● Commissariat aux Droits de l’Homme : communiqué à l’attention de l’opinion publique

CDHAHRSC – Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (CDHAHRSC) a appris l’existence d’une plainte déposée par une association de défense des droits de l’homme, relative à un cas d’exploitation présumé, à F’derik, dans la wilaya du Tiris-zemmour.

Dans le cadre des missions qui lui sont confiées en matière de suivi des cas de violations des droits de l’homme en général et d’esclavage en particulier, le CDHAHRSC suit avec intérêt cette affaire et œuvre fermement avec ses partenaires à faire appliquer la législation en vigueur dans ce domaine.

C’est à ce titre que le CDHAHRSC a dépêché une mission de documentation et de suivi, pour s’enquérir de près sur le fond de l’affaire et identifier les moyens d’assistance notamment, en ce qui concerne la protection des droits de la victime présumée.

Après avoir contacté les autorités judiciaires compétentes et visité la victime présumée, le CDHAHRSC enregistre les points suivants :

– Sa pleine satisfaction quant aux mesures prises par le ministère public, pour assurer le déroulement efficace de la procédure judiciaire ;

– Sa satisfaction par rapport à la situation dans laquelle se trouve la victime présumée qui a été présentée par le Procureur de la République, à l’examen d’un psychiatre ;

– La prise en charge de la fourniture des pièces d’état civil à la victime présumée ;

L’octroi d’une aide pour la satisfaction des besoins essentiels, de la victime présumée ;

Le CDHAHRSC appelle tous les acteurs juridiques et de la société civile concernés par l’affaire à veiller au respect des exigences des conventions internationales ratifiées par la République Islamique de Mauritanie, et l’arsenal juridique national relatif aux droits de l’homme et à la lutte contre la traite des personnes.

Zouerate le 01/02/2023

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=762973

● Le Commissariat aux Droits de l’Homme se porte partie civile dans l’affaire d’esclavage présumée à F’derik

CDHAHRSC – Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (CDHAHRSC )dans le cadre de son suivi de l’affaire d’esclavage présumée à F’derick et sur la base de l’évaluation des circonstances de l’affaire et du rapport de sa mission d’enquête dépêchée sur les lieux le samedi 21 janvier dès son information du cas, a mandaté un avocat aux fins de le représenter, conformément à la loi, comme partie civile dans la procédure judiciaire en cours.

L’avocat est présentement sur place pour suivre l’instruction et représenter le CDHAHRSC, au besoin, à tous les niveaux de juridictions.

Nouakchott, le 25 janvier 2023

©️ via https://cridem.org/C_Info.php?article=762760

● Mauritanie : plusieurs mineurs en esclavage et déni public | IRA-Mauritanie



Note d’investigation, 24 janvier 2023


Le 20 janvier 2023, à l’occasion d’un droit de réponse au journal en ligne senalioune.com, le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile réagit à la question perpétuelle de l’esclavage, en République islamique de Mauritanie. La réfutation s’articule, comme d’usage au sein du personnel de l’Etat, autour des arguments du déni et de la relativisation. A en croire le haut responsable de l’Exécutif, les associations locales de défense de la dignité de la personne n’ont pu présenter, au rapporteur spécial des Nations unies, que « 2 cas d’esclavage présumé, déjà pendants devant la justice ». Ce niveau d’imprudence rhétorique expose, le propos, à une réfutation d’autant moins discutable qu’elle s’appuie sur la chronologie des faits. Ici, foin de lyrisme et de slogans, les situations individuelles parlent assez.

Ainsi, l’affaire la plus récente démontre-t-elle la permanence du défi et sa dissémination protéiforme au travers du territoire. Le 20 janvier courant, le section Ira de Zouérate, ville minière de la région du Tiris Zemmour et siège du principal employeur du pays après l’Etat, reçoit un appel au secours, de la part d’une victime collatérale de la servitude sous contrainte. Le sieur Yekber ould Salem révèle la rétention, de ses enfants, par leurs maîtres traditionnels, en l’occurrence dame Khadijetou mint Weyahi et sa sœur Moimya. La première habite à F’dérick, la seconde quelques kilomètres plus loin, à Boudarka. Les deux prétendent que le géniteur, désormais séparé de son épouse servile, n’a aucun droit sur la progéniture ; la mère appartenant à la famille maure Ehl Weyahi, les enfants relèvent du même régime de possession privée, grâce aux prescriptions de la charia, selon le modèle sunnite, de rite malékite, d’ailleurs consacré et insusceptible de critique, en vertu du code pénal de la Mauritanie. Les mineurs en captivité chez leurs propriétaires sont 3 garçons Said ould Yekber Salem, Cheikhani ould Yekber Salem et Kenkou ould Yekber Salem et 2 filles Nezaha mint Yekber Salem, et Bigue Yekber Salem. Parmi leur fratrie parvenue à l’âge de discernement – tels Moustapha ould Yekber Salem, Khdeija mint Yekber Salem, Lalla mint Yekber Salem- tous ont fui vers d’autres centres urbains où prévalent l’anonymat, les opportunités de travail et la solidarité des affranchis.

