Alioune Tine : 《MOBILISATION GÉNÉRALE DE TOUS LES CITOYENS POUR UNE PRÉSIDENTIELLE TRANSPARENTE ET APAISEE》

Le précontentieux électoral s’alourdit dangeureusement au fur et à mesure de l’évolution des différentes phases du processus de la présidentielle 2019.
Il est désormais de la responsabilité de chaque citoyen quelles que soient sa position, son appartenance politique, religieuse, son statut, doit agir pour sortir d’une situation politique et électorale tendue et porteuse de tous les dangers. En téte , le Président de la République Maky Sall , qui dans le domaine de l’organisation d’election présidentielle ne doit pas faire moins que ses prédécésseurs Abdou Diouf et Abdoulaye Wade qui ont respecté une tradition qui n’a céssé d’évoluer dans le bon sens depuis les années 90.

—– UN PRÉSIDENT-ARBITRE -RÉGULATEUR

Le Président de la République cumule en une seule personne trois (3) rôles essentiels au jourd8,
– 1)Le President ,le Chef de l’Etat , Chef de l’Administration et des armées;
– 2) Le Président, Candidat à la Présidence , leader d’une coalition de partis politiques,
– 3)Le Président-Arbitre-Régulateur
La Figure du Président-Arbitre-Régulateur a émergé dans les années 90 aprés les crises et violences postélectorales de 88-90 avec l’aide d’un ministre de l’intérieur, homme d’État exceptionnel Famara Ibrahima Sagna.
Famara Ibrahima Sagna, une fois nommé ministre de l’intérieur a démissionné de su Parti Socialiste pour etre neutre et équidistant de tous les partis politiques. Il est devenu légitime pour faciliter les negociations entre le Président Diouf et Abdoulaye Wade dans un premier temps et le Président Diouf et les autres partis de l’opposition. C’est lui ,Famara Ibrhima Sagna le géniteur du code consensuel de 1991, c’est lui qui a décroche Kéba Mbaye et convaincu Abdou Khadre Cissokho Président de l’Assemblée Nationale de l’époque. Ces années étaient des années de plomb avec l’impression d’un encerclement du Sénegal avec la crise Sénegalo-Mauritanienne, le contieux du pétrole avec la Guinée Bissau et l’éclatement de la Conféderation Sénégalo-Gambienne. Des vulnérabilités réelles qui expliquaient que les Sénégalais étaient unis et rassemblés dans un gouvernement d’Union en 91.
En 1996 le ministre Abdourahmaneine Sow est ministre de l’intérieur et organise les élections locales de 1996. Ces elections ont été catastrophiques au point d’etre reprises à Dakar. 1996 a été une malheureuse parenthése mais utile par les leçons apprises.

CAPACITÉ DE RÉSILIENCE DU SÉNÉGAL

Aprés ces élections chaotiques et honteuses et la trdition de fraude de certains caciques du parti socialiste Abdou Diouf va tirer toutes les bonnes leçons en Créant l’Onel dirigée par le Général Niang et le Ministére de l’intérieur dirigé par le Général Lamine Cissé. La tradition d’une Administration neutre en période électoral est consolidée et aboutit au meilleur Parlement jamais connu au Sénégal depuis l’indépendance et à l’alternance de 2000.
La capacité de résilience était le fruit d’un dialogue certes difficile mais qui a évolué sans cesse en qualité grace à la qualité des hommes politique de l’époque. Des hommes comme Comme Wade, Dansokho, Landing,Bathily, Decroix, Ousmane Ngom, Djibo Ka, Madické Niang etc. avaient bien joué leur partition à l’époque.
Wade a affaiblit le processus en 2007, boudé les Assises env2009. Mais il faut lui rendre justice en 2012 quand il a nommé Cheikh Gueye chargé des élections. Ce qui avait permis des élections transparentes et apaisées et une situation postélectorale calme
IL FAUT CONTINUER L’ÉPOPÉE DE LA DÉMOCRATIE SÉNÉGALAISE PRÉSIDENT MAKY SALL
Aujourd8, Nous demandons solennellement au Président de continuer cette formidable épopée de la démocratie Sénégalaise qui a servi de phare éclairant la voie de la démocratie sur le Continent depuis le Président Senghor.
Aujourd8 plus que jamais les Sénégalais doivent ensemble avec intelligence, lucidité et resoect mutuel construire des consensus qui protegent l’Etat et le Vivre-Ensemble. On est en face de menaces autrement plus dangereuses avec l’extrémisme violent qui se développe avec l’effondrement et la perte de sens du champ politique. Mais avec la découverte du pétrole et du gaz ,la présence d’acteurs plus forts que nos Etas et savent bien jouer de nos divisions.
Il faut promiuvoir une administration du processus électoral neutre avec un ministre non partisan, ce n’est pas seulement parce que l’opposition le demande, ça participe d’un dévérrouillage du systéme , de susciter plus de confiance;
Il faut également mettre le fichier à la disposition des candidats et ouvrir sans délai un dialogue franc et inclusif pour dégrossir le précontentieux.

