« La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes » | Par Lô Gourmo

Comment oser qualifier de « sommet » franco-africain la rencontre conçue, financée et organisée par Paris, entre le président de la République Française et des citoyens africains même de renom ou de grande pertinence oratoire? Le plus inacceptable est l’accueil jubilatoire fait dans beaucoup de milieux surtout des jeunes africains, éblouis par la scène d’un Macron sommé de répondre à de graves questions posées parfois avec audace par ces derniers. Tellement éblouis que l’essentiel dans l’exercice les a sans aucun doute échappé: une nouvelle mise en cause de la souveraineté formelle des Etats africains. Au nom de quoi et de qui ces africains parlent-ils ? Questions essentielles qui déterminent précisément la qualité de « sommet » de cette rencontre informelle, au propre comme au figuré. La France est libre d’inviter qui elle veut, chez elle. Mais elle ne choisit pas ses interlocuteurs africains. Et voilà en quoi, par là même, l’objectif affiché de cette rencontre est dementi par la rencontre elle même, s’il est vrai qu’il s’agissait d’une rupture avec le neocolonialisme traditionnel, c’est à dire le choix des dirigeants africains et de leurs options ailleurs qu’en Afrique. En chambardant les règles élémentaires de la représentation diplomatique par le recours à une représentation d’interlocuteurs africains tirés on ne sait comment d’ une « société civile » africaine fumeuse, se rajoute au chaos politique un chaos diplomatique bien pire. La France doit rompre avec cette tendance à prendre les peuples Africains comme sujets à fantasmes. Ce qu’ils veulent c’est tout juste un traitement normal des rapports franco-africains, la fin de l’infantilisation et des cris de cœur hypocrites portés à leur paroxysme par N. Sarkozy (« Discours de Dakar ») et poursuivis et theâtralisés dans la même veine par M. Macron ( Discours de Ouagadougou et maintenant à Paris). Il faut arrêter ces simagrées pour changer pour de vrai.

©️ Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=382772670244277&id=100055346415293

🔴 LDNA | Controversée ou Task force utile de veille antiraciste !

© Photo via RS



Ce groupe « Afro-défenseur » très actif en France serait dissous par les autorités hexagonales ces dernières heures . Bon… On peut ne pas trop accepter toutes les sorties publiques militantes de Mr Behazin et ses camarades mais ils rendent un certain service antiraciste par une veille d’éclats de secours d’urgence. Secours au service de milieux black victimes d’un racisme latent qui surgit misérablement ici et là. Généralement les voix dites classiques antiracistes pleurnichent par une littérature communicationelle bien convenue et balisée et un certain élitisme carriériste s’y entretient… Et l’humanité des victimes du terrain se défend par du chiffrage et des statistiques. La LDNA avec ses limites et ses méthodes, va sur le terrain en exposant les protagonistes victimes et suspects mis en cause via ses canaux de communication en live. Une veille très utile pour les personnes noires se trouvant esseulées dans des environnements racistes d’une certaine gravité. Je pense à l’affaire de tante Pauline à Levallois-Perret en 2019 et leur activisme courageusement manifesté à la Mairie de cette ville du 92, lire https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/03/06/societe-levallois-perret-chez-pauline-la-boulangere-contre-la-betise-raciste/.



L’existence de la LDNA sert un ascendant psychologique d’intimidation sur certains milieux racistes et d’alerte à l’endroit des autorités publiques qui sont moins regardantes sur certains types de délits relevés ici et là surtout si les victimes sont Noires. Des cas de racisme abject et violent sont ramenés sous la rubrique laconique et banale des faits divers. Et ça continue, l’idéologie sociale racialiste fleurit dans les imaginaires laissant entendre que negre c’est negre hier comme aujourd’hui.

Donc cette dissolution n’est pas une bonne nouvelle pour l’antiracisme en France !

