Mauritanie – Politique : Intervention du président et député Biram Dah Abeid au cours de la conférence de presse animée par le président du Parti Rag Omar ould Yali.



Mesdames et messieurs de la presse

Bienvenue à vous !

Nous avons souhaité nous adresser à vous, après un cumul exceptionnel de dysfonctionnements dans la gouvernance d’Etat. Parmi les évènements portés à votre connaissance, je souligne le détournement de fonds au siège de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm), la découverte présumée d’un lot de faux dollars et les tentatives de cambriolage de bureaux de la Direction du budget et de la Cour suprême (Csm) ; à ces incidents – je n’en minore la gravité – s’ajoutent les contentieux de corruption en examen par la Commission d’enquête parlementaire (Cep). Selon toute probabilité, des scandales de même facture pourraient rajouter au discrédit d’une gestion publique, en panne dès le lendemain du 10 juillet 1978.

Notre propos, ici, ne consiste ni à exagérer la critique fût-elle légitime d’ailleurs, ni à démonter la faillite de l’hégémonie ethno-tribale. A cet égard, l’essentiel a été dit, réitéré et prouvé ; les derniers évènements confirment nos constats, de jour en jour. Vous vous souvenez avec quel scepticisme, une frange de l’opinion accueillit mon projet, formulé durant la campagne électorale en 2019, de confier, à une instance permanente de contrôle, le soin de vérifier et authentifier les diplômes et qualifications du personnel de l’Etat. A l’époque, je pressentais combien le pays s’enracinait dans la culture du faux, généreusement servie par la négligence, l’impunité, les ententes de clan, la pression des clientèles et le cynisme ambiant. L’autorité de l’Exécutif étant devenue une entreprise de prédation, elle ne produit plus que des passe-droits, des indulgences et des distributions rotatives de rente, sans se soucier de réduire les inégalités hérités, métastase de la gouvernance en Mauritanie. La clochardisation de la fonction publique et de ses bâtiments témoigne de la ruine. Oui, le modèle a dépassé ses limites et sa péremption menace les fondements de la cohésion sociale, du moins ce qu’il en subsiste.

Aussi, mon propos, ici, se résume en une injonction unique : l’heure impose d’oser la rupture, pour survivre, en paix.

L’objectif vital requiert d’abord la sincérité à l’application du droit, la réhabilitation de la justice, le nettoyage de la corporation des magistrats et l’avènement d’une transparence, tous azimuts. Ainsi quand tout semble perdu, un pouvoir légitime ou ambitieux de l’être gagne la confiance des gouvernés ou s’expose à l’insurrection. Or, à présent nos compatriotes ne croient plus à leurs dirigeants et regardent l’ensemble de l’élite, avec suspicion et impatience.

L’ampleur du défi exige une concertation nationale sur le devenir du pays, débat dont nul thématique ou acteur ne devrait s’exclure. Cette refondation, notre Parti radical pour une refondation globale (Rag), ne cesse de la réclamer, depuis longtemps, comme d’autres organisations interdites.

Aujourd’hui, le Président de la république et le Parlement ne sauraient éluder ni différer davantage l’instant de vérité, qui est le temps des réformes, à la racine et vite. Il lui appartient de prendre la population à témoin, d’en susciter la confiance puis le concours, sur la base d’un inventaire franc, qui n’esquive les fautes, les insuffisances, les erreurs, encore moins les crimes. Le moment est venu de reconnaitre, juger, présenter des excuses, réparer ; la part symbolique de l’exercice concerne, d’abord, les protagonistes actuels de la faillite. A force d’amnisties dénuées de raison juridique et de consensus, nous avons appris à banaliser le vol, l’usage de faux, les nominations pour faire plaisir, toujours aux mêmes. Je reviens, ici, sur la nécessité d’abroger la loi scélérate du 14 juin 1993, qui insulte la mémoire et le sentiment d’une composante de la communauté de destin.
Jusque-là, la Mauritanie se singularisait par le racisme et l’esclavage ; la voici atteinte au cœur de la crédibilité de ses institutions, ; les incidents que j’ai cités plus haut attestent d’une dérive vers l’Etat-voyou. Sortir de l’engrenage, a un prix, un seul : il faut aller loin, privilégier la générosité et le courage, bref oser mieux que des ravaudages de grand-mère, des demi-mesures et la sagesse fataliste du laisser le temps au temps.
Si le gouvernement et le Chef de l’Etat s’engage sur la voie du discernement et de l’équité, il mériterait notre soutien vigilant. En revanche, nous continuerions à combattre le maintien du statu quo, grâce au surcroit d’ardeur que commande l’urgence. Mon camarade Oumar Yali et moi n’avons failli au devoir de l’avertissement et de la proposition.
Tous deux, nous vous remercions d’accorder votre attention à notre propos liminaire.