Alioune Tine
Fondateur de Afrikajom Center

Crédit source : Post Facebook Alioune Tine

Libération de deux prisonniers d’opinion en Mauritanie ou l’épilogue d’une imposture

I. Les premières heures

Le 31 décembre 2018, la cour correctionnelle de Nouakchott-sud, tentait de juger le député Biram Dah Abeid et son co-détenu Abdallahi Houssein Messoud, en présence d’une foule nombreuse en grande partie constituée de militants et sympathisants de l’ONG anti-esclavagiste Ira-M. 30 avocats bénévoles, dont le bâtonnier du barreau national et plusieurs autres ténors, constituaient le collectif de conseil et de défense des prévenus.
Dès l’ouverture de la séance, Biram Dah Abeid questionna le président du tribunal : « savez-vous que je suis un député à l’assemblée nationale de Mauritanie » ? Le juge répondit : « il n’est un secret pour personne que vous l’êtes, honorable député ». Biram repliqua : « Alors monsieur le juge, vous n’êtes pas habilité à me juger tant que mon immunité parlementaire prévaut ».
Et les avocats, un à un, de démontrer le précédent peu glorieux, qu’un élu du peuple, en plein mandat, se retrouve dans le prétoire, avant la levée de sa protection. L’article 50 de la constitution de la république islamique de Mauritanie, est sans équivoque à cet égard. Malgré les démonstrations claires et pertinentes des avocats, d’une durée de quatre heures d’horloge, le président de la cour, se plia aux injonctions du représentant du ministère public ; ce dernier prenait de temps à autre la parole, pour justifier la légalité, selon lui, de pouvoir entendre un député sans devoir, au préalable, le dépouiller de son immunité.

II. Les arguments

Le député Biram Dah Abeid et son co-détenu Abdallahi Houssein Messoud se retirèrent en compagnie des avocats, pour concertation. A leur retour dans la salle d’audience, Biram prit la parole, remercia la foule, les défenseurs et déclara : « Monsieur le président, monsieur le procureur, madame et messieurs les avocats, moi Biram Dah Abeid, député du peuple mauritanien, élu sous les couleurs de la liste nationale du parti Sawab:

– Ma détention a été motivée, entre autres objectifs, par la détermination du bloc hégémonique, gouvernant le pays, à m’empêcher de faire campagne et d’être élu ;

– L’appareil judiciaire en Mauritanie a été totalement soumis à la volonté et aux caprices du Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdelaziz et ce dernier l’instrumentalise sans vergogne, contre ses adversaires politiques, à l’instar des deux hommes d’affaires Mohamed Bouamatou, Mohamed Debbagh, du compatriote Moustapha Limam Chaffii, du sénateur Mohamed Ould Ghadda et de ses collègues, des journalistes indépendants, de moi-même et des militants des droits humains, membres de notre association ;

– Le juge, devant nous, a émis l’intention claire et outrageante, d’ignorer le principe universel de l’immunité du parlementaire et ce, aux fins de satisfaire aux contraintes d’un agenda de règlement de comptes contre les opposants ;

– Le mandat à moi confié par les électeurs procède d’une légitimité singulière, celle de suffrages en faveur d’un candidat gardé en cellule, lequel ne put même voter ;

– En conséquence, je déclare récuser la constitutionnalité et l’aptitude de cette cour à m’imposer sa compétence.

