L’entretien avec le mathématicien Mauritanien Toka Diagana, par Initiatives News

Initiatives News – Chef de Département Mathématiques du “University of Alabama” aux États-Unis d’Amérique, Toka Diagana, le mathématicien mauritanien a séjourné à Nouakchott en décembre.

Il a dispensé des cours de mathématiques à l’Université de Nouakchott en marge de la première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France).

Professeur Toka Diagana revient dans cet entretien avec Initiatives News sur ce séjour.

🔹️Initiatives News : Professeur Toka Diagana, vous avez séjourné en Mauritanie en décembre dernier. Quel était le but de ce séjour ?

Toka Diagana : Permettez-moi ; toutefois de vous présenterainsi qu’à tous vos lecteurs mes meilleurs vœux à l’occasion de la nouvelle année.

Pour en revenir à votre question, ma récente visite en Mauritanie avait trois principaux objectifs. Le premier consistait à enseigner à l’université de Nouakchott un cours de 3ème cycle intitulé « Evolution Equations and Their Applications to PDEs » dont le but est de familiariser les étudiants de 3ème cycle avec les outils de base pour la résolution d’équations différentielles dans des espaces abstraits en utilisant l’approche des semigroupes et ensuite faire usage de tels résultats abstraits pour résoudre certaines équations aux dérivées partielles (l’équation de la chaleur, l’équation des ondes, etc.).

Plusieurs étudiants et enseignants ont participé à ce cours qui du reste a été dispensé de façon accélérée faute de temps. Il fallait que je rentre aux Etats-Unis avant le 1er janvier pour préparer mon département à notre rentrée universitaire qui était prévue pour le 6 janvier.

Le deuxième objectif de ma visite consistait à participer àla première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France), et moi-même. Ce fut une réussite totale dans la mesure oùcette conférence nous a permis de communiquer et d’échanger avec nos collègues de l’Université de Nouakchott et ainsi que les étudiants.

Enfin, comme troisième objectif, j’ai profité de mon séjour à Nouakchott pour travailler avec une étudiante en Thèse de doctorat que je co-encadre depuis un an.

Ce qu’il faut noter c’est que j’ai l’habitude de passer les mois de décembre en Arabie Saoudite pour enseigner ou donner des conférences notamment au King Fahd University of Petroleum and Minerals (KFUPM) a Dahran où je suis « Adjunct Professor ». Mais en décembre passé; j’ai décidé de rentrer en Mauritanie pour y apporter ma très modeste contribution à la formation de la jeunesse. C’est aussi une façon à moi de rendre à ce pays un tout petit peu de tout ce qu’il m’a donné ; notamment en finançant mes études en Tunisie et en France.

🔹️Initiatives News : Beaucoup d’étudiants ont apprécié votre présence à l’Université de Nouakchott. Vous incarnez un idéal pour ces jeunes qui sont pourtant exposés au risque de chômage dans un pays où les études sont de plus en plus difficiles à supporter…

Toka Diagana :J’ai eu beaucoup de feedbacks notamment de la part des étudiants. Et ce, après mes cours et ma conférence plénière à l’université de Nouakchott. Nos jeunes n’ont qu’une seule ambition, c’est de pouvoir continuer leurs études pour de meilleurs lendemains. Nous devons absolument leur fournir cette opportunité. Cela peut absolument se faire sur place en Mauritanie même si la plupart de ces jeunes veulent aller continuer leurs études hors des frontières mauritaniennes notamment aux Etats-Unis.

Pour donner l’envie aux jeunes de continuer leurs études en Mauritanie, nous devons opérer quelques changements profonds dans le système éducatif actuel. Je ne crois pas une seconde que nos voisins Marocains ou Tunisiens soient plus intelligents que nous. La différence entre eux et nous, c’est que nos voisins ont compris depuis très longtemps que l’éducation est la clé de leur réussite pendant que nous mauritaniens continuons à tergiverser sur des problèmes inutiles.

Ce qu’il nous faut, c’est un système éducatif juste auquel les Mauritaniens ont confiance. Nous devons investir dans l’éducation mauritanienne pour de meilleurs retours d’ici quelques années. Une fois que l’on offre une bonne éducation a quelqu’un ; il faut également lui offrir l’emploi qui lui sied.

