✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec l’ingénieur informatique Sidi Camara, le concepteur de l’outil numérique Khrankompé.

La rubrique du GEB (Grand Entretien du BLOG) vous revient avec l’interview qu’un jeune pépite ingénieur visionnaire nous a gentiment accordée. Il s’appelle Sidi Camara, jeune mauritanien du Guidimagha (Tachott) qui est le concepteur d’un support numérique facilement exploitable et accessible dédié aux contenus pédagogiques et d’enseignement en langue maternelle. Son dispositif numérique est appelé Khrankompé (en vocable soninké) qui veut dire « salle des cours », vient d’être promu parmi les 10 finalistes de la sixième édition du Challenge App Afrique sponsorisé par l’influent duo organe médiatique français à l’international RFI et France 24 . À nos questions, l’ancien boursier mathématicien diplômé en Algérie et par la suite en France à l’université de la Sorbonne Université Paris 6, explique succinctement les objectifs de son outil innovant porteur d’espoirs en matière d’accès aux contenus d’enseignement. Et il nous distille quelques prompts conseils pour l’intérêt que doit avoir la promotion de l’éducation dans notre communauté.

À Lire ci-après :

Question 1 : Bonjour Monsieur Camara Sidi Moussa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Parcours éducatif et professionnel…

SC :Je suis Sidi CAMARA, je suis de Tachott, Mauritanie. J’ai eu le bac Mathématique en 2013 suite à quoi l’État m’a offert une bourse en Algérie pour une licence en Mathématique Informatique que j’ai obtenue en 2016. De 2016 à 2018 j’ai fait mon master en informatique à l’université Paris 6 (Sorbonne université, ex UPMC)

Depuis 2018 j’ai travaillé pour plusieurs entreprises de la région Lyonnaise et Parisienne en tant que Data engineer (ingénieur de données) et ingénieur machine learning.



Question 2 : Selon des sources médiatiques, vous êtes finaliste au Challenge App Afrique avec votre projet Khrankompé, nos vives félicitations à vous. Pouvez-vous présenter la nature de ce dispositif Challenge et votre projet Khrankompé ?

SC : L’objectif de Challenge App Afrique est d’imaginer le service numérique qui contribuera à l’éducation des enfants. L’objectif du concours est de prendre un lauréat parmi les entrepreneurs (en Afrique) dont les projets contribuent à l’éducation des enfants. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 15 000 € et un accompagnement personnalisé.

Khrankompé: L’objectif de Khrankompé est de produire tous les cours du primaire expliqués en langue locale et accessibles en offline sur smartphone et support USB tout en conservant la langue d’écriture de l’enseignement.

~L’élément média : Facebook Challenge App Afrique




Question 3 : En quoi les contenus pédagogiques sur supports numériques peuvent convenir avec pertinence aux besoins en matière de politique globale d’instruction dans nos pays, en particulier en Mauritanie dans les zones rurales ?

SC : En Mauritanie le système éducatif est en français et arabe ce qui pose beaucoup de problèmes aux enfants dont la langue maternelle est autre que ces deux langues.
Les contenus pédagogiques sur support numérique permettent de déployer la solution à large échelle et à moindre coût tout en permettant à chaque enfant des cours de qualité et dans sa langue natale.


Question 4 : Quels conseils pouvez-vous donner pour l’émergence d’une grande mobilisation autour de l’école en milieux soninkés ?


SC : Que ceux qui ont eu un parcours scolaire exemplaire soient des exemples pour les plus jeunes en leur parlant :


~ de leurs parcours,

~ des opportunités offertes par l’éducation,

~ la différence entre un ingénieur et un manœuvre.

• Que l’éducation devienne prioritaire sur l’emigration.

• La mise en place des événements mettant en avant le succès scolaire


Question 5 : Votre avis sur le régime éducatif hybride (semi privé et madrassas) qui existe en parallèle des écoles publiques dans nos localités villageoises ? Inconvénients et avantages pour l’avenir de nos enfants ?


SC : Pour moi ces madrassas ne devront jamais se substituer à l’école nationale et qu’elles devront plutôt être mises en place sous forme de soutien scolaire. Car ces madrassas n’assurent pas un parcours scolaire pérenne (pas de bac, pas de collège, ..etc). En général, les enfants deviennent déscolarisés après un certain temps et en sortent sans profession et aucun bagage scientifique.

12 mars 2022

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓Interview exclusive de Jemal Ould Yessa | Par Majabat média.

Chaque sortie médiatique du leader de gauche et militant des droits de l’Homme, Jemal Ould Yessa, provoque un vif débat au sein de l’opinion publique.


En cause, ses avis et positions politiques qui sortent de l’ordinaire et de la pensée communément partagée en Mauritanie.

Positions que certains qualifient de radicales voire extrêmes, tandis que d’autres estiment que ce sont des idées ambitieuses et progressistes de la part d’une personnalité dont le dernier souci serait de plaire à tout le monde et de chercher le consensus.


Ould Yessaa, fils de la classe aristocratique et de l’ « Émirat » traditionnel, qui s’est révolté contre le système social et politique du pays, dirigeant pendant longtemps le mouvement  » Conscience et résistance » , mouvement connu pour son opposition radicale au système d’Ould Taya.



Ould Yessa soutient toujours les mêmes positions “révolutionnaires”

concernant le racisme, l’héritage passif) humanitaire, la lutte ou l’ inégalités des classes, de l’arabisation et autres questions soulevées, lors de son interview pour ce deuxiéme numéro du journal Mejabat.


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Majabat : En tant qu’observateur vigilant des affaires nationales, avez-vous identifié le principal obstacle à un changement, en rupture d’avec les époques de répression, de corruption et de prise du pouvoir par la force ?



– Oui, bien entendu, des progrès partiels retiennent l’attention. Depuis la chute de la dictature de Ould Taya, les niveaux de coercition politique ont nettement diminué et la corruption, à l’époque banalisée dans le cadre du clientélisme PRDS, est redevenue une faveur ; elle se restreint désormais à un groupe de prédateurs, quasiment tous de l’ethnie arabo-berbère. Pour se convaincre de la mainmise ethnique sur l’économie, il convient de consulter la liste des chefs de fédérations du patronat. Le quasi-monopole s’étend, d’ailleurs, à deux domaines où la masse laborieuse est issue de la majorité noire du pays. Je cite la pêche artisanale et l’agriculture, deux secteurs d’activité auxquels le maure d’extraction nomade répugne, en général, en vertu de la dévalorisation de l’effort physique.

