L’esclavagisme intra-africain : le cas symptomatique du soninké!

Aujourd’hui février 2018, quand on observe l’acharnement virulent et agressif qui vise les membres de la mouvance GANBANAAXU FEDDE* dans certains endroits du « pays soninké » au coeur de l’Afrique, on peut en déduire des grandes leçons-réponses à divers questionnements. L’Afrique s’était saignée par l’esclavage in home avant d’être saignée par les autres venus d’ailleurs. L’africain aux mentalités esclavagistes d’aujordhui a hérité d’une identité tribale et ethnique magnifiée par le rabaissemnent de son semblable de race. Les autres esclavagistes venus d’ailleurs furent motivés par des impératifs économiques en priorité, mais aujourd’hui à travers les stigmates vivaces de l’esclavagisme intra, on comprend que cette pratique criminelle revêtait un volet de construction d’une identité hégémonique des uns au détriment des autres. De cette lecture, l’esclavagiste africain ne s’accomplit que par le déni de l’autre sur le champ de la DIGNITÉ ENTIÈRE INTRINSÈQUE À L’HOMME. De cet imaginaire collectif d’un esprit esclavagiste et féodal, ceux qui ne peuvent pas accepter l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ parmi nous dans nos contrées africaines, ne pourront pas concevoir intellectuellement des notions réflexes et réparatrices de la CONSCIENCE NOIRE atteinte d’une tâche indélébile (LA TRAITE NÉGRIÈRE). Qu’elle soit Occidentale ou Orientale. Les afrodescendants (issus des traites) de par le monde attendront longtemps. Pour l’instant le TRAVAIL d’introspection de l’intérieur peine à esquisser honnêtement, dignement et courageusement.

*Mouvement associatif transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninkées.

K.S

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L’esclavagisme en Mauritanie: ce mal à bannir absolument

La question de l’esclavage soulevée beaucoup en Mauritanie, est une réalité indéniable . Le système féodal des castes est un sous système de l’esclavage en Mauritanie. En effet l’esclavagisme par ascendance traverse toutes les communautés et l’état dominé par la communauté arabo-berbère tient une certaine responsabilité dans la persistance de l’esclavage et ses séquelles.

Tous les êtres humais naissent libres et égaux en dignité et droits. Mais dans certains milieux on essaie de faire comprendre socialement par un formatage magnifié que la hiérarchisation sociale par les statuts est parmi nos valeurs.

La problématique de l’esclavage représente des freins à l’établissement corret d’un ordre démocratique et d’une cohésion sociale. Peut-être faute d’application mais la première loi de 1981 pendant le règne de khouna Ould Haidalla avec cette loi : (fait adopter la charia, les textes juridiques fondamentaux sont révisés par les jurisconsultes pour être mis en conformité et il en résulte entre autres l’ordonnance no 081-234 du 9 novembre 1981abolissant officiellement l’esclavage).

En 2007 Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi Il fait adopter par le parlement la loi no 2007–048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes, son article 4 prévoit que « Quiconque réduit autrui en esclavage ou incite à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle d’une personne à sa charge ou sous sa tutelle, pour être réduite en esclave, est puni d’une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans et d’une amende de cinq cent mille Ouguiyas à un million d’Ouguiyas », la loi punit aussi les fonctionnaires et juges ne portant pas assistance aux esclaves, l’apologie de l’esclavage, les complicités et les récidives. Les lois sont claires et sévères mais toujours leur application reste timide et inexistante même. Il faut rappeler la dernière loi datant de 2015 , avec la loi 031-2015 .

Dans le pays, on y trouve toujours certaines couches du peuple qui sont la propriété de fait et symbolique d’autres selon les traditions en vigueur.

