Réflexion/ Idées : 《2020 : l’incontournable Islam (partie 2) 》 Par Ousmane Timera

Partie 2/1 : Les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle qui expliquent pourquoi l’islam est incontournable pour l’avenir du monde.

L’Islam est incontournable. Ce n’est pas une simple déclaration emprunte de romantisme. L’actualité nationale et internationale le montre. C’est philosophique et politique. Il nous faut en profondeur le démontrer et dire pourquoi. Ce texte sera donc un peu difficile. Il dépasse le prêchi-prêcha qui nous est servi. Il vous respecte. Accrochez-vous. Elevons-nous.

L’Islam est incontournable ? Cela tient en ces deux points. Comprenons-les:

1) Il y a correspondance de l’Islam, en ses enseignements et réformes, en tant que négatif et opposition, avec les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle. Ces derniers, en tant que projet de civilisation, sont devenus en effet le contraire exacte, le reflet négatif de la philosophie de l’Islam telle qu’exposée dans le Coran. Et leur échec actuel, tant sur le plan civilisationnel et socio-écologique, est une justification irrémédiable du projet cosmique (nous entendons par le terme « cosmique » ce qui prend en compte les choses avec l’ensemble de ce qui est, en ses relations et interactions infinies dans la mesure du possible) de l’Islam et sa réalisation à venir, libérées des interprétations éculées et/ou contre-coraniques du passé et du présent.

2) Il y a correspondance du projet coranique avec les revendications des peuples pour la dignité, l’égalité et le partage équitable des biens et du pouvoir, ainsi qu’avec la conscience de plus en plus accrue de l’humanité en tant que famille, quant à son unité et le besoin de sa réalisation solidaire, spirituelle et politique à l’échelle planétaire, au-delà des frontières et des spécificités ethniques, religieuses, culturelles et sociales. La réalisation de ce projet sera (les prémisses se réalisent sous nos yeux) prise en charge par l’humanité entière qui se rendra compte de la concordance qui existe entre ses aspirations et les inspirations du Coran.
C’est l’existence de ces deux éléments, que nous allons analyser plus en profondeur, qui rend l’Islam incontournable, en raison de sa vision et de son projet cosmique, pour l’avenir du monde tant sur le plan philosophique-religieux (la dimension spirituelle et symbolique de l’humanité) que sur celui géopolitique qui commande la politique (la dimension temporelle de l’humanité). Et c’est ce qui explique en partie, selon nous, le fond de l’excitation et de l’agitation de l’ordre mondial actuel contre/vis-à-vis de l’Islam.

Analysons le premier point et répondons à cette question :

Quels sont les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle et qui expliquent ses dérives politiques et écologiques ? Dérives qui nécessitent et préparent une compréhension et une réalisation plus accomplies du projet de l’Islam, à la conclusion duquel l’expérience humaine arrivera (est en train d’arriver) bon gré mal gré.

Il faut le dire, les cinq siècles de suprématie occidentale sont sérieusement remis en cause. Nous assistons à un changement inédit des rapports de force au profit d’autres puissances et ères culturelles (notamment asiatiques). Le leadership mondial est en train de changer de main. Et cela ne se fera pas sans conflit.

L’occident, à travers ses élites financières, politiques et intellectuelles, veut garder sa place. Et il lui faut embrigader ses populations et ses moyens pour cet objectif. Quitte, pour ce faire, à revenir sur les Droits de l’Homme et sa philosophie égalitaire, devenue une croyance auprès de la majorité des populations européennes et américaines après l’amer expérience des deux guerres mondiales. Ce, afin que ces valeurs ne soient plus un obstacle moral dans la concurrence effrénée pour les richesses et les ressources ; et pour les replonger (ces populations occidendentales) dans la croyance nauséabonde de la suprématie raciale, civilisationnelle et religieuse, qui justifiera la (future, si rien ne s’y oppose) recolonisation directe de l’Afrique, du Monde musulman, de l’Amérique du Sud et d’une partie de l’Asie, avec l’exploitation outrancière des gens (à l’intérieur comme à l’extérieur des sociétés occidentales) au nom de la guerre économique et de la croissance.

Voilà ce qui explique en partie l’islamophobie et son inoculation médiatique et académique d’une part ; et d’autre part, concomitamment, la mise en pièce méthodique des droits sociaux et économiques et la mise au pas des États, de la démocratie et des populations, pour répondre à la logique froide du marché et aux besoins d’expansion des oligarchies financières.

Telle est la situation que nous vivons. Mais poussons plus loin notre réflexion. La mondialisation et globalisation actuelles, issues du modèle occidental, repose sur l’application de la loi de l’évolution et de la sélection naturelle dans les relations économiques, politiques et internationales. Elle est un reniement méthodique du sens, de la morale, du symbolique et du religieux qui reposent sur la transcendance divine, la dignité humaine et le dépassement de cette vie d’ici-bas vers l’au-delà qui le comprend. Ce, soit par la négation pure et simple ; soit par leur soumission à la justification idéologique de l’ordre des choses. Dieu et la religion, avant (dans une théocratie), l’homme et la démocratie ou les droits de l’homme, aujourd’hui (dans «l’anthropocratie»), sont des paravents qui servent à masquer et justifier la domination : ils en parlent d’autant plus qu’ils n’y croient pas/plus.

