Réflexion- Tribune : L’incontournable Islam (Partie 2/2), Par O. Timéra

La mondialisation actuelle et les modalités de sa globalisation sont philosophiquement judéo-chrétiennes. C’est-à-dire que ce sont les concepts clés du christianisme et du judaïsme (que nous distinguons du message initial de Jésus et de Moise), bien que sécularisés, qui commandent toujours l’univers de sens et la trajectoire de l’Occident et son rapport au monde et à l’humanité.

Expliquons-nous en énumérant les quatre notions essentielles qui, selon nous, caractérisent l’approche judéo (Spinoza)-chrétienne (Hegel) de l’existence et l’homme :

1) Pour le Judaïsme :

  • La notion de Peuple Élu et l’annulation de fait de l’idée de famille et de fraternité humaine.
  • La limitation de l’existence à l’ici-bas et aux sens (l’absence dans l’ancien testament de toute référence et description de l’au-delà en est le signal).

2) Pour le Christianisme :

  • La notion de fils de Dieu.
  • La notion de péché originel et la détestation du monde et des sens qui en découle.

Les deux premières notions respectives du judaïsme et du christianisme sont une continuité en accord ; alors que les deux secondes sont une continuité en désaccord. C’est-à-dire que la notion de « peuple élu de Dieu » contenait déjà en elle celle de « fils unique de Dieu » et d’incarnation en lui (l’un d’entre eux tout de même) de la divinité. La notion de péché originel et le rapport névrosé et négatif au monde qui s’en déduit, sont quant à eux la réaction extrême que ne pouvait éviter l’obnubilation immodéré pour ce monde qui la sous-tend en réalité. Ce qui à son tour va créer la réaction que nous connaissons aujourd’hui contre le spirituel/au-delà au profit du temporel/mondain.

Peuple élu et fils de Dieu : l’un est la particularisation du général, l’autre est l’absolutisation du concret. Dans les deux cas c’est le refus de la transcendance et la limitation du monde et de l’homme à ce que l’on sait et à ce que l’on peut.

Peuple élu et fils de Dieu : l’un comme l’autre, l’un en l’autre, c’est l’annulation de l’idée de famille humaine ; c’est la division de l’humanité en élus divinisés qui commandent et déchus bestialisés à soumettre. C’est la perte par conséquent de la dignité de l’être humain en tant que principe universel et inaliénable, dans son refus à l’autre que l’on déshumanise en l’animalisant/diabolisant et dans l’angélisation/ divinisation d’autres qui eux aussi ce déshumanisent.

Peuple élu et fils de Dieu : c’est un clergé et des troupeaux d’humains moutonisés ; c’est des intermédiaires qui s’accaparent le bien symbolique (religion et philosophie) pour le détourner de son sens (déligion et idéologie) afin de justifier la spoliation des biens matériels et l’exploitation des gens (domination politique et économique).

Péché originel (détestation de ce monde) et amour immodéré pour l’ici-bas : il s’agit toujours d’une restriction négative ou positive à ce monde.

Péché originel ou restriction à l’ici-bas : c’est toujours la même mise en demeure de séparer le corps et l’esprit, la terre et le ciel, le matériel et le spirituel, et de choisir l’un dans lequel on restreindra l’humain et le monde, au détriment de l’autre qu’il faudra faire disparaitre à terme.

Au cœur du Vatican puritain et ses dorures se trouvait déjà le Las Vegas qu’elle provoque, et qui est en fait son origine cachée. Comme le Diable et sa purification se trouvaient parmi les anges et leur pureté éthérée. Car la détestation immodérée du monde a son mobile et origine dans son amour restrictif exclusiviste, et la dilution de soi et du moi en lui, après y avoir réduit toute la réalité.

Dans la civilisation occidentale, le processus de désenchantement, de sécularisation, et d’athéisation (sur le plan ontologique) du monde ; de déification et d’idéalisation de la nature, de l’histoire, de la raison et de la science (sur le plan philosophique) ; de divinisation ou de « supermanisation » de la « race supérieure » blanche et de l’ « ethnie » européenne, du développement des sociétés européennes et de leur mode et choix de vie (sur le plan axiologique) ; la guerre menée contre tout ce qui n’est pas blanc, européen et chrétien en vue de le dominer, de l’exploiter et/ou de le détruire (sur le plan civilisationel), de « l’assimiler », de « l’intégrer » et de le rejeter (sur le plan social et sociétal). Tout ceci, d’une manière ou d’une autre, sont l’expression furieuse de cette conception du monde et de l’homme portée par le judaïsme et le christianisme, séculariseé et conceptualisée par les philosophies spinozienne, hégélienne et marxiste, en leurs parties déviantes et défigurées introduites dans le message initial de Moise et de Jésus.

Parties déviantes et défigurées, issues de la conception fétichiste et idolâtre de l’existence, qui provoquent la dégradation de la religiosité et de la religion, et qu’elles finirent par attraper. Ce dont l’Islam voulu libérer les communautés juives et chrétiennes ainsi que l’humanité, en réformant ces religions positives à partir de la Religion initiale et permanente, en rappelant son essence, pour proposer sa réalisation pleine, universel et cosmique dans la civilisation humaine. Essence de la Religion, au-delà des particularités culturelles, qui se résume philosophiquement en ces termes : transcendance divine et dignité humaine, qui ne sont pas à confondre ni à opposer mais à relier et réconcilier.

