L’abolitionnisme en milieu soninké: un bref explicatif à l’endroit de ceux qui s’interrogent encore!

Il a été dit et redit ou écrit et réécrit que l’esclavage d’antan pratiqué violemment dans le passé dans d’innombrables endroits (y compris chez les soninkés) n’existe plus aujourd’hui dans les milieux soninkés. Certes aujourd’hui nous constatons que certains esprits très limités en matière de valeurs humaines mises à jour, restent nostalgiques et regrettent apparemment cette époque de la chosification de L’HOMME par son semblable. Et en premier lieu, il faudrait circonscrire cette espèce d’humains qui, si l’esclavage d’antan arrivait à être une pratique aujourd’hui à l’échelle mondiale , seraient parmi les fragiles qui vont subir probablement cet ordre abject et indigne humainement.

Au fait que doit-on abolir aujourd’hui en milieux soninkés ayant trait explicite aux problématiques liées à l’esclavagisme?

L’appellation Komé ou komaxu correspond à une réalité bien connue dans l’imaginaire collectif soninké et reconnue par tout esprit sincère. Cette réalité est bien cet esclavagisme statutaire par lequel on assigne, discrimine, ostracise, stigmatise, inhibe, indexe, disqualifie et surtout taxe d’extraction sociale « impure ». Ainsi l’abolitionnisme en milieux soninkés, se veut un élan CITOYEN ET TRANSNATIONAL de prise de conscience inédite dans la société pour l’émergence d’un nouvel ordre digne HUMAINEMENT et arrimé sur les valeurs universelles d’égalité, d’équité et de justice. La mouvance abolitionniste soninké s’engage à déconstruire en priorité ce personnage incarné de ce que j’appelle « la personnalité esclave » qui s’entretient et entretenue pour combler et donner corps à un statut social très particulier . Ce dernier semblerait être une nécessité absolue pour la bonne marche du puzzle sociétal soninké selon les normes sacralisées par l’ordre dominant. Cet ordre dominant sur le plan régalien au niveau communautaire est structuré autour de la chefferie traditionnelle et le clergé maraboutique. Ainsi notre engagement abolitionniste veut dépasser ce cadre intracommunautaire du régalien en conscientisant la masse stigmatisée que nous vivons dans des États modernes républicains et démocratiques. Ces États, je dis bien ces ÉTATS, qui ne sont pas des royaumes ou des principautés, sont régis par des lois fondamentales pour leurs Citoyens sans distinction d’ordre individualiste ou communautariste. Et pour ceux qui s’interrogent sur le pourquoi de notre militantisme abolitionniste , nous leur adressons CE RAPPEL NÉCESSAIRE également. La CITOYENNETÉ ne se soumet pas à un ordre imaginaire et coutumier foncièrement inhibiteur pour assouvir un certain égo surdimensionné d’une minorité agissante et nostalgique qui a raté un épisode phare dans l’Histoire récente de l’Afrique politique d’hier et en total déphasage avec leurs contemporains d’aujourd’hui. Nous proposons une éducation civique qui dépasse les humeurs des uns et des autres qui d’ailleurs, semblent avoir beaucoup de gêne et d’hostilité envers L’ORDRE CITOYEN dans nos localités rurales.

 L’abolitionnisme qu’on assume FIÈREMENT est antinomique à la dictature communautariste qui instrumentalise POLITIQUEMENT et RELIGIEUSEMENT des citoyens paisibles mais trompés depuis trop longtemps.

 Notre projet de société ne vise aucunement des visées hégémoniques pour dominer par vengeance ou pour épouser des filles de certains concitoyens voisins pour qu’on ait une dite valeur sociale et nobiliaire. 

Nous voulons VIVRE en citoyens à égale DIGNITÉ et aux DROITS et DEVOIRS égaux  avec tous nos concitoyens issus de toutes les communautés nationales sur l’ensemble du territoire. Ainsi le régalien de l’ordre coutumier ne doit s’imposer sur nous en aucune manière. Par ailleurs nous nous soumettons volontiers à la légalité institutionnelle dans nos pays quel que soit l’échelle (COMMUNALE, DÉPARTEMENTALE, RÉGIONALE ET NATIONALE) . Et c’est là le véritable nœud de ce qui irrite intimement l’ordre féodal qui sévit dans nos communautés. On voudrait nous taxer par mauvaise foi des rebelles insurrectionnels. 

