Allocution (version française) de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie du 31 Mai 2018 à Nouakchott.

■Allocution de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie qui scelle l’alliance électorale et politique entre la coalition issue du parti Rag, qui le soutient, et le parti EsSawab

Biram Dah Abeid :

Pour recréer la confiance et ressusciter l’espoir au sein des mauritaniens; Les raisons d’un pacte. »

Il y a dix ans, naissait l’initiative pour la Résurgence du mouvement
Abolitionniste en Mauritanie (IRA). Tout de suite, le mouvement a été
identifié, par le pouvoir en place, comme le vecteur de la subversion
sociale et le levier de la déconstruction idéologique. Les factions
engraissées depuis des siècles dans les surplis du système
d’oppression, de prévarication et de contrefaçon, ont œuvré, depuis, à
maintenir notre essor sur le fil d’une illégalité soigneusement
entretenue. Par conscience de nous mieux exclure, il fallait nous
tenir à distance de la parole légitime, donc hors des oratoires où
elle s’autorise quelque crédit. Aux fins de cette censure, les
zélateurs du passé, les serviteurs de l’exception antidémocratique,
les érudits simoniaques – en réalité marchands du temple – et
l’ensemble du personnel voué à entériner et reproduire l’institution
de l’esclavage et des castes, réussissaient à nous immobiliser sur les
marges, usant, alors, de la loi, de la force brute et du préjugé de
masse. Les services de la sécurité politique et l’essentiel de la
presse servile contribuaient ainsi à nous imposer une mise au ban à
quoi nous condamnait, de la part du système hégémonique, notre tension
vers la rupture. Pour nous empêcher d’amplifier l’écho de
l’universalisme, de l’humanité en partage, de l’ouverture constante
sur l’ailleurs et de l’élévation morale par le savoir, le travail et
le mérite sans le secours ni le contretemps de la naissance, la
domination nous figeait dans la posture infantilisante du mineur qui
s’ébroue, rue et s’épuise hors de l’arène.
Diffamation, provocation, infiltration, calomnie, campagnes
médiatiques de lynchage, sermons dans les mosquées de l’extrémisme,
aucune diversion ne nous fut épargnée et souvent nous trébuchions en
ce piège continument tendu, au point d’y perdre de l’énergie, des
talents et notre aptitude à ressusciter l’espoir. Dispersés et parfois
inaudibles, nous gagnions certes la bataille de la persuasion parmi
les nôtres et auprès des nations libres mais demeurions bâillonnés,
chez nous, au seuil des collectivités locales et du Parlement.
Aujourd’hui, la leçon enfin apprise, il nous appartient de la
traduire, en conquête de sièges, sur le terrain de la compétition dans
les urnes.
Aussi, en vertu de la diversification imposée par la complexité de la
lutte et la brutalité de l’adversaire, une fraction détachée et indépendante de
l’ONG des droits humains, IRA, vous convie à la cérémonie qui scelle
son accord avec le parti Essawab. L’entente ponctuelle ou continue
constitue, cependant, une avancée qualitative sur la voie de la
maturation. Nous nouerons d’autres convergences, avec diverses
formations politiques, civiles et de jeunesse, à chaque fois qu’il
deviendrait possible de consolider la dynamique de progrès, pour la
Mauritanie émancipée du populisme, du racisme et du fanatisme religieux, les trois
ferments de la rapine, quand ils distraient les humbles, grabataires
et affamés, de leur identité de souffrance et de colère.
Contre la coalition de la régression et du déni, avançons en rangs serrés !

Nouakchott, le 31 mai 2018

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Point de presse: La déclaration commune.

Notre pays traverse une phase de son histoire extrêmement dangereuse en raison de la sensibilité et de la profondeur des transformations politiques, économiques et sociales qu’il subit et celles qu’il ne tarderait pas à entamer les mois et années à venir. Ce qui impose aux forces nationales sérieuses d’entreprendre des positions responsables pour relever ce défi à travers:
Premièrement: la préservation de la société contre les conflits internes sous-jacents de l’injustice et des inégalités sociales sous toutes leurs formes, la réalisation des conditions requises pour le maintien de l’unité des composantes du peuple mauritanien et de leur cohésion, l’entretien des constantes unificatrices de la société notamment sa sécurité spirituelle, son identité nationale commune et ses symboles linguistiques, culturels et civilisationnels, la prise en compte des diverses valeurs dictées par la nature du pluralisme culturel et le droit à la différence et le bannissement de tout appel à l’exclusion et au racisme, quelle que soit leur nature: ethnique, linguistique et même zonale.