En d’autres termes, la séparation et opposition de la nécessité naturelle et de la liberté morale ou, en d’autres termes, de la politique et de la religion, au détriment du second qui s’atrophie (ou le contraire), est ce qui caractérise le modèle civilisationnel de la mondialisation actuelle. C’est une réduction philosophique et religieuse volontaire à l’ici-bas, au détriment de l’au-delà et de l’idéal. C’est un affaissement envers les seuls besoins naturels contre ceux du spirituel qui ne le nie pas et les englobe (du moins en Islam et dans la modernité). Ce qui déchiquette notre monde intérieur et épuise notre monde extérieur, en en faisant un moyen (dans les deux sens) et un combustible pour alimenter l’ordre naturel quantitatif des choses et celui des plus fort, qui se transposent comme idéal indépassable.

Il n’y a ainsi plus de dépassement possible de soi et du monde, car il n’y a plus d’au-delà vers lequel tendre et qui nous inspire. La seule chose qui s’impose c’est alors l’imitation de ce qui est considéré comme le summum (l’Occident) et la soumission de l’Être à cela. Et c’est le plus fort, dans le jeu naturalisé et normalisé des rivalités et interactions entre individus et entre peuples, qui doit avoir raison des plus faibles qu’il est naturellement normal, dans cette logique, d’exclure, d’exploiter et d’écraser.

C’est une conception qui insère et réduit l’homme et les relations humaines dans les lois de la nature, c’est-à-dire de la nécessité déterministe et du rapport de force; et fait du monde de la liberté, c’est-à-dire de la conscience, de la morale et de la religion, une chimère qui ne se sépare point de la réalité naturelle du phénomène humain, au détriment de son autre réalité spirituelle. Il n’est ainsi, de ce point de vue, qu’un animal évolué qui reste tributaire des lois naturelles auxquelles sont soumis, au même titre, les animaux.

Or à ce niveau réduit et restrictif de l’existence, les notions de dignité, de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité sont inexistantes, et ne peuvent servir tout au plus que de moyens (et non de fins) pour, de la part des plus fort, ruser contre les faibles et les soumettre (l’explication de la religion pour Marx) ; ou pour, de la part des faibles, désarmer les plus fort et leur volonté de puissance (l’explication de la morale pour Nietzsche).

Dans tous les cas, il s’agit bien d’un reniement de la dimension spirituelle de l’être humain, qui transcende sa dimension naturelle (sans la nier comme le prône l’Islam) et n’est pas soumise aux lois de la nécessité. Dimension d’où proviennent les idées de Dieu, de dignité et de fraternité humaine, de justice et de retour à la vie (Kant, Descartes, Ibn Khaldun, Ibn Taymiyya, al-Ghazali). Dimension humaine issue, selon le Coran, de l’esprit divin insufflé en lui (mais qui n’en fais pas un dieu ni un ange) et qui fonde sa dignité et son rôle de calife/lieutenant de Dieu sur terre.

C’est alors, dans cet oubli, l’isti’mâr (action de vitalisation et d’exploitation de la terre) qui se fait sans les principes de l’istikhlâf (la lieutenance selon des principes divins et cosmiques supérieurs) qui lui donne ses orientations divines et humaines de civilisation. C’est la source de la corruption (fasâd) de la terre et de la falsification (tahrîf) de la conscience humaine.

Voilà l’origine des excès économiques, technologiques et écologiques, dévastateurs pour l’humanité, de la mondialisation actuelle. Cela, en raison du détachement de son modèle vis-vis de tout principe transcendant divin (quelque-soit le nom donné à la divinité) et/ou de la falsification de l’idée que l’on s’en fait à travers la religion judéo-chrétienne, qui en est l’inspiratrice véritable. Nous y reviendrons (dans la prochaine partie).

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur (24 janvier 2020)

L’entretien avec le mathématicien Mauritanien Toka Diagana, par Initiatives News

Initiatives News – Chef de Département Mathématiques du “University of Alabama” aux États-Unis d’Amérique, Toka Diagana, le mathématicien mauritanien a séjourné à Nouakchott en décembre.

Il a dispensé des cours de mathématiques à l’Université de Nouakchott en marge de la première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France).

Professeur Toka Diagana revient dans cet entretien avec Initiatives News sur ce séjour.

🔹️Initiatives News : Professeur Toka Diagana, vous avez séjourné en Mauritanie en décembre dernier. Quel était le but de ce séjour ?

Toka Diagana : Permettez-moi ; toutefois de vous présenterainsi qu’à tous vos lecteurs mes meilleurs vœux à l’occasion de la nouvelle année.

Pour en revenir à votre question, ma récente visite en Mauritanie avait trois principaux objectifs. Le premier consistait à enseigner à l’université de Nouakchott un cours de 3ème cycle intitulé « Evolution Equations and Their Applications to PDEs » dont le but est de familiariser les étudiants de 3ème cycle avec les outils de base pour la résolution d’équations différentielles dans des espaces abstraits en utilisant l’approche des semigroupes et ensuite faire usage de tels résultats abstraits pour résoudre certaines équations aux dérivées partielles (l’équation de la chaleur, l’équation des ondes, etc.).

Plusieurs étudiants et enseignants ont participé à ce cours qui du reste a été dispensé de façon accélérée faute de temps. Il fallait que je rentre aux Etats-Unis avant le 1er janvier pour préparer mon département à notre rentrée universitaire qui était prévue pour le 6 janvier.

Le deuxième objectif de ma visite consistait à participer àla première Mini-Conférence organisée conjointement par l’unité de recherche Géométrie, Analyse, Algèbre et Applications (G3A) de l’université de Nouakchott et les membres de la Diaspora Mauritanienne représentée par Prof. Mohameden AHMEDOU (Giessen University, Allemagne), Prof. Sidi-Mahmoud KABER (Sorbonne Université, France), et moi-même. Ce fut une réussite totale dans la mesure oùcette conférence nous a permis de communiquer et d’échanger avec nos collègues de l’Université de Nouakchott et ainsi que les étudiants.