Il est impossible d’avoir des chiffres ou des statistiques sur l’esclavage en Mauritanie, car l’état ne laisse pas faire des enquêtes sur la réalité ce qui se passe en Mauritanie. Quand les ONG ont essayé de faire des enquêtes à l’intérieur du pays, ils trouveront beaucoup des difficultés. Dans certaines contrées éloignées, l’esclave appartient a son maitre, il peut le frapper, le violer ou même l’éliminer. La Mauritanie est dans le monde musulman , le pays qui continue de pratiquer l’esclavage d’après l’ONG free Walke. l’esclave n’a jamais été contesté. L’islam a été instrumentalisé pour justifier la domination et le rendre acceptable. L’esclave aujourd’hui se considère propriété de son maître et il peut même s’en vanter . Pour un esclave, c’est le maître qui est son modèle, et non son père, puisque pas conditionné à une filiation totale et normale de son père. C’est son unique identité.

Sur le volet religieux , il y’a beaucoup à dire dans la perpétuation de cet esclavagisme dans le pays. Notamment dans certains manuels , on y véhicule l’idéologie esclavagiste.

Comme le livre que le président du mouvement l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) décide de brûler en 2012.

Ces livres qui contiennent beaucoup de paragraphes sur ce que nous pouvons appeler la jurisprudence du faux, ce qui fonde l’esclavage et les pratiques similaires qui sont à l’antipode de la vraie religion . Moukhtassar Khalil, le livre de toutes les polémiques en Mauritanie. On le trouve aussi bien dans les librairies traditionnelles en Mauritanie «Ce livre devient une référence pour les esclavagistes», avait dit le secrétaire aux relations extérieures de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie , Balla Touré.
«On lit à la page 32 : “La femme esclave ne doit pas cacher son corps, contrairement à la femme libre, mais si son maître la possède et trouve un enfant avec elle, même sans mariage, elle doit se comporter comme les femmes de ‘‘bonne extraction’’ (se couvrir).» Le maître est alors autorisé à faire de son esclave «sa chose» et «à avoir avec elle des relations sexuelles, même quand elle est mariée, et ce, même devant son époux de même condition qu’elle !»

Un bref exemple sur le ca Soninkés dans le Guidimakha 10ème région de la Mauritanie.

Bref, il s’agit dans cette region, de présenter la situation de l’esclavage. Pour traiter la question de l’esclavage, nous nous somme intéressés à définir qu’est ce qu’un espace villageois soninké contemporain, ensuite les coutumes (les lada) et, les railleries et les plaisanteries chez les soninkés.

Un espace villageois soninké contemporain

Un village soninké contemporain est dirigé par le chef de village. Les villages précoloniales, les chefs étaient entouré par des ainés composé de notables, parents et issu de statu libre « Horo », de clients « Nyaxamala » des esclaves de confiances « Komo-khoro »

L’espace villageois soninké contemporain est composé que des soninkés fermés sur eux mêmes, descendant d’un même ancêtre commun où plus généralement ayant une même origine, possédant une culture homogène et parlant une langue commune, et également une unité politique. La manière de penser, d’agir et de sentir, de ses membres est basée sur le système traditionnel.

L’appartenance à un village contemporain soninké dépend de la filiation patrilinéaire. La tribu et le clan ne permettent plus d’habiter à un village soninké. La terre est une propriété collective chez les soninkés malgré que la loi de 83 aboli les propriétés traditionnelles. Les villages soninkés institutionnalisent les lada pour que l’esclavage demeure.

Aujourd’hui les milliers dans soninkara, mais si tu as ouvert ta bouche et que tu parle d’abolition d’esclavage on te traite comme un criminel. Le système coutumier soninké est foncièrement esclavagiste par les mentalités et les comportements . C’est un monde des tabous et dénoncer cet esclavagisme est considéré comme un sacrilège.

Nous ne pouvons jamais obtenir notre liberté en faisant appel au sens moral de ces gens qui nous oppriment, nous devons nous battre jusqu’à l’obtention totale de nos droits. Nous devons quitter cette peur enfantine qui fait qu’on est traité d’être esclave et défendre nos idées, qu’elles ressemblent ou non à celles de nos maitres d’hier.