Deuxièmement: l’élimination définitive de toutes les formes d’esclavage et des sphères de pauvreté et de fragilité mais aussi de tous les environnements favorables aux atteintes aux droits de l’homme conformément aux normes de l’égalité politique entre les citoyens en droits et en devoirs et au respect de leurs volonté et choix conscient et libre.

Troisièmement : promouvoir le processus de transformation démocratique pour atteindre un état de développement positif des institutions, du droit et de la loi – des réalisations majeures basées sur le principe du transfert pacifique du pouvoir par les urnes loin de la violence et de la perturbation des bureaux de vote.

La situation de notre pays à la veille des élections législatives, régionales et municipale augure de beaucoup d’espoirs mais aussi comporte des risques certains alimentés par une pénurie importante dans la qualification des partis, l’élargissement des cercles de désespoir politique ce qui impose de placer l’intérêt national suprême au-dessus de toute considération autre, d’assembler les énergies susceptibles de renforcer l’unité nationale et d’enrichir les efforts de l’opposition démocratique en Mauritanie dans le maintien du choix démocratique et renforcer les acquis en la matière.

Considérant ce qui précède, le parti SAWAB et le mouvement ayant soutenu la candidature du président Biram Dah Abeid aux dernières élections présidentielles déclarent leur alliance en vue des élections Municipales, régionales et législatives de 2018 telle indiquée en annexe et celles des présidentielles de 2019 dans lesquelles le parti SAWAB s’engage à soutenir la candidature du président Biram Dah Abeid. Les deux parties expriment un désir réel que ce partenariat soit une première étape dans le développement d’un projet national unitaire faisant évoluer le pays vers des options réelles de paix civile et de transition démocratique en 2019. Ils exhortent toutes les forces démocratiques nationales quel que soit leur domaine de préoccupation à prendre conscience de l’importance de resserrer les rangs pour préserver l’Etat et la société contre les différents dangers qui les entourent aujourd’hui.
Comme les deux parties déclarent tendre la main à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à se joindre à ce pôle régi par l’unique vision consistant à mettre fin définitivement aux passifs humanitaire, économique et culturel néfaste des régimes d’exception, à préserver la nation, à faire face aux défis du développement et à consolider la démocratie.

15 ramadan 1431 correspondant au 31 mai 2018

■Dr Abdoul Salam Ould Horma

■Biram Dah Abeid

■Président du Parti SAWAB

■Candidat aux Présidentielles

Gaëtan Mootoo s’en est allé, la famille des Droits humains est endeuillée

Communiqué de Condoléance

Ce mercredi 25 mai 2018 s’est éteint monsieur Gaëtan Mootoo. Gaëtan Mootoo fût enquêteur hors pair d’Amnesty International. Une vie de spécialiste chevronné mais aussi de combattant infatigable pour la dignité et les Droits humains s’en est allée, ôtée à jamais à notre affection.

Le feu Gaëtan Mootoo était un grand connaisseur de la problématique des droits humains en Afrique en général et en Mauritanie, en particulier ; à la douloureuse occasion de son décès, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) exprime sa profonde compassion et adresse ces condoléances sincères à l’endroit de la famille, des collègues et amis éplorés du regretté Gaëtan Mootoo.

Nouakchott, le 28 mai 2018

La Commission de communication

Un Cri Osé : Un bref témoignage!

