Mauritanie/Littérature : La présentation du livre de Mr KEBE Hassane Gaye

Monsieur KEBE Hassane est un mauritanien, titulaire d’un doctorat en littérature et enseignant en région parisienne. Cet homme féru de la chose littéraire, est natif de Diadjibiné, localité à dominance soninké faisant partie de la région de Gorgol.

Son livre qu’il nous a honorés d’une présentation ici à travers cette publication, aborde l’œuvre d’un auteur phare de la littérature mauritanienne , feu Ousmane Moussa Diagana, paix éternelle à son âme. Ameen

🔹️Hassane Kebe :

Ousmane Moussa Diagana, une écriture transrégionale, Éditions Vérone, avril 2019.

Sur le continent africain, la Mauritanie occupe une position stratégique En effet, elle partage ses frontières avec l’Afrique noire (Mali-Sénégal) et le Maghreb (Algérie-Maroc). La population est composée des Noirs et Arabo-berbères, plusieurs langues (Arabe, Peul, Soninké, Wolof et Français) sont parlées. Parler de ces langues est synonyme de parler de plusieurs cultures qui cohabitent . Cette position géographique et cette composition sociale auraient pu être pour la Mauritanie un atout pour construire une nation prospère où la devise nationale (Honneur-Fraternité-Justice) aurait tout son sens. Mais depuis l’accession du pays à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la nation mauritanienne est plus que divisée : résultat des politiques mises en œuvre par les dirigeants. Avec différents procédés d’écriture, Ousmane Moussa Diagana déconstruit cette réalité et propose une République idéale où les Mauritaniens peuvent lire objectivement leur Histoire, et épouser la philosophie de l’altérité. Le Monde et sa diversité sont au cœur de cette œuvre, c’est le lieu de saluer l’écriture transrégionale.

Ecrire cet ouvrage, revient à contribuer de façon modeste à l’étude d’une œuvre majeure de la littérature mauritanienne d’expression française. Il était par ailleurs urgent de retracer les grands axes de l’œuvre de l’un des plus grands poètes, homme de culture et chercheur de la Mauritanie et le replacer dans un contexte international, tant sur le plans de la pensée que de la création littéraire. L’œuvre diaganéenne interpelle tous les acteurs de la société. C’est une écriture qui convoque différentes disciplines (l’interdisciplinarité) où résident l’originalité et la force de son art. Le lecteur découvrira non seulement un auteur et sa densité, mais aussi un pays et ses oxymores. Lire Ousmane Moussa Diagana, dans le contexte actuel du monde, c’est se donner l’occasion de voir la pluralité, l’interculturalité et l’intertextualité poétisées : « la littérature mondiale ».

Portrait | Moussa Khairy : Opticien de renom, promoteur sportif et mécène

Horizons – Il a tracé très tôt sa voie et a fini par percer dans le haut de gamme. Il, c’est Moussa Ould Khairy, un opticien mauritanien au parcours atypique et étonnant qui, à force de travail et de sérieux, rivalise aujourd’hui avec les comptoirs optiques étrangers les plus huppés.

Il a réussi, sans nul doute, à s’imposer dans le cercle très serré des opticiens de Nouakchott, un secteur resté longtemps une chasse gardée de l’étranger où, dans l’esprit de la plupart des Mauritaniens, nos compatriotes ne pouvaient être que sages employés subalternes et anonymes.

Pourtant, le pari de patron opticien, toute proportion gardée, Moussa optical dans le jargon du métier- beaucoup de gens confondent le patron et la boite et vice-versa-, l’a incontestablement gagné.

Et pour preuve, son comptoir flamboyant situé sur le tronçon Monotel-Stade olympique où l’on peut trouver des lunettes de tout genre et faire toutes sortes de montages. L’homme est incontestablement ambitieux et a déjà fait du chemin dans l’art comme l’atteste le matériel de pointe qu’il possède.

