Mauritanie/Débat : Et maintenant …que Dire ? Par Monsieur Samba Thiam, président des FPC

J’ai lu l’article de Monsieur Ahmed Sidi Baba, paru récemment, intitulé ‘’Et maintenant’’ ?

En ces temps de crise ,la prise de parole des leaders politiques ou des notables tribaux sur la situation nationale tendue est une nécéssité qu’il faut souhaiter et saluer. ‘’The hotest place in the Hell is reserved for those who remain neutral in times of injustice ‘’ disait Martin L King Jr ; entendez ,en substance, que ( la place la plus incandescente dans le feu de l’Enfer est réservée à ceux –là qui , en temps de grande injustice ( ou de grave crise), gardent le silence ).
Cette sortie de ould Sidy Baba, toutefois, résonne en moi , par son ton , comme en écho à celle de 1986, qu’il avait faite sur les ondes de RFI, à propos du groupe flamiste emprisonné. A la question du journaliste portant sur la situation agitée , il avait répondu, en substance, que c’était là des jeunes en mal de notoriété qui cherchaient à se tester, à se mettre en valeur .La moyenne d’âge du groupe se situait entre 38 et 40 ans ; Djigo Tapsirou avait dépassé la cinquantaine et Tene Youssouf gueye avoisinait les 6o ans ,voire plus ! Nous posions alors , avec calme et sérénité, et l’ouverture d’esprit requise, cette problématique nationale qui, aujourd’hui, hante notre sommeil à tous. Passé déjà lointain , mais toujours présent .…
Dans l’éventail de solutions proposées par l’auteur, pour revenir à l’article, on en trouve qui sont dignes d’intérêt ; d’autres me paraissent inadaptées , voire carrément discutables, pour reposer soit sur un diagnostic biaisé, insuffisant , soit sur un déni persistant.

Qu’il faille ‘’ travailler sur la mise en place d’un Etat de droit qui passe par la réforme de la constitution devant redéfinir la nature du régime politique, à réajuster, la réforme des institutions dans leur rapport, avec plus ou moins de séparation ou d’indépendance, la scène politique à pacifier , apaiser ,ou encore la valorisation de notre patrimoine culturel national, le tout dans un climat de paix et de justice sociale , ou qu’il faille se dresser contre ‘’les dérives idéologiques, réligieuses, ou communautaristes’’, l’esprit du ‘’ Parti-Etat’’, il n’y a pas à redire. Concernant les recommandations formulées pour la solution du Passif humanitaire, de l’Unité nationale , du problème culturel, là non plus pas grand-chose à dire, du moins sur certains aspects…Mais là où je ne suis plus le raisonnement de Monsieur O sidi Baba, c’est d’abord lorsqu’il part d’un socle ou d’un postulat formulé, ambigu dans son esprit , pour bâtir ensuite ses propositions de solutions : la Nation , l’unité nationale … Tantôt cette Nation existe , comme par vertu de la force de l’affirmation ; elle est même ‘’garantie’’ en raison du ‘’ciment de la civilisation islamique’’ ; renforcée par la rengaine habituelle de ‘’ nos prestigieux érudits, nos imams, nos cadis …‘’, les ‘’ valeurs spirituelles et morales de notre réligion’’…Tantôt cette ‘’ Nation’’ est à construire , à forger , tantôt elle est reconnue vivante, solide …
Il faut savoir !

