Mauritanie – Justice : Le mathématicien Mamadou Sy réagit sur le cas des homosexuels condamnés.

Voilà une injustice qui se produit devant des millions de complices. L’Avenir nous dira à quel point nous avons tord, à quel point nous sommes lâches de ne pas protéger la diversité, de leur appliquer des peines qui ne condamnent que la notion même de la diversité.
Si nous savions à quel point notre existence même doit à la diversité des choses, nous serions plus ouverts. Mais hélas, quand des règles de fermeture animent un groupe, il ne comprendra qu’il court à sa perte que seulement quand il est condamné. Notre société a encore une fois échoué, en ne sachant pas comment gérer sa diversité, sa force, et comment ménager les phénomènes qui lui sont singuliers, qu’elle soit si agressive à l’encontre du singulier qu’elle décrète contre-nature, elle montre sa faible capacité en tant que société.
Qu’un groupe d’individus usurpe le pouvoir judiciaire pour y instaurer des positions extrêmes et que des millions de gens approuvent ou exigent même des peines plus lourdes, cela est un signe de plus que notre société est une société faible. Et c’est dangereux pour elle!
Pour le bien d’une société, les principes ‘exclusivistes’ doivent rester personnels, il n’y a que des principes humanistes qui devraient s’ériger en bases pour des lois communes. Il est clair que des principes basés sur la phobie des caractères sont exlusivistes. Il est lâche, pour un soi-disant intellectuel, de tomber dans la facilité extrême à faire passer ses positions exclusivistes parce quelles sont majoritairement acceptées au détriment de l’humanisme. La plupart de nos intellectuels, professeurs, penseurs ne savent que citer Volaire, répéter Montesquieu, brandir Thierno Souleymane Ball, et redire Lincoln. Mais s’il s’agit de se comporter en un bon défenseur des droits de l’Homme, et là je ne dis pas de ses droits mais tout simplement de ceux de l’Humain, alors ils se font petits, ridiculement petits et plus minables encore que certains injustes notoires. Vous n’avez pas compris ou vous avez peur d’exprimer votre compréhension que ces héros que vous citez ne l’ont été que parce qu’ils ont osé dire non, s’opposer aux idéologies de leurs temps qui exprimaient une profonde injustice. Aujourd’hui c’est notre temps, nous sommes témoins ou acteurs conscients ou non des injustices de notre temps occasionnées par des idéologies puissantes de notre temps, alors combattons les ou libérons nos postes d’universités, de leaders de mouvements, cassons nos plumes et économisons de l’encre, éteignons nos micros; car nous ne servons alors strictement à rien!
C’est un instant bizarre mais instructif quand on découvre cette pulsion injuste et primaire entrelacée avec les plaintes justifiées d’intellectuels qui, au fond, sont des criminels en puissance. Ce jour est triste.

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (31/1/2020) joint au lien ci-dessous

🔹️Le lien média https://kassataya.com/2020/01/31/condamnation-des-homosexuels-a-des-peines-de-prison/

Mauritanie- Politique : L’intervention de l’honorable députée Coumba Dada Kane lors de la plénière du 31.01.2020

Merci Monsieur le président de l’assemblée, merci Monsieur le premier Ministre

Honorables députés,

Je vous souhaite à toutes et à tous en ce dernier jour du premier mois de l’année 2020,
Encore une bonne et heureuse année, de bonheur, de santé et de justice pour toutes les mauritaniennes et tous les Mauritaniens.

Monsieur le premier ministre,
La justice est le socle de la cohabitation, et sans elle rien ne va et vous en connaissez quelque chose, car vous avez été victime au temps du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Monsieur le PM, à quand prendront fin l’injustice et l’esclavage qui frappent les composantes H’ratine et noire de la Mauritanie?

Pourquoi ce sont ces composantes qui restent marginalisées dans ce pays et qui sont éprises de justice, de liberté et de droit. Je ne peux en aucun cas admettre que nos enfants, femmes, et hommes continuent d’être raflés à longueur de journée et sont considérés comme étranger dans leur propre pays.
Pourquoi une seule composante continue
D’être exclue par une biométrie discriminatoire?