Le vendredi 20 janvier 2023, passées 10 h, Yacoub Faye et Yacoub Abdi, respectivement coordinateur et membre du bureau régional de l’Ira, accompagnent le plaignant, Yekber ould Salem, à la brigade de gendarmerie de F’Dérick ; aussitôt, ils y remettent une plainte au commandant Tiyib ould Dah. A 11h 30, les forces de l’ordre interpellent l’auteure du crime allégué, Khadijetou mint Weyahi, âgée de 28 ans. Cependant, en gardien fidèle du système d’impunité qui a pris l’habitude d’imputer, aux militants abolitionnistes, le grief d’incitation à la révolte, le procureur de la république du tribunal de Tiris Zemour Mr Mohamed Vall ould Mouchtaba empêche, les activistes, d’accompagner le père, durant ses démarches ; aux yeux du magistrat du Parquet, l’organisation Ira est récente, d’où son éviction de la faculté d’ester en justice, alors que l’association, dès 2008 n’a jamais cessé d’assister les requérants, notamment les femmes et les enfants. Cependant, convient-il de le rappeler, malgré la qualification « crime contre l’humanité », les contrevenants arrêtés au titre de l’enquête, parfois en flagrant délit, bénéficient, tôt, de la liberté conditionnelle. La procédure peut s’étendre, s’éterniser, en vue de décourager l’ardeur des lanceurs d’alerte et d’éroder la patience, des victimes, à obtenir réparation : Arafat -Nouakchott-Bassiknou, Aïn Farba-Aïoun, Diaguili-Guidimagha, Aleg-Brakna, Eguenni Ehl Taleb-Tintane, Nouadhibou Tiris Zemmour…

Aux fins de rafraichir la mémoire du ministre et celle, manifestement distraite de ses services, nous les prions et demandons, à l’opinion, d’écouter le témoignage d’un adulte séparé des siens, par la rigueur d’une pratique d’inégalité de race, à justification religieuse, qui se perpétue depuis au moins 10 siècles, sur le sol de l’actuelle Mauritanie ; quelques jours après, suivant ainsi une jurisprudence du réel, l’orateur se dédit, sous la pression des autorités et de la tribu, alors que le Commissariat diligentait plutôt une enquête:

https://fb.watch/ibBEcg1TkN/

A l’adresse du Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, nous tenons, dessous, preuves, à l’appui, le décompte des litiges relevant de l’esclavage contre les noirs d’origine subsaharienne ; les liens s’étendent de 2019 à 2023 ; aussi, nous sollicitons-nous, du ministre et de son département, le droit à une confrontation constructive, des chiffres et des exemples de contentieux, afin d’harmoniser les informations, en guise de préalable à un partage des tâches, aussi apaisé que pratique, de préférence avec le concours des partenaires étrangers de la Mauritanie. Nous exprimons, ici notre entière disponibilité à l’exercice.

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Blanchiment-et-recel-d-esclave_a15266.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-encore-un-cas-d-esclavage-traditionnel-sur-mineur-audio_a18131.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Esclavage-sur-mineur_a18215.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie%C2%A0-encore-une-enfant-noire-cible-d-esclavage_a27219.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-attention-au-village-de-Diaguily-on-brule-vif-les-esclaves-recalcitrants_a26412.html

https://www.chezvlane.com/Alerte-d-IRA-Mauritanie-Recel-et-blanchiment-d-esclavage-en-cours_a25132.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Esclavage-ethnicite-coercition-et-spoliation_a22883.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Sevices-sur-un-descendant-d-esclaves-age-de-13-ans_a29029.html


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

● Y’a ça chez nous ? | Hors-série #2 : Le cas mauritanien | Ausha | Avec l’interview audio de Dr Sidi NDIAYE

Un élément audio descriptif de près d’une heure, très instructif sur les réalités socio-politiques mauritaniennes.

Le Lien du Podcast : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

DESCRIPTION

Dans cet épisode, on sort du triptyque Algérie-Maroc-Tunisie pour se rendre légèrement plus au sud. Direction la Mauritanie, un pays situé au entre le Sahara Occidental revendiqué par le royaume du Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Mali. Pour en parler, Sidi N’Diaye, politiste spécialisé dans les violences politiques, ethnopolitiques et les politiques de réconciliation nationale en Mauritanie.

©️ Source initiale : https://podcast.ausha.co/y-a-ca-chez-nous-1/hors-serie-2-le-cas-mauritanien

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● Mauritanie : Un parlementaire islamiste ose l’apologie de l’esclavage | Par IRA-Mauritanie

Note d’alerte

Nouakchott, le 20 décembre 2022


Le 18 décembre 2022, à la faveur d’un audio en partage sur les réseaux sociaux, le député Elkotob ould Emmat, du parti islamiste Tawassoul, réplique à certains de ses camarades, en l’occurrence Mohamed Jemil ould Mansour et Mohameden ould Mohamed Ghoulam, tous deux partisans d’une lecture progressiste de la Charia. Il se livre, alors, à une glorification explicite de l’esclavage, selon le livre saint et la tradition (Sunna) ; ainsi, pousse-t-il la témérité, au point de rejeter, les militants de l’abolition, dans les ténèbres de la mécréance (Kofr) et les menace du châtiment divin, à l’heure de la résurrection. A mainte reprise, sollicitant des citations du Coran, des hadiths et de l’épopée des califes successeurs du Prophète (Psl), il justifie, arguments à l’appui, l’inégalité entre les humains, par la volonté de Dieu. Dans la bouche de l’honorable, le propos, dont nous reproduisons la teneur traduite, en annexe, ne manquera d’écœurer la communauté des gens civilisés.
Or, malgré le caractère univoque de ses paroles, nettement audibles ici, Elkotob ould Emmat, se fend, le même jour, d’un communiqué de reddition oblique où il relativise la teneur de l’enregistrement : usant d’un sens consommé du dédoublement de soi, il prétend n’avoir rien proféré de scandaleux, sauf à exposer et commenter le débat sur les clauses du droit musulman, durant le siècle inaugural de la Umma.

