Réflexion- Tribune : L’incontournable Islam (Partie 2/2), Par O. Timéra

La mondialisation actuelle et les modalités de sa globalisation sont philosophiquement judéo-chrétiennes. C’est-à-dire que ce sont les concepts clés du christianisme et du judaïsme (que nous distinguons du message initial de Jésus et de Moise), bien que sécularisés, qui commandent toujours l’univers de sens et la trajectoire de l’Occident et son rapport au monde et à l’humanité.

Expliquons-nous en énumérant les quatre notions essentielles qui, selon nous, caractérisent l’approche judéo (Spinoza)-chrétienne (Hegel) de l’existence et l’homme :

1) Pour le Judaïsme :

  • La notion de Peuple Élu et l’annulation de fait de l’idée de famille et de fraternité humaine.
  • La limitation de l’existence à l’ici-bas et aux sens (l’absence dans l’ancien testament de toute référence et description de l’au-delà en est le signal).

2) Pour le Christianisme :

  • La notion de fils de Dieu.
  • La notion de péché originel et la détestation du monde et des sens qui en découle.

Les deux premières notions respectives du judaïsme et du christianisme sont une continuité en accord ; alors que les deux secondes sont une continuité en désaccord. C’est-à-dire que la notion de « peuple élu de Dieu » contenait déjà en elle celle de « fils unique de Dieu » et d’incarnation en lui (l’un d’entre eux tout de même) de la divinité. La notion de péché originel et le rapport névrosé et négatif au monde qui s’en déduit, sont quant à eux la réaction extrême que ne pouvait éviter l’obnubilation immodéré pour ce monde qui la sous-tend en réalité. Ce qui à son tour va créer la réaction que nous connaissons aujourd’hui contre le spirituel/au-delà au profit du temporel/mondain.

Peuple élu et fils de Dieu : l’un est la particularisation du général, l’autre est l’absolutisation du concret. Dans les deux cas c’est le refus de la transcendance et la limitation du monde et de l’homme à ce que l’on sait et à ce que l’on peut.

Peuple élu et fils de Dieu : l’un comme l’autre, l’un en l’autre, c’est l’annulation de l’idée de famille humaine ; c’est la division de l’humanité en élus divinisés qui commandent et déchus bestialisés à soumettre. C’est la perte par conséquent de la dignité de l’être humain en tant que principe universel et inaliénable, dans son refus à l’autre que l’on déshumanise en l’animalisant/diabolisant et dans l’angélisation/ divinisation d’autres qui eux aussi ce déshumanisent.

Peuple élu et fils de Dieu : c’est un clergé et des troupeaux d’humains moutonisés ; c’est des intermédiaires qui s’accaparent le bien symbolique (religion et philosophie) pour le détourner de son sens (déligion et idéologie) afin de justifier la spoliation des biens matériels et l’exploitation des gens (domination politique et économique).

Péché originel (détestation de ce monde) et amour immodéré pour l’ici-bas : il s’agit toujours d’une restriction négative ou positive à ce monde.

Péché originel ou restriction à l’ici-bas : c’est toujours la même mise en demeure de séparer le corps et l’esprit, la terre et le ciel, le matériel et le spirituel, et de choisir l’un dans lequel on restreindra l’humain et le monde, au détriment de l’autre qu’il faudra faire disparaitre à terme.

Au cœur du Vatican puritain et ses dorures se trouvait déjà le Las Vegas qu’elle provoque, et qui est en fait son origine cachée. Comme le Diable et sa purification se trouvaient parmi les anges et leur pureté éthérée. Car la détestation immodérée du monde a son mobile et origine dans son amour restrictif exclusiviste, et la dilution de soi et du moi en lui, après y avoir réduit toute la réalité.

Dans la civilisation occidentale, le processus de désenchantement, de sécularisation, et d’athéisation (sur le plan ontologique) du monde ; de déification et d’idéalisation de la nature, de l’histoire, de la raison et de la science (sur le plan philosophique) ; de divinisation ou de « supermanisation » de la « race supérieure » blanche et de l’ « ethnie » européenne, du développement des sociétés européennes et de leur mode et choix de vie (sur le plan axiologique) ; la guerre menée contre tout ce qui n’est pas blanc, européen et chrétien en vue de le dominer, de l’exploiter et/ou de le détruire (sur le plan civilisationel), de « l’assimiler », de « l’intégrer » et de le rejeter (sur le plan social et sociétal). Tout ceci, d’une manière ou d’une autre, sont l’expression furieuse de cette conception du monde et de l’homme portée par le judaïsme et le christianisme, séculariseé et conceptualisée par les philosophies spinozienne, hégélienne et marxiste, en leurs parties déviantes et défigurées introduites dans le message initial de Moise et de Jésus.

Parties déviantes et défigurées, issues de la conception fétichiste et idolâtre de l’existence, qui provoquent la dégradation de la religiosité et de la religion, et qu’elles finirent par attraper. Ce dont l’Islam voulu libérer les communautés juives et chrétiennes ainsi que l’humanité, en réformant ces religions positives à partir de la Religion initiale et permanente, en rappelant son essence, pour proposer sa réalisation pleine, universel et cosmique dans la civilisation humaine. Essence de la Religion, au-delà des particularités culturelles, qui se résume philosophiquement en ces termes : transcendance divine et dignité humaine, qui ne sont pas à confondre ni à opposer mais à relier et réconcilier.

Tel est le fond philosophique et théologique qui sous-tend la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui et qui explique ces « déviances » qui n’en sont point au vu de ce qui vient d’être explicité.

Certes, nous ne réduisons pas la civilisation occidentale à tout ceci. A côté des parties sombres que sont les génocides perpétrées contre plusieurs peuples, l’esclavage, la colonisation, les attentats écologiques, économiques et symboliques contre l’humanité, se trouvent aussi la partie lumineuse des droits de l’homme, de la science ou de la démocratie.