Ce qu’il faut en Mauritanie c’est dans un premier temps identifier les secteurs où le pays a le plus de besoins et par la suite former les étudiants en fonction de cela.

J’ai, lors de ma rencontre avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports Mr Taleb Ould Sid’Ahmed, eu une discussion très intéressante à ce sujet. J’ai surtout été très impressionnéde noter qu’il prend le chômage des jeunes à bras–le–corps et qu’il a l’ambition decréer des milliers d’emplois notamment à travers les formations professionnelles appropriées. C’est en effet ce genre de « mindset » dont a besoin en Mauritanie pour contrecarrer le chômage des jeunes.

🔹️Initiatives News : Justement, vous avez rencontré le ministre de l’emploi, de la jeunesse et des sports. Vous avez également été reçu par le Président de la République. Sur quoi ont porté vos discussions ?

Toka Diagana :J’ai en effet été reçu par le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports M. Taleb Ould Sid’Ahmed. J’ai franchement été très séduit par son humilité, son dynamisme, et son constant souci de vouloir mettre fin au chômage des jeunes en Mauritanie. Nous avons longuement discuté de quelques pistes qu’il est en train d’explorer dans ce sens.

C’est quelqu’un qui veut vraiment faire bouger les lignes. J’espère simplement qu’il est bien soutenu dans son action car il en va de l’intérêt de la Mauritanie. Bon, c’est également la première fois que je rencontre un Ministre qui parle toutes les langues mauritaniennes. Oui, nous avons parlé Soninké !

J’ai été reçu également par le Chef de l’Etat Mr. Ghazouani le 31 décembre 2019 pour un entretien qui a duré environ une heure. Nous avons discuté d’une dizaine de questions d’intérêt national dont celles relatives à la double-nationalité, le vote des Mauritaniens de l’étranger, etc. Là encore, j’ai trouvé un Président de la République posé et à l’écoute. Il a pris notes lui-même ; cela montre clairement que ce dernier est intéressé à résoudre les problèmes auxquels les Mauritaniens sont confrontés. Nous avons longuement discuté de mes propositions. Je ne rentrerai pas dans les détails de nos délibérations et de ses promesses mais je qualifierai notre rencontre de porteuse d’espoir pour la résolution d’un certain nombre de questions de portée nationale. Je profite de l’occasion pour remercier tous ceux et celles qui sont à l’origine de l’idée d’une rencontre entre le Président de la République et ma très modeste personne et qui par la suite ont travaillé d’arrache-pied pour qu’une telle rencontre puisse avoir lieu. Enfin, je remercie le Président Ghazouani d’avoir accepté de me rencontrer et d’avoir pris le temps de m’écouter et de discuter de mes propositions.

Pour en revenir à votre question, mes rencontres avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports et le Chef de l’Etat ont suscité beaucoup d’espoir chez moi. Chez l’un comme chez l’autre, j’ai noté un souci constant de vouloir résoudre les problèmes des Mauritaniens et ce, dans l’humilité et sans tambour ni trompette.

Au cours de mes discussions avec le Chef de l’Etat. J’ai attiré son attention sur le problème des retraites car comme nous le savons tous; les retraites en Mauritanie sont dérisoires.

En effet, beaucoup de Mauritaniens qui au cours de leur vie active gagnaient bien leur vie se retrouvent dans la pauvreté lorsqu’ils commencent à toucher leurs pensions de retraite. Cette situation n’est pas acceptable. Lorsqu’on cotise toute sa vie ; on doit percevoir une retraite digne. A mon humble avis ; toute lutte contre la pauvreté en Mauritanie doit nécessairement passer par une revalorisation des retraites. J’ai eu un débat intéressant avec le Président sur là-dessus.

Le Président m’a surpris en partageant avec moi quelques éléments d’un dossier sur les retraites sur lequel il était en train de travailler. Oui tout cela me rend optimiste !

Propos recueillis par Kissima Diagana.

©️ Crédit source : Initiatives News via cridem.org

Événement/Droits Humains : le discours du leader abolitionniste mauritanien BDA à Weimar (Allemagne)

Espoir et lucidité

Biram Dah Abeid,
Weimar (Allemagne ), 10 décembre 2019

Chères lauréates, chers lauréats du Prix Weimar, monsieur le Bourgmestre, mesdames et messieurs membres du Conseil municipal, monsieur le Président de l’Association pour la Défense des Peuples Menacés, chers militants d’IRA-Germany et IRA-Europe.