Par crainte intime de « souiller » sa réputation légendaire datant de nombreuses années pour la défense des CAUSES JUSTES , j’ai toujours hésité de clamer et de proclamer publiquement les caractères sublimes et avant-gardistes de ce grand-frère. J’ai nommé Seydi Moussa Camara, la plume noble de la Nouvelle Expression qui osa parler publiquement en certain 30 mars 2013 à Massy, de ses rapports pleins de pédagogie et d’éveil avec certaines personnes qui s’assignent « esclaves statutaires » de sa famille. Pourtant l’égo tentant, il pouvait faire comme beaucoup, geler sa conscience par le système gymnastique de l’intellect en composant avec cette anomalie coutumière par laquelle un Être humain se plaît d’être esclave par conditionnement social d’esprit d’autrui . Issu de la même contrée villageoise que lui DAFORT dans le Guidimagha Mauritanien , je peux témoigner et TOUS les connaisseurs des réalités historiques le reconnaîtront en toute sincérité, que si cette localité devenait une principauté féodale aujourd’hui avec un trône par filiation familiale restreinte , il serait l’un des prétendants légitimes avec des arguments solides à faire valoir. Mais l’homme à la plume engagée et éprise de d’empathie pour ceux et celles qui ont été blessés et atteints dans leur DIGNITÉ HUMAINE dans un passé non enviable, ne s’est pas figé dans un monde imaginaire où des cadavres se raillent entre eux d’être cadavres. Le responsable du journal la Nouvelle Expression, peut être une source idéale d’inspiration progressiste pour beaucoup d’entre nous au sein du monde soninké où certains esprits atteints d’un complexe maladif de supériorité veulent même se servir sournoisement de l’administration étatique pour préserver l’ordre féodal intracommunautaire. Aujourd’hui, les détracteurs extrémistes affichés des abolitionnistes dans la communauté, sont parmi ceux qui historiquement, si les « choses revenaient à l’endroit », deviendraient des « RIEN » avec un petit grattage filial de moins d’un siècle. C’est un phénomène connu en la matière (xénophobie, racisme et autres), très souvent les derniers arrivés ou arrivés par effraction veulent se faire remarquer avec zèle par le paraître dans le but d’espérer un ancrage légitimiste .

On se connaît TOUS, HEUREUSEMENT!

Le dernier Éditorial du journaliste: https://soninkideesjose.wordpress.com/2018/05/25/leditorial-a-ma-communaute-soninke/

K.S

L’éditorial: À ma communauté soninké

Mon propos à l’égard de la communauté soninké, la communauté à laquelle j’appartiens, est pour moi un moment fort et loin de moi l’idée d’avoir le monopole de la vérité ou et la prétention de donneur de leçons… Depuis quelque temps, je fais face, impuissamment, à un lynchage intracommunautaire impropre, non fécond et perfide. Un débat de caniveau entre les tenants du statu quo lié aux tares sociales qui rabaissent, et aux abolitionnistes et autres progressistes qui soutiennent le combat pour la fin de ces tares sociales de connotation esclavagiste.
Les victimes de ces tares, dans un élan de prise de conscience, de sensibilisation et d’émancipation, sont confrontées à une situation sclérosée et archaïque de la donne sociale existante et entretenue par la communauté. Le verbe de ce débat indispensable pour requinquer la société soninké est parfois accusateur, voire irrévérencieux qu’éducateur.
Cette situation de statu quoi est entretenue par des apologistes de l’inégalité des hommes, qui s’invitent dans le débat en aliénant et plongeant l’espoir d’une évolution sociale saine dans une nation où l’égalité des citoyens, en droits et en devoirs, est pourtant consacrée par la Constitution de la Mauritanie et les conventions internationales qu’elle a signées ou ratifiées. Hélas, les apologistes ont conduit la communauté dans une honteuse impasse. On assiste à une confrontation de tout ordre dans l’obscurantisme le plus étrange…
Très chère communauté, on ne s’y est pas trompé quand on écrivait qu’en Mauritanie on n’est pas encore dans un Etat. Mais plutôt dans un peuplement où chacun peut se permettre de faire ce qu’il veut, où il le veut et même quand il le veut.
