IRA-MAURITANIE ainsi que toutes ses Sections de par le Monde/Flash : Note de condoléances



Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès en France de Monsieur BA Cheikh Oumar, éminent membre du mouvement Flam, secrétaire géneral de la section Europe-Ouest.

L’ensemble des Réseaux-Ira, le président Biram Dah Abeid, toutes les équipes dirigeantes et l’ensemble de nos membres, militants et sympathisants, présentons nos pieuses condoléances à sa famille, ses proches et ses compagnons. Particulièrement à la communauté Boghéénne.

Paix éternelle à son âme.

27 mars 2020

Au nom des Réseaux-Ira
Moussa Soumaré
Vice-Président Ira-France-Mauritanie

©️ Crédit source: Réseaux IRA France

Mauritanie-Coronavirus : En attendant la thérapie… (IRA-MAURITANIE)

Note de mise en garde

Face à la propagation du Covid-19, la Mauritanie a pris des mesures – partielles – de confinement et de fermeture des frontières. Les décisions, heureusement conçues hors de toute pression clinique mais en vertu du principe de précaution, méritent encouragement, malgré les nombreux réflexes de laxisme et de faveur, au détriment de la prudence. Hélas, l’auto-restriction sociale fait défaut car la majorité, par ignorance, superstition et inclination atavique à l’anarchie, marque quelque hostilité à la contrainte. Pourtant, le dénuement et la désorganisation du système de santé incitent aux impératifs de discipline, de distance et de réserve, seuls moyens de restreindre la contagion, en l’absence d’une thérapie. L’épreuve multidimensionnelle qu’impose le Coronavirus au pays et à son environnement comporte un impact pour l’instant imperceptible mais dont les répliques renferment, à moyen terme, un défi majeur de sûreté et de stabilité. Il convient, dès à présent, d’en atténuer les nuisances quasi-certaines sur la cohésion de la société. Des groupes spécifiques présentent, à ce titre, un risque d’exposition bien plus élevé. Des actes de prévention sont encore à portée :

  1. La prudence commande d’alléger la promiscuité dans les prisons, déjà sous l’effet du surpeuplement. Le désengorgement carcéral, sans abandon de poursuites dans les cas de détention préventive, s’appuierait sur une ordonnance de liberté conditionnelle, voire d’amnistie, au bénéfice des auteurs de diverses infractions, hormis l’homicide, la violence armée et le viol. Le projet d’exception s’étend aux personnes dont les peines, purgées aux deux tiers, laissent entrevoir une contrition. Sous réserve des exclusions précitées, les prisonniers de plus de 50 ans, ceux de sexe féminin et les mineurs correspondent au premier niveau de vulnérabilité. Il y va, aussi, de la protection du personnel pénitencier. Naturellement, l’interdiction des visites aux autres prévenus requiert leur prise en charge alimentaire par l’Etat. Un fonds national de solidarité y pourvoirait, s’il était mis en œuvre. La sanction légale ne saurait justifier la mise à mort, même en dehors de l’intention homicide.
  2. En perspective d’une perturbation du fret international et de l’effondrement des métiers de l’économie informelle qui nourrissent la majorité de la population, le gouvernement est appelé à lever ou alléger, du moins pour une période de 6 mois, les taxes sur les articles d’utilité vitale, notamment les aliments, les médicaments, le carburant, l’électricité et l’eau. Partout dans le monde, beaucoup perdront leur travail. D’ici-peu, si le contexte de crise se prolongeait, des multitudes affamées se trouveraient en instance d’insubordination à l’autorité, avant le déclenchement d’une insurrection de la rue. Le rétablissement de l’ordre provoquerait, alors, un usage de la force, aux conséquences imprévisibles.