Nous devrons prendre en mains le destin de nos enfants en se sacrifiant pour leur éducation si nous voulons vraiment changer notre situation, cette dernière est notre seul moyen pour se débarrasser de cette situation.

Ce combat droit être mène d’une manière pacifique et dans le respect des droit des autres car certains d’entre eux se battent régulièrement d’une manière ou d’une autre avec nous .

TRAORE DEMBA , militant abolitionniste.

Crédit source: Mailing auteur

ALERTE : DES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ GANBANAAXU VIOLEMMENT ATTAQUÉS À MODIBOUGOU.

Dans la nuit de mercredi au jeudi, un groupe de gens sortant d’une rencontre nocturne s’est lancé dans des propos provocateurs ciblant les personnes connues comme refusant le système féodal de ladalamxu (rapports sociaux pouvant lier les anciens esclaves et les anciens maîtres) dans cette commune appartenant au Moughaata de Kobenni dans le Hodh El Gharbi. Tout part d’une provocation lors d’un mariage, au cours duquel un monsieur dénommé Siran kante baba Dramé issu de la composante sociale Niakhamala (selon les sources il serait un guesseré ou diaré), aurait clamé en public et avec le zèle que la part de présents destinée aux esclaves est là. Sur l’état pas de réaction contestataire mais lors d’une rencontre dans une place du village, un membre de la communauté GANBANAAXU* présent au moment des propos apologistes tenu par le courtisan féodal, lui a rappelé que son comportement était blessant et condamnable par la loi. L’homme niakhamala a remis une couche provocatrice en disant qu’il est chargé de dire ces propos sur ordre de ses maîtres féodaux qui sont de la famille Diawara. Il aurait rajouté qu’il peut même tuer une personne si ses maîtres lui donnaient l’ordre. C’est ainsi qu’un membre de la communauté GANBANAAXU s’est rendu auprès de la brigade locale pour signaler ces provocations caractérisées. Convoqué avec certains de ses maîtres féodaux, le cas du courtisan social s’est arrangé à l’amiable avec des avertissements exprimés par les gendarmes concernant ce discours extrémiste et provocateur lié à l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés.
Après cet épisode qui n’a pas trop plu aux milieux féodaux et réactionnaires du village, des réunions ont eu lieu toute la journée et après la rencontre du soir, une bande extrémiste parmi eux, a ciblé les militants GANBANAAXU par des propos injurieux et jusqu’aux coups violents à l’aide de gourdins. Il y’a eu plusieurs blessés dont un cas relativement grave. Ce dernier, Fidi Cissokho, un retraité venu de la France a reçu des coups sanglants sur sa tête. Encore alertés, les gendarmes ont arrêté 11 personnes issues de milieux féodaux du village et d’autres suspects ayant pris part aux agressions gratuites de la nuit seraient en fuite d’après une source proche du dossier.
Ainsi, il est URGENT et nécessaire pour que les autorités mauritaniennes prennent toutes les mesures qui s’imposent pour stopper l’engrenage de provocations féodales et esclavagistes dans les localités soninkés.
Par ce communiqué, nous condamnons fermement ce nouveau palier réactionnaire de ceux qui se considèrent comme intouchables pénalement en défiant les lois ouvertement. Nous interpellons encore toutes les consciences progressistes de la communauté soninké sur un silence inquiétant sur ce phénomène de l’ordre féodal devenu de plus en plus agressif dans nos localités.
Nous alertons nos partenaires défenseurs des droits humains à Nouakchott sur ce cas de Modibougou afin de suivre de près l’évolution de ces événements violents.

Ci-joint l’audio des aveux d’un agresseur : https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=i6Jd8udijlQ

*Mouvement pacifique et citoyen pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

8 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU

Flash INFO: le doyen Demba Diarra est sorti libre du tribunal à Nouakchott.