Cependant, la défiguration de l’idée de Dieu et de l’homme, telle qu’elle fut permise par la théologie et l’anthropologie judéo-chrétienne, textuellement et foncièrement tribal et non universel (comme cela s’exprime dans leur texte), sont les prémisses de la dilution de l’âme humaine dans la nature (Spinoza) et l’histoire (Hegel) dont le naturalisme ethnique et scientiste, quelques soient ses formes (sociologisme, évolutionnisme darwinien, économisme capitaliste ou socialiste, cybernétisme ou génétisme Trans-humaniste ou antispéciste etc) se chargera d’inventer son « catéchisme » et de façonner l’homme et le monde à son image divinisé, idéalisé ou « surhumanisé », et en fait bestialisé, puisque « qui fait l’ange fait la bête ».

La crucifixion du « fils de Dieu » par son « peuple élu » ne pouvait aboutir, dans cet univers de sens, qu’à la « mort de Dieu » et par conséquent à la fin de l’humain en l’homme, à la division des peuples et la destruction de la planète. Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Tel est le sens de la crise multidimensionnelle que traverse l’humanité et le blocage de l’avenir qui le caractérise, car sans idéal transcendant vers lequel tendre.

Pourquoi donc ce profil philosophique permet d’expliquer l’animosité manifeste de l’ordre mondial actuel contre l’Islam ? Et pourquoi cela atteste, paradoxalement, du caractère incontournable de l’Islam pour l’avenir du monde? Au-delà de l’aspect historique, géopolitique et économique de cette opposition, c’est bien la vision de l’un (la cosmique coranique de l’Islam) radicalement opposée à celle de l’autre (la mondialisation occidentale) et dont les impasses actuelles appellent irrémédiablement l’adoption par l’humanité, directement ou indirectement, des propositions et de la vision de l’Islam.

Comparons donc les principes suivants explicitement portés par l’Islam avec ceux de la mondialisation que nous avons exposés tout au long de ses lignes :

  • La transcendance absolue de Dieu et son impossible incarnation.
  • La lieutenance de l’être humain en tant qu’être libre et responsable de la planète qui lui fut confiée.
  • La terre et l’ici-bas en tant que don de Dieu et lieu d’épreuve et de preuve des capacités de l’homme pour accomplir la mission de civilisation de la terre selon les principes divins de sa lieutenance.
  • La relation directe de l’humain et du Divin sans intermédiaire.
  • La Libération de l’humanité vis-à-vis du tutorat spirituel d’un pouvoir spirituel ou du tutorat politique d’un pouvoir de de droit divin.
  • Origine commune de l’humanité qui en fait une famille.
  • Diversité des cultures et des religions voulue par Dieu pour l’interconnaissance et l’émulation.
  • La fondation du mérite sur la valeur morale universelle et son respect (al-taqwa), et non sur l’origine ethnique, ni sur le sexe, ni sur l’appartenance religieuse, ni sur le niveau social et économique.
  • La distinction, la relation, l’unité et la non séparation ni uniformisation entre l’ici-bas et l’au-delà, le corps et l’esprit, les moyens et les fins.

Les points ci-dessus mis en exergue, sont en contradiction directe, nous le voyons, avec la vision qui sous-tend la mondialisation et son ordre mondial. L’Islam porte le projet d’une autre mondialisation fondé sur la relation et la réconciliation du naturel et du spirituel, ainsi que sur la collaboration civilisationnelle de toutes les nations et cultures qu’il considère être l’expression riche et diverse d’une seule réalité : la famille humaine. Et cela correspond exactement à la crise que vit l’humanité dans son rapport à elle-même et à son environnement qui se loge dans celui, au conséquence cosmique, qui se trouve entre elle et le divin.

Le monde et l’humanité ont besoin d’une unité spirituelle qui porte son unité physique et qui comprend (dans les deux sens) sa diversité pour la mettre en état d’interconnaissance, d’émulation et de collaboration. Or voilà une religion et une philosophie, l’Islam, qui repose sur la transcendance de Dieu, la dignité humaine, la notion de famille humaine, sur une critique des religions au nom de la Religion cosmique qu’elles visent et dont elles sont issues pour les refromer, la relativisation de ce monde vis-à-vis de l’au-delà et en même temps sa prise en considération et la nécessaire relation entre les deux.

Ce n’est pas la terre d’un côté et le ciel de l’autre qui s’opposent ou se confondent, mais le cosmique qui les englobe et les relie. C’est un dépassement (tadjaouz). Ce que le dépassé potentiel ne peut supporter s’il se pense être la « fin de l’histoire ».

Telle est la raison d’être de l’opposition frontale et instinctive que mobilise l’ordre mondial et son projet de mondialisation contre l’Islam et le monde musulman bien que celui-ci soit politiquement sous domination.

Au-delà de l’aspect géopolitique et économique, c’est bien la symbolique de l’Islam en tant que message universel et cosmique qui est visé. Il s’agit clairement de l’empêcher d’atteindre pleinement son potentiel révolutionnaire et/afin d’accentuer la domination des peuples qui s’en réclament de Dakar à Djakarta. Ce qui est la condition pour que perdure le leadership de l’occident sous l’égide américaine.

Ainsi s’explique le caractère incontournable de l’Islam dans le reflet des préoccupations qu’il suscite de la part de l’ordre établi. Mais son caractère incontournable s’expose aussi, nous l’avons indiqué dans la première partie de cet article, dans la correspondance de sa philosophie coranique et cosmique (kawniy) avec les révoltes actuelles des peuples qui attendent la révélation qui les transformera en révolution. (La suite au prochain article).

