🔴 URGENT – Esclavage au Mali | violentes attaques signalées encore dans la région de Kayes. (MSDH)

COMMUNIQUE 026-MSDH/07/2021 RELATIF A L’ATTAQUE SANGLANTE DU VILLAGE DE MAKAN LAGARE PAR DES INDIVIDUS ARMES IDENTIFIES EN LIEN AVEC LA PRATIQUE L’ESCLAVAGE DANS LA REGION DE KAYES



Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme a appris avec amertume une attaque survenue à MAKANA LAGARE à 60 km de la Région de Kayes qui serait l’œuvre des esclavagistes qui ont décidé de frappé très fort.
Malheureusement l’esclavage dans la région de Kayes n’est plus un fait divers et continu d’engendrer des victimes (morts et déplacés).
Le village de Makana Lagaré s’est vu attaqué aux alentours de 16 h par les ressortissants du village de Maka Dougou pour les sommés d’arrêter de cultiver sur toutes les terres de cette zone s’ils refusent leurs statuts supposés d’esclaves.
Tout a commencé lorsque les habitants du village Makana Lagaré passaient une journée dominicale dans leurs champs normal car nous sommes en saison pluvieuse, les ressortissants voisins du village de Maka Dougou armés de pistolets automatiques, d’armes à feu ,d’armes blanches font irruption dans ce village en tirant à balles réelles et à bout portant sur les cultivateurs qui étaient présents au moment de leurs venues. Plus d’une dizaine de personnes ayant reçu des balles réelles sont dans un État très critique.
A l’heure nous écrivons ce post ces terroristes ou bandits armés ont assiégé le village de Maka Lagaré et un renfort de la Gendarmerie de la Région de Kayes est en cours de route pour essayer de limiter les dégâts et procéder à des arrestations.
Ce problème ne saurait résolu sans l’implication de tous, l’impunité bat son paroxysme dans la région de Kayes.
Les victimes et déplacés de Yelimané, de Diema, de Kaneyra, de Mambiry , de Bagamabougou,de Nioro, de Djandioumé pour ne citer qu’eux sont toujours en attente d’une justice au vrai sens du terme.
Le M.S.D.H n’est pas surpris de cette énième attaque contre des militants anti-esclavagiste, la preuve en 2020, quatre militants maliens qui œuvraient contre cette pratique ont été battus à mort à Djandjoumé dans le cercle de Nioro, dans l’ouest du pays, sur l’ordre d’élites locales qui continuent de défendre les hiérarchies sociales héritées du passé esclavagiste. S’en sont suivi d’importantes manifestations contre l’esclavage à Kayes et à Bamako.
A cet effet le M.S.D.H demande ;
* Aux autorités d’interpeller les vrais auteurs de ces atrocités sans précédent ;
* Aux organismes internationaux de défense des droits de l’homme de s’immixer très rapidement car le Mali est en Etat d’alerte en termes de violation des droits humains
Le M.S.D.H informe l’opinion nationale que nul n’est au-dessus de la loi et suivra particulièrement la suite de cette affaire.

Le M.S.D.H tient à rappeler que respecter les droits de l’homme ne relève plus du choix politique mais d’une obligation morale et juridique. Ce sont des engagements à vocation universelle, des principes de droits garantis par des déclarations solennelles ou des traités juridiquement contraignants.

Fait à Bamako le 04 Juillet 2021.
N’Djim Boubacar
Président du MSDH

Éloignons-nous du repli identitaire ! | Par Imam Cheikh Ould Ely

News RIM – Détribalisons nous, éloignons nous du repli identitaire, si nous voulons construire une nation.

L’instinct grégaire est fatal au développement des esprits et des pays car il favorise les inégalités et l’injustice. Depuis des décennies certains utilisent l’État, le pouvoir et l’argent pour privilégier leurs groupes d’appartenance au détriment de la majorité du peuple.

Il est temps de changer…. je suis tellement au fait des bienfaits et des méfaits de la tribu ayant grandi dans son moule et ayant été formaté à la considérer comme le premier et dernier salut et rempart, que j’en mesure le danger réel sur la modernité et le développement.

Certes les défenseurs de la tribu arguent de la faiblesse de l’Etat dont les défaillances dans son rôle social sont remplacés par la solidarité tribale….pour justifier le recours de certaines franges de la population à ce regroupement social.

Personnellement, je pense que cette défaillance de l’Etat à se substituer à la solidarité tribale, est un argument battu en brèche par toutes les tares et injustices corollaires à son existence et qui se manifestent le plus souvent par la suprématie de certaines tribus et les inégalités économiques et sociales qui en découlent. Ajoutons à cela les risques d’interférence permanente entre les exigences républicaines d’un etat démocratique et les considérations anachroniques forcément antinomiques et dichotomiques avec les paradigmes modernes et universels.

La comparaison entre les méfaits du tribalisme sur les esprits et ses éventuels bienfaits sociaux ne peuvent qu’être au désavantage des derniers.. L’expérience le vécu nous le démontrent tous les jours. Népotisme, injustice, frustrations et marginalisation.. etc….selon qu’on est d’une tribu dominante ou périphérique. Ce tribalisme spécifique à une composante de la population a engendré au plan endogène un phénomène de morcellement des appartenances sociales dabord au sein même de la société maure et ensuite au niveau exogène un repli identitaire des autres communautés par un phénomène de résistance à tous les paradigmes sociaux et culturels fondements de cette société tribale.

Cette dernière devenue du coup aux yeux des autres communautés hégémonique crée un sentiment de refus de l’autre qui s’est exacerbée depuis des décennies. Personnellement je suis convaincu qu’en lançant une lutte sans merci contre le tribalisme les autres phénomènes de repli identitaire s’estomperont à la faveur des dispositions qui ne pourront être que constitutionnelles et législatives pour être efficaces. Oui tout repli identitaire sur la base de la tribu, de l’ethnie ou de la race devront un jour faire l’objet de mesures coercitives.

La création d’une nation digne de ce nom passera par là.

Imam Cheikh Ould Ely

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=746747

✓Le mot « arabe » est synonyme en dialecte hassaniya de l’expression « maître esclavagiste » | Par Moulaye El Hassene

La colonisation arabo-islamique des contrées Nord-Ouest-Africaines, s’est accompagnée de terribles ravages en terme d’esclavage, de razzias, de viols physiques et de viols identitaires (écrasement des cultures et des identités des populations autochtones).

La composante Haratine, 1ère démographie du pays, et dont l’origine ne peut-être autre que Soninké, Bambara, peule, Wolofs etc. constitue un témoin vivant et un marqueur indélébile de la violence inouïe de cette colonisation et de l’acculturation qui l’a accompagnée. Quant aux berbères autochtones, malgré la très forte assimilation qui les a emmené plus tard à se confondre aux arabes, ils ont su, inconsciemment, marquer le dialecte Hassaniya par un terme qui a souvent attiré mon attention et qui me laisse penser que ce sont les arabo-musulmans venus de la péninsule arabique, qui ont apporté avec eux l’idée de l’esclavage dans la société maure du moins, et l’ont propagée et renforcée dans leur élan de façade qu’ils ont titré « répandre l’Islam ». En Hassaniya, un esclave, se dit « aabd », et un maître d’esclaves se dit…. « aarbi (un arabe) ».
Le mot « arabe » est synonyme en dialecte hassaniya de l’expression « maître esclavagiste ». Ainsi on dit en hassaniya « l’esclave et son arabe sont là-bas » pour dire « l’esclavage et son maître sont là-bas ».

Et même si l’esclave est Soninké et que son maître est Soninké comme lui, les berbères emploient toujours en hassaniya le même terme « arabe » pour désigner le Soninké qui est maître. Si ce mot « arabe » est aussi intimement lié à l’expression « maître esclavagiste », c’est bien qu’il doit y avoir eu à un moment donné de l’Histoire, une relation évidente, et qui tranche surtout avec les réalités sociales précédentes, entre l’étranger arabe qui vient de débarquer et la pratique de l’esclavage.

On peut trafiquer l’Histoire, et en la matière les arabes sont des experts. Mais on ne peut pas effacer certains marqueurs démographiques et linguistiques qui viennent souvent gâcher la sale besogne, et rendre à l’Histoire ce qui revient à l’Histoire.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=122281056748807&id=100069007393897