🔴 L’Esclavage par Ascendance au Mali : La CNDH organise une rencontre d’échange sur le phénomène avec l’appui de ses partenaires (CNDH-MALI)



La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec le PNUD et le Haut Commissariat aux droits de l’Homme, a organisé le 26 Juillet 2021 à l’hôtel de l’Amitié un atelier d’échange et de validation de l’étude sur L’esclavage par ascendance au Mali, particulièrement dans la région de Kayes.

La cérémonie d’ouverture de cet atelier était présidée par le Président de la CNDH M. Aguibou BOUARE qui avait à ses côtés les représentants du PNUD et du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme au Mali.

Plus de 30 personnes des structures partenaires de la CNDH et des organisations de la société civile ont pris part à cet atelier.

L’objectif général de cette rencontre était non seulement de présenter les résultats obtenus dans la lutte contre cette pratique ignoble, mais aussi l’examen du projet de stratégie nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance. Il s’agissait également de partager les résultats de différentes études sur l’esclavage faites au Mali, en vue de recueillir les observations, les suggestions et recommandations des participants à l’atelier.

Cet atelier visait aussi à présenter et discuter les résultats de l’étude et du projet de stratégie nationale de lutte contre l’esclavage ; faire le point sur les différentes études sur l’esclavage réalisées ou en cours de réalisation par différentes institutions et organisations au Mali ; recueillir et compiler les observations et prendre en compte les suggestions et recommandations des participants et des partenaires.

Depuis 2016, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et la Division des droits de l’Homme et de la protection (DDHP) de la MINUSMA, représentation du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme au Mali, ont organisé plusieurs missions de surveillance des droits de l’homme, des activités de plaidoyer auprès des autorités maliennes à l’effet de présenter l’ampleur de ce phénomène et ses implications sur les droits civils et politiques, et les droits économiques sociaux et culturels de plusieurs communautés, et individus particulièrement dans la Région de Kayes.

Le symposium sur la situation des droits de l’homme au Mali organisé par la CNDH avec l’appui technique et financier de la DDHP a permis de confirmer l’ampleur du phénomène. C’est dans ce cadre que la CNDH, avec l’appui du PNUD et du HCDH, a décidé de réaliser une étude pour faire l’état des lieux de la situation des personnes victimes de l’esclavage dans la région de Kayes, à la lumière des engagements internationaux du Mali, afin de proposer une Stratégique Nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance.

La présente rencontre a été un espace d’échange autour des résultats de cette étude et de la Stratégique Nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance (SNLEA). Elle permettra en outre de faire le point sur les autres études réalisées ou en cours de réalisation sur ce sujet.Les participants se sont réjouis de cette initiative et ont fait des recommandations pertinentes que le Consultant s’est engagé à intégrer dans la version définitive de l’étude.

La rédaction

©️ Crédit source : Post FB CNDH-Mali du 27 juillet 2021 https://www.facebook.com/1574272752719250/posts/2509221202557729/

Plaidoyer pour Ould Abdelaziz – MEA-CULPA | Par Tierno Monénembo

Ma dernière chronique, Plaidoyer pour Ould Abdelaziz, m’a valu une pluie de protestations par Whastapp ou par mail, de la part de nos frères et sœurs mauritaniens notamment.

Ould Abdelaziz chantre de la démocratie, apôtre d’une présidence limitée à deux mandats que je décris serait loin de correspondre à la réalité. Non seulement sa gestion ne fut pas des plus exemplaires mais il n’aurait quitté le pouvoir que contraint et forcé.

En outre, bien avant d’accéder à la tête de l’Etat, il fut le bras droit de Mawiya Ould Taya, l’ancien président qui s’est illustré au début des années 80 dans la persécution des Négro-Mauritaniens.

Et il aurait tout au long de son exercice, grignoté une à une les prérogatives de ses concitoyens de peau noire. Bref, j’ai commis la faute que je reproche à mes amis sénégalais, maliens, ivoiriens etc. des années 70 : j’ai chanté les louanges d’Ould Abdel Aziz sans n’avoir mis les pieds en Mauritanie pour savoir de quoi il retourne.

« Pan sur le bec ! », dirait-on, au Canard Enchaîné.

A toutes les Mauritaniennes, à tous les Mauritaniens que mes propos ont choqués, mes excuses les plus sincères, les plus désolées !


Tierno Monénembo

©️ Crédit source : https://kassataya.com/2021/07/25/plaidoyer-pour-ould-abdelaziz-mea-culpa-par-tierno-monenembo/

• lire la chronique initiale de monsieur Tierno Monénembo publiée dans le Point en ligne : https://www.lepoint.fr/afrique/tierno-monenembo-plaidoyer-pour-mohamed-ould-abdelaziz-22-07-2021-2436430_3826.php

✓Note laconique de lecture : Héros de L’ISLAM de I . Meyer



L’avant-propos est un grand MERCI au frère, ami…et pourquoi pas au CHEIKH Bano Coulibay. Merci pour la recommandation et surtout l’incitation amicale pour le lire l’intégralement. La curiosité me titille mais finir une Lecture est une petite torture parce qu’une paresse maligne m’assaillit dès que je capte relativement une certaine idée présentatrice d’un bouquin.