Ira-Mauritanie demande, au pouvoir du moment d’enclencher un processus de consolidation de la solidarité nationale, afin d’anticiper les dangers, réduire la nuisance et se préparer au pire, y compris la rupture des systèmes de communication. La résistance de la communauté de destin réside, par-delà nos divergences légitimes, dans notre capacité à envisager et traverser, ces rares instants où le sentiment d’appartenance à l’espèce des humains, devient l’évidence du salut collectif. Aujourd’hui, il revient, au gouvernement, unique entité debout dans un pays en ruine, de mieux contrôler la visibilité médiatique des charlatans et autres colporteurs de miracle. La nocivité de cette confrérie du pire favorise le sabotage des politiques publiques, quand il s’agit de sauver, les gens, de l’extinction. Il serait criminel de céder à leur influence, par lâcheté et populisme. Les mauritaniens ont davantage besoin d’entendre les épidémiologistes, les médecins urgentistes, les spécialistes de l’hygiène et les fonctionnaires en charge de la sécurité. Maintenant, il n’est plus question que de survivre.

IRA – Mauritanie, le 23 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie – Covid-19 : Initiative pour la Resurgence du mouvement Abolitionnisre en Mauritanie ( Ira-M).

● Annonce de circonstance urgente

Le 14 mars, en Mauritanie, le Comité interministériel chargé du suivi de l’ évolution du coronavirus (Covid-19), décidait, sous la direction du Premier ministre, une série de directives de prévention, dont la fermeture des écoles, le contrôle sanitaire des voyageurs à l’arrivée, la surveillance de certains postes- frontière et de rares contraintes d’isolement. Le principe de précaution et le caractère inédit de la menace expliquent le délai d’une semaine, que le gouvernement vient d’adopter, à titre probatoire.
Ira-Mauritanie (Ira-M), association de défense des droits de la personne, soutient l’effort des pouvoirs publics et salue la célérité de leur réaction, sans exclure, cependant, les dysfonctionnements d’un Etat en ruine et souvent réduit à l’impuissance, par le cumul du laxisme et de l’incompétence.
Ira-M exhorte la population, présente sur le territoire, à exécuter, scrupuleusement, toutes les recommandations de prophylaxie et de confinement que les autorités publient ; elle invite les mauritaniens, dès l’extinction de la pandémie, à une revue des politiques de santé, en prévision d’autres alertes de gravité comparable. Pour l’instant, il convient d’associer les lieux de culte et les rassemblements festifs, à l’application des consignes de distance et de réserve, physiques.
Enfin, jusqu’à la levée des mesures de restriction, Ira-M suspend sa communication militante, à l’exception des sujets relevant du Covid-19 et de ses implications sociales.

Ira-M, Nouakchott, le 15 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Note d’information IRA-France : Sit – in du 12 Mars 2020 à Paris



Ce jeudi 12 mars 2020, des militants et sympathisants d’IRA France ont tenu un sit-in de protestation auprès de l’ambassade de Mauritanie à Paris. Les manifestants ont dénoncé le regain d’intimidations et de menaces constatées ces derniers jours en Mauritanie contre les militants abolitionnistes et défenseurs des droits humains. Les engagés Iraouis sont particulièrement visés .

Depuis le discours historique du président Biram Dah Abeid à Genève à l’occasion de la réception du Prix du courage 2020 (Sommet de Genève pour les Droits de l’homme et la démocratie), où il a dénoncé un système structurel étatique inique d’apartheid en Mauritanie, certaines factions extrémistes proches du régime sont montés au créneau en créant une atmosphère très agressive.

