✓Nécrologie | Mody Bathily, l’auteur de l’ouvrage « Le Grand Dictionnaire » est décédé.

✓Il s’appelle Mody Bathily , l’auteur de l’ouvrage Le Grand Dictionnaire bilingue français/soninké et soninké/français. Ce vendredi 4 mars 2022, l’annonce de son décès est publiée sur les réseaux sociaux. Paix à son âme. Mes sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté soninké à travers le monde. Son ouvrage publié a été largement diffusé au grand public soninké en janvier 2017 à Paris. Dans une note de présentation du livre, il reconnaît avoir écrit les premiers mots de ce travail monumental en 1976. Une pointure intellectuelle visionnaire nous quitte mais son ouvrage présent dans plusieurs foyers soninkés pas seulement, fera éternelle sa mémoire à jamais.



Notre Reconnaissance.

✍🏾KS pour le BLOG.

✓Mes vives et chaleureuses félicitations pour la nomination de mon frère et ami Yacoub Salem Vall au poste de Directeur Général de la société mauritanienne de services et tourisme (SOMASERT). | Par BaBa JIDDOU



La Société Mauritanienne de services et de Tourisme, est une filiale de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM). Elle est propriétaire de 2 somptueux hôtels «Cansado» à Nouadhibou» et «Tazadit» à Zouérat.
– L’hôtel Cansado est située à 5 km de la ville de Noudhibou et dispose de 3 suites avec tout le confort, 24 chambres avec lits king size, 12 chambres à 2 lits séparés, 1 restaurant de 45 couverts, 1 restaurant V.I.P avec vue sur le jardin et la mer, 1 salle de réunion et plusieurs salles, 1 parking, 1 navette aéroport,… (http://www.somasertsa.com/hotel_osian_ndb.html)
– L’hôtel «Tazadit» est situé au centre de la ville de Zouérat et dispose de 8 bungalows, 4 studios, 28 chambres avec lits king size, 14 chambres à 2 lits séparés, 1 restaurant à 60 couverts, 1 restaurant pour V.I.P, 1 bar, 1 parking, 1 navette aéroport… (http://www.somasertsa.com/hotel_osian_zouerate.html)

Pour rappel, Yacoub Salem Vall a fait toute sa carrière professionnelle à la Snim, en occupant des postes importants en tant que cadre des services techniques et administratifs à Zouérat et à Nouadhibou.
Patriote militant de longues dates, il a été maire de la ville de Zouératt de décembre 2006 à janvier 2014 avec des réalisations communales innovantes sans précédent dans tous les secteurs sociaux et le développement harmonieux de cette contrée du Tiris Zemmour.
La nomination de Yacoub Salem Vall à ce poste datée du 16/12/2021, constitue, à n’en point douter, non seulement une marque de confiance placée en lui, mais beaucoup plus un message, celui d’un renouveau, d’une innovation et d’un dynamisme, prôné par Monsieur Mohamed Fall Telmidy, Administrateur Directeur Général de la société nationale industrielle de Mauritanie (SNIM), qui promeut l’expérience et l’expertise des employés et des cadres de notre entreprise nationale fleuron de l’industrie et premier employeur privé en Mauritanie.
Je suis certain qu’en cette heureuse circonstance, Yacoub Salem Vall dirigeant de la Somasert propriétaire de l’hôtel «Cansado» à Noudhibou et de l’hôtel «Tazadit» à Zouérat, ses employés et ses partenaires, peuvent rassurer, M. l’Administrateur Directeur Général de la SNIM de leur constante disponibilité et leur intense engagement pour relever tous les défis.
Certain que Yacoub Salem Vall, le nouveau Directeur Général de la Somasert s’engage à œuvrer aux côtés de l’Administrateur Directeur Général pour la réussite des nobles missions de développement du secteur du voyage et du tourisme en vue de permettre à la société SNIM de poursuivre, sans désemparer, les grandes réformes engagées et d’initier celles à engager dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires; gage de l’attractivité des investissements directs locaux et étrangers et ce, pour un développement réel et durable de notre cher pays, la République Islamique de Mauritanie.
Puisse l’énergie de notre foi à l’avenir accorder la sagesse et l’intelligence nécessaires afin de mener à bien l’action pour l’émergence de l’économie, la paix et le développement durable de notre pays.
Je souhaite un bon vent à Yacoub Salem Vall dans sa nouvelle mission de manager dans le secteur du voyage et du tourisme, qui est en plein expansion en Mauritanie.

Baba JIDDOU

©️ Crédit source : reçu de l’auteur

✓Football – Samuel Eto’o | Élu président de la Fecafoot (Cameroun)

L’ex enfant prodige du football camerounais et africain, Mr Samuel Eto’o gagne avec brio l’élection de la présidence de la Fecafoot. La grande star buteur passé par quelques clubs cadors du football européen (Real Madrid, FC Barcelone, l’Inter Milan et Chelsea…), devient le 17 ème président de l’institution faîtière du foot de son pays.

Une personnalité forte de 40 ans, aujourd’hui suivie par près de 14 millions d’abonnés sur sa page officielle Facebook. Renard de surface, tonique physiquement et doté d’une grande aisance technique avec le ballon rond, il formait avec P. MBoma un duo irrésistible pour les défenses adverses aux débuts des années 2000. Vainqueur des CAN 2000 et 2002 et champion olympique aux JO 2000 à Sidney en Australie.