Quelques éléments médiatiques LDNA sur le dernier événement dans la ville de Val De Reuil :

https://presse.ldna.fr/2021/09/13/droit-de-reponse-la-ligue-de-defense-noire-entend-faire-usage-de-son-droit-de-reponse-conformement-a-larticle-13-de-la-loi-du-29-juillet-1881/

La communication de la Mairie : https://www.valdereuil.fr/actualites/incident-entre-deux-familles-a-val-de-reuil



✓Mon soutien ferme au frère Behazin et ses camarades

• KS pour le BLOG

✓ATELIER DE FORMATION DES AUTORITÉS ADMINISTRATIVES ET JUDICIAIRES SUR L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE, BAMAKO, MALI (JUIN 2021)

Dans le cadre du programme de Recherche – Action EMiFo (« Esclavage et Migrations Forcées dans l’Ouest du Mali ») s’est tenu un atelier de formation des autorités administratives et judiciaires principalement des régions de Kayes, Kita, Nioro et Koulikoro sur l’esclavage par ascendance du 28 juin au 2 juillet 2021. Le lundi 28 juin 2021 la cérémonie d’ouverture a regroupé une centaine de personnes dont les invités et les participants, gouverneurs, préfets magistrats etc. dans l’amphi 1 de la Faculté de Droit Public de Bamako.

Pendant une semaine, les participants ont suivi divers modules pour renforcer leurs connaissances socio-historiques et leur maîtrise des instruments juridiques internationaux et régionaux pour la promotion et la protection des droits humains et la lutte contre l’esclavage par ascendance. Les interventions ont toujours donné lieu à une session de questions-réponses, qui ont permis non seulement d’approfondir le sujet, mais surtout de débattre franchement sur les constats dressés et les recommandations proposées.

Au vu des réponses apportées par les participants au questionnaire de satisfaction distribué en fin d’atelier, la formation est dans l’ensemble un succès. Ils déclarent unanimement que « les thèmes abordés et les discussions ont enrichi [leur] compréhension du sujet », et soulignent dans le questionnaire comme dans les commentaires la qualité des communications proposées comme la qualité des interventions des participants dans les discussions. Formateurs et participants ont tous contribué activement à l’atelier, et soulignent l’importance de lutter efficacement contre l’esclavage par ascendance au Mali et partout ailleurs, tant pour des raisons de respect des droits humains que de stabilité sociale et économique dans une sous-région de plus en plus en proie au conflit.

©️ Crédit source : https://www.slaveryforcedmigration.org/atelier-de-formation-des-autorites-administratives-et-judiciaires-sur-lesclavage-par-ascendance-bamako-mali-juin-2021/

✓Guinée-Conakry | «Alpha m’a une fois dit qu’il ne comprend pas pourquoi les gens changent les constitutions» (Serge Daniel)

Intervenant dans l’émission les ‘’Grandes Gueules’’ ce lundi 13 septembre, un ami de l’ex président Alpha Condé s’est exprimé sur le coup d’état du 05 Septembre 2021. Serge Daniel, journaliste de RFI a affirmé que ce qui est arrivé (coup-d’état ndlr) «est la faute d’Alpha Condé » et que ce dernier est « allé tout droit au mur » dans la gestion du pays.

« Je ne suis pas un pro coup d’Etat, mais je veux dire que ce qui est arrivé, c’est d’abord la faute à Alpha Condé. Alpha Condé avait arraché ses idéaux. Moi je me souviens qu’à la veille de l’élection présidentielle de 2010, il m’a dit : ‘’moi, je vais être à la fois Mandela et Obama’’. Il n’est devenu ni Mandela, ni Obama. Il est resté Alpha Condé.»

Tout en parlant du 3ème mandat, Serge laisse entendre que l’ex locataire de Sekoutoureya, c’était pris pour « un petit dieu ».

« Le 3ème mandat, c’était un mandat de trop. Moi je me rappelle, lorsqu’il était opposant, il m’a dit une fois à son domicile devant témoin : ‘’moi, je ne comprends pas les gens, pourquoi ils changent les constitutions, pourquoi ils jouent aux prolongations’’. Mais, pourquoi a-t- il modifié la constitution ? Pourquoi il a voulu s’installer de manière durable ? Tout simplement parce qu’à un moment donné, je pense qu’il (Alpha Condé ndr) s’est pris pour un petit Dieu. Alors qu’un président de la République n’est pas un petit dieu. Lorsqu’un président se prend pour un Dieu, le vrai Dieu lui montre qu’il n’est pas Dieu. Je pense que c’était le mandat de trop et qu’il a pensé à un moment qu’il était invincible, que personne ne pouvait le toucher. Le 3e mandat était un mandat de trop et je le lui ai fait dire par les amis communs en disant qu’il va tout droit dans le mur. Mais, je pense que les amis n’ont pas eu le courage de le lui dire ».

