Le dramatique naufrage d’une embarcation en mer méditerranée : zones d’ombre persistantes sur le bilan et les nationalités de disparus.

D’après une vérification sur des bases solides, l’embarcation est partie de côtes marocaines dans la nuit du vendredi 11 janvier au samedi 12 janvier 2019 pour les terres ibériques (l’Espagne).

Si on se réfère à la liste diffusée par des membres de la communauté soninké sur les réseaux sociaux (Whatsapp et Facebook) dans la journée du 16 janvier, ils seraient 52 à avoir pris place dans ce navire introuvable à ce jour. La source « mère » de cette liste viendrait probablement des passeurs ou leurs contacts du circuit. Cette première liste a la particularité d’avoir devant le nom de chaque candidat migrant, le nom, le prénom ou le surnom du passeur qui serait son référent dans le trafic.

✅Ci-dessous la liste 👇

1-Makan Kamisoko / Aly
2-Mariam Camara / Alpha
3-Bacary Soumaré / Aly
4-Bacary Sambaké / Aly
5-Aboubacar Sylla / Alpha
6-Kantra Djoumassy / Aly
7-Mamadou Dabo / Kebé
8-Morlay Sacko / Sanoussy
9-Aboubacar Alaciré Diarra / Gill
10-Siradji Coulibaly / Gill
11-Souleymane Cissé / Gill
12-Demba Gaye Camara / Gill
13-Moussa Camara / N
14-M’paly Diarra / N
15-Ousmane Camara / N
16-Madjigui N’Diaye / N
17-Malik Sidibè / N
18-Aly N’Diaye / N
19-Sabara Keita / N
20-Moussa Yelly Camara / N
21-Bacary Fodé Camara / N
22-Gaye Konaté / Ibrahim C
23-Younouss Daffa / Ibrahim C
24-Saidou Cissé / Doua Paris
25-Saikou Madjou / Soko
26-Madjou Diallo / Soko
27-Sekou Yattera / Boudé
28-Djadjé Soumaré / N
29-Samba Sacko / Sadjo
30-Makan Coulibaly / Sadjo
31-Habibou Konaté / Boudé
32-Hamidou Traoré / Boudé
33-Demboyi Keitagou / Boudé
34-Oumar Djabira / Mady
35-Marguerita Camara / Diallo
36-Rayanatou Keita / Diallo
37-Fousseyne Camara / Moussa
38-Sidy Camara / Moussa
39-Lassana Coulibaly / N
40-Boubou Traoré / N
41-Hadji Bah / Angola
42-Lamarana Barry / Alpha
43-Thierno Souleymane / Ousmane
44-Mohamed Bathily / Sidy
45-Aboubakry / Soul
46-Sayon Keita / Soul
47-Alhassane Pathé Diao / Soul
48-Gui Patfer / Grd Aly
49-David / Grd Aly
50-Talibé Sokhona / Gill
51-Hammara Camara / Moussa
52-Ladji Diarra / Aly

À ces 52 personnes, il faut y ajouter 2 ou 3 membres de l’équipage selon les dires de gens ayant connu pareille traversée périlleuse. Dans ce cas le bilan de 54 ou 55 naufragés est plus que plausible.

Concernant le rescapé, quelques temps après la large diffusion de la liste au sein de nos cercles Réseaux sociaux (Whatsapp et Facebook), un audio de témoignage dont il serait l’auteur a circulé en langue soninké. Secouru par un bateau de pêcheurs, l’homme prétend que leur embarcation a chaviré et tous ses compagnons ont été emportés en eaux profondes. Et lui même, tenait à une corde liée un corp matériel flottant pendant des longues heures . Ce qui a semé le doute sur son témoignage vocal partagé dans Whatsapp auprès du public, c’est la description de son parcours une fois sur la terre ferme. Il dit avoir marché une certaine distance et avoir pris le bus avant d’accéder un hôpital pour des soins. Des personnes qui connaissent ces voyages très durs physiquement en situation normale, ont émis des réserves sérieuses sur la véracité de son témoignage sur l’accident. Ainsi des questions restent ouvertes, d’autant plus que certains proches de disparus avancent qu’ils n’ont plus eu des contacts directs via téléphone notamment avec le passeur référent de leur parent.