–Lire ci-dessous sa publication FB sur son élection (11/12/2021) :

KS pour le BLOG

✓Nécrologie : la presse en deuil après la mort du jeune Cheikh El Hacen El Bambari

Le jeune journaliste et chercheur Cheikh El Hacen El Bambari est décédé dimanche dans un accident de la route sur l’axe Nouakchott Rosso.

Le défunt, 28 ans, travaillait au sein du bureau de presse de la présidence de la république, créé il y a quelques mois, ayant été l’un des premiers journalistes à le rejoindre.

De multiples hommages lui ont été rendus sur les réseaux sociaux dès l’annonce de son décès, lui qui a été l’un des plus brillants jeunes écrivains mauritaniens et actif dans le domaine délibératif mauritanien.

Le défunt s’est très tôt distingué sur les plateformes de blogs, a écrit des dizaines d’articles dans le domaine de la philosophie politique qui ont été publiés sur les réseaux sociaux.

Le défunt était sortant de la section de philosophie à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Nouakchott et a été professeur de l’enseignement secondaire.

A cette triste circonstance Sahara Medias adresse ses sincères condoléances à la famille du défunt et à toute la famille de la presse mauritanienne.

©️ Repris via sahara médias – https://fr.saharamedias.net/necrologie-la-presse-en-deuil-apres-la-mort-du-jeune-cheikh-el-hacen-el-bambari/

✓Présentation de la version anglaise du livre «Biram Dah Abeid, Le Pacte de la Renaissance.» | À New-York

L’Adam Clayton Jr. Hall au cœur de Harlem, New York, a accueilli un symposium pour la présentation du livre de la journaliste Equatorienne Tania Tinoco dans sa version anglaise, le 4 décembre 2021 à midi.

Des militants américains des droits civiques soutenant la lutte du leader de l’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste Mauritanien (IRA), ont choisi la symbolique d’un bâtiment official et dressé en plein guèto noir de New-York, devenu Harlem et situé au carrefour de deux rues connues pour porter les noms des deux leaders historiques de la lutte afro-américaine, Martin Luther King et Malcom X (Malik Chabaz).



Harlem, aussi le berceau de la lutte afro-américaine et creuset des sacrifices pour les droits civiques.

Ce présentation de la version anglaise du Pacte de la Renaissance, a été suivie et commentée par de nombreux militants américains et soutiens de la lutte du leader du mouvement IRA, et parlementaire mauritanien Biram Dah Abeid.

Après l’intervention du président et vice-président de la Fondation basée à Chicago, Abolition Institute, Sean Tenner et Bakary Tandia, la liste des intervenants comportait, le Maire Rory Opkins et la Sénatrice Cordell Claire en plus de l’imam Souleiman Konaté et l’opposant panafricaniste, historique tchadien Souleiman Guenguene.

Les participants ont célébré la lutte pacifique inspirante illustrée par le mouvement IRA et son leader, et ont appelé chacun à élargir le cercle de soutien au projet universaliste et humanitaire d’IRA-Mauritanie qui appelle à la modernisation de la société Mauritanienne.

Tania Tinoco a salué le choix noble adopté par le candidat, Biram Dah Abeid, après la controverse de la declaration des résultats du scrutin électoral présidentiel en Mauritanie en 2019 et son rejet catégorique de la violence.

Biram Dah Abeid a pris la parole à la fin et a exprimé sa gratitude à Dieu et à ses camarades américains qui lui ont donné l’occasion de s’exprimer dans un bâtiment symbolique de la lutte pour les droits civiques comme Adam Clayton Pool Jr. Building, et un quartier qui symbolise l’histoire et le présent de la lutte contre l’oppression et l’injustice qui est la culture de Harlem. Le président de IRA a déclaré que son combat avec ses compagnons, est sur le chemin de l’humanisme et de la dévotion aux humains, des prophètes de Dieu, Moise, Jésus et Mohamed que les prières et la paix de Dieu soient sur eux; BDA dira être fier que les Nations Unies aient placé une photo de lui à côté de Welles de Nelson Mandela, Martin Luther King, Jimmy Carter et d’autres en reconnaissance pour son engagement humble et désintéressé au profit de l’Humanité.



Biram Dah Abeid a déclaré que tout pays du monde dans lequel l’humanité des êtres humains est contestée par ceux qui dominent en instituant et perpétuant l’esclavage, comme en Mauritanie et dans d’autres pays du Sahel-Sahara, ceci nécessiterait une focalisation et mobilisation de toutes les consciences et forces morales vives à travers le monde.

Dans son discours, Biram Dah Abeid à dédiée la version anglaise du livre “Biram Dah Abeid ou le Pacte Renaissance” pour les jeunes des villes de Bababe et de Rkiz, en guise de solidarité et rejet de la repression qu’ont subit les jeunes de ces deux localités.



New York, le 04 décembre 2021

©️ Repris via https://initiativesnews.com/presentation-de-la-version-anglaise-du-livre-biram-dah-abeid-le-pacte-de-la-renaissance/

À Paris-Sorbonne, la cérémonie de la présentation du livre « Biram Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance » | Allocution du député BDA et Photo-reportage

Paris, Sorbonne, présentation par Tania Tinoco de la version française de son livre, relatif aux combats du leader du mouvement Abolitionniste en Mauritanie, sous le titre «Biram Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance», Paris, le 7 octobre 2021

• Allocution du député Biram Dah Abeid :

Bonsoir, mes frères en conviction !

