TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

NOTRE « J’ACCUSE »

● Contre les couvertures intellectualistes et militantes de l’ordre féodalo-esclavagiste dans nos communautés, notre « J’ACCUSE »

Il y a quelques mois, je suis passé sur le film « J’ACCUSE » de R Polanski. L’affaire Dreyfus portée au cinéma, un officier français de confession israélite qui fut injustement accusé et sali courant 19ème siècle. Un film qui retrace comment un certain ordre militaro-politico-social en France s’était emmuré pour entretenir les mensonges et manipulations afin de salir un innocent par antisémitisme crasseux. Et le plus passionnant et vibrant dans le film, c’est quand Zola rentra dans la danse pour la VÉRITÉ par son célèbre J’ACCUSE qui secoua l’anse du FAUX socialement et culturellement distillé. Dieu sait que Zola risquait beaucoup dans cette initiative… tellement que les forces manipulatrices et mensongères furent puissamment érigées à divers niveaux depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui en abordant les réalités féodales et esclavagistes dans nos communautés, on se rend compte qu’effectivement il y a des approches sensiblement similaires entre ceux qui portèrent méthodiquement les MENSONGES anti Dreyfus en visant le juif et surtout en croyant défendre leur « société pure », et ceux qui s’activent en coulisses et par des postures intellectualistes en zones choisies en voulant NIER, SALIR, COUVRIR, MINIMISER ET DISTORDRE enfin de donner une humanité aux tares affreuses de leurs communautés.

Notre « J’ACCUSE » d’aujourd’hui consistant à dévoiler ces double-face et autres « couteaux suisses », est une mission de portée sacrée.

KS pour le BLOG

L’édito-Cri Osé : Oui… le Noir ne compte pas « HUMAIN » pour certaines cultures !

Sortons de la classification raciale entre les Humains pour déraciner le racisme et déconstruire nos cultures racialistes !

Oui… le Noir ne compte pas HUMAIN pour certaines cultures !

Lilian Thuram disait ceci il y a quelques mois : « Quand on parle de racisme, il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche .
Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. C’est quelque chose qui dure malheureusement depuis des siècles »

Loin de toute visée d’essentialisation, mais ces derniers temps autour de l’affaire de la mort de l’afro américain #George_floyd, pratiquement plusieurs voix ont tenu à peu près de propos ayant la teneur de ceux du champion du monde français 98. Les deux flics américains vus dans la vidéo de l’incident mortel sont un blanc caucasien et un américano-asiatique, tous 2 devraient certainement avoir des préjugés bien fixes et similaires sur l’effet Noir ou Black . Et ils peuvent avoir quelque chose de commun avec les supporters de foot qui s’en prennent aux joueurs Noirs dans certains stades européens. Ces fachos supporters partagent une certaine idée du Noir avec les brigands libyens qui faisaient du trafic esclavagiste sur les migrants Noirs courant 2017. Ces libyens ne sont pas très loin de ces marocains propriétaires qui ne voulaient pas de subsahariens dans leurs appartements à loyer. Et eux aussi peuvent se comprendre avec ce libanais qui mettait sa bonne nigériane en vente sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Aussi ce libanais a certainement les mêmes idées sur l’effet Noir que ces saoudiens qui étaient hystériques et haineux contre leur compatriote Noire devenue pilote de ligne, lire : https://soninkideesjose.wordpress.com/2016/01/15/leffet-noir-nous-et-le-cas-de-la-pilote-noire-saoudienne-nawal-hawsawi/ . Il y a quelques années un grand patron français taillait du Noir à la télévision française en se demandant en substance si « les Noirs ont servi » quelque chose déjà…

Tout ce monde peut avoir une empathie pour ce responsable touarègue malien (du mouvement rebelle Mnla) qui disait que son peuple serait le seul à être sous domination d’un pouvoir Noir dans la Zone. Encore on apprend selon certaines sources historiques que les contingents Noirs (tirailleurs ou afro américains) furent méthodiquement écartés lors de la descente en ville (À Paris) des troupes alliées après la libération… pourquoi et quel sens profond… !? Tout peut être lié d’une manière ou d’une autre… et Thuram avait pertinemment résumé le fond de la « CHOSE ».

On peut en lister encore et encore…

KS pour le BLOG

Mauritanie/ Droits humains : « Sauvons une âme à la fleur de son âge blessée par un viol à Adel Bagrou! » Par Maham Youssouf

En ce moment ci où notre pays fête Elfitr dans la liesse malgré la psychose installé par le COVID 19, une jeune fille et ses siens se torturent dans l’âme et l’esprit.
Cette fille violée et déchiquetée dans son corps ce qui la marquera toute sa vie à tout de même besoin que justice lui soit rendue.
Cette justice même rendue, jamais cette innocente ne sera réhabilitée du fait des séquelles qu’elle traînera toute sa vie.
Cette affaire nième du genre ne doit pas rester impunie et le bourreau doit véritablement répondre de ses actes et doit être ester en justice.
Ces cas répétés de viol de jeunes filles haratines doit susciter une profonde réflexions sur les exégèses sur les quelles certains se basent pour commettre ces crimes de pudeurs et de foi, d’où la nécessité de les tamiser en les passant au peigne fin, afin de les purifier de l’esprit avilissant de l’instinct sexuel.
Finie l’impunité !
Justice pour la victime de viol d’Adel Bagrou!