Monsieur le Premier ministre, pensez-vous que le monopole des tous les secteurs par une composante, ne crée pas la frustration au sein des exclus que sont les hratins et les Mauritaniens d’origine noire ?

Regardez Rosso que visite le président ghazwani, tous les commandements (Wali, Hakem, les commissaires, gardes, gendarmerie, ), l’administration reviennent tous à une seule communauté?

Hélas
Nous refusons de croire que le chemin de la justice est en faillite.
Nous refusons de croire qu’il y ait des espoirs insuffisants dans les atouts de l’opportunité de notre cher pays.

Nous ne baisserons pas les bras tant que les richesses de la liberté et la sécurité de la justice ne sont pas garanties pour tous et sans distinction aucune.

Le moment est venu monsieur le Premier ministre de réaliser les promesses de la démocratie.

Le moment est venu de faire de la justice et la lutte contre l’esclavage une réalité pour tous les enfants de ce pays.

Monsieur le Premier Ministre,

Il serait fatal au régime de négliger le caractère d’urgence de ce moment pour les centaines de milliers des mauritaniens qui ont exprimé leurs voix en faveur de l’honorable député et président de l’ONG IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid lors des dernières élections présidentielles du 22 juin 2019 où il est arrivé 2ème à l’issu de ce scrutin.
Mais il est une chose que je dois dire à ce gouvernement, qui se tient sur le seuil brûlant qui conduit à la justice et au droit :
Dans ce processus qui vise à obtenir notre juste place dans l’échiquier politique de notre cher pays et de pouvoir competir en toute légalité.

Monsieur le Premier Ministre

Nous cherchons à satisfaire notre soif de reconnaissance de l’organisation IRA et du parti le RAG.
Nous mènerons notre combat sur les hauts niveaux de la dignité et de la discipline.
Nous ne baisserons jamais les bras tant le parti RAG et l’ONG IRA ne seront pas reconnus conformément aux règles et aux textes en vigueur.

Députée Coumba Dada Kane
Vice-présidente IRA Mauritanie

Je vous remercie

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

Mauritanie/Justice : la réaction de la journaliste Mariem Derwich après la condamnation de homosexuels

Honteux…. Pour être homosexuels ils ont été condamnés hier à 2 ans de prison… Ils n’ont volé personne, ils n’ont tué personne, ils n’ont fait de mal à personne mais cela n’a pas empêché notre justice de les envoyer en prison pour 2 ans.
2 ans : elle est lourde la sanction déni de droits et de liberté. Elle est lourde, hideuse, profondément choquante…
Pendant ce temps des exciseuses se promènent en liberté, un pédophile « officialisé » qui a épousé une gamine de 12 ans est libre, le petit bureaucrate derrière son bureau dans une de nos institutions et qui demande de l’argent sous son bureau pour que nous ayons droit à ce que la loi nous reconnait pourtant ( à savoir l’accès à un service) est libre, le « religieux » qui exploite ses talibés est libre, des hommes qui ont torturé et tué pendant les années de sang sont libres, un Cheikh qui a escroqué des milliers de gens est libre, etc etc…
2 ans…
Pourtant, pourtant, en Juillet 2012 notre pays a ratifié le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants….
« Autres peines ou traitements cruels…ou dégradants »…
Tfou….

©️ Crédit source : post Facebook de l’auteure (31/1/2020)

Mauritanie/International : Le député BDA classé dans le Top 100 – 2019 de Washington Compol


Une célèbre institution américaine appelée Washington Compol publie son Top 100 personnalités politiques ayant influencé l’année 2019. Dans cette liste, le député mauritanien et leader abolitionniste Biram Dah Abeid a été classé 19 ème. Se trouvant dans les 20 premières figures influentes courant 2019, Monsieur Dah Abeid était arrivé deuxième lors de l’élection présidentielle de Juin 2019 en Mauritanie. Militant irréductible pour l’avènement d’un Ordre Juste dans son pays et combattant anti-esclavagiste à travers son emblématique mouvement IRA-MAURITANIE, a été récipiendaire de nombreux titres honorifiques dans le monde. Rappelons le que son mouvement IRA-MAURITANIE fondé en octobre 2008 n’a pas été toujours reconnu par les autorités mauritaniennes.