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (18/03/2020)

Réflexion – Tribune : L’incontournable Islam (selon la mondialisation et la révolte des peuples) Parti 2-1, Par O. Timéra

Le monde c’est un évènement passé qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui « s’évènemente ». Les deux actes se font, en même temps, dans le présent qui est relation et tension entre ces deux actions concomitantes de la conscience. Or le travail philosophique et théologique (s’il peut encore exister une différence pure) consiste en l’interrogation du monde et de son interprétation en même temps que la réinterprétation de son devenir et la création des modalités de la réalisation de celle-ci. Si la conscience humaine est la porteuse en son sein de ces deux actions qui se fécondent, la civilisation en est alors la fille. Il s’agit dès-lors, en fait, de l’interaction entre une réalisation passée qui s’interprète et une interprétation de l’avenir qui se réalise, ainsi que de la vision et de la voie que l’on s’en fait et que l’on se donne pour ce faire, après avoir tiré les leçons de celles des générations précédentes.

Or l’Islam est une certaine interprétation du monde qui, à travers le Coran, se veut être une réinvention cosmique et transcendante du monde, une synthèse critique de l’histoire spirituelle de l’humanité et de son expérience civilisationnelle, et enfin un projet cosmique à réaliser dans l’avenir à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine. Seulement, cette idée et son projet, jamais totalement réalisés, font l’objet des préoccupations constantes de l’ordre mondial actuel et de son projet de mondialisation, faisant de cette religion, par réaction, une affaire importante, présente et future. Son avenir, ainsi, se trouve intimement lié au devenir de l’Islam.

Mais de quelle interprétation du monde en tant qu’évènement, et de quel devenir de celui-ci en tant que projet, la mondialisation actuelle, fille de l’expérience occidentale, est-elle le nom ? C’est en répondant à cette question que nous comprendrons la raison pour laquelle l’Islam est incontournable en tant que préoccupation et en tant que réponse opposée en des points essentiels au projet de civilisation mondiale que porte la globalisation actuelle, bien qu’elle en réalise en partie l’idée (l’unification matérielle de l’humanité mais sans et contre son unité spirituelle). C’est aussi cette réponse qui nous aidera à saisir ce pourquoi l’ordre mondial et sa propagande s’excitent tant sur la question de l’Islam et du monde musulman, en vue de déconstruire le premier afin de mieux coloniser et diluer le second.

La première partie de cette analyse, dans le précédent article, s’est chargée de nous fournir des éléments de réponse. Clairement, la mondialisation actuelle est une entreprise de limitation et de dilution de la réalité humaine aux seules lois de la nature et de son univers de contradiction et de lutte, d’une part ; et d’autre part, en conséquence, c’est une entreprise d’expulsion de toute référence à ce qui est transcendant, au-delà et spirituel qui donne à l’homme sa spécificité et sa dignité ; et enfin, c’est une entreprise de « paradisation » du monde et de l’ici-bas (limitant celle-ci), par la consommation et la jouissance matérielle immédiate, débarrassée de toute limite et de tout sens éthiques, en tant que promesse illusoire d’un bonheur tout aussi illusoire, qui n’est possible que pour une minorité. Ce, avec pour conséquence et prix le sacrifice d’une majorité d’êtres humains qu’il faudra déshumaniser et dominer, et de l’environnement biologique (la nature) et symbolique (la culture) qu’il faudra désacraliser et exploiter.

Le matérialisme, le scientisme, l’économisme (libéral ou socialiste), le nationalisme, la colonisation, le laïcisme (qui prône la séparation du temporel et du spirituel et l’uniformisation de tout au profit du premier contre le second), les délires « de fin de l’histoire » et de « clash des civilisations » (d’inspiration hegelienne), l’exploitation des êtres humains et la surexploitation de la nature ne sont que les manifestations concrètes de cette idée de Dieu, du monde et de l’homme et du projet de civilisation qui en découle et limite la réalité au calcul, à l’immédiat et à l’instinct.

À travers leurs philosophies, Spinoza, Hegel et Marx nous ont en réalité décrit avec précision et en même temps fondé, l’ordre du monde que nous connaissons aujourd’hui, dans la continuité de celui dont ils voulaient la fin. L’incarnation et la dilution de l’idée de Dieu dans la nature et dans l’histoire, en faisant du déterminisme et des contradictions et oppositions qui s’y trouvent, et que l’on perçoit scientifiquement au premier abord, le cœur, le moteur et le sens de l’existence. Cette incarnation puis cette dilution de l’idéal Divin, disions-nous, a fini par enlever à l’homme son humanité, à « chimériser » le monde moral qu’il porte en lui, pour mécaniser le rapport à la nature et atomiser ou « totalitariser » la société et fonder les relations entre personnes et peuples sous le prisme de la concurrence à l’intérieur de la nation (la lutte des classes de Marx) et de lutte entre les nations (la lutte des esprits des nations Hegel).

Or nous l’avons dit, cette défiguration de la modernité par la colonisation et l’exploitation (fondée initialement sur la dignité de l’humain et la fin du minorât religieux et politique de l’humanité, telles que d’ailleurs l’Islam le prône). Cette défiguration disions-nous ne tombe pas du ciel. Ou plutôt si. Elle est la continuité, même en tentant de s’en libérer, du ciel déchu de la conception religieuse judéo-chrétienne qui continu à lui fournir en négatif ses paradigmes, que ce soit dans la théocratie (le pouvoir au nom de Dieu) et son illusion du « dieu fait homme » ou de « l’homme à l’image de Dieu », ou dans l’anthropocratie (le pouvoir au nom de l’homme) et son illusion de la « mort de Dieu » et de « l’homme surhumain ». Dans les deux cas de figure, enchantement ou désenchantement, la naturalisation, animalisation et unidimensionalisation de l’homme est de mise. (la suite prochainement).