Je me sens très ému à cet instant où je retrouve la belle ville de Weimar, son personnel dirigeant et les activistes allemands des droits de l’Homme, qui m’ont soutenu et épaulé, il y a dix ans, alors dans mes débuts, semés d’embuches, au commencement d’une rude et longue bataille avec le pouvoir de mon pays, la société et le corpus idéologique dont il procède. Uni aux puissantes corporations du capital privé national, les politiciens, le clergé et les média, l’Etat de Mauritanie adoptait contre nous, dès le début, la ligne de l’éradication, par tous les moyens, il fallait étouffer dans l’œuf, le nouvel avatar du mouvement abolitionniste et antiraciste que nous venions de créer. Les manifestations autour de la thématique de l’esclavage constituaient des tabous, délimités d’une ligne rouge.

Chères mesdames et messieurs, après que vous m’avez primé en 2011, sous votre belle étoile, je bénéficiais, en chaine, de prestigieuses distinctions dans le domaine de la défense des droits humains. Sans prétendre à l’exhaustivité, je citerai le prix Frontline Defenders (Irlande), celui des Nations-Unies pour la Cause des Droits de l’Homme (Onu), le Tulipe (Pays-Bas), le ICNC (Boston, Usa), le Tip Héros (Departement States, Usa), Aichana (Abolition Institute, Chicago, Usa), Mémoires et Partage (Bordeaux, France). Grâce à votre soutien précoce, je figurais parmi les 100 personnalités de TimeMagazine2017 et les 100 africains de l’année en 2017.

Cependant, comme une rançon de la notoriété, le revers de la médaille, je vous le dois aussi: en effet, mes compagnons d’IRA-Mauritanie et moi même, avons subi plus de 15 procès, depuis ma distinction devant vous, ici en 2011. Toutes ces poursuites nous furent infligées – arrestation, emprisonnement, jugement et peine – à cause des idées et des activités pour lesquelles vous m’avez primé, trois fois entre 2011 et 2018 et dix autres, au profit de compagnons de route. Ceux-ci et beaucoup et d’autres ont été torturés, blessés, fracturés, au cours d’une répression indicible que le pouvoir mauritanien nous appliquait pendant une décennie.

Mais, Dieu merci, malgré l’ampleur du sacrifice, notre mouvement s’en sort revigoré et aguerri, en somme affermi par l’épreuve. C’est pourquoi, moi-même candidat aux élections présidentielles 2014 et 2019, avec un programme phare dans le domaine des droits humains, je représentais, envers la fraude massive et les coups de force, le choix, premier, des électeurs de l’opposition. Le peuple l’a certifié, à trois votes d’affilée, notamment quand il m’élevait au rand de députés, du fond de ma cellule de prison en septembre 2018. Je recouvrais la liberté, le 31 décembre.

Chères invités, mesdames et messieurs, il serait utile de vous entretenir de la nature du changement au sommet de l’Etat, survenu à l’occasion du scrutin présidentiel de juin 2019. Le nouveau chef de l’Etat, compagnon d’armes et d’entreprises protéiformes de son prédécesseur, hérite d’un bilan de banqueroute et se prévaut d’une victoire contestable, dans les urnes. Pour ma part, j’avais décidé de ne pas trop m’appesantir sur le contentieux électoral, dans un pays, fort fragile, où la justice sert le Prince du moment.

A la lumière des éléments que nous détenons, le nouveau Président a enclenché une nouvelle approche de la gouvernance vertueuse, consistant à ouvrir l’espace des media publics aux opposants, leur parler et les écouter, ne serait-ce qu’une fois ; à sa décharge pour ne pas dire à son mérite, il suspend la répression des manifestations et réunions pacifiques, pourtant réflexe mécanique du temps de son prédécesseur. Ce sont, ici, des prémices heureuses, que dis-je prometteuses; nous avons tenu à vous en souligner l’intérêt.

Cependant, en dépit de l’apaisement social et de la reconnaissance, de facto, de la légalité de Mohamed Ould Ghazouani, ce dernier n’a pas encore pris les mesures de réformes qu’induit la faillite des institutions et l’effondrement de l’économie. IRA-Mauritanie et des formations de vocation identique demeurent sous interdiction ; des opposants exilés, endurent des poursuites judiciaires et des mandats d’arrêts, au-delà des frontières.