Dans une pièce contiguë, à l’arrière de sa boutique, il nous a donné les détails les plus précis sur un appareil de prise de mesure numérique multifonctionnel, des appareils électroniques de montage ou d’assemblage semi-finis de lunettes dotés d’une pompe à immersion, des perceuses électroniques, des raineuses pour tracer des sillons, des chaufferettes pour dilater les montures….tout cela pour dire que l’homme est tête d’affiche dans les vitrines optiques de notre capitale.

Professionnel jusqu’au bout des ongles, il opte sans hésiter en matière d’ingénierie et de machinerie pour les Américains, même si ses produits proviennent de France, d’Italie et de Tunisie, un pays dont il admire les performances dans le domaine.

Dans les vitrines de « Moussa Optical » – son établissement – l’offre est au top et transcende le temps et la mode : on peut y voir impeccablement exposées scintillantes, des lunettes de soleil, des lunettes pour hommes et femmes tendance pour ne pas dire à la mode tout comme des classiques. Tout cela est vérifiable dans son site web: http://www.moussaoptical.com. En matière de qualité, son label est irréprochable car il est certifié ISO 9002.

Pourtant, quand il a eu à 19 ans seulement, son premier job de simple technicien formé sur le tas dans un grand comptoir étranger de la place, Moussa ne soupçonnait pas un jour gagner à ce point des galons dans le métier et diriger un jour sa propre société. Mais comme, il le dit « seules la persévérance et la droiture payent »… « J’ai presque grandi dans une vitrine optique qui a été, pour moi, une bonne école ».

Né en 1966 à Aioun El Atrouss, bon père de famille -qui place sa famille au dessus de tout – témoignent ses proches- Moussa qui parait plus jeune que son âge, frappe d’abord par sa modestie et sa facilité à communiquer dans la langue de Molière. De l’avis de beaucoup de gens, c’est un patron opticien d’un commerce facile.

Toutefois derrière son regard timide et fuyant se cache un entrepreneur dynamique impliqué dans beaucoup d’action de mécénat.

Méga sport : une académie de football estampillé moussa

Teint clair, regard jovial, costume impeccable, l’homme semble habitué au rythme trépidant de la vie en France où il a séjourné plusieurs fois, à l’occasion de stages de perfectionnement à l’EFOP (Etudes et Formations en Optique) de Toulon.

Debout tout le temps, il n’a pas encore perdu ses habitudes de manager général de l’entreprise où il s’est façonné et blanchi les harnais: il sait encore séduire et servir ces clients. Ces qualités se sont aussi confirmées en matière de sport : il pilote une équipe d’élite FC Tevragh Zeina, la preuve qui atteste une fois de plus qu’il est un vrai meneur d’homme rompu au maniement et la mise au pas des jeunes.

Ex vice-président de la FEDE (Fédération Nationale de Football), on lui attribue, dans le milieu sportif, une grande contribution dans l’essor qu’a connu, ces derniers temps, notre football national. Il continue à militer pour la promotion du sport en général : dans cette dynamique, il dispose à Nouakchott d’une boutique de prêt-à-porter vendant toute sorte d’équipements de sport, d’une académie de foot et d’hébergement dénommé Méga sport comprenant deux terrains de 1000 m et d’une capacité d’accueil de 47 lits.

Cette académie est un vivier incontestable d’où sont sortis beaucoup de joueurs de l’équipe national et nombre de stars qui évoluent dans des clubs au niveau mondiale et font aujourd’hui la fierté de notre pays.

Parlant de son itinéraire peu commun, il dit : « Aujourd’hui, je suis devenu opticien qualifié et pourtant, ma rencontre avec cet art et ses secrets esthétiques, est une longue histoire. Mais, quoi qu’il en soit, c’est pour avoir osé commencer quelque part que la passion est née chez-moi »…

« C’est aussi à force de ténacité et d’abnégation que j’ai pu tenir, non sans errements, le bon bout du métier ». Mais fort de l’expérience acquise au fil des années, Ould Khairy sentit le besoin de s’éclater en faisant cavalier seul. En décembre 2007, il décida d’être son propre employeur en s’installant pour son compte.