©️ Crédit source: post FB de l’auteur 23 Mai 2020

Tribune : « La Mauritanie des bras longs et des discriminés » Par le Prof Ibrahima Dioum

Le député mauritanien, Biram Dah Abeid s’étonnait le 18 février dernier à Genève de la place de la Mauritanie au sein du conseil des droits de l’Homme des Nations Unies alors que « ce pays est un apartheid implanté en Afrique de l’Ouest ». Cette déclaration de l’activiste des droits de l’Homme était applaudie par les mauritaniens épris de justice, elle avait en même temps choqué les partisans du système politique en vigueur depuis l’indépendance du pays. Le débat formel et informel sur la question de la discrimination de certains mauritaniens, sous ses différents aspects est ainsi relancé.

Il serait anodin pour nombre de mauritaniens de parler de discrimination religieuse dans le pays, l’islam y étant la seule religion. Cependant les autres formes de discriminations apparaissent comme une évidence dans cette nation de moins de 5 millions d’habitants.

Il n’est un secret pour personne que le choix politique est très déterminant dans l’évolution professionnelle en République Islamique de Mauritanie. Le fonctionnaire ou le salarié mauritanien, pour être promu à un poste, doit appartenir dans la majorité des cas au parti au pouvoir. Une bien triste réalité qui a toujours existé, qui perdure et s’enracine au fil des années. La grande majorité des dirigeants des grandes entreprises, la grande majorité des cadres de l’administration territoriale et de l’État central, pour ne citer que ceux là, sont du parti au pouvoir ou des proches du parti au pouvoir.

Dans l’armée, la police et la gendarmerie, c’est la couleur de la peau, la caste et l’appartenance ethnique qui conditionnent le grade et le poste occupé au niveau du commandement. Sauf exception, les noirs, les personnes de castes « inférieures » et les citoyens mauritaniens d’ascendance servile sont toujours au bas de l’échelle dans le régalien et dans l’administration publique de manière plus générale. Aujourd’hui, les généraux de l’armée et les commissaires de polices mauritaniens sont massivement issus de l’ethnie maure, ils sont clairs de peau et ne sont en aucun cas Zenagas, Moualems ou Hartanis. Cette situation s’aggraverait dans les années à venir puisque les actuels élèves de l’école militaire sont quasiment tous maures blancs.

La région ou l’appartenance géographique est également source de discrimination. Si vous habitez le Guidimakha, vous avez surement moins de chance qu’un Taganit ou un habitant de l’Adrar d’occuper un poste stratégique dans les établissements publics et même privés. De mémoire, un natif des régions du Guidimakha, du Gorgol, de l’Assaba et du Brakna n’a jamais été premier ministre de la République Islamique de Mauritanie. Toujours en parlant de l’origine géographique, c’est aussi connu qu’un habitant du 5ème ou du 6ème arrondissement de Nouakchott n’a pas les mêmes chances d’accès à l’emploi que ses frères bourgeois de Tevrag Zeina.

En Mauritanie, d’autres formes de discrimination basées sur l’apparence physique et l’origine familiale existent pareillement. En effet, lorsque vous vous présentez à un entretien d’embauche, habillé en wax ou en « demi-saison », vous auriez moins de chance que celle ou celui qui vient en melhfa ou en boubou blanc sur une chemise repassée ou non. En outre, les concours de l’administration publique, les sélections préalables à l’entrée de l’école militaire et à l’École Nationale d’Administration nécessitent d’avoir le bon nom de famille pour faire partie des effectifs.

Sans être exhaustif, nous allons finir avec le facteur de discrimination liée à la langue maternelle ou la langue parlée.
Le Poular, le Soninké et le Wolof sont reconnues par la constitution mauritanienne en tant que langues nationales et pourtant elles ne sont toujours pas enseignées à l’école. Cette discrimination se trouve amarrer dans la constitution de la Mauritanie en son article 6 qui officialise la seule langue arabe alors que les 3 autres langues sont juste reconnues langues nationales… Autre part, les chaines de télévisions et de radios nationales accordent un temps de diffusion en Arabe de loin plus important que celui des trois autres langues réunies.