Le cancer de l’esclavage continue son œuvre de déshumanisation. L’exemple de la victime mineure, Ghaya Maiga, nous renseigne sur l’axe officieux de la résistance à l’éradication de l’esclavage, sous le Président Ghazouani. Il s’agit du corps des magistrats mauritaniens, un repaire d’extrémisme religieux et de conservatisme. Issus du bloc dominant, ils bénéficient de la culture de la supériorité de naissance qui justifie l’exclusion et la violence symbolique envers les descendants de castes serviles. Les juges de la République islamique de Mauritanie sont les principaux vecteurs de l’opposition à l’égalité des citoyens et un frein à l’enseignement de l’universalisme. Les lois, grâce auxquelles ils défendent les intérêts de l’hégémonie tribale, entretiennent le rejet de l’Autre et exposent les militants de la liberté, à la violence sacrée, en vertu de l’article 306 de notre code pénal, lequel punit, de mort, l’apostasie et le blasphème.

Ces édiles du pire s’abreuvent et abreuvent des générations de jeunes, des manuels prétendument de la charia qui codifient, légitiment et accordent l’immunité à la pratique de l’esclavage, dans sa version hideuse, elle-même contraire à la forme la plus élémentaire de la dignité de la personne. Les instituts d’enseignement confessionnel que l’Etat finance perpétuent la haine, le repli sectaire et la disponibilité morale à l’attentat.

L’autre axe démonstratif de la continuité des obstructions à toute avancée notoire sur la question de l’égalité de naissance, c’est le négationnisme zélé et actif des agents de l’Etat. Le système, non sans vice, parvient à recruter et actionner, à cette fin, les fils et petits-fils d’esclaves. Hélas, pour eux, leur durée de vie professionnelle se rétrécit, au fil de la prise de conscience parmi leurs frères d’extraction similaire. Le nouveau ministre de la justice, docile avec les fauteurs d’esclavage et connivent avec les juges, represente le cas atypique.

Sur le registre de la discrimination raciale envers les mauritaniens subsahariens dès le milieu des années 80 qui ne cesse de se renforcer depuis, les victimes et les justes ne perçoivent nul signe de rétablissement de la vérité contre l’impunité. Tous les autres compartiments des droits humains, tels la torture, les graves préjudices causés à l’environnement, la fraude sur les médicaments et les diplômes, semblent cristalliser l’angle mort de la gestion naissante. Sur ces questions, hautement sensibles, le nouveau président tarde à convaincre. Peut-être, sommes-nous pressés et Dieu sait qu’il y a de quoi ! Nous avons patienté durant des siècles de chaines et d’humiliation. Ne sommes-nous pas assez fondés à ressentir et manifester de l’impatience ? Je crois que oui.

Je vous remercie.

©️ Crédit source : Réseaux IRA – Europe

DÉCLARATION : LETTRE DE DÉNONCIATION ET DE MISE EN GARDE (français)

Au Royaume d’Arabie Saoudite.

Copie adressée aux institutions religieuses du monde islamique.

Objet : Dénonciation et plainte contre Mahamadou Touré

Nous, Associations antiesclavagistes de l’Afrique de l’Ouest de la communauté soninké, avec nos partenaires, nous portons à la connaissance des autorités Saoudiennes et à l’Oumma Islamique, la diffusion de prêches qui autorisent l’esclavage entre des musulmans au nom du Saint Coran. Ce sont des prêches qui portent atteinte à l’image de l’Islam dans le monde. Tout mensonge diffusé au nom d’Allah, le saint Coran et son prophète Mohamed (PSL) est un blasphème. Le coran, livre universel appelle à la paix, à l’unité des hommes, à leur connaissance mutuelle et à la dignité de tous. En effet, le projet divin pour l’homme a toujours été d’établir la justice et l’équité sur terre afin que la fraternité entre les hommes soit effective et devienne une réalité par la disparition des discriminations et la cessation des privilèges immérités. Les croyants, nous dit le Coran, « ne peuvent être que des frères ». Autrement dit, ils ne peuvent pas être autre chose que des frères, à moins de cesser d’être des croyants. Dans un autre verset, un appel est adressé à tous les humains pour leur rappeler leur origine commune. Allah dit « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus dans le seul but que vous vous connaissiez mutuellement. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur ». Toute la philosophie de la révélation est résumée dans ce sublime verset. Il s’agit en définitive de nous connaitre mutuellement et non de nous dominer mutuellement, nous aider mutuellement et non que les uns spolient les autres, nous aimer mutuellement et non que les uns se considèrent comme privilégiés et donc supérieurs aux autres.
Le Royaume d’Arabie Saoudite abrite le haut lieu saint de tous les musulmans, nous sommes profondément blessés par les prêches de ce monsieur, originaire de la République du Mali, de l’ethnie Soninké, qui réside en terre sainte depuis de nombreuses années. Cet homme, du nom de Mahamadou Touré, porte atteinte à la dignité d’homme d’un bon nombre de musulmans dans la communauté Soninké qui se trouve à cheval entre plusieurs pays d’Afrique de l’ouest (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et la Guinée).