Nouakchott le 6 février 2018

Le doyen Demba Diarra, originaire du village de Coumbadaw dans le Guidimagha, est sorti libre du tribunal ce jour à Nouakchott. Mis en cause par des plaintes mystérieuses introduites à son encontre juste à son arrivée à Nouakchott pour ses vacances annuelles par d’éléments issus de milieux féodaux soninkés. Après son audition au commissariat de police de Sebkha le vendredi dernier, il a été emmené au tribunal dans la matinée d’hier et relâché pour complément d’enquête. Aujourd’hui, avant midi, il a été convoqué au tribunal et finalement libéré avec le classement de son dossier. Ce monsieur approchant les 60 ans, est un prêcheur et militant contre les séquelles de l’esclavage dans la communauté soninké. Il participe courageusement à l’éveil et la conscientisation de la composante sociale dite « esclave statutaire » dans les milieux soninkés. Éminent membre du mouvement citoyen et pacifique de sensibilisation GANBANAAXUN FEDDE*, il lui reprocherait cet engagement inédit en milieu soninké, pour lever les tabous sur une certaine organisation sociétale et coutumière qui discrimine et hiérarchise les citoyens sur le matériel et l’immatériel. On se sert de patronymes d’une manière sélective et déterministe pour nier toute légitimité d’Avoir et d’Être à certaines personnes.

*Mouvement citoyen transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké.

Ci-après les premiers mots de Mr DIARRA juste à sa sortie du tribunal.

Le témoignage et l’explicatif du journaliste mauritanien Camara Seydi Moussa de la Nouvelle Expression.

Cri Osé: Le génie ne s’imite pas mais il s’invente!

Avoir du génie en organisation politique, assure le vrai développement multidimensionnel des nations. Les USA étaient FORCE dès l’organisation initiale de 13 colonies. L’Afrique est FAIBLESSE dès qu’on lui a dicté ses organisations politiques (étatiques et continentales). Au cours de nos leçons d’histoire, quand les prof parlaient de l’arrivée d’explorateurs blancs sur le continent africain, je me posais la question pourquoi et comment ils avaient décidé d’aller comme ça vers l’inconnu. Et aujourd’hui avec le temps passant, je m’interroge pourquoi nous, on ne pouvait pas partir vers cet inconnu. Et là, ma réponse est , il nous manquait ou (nous manque toujours), un idéal transcendant portant un génie rationaliste  du RÉEL évolutif. La domination politique a été  faite par la violence physique dans bien des cas à travers l’Histoire , mais très souvent le Dominant a su manifester un certain génie qui est au-dessus du cadre rationnel du Dominé. Par exemple, on dirait que pendant les traitres négrières qui saignèrent l’Afrique Noire , en échange d’un miroir pour un chef coutumier , plusieurs captifs pouvaient être bradés pour un voyage sans retour. Aujourd’hui et toujours, on dirait que l’africain se limite à une intelligence de survie à travers du déterminisme et du fatalisme d’ici et là par le répétitif et le nostalgique mais jamais par l’idéal de génie à fructifier le RÉEL évolutif à l’échelle universaliste. 

K.S

Diogountouro-Guidimakha-Mauritanie : Un contentieux foncier. Nous proposons à la place du  tribunal, la juridiction des paroles (la justice amiable).

Honoré Balzac, écrivait qu’un : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès ». La justice est un principe, suivant lequel on doit attribuer à chacun ce qui lui est dû, la vertu correspondant à la volonté de chacun d’y parvenir.  Mais cette institution n’a pas le monopole de tous les contentieux, car la résolution de certains conflits  ne relève pas du tout du droit positif, d’où l’intérêt de faire appel à la justice conciliatrice prévue par la législation mauritanienne.