Si je devais me risquer à donner ici mon appréciation des choses , je dirais que la nation mauritaniènne n’existe pas encore , pour n’avoir pas suivi le processus historique d’homogéneisation, selon C Anta Diop . Sur ce territoire se côtoient deux aires culturelles , deux entités politiques historiques, deux peuples aux habitudes mentales et mœurs differents que le colonialisme a agrégés . J’en avais donné quelques illustrations au cours d’un débat à Téle-Mourabitoune qu’il serait superflu de rappeler ici . Non il n’y a pas de nation mauritanienne qui reste à construire ; pas encore, même s’il faut s’y atteler . L’argument ‘’ réligion comme ciment solide, indestructible de notre unité’’, utilisé à tout vent, ne résiste pas à l’analyse, pour être controdit, formellement, par l’histoire du Pakistan et du Bengladesh , de l’Irak et du -Kuridistan, du Soudan du nord et du Darfur, etc …
Le coté flou et ambigu de ce texte se révèle, par ailleurs, à travers une série de solutions préconisées, qui ne reposent pas toujours sur un diagnostic exhaustif, clair et sans complaisance des choses…
Il propose l’indépendance de la justice, mais il omet de nous préciser de quelle Justice il parle ? Celle actuelle d’un secteur judiciaire monoethnique, mal rendue, malade du népostisme, ou une toute autre, moderne, bâtie sur le respect de la diversité ? Et quelle diversité ? celle scandée comme un slogan creux par Abdel Aziz, qui écarte Négro-africains et Haratines des médias, de l’Armée , de la superstructure pour tout dire ?
Il demeure des zones d’ombre , une ambiguité dans ce discours …
A aucun moment Ould Sidy Baba ne dénonce le racisme d’Etat qui frappe des composantes nationales entières , l’hégémonie, patiemment mise en œuvre, d’une seule fraction … Il sait que les terres d’Atar appartiennent aux gens de l’Adrar, réalité censée être en porte-à-faux avec l’esprit de notre réforme fonciere quand, hélas à double standard, qu’il se garde bien d’indexer …( pour la petite histoire ,un jour qu’un Gouverneur negro-africain en exercice à Atar voulut s’attaquer à un contentieux foncier sur leurs terres , il s’entendit répondre par les notables de l’Adrar –tout gouverneur qu’il fut – ,ceci : ’’ ne vous mêlez pas de ça, ce sont nos terres’’) ! Les terres d’Atar, des Hodhs , du Tiris, relèvent du Trab-El bidhaans, comme le terroir de ‘’Sangrava appartient aux El- Maali et affiliés -‘’refusé aux aux Meshdoufs-‘’ et Lemden, à la parentèle du Président Sidy ; mais les terres de la vallée du fleuve relèvent, elles, … du domaine national !!! Elles sont pour tout le monde ! C’est ça notre réforme foncière, nos lois …L’auteur de l’article feint d’ignorer cette réalité factuelle des choses qui pourtant crève les yeux . Il ne dénonce pas … On ne l’entendit pas, à l’opposé de ces quelques voix courageuses, sur le cas de racisme flagrant des 47 officiers arabo-berbères sélectionnés du ‘’concours’’ dernier, ni sur celui des 700 fonctionnaires de l’Etat , récemment recrutés, pour une portion congrue de Négro-africains ; Sur l’épuration ethnique qui prévaut dans les écoles spéciales et d’excellence ces 10 dernières années il a toujours gardé le silence…Comment donc peut-on proposer des solutions sur l’Unité, sans toucher le fond du mal ? C’est à croire que l’unité nationale , prônée par O S B, soit de même nature que celle en vigueur, c’est-à-dire celle du cavalier et de sa monture ; cette Unité-là nous n’en voulons pas ! L’unité se fera dans l’égalité des chances et dans l’égale dignité ou ne se fera pas !
Notre identité culturelle ethnique nègre ne semble être prise en compte ici , comme avec le général Abdel Aziz, que lorsqu’il s’agit de nous exposer, dansant et virevoltant comme des forcenés, dans les festivals des villes anciennes de Chinguitty et walata … sans plus ! Lorsque O S Baba se risque à effleurer la question controversée des langues , il le fait sous l’angle, unique, de l’arabe – instrumentalisé depuis toujours – comme seule langue officielle , dominante; sur l’officialisation des autres langues nationales wolof , sooninke et pulaar motus ! Pourquoi donc se cabre-t-on sur ce terme ‘’officialisation’’ ? Ces langues doivent être érigées en langues de travail , au bénéfice des populations administrées, si tant est qu’on tient réellement à procéder à une véritable décentralistion, viable, des régions .O S Baba parle de ‘’redonner vie à l’institut des langues’’ sans se poser la question sur les mobiles-inavoués- qui avaient conduit à le fermer , arbitrairement, en 1990.
Mais le plus surprenant dans le propos de cette notabilité de l’Adrar a été d’affirmer , haut et fort , au mépris des expériences historiques d’autres peuples semblables à nous, que ‘’ l’unité nationale n’est pas menacée, et qu’elle ne pouvait jamais l‘être’’ ; qu’elle est même ‘’garantie’’, pour diverses raisons historiques; et d’ajouter que cette (prétendue) menace n’était, en fait, que le produit de fantasmes et d’élucubrations de certains, un épouvantail, tout trouvé, agité par les esprits populistes, et rien que ça ; alors que la tension ethnique et sociale , vive, est partout perceptible, palpable. Etrange observation que peu de gens partageraient… A moins d’être négationnistes. La question de l’esclavage est effleurée d’une tirade sur le ‘’ Mouvement–Manifeste’’, adossée sur la fameuse fatwa de nos fameux érudits, toute récente …
L’article, heureusement,clôt sur une note, résolument optimiste, portant sur la nécéssité de débattre des problèmes, en dépit de désaccords de points de vue qui pourraient survenir, et l’injonction, en même temps, à accorder place et respect à toutes les spécificités culturelles, à percevoir , comme partie intégrante, un patrimoine partagé et assumée en commun . Encore un slogan ?
Enfin, J’ai cru décéler dans ce texte comme un appel à l’esprit de renouveau, un vœu pour l’instauration d’une ère nouvelle sous le régime de ould Ghazouani…Mais comment y parvenir sans nous dire la vérité sur la cohabitation et sur les crimes ? Comment le réaliser sans, au préalable, assainir nos mœurs politiques et de gestion ? sans nous dresser impitoyablement contre la corruption et cette mentalité grégaire, perverse, qui incite et encourage au vol ? Sur cette question, hélas, l’ancien ministre reste muet …