Pour lui Alpha Condé, « n’a pas rassemblé les guinéens », mais « il a installé une cour autour de lui-même. Il est allé tout droit au mur ».

Aïssatou Djibril

©️ Crédit source : https://actujeune.com/2021/09/13/alpha-ma-une-fois-dit-quil-ne-comprend-pas-pourquoi-les-gens-changent-les-constitutions-serge-daniel/

✓ Une Grosse perte pour le monde de la culture et des médias en Afrique et en Europe. | Par Le Média NN


Dès le milieu des années 1980, il fait figure de pionnier en prenant part à l’aventure de Tabala FM, première radio africaine établie en France. C’est là qu’il déploie sa passion pour le journalisme essentiellement autour des questions de développement durable.

À partir de 1994, il produit Plein Sud, aujourd’hui encore la plus ancienne émission quotidienne diffusée pour plus de 45 millions d’auditeurs, sur les ondes de Radio France Internationale.
En 1996, en parallèle à ses activités chez RFI, il coproduit Africa Musica, le premier hit-parade des musiques africaines. Cette émission est diffusée sur le réseau des chaînes de télévisions nationales d’une trentaine de pays d’Afrique grâce à CFI (Canal France Internationale).

En 1998, sur MCM Africa, il invente avec Myriam Seurat, le premier talk-show quotidien de la diversité. La même année alors PDG de la société MVG, c’est aux côtés de son ami le célèbre journaliste ivoirien Joseph Andjou, qu’il produit pour Canal+ le film documentaire « Abidjan on dit quoi » autour du thème de l’humour ivoirien.

En 2000, il crée le magazine de presse écrite Afrobiz tiré à 50 000 exemplaires, ainsi que le site associé Afrobiz.com3.

À partir de 2002, et pendant quatre saisons sur TV5Monde, pour l’émission Acoustic, il reçoit sur son plateau les plus grands noms de la musique internationale. Depuis 2010, il anime le journal de la culture musique de la chaine d’information internationale France 24.
Depuis 2014, Amobé Mévégué anime, aux côtés de Lise-Laure Etia et de Christian Eboulé, le magazine mensuel Africanités dédié au continent africain et à tous les Africains qui rayonnent à travers le monde.
Cette émission aborde les grands thèmes de société et la culture au sein de débats avec un invité fil rouge.

Dirigeant de média depuis la création du magazine Afrobiz, il a été à la tête de la chaîne de télévision panafricaine Ubiznews, disponible en Afrique sur le bouquet canal satellite, et en France sur le câble.

©️ Crédit source : La plateforme FB NN – https://www.facebook.com/210978968912133/posts/6389678591042109/

✓Lors de la cérémonie de recueillement sur le cinéaste Mauritanien feu Med Hondo, nous avons eu l’honneur de rencontrer ce journaliste dont la voix m’avait été familière en écoutant RFI il y a quelques années. Lire https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/03/05/deces-du-cineaste-med-hondo-a-la-ceremonie-de-recueillement-a-paris/

✓Flash info | En Guinée-Conakry, le président Condé évincé par un putsch militaire !

Ce dimanche 5 septembre 2021 en Afrique de l’ouest, un pays connaît une journée politique et institutionnelle très mouvementée. D’après les premiers éléments d’informations remontés tôt ce matin donnant via différents réseaux sociaux que des tirs d’armes lourdes sont signalés dans la capitale Conakry, notamment autour du quartier où réside le président Alpha Condé. Ainsi cet après-midi des photos et des vidéos circulent montrant l’ex-opposant historique devenu « président clanique » qui a tordu les règles démocratiques pour se maintenir au pouvoir depuis 2010 et des éléments militaires puissamment armés qui le cernent . Selon cet article du figaro.fr https://www.lefigaro.fr/flash-actu/guinee-tirs-nourris-dans-le-centre-de-conakry-des-militaires-dans-les-rues-20210905 , le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya à la tête des forces spéciales serait le principal instigateur de ce coup d’État. Une fin pitoyable de règne d’une figure politique guinéenne qui se voulait éternel sans sagesse ni lucidité en despote semi grabataire de 83 ans d’âge.