Vous connaissez la genèse du capital privé national, à partir des accointances et des réseaux de relations tribales, entre les juntes au pouvoir depuis 1978 et leurs relais parmi les chefferies et les commerçants bidhane. Des milliards de prêts bancaires complaisants ont été dépensés et l’ardoise effacée, en vue d’asseoir le fondation matérielle de la domination. A cause de la prédation directe sur les ressources de l’Etat, du bénéfice de privilèges indus, en passant par les conflits d’intérêt, les faux diplômes, l’immunité fiscale et la spoliation des terres de culture au sud, une minorité de hassanophones s’est emparée du pays, au point de lier l’avenir collectif, à sa propre conservation. C’est dans cette prise d’otage que se débat la Mauritanie, depuis bientôt 40 ans…L’expression « République islamique des maures » (Rim) ne me semble pas si excessive quand il s’agit de qualifier la géographie et la démographie réelles des privilèges de naissance et de statut social dont il sera question durant les journées consultatives nationales, autrement appelées « dialogue »…enfin, si le rendez-vous est respecté. Concernant la dévolution et la régulation violente du pouvoir d’Etat et les ruptures de légitimité, nous ne sommes pas encore immunisés d’une énième « putscherie », même si, à l’instant, la probabilité me paraît, plutôt, minime. Je puis me tromper.


Comment sortir du cycle de la faute et de l’échec ? Le principal obstacle, de nature à retarder le discernement et les bonnes pratiques en matière de cohésion et de restauration de la confiance, entre les populations et l’autorité centrale, demeure le déficit de concertation et d’audace. Au niveau de l’évaluation comparée des performances en démocratie et droits humains, la Mauritanie devance, et de loin, la majorité de l’aire arabo-islamique mais je ne vois pas, là, un exploit, tant cet univers abrite, entretient et exporte les pires atteintes à la dignité de l’individu.



Majabat : Nous sommes aux portes d’un dialogue qui « n’exclut personne ni question ». Doit-on s’attendre à une exception dans ce genre d’exercice, contournant les préoccupations habituelles de la classe politique, pour insister davantage sur les thèmes plus larges, corrélés à l’amélioration de la gouvernance et à la résolution des attentes chez les exclus ?



– Le dialogue serait couronné de succès, si toutes les parties y vont avec sincérité et conscience de devoir sacrifier des concessions, aux fins d’obtenir un consensus, une formule de dépassement des contradictions structurelles : il importe de souligner, ici, le sexisme ambiant, les entraves à la citoyenneté en termes d’égalité d’accès aux droits, la résorption de l’impunité des crimes de masse à visée raciste, l’occultation de l’esclavage et l’usurpation du foncier rural, notamment aux dépens des autochtones travailleurs des champs. Le problème concerne, non seulement les natifs de la Vallée du fleuve Sénégal mais, également, les descendants d’esclaves au centre et à l’Est de la Mauritanie. Beaucoup continuent à entretenir des parcelles arables dont les anciens maîtres détiennent les titres. Malgré l’ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale et en dépit de ses clauses de préemption au profit de ceux qui « font vivre » le sol, le texte, de facto, n’est pas appliqué à tous.

Sur la majorité de l’espace hassanophone, la tenure traditionnelle est en vigueur. Les Hratine restent des ouvriers agricoles sans acte de propriété ; les conflits subséquents ne cessent de croître ; il subsiste, là, un risque de clivage belligène et le présage d’un effondrement de la communauté de destin, déjà en lambeaux, depuis 1978. Il faudrait aussi régler – disons vider – le potentiel des contentieux liés à l’exploitation de la terra mortuis, ces espaces laissés à l’abandon que ne délimite aucune marque de colonisation ou de mise en valeur. Aujourd’hui, il est ardu d’aller s’installer sur un périmètre vacant et vierge de labour, sans obtenir l’autorisation préalable de la tribu qui en revendique la possession. Certaines vendent le visa d’installation, d’autres l’accordent par générosité ou nécessités de prestige. Néanmoins, à la moindre querelle avec les nouveaux venus, les voici sommés de quitter les lieux…

Est-il normal de tolérer une telle concurrence au droit, un tel mépris envers l’autorité publique ? Voici un autre défi que le dialogue devrait désamorcer, sous peine de provoquer le regain de l’anarchie précoloniale, la fameuse Seyba ou raison du plus fort…Cependant, gage de réussite oblige, les participants au dialogue, dans leur diversité, influenceraient le rapport des forces en participant au débat, sans poser de condition ni s’en faire dicter. Le principe – réitéré par le Président de la République – de ne pas censurer ni évincer – me semble le signe de prémices prometteuses. Le moment est venu de s’asseoir, tout déballer, discuter, s’écouter et de ne s’interdire nul compromis dès lors que le règlement proposé se réfère à la triple exigence : liberté-égalité-fraternité. Certes, la devise appartient à une autre nation mais elle résume bien, par sa prétention à l’universalité, le besoin d’équité et d’épanouissement qui habite l’espèce humaine, peu importent les frontières et le legs de la mémoire.

Majabat : Quels sont les conditions et les résultats les plus importants qui, s’ils étaient atteints, vous permettraient de constater le succès du dialogue ?



– Si le succès du dialogue devait requérir une attestation, celle-ci résiderait, par exemple, dans l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et de l’article 306 du code pénal. Les deux infamies représentent un motif de honte pour la Mauritanie et reproduisent la violation la plus spectaculaire de ses engagements auprès du reste du monde, dûment signés, ratifiés et intégrés au préambule de la Constitution. Il ne faut pas oublier, non plus, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que notre gouvernance viole si souvent, après son adhésion en novembre 2004. Le texte et bien d’autres de facture similaire impliquent l’interdiction, aux civils de détenir des armes d’assaut ; nous pouvons comprendre qu’une communauté garde, dans son folklore, un rapport sentimental aux symboles – en l’occurrence les festivités – mais l’expression du patrimoine mémoriel exclut la détention de fusils à rafales ; en réalité, l’on assiste, ici, à une forme de discrimination dangereuse parce qu’elle consacre l’attribution d’un moyen de contrainte aux seuls maures ; l’autorisation implicite de milices à vocation militaire compromet les assises du pacte à l’origine de la création de la Mauritanie, pendant le congrès d’Aleg, en mai 1958.



Majabat : Le problème de la marginalisation et des exclus devient une préoccupation des pouvoirs publics. Quelle est votre lecture de la nature et de l’ampleur de ce problème et de ses relations avec l’histoire et les politiques de développement en Mauritanie?