Aujourd’hui nous tenons à alerter l’opinion nationale et internationale sur la réactivation des vieilles pratiques de tensions permanentes du régime mauritanien après la brève lueur d’apaisement de l’après présidentiel de juin 2019.
Nous constatons avec consternation que le régime du nouveau chef de l’Etat le géneral Mohamed ould Cheikh Ghazouani, tout en maintenant l’interdiction illégale, à la manière du systéme d’apartheid d’antan en Afrique du Sud, des ongs et partis politiques militants pour une citoyenneté pleine et entiére des noirs et populations serviles de Mauritanie, a franchi un stade jamais atteint par ses prédecesseurs tenant de la gouvernance suprématiste : des personnalités de haut niveau proches du chef de l’État comme l’ancien ministre et ancien président du parti État Sidi Mohamed ould Maham et des deputés (Zeinebou Taki et Souvi Cheibani) et personnalités de premier plan (Mohamed Jemil Mansour) du parti extrémiste religieux Tawassoul, ont mené une campagne violente d’incitation à la haine, au meutre et à la guerre contre le mouvement IRA et son dirigeant. Cette campagne qui s’est appuyée sur la fibre des sentiments religieux et antisémites ainsi que sur le fond suprématiste de la minorité dominante, a abouti à la création d’un mouvement de suprématistes arabes, appelant aux armes et à la liquidation physique de Biram Dah Abeid et de tous les membres de IRA jusqu’au dernier militant. Les services de renseignements mauritaniens ont bel et bien agi dans l’ombre pour encourager cette tendance et leurs ont permis aujourdhui de manifester avec des slogan de haine raciale, d’appel à la violence et aux meurtres afrophobes.

Nous signalons que notre mouvement IRA-MAURITANIE, son penchant politique RAG et les FPC ne sont pas toujours reconnus sans aucun motif valable sauf un argumentaire emprunté au gouvernement blanc d’Afrique du Sud lorsqu’il interdisait l’Anc, le Pac et la Conscience Noire…

Comme avec l’ancien président durant une décennie, nous sommes déterminés plus que jamais à poursuivre notre valeureux engagement pacifique pour l’instauration d’une Mauritanie Juste et égalitaire.
Nous appelons la comminauté internationale à temoigner de la maniére irresponsable, sectaire et provocatrice qu’a inauguré le nouveau chef de l’Etat Mauritanien en guise de réplique à la demarche d’apaisement et de main tendue que le president Biram Dah Abeid a adopté depuis le coup d’Etat électoral de juin 2019.

12 Mars 2020

IRA – FRANCE

©️ Crédit source: Réseaux IRA France

L’éditorial/La Nouvelle Expression : Apartheid, Biram – Maaouya – Ghazouani, Par Camara Seydi Moussa

Quand le gouvernement me demande de répondre à Biram. Et Maaouya m’interpelle pour parler à Ghazouani
Biram,
L’image du pays doit être ta préoccupation, ton combat et un devoir pour tout militant des droits humains, mais surtout un député. Un député, historiquement, élu dans sa cellule…

Alors ex-prisonnier, élu député, ces lignes, après quelques recherches et avec modestie, te renseigneront sur ces deux concepts que tu aimes tant utiliser. En passant, on va essayer d’évaluer votre niveau d’excessivité en parlant du quotidien de la Mauritanie. Biram, tu aimes tant parler de « génocide » et d’ « apartheid ».

Un génocide est un acte « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », selon les termes de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948. Cet acte peut être un meurtre, mais aussi une atteinte grave à l’intégrité mentale ou une mesure anti-natalité, l’essentiel étant que l’acte soit dirigé intentionnellement contre un groupe donné.
« Cette définition est imprécise, juge l’historien Yves Ternon sur Le Monde.fr, et il est préférable de la limiter à la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe. »

On dit aussi qu’un génocide est un crime consistant en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle d’un groupe national, ethnique ou religieux…
N’est ce pas là une belle et parfaite illustration de ce qui s’est passé ici et là en Mauritanie entre 1986 et 1992 ? Ces années, appelées années de braise, ont vu le Négro-mauritanien pourchassé, déporté ou tué. Et, il ne fait aucun doute, que la communauté Pular était la principale victime.

Apartheid… Biram,

La notion juridique internationale de crime pour apartheid est définie par la résolution 3068 XXVIII de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) du 30 novembre 1973.

Elle est, en outre, reconnue par le statut de Rome de 2002 instituant une Cour pénale internationale. Le crime d’apartheid est défini comme tout acte inhumain de caractère analogue à d’autres crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe ethnique sur n’importe quel autre groupe ethnique. Les crimes d’apartheid énumérés sont le meurtre, l’esclavage, la privation de liberté physique, la réinstallation forcée, la violence sexuelle, persécution individuelle et collective.

