NOUS NE VOUS OUBLIERONS JAMAIS (Par Yaya SY) | Les crimes de l’esclavage par ascendance chez les Soninkés


Le mardi 1ER septembre 2020 quatre militants antiesclavagistes maliens du village de Diandioumme ont été sauvagement agressés, lynchés, assassinés et jetés dans l’eau entre 20H et 22h (voire plus tard).

Il s’agit de :

Mountakha Jarisso

Moussa Cissokho,

Youssouf Cissokho

Hamet Cissokho

GLOIRE, HONNEUR ET RESPECT ETERNELS POUR VOUS !!!
Ils ont été assassinés au seul motif qu’ils ont refusé leur statut d’esclaves éternels dans leur village et de s’être engagés dans l’association Gambanaaxu-Fedde (Association « Tous égaux »). L’objectif de leur combat est de faire disparaître ce fléau des vestiges de l’esclavage dans les régions à majorité soninkophone et par extension dans toute l’Afrique et dans le monde entier.

Aujourd’hui nous nous recueillons devant vos tombes car pour toute l’humanité vous êtes des exemples, des modèles, des symboles et des martyrs.
Vous avez donné vos vies à la liberté, la dignité, l’égalité, le respect de la personne humaine. Vous êtes tombés au champ d’honneur et des millions d’Africains reprendront le flambeau de la liberté.
Par cette première commémoration nous élargirons toujours plus
pacifiquement le cercle de votre cri d’égalité à tous les peuples soninkés, à tous les peuples d’Afrique à tous les peuples du monde, sans haine ni rancune.
Nous vous promettons de vous arracher à l’oubli en expliquant à tous les Soninkés et à tous les hommes, le sens de votre sacrifice ultime. Une bougie éternelle d’amour et d’espoir, désormais éclaire nos cœurs.


REFUSONS comme ces quatre militants de Gambanaxu-Fedde, toute idée de soumission d’un être humain à un autre par l’esclavage et par la force.

© Crédit source : reçu de l’auteur, l’anthropologue Yaya SY depuis les Antilles.

✓Mauritanie | La publication du décret modificatif de la Loi sur la double nationalité.

Le décret de la Loi adoptant la double nationalité en Mauritanie, est publié dans le Journal Officiel paru ce lundi 30 août 2021. Ainsi les citoyens mauritaniens qui prennent une ou d’autres nationalités ne perdent plus la mauritanienne sauf quelques incompatibilités exceptionnelles lire pour plus de précisions https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/07/25/un-compromis-a-propos-de-la-nouvelle-disposition-relative-a-la-double-nationalite-par-lo-gourmo/ .

• KS pour le BLOG

✓Mot d’hommage à la mémoire de notre oncle Adama Samba Coulibaly | Décédé le 25 août 2021 à Nouakchott

Les grands Hommes meurent mais leur digne Mémoire reste pour l’éternité.

Sa prise de parole lors d’une réunion régionale Ganbanaaxu à Selibaby (courant 2021)

xx/xx/1963 ~ 25/08/2021

Il s’appelait Adama Samba Coulibaly connu communément Boubou Artoumo. Un géant de 58 ans natif de Dafort dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien). Dans la nuit du 25 août 2021 à Nouakchott, il a été rattrapé par l’irréversible rendez-vous (La Mort) qui traque toute vie sur Terre d’une manière ou d’une autre. Responsable de la section Amees Dafort (association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles), il était un pilier du mouvement anti-esclavagiste soninké Ganbanaaxu Fedde. Mouvement populaire (fondé en 2016) militant pour l’égalité sociale et contre les mentalités féodales et esclavagistes qui relèguent et discriminent les descendants d’esclaves Soninkés. Vaillamment mobilisé dans cet engagement droit-de-lhommiste, il a pris part avec dignité à la défense des droits citoyens et sociaux de la communauté Ganbanaaxu Dafort. Également conseiller municipal depuis septembre 2018, tonton Boubou Artoumo a été injustement emprisonné par 2 fois (49 jours à Selibaby en 2017 et 2 jours en 2020 à Nouakchott). Cela suite à des plaintes fallacieuses et autres bizarreries administratives et judiciaires orchestrées en coulisses par des détracteurs mesquins troublés socialement par la cause anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké notamment à Dafort. Ces gens comptaient le faire renoncer en vain, sa résilience et sa détermination ont fait son renom inscrit à jamais dans notre conscience sociale et citoyenne.