©️ Crédit source: Post FB de l’auteur (12 mars 2020)

Mauritanie/Covid-19 : l’intervention du président Ghazouani sur la situation (version française)

Crédit photo Rmi-info

« Au nom de Dieu le Miséricordieux

Et que Dieu bénisse le Saint Prophète

Chers concitoyens,

Chers concitoyens,

La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu Tout-Puissant,

Notre pays traverse une période difficile, où, comme le reste du monde, il est confronté à la maladie de la couronne, qui est devenue une épidémie mondiale à tous égards.

Dans de telles périodes, les périodes de danger imminent découlent fortement de l’interdépendance des destins des membres d’un même peuple, de sorte que l’épidémie fait rage contre eux sans discrimination, et la capacité de résister repose sur la prise de conscience et les efforts concertés de tous dans le cadre de l’unité nationale et de la solidarité sociale.

Les graves dommages que cette épidémie a causés aux pays développés, malgré la solidité de leurs systèmes de santé et la qualité de leurs infrastructures provenant de laboratoires modernes et d’hôpitaux géants, prouvent clairement que notre première bouée de sauvetage est d’empêcher la propagation du virus et la propagation des infections.

Conscients de cela, nous avons pris, à première vue, un ensemble de mesures de précaution en matière de santé et de sécurité visant à immuniser le pays contre le débordement de l’épidémie et à réduire les pratiques susceptibles de contribuer à sa propagation, en limitant le mélange et l’auto-quarantaine et l’arrêt des mouvements et des déplacements, sauf dans la mesure dictée par l’extrême nécessité.

À cette occasion, j’adresse mes sincères salutations et mes remerciements à tous les citoyens pour leur sensibilisation, leur responsabilité et leur bonne réponse à toutes les mesures prises. J’adresse également mes salutations aux équipes médicales, aux forces armées et aux forces de sécurité, pour leur formidable travail en vue de la mise en œuvre stricte et efficace du plan national de lutte contre cette épidémie.

Je remercie également nos frères des pays voisins pour la bonne coordination en matière de contrôle des passages frontaliers communs.

Ces mesures et celles qui pourront être prises ultérieurement, le cas échéant, sont des mesures nécessaires et indispensables pour sauver notre pays de cette épidémie.

Dans ce contexte, je voudrais assurer à tous que gagner cette bataille exige de nous tous une mobilisation permanente et un travail continu pour unir les efforts de toutes nos forces vives, de l’administration publique, des partis politiques, des leaders d’opinion, des acteurs économiques, des organismes communautaires et syndicaux et des citoyens ordinaires. Par conséquent, je demande à tous de s’engager dans cette bataille et de contribuer à ce que tous ceux qui sont en mesure de faire face à cette épidémie, qui constituent une véritable menace pour notre peuple et notre patrie.

La situation actuelle a ajouté de nouvelles complications à notre vie quotidienne et peut produire d’autres conséquences plus percutantes, selon ce qui compte dans les affaires internes et externes.

L’un des effets potentiels est la perturbation de l’approvisionnement du marché national en raison de la confusion du mouvement commercial mondial et du manque de capacité des citoyens à gagner et à satisfaire leurs divers besoins.

En raison de la possibilité de confusion dans le mouvement commercial mondial, nous avons chargé les secteurs gouvernementaux concernés de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’approvisionnement continu du pays avec tous ses besoins alimentaires, médicaux et en carburant.

S’agissant de faire face à ce qui peut être causé par un manque de capacité des citoyens à gagner ou à subvenir à leurs différents besoins, il a été décidé de créer un fonds spécial pour la solidarité sociale et de lutter contre le virus Corona, qui vise à mobiliser toutes les ressources disponibles et à les orienter vers des activités liées aux effets de la situation actuelle sur les citoyens, en particulier les personnes vulnérables et celles avec Revenu limité.

Ce fonds sera ouvert à tous ceux qui souhaitent contribuer à cet effort national, y compris les acteurs économiques nationaux et les partenaires internationaux.

Le pays a alloué au fonds une contribution d’un montant de 25 milliards d’onces anciennes, orientée vers les mesures suivantes:

1– Acquérir tous les besoins du pays en médicaments, équipements et équipements médicaux liés à l’épidémie.

2– Allocation de 5 milliards d’onces anciennes pour soutenir 30 000 familles dépendantes de femmes, de personnes âgées et de personnes handicapées, principalement à Nouakchott, avec une aide financière mensuelle pendant trois mois.

3– L’Etat supporte toutes les taxes et droits de douane sur le blé, les huiles, le lait en poudre, les légumes et les fruits pour le reste de l’année, ce qui contribuera à réduire ces matières premières.

4– L’Etat supporte les factures d’eau et d’électricité des familles pauvres pendant deux mois.

5– L’Etat prend en charge le coût de l’eau du village pour le coût de l’eau du village pour le reste de l’année pour les citoyens de tous les villages.

6– L’Etat supporte, pour une durée de deux mois, les professions libérales et les petites activités toutes taxes municipales.

7– L’Etat supporte tous les impôts et redevances résultant de cette activité pour le reste de l’année pour les chefs de famille travaillant dans le secteur de la pêche traditionnelle.

Il convient de noter que le suivi des ressources allouées à ce fonds n’affectera pas les projets sociaux et de développement programmés cette année, qui s’efforceront intensément d’accélérer le rythme de leur mise en œuvre pour faire face efficacement aux défis actuels.

Chers concitoyens,

La gravité du danger imminent et les sacrifices qu’il mérite pour protéger la santé de nos concitoyens m’amènent à renouveler l’appel à tous, citoyens et résidents, à assurer le strict respect des mesures préventives décidées et à rester dans les foyers autant que possible, et à limiter les déplacements entre les villes aux diktats des nécessités et désirs extrêmes. Les plus hauts niveaux de prudence et de vigilance.

Je suis certain qu’avec cela, Dieu Tout-Puissant, nous serons en mesure de surmonter cette étape difficile et d’avancer dans notre chemin de développement.

Merci, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous ».