De 2000 à 2019, ce prêcheur qui dispose d’une grande audience au sein de la communauté Soninké avait diffusé plusieurs cassettes « audio » légitimant l’esclavage coutumier par ascendance entre les musulmans. Ce prêche scandaleux qui instrumentalise notre sainte religion en cautionnant des pratiques antéislamiques comme l’esclavagisme intra-africain organisé par des forces de la jahilya qui sévissaient sur le continent par des brigandages et autres trafics humains dans cette zone. Son discours apologiste de ces pratiques inhumaines a été la cause d’innombrables agressions de toutes sortes perpétrées par des esclavagistes Soninké sur d’autres personnes qui se sont révoltées contre cette situation inacceptable. Nous vous mettons en liens quelques images de ces atrocités.
En tant que responsables théologiques et moraux de l’Islam dans le monde, nous vous demandons d’entreprendre des poursuites judiciaires et administratives contre cet homme, nommé Mahamadou Touré. Nous attirons aussi l’attention des autorités saoudiennes sur le cas de ce prêcheur coutumier en terre sainte car ses disciples fanatisés commettent de graves crimes à l’endroit d’autres personnes considérées à tort comme leurs esclaves récalcitrants alors qu’elles sont musulmanes.
Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le musulman est le frère du musulman, il n’est pas injuste avec lui, il ne l’abandonne pas. Et celui qui s’occupe du besoin de son frère, Allah s’occupe de son besoin. Celui qui soulage un musulman d’un souci, Allah le soulage d’un souci parmi les soucis du jour de la résurrection. Et celui qui couvre un défaut du croyant, Allah le couvrira le jour de la résurrection ».

🔹️Les associations signataires :

ARMEPES-FRANCE, RMFP, ASSEP, SECTION UVDS-FRANCE, IRA – FRANCE, AHME et ÉGALITÉ SANS FRONTIÈRES

~ Nos contacts :

Téléphone : +33 6 46 61 66 22

Émail : ganbana@hotmail.com

Paris, 14 Novembre 2019

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes et anti-esclavagistes (en milieux soninkés)

Communiqué du réseau  G5 SAHEL Contre l’Esclavage et pour la défense des droits humains