Cependant, monsieur Mouhamoud Dicko dit HOYEMET , est un maure, pour ne pas dire un (haratin) comme Ibrahima Ould Abeid. Mais ce terme haratin ne veut rien dire au regard de sa définition ontologique. Monsieur Dicko, est un citoyen mauritanien comme vous et moi, qui vit par la sueur de son front, comme tout bon musulman de ce pays. Il est à la fois agro-pastoral, c’est-à-dire un éleveur-agriculteur et boucher. Monsieur Dicko, a découvert le village de Diogountouro vers les années 70, lorsqu’il avait 15 ans ; il faisait le va et vient entre  Gouraye, Diogountouro, Khabou et les autres villages aux alentours de Diogountouro, en étant un jeune mécanicien qualifié de Moto, vélo, moulin, entre autres. Vers les années 80, Mouhamoud Dicko est venu s’installer à Diogountouro définitivement avec toute sa famille (épouses, mères, enfants…). Il  rendait service à tout le village (hommes et femmes) par le biais de son métier et par sa qualité humaine et humaniste. Pendant, les évènements  de 89- 90, ce monsieur prenait les armes pour aller combattre les ennemis qui venaient attaquer ou voler les cheptels et les bovins du village, au péril de sa vie et la vie de toute sa famille . Il est connu par tout le village du nom de HOYEMET SOURAKHE. Ces services rendus étaient salués et applaudis par toute la communauté du village. Dicko est devenu un ressortissant du village et un citoyen mauritanien, avec  ses devoirs et ses droits vis-à-vis de ses semblables mais aussi vis-à-vis de l’Etat. Son fils ainé, Boubou Dicko, après ses études, il est  devenu fonctionnaire d’Etat (agent administratif).

En effet, les faits se sont passés à Diogountouro, un gros village que  j’ai l’habitude de dire  une grande ville selon les normes internationales. Il  se situe au sud de la Mauritanie, à la frontière entre le Mali et le Sénégal. C’est  un carrefour entre ces trois pays. Un jour après la fête de Ramdan 2017, un conflit foncier  s’éclatait  entre  le village et Mr Mouhamoud Dicko dit Hoyemet ; ce monsieur cultivait un champ (terre cultivable) depuis plusieurs années, qu’il l’avait mis en valeur, selon les dispositions du code foncier mauritanien et selon les hadiths du droit musulman. Ce champ se trouve à 3 ou 4 kilomètres du village. Le village voudrait le déposséder de son bien qu’il disposait depuis plusieurs années au nom du droit coutumier. Après avoir saisi les autorités administratives locales de la commune de khabou ; celles-ci demandaient aux parties d’aller s’assoir et discuter entre eux afin de trouver une solution amiable. Par ailleurs, quelques jours plus tard, le conflit s’est transformé un contentieux, car le procureur et le juge d’instruction se sont saisis du litige. Comme s’est prévu dans toutes les législations mauritaniennes, à tout le niveau de la justice et de l’administration, la justice amiable est autorisée. Les autorités administratives et judiciaires peuvent exhorter les parties en en litige d’aller sursoir  et trouver une solution consensuelle. Et c’est ce que le Waly, le hakem, le procureur et le juge d’instruction, avaient demandé aux litigants. La question que je me suis posée, est de savoir si la méthode juridictionnelle est-elle toujours pertinente pour une société déjà en crise de légitimité et de confiance ?

Malheureusement, la  réponse est non. Car, le procès s’inscrit nécessairement dans une durée non maitrisée, soumise aux aléas des comportements dilatoires, des incidents de procédure, de l’exercice des voies de recours et, la décision enfin rendue, des difficultés de son exécution. De ce point de vue, la recherche de perfection procédurale dans la mise en œuvre des garanties nuit autant à la rapidité du procès qu’à la prévisibilité de son issue. Lorsqu’un procès s’engage, on ne peut généralement pas prévoir quand il s’achèvera. Le deuxième inconvénient du procès tient à l’incertitude de la solution : incertitude quant à la date du prononcé, quant à son contenu et quant à son exécution. Le procès prive les parties toute maitrise sur la solution. Il est un engrenage dont les parties ne décident pas la progression, qui laisse peu de place à l’interactivité et conduit à une solution imposée. La justice  décide radicalement qui a raison et tort, distingue le gagnant du perdant.

