Mauritanie/Littérature : La présentation du livre de Mr KEBE Hassane Gaye

Monsieur KEBE Hassane est un mauritanien, titulaire d’un doctorat en littérature et enseignant en région parisienne. Cet homme féru de la chose littéraire, est natif de Diadjibiné, localité à dominance soninké faisant partie de la région de Gorgol.

Son livre qu’il nous a honorés d’une présentation ici à travers cette publication, aborde l’œuvre d’un auteur phare de la littérature mauritanienne , feu Ousmane Moussa Diagana, paix éternelle à son âme. Ameen

🔹️Hassane Kebe :

Ousmane Moussa Diagana, une écriture transrégionale, Éditions Vérone, avril 2019.

Sur le continent africain, la Mauritanie occupe une position stratégique En effet, elle partage ses frontières avec l’Afrique noire (Mali-Sénégal) et le Maghreb (Algérie-Maroc). La population est composée des Noirs et Arabo-berbères, plusieurs langues (Arabe, Peul, Soninké, Wolof et Français) sont parlées. Parler de ces langues est synonyme de parler de plusieurs cultures qui cohabitent . Cette position géographique et cette composition sociale auraient pu être pour la Mauritanie un atout pour construire une nation prospère où la devise nationale (Honneur-Fraternité-Justice) aurait tout son sens. Mais depuis l’accession du pays à l’indépendance, le 28 novembre 1960, la nation mauritanienne est plus que divisée : résultat des politiques mises en œuvre par les dirigeants. Avec différents procédés d’écriture, Ousmane Moussa Diagana déconstruit cette réalité et propose une République idéale où les Mauritaniens peuvent lire objectivement leur Histoire, et épouser la philosophie de l’altérité. Le Monde et sa diversité sont au cœur de cette œuvre, c’est le lieu de saluer l’écriture transrégionale.

Ecrire cet ouvrage, revient à contribuer de façon modeste à l’étude d’une œuvre majeure de la littérature mauritanienne d’expression française. Il était par ailleurs urgent de retracer les grands axes de l’œuvre de l’un des plus grands poètes, homme de culture et chercheur de la Mauritanie et le replacer dans un contexte international, tant sur le plans de la pensée que de la création littéraire. L’œuvre diaganéenne interpelle tous les acteurs de la société. C’est une écriture qui convoque différentes disciplines (l’interdisciplinarité) où résident l’originalité et la force de son art. Le lecteur découvrira non seulement un auteur et sa densité, mais aussi un pays et ses oxymores. Lire Ousmane Moussa Diagana, dans le contexte actuel du monde, c’est se donner l’occasion de voir la pluralité, l’interculturalité et l’intertextualité poétisées : « la littérature mondiale ».

Regardez « TTI Biram Dah Abeid » sur TOOBA TV

🔹️L’interview du président Biram Dah Abeid, leader abolitionniste mauritanien et député à l’assemblée nationale. Arrivé deuxième à l’élection présidentielle juin 2019 en Mauritanie, le célèbre militant pacifiste était interrogé le 19 septembre 2019 en région parisienne par Mr Brahim Diallo de TV TOOBA.

Mauritanie/politique : Le Président de la République reçoit le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE)

CVE : COMMUNIQUE

Le Président de la République reçoit le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE)

Le leader de la Coalition Vivre Ensemble (CVE), Dr KANE Hamidou Baba, a été reçu en audience par le Président de la République Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani ce lundi 28 octobre 2019.

Les entretiens ont porté essentiellement sur les mesures d’apaisement post électorales, les questions de l’unité nationale, de la cohésion sociale, et l’enracinement de la démocratie ainsi que les questions économiques et du développement dont les perspectives gazières.

Le président KANE Hamidou Baba reviendra sur la teneur des entretiens dans une conférence de presse en évoquant d’autres questions d’intérêt national.