✓Les premiers mots diffusés par les meneurs du coup d’État :

KS pour le BLOG

BOUZNIKA: LA FEMME DE L’EX-PRÉSIDENT MAURITANIEN SE FAIT DÉROBER 2,7 MILLIONS DE DIRHAMS

Le360 Maroc – La brigade de gendarmerie royale de Bouznika a mis hors d’état de nuire une bande criminelle qui avait dérobé une somme de 2,7 millions de dirhams à l’épouse de l’ancien président mauritanien, Mohamed Ouled Abdelaziz. Les détails de ce vol à la roulette.
Sept personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête ouverte par les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika, suite au vol de tout le contenu de la voiture de l’épouse de l’ancien président mauritanien, Mohamed Ouled Abdelaziz. La victime a découvert sa voiture, garée dans sa résidence estivale de Bouznika, complètement fracturée et cambriolée.

D’après les sources du quotidien Assabah qui rapporte l’information dans son édition du jeudi 2 septembre, les cambrioleurs auraient mis la main sur une somme de pas moins de 2,7 millions de dirhams, qui était déposée dans le coffre du véhicule.

Alertés par la femme volée, les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika ont rapidement débarqué sur les lieux pour effectuer les constats d’usage et ouvrir une enquête sous la supervision du parquet. Mercredi, sept personnes, interpellées en l’espace d’une semaine, ont été déférées devant le parquet compétent pour constitution de bande criminelle et vols qualifiés, indiquent les sources du quotidien.

Et de préciser que l’identité des auteurs de ce crime a été confirmée par les empreintes digitales laissées sur le lieu du crime. Mais, ajoutent les mêmes sources, les éléments de la brigade de gendarmerie royale de Bouznika n’ont pas attendu les résultats de la police scientifique et ont recouru aux caméras implantées chez les voisins et donnant sur le boulevard et les ruelles de la zone.

C’est ainsi que les investigations menées sur les lieux les ont conduits à interpeller un individu qui a des antécédents judiciaires. Par la suite, l’enquête a permis aux gendarmes d’identifier les complices. Après la période de garde à vue, les sept personnes ont été déférées devant le parquet compétent. Leur procès démarre dans les prochains jours.

Par Mohamed Younsi

via cridem

©️ Crédit source : http://adrar-info.net/?p=71459

NOUS NE VOUS OUBLIERONS JAMAIS (Par Yaya SY) | Les crimes de l’esclavage par ascendance chez les Soninkés


Le mardi 1ER septembre 2020 quatre militants antiesclavagistes maliens du village de Diandioumme ont été sauvagement agressés, lynchés, assassinés et jetés dans l’eau entre 20H et 22h (voire plus tard).

Il s’agit de :

Mountakha Jarisso

Moussa Cissokho,

Youssouf Cissokho

Hamet Cissokho

GLOIRE, HONNEUR ET RESPECT ETERNELS POUR VOUS !!!
Ils ont été assassinés au seul motif qu’ils ont refusé leur statut d’esclaves éternels dans leur village et de s’être engagés dans l’association Gambanaaxu-Fedde (Association « Tous égaux »). L’objectif de leur combat est de faire disparaître ce fléau des vestiges de l’esclavage dans les régions à majorité soninkophone et par extension dans toute l’Afrique et dans le monde entier.

Aujourd’hui nous nous recueillons devant vos tombes car pour toute l’humanité vous êtes des exemples, des modèles, des symboles et des martyrs.
Vous avez donné vos vies à la liberté, la dignité, l’égalité, le respect de la personne humaine. Vous êtes tombés au champ d’honneur et des millions d’Africains reprendront le flambeau de la liberté.
Par cette première commémoration nous élargirons toujours plus
pacifiquement le cercle de votre cri d’égalité à tous les peuples soninkés, à tous les peuples d’Afrique à tous les peuples du monde, sans haine ni rancune.
Nous vous promettons de vous arracher à l’oubli en expliquant à tous les Soninkés et à tous les hommes, le sens de votre sacrifice ultime. Une bougie éternelle d’amour et d’espoir, désormais éclaire nos cœurs.


REFUSONS comme ces quatre militants de Gambanaxu-Fedde, toute idée de soumission d’un être humain à un autre par l’esclavage et par la force.

© Crédit source : reçu de l’auteur, l’anthropologue Yaya SY depuis les Antilles.