Je salue, d’emblée, la France des mythes intellectuels et de la morale au service de l’espèce humaine, le refuge des persécutés et des suppliciés de provenance diverse ; oui, elle commence à nous manquer, la France des lumières, du droit, épicentre des révolutions contre l’obscurantisme, la France, terre de réparation pour les femmes et les hommes menacés dans leur intégrité, en quête d’asile et de réconfort, enfin la France de la liberté de conscience, des engagements féministes et de l’abolition de la peine de mort. Cette grande nation, représente, aujourd’hui, l’un des rares et derniers lieux de la terre où l’on rêve encore d’un humanisme universel. Sans nier la face sombre de la traite esclavagiste et de la colonisation, nous respectons ce pays dont, hélas, la belle image tire vers le déclin.

Nous mauritaniens, peuple en lutte contre l’arbitraire, l’esclavage et le racisme, grande était notre déception quand le ministre des affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, lors d’un débat à l’Assemblée nationale de son pays, en 2018, insinua que le député Biram Dah Abeid, alors incarcéré à Nouakchott, serait un « détenu de droit commun ». Ce positionnement de la France et par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, constitue un parti-pris anachronique, dans la compétition, perpétuelle, entre les justes et les fauteurs de supériorité raciale; le propos explique les difficultés actuelles et grandissantes du rapport de l’ancienne puissance coloniale avec l’Afrique. Néanmoins, nous saluons et louons le soutien et l’engagement, à nos côtés, de nombreux amis en France. Je tiens à citer, ici, l’organisation de défense de droits de l’Homme « IRA-France-Mauritanie », une association de droit européen, à l’abri de la censure et de l’intimidation caractéristiques des gouvernances réfractaires au droit et à la transparence sur notre continent, ô combien pillé et meurtri, par ses propres enfants. Je rends hommage aux individualités qui, avec désintéressement et abnégation, ont voulu et pu perpétuer chez nous, l’idée, généreuse et créatrice de sens, celle des aspirations de l’individu à se libérer de l’aliénation, que résume l’article premier de la déclaration de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Ces mots si justes ne sont pas le produit de ma culture, même s’ils y trouvent un écho rétrospectif. Ils résultent d’une expérience historique, loin de chez moi et, pourtant, j’y ai cru, spontanément, dès après les avoir lus et relus ; ce message, nous nous efforçons de le relayer, partout où nous mène l’interaction avec nos semblables, y compris de latitudes lointaines. C’est notre mission et l’horizon de notre devenir de mauritaniens.

Je m’incline, en particulier, en face de nos compagnons de route – Tania, Antonio, Ignacio, Juan, Mathieu – qui ont traduit leur affection à l’endroit d’IRA-Mauritanie, en écrits, visant à répandre et faire connaître notre abnégation, nos modèles d’engagement et repères de non-violence, dans beaucoup de langues et sur la totalité de la mappemonde. Par ailleurs, je me sens dans l’obligation de solliciter, en ce jour symbolique, l’esprit et le souvenir des personnes chères qui nous ont quittés, sans faillir aux réquisitions du combat. Qu’il me soit permis de complimenter celles et ceux, toujours vivants qui, sans tergiverser, gardent, intacts, l’enthousiasme, la détermination et refusent de céder à la corruption et au découragement.

J’évoque et évoquerai, sans répit, le legs de l’éducation et des valeurs que mon père Dah Abeid et ma mère Mata Ahmedou Salem m’ont transmis aux primes heures de l’enfance, en perspective de l’âge adulte, dans une société de caste, foncièrement irrespectueuse de la dignité de la personne. Feu Dah Abeid m’a enseigné le refus, et l’opposition – instantanés – sans calcul ni détours, de l’injustice d’où qu’elle vienne ; feue Mata Ahmedou Salem m’a dispensé une exigeante inclination à partager, avec les humbles, tout le matériel terrestre, les biens d’ici-bas, à donner jusqu’au dernier sous, loin de la peur du dénuement et des lendemains de gêne. Ces principes guident mon action à la tête du mouvement abolitionniste et orientent ma vie, dans la sphère du privé.

Je m’adresse à toutes ces personnes – de mon pays et d’ailleurs, dont les cœurs gorgés de fraternité et d’empathie, battent à l’unisson, afin de servir et vulgariser l’entendement des humanistes, amoureux de la diversité, de la découverte mutuelle, loin des sectes, des millénarismes et des délires des extrémismes métaphysiques en guerre contre la rationalité ; parmi eux, je loue les défenseurs de la loi, de l’écologie et de la paix dans le respect des différences. En vérité, nous sommes pressés d’achever notre bataille de Mauritanie, avant de nous consacrer, avec vous, à la mère des solidarités : nous rêvons d’une répartition équitable des ressources de la terre et de leur renouvellement, en vue d’améliorer l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins de santé et à un niveau d’éducation qui valorise, par la distinction et l’excellence, les sciences, les arts, la philosophie et la littérature, envers et contre la censure et les dérives inquisitoriales. Ainsi, nous participerions au recul de la xénophobie, de la faim, du populisme outrancier, des désirs hégémoniques, en particulier les plus meurtriers, en l’occurrence les extrémismes confessionnels violents.