Le fléau de la discrimination a une grande ampleur en Mauritanie et cela n’est pas sans conséquence dans un pays multilingue, multicolore et multiculturel. Il a façonné et divisé les frères mauritaniens en deux grands groupes loin de ce que la diversité ethnique, linguistique, culturelle et raciale pourrait apporter à la nation : le groupe des bras longs et celui des discriminés. Ces deux grandes catégories regroupent chacune, paradoxalement, à la fois les composantes de toutes les langues, toutes les couleurs, toutes les cultures et de toutes les régions.

Les bras longs sont une élite qui s’est construite progressivement depuis l’indépendance du pays en 1960 et prend de plus en plus de place et d’importance dans les gouvernements successifs. Les membres de ce groupe sont en général richissimes, ont pour doctrine le favoritisme et ou occupent souvent une bonne profession dans une grande administration publique. Lorsqu’ils abandonnent cette position, c’est pour se hisser à la tête d’une grande entreprise ou une grande banque avant de revenir dans une ambassade ou dans un ministère. Ce va et vient des membres de l’élite s’apparente à celui des pions du jeu de dames qui reviennent à chaque fois que le jeu reprend.

L’élite mauritanienne, d’ailleurs de type féodal bénéficie, conserve et défend un certain nombre de privilèges au risque de naviguer à contre courant de la morale et à entraver le développement du pays. Au jour d’aujourd’hui beaucoup de signaux montrent que ce groupe n’est pas encore prêt à partager sa part du lion. Au contraire il voudrait même aller jusqu’au bout de sa domination : depuis quelques années, il a commencé l’expropriation des dernières terres qui restent aux pauvres.

Quant aux discriminés, les seuls parmi eux qui ont encore la chance de s’en sortir sont ceux travaillant avec les organismes internationaux qui privilégient les compétences à la différence des organisations nationales. Quelques tristes réalités caractérisent les discriminés de la Mauritanie : la pauvreté et l’auto exclusion.

Du fait de leur faible taux d’employabilité, de leur pauvreté et de leurs conditions précaires, les discriminés mauritaniens ont de plus en plus du mal à satisfaire leurs besoins, même les plus élémentaires. Contrairement à ce qui est répandu, en Mauritanie il y a encore des ménages qui ne prennent qu’un seul repas par jour et qui habitent des taudis. En outre, ils ont du mal à accéder à des structures de santé et de se faire soigner, les infrastructures de santé du pays étant souvent en très mauvais état de fonctionnement et mal équipées.

Les mauritaniens qui ont de la chance traversent le fleuve pour se faire soigner au Mali ou au Sénégal. Les plus fortunés d’entre eux se font hospitaliser en cas de maladie, au Maroc, en Tunisie, en Espagne et en France. Les rares structures sanitaires opérationnelles se concentrent à Nouakchott et sont inaccessibles car étant privées avec un tarif dissuasif ou exigeant là aussi un bras long. Aujourd’hui, quel mauritanien peut se faire soigner sa carie dentaire ? Quel mauritanien peut passer au scanner ? Quel mauritanien peut se permettre un bilan de santé ? Ce luxe exclut les sans bras longs.

Un autre malheur d’appartenir aux discriminés hélas peu compris de l’opinion est celui lié à la scolarité. Les enfants des discriminés se retrouvent entassés dans des salles de classes vétustes, des bâtiments délabrés sans table-bancs avec des effectifs pléthoriques. À titre d’exemples, une salle de classe du lycée de Selibaby peut compter jusqu’à 100 élèves assis à même le sol ; les écoles des quartiers populaires de Nouakchott tombent en ruine… Dans ces configurations, il est légitime et même obligatoire pour tout bon mauritanien de s’apercevoir que les écoles du pays sont de vraies fabriques d’inégalités. L’employabilité, le niveau de connaissances et la chance d’obtenir le bac chez les élèves scolarisés dans les établissements publiques sont très faibles comparés à ceux de leurs compatriotes dans les écoles privées et ou pouvant s’offrir des cours de soutien scolaire.

Les conditions d’existence des discriminés se révèlent alarmantes mais le plus inquiétant est que les individus de ce groupe s’auto-excluent.

Très souvent, certains mauritaniens refusent de se présenter à un concours ou de postuler pour un emploi. Pour eux, fournir cet effort minimum n’en vaut pas la peine. Ils perdraient leur temps dans une compétition où les médaillés sont connus d’avance : les bras longs et leurs proches. La conviction des discriminés est que lors des concours, les copies ne sont jamais corrigées avec du sérieux, la liste des admis étant établie avant le jour de la passation des épreuves. Donc se préparer, se présenter et espérer être admis à un concours est synonyme de gaspillage d’une énergie mentale.

Dans ce sens, l’attitude des discriminés mauritaniens joue contre eux et montre bien qu’ils ont intériorisé psychologiquement la discrimination par le développement d’un complexe d’infériorité et d’un pessimisme. Cette conséquence de la discrimination directe donne à l’élite un argument de taille pour s’installer de plus en plus confortablement.