Cet ouvrage « Héros de L’ISLAM » fait voyager à travers des biographies succinctes et riches de certaines figures monumentales de l’Histoire du monde musulman. Ainsi les parcours des 4 honorables califes ayant succédé au Sceau de Messagers Muhammad (psl), ont été abordés d’une manière soutenue dans leurs diversités , leurs complexités et leurs contextes. Sincères, volontaires, dévoués et courageux, Abubakr, Umar, Usman et Ali (Qu’ils soient agréés) ont su tenir avec RESPONSABILITÉS l’émergence spectaculaire et la consolidation révolutionnaire d’une Nation de Foi et de Vision du Monde qui continue de marquer l’Humanité à jamais.

Parmi ces 30 grands noms sélectionnés par l’auteur, on y compte le conquérant pionnier Amr ibn al-As qui ouvrit l’Égypte à la prédication islamique. Un génie issu de l’élite Qurayshite païenne d’antan, l’arrivée de l’islam sur les terres africaines lui doit beaucoup historiquement. Également le premier muezzin de l’islam et proche compagnon du Prophète fait partie des illustres personnages du livre. Le respectable Bilal ibn Rabah, on y apprend qu’il naquit à la Mecque d’un père arabe et d’une mère originaire d’Éthiopie. Le tonitruant et intrépide combattant Khalid Ibn al-Walid, le courageux berbère Tariq ibn Ziyad pour l’ouverture à l’Espagne musulmane, le martyr résistant à la tyrannie Al Husayn ibn Ali, le distingué réformateur Umar ibn Abd al- Aziz, le conquérant ottoman de Constantinople (devenu Istanbul) en 1453 Mehmet Al-Fatih, un digne et vivace représentant du mouvement revivificateur (les Mourabitounes) Yusuf ibn Tashfin du grand Sahara-maghreb, le kurde protagoniste principal de la reprise de Jérusalem de l’emprise Croisée en 1187, Salah ad-Din al-Ayyubi (connu Saladin), le visionnaire rempart contre les terribles mongols et les fervents adeptes croisés, Baybars,…et beaucoup d’autres figures-piliers donnent divers portraits-ressources qui peuvent nous inspirer dans nos engagements, nos croyances, nos initiatives individuelles ou collectives dans diverses domaines de la Vie.

Du côté de l’Afrique subsaharienne, l’auteur s’est choisi parmi ses grandes figures, Usman dan Fodio, un activiste prédicateur peul très dynamique en fin 18ème siècle et courant 19ème siècle, qui secoua et assainit les pratiques d’alors en pays haoussa épars déjà islamisé mais avec d’autres mélanges résistants du paganisme ancestral. Le résistant et chef religieux inspiré mouride cheikh ahmadou bamba du Sénégal mériterait toute sa place-portrait là où le globe-trotteur maghrébin Ibn Battutah est nommé. Ainsi parmi d’autres omissions remarquables, j’ose citer l’égyptien cheikh Hassan El-Banna, le fondateur courant 20ème du mouvement des frères musulmans, le sahélien lettré Ahmed Baba de Tombouctou qui s’était révolté intellectuellement contre les visées impérialistes du sultanat du Maroc à l’époque, et pourquoi pas le cheikh téméraire et martyr Mohamed Lamine Dramé qui osa défier l’injuste ordre colonial français dans une zone du Sénégal actuel. Du côté de l’Arabie, l’absence d’une grande figure connue originaire du Nejd et principal inspirateur du courant politico-religieux dit wahabite, l’imam activiste Mohamed Ibn Abdel Wahab au 18ème siècle, ne passe pas inaperçue.

Le contenu de ce type d’ouvrages nous éclaire sur certaines données historiques, religieuses, culturelles, politiques et géopolitiques constituent le fond de frictions et de tensions de nos jours. Ainsi le monde chrétien occidental prosélyte politiquement et militairement faisait face au dynamisme expansionniste du monde islamique naissant. Donc comprendre la logique des croisades de la chrétienté et les divers affrontements tout au long de l’Histoire avec les porteurs de la Foi musulmane. La ferveur religieuse de 2 côtés représentait du carburant politique inépuisable. Les gens de Foi différente ont une idée différente de Dieu et logiquement une idée différente du Monde des Hommes. Aujourd’hui ce Monde par certaines relations internationales conflictuelles, est le lointain rejeton d’un passé et d’une conscience différemment interprétés et hérités de 2 univers.

Pour pouvoir bien comprendre certaines réalités Aujourd’hui, il est impératif de bien cerner certains paradigmes et contingences qui motivaient Hier.

• KS pour le BLOG

✓Mali : des experts de l’ONU condamnent l’augmentation des attaques contre les «esclaves par ascendance»

Éléments médias lors de la manifestation à Kayes contre les agressions féodalo-esclavagistes dans les villages soninkés.

« Les attaques constantes et systématiques contre les personnes considérées comme « esclaves » sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a déclaré Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali. « De telles attaques vicieuses sont incompatibles avec une société inclusive et nous les condamnons dans les termes les plus forts », a, pour sa part, déclaré Tomoya Obokata, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage.