Nouakchott, ce 28/10/2019

La Commission de communication de la CVE

📺 RMI-info.com La #Mauritanie 🇲🇷 et ses actualités

©️ Crédit source : RMI – info (post Facebook du 28/10/19)

Mauritanie/Droits de l’homme : Arrestation d’une militante des droits humains

À l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA – Mauritanie), nous avons appris que Mme Sinniya Mint Yar’Ahallah dite Sinniya Aïdara, qui était auparavant une activiste au sein d’organisations des droits de l’Homme dédiées au soutien du régime mauritanien au niveau des fora internationaux, a été arrêtée et gardée à vue dans un commissariat de police de la moughataa de Dar Naïm, dans la wilaya de Nouakchott Nord.
Nous avons également appris que le motif de son arrestation n’est autre que de récentes déclarations qu’elle a faites à Banjul (Gambie) durant la session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, déclarations où l’intéressée a critiqué avec véhémence la dure réalité des droits humains dans le pays.
A cette occasion, l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA –Mauritanie) condamne cette atteinte flagrante à la liberté d’expression et appelle à la libération immédiate de Mme Sinniya et à l’arrêt de toute poursuite à son encontre.

Nouakchott, 28 Octobre 2019.

La commission de communication

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

L’esclavage coutumier chez les soninkés: le déni entretenu fait partie de la preuve de sa réalité (vidéo)

En quelques mots, il dit ici que le déni qui se passe en milieux soninkés lié aux problématiques de l’esclavage ne tient pas. Pour lui, c’est le fond du discours du déni qui va confondre amplement son auteur.

Il s’appelle Adama Madi waly Bathily, malien d’ethnie soninké originaire du village de Lany. Il était là accompagné de sa fille qui a pris parole lors des échanges pour exprimer son incompréhension sur ce phénomène de catégorisation des gens en esclave et en noble.

J’imagine que si ttes les familles soninkés faisaient ce travail de sensibilisation au sein de leurs foyers comme semble être chez ce monsieur Bathily, il y aurait moins de crispations et de fuite en avant sur les mentalités féodalo-esclavagistes qui couvent dans la communauté.

Seule la VÉRITÉ est révolutionnaire !

#GANBANAAXU

Événement/ Esclavage : Le court métrage 《Les Diambourou》 de l’universitaire Marie Rodet en projection publique à l’EHESS PARIS.

Ce samedi 26 octobre 2019, au sein de l’EHESS PARIS situé au 105 boulevard Raspail 75006 , le mouvement transnational antiféodal et anti-esclavagiste connu sous le vocable soninké GANBANAAXU* a pris part à une rencontre pour la projection du film Les Diambourou de l’universitaire française Marie RODET . Ce court métrage réalisé en 2014, porte sur les problématiques liées à l’esclavage par ascendance intra- africain en Afrique de l’ouest notamment dans la région de Kayes au Mali. Le contenu de ce film retraçant succinctement l’historique d’un phénomène qui resurgit dans l’actualité brûlante en milieux soninkés, est très instructif pour les engagés abolitionnistes d’aujourd’hui. Après le visionnage, lors des échanges – débat très fructueux et tendus par moments, les participants ont été édifiés sur la complexité et les mécanismes multiformes de cet esclavage coutumier très « socialisé » dans le vivre soninké mais couvert d’un certain déni scandaleusement entretenu par la hiérarchisation sociale par les castes. Madame COTTIAS Myriam du CNRS a fait office d’hôte de l’événement . La réalisatrice a détaillé longuement ses observations sur les différentes problématiques en débat face au public. Mr Gaye TRAORÉ, l’initiateur du forum GANBANAAXU FEDDE (fondé en octobre 2016) et président de l’association Armepes- France (Ganbanaaxu diaspora Aile Mauritanie), Mr Salif KAMARA, membre bureau exécutif du RMFP (Ganbanaaxu Mali) et Mr Mohamed COULIBALY (Ganbanaaxu Sénégal Assep) ont porté les discours du mouvement anti- esclavagiste GANBANAAXU coorganisateur de cet événement. À noter la présence très remarquée de l’honorable député Issa Mansega DIAWARA (Député de la diaspora mauritanienne Zone Europe). Également nous avons eu droit à une prise de parole de Mr Adama Madi waly BATHILY. Il a été relevé à plusieurs reprises le laxisme des États sur la question notamment avec le vide juridique au Mali ou la non application stricte des lois en Mauritanie. Alors que dans certaines zones à dominance soninké de ces pays, les agressions, les harcèlements, les intimidations et les expropriations du foncier pour refus du statut d’esclave, se passent sans cesse depuis 3 ans.De notre humble constat après cette journée, les problématiques de cet esclavage coutumier par ascendance et l’engagement pour leur éradication doivent attirer l’attention de tous les esprits épris de Justice et de la défense des Droits humains. En milieux soninkés, même le langage familier est porteur consciemment ou inconsciemment des mentalités foncièrement esclavagistes que d’aucuns essaient de les socialiser comme valeurs coutumières à perpétuer.Conclusion, l’esclavage de pratiques ou par statut ne peut être qu’une CHOSE abjecte et affreuse pour l’Homme, Être Digne par essence.Comme disait un ancien président US , A . LINCOLN : 《 Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais.