Le constat est fait : la discrimination, sous ses multiples facettes existe en Mauritanie dans divers domaines. Alors le devoir de tout Mauritanien éclairé serait :
D’inviter et même d’exiger de l’exécutif et du pouvoir juridique d’avoir une volonté ferme de punir les auteurs d’actes de discrimination quelques soient leurs positions sociales et politiques ;
D’appeler l’État à mettre en place une politique de discrimination positive digne de ce nom car le fossé entre bras longs et discriminés est immense ;
De condamner le groupe des bras longs socialement et moralement en attirant leur attention sur l’intérêt général et celle de la nation ;
De montrer les méfaits de la discrimination en privilégiant l’information et le dialogue car la discrimination ne viendrait pas seulement des intérêts égoïstes mais aussi de l’ignorance et de l’aveuglement de ses auteurs et victimes c’est-à-dire des bras longs et des discriminés dans le contexte mauritanien.

Une société mauritanienne meilleure et riche de sa diversité est pourtant possible.

DIOUM Ibrahima
Enseignant d’économie-gestion
Académie de Paris

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur 10/05/2020

Mauritanie – débat : « Quand les langues cesseront d’être des sujets de diversion et d’évincement pour mettre la machine d’évolution du pays en route. » Par Souleymane Sidibé

« S’il y’a un choix à faire entre l’arabe et une autre langue, c’est notre arabe. Notre langue, c’est tout!» dixit Ould Baya, président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie en réponse à l’honorable députée Kadiata Malick Diallo.
L’arabe est une belle langue. Elle est la langue par laquelle de millions personnes de toutes les communautés du monde psalmodient le Livre Saint.
Il faut tout de même noter que l’arabe et l’arabisme étaient étrangers à la Mauritanie comme le français.

~ Les langues locales et étrangères: Cultures et occupations.

Notre beau pays culturellement comprend plusieurs communautés avec les bambaras (langue bambara), les wolofs (langue wolof), les halpoular’en (langue peul), les sooninko (langue sooninké) et les maures: blancs et noirs. Les maures blancs sont appelés beydanes (langue hassanya) ou les arabo-berbères. C’est au XIIIe siècle que les Beni Hassen descendants des Banu Makil (Egypte) sont venus coloniser, la partie nord de la Mauritanie et au Sahara, les populations Sanhadja (Iznagen en berbère) selon les historiens. Les Zenagas (Iznaga) ou Znagas sont une des trois composantes des Amazigh qui se sont fortement arabisés au XVe siècle.
Référence: Talaàt Al Mouchtari d’Ahmed Annaçéri.
Ce mixage a donné les beydanes avec la langue hassanya (mélange d’arabe et de berbère).
Les autres sous composantes des maures sont les haratines (descendants d’esclaves) et d’autres groupes « acculturés » ayant adoptés la langue ou une partie de la culture beydane par proximité géographique et lignage.
Quant à la langue française, langue étrangère à ses débuts comme l’arabe, est celle des troupes françaises ayant colonisées la Mauritanie.
La Mauritanie a officiellement vu le jour en 1899, et elle sera une colonie sous l’égide de l’A.O.F (X. Coppolani en Mauritanie, cité par R. Arnaud, Précis de politique musulmane, t. I, Alger, 1906).
L’A.O.F est le sigle de l’Afrique occidentale française. Ainsi, notre passé nous lie au français et la France. À nous le français maintenant comme l’arabe. Cela ne fait en aucun cas de nous des français en Mauritanie ou totalement arabe.
« Le 21 février 1903 par traversée du Pays Trarza (d’Est en Ouest), Coppolani étant accompagné de guerriers et marabouts: il réussissait, sans avoir eu à tirer un coup de fusil, un véritable tour de force en amenant à la soumission « le pays poudre, mais aussi des dissensions par excellence » (Cdt Giller, la pénétration en Mauritanie, 1926).
Par la suite, en décembre 1920, la Mauritanie devient une colonie de l’AOF dont la capitale est Saint Louis jusqu’en 1957. En « 1945, Leopold Sedar Senghor [est], député de Mauritanie à l’Assemblée Constituante. Octobre 1946, la Mauritanie [est], territoire d’Outre-Mer de la République française.
En tant que telle, elle élit des députés au Parlement français et au Conseil territorial qui n’a que voix consultative auprès du gouverneur de la colonie.
Novembre 1946, Horma ould Babana [est] élu député de Mauritanie à l’Assemblée Nationale ». L’année 1958 est marquée par le Congrès d’Aleg, par le mouvement des jeunes de Kaédi ainsi que la proclamation de la république islamique de Mauritanie. Ces dates puisent leurs sources dans les écrits de Francis de Chassey et Jean Louis Balas dans Chronologie des principaux événements touchant la Mauritanie ( https://books.openedition.org/iremam/1253?lang=fr).
Le 28 novembre 1960, l’Indépendance de la Mauritanie est proclamée en Français par le président Mokhtar Ould Dadah (avocat stagiaire). Il faut savoir que plusieurs groupes ont dominé l’espace géographique à travers des empires. Ainsi, les historiens pourront nous parler de l’époque du Wagadu (l’empire du Ghana) au Fouta Toro avec l’Almamiyat aux Emirats du nord avec l’arrestation de plusieurs groupes anticolonialistes à travers des meutes. Tout cela pour dire que nous avons nullement choisi le français, mais qu’elle est une partie de l’histoire de la Mauritanie, de son administration et des coopérations près-coloniales à celles post-coloniales.

