✓Produits de base : Ghazouani annonce la création d’un outil de régulation et de stabilisation des prix

Le président mauritanien, Mohamed ould Cheikh Ghazouani, a présidé, lundi 20 septembre, une cérémonie consacrée aux Etats-généraux du secteur du Bâtiment et des Travaux publics (BTP).

Au cours d’un discours, il a annoncé la création d’un mécanisme national d’importation des marchandises et produits de base, et de les fournir au citoyen à des prix abordables, loin de la spéculation, pour être un outil de régulation et un facteur de stabilisation pour le marché de ces matériaux.

« Nous avons également ordonné à l’agence Taazour de fournir des marchandises dans les quantités requises dans tous les magasins subventionnés, et avons instruis le gouvernement à préserver le pouvoir d’achat des citoyens les plus pauvres, quel qu’en soit le coût », a déclaré le chef de l’État mauritanien.

Le président Ghazouani a rappelé que les différentes politiques publiques sont orientées vers l’amélioration des conditions de vie des citoyens et le renforcement de leur résilience face aux différentes crises.

« Cet objectif est non négociable », a résumé Ghazouani.

Par Babacar BAYE NDIAYE, pour Cridem

Avec AMI

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=749289

✓Près d’une quarantaine de commerces fermés pour non-respect des prix fixés

La direction pour la protection du consommateur et la répression de la fraude a procédé ces deux derniers jours à la fermeture de 39 commerces pour n’avoir pas respecté les prix fixés dans l’arrêté publié par le gouvernement.

Dans un communiqué publié vendredi, la direction a précisé que les commerces qui ont été fermés appartiennent à des importateurs mais aussi des distributeurs sur l’avenue appelée communément « avenue ERIZK », le cœur battant de l’activité commerciale à Nouakchott et principal pourvoyeur des marchandises vers l’intérieur du pays.

Le communiqué précise que les commerces qui ont été fermés ont fait l’objet d’amendes qu’ils ont acquitté au trésor public.

Les équipes de la direction poursuivent leurs efforts avec fermeté dans les marchés de la capitale pour veiller à l’application par les commerçants des prix qui ont été fixés

©️ Crédit source : https://fr.saharamedias.net/pres-dune-quarantaine-de-commerces-fermes-pour-non-respect-des-prix-fixes/

✓France | Le smic augmentera de 34,20 euros brut par mois au 1er octobre. (franceinfo)

Le smic va connaître une augmentation automatique le 1er octobre, en raison de l’inflation. L’indice des prix à la consommation ayant progressé de 2,2% par rapport à novembre 2020, le salaire minimum augmentera d’environ 34,20 brut par mois. Actuellement à 1 554,58 euros (brut mensuel), il sera porté à environ 1 589 euros. Le smic horaire brut devant passer de 10,25 à 10,48 euros. En effet, le Code du travail (article L3231-5) prévoit qu’une progression d’au moins 2% doit entraîner une revalorisation dans les mêmes proportions.

La dernière hausse automatique du smic en cours d’année due à l’inflation était de 2,1% le 1er décembre 2011. Le smic bénéficie par ailleurs chaque année d’une hausse mécanique calculée selon deux critères : l’inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

Chaque année, certains syndicats (comme la CGT qui réclame un smic à 1 800 euros brut) demandent au gouvernement d’aller au-delà de la hausse automatique, mais le dernier « coup de pouce » (de 0,6% couplé à 1,4% au titre de l’inflation de façon anticipée) remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection du président socialiste François Hollande. Les gouvernements qui ont suivi se sont abstenus de toute hausse exceptionnelle, jugeant que cela nuirait à l’emploi des moins qualifiés.

©️ Crédit source : https://www.francetvinfo.fr/economie/le-smic-augmentera-de-34-20-euros-brut-par-mois-au-1er-octobre-en-raison-de-la-hausse-de-l-inflation_4771933.html

✓Mauritanie : réduction des prix des principaux produits de consommation

Le gouvernement mauritanien a annoncé mercredi de nouvelles mesures destinées à fixer les prix de certains produits de première nécessité de 10% par rapport aux prix initiaux.