-Je dois juste vous rappeler qu’à force de s’obstiner à négliger les enjeux de coexistence pacifique, ils vous reviennent à la figure ; vous avez beau dépenser de l’argent et des discours lénifiants dans l’espoir d’acheter le silence des victimes, vous ne parviendriez jamais à étancher leur soif de réparation. Dieu merci, il existe un minimum de justice internationale sur quoi nos gouvernants n’ont pas de prise ; le procès de Ely Ould Dah au sud de la France en 2005 et le renvoi récent de l’un de nos généraux, à peine nommé par les Nations unies au titre d’une mission de maintien de la paix, soulignent les limites du déni. Pourvu que le désaveu diplomatique serve à ouvrir les yeux, de nos dirigeants, quant à l’urgence de l’introspection et de l’autocritique. Apprendre de ses erreurs relève de la salubrité mentale. Déjà, publier la vérité à propos de la tentative d’épuration, exécutée de 1986 à 1991, constituerait, à la fois, une thérapie et une prophylaxie, pour se prémunir du ressentiment et de la récidive. Nombre de hassanophones le croient encore, en 1989, Israël, le Maroc et le Sénégal se seraient ligués contre la Mauritanie, laquelle n’aurait dû sa survie qu’au soutien de Saddam Hussein (le bourreau des kurdes et des chiites). Cette légende tarde à s’éteindre car aucune autre version ne la concurrence.



Majabat : Parfois, surgit une polémique sur la marginalisation culturelle de composantes de la nation. Le sujet comporte-t-il une réflexion sur la coexistence entre ces composantes ? Quelle est sa relation avec la réticence à résoudre les choix linguistiques ?



– Surgir n’est pas l’adjectif approprié, il s’agit davantage d’une latence d’abus cumulés, sédimentés. L’arabisation idéologique -certains diraient « au rabais » -des années 1980, a été conçue pour écarter de la fonction publique et des forces armées et de sécurité, les groupes non-hassanophones (pulaar, soninké, wolof, bambara) afin de « faire de la place » ; à qui, donc ? Le calcul initial consistait à privilégier l’entrisme, dans l’appareil d’Etat, de générations émergentes d’étudiants et de cadres maures, formés à la hâte, aux confins du monde arabe ou allaités à la source d’un imaginaire hanté et saturé par les mythes du moyen Orient. Le plan ayant tardé à produire un effet radical en matière de remplacement – ou de substitution – des élites, les incidents frontaliers de 1989 avec le Sénégal, offraient l’opportunité d’accélérer la réalisation intégrale du dessein. J’insiste, ici, sur le lien causal entre l’arabisation bas de gamme, la violence suprématiste, le règne de la corruption et de la fraude et l’avènement de l’extrémisme religieux dont la Mauritanie incarne, aujourd’hui, le principal vecteur d’expansion en Afrique de l’Ouest et plus loin.

Je ne puis vous dire exactement combien d’apprentis-terroristes, y compris d’Afrique et d’Europe, viennent s’abreuver aux sources du fanatisme dans les nouvelles Mahadhras où l’enseignement de la poésie, de la généalogie et de la musique s’efface, désormais, derrière les cours de fiqh aljihad, l’étude des lois de la guerre sainte. Ces établissements, irrigués de pétrodollars depuis 4 décennies, participent à la radicalisation et maintiennent un racisme tacite envers les noirs d’ascendance subsaharienne. Pire, les autorités ne disposent d’une base de données fiable sur le nombre de pensionnaires étrangers, leurs provenance et durée de leur séjour en Mauritanie. Les élèves, venus des 4 coins du monde, y apprennent, toujours, comment jouir de ses esclaves, se les partager en temps de travail selon la répartition de l’héritage ou soumettre les servantes au droit de cuissage. Oui, la Mauritanie actuelle n’est pas la destination rêvée pour un noir et le constat dépasse bien les questions de langue ou de culture.


Vous savez, si l’affaire de l’arabisation n’avait pas été instrumentalisée pour récompenser la médiocrité, diffamer le mérite et ralentir la dynamique de modernisation du pays, elle serait bien moins contestée aujourd’hui ; un entretien de presse ne saurait satisfaire à l’étude d’un enjeu aussi vaste. Nous en reparlerions, à l’occasion d’un ouvrage documentaire. Les témoins du déclin national sont légion, Dieu merci et la plupart gardent le souvenir de la descente aux enfers, enclenchée dès l’avènement du régime militaire. Je forme le souhait qu’ils écrivent, nombreux et se prêtent aux moyens de l’audiovisuel ; ainsi, ils nous épargneraient la perte de mémoire si propice aux braqueurs et contrefacteurs de l’histoire. Cette bataille du sens est en passe d’être gagnée par les révisionnistes ; s’ils remportent la partie, c’en serait fini du projet Mauritanie et de notre avenir commun. Si ces questions passionnelles ne sont pas résolues, notre ambition de développement ne dépasserait le stade de l’intention et nous perdrions du temps et de l’énergie en discordes, à l’infini.

Dans un contexte de diversité raciale et de polarisation identitaire, la tentation du monolinguisme mauritanien représente un piège. Plus vous y tendez, moins vous préservez la cohésion sociale de long terme. S’agissant de l’hystérie anti-Français, je souhaite bon vent à ses initiateurs. Qu’ils commencent à arabiser les contrats des mines et de l’énergie, les écoles de médecine et de pharmacie, le libellé des opérations bancaires, les documents de transit et les offres d’emploi dans le secteur privé…

Majabat : Le conflit social est perçu, maintenant comme ayant atteint un niveau de tension sans précédent. Considérez-vous, avec confiance, sa gestion par les autorités actuelles ? Avez-vous des espoirs ou des craintes à propos des possibilités de son développement conflictuel, dans le futur ?



– Le pouvoir du moment, sans le savoir ou s’en rendre compte, ploie sous le fardeau d’une psychologie spécifique que singularisent la superstition (baraka, tazabout, fétiches et amulettes, intercession, propitiation, culpabilité, rétribution post-mortem). La décision politique est, tributaire de considérations relevant tantôt de l’administration de l’invisible, tantôt de l’indulgence due aux notabilités, quelle qu’en soit l’ethnie. A titre d’exemple, l’on a vu, par deux fois, à la commune de Dafort, dans le Guidimakha, des agents de la municipalité en train d’humilier et d’entraver de présumés fauteurs de dissidence, à la manière d’un bœuf promis à l’égorgement. L’Etat n’a engagé aucune poursuite contre les auteurs, pourtant filmés et audibles. Les critères de rationalité et de lucidité ne président pas toujours à la gouvernance actuelle en Mauritanie. Les nominations en conseil des ministres témoignent de la dérive. Seulement voilà, partout sur terre, une loi immuable cristallise le rapport des humains à la paix : la paix est une plante qui réclame sa rançon ; sa rançon est l’équité, c’est ainsi qu’elle s’arrose, jour et nuit ; sans équité, pas de stabilité.