Biram, c’est connu, et on l’a crié et écrit plusieurs fois. L’esclavage est une réalité. L’un de tes contradicteurs et de surcroit le président de la CNDH a reconnu l’existence de l’esclavage en déclarant que la Commission, lors de la caravane organisée en direction de l’Est du pays, a permis de découvrir 12 cas avérés d’esclavage. L’Etat mauritanien qui refuse de reconnaitre le phénomène a institué des lois et créé des tribunaux pour combattre un phénomène qu’il considère inexistant. Le phénomène est souligné dans le préambule de la Constitution comme crime contre l’humanité et imprescriptible… Pourquoi tant d’acrobatie alors que l’esclavage est un crime d’apartheid.

L’apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français, signifiant « séparation, mise à part ») était une politique, en Afrique du Sud, dite de « développement séparé » (afsonderlike ontwikkeling) affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées.

Voici un autre concept qui a provoqué les courroux de ceux qui vocifèrent pour rien, ennemis jurés du partage et du vivre ensemble à la recherche d’une méthode pour panser nos plaies. Lors des dernières élections présidentielles, alors que j’étais assis devant un centre de vote non loin de la clinique IBN SINA, mon attention avait été attirée par la discussion des militants d’un parti très organisé. Parlant à son ami, l’un avait déclaré : «Biram risque de gagner au centre de vote du stade olympique, il ya beaucoup de monde ». Et l’autre de répliquer : « Non. L’électorat de Biram et Kane ce sont les populations des départements de Sebkha et El-Mina ».
Naturellement, ce jeune Mauritanien était en train d’expliquer le vote identitaire. Car ces quartiers de la périphérie Sud et Ouest de Nouakchott sont grandement peuplés par les noirs. Fermons nos yeux et refusons d’entendre mais la réalité est têtue : en Mauritanie, il ya une communauté qui a tout alors que les autres tirent le diable par la queue, parfois ils n’arrivent même plus à trouver cette fameuse queue.

C’est une vérité. Avançons et affrontons notre histoire, notre douleur ; ces crieurs de ventre ne doivent pas nous distraire. Biram, avant que je ne termine ces lignes, Maaouya m’interpelle avec une voix anxieuse remplie de chagrin… essaye de transmettre ces mots au Président Ghazouani. « Moi, Maaouya Sid’Ahmed Taya ma dernière phrase aux Mauritaniens était : ‘’Que Dieu me préserve de mes amis, mes ennemis je m’en occupe’’. Que Ghazouani médite cette phrase. Ces gens qui m’ont induit en erreurs sont tous avec vous aujourd’hui, en utilisant les mêmes procédés. A mon époque, ils m’ont tout caché par la transformation… ils utilisent le verbe et parfois des scenarios incroyables pour des intérêts personnels et personnifiés.

Quand je n’étais plus valable pour leurs intérêts, j’ai été éjecté du pouvoir. Les heures qui ont suivi ma chute, les mêmes personnes qui m’applaudissaient hier ont vite occupé les rues pour me vilipender. Ils ne sont autres que ceux là qui, aujourd’hui, useront de tous les moyens pour saper votre volonté d’ouverture politique et qui cherchent à vous éloigner de vos opposants, comme Biram.

De mon temps, c’était les mêmes campagnes qu’ils utilisaient contre les individus qui ne sont autres que ces citoyens mauritaniens qui cherchent plus de justice que je n’ai pas pu comprendre mais surtout cette justice que je n’ai pu rendre à l’époque. Ils m’ont «roitelisé» et aveuglés alors qu’ils n’étaient pas avec moi, encore moins avec la Mauritanie.

Alors Monsieur le Président regardez autour de vous et essayez de voir ceux qui ont accompagné vos prédécesseurs, vous vous rendrez compte que ce sont les mêmes… Préservez-vous d’eux, ils sont les véritables dangers qui peuvent miner la réalisation de votre projet d’une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même. Une Mauritanie qui a beaucoup souffert de nos actes.