Le forum destiné à débattre de cette question ou tare sociale se transforme de jour en jour en un ring d’une bassesse mentale innommable entretenue plus par les féodaux et, même parfois, par les victimes qui tombent dans les pièges des apologistes aveuglés.
En face, l’image d’une communauté ; une communauté de spectateurs complices ne faisant pas beaucoup d’effort pour favoriser le dialogue pour l’apaisement, se contenant de murmurer dans les salons sans une action efficiente de nature à finir avec cette situation. Ce qui dénote manifestement d’un manque certain de courage pour cette écriture de notre histoire ; l’histoire d’une société qui doit se former et se reformer mais non continuellement s’enfermer sur elle-même avec des risques de lendemains incertains.
Chère communauté. Accepter l’histoire, notre histoire, histoire d’esclavage, de ses séquelles est une phase cruciale et déterminante pour la vie et l’existence harmonieuse des Soninko. C’est dans cet examen participatif de cette codification sociale que réside l’éclairage avec responsabilité et promptitude ; autrement, on s’invitera dans le chao et l’opposition sociale stérile. Dans cet imbroglio hautement honteux, le gagnant n’est peut être que le statu quo voulu et entretenu par un système féodalo-esclavagiste.
Chère communauté, l’érudit Ahmed Jiddou n’a-t-il pas soutenu dans sa fatwa sur l’esclavage qu’ « Il est du devoir de nos savants, nos prédicateurs, réformateurs et sages du pays de toutes les classes et toutes les composantes de se lever et d’agir comme un seul homme pour éradiquer ce phénomène illégal et illégitime et tous ses effets et séquelles dévastateurs pour notre unité et notre cohésion, une unité que notre Prophète, paix soit sur lui, a considéré comme notre grand atout de foi ‘L’exemple des croyants dans leur amour mutuel, miséricorde et compassion, c’est comme le corps entier qui se plaint et se solidarise avec tout et chacun de ses organes qui peut souffrir ou avoir de la fièvre’ ».
Et le penseur en sociologie coranique et socio-économiste, Moktar Maghlah, d’ajouter, « Il faut reconnaitre que la société mauritanienne est esclavagiste. Et que l’Islam est venu pour bannir l’esclavage. Une religion réellement divine comme l’Islam ne peut pas permettre l’avilissement de l’homme. Je pense que pour finir avec cette abomination, il faut le pardon (un pilier de l’Islam) de la part des esclaves en échange du regard, de l’attitude ou de la perception des autres. La classe considérée noble doit se rabaisser à la dimension humaine de la personne qui prône l’égalité entre les personnes ».
C’est ce que Mokhtar, en paraphrasant Rousseau, considère comme un contrat social. Car, soutient-il, « Quel que soit le niveau de développement d’un pays, si la justice sociale n’est pas une pratique pour la gestion entre les hommes, tout est à refaire »…
On doit arrêter les invectives et toucher du doigt la réalité ; en discuter sagement pour en sortir dignement. Notre époque ne peut accepter l’assujettissement, ni le droit à une société d’évoluer entièrement à part, avec des codes primaires soutenant la gestion des rapports par la distribution des rôles selon les castes dans cette société. Les lois du pays et de notre monde doivent s’exprimer dans les rapports des hommes dans toute et n’importe quelle société.
Aussi, devons-nous nous approprier les sages paroles du savant Ahmed Jiddou Ould Ahmed Bahi, auteur de la fatwa, « Nous devons aussi nous tous – tout en luttant contre ce mal – éviter de commettre d’autres maux tels que le fait de semer la discorde entre les fils d’une nation et la division entre les frères de la même religion, ou rendre des personnes innocentes responsables des actes des autres. Allah Le Très Haut Dit (« Voilà une génération bel et bien révolue. A elle, ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis – Sourate la Vache »)»…
Très chère communauté, cette stratification sociale ou confinement par castes ne peut continuellement être entretenue de nos jours. La survie d’une communauté doit être en phase avec le contexte pour expliquer ses prétextes avec les textes qui respectent et magnifient l’existence pacifique des hommes qui la composent ; égalité et dignité pour tous. C’est le sens même de l’existence.
Respectueusement.