Lors de la conférence de presse des membres du gouvernement le ministre des pêches et de l’économie maritime, ministre du commerce par intérim, Dy O. Zeine, a dit que ces mesures représentent une baisse importante des prix et qu’elles seront applicables dès jeudi, sur l’ensemble du territoire national.

Le ministre a ajouté que la différence des prix à Nouakchott et à l’intérieur du pays va se limiter au prix du transport qui sera extrêmement limité.

Ould Zeine a ajouté que le gouvernement a chargé une commission de suivre les prix, demandant aux citoyens de contribuer à cette opération en informant les autorités chaque fois qu’ils constatent des spéculations sur les prix.

Ci-dessous les anciens et les nouveaux prix des produits concerné :

Sucre : 260 le kg au lieu de 300, soit une réduction de 2000 MRO sur le sac
Blé : baisse de 500 MRO ce qui ramène le prix du KG à 145 MRO au lieu de 155
Riz importé 1ère catégorie : réduction de 2000MRO sur le sac ce qui ramène le kg à 360 MRO au lieu de 400 MRO
Riz importé 2ème catégorie réduction de 1500 MRO sur le sac, soit 320 MRO le kg au lieu de 350.
Riz local 1ère catégorie réduction de 2500 MRO sur le sac soit 300 MRO au lieu de 350 MRO
Riz local 2ème catégorie réduction de 2250 MRO le sac soit 275 MRO le kg au lieu de 320 MRO
Huile le bidon de 10 passe de 800 MRO à 660 MRO
les 3 catégories de lait en poudre :
1100 MRO le kg au lieu de 1600 MRO
800 MRO le kg au lieu de 1400
700 MRO le kg au lieu de 1200 MRO
poulet importé (cuisses) 700 MRO le kg au lieu de 800 MRO
poulet entier importé 900 MRO le kg au lieu de 1100 MRO
La viande rouge : le kg de la viande de caprins 2200 MRO au lieu de 3000 MRO
La viande de bœuf et de chameau : 1700 MRO au lieu de 1900 MRO.

©️ Crédit source : https://fr.saharamedias.net/mauritanie-reduction-des-prix-des-principaux-produits-de-consommation/

✓Mauritanie | Accord sur la restructuration de la dette koweïtienne et l’annulation de 95% des intérêts accumulés sur plus de trois décennies


« Un accord définitif a été trouvé avec l’Etat du Koweït frère pour le règlement du dossier de sa dette accumulée sur la Mauritanie, à travers la restructuration de la dette. Cet accord est le fruit d’efforts diplomatiques intenses parrainés par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ».

C’est ce qu’a déclaré, jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, M. Ismaël Ould Cheikh Ahmed, lors d’une conférence de presse avec ses collègues des finances et de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement.

M. Cheikh Ahmed a, par la suite, passé en revue le processus aboutissant à l’accord, les efforts du gouvernement, à travers ses visites au Koweït, en compagnie du ministre des Finances, au mois de juillet, dernier, le message du Président de la République qu’il avait transmis à l’Emir du Koweït et la visite effectuée récemment en Mauritanie par le ministre koweïtien des Affaires étrangères, et le message qu’il a transmis au Président de la République, et tout ce que cela a engendré en termes d’approfondissement des relations entre les deux peuples frères.

Le ministre a, enfin, rappelé que les gouvernements précédents ont entrepris, au cours des dernières décennies, de nombreuses démarches qui ne sont pas parvenues à trouver une solution satisfaisante pour les deux parties.

Pour sa part, le ministre des Finances, M. Mohamed Lemine Ould Dhehbi, a précisé que l’accord signé entre la Mauritanie et l’Etat du Koweït porte sur la restructuration de la dette koweïtienne et l’annulation de 95% des intérêts accumulés sur plus de trois décennies et l’investissement du reste dans des actifs présentant des opportunités d’investissement profitables aux deux pays.

Il a ajouté que le principal de la dette soit 82 707 600 $ sera remboursé sur une période de 20 ans, y compris un délai de grâce de deux ans, et à un taux d’intérêt annuel de 0,5 %.

M. Dhehbi a, également, cité les avantages de l’accord, en comparaison avec d’autres initiatives ; avantages qui résultent dans le fait que la valeur réside d’abord dans le taux d’annulation de 95 % ; taux qui dépasse celui des deux initiatives de restructuration de la dette les plus connues :

a – Initiative d’allègement de la dette des pays les plus pauvres (PPTE) survenue au début du millénaire dont le taux d’annulation était de 67% :

b- L’Initiative d’annulation de la dette multilatérale lancée en 2006, dont le taux d’annulation était de 90 %.

