L’éditorial: Qui était la taupe ?

La Nouvelle Expression – Je suis libre. Libre après 8 jours d’enlèvement. 8 jours durant lesquels seul l’accès aux toilettes était le droit auquel j’avais… droit ; le seul droit de sortir dans le couloir y menant. Pour le reste, je suis enfermé et coupé du monde… Mon horloge était le muezzin.

J’ai été enlevé le mercredi 26 juin 2019 alors que je me trouvais dans ma maison, aux environs de 18 heures, devant toute ma famille, y compris les enfants. Enlevé par plus d’une dizaine de policiers en civil. Ces derniers avaient fait irruption chez moi, comme dans un film, en bloquant toutes les issues.

Mon épouse, qui leur a ouvert la porte de la maison, s’est vu arracher son téléphone alors qu’elle était en pleine conversation avec les services de l’ambassade des USA concernant sa carte d’invitation pour commémorer la fête du 04 juillet.

Trois individus ont, subitement, investi la chambre où j’étais entrain de travailler sur mon ordinateur. Ils m’ont demandé si j’étais Camara. Après quoi, ils se présentèrent comme étant de la police et qu’ils avaient besoin de moi. Ils saisirent alors mon téléphone et mon ordinateur.

Avec leurs accoutrements, j’ai pensé à une farce de mauvais goût ou à des malfrats venus nous déplumer. Mais au vu de leur nombre et leurs armes légèrement dissimilées, j’avais compris. J’avais compris que mes visiteurs n’étaient pas des gens ordinaires. Des policiers spéciaux. Et un peu plus tard je compris aussi qu’il s’agissait des hommes de la D.E.S.

Ils se sont invités dans toutes les chambres, fouillant partout : les tiroirs, les porte-documents, les sacs… dans une atmosphère indescriptible à laquelle participait mon épouse qui, visiblement, ne pardonnait pas la façon dont ils lui avaient arraché son téléphone. Malgré tout, ces hommes, avec leurs chaussures, ne s’empêchaient point de marcher, comme bon leur semblait, sur ses tapis.

Dans un hassaniya sans accent, ces policiers ont entendu et bien écoué la fille de Mbout (Madame) qui ne voulait, apparemment pas, rater l’occasion d’apprendre à nos visiteurs la meilleure façon de se comporter, quand bien même on venait pour arrêter le plus grand terroriste du monde.

Les policiers, sourds et muets, avaient continué leur boulot en évitant de répondre à Mme… Après avoir pris leur temps pour fouiller tous les coins et recoins de la maison, les hommes de la D.E.S. avaient pris congé de Salimata, ses enfants et ses remontrances, en emportant avec eux leur prise du jour, le chef de maison (moi).

Ils m’amenèrent avec eux vers une destination inconnue. Après plus d’une vingtaine de minutes dans les rues de Nouakchott-Sud, nous entrons dans le quartier de Toujounine, direction la populeuse Moughataa de Dar naim où nous nous arrêtons.

En face, il y avait un camp devant lequel étaient postés des hommes en uniforme ; je précise que je n’ai jamais vu ce camp par le passé. Toujours est-il que j’étais l’hôte des hommes de la brigade anti-terroriste.

Il est à souligner que mes visiteurs avaient emporté de chez moi 8 portables, 3 ordinateurs et des documents. Je me rappelle que durant notre périple vers ce camp, quelqu’un, au téléphone, demandait mon identité et ma profession et, tard la nuit encore, au téléphone toujours je suis invité à répondre à des questions portant cette fois-ci, en plus de mon identité, sur l’adresse du site web de mon journal.

Au camp, deux individus m’attendaient : le chef et son adjoint. Ils seront mes principaux geôliers durant les 8 jours qui suivront. On me présenta ma chambre (Cellule), ma désormais demeure dans ce camp de l’anti-terrorisme. Une chambre de forme trapézoïdale avec une fenêtre qui s’ouvre sur la cour principale.

Ainsi, après l’explication des principales règles qui commandent mon séjour dans cette chambre, qui restera fermée sur moi 24/24, j’ai réalisé que j’étais un prisonnier. Des questions sans réponses et des préoccupations avaient commencé à s’entrechoquer dans ma tête.

De toutes les questions et préoccupations, celle de ma famille me revenait continuellement. Comment les miens vont-ils vivre cette épreuve inédite ? Surtout les enfants ? Alors, je me souciais plus du sort de ma famille que de mon propre sort…

Pendant tout mon séjour, la porte ne s’ouvrait que pour la toilette ou les heures de prière pour les ablutions. 8 jours pour être interrogé… une seule fois… le 3ème jour.

Ce jour là, je me suis dis, enfin, je vais savoir pourquoi je suis là enfermé comme un terroriste. Malheureusement, durant cette séance d’interrogatoire, je devais aider mon accusateur ou l’enquêteur en charge de mon dossier à trouver les charges contre moi, s’aidant en cela de mes conversations téléphoniques (« qu’ils » avaient enregistrées), du dimanche 23 juin jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement, le mercredi 26 juin 2019.

Bigre ! Je devais aider mon accusateur à trouver des preuves m’accusant d’avoir participé activement à un évènement auquel je n’avais pas… participé ! Une situation kafkaïenne… Situation vraiment inédite pour un séquestré qui, en plus des questions de la police, se questionne lui-même.

Et les questions se bousculaient dans ma tête : comment la police peut-elle tomber si bas en me privant ma liberté, et ce sans motif valable, et sans but évident ? Quelle est la main invisible qui se cache derrière cette volonté manifeste de vouloir nuire aux citoyens innocents ? Et surtout quand on sait que mon téléphone était sur écoute jusqu’à quelques minutes avant mon enlèvement.

J’étais stupéfait et sidéré. Alors c’est vrai…. Je suis écouté. Cette évidence, je la déduis d’une phrase lors d’un échange avec l’un de mes interlocuteurs entre dimanche et lundi… en plus d’autres détails qui, inchallah, feront l’objet d’un livre que je vais consacrer à cette épreuve.