Tel est le fond philosophique et théologique qui sous-tend la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui et qui explique ces « déviances » qui n’en sont point au vu de ce qui vient d’être explicité.

Certes, nous ne réduisons pas la civilisation occidentale à tout ceci. A côté des parties sombres que sont les génocides perpétrées contre plusieurs peuples, l’esclavage, la colonisation, les attentats écologiques, économiques et symboliques contre l’humanité, se trouvent aussi la partie lumineuse des droits de l’homme, de la science ou de la démocratie.

Cependant, la défiguration de l’idée de Dieu et de l’homme, telle qu’elle fut permise par la théologie et l’anthropologie judéo-chrétienne, textuellement et foncièrement tribal et non universel (comme cela s’exprime dans leur texte), sont les prémisses de la dilution de l’âme humaine dans la nature (Spinoza) et l’histoire (Hegel) dont le naturalisme ethnique et scientiste, quelques soient ses formes (sociologisme, évolutionnisme darwinien, économisme capitaliste ou socialiste, cybernétisme ou génétisme Trans-humaniste ou antispéciste etc) se chargera d’inventer son « catéchisme » et de façonner l’homme et le monde à son image divinisé, idéalisé ou « surhumanisé », et en fait bestialisé, puisque « qui fait l’ange fait la bête ».

La crucifixion du « fils de Dieu » par son « peuple élu » ne pouvait aboutir, dans cet univers de sens, qu’à la « mort de Dieu » et par conséquent à la fin de l’humain en l’homme, à la division des peuples et la destruction de la planète. Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Tel est le sens de la crise multidimensionnelle que traverse l’humanité et le blocage de l’avenir qui le caractérise, car sans idéal transcendant vers lequel tendre.

Pourquoi donc ce profil philosophique permet d’expliquer l’animosité manifeste de l’ordre mondial actuel contre l’Islam ? Et pourquoi cela atteste, paradoxalement, du caractère incontournable de l’Islam pour l’avenir du monde? Au-delà de l’aspect historique, géopolitique et économique de cette opposition, c’est bien la vision de l’un (la cosmique coranique de l’Islam) radicalement opposée à celle de l’autre (la mondialisation occidentale) et dont les impasses actuelles appellent irrémédiablement l’adoption par l’humanité, directement ou indirectement, des propositions et de la vision de l’Islam.

Comparons donc les principes suivants explicitement portés par l’Islam avec ceux de la mondialisation que nous avons exposés tout au long de ses lignes :

  • La transcendance absolue de Dieu et son impossible incarnation.
  • La lieutenance de l’être humain en tant qu’être libre et responsable de la planète qui lui fut confiée.
  • La terre et l’ici-bas en tant que don de Dieu et lieu d’épreuve et de preuve des capacités de l’homme pour accomplir la mission de civilisation de la terre selon les principes divins de sa lieutenance.
  • La relation directe de l’humain et du Divin sans intermédiaire.
  • La Libération de l’humanité vis-à-vis du tutorat spirituel d’un pouvoir spirituel ou du tutorat politique d’un pouvoir de de droit divin.
  • Origine commune de l’humanité qui en fait une famille.
  • Diversité des cultures et des religions voulue par Dieu pour l’interconnaissance et l’émulation.
  • La fondation du mérite sur la valeur morale universelle et son respect (al-taqwa), et non sur l’origine ethnique, ni sur le sexe, ni sur l’appartenance religieuse, ni sur le niveau social et économique.
  • La distinction, la relation, l’unité et la non séparation ni uniformisation entre l’ici-bas et l’au-delà, le corps et l’esprit, les moyens et les fins.

Les points ci-dessus mis en exergue, sont en contradiction directe, nous le voyons, avec la vision qui sous-tend la mondialisation et son ordre mondial. L’Islam porte le projet d’une autre mondialisation fondé sur la relation et la réconciliation du naturel et du spirituel, ainsi que sur la collaboration civilisationnelle de toutes les nations et cultures qu’il considère être l’expression riche et diverse d’une seule réalité : la famille humaine. Et cela correspond exactement à la crise que vit l’humanité dans son rapport à elle-même et à son environnement qui se loge dans celui, au conséquence cosmique, qui se trouve entre elle et le divin.

Le monde et l’humanité ont besoin d’une unité spirituelle qui porte son unité physique et qui comprend (dans les deux sens) sa diversité pour la mettre en état d’interconnaissance, d’émulation et de collaboration. Or voilà une religion et une philosophie, l’Islam, qui repose sur la transcendance de Dieu, la dignité humaine, la notion de famille humaine, sur une critique des religions au nom de la Religion cosmique qu’elles visent et dont elles sont issues pour les refromer, la relativisation de ce monde vis-à-vis de l’au-delà et en même temps sa prise en considération et la nécessaire relation entre les deux.

Ce n’est pas la terre d’un côté et le ciel de l’autre qui s’opposent ou se confondent, mais le cosmique qui les englobe et les relie. C’est un dépassement (tadjaouz). Ce que le dépassé potentiel ne peut supporter s’il se pense être la « fin de l’histoire ».

Telle est la raison d’être de l’opposition frontale et instinctive que mobilise l’ordre mondial et son projet de mondialisation contre l’Islam et le monde musulman bien que celui-ci soit politiquement sous domination.