Enfin, comme troisième objectif, j’ai profité de mon séjour à Nouakchott pour travailler avec une étudiante en Thèse de doctorat que je co-encadre depuis un an.

Ce qu’il faut noter c’est que j’ai l’habitude de passer les mois de décembre en Arabie Saoudite pour enseigner ou donner des conférences notamment au King Fahd University of Petroleum and Minerals (KFUPM) a Dahran où je suis « Adjunct Professor ». Mais en décembre passé; j’ai décidé de rentrer en Mauritanie pour y apporter ma très modeste contribution à la formation de la jeunesse. C’est aussi une façon à moi de rendre à ce pays un tout petit peu de tout ce qu’il m’a donné ; notamment en finançant mes études en Tunisie et en France.

🔹️Initiatives News : Beaucoup d’étudiants ont apprécié votre présence à l’Université de Nouakchott. Vous incarnez un idéal pour ces jeunes qui sont pourtant exposés au risque de chômage dans un pays où les études sont de plus en plus difficiles à supporter…

Toka Diagana :J’ai eu beaucoup de feedbacks notamment de la part des étudiants. Et ce, après mes cours et ma conférence plénière à l’université de Nouakchott. Nos jeunes n’ont qu’une seule ambition, c’est de pouvoir continuer leurs études pour de meilleurs lendemains. Nous devons absolument leur fournir cette opportunité. Cela peut absolument se faire sur place en Mauritanie même si la plupart de ces jeunes veulent aller continuer leurs études hors des frontières mauritaniennes notamment aux Etats-Unis.

Pour donner l’envie aux jeunes de continuer leurs études en Mauritanie, nous devons opérer quelques changements profonds dans le système éducatif actuel. Je ne crois pas une seconde que nos voisins Marocains ou Tunisiens soient plus intelligents que nous. La différence entre eux et nous, c’est que nos voisins ont compris depuis très longtemps que l’éducation est la clé de leur réussite pendant que nous mauritaniens continuons à tergiverser sur des problèmes inutiles.

Ce qu’il nous faut, c’est un système éducatif juste auquel les Mauritaniens ont confiance. Nous devons investir dans l’éducation mauritanienne pour de meilleurs retours d’ici quelques années. Une fois que l’on offre une bonne éducation a quelqu’un ; il faut également lui offrir l’emploi qui lui sied.

Ce qu’il faut en Mauritanie c’est dans un premier temps identifier les secteurs où le pays a le plus de besoins et par la suite former les étudiants en fonction de cela.

J’ai, lors de ma rencontre avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports Mr Taleb Ould Sid’Ahmed, eu une discussion très intéressante à ce sujet. J’ai surtout été très impressionnéde noter qu’il prend le chômage des jeunes à bras–le–corps et qu’il a l’ambition decréer des milliers d’emplois notamment à travers les formations professionnelles appropriées. C’est en effet ce genre de « mindset » dont a besoin en Mauritanie pour contrecarrer le chômage des jeunes.

🔹️Initiatives News : Justement, vous avez rencontré le ministre de l’emploi, de la jeunesse et des sports. Vous avez également été reçu par le Président de la République. Sur quoi ont porté vos discussions ?

Toka Diagana :J’ai en effet été reçu par le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports M. Taleb Ould Sid’Ahmed. J’ai franchement été très séduit par son humilité, son dynamisme, et son constant souci de vouloir mettre fin au chômage des jeunes en Mauritanie. Nous avons longuement discuté de quelques pistes qu’il est en train d’explorer dans ce sens.

C’est quelqu’un qui veut vraiment faire bouger les lignes. J’espère simplement qu’il est bien soutenu dans son action car il en va de l’intérêt de la Mauritanie. Bon, c’est également la première fois que je rencontre un Ministre qui parle toutes les langues mauritaniennes. Oui, nous avons parlé Soninké !

J’ai été reçu également par le Chef de l’Etat Mr. Ghazouani le 31 décembre 2019 pour un entretien qui a duré environ une heure. Nous avons discuté d’une dizaine de questions d’intérêt national dont celles relatives à la double-nationalité, le vote des Mauritaniens de l’étranger, etc. Là encore, j’ai trouvé un Président de la République posé et à l’écoute. Il a pris notes lui-même ; cela montre clairement que ce dernier est intéressé à résoudre les problèmes auxquels les Mauritaniens sont confrontés. Nous avons longuement discuté de mes propositions. Je ne rentrerai pas dans les détails de nos délibérations et de ses promesses mais je qualifierai notre rencontre de porteuse d’espoir pour la résolution d’un certain nombre de questions de portée nationale. Je profite de l’occasion pour remercier tous ceux et celles qui sont à l’origine de l’idée d’une rencontre entre le Président de la République et ma très modeste personne et qui par la suite ont travaillé d’arrache-pied pour qu’une telle rencontre puisse avoir lieu. Enfin, je remercie le Président Ghazouani d’avoir accepté de me rencontrer et d’avoir pris le temps de m’écouter et de discuter de mes propositions.

Pour en revenir à votre question, mes rencontres avec le Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports et le Chef de l’Etat ont suscité beaucoup d’espoir chez moi. Chez l’un comme chez l’autre, j’ai noté un souci constant de vouloir résoudre les problèmes des Mauritaniens et ce, dans l’humilité et sans tambour ni trompette.

Au cours de mes discussions avec le Chef de l’Etat. J’ai attiré son attention sur le problème des retraites car comme nous le savons tous; les retraites en Mauritanie sont dérisoires.