« C’était un peu un saut dans l’inconnu mais je me sentais à la hauteur car je connaissais le métier pour l’avoir pratiqué 22 ans durant ». Et pour mettre sur pied son projet qui ne démarrera effectivement qu’en mars 2008, il dut vendre sa maison et sa voiture et courir le risque de mettre « tous ses œufs » dans un seul panier dénommé « Moussa Optical », une boite où il s’érige aussi lunettier conseil. Mais à cause de sa réputation de compétence et ses qualités en marketing dans le domaine, les commandes ne tardèrent pas à pleuvoir et Moussa put démarrer son projet sur des chapeaux de roue.

Pour lui, tout bon citoyen doit privilégier le consommé local car, même les chancelleries étrangères n’hésitent pas à vendre leur pays là où elles se trouvent. « Nous n’avons pas encore atteint ce niveau mais je vois des prémices… Il faut oser entreprendre ».

Au sujet d’un appui éventuel de l’Etat, il dit n’avoir jamais essayé mais qu’il est du rôle de l’Etat de favoriser l’initiative privée ; tout comme il est du devoir des entreprises de payer leurs impôts et de s’acquitter de toutes leurs obligations vis-à-vis de l’Etat.

Parlant des banques, Moussa qui dit n’avoir jamais bénéficié de leurs services, avertit que tant que les crédits et les découverts ne se feront pas sur des bases objectives, tout prêt équivaudrait à jeter de l’argent par la fenêtre. Moussa aime aussi toujours rappeler que « le capital n’est rien, des hommes compétents créent leur capital ».

Sidi Moustapha Ould BELLAL

©️ Crédit source : repris via cridem.org (du 15/10/2019)

Langues nationales: 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha

Ceci est une note qu’il m’a semblé nécessaire d’écrire à la suite d’une lecture de l’article tout récent du Pr Ely Mustapha à propos de la transcription des langues mauritaniennes non arabes, à savoir le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof. Pour être exact, je préciserais que le Bambara n’a pas été discuté par l’auteur; mais je crois que si inclure cette langue avait traversé l’esprit de ce dernier, elle subirait certainement le même sort que celui infligé à ses sœurs.Je vais tenter de souscrire à la brièveté minimale permise par l’argumentation que je m’apprête à dérouler, et proposer donc au lecteur quelques points à l’intérieur desquels je ne manquerai pas de reprendre et discuter certaines idées véhiculées par l’auteur; dans certains cas je quantifierai la teneur en erreur de celles-ci.
Voici donc des arguments qui montrent, avec le plus de clarté qu’il m’a été possible de donner, combien le contenu de l’article de Ely Mustapha va à l’encontre des faits et combien absurde est son idée de transcrire les dites langues en caractères arabes plutôt que de continuer à utiliser le système latin qui, pour lui, est un échec total.