Alors moi qui cherchais la taupe et s’étonnais du comment la police a pu trouver chez moi avec précision, la taupe n’était autre que mon téléphone soigneusement rangé dans ma poche. C’est désormais une évidence : la police mauritanienne me surveillait à distance à travers mon téléphone. Depuis quand et pourquoi ? Aucune importance.

Car bien que je fusse écouté, je suis relâché 8 jours après, faute de preuves pour étayer les suspicions. Y en avait-il vraiment ? Essaye-t-on de me faire peur ? Et, par ricochet, lancer un signal aux citoyens que la police sait tout de nous et tout ce que nous faisons avec, parfois, la complicité des opérateurs téléphoniques. Comme disait ce ministre d’une époque pas très lointaine : « Nous savons tout ce que vous faites dans vos maisons ». Inquiétant, vraiment !

Ainsi, de ce récit très incomplet, je tire quelques enseignements : La police nous écoute. Elle peut arrêter qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et même où elle veut. Et elle peut libérer ceux qu’elle arrête sans explication…

J’avais été enlevé chez moi un mercredi et on m’a ramené chez moi le mercredi suivant après m’avoir dit que les suspicions qui pesaient sur moi étaient levées et qu’on devait s’excuser et oublier le passé… Quelle légèreté !

Les souffrances que j’ai subies dans cette épreuve, le combat que j’ai toujours mené, je les dédie à la Mauritanie de mon rêve. Une Mauritanie juste et égalitaire. Une Mauritanie débarrassée de ses tares et des sangsues sans foi ni loi.

De ce pays perdu après des élections présidentielles peu propres, le citoyen se voit en sursis, le citoyen est dépourvu de vie privée. L’inviolabilité de la vie privée qui est une norme islamique est piétinée dans cette terre d’Islam.

Des élections… tout ça pour ça, serait-on tenté de s’écrier. L’armée dans les rues de certaines villes depuis samedi (le jour du scrutin). Un arsenal militaire digne des grandes offensives des Marines US. Un candidat qui se déclare vainqueur avant même la proclamation des résultats par la CENI et la France qui félicite l’autoproclamé gagnant avant l’officialisation desdits résultats. Question : qui veut du mal à la Mauritanie, et pourquoi ?

On cogite sur notre sort et le sort de cette Mauritanie malmenée et qui pleure, une Mauritanie qui, de jour en jour, est en train de toucher le fond, une Mauritanie qui vit dans l’ignominie. La déchéance. L’insouciance avec une arrogance éloquente de l’ignorant qui ne sait pas qu’il est ignorant. Et surtout qui ignore qu’on sait qu’il est ignorant. Triste Mauritanie réellement prise en otage.

Que comprendre de l’après élection ? Sinon que, hagards et KO debout, les Mauritaniens pensent que la situation est sujet à inquiétude car après l’échec du coup du troisième mandat, on a failli tomber dans le scénario à la Kabila… d’autres questions à inconnues peuvent nous surprendre.

Est-ce à dire que Mohamed Abdel Aziz n’en a pas encore fini avec la Mauritanie ? Allah Seul Sait et c’est vers Lui que nous nous tournons pour demander qu’Il protège la Mauritanie, qu’Il nous sauve des velléités de ceux pour qui le pouvoir est le début et la fin de tout, oubliant que, comme le disait si bien John Emerich Edward Dalberg-Acton, « Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Camara Seydi Moussa

[⚠️Guidimagha/Mauritanie 🇲🇷 – La complicité des autorités régionales avec le régime féodalo-esclavagiste soninké : Encore un emprisonnement injuste et abusif à Sélibaby]


Nous apprenons ce soir, la mise en détention de Monsieur Boundaouda Ali Sidibé connu aussi Samba Ali Sidibé à la prison de Selibaby dans la région Sud Mauritanien. Depuis 3 mois, ce militant anti – régime discriminatoire et ségrégationniste de la féodalité soninké fait face un acharnement administratif et judiciaire dans son village Agoinit dans la commune d’Ajar. Un clan féodal appelé gangari instrumentalise certains assignés comme Esclaves statutaires pour sévir et contrer les citoyens qui refusent le statut d’Esclaves dans la communauté. Monsieur Sidibé âgé d’une soixantaine d’années fait partie de l’engagement citoyen et humaniste Ganbanaaxu Fedde pour l’égalité en DROIT et en Dignité. Et l’ordre dominant coutumier s’est dressé contre lui et ses partenaires abolitionnistes par des manigances mensongères avec une certaine couverture des autorités régionales. Après plusieurs tractations nébuleuses entre les gendarmes au village, à Wompou et le procureur/le cadi à Selibaby et les lobbies féodaux, ce monsieur a été mis derrière les barreaux ce lundi 15/7/2019.
Nous ne cessons de rappeler que l’ordre coutumier soninké dans la région du Guidimagha, constitue un facteur inique de déstabilisation de la cohésion sociale et certains relais de l’administration publique s’y soumettent par la corruption et l’influence malhonnête d’éléments féodaux introduits dans les rouages de l’Etat depuis Nouakchott.
À Selibaby, les tenants de l’administration et de la justice feignent d’ignorer les lois nationales en matière de Droits humains.
Nous condamnons l’arrestation de ce monsieur qui a eu juste le malheur de penser Humain et Citoyen en dehors des coutumes humiliantes qui traitent sa famille notamment son père centenaire aujourd’hui comme des intouchables assignés et marqués socialement esclaves statutaires pour toujours.
Nos membres sont plus que jamais déterminés pour vivre en citoyens à égale dignité avec tous nos concitoyens de toutes les communautés nationales.

Pour rappel, les lois 031-2015 (contre l’esclavage et ses séquelles) et 023-2018 (portant sur les discriminations sociales et par ascendance) en Mauritanie, sont claires et nettes pour dompter cette féodalité soninké abjecte datant du moyen-âge. Depuis bientôt 4 ans au Guidimagha, les emprisonnents et diverses pressions d’intimidations ne font qu’affermir la détermination de nos membres pour restaurer leur DIGNITÉ.

Nous ferons tout ce qui est en notre disposition dans le respect du Droit pour la libération de notre membre injustement arrêté et éloigné de son vieux père.