Samba Thiam / Président des FPC
Novembre 14 / 2019

©️ Crédit source : Page officielle de l’auteur (https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1306411332853245&id=420106731483714) du 14/11/2019

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Une grave crise alimentaire menace le monde rural, face à un ciel aride et des terres desséchées

L’authentique – Le mois d’août 2019 tire à sa fin, et la Mauritanie enchaîne sa énième année de sécheresse. Les paysans n’auront plus le temps de cultiver la terre, alors que les rares animaux encore en transhumance occupent le versant des collines, arrachant les dernières feuilles d’arbres en l’absence de pâturage.

C’est tout le grenier naturel de la Mauritanie, de NDiago à Ghabou et de la Batha d’Aleg aux confins de Fassala Néré qui souffre de cette sécheresse qui risque d’être encore plus impitoyable que les années passées.

Aux alentours des villages et hameaux jadis généreusement arrosé, ce n’est que désolation. Un ciel obstinément silencieux et aride et des hectares de terre lamentablement desséchés. La plupart du bétail partie au Mali au début de la soudure, il y a de cela près de six mois, n’est pas encore revenue.

Pendant les années d’hivernage, les troupeaux redescendaient de leur zone de transhumance au Mali et au Sénégal, dès les premières gouttes, vers le mois de juillet. Certes, il y a eu des averses dans certaines régions du pays. De fortes averses, deux ou trois pluies qui ont fait couler les oueds et donner de l’espoir.

Mais depuis la mi-août, le ciel s’est refermé sur ses trésors et la terre aride où commençaient à germer de fragiles tapis vert, a repris sa couleur ocre. Le désespoir s’installe peu à peu dans le monde rural.

« Même s’il pleut maintenant, nous ne pourrons plus cultiver, car le temps qui reste ne pourra pas faire mûrir le sorgho, le mil ou le maïs. Les animaux sont d’ailleurs toujours en amont et leur retour ne fera que détruire nos cultures, si culture il y aura », explique Mahmoud, vieux paysan dont les champs s’étalent près de la mare Echeyeb, à 12 kilomètres de Kankossa en Assaba.

Non loin du village Ekamach, quelques hameaux peulhs. Hommes et femmes se tournent les pouces, en pleine oisiveté. « Les troupeaux de vaches sont toujours au Mali et ils risquent d’y passer encore des mois, car ici, la faim les décimera. C’est pourquoi, nous nous apprêtons à les rejoindre » avance Mawdo Bâ, la quarantaine.