La feinte s’avère grossière et d’une hypocrise si manifeste qu’elle ne saurait emporter l’adhésion, à moins d’épuiser, à cette fin, des trésors d’indulgence.

Maintenant, voici, désormais établie, la preuve d’une atteinte à la dignité de milliers de Mauritaniens et de descendants d’esclaves, victimes de la traite transsaharienne, jusqu’aux comptoirs de Zanzibar et de Mombassa ; en conséquence, notre interpellation s’adresse, d’abord, au ministre de la Justice et à son collègue de l’Intérieur, sans omettre le bureau de l’Assemblée nationale : quelles poursuites pénales et sanctions disciplinaires mérite une telle incitation à la discorde ? En vertu de quelle acrobatie clientéliste, tant de mépris aux engagements internationaux de la Mauritanie bénéficierait-il, d’une énième tolérance? Continuera-t-on à excuser le défi provocateur, parce que l’auteur de l’insulte se prévaut de l’immunité de naissance ? Va-t-on, une fois de trop, laisser passer l’ignominie, suivant l’injonction de la supériorité de race ? L’apostrophe vise, également, la direction de Tawassoul, souvent prise en flagrant délit de connivence-mutité, avec les porte-voix de l’islamo-fascisme et leurs accès de misogynie…Nul n’oublie la rage sexiste, du bloc de la conservation, envers la survivante aux viols, Mariem mint Cheibani, soumise, de mère en fille, à la libido de ses maîtres.

Pourtant, le seuil du supportable dépassé, elle se résolut à dénoncer les châtiments corporels, le cuissage et les travaux forcés. Aussitôt, le tortionnaire, Cheikhna ould Chehlawi, allié et soutien du député de Tawassoul dans la ville de Tintane, le fameux Mohamd Elmokhtar ould Taleb Navee, reçut les encouragements de son protecteur et cousin ; l’élu islamiste ne manqua, toute vergogne bue, de marquer de l’aversion aux normes d’incrimination de l’esclavage ; in fine, il parvint à soustraire, son parent, aux rigueurs de la loi. Aux motifs similaires, la condamnation à mort du blogueur Mohamed Cheikh ould Mkheïtir révélait, quelques années plus tôt, la densité et l’enracinement du fanatisme et de la pulsion de mort, parmi les sympathisants et personnalités de Tawassoul, la première force de l’opposition, en nombre de sièges.

Aujourd’hui, outrés, surpris et néanmoins mobilisés, nous attendons, des politiciens, de la société civile et des représentants du pouvoir, la réaction qui convient à la brutalité de l’infraction, avant d’en appeler au verdict non-violent de la rue. Nous voulons manifester, loin de la casse et de l’anathème, afin de signifier combien nous en avons marre de la banalisation du racisme, sur la terre bénie de nos ancêtres. Nous, Africains autochtones au sud du Sahara, progéniture des peuples encore subjugués, n’acceptons plus que la religion, son exégèse et ses avatars servent, toujours, à nous prescrire la sacralisation de notre infériorité.

Souvenez-vous-en, dès 2012, nous dévoilions la mesure de notre vigueur et la fermeté de nos actes, quand Biram Dah Abeid prit la responsabilité d’incinérer, devant témoins, les écrits de jurisconsultes, animés, au fil des siècles, par l’obstination de nous amoindrir. En dépit des appels au meurtre, il a survécu et se dresse, debout, comme un avertissement à l’imprudence des orgueilleux.
Fils et petits-fils d’esclaves, à présent gorgés de la fureur de vivre à l’abri des chaînes mentales de l’oppression, enfants de castes nobiliaires, natifs de la liberté eu berceau, justes, acquis à l’universalité des droits, levez-vous, nombreux, votre jour est arrivé ! Démontrez, à vos compatriotes distraits, malvoyants ou sourds, que votre colère légitime devrait être la leur, au nom de la promesse d’un avenir en commun, pour la paix qui dure, sous l’étendard de l’équité, solidaires certes mais, surtout, égaux, à jamais !