Vous ne pouvez exiger, longtemps, de quelqu’un qu’il renonce à la révolte légitime et endure sa propre aliénation, en attendant le moment où vous lui consentiriez un peu de justice. Votre patience ne peut compenser sa frustration ; pire, elle l’exacerbe. Pour revenir à votre question, je crains, hélas, que les autorités en place n’aient pas assez compris le sens de la politique moderne : gouverner, à l’heure des théories complotistes et de la démocratisation des gadgets de la communication, réclame de la compétence, beaucoup de technicité, le sens de l’innovation, la réactivité et un sens élevé de la morale au service de tous, sans distinction ni préférence d’ordre privé. Un pouvoir qui ignore ce genre d’hypothèque, le minimise, mise sur la lassitude des gens ou escompte leur adaptation à l’injustice, finit piétiné sous les bottes de la soldatesque ou victime de lynchage par la populace. Le pire, dans le domaine du contrat social n’est pas d’en résilier les termes d’un commun accord. Le danger procède, surtout, de la faculté de susciter une surcharge d’espoir et de la décevoir, en vulgarisant des actes de triche, de dol et de mauvaise foi.

Personne ne se réjouit de se faire tromper et les Mauritaniens n’échappent à la règle, d’où que le ressentiment multidimensionnel plane, maintenant, sur la totalité du pays : il draine de l’amertume et le sentiment anxiogène d’avoir été floué et de subir le tâtonnement des dilettantes. Des révolutions engendrent la revanche sanglante et élèvent, au sommet de l’autorité, des populistes et des illuminés qui excellent à aggraver et canaliser l’aigreur et la hargne des multitudes, avant d’ériger une autre tyrannie. Un dirigeant instruit de ce genre de péril est appelé à l’éviter, pour sa propre sécurité d’abord, ensuite au nom de l’intérêt général.


A titre d’intuition, non de preuve empirique, j’accorde le bénéfice du doute au Chef de l’Etat et à quelques-uns de ses ministres. En revanche, je mets en cause la disponibilité d’une fraction de son entourage, à favoriser une refondation ambitieuse de la Mauritanie, sur des bases de distinction par le rendement, l’intégrité et la « redevabilité », au sens anglo-saxon du mot. Certes, la cour d’un prince, fût-il élu, évolue et se renouvelle et c’est dans cette perspective que je place le vœu d’un sursaut de scrupules, à l’abri de la pression de la rue et des menaces de sédition. Les femmes et hommes de qualité ne manquent pas, à l’intérieur du pays. Gouverner, n’est-ce pas prévoir ? Or, prévenir suppose la conscience des afflictions à quoi votre mode de gouvernement vous expose, vous et le peuple dont vous avez recueilli les suffrages et nourri la crédulité. Si vous parvenez à affiner le sens de l’observation sociale et le goût de la vérité, au sein de vos collaborateurs, alors, vous êtes sauvés et l’imminence du salut mobiliserait vos compatriotes, avec l’intensité d’un élan collectif, d’un souffle de volontarisme qui annonce des lendemains enchanteurs. Je veux y croire. Contrairement aux apparences, le renouveau s’avère à portée des Mauritaniens, s’ils acceptent d’en payer le prix ; il n’est pas trop tard.



Majabat : Le Président de la République a récemment fait part de son mécontentement face au retard pris dans la mise en œuvre de son programme des nouvelles mesures de lutte contre la corruption. Comment voyez-vous ce « réveil tardif » ?



-Le Président exprime son mécontentement et nous devrions plutôt lui reconnaître le mérite de la sincérité mais l’intention, même charitable, ne change rien à la réalité du postulat : l’appareil d’Etat est tenu par les résidus recyclés du Prds. Tant qu’ils sont là, la plus ambitieuse des réformes tournerait toujours à la farce, entre leurs mains. Vous savez, à la longue, les meilleures fantaisies peuvent lasser.



Majabat : La Mauritanie compte une grande diaspora dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), et d’énormes intérêts économiques au sein de cet espace ; pourtant ses relations avec cette organisation restent volatiles et en deçà du niveau requis ; Comment la situation affecte-t-elle les Mauritaniens, là-bas ?



-Vous oubliez de souligner que la Cedeao n’a pas chassé la Mauritanie. Nous en sommes sortis au motif de mieux nous arrimer à un l’Union du Maghreb arabe (Uma), un ensemble encore mythique. A présent, nos ressortissants en Afrique subsaharienne, principalement dans le Golfe de Guinée, endurent les conséquences du retrait : impossibilité d’ouvrir un compte bancaire, d’obtenir un permis de conduire, de se plaindre du racket, importations taxées, carte de séjour à 300 000 francs, à quoi s’ajoute une amende d’établissement illégal de 60 000 francs. Certains accords bilatéraux avec des pays membres nous assuraient les mêmes avantages que les nationaux ; hélas, la plupart de ces clauses n’ont pas été renouvelées. Le droit communautaire a pris le dessus. Nos compatriotes lésés se plaignent auprès de leurs ambassades et consulats. Or, ceux-ci tardent à recevoir les consignes appropriées et naviguent à vue. Le moment est plus que venu de se montrer enfin adulte, pour revenir au point de départ, en somme une adhésion pleine et entière, à la Cedeao. Le fameux accord d’association ne semble pas produire une incidence réparatrice sur le sort de dizaines de milliers de mauritaniens expatriés. Persévérer dans l’erreur n’est pas signe d’intelligence….

source
@majabatmedia
· Société de médias/d’actualités

© Repris via https://www.chezvlane.com/Interview-exclusive-de-Jemal-Ould-Yessa_a26254.html

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec Mr Mahamadou Marega (Étudiant à L’UCAD)

– Nous vous présentons l’interview accordée par un frère soninké de Golmy au Sénégal. Âgé de 33 ans, Monsieur Mahamadou Marega, étudiant à L’UCAD – Dakar, est déjà titulaire d’une licence en Études Arabes (option Pensée Islamique). Il s’exprime souvent à travers de posts FB pleins de sagesse et d’inspiration intellectuelle. Nous lui souhaitons une paisible continuation dans l’ensemble de ses projets. Nos vifs remerciements pour sa disponibilité en répondant à notre sollicitation.

Lire ci-dessous ses éléments de réponse à nos questions.

Question 1 : Bonjour Monsieur Muhammad Marega , pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mahamadou Marega :
Je m’appelle Mahamadou Marega.
Je suis étudiant, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et je suis titulaire d’une licence en études arabes (option pensée islamique).