Du Guidimagha, jadis région la plus arrosée du pays et lieu de transhumance du bétail mauritanien, les échos qui parviennent poussent au désespoir. « En cette période de l’année en général, les herbes masquent déjà les villages et les champs font germer leurs premiers bourgeons.

Mas cette année est vraiment dramatique. Nous n’avons jamais vécu pareille situation. Pas le moindre semi jusqu’à présent. Là-bas, la situation est catastrophique, d’autant plus que les animaux se sont attaqués aux arbres.

D’ici peu, et il n’y aura plus aucune forêt au Guidimagha  » raconte SIlèye Camara, un jeune transporteur soninké qui fait la navette entre Sélibaby et Kankossa.

Contacté au téléphone, Sidi Traoré, cadre à l’ONG ADIG (Association pour le développement intégré du Guidimagha) s’étonne de l’inertie des pouvoirs publics qui n’ont encore pris aucune mesure pour juguler la situation.

« C’est vrai que l’arrivée d’un nouveau pouvoir, d’un nouveau gouvernement qui vient juste de prendre fonction, pourrait constituer une excuse, mais la catastrophe est là, des régions entières de la Mauritanie sont menacés de disettes, des hommes, des femmes, des enfants, des troupeaux sont menacés dans leur existence et cela, doit constituer la priorité.

Un appel à l’aide d’urgence internationale s’impose et l’Etat mauritanien doit tirer la sonnette d’alarme » a-t-il confié.

Selon lui, le pire, c’est que la même situation prévaut sur toute la bande sahélo-saharienne, au Mali comme au Sénégal entre autres.

« N’empêche, selon Sidi Traoré, la volonté politique devra se traduire dans les faits à travers un engagement durable et inclusif. Le Gouvernement doit s’atteler à lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition, conformément aux recommandations de la revue Faim Zéro qui est le résultat d’un long processus de concertation entre le Gouvernement, la Société Civile et les partenaires au développement ».

Cheikh Aïdara

Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)

Diogountoro – Guidimagha : le chef coutumier et ses administrés devant le tribunal de grande instance de Bobigny

Boubou Ba – Le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée par les parties.

Il prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression. La justice étatique décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit, d’où l’intérêt de faire appel aux modes amiables de règlement des conflits.

N’a-t-on pas coutume de dire : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ».

La justice amiable constitue une thérapie qui a pour but de briser le cercle infernal de la violence et de la contre violence afin de rétablir l’harmonie et la paix sociale. En effet, si jadis la fierté d’un Soninké, c’était de se glorifier de ne jamais mis pied au commissariat, aujourd’hui le voilà grimper la marche du palais de justice français. C’est peut-être la fin du royaume Soninké du 21eme siècle ou du moins le souverain mésopotamien du VIIème siècle.

Les descendants de Wagadu :

Si quelqu’un m’avait raconté hier, cette chaine judiciaire, c’est-à-dire les voilà venir le chef et ses conseillers d’un côté et de l’autre ses administrés devant le juge français pour trancher un litige qui les oppose, j’aurais tendance à imaginer que c’est le retour de « Wagadu Bida ».

Malheureusement, cette chaine judiciaire a eu lieu et s’est déroulée devant mes yeux à 9h30 au tribunal de grande instance de Bobigny (TGI). Les mots me manquent pour qualifier cette audience judiciaire que j’ai assistée ce lundi 25 mars 2019, devant le juge de référé du TGI de Bobigny avec un public-immigré, tous « ressortissants de Diogountouro », dans la Commune de Ghabou. J’étais pétrifié et écœuré de voir ceux qui se réclament « descendants de Wagadu » se trainent devant un magistrat étranger pour des faits qui peuvent se régler à l’amiable si nous étions véridique et honnête avec nous. Malheureusement, nous avons perdu la sagesse que le roi (Tunka) de Wagadu nous a léguée.