Sélibaby 16 juillet 2019

©️Pour la communication Ganbanaaxu Fedde.

Pourquoi l’équipe de Selibaby s’est retirée du Tournoi l’EED en France

Notre équipe de football, championne en titre de l’édition passée du Tournoi estival de l’ONG l’EED, a été l’objet d’un traitement injuste de la part d’éléments zélés de l’équipe organisatrice de la compétition. En effet lors du week-end du 29 juin 2019, notre équipe devait affronter celle de Toulel dans le groupe A composé de Boully et Selifely. Ce jour notre membre ayant en sa possession nos maillots, a eu du retard et on l’attendait d’autant plus l’arbitre était encore dans les vestiaires. Constatant l’empressement du responsable de la commission sportive, nous nous sommes proposés de pouvoir jouer avec des chasubles. Cette possibilité a été rejetée catégoriquement par ce responsable du nom de Mr KORRERA . Ce dernier nous menaçait d’un forfait pur et simple. Quand nos maillots étaient arrivés et aussitôt portés par nos joueurs, ce monsieur s’était déjà présenté auprès de l’équipe de Toulel pour notifier que le match ne joue plus en nous pénalisant d’un forfait. Après des moments tumultueux autour de cette décision hâtive et incompréhensible, nous avons eu l’information que l’équipe de Diyala avait déjà joué avec des chasubles en absence de leurs maillots. Sur le champ, nous avons porté l’affaire à la connaissance du président de l’EED, Mr waly Diawara qui trouvait ce forfait anormal et promettait que le match serait rejoué. Quelques jours après, nous avons été informés que l’équipe de Toulel bénéficiaire de ce forfait bancal ne voulait plus rejouer. Et d’une manière tacite nous comprenons que l’organe organisateur du tournoi s’est penché en leur faveur en notre détriment. Par conséquent nous avons décidé de nous retirer du Tournoi dans lequel notre équipe et son staff se sont toujours faits remarquer par le respect, le fair-play et la discipline vis à vis de tous. Cette décision injuste nous frappant, laisse soupçonner un mode de fonctionnement interne troublant et inquiétant dans l’organisation d’un Tournoi supposé fraternel et convivial.

©️Source crédit : Post Facebook de Thale’s Ndiaye, un responsable du staff de Selibaby (15/7/19)

Communiqué de presse : crise postélectorale, une délégation du président Biram dépêchée dans le Gorgol.

Communiqué de presse

La direction de la campagne du candidat Biram Dah Abeid a dépêché une délégation ce mardi 9 juillet 2019 pour soutenir et assister les militants arrêtés à Lexeiba 1 (région de Gorgol ) dans le cadre de la crise post électorale et actuellement en détention à Kaédi. La délégation composée de l’honorable députée Coumba Dada Kane, maitre Ahmed Ely, Souraghata Séméga et Dah Boushab a suivi le procès devant la Cour criminelle auprès du tribunal régional du Gorgol le 11 juillet 2019 et dont le verdict n’est pas encore rendu public.
L’avocat conseil maitre Ahmed Ely a également assisté les 6 militants du village de Rindiaw (banlieue de Kaédi) condamnés à 6 mois de prison dont deux mois ferme, suite à un procès expédif. L’avocat en collaboration avec maitre Sidel Moctar Limam qui avait été commis d’office par la cour a fait appel du jugement.
En plus de l’assistance légale que la direction de la campagne offre à ces personnes arrêtées en général et aux militants en particulier, la commission d’assistance a organisé des visites dans les commissariats et dans les tribunaux pour s’enquérir de la situation des détenus. La commission a également rendu visite à leurs familles auxquelles elle a offert son soutien moral et matériel.
La direction de la campagne dénonce la continuation de cette situation et réitère son engagement à n’épargner aucun effort pour la libération immédiate et sans conditions pour toutes les personnes arbitrairement arrêtées et détenues dans le cadre de la crise post électorale.
Cc du tr ré

Nouakchott le 13 juillet 2019

La commission de communication

Dans le sillage d’un dialogue postélectoral, le ministre Seydina Ali rencontre Birame Dah Abeid

Le candidat, deuxième de l’élection présidentielle du 22 juin 2019, Birame Dah Abeid, a reçu mardi 9 juillet 2019 à son siège à Nouakchott, la visite du Ministre Porte-parole du gouvernement, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, accompagné du Dr.Abdallahi Ould Mine. Pour le contenu de l’entretien, nous avons recueilli les propos de Bakary Tandia, Directeur national de la campagne du candidat Birame Dah Abeid.

Après l’élection présidentielle du 22 juin 2019, une crise s’est installée qui a crée un climat de tension et de confrontation, d’arrestations et de détentions abusives. Face à cette situation, il n’y a que deux options possibles, une confrontation ouverte et directe, ou le dialogue et la négociation. Après avoir évalué la situation, la tendance générale semble être favorable à la négociation. C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre ce mardi 9 juillet, entre le Ministre Porte-parole du gouvernement, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, accompagné du Dr.Abdallahi Ould Mine, et le président Birame Dah Abeid. Il s’agit d’une rencontre préliminaire. Dans notre position, il y a des questions fondamentales qui doivent être réglées dans le cadre de cette crise politique. Comme il s’agit d’une crise politique, la solution ne peut être que politique, parce que nous avons épuisé les voies légales de recours par rapport aux irrégularités que nous avons identifiés au cours de l’élection. Maintenant, nous sommes dans la situation postélectorale dans laquelle il y a une crise politique aiguë, dont la seule solution réside dans un règlement politique.

🔹️Droits de l’homme

Par rapport à ce constat, cela fait des décennies que nous nous battons pour la défense des droits de l’homme, la justice sociale en Mauritanie et pour une gouvernance politique effective. Le dialogue ou la négociation ne signifie pas le simple plaisir d’y aller. Nous avons des conditions qui correspondent aux aspirations des populations qui ont voté pour nous. Des conditions par rapport au processus électoral vicié. Si le pouvoir accepte les conditions que nous avons posées, nos populations seront satisfaites dans l’ensemble, et en plus, nous aurons un processus électoral qui, sans être totalement parfait, offrira cependant un certain nombre de garanties pour que les prochaines élections soient plus justes, plus claires et plus transparentes. La rencontre s’inscrit dans ce cadre.