1– Argument utilitaire:
Tout d’abord, j’ai besoin que Ely Mustapha soit d’accord que les lettres, comme éléments de base d’une langue, existent indépendamment du système alphabétique utilisé pour transcrire cette langue. Ainsi, même si on avait pas d’écriture pour le Français, rien qu’en ralentissant son expression orale en disant « MOUTON », on arrivera à distinguer les syllabes, et enfin à isolé les éléments incassables que sont les lettres. Et pour cela, on n’a pas utiliser une représentation écrite, mais juste une expression orale naturelle. Ce qui justifie bien le caractère indépendant des lettres vis à vis du système alphabétique. Si aujourd’hui le Français adopte un autre système alphabétique, cela ne changerait en rien l’existence de la lettre « A » bien qu’elle sera écrite différemment suivant le goût du nouveau système, tout comme si Ely Mustapha décide de changer de prénom, ce ne sera pas pour autant qu’il en perdra une jambe ou poussera un troisième œil: la nature du professeur ne dépend pas du choix du prénom qu’il porte, il sera d’accord du même rapport d’indépendance chez les langues et leurs transcriptions.
Ayant compris ce fait, la question devient donc quelle transcription pour telle langue. Prenons le cas du Pulaar; une langue que je connais bien (je crois qu’un bon connaisseur des autres langues visées pourra faire une même analyse). Le Pulaar compte 31 sons primordiaux correspondant à l’idée qu’on a construite de la lettre. Si on veut voir, du point de vue utilitaire, lequel des systèmes arabe ou latin est plus indiqué pour servir de base à sa transcription, la meilleure façon de le faire est de déterminer la masse des lettres Pulaar dont les sons sont déjà représentés dans chacun des systèmes choisi. Dans l’alphabet latin de base, on trouve 22 sons fondamentaux du Pulaar (lettres) (a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, w, y). Cela fait 70.97% des lettres du Pulaar. Dans l’alphabet arabe, on en trouve 16 (a, b, t, j, h, d, r, s, dh, f, k, l, m, n, w, y); ce qui fait 51.61% des sons fondamentaux du Pulaar. Rien qu’à ce niveau, l’intérêt du Pulaar est assez clair: de l’arabe et du latin, le choix est vite fait.
Mais revenons un peu à l’analyse, car ce n’est pas tout! Imaginez un instant une langue qu’on va appeler A ayant juste 5 lettres (ou sons fondamentaux) et les partagent toutes avec avec le Pulaar, et une autre appelée B ayant 25 lettres mais en partagent seulement 5 avec le Pulaar. Laquelle des deux partage le plus avec le Pulaar? Certains pourront imaginer qu’elles sont à égalité vis à vis du Pulaar, mais il n’en est pas ainsi. En effet, c’est la langue A, bien que partageant le même nombre de lettres avec le Pulaar que la B, qui partage le plus! On s’en rend compte quand on se met former des mots dans les deux langues A et B. Dans A, on aura que des mots dont le son est Pulaar-compatible, et ce par la constitution au niveau fondamental de A, tandis que dans B les 5 lettres partagées ont toutes les chances d’être diluées dans les 20 autres, et donc la formation des mots tendra à affaiblir le rapport initial entre B et Pulaar. Ce qui fait que dans la comparaison, ce ne sera pas seulement les quantités partagées qui doivent intervenir mais aussi les masses initiales des langues de comparaison doivent entrer en jeu, tel que expliqué ci-dessus. En concret, il faut un coefficient qui modélise cela, et il n’y a pas mieux que le rapport entre ces deux masses initiales pour former ce coefficient. Ainsi, vu que les lettres arabes sont au nombre de 28 et celles latines au nombre de 26, pour mettre l’équité dans l’étude il faut multiplier la ‘parenté’ Pulaar-Latin par 28/26 (environ 1.0769) et obtenir un taux de 76.429% pour Pulaar-Latin contre les 51.61% pour Pulaar-Arabe. Donc, environ 25% de différence effective en faveur du Latin. Ceci est évidemment appelé à s’amplifier dans la formation des mots.

2– Argument pragmatique:
La diaspora issue des communautés locutrices des langues visées par Mustapha est plus nombreuse dans des pays utilisateurs du système latin (Pays francophones ou anglophones africains, France, Angleterre, Espagne, Italie, USA, Belgique, Canada) pour des raisons qu’on sait tous. Leurs descendants utilisent ce système. Donc il sera beaucoup plus simple pour eux d’aller à la recherche des 23.6% restants, en lisant Pulaar en lettres latines, que le contexte leur fournit souvent gratuitement. Tandis que le peu d’enfants de la diaspora des dites communautés présente dans les pays utilisateurs du système arabe, quand bien même auront la maîtrise de l’arabe, auront bien du mal à combler les 48.4% manquantes, trop importantes pour que le contexte suffise à les leurs suggérer. Et de toute façon, ceux-ci sont minoritaires et risquent bien de savoir déjà s’exprimer en Français pour des raisons que l’on connait.
Ensuite, être transcrite en caractères latins, pour une langue, c’est tisser une parenté avec les langues les plus puissantes du monde telles que l’Anglais, l’Espagnol, le Français etc… et partager 76% de ses fondements avec celles-ci est un avantage dans leur apprentissage, et pour rien une langue telle que le Pulaar (et ses sœurs visées) ne renoncera à une telle position. Elle va plutôt l’exploiter jusqu’à la dernière graine d’énergie.