Le troisième inconvénient du procès, est celui du coût, non seulement le montant mais aussi dans son imprévisibilité. Le coût final du procès dépend en général des complications qui ne sont pas envisageables lorsqu’il est introduit. Sur ce point, il faudrait que les gens sachent, qu’une fois que la machine judiciaire est mise en route, cette machine est très couteuse en termes d’énergie humaine et financière.  Ces sommes colossales, pour lesquelles les parties débloquent peuvent construire un collège pour les enfants du village et venir en aide aux plus démunis et aux nécessiteux du village. Il est temps qu’on arrête de faire des dépenses inutiles et grossières pour des affaires auxquelles soit la communauté dispose d’elle-même la solution, soit encore ce sont des affaires perdues d’avance au regard du droit.

Juridiquement, les textes sont clairs sur la question foncière en Mauritanie. L’article premier de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale stipule que : « La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie » et l’article 3 du même ordonnance dispose que : « Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli ». Ainsi l’article 2 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, prévoit que : « La mise en valeur résulte de constructions, de plantations, de digues de retenues d’eau, d’ouvrages hydro-agricoles ou de leurs traces évidentes ». Sur le plan coutumier, l’Etat ne remet pas en question le système traditionnel dans certains cas par exemple (le statut personnel de citoyens), mais en matière foncière, les lois de la République priment sur le pouvoir coutumier. Le droit musulman est aussi clair  sur l’attribution de la propriété foncière. L’ihyâ’ est l’action en vue de la mise en valeur de la terre vacante et sans maître, dont personne ne tire bénéfice, pour y faire émerger des moyens de vie entretenus tels que : constructions, plantation d’arbres fruitiers, culture et irrigation. La mise en valeur donne droit à appropriation à celui qui l’entreprend. Car le premier à accéder à un bien licite a le droit de se l’approprier. Il est dit dans al-Bukhârî (recueil de hadîth) : « Celui qui met en valeur une terre morte acquiert priorité là-dessus ». Il est également dit dans al-Tirmidhî et al-Nasâ’î (autres recueils de hadîth) : « Celui qui vivifie une terre morte en devient propriétaire. Et aucun descendant d’oppresseur n’y a le moindre droit ». Dans la tradition malikite, il est licite de vivifier les espaces éloignés des zones mises en valeur. La référence en matière d’ihyâ’ est définie par la tradition locale et ce qu’elle considère comme une action qui vaut mise en valeur pour le type de terre considéré. Si on le destine à l’agriculture, par exemple, l’ihyâ’ consistera à préparer la terre à cette fin.

En revanche, certaines personnes dès leur retour du village, avaient convoqué la communauté pour un «  soi-disant compte-rendu » de cette affaire. Nous disons à ces gens-là que le dossier est vide chez le procureur et chez le juge d’instruction et qu’on dise une fois pour toute la vérité sur ce dossier à toute la diaspora. La vérité, elle est celle-ci : « les autorités administratives et judiciaires, demandent aux parties d’aller en conciliation/médiation, car le  dossier est vide ». Il est temps et grand temps d’informer à toute la diaspora du village, ce que le procureur et le juge d’instruction vous ont dit dans leur bureau. Et qu’on arrête de dilapider le bien d’autrui à des causes non légitimes. On ne peut plus tromper tout le monde tout le temps et en même temps sur des affaires aussi sensibles.