Déportés et Passif Humanitaire

Parmi les conditions, Birame Dah Abeid a exigé la libération de tous les détenus, arrêtés suites aux évènements postélectoraux, y compris le journaliste Ould Wedia, ainsi que la suspension de toutes les poursuites judiciaires à l’encontre des opposants en exil. il y a aussi des conditions que nous considérons comme des lignes rouges, notamment la question des déportés au Mali et au Sénégal. Cette question doit être absolument réglée. Il s’agit de citoyens mauritaniens qui ont subi des violations graves et qui vivent dans des conditions inhumaines depuis plus de trois décennies. Aucune question ne pourra avancer en Mauritanie tant que leur sort ne sera totalement apuré. Nous avons également, les tueries extrajudiciaires. Jusqu’à présent, les familles éplorées ne savent même pas où sont enterrés leurs proches, alors que ceux qui sont responsables de ces tueries sont encore vivants et connaissent là où ces corps sont inhumés. Les demandes des organisations de défense des droits de l’homme et celles des familles des victimes se sont toujours heurtées au silence du gouvernement. Si l’Etat mauritanien veut poser un acte significatif et exprimer sa bonne foi et sa volonté de régler ces questions pendantes, nous sommes prêts à lui apporter notre collaboration, parce que ces questions ont toujours figuré dans notre agenda.

Enrôlement biométrique et évènements 89-91

Il y a également le problème du recensement biométrique qui a mis en rade plusieurs milliers de citoyens mauritaniens qui ont le droit de disposer de leurs pièces d’état-civil et de circuler librement dans leur pays. C’est un droit fondamental, car il est inacceptable qu’un Mauritanien ne puisse disposer de ses papiers. Il s’agit d’une situation créée par le gouvernement et il n’est pas permis de demander aux citoyens d’assumer les conséquences d’actes administratifs mal ficelés pris par le gouvernement. C’est au gouvernement de prouver que quelqu’un n’est pas Mauritanien au lieu que ce dernier soit amené à prouver qu’il est Mauritanien, d’où une double victimisation. Il y a d’autre part la loi d’amnistie de 1993 qu’il faut absolument abroger car il constitue une barrière illégale pour empêcher qu’une enquête soit menée sur les tueries des années 90. Il s’agit de restaurer la mémoire des victimes et permettre de régler cette question une fois pour tout. Car le Passif humanitaire, le recensement biométrique et la question des déportés constituent la pierre angulaire de toutes les questions fondamentales des droits de l’homme en Mauritanie. Ces questions ne peuvent pas fondre comme glace au soleil et elles continueront à être posées tant qu’une solution définitive ne n’y mettra pas fin. Il faudra au gouvernement avoir le courage politique et moral ainsi que la sagesse totale pour attaquer ces questions qui sont celles de tous les Mauritaniens. S’il y a une volonté politique de les régler, les Mauritaniens vont se joindre les coudes pour aider le gouvernement à les résoudre, parce qu’il s’agit de problèmes de justice sociale et de dignité humaine. Toute personne éprise de justice et de liberté, n’hésitera pas à se joindre à tout effort tendant à rétablir toutes ces injustices ici évoquées.

Elections générales anticipées

Il y a plusieurs autres problèmes avancés, tels que le volet politique, qui veut qu’on ait demandé l’organisation d’élections générales anticipées pour prendre en compte la volonté politique des masses qui s’est largement exprimée lors de l’élection présidentielle écoulée. Il faut que cette nouvelle volonté populaire se reflète au sein du Parlement, des communes et des conseils régionaux.
Répartition équitable des richesses
Sur le plan économique, il faut que les ressources naturelles soient exploitées d’une manière responsable et la manne qui en sera tirée soit également répartie d’une manière rationnelle pour que tous les Mauritaniens puissent profiter des revenus générés par ces ressources naturelles. Il est inacceptable qu’une poignée de personne jouissent à eux seuls de toute cette manne et que l’écrasante majorité de la population croupisse dans la pauvreté et la misère.

Promotion des cultures nationales

Sur le plan culturel, la Mauritanie est une société multiethnique et multiraciale. Il faut que cette diversité se reflète au niveau de toutes les institutions. Il n’y a pas de raison qu’une seule communauté domine et monopolise les institutions de l’Etat. La question des langues nationales est également fondamentale et doit être traitée.
Grosso modo, les conditions posées par Birame Dah Abeid à ses interlocuteurs touchent à toutes les questions sociale, politique, économique et culturel. Parmi ces conditions, il y a celles qui sont des lignes rouges et sans l’acceptation desquelles, il n’y aura pas de négociation. Ce sont les questions des droits de l’homme, les déportés, l’état-civil, le Passif humanitaire.

Réponse des émissaires

Les émissaires du pouvoir, le Ministre Ould Mohamed Khouna et son accompagnant, se sont montré ouverts à toute négociation. Ils ont embrassé l’idée de l’ouverture au dialogue. D’une manière générale, ils ont déclaré que par rapport aux points soulevés par le président Birame Dah Abeid, ils les acceptent et sont prêts à travailler sur les questions qu’il a avancées. Ils ne sont pas entrés dans les détails à ce stade préliminaire. Il va falloir mettre sur pied des commissions techniques pour développer un agenda pour la négociation.

Ambitions politiques

Nous avons évoqué d’une manière générale les ONG et les partis politiques dont les demandes de reconnaissance sont bloquées afin que toutes puissent jouir de leur droit. Par rapport à la situation actuelle, Birame Dah Abeid, est un opposant indépendant qui ne dispose pas encore d’un cadre juridique pour se mouvoir et nous sommes en train dans ce cadre d’explorer d’autres options, qu’il serait prématuré de commenter pour le moment.