KS pour le BLOG

🔹️L’élément médiatique :《Le Mauritanien Biram Dah Abeid, classé 19 ème par l’institution Washington Compol 100, parmi les personnalités politiques les plus influentes au monde pendant l’année 2019.

■Lien à suivre : https://mprgroupusa.com/2020/01/13/compol-100-los-profesionales-politicos-mas-influyentes-de-2019-11-al-20/

©️Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

Droits humains : comprendre la problématique de l’esclavage coutumier en milieux soninkés, par Baliou Coulibaly.

Interview très fructueuse avec M. Baliou Mamayary Coulibaly, professeur d’anglais, journaliste, homme de culture et fervent militant des droits humains. Il a ouvert ses portes pour répondre à nos questions d’actualité sociale dans le milieu Soninké. Bonne lecture.

1-Bonjour Baliou Mamayary Coulibaly, merci d’avoir accepté à répondre aux questions du site guidumakha.com, pouvez vous nous présenter votre parcours aux lecteurs ?

Merci Monsieur Dicko pour m’avoir donné l’occasion de m’adresser à vos lecteurs. Je m’appelle Ba Aliou Coulibaly connu sous le nom de Baliou Mamayary, je suis originaire de Kaédi, Gattaga. J’ai fait mes études à Kaédi, après mon bac en 1985 j’ai poursuivi les études à l’université de Nouakchott, ensuite j’ai intégré l’Ecole Normale Supérieure ou je suis sorti comme professeur d’Anglais. J’ai enseigné pendant 12 ans avant d’intégrer Oxfam GB comme chargé de l’interprétation et de la Communication. Aujourd’hui je travaille dans le domaine de la gouvernance des industries extractives. Parallèlement à ces activités je milite activement pour le respect des droits humains de manière générale et je lutte contre les pratiques esclavagistes en milieu Soninké de manière particulière.

2-Vous êtes le porte parole d’un Collectif de Lutte Contre l’esclavage en milieu Soninké, votre collectif est composé de combien d’associations et citez nous leurs noms ?

Effectivement je suis le porte parole du Collectif des associations de lutte contre l’esclavage en milieu Soninké qui regroupe l’ensemble des mouvements et associations de lutte contre l’esclavage en milieu Soninké notamment Ganbaanaxu ; A ce titre nous avons publié plusieurs déclarations dénonçant les violations de droits humains liés à l’esclavage et organisé un important sit-in devant la Présidence pour attirer l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion nationale et internationale sur l’esclavage en milieu Soninké . Cette manifestation a été couverte par la presse nationale et internationale notamment RFI

3-Comment décrire les pratiques de l’esclavage dans le milieu Soninké aujourd’hui?

Jusque dans un passé très récent beaucoup de nos détracteurs niaient l’existence de l’esclavage chez les Soninké. En réalité ce que ces négationnistes souhaitaient c’est de voir des personnes enchainées et marquées au fer rouge pour reconnaitre que l’esclavage existe. L’esclavage est un ensemble de pratiques qui se manifestent de différentes manière chacune aussi abjecte que l’autre. Certes la violence physique est plus brutale et visible mais les manifestations liées à l’ordre social sont encore plus dévastateurs et avilissants. Dans la société Soninké les pratiques de l’esclavage se manifestent dans toutes les étapes de la vie ; de la naissance à la tombe en passant par les cérémonies sociales et religieuses, l’accès aux ressources et à la propriété.

4-Est-il vrai que les descendants d’esclaves Soninké ne peuvent être des imams, si oui, pourquoi le ministère des cultes islamiques ferme les yeux sur cette discrimination grave liée au crime de l’esclavage, votre collectif s’est-il engagé à interpeller le ministère concerné ?