Le ministre des Finances a, également, évoqué les effets engendrés par ce dossier, resté en veilleuse pendant les trois décennies passées, malgré le niveau excellent des relations entre les deux pays.

« Cette dette passive a aussi affecté la confiance dans la capacité du pays à faire face à ses obligations et a affaibli les indicateurs de capacité d’endettement de notre pays », a-t-il fait remarquer.

S’agissant des origines de la créance, le ministre des finances a précisé qu’elle a été contractée dans les années soixante-dix du siècle dernier, et se compose de deux prêts et d’un dépôt auprès de la Banque centrale de Mauritanie :

1- Un prêt de 46 millions de dollars pour l’indemnisation des actionnaires lors de la nationalisation de la Miferma ;

2- Un prêt de 4,5 millions de dollars pour financer la participation de la SNIM dans le capital de la Samia ;

3- Un dépôt auprès de la Banque Centrale de Mauritanie d’un montant de 36 millions de dollars.

« Le montant principal de cette dette s’élève actuellement à 82 707 600 USD. Ce montant dont le paiement a été suspendu il y a environ 30 ans n’a fait l’objet d’aucune restructuration dans le cadre des initiatives d’allègement ou d’annulation passées », a-t-il conclu.

De son côté, le ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, M. Moctar Ould Dahi, a précisé, en réponse à une question relative à la date du commencement du dialogue, et au rôle que le gouvernement compte jouer, qu’il revient à l’opposition et à la majorité présidentielle de déterminer la date du commencement du processus de consultations. » Il s’agit d’une affaire qui concerne les partis politiques. « Certains parlent de quatre semaines. Le président de la République est prêt à recevoir toutes les parties ».

Il a expliqué que le terme « dialogue » convient à la situation politique dans laquelle la tension est vive. Dans des situations d’apaisement comme celle qui règne actuellement, le terme «consultations» est le plus approprié, dans la mesure où les différents acteurs politiques sont devenus des partenaires au lieu des adversaires.

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-60020.html

✓L’ENQUÊTE SE POURSUIT À PROPOS D’UN MILLION 200 MILLE DOLLARS ET AUTRES SOMMES RETROUVÉES À L’AÉROPORT DE NOUAKCHOTT

L’enquête se poursuit avec un employé de la société AFROBORT, qui exploite l’aéroport d’Oum Tounsyà Nouakchott, après la découverte d’ un sac plein de devises fortes ,caché dans le pavillon d’honneur, réservé aux hautes personnalités.
Il s’agit d’environ un million , 200 mille dollars et d’autres montants inférieurs, en euro et dirham émirati .
Selon les informations disponibles, la gendarmerie a appris l’existence du sac dans le salon d’honneur . Leur commandant s’est rendu directement sur les lieux. Il a confisqué le sac et ordonné l’arrestation de l’intéressé.
L’enquête est centrée sur la partie qui voulait envoyer ces grosses sommes et la partie à qui elle est destinée.
Et est ce que ce sac était prêt à l’expédition ou posé là, en attente d’autres sommes supplémentaires.


Source : https://mourassiloun.com/node/19697


Traduit par adrar info

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=71154

« LE CRATÈRE SUD-AFRICAIN » | Par Achille Mbembe


Crédit photo : Sa Page FB

Dans ce texte [ https://www.dailymaverick.co.za/article/2021-07-14-this-is-what-a-failed-state-looks-like/ ] , Richard POPLAK (un observateur averti de son pays) développe l’une des analyses sinon les plus originales, du moins les plus provocatives des événements en cours en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud n’est peut-être pas (encore) un « failed state » (un Etat failli). Plusieurs expressions ont servi a la designer dans un passé récent , à commencer par la plus idiote: « la nation arc-en-ciel », qu’elle n’est pas non plus.

S’il fallait à tout prix lui octroyer un nom, alors on dirait qu’en réalité, ce pays aura été, depuis ses origines modernes, un veritable cratère.