Ne vous occupez pas des danseurs du ventre du pouvoir. C’est leur métier. Ils ont dansé sous Maaouya (moi). Ils ont aussi dansé après Maaouya car le système se recycle. Ces derviches tourneurs n’échappent pas à leur destin : celui de danser, encore danser, toujours danser… ».

Modestement, comme je l’avais écrit il y a 9 ans dans un édito intitulé « Repenser la Mauritanie » dans les lignes suivantes et je le pense toujours : Etre ignorant en ignorant qu’on est ignorant et dans l’ignorance qu’on nous perçoit comme un ignorant est la pire des caractéristiques grandement partagée, hélas, par la quasi-totalité des Mauritaniens. C’est le Mauritanien dans son quotidien, c’est l’exercice du saut de sa propre ombre.

Le ridicule et la honte comportementale, on s’y plait ; c’est notre moi : l’inadmissible qu’on admet comme mode d’emploi, de conduite ou de vie. Le mensonge comme règle ou un art de vivre. Un art qui gouverne notre intelligence ou vision pour verser dans le sectarisme et la cécité du commun communautaire.
C’est cette façon de faire qui grippe la Mauritanie, qui la fait souffrir. Ce pauvre pays qui nous a tout donné et que nous continuons de mutiler jusqu’aux fondamentaux. Un demi-siècle d’existence dans la culture de l’incivisme et de la navigation à vue.

Alors, il faut repenser ce sempiternel projet de pays dans ses attributs et ses fondamentaux pour les devoirs et droits des citoyens. Ces hommes et femmes qui peuplent cette zone géographique qu’est la Mauritanie ont besoin d’être éduqués à l’école du civisme. Une école de la promotion et de la vulgarisation des règles de vie en communauté, les règles de l’honnêteté, de l’humanisme, de partage et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’école du bannissement de l’opprobre, du mensonge et de l’individualisme narcissique.

Dans l’invention de cette nouvelle Mauritanie, on optera pour une journée de civisme, de partage et de la connaissance de l’autre. Durant cette journée, on nettoiera ensemble nos rues, on mangera ensemble et on se contera notre histoire récente, même celle des atrocités. On chantera « Je jure de ne plus mentir, de ne plus tricher, de ne plus voler, de ne plus trahir. Je donne ma vie à la Mauritanie et à son unité ».

On l’inscrira dans notre loi fondamentale et servira comme règle d’enquête de moralité à toute personne désirant briguer un poste électif, en premier lieu le fauteuil présidentiel. Et cette règle s’appliquera tout au long du mandat électif ; son manquement conduira à l’éviction du fauteur.
La Mauritanie ainsi repensée nous évitera de continuer à être les damnés de cette partie de la planète. Et on méritera la Mauritanie : l’Afrique en miniature.

©️ Crédit source : http://nouvelleexpression.org/suite-info.php?var=1218

Communiqué de Presse IRA France le 9 mars 2020 : “Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


“Mais où allez-vous, Aminetou Mint El Mokhtar ?”


