cheikhs enseignants soninkés Mohamoud KOUMA et Mallé SOUKOUNA. D’autres personnalités qu’on suit via les réseaux sociaux, ont été vues furtivement dans les allées entre différents stands , comme Ousmane TIMERA et Massiré DOUKOURÉ entre autres . Comme l’année dernière, notre compatriote Imam Abdoulaye SARR était de la partie , on s’est salués chaleureusement. Pour rappel, il nous avait accordé l’année dernière une interview téléphonique qui avait été transcrite et publiée par notre blog. 

Ci-joints nos clichés illustratifs de cette journée riche. 
Nous souhaitons une heureuse continuation aux organisateurs de cet événement.

Que la nouvelle appellation de leur organisation ex L’UOIF devenue MUSULMANS DE FRANCE soit porteuse de réussite et de succès sur tous les domaines. 



Reportage assuré par K.S 



Le Bourget, 15 Avril 2017. 

​TRAGÉDIE DE MADIINA GUNAAS: LAISSER LE DESTIN TRANQUILLE!


Source Photo : compte FB Siikam Sy

La tragédie de Madiina Gunaas n’est ni le fruit du hasard ni la faute du destin; la responsabilité est humaine. En effet, des hommes et des femmes–mais surtout des hommes puisque nous vivons encore dans des sociétés où les femmes peinent à avoir leur place au soleil et même sous les arbres–ont échoué dans leur mission sécuritaire. La vue de carcasses humaines calcinées ne peut que susciter colères et indignations. Mais il faut dire qu’en Afrique, depuis des années, l’ange de la mort ne tue plus ; il a été remplacé par des hordes humaines. Voilà ce qui ne marche pas dans l’organisation des événements en Afrique.


SÉCURITÉ ROUTIÈRE : d’après une étude de « The Economist » datée octobre 2015, les routes africaines tuent plus que la malaria. Faut-il le rappeler ici que d’après l’Organisation Mondiale de Santé, en 2015, plus de 560000 personnes ont rejoint le monde d’Osiris par la fenêtre « malarianne » (malaria) Les routes sénégalaises tuent en moyenne 27.2/100000 habitants par an. La Mauritanie est à 24.5. La différence entre la Mauritanie et le Sénégal n’est pas à célébrer; elle est à pleurer. Ce chiffre est de 10.6 aux États-Unis avec pourtant près de 330 millions d’habitants et plus de 510 millions de voitures sur nos routes. Au Sénégal, le nombre de voitures avoisinent 350000 en 2010 et en Mauritanie, il est de 388000 pour la même année (Source: OMS). Et pendant les pèlerinages, les routes des pays africains tuent encore plus car chaque chauffeur est un ange de la mort privé. Il suffit de monter dans sa voiture pour être à un pas d’Anubis. Pourquoi? Etat des voitures, états des routes, indiscipline, alcool, vitesse, corruption, etc.… Je m’arrête là pour ne pas en succomber. 


SÉCURITÉ PHYSIQUE DES LIEUX ET DES PÈLERINS: pour un événement comme le Daaka ou le Maggal de Touba, l’absence de détecteurs de métaux est un crime. Cela veut dire que tout crétin peut se joindre aux foules et causer le chaos. Les entrées et les sorties ne sont pas contrôlées et ceci au moment où le terrorisme international fait sa lambada en Afrique. 


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : pendant les fêtes religieuses, chaque personne devient un restaurateur ou une restauratrice. Du « Tangana » au « Nebna » en passant par le « Seddana » tout est au banquet des pèlerins. De ce fait, le risque d’intoxication alimentaire est multiplié par le nombre de pèlerins et de restaurateurs. L’absence d’eau potable est un autre drame. Au Sénégal et en Mauritanie, vous pouvez fabriquer du poison et écrire là-dessus « Neexnama », « Hayyoo am » ou « Whakhyert » et les gens vont acheter pour boire, le sourire aux lèvres. L’insalubrité et l’absence de contrôle alimentaire font que chaque année, 91 millions d’Africains sont victimes d’intoxication alimentaire et plus de 137000 en meurent (OMS). La vente d’aliments et la restauration doivent être régularisées avant qu’on assiste à un drame similaire au massacre de Jonestown. 