3– Argument culturel:
Contrairement à ce que prétend Ely Mustapha, le système latin n’a pas été un échec, au contraire! Il faut tout ignorer du processus de la transcription de ces langues et l’histoire des combats culturels menés, pour tenir ces propos. La littérature en Pulaar s’est beaucoup développée dans cette transcription. Une production de qualité s’est mise en place, les éditions Binndi e Jande, les éditions ARED, les éditions Papyrus Afrique sont des exemples de plateformes qui ont servi de trait d’union entre les écrivains et penseurs comme Yero Doro Diallo, Murtudo Diop, Aboubacry Moussa Lam pour ne citer qu’eux et les locuteurs qui ne se lassent pas de s’abreuver de toute cette production littéraire. Des livres de tout genre, Histoire, art, littérature, Sciences foisonnent aujourd’hui, et dans les coins de rue de Dakar, de Bamako, de Conakry ou de Nouakchott, il suffirait d’ouvrir les yeux pour observer des transactions dont l’objet à troquer est un livre écrit dans une de ces langues. Je ne citerai pas ces mensuelles qui sortent en Pulaar à Nouakchott, ni les nombreuses classes qui utilisent cette transcription pour apprendre et maîtriser ces langues, ni l’entrée depuis deux décennies presque des lettres pulaar (‘extra-latines’) dans le numérique. On peut se procurer des claviers en Pulaar, on peut écrire le Pulaar sur toutes les plateformes numériques.

4– Argument géographique
Il faut savoir que ces langues, en particulier le Pulaar, sont transfrontalières. Elles sont présentes dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et pour certaines, dans quelques pays de l’Afrique centrale; cohabitant avec d’autres langues. Ces pays peuvent se servir du même argument pour vouloir transcrire les langues présentes sur leurs territoires dans un seul système, cela risque fort de ne pas être le système arabe, alors Pr Ely Mustapha, irez-vous jusqu’à vouloir que le Pulaar soit écrite à la rive gauche du Sénégal différemment qu’à la rive droite? D’ailleurs, proposerez-vous aux maures Sénégalais d’écrire en caractères latins pour les mêmes soucis de standardisation?

5– Argument administratif:
Toute la littérature citée plus haut et qui est disponible dans ces langues, devra donc disparaître ou être traduite (ce qui nous retarderait beaucoup) alors que beaucoup de nouvelles œuvres sont à faire. Ceci n’est pas envisageable.
L’ACALAN (Académie africaine des langues) est une institution de l’OUA qui reconnait et adopte ces caractères.

Dr Mouhamadou Sy
University of Virginia

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=403731920551068&id=100027427912973

