Tribune – Réflexion : 《Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.》 Par Kamara youssouph

Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste.
Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque.
On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif.
On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien.
À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties.
On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux.
Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe.
Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! –
Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre.
Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés.
Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.


Youssouph Kamara


youssouph1@yahoo.fr

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur – 21 mars 2020

Mauritanie – Covid-19 :《Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort… 》Par la Journaliste Mariem Derwich

Crédit photo : FB

Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort…
Notre pays a mis en place tout un éventail de mesures, dont la plus radicale est ce couvre-feu dès 18 H… Mais cela ne suffira pas. Les mots et déclarations pieuses de suffiront t pas. Il faut confiner, oser ce confinement, oser… Interdire les rassemblements, réprimer ces rassemblements s’il le faut.
Fermer les marchés et réfléchir à des boutiques « alimentaires »…Réfléchir à une gestion plus locale de cette pandémie au vu du nombre de miséreux chez nous, miséreux qui verraient leur ultra précarité augmenter avec le confinement; réfléchir à des distributions de denrées, de vivres, de savon… Réfléchir et stopper ces coupures d’eau et d’électricité qui ne permettent pas les gestes prophylactiques nécessaires et qui aggravent et la misère et la transmission du virus…
Réfléchir au fait que malgré le fait que l’Afrique est habituée aux pandémies, nos installations hospitalières en sont au degré zéro d’une lutte contre une pandémie ( combien de respirateurs dans nos hôpitaux?).
Réfléchir au fait que nous nous contentons de nos habitudes sociales collectives au détriment d’une lutte efficace contre n’importe quelle pandémie.
Réfléchir au fait que s’enfermer chez soi aujourd’hui est un luxe de la bourgeoisie locale.Et que nous l’avons accepté, comme si la misère et le manque faisaient partie somme toute d’un « paysage » local presqu’exotique… Que la majorité de la population vit dans des conditions sanitaires effroyables, la promiscuité favorisant la transmission de tout et n’importe quoi.
Interdire les regroupements dans les mosquées ( des pays musulmans et des érudits religieux célèbres, de l’Iran au Koweit en passant par les pays du Maghreb ont interdit les prières collectives…Pourquoi pas nous? FOutu orgueil assassin de notre part qui nous sentons « meilleurs » musulmans que les autres…) nonobstant les cries d’orfraie de ceux qui, par ignorance, préfèrent envoyer les hommes à la mort plutôt que de les protéger ( et j’accuse certains de nos religieux de crime, oui, ceux qui refusent la fermeture des mosquées et qui favorisent ainsi la transmission d’un virus qui tue aussi – ne regardent-ils pas ces images qui nous viennent de l’Italie????) , ne pas ré ouvrir les écoles…
Le virus n’a pas de « pieds ». Il ne circule que grâce aux hommes. Il ne peut voyager s’il n’a pas de « véhicule » qui lui permet de passer d’hommes en hommes…Ce véhicule c’est nous. Nous.
Il y aura bien un avant et un après Covid-19.
Et à nous de savoir ce que nous voulons : sauver l’économie ou sauver l’humain…
Sauver les enfants, les femmes et les hommes et non pas une vision stérile du vivre ensemble….

©️ Crédit source: post Facebook Mariem Derwich (22/03/2020)

Réflexion – tribune : Ces gens honnêtes qui brulent quand même les feux…, Par Dr Mouhamadou Sy

Ce qui se passe au Sénégal, avec le non respect délibéré des lignes de conduite établies par le gouvernement révèle les lacunes de notre société, des lacunes quant à notre lecture des phénomènes, des lacunes quant à notre mode d’agir, bref des lacunes quant à notre façon d’éduquer.
Lacunes que l’on collectionne, sacralise et présente comme identité à respecter, surtout quand il s’agit de nous comparer à ceux qu’on appelle les autres, les différents, les pas comme nous, si on ne les nomme pas ennemis.