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), le Bureau Exécutif



Annexe : traduction verbatim

« Je respecte Cheikh Jemil et Mohameden mais les deux grands cheikhs, se sont lourdement trompés et il faut le dire très haut. Ils ont attenté à l’image rayonnante de l’Islam, c’est cet Islam qui consiste à appliquer textuellement ce que Dieu a décidé et décrété, parce que Dieu a dit : « Nous avons partagé leur avoir pendant la vie sur terre et nous avons élevé des groupes au-dessous d’autres groupes jusqu’à en faire des strates pour que certains hommes exploitent d’autres et les fonts travailler mais la miséricorde de Dieu est bien meilleure que les biens qu’ils collectent. L’exploitation de l’homme par l’homme(l’esclavage), est une destinée que Dieu a décidée, donc c’est une relation, entre les hommes, que Dieu a décrétée et qui doit rester à jamais et ne pourrait pas être abolie parce que c’est loi musulmane. L’image de l’Islam a été rayonnante alors qu’il y a une caste d’esclaves dans la société.

Et c’est contrairement à ces concepts intrus qui voudraient prétendre que l’Islam a indiqué de traiter l’esclave avec égards ou comme on traite l’homme libre ou de le considérer comme égal à ce dernier. Cette assertion est fausse et je défie quiconque pouvant me donner un exemple du temps du prophète et de ses Khalifs. Ces érudits qui inventent que l’esclavage en Islam est issu d’un traitement réciproque que les musulmans appliquaient aux prisonniers de guerre non-musulmans en les réduisant en esclavage, n’ont aucunement raison ; car jamais les idolâtres n’ont réduit, en servitude, les prisonniers de guerre musulmans ; je défie quiconque d’apporter un seul exemple d’un musulman qui a été réduit en esclavage par les idolâtres. Donc où est cet esclavage que les idolâtres ont commis contre les musulmans pour que les musulmans inventent toute une jurisprudence de l’esclavage pour dominer, les idolâtres, en guise de réciprocité ? Ce qui est incontestable est que l’Islam a ses lois qui codifient l’esclavage et Dieu et son prophète ont dit que l’Islam est complet et ses lois complètes et sacrées. Si vous pensez que l’Islam n’est pas encore complet et vous voulez le compléter en décrétant l’abolition de l’esclavage, sachez que vous êtes tombés dans l’hérésie et vous êtes sortis de l’Islam.

Donc, étant donné que l’Islam est intact, vous ne pouvez plus faire des acrobaties et des discours de complaisance, l’esclavage fait partie de l’Islam et des lois Islamiques car après le prophète, son khalife Aboubakr à pratiqué l’esclavage ; Omar le successeur de Aboubakr a distribué les filles de Jirjira, qui sont des esclaves, il les a distribués en guise d’offrande aux compagnons du prophète. Donc cette question de la légitimité de l’esclavage doit être pour nous, musulmans (ici l’orateur prend à partie les responsables du parti Islamiste modéré mauritanien, Tawassoul), une question et un principe indiscutables car entérinés, de manière définitive, par le prophète et ses plus proches compagnons.

Donc, il y a les grandes causes de l’Islam comme celle-là face auxquelles nous ne devons pas avoir de gêne et nous ne devons pas chercher à adoucir la charia, nous devons être sans état d’âmes dans son application. Il faut décliner la charia telle qu’elle est : la sagesse de l’Islam indique que l’esclave il faut le nourrir de ce dont tu te nourris et l’habiller de ce dont tu t’habille. Le compagnon du prophète du nom de Abou Dhar a reçu un hôte parmi les compagnons du prophète et ce dernier était étonné que l’esclave de Abou Dhar était mieux habillé que ce dernier; il a fait part de son étonnement à Abou Dhar parce que les compagnons du prophète n’étaient pas habitués à traiter si bien leurs esclaves et il s’est avéré, après la réponse de Abou Dhar à son hôte, que c’était une exception qui confirme la règle car Abou Dhar voulait expier un pêcher qu’il avait commis du temps du prophète lorsqu’il a insulté un disciple de ce dernier, d’origine négroïde, par la couleur de sa peau; chargé de remords, Abou Dhar ne cessait de consentir des bienfaits aux esclaves mais la loi islamique est tout à fait autre chose.

Et si Jemil Mansour et Mohameden Ould Mohamed Ghoulam s’offusquent des conditions des esclaves chez nous(en Mauritanie), ils sont donc carrément sortis de la foi islamique car cette situation d’esclavage est très légitimement et immuablement islamique et j’appelle tous ceux qui m’écoutent à considérer que les deux hommes sont totalement en dehors de l’Islam et de la foi Islamique s’ils pensent que l’esclavage n’est pas légal et légitime dans la loi islamique et il faut les condamner en tant qu’apostats. Il faut savoir dire la vérité de l’Islam, il ne faut pas chercher à complaire. Les filles et femmes juives ont été razziées par l’armée du prophète après la défaite des Béni Almoustalighe ; le prophète a distribué, séance tenante, les filles et femmes des vaincus à ses compagnons pour qu’ils en fassent des esclaves. C’est ça la loi de Dieu et nous adorons Dieu avec ces lois, donc comment pourrait-on les nier; c’est la volonté de Dieu qui a instauré l’inégalité et les relations de maîtres à esclaves entre les musulmans et ceci va rester immuable jusqu’à la fin du monde; donc il faut des gens dans la société dont le rôle, la vocation et la destinée, immuables, est d’être affectés aux corvées comme nettoyer, cuisiner, s’occuper du bétail…ect; et ceci n’est pas inventé par les Mauritaniens, parce que nous les Mauritaniens, ceux parmi nous qui sont Arabes, descendants des compagnons du prophète, ont emmené, en Mauritanie, la progéniture des esclaves juifs de Béni Almoustaligh que le prophète avait distribués, à nos ascendants; donc certains parmi nous n’ont pas libéré ces esclaves hérités et possédés depuis le temps du prophète; nous ne sommes pas obligés de les libérer car la loi de Dieu ne nous y oblige pas. Donc je vous mets en garde, vous qui vous aventurez à vouloir dévier de l’interprétation ou de la compréhension de la charia, ouvrez vos yeux, cessez de tenter de travestir notre charia, car elle est belle même avec son esclavage, elle est basée sur les intérêts et le les biens ; le Khalife Omar a appliqué une politique implacable d’esclavage et n’avait aucunement peur d’une révolution en conséquence, donc c’est l’exemple à suivre ».