~ L’exploitation désavouée des langues

Pour revenir à la notion de langue, il faut la définir. C’est un « ensemble de signe permettant une communication ». Elle est un moyen de communication.
En Mauritanie, aucune famille ne parle arabe en son sein ou dans le quotidien. Il y’a des familles mauritaniennes qui parlent le français. Certains parents communiquent avec leurs enfants en français comme en hassanya, sooninké, pular, wolof voire bambara. Le français qui est d’abord la langue du colon est devenue si l’on se réfère à Alain Rey: « Notre bien commun, notre maison. Il faut [donc] mieux la connaître pour l’aimer ». L’arabe est utilisée dans par les journalistes arabophones, sur les réseaux sociaux, mais elle n’effleure pas la place du français. L’élite mauritanienne envoie ses enfants dans le programme français. La majorité des présidents mauritaniens notamment beaucoup de cadres et ministres envoient leurs progénitures au Lycée Français de Nouakchott. La suite logique sera de continuer leurs études dans les pays anglo-saxons ou en France. Le citoyen lamba ne bénéficie pas de cela sauf s’il remue ciel et terre. Les outils didactiques en français sont plus utilisés. L’arabe reste néanmoins la langue de l’apprentissage originel. La question sera de savoir pourquoi arabiser les institutions, les écoles qui doivent être républicaines et les universités pour ensuite voir les tenants des pouvoirs publics faire le contraire. Il y’a la présence des écoles américaines en Mauritanie où les élèves mauritaniens sont nombreux. N’est- il pas temps pour les dirigeant.e.s de faire parler leur bon sens pour être de vrai.e.s Hommes ou Femmes d’Etat pour une réforme de l’éducation nationale qui prend en compte les inquiétudes? L’arabe,oui. le bilinguisme avec l’arabe et le français, oui. L’anglais aura toute sa place aussi. Il faudra, par ailleurs, donner le choix aux élèves de choisir l’arabe ou l’anglais voire le chinois ou l’espagnol comme la langue vivante 2 après le français par principe d’équité. De même, il faut laisser les personnels administratifs mener à bien leurs missions à travers une langue qui construit l’Etat.

~ La langue ou l’instrument de discrimination

Les discours dans l’hémicycle en français passent mieux que ceux en hassanya pour le monde extérieur. Rares sont ceux qui s’expriment véritablement en arabe. Le choix du hassanya est-il le non dit par cette assimilation à l’arabe? S’agit-il là de vouloir museler la parole aux députés qui représentent un « peuple meurtri » en imposant une langue au détriment d’autres. Est-ce l’hégémonie culturelle qui s’exprime? Les députés du système pour certains comme anti-système pointent du doigt l’incapacité, l’incompétence, et l’incohérence des politiques par leurs décisions au fil du temps. En effet, il faut rendormir ou faire disparaître ce désir de vouloir considérer des individus pour ce qu’ils ne sont pas. C’est antinomique aux valeurs morales et politiques.
L’arabisme est un faux débat. Optons pour le français pour tous dans l’enseignement public pour que les mauritaniens sans distinctions bénéficient du bon enseignement. Cela permettra d’une part d’éblouir et consolider le vivre-ensemble et d’autre part juguler le mal qui gangrène les cœurs à travers le manque d’éducation et les profondes inégalités sociales, politiques et économiques.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur 7/5/2020

Tribune – Covid-19 – Mauritanie : « j’étais recruté par l’OMS et le ministère de la santé m’a remplacé par un autre » Par Mohameden Fall