Autant de l’empire du Ghana, il semblerait le roi ou chef était un dirigeant véridique, honnête et sage ; il réglait toutes les affaires de son royaume à l’amiable afin de préserver la paix sociale de la cité. Le roi ou chef de Wagadu, selon les différents récits disposait trois critères qui nous laissent entendre qu’il était un roi justicier : Le roi était un « faiseur de paix » ; il était un « donateur » de ses biens, et ne peut se permettre, sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes de ses administrés ; le roi était également un grand « orateur », ayant la maitrise de tous les codes culturels de la cité.

Pourquoi aujourd’hui, les descendants de Wagadu ont-ils perdu cette sagesse de rendre la justice et de dire le Droit ? Pourquoi, les fils du roi sont-ils arrivés devant le juge pour étaler leurs « linges sales » ? Où sont-ils passés les chefs justiciers de Wagadu, pour faire régner la paix et la cohésion dans le royaume ? Nous n’avons pas coutume de dire que, « le linge sale se lave en privé ». Pourquoi, nous ne faisons pas comme la communauté Wolof du Sénégal, en réglant ses affaires dans « le ventre de la famille » ou « dans le ventre du village ». Le maintien de la paix sociale et la tranquillité dans nos cités passent par les modes amiables de règlement des conflits.

Pourquoi sont-ils arrivés devant le juge de référé ?

D’après nos informations fiables, nous nous limitons de prendre les faits à partir d’une réunion. Ainsi, lors d’une réunion du village, le chef coutumier et les dirigeants de l’association de ressortissants de diogountouro (ARD) avaient déclaré oralement comme d’habitude, que la caisse du village disposait d’une somme totale de 147000euros sans pièce justificative à l’appui.

En effet, les jeunes du village ayant connaissance de ses droits et devoirs, avaient organisé plusieurs rencontres avec le chef coutumier du village et l’Association des Ressortissants de Diogountouro (ARD), dirigée par une poignée de gens (pour ne pas dire un clan), dont certains sont à la fois conseillers du chef coutumier et membre du bureau exécutif de ladite association, pour demander de comptes sur la gestion financière de l’association communautaire, c’est-à-dire les relèves bancaires et tout autre document nécessaire attestant la gestion transparente du bien commun. Bien sûr que oui, ils sont en droit de demander ou va leur argent et comment a été utilisé cet argent.

La jeunesse a également demandé au chef coutumier et le bureau exécutif de l’association de procéder à un changement des mentalités sur les instances associatives du village, c’est-à-dire à ne pas rester coller sur les patronymes (pour ne pas dire l’esclavagisme) des uns et des autres pour designer telle ou telle personne mais plutôt à regarder du côté des compétences et d’expériences pour faire avancer les choses dans le bon sens. La réponse du chef coutumier et le président de l’association est sans appel.

Le chef coutumier et l’association (ARD) disent tous pas question de leur fournir les relèves bancaires et tout autre document attestant la gestion du bien commun. Cela revient à dire taisez-vous, on n’a pas de compte à vous rendre et vous n’avez aucun droit sur vos propres biens. Apres plusieurs tentatives de médiation auprès du chef coutumier et auprès de l’association, qui n’ont donné des résultats positifs. Ainsi, les jeunes décident de saisir la justice pour faire valoir leur droit sur le bien commun.

Les faits :

Les jeunes sollicitent les compétences et l’expertises d’un avocat et docteur en Droit, Maître AKUSSON, un professionnel aguerri du Droit. Ainsi, maître Akusson, par un courrier du 31 octobre 2018 envoyé au chef coutumier et au président de l’association(ARD), demande à la partie défenderesse de lui communiquer tout document comptable susceptible d’attester de la gestion transparente des fonds de l’association. Le 17 nombre, le président de l’association (ARD) a envoyé une réponse lapidaire à l’avocat maître Akusson : « en ma qualité de président de l’ARD, je vous informe qu’il y a une totale transparence quant à la gestion des comptes et à la communication des soldes des comptes… ».

Une réponse non juridique mais plutôt littéraire, car l’avocat n’a pas demandé de verbes mais plutôt de pièces justificatives. Ainsi, n’ayant pas satisfait de la réponse du président de l’association, le 26 novembre 2018, l’avocat de la partie demanderesse a envoyé un 2eme courrier au chef coutumier et au président de l’association, faute des réponses claires accompagnées des pièces justificatives il sera obligé de saisir le juge de référé, c’est-à-dire le juge de l’urgence.

