Mauritanie/Politique – CVE-2 : 《Le Communiqué de presse de la coalition Vivre ensemble》

Le Conseil des Présidents de la CVE se félicite de la libération, ce mercredi 06 novembre, de ses militants arbitrairement détenus à Kaédi, à la suite de la crise post-électorale de juin dernier, et dont le sort aurait dû être la préoccupation première de la CVE, en lieu et place de l’imposition d’un agenda sur le devenir de la coalition qui n’avait d’autre but que de nous distraire de l’essentiel.
En effet, il n’aura pas échappé aux militants et sympathisants de la CVE qu’une partie des membres du conseil des présidents a publié, sans concertation avec les autres, un communiqué, en date du lundi 04 novembre 2019, faisant état de l’adoption d’une charte Les auteurs de cette charte de la discorde sont les seuls responsables de ce qu’il adviendra de la coalition.

Par cette décision unilatérale et la précipitation qui la caractérise, ils ont effectivement prouvé qu’ils ne reculeraient devant rien pour transformer le cadre de concertation qu’est la CVE en un parti politique qui ne dit pas son nom. Ce faisant, ils ont choisi de scinder la CVE en deux et ils en portent l’entière responsabilité devant l’histoire.

Nous réitérons ici notre attachement à la CVE en tant que cadre de concertation entre des partis politiques et des mouvements de la société civile afin de prendre en charge, en commun, la question de la cohabitation entre nos différentes composantes nationales dans ses aspects majeurs que sont, entre autres :

L’officialisation de toutes nos langues nationales et l’égale promotion de nos cultures ;

– L’égal accès de tous à l’enrôlement jusque-là raciste et discriminatoire ;

– L’éradication du phénomène honteux et anachronique de l’esclavage ;

– Le règlement définitif du problème du génocide des années 1990 ;

– La résolution de la question des terres.

Nouakchott le 07 novembre 2019.

🔹️Les Partis et Mouvements ayant dit non à la charte de la discorde.

©️ Crédit source : Réseaux proches CVE ( FB du 8/11/19 )

Nouvelle attaque contre le militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid.

La Libre Afrique – Biram Dah Abeid, 54 ans, militant anti-esclavagiste mauritanien qui a reçu, en 2013, le prestigieux prix des Nations unies pour les Droits de l’homme et qui est arrivé second à la présidentielle de juin dernier dans son pays, est l’objet d’une nouvelle attaque au Sénégal.

Dans ce pays, plus démocratique que la Mauritanie, les autorités avaient annulé à deux reprises une conférence de presse du militant anti-esclavagiste en 2017, sur pression de Nouakchott.

Ce jeudi 7 novembre, le média en ligne Dakaractu l’a mis en cause dans un vol de munitions à l’armée sénégalaise, suscitant l’indignation de Biram Dah.

4500 munitions de guerre

Il y a peu, les autorités sénégalaises ont découvert le vol de 4500 muinitions pour AK-47 dans les stocks de leur armée. Alors que la justice sénégalaise a ouvert une enquête – qui viserait jusqu’ici un jeune militaire local et deux chauffeurs – Dakaractu titre: « Visé par Nouakchott dans l’affaire du vol de munitions de guerre à Dakar, l’opposant Biram Dah Abeid risque-t-il gros? ».

Le corps de l’article assure que les autorités mauritaniennes accusent « les candidats de couleur de tenter de déstabiliser le nouveau pouvoir », et cite nommément « Biram Dah Abeid, puisqu’il s’git de lui ».

Interrogé par La Libre Afrique.be, Biram Dah – en route pour Dakar – a souhaité « que l’enquête sénégalaise aille jusqu’au bout pour démêler l’écheveau et situer les responsabilités dans ce vol.

Mes principes ont toujours été un refus total de la violence, sous quelque prétexte que ce soit ». Et d’annoncer que « les journaux qui ont publié ces calomnies vont devoir assumer leur responsabilité juridique ».

Le nouveau Président plus ouvert

Le parlementaire mauritanien « craint fort qu’il s’agisse là d’une tentative de faire échouer l’entente sur les questions de démocratie et de droits de l’Homme qui se dessine entre nous », militants anti-esclavagistes de l’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste), « et le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani ».

Ce dernier, bien qu’ancien « numero deux » du régime de l’ex-président Abdel Aziz, a montré une ouverture inédite.

Le 30 septembre, il a en effet longuement reçu Biram Dah Abeid pour un entretien sur les violations des droits de l’Homme en Mauritanie, dont la persistence des pratiques esclavagistes et le rôle néfaste joué par un groupe de juges d’instruction du tribunal de Nouakchott, qui préfèrent s’en prendre aux militants anti-esclavagistes qu’à réprimer l’esclavage comme le veut officiellement la loi mauritanienne.

Le 1er octobre, lors d’une conférence, Biram Dah s’était félicité de trouver dans le nouveau chef d’Etat la « volonté de trouver une solution en vue de consolider l’unité nationale ».

Dans son entretien avec La Libre Afrique.be, jeudi, le parlementaire anti-esclavagiste a estimé que la tentative de « faire échouer » ce début prometteur pouvait émaner tant de « certains secteurs au sein du pouvoir que de groupuscules aigris au sein de l’opposition » en Mauritanie.

Par Marie-France Cros

©️ Crédit source : Repris via cridem.org ( 7/11/19 )