©️ Crédit source: Page FB Rmi-info (25 mars 2020)

Mauritanie/L’apologie de l’esclavage : Foussenou Camara s’est échappé et nargue la Justice depuis la France.

Par ces temps incertains de la pandémie Covid-19 qui secoue les peuples du monde, certains esprits attardés se singularisent par leurs habitudes nuisibles à la paix sociale chez nous . Nos pensées fraternelles et humanistes à toutes les personnes affectées par ce fléau du coronavirus à travers le monde. Notre présent communiqué relève d’une nécessaire réaction à un cas grave de dysfonctionnement au niveau de la Justice mauritanienne concernant la lutte antiesclavagiste.

Fin novembre 2019, suite à une plainte introduite par de paisibles citoyens insultés et injuriés sur le réseau whatsapp (democratia islamic et fans donald trump), le dénommé foussenou camara alias donald trump avait été arrêté sur ordre de la Justice mauritanienne http://cridem.org/C_Info.php?article=729831 . Ce provocateur récidiviste s’est trouvé comme mission odieuse , des insultes apologétiques de l’esclavage contre les militants abolitionnistes et anti-esclavagistes en Mauritanie et dans la diaspora notamment parmi la communauté soninké. En Mauritanie après 2 semaines d’emprisonnement, il avait bénéficié d’une liberté provisoire avec une caution d’un million d’ancien Ouguiya (voir joint le document) mis sous contrôle judiciaire avec pointage au commissariat. Également son document de voyage saisi (passeport) . Au cours de sa liberté provisoire, il a repris par moments, ses provocations diffamatoires et injurieuses à l’encontre de nos membres en particulier visant notre doyen Biranté Koné (âgé de plus de 70 ans) à Nouakchott. Signalements faits auprès la Justice, il avait été convoqué et mis en garde pour une énième fois.

Du côté des plaignants, nos membres et leurs conseillers attendaient la suite du dossier bien fourni en preuves accablantes tirées des discours extrémistes et féodalo-esclavagistes de Foussenou Camara. De toute évidence son cas relève de la Loi antiesclavagiste en Mauritanie 031 – 2015 notamment son article 19 portant sur l’apologie. Un dossier judiciaire qui ne peut échapper en toute logique à la Cour criminelle chargée des pratiques d’esclavage et ses séquelles à Nouakchott.

Mais non, pour l’instant il s’est libéré bizarrement de l’étau du contrôle judiciaire à Nouakchott, et il a atterri à Paris en proclamant dans un audio de défi qu’il ne se serait pas enfui et que la justice ou le juge sait qu’il n’y a eu rien de grave à son sujet. Il a déclaré son arrivée à Paris ce 18 mars 2020 et aussitôt ce 22 mars, il s’est exprimé pour narguer en récidiviste provocateur dans la même lancée implicitement apologétique, voir ce lien YouTube de ses propos https://youtu.be/bv1lGhk4xQs.

Ainsi nous tenons à ;

● Dénoncer vigoureusement le laxisme ahurissant et les complicités évidentes de la Justice sur le cas de cet extrémiste apologiste d’esclavage. Et joindre à ce communiqué le document en arabe signifiant la liberté provisoire.

● Exprimer notre détermination plus que jamais à poursuivre son dossier judiciaire jusqu’au procès pour injures apologétiques de l’esclavage,

● Prendre à témoin, l’opinion nationale et internationale, et toutes les organisations travaillant pour la défense des droits humains, sur cette affaire qui symbolise encore une fois un manque criant de sérieux pour une application effective de l’arsenal juridique contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie.

● À saisir solennellement les hautes autorités, en tête le président de la République Monsieur Ghazouani, et par l’intermédiaire de la CNDH dirigée Maître Bouhoubeïni, sur la culture et les mentalités féodalo-esclavagistes qui font rage socialement et humainement dans nos localités villageoises du Guidimagha. Sans l’exercice ferme d’une Justice impartiale et fiable, les tensions sociales vont s’accumuler au su et au vu des forces publiques régionales alertées et averties à plusieurs reprises.

•Ci-joint : l’audio de foussenou camara annonçant son arrivée en France https://youtu.be/bv1lGhk4xQs

Nouakchott, 24 Mars 2020

©️ Pour la communication GANBANAAXUN FEDDE

Mauritanie-Coronavirus : En attendant la thérapie… (IRA-MAURITANIE)

Note de mise en garde

Face à la propagation du Covid-19, la Mauritanie a pris des mesures – partielles – de confinement et de fermeture des frontières. Les décisions, heureusement conçues hors de toute pression clinique mais en vertu du principe de précaution, méritent encouragement, malgré les nombreux réflexes de laxisme et de faveur, au détriment de la prudence. Hélas, l’auto-restriction sociale fait défaut car la majorité, par ignorance, superstition et inclination atavique à l’anarchie, marque quelque hostilité à la contrainte. Pourtant, le dénuement et la désorganisation du système de santé incitent aux impératifs de discipline, de distance et de réserve, seuls moyens de restreindre la contagion, en l’absence d’une thérapie. L’épreuve multidimensionnelle qu’impose le Coronavirus au pays et à son environnement comporte un impact pour l’instant imperceptible mais dont les répliques renferment, à moyen terme, un défi majeur de sûreté et de stabilité. Il convient, dès à présent, d’en atténuer les nuisances quasi-certaines sur la cohésion de la société. Des groupes spécifiques présentent, à ce titre, un risque d’exposition bien plus élevé. Des actes de prévention sont encore à portée :