Pour notre cas, la République Islamique de Mauritanie, nous avons décidé, dès 2008, d’engager une réflexion, au titre de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste (Ira), dont l’objectif demeure la subversion des idées, des mots et des actes porteurs de déconstruction et de remise en cause de la domination. Nous avions exclu d’atteindre la violence corporelle et nous cantonnons aux ressources de la psychologue de masse, en vue d’introduire le doute et la confusion au centre des cercles névralgiques, secondaires et de base, du système; nous demeurons loyaux à la méthode parce que nous en avons étayé et vérifié le succès. Les rapporteurs spéciaux des Nations unies en témoignent assez.

Le programme global d’Ira, visait, dès le début, la démolition de l’ascendant mental des hommes possesseurs d’esclaves, sur leur bétail humain. Il fallait saper l’outil et le ciment de la subordination des populations serviles envers la minorité hégémonique. La guerre imposée à nous par le pouvoir central, sur délégation des tenants de l’esclavagisme, du racisme et de la suprématie linguistique, nous aura accablés d’infortune et de frustration, en termes de liberté, de bien-être, d’intégrité physique et morale. Les prisons, les diabolisations, les privations de travail, ainsi que les sévices, blessures et maltraitances polymorphes, étaient notre lot quotidien, pendant plus de dix ans. Les deux quinquennats de l’ancien Président Ould Abdel Aziz nous ont valu trop d’affliction mais ils raffermissaient notre résolution. Aujourd’hui, qu’emprisonné, la justice le poursuit pour des crimes économiques, nous répugnons à l’accabler.

A la dernière confrontation de cet épilogue décennal, les élections législative et présidentielle de 2018 et 2019 démontraient le potentiel de notre audience. Nous sortîmes victorieux dans les urnes, en dépit des fraudes, de la privation et de l’interdiction de nos structures de participation démocratique. A l’inverse du calcul de nos détracteurs, malgré les intimidations et le peu de moyens, nous parvînmes à élire des députés et des conseillers de commune. J’arrivai, à en croire l’instance d’organisation du vote, en position de second après l’actuel Président de la République. Aujourd’hui, je prétends incarner l’unique offre d’alternance au pouvoir de l’axe de l’alliance aristocraties bureaucratiques, tribale et clanique, tel qu’instauré, sous des formes plus ou moins vernies, depuis le 10 juillet 1978.

Maintenant, chers amis, nous vivons une deuxième phase de réalisation de notre projet pour la Mauritanie et les Mauritaniens. L’Etat, pendant les deux premières années du mandat de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, renonce à l’option de nous éradiquer, bien à rebours de son prédécesseur. Les appels aux meurtres, les campagnes de dénigrement, les excommunications, la prison en plein désert sous un toit de zinc à plus de 50 degrés, les châtiments physiques, ne ponctuent plus la ligne officielle, à nos dépens. Cependant, le danger de la régression persiste car des personnalités influentes du gouvernement, de la haute administration, de la finance et de l’entourage du Président Ghazouani, essaient d’attiser le feu afin de rompre l’apaisement en cours. Ils représentent les intérêts de la conservation, des tribus, des clans et du fanatisme, toutes factions que notre ambition d’égalité et de citoyenneté effraye.

Oui, chers amis, comme partout durant notre passage d’humains sur la terre, l’histoire, les arts et l’ensemble des supports de la mémoire nous apprennent que la quiétude, l’épanouissement et la sérénité s’achètent, au prix de l’équité, de la bienveillance, je dirais de l’amitié et du dialogue franc. Le tarif n’est exorbitant ni le produit surfait. Vivre sans guerre, loin de la crainte, vaut bien des précautions et une dépense immodérée de scrupule. C’est à ce pacte de transition par les réformes, que nous invitons nos compatriotes et le pouvoir du moment. Nous voulons instaurer la normalité au profit de mes frères noirs subsaharienne, autochtones, bâtisseurs du pays et patriotes enthousiastes de pères en fils; et les enfants de la laborieuse communauté Hratin, pourvoyeurs de barrages, de récoltes, de puits, de gardiennage du bétail, depuis toujours confinés aux tâches multiséculaires du muscle et de la sueur. Nous nous engageons à traquer l’esclavage et toutes pratiques similaires jusqu’à ses derniers recoins. Nous souhaitons que les negro-mauritaniens ne fussent plus tués, torturés, déportés, impunément. Nous tenons – objectif non-négociable – à abroger les lois qui protègent le tortionnaire et imposent, aux victimes, le devoir de se taire, leur dit-on, pour préserver la cohésion de la communauté de destin. A l’épreuve des frustrations et du déni de justice, la ruse ne prend plus. Cependant, que personne ne conçoive de l’effroi, à cause de nos emportements légitimes : nous n’avons jamais tué au cours de notre marche vers l’égalité et ne détenons aucune arme létale, à l’inverse de beaucoup de nos compatriotes et détracteurs, des civils détenteurs quasi-exclusifs de fusils d’assauts et de munitions de guerre. Combien de fois, n’avons-nous pas demandé, au pouvoir, de mettre un terme à ce déséquilibre de la terreur dont chacun, ici, pressent la volatilité tragique, à la moindre bavure. Qu’il me soit permis de réitérer l’appel, à l’intention du président de la République Mohamed ould Cheikh El Ghazouani. Le désarmement de la société nous semble relever de l’urgence, si l’on accepte de regarder, sans fard, la détérioration du contexte sécuritaire au Sahel.