Camara Seydi Moussa (Nouvelle Expression)

Maintenant que la clameur semble s’estomper je peux peut-être placer quelques mots …

Ce sera autour du sens de nos excuses , du contexte de sortie de cet article , ma position sur la question , mes recommandations à ces jeunes honnêtes et courageux de tous bords …

Pour les excuses sur lesquelles certains semblent se méprendre, elles s’adressent aux lecteurs et internauts pour leur avoir présenté un ‘’faux’’, je veux dire un texte qui ne m’appartient pas et sur lequel est apposée ma photo , comme si j’en étais le propriétaire . Cela s’apparente a un vol , un ‘’pillage de la propriété intellectuelle ’’. C’est involontaire, certes, mais n’empêche,nous nous devons de présenter des ’excuses … par respect pour ces lecteurs .
Je ne m’excuse donc nullement pour le texte ou les idées qu’il exprime puisqu’elles ne sont pas de moi !

Concernant le contexte de sortie de ce texte j’ai dit que c’était une erreur de communication de notre part (entre le webmaster en second de flamnet et moi ) ; ayant reçu le texte en copié -sans le nom de l’auteur, omis – il a cru , de bonne fois, sans verifier , que cet article était le mien et méritait d’être partagé , pour son interêt ….( Le timing , à point nommé ou pas , n’y change rien ).
Très tôt, dès que j’ai été informé , j’ai tenté de corriger l’erreur auprès de flamnet et Cridem ,( par e-mail et coup de téléphone ) pour expliquer que c’était ‘’une erreur de communication’’, que le texte n’était pas de moi , mais d’un Historien –chercheur de l’UCAD , Cheikh T Ndiaye . Ce même C T NDiaye, soit dit en passant , qui bat aujourd’hui en brèches la thèse sur ‘’le fondement noir de l’Egypte pharaonique’’ de Cheikh Anta qui fouettait notre Ego nègre …
Mais, visiblement , cette précision et nos excuses n’ont pas suffi à calmer la polémique qui a continué à enfler. je ne comprends que trop bien pourquoi… Les ‘’ vérités’’ intempestives de Samba Thiam sur l’actuelle politique à caractère discriminatoire , ethniciste et raciste , et sur l’hypocrisie ambiante dérangent et agacent… La diffusion de cet article a été le prétexte – du pain béni – pour cracher ces colères cumulées, longtemps contenues . D’où cette explosion , ce déferlement de violence sur ma personne…. Mais je ne me tairai pas , je ne me coucherai pas , parceque notre pays est assis sur la tête qu’il faut remettre à l’endroit !

Maintenant quelle est ma position sur le fond que d’aucuns semblent impatiemment attendre ?
Ma réponse première , de principe , est que je me veux un penseur libre …et ‘’ Penser librement veut dire se déprendre des significations immédiates dans lesquelles nous retiennent les culture et la religion ‘’ S B Diagne .
La ‘’vérité’’, dit-on par ailleurs , n’est pas toujours ce que l’on voudrait qu’elle soit .. .
Enfin , je crois que tout ce monde qui hurle et s’agite avec tant de frénésie autour de la question est mal placé pour entrer dans ce débat qui relève du niveau des spécialistes , des historiens-chercheurs …S’il en existe chez nous, eh bien ! la balle est dans leur camp , sans plus.

Je félicite, pour conclure , ces jeunes Negro-africains , Haratines , Arabo- berbères honnêtes et courageux pour leur position juste ; je les invite par ailleurs et surtout à ne pas céder face au terrorisme intellectuel et réligieux qui s’installe …
Bon ramadan

Samba Thiam 23 Mai 2018

Source crédit: Page officielle Facebook Samba Thiam

MAURITANIE: POURQUOI CES INDIGNATIONS SÉLÉCTIVES DE NOTRE CLASSE POLITIQUE?


Le récent article de l´historien et chercheur sénégalais Tidiane N´diaye, l´auteur du livre ”Le génocide oublié” qui parle de la traite et de l´esclavage des Noirs dans le monde arabo-musulman, sur la question palestinienne, attribué injustement et insidieusement au président des FPC le camarade Samba Thiam, a suscité une véritable levée de boucliers dans la classe politique arabo-berbère du pays. Des nationalistes arabes, des chauvins, des islamistes et autres petits racistes et terroristes en ont profité pour cracher leur venin, leur haine, leur racisme primaire sur le président Samba Thiam et à travers lui notre parti politique.
Ces réactions épidermiques sont révélatrices d´un fait, le chauvinisme panarabiste de certains de nos compatriotes arabes qui n´hésitent jamais à parler de nous, en nous colorant d´une couleur qui n´existe que dans leur structure de conscience, traduisant leur paradigme, qui est celui de l´idéologie raciste du Système d´Etat mauritanien.
Notre position de principe a toujours été de soutenir toutes les bonnes causes et de dénoncer toute injustice sans tenir compte de l´appartenance ethnique ou raciale de la victime ou de l´auteur des crimes.
Un certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.
Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple palestinien, syrien, irakien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent.
On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.
– Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple palestinien, irakien depuis toujours, pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid ?
– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des marches, des quêtes en faveur des enfants irakiens, palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de rapatriés anciens déportés devenus réfugiés dans leur propre pays.
Comment expliquer le silence assourdissant et complice de cette même classe politique sur le sort tragique des réfugiés Noirs Mauritaniens qui croupissent toujours dans des camps au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?
– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste pendant les années de braise entre 1986 et 1990, dossier toujours pendant et actuel?
L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?
– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?
– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?
Qu’est-ce qui nous importe au fait ?
L’insistance de la Mauritanie sur la question palestinienne ou syrienne ? C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.
Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence. Et, pour nous, toutes ces considérations viennent justifier à posteriori amplement l’option de l’autonomie des régions proposée par notre parti, les FPC.
Il est temps de comprendre que l’exclusion est en soi économiquement mauvaise, socialement corrosive et politiquement explosive. A bon entendeur….chahut!

La lutte continue!

Kaaw Touré –Porte-parole des Forces Progressistes du Changement.