  1. La prudence commande d’alléger la promiscuité dans les prisons, déjà sous l’effet du surpeuplement. Le désengorgement carcéral, sans abandon de poursuites dans les cas de détention préventive, s’appuierait sur une ordonnance de liberté conditionnelle, voire d’amnistie, au bénéfice des auteurs de diverses infractions, hormis l’homicide, la violence armée et le viol. Le projet d’exception s’étend aux personnes dont les peines, purgées aux deux tiers, laissent entrevoir une contrition. Sous réserve des exclusions précitées, les prisonniers de plus de 50 ans, ceux de sexe féminin et les mineurs correspondent au premier niveau de vulnérabilité. Il y va, aussi, de la protection du personnel pénitencier. Naturellement, l’interdiction des visites aux autres prévenus requiert leur prise en charge alimentaire par l’Etat. Un fonds national de solidarité y pourvoirait, s’il était mis en œuvre. La sanction légale ne saurait justifier la mise à mort, même en dehors de l’intention homicide.
  2. En perspective d’une perturbation du fret international et de l’effondrement des métiers de l’économie informelle qui nourrissent la majorité de la population, le gouvernement est appelé à lever ou alléger, du moins pour une période de 6 mois, les taxes sur les articles d’utilité vitale, notamment les aliments, les médicaments, le carburant, l’électricité et l’eau. Partout dans le monde, beaucoup perdront leur travail. D’ici-peu, si le contexte de crise se prolongeait, des multitudes affamées se trouveraient en instance d’insubordination à l’autorité, avant le déclenchement d’une insurrection de la rue. Le rétablissement de l’ordre provoquerait, alors, un usage de la force, aux conséquences imprévisibles.

Ira-Mauritanie demande, au pouvoir du moment d’enclencher un processus de consolidation de la solidarité nationale, afin d’anticiper les dangers, réduire la nuisance et se préparer au pire, y compris la rupture des systèmes de communication. La résistance de la communauté de destin réside, par-delà nos divergences légitimes, dans notre capacité à envisager et traverser, ces rares instants où le sentiment d’appartenance à l’espèce des humains, devient l’évidence du salut collectif. Aujourd’hui, il revient, au gouvernement, unique entité debout dans un pays en ruine, de mieux contrôler la visibilité médiatique des charlatans et autres colporteurs de miracle. La nocivité de cette confrérie du pire favorise le sabotage des politiques publiques, quand il s’agit de sauver, les gens, de l’extinction. Il serait criminel de céder à leur influence, par lâcheté et populisme. Les mauritaniens ont davantage besoin d’entendre les épidémiologistes, les médecins urgentistes, les spécialistes de l’hygiène et les fonctionnaires en charge de la sécurité. Maintenant, il n’est plus question que de survivre.

IRA – Mauritanie, le 23 mars 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune – Réflexion : 《Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.》 Par Kamara youssouph

Après le COVID-19, les mauritaniens et tous les peuples meurtris par les dissensions, les inégalités et l’injustice auront une approche différente dans leurs rapports : la tribu comprendra par exemple que peu importe celui qui est ministre ou Directeur l’important est qu’il soit compétent et honnête. L’ethnie se foutrait pas mal de la couleur de l’épiderme, la seule chose qui compterait enfin pour elle sera la compétence et l’honnêteté du titulaire de tel ou tel poste.
Le clan aurait compris enfin que son fils ou sa fille promue à un endroit qui ne devrait pas constituer un danger en cas de péril quand ce ou cette dernière devra jouer un rôle clef dans un dispositif de sauvetage quelconque.
On aurait compris que communiquer dans toutes les langues nationales et toutes les langues parlées majoritairement est un impératif.
On aurait aussi compris que le débat, Arabiya vs Varansiya ne sert à rien.
À ce moment précis, personne même parmi les plus incultes ne s’offusque de voir le Ministre de la Santé parler toujours en français et en arabe lors de chacune de ses sorties.
On aurait compris que l’école ne devrait point être politisée car le plus important pour la nation est qu’elle forme convenablement ses enfants capables de lui assurer un avenir radieux.
Imaginez juste un seul instant que durant cette période, on avait certains types de ministres à la place du Dr. Nezhirou! Ça aurait été la catastrophe.
Je ne veux blâmer nommément personne mais chacun de vous connaît plusieurs têtes de turcs qui ont été dans le passé à ce poste avant lui et imaginez juste une seconde un de ces zouaves, ministre à ce moment précis. – Vous vous êtes pris la tête en lisant ce passage tellement l’image que vous a renvoyé votre cerveau vous a fait cligner des yeux!!! –
Je suis sûr et certain de mon assertion car, de plus en plus de voix autorisées dans le clergé diront d’eux-mêmes qu’il est de l’intérêt de tout le monde qu’ils restent dans leurs mosquées et se limitent juste de parler de religion et rien d’autre.
Croyez-moi, ce sera la même chose du côté des corps habillés.
Le COVID-19 révolutionnera l’humanité et la Mauritanie ne sera pas en reste.


Youssouph Kamara


youssouph1@yahoo.fr

©️ Crédit source: Post Facebook de l’auteur – 21 mars 2020

Mauritanie – Covid-19 :《Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort… 》Par la Journaliste Mariem Derwich