Les deux experts onusiens réagissaient à un incident survenu le 4 juillet lorsque des habitants du village de Makhadougou, dans la région orientale de Kayes, ont tenté d’empêcher des personnes qu’ils considéraient comme des esclaves de travailler dans leurs champs. À l’aide de machettes et de fusils, ils ont blessé 12 personnes, dont trois femmes non impliquées dans l’affrontement qui ont été touchées par des balles perdues à l’intérieur de leur maison.

Cette année déjà, 62 personnes – 57 hommes et cinq femmes – ont été blessées lors de violents affrontements dans la région de Kayes, et 80 ont dû fuir leur domicile. Deux fois plus de personnes – pour la plupart des « esclaves par ascendance » – ont été blessées cette année qu’en 2020.

Les experts déplorent l’inaction du gouvernement malien
Le Mali a interdit l’esclavage en 1905, mais un système « d’esclavage d’ascendance » persiste, en vertu duquel le statut d’esclave est attribué à certaines personnes parce que leurs ancêtres auraient été réduits en esclavage par des familles des soi-disant « maitres ».

Les personnes nées en esclavage travaillent sans être payées et sont privées de leurs droits fondamentaux et de leur dignité. Ceux qui rejettent la désignation « d’esclave » et tentent de défendre leurs droits, ainsi que les organisations anti-esclavagistes, sont régulièrement attaqués violemment par les chefs traditionnels ou religieux et leurs alliés, y compris, dans certains cas, les autorités de l’État malien.

« L’augmentation spectaculaire des attaques cette année montre l’incapacité flagrante du gouvernement à protéger sa population, en particulier celle qui souffre déjà le plus de la discrimination et de la violence », ont déploré les experts onusiens.

Dans une déclaration publiée en septembre 2020, MM. Obokata et Tine ont condamné des « actes barbares et criminels » similaires et ont appelé le Mali à mettre fin à l’esclavage une fois pour toutes. Ils ont appelé à « une enquête rapide, transparente, impartiale et approfondie » sur les attaques dans la région de Kayes.

« Il est profondément inquiétant que personne n’ait été poursuivi en relation avec les attaques de l’année dernière », ont déclaré les experts. « Le fait que le gouvernement a échoué à faire en sorte que les auteurs d’actes esclavagistes répondent de leurs actes envoie un signal choquant et inquiétant. Les chefs traditionnels et religieux qui cautionnent ces attaques violentes doivent également répondre de leurs actes », ont-ils souligné.

« Un changement d’attitude est nécessaire dans toute la société malienne »
Les experts ont renouvelé leur appel au Mali pour que le pays d’Afrique de l’Ouest adopte de toute urgence une loi criminalisant spécifiquement l’esclavage.

Tout aussi important, ont-ils déclaré, « un changement d’attitude est nécessaire dans toute la société malienne. Il est indispensable de laisser derrière soi l’héritage de l’esclavage par ascendance et de reconnaître que tous les Maliens peuvent se prévaloir de tous les droits et libertés énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ».

Pour que le Mali aille de l’avant, il faut reconnaître que tous les Maliens et Maliennes – « comme tout le monde sur cette planète » – peuvent s’attendre à certains droits et les exiger simplement parce qu’ils sont des êtres humains, ont souligné MM. Tine et Obokata. « Il ne doit y avoir aucune discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la propriété ou la naissance », ont-ils rappelé.

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• A PROPOS DES EXPERTS


M. Alioune Tine (Sénégal) a pris ses fonctions d’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali le 1er mai 2018. Le mandat d’Expert indépendant a été renouvelé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 24 mars 2021 pour une période d’un an afin d’aider le gouvernement malien dans ses actions de promotion et de protection des droits de l’homme et dans la mise en œuvre des recommandations formulées dans les résolutions du Conseil. M. Tine a été membre fondateur et président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) et coordinateur du Forum des ONG africaines lors de la Conférence mondiale contre le racisme en 2000. Entre 2014 et 2018, M. Tine a été le directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a publié de nombreux articles et études sur la littérature et les droits de l’homme.

M. Tomoya Obokata (Japon) est un spécialiste du droit international et des droits humains, spécialisé dans la criminalité transnationale organisée, la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage. Il a commencé son mandat comme Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences en mai 2020. Il est actuellement professeur de droit international et des droits humains à l’université de Keele, et il a précédemment enseigné à l’université Queen’s de Belfast et à l’université de Dundee (toutes les deux au Royaume-Uni, en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord). Il a une grande expérience de travail sur les questions de la criminalité transnationale, de la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage avec les parties prenantes concernées. Il a également publié de nombreux ouvrages sur les sujets mentionnés.

NOTE

Les Experts indépendants et Rapporteurs spéciaux font partie de ce qu’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde.

Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel

©️ Crédit source : https://news.un.org/fr/story/2021/07/1100352

✓Quelques prescriptions face aux systèmes de castes. | Par Souleymane SIDIBÉ




L’adage dit que « le remède est pire que le mal ». Il serait dangereux alors pour une société de ruser avec ses principes. Le remède face à un mal doit s’adapter sinon, il fera apparaitre d’autres complications. Faire la langue de bois face aux maux sociétaux pour, dit-on, ne pas « déchirer » le tissu social, c’est préparer l’hécatombe.