Nouakchott, le 9 juin 2020

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune: les velléités dominatrices de l’ordre féodal soninké, sources de tous les remous sociaux. Par CISSOKO Souleymane

JE NE SAVAIS PAS QUE LE FAIT QU’ON IGNORE LES FÉODAUX ET L’ORDRE FÉODAL (CHEFFERIE TRADITIONNELLE), ÇA LES DÉMANGER AUTANT.

Un titre qui était censé être que symbolique ou honorifique (dans mon subconscient en tout cas) s’avère être un leurre et vouloir imposer des diktats.
Ce n’est pas comme s’il n’y aurait une absence d’autorité puisqu’il y a l’Etat qui est là pour assurer l’autorité, ce à quoi on se réfère et on reconnaît comme seule entité détentrice d’autorité. Dès lors on admet que ce n’est pas pour prôner L’ANARCHIE dans la société que de dire qu’on ne veuille plus de cet ordre féodal discriminatoire et arrogant. D’ailleurs à y voir de près, c’est à se demander si ce n’est pas eux (les féodaux) qui veulent créer ce désordre en niant non seulement l’autorité de l’Etat qui est le seul qui doit jouer pleinement son rôle et par conséquent l’application pure et simple des lois sur l’étendu du territoire. C’est que les féodaux veulent s’arroger tous les privilèges tout en méprisant les autres….

Encore Heureux qu’on ait recours aux plaintes quand on s’estime léser. Par ce que c’est comme ça que ça devrait se faire dans toute société civilisée, on ne doit se faire justice soi même.
Là aussi on peut réitérer qu’on est plus que déterminé à conquérir sa liberté et se libérer de cette joug de l’ ORDRE FÉODAL SOUS TOUTES SES FORMES jusqu’à « ce que justice jaillisse comme l’eau et le droit comme un torrent. »
Le tempo dynamique d’une aspiration à la dignité bien ancré dans toutes les contrées fait entendre son battement au cœur d’une recherche de valeurs humaines universelles chez bien des gens victimes de cet ostracisme aux antipodes de nos VALEURS contrairement aux (VA) LEURRES que les féodaux véhiculent et veulent mettre dans nos têtes comme des libellules.

Quand au Monsieur, qui clame sa féodalité pleinement assumée, nous lui disons, a lui et à la commission chargée par le Président de la République que cette lutte a pris lentement forme et n’est pas prête de s’arrêter du jour au lendemain. Pour la simple raison qu’on est unanime et déterminé à le mener jusqu’au bout et que les privilègiés, comme ils se vantent d’être propriétaire du foncier, « cèdent rarement leurs privilèges sans une forte résistance. »
Quand on s’estime lésé par un système qui annihile et ostracise, on ne s’arrête pas en chemin avant d’avoir obtenu une dignité pleine et entière dont nous jouissons naturellement sauf dans nos organisations sociales…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (9/7/2020)