Dans un village Soninké un descendant d’esclave quelque soit son érudition, ne peut jamais diriger une prière collective dans un lieu public. Cela est une règle tacite acceptée et admise de tous. Sur ce plan des associations de lutte contre cette pratique se sont levées pour s’opposer à cela. Elles ont d’abord commencé par fonder leurs propres mosquées dans leurs villages et designer des personnes issues de leur rang pour désormais diriger les prières. Nous savons que jusqu’à-là l’administration n’a pas facilité ces initiatives pour plusieurs raisons, mais face à l’immobilisme des féodaux, nous encourageons fortement les groupes abolitionnistes à disposer de mosquées dans lesquelles seule la loi d’Allah SWT prévaut.

5-Apparemment, les descendants d’esclaves Soninké sont discriminés sur beaucoup de postes, ils ne peuvent être chefs de villages, ils ne sont pas représentés dans les partis politiques de l’opposition comme le pouvoir lors des élections, ils ne sont pas nommés dans le gouvernement malgré leur compétence, comment expliquez vous cette situation ?

Effectivement, les descendants d’esclaves sont non seulement victimes de discrimination dans leurs villages mais sont aussi inexistants dans les sphères de l’administration. Cela est dû au fait que les différents pouvoirs qui se sont succédés ne sont rien d’autre que le prolongement de l’ordre féodal. Le comble, c’est de voir certains qui se déclarent militants de droits humains défendre avec véhémence l’ordre féodal et justifier que les citoyens ne doivent pas être égaux dans leurs propres villages car ils sont esclaves

6-Vous avez suspendu vos activités en tant que membre de la commission technique chargée de travailler sur l’harmonisation de l’écriture (Orthographe, et grammaire) Soninké au sein du FISO (festival international Soninké), expliquez nous les raisons ?

Effectivement suite au silence complice de toutes les organisations Soninké qui regroupent l’ensemble des intellectuels face aux actes de barbaries perpétrés contre des femmes , des enfants et même des vieillards tout simplement parce que ces derniers ont voulu rejeté l’ordre féodal, et compte tenu de la gravité de ces actes qui sont assimilables à un crime contre l’humanité, j’ai décidé de suspendre ma participation dans toutes les organisations sociales et culturelles Soninké.

7-Ces dernières années, nous avons suivi avec stupeur des scènes violentes sur les militants abolitionnistes Soninké (Ganbanaaxu Feddé) : en Mauritanie, au Mali, Sénégal et en Gambie, pourquoi selon vous cette violence gratuite envers des populations qui réclament leur droit à l’égalité entre des citoyens pacifiquement au 21ème siècle ? Les états ont-ils failli à leur mission ?

Cela est scandaleux et totalement inacceptable. Le Gouvernement Malien et l’ensemble des intellectuels Soninké se sont royalement tus face à un génocide perpétré contre une communauté qui a comme seul tort d’avoir revendiqué son droit inaliénable à la dignité humaine ; Dans ce cadre , en intelligence avec le mouvement Ganbanaxu à travers son illustre président Traoré Gaye , nous avons contacté Maitre Assane Diouma Ndiaye pour introduire une plainte contre le gouvernement Malien auprès de la cour Africaine d’Abuja. Nous tenons le gouvernement responsable de tout ce qui arrive à ces paisibles citoyens.

8-Comment jugez-vous l’attitude de la justice Mauritanienne qui met en liberté provisoire des individus incriminés sur des faits de l’esclavage et ses séquelles et qui prennent la fuite avant leur jugement ?

Effectivement ces derniers temps les pouvoirs publics ont fait des efforts notables qui ont conduit à l’arrestation et l’incarcération des trois personnes pour propos haineux et apologie de l’esclavage. Nous nous félicitons de ces progrès mais nous continuons à exhorter les autorités compétentes à plus de vigilance et de rigueur dans l’application stricte de la loi. La loi Mauritanienne considère l’esclavage comme un crime par conséquent, les sanctions doivent être à la hauteur des actes sinon, les forces du mal vont continuellement récidiver.

9-La politique et la défense des droits humains font-il bon ménage ?