Propos recueillis par Cheikh Aïdara

©️aidara.mondoblog.org

《AHMEDDOU OULD WADI’A, journaliste avait écrit le texte suivant. Il est en prison depuis lors….》

#Sebkha est actuellement assiégé par de l’armement militaire,des bataillons et des unités. On traite ses habitants de Sénégalais et étrangers. Cette logique est la pire menace contre la sécurité du pays, et le plus grand déclencheur du désordre.
La Mauritanie a besoin aujourd’hui, hier et demain de quelqu’un qui réalise qu’elle a besoin de sécurité oui, et consolide évidemment la stabilité.
C ‘est cette raison qu’elle a besoin de justice de quelqu’un qui réalise que tous ses citoyens sont égaux, qui réalise que dans état égalitaire le droit le plus élémentaire d’un citoyen c’est de pouvoir manifester sa joie ou sa colère. Tous les citoyens sans distinction, sans que la manifestation de certains soit considérée comme phénomène démocratique et celle d’autres considéré comme les prémisses d’un malheur.

@Ahmeddou ould Wadi’a.

Le 24/6/2019.

#liberez_wadia

✅Crédit source : Post Facebook de Lo Gourmo (8/7/19)

De la dictature de l’instantanéité à la victoire de la déraison

Les réseaux sociaux ont un effet magique, celui d’amplificateur de nos pensées permettant d’échanger sur différents sujets. Mais ces mêmes réseaux sociaux ont un effet pervers, celui de nous maintenir dans une bulle où chacun, de façon péremptoire, assène ces vérités.
A la lumière de ce que j’ai pu lire ses derniers mois particulièrement sur mon pays, la Mauritanie, j’ai décidé de ne plus intervenir sur les questions sérieuses (j’espère pouvoir tenir) comme la politique, l’économie et j’en passe.
Ayant une éducation qui ne me permet pas de manquer de respect à mes ainés et ne voulant pas me faire manquer de respect par mes jeunes frères, je fais le choix lâche (j’assume malgré tout), de me dérober de la cacophonie du net.

Sur cette plateforme, une meute fait sa dictature, distille ses vérités irréfutables, jette l’opprobre, ostracise …
Ils font de l’assignation identitaire le soubassement de leurs analyses politiques. Ils refusent la pensée complexe et se complaisent dans les analyses binaires et simplistes, auxquelles, il veulent donner un cachet scientifique.

Cependant, j’ai fait de belles rencontres, j’ai découvert des concitoyens d’une intelligence extraordinaire, avec une finesse d’esprit sans égal. Avec eux j’ai beaucoup appris sur ce pays et le monde qui l’entoure. Respect à vous.

A tous, je vous demande pardon et je vous pardonne sincèrement.

Nul doute que mon retrait du débat politique sur le net passera inaperçu.

Dorénavant, sur ma page je ne partagerai que de futilités et mes passions comme la cuisine, la culture, la photographie et mes quelques émissions.

Au plaisir chers tous.

🔷️Crédit source : Post Facebook de l’auteur (6/7/19), journaliste et universitaire mauritanien Diallo Saidou dit Thierno

✅Appel international pour la libération des détenus en Mauritanie

🔷️Parmi les détenus, ici le journaliste Seydi Moussa Camara et le président des FPC, le doyen Samba THIAM.

En ce moment même, en Mauritanie, des innocents sont détenus par le pouvoir en place, et dans des endroits tenus secrets. Leurs conditions de détention ne sont pas encore connues alors qu’ils ont été arrêtés depuis une dizaine de jours à la suite de l’élection présidentielle très controversée qui s’est déroulée dans le pays le 22 juin 2019. Leur nombre exact est inconnu d’autant plus qu’ont été signalés des individus dont les proches ont perdu le contact depuis ces évènements, et qui sont très certainement capturés par les forces de la police. Tout ce que nous savons c’est que plusieurs dizaines d’individus sont détenues dans des endroits et conditions inconnus même de leurs familles. Parmi ces détenus, nous avons Thiam Samba, président des FPC (parti membre de la coalition Vivre Ensembe (CVE)). Thiam Samba est un activiste politique et défenseur des droits de l’homme qui faisait d’ailleurs partie du groupe arrêté en Mauritanie en 1986 pour passer 4 années dans la prison de Oualata. Des journalistes, citons Seydi Moussa Camara éditeur de la “Nouvelle Expression”, des écrivains, des étudiants et des travailleurs font partie de ces détenus.
Nous, signataires de cette lettre et honorés par la présence d’une éminence en la personne de Dr Kane Hamidou Baba candidat de la CVE à la présidentielle 2019, exigeons la libération immediate et sans condition de tous ces détenus.
Nous appelons la communauté internationale à prendre conscience de cet état de fait et à appeler à ce que ces individus illégalement détenus recouvrent immédiatement leur liberté.

Les signataires (par ordre alphabétique):