Rebelles ou insurgés par rapport à quoi et contre qui ?
Est-ce rebelle de demander que nous voulons que nos personnes âgées valent à ceux des autres pour  les privilèges honorifiques afférant au DROIT D’AÎNESSE dans la communauté de vie d’une société au 21ème siècle au sein d’un  État républicain et démocratique ?
Est-ce insurrectionnel de dénoncer un ordre maraboutique qui légitime religieusement l’esclavagisme statutaire intracommunautaire pour endormir et de s’arroger d’une manière étanche les affaires religieuses basant sur un pacte filial devenu caduc dans le  nouvel ordre étatique alors que des compétences avérées en la matière de certains sont reléguées par le système ?
Est-ce insurrectionnel de dénoncer les prétentions féodales sur la gestion du foncier dans nos localités rurales alors que nos états modernes avec des frontières internationalement reconnues nous assurent une législation juste et claire en la matière ?
Est-ce rebelle de proposer la possibilité pour 2 personnes consentantes, des liens matrimoniaux « sains et dignes » selon des critères libres et honorables dans des communautés dites musulmanes au lieu de tomber dans des travers stériles qui feraient honte à tout Homme sensé et logique dans notre époque ?
Est-ce rebelle d’éveiller des consciences acquises et soumises à un ordre féodal qui les entretient dans un fatalisme puéril et ridicule ?

Est-ce vraiment  REBELLE ET INSURRECTIONNEL, quand nous voulons VIVRE EN CITOYENS DIGNES et EN PATRIOTES RESPONSABLES dans nos pays ?
À vrai dire nous ne sommes ni rebelles ni insurgés , mais ce sont bien nos détracteurs obsédés et intéressés qui s’insurgent contre le cheminement d’un État de droit dans nos communautés . Ainsi depuis plusieurs mois, toutes les manœuvres mensongères et lâches sont ourdies par les milieux réactionnaires et féodaux pour nous salir auprès des différents relais de l’administration publique. Pourtant les objectifs  de notre activisme pacifique sont CLAIRS ET LIMPIDES. Nous les exprimons PARTOUT en toute honnêteté et avec un élan animé d’une FRATERNITÉ RÉELLE ET FRANCHE. 

Et par ALLAH AZZEWEJJEL, tôt ou tard le vent du mensonge et des intrigues complotistes feront demi-tour contre leurs auteurs comme un boomerang inévitablement. 
INSHALLAH 
C’est ainsi mon modeste et bref aperçu du fond discursif de l’abolitionnisme en milieux soninkés pour ceux qui veulent ENTENDRE mais SURTOUT COMPRENDRE l’idéal proposé par GANBANAAXU*.

*Mouvement citoyen et transnational pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communautés soninkées.

K.S

 

Décret de la Présidence de la République instituant l’unité monétaire nationale


AMI – La Présidence de la République a rendu publique aujourd’hui le décret ci-après portant modification de la loi n° 73.135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale.
« Le Président de la République :
• Vu la constitution du 20 juillet 1991 révisée en 2006, 2012 et en 2017 ;
• Vu la loi n°73-118 du 30 mai 1973 portant création de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu la loi d’habilitation n°2017 – 036 du 27 décembre 2017autorisant le gouvernement en application de l’article 60 de la constitution à prendre par ordonnance toutes les mesures nécessaires à la modification de la base de l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 en date du 18 juin 1973 instituant l’unité monétaire nationale ;
• Vu l’ordonnance n° 2007-004 du 12 janvier 2007 portant Statut de la Banque Centrale de Mauritanie ;
• Vu le décret n° 183/2014 du 20 août 2014 portant nomination du Premier Ministre ;
• Vu le décret n° 009/2016 du 06 février 2016 portant nomination de certains membres du gouvernement ;
• Vu le décret n° 029/2016 du 02 mars 2016 fixant les attributions du ministre de l’Economie et des Finances et l’Organisation de l’Administration Centrale de son Département ;
• Vu les Délibérations du Conseil Général de la Banque Centrale de Mauritanie en date du 30 novembre et du 12 décembre 2017.
Décrète :
Article premier :En application des dispositions de l’Ordonnance n° 2017 – 001 du 27 décembre 2017portant modification de la loi n° 73-135 du 18 juin 1973, instituant l’unité monétaire nationale, il est procédé à la création de billets de banque et de pièces de monnaie suivants :
 Billet de 1.000 Ouguiya ;
 Billet de 500 Ouguiya ;
 Billet de 200 Ouguiya ;
 Billet de 100 Ouguiya ;
 Billet de 50 Ouguiya ;
 Pièce de 20 Ouguiya ;
 Pièce de 10 Ouguiya ;
 Pièce de 5 Ouguiya ;
 Pièce de 1 Ouguiya ;
 Pièce de (1/5) d’Ouguiya.
Article 2 :Les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie présentent les caractéristiques techniques ci-dessous :
• Caractéristiques techniques des billets de banque « en polymère » :
– Billet de 1000 Ouguiya :Longueur : 150 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 500 Ouguiya : Longueur : 145 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 200 Ouguiya : Longueur : 140 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 100 Ouguiya : Longueur : 135 mm/Largeur : 66 mm
– Billet de 50 Ouguiya : Longueur : 130 mm/Largeur : 66 mm
• Caractéristiques techniques des pièces de monnaie:
– Pièce de 20 Ouguiya : Diamètre : 26 mm/Poids : 7,63/Forme/ Tranche : Ronde / Lisse
– Pièce de 10 Ouguiya : Diamètre : 24 mm/Poids : 5,38/Forme/ Tranche : 10 pans / Cannelé fin
– Pièce de 5 Ouguiya : Diamètre : 22,5 mm/Poids : 4,71/Forme/ Tranche : 7 pans / Lisse
– Pièce de 1 Ouguiya : Diamètre : 19,9 mm/Poids : 4/Forme/ Tranche : Ronde /Cannelé
– Pièce de 1/5 Ouguiya : Diamètre : 16 mm/Poids : 2,1/Forme/ Tranche : Ronde /Lisse
Article 3 :Les billets de banque et pièces de monnaie créés, à l’article 1 ci-dessus, ont cours légal sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie à partir du 1erjanvier 2018.
Par dérogation à l’alinéa ci-dessus, les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à circuler concurremment avec les nouveaux billets de banque et de pièces de monnaie, conformément au calendrier fixé par la Banque Centrale de Mauritanie et au plus tard jusqu’au 30 juin 2018.
Article 4 :Au cours de la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018, le sigle « A-UM » sera utilisé pour désigner l’Ouguiya ancienne et le sigle de « N-UM » désignera l’Ouguiya nouvelle.
Au terme de la période de transition, « UM » restera l’unique sigle utilisé.
Article 5 :À partir du 1erjanvier 2018, les prix doivent être exprimés en Ouguiya nouvelle et convertis en Ouguiya ancienne jusqu’au 31 décembre 2020.
Article 6 :Les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés et retirés de la circulation suivant les dates et modalités fixées dans le présent décret et précisées par la Banque Centrale de Mauritanie.
Article 7 :À partir du 1erjanvier 2018 jusqu’au 30 juin 2018, les anciens billets de banque et pièces de monnaie seront échangés, sur la base de 1 Ouguiya nouvelleégale à 10 Ouguiya ancienne, auprès :
 de la Banque Centrale de Mauritanie ;
 du Trésor Public ;
 des banques ;
 de la MAURIPOST ;
 enfin de tout autre guichet crée ou autorisé par la Banque Centrale de Mauritanie.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie continueront à être échangés auprès de la Banque Centrale de Mauritanie jusqu’au 31 décembre 2018.
Les anciens billets de banque et pièces de monnaie qui n’auront pas été présentés au plus tard le 31 décembre 2018sont considérés comme adirés. La Banque Centrale de Mauritanie est dégagée de ses obligations à l’égard des porteurs de ces billets de banque et pièces de monnaie.
Article 8 :La Banque Centrale de Mauritanie, pour les besoins de l’application du présent décret, peut prendre toutes dispositions nécessaires, donner des directives et recourir à l’assistance des services de l’État partout où ils se trouvent sur l’ensemble du territoire national.
Article 9 :Le Ministre en charge des Finances et le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie.
Fait à Nouakchott, le 27 décembre 2017
Mohamed OULD ABDEL AZIZ
Le Premier Ministre
Yahya OULD HADEMINE
Le Ministre de l’Economie et des Finances
El Moctar OULD DJAY »

Crédit source: AMI via Page Mauritanie