Question 2 : En tant que jeune africain universitaire , êtes-vous engagé dans une Cause (politique, associative, culturelle ou sociale) d’intérêt général ? Si oui dans quel cadre et avec quels moyens pour atteindre vos objectifs ?

• MM : Pour le moment, je ne suis membre de façon active dans aucune association à caractère politique, social, culturel ou humanitaire. Même s’il y a des associations avec qui, je suis en phase sur le plan idéologique et que je défend de façon sympathique.

Question 3 : Ces dernières années la communauté soninké connaît des soubresauts sociaux autour de la problématique de l’esclavage par ascendance, quelle analyse faites-vous de la situation ? Vos commentaires sur la dynamique abolitionniste transnationale en cours portée par le mouvement Gambanaaxu Fedde..?

MM : effectivement, la société sooninké traverse des grands problèmes d’ordre sociétal, politique et économique. Et la problématique de l’esclavage par ascendance fait partie de ces problèmes-là, il faut le reconnaître. Par ce que pour résoudre un problème ça commence d’abord par reconnaître son existence. Le nier, c’est le condamner à se développer et à se complexifier. Bref, notre société est conservatrice et inégalitaire, et il y a beaucoup de paradigmes qui ne conviennent plus à notre époque. L’esclavage par ascendance est l’une des tares congénitales de notre société. Nous devons y faire face pour l’éradiquer par tous les moyens possibles. En ce qui concerne le mouvement Gambanaaxu Fedde, je pense que franchement parler, c’est un mouvement avant-gardiste et humaniste de par sa philosophie qui prône l’égalité et la justice sociale. Cela dit, un tel mouvement doit être soutenu, parce qu’il y va de l’avancée de notre société.

Question 4 : Quelles pistes de solutions pensez-vous nécessaires pour débloquer les régimes d’organisation coutumière dans certaines sociétés ouest-africaines figées dans des hiérarchies sociales datant d’une époque lointaine (par exemple le cas soninké) ?

MM : comme je l’ai dit plus haut, la société conservatrice qui obéit à une stratification socioprofessionnelle qui, répondait autrefois à des besoins sociétaux, mais force est de reconnaître que le système d’organisation sociale et coutumière n’a plus sa raison d’être. Car, il constitue un véritable obstacle au développement du Soninkara. D’où la nécessité de mener un combat aussi intellectuel que pratique en vue de le changer.


Question 5 : Votre pays, le Sénégal a connu certains mouvements contestataires et d’autres qui y couvent liés à la vie politique, qu’est-ce qui perturbe réellement la démocratie sénégalaise connue comme relativement sereine en comparaison à d’autres pays voisins historiquement ?

MM : Il y a deux points, à mon humble avis, qui perturbent et empêchent la démocratie sénégalaise de jouer pleinement son rôle : le fait que la justice n’est pas indépendante, puisque sans une justice indépendante devant laquelle tous les citoyens sont égaux et justiciables, et d’autre part, le manque d’équité social en matière de redistribution de richesses. Ce qui crée une frustration chez beaucoup de gens, notamment, les jeunes qui n’ont plus des perspectives d’avenir et les événements du 23 Mars en ce sens sont une preuve éclatante.


Question 6 : Le fait culturel, politique et social autour de la Religion dans nos communautés et nos pays, constitue une donnée importante, complexe et à la fois sensible, quelle lecture globale faites-vous de cette situation ?

MM : Mon avis, le fait culturel et le fait religieux sont indissociables puisque la culture est le réceptacle de la religion, mais cela ne veut pas dire que la religion doit être complètement moulée dans le fait culturel. Seulement, avoir l’intelligence de lire le corpus religieux sous la lumière de nos réalités socioculturelles, faute de quoi il y aura toujours des tensions ou des incompréhensions qui peuvent empêcher la religion de jouer pleinement son rôle à la fois éducatif et spirituel.

-Fin

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec la sociologue et militante Dieynaba NDIOM

À la fin de cette année 2021, la rubrique Le Grand Entretien du Blog (le GEB) reçoit l’interview d’une dynamique militante mauritanienne, Madame Dieynaba NDIOM. Engagée féministe et membre active du parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de Samba Thiam, la sociologue a répondu favorablement à notre sollicitation d’entretien. Nos vifs remerciements à son endroit. Retrouvez ci-dessous le contenu de cet entretien.

✓Question 1 : Bonjour Madame Dieynaba N’diom, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dieynaba NDIOM : Je m’appelle Dieynaba NDIOM, Féministe, Femme politique et Sociologue de formation.


✓Question 2 : Quels sont vos engagements militants (associatifs et politiques) en Mauritanie ?

• DN : Je suis engagée dans deux associations mauritaniennes :
Voix des Femmes, qui est un collectif de jeunes féministes mauritaniennes
Initiative pour la Santé de le Reproduction, qui est une association qui travaille sur toutes les questions liées à la santé de la reproduction, comme son nom l’indique.
Sur le plan politique, je suis engagée au sein du parti FPC (Forces Progressistes du Changement), dont je dirige la fédération de Nouakchott.

✓Question 3 : En étant une femme engagée publiquement, rencontrez-vous des écueils sociaux et discriminants liés au genre? Et également quelle analyse faites-vous autour de la condition féminine en Mauritanie aujourd’hui en 2021 ?

DN : Pas spécialement dans les organisations où j’évolue, cependant les organisations associatives comme politiques sont à l’image de notre société, toutes les pesanteurs socioculturelles y sont palpables. Les conditions des femmes en Mauritanie sont de plus en plus difficiles sur quasiment tous les plans : Niveau juridique, toujours pas de loi sur les violences que subissent les femmes, dans le milieu familial, professionnel, dans l’espace public etc. Niveau politique, avec l’actuel régime ; c’est plutôt la régression sur le nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Niveau social, nous sommes restés cette société très conservatrice avec un système social très hiérarchisant et discriminatoire, d’où les relations de pouvoirs sont omniprésentes.

✓Question 4 : Ce 28 novembre 2021, jour du 61ème anniversaire de l’indépendance nationale, une manifestation a été réprimée dans la ville de Bababé, pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ces événements en tant que militante politique ?


• DN : Comme chaque 28 novembre, depuis 30 ans actuellement, une partie de la Mauritanie demande justice sur les crimes commis, c’est également l’occasion de revenir sur tous les épisodes sombres de la Mauritanie à l’égard de sa composante noire, qui continue d’ailleurs de plus belle sous d’autres formes. Ainsi, différents événements (sit-in ; marche ; conférence de presse…) se font chaque 28 novembre à Nouakchott et/ou à l’intérieur du pays. Cette année à Bababé s’est tenue une manifestation, comme les années précédentes, mais violemment réprimée. Plusieurs jeunes blessés, ce qui a valu leur évacuation sur Dakar pour des soins. La lecture que j’en fais, connaissant bien ces jeunes, le pouvoir n’a fait que renforcer leur détermination. La répression atteint rarement les esprits déjà éclairés.