Le 20 janvier 2020, le Secrétaire Général d’IRA France-Mauritanie, Bruno Canivenc, accompagné par des membres d’IRA Mauritanie, a été reçu à Nouakchott par Aminetou Mint El Mokhtar. L’accueil a été chaleureux et amical. Les échanges ont porté sur le travail mené par l’Association des Femmes Chefs de Famille, sur l’analyse de l’évolution de la situation politique en Mauritanie depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ghazouani et de son impact possible sur l’état des droits humains dans le pays. La position de notre hôte était ce jour-là encore sans ambiguïté. Pour elle, le discours d’ouverture des nouvelles autorités était “destiné aux partenaires extérieurs” et constituait “une manœuvre pour maintenir le pouvoir tribal avec des apparences plus présentables”. Elle en voulait pour preuve le choix répété de cousins du Chef de l’Etat et de marabouts aux compétences douteuses pour de nombreux postes de conseillers. Elle précisait que le pouvoir du Président était tel qu’il était en mesure de faire appliquer les mesures auxquelles il tenait. Elle disait attendre toujours des décisions allant dans le sens de l’ouverture annoncée … et sa moue désabusée montrait alors clairement qu’elle n’attendait rien.
L’engagement d’Aminetou Mint El-Moktar pour la défense des droits humains donnait un certain poids aux propos de notre interlocutrice, alors que notre délégation s’inscrivait plutôt dans le crédit à donner au nouveau président Ghazouani pour améliorer la situation des droits humains dans le pays. Et voilà que, peu avant la journée nationale du 6 mars contre l’esclavage et peu après son arrestation et sa garde à vue brutales, circonstances traditionnellement utilisées par les autorités mauritaniennes pour étudier avec les opposants fragilisés les conditions de leur ralliement, Aminetou Mint-El-Moktar dénonce sans aucune preuve les “conditions confortables” du fonctionnement d’IRA, va même jusqu’à prétendre « avoir vu Biram Dah Abeid en prison recevoir des financements du pouvoir sous la présidence Aziz” et lui reproche de « diviser l’opposition ».
Madame El-Moktar, vous nous aviez habitués à plus de dignité ! Après des années de militantisme commun et un séjour de deux semaines à Nouakchott chez Biram Dah Abeid dans le quartier pauvre de Riyad, notre délégation d’IRA France-Mauritanie n’a pas identifié beaucoup de conditions confortables de fonctionnement. Il est vrai que la possession d’une voiture pour le Président d’une association reconnue par l’ONU, et dans le monde entier sauf en Mauritanie, pour la qualité de son engagement contre l’esclavage et le racisme d’Etat, peut paraître excessive aux yeux d’un pouvoir qui dépense beaucoup d’énergie pour empêcher l’activité d’IRA depuis sa création en 2008. Il est vrai également que les quatre incarcérations de Biram Dah Abeid (pour un total de 29 mois), les manœuvres d’Aziz pour le faire condamner à mort en 2012 et les innombrables tabassages, arrestations, tortures, condamnations scandaleuses de militants d’IRA, systématiquement dénoncés par les grandes organisations internationales de défense des droits humains sous les présidences d’Aziz, ne nous préparaient pas vraiment à entendre que ce même Aziz finançait IRA et était un ami de Biram! Tout aussi grave : aucun militant et aucune militante d’IRA ne se souvient de vous avoir jamais vu leur apporter votre soutien et encore moins les visiter quand ils étaient injustement emprisonnés. Enfin, quand on dit tenir des preuves de ses propos par des confidences d’Aziz, quand on accepte de faire partie d’une délégation à l’Assemblée Nationale Française en 2016 pour tenter d’édulcorer le bilan d’Aziz sur l’esclavage, au moment même où des militants d’IRA torturés croupissent dans les prisons de Zouerate et Bir-Moghreïn, on peut vraiment se demander qui est l’ami(e) de l’ancien président Aziz… Nous ne nous attarderons pas sur les divisions de l’opposition, habilement entretenues par le pouvoir mais que Biram était parvenu à surmonter au moment des élections présidentielles.
Soyons un peu sérieux ! Qui pensez-vous abuser par de tels propos ? Mais peut-être devrions-nous plutôt nous poser la question de savoir qui vous manipule et à quelles fins ? Bien sûr, il est de bon ton dans les cercles proches du pouvoir mauritanien d’expliquer à la population que tous les problèmes du pays proviennent de la corruption du Président Aziz. Mais n’oublions pas trop vite ceux qui sont toujours au pouvoir aujourd’hui et qui l’ont bien accompagné dans ses pratiques malhonnêtes pendant des années. Ils n’ont jamais dit vouloir modifier le système tribal clientéliste. Ils ont tout intérêt à faire occuper le terrain médiatique par des attaques gratuites contre des opposants, à défaut de pouvoir le remplir par des commentaires sur une quelconque mesure concrète prise pour faire avancer le pays vers plus de justice. Par contre, il faut absolument chercher à faire taire ceux qui gênent en rappelant trop souvent aux Mauritaniens et à la communauté internationale le socle de discriminations sur lequel repose le pouvoir mauritanien.
Madame El-Moktar, vous savez bien qu’IRA n’a jamais été reconnue et a toujours eu des difficultés financières. Elle doit chercher son financement auprès de ses militants, à travers des prix internationaux obtenus par son Président et parfois à l’aide de ses sympathisants aisés issus de toutes les communautés du pays ; ces derniers sont convaincus que le projet de Biram Dah Abeid d’une Mauritanie juste et fraternelle, au-delà de l’esclavage et des appartenances communautaires, sera la seule voie pour empêcher les violences que prépare l’entêtement des tribus au pouvoir à maintenir leurs privilèges ancestraux coûte que coûte. Espérez-vous vraiment de telles personnes une action efficace pour favoriser l’unité nationale ?
Nous attendons tous maintenant avec impatience des preuves sérieuses et documentées de vos allégations : on n’a pas le droit de salir impunément la réputation de quelqu’un qui, avec des moyens financiers très limités mais une dignité et un courage jamais mis en défaut, se bat, auprès des personnes les plus fragiles de la société mauritanienne pour que cessent l’esclavage et le racisme d’Etat.


