Réflexion – Tribune : La Solidarité, comme consécution ou « l’histoire d’une idée ». Par Souleymane Sidibé

Il m’a fallu venir à l’université à Bordeaux pour que l’un de mes professeurs m’explique véritablement la SOLIDARITÉ.
Nous, autres avons cru que nous étions solidaires. Non, nous avons confondu philanthropie et solidarité. Les philanthropes sont les personnes désintéressées et généreuses qui donnent tout leur temps, argent et énergie aux autres. Cette philanthropie sans calcul conduit souvent la descendance de certains à ne pas pouvoir être à l’abri du besoin par manque de plan d’actions pour le futur.
La solidarité, quant à elle, ressemblerait à la philanthropie mais elle ne l’est pas. La solidarité est une assistante mutuelle( cela va dans les deux sens contrairement à la philanthropie). La solidarité est un devoir ou une obligation morale. La solidarité est familiale, amicale, communautaire, associative mais aussi commutante. La solidarité doit être étatique. L’Etat doit rajouter la solidarité à son mode de fonctionnement. La solidarité peut être aussi, communale, nationale… Une nation solidaire est une nation véritable. Elle est meilleure car elle use de la solidarité pour l’alimentation des couches les plus vulnérables, et par la défense qui est une forme de solidarité. Les contrats( mutuelle, association, assurance, syndicats, contrats de travail…) sont aussi de la solidarité. La Solidarité devient alors une forme d’humanisme et un rempart social: elle est l’obligation de faire cause commune, agir dans l’intérêt général. Les coopératives et coopérations sont de la solidarité. Et comme l’Etat( entité morale) doit être solidaire, les femmes et hommes doivent verser des prestations sociales en fonction de leurs revenus pour équilibrer les inégalités. Le citoyen ( individu avec des droits, devoirs et obligations et prier du respect des lois) doit s’éduquer à partir des valeurs de solidarité. Toute une pédagogie citoyenne doit naître chez le mauritanien à travers cette notion de Solidarité pour l’engagement, la lutte contre les préjugés et discriminations, pour les droits et surtout pour le Vivre-ensemble. La solidarité dans le domaine de l’éducation( attribution des bourses d’études en fonction des revenus des parents, les aides financière pour la petite enfance), dans les interruptions involontaires ou volontaires de travail( chômage, revenus de solidarité) dans le droit( par rapport à l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes…) voire dans la Santé( couverture maladie individuelle, familiale…)

Aujourd’hui, face à cette pandémie qui s’accroît à une vitesse exponentielle, il est important de rappeler la solidarité dans la santé et les interactions humaines. Il faut d’ores et déjà noté la relation entre l’alimentation saine et la santé qui est « très importante ». Les diététiciens préciseront cela. Hippocrate, médecin grec de l’Antiquité (5e siècle av. J. -C.), avait affirmé la primauté de l’alimentation dans la santé en affirmant: « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Or, pour un concitoyen qui ne peut se nourrir comme il se doit ou avoir du liquide alimentaire pour étancher sa soif, il sera difficile pour lui de connaître les risques sanitaires d’ordre bactériologiques( bactéries) ou virologiques( Virus). De plus, s’il n’est pas allé à l’école. Il en est tout de même le cas pour la maladie à Coronavirus ou COVID-19 avec « co » qui signifie « corona », « vi » « virus », « di » « disease » en anglais qui signifie « maladie ».
L’Etat doit ainsi créer des conditions viables et structurer les domaines par la solidarité. Une règle de solidarité pour sensibiliser est souvent préférable à celle du « fouet ».
Pour protéger ses composantes par nécessité et obligation, l’Etat dans son rôle régalien doit faire valoir le droit à la vie, aux libertés, faire barrages aux inégalités par solidarité aussi, et connaître les priorités de SANTÉ. L’Etat doit au nom des principes universels, religieux ou moraux assister sa population contre la faim, les maladies en soignant et prévenant. Certains diront qu’il est facile de le dire mais difficile de le faire. Il sera tout à fait naturel de se demander s’il existe préalablement une volonté politique. Cette volonté dans la manière pragmatique et clairvoyante de gérer les affaires de la CITÉ.
Cette période pandémique nous laissera de quoi réfléchir, et se saisir par humanisme pour mettre en place, si la voracité et l’égocentrisme ne reprennent le dessus, un nouvel ordre; un pacte social. La solidarité dans le travail( liens de complémentarités), dans les instances, dans les marchés financiers, pour les micro-financements, les incubateurs( économie) , et pour le « pauvre mauritanien » à la quête de l’équité et l’égalité.