✓Le stylo de Prof. Saidou Kane ou le bâton de relais… | Par Mouhamadou SY





Je n’ai rencontré ni Murtuɗo, ni Prof. Saidou Kane. J’ai reçu donc leur enseignement de façon indirecte. De toute façon, moi qui ai grandi dans l’univers du Pulaar écrit et enseigné, grâce à ma merveilleuse grande soeur et au duɗal, je ne pouvais que recevoir l’influence grande de ces deux maîtres et celle des nombreux autres (comme Abuubakri Muusaa Lam, Yero Dooro Jallo, Ibrahiima Moktaar Saar, Njaay Saydu Aamadu -jom falo dow huɓeere- ekn…) qui faisaient le socle de ces écoles clandestines.
C’est bien dans ces écoles qui, dans l’absence de tous moyens, font des lettrés; dans celles-là qui, face à un mépris total, s’affirment et maintiennent leur rythme; celles qui, dans le reniement, déploient leur créativité fulgurante et explorent les alternatives; c’est dans ces écoles-là que l’on voit l’âme du peuple et sa grandeur se révéler, se débattre et ainsi manifester leur instinct de survie. Après qu’on a expérimenté ce monde, quand on a touché du doigt les enjeux monumentaux qui sont impliqués et qu’on a mesuré l’ampleur de la menace qui y pèse, on se débarrasse alors de la légèreté que d’autres peuvent avoir vis-à-vis de la question des langues. Celle-ci apparait comme la plus urgente des politiques et le plus éminent des projets de société.

J’ai eu cinq merveilleux jours avec Djibril Hamet Ly, un autre grand maître du Pulaar. L’homme de l’alphabétisation qui a été, pour le Pulaar, un facteur primordial de diffusion culturelle et de l’enseignement. J’ai l’habitude de dire que les cinq jours passés avec Djibril, de par leur densité, pourraient s’étaler sur cinquante ans. Djibril fut un maître qui arriva dans ma vie à un moment très opportun de mon évolution. Il décédera deux mois seulement après notre rencontre. Un évènement d’une douleur incommensurable, un véritable effondrement…
Puis, on se dit que cela aurait pu en être autrement; on n’aurait pu ne pas se rencontrer du tout, comme d’autres qu’on aurait voulu écouter et auxquels on aurait aimé soumettre des questions sans qu’on n’ait pu le faire. Avec Djibril, je l’avais fait amplement. Donc de cette regrettable perte devait se matérialiser une force capable de mener à terme tous les engagements, qui sont désormais devenus des promesses sacrées, pris avec Djibril. Je contactai donc Seydou Nourou NDiaye, un autre grand nom de la lutte des langues, dont Djibril m’avait donné le contact pour faire paraître très vite mon livre de mathématiques supérieures « Binndanɗe Hiisankooje ». En effet, Djibril m’avait fait remarquer des dimensions de cette lutte que la parution du livre devrait toucher et que je n’envisageais pas.

Après la sortie du livre, je me rendis à Dakar, invité par la fondation de l’université Cheikh Anta Diop pour participer à une table ronde sur le développement de l’Afrique. C’était en mars 2016. Une occasion de rencontrer Seydu Nuuru. La rencontre fut émouvante. Impossible de ne pas voir en premier plan le lien humain qui nous a connectés. Mais la force d’une lutte fait que Djibril, à l’instar des géants, ne meurt que d’une partie. L’autre était plus que jamais présente et vivante, et vive comme l’était le tout. Il était présent à Dakar, comme il l’est partout où le coeur de la lutte des langues continue encore de battre, où les grands esprits de Yero Dooro, de Murtudo, de Saydu Kan et d’autres siègent avec ceux des vivants; où les oeuvres de Bookar Aamadu Bah, d’Abuubakri M. Lam, d’Ibraahiima M. Saar, de Seydu Nuuru -et celles de bien d’autres- trouvent leur sens et portent avec mérite le titre de « révolutionnaire ».
C’est en repartant de Dakar, en avril 2016, que Seydu Nuuru me dit: « Denɗi, j’ai quelque chose de très précieux que je crois te revenir de droit. » Il sortit un turban venant de Djibril et un stylo de Saydu Kan, il me les tendit. Il ajouta: « Il te revient de t’en occuper et d’accomplir ce que leur représentation t’inspirera. » Je compris, qu’en plus des engagements faits avec Djibril, je venais d’en prendre avec un autre grand esprit, avec l’âme du peuple et la lutte des langues.
Donc loin de toute idée de trophée, il s’agit là de symboles à transmettre, que je transmettrai aussi à mon tour.