Ce comportement irrationnel, et si je voulais juger je dirais irresponsable, n’est pas un fait d’individus isolés dont la faiblesse morale serait connue de tous. Non, il s’agit principalement d’individus qui ont justement la plus grande responsabilité morale aux yeux de la population à tous ses niveaux. Il s’agit des personnalités qui ont le respect des militaires, des ministres, des médecins, des professeurs, du président, si ce n’est leur adoration. Mais visiblement, par ignorance ou par autre défaillance intellectuelle ou morale, ces individus refusent de respecter la raison et les consignes des spécialistes, qu’ils prennent certainement de haut car il ne s’agirait que de leurs « disciples spirituels ».
Et ils mettent donc tout le peuple en danger; ce qui compte c’est bien de ne pas bouleverser les positions sociales qui satisfont les égos même si tout le monde va en pâtir! Du suicide collectif qui rappelle ceux organisés par les grands gourous de certaines sectes. Mais cela ne peut pas être notre cas, car nous ne sommes pas en secte et, nous, ce ne sont pas des gourous que nous avons. N’est ce pas?

Oui, je comprend qu’il est nécessaire pour l’humain de toujours se rattacher à la branche à sa portée pour éviter la dégringolade. De s’y agripper même, quand le vent souffle et que les branches se mettent à se balancer. Est ce l’aspect singe, difficilement effaçable, qui se recycle au fond de notre mentalité, nous humains? Je pose la question…

Mais ce qui est bien chez le singe, c’est son activité, passer de branche en branche, occuper l’étendu de son espace en permanence. Il trouve son équilibre en bougeant plutôt qu’en restant sur place. A la différence du paresseux qui s’agrippe, se fige et stagne.
La nature faite d’incessants changements semble favoriser l’activité sur la stagnation, qui elle se voit dépasser et écraser tôt ou tard!

De qui voulons-nous nous rapprocher, je parle de notre mentalité; singe ou paresseux? Désolé, mais ce sont les deux choix dans la carte des menus!

Si nous passions à un niveau au dessus, si nous changions de branche, si au lieu de s’agripper à de la misère magnifiée, comme pour en masquer le caractère funeste, si au lieu de ruser avec la peur en en faisant une puissance qui octroie sa pitié, nous décidions d’y faire face; si nous actionnions notre rationalité jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus sur cette phobie du vide, jusqu’à ce qu’elle stipule et intègre, une fois pour toutes, que l’important n’est pas de s’agripper mais d’évoluer tout en maintenant l’équilibre. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ceux qui s’agrippent finissent par le perdre en s’effondrant tout comme le paresseux l’expérimente; mais que ceux qui ont la hardiesse de bouger sont ceux qui ont une chance de se maintenir.

Nos sociétés renferment de l’intelligence, de l’honnêteté, de la compétence, ce n’est pas là la question. La question est comment tout ceci se laisse organiser. Car avoir les bonnes cartes ne suffit pas à gagner à une partie d’un jeu; la stratégie, à savoir l’organisation des coups, la façon de réagir aux attaques, et surtout la planification, est celle qui marque la différence.

Dans une société, une bonne stratégie de vie est celle qui aide à préserver la vie, à l’élever, à prévenir du danger et à y faire face quand il est là; elle est multiforme, mais de quelque forme qu’elle soit, elle requiert la discipline, qui de mon point de vue se définit comme une attitude commune qui préserve la cohérence dans les interactions entre individus, entre organes, et entre les individus et les organes. Un code de la route des actes auquel les citoyens doivent se soumettre, y compris le marabout le plus suivi.

Cependant, on n’improvise pas une telle attitude commune dans une société, on l’instaure progressivement, on en fait une habitude, on la plante, la cultive et la surveille. L’éducation est le pivot d’un tel projet social. Le niveau d’éducation d’une génération définit le niveau de discipline de la société dont elle aura la direction.

Sur la question de choisir entre le singe et le paresseux, dans le cas où nous portons notre choix sur le dernier, ayons quand même la vivacité minimale de profiter d’une de ses caractéristiques utiles, à savoir respecter l’isolement nécessaire pour endiguer le coronavirus!