Qu’est-ce que nous proposons aux parties à la place du tribunal ? En tant que citoyen mauritanien et doctorant-chercheur sur la résolution des conflits  en Mauritanie, nous proposons aux parties en litige de revenir sur les fondamentaux de la justice africaine que certains chercheurs africains, tel que M. Bidima, appelle « la palabre. Une juridiction des paroles »,  les anglo-saxons appellent « Alternative Dispute Resolution » et les français, le désignent « les modes alternatifs de règlement des conflits », ce sont la conciliation, la médiation et l’arbitrage, tous prévus par la justice  mauritanienne (code foncier, code de statut personnel, code civil, code du travail…). En quoi consiste la justice alternative de règlement des litiges ? Il s’agit d’une justice rapide, moins couteuse et soucieuse des relations humaines et amicale. Cette justice prend en compte l’harmonie et le bien être sociétal. Cette justice alternative enseigne aux parties l’empathie, cette faculté pour chacune d’elles de se mettre à la place de l’autre et de percevoir les éléments psychologiques, affectifs, économiques ou sociaux qui expliquent sa position. La justice conciliatrice est prévue par les articles 21, 23 et 25 du décret N° 2000-089 du 17 juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret n° 90. 020 du 31 janvier 1990 portant application de l’ordonnance 83. 127 du 5 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, instituent des commissions foncières nationales, régionales et locales  d’arbitrage qui permettent de régler le litige amiablement.

En conclusion : Allons-nous vers une solution amiable, car la justice négociée permet de préserver les liens sociaux et nous dirige vers une pacification de nos relations, telles ont été la préoccupation première de cette justice alternative. Cette forme de justice qui s’opposerait à la justice étatique par son caractère informel et son attachement à privilégier une solution réparatrice. Le droit met fin une question posée en termes  juridiques, mais il laisse souvent subsister une situation conflictuelle ; la justice conciliatrice extirpe le conflit. /.




BA – Boubou

Doctorant-Chercheur en Droit à Paris

Militant de Droits humains

Membre de l’Association Française de l’histoire du Droit à Paris (AFHD)

Fondateur de l’Association Educative et Culturelle de Jeunes Ressortissants de la Mauritanie en France (AECJRM)

DIALLO Ousmane Kodoré, 2 ème vice-président ARMEPES-FRANCE alias LINKY nous conte l’histoire de Fegui.


https://youtu.be/yhMj26brIsc

ARMEPES-FRANCE – Après Yimbi Kumma, le 2ème vice-président de l’ONG- ARMEPES-France, M. Diallo Ousmane Kodoré alias LINKY son nom d’artiste, natif de Toulel, vient de dédier une belle chanson au village Malien Fegui, pour rendre hommage à un vieux sage homme, répondant au nom de Samba Dabo.

Le pauvre vieux a vu du jour au lendemain, la foudre féodale s’abattre sur sa tête, sa demeure d’une villa murée, clôturée par un mur en béton, lui privant toute possibilité d’entrée ou sortie de chez lu, parce qu’il refusa d’accomplir les veilles coutumes (LAADA ou EL-ADA) ancestrales qui reposent sur la pratique de l’esclavage et ses séquelles.

Le vieux a eu le soutien immédiat de Ganbanaaxu Fedde, une plainte a été déposée, les autorités Maliennes ont immédiatement rétabli M. Samba Dabo dans ses droits en appliquant la loi avec la condamnation des auteurs de l’infraction. Les féodaux paradaient partout qu’ils sont les seuls détenteurs de la terre à Fegui.

Ils ignoraient les principes d’un état de droit, les autorités Maliennes les ont vite ramenées à leur place de simple citoyen, loin d’être au dessus des lois. Voila ce qui manque en Mauritanie.

Les féodaux du village de Fegui pensaient, qu’en ayant des parents hauts placés dans l’administration Malienne, également, détenteurs de la mairie de Fegui, ils sont les rois du ciel et terre pour bafouer les droits de pauvres personnes.

Faut-il rappeler que le cas de Fegui n’est pas isolé dans le milieu soninko, particulièrement dans le Guidumakha, les Féodaux tapis dans le parti au pouvoir (UPR) sans conviction agissent de la même sorte chaque jour.