✅Tous soninkés et du Guidimagha en Mauritanie…?

Certainement NON, mais majoritairement soninkés probablement OUI, mais pas forcément du Guidimagha mauritanien seulement. Après une brève enquête de vérification auprès de ressortissants de villages originaires cités dans une liste qui circule sur les réseaux sociaux, nous pouvons établir la liste des disparus par village d’origine du Guidimagha mauritanien

Solou 1

Diaguilly 3

Tafara 2

Dafort 3

Tachott 3

Chaggar 5

Hassi 1

En tout ce seraient 18 personnes portées disparues, issues de différents villages du Guidimagha en Mauritanie. Par ce factuel, nous sommes très loin des « 52 jeunes mauritaniens issus du Guidimagha » annoncés noyés lors du naufrage. Il est très urgent qu’une enquête approfondie soit amorcée sur ce drame qui reste toujours confus à notre sens. Il faut noter que dans une liste vue sur les réseaux sociaux, on y constate 15 portés disparus originaires de Selifely (1 seul reconnu disparu finalement), village malien à 7 kms de Ould yengé au bord du Karakoro.

✅Et la confirmation de l’activiste militante du côté espagnol !?

Le post Facebook de cette militante est venue presque corroborer ce qui se disait et s’écrivait sur le sort de l’embarcation basant sur la première « source mère » que nous avons cité plus haut (Les contacts proches-passeurs et le témoignage du rescapé). Très suivie sur son profil Facebook, la militante a brossé le scénario plausible et tenant certainement d’autres éléments confidentiels , mais qui lui a donné l’info sur le départ et surtout le nombre exact de 54 membres et dire qu’ils sont à majorité de la Mauritanie ? Il y a sans doute quelque chose à creuser à ce niveau également.

☝️un témoignage audio de la militante qui laisse planer des incertitudes.

✅La réaction et la rétractation de l’antenne UE Mauritanie !

La journée du 17 janvier, la délégation de l’UE en Mauritanie a communiqué un mot via post Facebook officiel de condoléances aux familles des disparus. Quelques temps après, il a été constaté que le post a été supprimé sans aucun explicatif depuis sur l’affaire. Et ici aussi quelque chose tague et mérite d’être éludé.

Au final, la réaction hâtive politico polémiste du ministre mauritanien. Ce dernier, banalisant sournoisement un peu le post Facebook du très influent militant politique Kaaw TOURÉ des FPC ex-flam , s’est laissé confondre par un communiqué de démenti catégorique plus que troublant. Alors que Mr TOURÉ n’a fait que reprendre sur son fil actu Facebook , la liste et l’information de la « source mère » sur le naufrage. Ici grâce à cette brèche politicienne qui s’est ouverte, les pouvoirs publics sont obligés de prendre des initiatives sérieuses sur l’affaire. Ce qui est très rare en la matière. D’ailleurs même un certain personnel politique soninké du Guidimagha s’est exprimé publiquement au moins cette fois-ci. Car ce phénomène historique de départs clandestins vers l’Occident et le lot de tragédies avec, ne sont pas inconnus d’un soninké quel que soit son niveau social et politique .

Par la suite d’autres organes de presse sérieux en ligne ont relayé l’information sur la base d’un communiqué de presse d’une association espagnole ci-dessous le doc capture d’écran.

👇Nous l’avons repris d’un post Facebook de la journaliste mauritanienne Mariem Derwich.

AU DU BLOG, NOUS EXPRIMONS NOS SINCÈRES CONDOLÉANCES AUX FAMILLES ET PROCHES DES DISPARUS.