Né en marge du Colloque International sur le thème «Droit et esclavage en Afrique de l’Ouest » tenu à Bamako du 16 au 18 octobre 2017, au Campus Universitaire de Badalabougou-nouveau bloc de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako, le Réseau G5 Sahel anti-esclavage est un mouvement anti-esclavagiste actif dans les 5 pays du Sahel et composé des associations engagées dans la lutte contre l’esclavage dans l’espace sahélien qui abrite malheureusement les derniers bastions d’une pratique abjecte d’un autre âge. De sa création à aujourd’hui le réseau G5 Sahel anti-esclavage a tissé des relations avec des activistes et mouvement abolitionnistes, des chercheurs et organisations progressistes à travers le monde notamment au Sénégal, en Ile Maurice, en France, en Grande Bretagne.
Le raffermissement de ces relations a été concrétisé par l’appel lancé à Niamey, à la communauté internationale en marge du colloque international tenu du 18 au 20 Décembre 2018. A travers une déclaration dit Appel de Niamey, les associations Timidria du Niger, IRA-Mauritanie, TEMEDT du Mali, FESTICHAMS du Burkina Faso, Enfant ARED du Tchad et Gran Lekol Filozofi de l’Ile Maurice après une analyse peu reluisante de la problématique de l’esclavage dans les pays du Sahel ont exigé plus de rigueur de la communauté internationales en prenant des mesures contre ceux de ces pays qui sont inertes dans la lutte contre ce phénomène parmi lesquels la Mauritanie.
Au moment où la communauté internationale semble adopté une telle stratégie comme moyen de pression contre des pays récalcitrants comme la Mauritanie, nous sommes surpris et outrés, qu’en notre nom, un président d’une organisation mauritanienne (Fondation Sahel) s’exprime et sur la base d’une appréciation étriquée de la situation en Mauritanie demande la levée d’une mesure que les autorités américaines avaient prises contre l’Etat mauritanien qui perpétue l’esclavage et la discrimination, protège les esclavagistes et tortionnaires, réprime les abolitionnistes et militants des droits humains.
Nous sommes donc indignés que les efforts que nous avons consentis des décennies durant, avec l’aide des défenseurs de droits humains, dont beaucoup d’ONGs, d’organismes et de gouvernements, soient réduits à un bradage par des personnes prétendant appartenir à nos réseaux.
Aussi tenons-nous à rappeler que la déclaration faite par le responsable de cette association, après une visite au département d’Etat américain le 2 octobre 2019, affirmant l’inefficacité des sanctions par la suppression des privilèges de l’AGOA et sur l’urgence de soutenir le nouveau chef de l’Etat mauritanien par la levée de cette mesure, n’engagent pas les abolitionnistes mauritaniens et leurs collègues des ONGs anti-esclavagistes et des droits humains, au Sahel, en Afrique et de par le monde.
En tout état de cause, cette approche n’ayant pas l’adhésion du réseau G5 Sahel et des défenseurs des droits humains, nous, structures membres du réseau G5 Sahel anti-esclavage :
plaidons pour le maintien de ces sanctions , car c’est grâce à la pression internationale que des avancées significatives ont été notées dans la lutte contre les pratiques d’esclavage et ses séquelles en Mauritanie : la promulgation des lois criminalisant l’esclavage, la mise en place des tribunaux spécialisés dans la poursuite des esclavagistes ainsi que l’institutionnalisation de la journée du 06 Mars de chaque année comme journée nationale de lutte contre l’esclavage sur tout le territoire mauritanien ;
constatons et fustigeons ces dernières années une recrudescence d’un régime féodalo-esclavagiste soninké qui sévit impunément contre les abolitionnistes issus de cette communauté notamment dans une région du Sud Mauritanien, le Guidimagha ;
dénonçons la création et le financement des structures parallèles, favorables au système esclavagiste construit et entretenu par certains gouvernements dans le seul but d’infiltrer certains milieux associatifs et réseau des partenaires en vue de déstabiliser le combat mené par les vrais militants de lutte contre l’esclavage ;
estimons que c’est au nouveau président mauritanien , Mohamed Cheikh Ould GHAZOUANI de mériter la levée des sanctions liées à l’AGOA par une application totale et effective des lois en vigueur en Mauritanie portant sur la lutte contre les pratiques de l’esclavage et ses séquelles ainsi que par la déconstruction et la destruction du racisme domestique et d’Etat dont souffre des franges importantes du peuple Mauritanien ;
tenons à réaffirmer notre disponibilité à tout dialogue et échanges avec les autorités de nos pays respectifs, visant à améliorer notre lutte contre les pratiques de l’esclavage et séquelles en Mauritanie, et dans toute la sous-région.

✅Les signataires :

🔹️Timidria du Niger

🔹️Temedt du Mali

🔹️ARED du Tchad

🔹️FESTICHAMS du Burkina

🔹️IRA Mauritanie

🔹️GRAN LEKOL FILOZOFI de l’Ile Maurice

🔹️L’association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E )

🔹️ARMEPES FRANCE

🔹️Collectif des associations de lutter contre l’esclavage en milieu Soninké

Mauritanie/Diaspora- Europe : la rencontre avec le président Biram Dah Abeid à Paris.