Le Bureau d’IRA-France-Mauritanie

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie : le 6 mars, quelques heures d’imposture (IRA-MAURITANIE)


Note de synthèse

La journée nationale « contre » l’esclavage, consacrée le 6 mars de chaque année par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, visait, à l’origine, la mise en accusation de la mouvance abolitionniste. Il s’agissait d’une opération de communication de crise, destinée à semer le doute dans l’opinion, pour mieux confondre la lutte et décrédibiliser les militants. Au fil de ses séquences, l’évènement se réduisait à une fête austère, loin des espaces de rassemblement et de résidence des groupes dominants. La parodie devait produire l’illusion d’un pays de droit où aucune entité ethnique n’échappe aux séquelles de la servitude de naissance. En somme, il fallait dissocier l’inégalité héritée, le racisme, voire enserrer ces pratiques dans une grille de causalité économique, loin de tout déterminisme selon la race ou la généalogie. Depuis l’essor du mouvement de revendication des droits civiques au milieu des années 1990, la ligne n’a pas varié, malgré l’alternance de façade au sommet de l’Etat. Jusqu’aujourd’hui, elle oscille, de bricolage en tâtonnement, entre déni, falsification et frénésie législative, aux fins de vider, notre histoire, de son contentieux.

🔹️La trouvaille

Au titre de la contrefaçon et de l’opportunisme caractéristiques d’une gouvernance de l’instant – sans vision ni ambition – la communauté Soninké devient le terrain d’expérimentation des politiques publiques en matière de réduction des hiérarchies d’antan. Ici, le choix de la région du Guidimakha et de son chef-lieu Sélibaby, prouverait la dimension non racialiste de l’esclavage ; ainsi la configuration globale de l’hégémonie et l’ethnicité de son ancrage à tous les niveaux du pouvoir d’Etat, se diluent dans un tableau indifférencié du sous-développement où, in fine, s’effaceraient les considérations de supériorité, de généalogie et d’oppression, pourtant legs de plusieurs siècles en Mauritanie.

L’assertion frauduleuse voudrait restreindre le champ de l’exploitation de l’homme par l’homme à sa seule expression parmi les noirs subsahariens. Le choix du Guidimakha s’avère d’autant plus commode que la dénonciation du mépris de castes et la demande d’équité s’y manifestent, désormais, avec force et impatience légitime. Sur le reste du territoire, l’État tient à rassurer les auteurs du crime imprescriptible et les bénéficiaires des privilèges qui en découlent. Grace à la comparaison cynique aux Soninkoh, la thèse officieuse offre, aux autres mauritaniens, la faculté d’esquiver le questionnement sur les entraves à la citoyenneté.