Mohameden Fall – Dans le cadre de leurs activités de lutte contre la pandémie du coronavirus en Mauritanie, l’OMS Mauritanie recherchait des Epidémiologistes ou Médecins ayant une expérience avérée de surveillance des maladies au niveau du terrain. C’est dans ce cadre que ma candidature a été sélectionnée sur des critères precis et rigoureux. On a effectué une formation de 2 jours à l’hôtel Nouakchott et 7h de formation en ligne. Le projet avançait, les responsables de l’OMS nous avaient parlés des conditions et de la nature de notre travail, avec notamment l’affectation de chaque candidat dans une moughataa où il sera chargé du suivi des cas suspects de contamination au Covid-19. Ils nous ont même expliqués les grilles de salaires et du type de contrat en tant que fonctionnaire international des Nations-Unies. Dès le début de la formation, le représentant de l’OMS en Mauritanie avait expliqué que dans les règlements de l’organisation il ne peut y avoir de compétition entre le ministère et l’OMS. Donc tous les candidats qui sont fonctionnaires n’ont qu’à se signaler car ils vont envoyer la liste pour vérification au ministère. Même s’il se trouve que le contrat est déjà signé et le candidat affecté, si le ministère confirme qu’il est fonctionnaire, le contrat sera résilié et le candidat retourné à Nouakchott. Il a expliqué ensuite que l’organisation payait beaucoup plus que le ministère et que leur objectif n’était pas de récupérer les fonctionnaires du ministère. Voilà les raisons qui les ont poussés à procéder ainsi, c’était clair dans notre tête et on était tous d’accord la-dessus. Même si ça n’arrangeait pas certains candidats qui sont des hauts cadres du ministère de la santé qui avaient une disponibilité du ministère. Durant une pause café, j’ai entendu un collègue (ancien DRH du MS) dire que ce n’est pas normal que l’OMS fixe des règles comme ça. Mais il a oublié que l’Etat a donné son accord sur le principe et a validé ce programme que l’OMS va financer et piloter. C’était la meuilleure chose d’ailleurs pour le pays car le représentant de l’OMS en Mauritanie est de renommée internationale parmi les meuilleurs experts mondiaux contre les pandémies. En 2018, en pleine pandémie d’Ebola, le directeur de l’OMS l’a appelé pour lui dire que d’après les plus grands experts, il est le mieux placé pour l’endiguer. Il a quitté Nouakchott pour le Congo pour diriger la riposte sur place pendant 8 mois. Cet homme n’est pas un amateur dans la lutte contre les épidémies et pandémies. Un médecin de formation militaire, qui a travaillé aux USA pendant 11 ans et dans d’autres pays, ne peut pas faire des choses sans respecter les lois des pays. Alors voilà après une semaine d’attente, alors qu’on devrait partir depuis, on reçoit un e-mail de l’OMS qui regrette la tournure des événements et nous dit que après des discussions avec le ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’OMS ne gère plus le programme et que désormais pour plus d’informations de se rapprocher de la faculté de Médecine de l’université de Nouakchott. Un groupe de délégués s’est constitué parmi les candidats, qui a rencontré le ministre qui les a promis que le projet va se poursuivre et sera remis à l’OMS et que les 57 candifats qui étaient deja recrutés par l’organisation mondiale de la santé seront reconduits. A cela, il a ajouté que la faculté va recruter quelque trente étudiants de derniere année en plus. En donnant l’assurance que les recrutés de l’OMS seront maintenus et n’avaientt aucun rapport avec le groupe d’étudiant recrutés par la fac. Voilà ce qui s’est passé et aujourd’hui, après 2 semaines de patience et de stress, le ministère de la santé a empêché l’OMS de faire un recrutement normal. Aujourd’hui [04 Mai] à 21h certains qui étaient recrutés par l’OMS ont reçu un mail avec une liste de 90 personnes recrutées dont certains n’ont que un bac+2 (des sages femmes et infirmiers). Aujourd’hui 05 mai 2020 des jeunes Mauritaniens qui n’ont pas voulu faire du bruit pour ne pas gêner l’Etat dans sa démarche sont victimes d’un lobby proche du ministère et de l’appareil d’État qui ont fait que leur décision soit la décision de l’Etat au détriment de toute éthique, équité ou morale et au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui, des jeunes dont je fais partie ont été écartés du groupe parce qu’on observait dans le respect et la bonne conduite la décision du ministre. Aujourd’hui j’ai compris que ce pays est injuste et des gens au plus haut sommet de l’Etat ont créé ce problème pour parasiter le projet de recrutement parce qu’ils ont des proches qui avaient raté l’occasion. Personnellement je savais comment ça marche ce pays, mais en ce mois de ramadan et avec l’avènement du Président Ghazouani je me disais que ce n’etait plus possible. Aujourd’hui j’ai compris comment marche ce pourri système administratif Mauritanien. Mais, Allah est le plus Grand Juge.

Voir liste jointe :

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=735746

Contribution : « l’esclavage statutaire en milieu soninké » l’étudiant – chercheur Ismail Traoré

En écoutant les uns et les autres, notamment sur la question de l’esclavage statutaire ou coutumier, donc par ascendance, je me suis aperçu que de nos jours, beaucoup d’intellectuels et cadres soninkés se rangent du côté des masses populaires analphabètes.

Les paroles le plus couramment proférées sont, entre autres : «L’esclavage est révolu »; «Nul ne doit être exploité, légué et/ou cédé»; «Tout le monde doit être traité sur un pied d’égalité ». Ces propos sont certes augustes et fédérateurs. Ils sont tout de même ironiques. Car étant issus de l’horde féodal, ces derniers ne peuvent ni tenir des discours prolifiques ni ériger des lois fiables, encore moins trouver des compromis sur des sujets à caractère litigieux.