En ce sens, Aimé Césaire disait : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». Aimé Césaire, chantre de la négritude, militant de première heure, avait adressé ces mots à l’Europe qui contenait ce que nous vivons aujourd’hui dans les sociétés africaines : les codes sociaux d’antan. Le système de caste est majoritairement installé en Afrique de l’Ouest. Nous avons une stratification « puante » à côté des droits humains, de la Charte des Chasseurs à la révolution menée par Thierno Souleymane Bal, et avec toutes les lois ratifiées depuis la Déclaration universelle des droits [humains] et de la Citoyenneté.

Rappelons qu’une civilisation englobe un ensemble de traits, caractères liés aux sociétés humaines complexes dans un continent ; c’est l’ensemble d’acquisition et de phénomènes sociaux. Nos civilisations regorgent un amas de cultures « obsolètes ». La culture est « ce qui dans la nature est l’œuvre de l’[humain] ». Nous avons donc des traditions qui sapent nos pratiques culturelles. J’avais émis une fois que la tradition est la transmission d’un contenu culturel à travers le temps. Si j’ose dire, bis repetita, elle est ce que l’on peut appeler un « héritage immatériel » qui marque l’identité de toute communauté.
Chaque génération doit alors choisir quelle tradition (« pratique transmise ») laisser aux générations futures. Nos traditions pilotent nos regards en les truffant de tares d’un point de vue scientifique et de la raison. Face à l’exigence des temps, elles demeurent.

Ces traditions africaines, pour la plupart, conditionnent le système des castes. Elles sont omises par la plupart des lettré(e)s africains.nnes. Bref, cela les engage.
On veut s’attarder sur l’origine des castes, leur amplification dans la fabrique sociale, et sans prendre à bout de bras les exigences des temps modernes qui veulent en découdre.

« Les castes sont à la base la division du travail » disait le regretté combattant Mourtoudo Diop. De nos jours, la caste, groupe social endogame qui met l’individu dans une hiérarchisation sociale en lui conférant un rang déterminé ou une profession, est devenue une case pour des groupes d’individus. L’esprit de caste ne se manifeste pas par la même manière dans nos communautés sociolinguistes mais par le fond, telle l’épée Damoclès. Certains se disent « gardiens « de la religion, d’autres sont vu comme de la « pourriture sociale » à savoir les forgerons et ceux dits « esclaves », « anciens esclaves » et/ou « de patronymes d’ascendance esclaves ». Les premiers s’octroient le monopole du beau et de la vérité. Les deniers comme les personnes qui doivent s’occuper des sales bésognes. Heureusement que l’école à servi pour éclairer les humains sur les pratiques quotidiennes. Le système de castes valorise les uns, et déshumanisent par la pensée, voire les actes barbares, les autres.

L’effigie sociale doit se moderniser. La nature nous a offert des choses fascinantes. Nos cultures encore lancinantes et latentes, par rapport à un « remembering », éprouveront de la peine au sortir de la « grotte ». S’attaquer aux système de castes, c’est toucher la conscience des africains.nes; des mauritaniens.nes. Il faut oser ! C’est simplement comme ça que l’on pourra palier à nos manquements aves des actions solides et concrètes face à ces choses qui sont d’ailleurs sources de nos maux. L’appel est lancé.

La première des prescriptions est de démystifier les discours. En particulier, ceux qui viennent des tenants de l’ordre féodal. Une autocritique s’exige ; notamment.
Aussi à partir de l’État, bien qu’il soit en Mauritanie, le premier à profiter de ce système de caste à travers les réflexes de subordinations des dites « notabilités ». Ainsi, il doit mettre en place une éducation pour toute et tous.
L’État devra mettre en place des assises pour éradiquer le « cancer social » qui gangrène la société. D’abord par une éducation nationale, « républicaine » qui consistera à enseigner, dès le bas âge, le civisme sur des bases saines. Ensuite, au lycée, toujours dans une approche éducative, il faudra se « goinfrer » d’humanités. Et enfin à l’université, continuer sur les valeurs universelles à côté de la « chose essentielle en soi » qui consiste, ici, à la disparition des tares.

De plus, l’État se doit d’être une forme d’organisation sociale. Il doit être l’œil attentif.
De ce fait, il devra notamment déconstruire ses relations avec les « notabilités », croître sa vision politique sur la citoyenne et le citoyen. La justice, encore en construction, applique les lois et codes en vigueur mais il est évident que ce n’est pas facile de condamner et/ou d’interdire ce qui est enraciné dans la mémoire. La justice doit être l’oreille attentive.

Elle effectue « son travail ». Mais elle est parfois inféodée s’agissant de querelles sur les terres. Elle ne doit pas être, quant à elle, en contradiction avec l’esprit des lois. Et la dernière des prescriptions est de se rebeller contre le construit social, têtu selon Dieynaba Ndiom, militante féministe et femme politique. Se rebeller au niveau de toutes les sphères sociales. De toutes les classes sociales. La classe sociale renvoie aux conditions d’existence contrairement au rang social qui renvoie à la « place » de l’individu dans la stratification sociale inhérente à la culture qui doit évoluer.