En effet, beaucoup de Mauritaniens qui au cours de leur vie active gagnaient bien leur vie se retrouvent dans la pauvreté lorsqu’ils commencent à toucher leurs pensions de retraite. Cette situation n’est pas acceptable. Lorsqu’on cotise toute sa vie ; on doit percevoir une retraite digne. A mon humble avis ; toute lutte contre la pauvreté en Mauritanie doit nécessairement passer par une revalorisation des retraites. J’ai eu un débat intéressant avec le Président sur là-dessus.

Le Président m’a surpris en partageant avec moi quelques éléments d’un dossier sur les retraites sur lequel il était en train de travailler. Oui tout cela me rend optimiste !

Propos recueillis par Kissima Diagana.

©️ Crédit source : Initiatives News via cridem.org

RMI-INFO AWARDS 2019 : Un bref photoreportage de notre Blog !

Ce vendredi 10 janvier 2020, a eu lieu la première édition RMI-info Awards , au sein de l’Espace du Patronage Laique Jules Vallès situé au 72 avenue Félix Faure, Paris 15. RMI-info.com est un organe médiatique multimodal très dynamique au sein de la diaspora mauritanienne en Europe. Autour de Mr Saidou Wane, une talentueuse et prometteuse équipe assure son fonctionnement de média moderne et libre axé entre autres sur l’expression de la diversité culturelle et d’opinions politiques. Et cette grande première de Rmi-info Awards, a été un événement convivial et citoyen avec des nominés respectables dans différentes catégories et au final des Primés valeureux choisis par le jury. Côté public, retrouvailles et rencontres ont été certainement appréciées et fructueuses. Pour parler des Primés 2019, je salue et félicite tout le monde ayant été sacré dans divers domaines (Entrepreneuriat, Social, Culture, Économie, Droits humains, Sciences et Autres).Et mes encouragements et mes félicitations à l’endroit de l’équipe organisatrice Rmi-info Awards et ses partenaires pour cette initiative et sa réussite. Ma sincère reconnaissance pour l’invitation en mon nom personnel et au nom de notre BLOG SONINKIDÉES – J’OSE.

《🏆 RMI Awards 2019 voici le palmarès

📚Livre de l’année : L’Oubli volontaire (Mohamed LAM)

🧑🏽‍💼 Entrepreneur de l’année : Abdoulaye Sy (Obconnect)

✊🏼 Initiative associative de l’année : Couverture Maladie (l’EED)

👨🏻‍🎨 Artiste de l’année : (Diam Min Tekky)

🏳️ Association de l’année : AJMF (association des jeunes mauritaniens en France) Abdallah Ould Mohamed

💼 Entreprise de l’année : CADORIM (Mohamed M Ould Neine & Mohamed Mbeirik)

🎞 Film De l’année : Ganda le dernier Griot (Ousmane Diagana)

👨🏿‍🎓 Thèse de l’année : Abdoulaye Sow

👩‍💼 Femme de l’année : Kor Samba Mint Messaoud (Miss Mauritanie en France)

👨🏽‍💼 Homme de l’année : Ibrahima Fadeh (CENI France)

🏅 Prix spécial du jury Hors Diaspora : Mekfoula Mint Brahim

🎖 Prix spécial du jury : Heydi

📺 RMI-info.com La #Mauritanie 🇲🇷 et ses actualités》🔹️Source : Page officielle Facebook RMI-info.com

l’événement en quelques photos :

Merci et Courage RMI-INFO

🔹️Par KS POUR LE BLOG

Soninkara – Réflexion : la question épineuse de la Femme soninké et ses Droits en milieux ruraux !

Femme soninke connue par sa bravoure, sa détermination pour le développement. Elle combine à la fois ses tâches ménagères et ses actions économiques (travaux champêtres, petites activités génératrices des revenus….). Elle se réveille tôt le matin aux premiers chants de coq annonçant l’aurore de la journée. Au petit matin, l’enfant collé au dos, elle allume le feu à base des fagots qui dégagent la fumée, soit dans une minuscule chambre, soit en plein air dans un espace venteux ou froid pendant que les autres membres de la famille sont sous la couette attendant qu’ils soient servis tranquillement. Elle fait sa cuisine, sert les plats et faits sa lessive. Après avoir fini les travaux ménagers, elle prend le chemin de la brousse enfant au dos pour faire des kilomètres à pied afin de mettre en valeur ses champs sous un soleil à plomb sources de ses revenus aléatoires. Au soir elle rentre à la maison fagots à la tête et on entend le crépitement des pieds dans un espace caillouteux pour finir les travaux ménagers nocturnes. Elle sert le dîner et fait encore sa lessive entourée des marmailles qui se plaignent pour chaque acte. Ainsi, elle va se doucher tardivement sous une lumière peu éclairée de la lampe tempête. Elle est à la fois la première à se réveiller très tôt et la dernière à se coucher dans le foyer.