– Ainsi, les membres de la juridiction ici présents ne verront désormais que mon dos ; j’agis ainsi pour défendre la sacralité du choix du peuple et l’immunité en péril de mes collègues députés ».

III. Le dilemme

Enfin, Biram Dah Abeid demande, aux avocats de la défense et à la foule, de bien vouloir se retirer, le lieu n’étant plus une enceinte pour dire la loi, mais au contraire l’occasion de la mieux violer et piétiner.
La salle désormais sans public, le détenu s’isola dans un bureau, attenant. Le président de la cour lève alors la séance et envoie deux élus, au député, dans l’espoir de le convaincre d’accepter de revenir dans la salle, en contrepartie de quelques concessions du parquet, notamment sur certaines allégations de la pseudo-partie civile.
Le député refusa les formules de compromis et exigea la levée de son immunité parlementaire avant de se présenter, humblement, devant l’honorable cour, en qualité de simple citoyen. De concert, le président du tribunal et le procureur de la république, refusèrent cette faculté, pourtant la seule prévue dans la constitution. Un conflit ne tarda à opposer les deux approches :

1. Le procureur de la république préconise que le député soit traîné par la force de police – donc l’usage de la contrainte physique – à l’intérieur de la salle et y être maintenu, jusqu’à la fin du procès.

-2. Le président de la cour refuse, au motif d’un précédent d’août 2015, lorsque Biram Dah Abeid était invité à comparaître, en appel par le tribunal d’Aleg ; il avait récusé l’instance, au grief d’incompétence territoriale et, ainsi, refusé de quitter la prison pour rejoindre la cour. La juridiction le condamnait alors en dépit de son absence, sans jamais le forcer à venir…

IV. Le système cède

Devant l’impasse, un coup de théâtre intervient : inspiré par l’on ne sait quel éclair de discernement, le pseudo-journaliste Deddah Abdallah, retire sa plainte.
La cour reprend son monologue, dans une salle déserte et rend un « jugement » qui « condamne » Biram Dah Abeid et Abdallah Houssein Messoud à 6 mois de prison dont 2 fermes. Le même soir, les deux recouvrent la liberté.

V. Observations

1. Au delà de l’emprisonnement et des péripéties d’une justice aux ordres, il relève de l’évidence que le pouvoir du moment prépare l’opinion à la fatalité d’une confrontation entre les deux groupes protagonistes historiques de l’esclavage, en l’occurrence les Bidhane et les Hratine. Des agents provocateurs, par des messages diffusés sur les applications de messagerie et au travers des réseaux sociaux, travaillent à fertiliser, partout, les semailles de la haine. La « marche contre le racisme » que l’Union pour la république (Upr-majorité présidentielle) projette d’organiser au début de l’année 2019, donnera le signal de la revanche.

2. Le système de domination, face au cumul, voire à l’embouteillage des revendications d’égalité et de citoyenneté, cherche l’occasion de frapper un coup magistral, afin de justifier le régime d’exception et différer l’alternance au sommet de l’Etat. Tel est le calcul que chacun doit défaire, décourager et anéantir, pendant que le temps permet encore la lucidité de l’anticipation. Ira-M appelle les mauritaniens, de toute obédience, à désamorcer le piège, dans l’unité, la revendication pacifique et l’ouverture à l’Autre, pour l’avènement d’une Mauritanie du droit, enfin émancipée de l’impunité. Il n’y a de paix viable dans l’injustice, comme il n’est de libération à l’ombre du déni.

Commission Communication
Nouakchott le 2 janvier 2019.