N’ayant pas obtenu une réponse, maître Akusson, à la demande de ses clients a saisi le président du tribunal de grande instance de Bobigny en référé, pour des faits de pratiques d’esclavagistes, de faits de discrimination au sein des instances associatives et une gestion opaque des ressources de l’association. Les faits sont grave, je dirais très grave même au regard du code pénal français. Enfin, il a demandé également au juge qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné à la tête de l’association et que les documents demandés soient communiqués par force.

L’audience devant le juge :

Les deux parties sont convoquées à 9h30 du matin devant le juge. Apres un bref rappel des faits et un échange de quelques documents entre avocats et juge. Madame, la juge a donné la parole à l’avocate de la partie défenderesse. Celle-ci a soulève l’irrecevabilité de la demande de la partie adverse faute de qualité à agir en justice et défaut d’intérêt, car selon l’avocate les plaignants ne disposent pas des preuves attestant leur appartenance à l’association. Ainsi, l’avocat de la partie demanderesse maître et docteur en Droit Akusson, a pris la parole pour démontrer l’appartenance de ses clients à l’association et demande au juge à ce qu’un administrateur ad ’hoc soit désigné afin de mettre l’ordre dans cette association.

Madame, la juge après avoir écouté les deux parties et au vu de la complexité du dossier, elle a décidé de renvoyer l’audience au 10 avril 2019. Ce faisant, avons-nous d’autres solutions pour éviter le chaos ? Oui, évidemment nous avons une panoplie des solutions amiables (médiation, conciliation, arbitrage, négociation…) entre nos mains, qui nous permet de régler cette affaire à l’amiable sans que le juge ne soit au courant de ses linges sales. La justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations.

Elle recèle d’ailleurs plusieurs enjeux : l’apaisement des ruptures de la communauté avec la mise en avant de l’intérêt de la communauté, mais aussi la déjudiciarisation de la procédure de la gestion du conflit. J’en appelle à la sagesse et à la responsabilité de toutes les parties au procès d’aller sursoir au tour d’une table afin de pouvoir trouver une solution amiable et consensuelle pour le bien du village.

Ba – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Stagiaire à la Cour de cassation de France

🔘Crédit source : cridem.org

Afrique en mouvement, tout ESPOIR est permis par Ibrahim DIALLO.

L’Afrique n’est plus ce qu’il était, un continent où les enfants meurent de faim et de mal nutrition où des villages entières étaient effacés à causse d’un microbe ou encore la misère et le désespoir; mais l’occident ne voit toujours pas ce temps lointain et reste tout simplement autocentré. L’ignorance très répandue chez la population occidentale de ce qui ce passe en Afrique est consternante. Les afro-pessimisistes diront que L’Afrique reste L’Afrique et que rien a changé et ne changera pas car l’Afrique a pris tellement de retard sur le développement et la mondialisation qu’il est impossible de rattraper encore moins de dépasser l’occident et ils ne manqueront pas de parler des deux plus grandes fléaux qui frappent le continent depuis des années le manque de transition démocratique et sur l’immigration(à savoir la migrations s’opère à plus de 75% à l’intérieur du continent même) voulu ou non mais seulement ce dernier n’est plus réservé qu’à l’Afrique et ses enfants. Nous voyons bien, de plus en plus d’Américains quittent les USA et tout les jours des milliers d’Européens quittent l’Europe pour le Canada ou l’Afrique car les opportunités en Afrique sont beaucoup plus nombreux et le niveau de la vie de plus en plus élevé et surtout beaucoup moins chère avec une population jeune(0 a 14 ans est de 40%, 15 à 25 ans 19) et dynamique. A l’heure de la technologie donc forcé de reconnaître que aujourd’hui l’Afrique est belle et bien à la poursuite de l’occident et de l’Europe; avec son dynamisme et sa démographie (même si le président de la république française Emmanuel Macron, estime que ce n’est pas une bonne chose) est devenue le meilleur espoir de l’économie mondiale, selon des statistiques prévisionnels L’Afrique sera peuplé de 2,5 milliards d’individus en 2050 autant dire demain et de 4 milliards en 2100, soit un tiers de la population mondiale alors que l’Europe ne comptera que 10%. Bien évidemment le but n’est pas de dire que tout va bien en Afrique ou que c’est le paradis mais ne pas reconnaître ou fermer les yeux devant les réussites et les espoirs que le continent donne au monde est tout simplement anormal; ce qui vaut à refuser et ignorer une opportunité énorme.
Tandis que l’Europe et l’Amérique repensent au bon vieux temps, l’Afrique regarde devant et avance pour un futur meilleur et se construit sans l’occident en bonne partie.
Comme l’a souligné le milliardaire et homme plus riche de l’Afrique francophone Baba Danpullo, chez nos collègues du journal Le Point, « en Afrique tout est à faire et l’Afrique est condamné à émerger. Pendant des décennies, le continent a été associé à la misère et a la famine. Mais la tendance s’inverse… »
L’Afrique de 2018 n’a plus grand chose à voir avec des décennie de guerre ou du discours de Adbou Diouf en 1991.
Non l’Afrique n’est pas un pays de merde, c’est un continent et il est loin d’être de la merde comme a dit le président des États-Unis d’Amérique Donald Trump et il faut s’y faire et désormais l’intégrer à l’addition. Le destin de l’occident et du cadre de vie sont intimement liés à celui de l’Afrique donc avis à l’occident et aux occidentaux il est temps pour vous de connaître l’Afrique et d’apprendre son histoire.