Vu les multiples occupations quotidiennes de la femme soninké, qu’est-ce que soninkara lui a réservé ?
Soninkara n’a rien trouvé que de la tenir dans l’illettrisme total et dans la marginalisation. Elle est écartée de toute prise de décision familiale ou communautaire. Dans certains milieux ruraux soninké, par volonté de domination masculine, la femme soninké est privée ou très passablement orientée vers une instruction religieuse et scientifique. Ce Soninkara caractérisé par l’envie de l’émigration, a oublié que le socle de la communauté repose sur l’épaule de ces braves et dynamiques femmes. Les hommes sont appelés traditionnellement à cause d’une certaine pression sociale de divers ordres à émigrer d’une ville à une autre voire d’un pays à un autre par tous les moyens disponibles laissant derrière eux des femmes et des jeunes quasiment illettrés. Malgré les conditions difficiles décrites de son environnement social, cette femme se bat pour donner le meilleur d’elle-même sur le plan éducatif et social. Ce brassage socio-culturel à travers l’émigration n’a pas pu apporter des réformes sociétales. Ainsi, cette communauté (soninkara) se plaint de la dégradation de l’éducation, de la malversation économique voire la dépravation des mœurs bâties depuis des belles lurettes à travers la fameuse phrase « soninkaxu maintaa », ce qui renvoie à la vision obscurantiste qui se croit au centre du monde. Cet esprit d’arrogance, qui écarte toute forme de remise en question a poussé soninkara à marginaliser la femme soninké de l’instruction et d’accès au savoir par divers canaux.
Par le biais de cette migration les hommes découvrent sous d’autres cieux des cultures, rencontrent et épousent des filles cultivées pleines de vie élégante. Ces hommes qui ont par ailleurs privé les filles/femmes du terroir, de leur droit à l’éducation, à s’ouvrir à d’autres cultures voir même leur refuser le brassage par le mariage. La femme soninke se trouve entre le marteau et l’enclume. D’une part soninkara l’a refusé à l’accès au savoir et à la modernité et les hommes la fuient pour aller se marier avec les autres civilisations ; et d’autre part soninkara refuse à ses filles de se marier avec d’autres hommes des cultures différentes d’où actuellement les filles et femmes divorcées ont du mal à trouver des maris.
Cette iniquité de soninkara a laissé des impacts négatifs sur tous les aspects de notre civilisation face à la croisée des civilisations mondiales. Au sein de la même communauté très stratifiée, soninkara refuse le mariage intercommunautaire (mariage endogamique) pour des raisons des castes et d’esclavage statutaire. À l’instant dans beaucoup des contrées des pays d’Afrique de l’ouest et dans la diaspora, ces clivages bloquent nos filles et nos cousines à trouver des maris préférés. Ce même comportement a été transplanté au sein des diasporas soninkés vivant même dans les grandes civilisations dites modernes. Ce repli identitaire sur soi au risque et péril de la jeunesse sur la voie de la dépravation des bonnes mœurs. Cet analphabétisme à grande échelle des femmes a beaucoup impacté la jeunesse qui ne voit leurs pères que quelques mois chaque deux ans ou dix ans suivant les circonstances.

🔹️Par Moussa Diakhité, mauritanien et assistant – conseiller à l’insertion sociale en région parisienne

Le rôle essentiel des partis politiques n’est-il pas de participer à l’animation de la vie politique ou plutôt un intermédiaire entre le peuple et le gouvernement: Tentative de réflexion/ Dr. Sao Ousmane

« Un homme peut gravir l’Everest pour lui-même, mais au sommet, il plante le drapeau de son pays » Margaret Thatcher

Texte et contexte :

« On note depuis quelques années une certaine désillusion des citoyens envers les partis politiques, qu’ils ne considèrent plus forcément comme leurs meilleurs représentants et intermédiaires. Dans certains pays, les partis ont une fonction de direction. Ils ont pour objectif la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée. Si dans les régimes pluralistes (où existent plusieurs partis) la conception traditionnelle est que le pouvoir exécutif est en charge de l’intérêt national indépendamment des partis, ceux-ci assurent bien la conduite de la politique nationale, par l’intermédiaire de leurs représentants au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Ils légitiment et stabilisent le régime démocratique, en le faisant fonctionner. Animateurs du débat politique, ils contribuent aussi à structurer l’opinion publique. »Les participations à la vie de la cité, 30 juin 2006

Selon les analystes politiques,on distingue trois différents types de partis politiques :

1– Les partis dits « de cadre » nés au XIXème siècle, sont des partis de notables issus, dans un premier temps, de la bourgeoisie ou de l’aristocratie et se situent traditionnellement à droite ou au centre comme c’est le cas en France.

2– Les partis dits « de masse » nés au début du XXème siècle avec le développement du socialisme et du communisme, ont pour objectif la transformation de la société et la réalisation d’un ordre social nouveau. Pour cela, ils s’appuient sur une organisation structurée et hiérarchisée et sur un grand nombre d’adhérents, assurant ainsi leur autonomie financière et permettant l’encadrement des électeurs ;

3– Les partis d’électeurs, notion apparue dans les années 1960 et liée à l’approche américaine (système des primaires), sont caractérisés par la recherche du rassemblement du plus grand nombre possible de sympathisants, et s’attachent à la promotion d’objectifs consensuels.

Développement

Dans tous les pays du monde, les acteurs politiques sont représentés par les militants des partis politiques qui cherchent à conquérir le pouvoir. Les citoyens ancrés dans des organisations cherchent à influencer les politiques publiques et l’action du gouvernement dans le sens de leurs intérêts. Ainsi à côté des partis politiques, les organisations professionnelles, les organisations de la société civile, les institutions parlementaires et judiciaires, les Universités et l’Etat, chacun en ce qui le concerne, est un acteur unique ayant un rôle distinct et irremplaçable. La finalité de l’action publique et de la cohésion sociale est le bien-être individuel, social, économique et culturel. La démocratie n’est pas une fin en soi mais un moyen pour réaliser le bien-être et la dignité des êtres humains. Pour faire une démocratie réussie, il faut que les acteurs agissent en synergie, dans une clarté distinctive des rôles, avec sérénité, écoute et respect mutuel. La démocratie se construit à travers nos manières de penser, nos manières de parler, nos attitudes les uns vis-à-vis des autres, nos comportements et nos pratiques. Notre continent est à la croisée des chemins et vit des moments uniques de son histoire. Une nouvelle génération se cherchepour être aux affaires et dans l’opposition. Les batailles électorales s’annoncent rudes et deviennent de plus en plus prématurées. Malgré l’importance des enjeux actuels et futurs, nous avons tous la responsabilité d’œuvrer pour des débats apaisés sur l’orientation de nos politiques publiques, l’utilisation de l’argent public par une gouvernance transparente et démocratique et l’effectivité d’une démocratie administrative au service unique du bien-être du citoyen. (Anne Muxel2001).