En tant que tel, il aura fait l’experience, à intervalles plus ou moins réguliers, de violentes éruptions. Mais après chaque éruption, il aura su trouver, quelque part, les ressorts nécessaires pour se remodeler, et cela aussi fait partie de sa singularité.

L’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1994 n’a pas abouti a l’éradication de ces dynamiques cratériformes . Bien au contraire, celles-ci ont connu une vertigineuse accélération , et c’est bien l’une des raisons pour lesquelles l’on en est là aujourd’hui.

Aussi bien les choix que les non-choix effectués depuis plus d’un quart de siècle par les nouvelles élites gouvernantes auront débouché sur la multiplication sans précédent de logiques de collision multi-échelles et de situations aussi paradoxales qu’explosives – et par conséquent objectivement insoutenables sur la moyenne durée.

L’incarcération de Jacob Zuma a servi de prétexte et la poudrière a partiellement saute. Partiellement, du moins pour le moment.

La déflagration en cours représente un veritable danger pour tout le pays. Ici, les inégalités sociales sont par définition raciales et cela ne peut plus durer. Les niveaux d’appauvrissement étaient déjà vertigineux. La stratégie de lutte contre la pandémie a abouti à la destruction des ultimes filets de sécurité, ouvrant la voie, à présent, à de réelles situations de famine, de détresse et de désespoir. La violence structurelle n’est plus de nature à préserver l’ordre établi. Elle est en train de détruire la fabrique sociale elle-même. Beaucoup n’ont plus rien a perdre.

Il serait étonnant que l’explosion actuelle épargne l’ANC dont le cours, tout à fait tragique, n’est pas sans rappeler la trajectoire suivie par la plupart des mouvements dits de liberation dans notre continent au cours de la période postcoloniale .

De la libération à la prédation, le chemin aura souvent été court.
Aujourd’hui, deux factions irréconciliables sont en lutte pour le pouvoir au sein du parti. D’abord feutrée pendant plusieurs années, cette lutte est désormais une lutte a mort.

De façon schématique, elle oppose une faction prédatrice (représentée par Jacob Zuma et ses affidés) et une faction techno-ploutocratique (Ramaphosa et les siens).

La faction techno-ploutocratique cherche à préserver les oripeaux de la démocratie constitutionnelle et de l’Etat de droit comme cadre privilégié de l’accummulation, dans le contexte d’une économie de marché formelle. La redistribution, dans ce cadre, se ferait par les canaux ordinaires de la croissance, des investissements et de la création d’emplois.

La faction prédatrice se sert de la rhétorique de la redistribution (radical economic transformation) comme d’un drapeau rouge et cherche à rallier les « classes marginalisées » aux fins d’accaparement du pouvoir d’Etat. Elle n’hésiterait d’ailleurs pas à sacrifier la constitution et l’Etat de droit, à utiliser (et au besoin a détruire) la puissance publique aux fins d’accaparements privés et de rackets en tous genres (le modèle russe).

La lutte entre ces deux factions est loin d’être terminée et sert de toile de fond à l’explosion en cours.

Elle sera d’autant plus rude et impitoyable que les forces sociales qui soutiennent Jacob Zuma se recrutent y compris au sein des institutions étatiques (police, armée, municipalités, gouvernements et assemblées provinciales et services de renseignement). Elles se nourrissent par ailleurs de la convergence avec, voire du controle qu’elles cherchent à exercer sur des pans entiers de l’économie criminelle et du racket qu’avait étudié, il y a plusieurs années, le regretté Stephen ELLIS dans un ouvrage peu commenté à l’époque.

Les enjeux sont donc énormes. Une éventuelle victoire de la faction prédatrice et une restauration de Zouma sous une forme ou une autre signeraient l’échec de l’expérience sud-africaine et aurait de terribles répercussions sur l’ensemble du continent.

Mais pour réussir, l’Afrique du Sud a besoin d’une rupture radicale et d’une reforme aussi bien de l’Etat que de l’économie – une reforme qui etendrait à tous les délaissés un droit universel à la subsistance.