Au-delà de l’aspect géopolitique et économique, c’est bien la symbolique de l’Islam en tant que message universel et cosmique qui est visé. Il s’agit clairement de l’empêcher d’atteindre pleinement son potentiel révolutionnaire et/afin d’accentuer la domination des peuples qui s’en réclament de Dakar à Djakarta. Ce qui est la condition pour que perdure le leadership de l’occident sous l’égide américaine.

Ainsi s’explique le caractère incontournable de l’Islam dans le reflet des préoccupations qu’il suscite de la part de l’ordre établi. Mais son caractère incontournable s’expose aussi, nous l’avons indiqué dans la première partie de cet article, dans la correspondance de sa philosophie coranique et cosmique (kawniy) avec les révoltes actuelles des peuples qui attendent la révélation qui les transformera en révolution. (La suite au prochain article).

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (18/03/2020)

Réflexion – Tribune : L’incontournable Islam (selon la mondialisation et la révolte des peuples) Parti 2-1, Par O. Timéra

Le monde c’est un évènement passé qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui « s’évènemente ». Les deux actes se font, en même temps, dans le présent qui est relation et tension entre ces deux actions concomitantes de la conscience. Or le travail philosophique et théologique (s’il peut encore exister une différence pure) consiste en l’interrogation du monde et de son interprétation en même temps que la réinterprétation de son devenir et la création des modalités de la réalisation de celle-ci. Si la conscience humaine est la porteuse en son sein de ces deux actions qui se fécondent, la civilisation en est alors la fille. Il s’agit dès-lors, en fait, de l’interaction entre une réalisation passée qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui se réalise, ainsi que de la vision et de la voie que l’on s’en fait et que l’on se donne pour ce faire, après avoir tiré les leçons de celles des générations précédentes.

Or l’Islam est une certaine interprétation du monde qui, à travers le Coran, se veut être une réinvention cosmique et transcendante du monde, une synthèse critique de l’histoire spirituelle de l’humanité et de son expérience civilisationnelle, et enfin un projet cosmique à réaliser dans l’avenir à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine. Seulement, cette idée et son projet, jamais totalement réalisés, font l’objet des préoccupations constantes de l’ordre mondial actuel et de son projet de mondialisation, faisant de cette religion, par réaction, une affaire importante, présente et future. Son avenir, ainsi, se trouve intimement lié au devenir de l’Islam.

Mais de quelle interprétation du monde en tant qu’évènement, et de quel devenir de celui-ci en tant que projet, la mondialisation actuelle, fille de l’expérience occidentale, est-elle le nom ? C’est en répondant à cette question que nous comprendrons la raison pour laquelle l’Islam est incontournable en tant que préoccupation et en tant que réponse opposée en des points essentiels au projet de civilisation mondiale que porte la globalisation actuelle, bien qu’elle en réalise en partie l’idée (l’unification matérielle de l’humanité mais sans et contre son unité spirituelle). C’est aussi cette réponse qui nous aidera à saisir ce pourquoi l’ordre mondial et sa propagande s’excitent tant sur la question de l’Islam et du monde musulman, en vue de déconstruire le premier afin de mieux coloniser et diluer le second.

La première partie de cette analyse, dans le précédent article, s’est chargée de nous fournir des éléments de réponse. Clairement, la mondialisation actuelle est une entreprise de limitation et de dilution de la réalité humaine aux seules lois de la nature et de son univers de contradiction et de lutte, d’une part ; et d’autre part, en conséquence, c’est une entreprise d’expulsion de toute référence à ce qui est transcendant, au-delà et spirituel qui donne à l’homme sa spécificité et sa dignité ; et enfin, c’est une entreprise de « paradisation » du monde et de l’ici-bas (limitant celle-ci), par la consommation et la jouissance matérielle immédiate, débarrassée de toute limite et de tout sens éthiques, en tant que promesse illusoire d’un bonheur tout aussi illusoire, qui n’est possible que pour une minorité. Ce, avec pour conséquence et prix le sacrifice d’une majorité d’êtres humains qu’il faudra déshumaniser et dominer, et de l’environnement biologique (la nature) et symbolique (la culture) qu’il faudra désacraliser et exploiter.

Le matérialisme, le scientisme, l’économisme (libéral ou socialiste), le nationalisme, la colonisation, le laïcisme (qui prône la séparation du temporel et du spirituel et l’uniformisation de tout au profit du premier contre le second), les délires « de fin de l’histoire » et de « clash des civilisations » (d’inspiration hegelienne), l’exploitation des êtres humains et la surexploitation de la nature ne sont que les manifestations concrètes de cette idée de Dieu, du monde et de l’homme et du projet de civilisation qui en découle et limite la réalité au calcul, à l’immédiat et à l’instinct.

À travers leurs philosophies, Spinoza, Hegel et Marx nous ont en réalité décrit avec précision et en même temps fondé, l’ordre du monde que nous connaissons aujourd’hui, dans la continuité de celui dont ils voulaient la fin. L’incarnation et la dilution de l’idée de Dieu dans la nature et dans l’histoire, en faisant du déterminisme et des contradictions et oppositions qui s’y trouvent, et que l’on perçoit scientifiquement au premier abord, le cœur, le moteur et le sens de l’existence. Cette incarnation puis cette dilution de l’idéal Divin, disions-nous, a fini par enlever à l’homme son humanité, à « chimériser » le monde moral qu’il porte en lui, pour mécaniser le rapport à la nature et atomiser ou « totalitariser » la société et fonder les relations entre personnes et peuples sous le prisme de la concurrence à l’intérieur de la nation (la lutte des classes de Marx) et de lutte entre les nations (la lutte des esprits des nations Hegel).