Système de castes en Mauritanie : du tribunal privé à la torture en public

Note d’interpellation


La victime de maltraitances infligées devant témoins et sans le secours d’aucun, est de nationalité malienne ; elle se nomme Modiba Doumbia, marabout-féticheur de son état, installé depuis 11 années dans le village de Dafort; il étendait aussi ses exploits discrets à l’intérieur du département de Ould Yengé, région du Guidimakha, au sud-est de la Mauritanie. Son premier hébergeur, à la fois tuteur et garant, serait Salou Fodié Camara. Le sieur Doumbia, négociant en services occultes, profitait de la tolérance par les dignitaires autochtones. Sollicité pour ses services à équidistance de la magie et de l’intercession des saints de l’Islam, il bénéficiait d’une rémunération plutôt enviable.
Or, la contestation des ordres statuaires qu’entretient la mémoire de l’esclavage en milieu Soninké, vient s’insinuer dans le métier du susdit et l’expose à perdre sa neutralité, au fil des conflits et règlements de comptes entre les deux camps. Les nobles reprochent, au médecin des âmes, sa proximité avec Gambanaxu, le courant hostile aux privilèges et inégalités de naissance. Le penchant indélicat indignait les tenants de l’autorité selon la tradition et le vote, alors réunis en la personne de Diadié Gagny Camara, édile de Dafort depuis 1988 et doyen des maires de Mauritanie.
Il accuse, le marabout, de charlatanisme et le met en demeure de quitter les lieux. Doumbia exclut de déguerpir avant d’empocher des montants, à lui dus, par certains villageois, en contrepartie de son magistère obscur. Face au refus relativement inédit ici, l’élu de la localité organise et conduit, le 18 juin 2020, une expédition punitive vers la demeure du rebelle, un domicile locatif. Diadié Gagny Camara, accompagné de son fils Mohamed Silly, se met-il à la tête de la foule armée de gourdins et d’une corde à bétail, comme en attestent les images. La meute humaine appréhende Doumbia, à proximité de la mosquée. Plusieurs hommes le maîtrisent, là, presque tous issus de la famille de l’ex-ministre Amédi Camara, proche collaborateur de l’ancien président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz et toujours membre du parti au pouvoir, l’Union pour la république (Upr). Le déchainement de violence en bande, tel que constaté, de jour, implique plusieurs notables, dont un conseiller de commune, Kolly Mamady Camara, frère de Amédi, précité. Hadiétou Camara, meneur du comité de village et Demba Diani Camara, identifiables sur la vidéo, tenaient, chacun, un bout de la corde de fibre végétale qui entravait le marabout ; le second est aussi le cousin de Mohamed Silly et de leur parent commun, Ali Bakary Camara.
Ligotée, battue, humiliée et filmée, la victime n’a eu droit à aucun secours, parmi la foule présente. Son supplice s’est prolongé jusqu’à l’arrivée des éléments la police judiciaire, grâce aux instances du maire, auteur des représailles. Il leur remit le corps malmené de Doumbia. Ce dernier, quoique supplicié, continua de demander, au village, la restitution de l’argent saisi sur lui, d’un montant de 53700 ouguiyas nouvelles. La maréchaussée lui répliquait que la réclamation de sa créance doit se faire à Ould Yengé, chef-lieu du département. Or, il s’agissait d’une promesse de circonstance : Doumbia, les mains vides, blessé et dépossédé de tout, se retrouve, à la frontière du Mali, où le jettent les gendarmes.
Il importe de souligner l’enchainement des conséquences et demander, aux autorités, d’y remédier sans délai :

  1. Au travers de leur comportement, les citoyens et gendarmes incriminés engagent la responsabilité du gouvernement de la République islamique de Mauritanie, en violation des articles 3 et 4 de l’Acte constitutif de l’Union africaine (Ua) et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, de 1984 ; notre pays a signé et ratifié les deux instruments de droit international et fut condamné, au titre du second, le 1er juillet 2005, lors du procès du capitaine Ely Ould Dah, devant la Cour d’appel de Nîmes. Jusqu’à ce jour, l’Etat mauritanien s’abstient d’exécuter, aux pénal et civil, l’un des arrêts pionniers de la compétence universelle en Europe. Ainsi, convient-il de rappeler à quel degré de causalité, l’impunité favorise-t-elle la récidive.
  2. La somme des preuves disponibles, enregistrements audio et image animée inclus, n’autorisent aucun doute quant à l’identité des commanditaires de l’infraction ; certains se vantent de leur forfait, au cours d’échanges sur des groupes électroniques de discussion. La population civile est passible d’une incrimination de délits de non-assistance, d’apologie de l’esclavage et d’incitation à la haine.
  3. Il appartient, au gouvernement et à la magistrature, d’entamer, vis-à-vis des parrains, exécutants et complices du crime, l’ensemble des mécanismes disciplinaires et de poursuites en justice. Un tel niveau de brutalité n’échapperait à la rigueur des lois que dans une cité disposée à se reconnaitre la distinction de l’amoralité. Le présent appel s’adresse, surtout, aux institutions locales en charge de défendre la dignité de l’individu, lui porter assistance et obtenir réparation, de la pression physique, de l’intimidation et des atteintes à l’intégrité du corps.
  4. A la lumière de l’évènement susrelaté, le Parlement est désormais tenu de produire une législation explicite en matière de protection de l’étranger, sur le sol de la Mauritanie ; en vertu du principe de réciprocité, l’adoption de cette norme éthique constitue une mesure de prudence qui contribuera – d’où l’urgence de l’anticipation – à préserver la sûreté et les biens de nos compatriotes expatriés.
    Initiative de résurgence abolitionniste en

Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 5 juillet 2020

Lien connexe : cliquer, et visionner les séquences de sévices, perpétrés, le 18 juin 2020, au milieu de la localité.

Ampliation : Haut-commissariat des Nations unies aux droits l’Homme, bureau de Nouakchott, Délégation de l’Union européenne et représentations diplomatiques en Mauritanie, Assemblée nationale, Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile (Cdhahrsc), Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp).

Initiative de Résurgence Abolitionniste en Mauritanie
(Ira-M)


Nouakchott, 5 juillet 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

NOTRE « J’ACCUSE »

● Contre les couvertures intellectualistes et militantes de l’ordre féodalo-esclavagiste dans nos communautés, notre « J’ACCUSE »

Il y a quelques mois, je suis passé sur le film « J’ACCUSE » de R Polanski. L’affaire Dreyfus portée au cinéma, un officier français de confession israélite qui fut injustement accusé et sali courant 19ème siècle. Un film qui retrace comment un certain ordre militaro-politico-social en France s’était emmuré pour entretenir les mensonges et manipulations afin de salir un innocent par antisémitisme crasseux. Et le plus passionnant et vibrant dans le film, c’est quand Zola rentra dans la danse pour la VÉRITÉ par son célèbre J’ACCUSE qui secoua l’anse du FAUX socialement et culturellement distillé. Dieu sait que Zola risquait beaucoup dans cette initiative… tellement que les forces manipulatrices et mensongères furent puissamment érigées à divers niveaux depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui en abordant les réalités féodales et esclavagistes dans nos communautés, on se rend compte qu’effectivement il y a des approches sensiblement similaires entre ceux qui portèrent méthodiquement les MENSONGES anti Dreyfus en visant le juif et surtout en croyant défendre leur « société pure », et ceux qui s’activent en coulisses et par des postures intellectualistes en zones choisies en voulant NIER, SALIR, COUVRIR, MINIMISER ET DISTORDRE enfin de donner une humanité aux tares affreuses de leurs communautés.

Notre « J’ACCUSE » d’aujourd’hui consistant à dévoiler ces double-face et autres « couteaux suisses », est une mission de portée sacrée.

KS pour le BLOG

Une tribune par Docteur Yaya SY

J’ai déjà dans mon ouvrage « Les légitimations de l’esclavage et de la colonisation des Nègres  » (la majuscule est expliquée) exposé que beaucoup d’ouvrages écrits sur l’esclavage portaient le sceau d’un petit parti pris… Lisez cet ouvrage vous y trouverez toutes les formes d’esclavages dirigées contre les Nègres d’Afrique (intérieures et extérieures). Les silences et les omissions coupables sur ces pratiques intérieures et extérieures. Les dénonciations des incidents survenus dans le Maghreb et en Mauritanie jusqu’à la parution de l’ouvrage en 2010. Les cas particuliers de la Mauritanie et du Soudan y sont exposés. Aujourd’hui, le regard doit tenter d’embrasser tous les pays pour y dénicher les conséquences de plus de 13 siècles d’esclavage et de déportation en Afrique par les Arabo-musulmans et cinq siècles d’esclavage, de colonisation et de néocolonisation par l’Occident . Ce qui se passe actuellement au Mali est insupportable ! Sur le Net, pas plus que la semaine écoulée, un homme a déclaré, se vautrant en vidéo dans la boue de ses idées nauséabondes… en s’adressant aux descendants d’esclaves soninkés en ces termes : « Si les esclaves repus veulent se libérer, ils n’ont qu’à venir voir l’association « Les nobles ne leur ressemblent pas » (une association qui a pignon sur rue dans What’sApp) par groupe de cinq, on leur accordera la liberté « . De tels propos passent comme une lettre à la poste chez nous au Mali en juin 2020 au moment même où l’on déboulonne des statues à travers le monde entier…. Au Nord du Nigeria on continue à vendre et à acheter des enfants, des hommes ou des femmes africaines. L’esclavage est un crime imprescriptible de l’esclavagiste !!! L’esclavagiste n’a pas de couleur de peau… Par conséquent le combat continue car les vraies séquelles de l’esclavage, qui est inséparable de la colonisation, c’est la mise sous tutelle politique, économique et culturelle de l’Afrique Noire avec en prime le mépris du Negre par les autres humains et par lui-même… En un mot le pillage des ressources de l’Afrique Noire par les anciens maîtres et leurs gouverneurs locaux alliés aux esclavagistes féodaux de l’intérieur, continue de plus belle. Ces trois groupes de prédateurs impitoyables exproprient et spolient les populations africaines démunies à tours de bras. Combattre l’esclavage et la colonisation c’est appréhender et identifier clairement leurs conséquences actuelles qui constituent de véritables obstacles au développement de l’Afrique.

Yaya SY Anthropologue et Historien.

Esclavage en Mauritanie : un militant disparaît et réapparaît au siège de la police politique (IRA-MAURITANIE)


Note d’alerte

Dans la soirée du 21 juin 2020, 4 éléments de la gendarmerie, à bord d’un véhicule banalisé et en tenue
civile, arrivent au village de Kseir Elbarka à 7 km de Adel Bagrou, près de la frontière avec le Mali ; les
visiteurs cherchent et s’emparent du jeune Mohamed Khatri membre du bureau Ira-M en Côte d’Ivoire,
fraichement revenu en famille, après un long séjour à Abidjan. Le groupe, auteur de l’enlèvement, n’a pas
décliné son identité, le motif du rapt ou la destination.

  1. A 21 h, Mohamed Elkhatri repartait de chez lui, aux mains de ses ravisseurs. 6 jours plus tard, l’appel
    téléphonique d’un fonctionnaire de police informe, Monsieur Mouchtaba Ould Mbareck, oncle du susdit,
    que ce dernier se trouve, depuis, à Nouakchott ; en conséquence, il peut le venir voir dans les locaux de la
    Direction générale de la sureté nationale (Dgsn). L’entretien ainsi proposé se déroula, le 26 juin, entre les
    2 hommes ; pour la première fois, Mohamed Elkhatri voit ou rencontre l’un des siens, depuis son
    arrestation, à 1370 km de la capitale. L’échange, sans doute à cause de sa brièveté, eut lieu sans pression
    physique mais en présence de tiers parmi le personnel de la sureté. Le détenu paraissait souffrir de fatigue
    et d’anxiété et affichait les symptômes de la démoralisation.
  2. Bien avant sa relégation, Mohamed Ould Khattri – petit-fils d’esclave – subit un lynchage sur les réseaux
    sociaux ; il y est gratifié de « raciste anti arabe…enragé anté-islamique… valet des juifs…membre de la
    bande criminelle de Ira-M, organisation de malfaiteurs inféodés au sionisme international et à l’Occident
    croisé », etc. Des bloggeurs de notoriété au sein de la communauté arabo-berbère, vivants à l’étranger ou
    en Mauritanie, l’accablaient d’insultes et de malédictions, essentiellement motivées en vertu de la religion
    et de la supériorité de race. Ould Khattri est accusé, au titre des lois contre l’incitation à la haine, d’avoir
    publié, sur sa page Facebook, le slogan « Frère hartani, si un bidhani t’indexe, brise-lui sa petite gueule».
    Or, sur son profil, Mustapha Nezih Bilal, recense, en détail, les éruptions de discours suprémaciste arabe
    que l’impunité consacre, si les auteurs sont arabo-berbères. La chronologie documentée, est accessible,
    ici : elle comporte l’identité, la photo et la localisation de chaque contrevenant. Aucun ne fut inquiété.
  3. Mohamed, isolé au secret depuis 9 jours, risque la violence au corps et le tourment moral, tous
    traitements infligés afin de briser sa résistance et, si possible, le retourner contre ses compagnons de lutte ;
    la réputation et le passif impuni des services de sécurité de la Mauritanie confortent la crainte de sévices
    systématiques, à l’encontre de prisonniers noirs. Jusqu’ici et malgré une pléthore de documents et de
    témoignages qui attestent des pratiques de torture ciblées dans le pays, aucun auteur présumé n’en a
    répondu devant un magistrat. Mêmes les mesures disciplinaires continuent à faire défaut.
  4. De l’ensemble des pratiques de contrainte en vigueur durant la garde à vue et plus souvent lors de la
    détention préventive de personnes de sexe masculin, nous rappelons la privation de sommeil, l’humiliation
    par la nudité, les coups de matraque électrique et de bâtons sur les mains et les pieds, la manipulation des
    parties génitales, la compression et le maintien du corps dans une posture de resserrement au moindre
    mouvement, enfin l’écartèlement graduel, dit Jaguar…

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 30 juin 2020

Racisme en Mauritanie : Abou Djiby Diop, le miraculé

Récit d’une bavure

Assalamou Aleikoum, chers parents et amis !