Bref, elle devra inventer un modèle entièrement neuf, qui ne se limite pas à la démocratie de marché. Car on le sait désormais, à l’âge du néolibéralisme autoritaire, la démocratie de marché à elle seule n’est plus une garantie contre la plongée dans le chaos, la violence et l’anarchie.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur du 14 juillet 2021 voir : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158245237561451&id=618071450

✓Vers une rupture avec les métiers réservés aux hommes en Mauritanie

Saadani Bint Abeidna est la première femme à avoir créé un atelier de réparation automobile à Nouadhibou, la capitale économique du pays, et à avoir intégré un secteur considéré exclusivement destiné aux hommes.

Saadani n’a que 31 ans. Mariée et mère de trois enfants, elle est diplômée d’un BTS en maintenance de véhicules à moteur. Elle a activement fait des formations professionnelles dans plusieurs entreprises pour améliorer ses compétences et pour augmenter ses chances d’intégrer le marché de l’emploi. Cependant, malgré ses qualifications, ses demandes d’emploi sont restées sans succès. C’est ainsi qu’elle a décidé de ne pas céder à l’échec et de suivre son ambition et son désir de travailler et de gagner sa vie.

La réparation automobile est un travail difficile et souvent qualifié de travail d’homme. Cela est particulièrement vrai en Mauritanie, où les emplois et les compétences nécessaires pour effectuer un tel travail sont largement dominés par les hommes. Les femmes pratiquant une activité physique ou s’essayant à des métiers occupés en majorité par les hommes se voient fortement stigmatisées par une société dans laquelle ces activités jugées masculines sont inappropriées pour les femmes.

• Freins à l’entreprenariat féminin

Saadani a rencontré de nombreux obstacles. Tout d’abord, d’ordre financier. Elle a pris la difficile décision de vendre ses propres avoirs pour financer son projet. Ensuite, et principalement, elle a dû supporter la pression sociale et défendre son projet hors-normes. Malgré ces défis, Saadani a décidé d’aller de l’avant, d’aller à l’encontre de la stigmatisation sociale et de se frayer un chemin vers une nouvelle réalité où les femmes ont l’opportunité de s’engager dans des activités génératrices de revenus souvent réservées aux hommes.

Il s’agit d’une nouvelle réalité qui s’impose lentement et qui annonce des changements potentiels dans la société mauritanienne. Ceci aura certainement un impact substantiel sur l’avenir de la composition structurelle du tissu socio-économique en Mauritanie. Une nouvelle réalité où la femme jouera un rôle clé dans la promotion de l’économie locale et nationale et contribuera à l’évolution de la société mauritanienne.

La part de la main-d’œuvre féminine dans la population active a légèrement augmenté, passant de 29,5% en 2010 à 31,5% en 2020. Malgré cette légère augmentation, plus de 50,8% des femmes sont au chômage et ne cherchent pas d’emploi. La plupart des femmes actives effectuent des tâches qui ne sont pas rémunérées et ne génèrent pas de revenus. Dans ce sens et selon le ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, le taux d’emploi est de 27,22% pour les femmes alors qu’il atteignait 59,71% pour les hommes en 2017.

Selon les derniers indicateurs de genre en Mauritanie (2014), le ratio des femmes en position de direction dans le secteur privé est remarquablement faible : 4,5% par rapport au total des entreprises. L’égalité entre hommes-femmes dans les postes de direction reste un objectif loin à réaliser !

• Initiatives innovantes et courageuses par les femmes mauritaniennes

Compte tenu des difficultés rencontrées par les femmes pour accéder aux marchés du travail locaux, plusieurs initiatives entrepreneuriales innovantes ont émergé, particulièrement des initiatives « non traditionnelles » lancées par des femmes mauritaniennes telles que Saadani Bint Abeidna.

Le laboratoire d’accélération du PNUD en Mauritanie, explore la possibilité de dupliquer ces nouvelles initiatives qui conduiront potentiellement à un changement significatif et auront des retombées positives par rapport aux différents défis de développement.

C’est dans cette perspective que le laboratoire d’accélération étudie cette nouvelle tendance comme étant un indicateur de changement dans la société mauritanienne et qui devrait faire des femmes un acteur important en matière d’inclusion économique et sociale. Par conséquent, l’équipe du laboratoire d’accélération a contacté Saadani pour que son expérience profite à d’autres groupes de femmes vulnérables afin qu’elles soient mieux équipées. Le PNUD œuvre également à faciliter leur participation dans des activités génératrices de revenus et à surmonter la stigmatisation sociale et les obstacles à leur succès.