Il est à déceler aussi chez ces personnes un sentiment d’indifférence voire un comportement d’apathie et de passivité. Loin de prendre une position perfide, je réagis en tant qu’individu appartenant à la même société dont à présent indigné face à des pratiques d’antan rétrogrades.
Je suis écœuré d’entendre encore par des témoins oculaires que chez nous, des maisons sont saccagées, des champs sont défrichés, des hommes sont chassés de leurs villages, certains ont été ligotés et battus avec des machettes et des gourdins parce qu’ils ont dit qu’ils ne veulent plus l’esclavage coutumier ou par ascendance.

Ces actes exclusivement odieux et vraisemblablement insensés sont répréhensibles. S’agissant des auteurs des crimes, ils doivent comparaitre devant les cours pénales. Ces chauvins et les soi-disant ténors se laissent guider par un instinct animal, puisqu’ils réagissent sans moindre scrupules. Leurs assauts ne se bâtissent sur aucun plan stratégique.

Ce qui s’est passé le 05 avril 2020 au Mali, plus précisément à Lani Tounka dans la circonscription de Kayes est inadmissible. En effet, un groupe majoritaire pour ne pas dire aristocrate garni de toute sorte d’armes blanches s’est levé contre les familles prises pour inferieures, puisqu’elles sont minoritaires afin de les lyncher et d’incendier leurs foyers y compris leurs magasins de stockage.

À noter également que les membres de cette communauté sont écartés des affaires villageoises telles que les cérémonies funéraires, nuptiales… De même, ils sont dépossédés de leurs terres agricoles, les filles et les garçons ne sont plus scolarisés parce qu’ils ont été interdits à l’école de la ville. Pareil, leurs défunts ne sont plus enterrés dans le même espace que les autres. Ces problèmes ne concernent pas seulement cette localité.

Environ 70% des villages soninkés du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, où de nombreuses personnes ont été tuées, se retrouvent dans cette posture. Quelle horreur !
C’en est trop ! Il est temps de tourner la page de l’Histoire. Le soninkara entier doit se lever pour dire non à l’esclavage statutaire ou par lignage; non à la violence physique; non à l’outrance verbale; non à la scission ethnique ! Le célèbre écrivain malien Seydou BADIAN ne dit-il pas que « La maison n’est belle que lorsque chacun y reconnaît sa part de labeur ». Et moi je dirai le jamaane (nation), le debbe (village) et le kunda (quartier) ne sont admirables que quand tout le monde s’y sent utile et ragaillardi.

L’éclatement étatique, clanique et communautaire m’étouffe. Je dois arrêter de me voir en cordonnier, en noble, en forgeron, en griot ou encore en esclave. De même, je dois cesser de me voir en maure, en soninké, en peul, en wolof, en bambara, en malinké. Je dois juste me voir en citoyen du monde, en être civilisé.
Je ne pourrais conclure sans me rappeler le théoricien de la “non-violence” Mahatma Gandhi à travers Robert Deliège Gandhi sa vie et sa pensée : « La non-violence n’est jamais un acte de faiblesse, une démission et encore moins l’expression d’une peur. La non-violence est le moyen d’arriver aux buts que l’on s’est fixé ; elle est à la fois un moyen et une fin en soi ». Que tout se fasse sans la violence !

Ismail Traoré

Étudiant-chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Limoges / France

ismael172017@yahoo.com

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/contribution-lesclavage-statutaire-en-milieu-soninke/

Mauritanie – les terribles non- dits autour de viols : « Quand l’horreur se banalise c’est que l’humain se meurt. » Par Bocar Oumar Ba