Dr Mouhamadou Sy

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (21/3/20)

CONTRIBUTION: Nul ne veut “ diriger les Beidanes “; réponse au professeur Ely Ould Sneiba, Par Abou Hamidou Sy (FPC – Amerique)

■Par Abou Hamidou Sy- FPC- Amérique.

Piqué au vif par la remise sur la sellette de l’Apartheid mauritanien et incapable de formuler des arguments qui réfutent cette évidence, Ely O. Sneiba n’a trouvé mieux que de recourir au seul exercice dans lequel il excelle, scribouiller sa pulaarophobie innée.

Dans son posting “ Comment diriger les Beidanes”, un pamphlet indigne d’un baudet, même sans son couvre-chef, il étale toute son ignorance des réalités historiques de l’artifice post coloniale qu’est la Mauritanie d’aujourd’hui.

Sans le moindre argument, il verse dans des affubulations grotesques, avance des assertions mensongères et réprend des thèses des plus fantaisistes. Difficile de se frayer un chemin logique dans ce kafarnaum intellectuel, mais le fond de sa pensée ne fait aucun doute: une haine viscérale envers ceux qu’il appelle “ toucouleurs” et à travers eux, minimiser l’apport de la civilisation négro-africaine dans l’histoire de notre pays.

Il me semble opportun de rappeler à sa gouverne et à celle de tous les chauvins arabes, certaines vérités historiques. Vérités en porte à faux avec le mythe fondateur d’une frange de nos compatriotes arabo-berbères; une épique chevauchée, du croissant fertile aux berges du Sénégal repoussant ainsi le couchant ( Al Magrib ) arabe à la lisière du Sahel.

Il n’échappe pas à Ely et ses paires que les nationalistes arabes authentiques, qui l’inspirent tant, sont les premiers à battre en brèche cette théorie, car fixant la limite occidentale de leur nation aux portes de Marrakech; au delà, c’est “ Bilad Al Ajam”.

Le « professeur » entame son propos en affirmant, tel un avocat essayant de rallier un jury à une cause perdue d’avance, “ ce pays membre de la ligue des États arabes, berceau des almoravides et terre emirale hassanienne”. Cette assertion ne repose sur aucun fondement, ni historique, ni culturel, encore moins démographique. Elle est, tout au plus un vœu pieux entretenu par la volonté politique d’un État malavisé et repris par des marchands d’illusions désabusés. Il suffit , pour s’en convaincre de remonter à la genèse même de l’Etat Mauritanien et de la controverse qui l’a entourée.

Ce pays qui se targue d’être arabe jusqu’à nier l’expression de toute identité négro-africaine, aucun État arabe n’en voulait. C’est grâce au soutien des pays de l’Afrique noire ( groupe de Brazzaville ) sous l’impulsion du Sénégal que notre pays a pu être accepté sur la scène internationale. A l’assemblée générale de l’O.N.U d’Octobre 1961, tous les pays arabes à l’exception de la Tunisie, ont voté contre l’admission de la Mauritanie aux Nations Unis. Cette ligue arabe qu’on chante à tous vents, c’est en 1973 que notre pays y a adhéré c’est à dire une décennie après l’O.U.A. C’est dire combien la Mauritanie, une ex- colonie de l’AOF était avant tout africaine. C’est cela sa vocation historique, son ancrage naturel et sa réalité culturelle. Que l’Etat, pour des raisons de politique interne, opte pour une différente orientation, ne peut réécrire l’histoitre.

Le territoire qui nous réunit aujourd’hui est un conglomérat d’entités jadis distinctes, qui se sont forgées chacune sa propre histoire dans son propre espace avec des fortunes diverses en fonction des circonstances. Aucune ne peut se prévaloir d’un passé plus glorieux que les autres ou prétendre avoir contribué seule au patrimoine historique commun. Qui plus est, la construction de certains pans de ce patrimoine a nécessité le concours de toutes les composantes nationales. C’est, des rives du fleuve Sénégal que l’armée Almoravide composée aussi bien de berbères que de négro-africains s’est ébranlée en direction du Nord jusqu’à atteindre les côtes de l’Europe.