Nous avons misé sur une cohabitation détendue avec le pouvoir du Président Ghazouani et la recherche – collaborative – des règles d’une compétition qui ne lèse la vérité du suffrage universel, en vertu du principe « un homme, une voix ». Or, l’objectif requiert bien des préalables : les législateurs ne sont pas élus avec le même nombre de votants, laissant ainsi croire que certains détiendraient une légitimité ou une valeur supérieure, le découpage des circonscriptions favorise nettement un groupe sur citoyens sur d’autres. Mais, il n’y a pas de drame à accepter les arrêts implacables du nombre et de l’évolution sociale. Seule la réhabilitation, je dirais l’assainissement de l’Etat de droit et des libertés démocratiques, du Conseil constitutionnel, des forces de sécurité et de la magistrature permettront de nous économiser, à tous, la rançon de l’insurrection et du ressentiment. Nous chérissons la paix, certes…mais un article si précieux ne saurait se conquérir par la négligence, l’autisme ni la cécité.

Je vous remercie !

• Élément vidéo par DH :

©️ Crédit source : réseaux IRA-France

✓Rendez-vous 07/10/2021 à Paris | Sortie de la version française d’un livre biographique sur le député mauritanien Biram Dah Abeid.

Paris, la ville-lumière s’apprête à accueillir une cérémonie de présentation du livre biographique sur l’homme politique et défenseur des droits humains mauritanien, président d’Ira-Mauritanie, Biram Dah Abeid. La journaliste Équatorienne Tania Tinoco, engagée universelle pour les droits de l’Homme, avait rencontré et interviewé le député à Mexico-City (début 2019). Le député activiste a été fraîchement élu à l’assemblée nationale de son pays du fin fond d’une prison insalubre. Impressionnée par le parcours et la trajectoire de l’homme, Tani Tinoco vînt en Mauritanie, suivre le candidat Biram Dah Abeid au cours sa campagne vigoureuse pendant les élections présidentielles de juin 2019. Depuis lors, la journaliste et adepte des droits des personnes, a planché sur une biographie du prisonnier politique le plus incarcéré en Mauritanie. Le leader abolitionniste est un inamovible challenger des militaires aux deux dernières élections présidentielles (2014 et 2019) . Madame Tinoco a déjà publié la version de son œuvre en Espagnol et en Anglais et, le 7 octobre 2021 à Paris, c’est la version française du livre qui a pour titre « Biram Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance » qui est à l’honneur.

✓La cérémonie aura lieu à partir de 19H30 de Paris à l’adresse suivante :

• Amphithéâtre Pierre Henri Titgen
Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne

Campus Port-Royal-Centre Lourcine

17 rue Saint-Hippollyte 75014 Paris

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie

✓Mot d’hommage à la mémoire de notre oncle Adama Samba Coulibaly | Décédé le 25 août 2021 à Nouakchott

Les grands Hommes meurent mais leur digne Mémoire reste pour l’éternité.

Sa prise de parole lors d’une réunion régionale Ganbanaaxu à Selibaby (courant 2021)

xx/xx/1963 ~ 25/08/2021

Il s’appelait Adama Samba Coulibaly connu communément Boubou Artoumo. Un géant de 58 ans natif de Dafort dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien). Dans la nuit du 25 août 2021 à Nouakchott, il a été rattrapé par l’irréversible rendez-vous (La Mort) qui traque toute vie sur Terre d’une manière ou d’une autre. Responsable de la section Amees Dafort (association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles), il était un pilier du mouvement anti-esclavagiste soninké Ganbanaaxu Fedde. Mouvement populaire (fondé en 2016) militant pour l’égalité sociale et contre les mentalités féodales et esclavagistes qui relèguent et discriminent les descendants d’esclaves Soninkés. Vaillamment mobilisé dans cet engagement droit-de-lhommiste, il a pris part avec dignité à la défense des droits citoyens et sociaux de la communauté Ganbanaaxu Dafort. Également conseiller municipal depuis septembre 2018, tonton Boubou Artoumo a été injustement emprisonné par 2 fois (49 jours à Selibaby en 2017 et 2 jours en 2020 à Nouakchott). Cela suite à des plaintes fallacieuses et autres bizarreries administratives et judiciaires orchestrées en coulisses par des détracteurs mesquins troublés socialement par la cause anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké notamment à Dafort. Ces gens comptaient le faire renoncer en vain, sa résilience et sa détermination ont fait son renom inscrit à jamais dans notre conscience sociale et citoyenne.

• À droite sur cette photo avec 2 membres Ganbanaaxu Dafort et un conseiller municipal peul.

Analphabète, monsieur Coulibaly a su s’imprégner de l’éveil du militant fièrement avec respect par son aura de tribun très conscient de la phase historique des enjeux sociaux en cours. Il a été calomnié et insulté fréquemment par certains haineux déclassés socialement via les réseaux sociaux notamment WhatsApp. En Mars 2019, par diverses intrigues manipulatrices ourdies par l’ancien ordre coutumier, on voulait atteindre son activité professionnelle de boucher avec un embargo causant une séparation avec certains travailleurs bouchers acquis à la domination coutumière du village. Ainsi il était interdit formellement aux acheteurs d’aller chez lui. Il s’était réorganisé avec ses partenaires issus de la communauté Ganbanaaxu, pour poursuivre leurs activités de boucher en servant avec efficacité les familles Ganbanaaxu Dafort. Ce présent témoignage à son sujet revêt une mission obligatoire pour ma conscience, car sa mémoire honorable le mérite amplement.