De l’éducation de l’école, avec une volonté politique, aux lois en vigueurs, on doit voir la naissance d’un nouveau type de citoyen à travers une nouvelle éducation de la société et celle des parents. Celui-là même débarrassé des niaiseries socioculturelles. Le processus est long mais avec le temps et les rapports de force (refus de soumission et manifestation de sa dignité, ses compétences…). Pas la peine de trop prolonger sur ce cas car la raison est là, et elle guide de nos jours. La conscience collective veut évoluer. Elle doit évoluer. Même si certains veulent l’affaisser à l’arbre bientôt déchu.

La religion, la vraie, déconstruit déjà le « mythe » de la pureté généalogique. Elle est utilisée souvent à tort et à travers comme un instrument de domination. Des mouvements comme Gambanaaxu ont compris cela. Il y a alors une démystification à faire et pérenniser. Les débats doivent faire naitre des contractions profondes qui feront que les discours biaisés ne passeront plus. De tout temps, il y a eu une complicité entre les « tenants » du privilège pour la « gestion religieuse » et les personnes de la « noblesse ».

Le bouclage consanguin est un autre un danger ; scientifiquement prouvé. Hélas, il est encore maintenu. Quelle aberration quand les religions monothéistes (dont l’islam que nous partageons) disent que nous sommes issus d’un seul individu. Dans la société sooninké, jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’union maritale entre ces groupes cités plus haut. Et aussi entre les personnes dites de « castes inférieurs », les soient-disant « gardien de la tradition », « griots, troubadours, les cordonniers, les forgerons, les marabouts …

Le mal est tellement profond qu’il s’est transporté des villages aux villes, pour ensuite atterrir en France. Les personnes issues de la diaspora, vivant en Occident, ne comprennent pas cela mais subissent transversalement ces traditions féodales. On doit s’en défaire rapidement et oser braver l’interdit à l’instar de millions de personnes en Afrique de l’Ouest ; dans le monde.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – 19 juillet 2021

✓Au sujet du rapt des travailleurs mauritaniens et chinois au Mali | « Des détails relatifs à l’attaque du chantier de la société ATTM au Mali » (Sahara Médias)

Sahara Médias – Des hommes armés non identifiés ont enlevé samedi soir deux mauritaniens et trois chinois travaillant sur le chantier pour la réalisation de la route reliant les villes maliennes de Nara et Kala.

Selon les sources de Sahara Medias l’attaque est intervenue près de la localité de Kagouro, située à 120 kilomètres au sud de la ville de Nara et 60 kilomètres à l’est de la ville de Kala.

Près de cette ville se trouve un chantier de la société mauritanienne ATTM et la société chinoise COVEC qui travaillent à la réalisation de ce tronçon qui fait partie de ce qu’on appelle l’axe Nouakchott Bamako.

Des sources propres à Sahara Medias ont révélé que l’attaque a eu lieu aux environs de 16 heures quand des dizaines d’hommes armés, venus sur des motos, depuis les forêts environnantes ont encerclé le site des travaux.

Ces sources ajoutent que l’attaque a eu lieu alors que la majorité des mauritaniens, y compris les responsables, avaient quitté les lieux en prévision de la fête d’Al Adha et que les personnes présentes sur le site sont de simples ouvriers.

L’une des personnes ayant échappé à l’enlèvement a affirmé que les assaillants appartenaient aux groupes salafistes sans pouvoir déterminer leur appartenance, ni la langue dans laquelle ils s’exprimaient.

L’attaque est intervenue dans une zone où la Kétiba Macina est particulièrement active, elle qui est affiliée au groupe Nousratou Al Islam We Al Mouslimine.

Cette opération n’a toujours pas été revendiquée.

Cette personne a encore dit qu’un autre mauritanien a pu prendre la fuite et a essuyé des tirs sans être touché et n’a pas été poursuivi par les assaillants.

Ceux-ci, a-t-il ajouté, ont confisqué nos téléphones et pris tous les biens dont nous disposions avant de conduire les personnes enlevées dont ils ont bandé les yeux.

Parmi les personnes enlevées figure le chinois, responsable du projet.

La même source révèle par ailleurs que les assaillants ont incendié tous les équipements y compris de gros engins, brûlé de grandes quantités de carburant et amené avec eux trois véhicules légers.

Pendant ce temps, d’autres sources ont affirmé à Sahara Medias qu’une unité de l’armée malienne s’est lancée à la poursuite des assaillants, en coordination avec les autorités mauritaniennes.

Dans un premier commentaire relatif à cette affaire, l’agence mauritanienne d’information a publié une dépêche selon laquelle, un chantier de travaux publics situé entre les villes de Kala et Nara, en territoire malien a été attaqué samedi par des hommes armés non identifiés.

L’AMI ajoute que ce chantier est supervisé par la société ATTM en collaboration avec une société chinoise COVEC et que les autorités mauritaniennes suivent avec un grand intérêt cette affaire.

Les sociétés mauritanienne ATTM et chinoise COVEC se chargent de la construction de cette route, un chantier qui connait de sérieuses difficultés depuis quelques temps, ce qui avait amené le préfet de Nara à se réunir, en juin dernier, avec les responsables de deux sociétés les enjoignant d’achever la route dans les délais fixés.

Les deux sociétés n’ont réalisé jusqu’ici que 17% des travaux alors que 66% de la période fixée s’étaient achevés.