En Afrique, malheureusement les acteurs de la pratique démocratique sont confus et nagent dans une absence quasi-totale de discernement. Notre pratique démocratique semble étourdie. Nous avons une permanence de la contestation dirigée par les partis politiques comme s’ils voulaient prolonger les batailles électorales perdues. Ce n’est pas leur rôle. Il n’est pas du ressort d’un parti politique d’organiser des marches et de les diriger. Leur vocation est de conquérir le pouvoir par la conception et la vulgarisation d’une nouvelle offre politique, sinon cela ressemble à une révolution. Les partis politiques doivent continuer à former leurs militants, se massifier et concevoir des programmes alternatifs pour la conquête du pouvoir. Leur action significative doit se construire autour des joutes électorales. La société civile doit être d’alerte ; elle doit cesser d’être une société civile d’anecdotes ; elle doit éviter de faire les batailles des partis politiques ; elle doit chercher, fouiller, interpeler le gouvernement et l’Assemblée Nationale lorsqu’elle sent une déviation dans l’action publique ; elle doit également informer les populations, faire le plaidoyer pour la prise en compte de questions émergentes et de nouveaux défis. La construction d’une grande démocratie nécessite une société civile informée, alerte, structurée, forte et mesurée.Le gouvernement doit aussi répondre et considérer les interpellations de la société civile et des citoyens.(Daniel-Louis Seiler, Ellipses, 2003), (David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary., 1742)

Les partis politiques, crise de confiance ou désintérêt ?

Les partis politiques n’ont plus la cote. Et c’est un euphémisme au point qu’on évoque leur disparition un jour ou l’autre pour laisser la place à des mouvements plus participatifs. Nous constatons une dégénérescence presque programmée des structures partisanes et les militants désertent depuis des années ces partis traditionnels dans lesquels ils ne se reconnaissent plus. Il ya aujourd’hui une forte tendance au sein de la population mauritanienne pour considérer que ceux-ci ne comprennent pas les problèmes du pays. Ce sentiment est lié au fait que les notables qui les dirigent, refusent d’élargir tout processus de renouvellement et de réformes. Et cette absence de renouvellement entraîne la désaffection politique. Comme dans toute activité humaine, la non-concurrence et l’instauration de monopoles de situation finissent par étouffer toutes initiatives. (Georges Lavau, Armand Colin, 1953).

Des partis à l’ancienne

Ce sont ces partis à l’ancienne où des milliers de personnes encartées sont toujours convoquées à des réunions de fédérations, de sections, de cellules toutes les semaines pour satisfaire les caprices du chef. Aucune proposition, ni d’offre politique alternative sérieuse n’émane de ses réunions de comité. Ces pratiques finissent par lasser les militants politiques qui luttent en faveur du développement du pays. La politique reste pour eux un territoire où la souveraineté populaire et la citoyenneté ne sont que des illusions. L’absence de débat interne, de structuration, de propositions concrètes et de stratégies de gouvernance engendre une profonde fracture entre le monde politique et les citoyens. En même temps qu’une grande frustration de l’électorat.(Michel Offerlé, 2006)

Une défiance forte des citoyens vis-à-vis des responsables politiques

Face à cette situation, les citoyens aspirent de plus en plus à sortir de ce schéma traditionnel et à mettre en place des formes de démocraties directes ou participatives afin de reprendre en main leur destin. On voit ainsi émerger de nombreux mouvements qui entendent revitaliser la démocratie en remettant le citoyen au cœur du débat public. Le phénomène grandissant de ces nouvelles organisations témoigne d’une volonté de changement. Les mouvements politiques de citoyens sont aujourd’hui une réelle alternative pour une opposition éclairée, forte, lucide, imaginative et déterminée, contre la gouvernance actuelle du pays dans laquelle nos compatriotes sentent captifs.(Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., PUF, 2007)

Le renouveau politique, un vaste chantier

Nos pays ont besoin d’un renouveau politique, une nouvelle force capable de dessiner un projet émancipateur, social et économique. Pour être légitime, les hommes politiques devront s’adresser, rassembler le plus grand nombre en acceptant l’hétérogénéité des cultures et en assurant une cohérence d’ensemble. Le renouveau politique appelle à un vaste chantier, celui d’un véritable « contrat démocratique ». Le potentiel existe dans notre pays dès lors que l’on sort de la politique électoraliste permanente qui bloque toutes les initiatives et interdit toute émancipation citoyenne. Surtout dans les pays comme la Mauritanie, l’économie nationale a d’énormes promesses favorables avec la découverte de pétrole et de gaz ; il est impératif avec cette découverte de revivifier le débat public afin d’associer toutes les forces vives du pays à la restauration d’un véritable Etat démocratique porteur d’ambitions et d’espoir. Dans ce contexte précis notre citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité et de ses droits civiques et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique (Benjamin Constant, 1837). Chaque citoyen doit respecter les droits des autres qui sont identiques aux siens. Le terme de devoir peut aussi désigner une réalité plus morale qui doit guider le citoyen dans son comportement dans l’espace public. L’attitude des citoyens les uns envers les autres est primordiale pour rendre supportable la vie en société. La politesse, le respect, la capacité à venir en aide à une personne en difficulté sont des éléments capitaux pour une citoyenneté vécue au quotidien. Les manquements à ces règles élémentaires de vie en commun affaiblissent la notion de citoyenneté. Ensuite, les citoyens sont obligés de respecter les lois afin de permettre une vie en société organisée et d’éviter le développement de la loi « du plus fort ». On serait alors dans une situation anarchique, chacun agissant selon son bon plaisir, sans souci de la règle commune. L’obligation pour tous les citoyens de respecter les lois est la meilleure assurance que la liberté, les droits et la sécurité de chacun d’eux soient garantis de manière effective.