✓Question 5 : En Mauritanie, les problématiques liées à l’esclavage font partie de l’actualité d’une manière sporadique, selon vous pourquoi arrive-t-on pas à éradiquer ce phénomène pour de bon ?

DN : Comme je disais plus haut, notre société est conservatrice et surtout très discriminatoire. Nous avons beaucoup de tares, beaucoup de soi-disant valeurs qui ne sied plus à notre époque. L’esclavage est l’une des pires pratiques qui existe dans notre société. Nous devons faire face à cette réalité et la combattre avec toutes nos forces, même si nous savons que des murs se dresseront, car entre les privilégiés de cette pratique et notre Etat si frêle, le chemin est encore très long.

✓Question 6 : Autour de ce même phénomène (l’esclavage ou ses conséquences sociétales) , historiquement un certain tabou couve en milieux negro-mauritaniens (hors haratines), réellement qu’en est-il dans la société Peul? Le construit culturel qui tient à une certaine hiérarchisation sociale ne constitue-t-il pas un écueil pour l’émergence d’une mobilisation militante d’envergure cohérente et transversale dans le champ revendicatif à l’échelle nationale?

DN : La société peul, comme les autres communautés est définie par une hiérarchisation sociale, qui même si jadis répondait à des métiers socio-professionnels, aujourd’hui n’a plus sa raison d’être et elle constitue un frein à ce que nous pouvons construire ensemble. L’intersectionnalité entre nos différents combats est notre seule issue vers une Mauritanie juste et fière de sa diversité.

Fin

~ 18 décembre 2021

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓TV.TOOBA [Vidéo] | Regardez « Interview de Biram Dah Abeid » sur YouTube

L’interview du député Biram Dah Abeid accordée à la plateforme TV Tooba depuis Paris. Au micro d’Ibrahim Diallo, le leader abolitionniste mauritanien revient sur plusieurs points sur la vie sociale et politique du pays.

©️ Crédit source : Chaîne Youtube TV Tooba

✓Entretien de RMI avec Chebih CHEIKH-MELAININE

• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :

On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.

Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.

Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-chebih-cheikh-melainine/

✓Le président Ghazouani à France 24 : «il n’y a pas d’atteinte aux libertés en Mauritanie»

Sahara Médias – Le président mauritanien Mohamed O. Cheikh Ghazouani, dans une interview accordée à France 24 et diffusée samedi, a affirmé qu’il tenait à ce qu’autre atteinte aux libertés n’intervienne en Mauritanie, commentant la loi controversée sur la protection des symboles nationaux.

Ould Ghazouani a tenu à rassurer les mauritaniens, « comme il est de mon devoir de le faire qu’il n’y aura aucune atteinte aux libertés en Mauritanie, ni en ce qui concerne les blogueurs, les journalistes ou toute personne qui se serait exprimée même sans écrire ».

Le président mauritanien a encore dit que tout mauritanien a le droit de critiquer tout homme politique, avant d’ajouter que le niveau des libertés dans le pays demeurera au même niveau « et s’améliorera » et qu’il n’ y a aucune intention de toucher aux libertés.

A une réponse relative à l’existence en Mauritanie, de la corruption de façon endémique ou non, le chef de l’état a dit qu’il ne pouvait pas attester l’existence de la corruption endémique mais qu’il ne pouvait pas non plus en nier l’existence.

« La Mauritanie a des richesses et nous devons œuvrer pour en bénéficier et il est inapproprié de dire le pays a des richesses et moi je suis pauvre ».

Il a ajouté qu’il souhaiterait que « le citoyen mauritanien ne réfléchisse pas de cette manière, je voudrai qu’il soit plus réaliste ».

Ould Ghazouani a encore dit qu’il ne s’agit pas là d’un manque d’intérêt pour les opprimés et les pauvres, « tous les mauritaniens savent notre intérêt pour ces couches fragiles et déshéritées et qu’elles figurent en premier dans nos préoccupations.

Nous avons créé pour cela la délégation générale (TAAZOUR) qui entreprend un travail gigantesque et important pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté.

Elle a un programme concret qui touche directement le citoyen et qui prenne en compte ses besoins ».

Le président mauritanien a enfin déclaré : « nous entreprenons un travail important qui s’améliorera avec le temps ».

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747570

✓À suivre « Interview du président des réseaux IRA dans le monde, député à l’assemblée nationale » sur YouTube | En date du 24 juillet 2021 – Plateforme mauritanie.com

Interview du président des réseaux IRA dans le monde, député à l’assemblée nationale, M. Biram Dah Abeid par les sites Mauritania-com. Plusieurs sujets sont abordés sans tabou, notamment la question du projet de loi sur la double nationalité, puis, le fameux projet de loi nous dit-on pour protéger les symboles de l’état et la visite effectuée récemment par le député qui était accompagné par le présidente du RAG, M. Oumar Ould Yali et d’autres cadres IRA-Mauritanie dans le Trarza, Brakna et Gorgol.



L’accueil, surtout, les doléances des populations qu’ils ont pu recevoir sur place. Qu’on l’aime ou pas, nul ne pourra nier que le président Biram Dah Abeid est profondément préoccupé par la situation que vivent les populations les plus vulnérables à l’intérieur du pays, qui sont les plus exposées aux injustices. La photo de l’image nous rappelle ce mai 2017, lors qu’il a voulu se rendre dans le Guidimakha en traversant le fleuve qui nous sépare du Sénégal par Gouraye pour s’acquérir de la situation sur place.