La Mauritanie n’est pas exclusivement “ terre émirale hassanienne”, elle est aussi terre des Almamy du Fouta, du royaume du Walo, héritière des empires du Mali et Ghana. Elle est le pays de Samba Gueladjedji, le lieu de sépulture de Thierno Sileymani Baal, c’est aussi chez Cheikh Moussa CAMARA auteur du chef-d’œuvres :“ Zouhour Al Bassatine, fi Tarikh as Sudane”.

Dans aucun pays normal, la direction de l’Etat ne se pose en terme de race ou d’ethnie. Les nations choisissent leurs dirigeants en fonction de leurs capacités supposées ou avérées, de leurs qualités humaines et du programme qu’ils proposent. Ce sont ces normes qui ont permis à un certain Barack Obama ou Macky Sall d’être élu sans que le ciel ne s’effondre. Dans ces deux cas, malgré les diversités culturelles et ethniques, le sens de la nation à y été encouragé, développé et entretenu par l’Etat. Tout le contraire de ce qui se passe chez nous, ou c’est l’Etat, par ses politiques racistes, est le premier obstacle à l’édification de la nation mauritanienne.

Ce sont ces pratiques racistes que les Négro-africains dénoncent et contre lesquelles ils s’insurgent. Qu’elles soient qualifiées de racisme d’Etat ou d’Apartheid, les effets demeurent les mêmes: la marginalisation politique, l’exclusion économique et l’oppression culturelle des Négro-mauritaniens.

S’il est vrai que ce racisme n’est codifié dans aucun texte de loi, dans la pratique il régente la vie dans notre pays. Le sud-Africain confiné dans une zone du temps de l’Apartheid par son “PASS” n’était pas plus mal loti que le Négro-mauritanien qui ne peut pas voyager faute de carte d’identité que l’Etat refuse de lui octroyer.

Ce racisme d’Etat est si ancré dans notre pays, que certains concitoyens le trouvent normal. C’est à cause de cette normalisation que des abrutis, sous prétexte de défendre la langue arabe, profèrent des menaces contre de braves Hommes politiques sans que cela ne choque personne.

On ne défend pas une culture à coup de menaces et d’intimidations. Si réellement la langue arabe tenait a ces gens-là, ils devraient s’éduquer, se cultiver et l’améliorer pour qu’elle contribue à la civilisation universelle.

Nul ne peut contester que notre pays est un cas à part, pour dire le moins. Si la Mauritanie était un pays normal, le pouvoir ne serait l’apanage d’une seule communauté. Chacune de nos communautés est capable de produire en son sein, un homme ou une femme capable de prendre en charge les destinées de la nation.

Concernant les HaalPulaar, que O. Sneiba ne porte assurément pas dans son cœur, ils ne sont nullement obnubilés par le pouvoir, ils se confondent avec le pouvoir. En plus de l’Etat théocratique du Futa Tooro, ce sont les fondateurs de l’empire du Macina et l’Etat de Sokoto au Nigeria. Pour ne citer que les plus récents.
Leur seul tort est de résister face aux tentatives forcenées de faire d’eux une hérésie, des arabes noirs.

LLC!

Abou Hamidou Sy
FPC/Amérique du Nord

©️ Crédit source: via post Facebook K. Touré

Flash – info : Monsieur Silly Gassama intronisé Référent traditionnel de GANBANAAXU/Armepes en France.

Dimanche 23 février 2020, une délégation dirigée par Demba Coulibaly, s’est rendue aux Mureaux pour une cérémonie de présentation chez notre notre honorable doyen choisi.

Basant sur les critères du droit d’aînesse, sa désignation est d’une symbolique d’ordre fraternel et citoyen. Mr Gassama est originaire du village de Nieliba dans le Guidimagha.

Aucune ségrégation ou discrimination patronymique et statutaire, ne fait partie de nos valeurs de respect et de considération à l’endroit des personnes âgées. Nos règles sociales sont en phase avec les principes fondamentaux qui régissent l’ordre républicain et démocratique prévu et promu par les institutions publiques dans nos pays. Les humiliations symboliques subies dans l’ancien régime féodalo-esclavagiste soninké , n’affecteront plus notre DIGNITÉ HUMAINE.

🔹️Notre devise aujourd’hui : Ni maîtres de personne, ni esclaves de personne aussi.

Nous vivons en citoyens DIGNES et AVERTIS.

Vive la COMMUNAUTÉ FRATERNELLE GANBANAAXU!

25/2/2020

©️ Communaution GANBANAAXU/ Armepes France

Tribune : Des peurs et des prudences… Par Mamadou Sakho

La prononciation du mot « Apartheid » par le député Biram Dah Abeid a fait sursauter plus d’un. Ce mot a réveillé ceux qui dormaient sur des acquis non mérités. Mais qu’est ce que l’Apartheid ? Cet horrible mot a été prononcé pour la première fois par le non moins horrible Hendrik Werwoerd, premier ministre de l’Afrique du sud, il mettait ainsi en place la politique du développement séparé qu’il qualifiait cyniquement de politique de  » bon voisinage » entre Noirs et Blancs. Certes en Mauritanie les Noirs prennent les mêmes bus que les Arabes. Certes en Mauritanie, les Noirs vont dans les mêmes restaurants que les Arabes. Mais pour aller au restaurant, encore faudrait-il en avoir les moyens …Donc le mot fait peur, il tourne tous les regards vers le pays, et oblige à se poser des questions. La vérité est une, elle ne se divise pas et ne doit pas être arrangeante. La prononciation du mot a suscité de multiples réactions. Pour certains, en utilisant le mot « Apartheid » ? Biram Dah Abeid a franchi la limite de l’acceptable, il a dénigré le pays. Ce doux pays où d’autres Noirs venus du Mali et du Sénégal se sentent bien et qui, de temps à autre, par des manifestations populaires, montrent leur reconnaissance aux autorités mauritaniennes. Ceux qui n’approuvent pas le geste de Biram sont ceux qui profitent du système et qui, tout à coup, ont eu le soupçon de quelque chose. Mais de quoi ? Qu’on ne peut plus continuer ainsi. Que la Mauritanie ne peut pas survivre avec un système qui discrimine la majorité de la population qui, il faut le dire, est Noire ! En écrivant Noire, je parle de race. Si le mot « Apartheid » fait peur, c’est aussi que dans ce pays des hommes ont des choses à se reprocher. Des hommes qui ont les mains sales et la conscience encombrée. Des milliers de femmes et des d’hommes ont été lâchement massacrés, d’autres ont été jetés hors de nos frontières et y vivent encore depuis bientôt quarante ans. Mais on nous dit que c’est du passé. Non, c’est du présent, et nous, nous sommes l’avenir de ces morts. Car les criminels, eux, sont en vie, et bien en vie ! Ils sont protégés, et c’est cette protection qui doit cesser. Les petites indignations de Maitre Bouhoubeyni, qui est un camarade de promotion et que je respecte, m’indigne. Elles m’indignent, car j’ai eu l’impression qu’il cherchait plutôt à garder son poste qu’à parler du sujet. Il sait la vérité et je le renvoie à l’une de ses phrases préférées:  » Il vaut mieux être abattu par la vérité que torturé par le mensonge » Alors, cher Maitre, nous vivons torturés dans le mensonge ! Il faut du courage. Et le courage est de dire que la Mauritanie vit dans un système où les Noirs sont mis à part, d’où le mot Apartheid. Dans les rues de Nouakchott, on respire le racisme, on le voit, on s’en imprègne et on finit par s’en accommoder. Les Noirs marchent avec les Noirs, et les Arabes marchent avec les Arabes. L’histoire du pays a été falsifiée. Demandez à un jeune Mauritanien la date de la création de la monnaie nationale, cette monnaie qui fait notre fierté à tous. Il ne le sait pas, il ne sait même que l’homme qui a piloté l’avénement de cette monnaie s’appelait Soumaré Diérémouna. Notre histoire n’est simplement plus mauritanienne, elle s’est arabisée. L’administration, l’armée, l’éducation, l’économie, et j’en oublie, sont aux mains d’une seule race. Ceux qui ont peur ont raison d’avoir peur. Notre pays a très mauvaise réputation, et une mauvaise réputation est pire qu’une mauvaise santé. Certes les premiers pas du nouveau président sont encourageants. Les choses bougent, il y a comme un frémissement. Ce frémissement fait l’affaire de ceux qui ne veulent pas trop s’engager, de ceux qui espèrent un bout de pain. Pour eux, il n’y a pas de racisme en Mauritanie, il y’a juste des problèmes sociaux qui faut résoudre tout doucement. Mais le problème est que tous ceux qui ont faim sont de la même race. Et que le jour viendra où ils décideront de ne plus être affamés. J’ai lu certains qui traitaient Biram de sioniste. Ce sont des incultes, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Aussi ils ne valent même pas la peine que l’on s’attarde sur eux. Le mérite de la prononciation du mot « Apartheid » réside dans le fait que ceux qui dormaient commencent leur pénible réveil. Ce mot, malgré sa charge émotionnelle, veut tout simplement dire » mis à part ». Et les Noirs sont mis à part dans leur propre pays. Prenons garde, car un jour la jeunesse du monde, en manque de romantisme, peut choisir comme nouveau combat le racisme en Mauritanie.