Ce samedi 21 septembre 2019, le leader abolitionniste mauritanien et Prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains, le président Biram Dah Abeid avait rendez-vous à Paris avec la diaspora mauritanienne. L’occasion a été pour le célèbre militant antiesclavagiste devenu une figure incontournable de la scène politique mauritanienne depuis une décennie, de remercier vivement la diaspora militante et ses soutiens, et d’exprimer ses salutations citoyennes l’ensemble de la communauté mauritanienne d’Europe. Arrivé deuxième à l’élection présidentielle du 22 juin 2019, le député Dah Abeid accaccompagné de son épouse la brave Leila, s’est exprimé en donnant quelques éléments édifiants sur le scrutin passé et sa suite qui avait été dangereusement tendue et piégée selon lui. L’homme de l’année Time Magazine 2017 dans la cacatégorie Droit de l’hommiste, admet que selon le comptage de sa commission technique lors du scrutin, son pourcentage véritable est situé vers les 26% malgré les fraudes organisées par le pouvoir dans certaines zones bien identifiées. Par ailleurs il a révélé que certains opposants lors cette échéance électorale s’opposaient à lui prioritairement plus qu’au camp politique du pouvoir. Lors de la rencontre, 2 responsables de l’organe politique du candidat en Europe ont pris la parole , Mr Fall Elhadj et Mr Moulaye Elhassen, pour remercier vivement tous les engagés de tous les bords au sein de la diaspora lors de la campagne et expliciter ce que représente la voie politique incarnée la personnalité de Biram aujourd’hui. Par la suite, Monsieur Biram Dah Abeid s’est dit résolu à poursuivre plus que jamais pour l’instauration d’un véritable état de droit en donnant rendez-vous en 2024. Cet événement de retrouvailles entre le président Biram et la diaspora, a été brillamment animé par Mr Magassa Diabé dit Thomas.

Pour rappel, lors du scrutin présidentiel côté Diaspora – Europe, le candidat BDA est arrivé largement en tête avec environs 1630 voix sur un électorat de 4115 inscrits .

👇Trouvez ci-dessous sa communication destinée à la diaspora, diffusée aux médias :

✅Biram Dah Abeid : NOS ENGAGEMENTS POUR LA DIASPORA

Chers concitoyennes et concitoyens établis à l’étranger, ma conviction, chevillé au corps, est que votre potentiel sur les différents domaine de la vie sociale, économique, politique est culturelle n’est pas exploité à sa juste valeur.

Je constate malheureusement que les autorités mauritaniennes ont mis les braves concitoyens que vous êtes dans des situations administratives et juridiques déplorables. L’absence d’une politique incitative claire, proactive a des conséquences sans précédent sur vos vies emplies de bravoures.

Les Mauritaniennes et Mauritaniens établis au sein de la diaspora sont nos véritables ambassadeurs, nous leur devons respect, protection et une attention bienveillante.

La diaspora est caractérisée par un dynamisme notoire, une productivité, un sens aigu de l’innovation mais également par des liens humains et économiques et sociaux au service de la communauté.
C’est dans ce sens que je me suis engagé lors de la présidentielle du 22 juin 2019 à porter vos revendications sur la place publique. De la question de la double nationalité, en passant par des services consulaires de proximité, sans oublier la promotion de l’investissement de la diaspora, je vousexpose ici les priorités qui vous préoccupent.

L’accés automatique à la double nationalité est un impératif juridique qu’il faut adopter rapidement. Cette reconnaissance doit se faire de façon automatique.

Notre engagement était par ailleurs de mettre en place un solide réseau de services consulaires de proximité qui s’occupera de l’état civil dans son ensemble.

Je porte le projet de création d’un centre de production, dit de proximité, des passeports et cartes d’identité.
La nationalité mauritanienne se transmettra directement par filiation. Il suffit qu’un des parents soit de nationalité mauritanienne afin que ses enfants en disposent de façon automatique même si l’autre parent est de nationalité étrangére.

Afin que l’argent de la diaspora et sa force productive servent au developpement nous proposons la création d’une banques de la diaspora qui financera le developpement local en garantissant des prêts attractifs avec un taux incitatif.

🔹️ Promouvoir l’investissement agricole

🔹️Promouvoir l’investissement immobilier

🔹️ Promouvoir l’investissement dans les équipements
touristiques

🔹️Faciliter le transfert d’argent de la diaspora

🔹️Mettre en place une politique incitative d’investissement dans les différents secteurs de l’économie

Les besoins de la diaspora touchant l’ensemble des secteurs de la vie, je partage avec vous ici nos engagements relatifs à l’implication de la diaspora.