Pour s’axer sur le plan sanitaire, il ne s’agit plus de critiquer seulement mais d’énoncer ensemble certains FAITS. Il ne s’agit plus de réfléchir mais d’agir. Ainsi, parler pour garder un « petit » poste par rapport à l’intérêt personnel au lieu de celui des mauritaniens, de celui de la future Nation qui doit naître, est de la délation.
Nous avons un système de santé dans un état de délabrement inouï alors, comment aurons nous le courage de parler de système de soins. A cela, s’ajoute la libération de la profession. Pour être soigné, il faut des moyens personnels( parfois les biens mal acquis pour aller à l’étranger), et l’on est pas sûr de porter l’usufruit. Le principal responsable est l’Etat comme entité morale, mal équipée et dont la mal gouvernance est indélébile, si elle ne se débarrasse pas de l’étiquette de « vache à lait ». Notre responsabilité y est aussi. En effet, les mauritaniens ont comme premier ennemi commun l’indifférence. Après, s’ajoute à cela l’ignorance, et voilà que s’y rajoute l’infiniment petit(virus) pour faire plus que peur et créer la psychose en Mauritanie.
Les campagnes de sensibilisation vues sont des actes de solidarité. Dès lors, s’il y a deux formes de sensibilisations, à savoir celle des cartiers du nord et celle du sud, nous aurons un constat amère et réel qui est la profondeur des distanciations sociales bien avant le COVID-19. D’où vient, ce questionnement de nos inquiétudes et de l’absence de solidarité et de développement ensemble mais pour un ensemble. En effet, face au covid-19 qui est un ennemi redoutable qui attaque plus que l’on ne peut imaginer, il y’a lieu de s’unir et de respecter les consignes et recommandations des personnes en charges, personnes ressources et habilités à juguler la maladie à Coronavirus. La solidarité est encore d’autant plus nécessaire pour aider les acteurs et professionnels de santé pour la santé publique. Aider en restant chez soi s’il est possible. Aider par l’aide de l’Etat aux concitoyens du secteur informel ou des nécéssiteux comme le plan a été émis. Assister et mobiliser pour la formation de plus de personnels face à ce fléau. En guise de solidarité avec les forces de l’ordre, respecter le couvre-feu, et il faudrait les avertir comme tout citoyen mauritanien des dangers de la maladie à Coronavirus.
Au sortir de cette pandémie, osons espérer que l’humanité se nourrisse de paix et de solidarité. Nous devons apprendre à nous solidariser. Nous devons apprendre en tant que population à mieux faire, mieux vivre, mieux donner et à s’indigner. S’indigner en l’horreur de la dignité, il le faut pour l’union. Il ne peut y avoir d’union ou cohésion sociale voire nationale sans véritable solidarité. Cette solidarité ne nait pas de la bêtise, ni dans l’ignorance. Elle nait de principes universels qui honorent la dignité humaine. En ces termes, Tomas Borge affirmait: «la solidarité est la tendresse des peuples». Il faut agir, cultiver le civisme et la fraternité par la solidarité. «Sans solidarité, performances ni durables ni honorable» François Proust.
En définitif, la solidarité « est notre remède» comme l’atteste Sali Sek. Etre solidaire, c’est être lié. «La solidarité nourrit les racines desquelles se tisse la fraternité» Bihman Belattaf.
Revendiquons plus de justice et de justesse avec nous même pour nous. La solidarité appelle la bonté individuelle. Lecompte nous certifie qu’il n’existe pas d’autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle. Ainsi, « nous avons le devoir alors de remettre à l’heure l’horloge de la solidarité humaine» Michel Vespecht.

En conclusion, cette expression que l’on appelle SOLIDARITE, ne doit pas être un simple mot. C’est un sacerdoce citoyen et humain pour lequel, il faut « se répercuter» même de loin. Nous n’avons plus besoin de la solidarité purement traditionnelle africaine( forme de « solidarité mécanique » par des normes et valeurs traditionnelles intrinsèques) mais de la solidarité moderne qui dépend des «réflexes» universels par les valeurs égalitaires.
Pour ainsi, ouvrir la voie à la solidarité internationale comme il en est le cas pour le Cuba, la Russie ou la Chine qui vont en cette période de crise sanitaire apporter l’armement médicale pour le besoin de l’humain. «Notre esprit humain exige sans délai la solidarité et l’union entre les peuples et les nations au delà des différences qui pourraient les séparer» soutient Augusto Roa Bastos.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (30/03/20)

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