Voilà un bref aperçu d’une image de notre combat qui est loin de relater les choses en détails; et, comme vous le savez, la force réside dans les détails. Mais à présent j’ose espérer vous avoir fait humer le parfum de notre engagement, vous avoir fourni une perspective sur la profondeur des relations et des symboles qui forgent une détermination; j’espère surtout que vous y trouviez un bout par lequel saisir la nécessité de la lutte.

Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=870664470524475&id=100027427912973

« Trahir la Constitution, c’est renoncer à l’immunité présidentielle » | Par Mbarek Ould Beyrouk

Le Point Afrique – TRIBUNE. Qu’il s’agisse de la Mauritanie ou d’un autre pays africain, aucune excuse ne doit empêcher que la corruption des anciens chefs d’État ne soit sanctionnée.

Mon respect est immense pour l’œuvre de Tierno Monénembo. Mais son récent « plaidoyer pour Mohamed Ould Abdel Aziz » me semble contestable. Il est certain que les périodes autocratiques sont destructrices et difficiles à réparer. Il est vrai aussi que l’alternance pacifique en Afrique doit être à chaque fois saluée parce qu’elle sauve notre continent de dérives qu’il n’a que trop connues.

Mais il est plus vrai encore que la corruption et les détournements de biens publics ont condamné nos pays à la pauvreté et la dépendance extérieure, qu’ils ont interdit tout sursaut, qu’ils ont spolié nos populations et qu’ils ont souvent bradé nos richesses.

La corruption une vraie menace

Contrairement à Tierno Monénembo, je pense que l’essentiel est là. Pour avoir servi l’État à ma modeste échelle, je sais ce que coûtent l’appât du gain, les conflits d’intérêts et les petites corruptions qui se cachent derrière les grandes.

La démocratie ne peut être mature tant que l’économie n’est pas un tant soit peu purifiée, tant que l’État de droit n’est pas respecté, tant que les activités prévaricatrices ne seront pas punies.

Le risque est grand de tendre vers des régimes antidémocratiques La Mauritanie a indirectement hérité d’une Constitution inspirée de celle de la France, pays qui a fait le choix d’un présidentialisme fort, imprégnée d’un esprit de monarchique.

De fait, chez nous, le risque est grand pour nos dirigeants de tendre vers un régime antidémocratique. « Il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposé. »

Une précision est nécessaire concernant l’ex-président Aziz

Il ne s’agit pas ici de condamner l’ancien président Aziz ou de l’absoudre. Ce sera le travail des juges. Seulement, il est nécessaire de préciser qu’il est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées.

Pour l’écrivain Mbarek Ould Beyrouk, l’ex-président Mohamed Ould Abdelaziz « est actuellement en détention, non pas pour les faits qui lui sont reprochés, mais pour avoir refusé de respecter les conditions du contrôle judiciaire que la justice lui a imposées ».

L’ancien président, inculpé suite aux accusations d’une commission parlementaire, se défend des faits qui lui sont reprochés. Il s’est d’ailleurs largement exprimé dans les médias nationaux et internationaux. Demain, il devrait bénéficier d’un procès équitable.

La loi doit s’appliquer à tous et la justice équitablement rendue

Quel que soit son verdict, il est donc essentiel que ce procès se tienne, car le peuple mauritanien mérite que la loi s’applique à tous et que justice soit équitablement rendue. La velléité avec laquelle les avocats d’Aziz invoquent la prétendue immunité absolue de leur client montre le chemin difficile qu’il reste à parcourir pour que l’égalité devant la justice s’inscrive comme une évidence dans les mentalités.

En effet, Aziz considère que le procès est nul et non avenu, car l’article 93 de la Constitution garantirait à l’ex-président l’immunité dans l’exercice de ses fonctions. Se faisant, ils admettent indirectement que les faits de corruption dont il est accusé font partie de la « norme » dans le service des plus hautes fonctions de l’État.

Donc, finalement…

Ainsi, je voudrais dire à ce grand écrivain qu’est Tierno Monénembo qu’il n’est pas normal que la corruption soit un phénomène normal ; les intellectuels africains ne devraient pas l’accepter. Non, l’essentiel n’est pas dans les kermesses politiques, même pas dans les douces passations de pouvoir, mais bien dans la volonté d’apporter une éducation de qualité, un système de santé acceptable et un niveau de vie décent. Pour ce faire, on ne peut pas accepter que les fonds destinés à ces grands objectifs soient détournés par les rapaces.

Par Mbarek Ould Beyrouk*

© Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=747965