Renforcer la qualité d’accueil dans services consulaires et diplomatiques

Renforcement service état civil dans représentations diplomatiques

■Assurer via la compagnie nationale de transport aérien des rotations hebdomadaire avec des billet moins cher et plus attractif

■Faire de l’immigré un acteur de développement

■Promouvoir l’épargne des immigrés au service du développement du pays

■Création d’une banque de la diaspora

■Faciliter l’accès à la propriété

■Avoir un conseil consultatif des Mauritaniens d’étranger

■Elire le député via la diaspora : élection directe

■Création d un secrétariat d’état du Mauritanien de l’étranger : pour faciliter le retour et création d’entreprise

■Mettre ne place un fonds de solidarité en paralléle des bourses d’études pour l’ensemble des étudiants.

■Baisser les taxes pour les immigrés : faire entrer une voiture, etc……

■Mettre fin aux tracasseries administratives/Faire sauter la limite d’âge pour

■Faire sauter la limite d’âge pour l’accés à la fonction publique afin de profiter de l’expertise de nos ressortissants de l’étranger.

■Signer des accords bilatéraux de transferts des points de retraites à la caisse nationale de sécurité sociale de Mauritanie

■Appui à la mise en place d’accords de coopération bilatérale pour protéger, sécuriser les mauritaniens résidents à l’étranger.

BIRAM DAH ABEID

🔹️Un bref photoreportage :

©️Réalisé par KS pour le BLOG

Événement- Diaspora : Invitation a une rencontre de remerciements avec le Président Biram Dah Abeid à Paris.

La coordination Biram Dah Abeid 2019 en France, convie tous les ressortissants Mauritaniens (militants politiques et/ou associatifs et partenaires de la société civile) ainsi que les amis de la Mauritanie, à une rencontre publique de remerciements, en présence du Président Biram Dah Abeid, le Samedi 21 septembre 2019. La rencontre aura lieu à partir de 15h à L’Institut Curie situé au 12, rue Lhomond 75005 – Paris (Station RER B: Luxembourg – sortie 2 Gay-Lussac). Ce sera l’occasion pour le leader abolitionniste et candidat à la dernière élection présidentielle en Mauritanie, de remercier et de saluer la mobilisation militante et l’expression citoyenne de la Diaspora Mauritanienne en Europe lors du scrutin du 22 juin 2019.
En marge de l’événement, et au nom de son Président, Biram Dah Abed, la Coordination en France déclare être vivement préoccupée par la situation qui fait suite aux inondations ayant sinistré plusieurs régions de la Mauritanie et particulièrement celle du Guidimakha, compatit à la douleur des familles éplorées et appelle tous les Mauritaniens ainsi que toutes les bonnes volontés à soutenir les victimes de la catastrophe.

Puisse Allah leur venir en aide

🔹️Pour toute information, contactez : +33 7 51 30 42 88 / +33 6 49 49 95 93
ou +33 7 58 85 41 11

©️La coordination BDA France 2019

✅Communiqué de presse : GANBANAAXU FEDDE condamne les attaques criminelles perpétrées contre des civils Peuls au Mali🇲🇱.

Dans la journée du 23 Mars 2019, plusieurs médias publics et réseaux sociaux ont relayé des nouvelles gravissimes sur la localité d’Ogossagou (centre – Est du Mali). Aujourd’hui le monde entier est stupéfait par des images d’atrocités innommables perpétrées systématiquement contre la communauté Peule de la zone (130 à 135 personnes de tout âge sauvagement exécutées et destruction de biens) . Ces actes aux relents génocidaires seraient l’oeuvre criminelle de miliciens dogons ou complices sévissant depuis plusieurs mois dans certains endroits du pays où l’Etat malien peine à contrôler sérieusement.

Ainsi le mouvement GANBANAAXU FEDDE composé de plusieurs associations militant pour le respect des droits humains déclare par cette communication :

– condamner ces actes particulièrement criminels et barbares,

– exprimer notre solidarité et compassion avec la communauté peul durement affectée par ces atrocités,

– demander aux autorités maliennes et ses partenaires pour clarifier ces événements gravissimes pour que la justice fasse son travail à terme en identifiant les auteurs.

– demander plus de retenue aux différentes communautés en cultivant la fraternité et l’entente en-dehors de toute instrumentalisation belliqueuse d’ordre ethniciste.

25 Mars 2019

🔷️Pour la communication GANBANAAXU FEDDE.