«J’invite toutes les femmes ayant des idées de projets à foncer. Ne laissez pas les obstacles vous empêcher de réaliser vos rêves. Il est temps pour vous d’être indépendantes financièrement et de devenir des managers de vos propres entreprises», déclare Saadani.



Elle rajoute «Je vous exhorte à obtenir l’éducation et la formation nécessaires pour améliorer vos compétences et votre savoir-faire afin d’avoir plus de chances d’atteindre vos objectifs. Ne devenez pas dépendantes des autres… » poursuit-elle.

Nécessité d’appuyer ces initiatives !

L’exploration de cette nouvelle orientation dans la dynamique de l’entreprenariat est d’une grande importance pour le laboratoire d’accélération et aussi les programmes du PNUD Mauritanie et s’aligne étroitement avec les objectifs de développement durable (particulièrement ODD 5 et ODD 8). Plusieurs collaborations potentielles peuvent être envisagées dans ce sens pour que les femmes puissent se faire une place dans des activités économiques considérées, souvent, exclusivement destinées aux hommes.

© Crédit source : https://www.africa.undp.org/content/rba/fr/home/presscenter/articles/20201/vers-une-rupture-avec-les-metiers-reserves-aux-hommes.html

[Vidéo] Mauritanie : vers la fin de la spoliation des terres de la vallée du fleuve Sénégal

Le360 Afrique – Le gouvernement mauritanien vient d’annuler une concession de 3.200 hectares accordée à l’AAAID. Une décision qui rentre dans le cadre de la volonté du gouvernement du Président El Ghazouani de mettre fin à l’accaparement injustifié des terres des populations de la vallée du fleuve Sénégal. Après les annonces relatives au changement de la politique de l’accaparement des terres de la vallée du fleuve Sénégal, les autorités mauritaniennes sont passées à l’acte. Kane Ousmane, ministre mauritanien des Affaires économiques et de la Promotion des secteurs productifs, s’est rendu ce week-end à Dar El Barka à la vallée du fleuve Sénégal, en compagnie de son collègue de l’Agriculture.
Il a transmis aux populations un message du Président Mohamed Cheikh El Ghazouani annonçant l’annulation d’une concession de 3.200 hectares au profit de l’Autorité arabe pour le développement de l’investissement agricole (AAAID) associés à des privés nationaux, datant de 2015, sous l’ère de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le gouvernement s’engage également à mettre fin à la politique des attributions abusives et de l’accaparement des terres, au profit d’une démarche consensuelle impliquant l’Etat, les communautés et les potentiels investisseurs.

«Le Président de la République m’a chargé de vous transmettre un message spécifique à la population de Dar El Barka. Celui-ci concerne une convention qui avait été signée en 2015 entre notre pays et l’institution financière AAAID, par laquelle l’Etat donnait la possibilité de valoriser 3200 hectares.

Suite à un travail de vérification, le gouvernement a décidé de dénoncer cette convention le 10 mars 2021, estimant qu’elle n’est pas conforme aux intérêts de la partie mauritanienne», a annoncé Ousmane Kane.

Il a expliqué par la suite les enjeux de la réforme foncière dont «le principe de base repose désormais sur un partenariat entre l’Etat (puissance régalienne), les communautés villageoises qui vivent sur les terres à valoriser et les candidats investisseurs (privés nationaux ou capitaux étrangers).

Dans cette perspective, l’accompagnement des populations est indispensable. On ne peut pas investir durablement son argent dans une zone, et se retrouver dans l’obligation de se faire accompagner par la police et la gendarmerie, à chaque fois qu’il faut se rendre sur le terrain. Aucun investisseur sérieux ne l’accepterait. Par ailleurs, la terre est une source de richesse, et ne doit pas servir de prétexte à des querelles stériles.

Suivant les règles classiques de fonctionnement de l’économie, la valorisation de ces ressources profitera aux Mauritaniens de toutes les régions du Sud, de l’Est, du Centre et du Nord.

«Les communautés seront désormais chargées d’identifier les superficies pour constituer des blocs à mettre en exploitation. Les privés nationaux et étrangers sont capables de mobiliser des ressources financières et une expertise au-delà de l’Etat. Ils vont représenter le troisième maillon de la chaîne du partenariat. Ce sont ces éléments qui constituent les principes de base de la réforme foncière que prépare le gouvernement», a expliqué le ministre.