PRÉPARATIFS : les chefs religieux sont aussi responsables de la sécurité des pèlerins que l’État. En effet, un chef religieux sans ses pèlerins c’est comme une bibliothèque sans ses livres. Ils doivent donc payer des consultants en matière de sécurité, de contrôle des foules, engager des compagnies de sécurité privées, faire passer des annonces à la télé pour éduquer les pèlerins sur les procédures d’évacuation en cas d’urgences, mettre sur place des hauts parleurs pour assister les individus, et travailler en tandem avec l’ETAT pour garantir la sécurité des foules. Pour quelques votes de plus, l’Etat ne doit pas démissionner devant ses responsabilités; les chefs religieux ne sont pas et ne font pas  l’Etat. 


LE RÔLE DE L’ETAT : l’Etat doit avoir des infrastructures en place et à la hauteur de l’événement. Les ministres de l’intérieur, de la santé, les états-majors doivent coordonner avec les organisateurs du côté des chefs religieux et les firmes privées et travailler ensemble pour mettre sur place une machine bien-huilée. Des opérations de préparations doivent être la routine, surtout dans ce Sénégal où chaque personne est marabout et chaque personne a son pèlerinage et sa Dahiira ou sa Ziara. Ceci permettra de s’assurer que les personnels sanitaire et sécuritaire coordonnent leurs Xalam, écoutent le même morceau de Samba Jabar Samb et sont près à intervenir de manière rapide et efficace. 


ÉVALUATION : après chaque événement, il faut évaluer et déterminer le déroulement, aussi bien dans sa phase de préparation que dans sont exécution. Il s’agira de déterminer ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, les surprises etc.…et s’y préparer pour la prochaine fois. Ce rapport d’évaluation doit être revisité à l’approche de chaque événement majeur et mis à jour après cet événement. Il constituera une sorte de plan de référence continu. 


Voilà certains de nos maux et voilà certains des remèdes. Et comme vous le voyez, cela n’a rien à avoir avec le DESTIN. La responsabilité individuelle et collective passe avant le destin. Si nous ne changeons pas nos comportements,  alors Amduat est là pour nous accueillir en masse et à bras ouverts. 


Prières pour les victimes et leurs familles. 


Siikam Sy



Source crédit : Post Facebook Siikam Sy 

12-03-2017 22:30 – L’AMDH disposée à combattre les MGF et à faire comprendre la loi-2015-031 portant incrimination de l’esclavage


AMDH – Le coordinateur régional de l’AMDH au Guidimakha s’est rendu dans la localité de Tachott Botokholo ce dimanche, 12 Mars 2017 en vue de sensibiliser sur les dangers des MGF et d’expliquer les contenus de la loi 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et les pratiques liées à l’esclavage.

Dans le cadre de ses activités de sensibilisations, d’accompagnement et de suivi, une réunion a été tenue à l’occasion avec les femmes de l’association Ensemble pour Le Développement de Tachott.

Lors de cette rencontre, Mr Ba Amadou Bocar, coordinateur de l’AMDH au Guidimakha, a souligné les dangers des MGF, les qualifiant d’atteinte aux droits de la femme. De regretter que le Guidimakha soit la région la plus touchée par cette pratique inhumaine, sans fondements religieux. Les MGF sont très encrées en milieu soninké où l’islam est la référence.

Au sujet de l’esclavage et de ses séquelles, le répondant de l’AMDH a mis l’accent sur les 27 articles de la loi en vigueur en République Islamique de Mauritanie. Et de dire que l’Etat a promulgué des lois.

Il appartient aux victimes de s’organiser pour saisir les chargés de punir ces pratiques inhumaines, pour se faire assister ou accompagner par les organisations autorisées et connues pour leurs combats contre toutes les formes d’injustice. Les intervenants dont les membres de l’AMEES ont remercié l’AMDH pour son engagement pour défendre les causes nobles.



Source crédit : http://www.cridem.org