1 Anne Hady Demba Montreal Canada
2 Anne Mouhamadou Mantes La Jolie France
3 Anne Abdoul Libreville Gabon
4 Anne Sileye Belinabe Mauritanie
5 Anne Abou Cincinnati USA
6 Anne Abou Stains
7 Athie Boubacar Alpha Stavenhagen Allemagne
8 Aw Aboubakry Paris France
9 Ba Oumar Bruxelles Belgique
10 Ba Cheikh Oumar Bruxelles Belgique
11 Ba Harouna Colly Gand Belgique
12 Ba Ousmane Bruxelles Belgique
13 Ba Kassoum Winnipeg Canada
14 Ba Samba Mbaré Montréal Canada
15 Ba Oumar Winnipeg Canada
16 Ba Hady Lerida Espagne
17 Ba Ridwane Barcelona Espagne
18 Ba Aissata Sidiki La courneuve France
19 Ba Hawa Abdoul Aziz Paris France
20 Ba Ousmane Paris France
21 Ba Zakaria Alassane Colombes France
22 Ba Amadou Saidou Paris France
23 Ba Moussa Paris France
24 Ba Amadou Casablanca Maroc
25 Ba Ibrahima Nouakchott Mauritanie
26 Ba Yahya Nouakchott Mauritanie
27 Ba Elhadj Sileye Dakar Sénégal
28 Ba Boubou Amadou Philadelphia USA
29 Ba Boun Oumar Columbus USA
30 Ba Fatimata New York City USA
31 Ba Bassirou Grenoble France
32 Ba Mamadou Dakar Sénégal
33 Ba Abdoullahi New York City USA
34 Ba Bachirou Paris France
35 Bal Mohamed Anvers Belgique
36 Barro Bechir Savoy USA
37 Barry Alassane Abengourou RCI
38 Barry Idrissa Memphis USA
39 Datt Souleymane Paris France
40 Deme Mamadou Grigny France
41 Deme Malal Ndouloumadji Sénégal
42 Dia Moussa Barcelona Espagne
43 Dia Mohamedou Paris France
44 Dia Malick Paris France
45 Dia Mamadou France
46 Dia Malick France France
47 Dia Abdellahi Paris France
48 Dia Abdoul Kader Nouakchott Mauritanie
49 Dia Thierno Moctar Djeol Mauritanie
50 Dia Yacouba Nouakchott Mauritanie
51 Dia Diye Nouadhibou Mauritanie
52 Dia Hapsa Ohio USA
53 Dia Ismael Williston USA
54 Dia Maimouna Cincinnati USA
55 Dia Amadou Paris France
56 Dia Samba Madina Sande Sénégal
57 Dia Amadou France
58 Dia Kalidou Libreville Gabon
59 Diack Alioune St Prix France
60 Diago Amadou Libreville Gabon
61 Diago Samba USA
62 Diallo Saidou Bruxelles Belgique
63 Diallo Elhacen Bondy France
64 Diallo Gayel Rouen France
65 Diallo Samba Nouakchott Mauritanie
66 Diallo Mohamedou Columbus USA
67 Dieng Abou Paris France
68 Dieng Ndeye France
69 Dieng Abou Nouakchott Mauritanie
70 Dieng Souleymane Bismarck USA
71 Diop Mamadou Nouakchott Mauritanie
72 Diop Moussa Dakar Sénégal
73 El Hassene Moulaye Bordeaux France
74 Gueye Abou Nouakchott Mauritanie
75 Guisset Mohamedou Paris France
76 Haidara Nouroul Houda New York City USA
77 Hane Binta Adama Bamako Mali
78 Hane Abou Atlanta USA
79 Hane Henry Indianapolis USA
80 Kane Alioune Bruxelles Belgique
81 Kane Elimane Boubacar Calgary Canada
82 Kane Mariame Paris France
83 Kane Bocar Bordeaux France
84 Kane Hamidou Baba Nouakchott Mauritanie
85 Kane Hamath Nouakchott Mauritanie
86 Kane Ismail Nouadhibou Mauritanie
87 Kane Saidou Dakar Sénégal
88 Kane Fatimata New York City USA
89 Kane Fatoumata New York City USA
90 Kane Mamoudou Lisboa Portugal
91 Kane Amadou Santander Espagne
92 Kane Amadou Paris France
93 Kide Hady Bruxelles Belgique
94 Kide Baba Galle Nantes France
95 Konte Fatimata Nouakchott Mauritanie
96 Lam Aboubacry France
97 Laye Johny Magdog Kaedi Mauritanie
98 Lo Samba Paris France
99 Ly Amadou Québec Canada
100 Ly Mohamed Bordeaux France
101 Ly Ismaila France
102 M’Bow Moustapha Rennes France
103 Mbaye Mamadou Libreville Gabon
104 Mbaye Jaari Cameroun
105 Mbow Abdoul USA
106 Ndiaye Aliou Sada Pointe Noire Congo Brazzaville
107 NDiaye Djiby Abidjan Côte d’Ivoire
108 Ndiaye Amadou Nouakchott Mauritanie
109 Ndiaye Ali Amadou Kaedi Mauritanie
110 Ndiaye Oumar Djiby Saint-Louis Sénégal
111 Ndiaye Hamidou Dakar Sénégal
112 Ndongo Fatimata Paris France
113 Ndongo Hamidou Amadou Woloum Nere Mauritanie
114 Ndoye Moctar Oujda Maroc
115 Ngaidé Abou Paris France
116 Ngaidé Sada Alassane Lyon France
117 Niang Alassane massy France
118 Niang Oumar Paris France
119 Oubeid Dehby Ahmed USA
120 Sall Abdoul Nice France
121 Sall Ousmane La Roche sur Yon France
122 Sall Ibrahima Cergy France
123 Sall Saidou Paris France
124 Sall Amine Saint-Louis Sénégal
125 Sall Alassane Matam Sénégal
126 Sall Aissata Cincinnati USA
127 Sall Houleye Cincinnati USA
128 Sall Moussa Centrafrique
129 Sall Harouna Mauritanie
130 Sangaré Aida
131 Sao Abdoul Aziz Paris France
132 Sao Demba USA
133 Sarr Hamédine Elancourt France
134 Soh Galo Demmba Béthune France
135 Soh Hamadi Paris France
136 Soh Demmba Fummu Gileyta Mauritanie
137 Soh Ibrahima Nioro Mali
138 Soh Amadou Djibril New York City USA
139 Soumaré Koundou Paris France
140 Soumaré Hamidou Paris France
141 Sow Housseini Oumar Montreal Canada
142 Sow Mohamed Paris France
143 Sow Mountaga Nantes France
144 Sow Jamal Angers France
145 Sow Oumou Pullo Paris France
146 Sow Haby France
147 Sow Habibata Paris France
148 Sow Khalidou Nouakchott Mauritanie
149 Sow Ibrahima Bechir Paris Mauritanie
150 Sow Thierno Djiby Wouro Moolo Mauritanie
151 Sow Sadibou Seaside USA
152 Sow Ibrahima Memphis USA
153 Sow Hamady Williston USA
154 Sow Poullo Kaedi Mauritanie
155 Sow Abdoulaye Les Mureaux France
156 Sow Moussa Samba Meaux France
157 Sow Ousmane Kaedi Mauritanie
158 Sow Abou Paris France
159 Sy Dabbo Bruxelles Belgique
160 Sy Aboubekrine Montreal Canada
161 Sy Mamadou Montreal Canada
162 Sy Ousmane Fresnes France
163 Sy Mahamadou Paris France
164 Sy Aminata Paris France
165 Sy Amadou Paris France
166 Sy Harouna Nouadhibou Mauritanie
167 Sy Cheikh Ahmed Tidjane Nouakchott Mauritanie
168 Sy Amadou Nouakchott Mauritanie
169 Sy Aliou Nouakchott Mauritanie
170 Sy Amadou Nouakchott Mauritanie
171 Sy Dahirou Mauritanie
172 Sy Houleye Saikou Bambilor Sénégal
173 Sy Siikam Essex USA
174 Sy Aissata Charlottesville USA
175 Sy Tijane Columbus USA
176 Sy Sille Cincinnati USA
177 Sy Mouhamadou Charlottesville USA
178 Sy Nourou Montreal Canada
179 Sy Abdoulaye Libreville Gabon
180 Sy Amadou Tidjane Morsang sur Orge France
181 Sy Salah eddine Jacksonville Florida
182 Sylla Aboubacry Val de Reuil France
183 Sylla Yero Columbus USA
184 Taan Faayol Yumma USA
185 Tall Mohamed Coignieres France
186 Tall Mamoudou Dakar Sénégal
187 Thiam Aga Baali Boghé Mauritanie
188 Thiam Mamoudou Nouakchott Mauritanie
189 Thiam Mamoudou Nouakchott Mauritanie
190 Thiam Amadou Cincinnati USA
191 Thiam Saidou New York City USA
192 Thioub Mariame USA
193 Toure Hamidou Paris France
194 Toure Aboubakry France
195 Toure Djiby Samba Cincinnati USA
196 Toure Saidou Memphis USA
197 Touré Abdoul Wahab Sherbrooke Canada
198 Touré Hamidou Paris France
199 Touré Kaaw Suède
200 Traoré Gaye Paris France
201 Wane Saidou Cincinnati USA
202 War Marieme Paris France
203 Wone Cheikh Tijani Paris France