DL pour TOUBA INFO

Article du 23 février 2018

La monnaie mauritanienne : la valeur nominale et les visuels changent ce 1 janvier 2018! 

Les mauritaniens vont vivre l’irruption progressive d’un changement de valeur nominale de l’ouguiya. Concrètement d’après diverses sources dignes de confiance notamment du côté de la BCM (Banque Centrale de Mauritanie), certaines valeurs nominales seront réduites d’un zéro. Ce changement s’annonce très pratique au niveau du volume-liasse, par exemple; le million d’ouguiya qui devient cent mille sera plus léger et moins encombrant. Un autre effet sera sensiblement d’ordre psychologique pour les habitués du change devise du secteur informel de la diaspora. Un exemple; aux débuts, il ne sera pas facile de faire comprendre à une maman au village que les 2000 ouguiya nouveau visuel équivaut à 20000 ouguiya en valeur réelle anciennement connue. Encore si le 25 décembre 2017 par E-banking, quelqu’un qui consulte son compte avec un solde de 200 000 ouguiya et une semaine après si 20 000 ouguiya s’affiche et qu’on n’est loin de la nouvelle donne transactionnelle du quotidien dans les marchés, ça donne à cogiter intimement…qui sait!?

☆☆☆◇◇◇Bonne année 2018 à TOUS et bonne année monétaire en plus aux MAURITANIENS ◇◇◇☆☆☆



K.S


 