Personnellement je considère cette dualité comme étant un faux débat. Les actes et les paroles d’un homme sincère doivent être en harmonie dans tous ses agissements, tout au long de son parcours. Les principes d’équité, de tolérance et de dialogue doivent être valables aussi bien en politique que dans les droits humains. Au lieu d’une antinomie, je vois entre ces deux concepts une parfaite complémentarité. Ils peuvent être contradictoires seulement pour ceux qui considèrent la politique comme le théâtre de la perfidie et intolérance

Merci d’avoir répondu à nos questions, bonne continuation.

©️ Crédit source : http://guidumakha.com/index.php/14-sample-data-articles/307-l-interview-de-baliou-mamayary-coulibaly-dans-la-societe-soninke-les-pratiques-de-l-esclavage-se-manifestent-dans-toutes-les-etapes-de-la-vie-de-la-naissance-a-la-tombe

Communiqué de presse du mouvement Pour une Mauritanie laïque

Communiqué:

Après l’apparition de vidéos qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, et dans lesquelles on voit des citoyens danser et chanter dans une fête qu’ils ont organisée dans la capitale Nouakchott, le 11 janvier 2020; des rumeurs ont circulé sur l’appartenance des individus concernés à la communauté homosexuelle, et sur le fait qu’il s’agirait d’une cérémonie de mariage entre deux d’entre eux.
Cela a incité les hautes autorités du pays à ordonner l’ouverture d’une enquête sur l’événement.
Très tôt l’enquête de la police a conclu que la rumeur de mariage n’était pas fondée, et qu’il ne s’agissait en réalité que de l’anniversaire de l’un des participants à la fête, à laquelle il avait invité ses amis du même groupe social.
Mais par la suite, nous avons été surpris dans le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque, par :

  • L’insistance des autorités à maintenir en détention, sans motifs juridiques, les personnes concernées; à les photographier et à les filmer dans des situations humiliantes à l’intérieur des postes de police, puis publier leurs informations privées, photos, vidéos, noms et prénoms sans leurs autorisations et sans aucun respect de la loi à leur encontre.
  • L’annonce des autorités, par le biais du commissaire de police autorisé et sur les écrans de la télévision nationale mauritanienne, de leur engagement à punir les individus interpellés.
    Ce qui nous laisse nous demander: par quel droit les autorités s’engagent-t-elles à punir des citoyens qui n’ont même pas encore comparu devant un tribunal et qui n’ont encore été reconnus coupables d’aucune infraction ?
    Ensuite, les punir pour quoi exactement, et selon quels articles du code pénal?
    Si c’est pour leur appartenance à la communauté LGBT, ils ne sont pas les seuls à appartenir à ce groupe social dans le pays. Il y a des homosexuels dans tous les groupes ethniques mauritaniens et ils ne sont pas nouveau-nés, leur existence précède l’émergence même de l’État mauritanien, et l’émergence de ses tribunaux et constitutions.
    Et si la punition promise est pour avoir organisé une fête d’anniversaire et y avoir dansé et chanté, il n’existe aucune loi dans le pays qui interdit cela. De plus, ce n’est pas la première fois que des individus de ce groupe social participent aux fêtes et aux cérémonies de mariage, dans la capitale et à l’intérieur du pays.
    Par conséquent, et sur la base de nos principes laïques et de notre profonde conviction que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et en dignité, nous alertons l’État et le peuple sur les points suivants:
    1– Nous condamnons avec la plus grande fermeté le comportement illégal, irresponsable et immoral, qu’ont commis et que commettent encore les autorités de notre pays à l’encontre de nos concitoyens innocents.
    2– Nous demandons aux autorités de libérer sans délais ces personnes innocentes, de les rendre à leurs familles et à leurs proches, de poursuivre en justice les éléments de la police responsables des violations de la loi et des droits de ces détenus, et d’indemniser les victimes pour les préjudices que leur ont causé les violations de leurs vies privées par la police.
    3– Nous portons à la connaissance de la communauté homosexuelle en Mauritanie que nous nous tenons à ses côtés, que la Mauritanie nous appartient à tous, et que nous n’accepterons l’exclusion d’aucun citoyen sur simple différence de couleur de peau, de croyance ou d’orientation sexuelle.
    4– Nous demandons aux plus hautes autorités du pays de prendre leurs responsabilités et de supprimer toutes les lois racistes et terroristes qui oppriment et menacent des vies innocentes sur la base de simples différences de croyances ou d’orientations sexuelles.
    5– Nous informons tous les citoyens, que nous ne serons jamais silencieux et ne reculerons jamais dans notre guerre contre l’ignorance, l’injustice et la tyrannie tant qu’il y aura une loi dans le pays qui fait du tort à nos concitoyens innocents.
    6– Nous demandons à la Commission nationale des droits de l’Homme, et à tous les organismes et organisations des droits de l’Homme, locaux et internationaux, opérant en Mauritanie, de jouer leur rôle naturel dans la protection de cette minorité sociale, qui a longtemps été une proie facile sur laquelle l’Etat et la société pratiquent toutes sortes d’oppressions et d’atteintes à la dignité humaine.