Avec le député Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie
• En compagnie du doyen Ladji Traoré et d’autres frères militants anti-esclavagistes
Ici au milieu d’autres frères et responsables abolitionnistes

Il croyait à des réformes sociales pour notre communauté où l’esclavage par ascendance est érigé socialement comme marqueur « valorisant » à faire perpétuer. Ainsi le Lion Massassi a accompli sa mission dignement, il est parti Digne et Libre. Il a su dissocier les vraies personnes qui l’adulaient en homme utile collectivement et les fausses personnes qui se servaient jadis de lui occasionnellement pour magnifier l’ordre féodal discriminatoire et trompeur. Sa mémoire sera un nœud indéfectible de notre SERMENT pour plaider les visionnaires objectifs de cet engagement pacifique pour une vie sociale harmonieuse et juste dans SONINKARA. inshâAllah.

✓Paix éternelle à votre Âme, cher oncle. Ameen

~ Par votre neveu et camarade Koundou SOUMARÉ, mes respects.

✓Portrait de Militante | Éléments biographiques de Madame Boye Sagna surnommée « Mama IRA »

• À découvrir un bref élément vidéo : https://youtube.com/shorts/zdVajx_7ZEk?feature=share

Elle est native de Diogountouro, village du Guidimagha (Région Sud mauritanien) situé au bord du fleuve Sénégal. Elle vit en famille à Nouakchott depuis quelques années. Une dame travailleuse et l’une des voix militantes pionnières issues de la communauté soninké engagées au sein du célèbre mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie. Elle fait partie de la très dynamique section IRA – Sebkha. Selon les informations de présentation recueillies auprès d’elle, c’est à partir de courant 2014 qu’elle avait eu des contacts inspirants dans ce militantisme auprès de son oncle monsieur Yakhoub Bakhayokho, président de l’association UVDS (Union des volontaires pour le développement dans Soninkara) et tenant actuellement le poste de secrétaire général du parti RAG. Surnommée et connue sous l’appellation « Mama IRA », Madame Sagna est une militante aguerrie du terrain qui a subi avec tant d’autres de ses camarades IRAOUIS, l’engrenage répressif du pouvoir mauritanien au cours de la décennie passée.

En compagnie des militants anti-esclavagistes d’IRA

Elle a reçu des coups lors des sit-in devant les commissariats à Nouakchott, autour des tribunaux à Rosso ou à Aleg pour soutenir le leader abolitionniste Biram Dah Abeid et ses camarades. Le surnom Mama IRA lui aurait été attribué lorsqu’elle voulait camper avec sa moustiquaire devant un commissariat à Nouakchott pour s’enquérir du sort de militants arrêtés et retenus en lieux inconnus. Sa détermination est à la fois proverbiale et fascinante , je dirais qu’elle s’inscrit symboliquement dans le sillage historique de vaillantes dames comme Rosa Park ou Harriet Tubman.

Elle remet une distinction lors du tournoi foot Uvds-Ganbanaaxu à Nouakchott

Elle nous apprend qu’à cause de son engagement visible, elle faisait l’objet de différentes moqueries et pressions venant de certains milieux de la communauté soninké de Nouakchott. Début Mai 2017 , elle était l’une des rares femmes militantes qui comptaient accueillir et participer au Guidimagha à la visite programmée du leader abolitionniste mauritanien Biram Dah Abeid. Finalement les forces sécuritaires de la région à l’époque avaient contraint les militants sur les routes à l’isolement avant de procéder à l’expulsion expéditive du président d’IRA du Guidimagha dès son arrivée à la rive mauritanienne à Gouraye venant du côté Sénégalais.

Aujourd’hui cette dame forte à la cinquantaine, est toujours une voix fidèle et forte dans l’engagement abolitionniste et droit-de-lhommiste au sein de sa section IRA Sebkha et dans le mouvement d’éveil antiesclavagiste Ganbanaaxu Fedde dans les communautés Soninkés. Très sûre de la rectitude de son combat, elle dit prête à subir le dénuement matériel par une grande résilience encore et toujours pour le respect des droits légitimes de tous les citoyens sans distinction de races ni de communautés. Elle dit que la vision et le courage de Biram Dah Abeid sont source d’espoir pour tout le Peuple mauritanien, et qu’elle s’y retrouve hier comme aujourd’hui.

En action lors d’un sit-in à Nouakchott juillet 2021

✓Récit par KS (Médias Source : éléments reçus de Madame Sagna)

Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le mathématicien Sy Mouhamadou

La rubrique Le Grand Entretien du Blog est honorée par la disponibilité d’une grande pointure mathématicienne et intellectuelle, en la personne de Monsieur Sy Mouhamadou . Chercheur natif de Bélinabé dans le Gorgol (Sud mauritanien) , Monsieur Sy vient être recruté auprès d’une figure célèbre dans les milieux de Mathématiques, le professeur Martin Hairer à Imperial College de Londres en Grande-Bretagne.

✓Nos vifs remerciements amicaux et fraternels à lui pour cette disponibilité avec l’interview qui suit :





• Question 1 : Bonjour Monsieur Sy, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

MS : Je suis Mouhamadou Sy, né à Bélinabé dans le Fuuta Mauritanien. Je suis chercheur en mathématiques, travaillant à Imperial College London dans le domaine des équations aux dérivées partielles stochastiques. Je consacre une partie de mon temps libre aux langues africaines qui, je pense, doivent prendre une place prépondérante dans les systèmes éducatifs en Afrique. Rares sont, en effet, les pays africains qui intègrent leurs langues dans leur éducation au moment où celles-ci devraient être le socle de l’ensemble du système, y compris et surtout, l’apprentissage des sciences.