Je suis Noble et tu dois m’obéir ! Par Babagalle Kide

Les castes constituent un obstacle majeur à la naissance d’une Nation forte et solide. Dans une stratification socialement injuste, certains éléments de la caste des « Nobles », pour on ne sait quelle raison, piétinent impunément les droits et les libertés des occupants de la caste dite intermédiaire et de la caste « inférieure ». D’ailleurs, quel rituel avez-vous accompli pour vous nommer Nobles ? Ceux qui se réfugient dans la bravour et le courage de leurs ancêtres pour se jeter des fleurs doivent se plonger dans l’histoire de l’invention des castes. Pour faire simple, la division du travail social est nécessaire pour le développement et la diversité des métiers. Par contre, pour ceux qui se disent « Nobles » Gila Dawaa Dawi, rappelons leur, à titre d’exemple, que la caste des Torrobes est à la base un regroupement de savants de toutes les couches sociales pour former la Nouvelle République théocratique du Fouta après la chute des deniankobes. En ce sens, un Torroodo est tout individu qui possède la connaissance et la vertu imposées par les révolutionnaires. Historiquement, voilà le processus et les conditions de naissance de la caste des Savants. Comme toute construction sociale, les castes ne sont exemptes d’instrumentalisation et de dérives dangereuses. C’est cette instrumentalisation qui maintient des milliers de familles dans les mains de la Classe Noble mauritanienne. Dans des villages avec un même peuple, les morts ne se valent guère. Les enfants forgerons n’oseraient même songer à courtiser une femme noble. L’individu en situation de servitude, bien qu’il soit un savant hors pair, n’aurait jamais la prétention de diriger la prière sous les yeux d’un Noble. Le cimetière des nobles est totalement prohibé aux autres castes dans certains villages. Nous voulons nous débarrasser de la domination culturelle des berbères tout en infligeant la même violence aux nôtres. Quel paradoxe!

Il est indigne et abject de se comporter de la sorte pour un peuple qui a conquis et civilisé l’humanité. Nous avons été les bâtisseurs des Pyramides, nous avons révélé à Platon l’essence de l’intelligence humaine, nous avons transmis le langage de la Nature à Pythagore et regardez où nous en sommes et dites- moi ce que vous voyez? Mettons de côté cette fierté millénaire et entamons le processus de refondation de la société africaine en général et celle de la Mauritanie en particulier. Nous pouvons, pour la justice et l’équité, pour la liberté et la fraternité, reléguer au rang de symbole notre appartenance « castique  » pour célébrer notre humanité et notre Unité. Pour rendre hommage à nos ancêtres qui, pour la stabilité de notre société, ont pensé à mettre en place un système social diversifié, pensons à faire évoluer la stratification sociale des communautés mauritaniennes en imposant des nouvelles règles et des nouveaux codes plus justes et plus égalitaires.

Tant que nous nous tairons devant la barbarie de l’homme, tant que nous nous plongerons dans le déni devant la violence et l’injustice, tant que nous nous sentirons indifférents à la souffrance des opprimés et des « mal-nés », nos enfants nous trainerons dans le tribunal des lâches et des complices directs de la misère des pauvres et de la souffrance des innocents enfants.

Babagalle kide

©️Post Facebook de l’auteur du 31/8/19

ÉVÉNEMENTIEL : Rendez-vous au méga concert COMPILATION GANBANAAXU 2019

Le 8 juin 2019 est annoncé un méga concert à Nouakchott organisé par la Marque GANBANAAXU FEDDE. Cet événement musical axé sur des références de l’unité et de la fraternité, est parrainé à la fois par l’artiste mauritanienne Maalouma Mint Mokhtar Ould MEIDAH et le footballeur international mauritanien Ismail DIAKITÉ. Sous la supervision organisationnelle du rappeur Hamady Coulibaly alias Yimbi kumma, plusieurs grosses pointures du Rap mauritanien sont attendues lors cette concert inédit qui fera date. Ainsi la COMPILATION GANBANAAXU 2019 portée par la Marque GANBANAAXU FEDDE, invite le grand public mélomane mauritanien à ce rendez-vous convivial à ne pas rater sous aucun prétexte. Les artistes au programme : Soyna Ganda, bamtare suukabe pelital, Bab zo, authentique, tonia fia, yimbi Kumma, lass rendo, Elphenoteli, tewal askanbi, rime soninké, Tobe, big sesarts, bably, force mine, Skyp.

Tous les médias nationaux et autres organes de presse sont invités pour une large diffusion via divers supports.

✅Le déroulement intégral de la Journée est prévu comme suit :

Première partie de Programme

À partir de 15h00 : prestation des artistes traditionnels, sketchs sur des thèmes de société, remise de trophées et discours des organisateurs.
L’entrée sera payante (1000 UM ou 100 MRU) pour avoir accès à toute la journée.

