● ESCLAVAGE MEURTRIER AU MALI | Lettre ouverte au Colonel Assimi GOÏTA, président de la république du Mali et son gouvernement.



Monsieur le président, nous associations abolitionnistes, panafricanistes qui composons la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S), en collaboration avec le mouvement Ganbanaaxu Feddé ( mouvement revendicatif, républicain et pacifique qui milite pour l’égalité entre tous en dignité, droits et devoirs) présent dans la sous région ouest africaine (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées), nous vous saisissons de toute urgence pour mettre fin aux meurtres et expulsions des militants anti esclavagistes, les crimes odieux qui se perpétuent sur la base de l’esclavage sont devenus des faits divers d’une banalité déconcertante sur le territoire malien.

Le plus récent crime esclavagiste s’est passé à Lany Mody, du 29 au 30 juillet 2022, une scène macabre fut découverte avec stupeur, une femme âgée de 70 ans est enlevée dans son champ, tuée, décapitée, puis son corps découpé en morceaux et avec une tentative d’incinération, le reste du corps non consumé par le feu est mis dans un sac et jeté dans l’eau en pleine marre au milieu des broussailles. Le seul tort de Feu Diogou Ladji SIDIBE est d’avoir refusé d’être une esclave dans son village natal, village sous l’emprise des chefs coutumiers soninké qui voulaient l’exproprier de sa terre cultivable, propriété familiale depuis plusieurs générations et cela confirmée par des décisions judiciaires de la juridiction de Kayes.

Monsieur le président, il faudra combattre avec une très grande fermeté le terrorisme esclavagiste qui se développe dans le Mali, la cherche de la paix et la stabilité du Mali font partie de votre serment, en dépendent. Nous profitons de l’occasion pour vous rappeler les assassinats terroristes, lâches, sauvages et barbares de quatre (4) chefs de familles à Diandioumé qui sont : Mountaga DIARRISOW (72 ans), Youssouf SISSOKO (73 ans), Diani Hamet SISSOKO (44 ans) et Gossi SISSOKO (45 ans), dans la commune de Gogui, cercle du Nioro Mali. Ces crimes ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 Septembre 2020, les auteurs des crimes n’ont toujours pas été jugés et mieux, certains ont été libérés à la grande stupeur des victimes.

Des attaques meurtrières ont eu lieu du 05 au 07 Avril 2020 à Lany Tounka zone où vient de se produire le dernier crime, dans la commune rurale de Sony, un homme avait perdu la vie et deux femmes ont fait de fausses couches suite aux coups et aux blessures volontaires qu’elles ont reçus. Des maisons ont été vidées, saccagées et incendiées, une femme ligotée, trainée par une bande de jeunes excités et violents.

Des attaques violentes se sont passées dans la commune de Tomora (Cercle de Bafoulabé) dans la journée du 02/10/20 et continuent jusqu’à aujourd’hui en 2022 contre les membres de l’association anti-esclavagiste CSP/A.C.D.E. Toujours à Bafoulabé le 28/09/2021 M. Diangou CISSÉ est tué à Tomora Souroubiré, le 17 juin 2021 le village de Kontela kenieba est attaqué, 21 blessés et 18 motos sont brûlées.

Monsieur le président, des centaines d’attaques ont été perpétrées entre 2018 et 2022 contre les militants anti-esclavagistes du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (R.M.F.P) dans les villages : Kerwané, Kaïnéra, Krémis, Yarka, Diakadromou, Nahali, Dramané, Tafacirga, Ségala, Bafarara, Khalinioro, Khabou, Makhana, Sansagné, Dialakha, Sabouciré, Maréna, Dioucoulané, Harikidou, Hamdallaye, Trougoumbé, Diarrah, Mamoyré, Bakhamabougou, Gourdi, Diangounté Camara, Fatao, Témikoro, Toudou, Bouly, Béma, Demba Gadiaba, Blissibougou, Sakora, Séroumé, Djallan, Tomora et Kersignané.

En 2021, il y a eu plusieurs attaques qui ce sont soldées par plusieurs blessés graves dans les villages de Samba Dramané le 10 Avril 2021, Goudiame, Dembagadiaba, Maganatoubaboukani le 15 Mai, le 03 Mai 2021 le chef du village de Baghamabougou a ordonné aux familles esclaves qui ont émis le souhait de ne plus être traitées comme telles ( par leur volonté commune de ne plus pratiquer le Laada) de quitter le village immédiatement, sinon, elles risquent d’être attaquées par une milice appelée jeunesse. L’incident a dégénéré par plusieurs blessés et 83 déplacés, ils sont tous hébergés à la cité des enfants de Niamakoro. Le 16 Mai 2021 le village de Kheybaré dans le cercle de Nara, il y’a eu une attaque perpétrée dans le village de Teyssibé, commune de Kara Koro, arrondissement d’Aourou, cercle de Kayes jeudi 20 Mai 2021, les dégâts sont nombreux. Les attaques ont fait plusieurs milliers de déplacés qui errent dans la capitale Bamako actuellement et sans espoir de retour et de retrouver leurs biens volés et bétails expropriés.

Monsieur le président, les arrestations arbitraires réitérées et injustifiées de nos membres dans les villages Soninkés, Kasonkés, Peulhs, Kagoro et Diogaramés sont fréquentes et la chefferie traditionnelle jouit d’une impunité inquiétante, en plus les arrestations ciblées de nos membres qui résident à l’étranger sont opérées à l’aéroport de Bamako avec une certaine complicité administrative.

Monsieur le président, vue de la situation de détresse dans laquelle vivent les victimes de l’esclavage au Mali et leurs défenseurs, nous vous prions de combattre ces terroristes esclavagistes au même niveau que les terroristes islamistes. Nous demandons à votre régime une loi qui criminalise et pénalise l’esclavage, les séquelles de l’esclavage et les apologistes de l’esclavage.

Paris le 06 Aout 2022

-Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S)

-Ganbanaaxu Féddé (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées)

-Kane Afrique

-Waraba D’AFRIQUE

Assep : (Association soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès)

A.H.M.E : (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

A.R.M.E.P.E.S-France : (L’Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles)

IRA-FRANCE (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste)

MSDH:(Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.)

RMFP : (Rassemblement Malien pour la Fraternité et Le Progrès

Solidarité Africaine section France

Un Passé Trop Présent

Gambana international

Memouké Diaguily

IPLESM: (Initiative pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles en M’Beidiya sakha)
A.C.D.E : (Association Contre la Domination et l Esclavage)

Said Larifou, président de la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles
Contacts : Tel : 0033 6 05 99 30 04 ;
Mail : larifou@gmail.com

Mali : l’ONU confirme l’implication de soldats maliens et «blancs» dans la mort de 33 civils

33 civils ont été retrouvés morts début mars au Mali, non loin de la frontière avec la Mauritanie. L’ONU a confirmé ce vendredi l’implication de l’armée malienne mais aussi de plusieurs “soldats blancs” dans ce drame. Ces derniers pourraient être des paramilitaires du groupe russe Wagner.

L’armée malienne et des “soldats blancs” sont impliqués dans la mort début mars au Mali , non loin de la frontière mauritanienne, de 33 civils, dont 29 Mauritaniens et quatre Maliens, selon un rapport d’experts missionnés par les Nations unies consulté vendredi par l’AFP.

Les corps de ces civils ont été retrouvés à quelque km du village de Robinet El Ataye dans la région de Ségou, où des “soldats blancs”, éléments du groupe paramilitaire russe Wagner selon un diplomate à New York, et des militaires maliens avaient la veille, le 5 mars, arrêté, ligoté, battu et emmené 33 hommes, dit ce rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur le Mali qui a été transmis fin juillet au Conseil de sécurité.

La disparition, aux contours à l’époque flous, de ces civils le 5 mars à Robinet El Ataye, avait fait grand bruit au Mali et en Mauritanie. Nouakchott avait accusé l’armée malienne d’”actes criminels récurrents” contre des citoyens mauritaniens dans cette région frontalière. Bamako avait dit que rien ne mettait en cause son armée.

Bamako réfute la présence de mercenaires

Les deux pays avaient ouvert une enquête conjointe, dont les résultats n’avaient début août pas été publiés. Un rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur le Mali , qui a été transmis fin juillet au Conseil de sécurité et que l’AFP a pu consulter vendredi, lève le voile sur la mort de ces 33 civils en dressant un récit macabre qui accable l’armée malienne et des “soldats blancs”.

Ces derniers feraient partie, selon un diplomate à New-York à l’AFP, des paramilitaires du groupe Wagner déployé auprès des militaires maliens depuis janvier. Bamako réfute la présence de mercenaires, évoquant la présence d’”instructeurs”, tandis que Moscou affirme n’avoir rien à voir avec cette société présente au Mali sur une “base commerciale”.

AFP

©️ Via RMI info https://rmi-info.com/mali-lonu-confirme-limplication-de-soldats-maliens-et-blancs-dans-la-mort-de-33-civils/