Question 2 : Vous êtes chercheur reconnu en mathématiques, que pouvez-vous nous dire sur votre parcours écolier et étudiant depuis votre village dans le Gorgol jusqu’à votre position actuelle ? Et quels conseils pour notre jeunesse concernant les études ?

MS : J’ai suivi le parcours qui était proposé à l’époque par l’école publique mauritanienne jusqu’en terminale. J’ai fait un bac C (Mathématiques). J’ai toutefois toujours été intéressé par les matières littéraires aussi. À l’école primaire du village de Bélinabé, nous étions à une époque où nous manquions de salle de classe ; il y avait des années où on était une classe itinérante passant d’un endroit du village à un autre pour trouver un toit pour abriter nos cours. Nous avions fini par nous stabiliser sous un grand arbre non loin de l’école. Ce sont des moments inoubliables. L’école pour moi c’est donc tout cela ; c’est le contexte particulier dans lequel je l’ai pratiquée. Le collège-lycée a été le prolongement de cet univers. C’était naturel que je m’inscrive en Mathématiques à l’université ; ce qui l’était moins était le fait que cette université soit française. Je n’avais en effet aucune justification financière évidente. C’est grâce au dévouement d’un ami de ma famille que j’ai pu m’inscrire et m’envoler pour la France. Une fois sur place, on fait face à plus d’une difficulté ; mais sachant le sacrifice derrière, l’échec était non envisageable, il fallait réussir et le faire le mieux possible. Mais je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas la motivation seule qui permet d’y arriver ; cela nécessite un ensemble d’ingrédients impossible à faire une liste exhaustive mais dans lesquels les circonstances jouent beaucoup. Mes études en France ont pu bénéficier de beaucoup de bourses françaises (Bourse RATP, Bourse d’excellence du master Recherche de Cergy-Pontoise, Bourse Domaine d’Intérêt majeur, Prix au mérite en sciences de l’Académie de Paris). J’ai aussi eu la chance de faire un master recherche à Cergy où la taille humaine des groupes facilitait l’accès des étudiants aux chercheurs de premier plan dans leurs domaines respectifs. Je me souviens de mes multiples interactions avec Pr. Vladimir Georgescu, Directeur de recherche CNRS qui m’a enseigné la topologie et la théorie spectrale, et avec qui j’ai approfondi ma découverte de l’univers de la recherche en Mathématiques. Pr. Georgescu est un grand nom de la physique mathématique et passer autant de temps dans son bureau à discuter des maths et de la culture mathématique a été une chance inestimable pour moi. C’est d’ailleurs Vladimir qui m’a présenté mes futurs directeurs de thèse qui deviendront mes parents scientifiques et m’ouvriront la porte d’entrée dans la communauté. Après ma thèse, je fus recruté à University of Virginia (UVA) où j’ai fait plus ample connaissance avec le système américain. UVA a été une étape importante ; on sort de son université mère (Cergy-Pontoise pour mon cas) et on met à l’épreuve ses capacités d’indépendance scientifique déjà développées lors du doctorat ; d’un autre côté on se lance dans des collaborations. UVA a été, en plus de sa valeur intrinsèque, un avantage considérable de par sa proximité avec les autres universités de la côte est ; j’ai pu ainsi séjourner notamment au MIT et à Brown University, invité par des collègues. Imperial College London est la toute nouvelle étape que je viens d’entamer, elle s’inscrit dans la continuité des autres avec de nouveaux défis scientifiques à relever.
Je conseille aux jeunes africains de ne pas se décourager dans la poursuite de leurs rêves, et de s’investir en sciences. Cela pourrait significativement améliorer la condition de leurs sociétés et de désenclaver scientifiquement et technologiquement le continent. Beaucoup de jeunes issus de pays, sous-développés il y a quelques décennies, que cela soit d’Amérique du Sud ou d’Asie sont impliqués aujourd’hui dans beaucoup de découvertes scientifiques. Le chemin le plus court vers le développement auquel nous aspirons tant est certainement celui de la pratique scientifique.

• Question 3 : Il y a quelques années vous aviez publié un ouvrage de maths traduit en langue Peul, quelle a été sa portée académique par la suite ?

MS : L’ouvrage de Mathématiques écrit en Pulaar s’incrit dans une démarche que j’ai mentionnée ci-haut. Il s’agissait de faire avancer, sur le plan scientifique, la question de l’utilisation des langues africaines à l’école en Afrique. Je pense en effet que l’acquisition des connaissances scientifiques, que cela soit en nombre d’individus qu’en profondeur, sera bien améliorée avec un système basé sur les langues usitées par les populations dans toutes leurs affaires quotidiennes et sur lesquelles reposent leurs cultures.


• Question 4 : Récemment une communication médiatique annonçait votre recrutement auprès du Pr Sir Martin Hairer (médaille Fields 2014) à Londres, nos vives félicitations, pouvez-vous nous présenter brièvement vos nouvelles activités de recherches ?