IRA-MAURITANIE

● Note de presse d’Armepes-Ganbanaaxu | Soutien aux victimes des traitements injustes liés à la féodalité dans la commune de Haere Mbar (département de Bababe).



Ces derniers jours, un groupe de personnes issues de la communauté Peul s’est présenté auprès du leader anti-esclavagiste mauritanien Biram Dah Abeid. Lors ces rencontres diffusées sur diverses plateformes médiatiques (Réseaux sociaux), 2 messieurs déclarant originaires d’une localité dans la commune de Haere Mbar (département de Bababe) exposent des atteintes graves à leurs droits par un chef coutumier local et son clan. Issus de la composante sociale injustement « assignée esclave par ascendance » dans leur village, ils ont indexé les coutumes esclavagistes et féodales qui y règnent au su et au vu de certains représentants de l’état (maires, préfets et autres). Selon eux ce chef coutumier local sévit en maître absolu et les personnes assignées maccudo (esclaves en langue pulaar) doivent se soumettre ou mises en quarantaine socialement et privées même des aides sociales de l’Etat.

Une situation scandaleuse et gravissime qui mérite d’être suivie et enquêtée par les autorités administratives et judiciaires. Elle nécessite également une attention particulière de la part de la CNDH, des ONG de la défense des droits humains et des mouvements politiques, pour dénoncer de pareils traitements injustes et humiliants. L’opinion publique nationale et internationale doit en être témoin plus que jamais. L’affaire de l’esclavage en Mauritanie dépasse une question de Blancs vs Noirs, les mentalités esclavagistes et féodales sont très présentes chez les communautés négro-mauritaniennes.

Ainsi, nous, Armepes-Ganbanaaxu, tenons à :

– exprimer notre fraternelle solidarité avec ces personnes victimes de comportements inadmissibles attribués à ce chef coutumier dans cette localité du département de Bababe,

– dénoncer une certaine complicité passive des autorités locales qui semblent laisser faire dans cet enclos de non-droit,

– appeler aux hautes étatiques, en tête le président de la République Mohamed Cheikh El-Ghazouani, pour la prise en compte de la problématique liée à l’esclavage coutumier par ascendance qui sévit violemment dans toutes les communautés nationales. Dans les localités rurales notamment dans le Sud mauritanien (en milieux soninkés et peuls), les descendants d’esclaves subissent diverses violations et humiliations à cause de leur rang stigmatisé dans le régime féodalo-esclavagiste intra-communautaire.

Le 12 décembre 2022

🔴Liens à suivre: •https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=607523078042881&id=100063555821825

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=705294287510754&id=100005495290729

● Le Grand Entretien du Blog (GEB) | Avec le vice-président d’Armepes-Ganbanaxu Fedde, monsieur Samba Fofana.

À l’occasion de la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage (2 décembre 2022), la rubrique Le Grand Entretien de notre Blog revient avec une interview accordée par monsieur Fofana Samba. Juriste et militant droit-de-lhommiste mauritanien vivant en France, il est parmi les porteurs pionniers de l’engagement abolitionniste et pour des réformes sociales dans la communauté sooninké. Il est actuellement le premier vice-président de l’association Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles). Pour rappel l’association Armepes-France est à l’initiative de la mouvance anti-esclavagiste transnationale Ganbanaaxu Fedde via en premier lieu son forum WhatsApp de sensibilisation créé le 5 octobre 2016 par monsieur Gaye Traoré, l’actuel président d’Armepes-france.

Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité et l’intérêt accordé à notre sollicitation.

Ci-dessous ses éléments de réponse à nos 4 questions soumises :

Question 1 : Bonjour Monsieur Fofana, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (Parcours personnel et de militant)

Samba Fofana : Je m’appelle Fofana Samba, du village de Boully en Mauritanie . Je peux noter ici que j’ai un petit parcours académique à la faculté Économique et juridique de Nouakchott de 1998 à 2002 date de l’obtention de la maîtrise en droit privé.
S’agissant du militantisme associatif, j’ai œuvré à plusieurs associations d’abord villageoises dans le but de contribuer au développement de notre pays d’origine.
Je suis aujourd’hui vice-président de L’association des ressortissants Mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et leurs séquelles (ARMEPES) en France depuis janvier 2016.
Je fais partie des premières personnes à avoir posé les jalons d’une réforme sociale dans notre communauté .