✅Source crédit : Initié par Mr SY Mouhamadou via Réseau social Facebook

Mauritanie/Présidentielle 2019 : La cour constitutionnelle s’aligne sur la CENI

Ce lundi 1 juillet 2019 à Nouakchott , la cour constitutionnelle confirme les résultats contestés de l’élection présidentielle donnés par la CENI donnant le candidat du régime vainqueur. La cour rejette les recours introduits par le camp de l’opposition, en validant comme élu président au premier tour un autre général « traité » qui va succéder au général Ould Abdelaziz.

Le premier tour a donné les résultats suivants :

■ Nombre d’inscrits 1544132

■ Nombre des votants: 967072

■ Taux de participation: 62,63%

■ Nombre des bulletins nuls 28796

■ Nombre des bulletins neutres 9504

■ Nombre des suffrages exprimés 928772

Les candidats ont obtenu :

✅Mohamed Ould Cheikh Ghazouani: 483007 soit un taux de 52, 00%

✅ Sidi Mohamed Boubacar Boussalef: 165995 soit un taux de 17,87%

✅ Biram Dah Abeid: 172649, soit un taux de 18,59%

✅ Mohamed Sidi Maouloud 22656, soit un taux de 2,44%

✅ Mohamed Lemine El Mourteji El Wafi: 3688, soit un taux de 0,40%

✅ Hamidou Baba Kane: 80777, soit un taux de 8,70%.

🔷️Doc – affiche tiré de la plateforme virtuelle La Vision

FRAUDE ELECTORALE: LES CANDIDATS OPPOSANTS PRESENTENT LEURS PREUVES

Les candidats de l’opposition ont présenté devant le Conseil constitutionnel dimanche soir les détails de leurs recours, qui, selon eux, révèlent une « fraude » à grande échelle en faveur du candidat Mohamed ould Ghazouani, dont les résultats provisoires ont montré 52% des suffrages exprimés, selon les chiffres annoncés par la CENI.

Au tout début de la conférence de la conférence de presse organisée ce dimanche soir au siège de campagne du candidat Biram Dah Abeid à Nouakchott, ce dernier affirme que « l’opposition démocratique, représentée par ses quatre candidats, a pu s’assurer de la véracité de l’impression qu’ils avaient lors de cette élection, après une semaine d’enquêtes menées par leurs services techniques, statistiques et informatiques », qui mettent en relief une gigantesque opération de fraude, déclare Biram Dah Abeid.

Abeid a expliqué qu’ils possèdent « des preuves tangibles » que le candidat Mohamed ould Ghazouani « ne peut obtenir plus de 41%, malgré la partialité de l’Etat, l’alignement du régime et le favoritisme de la Commission électorale. Et si toutes les allégations de la CENI lui sont octroyées, il ne pourrait dépasser les 50%, selon les études réalisées par nos équipes « , martèle Biram Dah Abeid.

La conférence de presse des candidats de l’opposition intervient quelques heures avant l’annonce des résultats définitifs de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel de lundi à midi, auprès duquel l’opposition a présenté des recours il y a quelques jours. Dans sa composition, le Conseil constitutionnel comprend des membres issus de l’opposition.

Des soupçons sur 455 bureaux de vote

Lors de la conférence de presse, le responsable des opérations électorales au sein de la campagne du candidat Biram Dah Abeid a passé en revue des exemples des « violations » qu’ils ont relevées. « Nous avons reçu certains PV avec un taux de participation de 100%, ce qui a attiré notre attention. Nous nous sommes dit qu’au lieu de vérifier nos PV, il serait plus pertinent de vérifier la base de données publiée par la Commission électorale et de l’étudier en profondeur ».

Le responsable a ajouté que la recherche a révélé que 11 bureaux présentent un taux de participation supérieur à 100%. Or, remarque-t-il, « Dans ces bureaux, ould Ghazouani a recueilli 93% des suffrages », ajoutant que l’approfondissement de la recherche a conduit à la découverte de 455 bureaux de vote où le taux de participation dépasse 90%, affirmant que « Ces bureaux ne se situent pas dans les capitales régionales, mais sont dispersés à travers la Mauritanie et dans des zones isolées et difficiles. »

Il a souligné dans sa présentation que « le nombre total des votants dans ces bureaux est de 90.844 électeurs. Ould Ghazouani a obtenu 97% de ce nombre, avec une moyenne de plus de 95% au niveau de chaque bureau », soulignant que les électeurs de ces bureaux «représentent 10% du total des effectifs des électeurs mauritaniens ». « Ce qui a permis à ould Ghazzouani d’obtenir plus de 18% du pourcentage en sa possession, suivant les chiffres annoncés par la CENI ».