  • Le mouvement #Pour_une_Mauritanie_Laïque, en date du 25/Janvier/2020.

نريدموريتانياعلمانية

©️ Crédit source : Reçu de Réseaux Pour Une Mauritanie laïque (25/1/2020)

Réflexion/Idées : 《2020 : l’incontournable Islam (partie 2 la suite)》Par Ousmane Timera

Partie 2/2 : Les dessous philosophiques de la mondialisation actuelle qui expliquent pourquoi l’islam est incontournable pour l’avenir du monde.

Poussons plus loin encore la réflexion sur les dessous philosophique de la mondialisation.

Cette encapsulation ou emprisonnement de l’être humain dans sa dimension naturelle et dans les lois de la nécessité, de la concurrence et de la sélection/élection naturelle, sera philosophiquement théorisé par la pensée spinozienne et hégélienne, cette dernière opérant un retour, voire une régression (à notre avis) vis-à-vis des acquis de la modernité et de la pensée, notamment avec Emmanuel Kant, et la distinction qu’il établi entre les phénomènes (ce qui appartient au champ de l’expérience et de la science) et les noumènes (ce qui ne peut faire l’objet d’expérience mais que la raison accepte et pense) qui transcendent les premiers.
C’est cette distinction qui permet le dépassement de la nécessité naturelle et l’existence de la dimension supérieure spirituelle, de la liberté et de la créativité, et que Ghazali nommera « le stade de ce qui est après la raison » (bien qu’il donnera à ce concept un contenu mystique qui pose problème à notre avis. Mais c’est un autre débat que nous traiterons en d’autres occasions).

C’est cette distinction nécessaire pour établir la loi morale, fondée sur la dignité de l’homme et sa spécificité en raison de la dimension spirituelle qu’il porte, et qui ne peut se confondre avec l’ordre de la nature et de l’histoire. C’est cette distinction disions-nous, qui sera annulée par la pensée de Hegel, reprenant le cœur de la philosophie de Spinoza (qui intègre l’essence de Dieu dans la nature et le monde) tout en la critiquant. En leur dénominateur commun, pour Spinoza comme pour Hegel, la réalité divine se confond avec celle du monde tel qu’il est. En d’autres termes, il n’y a pas « d’au-delà » de ce monde qui l’orienterait vers le mieux et le meilleur, car l’ordre du monde est la réalité même de Dieu, qui s’y est incarné et s’y réalise. Il est donc absolu (c’est-à-dire que rien n’est au-dessus et il se suffit à lui-même).