Une petite fille de 5 ans violée à Nouakchott. Encore une. La mienne, la vôtre, celle du voisin. Je me souviens de l’année 1997 où ma vie de journaliste fût happée des semaines durant par une série de viols, quelques fois suivis de meurtres de petites filles de 2 à 8 ans, par celui que j’avais décidé d’appeler « le monstre de Nouakchott ». A chaque fois qu’il avait fait son forfait, il déposait les pauvres petits corps toujours au même endroit: aux alentours de la Foire. Le crime, tant par son ampleur que par son caractère innommable, était inédit dans notre capitale et bouleversait la vie des nouakchottois. La presse avait délaissé sa passion pour l’actualité politique pour ne titrer que sur le monstre. C’est dire combien l’opinion était scandalisée par cette série de crimes.
Dès les premières découvertes de corps de petites filles, j’avais pu écrire dans un article que je trouvais troublant qu’alors que les alentours de la foire étaient surveillés par les forces de l’ordre, le monstre puisse quand même y déposer des corps sans être appréhendé. J’avais émis l’hypothèse (qui a beaucoup déplu d’ailleurs) que le monstre fût peut-être un homme de loi, pour pouvoir ainsi se rendre « invisible » dans un endroit en principe truffé de policiers. Le scandale du coup n’était presque plus la série de crimes, mais mes « sordides accusations contre les forces de l’ordre ». Quand au bout de deux mois le monstre fut arrêté, on découvrit que c’est un ancien homme de loi qui se promenait en tenue pour faire sa sale besogne…
J’avais été particulièrement bouleversé par la rencontre d’avec l’une de ses toutes dernières victimes. Elle avait 3 ans. Je m’étais rendu à l’hôpital national pour interviewer sa mère, et dans la discussion que nous avions, je réalisai que la victime est en fait la fille d’un de mes voisins à Kaëdi. Il n’y a guère qu’une maison entre nos deux concessions familiales. Autant dire un frère.
J’ai quitté mon pays un an plus tard étant loin d’imaginer que ce que je croyais n’être qu’un horrible cas isolé, révèle en fait une terrible tare de notre société si encline à se parer de vertus quand elle se raconte. C’est l’hypocrisie et la mesquine pudibonderie dans une société où la sexualité la plus ordinaire ne se parle pas, qui nous empêchent de dénoncer les milliers de viols de case et de tente que nous taisons par lâcheté. Combien de filles sont violées au quotidien dans nos villes, dans nos villages, dans nos maisons?
Combien de jeunes filles et de jeunes femmes sont victimes chez nous de ce viol encouragé que nous préférons appeler par euphémisme « mariage forcé » pour les plus courageux d’entre nous, et « arrangé » pour les autres? Combien de filles et de femmes « esclaves » sont chez nous violées par « droit de cuissage »? Rien que l’expression suffit à sa bâtardise!

Nous préférons dénoncer par épisodes de crimes odieux, parce que nous sommes d’éternels intermittents de l’indignation. Nous avons du mal, moi le premier, à entendre le cri quotidien de toutes ses courageuses femmes qui nous disent que notre société est en dérive. Quand elles évoquent leur envie de liberté dans notre société ostracisée, au mieux les plus intelligents parmi nous gèrent leur gène par l’esprit de dérision.
Bientôt, le ramadan aidant, nos doctes se draperont de leurs grands boubous blancs pour nous apporter la bonne parole. A chaque fois qu’ils parleront des femmes, ce sera pour leur rappeler leurs devoirs vis à vis des hommes. J’ai coutume de dire que l’islam chez nous, en tous cas celui qui se raconte au quotidien par nos doctes, c’est l’islam des hommes, qui parlent uniquement aux hommes obsessionnellement des femmes!
C’est peut-être déjà là où le bât blesse…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur du 21/04/2020

Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste (IRA-MAURITANIE)

🔹️Note d’alerte

Les militants de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) – Mauritanie sortaient, le matin du 20 avril 2020, sur l’avenue principale de la capitale Nouakchott, pour réclamer, pacifiquement, la libération de Mariem Cheikh injustement incarcérée 8 jours plus tôt. Mariem Cheikh est une blogueuse qui dénonce les dérives du système de domination ethno-tribal, sa prédation et son recours récurrent à la violence, comme unique mode de régulation des contradictions dans la société.

La police, intervenue en surnombre, s’est violemment attaquée aux militantes et militants, les a lourdement chargés, battus, par de coups de matraques, de gourdins et de bottes. Les forces de l’ordre, en nombre, intervenaient à bord de plus d’une dizaine de pik-up, en tenue anti-émeute. Selon un premier décompte, l’on déplore 5 blessés hospitalisés et une arrestation.

Certains blessés souffrent de contusions au thorax, à l’abdomen, aux jambes et mains oû ont subis des coups à la téte et affichent des hématomes :

  • Cheikh Vall
  • Abdallahi Homody
  • Sidi Nagi
  • Beddine Mechinou
  • Mohamed Sghair.

Fut également interpellée, en état de déstresse physique :

  • Mama Moussa

Les images, jointes, témoignent de la grande brutalité de la police politique.

Ira-M réitère son engagement non-violent, visant à faire éclore une société égalitaire, un Etat de droit où cesseraient de prévaloir les interdictions de partis et mouvements dédiés à la défense de la dignité de l’Homme noir. Le maintien de telles exclusions, grâce à la connivence du groupe mono-ethnique et mono-colore des généraux avec les milieux et l’élite suprématiste arabo-berbére, expose le pays à l’effritement, de l’intérieur, dont résulte un surcroît de fragilité face au péril mondial du terrorisme. La Mauritanie, prise en tenaille, entre la pandémie du Covid-19 et la désagrégation de la citoyenneté, n’a plus les moyens de l’autoritarisme ni le souffle de la résilience sur une simultanéité de fronts. Ses partenaires – régionaux et au-delà – se doivent d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit d’une gouvernance qui menace la stabilité et la paix.


Ira-M


Nouakchott, 20/avril/2020