Or nous l’avons dit, cette défiguration de la modernité par la colonisation et l’exploitation (fondée initialement sur la dignité de l’humain et la fin du minorât religieux et politique de l’humanité, telles que d’ailleurs l’Islam le prône). Cette défiguration disions-nous ne tombe pas du ciel. Ou plutôt si. Elle est la continuité, même en tentant de s’en libérer, du ciel déchu de la conception religieuse judéo-chrétienne qui continu à lui fournir en négatif ses paradigmes, que ce soit dans la théocratie (le pouvoir au nom de Dieu) et son illusion du « dieu fait homme » ou de « l’homme à l’image de Dieu », ou dans l’anthropocratie (le pouvoir au nom de l’homme) et son illusion de la « mort de Dieu » et de « l’homme surhumain ». Dans les deux cas de figure, enchantement ou désenchantement, la naturalisation, animalisation et unidimensionalisation de l’homme est de mise. (la suite prochainement).

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur (12 mars 2020)

Réflexion – tribune : Ces gens honnêtes qui brulent quand même les feux…, Par Dr Mouhamadou Sy

Ce qui se passe au Sénégal, avec le non respect délibéré des lignes de conduite établies par le gouvernement révèle les lacunes de notre société, des lacunes quant à notre lecture des phénomènes, des lacunes quant à notre mode d’agir, bref des lacunes quant à notre façon d’éduquer.
Lacunes que l’on collectionne, sacralise et présente comme identité à respecter, surtout quand il s’agit de nous comparer à ceux qu’on appelle les autres, les différents, les pas comme nous, si on ne les nomme pas ennemis.

Ce comportement irrationnel, et si je voulais juger je dirais irresponsable, n’est pas un fait d’individus isolés dont la faiblesse morale serait connue de tous. Non, il s’agit principalement d’individus qui ont justement la plus grande responsabilité morale aux yeux de la population à tous ses niveaux. Il s’agit des personnalités qui ont le respect des militaires, des ministres, des médecins, des professeurs, du président, si ce n’est leur adoration. Mais visiblement, par ignorance ou par autre défaillance intellectuelle ou morale, ces individus refusent de respecter la raison et les consignes des spécialistes, qu’ils prennent certainement de haut car il ne s’agirait que de leurs « disciples spirituels ».
Et ils mettent donc tout le peuple en danger; ce qui compte c’est bien de ne pas bouleverser les positions sociales qui satisfont les égos même si tout le monde va en pâtir! Du suicide collectif qui rappelle ceux organisés par les grands gourous de certaines sectes. Mais cela ne peut pas être notre cas, car nous ne sommes pas en secte et, nous, ce ne sont pas des gourous que nous avons. N’est ce pas?

Oui, je comprend qu’il est nécessaire pour l’humain de toujours se rattacher à la branche à sa portée pour éviter la dégringolade. De s’y agripper même, quand le vent souffle et que les branches se mettent à se balancer. Est ce l’aspect singe, difficilement effaçable, qui se recycle au fond de notre mentalité, nous humains? Je pose la question…

Mais ce qui est bien chez le singe, c’est son activité, passer de branche en branche, occuper l’étendu de son espace en permanence. Il trouve son équilibre en bougeant plutôt qu’en restant sur place. A la différence du paresseux qui s’agrippe, se fige et stagne.
La nature faite d’incessants changements semble favoriser l’activité sur la stagnation, qui elle se voit dépasser et écraser tôt ou tard!

De qui voulons-nous nous rapprocher, je parle de notre mentalité; singe ou paresseux? Désolé, mais ce sont les deux choix dans la carte des menus!

Si nous passions à un niveau au dessus, si nous changions de branche, si au lieu de s’agripper à de la misère magnifiée, comme pour en masquer le caractère funeste, si au lieu de ruser avec la peur en en faisant une puissance qui octroie sa pitié, nous décidions d’y faire face; si nous actionnions notre rationalité jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus sur cette phobie du vide, jusqu’à ce qu’elle stipule et intègre, une fois pour toutes, que l’important n’est pas de s’agripper mais d’évoluer tout en maintenant l’équilibre. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ceux qui s’agrippent finissent par le perdre en s’effondrant tout comme le paresseux l’expérimente; mais que ceux qui ont la hardiesse de bouger sont ceux qui ont une chance de se maintenir.

Nos sociétés renferment de l’intelligence, de l’honnêteté, de la compétence, ce n’est pas là la question. La question est comment tout ceci se laisse organiser. Car avoir les bonnes cartes ne suffit pas à gagner à une partie d’un jeu; la stratégie, à savoir l’organisation des coups, la façon de réagir aux attaques, et surtout la planification, est celle qui marque la différence.

Dans une société, une bonne stratégie de vie est celle qui aide à préserver la vie, à l’élever, à prévenir du danger et à y faire face quand il est là; elle est multiforme, mais de quelque forme qu’elle soit, elle requiert la discipline, qui de mon point de vue se définit comme une attitude commune qui préserve la cohérence dans les interactions entre individus, entre organes, et entre les individus et les organes. Un code de la route des actes auquel les citoyens doivent se soumettre, y compris le marabout le plus suivi.

Cependant, on n’improvise pas une telle attitude commune dans une société, on l’instaure progressivement, on en fait une habitude, on la plante, la cultive et la surveille. L’éducation est le pivot d’un tel projet social. Le niveau d’éducation d’une génération définit le niveau de discipline de la société dont elle aura la direction.