Les sociétés ont justifié ce retard par les difficultés rencontrées dans la région.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747217

🔴 Sur l’esclavage en milieu Soninké | « La lutte pour les droits de l’homme ne peut être sélective » Par Mukhtar Bakary Kamara. (Témoignage)

Il est grand temps que beaucoup plus de voix s’élèvent contre l’esclavage par ascendance en milieu soninké. Les états doivent agir rapidement pour mettre fin à ce crime contre l’humanité.
Dans la commune de Mambiri (Kita, Mali), que j’ai visité du 14.7 au 16.7.2021 dans le cadre de mon travail au Mali, j’ai rencontré des personnes déplacées pour cause d’esclavage et qui ont été victimes d’actes inhumains et dégradants. Il est très difficile d’écouter leurs récits sans verser de larmes: déshabiller un vieillard, son beau fils, sa femme, les rouer de coups, puis les enfermer ensemble tous nus dans une même pièce est un acte dont seuls des criminels sanguinaires peuvent se glorifier.
Pousser la barbarie jusqu’à réduire tous leurs biens en cendre, confisquer leur terres et et les chasser de leur village est un acte inqualifiable. C’est une centaine de personnes réfugiées ( on dit déplacées au Mali) que les habitants de Mambiri ont accueillis dans leur village. Honte aux États qui tolèrent l’esclavage par ascendance en milieu soninké.
La lutte pour les droits de l’homme ne peut être sélective. On ne peut pas lutter contre le racisme et la discrimination des Noirs chez les arabes et occidentaux et fermer les yeux sur les discriminations que vivent les descendants des anciens esclaves en milieu Noir (soninké au Mali, au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie).
A tous les tenants et supporters du système féodalo-esclavagiste, je dis ceci:
– Un vrai noble, c’est celui qui n’humilie pas un être humain
– Un vrai noble n’abuse pas de sa force physique, psychologique, idéologique et économique pour faire du mal, surtout face à plus faible que soi.
– un vrai noble lutte contre l’injustice.


Je rejette systématiquement et avec la dernière énergie cette « noblesse »: je n’en fais pas partie et que tous ceux qui soutiennent l’esclavage sous toutes ses formes sachent qu’ils me trouveront sur leur chemin.
Je combattrai avec force l’esclavage par ascendance parce que je le considère comme un crime contre l’humanité.
« Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères ». Franz Fanon.
Je rejette systématiquement et avec la dernière énergie cette «noblesse» barbare et sanguinaire .

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4804833579543718&id=100000513693869

✓Regardez « FDV mariage soninké Dérives et Festivités avec Douda Konate » sur YouTube | Avec Ibrahim Diallo TV Tooba

• Ici Ibrahim Diallo aborde avec son invitée , les pratiques et contraintes cérémoniales autour du mariage en milieux Soninké de nos jours. Les petites évolutions et les fines révolutions d’une institution sociale, religieuse et familiale au cœur de la société soninké.

©️ Crédit source : TV Tooba.

« LE CRATÈRE SUD-AFRICAIN » | Par Achille Mbembe


Crédit photo : Sa Page FB

Dans ce texte [ https://www.dailymaverick.co.za/article/2021-07-14-this-is-what-a-failed-state-looks-like/ ] , Richard POPLAK (un observateur averti de son pays) développe l’une des analyses sinon les plus originales, du moins les plus provocatives des événements en cours en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud n’est peut-être pas (encore) un « failed state » (un Etat failli). Plusieurs expressions ont servi a la designer dans un passé récent , à commencer par la plus idiote: « la nation arc-en-ciel », qu’elle n’est pas non plus.

S’il fallait à tout prix lui octroyer un nom, alors on dirait qu’en réalité, ce pays aura été, depuis ses origines modernes, un veritable cratère.

En tant que tel, il aura fait l’experience, à intervalles plus ou moins réguliers, de violentes éruptions. Mais après chaque éruption, il aura su trouver, quelque part, les ressorts nécessaires pour se remodeler, et cela aussi fait partie de sa singularité.

L’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1994 n’a pas abouti a l’éradication de ces dynamiques cratériformes . Bien au contraire, celles-ci ont connu une vertigineuse accélération , et c’est bien l’une des raisons pour lesquelles l’on en est là aujourd’hui.

Aussi bien les choix que les non-choix effectués depuis plus d’un quart de siècle par les nouvelles élites gouvernantes auront débouché sur la multiplication sans précédent de logiques de collision multi-échelles et de situations aussi paradoxales qu’explosives – et par conséquent objectivement insoutenables sur la moyenne durée.

L’incarcération de Jacob Zuma a servi de prétexte et la poudrière a partiellement saute. Partiellement, du moins pour le moment.

La déflagration en cours représente un veritable danger pour tout le pays. Ici, les inégalités sociales sont par définition raciales et cela ne peut plus durer. Les niveaux d’appauvrissement étaient déjà vertigineux. La stratégie de lutte contre la pandémie a abouti à la destruction des ultimes filets de sécurité, ouvrant la voie, à présent, à de réelles situations de famine, de détresse et de désespoir. La violence structurelle n’est plus de nature à préserver l’ordre établi. Elle est en train de détruire la fabrique sociale elle-même. Beaucoup n’ont plus rien a perdre.