👉🏿Le lien du film https://vimeo.com/245704895

* Égalité en Droits et en DIGNITÉ.

©️ Récit par K.S pour le BLOG

Mauritanie/Politique : les petits pas de Ghazouani en 100 jours de pouvoir.

Quand enfin, aux lendemains du 22 juin 2019, l’élection de Mohamed Cheikh Ghazwani à la présidence de la République a été entérinée par ses adversaires, au nom de la paix et de la stabilité du pays et non par la transparence du scrutin, les Mauritaniens avaient grand espoir qu’il serait peut-être la providence qui allait réparer toutes les forfaitures de dix ans de règne de son alter égo et prédécesseur. Après près de 100 jours, la gouvernance de Ghazwani est jugée par la plupart des observateurs de mitigée. Birame Dah Abeid, son dauphin à la course présidentielle, a déclaré lors d’une conférence de presse animée jeudi 24 octobre 2019, qu’il accorde encore un sursis au Chef de l’Etat et à son pouvoir, malgré un mandat jugé mi-figue mi-raisin.

En 100 jours de règne, Ghazwani n’aurait ainsi réalisé que deux petits pas, des rencontres, sur sa demande, avec les principaux ténors de l’opposition qui n’étaient pas depuis plus de dix ans en odeur de sainteté avec le système dont il a hérité, et une ouverture des médias publics à cette même opposition. Ce climat de détente et de dialogue a été unanimement salué et jugé comme les prémisses d’un changement que tout un peuple attend de toutes ses forces, même si Ghazwani n’a jamais réclamé être l’homme du changement.

Malgré cela, l’atmosphère général reste délétère tant sur plusieurs autres plans, le statu quo semble dominer, si des reculs dangereux ne sont observés. Le principal problème qui semble encore se poser à Ghazwani, reste la justice, un appareil qui semble encore incapable d’accompagner les bouleversements politiques, socioéconomiques et culturels, base du contrat social entre le peuple et le pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazwani.

Les prisonniers de Lexeiba

Voilà plus de 100 jours que des jeunes protestataires du scrutin du 22 juin, dénommés les « Prisonniers de Lexeiba », croupissent en prison, pour avoir non pas commis de crimes ou de délits, mais pour avoir exercé leur droit constitutionnel à la manifestation pacifique contre les résultats de la présidentielle. Pire, le parquet d’Aleg et de Kaédi semblent particulièrement s’acharner sur leur dossier, au point de vouloir en faire une sorte de casus belli entre le président Ghazwani et l’opposition, dans un élan qui chercherait à saper les bases d’une entente politique encore fragile.

En temps normal, selon Birame Dah Abeid, « les manifestants arrêtés lors de scrutins, doivent être libérés aux lendemains des élections, pour apaiser le climat politique ». Le cas des « Prisonniers de Lexeiba » constitue ainsi à ses yeux, une entorse aux libertés publiques et à la liberté d’expression, bases de tout système démocratique. Et cela rappelle les tristes années du Président Aziz.