L’expert cite l’exemple de Gleib Ndour, de CHeggatt et d’El Beled El Amine. Il poursuit que, au cas où les résultats de ces bureaux seraient annulés, ould Ghazouani aurait 41% des suffrages.

« Si nous considérons que ces bureaux ne seront pas annulés, en appliquant le pourcentage de participation annoncé par la Commission qui est de 62%, Ould Ghazouani obtiendrait 48,5% », c’est-à-dire qu’il ne passerait pas au premier tour.

Expulsion de représentants

« Dans les zones reculées accessibles uniquement à l’État, les bureaux qui n’ont pas été ouverts dans les lieux prévus par la loi électorale qui stipule qu’ils doivent l’être dans les bâtiments publics », a déclaré le candidat Biram Dah Abeid, citant 455 bureaux de vote qu’il qualifie de « suspects ».

Au lieu d’être ouverts dans des écoles, des centres de santé ou des administrations, ils l’ont été dans des maisons privées appartenant à des individus acquis au régime, en échange de capitaux appartenant à l’État et au peuple ».

« Beaucoup des représentants des candidats de l’opposition ont été expulsés de ces bureaux où le vote est largement favorable à ould Ghazouani. Les PV ont été remplis à leur place, pour donner du crédit aux résultats et faire croire que le vote s’est déroulé sans problème », a constaté Biram Dah Abeid.

« A Nteïchitt, personne n’a voyagé, personne n’est tombé malade, personne ne s’est abstenu de voter, aucun décès n’est survenu depuis le recensement », a-t-il déclaré, ajoutant que le nombre des inscrits est de 485, pour un taux de participation de 100%.

« Ces bureaux ont permis à ould Ghazouani d’obtenir environ 20% des suffrages sur l’ensemble du territoire mauritanien », a déclaré Dah Abeid.

15% pour Ghazouani

Le candidat, Kane Hamidou Baba, a affirmé que les recours en leur possession révèlent de nombreuses « fraudes » et souligne que « l’examen des résultats, il ne serait guère surprenant que le pourcentage de Ghazouani soit de l’ordre de 15% ».

Le candidat a présenté des exemples de bureaux de vote où le taux de participation dépasse les 100%, indiquant qu’un des bureaux de vote à Timbédra » regroupe 242 inscrits, pour 245 votants ! Au Trarza, et plus précisément à Nteïchitt, où se trouvent 452 inscrits, 455 ont voté. Et toujours à El Beled El Amine, 486 sont inscrits pour 486 votants et 485 votes exprimés ».

Dans la Wilaya de l’Adrar, le candidat Kane Hamidou Baba a déclaré qu’un bureau de vote dans la municipalité d’Aïn Ehel Taya les inscrit sont au nombre de 103 alors que les électeurs y sont 105″.

Au Tiris Zemmour, il a déclaré qu’un bureau de vote à Lemreya à Bir Oum Graïn il y a 241 inscrits pour 248 votants. A Cheggatt, le nombre des inscrits est de 128, et celui des votants est de 154. A Lemghaïty, le nombre des inscrits est de 71 et les votants y sont 148 !

Il a conclu que «dans tous ces bureaux, nous constatons que ould Ghazouani est dans la fourchette de 98%», considérant qu’il s’agit là de fraude « flagrante et nette ».

Soupçons sur 50.000 voix

Hadrami Ould Abdel Salam, responsable de la campagne du candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, a passé en revue les « violations » identifiées par la campagne de son candidat et indiqué qu’au niveau de 211 bureaux de vote ils ont relevé des « violations claires et évidentes » soulignant que dans le PV de l’un des bureaux de vote indique 70 bulletins pour 365 votants, alors le nombre de bulletins dans l’urne et celui inscrit dans le PV doivent être identiques, tandis que le nombre de votes exprimés est de 345 », considérant qu’un tel PV est « illégal ».

Abdel Salam, qui présentait les procès-verbaux aux journalistes, a déclaré : « le PV d’un autre bureau indique que le nombre dans l’urne est de 369, alors que le nombre de votes exprimés y est de 487, tandis que le nombre de votes exprimés ne saurait en aucun cas dépasser le nombre de bulletins qui se trouvent dans l’urne ».

Ould Abdel Salam a déclaré qu’après avoir rassemblé toutes les violations constatées au niveau de 211 bureaux de vote, ils ont remarqué que ould Ghazzouani a recueilli 54.068 voix dans ces bureaux, ce qui représente 6% du total des voix obtenues suivant l’annonce de la CENI. Si ces voix sont retranchées, son score serait de 46% ».

Il a conclu en disant que « lorsque nous combinons ces violations avec ce que la campagne des autres présidents (candidats) ont observé, je pense que si ould Ghazouani dépassait trente pour cent, il obtiendrait un résultat miraculeux », selon ses termes.

Lettre au Conseil constitutionnel

Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar a adressé une lettre au Conseil constitutionnel lui demandant d’assumer ses responsabilités et de travailler conformément à la loi. Il l’invite à « rechercher les informations fournies et à assumer la responsabilité de les vérifier une à une ».

Ould Boubacar a souligné que cette élection est « spécifique » car elle concerne la fonction de président de la République et doit donc être exempte de tout ce qui pourrait nuire à la « légitimité et à la crédibilité » de la fonction la plus élevée de l’État.

Il a conclu que la Mauritanie traverse « une crise postélectorale », soulignant que la solution de cette crise « n’est pas la répression ou le rétrécissement des libertés, mais plutôt le dialogue », a-t-il affirmé.

🔷️Crédit source : Post Facebook ( https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2374769609250492&id=100001524288944) de Med Yahya Abdel Wedoud datant 1/7/2019