Paix à leurs âmes. Ameen

🖊K.S pour le BLOG

Mauritanie : L’alternance ne se décrète pas, elle se prépare

CE QUE JE PENSE

En 2019, le président sera celui que le camp de la majorité actuelle aura choisi. Ghazouani ou un autre, qu’importe. Il faut seulement que le « Successeur » d’Aziz ait le « profil » le plus proche possible de ce que recherchent ceux qui pensent que les « acquis » doivent être préservés. Il faut surtout que l’armée voit en lui l’homme qui peut tenir la barre dans une mer agitée à très agitée.
Je ne dis pas que toutes ces raisons sont suffisantes pour décréter l’échec de l’opposition. Le miracle existe mais il se produit dans des conditions où les éléments politiques que je qualifierais de « perturbateurs » poussent à l’optimisme.
Notre opposition porte en elle-même le germe de l’échec. Trop divisée. Sans moyens et – presque – sans idées autres que celles qui lui permettraient de s’emparer du pouvoir. La rue, un moment. Les urnes, quand on la pousse dans ses derniers retranchements, et en rangs dispersés. Mais son plus grand tort est de penser aux choses à réaliser en aval avant celles qu’il faut penser en amont. « Je ferais ceci si je gagne » mais jamais la question du « comment » vaincre un pouvoir qu’on accuse d’utiliser des armes (politiques) non conventionnelles comme la tribu, l’administration, l’argent et le savoir?
L’Union pour la République (UPR), comme tout parti au pouvoir dans une démocratie « en construction », tire sa force du rôle fédérateur que joue le président de la République. Une discipline spartiate que ne perturbe que de rares « mouvements de troupes », quand un chef de clan estime qu’il a été délaissé, lors d’élections locales, au profit d’un frère ennemi. Rien de grave donc pour perturber la solidité d’un Système éprouvé – et approuvé – par la majorité d’une élite politique qui vous dit, sans gêne, « eddewla maa toua’ned » (quelque chose comme : on ne s’oppose pas à l’État).
En face de la machine de guerre de la majorité, l’opposition repose toute sa force sur le sentimentalisme. Le pouvoir doit « dégager ». Le peuple souffre. L’armée fait toujours la politique. L’économie nationale est au bord de la faillite.
Tout cela est vrai peut-être, mais suffit-il de le dire pour que la transformation devienne possible ?
Il manque à l’opposition cette capacité de fixer des objectifs communs et de les prioriser. Il lui manque surtout cet élan de dépassement pour venir à bout de ses égoïsmes. L’alternance ne doit pas être vue comme l’Objectif d’un parti ou l’assouvissement de l’ambition d’un individu. Cette perception des choses est tout aussi condamnable que l’appel à un troisième mandat heureusement rejeté par le président Aziz.
La question du candidat unique ne se discute pas à cinq mois d’une présidentielle vue comme la fin d’un cycle politique où l’opposition a pratiquement tout raté, par sa faute ou celle du pouvoir : le dialogue, la réforme (ou tripatouillage) de la constitution, la composition de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Elle est surtout une menace quand des parti(e)s prennent les devants et exhibent leur candidat, objet de controverse sur le plan national, ou font du marketing politique pour un autre que la justice pourrait facilement « éliminer », comme celle du Sénégal vient de le faire pour le duo Karim Wade/Khalifa Sall.
Donc, si l’opposition perd ce sera parce que rien n’a été fait pour qu’elle gagne. C’est aussi simple que cela.
Je ne me rappelle pas avoir vu – ou entendu – ces derniers mois, que l’opposition regroupée au sein du FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité), où d’un cadre plus large impliquant le Rfd et l’Unad, a entrepris une descente sur le terrain pour mobiliser ses troupes et tenter de chasser, à l’Est et au Centre du pays, sur les « terres » fertiles (en électeurs) de la majorité.
Mission impossible donc, serais-je tenté de dire. Parce que dans un pays comme la Mauritanie, les changements ne répondent pas aux normes classiques de la persuasion. L’idée d’une récupération ne découle pas d’un sopi, à la sénégalaise, ou d’un changement à la burkinabé. Si l’on accepte cette vérité, il faudrait bien que l’opposition trouve quelque chose capable de provoquer le miracle dont j’ai parlé tantôt. Un deus ex machina au 21ème siècle ne peut prendre la forme envisagée aujourd’hui par l’opposition sous forme du surgissement d’un candidat providentiel. Ni même des pulsions et « répulsions » qui remuent une majorité encore sous le choc du départ annoncé du Chef.

Sneiba Mohamed

Soucre crédit : Post Facebook de l’auteur Sneiba Mohamed