Mamadou Sakho


Paris, 24 fevrier 2020

La diaspora mauritanienne conviée à la réunion de présentation du programme SAFIRE

Les ressortissants mauritaniens résidant en Île-de-France sont conviés à une réunion d’information et de présentation du programme SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, FORMATION, INSERTION, RÉSILIENCE ET EMPLOI (SAFIRE).
Le programme SAFIRE est élaboré afin de répondre à des problématiques multi-sectoriels répertoriées dans les régions du Hodh, du Gorgol, du Guidimakha, du Brakna, du Trarza et même de Nouakchott.

Le programme s’adresse aux jeunes et aux femmes s’activant dans le domaine agro-sylvo-pastoral en situation de vulnérabilité, auxquelles sont proposées des opportunités d’insertion professionnelle, de création de microentreprises et de nouvelles opportunités économiques grâce à l’accès à la microfinance, l’accompagnement personnalisé, des conseils au niveau des intrants/des équipements techniques et l’appui à la professionnalisation.

Conscient du rôle que joue la diaspora dans les zones d’interventions retenues par le programme SAFIRE, l’implication de ses derniers est plus que nécessaire afin de le rendre plus opérationnel et efficace. C’est dans cette optique que le programme veut y associer la diaspora mauritanienne.

L’objectif de cette rencontre qui aura lieu le mercredi 26 février 2020 à 17h sera entre autre de :

  • Présenter le programme SAFIRE et les zones d’intervention concernées.
  • Présenter les objectifs de Safire, notamment le résultat 3 , qui consiste à sensibiliser la diaspora pour s’impliquer dans le soutien à des porteurs de projets de leur région d’origine.
  • Recueillir son avis et ses attentes par rapport aux modalités de collaboration avec les ONG qui ont la conduite du projet.
  • Présenter l’idée d’un Forum économique de la diaspora à organiser en Mauritanie.

Ce programme financé par l’union européenne et mis en place par 14 ONG, en partenariat avec le Ministère de l’emploi de la jeunesse et des sports avec notamment un volet économique, qui a trait à la diaspora Mauritanienne

Adresse : 15 rue Bisson 75020 Paris
Accès : Métro 2, station couronnes ou Belleville.


Contacts : Diawara Issa Mansega:07 50 60 12 89


Ibrahima Ndao : 0623446079


Samba coulibaly : 0665507076

D.S.C

©️ Crédit source: Diallo Saidou dit Thierno