Sur la question de choisir entre le singe et le paresseux, dans le cas où nous portons notre choix sur le dernier, ayons quand même la vivacité minimale de profiter d’une de ses caractéristiques utiles, à savoir respecter l’isolement nécessaire pour endiguer le coronavirus!

Dr Mouhamadou Sy

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (21/3/20)

CONTRIBUTION: Nul ne veut “ diriger les Beidanes “; réponse au professeur Ely Ould Sneiba, Par Abou Hamidou Sy (FPC – Amerique)

■Par Abou Hamidou Sy- FPC- Amérique.

Piqué au vif par la remise sur la sellette de l’Apartheid mauritanien et incapable de formuler des arguments qui réfutent cette évidence, Ely O. Sneiba n’a trouvé mieux que de recourir au seul exercice dans lequel il excelle, scribouiller sa pulaarophobie innée.

Dans son posting “ Comment diriger les Beidanes”, un pamphlet indigne d’un baudet, même sans son couvre-chef, il étale toute son ignorance des réalités historiques de l’artifice post coloniale qu’est la Mauritanie d’aujourd’hui.

Sans le moindre argument, il verse dans des affubulations grotesques, avance des assertions mensongères et réprend des thèses des plus fantaisistes. Difficile de se frayer un chemin logique dans ce kafarnaum intellectuel, mais le fond de sa pensée ne fait aucun doute: une haine viscérale envers ceux qu’il appelle “ toucouleurs” et à travers eux, minimiser l’apport de la civilisation négro-africaine dans l’histoire de notre pays.

Il me semble opportun de rappeler à sa gouverne et à celle de tous les chauvins arabes, certaines vérités historiques. Vérités en porte à faux avec le mythe fondateur d’une frange de nos compatriotes arabo-berbères; une épique chevauchée, du croissant fertile aux berges du Sénégal repoussant ainsi le couchant ( Al Magrib ) arabe à la lisière du Sahel.

Il n’échappe pas à Ely et ses paires que les nationalistes arabes authentiques, qui l’inspirent tant, sont les premiers à battre en brèche cette théorie, car fixant la limite occidentale de leur nation aux portes de Marrakech; au delà, c’est “ Bilad Al Ajam”.

Le « professeur » entame son propos en affirmant, tel un avocat essayant de rallier un jury à une cause perdue d’avance, “ ce pays membre de la ligue des États arabes, berceau des almoravides et terre emirale hassanienne”. Cette assertion ne repose sur aucun fondement, ni historique, ni culturel, encore moins démographique. Elle est, tout au plus un vœu pieux entretenu par la volonté politique d’un État malavisé et repris par des marchands d’illusions désabusés. Il suffit , pour s’en convaincre de remonter à la genèse même de l’Etat Mauritanien et de la controverse qui l’a entourée.

Ce pays qui se targue d’être arabe jusqu’à nier l’expression de toute identité négro-africaine, aucun État arabe n’en voulait. C’est grâce au soutien des pays de l’Afrique noire ( groupe de Brazzaville ) sous l’impulsion du Sénégal que notre pays a pu être accepté sur la scène internationale. A l’assemblée générale de l’O.N.U d’Octobre 1961, tous les pays arabes à l’exception de la Tunisie, ont voté contre l’admission de la Mauritanie aux Nations Unis. Cette ligue arabe qu’on chante à tous vents, c’est en 1973 que notre pays y a adhéré c’est à dire une décennie après l’O.U.A. C’est dire combien la Mauritanie, une ex- colonie de l’AOF était avant tout africaine. C’est cela sa vocation historique, son ancrage naturel et sa réalité culturelle. Que l’Etat, pour des raisons de politique interne, opte pour une différente orientation, ne peut réécrire l’histoitre.

Le territoire qui nous réunit aujourd’hui est un conglomérat d’entités jadis distinctes, qui se sont forgées chacune sa propre histoire dans son propre espace avec des fortunes diverses en fonction des circonstances. Aucune ne peut se prévaloir d’un passé plus glorieux que les autres ou prétendre avoir contribué seule au patrimoine historique commun. Qui plus est, la construction de certains pans de ce patrimoine a nécessité le concours de toutes les composantes nationales. C’est, des rives du fleuve Sénégal que l’armée Almoravide composée aussi bien de berbères que de négro-africains s’est ébranlée en direction du Nord jusqu’à atteindre les côtes de l’Europe.

La Mauritanie n’est pas exclusivement “ terre émirale hassanienne”, elle est aussi terre des Almamy du Fouta, du royaume du Walo, héritière des empires du Mali et Ghana. Elle est le pays de Samba Gueladjedji, le lieu de sépulture de Thierno Sileymani Baal, c’est aussi chez Cheikh Moussa CAMARA auteur du chef-d’œuvres :“ Zouhour Al Bassatine, fi Tarikh as Sudane”.

Dans aucun pays normal, la direction de l’Etat ne se pose en terme de race ou d’ethnie. Les nations choisissent leurs dirigeants en fonction de leurs capacités supposées ou avérées, de leurs qualités humaines et du programme qu’ils proposent. Ce sont ces normes qui ont permis à un certain Barack Obama ou Macky Sall d’être élu sans que le ciel ne s’effondre. Dans ces deux cas, malgré les diversités culturelles et ethniques, le sens de la nation à y été encouragé, développé et entretenu par l’Etat. Tout le contraire de ce qui se passe chez nous, ou c’est l’Etat, par ses politiques racistes, est le premier obstacle à l’édification de la nation mauritanienne.