Question 2 : Pouvez-vous nous édifier sur les réalités liées à l’esclavage coutumier dans la communauté soninké et l’engagement abolitionniste Ganbanaaxu Fedde ?

SF : La société soninké est fortement hiérarchisée sur la base de ce qu’on appelle communément les classes sociales ou castes. On peut affirmer ici que ce système d’organisation sociale a une forme pyramidale , au sommet on trouve les classes nobles , en deuxième position les gens qui constituent les corps de métiers et au bas de l’échelle les esclaves avec leurs démembrements aussi .
Comme toutes les sociétés la communauté soninké d’antan à en moment donné de son histoire avait besoin d’une organisation socio-politique par son propre génie afin d’assurer son existence dans la quête d’un bien être.
Mais la société soninké n’a pas su opérer les réformes nécessaires pour être en phase avec les réalités changeantes et c’est là où l’élite soninké dans son ensemble a échoué.
À mon sens le conservatisme ne devrait pas en aucun cas nous pousser vers une certaine forme d’autarcie aveugle qui nous conduira inéluctablement vers le déclin.
Pour parler de l’engagement abolitionniste Ganbanaaxu Fedde, on peut dire que ce mouvement a apporté à mon sens non seulement un éveil mais aussi une certaine prise de conscience collective pour rompre avec certaines pratiques esclavagistes .

Question 3 : Le 2 décembre de chaque année marque la journée internationale de l’abolition de l’esclavage, les séquelles du phénomène restent vivaces dans certaines zones en Afrique, selon vous quels sont les écueils qui empêchent une éradication définitive ?

SF : La date du 02 décembre 2022 nous rappelle d’abord un passé douloureux dans l’histoire de l’humanité et surtout en tant que noir africain.
Mais on peut se poser la question si l’esclavage dans ses différentes manifestations n’est pas encore d’actualité en dépit de toutes les injustices qui frappent de plein fouet les humains ?
Concernant précisément la société soninké, nous avions assisté à des difficultés pas moindres dans certaines contrées à cause de l’emprise féodale tellement présente.
Cette société a connu un passé glorieux à travers L’Empire du Gana ou le wagadou Biida, connu grâce à certains historiens Arabes .

Après la fin de la colonisation, et malgré l’avènement des indépendances , les soninkés sont toujours restés dans leur ancienne organisation où la loi n’est pas forcément une norme mais surtout c’est l’ordre coutumier qui régit les affaires de la cité soninké ou en pays soninkés.
L’une des difficultés majeures peut s’expliquer par la nature de nos Etats, quand on sait que ceux ou celles qui sont à la tête de nos institutions ont d’abord du mal pour légiférer sur la question et surtout quant à l’application des lois en vigueur pour restaurer la citoyenneté réelle.

Question 4 : Quel message avez-vous à l’endroit des militant.e.s et sympathisant.e.s de la mouvance anti-esclavagiste Ganbanaaxu Fedde, aux leaders communautaires et aux
autorités étatiques ?

SF : Le message que j’ai à l’endroit de nos leaders , militants, sympathisants, hommes comme femmes . Je les invite davantage à redoubler d’efforts car la réforme que nous portons se veut inclusive, longue , difficile et qui doit s’inscrire sur une durée.
Nous devrions nous focaliser sur certaines valeurs que je trouve cardinales voire déterminantes à mon sens pour l’accomplissement de cette cause juste : Courage, unité, solidarité et humilité.

9 décembre 2022

✍️🏿 Entretien réalisé par KS pour le BLOG

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● Les mentalités esclavagistes dans les communautés négro-mauritaniennes : la terreur grise sous silence !


Sur les mentalités d’esclavage et de féodalité, il y’a une terreur grise au sein de communautés négro-mauritaniennes qui écrase les couches sociales qui en souffrent. Oser en parler publiquement en-dehors de l’enclos communautaire dictatorial est en soi un petit acte courageux de libération. Le plus difficile est l’après dénonciation à visage découvert….

Les doubles-face très loquaces sur l’antiracisme, contre un système étatique dit injuste et sur les manquements en matière des droits humains sous d’autres cieux, vont s’interroger comment un conditionné et assigné socialement a pu s’échapper de la chape de plomb du régime féodalo-esclavagiste intra-muros pour oser parler à l’extérieur.

Pour eux, un esclave par ascendance n’a de « personnalité » qu’à travers les balises instaurées par l’ordre coutumier dominant. Cet ordre féodalo-esclavagiste qui sévit et entretenu comme une religion dans le corps sociétal. Ainsi, si ça sort à l’extérieur, les tenants défenseurs qui héritent des privilèges en interne dégainent les réflexes de suspicions sur les gens qui ont exposé publiquement la « chose ». D’aucuns diraient, c’est une manipulation et les victimes qui en parlent, sèment la division dans la communauté où chacun serait bien déjà à sa place. Et pourtant nous le savons tous, nos communautés hiérarchisées fonctionnent dans une juxtaposition sociale fonctionnelle et folklorique avec beaucoup d’hypocrisie.