🔹️Le décor

À cause de l’indisponibilité à s’engager, avec les activistes et les victimes de ségrégation multidimensionnelle, dans un échange de franchise et de disponibilité à la recherche de solutions, le pouvoir s’obstine à vouloir les disqualifier, cependant en vain. Depuis la dictature de Ould Taya, la logique de l’adversité et le délire du complot extérieur façonnent et figent la posture défensive des institutions en charge de promouvoir la cohésion et la paix. Le Commissariat aux droits de l’Homme et la Commission éponyme créent et financent encore des ersatz d’organisations de la société civile et vont livrer, à Genève, de laborieuses escarmouches de tranchée, pour obtenir une concession d’écriture, une marge de ponctuation ; à force de d’arracher des trêves de durée variable, le système, si mal servi de l’intérieur, confond atténuation du constat et victoire de sa diplomatie. La fuite en avant résulte, surtout, de la médiocrité du personnel intermédiaire et subalterne, de ses lacunes et du conditionnement d’une société au sein de laquelle la schizophrénie alimente la mentalité de l’encerclement. La moindre contestation de la gouvernance et des injustices endogènes provoque l’occasion de crier à la conspiration ourdie par les ennemis de l’Islam et de l’arabité, deux notions d’usage mécanique quand la vérité assiège la Mauritanie et en dévoile les misères. Soudain, la Mauritanie, en vertu de son importance stratégique, susciterait une somme de convoitise et d’inimité qui prête à sourire.

🔹️Le réflexe

La déformation puis l’occultation des affaires d’esclavage sur les mineurs, Ghaya Maiga et Beibbeu Ould Cheikh, démontrent combien l’administration territoriale et l’appareil de justice peuvent inoculer du mensonge, en un temps record, simplement par instinct. Or, les deux situations datent de la période ultérieure à l’élection de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. A supposer l’indépendance des juges, le ministère de tutelle et le conseil suprême de la magistrature disposent de prérogatives de sanction, face à des suspicions légitimes de parti-pris, de bavure ou de conflit d’intérêt. Le principal obstacle réside dans la formation des fonctionnaires du prétoire, en l’occurrence leur socialisation sous le sceau de la tribu et de l’extrémisme religieux. Même la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), en dépit de débuts prometteurs dès le départ de l’ancienne présidente, s’est remise à distiller, aux instances des Nations unies, des rapports de relativisation/dénégation des cas d’esclavage soulevés en Mauritanie. Pire, les média publics n’hésitent à filmer des scènes de retournement spectaculaire où la victime, en présence de ses bourreaux, vient démentir son récit initial et imputer, aux lanceurs d’alerte, la fabrication du faux. Pour traiter le dossier de Beibeu, la fameuse Cndh, toujours rétrogradée du fait de son zèle à défendre les thèses et le bilan du gouvernement précédent, déléguait, sur place, son Secrétaire général, Mohamed Ould Brahim, détenteur d’agrément de l’une de ces associations fictives qui viennent à la rescousse de l’Etat, lors des rencontres internationales. Les circonstances de telles ententes relèvent du secret et nul audit ne semble remettre en question l’opacité de cette industrie.

D’ailleurs, au lieu de favoriser la transparence et d’ouvrir les frontières, les autorités successives traitent, d’emblée en ennemi, les chercheurs, journalistes et autres spéculateurs abonnés à l’approximation ; les services de sécurité recourent spontanément à l’expulsion et abusent de menaces contre les étrangers en quête de témoignage ou porteurs de projets d’émancipation. Certains ont quitté le pays, résolus à ne plus revenir.

🔹️Que faire ?

Ira-Mauritanie réitère, encore une fois, la main tendue aux dirigeants de la république islamique de Mauritanie, pour démystifier, ensemble et sans tabou, les enjeux domestiques de la stabilité et de la sécurité, notamment le chapitre des droits de la personne et son corollaire empirique, l’impunité. Comme nous aimons à le rappeler, la paix a son prix, un tarif universel qui s’appelle l’égalité, ici et maintenant. Toute nation qui négocie ou ignore l’évidence du postulat finit par le payer cher. Alors, pourquoi s’obstiner à mener une bataille perdue d’avance ? Pourquoi tant craindre la confrontation au réel ?


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)


Nouakchott, le 9 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE