Le Grand Entretien | Avec le président de L’EED, Mr Waly Diawara

À suivre ci-après en exclusivité l’interview avec le président de L’EED (Ensemble pour l’espoir et le développement), monsieur Waly Diawara.

Question 1 : Bonjour monsieur Waly Diawara, pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ? 

Waly Diawara : Je suis Franco-mauritanien, natif du village de Boully au Guidimakha en Mauritanie.

Âgé de 44 ans, je suis père de 3 enfants et vis actuellement entre le Sénégal, la Mauritanie et la France. 

Diplômé d’un DUT en Logistique et Transport, j’ai orienté mes études vers une Maitrise en transport et un troisième cycle en Management de la fonction Achats de l’école de commerce de Grenoble. J’ai par la suite occupé diverses fonctions en France dont celle de Directeur des Services et Moyens Généraux à l’Afpa. 

En parallèle de ma fonction de Président de l’association L’EED, je suis PDG de l’entreprise « Les Vergers du Sahel Mauritanie ». L’entreprise est spécialisée dans l’élevage, l’agriculture, l’agroalimentaire et la transformation. J’ai décidé de rentrer au Pays, pour être au plus près des projets, et apporter de façon directe ma contribution au développement du Pays.

Question 2 :  Quelle a été la genèse de l’association L’EED (Ensemble pour l’Espoir et le Développement) que vous dirigez ? 

WD : L’EED, Ensemble pour l’Espoir et le Développement est une association que nous avons créée en 2015. L’idée est née du constat déplorable du manque de structure et de moyens dans les domaines phares sociales, économiques et sanitaires. Malgré, la présence de plusieurs associations dans chaque village voulant endiguer ces maux, le développement local ne peut perdurer sans une cohérence globale.  Dans la mesure où, toutes les associations et toutes les localités partagent les mêmes réalités socioéconomiques, il fallait mettre en œuvre une organisation qui rassemble et massifie les ressources et les moyens. Nous devons sortir des logiques communautaires si nous voulons cheminer vers le développement. Le développement doit se faire à l’échelle d’une coopération entre les localités et les populations sans aucune autre considération. Pour faire court, le développement est possible uniquement si nous œuvrons ensemble dans ce but.

C’est à partir de là, que nous avons décidé de créer en Aout 2015 une association qui a pour objectif de mobiliser les ressources techniques, intellectuelles et économiques de toutes les bonnes volontés et citoyens à travers le monde pour contribuer à l’amélioration des conditions de ses bénéficiaires dans les territoires d’intervention de L’EED (France, Mali, Mauritanie, Sénégal). Notre ambition est de fédérer toutes les personnes autour d’engagements communs de solidarité et de mutualisation pour un véritable développement endogène. L’EED repose sur un modèle économique participatif où tous les acteurs contribuent et sont acteurs du développement.

Uniquement présent en Mauritanie et en France, L’EED a repoussé les barrières des frontières en intervenant au Mali et au Sénégal depuis 2019.

Aujourd’hui, L’EED intervient dans le domaine de la santé, l’éducation, l’agriculture, le développement durable et l’accompagnement social pour le développement et l’autonomisation. Nous comptons plus de 20 000 membres dans le monde et avons reçu la confiance de l’État, des collectivités territoriales, des associations locales, de la population locale, des populations originaires des régions mais habitant à l’étranger, des agences de développement, des coopératives pour ne citer qu’eux.

● Question 3 : Après quelques années d’activité L’EED, pouvez- vous nous présenter quelques réalisations phares et en projets, et également les difficultés rencontrées ?

WD : L’EED s’attache à améliorer les conditions de vie dans ses zones d’intervention. La santé est l’élément primordial, comme le dit si bien un proverbe oriental : « la santé est le trésor de la vie ». 

Brièvement je vais vous citer quelques-unes de nos réalisations :

Le Dispositif Aide Médicale appelé DiAiMe de L’EED permet l’accès aux soins de qualité pour les populations de nos territoires d’intervention en supprimant les barrières pour les personnes les plus nécessiteuses, grâce à la solidarité de toute la population. Son originalité s’inspire du système d’assurance santé français. Ce modèle économique inclusif consiste à impliquer le citoyen y compris le bénéficiaire. DiAiMe répond en premier lieu à un principe humanitaire, mais aussi à un objectif de santé publique et de pertinence de la dépense collective. 

97 389 actes de soins individualisés ont été réalisés en 2019 dont 45 773 femmes (47%), 37 982 enfants (39%) et 13 634 hommes (14%). Ce dispositif d’accès aux soins pour tous permet à L’EED de prendre en charge :

  • Les évacuations sanitaires d’urgence pour tous les patients,
  • Un « Pass_grossesse » pour toutes les femmes composées des prestations suivantes : échographie, prise de tension, pesée, analyse d’urine, mesure de la hauteur utérine, pharmacie… autant de gestes auxquels s’ajoutent des questions permettant de vérifier le bon déroulement de la grossesse pour toutes les femmes.
  • Carte santé de prise en charge des frais de pharmacie pour les populations défavorisées permettant ainsi de corriger les injustices sociales, face à la santé des populations

Dans le secteur de la santé, L’EED a, en plus, financé les formations de 10 Sages-femmes dans les écoles de santé publique de Sélibaby, Kiffa et Néma qui exercerons dans le futur centre de santé mère et enfant de L’EED à Sélibaby et organisé un dispositif de formation en France au sein de la clinique de l’Estrée à Stains et de l’hôpital privé de Vitry sur Seine pour 19 infirmiers et sages-femmes mauritaniens. 

Dans le domaine de l’éducation, 53 enfants ont bénéficié du programme annuel de voyage scolaire en France. En 2020, nous avons signé avec le Ministère de l’éducation nationale français et mauritanien, une convention pour la formation des enseignants et des directeurs d’école à travers une immersion dans les établissements scolaires de l’académie de Créteil dans un but de partage d’expérience. 

Depuis 2018, 2600 enfants bénéficient des services d’une cantine scolaire, en phase expérimentale.

L’accès à l’eau potable, est un engagement pris par L’EED : L’EED vient en aide aux populations de plusieurs localités périphériques de Nouakchott (communes de Dar Naim, Touzenine…) qui manquent cruellement d’eau. Grâce à nos partenaires, plusieurs localités bénéficient désormais d’une distribution quotidienne d’eau potable pouvant atteindre 3 citernes de 8000 litres par jour :   8 760 000 litres d’eau ont été distribuées en 2019 pour un coût financier de 27 555€.

Accompagnement social : L’EED a mis en place depuis 2015, avec le soutien de la ville d’Aubervilliers, une permanence d’accompagnement social située au 35 rue Heurtault 93300 Aubervilliers. Les samedis et dimanches, les bénévoles recherchent des solutions pour favoriser l’insertion et l’intégration en France des étrangers en France. Depuis le 1er Août 2019, un adulte relais a été recruté pour accomplir des missions de médiation au sein de la ville d’Aubervilliers grâce à une subvention de la ville d’Aubervilliers et la préfecture de la Seine-Saint-Denis

Dans le domaine de l’agriculture, je cite quelques réalisations non-exhaustives : 

  • Exploitation d’un champ agricole à Boully 
  • En 2019, l’action de L’EED a été consacrée à la sécurisation des productions et des champs à hauteur de 10km de grillage distribué à 12 coopératives agricoles pour permettre aux agriculteurs et aux coopératives agricoles de bénéficier de protection pour sécuriser les champs et jardins maraichers
  • 120 machines agricoles ont été mises à disposition des agriculteurs depuis 2017. 
  • Une boutique de distribution de semences est opérationnelle depuis 2017 à Sélibaby
  • En 2020, lors du Forum International de Développement Solidaire, un jury composé de Chefs de villages, de Maires, de représentants de l’état et de spécialistes sectoriels a été chargé de sélectionner les meilleurs projets des coopératives féminines ayant une existence réelle et une opérationnalité. Les gains des lauréats sont les suivants : 
  • Une dotation financière pouvant atteindre 200 000 MRO par projet sur une enveloppe globale de 2 500 000 MRO
  • Un lot de grillage ou un financement de grillage pour la protection des champs et productions maraichères pouvant protéger jusqu’à 1 hectares pour 10 lauréats de coopératives féminines.

Dans le volet environnemental, L’EED a reçu un financement à hauteur de 106 000 euros en partenariat avec la ville de Paris. Nous avons déployé un dispositif complet de gestion des déchets : du ramassage au tri et à la valorisation avec une installation d’une plateforme de tri. Le but de ce dispositif est d’éliminer l’insalubrité qui compromet la santé des habitants, dégrade leur environnement et génère une obstruction des canaux d’évacuation des eaux (provoquant des inondations, la propagation des maladies, destruction de la faune et la flore).  

En 2021, la vague d’implantation des plateformes de gestion et de valorisation des déchets va se poursuivre dans la région du Guidimakha.

Durant nos différents projets, nous devions nous assurer que nous n’étions pas là pour prendre la place de quelconque association ou organisation mais bien au contraire travailler conjointement avec elles. Au niveau de la population locale, nous n’avons pas rencontrées de difficultés particulières car les populations ont la volonté d’aller de l’avant. Bien au contraire, l’accueil des projets pensés conjointement avec eux a été très bien reçu.

● Question 4 : Courant 2020, dans la communauté soninké du Guidimakha et celle de la diaspora en France, différentes polémiques s’éclatent à propos de L’EED, pouvez- vous nous clarifier brièvement sur les tenants et les aboutissants ? 

WD : Je n’aime pas les ambiguïtés, vous connaissez tous les programmes de développement de L’EED, mais vous vous nourrissez et vous délectez de sensationnel même si vous connaissez la vérité, c’est la nature humaine. Beaucoup se divertissent de propos diffamatoires et mensongers, c’est la réalité de notre époque à cause des réseaux sociaux qui offrent cette possibilité. Je vais vous parler de 2 polémiques. 

Comme vous le savez déjà, un groupe d’individu a décidé de nuire à L’EED en proférant publiquement des mensonges. Je ne reviens pas sur les polémiques stériles créées de toutes pièces par des personnes dont les intentions sont connues de tous, afin éviter d’alimenter un débat décousu et dépourvu de sens. Beaucoup de ces gens confondent une association avec un parti politique. L’EED ne définit pas la politique de la nation, elle conduit avec ses moyens et à son échelle un programme de développement. Qu’avons-nous fait pour mériter une telle animosité gratuite ? 

Les polémistes sont connues de tous, L’EED n’est pas la seule victime de leurs démarches. Ils n’ont ni la capacité intellectuelle, ni morale de reconnaître nos réalisations. Ils ne sont animés que par des intentions malsaines et ont juste la velléité de détruire le peu que L’EED apporte aux populations. Ils déploient une énergie folle pour mettre à néant les acquis. La vraie question est pourquoi L’EED les dérange alors qu’ils ne sont ni adhérents, ni membre de nos clubs de réflexion. Le monde associatif est libre, nous avons tous le choix d’adhérer ou pas à une association si on en partage les valeurs et nous avons également tous le droit de créer une association.

Malheureusement, nous constatons que certaines personnes pensent que la vie associative est un lot de consolation puisqu’ils peuvent s’attribuer des titres comme s’il s’agissait d’une nomination à un gouvernement d’un État. Ces caprices sont dangereux car ils donnent de faux espoirs aux bénéficiaires. 

Les personnes mal attentionnées voient noirs partout et cherchent absolument à ternir l’image des autres. On ne peut briller en éteignant la lumière des autres. L’important est de penser par soi-même et se faire sa propre analyse, il ne faut surtout pas se presser à condamner une personne sans avoir au préalable rechercher par soi-même la vérité.  

Donner le meilleur de soi, vouloir le meilleur pour les autres tel est le chemin emprunté par L’EED. Y a-t-il une autre récompense du bien pour le bien ou le mal pour le mal.  

Les personnes qui critiquent se donnent malheureusement des rôles qu’ils n’ont pas. Certains pensent qu’ils sont divinement investis d’un pouvoir de contrôle, de remise en cause, de jugement, en s’érigeant garant de l’ordre et la morale. On ne peut être célèbre en proférant des mensonges et en se disant révolutionnaire, tout en passant sa vie dans l’inaction a commenté les actions et les projets des autres. Ne perdons pas de temps avec les bavardages, elles ralentissent les actions. Nous sommes victimes des commentateurs mais nous avons décidé nous d’agir sur la vie des personnes en leur donnant de la dignité. Les personnes qui tentent de spéculer sur les actions de L’EED pendant que nous aidons les femmes enceintes de nos régions, devraient sérieusement se remettent en question.

Quoi que tu fasses, un voleur, pense que tout le monde est un voleur, un menteur pense que tout le monde est un menteur. Les personnes qui parlent de L’EED, en pensant qu’il s’agit d’un état ou d’une grosse arnaque sont en général celles et ceux qui n’ont pas compris l’esprit de L’EED et les invitons à s’informer de plus près. 

La vie associative n’est pas du commerce où nous avons besoin d’avoir le monopole. Nous mettons en jeu beaucoup de notre temps, énergie et contribuons financièrement de façon personnelle quand on s’engage dans L’EED. Je rappelle que nous ne sommes rivaux ni concurrents d’aucune initiative, qu’elle soit en France ou ailleurs dans le monde si celle-ci prône le développement, bien au contraire, ce sont nos potentiels partenaires.

J’invite toutes ces personnes à déployer leur énergie à travailler. Si cette énergie était déployée pour construire, j’ai la ferme conviction qu’ils auraient pu apporter beaucoup plus que L’EED. Je reconnais volontiers qu’ils ont un certain talent car ils arrivent à faire croire aux gens que L’EED n’a rien fait depuis 5 ans, voire même pire, que L’EED est une arnaque. Il faut oser publiquement porter de telles calomnies alors que les réalisations de L’EED sont de notoriété publique (demandez aux 53 enfants et leurs parents qui sont partis en France, les infirmiers du Guidimakha ayant bénéficier d’une formation, aux 10 sages-femmes formées dans les écoles de santé publiques, aux patients dans nos villages, aux coopératives agricoles, aux résidents qui bénéficient de notre accompagnement social en France …). Leur talent, doit être canaliser dans une construction.  

Heureusement, que nous arrivons à prendre de la hauteur et de la distance face à toutes ces polémiques. Ainsi, nous ne les prenons pas personnellement et d’ailleurs je n’ai pas d’ennemis et je n’en aurais jamais car même ces polémistes savent au fond quel type de personne je suis. Je ne peux détester une personne ça demande beaucoup d’énergie. La vie est si courte, l’homme est tellement si vulnérable que je conseille à toutes et tous de se concentrer sur la construction et non la déconstruction car nous répondrons de nos actes devant Dieu.

La perfection est à Dieu. J’acceptes que nous ne soyons pas les meilleurs, j’admets que nous ferons de erreurs, je demande aux gens de nous détester en silence. Je préviens qu’ils vont avoir du travail car L’EED est dans une dynamique de croissance pour le bonheur des populations. 

Une autre polémique, pour le coup plus gigantesque et grave est née à l’issue d’un communiqué de L’EED en septembre 2020 à la suite d’une réunion de lancement du FiDéS à Tachott. Cette réunion conduite par nos équipes de L’EED Mauritanie accompagnées du Porte-Parole de l’Organisation Monsieur Oumar dit Boye SOUMARE et les cadres des deux localités : Tachott Berané et Tachott Botokholo.

Des individus qui n’ont jamais caché leur aversion aux projets que porte L’EED, ont fait croire que nous avions décidé d’organiser unilatéralement l’évènement sans consulter les populations des localités. Or c’est en 2019 que j’ai personnellement chargé le Maire de la commune de transmettre aux deux chefs de village notre souhait d’organiser l’évènement chez eux. En Février 2020, j’ai demandé à un membre de la direction de L’EED Mauritanie de se rendre à Tachott pour demander au Maire le résultat de cette consultation. Le Maire, confirme alors que les deux chefs de village acceptent et souhaitent à L’EED et à ses délégations la bienvenue. À partir de ce moment, 4 missions dont l’une a été conduite par la direction de L’EED Mauritanie est allée à Tachott Botokholo pour échanger sur le sujet, suivi d’une mission du Coordinateur National, puis du Vice-Président de L’EED Mauritanie et enfin par un superviseur de L’EED au Guidimakha. 

Malgré toutes ses missions, nous avons été estomaqués d’entendre sur les réseaux que L’EED avait pris une décision en dehors de toute consultation des notables de Tachott. Naïvement, nous avions pensé qu’un mensonge ne pouvait cheminer. À notre grande surprise, nous entendons des hauts représentants de cette localité affirmer avec certitude que L’EED n’a jamais évoqué ce sujet et n’a pas obtenu le feu vert. 

À cette période, je me trouvais en Asie. J’ai demandé à mes équipes de France et de Mauritanie d’aller à la rencontre des notables des villages en France et à Nouakchott pour comprendre le phénomène. À notre grande stupeur, c’est à ce moment que nous avons compris que derrière se cachait en réalité des personnes influentes qui veulent contrecarrer le développement de L’EED au Guidimakha. Une manœuvre d’une grande ampleur est organisée par ces personnes ! Le Chef de village de Tachott Botokholo et le Maire ont refusé de participer à l’évènement. Nous avons alors pris acte de ce refus et décidé alors d’organiser l’évènement dans l’autre rive qui eux étaient prêts à nous accueillir. Il faut savoir que Tachott Berané pilote indépendamment son Comité de pilotage L’EED et bénéficie des activités de L’EED depuis 2017 (dispositif de soins gratuit, formation de leur infirmière, prise en charge financière de leur personnel de santé, participation de plusieurs enfants aux voyage scolaires) alors que Tachott Botokholo dispose des mêmes dispositifs mais depuis 2018. 

Nous avons alors entrepris de démarches pour l’organisation de l’évènement à Tachott Berané avec l’accord du village et de l’association du village. Des cadres du village ont même fait le voyage depuis la France et Nouakchott pour participer aux travaux d’organisation de l’événement. Dès lors que nos détracteurs ont compris que nous allions réussir à organiser notre événement, ils ont entrepris des manipulations envers certaines personnes du village de Tachott Berané pour créer la division. Malgré ces manœuvres, les populations de Tachott Berané ont accepté de maintenir l’évènement. C’est à ce moment, que les hommes politiques ont décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir une décision administrative d’annulation de notre événement en évoquant aux autorités qu’une guerre civile se préparait et qu’il n’était pas possible d’accéder à la demande de L’EED alors même que, L’EED disposait d’une autorisation signée du Gouverneur de la région datée du 26 octobre 2020. 

Au-delà de cette autorisation les ministères partenaires avaient confirmé leurs participations à l’évènement avec la présence confirmée en ma propre présence de deux autres Ministres.

Le 20 novembre 2020 à 4 jours de l’évènement, je me suis rendu à Sélibaby pour rencontrer le gouverneur. Ce dernier m’explique qu’il n’était plus possible d’organiser l’évènement à Tachott à cause d’une possible insécurité si l’évènement ait lieu. Il m’expliqua que les deux chefs de village ont refusé l’événement. Le 21 novembre, j’ai demandé une médiation à un Maire afin qu’il puisse faire comprendre au gouverneur que cette situation résulte d’une manipulation politique dont nous connaissions les auteurs. Le gouverneur me demanda personnellement de me rendre à Tachott Berané pour amener le chef de village et des notables chez le chef d’arrondissement afin qu’ils confirment leur accord. Au moment où je me rendais chez le chef d’arrondissement en compagnie des notables, le chef d’arrondissement me contacta via le téléphone portable d’un habitant de Tachott Berané pour dire qu’il annulait notre entretien pour cause de COVID 19. J’ai alors compris que la manipulation avait atteint un degré très important et que par conséquent, cette affaire devait être portée au plus haut sommet de l’État. Je me suis rendu à Nouakchott dans la foulée pour porter l’affaire devant les autorités compétentes via des intermédiaires. J’ai alors eu confirmation de la machination orchestrée pour contrecarrer L’EED. 

À ce moment, nous avions un budget de plus de 53 000 euros pour la mise en place dans cette localité d’un dispositif de gestion et de valorisation des déchets. Tout cela, a été anéanti parce qu’une personne avait décidé d’entreprendre des initiatives pour réduire la progression de L’EED. Des milliers de participants ont été empêchés de participer à l’événement qui permettait aux populations de bénéficier de soins médicaux gratuits par un personnel de santé qui a fait le déplacement pour l’évènement (Médecins généralistes, spécialiste, infirmier, sages-femmes) durant le 3 jours de l’évènement, de financer à hauteur de 2 500 000 UM les projets des coopératives féminines, et le déploiement d’un projet de gestion des déchets financé par la ville de Paris. Nous n’acceptons pas de donner cette image de notre pays aux bailleurs et financeurs étrangers. Par le simple vouloir d’une seule personne, on peut empêcher le déploiement des projets.

Comment pouvons-nous encore au 21ème siècle vivre tout ça. Empêcher qu’une ONG dirigée par les enfants du Pays, apporte assistance aux populations. Une situation inconcevable dans notre conception de ce que peut être l’engagement citoyen. 

Nous avons été contraints d’organiser l’événement à Diadjibiné, une localité d’intervention de L’EED située dans la région du Grogol. Permettez-moi de rendre hommage au Maire de Diadjibiné, au Chef de village et à l’ensemble des notables, des résidents de Diadjibiné en France à Nouakchott et partout dans le monde ainsi les populations pour la démonstration de leur engagement pour le développement. Je n’oublie par l’engagement des Tachottois des deux rives victimes d’une machination, je vais leur dire que nous ne les abandonnerons jamais. Je ne peux passer sans remercies toutes les personnes qui ont compris et se sont engagées.

Pour mieux comprendre cette histoire qui reflète bien de choses malsaines dans notre pays, je laisse les personnes habitées à mener une enquête pour établir la vérité et empêcher désormais toute velléité des personnes se croyant au-dessus des lois, de priver les populations d’un accompagnement nécessaire pour leur développement. Nous n’abandonnerons jamais.

Je préviens que nous sommes au début de notre combat pour permettre aux mauritaniennes et au mauritaniens de vivre dignement, de prendre conscience que leur développement passe par leurs propres engagements. Nous nous battrons au côté de l’État pour la dignité de nos compatriotes à travers des projets qui participent à leur donner confiance. 

L’EED travaille toujours et depuis le début de son implantation en Mauritanie en parallèle avec les administrations du Pays dans une cohérence globale et coordonnée. Je remercie au passage, les forces de l’ordre du Guidimakha qui ont mis tout en œuvre pour faciliter la tenue de l’évènement à Diadjibiné.

  Question 5 : L’émergence de l’association L’EED coïncidait avec la résurgence de l’engagement porté par Ganbanaaxu FEDDE contre les mentalités féodalo-esclavagistes au sein de la communauté soninké, d’aucuns de part et d’autre voyaient en L’EED comme une caisse de résonance en faveur des réactionnaires soninkés pour contrer l’éveil abolitionniste, que pensez-vous de ces allégations ?

WD : Je rappelle que L’EED a été créé le 16 Août 2015. Si j’ai bonne mémoire, Ganbanaxu a été créé le 05 Octobre 2016. Soit, nous sommes devin soit nous sommes dans les secrets des dieux. Ceux qui pensent comme ça, ne méritent pas d’être cité. 

Vous pensez sincèrement que nous avons créé L’EED pour permettre la continuation d’un système sociétale quelconque ? Je défie quiconque de trouver un début de commencement de la moindre invective à l’endroit de qui que ce soit depuis la création de L’EED. Si vous pensez que le fait d’apporter une justice sociale en améliorant l’accès à la santé, à l’éducation et de développer nos filières agricoles pour notre autonomisation est un acte permettant la continuation d’un système sociétale, c’est que nous ne vivons pas sur la même planète. 

Dans quelle société vivons-nous ? La critique est bonne quand elle est là pour nous servir à améliorer les choses et ne pas répéter les mêmes erreurs, mais si elle est là pour détruire ce qui a été mise en place, ça s’appelle avoir le cerveau embrumé. On donne du crédit à n’importe qui de nos jours et c’est bien dommage.

Si vous êtes honnêtes avec vous-même et que vous disposez d’un sens critique, d’analyse et de réflexion, vous reconnaitrez volontiers le bilan de L’EED en seulement 5 ans au Guidimakha et son détachement sur ces questions en dehors de son scope. Notre objectif est de rassembler autour des questions fondamentales de notre développement pour donner à chaque personne son autonomie et rehausser notre dignité collective et individuelle.

Combien de membres de Ganbanaxu ont été membres de l’exécutif de L’EED ? Demandez-leur leur avis sur cette accusation fantaisiste et à mon sens dénoué de tout sens critique. C’est de la bêtise humaine de penser ça.

Personnellement, je suis connu pour mes positions en faveur de l’égalité parfaite entre les êtres au-delà même des ethnies et de toute autre considération néfaste à la cohésion et au mieux vivre ensemble. Je rappelle à chacun de mes discours, que nous partageons le même espace et donc nous sommes condamnés à nous respecter mutuellement, à partager et à vivre ensemble. 

Ce sont sincèrement des allégations qui n’ont pas besoin de réponses, car les faits parlent pour L’EED : 

Le système de santé (prise en charge des évacuations sanitaires d’urgences, des personnes vulnérables, des femmes) a été mis en place sans aucune considération ethnique ou autre.

Lorsqu’on s’intéresse de près aux bénéficiaires du voyage scolaire des enfants en France, on se rend compte de la diversité sociale des bénéficiaires (peul, soninké, maure) sans aucune distinction liée à des considérations spécifiques, 

Le financement des coopératives féminines permet également de faire bénéficier à toutes les couches de la société des financements.

Il faut qu’on sorte de cette société où tout le monde est devenu journaliste d’investigation. C’est un métier le fait d’informer les gens. Il faut faire des investigations pour informer de façon objective. Je dois être idéaliste en pensant que les gens sont en capacité de reconnaitre naturellement les faits. 

● Question 6 : Certaines voix semblent reprocher à L’EED, qu’une gouvernance personnelle serait mise en place autour de votre personne à vie et avec des éléments dociles suiveurs, que vous leur répondez ?

WD : L’égoïsme et l’égo sont incompatibles avec la vie associative. Il faut remettre les choses dans leur contexte, nous parlons d’une association. L’engagement associatif n’est pas un amusement bien au contraire, les associations ont un rôle d’intérêt général. Diriger une association requiert des compétences et une totale disponibilité. Pour tous types de management associatif, il est primordial d’avoir diverses compétences telles qu’avoir un rôle fédérateur, être capable de manager des équipes multiculturelles, maintenir une vision et des orientations, avoir la capacité à incarner quelque chose tout en ne décevant pas les bénéficiaires. Il faut être capable de se sacrifier pour se mettre au service des autres.

Notre seul objectif est de mettre fin aux maux de nos zones d’intervention, qu’importe qui le fait. Nous prônons le refus du statut d’observateur mais plutôt l’engagement comme acteur du changement.  Nous souhaitons alors à toutes les personnes, qui ont des initiatives associatives, toute la réussite dans leurs projets. Je peux affirmer ici, que nous serons aux côtés de toutes les associations de développement en particulier celles de nos territoires d’intervention. Nous faisons même appel à une coordination des ONG et associations au Guidimakha pour mieux porter les programmes de développement dans une cohérence globale à travers des états généraux que nous organisons à Sélibaby.

Pensez-vous réellement que tous les cadres de L’EED, qui sont bénévoles, prennent de leur temps libre pour me suivre aveuglément. Il faudra arrêter d’insulter cette belle intelligence collective qui fait du bien à nos territoires d’intervention. 

Si les gens veulent diriger alors qu’ils s’impliquent dans nos projets. Nous ne pouvons pas être leader d’une organisation tout en étant en dehors de cette organisation. 

Je préviens que je suis là pour longtemps et je confirme que les choses se feront de la manière qui a été définie avec mes équipes pas de la manière dont voudraient les nouveaux « sages ».

● Question 7 : Quels sont vos rapports de travail et de coopération avec les associations villageoises qui investissent le même champ que vous autour du développement multidimensionnel dans nos terroirs d’origine en Afrique ?

WD : Pour illustrer vos questions, je vous donne juste un exemple : lorsque nous avons obtenu le financement de la gestion des déchets à Diadjibiné. Nous avons travaillé avec l’association locale APD a qui nous avons délégué en lien avec la Commune, la gestion et le pilotage de l’activité de ramassage, de tri, de valorisation des déchets ainsi que les aspects de sensibilisation.

Nous souhaitons sous-traiter des activités aux associations locales et aux coopératives féminines dans un cadre formel exigeant.  Le développement ne peut se faire que si nous travaillons tous ensemble de concert.

Question 8 : En France, L’EED porte assistance à certains de ses adhérents ou non, concernant des régularisations au niveau fiscal, des rumeurs laissent entendre que des responsables de L’EED en font un service lucratif et pécuniaire, pourriez-vous nous édifier davantage ? 

WD : L’EED conduit depuis 2015, une activité d’accompagnement social accessible à tous, adhérents ou non-adhérents à Aubervilliers en permettant aux résidents étrangers de bénéficier d’une régularisation, de la naturalisation, d’une médiation socio-familiale, d’aide à la recherche d’emploi, de logement, d’appui à la déclaration d’impôt et autres. Cette activité d’accompagnement s’effectue sans aucune contrepartie. 

L’EED vit essentiellement des contributions de ses adhérents, des dons, des subventions et des activités génératrices de revenus en lien avec son objet social.

Nous exposons, à chaque usager qui se rend au bureau d’accompagnement social de L’EED, une présentation des programmes de L’EED, comme nous le faisons dans nos compagnes de sensibilisation dans les foyers de migrants et à l’occasion du tournoi de football annuel. Cette présentation aboutit souvent à une adhésion ou à une contribution individuelle ponctuelle.

Dès lors que les bénévoles de L’EED rendent des services (aide à la constitution de dossiers administratif pour demande de logement, de titre de séjour, rédaction de CV, lettre de motivation, naturalisation, déclaration d’impôt et autres), et après avoir pris connaissance des activités de L’EED, les usagers décident soit d’adhérer ou effecteur un don à L’EED. Chaque adhésion et don se fait via un formulaire signé par le donateur. 

Fin.

▪︎ 30 décembre 2020

Réalisé par KS pour le BLOG

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