Les problématiques liées à l’esclavage par ascendance en milieux négro-mauritaniens (notamment sooninkés et halpoulars), sont historiquement l’angle ignoré (bien volontairement d’ailleurs) du narratif militant droit-de-lhommiste à l’intérieur comme à l’extérieur de la Mauritanie. En milieux sooninkés, l’engagement anti-esclavagiste Ganbanaaxu investit la dynamique d’éveil abolitionniste depuis quelques années avec beaucoup de difficultés. Les écueils sont nombreux, les militants (ont subi) subissent diverses violations de leurs droits ici et là avec une certaine complicité d’éléments de la communauté introduits dans les rouages de l’état. Ces derniers temps, nous avons constaté 2 groupes issus de la communauté Peul, sortis publiquement dénoncer des traitements liés à cet esclavage coutumier dans leurs localités.

Un groupe originaire de winding venu dans une rencontre de Ganbanaaxu à Nouakchott et un deuxième groupe (originaire d’une localité près de Bababe) vu il y’a 2 jours auprès du leader anti-esclavagiste mauritanien d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid. Espérons que ce soit une libération de la parole enfin sur ces violences silencieuses d’atteinte à la dignité humaine qu’on sait bien que ça couve en nous et parfois dans nos propres familles.
Les leaders politiques, les blogueurs, les porteurs d’opinions et les militants droit-de-lhommistes issus de nos communautés doivent réajuster leurs visions en matière de revendications et de demande de justice et des droits humains. L’échelle intra-communautaire devrait être le point de départ pour plus de cohérence et de sincérité dans ce qu’on réclame ou dénonce extra-muros.
On ne voudra pas de la logique de tonton Samba Thiam (fpc) qui lâchait un étrange post Facebook sur l’affaire de Maïmouna Sissoko du côté du village de Diaguily il y’a quelques mois. Il laissait entendre pour dénoncer le traitement subi par cette dame sooninké anti-esclavagiste, qu’il y’a « d’autres voies de coercition contre nos égarés internes qui sortent de rangs » . Comprendre en substance selon lui, les éléments subversifs qui portent cet engagement anti-esclavagiste et anti-féodal seraient ces égarés internes à dompter autrement.

Si on arrêtait notre duplicité et nos petites duperies qui ne passent plus…!

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● «La colonisation arabe était pire que la colonisation européenne» | Par l’écrivain Abdelaziz Baraka Sakin


L’auteur du « Messie du Darfour », Abdelaziz Baraka Sakin, revient avec « La Princesse de Zanzibar », un roman éblouissant d’audace sur une période tragique.

Avec Le Messie du Darfour, puis Les Jango, Abdelaziz Baraka Sakin nous a régalés, sur des sujets difficiles, de deux romans sur son Soudan natal, duquel il a dû s’exiler. Il nous emmène cette fois du côté de Zanzibar, dans un périple aventureux aussi palpitant que drôle, même si la toile de fond l’est beaucoup moins. Ce maître ès ironies, à l’imagination ô combien fertile et audacieuse, brode allègrement sur des bases historiques documentées.

Ainsi de sa Princesse de Zanzibar, qui vient de paraître, toujours aussi bien traduit par Xavier Luffin, dont il nous explique, de passage à Paris, l’origine : à l’époque où il s’intéressait à la littérature omanaise, car l’auteur travaille beaucoup à des anthologies, Abdelaziz Baraka Sakin tombe sur deux livres datant de la colonisation des Omanais à Zanzibar. « L’un était les Mémoires de la fille du sultan, l’autre était écrit par un chef militaire qui capturait les esclaves. J’ai été frappé par le fait que la princesse parle de la vie fastueuse des Omanais à Zanzibar, et décrive les Zanzibarites comme des gens qui ne faisaient rien, des paresseux, alors que les Africains faisaient tout, cultivaient la terre, s’occupaient des récoltes, et jusqu’à laver les corps des maîtres. Ce contraste entre ce paradis pour les Omanais et cet enfer vécu chez eux par les Africains m’a interpellé. La vie de l’individu simple, celui dont personne ne se préoccupe, ce qu’on appelle le vide historique a motivé mon roman, qui vient le combler. »

Haro sur Zanzibar

Avec sa verve prodigieuse, Baraka Sakin installe son histoire au cœur d’Unguja, l’île principale de l’archipel, alors aux mains des Omanais, où l’esclavage bat son plein, et les Anglais, Français et Allemands se battent pour coloniser Zanzibar. « Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent ces Européens ? L’île nous appartient, […] cette terre est à nous, son peuple aussi, nous sommes ses maîtres », s’étonne le sultan au pouvoir ! La « princesse récemment bénie de dieu », fille du sultan (« récemment béni lui-même », voyez le côté farceur du conteur), est l’unique enfant de ce tyran pourtant hyperactif sexuellement, on ne compte plus le nombre de femmes qui passent par son lit.

Quoique ! L’auteur établit une page de ses records tous secteurs confondus : « Tout au long de sa vie, sans que l’on puisse en délimiter avec certitude la durée, il tua 883 Africains, 7 Arabes omanais et 20 Yéménites. […] Il vendit 2 779 670 esclaves, hommes, femmes et enfants. Il copula avec 300 esclaves, écoulant dans leur vagin environ 15 gallons de sperme […] » La princesse, folle de bijoux (ah, quelle scène avec le bijoutier indien !), mariée à un homme d’affaires qui guigne le sultanat, exige d’être son unique épouse, c’est déjà dire que la jeune femme a du caractère, comme dans tous les romans de l’auteur, marqué par la figure de femme forte de sa mère, nous confiait-il à la sortie de son premier livre.