Ce sont ces pratiques racistes que les Négro-africains dénoncent et contre lesquelles ils s’insurgent. Qu’elles soient qualifiées de racisme d’Etat ou d’Apartheid, les effets demeurent les mêmes: la marginalisation politique, l’exclusion économique et l’oppression culturelle des Négro-mauritaniens.

S’il est vrai que ce racisme n’est codifié dans aucun texte de loi, dans la pratique il régente la vie dans notre pays. Le sud-Africain confiné dans une zone du temps de l’Apartheid par son “PASS” n’était pas plus mal loti que le Négro-mauritanien qui ne peut pas voyager faute de carte d’identité que l’Etat refuse de lui octroyer.

Ce racisme d’Etat est si ancré dans notre pays, que certains concitoyens le trouvent normal. C’est à cause de cette normalisation que des abrutis, sous prétexte de défendre la langue arabe, profèrent des menaces contre de braves Hommes politiques sans que cela ne choque personne.

On ne défend pas une culture à coup de menaces et d’intimidations. Si réellement la langue arabe tenait a ces gens-là, ils devraient s’éduquer, se cultiver et l’améliorer pour qu’elle contribue à la civilisation universelle.

Nul ne peut contester que notre pays est un cas à part, pour dire le moins. Si la Mauritanie était un pays normal, le pouvoir ne serait l’apanage d’une seule communauté. Chacune de nos communautés est capable de produire en son sein, un homme ou une femme capable de prendre en charge les destinées de la nation.

Concernant les HaalPulaar, que O. Sneiba ne porte assurément pas dans son cœur, ils ne sont nullement obnubilés par le pouvoir, ils se confondent avec le pouvoir. En plus de l’Etat théocratique du Futa Tooro, ce sont les fondateurs de l’empire du Macina et l’Etat de Sokoto au Nigeria. Pour ne citer que les plus récents.
Leur seul tort est de résister face aux tentatives forcenées de faire d’eux une hérésie, des arabes noirs.

LLC!

Abou Hamidou Sy
FPC/Amérique du Nord

©️ Crédit source: via post Facebook K. Touré

Réflexion : Des espoirs de Liberté, Par l’écrivain Mohamed Lam

DES ESPOIRS DE LIBERTÉ

« Un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place  » K. DAOUD.

Progressistes ! Disent-ils, mais jusqu’où sont-ils aptes à aller ? Je dis bien apte car n’est pas progressiste qui veut ! Déjà, il faut le prouver, ensuite le démontrer. Par des propos et des actes forts, par une attitude incontestablement visible et par la volonté.

De toute façon, l’humain est progressiste par nature. Il aspire constamment aux changements. Changements sociaux, changements politiques, changements climatiques, changements (ou transformations) physiques, changements de mentalités !

Et dans toutes ces aspirations, l’humain veut et doit rester libre. Libre d’être et de pouvoir défendre et protéger la liberté des autres, d’autrui.

Et dans toutes ces aspirations, il doit réfléchir. Réfléchir sur ces choses qui font sens à sa vie et son entourage.

Kamel Daoud a dit « j’aime les gens qui réfléchissent, qui ne sont pas dans le prêt à penser, dans le prêt à porter et à emporter. J’aime les gens aussi qui sont à contre-courant de leur époque. Il est très difficile d’être un contemporain de son époque » (interview sur une chaîne française).

Dans sa philosophie de vie et d’écriture, Kamel Daoud nous apprend qu’un homme libre est libre parce qu’il a compris que personne ne peut mourir à sa place. Il réalise l’inventaire de son monde et acquiert une puissance sur son réel.

Je pense, pour ma part, que la liberté se construit. Elle se forge avec ruse et tact. La liberté se maintient, s’entretient, se conserve.

Dans un monde fictif, l’homme libre vit dans des imaginaires. Il créait les conditions de son existence et conçoit cette dernière selon ses désirs, son environnement immédiat, pour ne rendre compte qu’à sa conscience intime.

L’homme libre contrôle son existence et garde jalousement cette liberté acquise même s’il est confronté à la société toute entière.

Seulement, un homme qui vit en société est soumis à des règles. Il peut décider de les ignorer – auquel cas, il sera considéré comme étranger à la société dans laquelle il vit – mais il peut aussi choisir de se battre, de s’engager pour les améliorer.

Dans la quasi-totalité des territoires du monde actuel, il existe des gouvernements. Un gouvernement, comme son nom l’indique, est un groupe composé de plusieurs personnes qui ont été nommé pour diriger un État et orienter un pays dans le meilleur des sens en prenant les meilleures décisions.

Mais un gouvernement n’est bon dans son rôle que s’il respecte les aspirations des populations qui lui ont transmis leurs pouvoirs.

Un homme libre, conscient du pouvoir qu’il a transmis au gouvernement qu’il a choisi est donc (ou en tout cas, doit être) un homme exigeant envers les membres du gouvernement en question.

Certaines personnes, dans le passé, avaient perdu tout espoir dans les choix que prenaient leurs gouvernements.
Elles ont longtemps plaidé en faveur de la recherche d’un bon groupe de personnes qui formerait ce qu’ils appelaient « le meilleur gouvernement ». Une expression large et creuse, mais en même temps claire et possible.