Les féodaux du Guidimakha et leur homme fort de l’époque Mohamed Ould Abdel Aziz l’ont empêché d’entrée en contact manu-militari avec les populations afin de dissimiler l’esclavage coutumier par ascendance qui se perpétue encore dans la région avec la complicité de certains cadres de la région (ministre, directeur, député, maire etc…) qui sont adoubés par l’administration locale. Le directeur Alioune Sow et son staff remercient le député et son équipe pour le temps qu’ils ont voulu accorder aux sites mauritania-com

©️ Crédit source : Post et élément YouTube par l’activiste des droits humains Diko Hanoune

Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le député Diawara Issa Manséga

Notre rubrique le Grand Entretien du Blog (Le GEB) est consacrée à l’honorable député de la diaspora mauritanienne d’Europe, monsieur Diawara Issa Manséga. Également président de la section Europe de l’UPR (principal parti soutien du Pouvoir actuel), le député a répondu favorablement à notre sollicitation d’interview en exclusivité. Ainsi lire ci-dessous l’intégralité de l’entretien :

✓Question 1 : Bonjour l’honorable député, pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

IMD : Bonjour à vous également Monsieur SOUMARE ainsi qu’aux lecteurs de votre Blog. Permettez-moi aussi de vous remercier pour cette interview qui me permettra de m’adresser à mes compatriotes de l’étranger et des mauritaniens en général. Pour ce qui est de ma présentation, je pense que la plupart de mes concitoyens me connaissent, en raison de ma constante présence sur la scène politique nationale et internationale depuis plus de deux décennies. Cela dit, je suis DIAWARA Issa Manséga. Je suis originaire de Boully, de la Moughataa de Ould yengé dans le Guidimakha. Actuellement j’exerce les fonctions politiques de président de la section Europe de l’UPR, tout en étant porteur du mandat de député des mauritaniens de l’étranger pour ce même continent.

✓Question 2 : Que pouvez-vous dire sur la situation des Mauritaniens vivant la sphère géographique (diasporas en Europe) de votre circonscription concernant des impacts multiformes provoqués par la pandémie Covid-19 depuis plus d’une année ?

IMD : Comme vous le rappelez à juste titre, la covid 19 est une pandémie, qui donc par cette caractéristique n’a épargné aucun pays. De plus c’est un virus d’une rare violence qui est apparue à la fin de l’année 2019 et qui continue de provoquer des drames épouvantables. Il a fait subir à l’Europe trois vagues meurtrières successives Le variant delta qui se distingue par une forte contagiosité menace le monde d’une quatrième vague. Tout cela a évidemment un impact sur la vie de nos concitoyens établis en Europe : En effet nous déplorons plusieurs victimes un peu partout parmi les membres de la colonie mauritanienne en Europe. Dans une moindre mesure le confinement a été aussi vécu durement en terme socio-économique, dus au chômage induit par ses effets, à la complexité administrative qui en a découlé et à l’accentuation de la pauvreté parmi les couches les plus défavorisées en terme de catégorie socio professionnelle. Mais le plus difficile pour nos compatriotes a été la difficulté de rapatrier les corps au pays lors de la première vague. Le fait d’avoir été obligé d’enterrer leurs morts à l’étranger loin de la terre des ancêtres, a été en effet vécu par nombre de nos concitoyens comme une double peine dont certains encore aujourd’hui ont du mal à s’en remettre. Qu’il me soit permis ici d’adresser à toutes les familles éplorées, mes condoléances les plus attristées. C’est aussi l’occasion pour moi d’en appeler aux familles à la vaccination, qui reste un amortisseur de choc, pour ne pas dire solution contre cette pandémie qui n’a pas encore dit son dernier mot.


✓Question 3 : Récemment, lors d’une visite au sein de l’ambassade à Paris, nous avons constaté une nette amélioration au niveau de l’accueil (registres de prise de Rdv bien tenus, suivi téléphonique et accueil fluide…). Pensez-vous que toutes les attentes sont comblées à ce niveau à présent ?

IMD : Parmi les combats prioritaires que j’ai portés, figure le droit de la diaspora à être dignement accueillie dans les différentes missions diplomatiques et consulaires parmi le réseau des ambassades mauritaniennes dans le monde, qui sont un territoire mauritanien où il n’est pas acceptable que nos compatriotes soient accueillis autrement que respectueusement.
Lors de l’audience que le chef de l’état, son excellence Mohamed cheikh ould ghazouani m’a accordée en janvier 2020, parmi les sujets abordés, j’ai attiré son attention sur cet aspect et la nécessité que les prestations dues aux usagers des ambassades puissent être améliorées à la fois sur le plan de la qualité de l’accueil que de la rapidité de traitement des demandes. Il avait promis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin à ces dysfonctionnements. Et sans délai, en raison des changements opérés j’ai pu constater qu’il a donné des instructions fermes dans ce sens. Je me réjouis aujourd’hui de recueillir des témoignages favorables sur ces améliorations dont celui que vous venez de faire. C’est bien là, la preuve que le chef de l’état est à l’écoute de la colonie mauritanienne de l’étranger et qu’il fait tout pour lui donner entière satisfaction dans ses différentes doléances.
Par rapport à votre question je pense bien que tout est perfectible. En effet vu le taux de fréquentation journalière, j’estime qu’il est nécessaire d’extendre l’espace d’accueil par l’aménagement d’une salle plus grande qui pourrait contenir un minimum de 30 visiteurs à la fois. Aussi vue ce que représente une ambassade comme institution pour son pays en terme d’image, il serait bien de continuer les efforts déployés au niveau de la propreté, de l’hygiène et de l’ordre. Pourquoi pas numériser le traitement de certaines demandes pour nos compatriotes de la province, notamment celles qui ne nécessitent pas la présence physique de la personne. À défaut créer des consulats secondaires dans les régions à forte concentration de mauritaniens.


✓Question 4 : Certains citoyens de la diaspora laissent entendre que vous n’êtes pas assez audible et visible, avez-vous mis en place un canal d’accès et de communication (site internet, blog ou ligne dédiée) avec ceux que vous représentez au parlement ?