La différence essentielle entre Hegel et Spinoza, se trouvera dans l’entité ontologique qui recevra/dévorera l’entité divine pour uniformiser ensuite la réalité et « unidimensionnaliser » l’homme (car l’idée de Dieu façonne l’idée de l’homme). Ainsi pour Spinoza il s’agira de la nature qui absorbe l’essence de Dieu ; pour Hegel il s’agira de l’histoire qui absorbe l’essence divine. Mais dans les deux cas, le déterminisme est régnant. Et la place à toute idée d’un monde métaphysique et métahistorique qui fonde la liberté et la morale et les possibilités infinies d’un monde, et qui n’obéit pas aux règles de ce monde de nécessité mais les fonde, est inexistante et devient une chimère. Marx (et Feuerbach aussi d’ailleurs) ne feront que reprendre en son essentiel cette idée, ce en allant au bout de la pensée hégélienne (qui fait de l’histoire l’incarnation de Dieu qui se réalise dans le monde): le reniement de toute transcendance et de Dieu (qui devient une création de l’homme), et la réduction de la conscience à ce monde (débarrassé du dieu qui ne se distinguait plus de la nature ou de l’histoire) et ses règles naturelles-historiques, faite de contradictions, de lutte et d’élimination au profit du plus fort, qu’il s’agit de prendre pour la raison d’être du monde et de l’homme.

Ainsi, après la divinité, c’est l’humanité qui se fait absorber et diluer dans ces lois répétitives et indifférentes à la qualité, à la beauté et à l’esprit. L’homme, n’ayant plus de principe supérieur qui fonde sa supériorité, devient (un) moyen et adopte alors pour morale les règles qu’il découvre dans la nature et/ou les outils et idées qu’il invente dans l’histoire, et tente de se soumettre et de s’adapter à elles. C’est cela même qu’est l’idolâtrie des choses (la nature, ses éléments et les origines) ou des idées (l’histoire, les ancêtres et les origines) telle que le Coran le décrit à merveille. L’être humain alors se perd et se fond dans les lois aveugles du fonctionnement mécanique du monde physique et biologique.
Ce qui est, et que l’on croit connaitre totalement, devient ce qui doit être et ce qui doit être fait. Il n’y a plus alors de mystère /ghayb ou de limite à la raison et au savoir ; et il n’y a pas, de morale, de limite et d’interdit qui oriente la volonté et l’action. C’est l’illusion du savoir absolu et celle du droit sans limite de jouir, avec pour seule limite ce que nous impose la nature en attendant sa domination, même si cela a pour conséquence la destruction de la vie biologique et symbolique.

L’économisme capitaliste ou communiste, le monothéisme néolibéral du marché, l’adoration de la concurrence libre et non faussée, le consumérisme, le nationalisme, le suprématisme identitaire, racial, culturel ou ethnique, ou l’obnubilation pour une gouvernance des êtres humains fondée sur le chiffre et le calcul au travers d’indicateurs cybernétiques, contre la gouvernance humaine morale et démocratique. Toutes ces choses qui se transposent dans vies quotidiennes et qui empoisonnent la civilisation humaine, ne sont que la transposition, idéologiquement construite, de cette vision naturaliste, animaliste et scientiste de l’être humain, coupé de toute transcendance divine, après que cette dernière fut en amont falsifiée et détruite, en la diluant dans la nature, l’histoire ou l’homme.

La mondialisation et globalisation actuelles, et la civilisation qui en a inspiré l’esprit et reste son moteur principal, ne causent ainsi les crises économiques et les désastres écologiques qui abiment tant l’humanité et le monde, qu’en raison de cette séparation du spirituel et du temporel, et l’exclusivisme qu’elle donne à la gestion et jouissance plate et quantitative de l’ici bas. Elle se contente des moyens et elle combat férocement les fins. En d’autres termes, elle idolâtre le corps qu’elle oppose à l’esprit qu’elle combat. Et elle emprisonne et veut réduire l’existence à sa réalité éphémère, instinctive et instantanée.

L’Homme ainsi fait la guerre à l’Humain pour le transformer angéliquement ou diaboliquement, selon le prisme idéaliste ou naturaliste dans lequel la domination tente de l’appréhender. Nous touchons ici au fondement religieux judéo-chrétien de la mondialisation que Spinoza et Hegel n’ont que philosophiquement conceptualisé. Il nous faut donc interroger les religions juive et chrétienne dans le rapport au monde qu’elles ont instillé dans les consciences et européenne et américaines et les philosophies hegeliennes et spinoziennes qui inspirent l’esprit de la mondialisation actuelle (la suite prochainement).

©️ Crédit source: post Facebook de l’auteur (25 janvier 2020)