Gaye El Hadj, administrateur civil à la retraite, reconverti dans l’agriculture dans la commune de Dar El Barka «salue l’annonce du gouvernement au sujet de l’abandon du projet de l’AAAID et l’association des populations à la gestion du foncier, notamment le fait d’accorder la primeur du diagnostic aux communautés, qui pourront ainsi déterminer la véritable propriété des terres sur lesquelles elles vivent depuis des millénaires.

Tout cela constitue l’aboutissement d’un long combat, dont le symbole était le défunt maire de la commune, feu Tijane Mame Kane, décédé il y a quelques mois et devant la mémoire duquel je m’incline».



A l’origine de cette réforme foncière en Mauritanie, un véritable constat d’échec illustré par la colère des communautés, victimes d’une politique d’accaparement des terres. Une pratique mondiale désormais érigée en crime contre l’humanité par la législation pénale internationale.

Mais aussi et surtout par d’énormes investissements improductifs, d’un montant global de près de 2 milliards de dollars (plus de 500 milliards d’anciennes ouguiyas entre 1974 et 2021) consentis par les partenaires au développement, pour un résultat nul.

Par De notre correspondant à Nouakchott Amadou Seck

Via Cridem

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Le Grand Entretien du Blog | Madame Habsa Camara, la fondatrice présidente de l’ONG Macalebasse en Mauritanie .

Notre publication Le Grand Entretien du Blog (Le GEB) de cette fin de semaine concerne une entrepreneuse ingénieuse qui dirige l’ONG Macalebasse basée à Nouakchott . Notre compatriote du nom de Habsa Camara, développe et transforme des éléments-sources du terroir environnemental en des produits Bio divers d’une grande utilité pratique. Un modèle d’entrepreneuriat visionnaire avec de louables perspectives à promouvoir.

Les contacts Macalebasse :

🔸Tél : +222 48 75 41 76

🔸Page Facebook : https://www.facebook.com/Macalebasse-107817211445900/


Question 1 : Bonjour, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

✓Habsa Camara : Bonjour. Je suis Kilé Camara, Habsa Camara à l’état civil. Je suis née en juillet 1991 au Congo Brazzaville où vivaient mes parents de nationalité mauritanienne, de kaédi au Gorgol.

Question 2 : vous êtes investie dans la promotion via les réseaux sociaux de divers produits faits localement à travers l’organisation Macalebasse, de quel type d’entrepreneuriat s’agit-il ? Vos principaux produits ?

HC : Je fais cette promotion sur le terrain depuis cinq(5) bonnes années avant que mon ONG « Macalebasse » qui (organisation non gouvernementale) qui a pour mission : la collecte – transformation & distribution de produits locaux ne soit reconnue juridiquement via l’octroi d’un agrément. Ce qui nous autorise à exercer en toute légalité, donc étaler les œuvres de Macalebasse où l’on s’identifie mauritanien.
Nos principaux produits jusque-là restent : les conserves de fruits & légumes, les jus de fruits, les confitures, les produits culinaires, les produits de beauté, mais également de la teinture locale appliquée sur du textile. Mais également des objets d’arts, essentiellement du recyclage.

Question 3 : Pouvez-vous présenter votre volume d’activité actuellement et quelles perspectives de développement ?

HC : les perspectives de développement oui. Il faut noter que Macalebasse contribue:

  • à soutenir les producteurs locaux. Ce qui évite les gâchis post-recolte .
  • à contribuer à la lutte contre l’insalubrité en recyclant une partie des objets jetés.
  • lutte contre la délinquance juvénile en occupant les jeunes, notamment les enfants de la rue. Mais avant tout, faire comprendre aux mauritaniens que la richesse commence par vivre de ce que nous produisons.

Question 4 : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez éventuellement dans votre entreprise ?

✓HC : Des difficultés, il y en aura toujours. Macalebasse les affronte comme tout bon aventurier. Alhamdoullilah. Un merci sincère à vous pour l’intérêt accordé à Macalebasse. Consommer nos produits, c’est consommer local et sain !

Le 6 Mai 2021

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