Dr Sao Ousmane : Président Cadre de Concertation et de Dialogue des mauritaniens de la Diaspora (CCDMD) ;

🔹️Bibliographie

Anne Muxel : L’expérience politique des jeunes Pôle Sud Année2001, Paris presse de science Po.

Guillaume Bernard, Éric Duquesnoy, dir., Les forces politiques françaises, Paris, PUF, 2007.

Michel Offerlé, Les partis politiques, Que sais-je no 2376, 5e édition, 2006.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques, Paris, A. Colin, 1993.

Daniel-Louis Seiler, Les partis politiques en Occident : sociologie historique du phénomène partisan, Paris, Ellipses, 2003.

Maurice Duverger, Les partis politiques, 1951, Paris, Armand Colin.

Georges Lavau, Partis politiques et réalités sociales : Contribution à une étude réaliste des partis politiques, Paris, Armand Colin, 1953.

Philippe Raynaud et Stéphane Rials, Dictionnaire de philosophie politique, PUF, coll. « Quadrige dicos poche », 2003, 928 p. (ISBN 213052947X).

Henri Saint Jean Bolingbroke, Dissertation upon parties, 1775

Bernard Cottret et Marie-Madeleine Martinet, Partis et factions dans l’Angleterre du premier XVIIIe siècle, Presses Paris Sorbonne, 1991, 179 p. (ISBN 2904315926).

Benjamin Constant, Cours de politique constitutionnelle, Société belge de librairie, 1837, p. 202 David Hume, Essays, Moral, Political, and Literary, Liberty Fund, Inc., 1742

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur via Mail

Événement/Droits Humains : le discours du leader abolitionniste mauritanien BDA à Weimar (Allemagne)

Espoir et lucidité

Biram Dah Abeid,
Weimar (Allemagne ), 10 décembre 2019

Chères lauréates, chers lauréats du Prix Weimar, monsieur le Bourgmestre, mesdames et messieurs membres du Conseil municipal, monsieur le Président de l’Association pour la Défense des Peuples Menacés, chers militants d’IRA-Germany et IRA-Europe.

Je me sens très ému à cet instant où je retrouve la belle ville de Weimar, son personnel dirigeant et les activistes allemands des droits de l’Homme, qui m’ont soutenu et épaulé, il y a dix ans, alors dans mes débuts, semés d’embuches, au commencement d’une rude et longue bataille avec le pouvoir de mon pays, la société et le corpus idéologique dont il procède. Uni aux puissantes corporations du capital privé national, les politiciens, le clergé et les média, l’Etat de Mauritanie adoptait contre nous, dès le début, la ligne de l’éradication, par tous les moyens, il fallait étouffer dans l’œuf, le nouvel avatar du mouvement abolitionniste et antiraciste que nous venions de créer. Les manifestations autour de la thématique de l’esclavage constituaient des tabous, délimités d’une ligne rouge.

Chères mesdames et messieurs, après que vous m’avez primé en 2011, sous votre belle étoile, je bénéficiais, en chaine, de prestigieuses distinctions dans le domaine de la défense des droits humains. Sans prétendre à l’exhaustivité, je citerai le prix Frontline Defenders (Irlande), celui des Nations-Unies pour la Cause des Droits de l’Homme (Onu), le Tulipe (Pays-Bas), le ICNC (Boston, Usa), le Tip Héros (Departement States, Usa), Aichana (Abolition Institute, Chicago, Usa), Mémoires et Partage (Bordeaux, France). Grâce à votre soutien précoce, je figurais parmi les 100 personnalités de TimeMagazine2017 et les 100 africains de l’année en 2017.

Cependant, comme une rançon de la notoriété, le revers de la médaille, je vous le dois aussi: en effet, mes compagnons d’IRA-Mauritanie et moi même, avons subi plus de 15 procès, depuis ma distinction devant vous, ici en 2011. Toutes ces poursuites nous furent infligées – arrestation, emprisonnement, jugement et peine – à cause des idées et des activités pour lesquelles vous m’avez primé, trois fois entre 2011 et 2018 et dix autres, au profit de compagnons de route. Ceux-ci et beaucoup et d’autres ont été torturés, blessés, fracturés, au cours d’une répression indicible que le pouvoir mauritanien nous appliquait pendant une décennie.

Mais, Dieu merci, malgré l’ampleur du sacrifice, notre mouvement s’en sort revigoré et aguerri, en somme affermi par l’épreuve. C’est pourquoi, moi-même candidat aux élections présidentielles 2014 et 2019, avec un programme phare dans le domaine des droits humains, je représentais, envers la fraude massive et les coups de force, le choix, premier, des électeurs de l’opposition. Le peuple l’a certifié, à trois votes d’affilée, notamment quand il m’élevait au rand de députés, du fond de ma cellule de prison en septembre 2018. Je recouvrais la liberté, le 31 décembre.