Il serait étonnant que l’explosion actuelle épargne l’ANC dont le cours, tout à fait tragique, n’est pas sans rappeler la trajectoire suivie par la plupart des mouvements dits de liberation dans notre continent au cours de la période postcoloniale .

De la libération à la prédation, le chemin aura souvent été court.
Aujourd’hui, deux factions irréconciliables sont en lutte pour le pouvoir au sein du parti. D’abord feutrée pendant plusieurs années, cette lutte est désormais une lutte a mort.

De façon schématique, elle oppose une faction prédatrice (représentée par Jacob Zuma et ses affidés) et une faction techno-ploutocratique (Ramaphosa et les siens).

La faction techno-ploutocratique cherche à préserver les oripeaux de la démocratie constitutionnelle et de l’Etat de droit comme cadre privilégié de l’accummulation, dans le contexte d’une économie de marché formelle. La redistribution, dans ce cadre, se ferait par les canaux ordinaires de la croissance, des investissements et de la création d’emplois.

La faction prédatrice se sert de la rhétorique de la redistribution (radical economic transformation) comme d’un drapeau rouge et cherche à rallier les « classes marginalisées » aux fins d’accaparement du pouvoir d’Etat. Elle n’hésiterait d’ailleurs pas à sacrifier la constitution et l’Etat de droit, à utiliser (et au besoin a détruire) la puissance publique aux fins d’accaparements privés et de rackets en tous genres (le modèle russe).

La lutte entre ces deux factions est loin d’être terminée et sert de toile de fond à l’explosion en cours.

Elle sera d’autant plus rude et impitoyable que les forces sociales qui soutiennent Jacob Zuma se recrutent y compris au sein des institutions étatiques (police, armée, municipalités, gouvernements et assemblées provinciales et services de renseignement). Elles se nourrissent par ailleurs de la convergence avec, voire du controle qu’elles cherchent à exercer sur des pans entiers de l’économie criminelle et du racket qu’avait étudié, il y a plusieurs années, le regretté Stephen ELLIS dans un ouvrage peu commenté à l’époque.

Les enjeux sont donc énormes. Une éventuelle victoire de la faction prédatrice et une restauration de Zouma sous une forme ou une autre signeraient l’échec de l’expérience sud-africaine et aurait de terribles répercussions sur l’ensemble du continent.

Mais pour réussir, l’Afrique du Sud a besoin d’une rupture radicale et d’une reforme aussi bien de l’Etat que de l’économie – une reforme qui etendrait à tous les délaissés un droit universel à la subsistance.

Bref, elle devra inventer un modèle entièrement neuf, qui ne se limite pas à la démocratie de marché. Car on le sait désormais, à l’âge du néolibéralisme autoritaire, la démocratie de marché à elle seule n’est plus une garantie contre la plongée dans le chaos, la violence et l’anarchie.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur du 14 juillet 2021 voir : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158245237561451&id=618071450

✓Communiqué final de la visite d’Amitié et de Travail du président sénégalais dans notre pays | Nouakchott 13 juillet 2021

Le Président sénégalais, M. Macky Sall, a conclu aujourd’hui, mardi, une visite d’Amitié et de Travail de deux jours en Mauritanie.

La visite a été marquée par la signature de plusieurs accords de coopération entre les deux pays dans les domaines de la justice, de l’environnement, du développement durable, des équipements, des transports, de la pêche et de l’économie maritime.

Le communiqué final de la visite réaffirme la forte relation de fraternité et de coopération entre les deux dirigeants, le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, et son frère, le Président du Sénégal, M. Macky Sall, et entre les deux peuples frères.

Ci-dessous le texte intégral de la déclaration de clôture :

« COMMUNIQUE CONJOINT

À l’issue de la visite de travail et d’amitié, en République islamique de Mauritanie, Son Excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal

Nouakchott, 12 et 13 juillet 2021

À l’invitation de Son Frère et Ami, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie, Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, a effectué, du 12 au 13 juillet 2021, une visite de travail et d’amitié en Mauritanie, à la tête d’une importante délégation comprenant plusieurs ministres et des hauts fonctionnaires.

Cette visite qui s’inscrit dans la continuité des relations séculaires et de coopération multiforme entre les deux pays, traduit la volonté de concertation et de dialogue permanents entre les deux Présidents, et vise à consolider et enraciner davantage les liens historiques d’amitié cordiale, de bon voisinage et de fraternité qui unissent les Peuples mauritanien et sénégalais.

Au cours de cette visite, les deux Présidents ont eu des entretiens en tête-à-tête, sur des questions d’intérêt commun aux plans bilatéral, sous régional, continental et international.

Ces entretiens, élargis par la suite, aux deux délégations, ont été marqués par une parfaite convergence de vues sur l’ensemble des sujets abordés.

SEM Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et SEM Macky SALL se sont félicités de l’excellence des relations de fraternité, d’amitié et de bon voisinage existant entre les deux pays. Ils ont, à cet égard, réaffirmé leur volonté de tout mettre en œuvre afin de les développer et de les renforcer davantage, dans l’intérêt de leurs deux peuples frères.