Le meilleur gouvernement est peut-être, comme le pense Thoreau, un gouvernement qui n’existerait pas.
Mais peut-on penser à un endroit sans État, sans autorité où l’homme est seul responsable de lui-même ?

Il est difficile de savoir quand commence la liberté et jusqu’où elle s’arrête. Bien que l’on ait tous au moins déjà entendu la phrase suivante : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Lorsqu’une chose commence, c’est qu’elle n’a pas existé précédemment. Elle débute et marque la fin d’un vide. Celui de son inexistence. Une liberté qui commence est une liberté qui s’affirme. Elle prend forme, s’installe, gagne en reconnaissance et vit.

La liberté qui s’arrête n’est donc pas celle qui disparait mais celle qui laisse place à une autre liberté. Celle qui va commencer à son tour.

Être libre c’est donc savoir reconnaitre et admettre que d’autres ont également leur part de liberté à exercer. Celui qui est libre doit donc accepter et même défendre la liberté d’autrui. Sinon sa liberté peut être limitée par d’autres qui grignotent et piétinent sa propre liberté.

De ce fait, l’homme qui prétend être libre doit défendre la liberté des autres sinon il ne sera qu’un homme qui vit dans l’illusion d’être libre.

Biram, un espoir de liberté !

Des espoirs de liberté


Mohamed Lam

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (12/3/20)

Restitution conférence-débat Université de Bordeaux Montaigne De « L’Oubli Volontaire, pour un nouveau contrat social en Mauritanie ».

Tout d’abord, je remercie le Collectif de chercheurs arabesque de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer dans ce lieu de culture et de savoir.

J’ai eu l’occasion, ce 04 mars 2020, de m’exprimer sur plusieurs questions notamment celle de la problématique des langues nationales , la situation des droits humains, le déséquilibre communautaire et éthnique etc.
Il fallait enfin proposer des solutions et perspectives.

La question linguistique étant à mes yeux celle qui bloque l’unité nationale, je vous propose mes analyses sur cette question.

ISur la question linguistique en Mauritanie

1la langue, comme facteur d’intégration

La Mauritanie est un pays multicurel et pluriethnique. Chaque éthinie constitue une communauté spécifique. L’ensemble des communautés forme la communauté nationale. Le peuple Mauritanien.

Les langues nationales sont : le pulaar, le wolof, le soninké, le Bambara et l’arabe. L’arabe est la langue officielle du pays selon la constitution. Le français, une langue administrative.

Cependant, le fait d’utiliser la langue arabe comme langue de juré (officiellement reconnue par la loi fondamentale comme telle) constitue un obstacle majeur à l’intégration des autres communautés ethnique comme les WOLOFS, LES PEULS, LES SONINKES ET LES BAMBARAS.

  • L’ intégration

L’intégration d’un groupe d’individus dans un pays donné passe d’abord par la promotion et la protection de la langue utilisée par ce groupe. Or, en Mauritanie, les langues nationales ne sont pas enseignées afin de permettre à ceux les utilisent de se sentir concerné et impliqué dans les affaires publiques, administratives et sociales.

Ce déficit ne peut donc provoquer qu’un sentiment d’exclusion.

2la langue, comme facteur d’exclusion

Il est clair que dans tout type de société, lorsqu’un individu ne travaille pas avec sa langue, n’etudie point dans celle ci et ne peut donc ni produire du savoir ni en acquérir à travers l’usage de sa langue , il est appelé à ne pas être totalement impliqué dans la gestion de la cité.

Prenons l’exemple du wolof en Mauritanie. Il parle essentiellement wolof et utilise le français comme langue administrative. Si on lui impose l’arabe, comme langue enseigné à l’école en plus du français qui n’est pas sa langue maternelle, il aura beaucoup de mal à s’intégrer pleinement dans la société.
Il en est ainsi pour le soninké, le bambara et le peul.

Toutefois, toutes ces éthinies apprennent l’arabe à l’école. D’une part parce qu’elles n’ont pas le choix, d’autres part, parce que l’école Mauritanienne étant bilingue, les élèves sont dans une obligation de partir de cette base. Il faut souligner tout de même que le choix d’apprendre uniquement l’arabe existe.

Le citoyen peul qui ira à l’école aura donc deux défis à surmonter : apprendre deux nouvelles langues étrangères (Arabe, Français).

Il est également important de souligner que ni l’arabe ni le français ne sont ses langues maternelles. Il n’est donc absolument pas préparé depuis le cercle familial à en faire usage.

Un enfant peul parle peul à la maison. Mais à l’école, il doit se débrouiller à acquérir des connaissances dans des langues qui lui sont totalement étrangères.

Ce fait constitue à mon avis un facteur élémentaire d’exclusion. Je propose que les autorités Mauritaniennes prennent en compte ce facteur dans leur projet politique.

  • L’exclusion :

Il s’agit là de mettre l’accent sur la question de de l’exclusion d’un groupe dans une société donnée.

Un individu ou un groupe d’individus peut être exclu de différentes manières mais l’exclusion par l’usage de la langue est plus profonde.

On ne peut nier le fait que parler et travailler dans sa langue maternelle est beaucoup plus utile que le faire dans une langue étrangère.

L’apprentissage est ici ralenti, et l’individu apprenant un autre mode linguistique de communication se voit complètement retardé par les années qu’il passera à cet apprentissage.