Mais le couple que l’on suit tout du long du roman est d’un autre genre, si l’on peut dire. Dès la sortie de l’enfance, la princesse a eu pour esclave un eunuque de son âge ou presque. Sundus, émasculé dès sa capture par les Arabes, est aux petits soins pour sa princesse qui ne jure que par lui. Entre eux se noue un amour particulier qui leur permettra de traverser ensemble (presque) tous les obstacles et de vivre une sexualité sans verge mais avec jouissance, c’est d’ailleurs une des dimensions du roman qui résonne de façon très contemporaine au regard des théories, et des pratiques, du genre : « Pour moi, explique l’écrivain, la sexualité n’est pas liée à des organes génitaux, mais à des complicités entre les êtres. Tous deux sont mutilés, puisque la princesse est excisée, mais leur relation va au-delà. » L’amour de ces deux-là est absolu, il est un des chemins tracés tant bien que mal vers la liberté, celle qui est incarnée par ailleurs et totalement par un autre personnage (de femme encore) : Uhuru l’ensorceleuse, qui danse et chante quasi nue, qui n’a peur de rien, mais que tout le monde redoute, c’est par elle que va se bâtir l’émancipation, sur la révolte de la population après 200 ans de domination.

Interdit au Koweït et à Oman

Les épisodes bondissent, suivant les grands chapitres de cette fin du XIXe où tout bouge, autour d’une date que l’histoire a retenue comme la guerre la plus courte : le bombardement de Zanzibar le 27 août 1896 par les Britanniques, dite « la guerre de trente-huit minutes », mais l’auteur fait ici et là des pas de côté à sa guise et toujours en faveur du rythme de la narration, en se démarquant des faits pour décrire, d’une scène à l’autre, l’incroyable violence des Omanais. « Ils se nient en tant que colons alors que la colonisation arabe de l’Afrique était pire que celle des Européens, car ils castraient les hommes », précise Abdelaziz Baraka Sakin.


On en arrive jusqu’à l’abolition de la traite et la fin de l’esclavage, proclamée mais non respectée. Puis l’intégration des libres à une société qui n’a plus ses repères. Pas de tabou ici. Mais une liberté magnifique pour signer avec cette insolence, un conte, roman d’aventures, mais aussi parabole sur le colonialisme, l’esclavage, le statut de la femme, l’indépendance de l’Afrique, les langues, la nature, la religion, la sexualité… Ceux qui rêvent de happy end feraient mieux de jouir de l’écriture tout du long plutôt que d’attendre les dernières pages. Le titre original du roman est Sahamani : pardonne-moi, en swahili. Le sultanat d’Oman et le Koweït n’ont pas pardonné à l’auteur sa vision des choses : ce livre, précise sa maison d’édition française (Zulma), est interdit dans ces pays.

©️ Repris via https://www.lepoint.fr/livres/la-colonisation-arabe-etait-pire-que-la-colonisation-europeenne-01-12-2022-2500120_37.php#11

● À Londres | La participation des cadres Gambanaaxu RMFP à la journée internationale de l’abolition de l’esclavage à l’université SOAS.

La dynamique anti-esclavagiste du mouvement Ganbanaxu Fedde à l’honneur lors de cette journée internationale de l’abolition de l’esclavage. C’est à Londres en Angleterre, où l’universitaire Dr Marie Rodet (Université SOAS) a eu l’initiative de convier 2 cadres de l’association Gambanaaxu RMFP. Ainsi monsieur Salif Ladji Kamara et madame Hassa Konaté, respectivement vice-président RMFP et responsable de l’aile « Femmes » Gambana RMFP, ont été invités à cette importante rencontre pour porter une communication sur les réalités graves de l’esclavage par ascendance au sein de la communauté soninké au Mali et ailleurs. À l’occasion monsieur Samba Diallo, un résident mauritanien de Londres et militant abolitionniste a été présent

« A l’occasion de la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, Dr Marie Rodet a organisé le 2 décembre à l’université de la SOAS à Londres une conférence à laquelle elle a convié Salufu Kamara, Vice-Président de Gambana RMFP et Hassa Konaté Camara, Présidente de la section féminine de Gambana RMFP. La conférence avait pour thème: « L’esclavage en Afrique aujourd’hui: une affaire non réglée ». Salufu Kamara a présenté sur la lutte anti-esclavagiste Gambana en Afrique de l’Ouest tandis qu’Hassa Konaté a présenté sur les violences que subissent les femmes victimes d’esclavage par ascendance et la forte implication des femmes dans le mouvement de lutte contre ce phénomène. La conférence a rassemblé une vingtaine de personne en présentiel et environ 80 personnes en ligne. C’est la première fois qu’une telle conférence a lieu dans le monde anglo-saxon et à Londres sur ce sujet avec des activistes Gambana. Bravo!« 

Par Dr Marie Rodet, l’universitaire historienne, l’organisatrice de l’événement.

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