• À droite sur cette photo avec 2 membres Ganbanaaxu Dafort et un conseiller municipal peul.

Analphabète, monsieur Coulibaly a su s’imprégner de l’éveil du militant fièrement avec respect par son aura de tribun très conscient de la phase historique des enjeux sociaux en cours. Il a été calomnié et insulté fréquemment par certains haineux déclassés socialement via les réseaux sociaux notamment WhatsApp. En Mars 2019, par diverses intrigues manipulatrices ourdies par l’ancien ordre coutumier, on voulait atteindre son activité professionnelle de boucher avec un embargo causant une séparation avec certains travailleurs bouchers acquis à la domination coutumière du village. Ainsi il était interdit formellement aux acheteurs d’aller chez lui. Il s’était réorganisé avec ses partenaires issus de la communauté Ganbanaaxu, pour poursuivre leurs activités de boucher en servant avec efficacité les familles Ganbanaaxu Dafort. Ce présent témoignage à son sujet revêt une mission obligatoire pour ma conscience, car sa mémoire honorable le mérite amplement.

Avec le député Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie
• En compagnie du doyen Ladji Traoré et d’autres frères militants anti-esclavagistes
Ici au milieu d’autres frères et responsables abolitionnistes

Il croyait à des réformes sociales pour notre communauté où l’esclavage par ascendance est érigé socialement comme marqueur « valorisant » à faire perpétuer. Ainsi le Lion Massassi a accompli sa mission dignement, il est parti Digne et Libre. Il a su dissocier les vraies personnes qui l’adulaient en homme utile collectivement et les fausses personnes qui se servaient jadis de lui occasionnellement pour magnifier l’ordre féodal discriminatoire et trompeur. Sa mémoire sera un nœud indéfectible de notre SERMENT pour plaider les visionnaires objectifs de cet engagement pacifique pour une vie sociale harmonieuse et juste dans SONINKARA. inshâAllah.

✓Paix éternelle à votre Âme, cher oncle. Ameen

~ Par votre neveu et camarade Koundou SOUMARÉ, mes respects.

✓REMISE DES PRIX D’EXCELLENCE JOURNALISTIQUE POUR L’ANNÉE 2021

Sous la supervision de Son Excellence le Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Mokhtar Ould Dahi, a supervisé Aujourd’hui jeudi à Nouakchott,et en présence du ministre de la Santé, M. Sidi Ould Zahaf, la remise des prix du concours d’excellence journalistique pour l’année 2021.


Ces prix ont été remis lors de la cérémonie organisée par la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), aux lauréats du concours de la presse écrite, de l’audiovisuel et des langues nationales.

Dans son discours qu’il a prononcé à cette occasion, le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, a expliqué que le Fonds National de Soutien à la Presse est un mécanisme financier, mobilisé par le gouvernement afin d’aider les entreprises médiatiques privées à jouer leur rôle comme l’un des leviers les plus importants de l’action démocratique nationale, soulignant que le secteur cherche à mettre en œuvre d’urgence les directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouany relatives à la réforme autocentrée du secteur.

Il a déclaré que les média privés ont besoin de plus de technologie et de promotion, et leur seule arme de salut est la professionnalisation. C’est, a-t-il dit, ce à quoi le département s’attelle sans relâche à réaliser, précisant que les textes réglementant les médias seront mis à jour et améliorés, grâce, notamment à des procédures de programmation financière exceptionnelles. C’est ainsi-a-t-il révélé, que les ressources alloués au Fonds d’appui à la presse seront augmentées de façon significative en particulier en direction de la formation.

Le ministre a remercié le Comité du Fonds public de soutien à la presse et la HAPA pour leur choix de la charte et des modalités du concours et pour avoir choisi un thème d’actualité pour le concours: «la pandémie de Corona: ses causes et les moyens de l’empêcher», appréciant l’association des productions journalistiques en langues nationales au concours.

À son tour, le président du Comité du Fonds public de soutien au journalisme privé, M. Mokhtar Ould Mohameden, a expliqué que ce prix vise à cultiver les talents, à améliorer les traitements journalistiques, à motiver les créateurs et à éclairer l’opinion publique.

Il a ajouté que le concours tire son importance cette fois du choix de son sujet (sensibiliser au danger de Covid 19), qui est devenu une priorité et un sujet principal incontournable dans les bulletins d’information et les titres des journaux.

Il a noté que l’une des caractéristiques les plus importantes du concours pour cette année est de récompenser des œuvres médiatiques dans toutes les langues nationales, notant que la distribution de ces prix est considérée, aujourd’hui, comme le couronnement des travaux du Fonds public de soutien au journalisme privé pour l’année 2020-2021.

Il a salué le sérieux et la transparence du jury et du comité chargé de gérer et de distribuer le fonds public de soutien au journalisme privé lors de la présente édition du concours, et apprécié les efforts des institutions médiatiques œuvrant à la consolidation du droit du citoyen à des médias professionnels et diversifiés

AMI

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=71420

Birame fait le point de sa tournée dans le Sud et souligne la nécessité du dialogue | Par Bakari Gueye

© Crédit photo Al Akhbar

Le président du mouvement IRA et député au parlement mauritanien, Birame Dah Abeid a tenu ce matin à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle il a fait un compte rendu de sa dernière visite dans la vallée (Guidimaka et Gorgol).

Au cours de cette visite il s’est particulièrement intéressé à l’esclavage Soninké mais aussi à la situation peu enviable des populations vulnérables.

Des pratiques esclavagistes bien ancrées

Au Guidimaka où la hiérarchie sociale et les mentalités rétrogrades permettent encore aujourd’hui de maintenir des citoyens en esclavage, la situation est d’autant plus révoltante, s’émeut le leader anti-esclavagiste, qu’elle est cautionnée par les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, estime-t-il.

Le pouvoir des potentats locaux est toujours très important dans ces zones de l’intérieur du pays où l’Etat est quasi absent selon Birame qui a rejeté au passage la politique de feu Moktar Ould Dadah qui avait marginalisé les chefs tribaux dont la présence est en porte-à-faux avec l’Etat et la citoyenneté.

Selon Birame en matière d’esclavage la société maure est plus ouverte que les sociétés soninké et poular où on est esclave à vie, sans aucune perspective d’évoluer et de changer de statut.

Dans les deux premières sociétés, l’esclave ne peut devenir ni Imam de mosquée ni propriétaire terrien.

Et aujourd’hui, au Guidimaka suite au vent de révolte des esclaves ceux-ci subissent un embargo économique et sont soumis à des traitements humiliants et dégradants.

Avant l’organisation du travail s’effectuait comme suit : les esclaves travaillent les terres de leurs maitres le matin et le soir ils travaillent pour leur propre compte. Mais suite à leur volonté de s’émanciper on assiste à l’expropriation de leurs champs. Et Birame de donner l’exemple de ces paysans qui cultivent leurs champs et qui à la veille de la récolte sont déboutés sur une curieuse décision du juge qui est toujours du côté des soi-disant maîtres.

De ce fait, la main d’œuvre agricole soninké n’a plus de quoi vivre. Et ces « esclaves » sont parfois torturés à l’instar de leurs frères du Guidimaka malien. Le dernier cas en date, c’est celui de l’homme de Dafort qui a été cruellement torturé et filmé en toute impunité.

L’administration locale (police, justice) tolère ces graves manquements, s’indigne-t-il.

Au cours de cette visite, le député affirme avoir consacré 48 heures d’affilées pour écouter les témoignages poignants des populations victimes de l’injustice, des personnes qui n’ont rien ni aucun droit.

Et les maîtres font recours à l’administration pour sanctionner les esclaves dit-il et ce au grand dam de l’Etat dont le rôle est la protection des citoyens et de la loi.

Birame est revenu sur ce qu’il considère comme la décennie de tous les dangers et où il avait été diabolisé avec son mouvement et présenté comme un suppôt des européens, des juifs et des américains.

Les accusations d’anti-maures et de potentiel partisan de la guerre civile, les pressions de toutes sortes ne l’ont pas poussé à quitter le pays. J’ai dit-il continué à lutter pour la cause que je défends et pour mes principes.

Il a salué au passage le climat de liberté et d’apaisement qui règne dans le pays et qui lui permet aujourd’hui de mener librement ses activités et de lutter contre l’esclavage au sein de toutes les communautés.

« Ghazouani doit s’attaquer à l’esclavaje dans toutes les communautés »

Maintenant il s’attaque à la lutte contre ce phénomène dans la société soninké et après le Covid promet-il, ce sera au sein de la société poular.

L’esclavage est toujours là, assure Birame qui conseille au président Ghazouani de s’attaquer à ce phénomène au sein de toutes les communautés, d’ouvrer pour l’instauration de l’Etat de droit et jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans la Mauritanie profonde.

Tous ces problèmes devraient être posés au dialogue en vue et solutionnés.

« Aucun recul des libertés »

A ce sujet Birame salue l’ouverture du président Ghazouani. Ceux qui disent qu’il y a un recul des libertés cherchent peut-être qu’on revienne à la case départ, une situation qui les arrange dit-il. Pour lui, on doit éviter la confrontation.

Mais poursuit-il tout n’est pas réglé et beaucoup reste à faire. Et le député de donner des exemples frappants, des situations qu’il a observé de visu au cours de cette tournée.

Une absence de l’Etat

Dans un village du Guidimaka on trouve une école de 6 niveaux et qui ne dispose que d’un seul maître et d’une seule salle de classe. Et dans cette école fantôme créée en 1995, il n’y a jamais eu un admis à l’entrée en 6ème (collège).

Dans un autre villaje il y a une école créée en 1993 mais il n’y a jamais eu l’organisation du concours d’entrée en 6ème.

Les élèves arrêtent leur scolarité dès la 2ème année. C’est paraît-il un modèle dans la région.

Dans un autre village, les populations ne peuvent pas boire l’eau d’une ADP (sondage) construit par l’Etat.

Autre anomalie, cette fois-ci dans le village de Kelinkino situé à quelques encablures de Sélibaby où la mosquée financée par la diaspora avec la bagatelle de 80 millions d’ouguiyas. Pour la famille de maîtres de la localité, l’imam ne peut être issu que de ses rangs.

Les bailleurs disent niet et c’est la bagarre générale et la fermeture de la mosquée.

Des histoires à couper le souffle dans une région où la vie sociale est toujours régie en vertu d’une mentalité et de comportements barbares et moyenâgeux.

Au cours de cette conférence de presse, Birame a répondu aux questions des journalistes qui ont abordé entres autres la récente conférence de presse de l’opposition, la situation des orpailleurs les résultats du bac, les prestations de la SOMELEC, les fonds obtenus durant la dernière présidentielle et l’absence remarqué du député anti-esclavagiste à l’occasion des sessions parlementaires.

Bakari Gueye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/birame-fait-le-point-de-sa-tournee-dans-le-sud-et-souligne-la-necessite-du-dialogue/

Afghanistan – Si on s’interrogeait…un peu!



L’antenne officielle « affaires étrangères » des talibans répond à Doha au Qatar. Les gens qui veulent fuir l’arrivée du pouvoir taliban comptent rejoindre les pays occidentaux principalement. D’ailleurs les voix humanistes qui s’entendent plus depuis 3 jours pour s’inquiéter de la situation humanitaire, viennent en gros du giron occidental. Pourtant il suffirait aux riches pays pétroliers du golf d’ouvrir leurs portes pour accueillir dignement beaucoup de monde en détresse. Par exemple les Qataris du PSG peuvent se permettre beaucoup de largesses matérielles et financières dans d’autres domaines mais ici… c’est du silence étrangement. Après tout cela, s’il y’a une tromperie criminelle et une exploitation cynique autour de l’élément « Oumma » ou « Islam », il faut observer les comportements de certains pays dits musulmans dans les relations géopolitiques internationales. Ces gens qui fuient vers le giron occidental, ils ne viennent pas se convertir au christianisme ou au libertinage, mais comptent sur l’espoir d’une certaine Humanité à retrouver.

Les images autour de ce cargo US à l’aéroport de Kaboul et les individus qui se sont accrochés et éjectés fatalement dans les airs, font crever les cœurs et les esprits de gens réfléchis.

• KS pour le BLOG

✓ Mauritanie | Déclaration des sept Partis d’opposition

L’arrivée au pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazouani en 2019 avait suscité un espoir de renouveau au sein de larges couches populaires comme au sein de la classe politique et de la société civile, éprouvées par dix ans d’une politique de pillage systématique, de répression et de chasse aux sorcières contre les opposants. Les déclarations d’intention généreuses et l’atmosphère propice créée suite au climat d’apaisement politique entre pouvoir et opposition avaient fait espérer un changement dans le traitement des problèmes structurels et d’autres conjoncturels, qui menacent dangereusement l’existence même de la Mauritanie.
Après deux ans d’exercice du pouvoir, force est de reconnaitre que les espoirs sont déçus, que la rupture souhaitée n’est pas au rendez-vous, et que la crise multidimensionnelle dans laquelle se débat le pays reste entière.
En effet, le Pays demeure confronté à des défis majeurs, au premier rang desquels se situe celui de l’unité nationale qui reste un vœu pieux ; unité nationale mise à mal par des politiques étatiques de discrimination et d’exclusion sur la base de l’appartenance ethnique et raciale. L’exclusion de la composante négro-africaine prend des proportions d’une telle ampleur que la diversité ethnique et culturelle du pays s’en trouve quasiment remise en cause. L’esclavage et ses séquelles, malgré la batterie de lois criminalisant cette pratique d’un autre âge, continuent de gangréner l’ensemble des composantes de la société mauritanienne. La composante haratine, qui n’en est que la face la plus visible, est massivement maintenue dans l’ignorance la plus totale et continue d’être exploitée comme masse laborieuse. Enfin, les couches les plus démunies de la communauté beydane rejoignent peu à peu les exclus du système. De fait, le reflexe du repli identitaire, engendré par les politiques publiques, qui s’est particulièrement illustré avec les dernières élections, est plus exacerbé que jamais, minant ainsi profondément les fondements mêmes du pays.
D’autres problèmes, non moins aigus, continuent de freiner le progrès de notre pays. Il en est ainsi du clientélisme et du tribalisme, érigés en mode de gouvernance, de la gabegie et de la corruption dans toute leur ampleur. Les prix des denrées de première nécessité flambent au point que beaucoup de mauritaniens souffrent terriblement et n’arrivent même plus à assurer leur pitance quotidienne. Le système éducatif, en totale déliquescence, attend toujours la réforme devant réhabiliter l’école publique et républicaine. Les rues de nos centres urbains sont devenues des terreaux de la délinquance et du banditisme, livrant le citoyen à l’insécurité la plus totale. Le secteur de la justice, -fléau du pays et symbole par excellence de l’injustice, dans sa composition comme dans son fonctionnement – demeure plus que jamais inféodée à l’exécutif. La gestion de la pandémie de la Covid-19 engloutit des ressources financières énormes dans l’opacité la plus totale. Les experts en matière de changement climatique alertent, en vain, sur les dangers encourus par Nouakchott avec la montée du niveau de la mer. La capitale, qui ploie sous le poids des ordures, souffre également de l’absence d’un réseau d’assainissement digne de ce nom. On assiste, par ailleurs, depuis quelques temps, comme par glissement, à la restriction des libertés publiques et l’étouffement de toute forme de protestation par la répression. Enfin, l’espoir de tenir un véritable dialogue, pour résoudre durablement les questions d’intérêt national, s’envole au vu des déclarations récentes du Président de la République à l’hebdomadaire Jeune Afrique.
Face à la gravité de la situation, Nous, coalitions et partis politiques de l’opposition démocratique, nous sommes retrouvés, dans un élan patriotique, pour en faire une appréciation commune en vue d’alerter sur les dangers qui planent sur notre pays.
En conséquence de quoi, Nous :

1 – Tirons la sonnette d’alarme et appelons le gouvernement du Président Mohamed Cheikh Ghazouani à prendre conscience des dérives et dangers qui nous guettent ;


2 – Insistons quant à la prise de mesures urgentes et immédiates pour l’élimination de toutes les formes de discrimination et d’exclusion dans les politiques étatiques ;


3 – Exigeons l’application rigoureuse de la loi dans la lutte contre l’esclavage et ses pratiques associées ;


4 – Invitons le Gouvernement à s’engager dans une lutte volontariste contre la gabegie et la corruption;


5 – Demandons au Gouvernement d’alléger les souffrances des populations en exerçant un contrôle rigoureux sur les prix des denrées de première nécessité;


6 – Appelons le Gouvernement à lutter efficacement contre l’insécurité, neutraliser les réseaux de la drogue et apporter la quiétude aux populations.


Enfin, les Coalitions et partis d’opposition signataires de la présente déclaration, soucieux de l’édification d’un état de droit et attachés à l’ancrage de la démocratie, en appellent à un sursaut patriotique et à la responsabilité de tous pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, serein et sérieux permettant de dépasser cette situation porteuse de tous les dangers, en vue de la refondation du contrat national sur la base de l’équité et d’une véritable justice sociale.

Nouakchott le 16/08/2021

✓ Les Signataires :
Al Moustaqbel
APP
CVE
CVE/VR
Parti Mauritanien pour la Défense de l’Environnement
RAG
RNRD – Tawassoul

©️ Crédit source : https://news-rim.com/2021/08/16/declaration-des-sept-partis-dopposition/

✓Afghanistan | Le retour éclair des Talibans au pouvoir.

© Élément média – Page FB Al Jazeera english

Ce 15 août 2021, tous les médias internationaux et les réseaux sociaux assistent avec une certaine surprise à l’écroulement du pouvoir du président Ashraf Ghani. Ce dernier est annoncé en fuite et les forces du mouvement politico-religieux « Les talibans » ont cerné la capitale Kaboul et se sont emparées rapidement du palais présidentiel.

Les partisans de Mollah Umar décédé en 2013 avaient été chassés de la direction du pays en 2001. Dans la foulée guerrière de l’Amérique de George Bush fils frappée par les attentats du 11/09/2001, l’Afghanistan a été occupé et remis à un régime politique dit démocratique très laborieux et boiteux. Beaucoup de temps, d’argent, de matériel et d’humain ont été mobilisés pour contenir en vain les résistances afghanes notamment talibanes opposées à la domination étrangère. Ainsi 20 ans après , on peut interpréter la substance d’un proverbe attribué aux Afghans qui dit « Vous avez la montre, nous avons le Temps« . La montre a eu une heure qui s’écoulait d’octobre 2001 à août 2021. Durant cette Heure de 20 ans, il y a eu 2 mandats du messianique Bush fils (8 ans), 2 mandats du normalien Obama (8 ans), un mandat du turbulent Trump (4 ans) et quelques mois du vieux Biden (8 mois). Et le Temps afghan au sens de l’esprit du proverbe suit son naturel cheminement dans l’Histoire de ce pays. Avant les américains et leurs alliés (l’OTAN) de notre époque, il y a eu les impérialistes anglais au 19 ème siècle et les soviétiques courant 20 ème, les résistances tenaient vaillamment et finissent toujours par se libérer de l’emprise de la domination étrangère. Le nouvel ordre étatique taliban serait-il une continuation de ce qu’ils faisaient à partir de 1996… jusqu’à 2001 ou plutôt une autre dynamique pour instaurer un État responsable et pragmatique en étant flexible idéologiquement dans la géopolitique internationale..!? À suivre…

© KS pour le BLOG

✓Manifestation Ganbanaaxu Fedde 14/08/2021 devant l’ambassade RIM à Paris. | La déclaration [Vidéo]

🔴 TOUS CONTRE LES VIOLENCES SUR LES DESCENDANTS D’ESCLAVES DANS NOS VILLAGES AU GUIDIMAGHA (MAURITANIE).

✓Notre Déclaration par Monsieur Samba Fofana , le vice-président Armepes-France

Le 31 juillet 2021 à #Dafort dans la région du Guidimagha, monsieur Samba Moussa Koné (47 ans) militant anti-esclavagiste du mouvement Ganbanaaxu Fedde, a été sauvagement lynché, assommé et ligoté comme un animal dans un guet apens orchestré par un clan familial issu des milieux féodaux défenseurs des coutumes esclavagistes sur place. Les images atroces de ce forfait abject sur lui ont fait le tour du monde entier, prises et diffusées dans les officines des réseaux sociaux notamment WhatsApp proches du camp féodalo-esclavagiste soninké.

Le seul tort de monsieur Koné est d’avoir rejeté les assignations discriminatoires liées à l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké. Ainsi sa famille et d’autres familles dans différentes localités villageoises sont visées par diverses atteintes à leurs droits fondamentaux de citoyens notamment par des expropriations de terres, des privations de certains services du domaine public, d’autres pressions sociales et d’harcèlements judiciaires.

Aujourd’hui l’objet de notre manifestation se veut une énième alerte destinée aux hautes autorités de notre pays, au président de la République Mohamed Cheikh El-Ghazouani en personne sur une situation sociale d’une extrême gravité autour des problématiques liées à cet esclavage coutumier dans la communauté soninké au Guidimagha. Avant la criminelle agression sur notre frère Samba Moussa Koné, il y’a eu d’autres événements gravissimes comme le tir à fusil sur 2 jeunes d’une vingtaine d’années Diadie Aly Traoré et Bakary Sankhare à Hamedallaye, l’agression violente par Moto sur notre tante Madjigui Moctar Coulibaly (61 ans) à Hassi-Chaggar et la lâche attaque sur notre sœur Assata Dicko (40 ans) à Danguerimou il y a quelques semaines . Nous dénonçons cette série de violences graves sur nos paisibles parents qui se sont levés pour retrouver leur dignité humaine et sociale dans la communauté.
Ainsi nous appelons :

à une prise en compte sérieuse de la question par les autorités administratives et judiciaires avec l’application effective des lois pour garantir l’état de droit entre tous les citoyens quel que soit l’endroit sur notre territoire,
• qu’une attention aiguisée soit portée aux réseaux de soutiens de cette idéologie sociale de l’esclavage par ascendance dans la diaspora notamment en France. Leurs discours de haine et d’incitation à la violence via WhatsApp contre les familles qui rejettent les humiliantes coutumes dans les villages, ont une grande responsabilité dans ce qui se passe dans nos terroirs.

Paris 14 août 2021

ARMEPES-France et Partenaires (Réseaux Ganbanaaxu Fedde)
✓Notre site web : https://www.ganbanaaxufedde.com/

– Photo Reportage :

Le décryptage de la tournée de Biram Dah Abeîd au Guidimakha | Par Abdalahi Sassine

Le mensonge est séduisant et fascinant. Il est également brillant et éloquent mais seulement de manière éphémère comme une mauvaise herbe dans un verger.

Aidez-moi à me retrouver. Je n’en peux plus. On m’a toujours fait comprendre qu’il n’y a pas d’esclavage chez les soninkés au Guidimakha. Il y a juste ces dernières années un mouvement extrémiste qui s’emploie à créer la zizanie au sein de la société. J’y ai cru bêtement.

Désormais, je renonce à cette assertion. Et pour cause, j’ai suivi sur Facebook la visite du député et président du mouvement abolitionniste, IRA chez les Soninkés dans la wilaya du Guidimakha.

Les images forcent l’estime de l’homme qui a changé de discours et trouvé un interlocuteur attentif, en la personne du président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Au Guidimakha, ces cinq dernières années sont marquées par une espèce de big bang social caractérisé par le réveil de la majorité silencieuse appelée esclaves. Au début, l’Etat a fait semblant de ne rien entendre. Ensuite, elle a essayé de faire l’arbitrage en faisant fi des lois du pays pourtant particulièrement sévères sur les pratiques esclavagistes. Et après, il mord à l’hameçon des soninkés : la corruption. Conséquence le droit ne sera jamais dit. Les pauvres populations s’entredéchirent et s’organisent à soudoyer l’administration locale qui trouve la situation « appétissante ».

Contre toute attente.

Voilà un député qui fait cavalier seul en allant à la rencontre des populations pour les entendre sur une problématique devenue sérieuse du fait qu’elle impacte négativement un segment du vivre-ensemble et l’unité nationale : l’esclavage coutumier.

Dans d’autres démocraties, c’est l’assemblée nationale forte de sa légitimité et de sa stature de conglomérats de représentants du peuple qui se saisit de cette question aux relents de défense des droits humains puisse qu’il s’agit de la dignité humaine dont il s’agit. Mais hélas !

Je disais alors que j’ai été roulé dans la farine, en croyant naïvement à ce que me disaient mes amis soninké du Guidimakha sur la question de l’esclavage.

Mais quand, je regarde l’aura de l’accueil réservée à Biram Dah Abeîd, je comprends aisément là où se situe la vérité.

Cet accueil est digne de celui d’un chef de l’Etat. Celui qui a brigué au chiffrage universel. Celui qui gouverne et dirige le pays. Il offre les postes ministériels et est dépositaire de la force publique et de tous les avantages y afférents : il tient les cordons de la bourse.

Un président de la république avec sa position jouit de tous les pouvoirs. Ainsi ses partisans peuvent mobiliser les foules par les mécanismes que nous connaissons tous. Mais la conviction et la sincérité ne sont pas là : C’est le piège de la mise en scène.

En revanche, les images que j’ai vues montrent des populations déchainées et libérées accueillant Biram Dah Abeîd comme un libérateur. Elles traduisent la vérité et le mal être des populations victimes de l’arbitraire.

Pendant les réunions aux allures d’audiences foraines, les anciens esclaves se relaient devant le député : chacun raconte son histoire et son calvaire lié au foncier.

C’est ahurissant ! Mais où est la république ? A quoi servent toutes nos lois votées contre l’esclavage ? Le silence de l’Etat est coupable et complice. C’est le moins qu’on puisse dire.

En revanche, la démarche du Président du mouvement abolitionniste est salutaire et constitue un cours magistral dispensé pour servir la démocratie et l’Etat de droit.

Abdallahi Sassine

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-decryptage-de-la-tournee-de-biram-dah-abeid-au-guidimakha/