Le système éducatif Mauritanien doit alors urgemment se lancer dans des réformes profondes afin de promouvoir les langues des autres Mauritaniens et leur permettre et d’étudier et de travailler dans leurs propres langues.

L’usage de l’arabe comme langue officielle constitue donc un élément fondamental d’exclusion qu’il aurait fallu corriger il y a déjà plusieurs décennies.

3L’usage des langues pour favoriser le bien vivre ensemble : l’unité nationale.

Solutions et perspectivesSolutions :

Solutions

1– Former les formateurs (enseignants) dans les 5 langues nationales,

2– Imposer le choix d’au moins deux langues nationales aux élèves à l’école au primaire ( les 2 premières années du primaire) et les trois autres (les 3 dernières années du primaire) ainsi de suite jusqu’au collège et au lycée.

Ce choix imposé permettra aux jeunes élèves, collégiens et lycéens de partir sur des bases égalitaires.

3– Faire des langues nationales les langues de travail et de communication dans l’administration.

4– Le français, à mon avis, devrait être la seule langue officielle. Aucun Mauritanien n’a le français comme langue maternelle. Alors aucun Mauritanien ne pourra prétendre être favorisé si tel était le cas.

Les Maures sont plus à l’aise avec la langue arabe. Le hassanya parlé n’est rien d’autre qu’un dialecte arabo-berbère. Ils ont alors plus de chance de réussir et s’intégrer dans la société Mauritanienne qu’un Wolof, un Peul, un Soninké ou un Bambara.

Perspectives :

1– Des réformes profondes pour la promotion et la protection des langues nationales,


2– Des révisions ou modifications constitutionnelles dans ce cadre,


3– Un dialogue national inclusif

Pour l’unité nationale, pour l’amour de mon pays, pour le bien vivre ensemble.

Mohamed Lam,
Bordeaux, le 05/03/2020.
Restitution intervention Université Bordeaux Montaigne.

Crédit photo : Aurelien, Photographe ( contact : aurelien.fays88@gmail.com)

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur, l’écrivain Lam Mohamed.

Mauritanie – Tribune : Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ? Par Thiam Samba

DÉBAT SUR L’APARTHEÏD.

Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ?

Primo, que la culture du débat intellectuel ne s’installe toujours pas chez nous, loin s’en faut ; on diabolise, voire on insulte et on continue… A travers un lynchage médiatique qui frise le terrorisme intellectuel, on cherche à maintenir une dictature au nom d’une majorité, instaurée par une oligarchie, ( si, bien entendu , toute la frange haratine se reconnaissait dans l’identité arabe), en perdant de vue que toute majorité ne tire sa légitimité que dans le respect des droits des minorités.

Ne pas céder à l’intimidation , surtout pas …

Deuxio, elle révèle un état d’esprit, manifestement, largement partagé dans cette jeunesse arabo-berbère, qui traduit un manque notoire et flagrant d’objectivité et de recul, dès que le pays est touché dans ses péchés sensibles ; c’est épidermique ! Cette réaction est aussi, hélas, perceptible chez une partie de l’élite politique et intellectuelle adulte. En somme, beaucoup de progressistes, mais des progressistes de circonstance, dirons-nous…

Tiertio enfin, que dans cette conception de ‘’l’Apartheid’’ tout n’était pas que négatif, à tout peser ; en effet les Blancs-blancs se gouvernaient et laissaient les Blacks se gérer et gérer leurs bantoustans, tout au moins !et puis, toutes proportions gardées, le système d’apartheid était quand même moins indigne, plus respectueux de l’homme que l’esclavage … Enfin et surtout, cet apartheid là était lui, non pas officieux, sournois et hypocrite , mais codifié et déclaré, et chacun savait donc à quoi s’en tenir …

Ces jours-ci il circule un audio d’un résident, probablement de Rosso, qui dénonçait le blanchissement appliqué de l’administration de cette ville ; du gouverneur au préfet , en passant par le commandant de brigade, le commissaire de police , le chef de la base militaire , jusqu’au juge et cadi, dit-il . L’auteur n’a pas compris que le mal est général et ne sévit pas qu’à Rosso, mais partout dans le Sud , sans épargner Nouakchott avec ses trois gouverneurs . Ceux qui, aujourd’hui montent au créneau, vocifèrent sous l’ indignation, feinte, en entendant le mot ‘’apartheid’’ constatent pourtant, tous les jours, cette réalité triste, sur laquelle ils ferment les yeux, sans rien dire…
Seule une infime minorité courageuse de cadres s’insurge …

Rappelons, pour ceux qui semblent l’oublier, que l’idéologie afrikaner avait pour soubassement « d’utiliser la force numérique et la force de travail des Noirs pour les transformer en instruments , sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissé de sortir de cette situation’’. En notre âme et conscience aucune résonnance, aucune similitude avec ce qui se passe chez nous ? Si ce que nous vivons n’est pas de l’Apartheid stricto sensu, ça lui ressemble, au moins par métaphore…

Ma suggestion est celle-là : puisque ceux qui nous gouvernent se dérobent à l’idée d’organiser un dialogue inclusif, sans compenser cette rebuffade par des mesures fortes d’apaisement, que les médias nationaux se saisissent donc de cette polémique qui fait rage dans les réseaux sociaux comme d’une opportunité, pour organiser un débat… civilisé. Pour notre part nous sommes preneurs …

Samba Thiam
Président des FPC.

Nouakchott le 28 -02-2020

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur