3Ăšme CONGRES ORDINAIRE d’IRA – Mauritanie DENOMME «MĂšre HOULEYE SALL » : RĂ©solution finale

Au nom de MĂšre Houleye SALL, dont le fils unique Lieutenant Abdallahi Moussa Sall a Ă©tĂ© assassinĂ© en 1990 Ă  Inal ;mĂšre Houleye, ĂągĂ©e aujourd’hui de quatre-vingt-douze ans, mĂšne depuis lors le combat pour rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© et la justice non seulement pour son fils unique, mais pour tous les martyrs disparus dans la tentative de gĂ©nocide qui continue Ă  marquer les mauritaniens.

I. Préambule

Au dĂ©but de l’annĂ©e 2018, le contexte international se caractĂ©rise par la conjugaison de trois nouvelles menaces Ă  la paix, dont l’impact sur la Mauritanie reste inĂ©gal :

1. AprĂšs l’élection de Donald Trump Ă  la PrĂ©sidence des Etats unis d’AmĂ©rique, les errements de sa diplomatie en Palestine et sa polĂ©mique avec la dictature nuclĂ©aire de CorĂ©e du Nord, le monde entre dans une phase d’incertitude porteuse d’hypothĂšques graves sur la stabilitĂ© du consensus hĂ©ritĂ© des deux grandes guerres du 20Ăšme siĂšcle et de la dĂ©colonisation. La dissuasion atomique s’effrite au profit d’une prolifĂ©ration accĂ©lĂ©rĂ©e. Du chantage du fort au faible, la polĂ©mologie moderne laisse entrevoir la crĂ©dibilitĂ© de la destruction rĂ©ciproque.

2. Le dĂ©fi du changement climatique, que les Etats Unis s’aventurent Ă  nier, ajoute Ă  la dĂ©structuration des Ă©quilibres fondateurs de l’ordre international. L’explosion de la natalitĂ© en Afrique accentue les consĂ©quences immĂ©diates de la dĂ©sertification Ă  laquelle le Continent entier s’expose. Les migrations vers l’Europe rĂ©sultent, Ă  la fois, de l’attractivitĂ© du Monde libre mais aussi de l’échec de la gouvernance vertueuse au sud de la MĂ©diterranĂ©e.

3. Le terrorisme islamiste achĂšve de plonger l’avenir de l’humanitĂ© dans une logique de la rĂ©gression, aux nuisances fortement sous-estimĂ©es. Le nĂ©onazisme de l’intolĂ©rance et de la brutalitĂ© n’en est qu’à ses prĂ©mices ; le monde musulman, gouvernements et praticiens du culte confondus, prĂ©tend endiguer le pĂ©ril par une sĂ©rie d’approches trompeuses oĂč prĂ©vaut le dĂ©ni. La plupart des Etats de la communautĂ© islamique se dĂ©battent dans la contradiction d’éradiquer l’extrĂ©misme violent, tout en appliquant ses lois et son programme. Entre autres cas, la persĂ©cution des objecteurs ainsi que le calvaire des associations fĂ©ministes en Afrique du Nord et au Moyen Orient soulignent la distorsion tragique entre les sociĂ©tĂ©s islamisĂ©es et la modernitĂ©.

II. La Mauritanie d’aujourd’hui

1. Dans cette configuration alĂ©atoire, la Mauritanie et son environnement rĂ©gional subissent dĂ©jĂ  le faix des deux derniĂšres hypothĂšques et ne paraissent y opposer une rĂ©ponse, ni d’anticipation, ni de traitement empirique. Notre pays navigue Ă  vue, faute de vision au sommet de l’Etat et d’alternative parmi sa frange lettrĂ©e. Le fatalisme, la souplesse morale et la paresse consumĂ©riste maintiennent l’élite d’antan dans une attitude de conservation des acquis, sans Ă©lan, dĂ©pouillĂ©e du rĂȘve et de l’imagination fertile qui alimentaient l’instinct sĂ©culaire de survie au milieu d’une nature de dĂ©solation.

2. En ce contexte de crise de valeurs et de panne dans la facultĂ© de concevoir un devenir fiable, s’enracine l’impĂ©ratif de la relĂšve historique. Ira Mauritanie, les organisations de dĂ©fense de la dignitĂ© humaine et la minoritĂ© consciente au sein du bloc hĂ©gĂ©monique incarnent cette alternance et en promettent l’avĂšnement. Telle Ă©volution Ă©quivaut Ă  une fatalitĂ© de la physique Ă©lĂ©mentaire, quasiment de mĂȘme nature que la loi de la gravitation.

III. Pourquoi la refondation ?

Le troisiĂšme congrĂšs d’IRA – Mauritanie, aprĂšs avoir examinĂ© l’état gĂ©nĂ©ral du pays, a retenu les principaux enjeux de la lutte, pour une citoyennetĂ© inclusive :

1. Du legs honteux

Le CongrĂšs rĂ©affirme le caractĂšre structurel de la poursuite des pratiques d’esclavage et des discriminations affĂ©rentes, en ce sens qu’elles dessinent l’identitĂ© intime de la domination. Produit d’une confusion originelle entre raison du plus fort et religiositĂ© du plus retors, le racisme mauritanien crĂ©e la violence symbolique, les privations de libertĂ©s, l’usurpation de biens, l’humiliation et la torture. L’exclusion matĂ©rielle et l’inĂ©galitĂ© de naissance en constituent la normalitĂ©, le fonctionnement rationnel. Les terres arables ou arides appartiennent toujours aux descendants de maĂźtres, malgrĂ© la rĂ©forme fonciĂšre et domaniale de 1981. Certes, la lĂ©gislation interne s’amĂ©liore dans son Ă©noncĂ© mais l’imposture perdure grĂące Ă  la volontĂ© de ne pas appliquer le droit. L’adhĂ©sion aux instruments internationaux procĂšde, aussi, d’un calcul de dissimulation. Mieux, lorsque la pression des victimes s’accentue, le pouvoir et les factions oĂč il recrute recourent au bouclier de la religion, pour retarder, du moins intimider l’exigence de mieux-ĂȘtre, celle qui donne sens Ă  l’existence. La posture de l’alibi perpĂ©tuel derriĂšre le sacrĂ© relĂšve, Ă  prĂ©sent, du rĂ©flexe, d’oĂč son usure imminente sous l’effet de l’excĂšs.

2. De la nationalité au rabais

Le silence de l’Etat persiste, face Ă  l’impunitĂ© des auteurs de crimes de sang, dĂ©portations et disparitions, exĂ©cutĂ©s aux motifs de la race et de la culture non-arabes. Le compromis Ă  l’Ɠuvre dans le pays tend Ă  se consolider, sur la foi de cette immunitĂ© ; de surcroĂźt, la majoritĂ© des forces politiques et religieuses y consent, dĂ©sormais. Pourtant, au-delĂ  de considĂ©rations Ă©thiques, l’histoire de l’espĂšce humaine nous apprend que rien de stable ne s’élĂšve sur le mal fait aux innocents. C’est cette triple injonction de la mĂ©moire, du rappel et de la rĂ©paration qu’IRA – Mauritanie se doit de perpĂ©tuer, pour l’ambition de l’unitĂ© nationale. Il n’y a pas de cohĂ©sion, non plus de fraternitĂ© quand l’un opprime l’autre et lui enjoint d’oublier. AliĂ©nĂ©s, en voie d’assimilation et leur sol usurpĂ©, les compatriotes nĂ©gro-africains mettront beaucoup d’annĂ©es Ă  sortir du statut de citoyens de troisiĂšme zone. Dans l’épreuve, leur pays ne sut leur tĂ©moigner la solidaritĂ© requise par l’ñpretĂ© de l’agression.

3. Des violations de l’intĂ©gritĂ© du corps

Le recours Ă  la torture – y compris en privĂ© – et la banalisation des mauvais traitements durant la garde Ă  vue et l’emprisonnement, atteignent un niveau tel que la Mauritanie figure en tĂȘte de la liste des rapports et enquĂȘtes ad-hoc, d’experts des Nations unies. Le cas rĂ©cent du dĂ©nommĂ© Ethmane Ould Brahim le prouve assez, un noir en conflit avec la loi s’expose davantage aux sĂ©vices et lynchage, explicitement accompagnĂ©s d’insultes Ă  caractĂšre raciste. Le refus de ratifier des traitĂ©s permissifs, l’inflation d’articles portant application de la peine de mort et l’aversion Ă  la Cour pĂ©nale internationale (Cpi) participent d’un chauvinisme nĂ©grophobe, hostile Ă  l’Occident et rĂ©solument fĂ©condĂ© par l’inclination Ă  l’extrĂ©misme violent. La Mauritanie d’aujourd’hui s’enfonce dans le fantasme de la puretĂ© essentialiste et y dissout ses traditions, son Ăąme et la tranquillitĂ© de ses habitants.

4. De la liberté rudimentaire

Sur un plan plus politique, mĂȘme si une rĂ©elle facultĂ© d’expression semble s’instaurer aprĂšs des dĂ©cennies de rĂ©gime militaire, certaines pĂ©riode de crise favorisent les arrestations arbitraires et les dĂ©tentions hors procĂšs, de longues durĂ©e et au secret ; dans la plupart des situations observĂ©es jusqu’ici, le trouble Ă  l’ordre public s’avĂ©rait mineur, donc en disproportion au chĂątiment. Souvent, la sanction visait Ă  restreindre puis punir l’aspiration au droit de manifester. Les prisons de Mauritanie n’offrent, au dĂ©tenu, fĂ»t-il de droit commun, les conditions minimales de salubritĂ© et de santĂ©. La personne s’y dĂ©grade et son humanitĂ© s’estompe, pour le restant de ses jours.

A titre d’illustration, la sĂ©questration de nos militants Moussa Bilal Biram, Abdallahi Maatala Saleck, du sĂ©nateur Mohamed Ould Ghadda et du sergent Mohamed Ould Mohamed Mbareck, autorise de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes sur la dĂ©termination du pouvoir Ă  les briser. Les poursuites, sous le rĂ©gime de la libertĂ© provisoire, n’épargnent des parlementaires, des journalistes ; des mandats d’arrĂȘts contre des opposants Ă  l’extĂ©rieur, tels Mohamed Bouamatou et Moustapha Limam Chafi participent Ă  compromettre le consensus national et la perspective d’une alternance apaisĂ©e en 2019, Ă©chĂ©ance du second et dernier mandat de l’actuel Chef de l’Etat.

5. Du détournement des institutions

La recrudescence des atteintes aux libertĂ©s de presse, d’association et de conscience Ă©rode la relative crĂ©dibilitĂ© du modĂšle de pluralisme en Mauritanie ; de facto, la gendarmerie, la police et le magistrat aux ordres disposent d’une marge de manƓuvre en constante extension. A tout moment, ils peuvent interpeller, convoquer et mettre Ă  l’écrou, sur la base d’une prĂ©somption Ă  peine Ă©tayĂ©e. A ce potentiel d’abus s’ajoutent d’autres armes sans recours ni contrepoids ; envers le capital privĂ©, le pouvoir du moment use du redressement fiscal et exerce, contre toute vellĂ©itĂ© d’indĂ©pendance chez le fonctionnaire, la menace du licenciement sec ou du contrĂŽle de gestion. Pour accorder Ă  cette prĂ©rogative, l’onction de l’acceptable, le cursus de cooptation ethno-tribale avait prĂ©vu le recrutement massif des mĂ©diocres et l’abolition consĂ©quente du mĂ©rite. RetombĂ©e de la faillite de l’enseignement aprĂšs le triomphe du populisme sous le rĂ©gime des juntes, la culture du faux n’épargne les diplĂŽmes, les curriculum vitae et mĂȘme la gĂ©nĂ©alogie. Autant la fabrication de pseudo ancĂȘtres infeste le champ du privĂ©, mĂȘmement la contrefaçon imprĂšgne les divers Ă©chelons de la fonction publique et s’étend Ă  la mĂ©decine. Hubris et trivialitĂ© tracent ainsi l’architecture d’un mode de vie sans cesse tiraillĂ©, de la compĂ©tition pour l’excellence en tout Ă  l’exercice permanent de la fraude. Le mauritanien contemporain excelle dans l’art de se mentir Ă  lui-mĂȘme. La schizophrĂ©nie devenant sa boussole sur un chemin de perdition dont il ne perçoit l’horizon, il s’adapte Ă  tout, dĂ©joue la rationalitĂ© et transmet, Ă  sa progĂ©niture, l’appĂ©tence du raccourci et la passion du court terme.

6. De la prévarication

La corruption ronge la sphĂšre de l’Etat, rĂ©duisant ainsi l’efficience des politiques publiques mais il s’agit, in fine, d’un ensemble de normes antimorales et de pur mĂ©nagement, qu’exige la reproduction de l’hĂ©gĂ©monie en cours. Loin de signifier une exception rĂ©formable en Mauritanie, voler le bien collectif, rĂ©compenser l’incurie et s’assurer une prĂ©bende sans effort, ressortissent des mƓurs nĂ©cessaires Ă  l’allocation prĂ©fĂ©rentielle des ressources. Le dispositif ne saurait perdurer, encore moins continuer Ă  entretenir ses milices gardiennes du statu quo ante, sous les seules auspices d’une RĂ©publique du droit. La paix dans l’injustice se paie en privilĂšge, faveur et dĂ©rogation. DĂ©jĂ , la dĂ©couverte de gisements d’hydrocarbures en mer aiguise la tentation de s’éterniser au pouvoir et complique le lien avec le voisinage immĂ©diat. La diplomatie de la Mauritanie se rĂ©sume, maintenant, Ă  une succession hystĂ©rique de susceptibilitĂ© et de crise de nerfs qu’accentue la propension infantile Ă  changer d’alliance.

7. De l’urgence

Des attendus prĂ©cĂ©dents, le CongrĂšs constate la pertinence et l’utilitĂ© d’une rupture radicale d’avec une citĂ© incapable d’assurer, Ă  ses membres, le sentiment de participer Ă  une Ɠuvre commune; il est impensable que la Mauritanie prospĂšre plus longtemps dans un tel degrĂ© de mĂ©pris Ă  l’endroit de ses ressortissants, voire de l’étranger de passage. La misĂšre, l’obscurantisme, le fanatisme et le repli rĂ©fractaire au reste du monde ont façonnĂ© une mentalitĂ© du pire dont la thĂ©ocratie liberticide demeure l’unique perspective. Envers et contre la dĂ©rive, pour un pluralisme du partage, de l’équitĂ©, du bonheur terrestre et de la diversitĂ© dans le mĂ©tissage, le CongrĂšs atteste :

Compte tenu de la censure imposĂ©e aux courants de l’audace et du renouveau, Ira accorde, Ă  ses adhĂ©rents et sympathisants, le bĂ©nĂ©fice – extraordinaire – d’une autorisation Ă  concourir en candidat indĂ©pendant, pour incarner une autre Mauritanie, lors des prochaines Ă©lections municipales, lĂ©gislatives, rĂ©gionales et du PrĂ©sident de la rĂ©publique.

– Biram Dah Abeid reçoit mandat dĂ©liĂ©, aux fins de promouvoir une large concertation avec les partis, la sociĂ©tĂ© civile et le commandement des forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ©, en vue d’accĂ©lĂ©rer la rĂ©conciliation des mauritaniens, avant le vote et parvenir Ă  une entente solide, sur les rĂšgles de l’impartialitĂ©, dans le strict respect de la Constitution.

Votée, à Nouakchott, le 28 janvier 2018

29-01-2018 13:13 – Abidine Ould Merzoug : « Mensonge avĂ©rĂ© et falsification des rĂ©alitĂ©s »

Le Calame – Le militant des droits de l’homme, Abidine Ould Merzoug (ancien reprĂ©sentant d’IRA en Europe) a dĂ©clarĂ© au cours d’une intervention au siĂšge de la Fondation Sahel que nombre de parlementaires,

de diplomates et des militants des droits de l’homme europĂ©ens lui ont exprimĂ© leur gĂȘne par rapport Ă  certaines correspondances relatives Ă  la situation des droits de l’homme en Mauritanie qui leur sont adressĂ©es par des ambassadeurs de la Mauritanie accrĂ©ditĂ©s en Europe dont les contenus sont truffĂ©s de mensonges avĂ©rĂ©s et fondĂ©s sur la falsification des rĂ©alitĂ©s.

Selon Ould Merzoug, certaines reprĂ©sentations diplomatiques basĂ©es en Europe essaient d’induire volontairement en erreur des organisations et des militants des droits humains europĂ©ens Ă  travers la prĂ©sentation de fausses informations sur la rĂ©alitĂ© des droits humains en Mauritanie.

Toutes choses de nature Ă  porter un rĂ©el discrĂ©dit Ă  ces ambassades et qui desservent le pays plus qu’elles ne le servent, confirme Ould Merzoug qui est en plus d’ĂȘtre un militant des droits humains, est ingĂ©nieur basĂ© en Allemagne oĂč il travaille Ă  Ford, le cĂ©lĂšbre constructeur automobile.

Abidine Ould Merzoug se dit trĂšs surpris que les chancelleries mauritaniennes exĂ©cutent des instructions provenant de Nouakchott alors qu’elles savent pertinemment qu’elles nuisent dangereusement Ă  la crĂ©dibilitĂ© du pays. La responsabilitĂ© devant alors leur dicter un comportement contraire, dit-il.

Crédit source: cridem.org

28-01-2018 15:10 – Projet de rĂ©gionalisation du Gouvernement mauritanien; Que faut-il en penser? Par Samba Thiam

Samba Thiam – Ce projet(*) est , manifestement, un plagiat grossier de l’Autonomie des FPC, au moins dans sa forme.

En effet, il retient :

-4 grandes zones à vocation économique spécifique,

– Un statut particulier pour Nouakchott et Nouadhibou,

– 2 organes – lĂ©gislatif et exĂ©cutif-, des compĂ©tences importantes pour ces rĂ©gions,

– la dissolution du SĂ©nat (dĂ©cidĂ©e dĂšs 2006 par nos instances ), tel est le format du projet d’Autonomie des FPC ; repris en copiĂ©-collĂ© dans ce projet de rĂ©gionalisation du gouvernement.

DiffĂ©rences, toutefois, dans le redĂ©coupage prĂ©cis des zones. Pour les FPC, l’Assaba – Ă  vocation pastorale – est rattachĂ©e aux deux Hodhs, la vallĂ©e du fleuve –à vocation agricole-, constituĂ©e du Guidimakha, du Fuuta et du Waalo Barack, et dans le mĂȘme ensemble le Trarza le Brakna et le Tagant, derniĂšre zone, l’Adrar-Tiris pour le Nord. Le Gouvernement en optant pour l’émiettement de la vallĂ©e du fleuve, semble –t-il, c’est -Ă  -dire en ne prenant pas en compte les aires culturelles homogĂšnes, existantes, il se prive, du coup, un bĂ©nĂ©fice majeur, entre autres attendus du projet : l’apaisement, voire la rĂ©duction complĂšte de la tension ethnique rĂ©currente.

Rappelons le sens du projet des FPC dont le but essentiel vise la rĂ©solution d’une double tension : la tension tribale, au travers de la « compĂ©tition » entre tribus dans la course au pouvoir ( « chacune » cherchant Ă  entrer au gouvernement ), et la tension ethnique, traduite dans le ressenti des populations nĂ©gro- africaines de leur exclusion dans tous les domaines.

Une seconde diffĂ©rence existe entre les deux projets qui se situe dans le contenu, les compĂ©tences octroyĂ©es, le type de relation entre le centre et la pĂ©riphĂ©rie ; alors que les FPC prĂ©conisent des compĂ©tences rĂ©elles, importantes, une relation plus souple, plus flexible avec le Pouvoir central, le Gouvernement, lui, choisit de reconduire la chape d’une Tutelle forte sur la rĂ©gion, et de cĂ©der sur des attributions rĂ©siduelles, des compĂ©tences superficielles ; telle la construction de quelques routes, quelques infrastructures scolaires et sanitaires, le creusement de pare-feux etc …

D’une vision autonome d’un dĂ©veloppement choisi, de l’usage et de la gestion libre de la ressource spĂ©cifique du terroir, motus ! Du recrutement et de l’emploi prioritaire de la jeunesse locale, de la police et de la justice locales, de l’usage des langues et cultures du Terroir surtout, rien ! En plus de ces dĂ©faillances majeures, on ne peut, par ailleurs, ne pas noter, ça et lĂ , certaines Aberrations ; telle la reconduction de la pratique de secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux, parachutĂ©s, ou la possibilitĂ© accordĂ©e aux PrĂ©sidents de Conseil de dĂ©lĂ©guer leurs pouvoirs, ou encore le quota automatique de « 20* » % de femmes appliquĂ© dans ces conseils, toutes pratiques stupides, prouvĂ©es par l’expĂ©rience mauvaise ; enfin, derniĂšre absurditĂ©, le statut hybride, sans tĂȘte ni queue, de Nouadhibou qui n’est considĂ©rĂ©e ni comme une rĂ©gion pleine et entiĂšre, ni comme un segment de rĂ©gion !!!

Bref avec ces tares grossiÚres on peut dire que nous nous acheminons bien plus vers une Décentralisation, voire une Décentration, que vers une véritable Décentralisation, hélas !

Quelle lecture globale ?

Lorsqu’on parcourt ces projets de loi relatifs Ă  cette rĂ©gionalisation, on en ressort, globalement, avec l’impression que le Gouvernement cherche Ă  mettre en Ɠuvre une bonne idĂ©e, mais qu’il hĂ©site, comme freinĂ© par une sorte de frilositĂ©, de crainte vague ou de dĂ©fiance Ă  l’endroit de certaines populations.

Ce qui, en partie, explique peut-ĂȘtre cela 
 Le double standard observĂ© pour la vallĂ©e du fleuve ; Nos gouvernants admettent pour l’Est l’évidence de sa vocation « pastorale » , pour le Nord la vocation « miniĂšre », mais dĂ©nient Ă  la vallĂ©e sa spĂ©cificitĂ© Ă©vidente de rĂ©gion « agricole » ! Ils reconnaissent et reconduisent les IdentitĂ©s historiques comme « Adrar », « Trarza », « Brakna », « Tagant » pour le « Trab-el bidhaan », mais se refusent Ă  faire de mĂȘme pour les appellations historiques de « Fuuta », de « Waalo Barack » ?

Pourtant il nous a toujours semblĂ©, qu’un critĂšre choisi ( ici la vocation Ă©conomique ) demeurait un critĂšre qui devait le rester, c’est –à-dire applicable partout et pour tous, Ă  l’identique. A tout ceci s’ajoute cette tendance que nous avons Ă  perdre de vue qu’ il n’y a pas de majoritĂ© en matiĂšre d’IdentitĂ©- ; tout comme « il n’y a pas de majoritĂ© en matiĂšre de vĂ©ritĂ© »â€Š

Au regard de la maniĂšre dont ce projet est ficelĂ©, la discrimination Ă  l’égard des populations de la vallĂ©e du fleuve, Ă©miettĂ©es et diluĂ©es Ă  dessein dans des ensembles artificiels, se perçoit, visible, patente 
Et cela, au moment mĂȘme oĂč se votent Ă  l’AssemblĂ©e Nationale des lois anti-discrimination !!! Ce qui, du reste, ne surprend guĂšre plus, au vu de cette idĂ©ologie suprĂ©maciste rĂ©gnante –hier enfouie-, qui, maintenant, ne se cache mĂȘme plus, pour ne pas dire ouvertement s’affiche et se dĂ©clare 
 Et dont les FPC demeurent la victime, dans leur juste lutte pour une reconnaissance lĂ©gale, officielle, lĂ©gitime 
Discriminations qui continuent de s’étendre Ă  l’universitĂ©, dans l’Administration, Ă  l’École, dans les forces armĂ©es, dans l’emploi, les examens et concours, les mĂ©dias, l’enrĂŽlement, partout ! Partout L’injustice !

Toutefois, un cotĂ© quand mĂȘme positif de ce projet – il y en a -; Ă  trouver, pensons nous, dans la rĂ©duction draconienne de cette plĂ©thore de rĂ©gions, puis dans l’amorce en elle mĂȘme 
 , avec l’espoir nourri que les errements, les dĂ©faillances, les couacs constatĂ©s seront rapidement redressĂ©s, la mouture remise Ă  l’endroit, si toutefois ces idĂ©ologies funestes, dont il faut se dĂ©prendre, nous en laissent le loisir …Les militants des FPC se seraient si bien rĂ©jouis de ce projet n’eussent Ă©tĂ© ses dĂ©fauts et dĂ©viances majeures
DerniĂšre impression qui laisse sourire , « ON » s’inspire de nos idĂ©es mais « ON » nous accuse malgrĂ© tout de « sorcellerie » et d’anti-patriotisme
 Paradoxe quand tu nous tient !

L’entĂȘtement Ă  nier une rĂ©alitĂ© qui crĂšve les yeux, Ă  fermer les yeux sur le caractĂšre intensĂ©ment aigu de la Question de l’unitĂ© nationale nous amĂšne Ă  nous interroger sur la volontĂ© du rĂ©gime du PrĂ©sident ould Abdel Aziz, de la classe politique et de l’élite arabo-berbĂšres – silencieuse pour l’essentiel-, Ă  construire rĂ©ellement un Etat juste, Ă©galitaire, dĂ©mocratique, qui accepte sa diversitĂ©, cultive l’équitĂ© et la solidaritĂ©. Cette Ă©lite ne semble, apparemment, pas encore prĂȘte Ă  dĂ©construire ce SystĂšme pernicieux qui nous gouverne.

Un volcan est sous nos pieds qui – si rien n’était fait – inĂ©vitablement va exploser. Quand Ă©clatera-t-il, c’est la question.

Alors prenons garde 


Samba Thiam président des FPC
Nouakchott, 24 janvier 2018

Notes : * c’est une absurditĂ© que de vouloir appliquer automatiquement ce quota de 20% de femmes avec la moitiĂ© d’une population qui sait Ă  peine lire ! En plus de ce que nous rapportait O Omer –qui pour une fois met le doigt dans la plaie –sur nos secrĂ©taires – Gent fĂ©minine !

CommuniquĂ© de presse: L’interdiction frappe les activitĂ©s Ă  l’intĂ©rieur des foyers

Vers la fin de la premiĂšre journĂ©e du congrĂšs de IRA – Mauritanie, les autoritĂ©s du dĂ©partement de Riyadh oĂč se trouve le domicile du prĂ©sident Biram Dah Abeid, convoquĂšrent ce dernier et lui signifiĂšrent que le ministre de l’intĂ©rieur a envoyĂ© des pelletons de forces de police, lourdement armĂ©s, et minus d’un ordre d’attaquer l’assemblĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de la maison et d’exercer un droit de poursuite dans les maisons environnantes. L’utilisation de la violence leur est autorisĂ©e contre les personnes rassemblĂ©es dans les maisons, notamment l’usage de gourdins et de matraques, mais aussi les bombes assourdissantes ou Ă  gaz lacrymogĂšne. Le prĂ©sident d’IRA – Mauritanie questionna le prĂ©fet: est ce que vous avez constatĂ© une occupation de la place publique , un tapage inappropriĂ©, ou une contravention quelconque? Le prĂ©fet rĂ©pondit non, mais ajoute que c’est une dĂ©cision Ă©manant d’en haut.
Tout de suite aprÚs, le président Biram Dah Abeid réunit le bureau exécutif, pour évaluer la situation et celui-ci constata ce qui suit:

1– depuis son retour au pays il y a quatre semaines, BDA a insufflĂ© un espoir nouveau Ă  tous les pĂŽles de l’opposition mauritanienne, en instiguant des rapprochements, des rencontres et Ă©changes, mais aussi en lançant une dynamique de concertation et d’unitĂ© qui vise l’Ă©closion, le raffermissement et la consacration d’un large front englobant classe politique et sociĂ©tĂ© civile, visant l’exigence pacifique et dĂ©mocratique, d’une alternance constitutionnelle et paisible en Mauritanie en 2019. Aussi, la prĂ©sence de Biram Dah Abeid sur le territoire national, revigore la dynamique des jeunes dans leur contestation pacifique de l’arbitraire Ă  travers marches et sit-in et en guise d’exemples, nous pouvons citer les deux marches des jeunes et femmes qu’IRA – Mauritanie a organisĂ© les 2 et 15 janvier 2018

2– Le pouvoir de Mohamed ould Abdelaziz, est dĂ©sarmĂ© face Ă  la nouvelle donne qui le met face Ă  une opposition dĂ©passant ses particularitĂ©s ethniques, sociale ou idĂ©ologique pour des objectifs prioritaires, une union autour des principes d’État de droit et de cohabitation, le respect des rĂšgles du jeu Ă©lectoral et des lois constitutionnelles dans le but d’Ă©lections libres et transparentes et d’alternance apaisĂ©e en 2018-2019.
Le rĂŽle Ă©minent de Biram Dah Abeid dans cette dynamique de changement national, ne sied pas Ă  ould Abdelaziz ce qui l’entraine dans une logique irresponsable de recherche d’une situation de crise capable de justifier sa soustraction Ă  la compĂ©tition dĂ©mocratique et aux respects des textes et dĂ©lais constitutionnels.

3– IRA – Mauritanie maintient son agenda de dĂ©nonciation par le droit, les gestes et la parole pacifique, de la politique dictatoriale, gabegiste, raciste et esclavagiste du rĂ©gime de ould Abdelaziz.

4– Refuse de cĂ©der Ă  la manƓuvre ignoble et exĂ©crable du rĂ©gime qui vise Ă  inonder un quartier dĂ©shĂ©ritĂ© par une armĂ©e d’occupation Ă  l’image de la police sous le rĂ©gime d’Aziz; des enfants, des personnes ĂągĂ©es, des malades qui vont le plus en souffrir et peut-ĂȘtre perdre leurs vies.

5– IRA organisera, comme par le passĂ©, ses marches et sit-in dans les places publiques et grands artĂšres du centre ville, et sans aucun prĂ©judice pour les personnes ou les biens publics ou privĂ©s.

6- IRA a dĂ©placĂ© le lieu de la sĂ©ance de validation des travaux et rĂ©solutions de son 3eme congrĂšs et transmettra Ă  l’opinion publique nationale et internationale ainsi qu’aux mĂ©dias les rĂ©solutions et les constitutions des nouvelles structures.

IRA remercie vivement les associations, partis politiques et mĂ©dias pour avoir participĂ© Ă  la sĂ©ance d’ouverture, remercie encore autant ceux des dirigeants de l’opposition politique et civile qui se sont dĂ©placĂ©s au domicile du prĂ©sident en guise de solidaritĂ© suite Ă  cette nouvelle violation de droit que constitue le suprĂȘme arbitraire de menacer de mettre tout un quartier dĂ©shĂ©ritĂ© Ă  feu et Ă  sang parce que des citoyens incorruptibles, militants d’une cause juste, sont tranquillement assis pour contribuer de maniĂšre pacifique, Ă  l’Ă©dification de la justice, de la paix et du bien-ĂȘtre de leur peuple.

Nouakchott le 28/01/2018 La commission de communication

VOUS AVEZ DIT INCRIMINATION DE LA DISCRIMINATION EN MAURITANIE?

L’AssemblĂ©e Nationale ou la chambre dÂŽenregistrement et dÂŽapplaudissement du SystĂšme de lÂŽAzizanie a adoptĂ©, au cours de sa derniĂšre sĂ©ance plĂ©niĂšre un projet de loi portant ”incrimination de la discrimination” en Mauritanie si lÂŽon en croit la dĂ©pĂȘche de la fameuse et fumeuse agence dÂŽinformation lÂŽAMI. Oui, vous avez bien entendu lutte contre la discrimination, la chose est assez sĂ©rieuse de grĂące ne souriez pas!
Ce qui est aberrant et hilarant Ă  la fois dans cette loi cÂŽest quÂŽelle est plutĂŽt dirigĂ©e contre ceux qui dĂ©noncent et combattent le racisme dÂŽEtat, la discrimination raciale et lÂŽesclavage en Mauritanie. DĂ©sormais toute organisation patriotique qui dĂ©noncerait le racisme sera considĂ©rĂ©e comme une organisation « identitaire et porteuse de haine ». Nos injustes juges, bras armĂ©s du SystĂšme nÂŽauront quÂŽĂ  faire recours Ă  l’article 36 du Code pĂ©nal qui permet de priver la personne condamnĂ©e de ses droits nationaux, civils , civiques et familiaux pour une pĂ©riode de cinq ans. Cela nous rappelle curieusement encore le procĂšs des rĂ©dacteurs du « Manifeste du nĂ©gro-mauritanien opprimĂ© » en septembre 1986 et les peines subies par nos camarades qui avaient commis le crime de dĂ©noncer la politique de discrimination raciale Ă©rigĂ©e en rĂ©gle de gestion du pays, des chiffres et statistiques Ă  lÂŽappui.

Si hier on pouvait encore parler de marginalisation ou dŽexclusion aujourdŽhui on assiste à une épuration totale de la composante négro-mauritanienne dans les instances du pouvoir et de décision au sein de lŽadministration, de lŽarmée, dans les médias, la diplomatie et le secteur économique. SŽil y a un criminel à combattre et à mettre au banc des accusés cŽest bien lŽEtat raciste et son gardien du temple en lŽoccurence le président putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz.
Toute cette armada juridique nÂŽa en fait quÂŽun seul but, interdire et incriminer les organisations de dĂ©fense des droits humains ou mouvements de libĂ©ration nationale comme les FPC, LÂŽIRA entre autres, qui empĂȘchent toujours de banaliser la discrimination raciale et lÂŽenterrement dĂ©finitif du dossier du gĂ©nocide des annĂ©es de braise.
Si cette loi Ă©tait vraiment rĂ©volutionnaire et devait ĂȘtre appliquĂ©e sĂ©rieusement elle devait frapper en premier le GĂ©nĂ©ral-prĂ©sident et toute son Ă©quipe pour pratique de politique de discrimination raciale et dÂŽApartheid qui ne dit pas son nom mais nous sommes en Mauritanie oĂč les rĂŽles sont toujours inversĂ©s. Les bourreaux sont promus en hĂ©ros et les victimes jugĂ©s en coupables.
Encore une fois ce nŽest pas par la répression, lŽintimidation, la politique de lŽautruche quŽon arrivera à évacuer la délicate question de la cohabitation et la politique de discrimination raciale devenue progressivement structurelle dans notre pays.
On ne le dira jamais assez, les FPC ou les mouvements dÂŽobeidience NĂ©gro-africaine ou Haratine nÂŽont ni crĂ©Ă©, ni inventĂ© l’esclavage et le racisme. CÂŽest bien lÂŽexistence effective de ces problĂšmes qui explique leur naissance et leur combat. Mais HĂ©las lÂŽesprit biscornu des soldeurs du crime et partisans du systĂšme ne digĂšre pas cette Ă©vidence. La lĂąchetĂ© est ici sans commune mesure.
Il est temps encore de comprendre que l’exclusion est en soi Ă©conomiquement mauvaise, socialement corrosive et politiquement explosive.
Comprenons qu’une  » nation dispersĂ©e, battue, humiliĂ©e peut (heureusement) toujours se rebeller contre son sort et revenir Ă  la vie ». Tentons dĂšs Ă  prĂ©sent de sortir de ce cul-de-sac qui, tout le monde le sait, ne mĂšne nulle part. Pour en sortir, il faut, Ă  notre avis une attitude courageuse, d’ouverture sincĂšre et de reconnaissance du problĂšme de fond Ă  savoir la politique assumĂ©e de discrimination raciale qui ressemble fort Ă  un apartheid sournois.
Un climat de dĂ©crispation sociale grĂące Ă  un train de mesures positives Ă  l’endroit de toutes les victimes de cette politique nocive. La sanction des crimes commis pour que justice prĂ©vale sur l’abitraire et l’impunitĂ©.. Je crois qu’il faut se parler, car ce formidable potentiel de rĂ©volte enfouie commence Ă  gronder. Il serait erronĂ© de croire que toutes ces annĂ©es de calme plat peuvent exclure toute Ă©ventualitĂ© de soulĂšvement populaire.
AprÚs avoir passablement plagié notre projet dŽautonomie des régions, nous invitons le pouvoir à sŽinspirer davantage des principes généraux de notre Charte qui stipule entre autres :
– La rĂ©publique est une et indivisible
– Elle reconnaĂźt et garantit les Autonomies locales
– Elle veille au principe de non-discrimination et au respect de la dignitĂ© humaine
– Elle consacre l’égale participation des CommunautĂ©s Ă  la gestion du pays
– La Mauritanie est un pays multiethnique et pluriculturel, oĂč la RĂ©publique garantit l’égalitĂ© de toutes les langues et cultures nationales .
– La Mauritanie est un pays composĂ© de deux communautĂ©s racio-culturelles, l’une composĂ©e de Noirs (Bamana, Fulbe, H’rĂątĂźn, Sooninko, Wolof), l’autre de Blancs (BĂźdhĂąn ou arabo-berbĂšres).
– Toutes les CommunautĂ©s ethniques (Bamana, BidhĂąn, Fulbe, H’ratin, Soninko, Wolof ) du pays auront intĂ©gralement les mĂȘmes droits. Chacune aura le droit de donner son avis sur toute dĂ©cision qui engagera son avenir.
Hier comme aujourdÂŽhui, conformĂ©ment Ă  notre CHARTE, nou nous engageons solennellement Ă  ne mĂ©nager aucun sacrifice pour la pleine rĂ©alisation d’une Mauritanie Ă©galitaire et dĂ©mocratique, dĂ©barrassĂ©e dĂ©finitivement de l’esclavage et du racisme, unie dans sa diversitĂ©, riche de toutes ses cultures Ă©panouies, assurant Ă  toutes ses citoyennes et Ă  tous ses citoyens les mĂȘmes droits.
Tous ensemble, nous aurons encore Ă  mener d’autres combats pour que l’égalitĂ©, la justice et la dĂ©mocratie s’enracinent profondĂ©ment dans notre pays.

La lutte continue!

Kaaw Touré

Porte-parole des Forces Progressistes du Changement (FPC)

L’ANTIESCLAVAGISME EN MAURITANIE: RAPPEL IMPORTANT!

Pour rappel, nous n’avons rien inventĂ© par notre engagement d’aujordhui. En citoyens avertis, nous suivons pacifiquement la VOI(E)X vers l’Ă©mergence d’une conscience CITOYENNE et PATRIOTE parmi nos masses trop longtemps trompĂ©es et inhibĂ©es par des forces rĂ©actionnaires et rĂ©trogrades.

Ci-aprĂšs l’avis de la Ligue des OulĂ©mas en RIM datant du 26 Mars 2015 Ă  Nouakchott.

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« La Ligue des OulĂ©mas en RĂ©publique Islamique de Mauritanie,

-A l’issue de la rĂ©union de son bureau exĂ©cutif tenue le jeudi 5 Joumada Al thani 1436 de l’hĂ©gire, correspondant au 26 mars 2015 et aprĂšs avoir Ă©tudiĂ© la situation actuelle du pays,

-AprÚs examen minutieux de la situation sociopolitique de a société mauritanienne,

– AprĂšs Ă©tude des questions de la charia qui engagent la sociĂ©tĂ©,

– AprĂšs examen de la fatwa Ă©dictĂ©e par les oulĂ©mas en 1981 et de la dĂ©cision de l’AutoritĂ© promulguant l’abolition de l’esclavage en Mauritanie,

La ligue annonce, Ă  l’intention de tous, qu’Ă  partir de la date de ce jour, l’esclavage en Mauritanie n’a plus aucun fondement lĂ©gal au regard de la charia.

Par consĂ©quent, toutes les pratiques Ă  caractĂšre esclavagistes sont considĂ©rĂ©es, Ă  partir de cette date, illĂ©gales du point de vue de la charia islamique. L’ensemble des parties concernĂ©es sont conviĂ©es Ă  oeuvrer Ă  l’Ă©radication des sĂ©quelles de ce phĂ©nomĂšne qui s’est perpĂ©tuĂ© Ă  travers l’histoire.

A cette occasion, la ligue lance un appel Ă  toutes les parties concernĂ©es afin de prendre en considĂ©ration cette dĂ©cision, et d’oeuvrer, par tous les moyens, Ă  l’Ă©radication des sĂ©quelles de ce phĂ©nomĂšne. Un tel effort est considĂ©rĂ© comme Ă©tant un devoir religieux que tous, chacun en ce qui le concerne, se doivent d’accomplir.

Qu’Allah guide nos pas  »

Lien AMI.MR http://mfr.ami.mr/Depeche-30812.html

3Ăšme CongrĂšs ordinaire d’IRA – Mauritanie, 27-28 janvier 2018 DĂ©nommĂ© : MĂšre Houleye Sall ; ThĂšme : « Pour une meilleure dĂ©centralisation du combat. Â»

Mesdames et messieurs les invitĂ©s, militantes et militants d’IRA – Mauritanie, honorable assistance !

Il y a six annĂ©es, dĂšs mars 2012, vous me confiez, au cours d’une assemblĂ©e pareille, de prĂ©sider et conduire notre organisation, en vertu du mandat que vous vous ĂȘtes tracĂ©. La feuille de route comportait, en premiĂšre ligne, une lutte sans atermoiement ni concession, par le droit et l’expression non-violente, contre toutes les violations des droits humains en Mauritanie ; les crimes et dĂ©lits d’esclavage et de racisme coiffaient la liste de vos prioritĂ©s ; sans avoir besoin de le prĂ©ciser, vous me chargiez de porter l’indignation et l’espĂ©rance du peuplement noir dans notre pays, et les dĂ©shĂ©ritĂ©s issus de la communautĂ© dominante, pour accĂ©lĂ©rer leur marche vers l’émancipation et l’accĂšs aux leviers du pouvoir dont des siĂšcles d’exploitation et de mĂ©pris le privaient.

Cette recommandation Ă©tait doublĂ©e d’une autre qui stipule la pratique de la subversion idĂ©ologique. DĂ©construire la matrice de lĂ©gitimation morale des inĂ©galitĂ©s de naissance requerrait, de nous, une attaque frontale et multiforme, contre la religiositĂ© oĂč se bricole le mensonge de l’esclavage comme expression d’une volontĂ© de Dieu. Nous avons menĂ© et rĂ©ussi l’offensive contre la version travestie du Figh des hommes, qui constitue, Ă  la fois la source et le foyer de reproduction des injustices, de race et de caste, notamment au sein de la sociĂ©tĂ© maure.

Ce faisant, grĂące Ă  l’audace que porte toute conviction juste, nous rĂ©ussissions, tous, Ă  enraciner dans le quotidien de nos compatriotes, l’image d’un mouvement de droits civiques et de dissidence intellectuelle ; sa visibilitĂ© et la prĂ©gnance de son action favorisent la dynamique globale vers la citoyennetĂ©, certes non sans accrocs et sacrifices.

Le troisiĂšme axe, troisiĂšme et guĂšre des moindres, comportait une patiente Ɠuvre de vulgarisation Ă  l’échelle du monde, par les voies de la diplomatie, de la communication de masse et aux travers de la prĂ©sence sur les forums internationaux ; hors du pays, nous diffusions, avec succĂšs, l’objection et la rĂ©futation Ă  la parole de l’Etat de Mauritanie qui associe occultation, dĂ©formation et mensonge, sur la rĂ©alitĂ© des pratiques de racisme et d’esclavage et leurs implications quotidienne dans la conduite des politiques publiques. Nous dĂ©montrions alors combien le gouvernement et ses relais du bloc ethno-tribal mentent, fraudent et contrefont la rĂ©alitĂ©, Ă  contresens des instruments du droit international qu’ils s’empressent de signer et/ou ratifier, pour mieux en retarder l’application. C’est sans doute sur cet aspect de divulgation que notre effort produit les rĂ©sultats les plus dĂ©cisifs. La reconnaissance et la crĂ©dibilitĂ© du mouvement s’appuie sur une sĂ©rie de distinctions dont le prix des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, en 2013.

Au cours du mandat qui expire, suivant votre orientation, nous avons popularisĂ© les sit-in, marches et grĂšves de la faim, afin d’accentuer la pression sur le centre de pouvoir et l’isoler dans la posture de la coercition. Nos rassemblements et marches pacifiques ont souvent contraint les autoritĂ©s judiciaires, de sĂ©curitĂ© et de l’administration territoriale, Ă  poursuivre les contrevenants aux lois et conventions qui pĂ©nalisent l’esclavage, le racisme et l’usage de la torture. Nos diffĂ©rentes sections sur l’Ă©tendue du territoire ont assistĂ© et libĂ©rĂ©, directement ou par ricochet, des mineurs et majeurs des deux sexes, la plupart des femmes, filles et fillettes. Indirectement, l’activisme de l’IRA participe de la dynamique nationale d’éveil aux droits humains et de prise de conscience politique parmi les cadets sociaux.

L’essor de la contre-culture, que l’esclave rebelle arbore dĂ©sormais sur son front fier, atteignait son point d’orgue, en avril 2012, dans l’acte salvateur d’incinĂ©ration assumĂ©e, du code nĂ©grier. Oui, cette ignominie Ă©crite, des gĂ©nĂ©rations de religieux, artisans ou complices de crime contre l’humanitĂ©, l’érigeaient (toujours) en dogme infaillible et se transmettent l’enseignement, comme une relique rĂ©vĂ©rĂ©e. L’insurrection par les mots et le geste a raffermi les rangs des abolitionnistes et stimulĂ© leur dĂ©sir de frapper la domination, au cƓur. Il nous appartient de conforter l’offensive, par une campagne d’enrĂŽlement massif Ă  l’état-civil, en tĂ©moignage de notre soustraction volontaire Ă  l’anonymat qui aliĂšne et maintient l’échine courbĂ©e.

De cette fortune retentissante, il nous arriva aussi de rĂ©colter le fruit d’amertume : en plus de la torture de nos militants et de leur emprisonnement rĂ©pĂ©titif, nous dĂ»mes subir de sporadiques dĂ©fections dans nos rangs, qu’un flot d’adhĂ©sion constant venait combler. Nous avons survĂ©cu Ă  un environnement trĂšs hostile oĂč la compĂ©tition et l’hostilitĂ© des segments conservateurs, croisaient, souvent, les ambitions et faiblesses de certains de nos membres. A maintes reprises, les renseignements gĂ©nĂ©raux nous enlevĂšrent certains de nos membres ou tirĂšrent profit de notre baisse de vigilance pour nous infiltrer et dresser contre nous, nombre de nos alliĂ©s objectifs. Aujourd’hui, nous apprenons de nos erreurs et tirons, de cet aveu autocritique, la force de nous rĂ©former et concentrer sur les objectifs principaux du combat, loin des diversions, de l’orgueil individuel et de l’improvisation. Certains des camarades qui nous ont quittĂ©s ou avec lequel le lien organique s’est distendu Ă  la suite d’un malentendu, restent des nĂŽtres, s’ils sont toujours sincĂšres et acquis aux principes de notre lutte. Je vous demande de renouer avec eux le fil de la discussion et de la collaboration sur le terrain, en prĂ©lude Ă  leur retour.

Nous rendons ici hommage Ă  toutes les militantes et militants, compagnons de route et sympathisants de l’ombre qui ont commencĂ© ce parcours Ă  nos cĂŽtĂ©s ou le rejoignent, Ă  ceux dĂ©cĂ©dĂ©s avant d’assister Ă  la consĂ©cration, ni mĂȘme voir se rĂ©aliser des victoires ponctuelles sur la sociĂ©tĂ© et l’Etat, je promets l’abnĂ©gation et la patience dans l’épreuve. Qu’il me soit permis, enfin, de rendre l’hommage de la solidaritĂ© internationaliste et de l’humanisme engagĂ©s, Ă  toutes les sections IRA en Afrique, Europe, AmĂ©rique du Nord et Asie, avec un accent de gratitude aux amis Ă©trangers sans qui nous ne serions aujourd’hui si audibles.

Demain, dĂšs la fin de ce congrĂšs que nous dĂ©dions Ă  une grande dame, MĂšre Houleye SALL compatriote exemplaire en son refus de l’impunitĂ©, se rappellent, Ă  nous, les objectifs en souffrance ; je citerai l’adhĂ©sion de notre pays aux Statuts de Rome crĂ©ant la Cour pĂ©nale internationale (Cpi), l’abolition de la peine de mort notamment pour les dĂ©lits et crimes d’expression et de conscience. Notre code pĂ©nal est saturĂ© de motifs Ă  torturer et tuer ; en ce sens, il encourage les pratiques sociales de l’hypocrisie, du faux et de la dissimulation.

Vive IRA – Mauritanie,
vive l’alternative non violente en Mauritanie.

Sur la foi de l’avenir d’égalitĂ© et d’équitĂ© auquel nous tendons passionnĂ©ment, sachons nous souvenir, toujours, qui nous sommes et d’oĂč nous venons !!

Biram Dah ABEID