Deuxième partie de Programme

La compilation Ganbanaaxu qui signifie « Tous égaux en DROIT et en DIGNITÉ » est un projet initié par Yimbi Kumma, directeur de la marque Ganbanaaxu Fedde. L’objectif est de permettre à des artistes mauritaniens de se regrouper pour mettre en avant la musique et les talents provenant de Mauritanie dans un esprit de fraternité et d’égalité.
Plusieurs artistes ont été sélectionnés afin de se produire dans la Compilation Ganbanaaxu. Chaque artiste va créer un morceau qui sera diffusé plus largement grace à la Compilation.
Il y aura tout d’abord une sortie digitale de la compilation permettant une visibilité internationale des artistes grace aux supports de téléchargement légal (itunes …) et sur des plateformes de streaming (Deezer, Spotify …). La sortie digitale de la compilation Gambanaxu sera suivie d’un concert.

La soirée commencera par un documentaire rendant hommage à la musique mauritanienne avec la participation d’artistes renommés de la musique mauritanienne. Le documentaire durera 30 min environ.
Suivi de deux ou trois discours de 10 min maximum pour présenter la marque et le combat de l’association qui a permis la création de cette marque.
D’autres marques engagées seront invitées à faire leur présentation pendant 10 à 15 min.
Un artiste invité (hors compilation) sera choisi pour faire l’ouverture officielle de la soirée avec un titre qui parlera de l’unité de tous les mauritaniens.
Il sera suivi de Yimbi Kumma qui se produira pour trois morceaux en live accompagné d’un orchestre.
D’autres artistes invités se produiront pendant une trentaine de minutes.
Puis chaque artiste de la compilation viendra chanter son titre sur la compilation.

🔷📆️ Date : 8 juin 2019

🔘Lieu : Ancienne Maison des Jeunes à Nouakchott

✅Horaires : 14 H à 00 H

Communication par l’équipe organisatrice COMPILATION GANBANAAXU 2019

Éducation/Social : Une brève présentation du Centre ~ Merkez Ahlul Sunna Mauritanie à Nouakchott

Le Centre Merkez Ahlul Sunna Mauritania situé à Nouakchott, la capitale mauritanienne, est une structure portée sur l’éducation avec une méthodologie très rigoureuse et sur des projets de développement social. Doté de divers niveaux en matière d’instruction en sciences islamiques, ce jeune institut est en plein développement avec des projets en cours à l’intérieur du pays au Guidimagha notamment.

Selon les propos du premier responsable du Centre en Mauritanie , professeur et imam, Cheikh Moussa Diarra natif de Coumbadaw et formé à Médine (Arabie saoudite), l’Institut par son fonctionnement et ses contenus pédagogiques, est très différent de Madrassas classiques. À la fois internat et dispensant des modules de formation par sessions, Merkez Ahlul Sunna Mauritania prend en charge cas sociaux (Aides aux orphelins et aux veuves) dans son volet social. La fondation de l’Institut fait également de forages des puits et du reboisement en milieux ruraux en appui aux populations locales. Il est à noter que des matières liées aux sciences profanes et à la culture générale font partie des enseignements. Les cours sont payants en fonction des filières et des modules choisis . Le corps enseignant et les programmes étudiés sont standardisés par rapport au système éducatif mauritanien. Cette année, l’enseignement de la langue française a débuté.

🔘 les contacts directs Markez Ahlou Sunnah

✅Directeur Abou abdoulah Moussa abdoula Diarra, langues parlées arabe et le sonniké : 📞0022246869735