MS : Merci pour les félicitations. C’est vrai qu’il y a eu cette communication dans certains de nos médias nationaux (vous en faites partie). Dans notre contexte national, cela prend une dimension de plus et je suis ravi que celui ait pu générer tant d’enthousiasme notamment auprès des jeunes. Pr. Hairer est un mathématicien de renom qui a réussi un tour de force monumental quand il a développé sa théorie des structures de régularité permettant de donner un sens à une classe d’équations de la physique mathématique. Mes travaux, en collaboration avec lui, porteront précisément sur cette théorie et sur quelques unes des équations en question. Il y a, en physique, des hypothèses que les mathématiciens appellent conjectures qui formulent des intuitions non encore prouvées ou qui ne le « sont » seulement que de façon formelle. Une de nos missions est de fournir des résultats mathématiquement rigoureux concernant ces conjectures.


Question 5 : Souvent vos publications sur les réseaux sociaux notamment Facebook , sont marquées d’une grande pertinence , par exemple sur les affaires politiques et sociales en Mauritanie, que faudrait-il faire aujourd’hui pour régler définitivement certaines problématiques liées au racisme et aux différentes manifestations de l’esclavage chez nous ?

MS : Merci pour le compliment ! La Mauritanie, à l’image de beaucoup de pays de la sous-région, connait des problèmes sociaux qui ne peuvent qu’interpeller quiconque intéressé par son bien-être : la condition de la femme, la condition des descendants d’esclavagisés ou dans certains cas celle de personnes encore esclavigisées, la phobie liée à la préférence sexuelle, l’extrêmisme religieux. Pour ce qui est de la Mauritanie, le système de gouvernance basé sur une préférence ethnique, et aussi le génocide militaire et civile non encore réglé qu’a subi sa population noire, peule notamment, sont autant d’urgences nationales. Il y a donc là un concours de plusieurs facteurs qui contribuent à enliser et à miner le pays sur bien de plans. La diversité de ces injustices fait que les coupables sont un peu partout : parmi les militants contre le système de gouvernance, il y a de profonds féodaux qui n’ont aucune volonté à faire changer le système social injuste qui permet l’esclavage actif ou passif. Parmi eux et aussi les militants anti-esclavagistes, on trouve des individus qui ont acté et intégré une prétendue infériorité de la femme. Et au milieu de tous ceux-là, on trouve une flopée d’homophobes. Certains militants éclairés sur ces questions sont encore timides et réticents à l’idée d’exprimer clairement leur position, par peur de la réaction de la masse. Au final peu sont résolument clairs et prêts à mettre, avec sincérité et pratique, tous ces combats sur le même pied d’égalité. Je crois qu’une des clés du problème mauritanien est qu’il y ait un front capable d’incorporer, sans hiérarchie, les luttes contre les injustices citées. Les tâches peuvent cependant être partagées, mais ce dont on ne peut pas se permettre, si toutefois l’on décidait de lutter contre l’injustice en tant que telle, c’est la sensibilité sélective face à la diversité de nos souffrances. Il est urgent que les leaders politiques et d’opinion clarifient leurs positions et qu’ils dénoncent, avec la même énergie, toute atteinte à la dignité de la femme, tout manquement à l’égalité des droits, tout acte homophobe, tout acte teinté d’esclavagisme. L’autre clé que je crois fondamentale est le passage à la laïcité. C’est, à mon sens, la seule capable de supporter de telles réformes sociales.

• Question 6 : le système éducatif est indexé pour une baisse généralisée de niveau, quels conseils pouvez-vous donner pouvant enrayer cet échec systémique qui affecte d’innombrables jeunes gens et leurs familles dans nos terroirs ruraux surtout ?

MS : Le problème de l’échec scolaire est un problème mondial. En Afrique, toutefois, il y a des facteurs propres qui y participent. Cela nous ramène à la question des langues africaines et à leur utilisation à l’école. Il est quand même inimaginable pour la France, par exemple, de placer désormais les enfants français de 5 ans, n’ayant acquis que les bases de la langue française, dans une école basée désormais sur le chinois, par exemple. Et tout cela avec interdiction d’utiliser le français. Ces enfants recommenceront donc leur apprentissage de l’environnement (dont les prémices sont déjà acquises) pendant quelques années dans une nouvelle langue ; le peu qui a pu survivre pourra apprendre les sciences et l’histoire dans cette langue ; et la sélection continue. À la fin du processus, la France perdrait énormément, son système deviendrait vite comparable à tous ces systèmes qui sévissent en Afrique. Le fait que nos systèmes utilisent le Français, l’Anglais, le Portugais ou l’Espagnol ne vient que du fait qu’ils ont été mis en place durant la colonisation. À l’époque, il fallait former surtout des interprètes ! Et donc c’était bien justifié, vu les objectifs. Aujourd’hui, les objectifs ne sont absolument pas les mêmes. Il faut former des générations pour relever des défis, beaucoup de fois, techniques. Un système qui est entièrement bâti sur une langue étrangère ne fait qu’imposer une sélection rude et inutile aux enfants en bas âge, et affecter ainsi négativement la réussite globale. L’effet sur une période longue est celui que nous constatons aujourd’hui. Donc, déjà en reconsidérant cette question des langues, ne serait-ce qu’à l’école primaire et au collège, on pourrait améliorer nettement l’efficacité de l’école. Ensuite, des mesures plus techniques viendront s’adresser aux facteurs d’échec que l’on partage avec le reste du monde.

13 juin 2021

• Entretien réalisé par KS pour le BLOG