Chères invités, mesdames et messieurs, il serait utile de vous entretenir de la nature du changement au sommet de l’Etat, survenu à l’occasion du scrutin présidentiel de juin 2019. Le nouveau chef de l’Etat, compagnon d’armes et d’entreprises protéiformes de son prédécesseur, hérite d’un bilan de banqueroute et se prévaut d’une victoire contestable, dans les urnes. Pour ma part, j’avais décidé de ne pas trop m’appesantir sur le contentieux électoral, dans un pays, fort fragile, où la justice sert le Prince du moment.

A la lumière des éléments que nous détenons, le nouveau Président a enclenché une nouvelle approche de la gouvernance vertueuse, consistant à ouvrir l’espace des media publics aux opposants, leur parler et les écouter, ne serait-ce qu’une fois ; à sa décharge pour ne pas dire à son mérite, il suspend la répression des manifestations et réunions pacifiques, pourtant réflexe mécanique du temps de son prédécesseur. Ce sont, ici, des prémices heureuses, que dis-je prometteuses; nous avons tenu à vous en souligner l’intérêt.

Cependant, en dépit de l’apaisement social et de la reconnaissance, de facto, de la légalité de Mohamed Ould Ghazouani, ce dernier n’a pas encore pris les mesures de réformes qu’induit la faillite des institutions et l’effondrement de l’économie. IRA-Mauritanie et des formations de vocation identique demeurent sous interdiction ; des opposants exilés, endurent des poursuites judiciaires et des mandats d’arrêts, au-delà des frontières.

Le cancer de l’esclavage continue son œuvre de déshumanisation. L’exemple de la victime mineure, Ghaya Maiga, nous renseigne sur l’axe officieux de la résistance à l’éradication de l’esclavage, sous le Président Ghazouani. Il s’agit du corps des magistrats mauritaniens, un repaire d’extrémisme religieux et de conservatisme. Issus du bloc dominant, ils bénéficient de la culture de la supériorité de naissance qui justifie l’exclusion et la violence symbolique envers les descendants de castes serviles. Les juges de la République islamique de Mauritanie sont les principaux vecteurs de l’opposition à l’égalité des citoyens et un frein à l’enseignement de l’universalisme. Les lois, grâce auxquelles ils défendent les intérêts de l’hégémonie tribale, entretiennent le rejet de l’Autre et exposent les militants de la liberté, à la violence sacrée, en vertu de l’article 306 de notre code pénal, lequel punit, de mort, l’apostasie et le blasphème.

Ces édiles du pire s’abreuvent et abreuvent des générations de jeunes, des manuels prétendument de la charia qui codifient, légitiment et accordent l’immunité à la pratique de l’esclavage, dans sa version hideuse, elle-même contraire à la forme la plus élémentaire de la dignité de la personne. Les instituts d’enseignement confessionnel que l’Etat finance perpétuent la haine, le repli sectaire et la disponibilité morale à l’attentat.

L’autre axe démonstratif de la continuité des obstructions à toute avancée notoire sur la question de l’égalité de naissance, c’est le négationnisme zélé et actif des agents de l’Etat. Le système, non sans vice, parvient à recruter et actionner, à cette fin, les fils et petits-fils d’esclaves. Hélas, pour eux, leur durée de vie professionnelle se rétrécit, au fil de la prise de conscience parmi leurs frères d’extraction similaire. Le nouveau ministre de la justice, docile avec les fauteurs d’esclavage et connivent avec les juges, represente le cas atypique.

Sur le registre de la discrimination raciale envers les mauritaniens subsahariens dès le milieu des années 80 qui ne cesse de se renforcer depuis, les victimes et les justes ne perçoivent nul signe de rétablissement de la vérité contre l’impunité. Tous les autres compartiments des droits humains, tels la torture, les graves préjudices causés à l’environnement, la fraude sur les médicaments et les diplômes, semblent cristalliser l’angle mort de la gestion naissante. Sur ces questions, hautement sensibles, le nouveau président tarde à convaincre. Peut-être, sommes-nous pressés et Dieu sait qu’il y a de quoi ! Nous avons patienté durant des siècles de chaines et d’humiliation. Ne sommes-nous pas assez fondés à ressentir et manifester de l’impatience ? Je crois que oui.

Je vous remercie.

©️ Crédit source : Réseaux IRA – Europe

✅Revoir nos coutumes : À nous de FAIRE ou on nous fera FAIRE

Un speech de Maître Ahmed Salem O. Bouhoubeïni , le président de la CNDH (commission nationale des droits de l’homme). Le 4/12/19 , il était de passage au Guidimagha (Sélibaby) avec sa délégation.

Il réaffirme clairement que l’esclavage sous toutes ses manifestations est une page à tourner en Mauritanie.

On peut saisir dans son discours, qu’il insiste sur l’égalité citoyenne entre tous les mauritaniens.

En gros tout ce qu’on prêchait et prêche toujours auprès de certains adeptes d’un communautarisme archaïque qui défie l’ordre citoyen pour maintenir et défendre un régime coutumier foncièrement discriminatoire et ségrégationniste. Cet ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie certaines inégalités entre les composantes sociales d’une même communauté. Des mentalités qui s’accrochent à un monde révolu et passéiste, risquent de rater plusieurs trains du présent et par la suite indexées d’une manière non-enviable. Et surtout nous devons cesser de croire que nos localités villageoises se trouveraient dans des îlots de principautés ou même de royaumes imaginaires enclavés dans l’état central républicain.

Il est temps, ENTENDRE ET S’ENTENDRE MIEUX pour rester « NOUS » autrement en COMMUNAUTÉ.

#Mauritanie #CNDH #Guidimagha #esclavage_coutumier #soninké #soninkara #féodalité

KS