✅Abou Ali chinqrit en France : 📞0033617853243

✅Abou oumar en France : 📞0033622406461

✅Abou Malik en Espagne : 📞0034643688362

✅Abou Camara en Angleterre :
📞00447417346873

✅Abou Moustapha aux États-Unis :📞+1(646)271-6521

✅Ali coulibaly en Mauritanie : 📞0022244746682

✅Abou Moussa Souleymane Abouallah Diarra en Arabie saoudite :📞00966547922046

Dawda Kane en Égypte : 📞 +201205245259

🔷️Site Internet http://merkez-mauritania.com

🔷️Dons pour les orphelins https://www.cotizup.com/dashboard

🔷️Dons pour Merkez du Sud (Guidimagha) https://www.cotizup.com/merkez-guidimakha

فسبوك مركز أهل السنة والجماعة في موريتانيا
نواكشوط

والموقع الرسمي لمركز أهل السنة والجماعة
في موريتانيا بﻻد شنقيط المنارة والرباط

🔸️Soucre crédit : Données Merkez Ahlul Sunna Mauritania

La Table Ronde à L’EHESS Paris sur l’abolitionnisme africain au 21ème siècle, photos et récit en brief par notre BLOG.

Ce Samedi 16 février 2019, s’est tenue une table ronde sur l’abolitionnisme africain au 21ème siècle avec comme principaux intervenants, 2 activistes abolitionnistes connus, le président du mouvement IRA-Mauritanie Mr Biram Dah Abeid (député mauritanien) et Mr Ali Bouzou du Niger, secrétaire général de l’ONG Timidria et secrétaire exécutif du Réseau ouest-africain de lutte contre l’esclavage. Dirigée par Mme Catarina Madeira-Santos, EHESS (l’École des Hautes Études en Sciences Sociales), la rencontre tenue au sein de l’Amphithéâtre François Furet a eu un franc succès par la teneur des interventions et l’affluence du public. Dans sa communication, Mr Ali Bouzou a pointé le déni et les contradictions émanant des pouvoirs publics dans son pays et d’autres de la sous-région autour des problématiques liées à l’esclavage. Par la suite le leader abolitionniste mauritanien Biram Dah Abeid, récemment fait Docteur honoris causa par l’UC Louvain en Belgique, a rappelé le difficile cheminement du combat abolitionniste qu’il mène depuis une décennie avec son organisation IRA-MAURITANIE (Toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott). Le leader abolitionniste élu député au parlement mauritanien en septembre dernier, indexe un certain système de valeurs tenu par des segments esclavagistes eux-mêmes soutenus par le pouvoir étatique en place. Il appelle à un esprit de rebelle contre une légitimation de l’esclavage comme mode de vie sous le référent tronqué du religieux . Le Prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains et candidat déclaré à l’élection présidentielle 2019 en Mauritanie, pense que l’engagement politique est un des outils menant à un abolitionnisme efficient à terme. Cet angle de vue de la voie politique dans l’engagement abolitionniste est aussi encouragé par le responsable Nigérien de TIMIDRIA.

Au cours de la table ronde, l’universitaire mauritanien Abdel Wedoud Ould Cheikh a étayé sa communication en commentaires très instructifs sur une certaine légitimation religieuse de l’esclavage.

Lors des échanges avec le public, un focus a été mis sur les récents événements gravissimes liés aux mentalités esclavagistes et féodales en milieux soninkés notamment dans la région de Kayes. En répondant, le président d’IRA-MAURITANIE, réplique que les lamentations depuis ici à l’étranger ne servent pas grand chose sans un engagement courageux de résistance face aux esclavagistes sur le terrain. Par ailleurs il a reproché avec franchise à certains éléments mauritaniens du mouvement GANBANAAXU FEDDE (Mouvement abolitionniste ancré chez les soninkés) qui s’affichent politiquement avec le système étatique alors que ce dernier est le premier défenseur des forces esclavagistes de tous les bords.

🔷️Ici en intervention Mr Ali Bouzou du Niger

🔷️ici le député Biram Dah Abeid, président du mouvement abolitionniste IRA-MAURITANIE

🔷️Ici Madame Catarina Madeira-Santos (EHESS Paris)

🔷️le Professeur Abdel Wedoud Ould Cheikh, universitaire mauritanien.

🔷️Ici Leila, l’épouse de Biram Dah Abeid

✅Suite en photos côté Assistance :

🖊Récit et photos par K.S pour le BLOG