Montée du courant Tekfiriste et l’apologie de l’esclavage

La deuxième plaie des 100 jours de Ghazwani est cette montée en flèche des courants Tekfiristes et les fatwas de la haine. Premières victimes de cette cabale du radicalisme wahabite, les griots, épinglés par le prêcheur populiste Mohamed Sidi Yahya qui a estimé, dans des audios largement diffusés, que les « gens de valeur comme lui » ne doivent pas prier sur leur dépouille. Une façon de dire que les griots ne sont pas « totalement musulmans pour que des gens de sa position prient sur eux ». Selon Birame, si on était réellement dans un Etat de droit qui applique ses lois, Ould Sidi Yahya mériterait au moins une convocation sinon la prison, pour « incitation à la haine ». Il n’a même pas été inquiété.

Idem pour le Chargé de mission auprès du Ministre des Affaires Islamiques, Mohamed Abeid Barka qui a lui émis une fatwa largement partagée dans les réseaux sociaux où il estime que quatre frères se partageant la même esclave peuvent assouvir leur libido avec elle, même si elle est mariée. Il s’est rétracté par la suite eu égard à l’énormité des insanités qu’il a laissé filé.

Pour Birame, ce genre d’insanités est répandu dans les livres du Fiqh que lui et ses partisans avaient incinéré en 2012, livres qui selon lui, servent à la formation de base des magistrats, des officiers de la police judiciaire, enseignés dans toutes les écoles coraniques, dans les Instituts islamiques et ceux servant à la formation des corps judiciaires et des services de sécurité. D’où, selon lui, la sacralité de croire dans la Mauritanie officielle que l’esclavage est légitime, malgré sa criminalisation par la Loi 2015-031.

C’est au nom de cette sacralité de l’esclavage, selon Birame, que le cas de la jeune esclave, Ghaya Maiga, 14 ans, a été réglée au profit des maitres par le juge d’instruction du tribunal d’Arafat à Nouakchott, malgré l’enquête de la police, le communiqué du Procureur de la République et le communiqué du Commissariat aux Droits de l’Homme, attestant d’un cas d’esclavage avéré, d’exploitation et de tortures sur mineur.

Loin de toute logique, la Cour d’Appel et la Cour Suprême donneront raison au juge d’instruction qui avait remis la jeune esclave à ses maitres, qui l’ont exhibée comme un trophée dès leur retour à Bassiknou. Pour Birame, un triple message a été envoyé par la justice mauritanienne aux esclavagistes, aux esclaves et aux défenseurs des droits de l’homme. Aux premiers, il leur assurait l’impunité, aux deuxièmes que ce n’est plus la peine de fuir, ils seront remis à leurs maitres, et aux troisièmes, vos plaintes finiront toujours à la poubelle.

Birame Dah Abeid estime qu’il s’agit là d’un recul dangereux dans le traitement des cas d’esclavage en Mauritanie, car du temps de Mohamed Abdel Aziz, au moins les supposés esclavagistes se faisaient interner en prison, même si c’est pour quelques jours. Dans le cas de Ghaya Maiga, c’est la justice elle-même qui a remis la victime à ses bourreaux, avec des excuses à Lalla, la maîtresse qui a fait elle et les siens une sortie triomphale.

Privées d’héritage

L’autre affaire qui, selon Birame Dah Abeid, atteste d’une déliquescence de l’appareil judiciaire et de la compromission des magistrats, le traitement qui est jusque-là réservé au dossier des filles du défunt Mohamed Mahmoud Ould Deh, ancien officier supérieur de l’Armée, décédé voilà sept ans. Leurs frères, dont un Secrétaire général de Ministère, semblent vouloir faire main basse sur l’héritage de leur père, sans leur en accorder la moindre portion, comme le prescrivent pourtant les textes religieux qui fondent la base de la Constitution mauritanienne.

Selon Birame, la justice mauritanienne avait émis une décision de gel sur les biens du défunt jusqu’au règlement de l’affaire. Faisant fi de cette décision judiciaire, les fils du défunts qui seraient issus d’une autre mère que les filles spoliées, se seraient déjà largement servi de l’héritage, au point que d’ici à ce que la justice décide de trancher l’affaire, il n’y aura plus rien à partager. Tout cela au nom du pouvoir d’influence, du peu d’intérêt accordé aux droits des femmes en Mauritanie et d’un appareil judiciaire qui a oublié ce que veut dire lire la loi.

Cheikh Aidara

©️ crédit source : Repris sur lauthentic.info