Les deux Présidents ont passé en revue les divers domaines de coopération, et se sont félicités des réalisations accomplies. Ils ont particulièrement insisté sur la coopération dans les domaines de la justice, de la sécurité, de l’énergie, de la pêche, l’élevage, des transports, de l’hydraulique et de l’environnement.

Abordant la question de la sécurité, ils se sont félicités des résultats obtenus dans le cadre de la coopération entre les deux pays. Ils ont insisté sur la nécessité d’approfondir la collaboration entre les deux Gouvernements, afin de prévenir la criminalité transfrontalière et de lutter plus efficacement contre ce fléau, sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme, la migration clandestine, le trafic illicite d’armes et de drogue, ainsi que les flux financiers illicites, y compris le blanchiment d’argent.

Dans le domaine de l’énergie, les deux Présidents ont salué les efforts fournis en vue de développer la coopération dans ce secteur, et exprimé leur volonté commune de les poursuivre en les intensifiant, dans un esprit de concertation permanente et de partenariat confiant.

Les deux parties ont salué la coopération exemplaire entre les deux pays dans le secteur des hydrocarbures, avec l’Accord de coopération inter-États (ACI) signé en 2018.

Les deux chefs d’État ont instruit les ministères et sociétés nationales en charge des hydrocarbures :

✓ de renforcer davantage les échanges, la concertation et la coordination déjà existants entre eux ;

 d’élargir le spectre de leur coopération, en y intégrant les segments intermédiaire et aval, afin de couvrir toute la chaîne de valeur gazière ;

✓ d’accélérer les échanges pour la mise en œuvre du Protocole signé en 2020 portant initiative «Clean gas» pour la réduction de l’empreinte carbone de l’exploitation des ressources fossiles nationales, à travers l’utilisation des énergies renouvelables et de technologies propres.

En ce qui concerne le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), les deux chefs d’État saluent l’exemplarité de la coordination entre les équipes des deux pays, et les exhortent à maintenir le même niveau d’engagement, d’intégration et de concertation, à l’effet de préserver les intérêts nationaux, mais aussi de donner aux partenaires toute l’assurance requise pour l’accompagnement du projet.

Compte tenu de l’importance du projet pour les deux pays et pour la sous-région, ainsi que de la nécessité de se conformer aux délais fixés, les deux Chefs d’État décident d’accorder au projet GTA le statut de Projet national d’Intérêt stratégique, et instruisent les ministres concernés à l’effet de mettre en place les mécanismes de coordination de nature à en accélérer la mise en œuvre.

En matière de pêche, SEM Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et SEM Macky Sall ont abordé les questions liées aux conditions d’exploitation des ressources halieutiques. Ils ont donné des instructions aux ministres en charge de la Pêche et de l’Économie maritime à l’effet de prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement de la coopération bilatérale dans ce domaine.

En outre, les deux Présidents ont réaffirmé leur attachement à l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), fondée sur le principe d’un partage et d’une gestion équitables et solidaires des ressources du bassin du Fleuve Sénégal, qui constitue, depuis bientôt un demi-siècle, un modèle exemplaire de coopération constructive.

Les deux présidents ont, par ailleurs, insisté sur le rôle stratégique du Comité Inter État de Lutte Contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) et de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte dans la lutte contre la désertification dans le Sahel. Ils ont, en outre, rappelé l’importance de la transhumance du commerce de bétail entre les deux pays.

Sur les plans régional, continental et international, les Présidents SEM Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et SEM Macky SALL ont réaffirmé leur attachement à la préservation de la paix et de la sécurité en Afrique, au règlement pacifique des différends et au respect des agendas de la transition pour le retour à l’ordre constitutionnel en Républiques sœurs du Mali et du Tchad.

Ils ont réitéré leur soutien résolu à une solution pacifique, juste et durable de la question palestinienne, conçue sur la base des principes du droit international énoncés dans toutes les résolutions pertinentes des Nations Unies, garantissant la création d’un État palestinien indépendant et viable, ayant comme capitale, Jérusalem Est, dans le cadre de la solution à deux États vivant côte à côte, chacun à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues.

En plus du présent communiqué conjoint, les deux Présidents ont assisté à la signature de sept (07) accords conclus pendant la visite, dans les domaines du Transport routier, de la Pêche et de l’Aquaculture et de la Justice.

Au terme de sa visite de Travail et d’Amitié en République Islamique de Mauritanie, Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall, a exprimé ses vifs remerciements et sa profonde gratitude à son frère et ami Son Excellence Monsieur le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au Gouvernement et au Peuple mauritaniens pour l’accueil chaleureux et fraternel et l’hospitalité généreuse qui lui ont été réservés, ainsi qu’à la délégation qui l’accompagne.

Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall a adressé une invitation à son frère et ami, Son Excellence Monsieur le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour effectuer une visite en République du Sénégal. Cette invitation a été acceptée avec un grand plaisir, et sa date sera fixée par voie diplomatique.

Fait à Nouakchott, le 13 juillet 2021 en deux versions, Arabe et Française, les deux textes faisant également foi.

Pour le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie,

S.E.M Ismail Ould Cheikh Ahmed

Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, et des Mauritaniens de l’Extérieur

Pour le Gouvernement de la République du Sénégal

S.E. Mme Aïssata Tall Sall

Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur

©️ Crédit source : https://fr.ami.mr/Depeche-59374.html