Mon avis sur les différentes réactions de l’instant sur la question de l’alliance RAG / AL SAWAB : le cas Ciré Ba / Ould Cheine :

Je suis un militant convaincu et un activiste de terrain. Le clavier ne m’intéresse pas trop. Le sujet sur les exactions commises entre 1989-1992 ne m’est pas inconnu. Je sais exactement ce qui s’est passé. Ciré Ba a marqué de sa plume son désaccord quant à l’alliance RAG – AL SAWAB. Il a donné son point de vu personnel à ce sujet. Ould Cheine a répondu. Cela reste un débat sur l’avis de deux personnes sur un sujet . Quand Ould Cheine dit qu’il n’y aura jamais d’excuses à présenter et que les événements de ces années-là ne sont qu’une pure fantaisie de l’esprit, cela n’engage que lui. Et d’ailleurs à lui seul, ses excuses n’ont aucune valeur morale. Néanmoins, faire des publications d’extraits de portions de parties sensibles d’articles ou de discours pour inciter à la réaction négative et même parfois violentes de sympathisants, c’est jouer avec le feu. Nous n’ignorons pourtant pas l’effet néfaste et destructeur que peut provoquer une pareille façon de communiquer. Cela incite davantage à la révolte et à la division entre nous. Arrêtons de transformer cette manière de communiquer en un moyen pour atteindre un but. Je n’ai pas été d’accord avec le style utilisé par Ciré Ba. Il ne sera pas pour autant mon rival à faire tomber. Je n’ai pas été d’avis avec certaines lignes de l’article de Ould Cheine qui me semblaient insignifiantes. Tous les maures ne sont pas mauvais. Tous les noirs ne sont pas bons. Des crimes ont été commis par un régime à majorité beydane. Des noirs aussi ont aidé à rendre le projet possible. Des Négro mauritaniens (population lambda et dignitaires) de familles isolées mais aussi de familles de victimes continuent de sympathiser avec le régime criminel. Des complices noirs, pourtant de ces crimes des années de braise continuent de vivre aisément. Ils nous doivent aussi des excuses au même titre que ces Maures-là , parmi lesquels, certains ont reconnu les faits et ce sont excusés. Pour le moment, aucun noir complice au moment des faits, sauf erreur de ma part, ne s’est manifesté et ou n’a imploré notre pardon, à ce jour. Mon avis sur la question des tueries et de la déportation des noirs est déjà connu de tous à travers la lutte que je mène de façon acharnée. D’ailleurs à l’instant actuel où les temps sont graves, cet avis n’est pas important. L’heure est à la prise de conscience, à l’unité de tous, à la réconciliation, au sacrifice, à la compassion. Le temps nous est compté. Le compte à rebours a déjà commencé. Nous perdons du temps à rester à se quereller sur le sujet de l’alliance RAG/AL SAWAB. D’aucuns appellent à un vote massif favorable à Aziz en 2019. Ceux-là ne se trompent-ils pas de camp ? Je préfère qu’on avance. Proposons des solutions appropriées et efficaces pour 2019. Evitons ces attaques et contre-attaques. Je cite mon ami Abibou Drame, directeur de radio diaguily, qui a dit dans un article que nous sommes en train de permettre à AZIZ l’ouverture d’un grand boulevard pour rempiler dès le premier tour les élections présidentielles de 2019. Et je reprends ses mots « le démon de la division est de retour ». Ce n’est pas faux mais nous pouvons le refouler, si nous le voulons, bien sûr.

Source crédit: Post Facebook Thomas Mag, l’auteur.

Le président D’IRA-Mauritanie invité par la fondation anti-esclavagiste britannique Reuters Fondation à Bruxelles.

Invité par la présidente de Thompson Reuters Fondation madame Monique Villa, et Heidi Hautala, le vice-président du parlement européen, à la conférence de Thompson Reuters Fondation sur L’esclavage moderne et la traite des personnes (l’oppression et l’exploitation des femmes) à Bruxelles le 6 juin 2018, le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, distribua la synthèse suivante sur la situation des violations des droits des femmes au sein des milieux sociaux défavorisés en Mauritanie:

FEMMES NOIRES EN MAURITANIE : ENTRE RACISME ET SERVITUDE.

Note de synthèse:

1. La Mauritanie continue d’occuper une place de choix parmi les latitudes où la dignité de l’être humain est considérée comme une valeur impure et une atteinte à l’identité culturelle et religieuse, à l’inverse de l’esclavage, de l’infériorité raciale et de l’inégalité des sexes. Les trois dernières tares correspondent à un ordre séculaire, qui se veut juste, perpétuel et en adéquation exclusive à la volonté de Dieu, quand bien même il attente aux fondements libérateurs du monothéisme. Les femmes expérimentent, à leur corps défendant, l’essentiel de la triple peine.
2. L’esclavage, dans sa version ancestrale, structure encore les rapports sociaux, notamment la répartition du travail et l’allocution des biens symboliques, tels la noblesse de naissance, la prétention au prestige et l’honneur. Mineures à vie, aux yeux des jurisconsultes de droit musulman mauritanien, filles et fillettes esclaves, sont jusqu’à nos jours , à la merci de leurs propriétaires. Viols et accouplement sous contrainte religieuse, unions forcées, excision, ont décimé des générations d’entre celles de naissance serviles ou réduit la plupart à une existence de handicap et de souffrance ravalée. Beaucoup naissaient ou mourraient d’un accouchement précoce et mortel ; d’autres succombaient aux maladies sexuellement transmissibles et toutes devaient travailler, quel que soit leur état de santé. Le régime des travaux forcés, durs et sans rémunération, constitue leur quotidien. Selon le degré d’aliénation mentale auquel les rabaisse le racialisme ambiant, elles supportent, toujours, ces pratiques de dégradation, parfois sous l’empire de la nécessité : manger pour survivre dans un environnement de mépris épidermique et d’exclusion matérielle.
3. Pire, plusieurs agences de voyage et de placement bénéficient d’un agrément, par le gouvernement, pour se livrer au trafic des personnes, en direction des monarchies du Golfe. Le négoce des filles descendantes d’esclaves permet, à des entreprises d’anciens maitres, d’écouler la chaire juvénile vers ces destinations d’un autre temps, où la notion de droits humains relève de l’exotisme. Les autorités de la Mauritanie, en vertu de leur ambivalence consubstantielle, encadrent ce commerce mais édictent les lois de sa pénalisation, qu’elles veillent, cependant, à maintenir hors de portée des justiciables.
4. D’autres mauritaniennes, ont perdu des fils, des pères, des maris, pendant la tentative d’épuration ethnique de 1986 à 1991. Parfois violées par les soldats des forces régulières ou des milices supplétives, elles endurent des décennies de frustration et de misère puisqu’une loi d’amnistie consacre l’impunité des tortionnaires et le fait accompli de leur forfaiture. Du jour au lendemain, elles s’improvisaient chef de famille, en charge d’élever des enfants, dans un environnement patriarcal. Des milliers durent s’exiler ou subir la déportation, durant 20 ans, avant de revenir dans un pays où leur épreuve reste un tabou.
5. Les avis, résolutions et des décisions des experts et rapporteurs spéciaux de l’ONU décrivent et dénoncent le constat allégué plus haut.
6. Malgré le tableau sombre et les signes évidents de son aggravation du fait de la montée de l’extrémisme religieux dans le pays, l’Union européenne continue à coopérer sans conditions, avec le pouvoir de la Mauritanie, foulant au pied, d’un même pas assuré, l’éthique et la prudence.

Le président de IRA – Mauritanie
Biram Dah Abeid

Source crédit: Réseaux IRA.