Ils font vivre les villageois l’enfer sur terre avec une administration corrompue. Tout villageois qui rejette leurs coutumes esclavagistes, est harcelé, traqué au quotidien par des expropriations foncières qui reposent sur des fausses plaintes.

Certains sont priés de quitter le village carrément. Il est temps que l’administration locale à l’intérieur du pays (gouverneur, préfet, procureur, juge ou cadi etc…) prenne les choses en main, applique les lois de la république en rétablissant les pauvres citoyens dans leurs droits.

Chaque jour, des pressions pleuvent sur les fonctionnaires dans régions, venant de ministres, directeurs, conseillers du président etc…. C’est tellement honteux.

La chanson de l’histoire fegui

Il était une fois à FEGUI un village au Mali

Oh Hommes ! Écoutez l’aigle royal (goppendokampo)
C’est l’histoire de mon père
Un homme qui nous dépasse de loin
C’est la victoire de mon père
Un trophée de ganbanaaxu fedde
Il y a eu et existe des Hommes courageux à FEGUI, si je pourrais encore hier je choisirai le Nom Dabo

Je te tends la main avec cœur ouvert car je peur du pêché
Ton regard me suffit pour savoir si tu me porte dans ton cœur
2017 c’est une Année pas comme les autres
Je n’ai pas senti la fraternité en soninkara
Pourtant nos parents ont travaillé ensemble
Pour le bonheur de ce village

Eh Elhadjs! Mais pourquoi aviez vous construit ce mur ?
Eh Elhadjs ! Mais pour quelles raisons cet enclos ?
Oh que je suis aveugle ! C’est La coutume de mes ancêtres qui m’assassine
On me ligote avec les pratiques ancestrales
À cause de cette coutume, les Hommes ne s’aiment plus et ne s’entraident plus.
L’aigle royal vous dit que cela doit cesser
Oh les traîtres, stop à la provocation
Et que cela ne se produise plus.

Refrain

Fegui, Fegui, Fegui, Fegui

Fegui Fegui, Fegui Mali

Si le mariage est inconcevable alors à dieu cette coutume ancestrale.

On a peur de personnes (ganbanaaxu)
Pour les droits humains
On est sur toutes les lèvres
Vivons ensemble jusqu’à que la mort nous sépare
C’est ce que souhaite tout noble
Nos ancêtres ont connu des moments de guerres et de paix
Ils ont su gérer avec intelligence et méthode
Ceux qui veulent gouverner aujourd’hui n’ont aucune sagesse

Leurs crânes ressemblent à une route goudronnée
Ils rompent comme une poule sur ses poussins
Prenez exemple sur le vieux Dabo
Que vos familles ne dépendent de personnes
Que leurs libertés ne se trouvent pas entre les dents d’aucun Hommes
Oui ! Ils disent que je suis une mauvaise personne
Car je ne cautionne la féodalité
Mais pendant combien des jours, ma maison est restée fermer ?
Entourée par leur clan armé avec des machettes
Dont ma seule défense était la patience dans l’espoir
Seule l’Etat nous séparera !!!

Je suis vieux Dabo, aucune haine ne coule dans mon sang
Aidé par les discours de Ganbanaaxu Fedde, on a évité la guerre
Aucun jour n’est passé sans que Moro Kanouté ne m’appelle pour me rassurer dans patience

Non on ne souhaite pas la guerre

Le passée est révolu, aujourd’hui je te pardonne

Goppé(l’aigle royale) ne demande que l’Union
Dans un village aussi grand
Sans injustice, je suis partant
Sans esclavage, je suis prêt
Mais que certains ferment leurs gueules et qu’ils se tiennent au garde à vous On ira tous ensemble, même si beaucoup tomberont en route
Certains Hommes nous devancent
Le courage nous conduit à la victoire
Ganbanaaxu, nous accompagnerons soninkara
Ganbanaaxu, derrière tous les Hommes.

Ecouter avec le lien suivant :https://www.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=yhMj26brIsc&app=desktop