Je suis Abou Djiby Diop, celui que deux policiers avaient étranglé, au bord de la chaussée, non loin du Commissariat Elmina1, dans la capitale, le 20 juin 2020, peu avant 11 heures du matin.
Mon père s’appelle Djiby Hamady Diop, ressortissant du village de Waly, ma mère – Maimouna Samba M’Bodj, est de Maghama. Je suis né en 1980 à Sebkha, quartier de Nouakchott. J’habite le lotissement Samia, dans la commune d’Elmina et travaille au marché de la plage. Depuis longtemps, j’aide les équipes de pêcheurs à amarrer leurs pirogues. En contrepartie, je suis payé en nature. Je revends les quelques poissons sur place ou aux mareyeurs. Parfois, je les rapporte chez moi, pour ma consommation propre.
Peu avant 5 heures du matin, je me rends au stationnement dit « Arrêt bus » d’où je dois prendre un taxi, en direction de mon lieu de travail. Je n’avais en poche que 10 ouguiyas, donc pas assez. Aussi, me suis-je résolu à marcher. Sur ma route, deux individus, armés de couteaux m’interceptent et intiment l’ordre de leur donner mon sac à dos. Devant leur agressivité, je me sauve en courant. J’ai pris l’habitude de fuir les problèmes auxquels je ne peux faire face, tout seul. A toutes jambes, je me réfugie derrière un vieil homme qui lisait un Coran, assis, en plein air.
Hélas, les deux malfaiteurs ne tiennent pas compte de sa présence et me poursuivent encore ; nous tournoyons autour du vieillard qui continue sa lecture. Je me sens comme un animal traqué, un gibier. Le tumulte de notre querelle alerte les éléments de la Garde, postés au coin de la rue adjacente. Ils viennent à nous, curieux de connaitre la cause du bruit ; mes assaillants s’empressent de parler ; ils élèvent la voix et agitent les bras. J’apprendrai bien plus tard que mes agresseurs m’accusaient de m’être infiltré chez eux, vêtu en boubou, avec l’intention de commettre un vol. Je ne comprenais rien à ce qu’ils disaient, en Hassaniya. Les policiers nous arrêtent, tous et nous emmènent au commissariat d’Elmina 1. Le duo qui me pourchassait eut l’occasion de resservir sa version des faits, dans la même langue que les policiers. A la suite de leur récit, ils recouvrent la libérté. Les policiers me demandent mon identité et ma localité d’origine, je réponds à leurs questions. Ils prolongent leur interrogatoire en s’intéressant à ma famille. Je leur précise que je vis avec mon épouse et mes deux enfants. Après l’interrogatoire, ils m’ordonnent d’entrer dans une petite cellule malodorante et referment la porte derrière moi. Pourtant, les objets que contenait mon sac prouvaient mon activité.
En début de matinée, les policiers m’extraient de la cellule et me reposent les mêmes questions. Ils me réclament mon numéro de téléphone, que je décline.
J’explique ma condition d’ouvrier journaliser, qui cherche à nourrir sa famille, désormais sans ressources du fait de mon absence. Mon deuxième enfant est tout petit, mon épouse vient d’accoucher, je suis d’une condition très modeste, je ne saurais me permettre de m’absenter de mon lieu de travail. Quand je pense à ma femme et à mes enfants qui comptent sur moi seul, je me dis que je n’ai rien à faire au Commissariat et décide, alors, de m’enfuir. Les deux policiers se lancent à mes trousses, et me rattrapent, à quelques mètres de là. Il se mettent à me tabasser de toutes leurs forces ; ensuite, ils me plaquent au sol et m’étranglent, le genou de l’un appuyé sur mon cou et le reste de mon corps immobilisé par le poids des deux. J’ai senti venir la mort et accepté, à cet instant, de ne plus bouger, ni parler, pour mettre toutes les chances de survie de mon côté.
Ils me ramènent au commissariat, me lient les pieds, grâce à une chaine en fer et me replacent à l’intérieur de la cellule. Plus tard, ils reviennent, me délient et exigent que j’atteste, de nouveau, mes identité et numéro de téléphone ; ils notent et me relâchent. Ils ont dû enquêter ou subir des pressions car je les sentais honteux. Ma détention ne dépassa pas une journée, mais une journée qui a failli être la dernière de mon existence. Je suis désormais libre mais sali face au monde entier : il a été dit que je suis étranger, voleur, délinquant, voire bandit notoire.
Quand l’information de ma mort a circulé, la police repartit à ma recherche. Ainsi, 4 jours après, le 24 juin, elle me retrouve et me reconduit au commissariat, le temps d’une petite discussion dont je ne comprenais pas trop les motivations, sauf peut-être me prouver (ou se prouver) que j’étais bien en vie, après mon passage entre leurs mains. Je ne leur ai rien dit de ma douleur mais il y a des choses à ne jamais infliger à un être humain car il nul n’en sort indemne. Je ne suis pas un menteur et moins un bandit ; tout ce que je leur ai exposé était clair, eux-mêmes l’ont reconnu, devant moi.
Ici, je veux d’abord remercier les bonnes volontés qui m’ont soutenu, sans me connaître, dès la sortie des photos de mon étranglement. A présent, je souhaite porter plainte. Je n’ai pas l’intention de laisser passer une telle injustice. C’est pourquoi, je prie, tous les mauritaniens, de m’aider dans cette démarche, afin de réparer le tort qui m’a été causé. Je souhaite poursuivre les auteurs de mon agression, qui ont failli entrainer ma fin. La police conserve leurs coordonnées. D’autres peuvent aussi subir mon sort, par hasard. J’ai été honni, mes parents à Waly et mes connaissances, partout ailleurs, ont enduré l’humiliation, avec moi. Je me retrouve couvert de honte et aurais pu mourir d’étouffement. Dieu merci, je commence à me remettre de mes courbatures et dois consulter un médecin.
Je sollicite, de mes compatriotes, si je peux prétendre encore au moindre droit dans ce pays, leur concours au rétablissement de ma dignité ; je forme le vœu de réhabiliter ma réputation de personne honnête. Je ne quémande pas car je sais gagner ma vie à la sueur de mon front.

Propos recueilli, à Nouakchott, le 26 juin 2020, par Madame Coumba Dada Kane, Députée à l’assemblée nationale, Vice-présidente d’IRA – Mauritanie

L’édito – CriOsé: La féodalité nègre en Mauritanie : L’affaire se joue à l’honnêteté et à la cohérence.

Cet antiraciste proclamé très loquace qui est par ailleurs un féodal zélé qui s’efface étrangement face aux faits liés au régime féodalo-esclavagiste dans sa propre communauté.

Nous, la priorité qui s’impose à nous , c’est de se défaire du féodalisme nègre dans le Sud mauritanien, parler du racisme supposé d’ailleurs est presque du luxe si j’ose dire ainsi !
Les problématiques liées à nos coutumes féodalo-esclavagistes ne sont pas des « sous problèmes ». Un contact Facebook m’apprend en coulisses que pour certains engagés negro-mauritaniens pourtant « très affichés » pour l’avènement d’un véritable État de droit, le système des hiérarchies par la caste au sein de leurs communautés est un non problème. En précisant que pour eux cela fait partie de leur idéologie sociale et motive en partie leur engagement identitaire en prétentions nobiliaires et féodales face à d’autres membres de la communauté. Ils se croient défendre leur identité profonde en maintenant les castes et même celle des esclaves dans l’ordre social en place. En gros ils ne développent aucune approche sérieuse en intracommunautaire pour réformer le régime discriminatoire et ségrégationniste de castes. On comprend mieux pourquoi certains voulaient institutionnaliser l’ordre religieux coutumier et communautaire à un niveau de l’échelle de la Justice dans le pays…

Leurs desseins intimes seraient de vouloir remplacer le système décrié en qualificatifs pompeux aux visées progressistes, par leur système prêt à sévir déjà légendaire dans leur communauté qui est l’affreuse hiérarchisation hermétique des hommes par les castes. Dans leur logique sociale les hommes ne se valent pas et leurs prêches extramuros pour l’égalité citoyenne ne sont qu’un leurre fantaisiste et de foi douteuse.

Sur la question de l’esclavage en Mauritanie, nos compatriotes maures savent que certains milieux negro-mauritaniens mènent un militantisme (discours et posture) HYPOCRITE, et c’est VRAI et surtout très GRAVE pour l’engagement droit-de-lhommiste global.

Le temps passant face à certaines réalités longtemps tues chez nous, je réalise que nos cousins haratines ne pouvaient pas compter sur un VÉRITABLE éveil libérateur antiesclavagiste et abolitionniste venant du Sud (communautés soninkés et peuls) .

Peu d’espoir de réussite à vouloir légitimer les divisions ségrégationnistes chez soi et tout en réclamant une cohésion nationale sur la base d’égalité CITOYENNE.

Par KS pour le BLOG

Mauritanie – Les abus liés à l’ordre féodal à Dafor autour d’un périmètre pastoral : lettre d’alerte et d’information à l’opinion nationale et internationale.

un cliché pris de la plaque indicative du périmètre.

Nous sommes une communauté considérée comme étant d’ascendance esclave selon le régime coutumier et féodal soninké. À Dafor , chef-lieu de la Commune du même nom , nous sommes plusieurs dizaines de familles qui se sont libérées du joug de vestiges sociétaux de l’esclavage coutumier. En effet depuis bientôt 4 ans , sous le vocable soninké Ganbanaaxu (être égaux en Droits et en DIGNITÉ) , nous avons subi d’innombrables actes d’intimidations et de provocations venant de tenants extrémistes de l’ancien ordre féodalo-esclavagiste soninké. En fin d’année 2019, lors du passage de Maître Bouhoubeïni , président de CNDH à Selibaby, Guidimagha, l’un de nos doyens, monsieur Bakary Camara avait remis un document retraçant les difficultés qu’on a pu rencontrer à cause de notre engagement éveil citoyen et humaniste contre cet esclavage statutaire intracommunautaire qui est foncièrement violent en terme symbolique et social. Nous sommes stigmatisés et reclus socialement dans la communauté féodale soninké. Par notre présente lettre de plainte et de signalement, nous vous exposons une situation insupportable de manipulation orchestrée par le Maire, monsieur Camara Diadie Gagny et les représentants coutumiers qui défendent l’ancien système féodal. Cette situation concerne un périmètre communal dans le village destiné à retenir périodiquement du pâturage en prévision de la saison sèche. Comme déjà décrit dans notre document remis à Maître Bouhoubeïni, les provocations de milieux féodalo-esclavagistes avaient conduit à une altercation autour de l’accès à ce périmètre courant du moi de mai 2019, l’affaire avait été portée aux autorités à Ould Yengé et à Selibaby. Avec l’appui du trés controversé procureur (souvent complice les féodalités soninkés de la Région) Selibaby, un arrangement à l’amiable avait été trouvé entre nos membres et les représentants coutumiers de l’ancien régime. Nous avons tenu à cet arrangement jusqu’à tout dernièrement où la partie adverse avec la complicité du Maire exige que nos familles qui refusent les coutumes esclavagistes reviennent à l’ancien système organisationnel d’esclavage statutaire afin de pouvoir bénéficier du périmètre de pâturage. Nous avons répliqué qu’il n’est pas question qu’on se fasse humilier dans l’ancienne organisation sociale discriminatoire et ségrégationniste à notre encontre. Ces derniers jours, nous avons alerté le chef d’arrondissement de Lehraj. Il est venu à Dafort ce jeudi 18 juin 2020 chez le Maire. Réunis chez le Maire avec les représentants coutumiers de l’autre clan, le chef d’arrondissement a réaffirmé que le périmètre est destiné à tous les citoyens et nous avons répété que nous participons à tous les travaux d’ordre intérêt général dans le village mais nous n’accepterons plus les tâches et les considérations organisationnelles liées aux séquelles sociales de l’esclavage coutumier. Malgré la mise au point faite par le chef d’arrondissement sur le cas du périmètre pastoral communal censé ouvert à tous les citoyens devant le Maire et ses complices, encore aujourd’hui ils entretiennent toujours un certain flou de chantage et de blocage pour contrer l’adhésion de nos familles pour avoir accès libre comme tout le monde. Le volte-face constaté, nous avons saisi de nouveau le chef d’arrondissement, mais ce dernier préfère entretenir toujours les ambiguïtés sur l’affaire du périmètre, ce qui dénote clairement sa complicité par évidence avec les vues du Maire et ses parents féodaux du village.
Cette situation de tensions perpétuelles a trop duré et nous vous la exposons par cette lettre d’alerte pour passer le message à qui de droit au niveau des hautes autorités publiques. L’alerte sera transmise aux organismes nationaux et internationaux défendant les droits humains.

©️ Communauté Ganbanaaxu de Dafor

Dafor 25 juin 2020