IMD : D’abord je pense que nos concitoyens le savent, avant même d’être porteur d’un mandat électif, j’ai toujours été et reste accessible. Aujourd’hui en tant que leur représentant au niveau de la représentation nationale je suis tout engagé pour porter leurs revendications à tous les niveaux aussi bien auprès du président de la république, du gouvernement, des administrations, des agences d’état que de l’assemblée nationale. Ceux qui suivent les réseaux sociaux ou la presse qu’elle soit écrite ou audiovisuelle savent que j’agis pleinement pour défendre la diaspora, dans le sens de lui donner toute sa place de citoyen, d’acteur du développement national, d’opérateur économique d’investisseur tout en incitant les étrangers à faire de même, de canalisateur de flux financiers, d’acteur de coopération institutionnelle, décentralisée et concepteur de jumelage, d’experts en compétences et de citoyen ambassadeur constamment à l’œuvre pour défendre l’image de son pays.
En faisant aussi en sorte qu’elle soit soutenue par l’état en terme réglementaire ou législatif ou tout simplement d’être aidée au retour par différents leviers : octroi d’un lotissement par exemple pour la construction de logements. Les étudiants non plus ne doivent pas être en reste : l’amélioration de leurs conditions matérielles est une exigence.
Au quotidien je reçois aussi directement les doléances de mes concitoyens, soit directement chez moi, par téléphone ou messages électroniques que je traite rapidement. A cet égard en tant qu’élu mon rôle est de sensibiliser les autorités publiques sur les problèmes auxquels il faut trouver des solutions, c’est aussi de les inciter à la fabrication de lois prenant en compte les préoccupations de la diaspora, de leur faire prendre des mesures administratives adaptées à la situation de chaque pays d’accueil de nature à faciliter la vie de nos concitoyens. Enfin il est aussi de faire le suivi de toutes ces situations.
Bien de choses ont été acquises , vous venez vous-même de témoigner de l’amélioration des conditions d’accueil à l’ambassade, il ya aussi la prise en charge au niveau de l’état civil qui s’est nettement améliorée, une avancée au niveau de la reconnaissance de la double nationalité se pointe à l’horizon, tout comme il ya le travail que l’OIM (organisation des migrations internationales) fait sous l’impulsion des pouvoirs publics pour une organisation stratégique de la diaspora et la prise en compte de ses préoccupations et compétences.
Je pourrais ajouter également que sous l’impulsion du président de la république, le chargé de mission à la présidence de la république Monsieur Harouna Traoré vient d’être nommé à l’intérim de la présidence de la commission nationale de facilitation des procédures d’enrolement à l’état civil, pour réactiver les activités de la commission en vue de permettre à tous les citoyens Mauritaniens de l’intérieur comme de l’extérieur d’être dotés de leurs états civil et ainsi de jouir de ce droit fondamental comme le veut ie président de la république. . L’expérience diplomatique de Monsieur Traoré, habitué au traitement des questions d’état civil à l’étranger, permet tous les espoirs quant au règlement de cette problématique pour nos compatriotes de l’étranger. Toutes ces avancées que j’ai défendues, me donnent humblement le sentiment que je suis audible.
Pour la visibilité, d’abord je voudrais préciser que je ne suis pas un partisan de l’action spectacle pour défendre mes compatriotes mais plutôt de l’efficacité qui n’est pas antinomique de la discrétion.
Ainsi avec les moyens à ma portée j’essaie de remplir ma mission du mieux que je peux. Il faut savoir que j’ai tout un continent à gérer sans que je sois doté du moindre moyen de fonctionnement. Malgré tout j’ai toujours agi et je reste accessible par téléphone (0750601289) ou messagerie numérique(mancega@aol.fr) comme je l’ai toujours rappelé. C’est là des moyens d’accès directs qui permettront à mes concitoyens de me saisir librement de tout problème qui leur est posé.


Question 5 : Le 16 juin 2021, lors d’un conseil des ministres, un projet de loi a été adopté sur la double nationalité en Mauritanie, que pourriez-vous en dire ?
Et surtout ce projet prévoit des cas d’incompatibilité avec l’exclusion de prétendants aux postes électifs et de ministres, ce qui a suscité des vives réserves dans l’opinion publique concernée.

IMD : L’accès à la double nationalité permettant aux mauritaniens de conserver leur nationalité d’origine est une mesure qui est très attendue par nos concitoyens. Cette doléance ancestrale qui fait l’objet du projet de loi adopté en conseil de ministres du 16 juin 2021, est la traduction en réalité d’une promesse présidentielle prise lors de la dernière campagne présidentielle et l’aboutissement d’un long processus.

Avant de répondre à votre question, il convient d’abord de planter le décor. Comme vous le savez bien, la loi 61-112 du 12 juin 1961 stipulait que tout Mauritanien qui prenait une autre nationalité perdait systématiquement sa nationalité mauritanienne. En 2010 à la faveur de l’adoption d’un nouveau code de nationalité, une disposition introduite à son article 30 maintenait toujours la perte de la nationalité mauritanienne en cas d’acquisition d’une autre nationalité. Mais l’article 31 de ce même code permettait sous condition la possibilité de préserver la nationalité mauritanienne. Cela passant par l’envoi d’une demande dans ce sens au président de la république, à déposer au service de la nationalité du ministère de la justice. Après transmission de cette demande au service de la législation de la primature et l’élaboration d’un décret par ses soins, il est transmis à l’administration de la présidence de la république pour signature. C’est à cette condition que la nationalité mauritanienne pouvait être conservée.
Or au regard de la lourdeur administrative que cette procédure induisait très peu de mauritaniens ont pu bénéficier de l’application en leur faveur de cette disposition. De sorte que l’insatisfaction était palpable partout et que le souhait d’avoir une loi était demandée par tous.
Avec ce projet de loi, souhaitée par le président de la république et la simplication apportée en l’espèce, la voie est ouverte pour tous les Mauritaniens de garder automatiquement leur nationalité, une fois qu’il est voté et promulgué. Pour moi l’enjeu principal de cette loi est là, qui est de faire en sorte que plus aucun mauritanien ne puisse perdre sa nationalité au prétexte qu’il a pris une autre nationalité.
Pour ce qui est des incompatibilités dont on parle et qui pourraient être listées dans le décret d’application qui va suivre, cela reste pour l’instant un projet qui pourrait évoluer lors des discussions parlementaires avec le gouvernement pour apporter des améliorations au projet de texte de loi. En ce sens l’espoir est permis de voir ces éventuelles restrictions être levées totalement ou partiellement.
Donc pour l’instant je préfère m’en tenir à ça plutôt que de commenter des hypothétiques bruissements. En tout état de cause j’inviterai mes compatriotes à la sagesse en acceptant tout ce qui constitue un plus positif quitte ensuite à continuer de revendiquer davantage de droits plutôt que d’être maximaliste et partisan du tout ou rien.
Il me reste à remercier vigoureusement et très solennellement le président de la République Mohamed cheikh Ould Ghazouani pour avoir permis cette évolution positive du droit mauritanien en matière de nationalité, qui en dépit des réserves observées ici et là constitue incontestablement une avancée aux yeux de beaucoup de nos compatriotes.
Je remercie également le député Sidney Sokhona et le chargé de mission à la présidence de la république Harouna Traoré pour leurs différentes interventions auprès du président de la république et du Premier ministre à faire passer rapidement cette loi.
Aussi je remercie la direction de l’association Union des Bureaux des Communautés Mauritaniennes dans le Monde (UBCMM) qui depuis sa création n’a menagé aucun effort pour que la loi sur la double nationalité voit le jour.
Enfin j’exhorte mes collègues parlementaires à se saisir de l’occasion de la discussion parlementaire sur le projet de loi relatif à la double nationalité pour défendre le principe de la double nationalité intégrale, garant d’une citoyenneté pleine et entière.

Le 29 juin 2021

©️ Entretien réalisé par KS pour le BLOG