Crédit photo : FB

Il faut arrêter l’aveuglement : la pandémie arrive sur notre continent. Et elle va frapper fort… Très fort…
Notre pays a mis en place tout un éventail de mesures, dont la plus radicale est ce couvre-feu dès 18 H… Mais cela ne suffira pas. Les mots et déclarations pieuses de suffiront t pas. Il faut confiner, oser ce confinement, oser… Interdire les rassemblements, réprimer ces rassemblements s’il le faut.
Fermer les marchés et réfléchir à des boutiques « alimentaires »…Réfléchir à une gestion plus locale de cette pandémie au vu du nombre de miséreux chez nous, miséreux qui verraient leur ultra précarité augmenter avec le confinement; réfléchir à des distributions de denrées, de vivres, de savon… Réfléchir et stopper ces coupures d’eau et d’électricité qui ne permettent pas les gestes prophylactiques nécessaires et qui aggravent et la misère et la transmission du virus…
Réfléchir au fait que malgré le fait que l’Afrique est habituée aux pandémies, nos installations hospitalières en sont au degré zéro d’une lutte contre une pandémie ( combien de respirateurs dans nos hôpitaux?).
Réfléchir au fait que nous nous contentons de nos habitudes sociales collectives au détriment d’une lutte efficace contre n’importe quelle pandémie.
Réfléchir au fait que s’enfermer chez soi aujourd’hui est un luxe de la bourgeoisie locale.Et que nous l’avons accepté, comme si la misère et le manque faisaient partie somme toute d’un « paysage » local presqu’exotique… Que la majorité de la population vit dans des conditions sanitaires effroyables, la promiscuité favorisant la transmission de tout et n’importe quoi.
Interdire les regroupements dans les mosquées ( des pays musulmans et des érudits religieux célèbres, de l’Iran au Koweit en passant par les pays du Maghreb ont interdit les prières collectives…Pourquoi pas nous? FOutu orgueil assassin de notre part qui nous sentons « meilleurs » musulmans que les autres…) nonobstant les cries d’orfraie de ceux qui, par ignorance, préfèrent envoyer les hommes à la mort plutôt que de les protéger ( et j’accuse certains de nos religieux de crime, oui, ceux qui refusent la fermeture des mosquées et qui favorisent ainsi la transmission d’un virus qui tue aussi – ne regardent-ils pas ces images qui nous viennent de l’Italie????) , ne pas ré ouvrir les écoles…
Le virus n’a pas de « pieds ». Il ne circule que grâce aux hommes. Il ne peut voyager s’il n’a pas de « véhicule » qui lui permet de passer d’hommes en hommes…Ce véhicule c’est nous. Nous.
Il y aura bien un avant et un après Covid-19.
Et à nous de savoir ce que nous voulons : sauver l’économie ou sauver l’humain…
Sauver les enfants, les femmes et les hommes et non pas une vision stérile du vivre ensemble….

©️ Crédit source: post Facebook Mariem Derwich (22/03/2020)

Réflexion – tribune : Ces gens honnêtes qui brulent quand même les feux…, Par Dr Mouhamadou Sy

Ce qui se passe au Sénégal, avec le non respect délibéré des lignes de conduite établies par le gouvernement révèle les lacunes de notre société, des lacunes quant à notre lecture des phénomènes, des lacunes quant à notre mode d’agir, bref des lacunes quant à notre façon d’éduquer.
Lacunes que l’on collectionne, sacralise et présente comme identité à respecter, surtout quand il s’agit de nous comparer à ceux qu’on appelle les autres, les différents, les pas comme nous, si on ne les nomme pas ennemis.

Ce comportement irrationnel, et si je voulais juger je dirais irresponsable, n’est pas un fait d’individus isolés dont la faiblesse morale serait connue de tous. Non, il s’agit principalement d’individus qui ont justement la plus grande responsabilité morale aux yeux de la population à tous ses niveaux. Il s’agit des personnalités qui ont le respect des militaires, des ministres, des médecins, des professeurs, du président, si ce n’est leur adoration. Mais visiblement, par ignorance ou par autre défaillance intellectuelle ou morale, ces individus refusent de respecter la raison et les consignes des spécialistes, qu’ils prennent certainement de haut car il ne s’agirait que de leurs « disciples spirituels ».
Et ils mettent donc tout le peuple en danger; ce qui compte c’est bien de ne pas bouleverser les positions sociales qui satisfont les égos même si tout le monde va en pâtir! Du suicide collectif qui rappelle ceux organisés par les grands gourous de certaines sectes. Mais cela ne peut pas être notre cas, car nous ne sommes pas en secte et, nous, ce ne sont pas des gourous que nous avons. N’est ce pas?

Oui, je comprend qu’il est nécessaire pour l’humain de toujours se rattacher à la branche à sa portée pour éviter la dégringolade. De s’y agripper même, quand le vent souffle et que les branches se mettent à se balancer. Est ce l’aspect singe, difficilement effaçable, qui se recycle au fond de notre mentalité, nous humains? Je pose la question…

Mais ce qui est bien chez le singe, c’est son activité, passer de branche en branche, occuper l’étendu de son espace en permanence. Il trouve son équilibre en bougeant plutôt qu’en restant sur place. A la différence du paresseux qui s’agrippe, se fige et stagne.
La nature faite d’incessants changements semble favoriser l’activité sur la stagnation, qui elle se voit dépasser et écraser tôt ou tard!

De qui voulons-nous nous rapprocher, je parle de notre mentalité; singe ou paresseux? Désolé, mais ce sont les deux choix dans la carte des menus!

Si nous passions à un niveau au dessus, si nous changions de branche, si au lieu de s’agripper à de la misère magnifiée, comme pour en masquer le caractère funeste, si au lieu de ruser avec la peur en en faisant une puissance qui octroie sa pitié, nous décidions d’y faire face; si nous actionnions notre rationalité jusqu’à ce qu’elle prenne le dessus sur cette phobie du vide, jusqu’à ce qu’elle stipule et intègre, une fois pour toutes, que l’important n’est pas de s’agripper mais d’évoluer tout en maintenant l’équilibre. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ceux qui s’agrippent finissent par le perdre en s’effondrant tout comme le paresseux l’expérimente; mais que ceux qui ont la hardiesse de bouger sont ceux qui ont une chance de se maintenir.

Nos sociétés renferment de l’intelligence, de l’honnêteté, de la compétence, ce n’est pas là la question. La question est comment tout ceci se laisse organiser. Car avoir les bonnes cartes ne suffit pas à gagner à une partie d’un jeu; la stratégie, à savoir l’organisation des coups, la façon de réagir aux attaques, et surtout la planification, est celle qui marque la différence.