Visuels tirés de la Page BCM

Décret de la Présidence de la République instituant l’unité monétaire nationale


AMI – La Présidence de la République a rendu publique aujourd’hui le décret ci-après portant modification de la loi n° 73.135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale.
« Le Président de la République :
• Vu la constitution du 20 juillet 1991 révisée en 2006, 2012 et en 2017 ;
• Vu la loi n°73-118 du 30 mai 1973 portant création de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu la loi d’habilitation n°2017 – 036 du 27 décembre 2017autorisant le gouvernement en application de l’article 60 de la constitution à prendre par ordonnance toutes les mesures nécessaires à la modification de la base de l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 en date du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2007-004 du 12 janvier 2007 portant Statut de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu le décret n° 183/2014 du 20 août 2014 portant nomination du Premier Ministre ;
• Vu le décret n° 009/2016 du 06 février 2016 portant nomination de certains membres du gouvernement ;
• Vu le décret n° 029/2016 du 02 mars 2016 fixant les attributions du ministre de l’Economie et des Finances et l’Organisation de l’Administration Centrale de son Département ;
• Vu les Délibérations du Conseil Général de la Banque Centrale de Mauritanie en date du 30 novembre et du 12 décembre 2017.
Décrète :
Article premier :En application des dispositions de l’Ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale, il est procédé à la création de billets de banque et de pièces de monnaie suivants :
 Billet de 1.000 Ouguiya ;
 Billet de 500 Ouguiya ;
 Billet de 200 Ouguiya ;
 Billet de 100 Ouguiya ;
 Billet de 50 Ouguiya ;
 Pièce de 20 Ouguiya ;
 Pièce de 10 Ouguiya ;
 Pièce de 5 Ouguiya ;
 Pièce de 1 Ouguiya ;
 Pièce de (1/5) d’Ouguiya.
Article 2 :Les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie présentent les caractéristiques techniques ci-dessous :
• Caractéristiques techniques des billets de banque « en polymère » :
– Billet de 1000 Ouguiya :Longueur : 150 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 500 Ouguiya : Longueur : 145 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 200 Ouguiya : Longueur : 140 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 100 Ouguiya : Longueur : 135 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 50 Ouguiya : Longueur : 130 mm/Largeur : 66 mm
• Caractéristiques techniques des pièces de monnaie:
– Pièce de 20 Ouguiya : Diamètre : 26 mm/Poids : 7,63/Forme/ Tranche : Ronde / Lisse
– Pièce de 10 Ouguiya : Diamètre : 24 mm/Poids : 5,38/Forme/ Tranche : 10 pans / Cannelé fin
– Pièce de 5 Ouguiya : Diamètre : 22,5 mm/Poids : 4,71/Forme/ Tranche : 7 pans / Lisse
– Pièce de 1 Ouguiya : Diamètre : 19,9 mm/Poids : 4/Forme/ Tranche : Ronde /Cannelé
– Pièce de 1/5 Ouguiya : Diamètre : 16 mm/Poids : 2,1/Forme/ Tranche : Ronde /Lisse
Article 3 :Les billets de banque et pièces de monnaie créés, à l’article 1 ci-dessus, ont cours légal sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie à partir du 1erjanvier 2018.
Par dérogation à l’alinéa ci-dessus, les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à circuler concurremment avec les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie, conformément au calendrier fixé par la Banque Centrale de Mauritanie et au plus tard jusqu’au 30 juin 2018.
Article 4 :Au cours de la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018, le sigle « A-UM » sera utilisé pour désigner l’Ouguiya ancienne et le sigle de « N-UM » désignera l’Ouguiya nouvelle.
Au terme de la période de transition, « UM » restera l’unique sigle utilisé.
Article 5 :À partir du 1erjanvier 2018, les prix doivent être exprimés en Ouguiya nouvelle et convertis en Ouguiya ancienne jusqu’au 31 décembre 2020.
Article 6 :Les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés et retirés de la circulation suivant les dates et modalités fixées dans le présent décret et précisées par la Banque Centrale de Mauritanie.
Article 7 :À partir du 1erjanvier 2018 jusqu’au 30 juin 2018, les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés, sur la base de 1 Ouguiya nouvelleégale à 10 Ouguiya ancienne, auprès :
 de la Banque Centrale de Mauritanie ;
 du Trésor Public ;
 des banques ;
 de la MAURIPOST ;
 enfin de tout autre guichet crée ou autorisé par la Banque Centrale de Mauritanie.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à être échangés auprès de la Banque Centrale de Mauritanie jusqu’au 31 décembre 2018.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie qui n’auront pas été présentés au plus tard le 31 décembre 2018sont considérés comme adirés. La Banque Centrale de Mauritanie est dégagée de ses obligations à l’égard des porteurs de ces billets de banque et pièces de monnaie.
Article 8 :La Banque Centrale de Mauritanie, pour les besoins de l’application du présent décret, peut prendre toutes dispositions nécessaires, donner des directives et recourir à l’assistance des services de l’État partout où ils se trouvent sur l’ensemble du territoire national.
Article 9 :Le Ministre en charge des Finances et le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie.
Fait à Nouakchott, le 27 décembre 2017
Mohamed OULD ABDEL AZIZ
Le Premier Ministre
Yahya OULD HADEMINE
Le Ministre de l’Economie et des Finances
El Moctar OULD DJAY »

Crédit source: AMI via Page Mauritanie