À l’attention du nouveau gouvernement Mauritanien

L’impunité est la racine de tous les conflits et troubles dans le monde.
Le nouveau gouvernement est enfin prêt à travailler , j’attire l’attention du premier ministre et les ministres ci-dessous qui sont concernés sur la situation dramatique dans la région du Guidimakha qui a été causée par leurs prédécesseurs. Il est plus que urgent d’agir pour rétablir la justice bafouée dans cette localité.

Messieurs les ministres,

ISMAÏL OULD BEDDA OULD CHEIKH SIDIYA , premier ministre,
Dr. Haïmouda Ould Ramdane, ministre de la justice,
-Dr. Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre de l’intérieur et de la décentralisation,
Dy Ould Zein, ministre du développement rural,
Dah Ould Sidi Ould Amar Taleb, ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel,
Monsieur Hacenna Ould Boukhreïss, commissaire aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et des relations avec la société civile ,

Le Guidimakha vit dans une situation chaotique, une situation liée aux coutumes esclavagistes de l’antiquité . Des citoyens sont dépossédés de leurs terres pendant la saision hivernale sous un fallacieux prétexte qu’ils rejettent l’esclavage des chefs coutumiers dans les villages.

Sur le principe que l’esclave et ses biens sont la propriété du maître , des pauvres villageois sont dépossédés ainsi illégalement la terre qu’ils ont cultivé depuis plusieurs années. ils sont privés l’héritage de leurs pères et leurs aïeux parcequ’ils refusent d’être des sous hommes coutumiers.

Des citoyens sont empêchés de conduire la prière dans leurs propres lieux de cultes qu’ils ont construit, voire dans certains cas qu’on empêche d’accéder à la mosquée du village carrément pour accomplir leur foi parcequ’ils rejettent l’esclavage coutumier par ascendance.

Une situation qui devrait choquer n’importe quel musulman au monde mais passe inaperçue dans une République « Islamique  » de la Mauritanie. La honte vraiment. Quelle horreur. N’est ce pas bizarre messieurs les ministres? Même dans des pays laïcs où Athées, la liberté du culte est garantie par l’état.

La situation est extrêmement tendue, les esclavagistes coutumiers qui contrôlent les villages sont aidés, appuyés par l’administration locale ,les élus et certains ministres qui étaient dans le précédent gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz , qui ont accentué les tensions et conflits dans les villages en refusant d’appliquer la loi qui incrimine l’esclavage et ses séquelles .

La réforme agraire est claire, la terre toute entière est la propriété de l’état , ensuite, l’état la donne à celui qui la mise en valeur. Pourquoi la loi n’est pas appliquée?

Cette situation est favorisée par un cadi de la capitale régionale de Selibaby, le procureur de la république, le gouverneur , les préfets départementaux et les brigades de la gendarmerie. Ce sont les plaignants des pratiques de l’esclavage dans les villages qu’ils jettent en prison à la place des chefs traditionnels qui sèment la terreur sur du faux et usage de faux.

Les fonctionnaires locaux soutiennent grossièrement que l’esclavage n’existe plus, à quoi sert de voter des lois sur quelque chose qui n’existe pas? Le déni de l’esclavage coutumier a favorisé la corruption de fonctionnaires pervers et les tensions dans les villages

Pourtant, si la loi incriminant l’esclavage était appliquée, tous ces conflits disparaîtront dans très peu de temps. L’administration locale encourage des conflits pour racketter les populations par la corruption et favoritisme .

🔹️Loi n° 2015-031 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes

🔹️Article 2 : L’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible. Est interdite toute discrimination, sous quelque forme que ce soit, à l’encontre d’une personne considérée comme esclave.

🔹️Article 6 : La qualité de fonctionnaire ou d’officier public, de dépositaire ou d’agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante.

🔹️Article 11: Quiconque porte atteinte à l’intégrité corporelle d’une personne, en considérant qu’elle est esclave, est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

🔹️Article 12 : Quiconque s’approprie les biens, les fruits et les revenus résultant du travail de toute personne en la considérant esclave ou extorque ses fonds est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

🔹️Article 18 : Tout officier ou agent de police judiciaire qui ne donne pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes qui sont portées à sa connaissance est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à un million (1.000.000) d’ouguiyas.

🔹️Article 19 : Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas.

Diko Hanoune
SG/ l’association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)

©️Post Facebook de l’auteur du 9/8/19