Dans une société, une bonne stratégie de vie est celle qui aide à préserver la vie, à l’élever, à prévenir du danger et à y faire face quand il est là; elle est multiforme, mais de quelque forme qu’elle soit, elle requiert la discipline, qui de mon point de vue se définit comme une attitude commune qui préserve la cohérence dans les interactions entre individus, entre organes, et entre les individus et les organes. Un code de la route des actes auquel les citoyens doivent se soumettre, y compris le marabout le plus suivi.

Cependant, on n’improvise pas une telle attitude commune dans une société, on l’instaure progressivement, on en fait une habitude, on la plante, la cultive et la surveille. L’éducation est le pivot d’un tel projet social. Le niveau d’éducation d’une génération définit le niveau de discipline de la société dont elle aura la direction.

Sur la question de choisir entre le singe et le paresseux, dans le cas où nous portons notre choix sur le dernier, ayons quand même la vivacité minimale de profiter d’une de ses caractéristiques utiles, à savoir respecter l’isolement nécessaire pour endiguer le coronavirus!

Dr Mouhamadou Sy

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (21/3/20)

Mauritanie/ Covid-19 : un couvre-feu décidé sur l’ensemble du territoire national (AMI)

Crédit photo via La Vision FB

Voici le texte de la déclaration:

« Dans le cadre des mesures préventives prises par les pouvoirs publics contre la propagation du Corona virus (Covid 19), le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation déclare qu’il a été décidé désormais:

🔹️1 – Le couvre-feu est de huit heures du soir à six heures du matin, et cette décision sera appliquée sur tout le territoire national, à l’exception des équipes de santé et des camions de fret.

🔹️2– L’interdiction sans équivoque de tous types de rassemblements et de regroupements publics.

🔹️3– Fermeture de tous les restaurants et cafés jusqu’à nouvel ordre.

Toutes les dispositions et précautions de sécurité nécessaires seront prises au niveau des marchés, des rues et des places publiques pour garantir l’engagement à mettre en œuvre ces mesures.

Nous appelons chacun à faire preuve de responsabilité et de contribution pratique aux efforts déployés par les pouvoirs publics, par une réponse positive aux différentes directives et mesures prises pour contenir cette pandémie ».

©️ Crédit source: ami.mr/fr

TRIBUNE : BIENVENUE AU COLONEL TAYA! Par Ciré Kane


<<Seigneur, préservez-moi de mes amis. Mes ennemis je m’en occupe !>> Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya, s’adressant à ses tombeurs en 2005, dont Ghazouani

Le retour du Colonel Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005), l’ancien chef de la dictature militaire qui s’est consolidée depuis la création du grade de Général en 2007, évoqué tous les ans, pourrait se réaliser en cette année sombre de pandémie, comme le fut son règne funeste.

Taya a, en une année (90-91), sur une population d’à peine 1,5 millions, tué plus de 8 milles civils, assassiné 513 militaires et déporté près de 100 milles personnes. Tout ce beau monde était quasiment de la même ethnie. C’est le génocide des peuls de Mauritanie, l’un des plus méconnus de l’histoire de l’humanité.

Dans le Sud, les militaires et leurs milices ont violé, torturé, détruit des villages, …

Les militaires se sont auto-amnistiés par une loi votée en 1993 qui absout tous leurs crimes et des présumés tortionnaires ou meurtriers accèdent à de hautes fonctions (Généraux, Présidence Assemblée et même Présidence de la République en 2005-2007).

Les dignitaires du PRDS, le parti-Etat de Taya, se sont habilement recyclés dans ADIL jusqu’au putsch de 2008, puis ils ont convergé en masse vers UPR, le parti des Généraux.

Donc, le coup d’État qui a déposé Taya en août 2005 était une petite révolution de palais. C’est toujours la même bande de copains militaro-affairiste qui pille le pays.

Les victimes demandaient l’extradition de Taya pour mettre fin à son impunité et à son exil doré au Qatar.

Eh bien, il ne sera pas escorté par la police qatarie, ni récupéré par la nôtre pour être conduit en prison et entendu dès sa descente d’avion . Il n’effectuera pas les formalités à l’aéroport, même s’il a le coronavirus. Ce serait degradant pour ce haut gradé. Mais son retour au pays, ainsi que ces conséquences sur la paix sociale, seront de l’entière responsabilité du Général Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.

Le nouvel homme fort et muet de Nouakchott a déployé toute sa diplomatie pour le retour à la maison du soldat Taya. La solidarité entre hommes en treillis ne faillira pas. La loi d’amnistie ne sera pas abrogée. L’ancien exilé bénéficiera des privilèges dus à un ancien chef d’Etat (salaire, logement, gardes du corps, voitures avec chauffeur..), il sera membre du Conseil Constitutionnel et sera consulté sur les grands dossiers de l’Etat…

Et S’il est malade, ses frais seront entièrement pris en charge. Les mauritaniens, dont ses victimes, paieront sans broncher.

Avec toutes ces conditions et loin de la prison de Dar Naïm, on souhaite la Bienvenue au Colonel Taya! Il ne sera pas inquiété. Toute hostilité contre lui sera réprimée, une loi viendra renforcer l’amnistie, si nécessaire.

Bien entendu, il ne sera pas assigné à résidence surveillée à Atar, auprès de sa tribu. Il sera libre comme l’air et pourra même parader en tête des cortèges de ses fidèles qui défilent depuis 15 ans tous les 12 décembre pour rappeler son historique prise du pouvoir. Le portrait de Saddam Hussein y sera brandi pour narguer ses noirs qui tardent à quitter ce pays exclusivement réservé aux maures. Comprendront-ils un jour ?

Taya et ses proches, avec cette liberté garantie par la constitution, pourront parler dans les médias, créer ou soutenir un parti, inciter à finir le génocide…

Le président auto-proclamé Ghazouani ne joue pas avec le feu, mais avec les armes. Attention quand même à une balle amie dans le bide.

Ciré KANE, le 18 mars 2020

©️ Crédit source: Page FB de l’auteur