​JE SUIS INDIGNÉ !

Je fais aussi partie des milliers de fans de Demba Tandia. J’écoute sa musique et je connais l’homme. J’essaie, du mieux que je peux, de jouer à la guitare, ses morceaux « Djiké, « Maimouna », « Soyidouda » et j’en passe. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, je m’intéresse à lui nommément en donnant mon avis sur sa rencontre avec le Président Aziz. En soi, il n’est pas mauvais de rencontrer un chef d’état. Mais celui là est un homme très controversé. Le comportement de l’artiste est de toute nature à provoquer mon indignation. Je ne pense pas que Demba ignore ce que les Négros Mauritaniens endurent. Il dit avoir rencontré un homme à l’écoute et un travailleur !  C’est le constat qu’il a fait. Moi, je reste lucide pour voir la réalité en face. Aziz n’est pas un homme ouvert au dialogue. Il profite des occasions pour  faire semblant qu’il est un homme bon. Mais en réalité, il est à la recherche perpétuelle d’opportunités pour placer une carte de jeu dans le but de créer une discorde quelconque planifiée. Il n’est pas l’homme de l’unité nationale. A en croire les vidéos publiées récemment  sur le net sur la journée du 29 septembre 2016 au palais des congrès à Nouakchott, journée d’ailleurs dédiée à cette cause, nous voyons clairement que  l’homme ne fait que jubiler de notre ignorance. Il veut le dialogue mais il n’aime pas qu’on soulève les questions liées à l’injustice, au racisme et à l’esclavage dont sont victimes les noirs. Il ne veut pas qu’on parle des crimes et des exactions commises, de quelque nature qu’elles soient,  par ce système à la tête duquel il se trouve aujourd’hui,  qui restent impunis à ce jour. Il est gêné dans sa peau quand, c’est lui  qui est représenté comme l’homme indexé assis au banc des accusés et il le manifeste distinctivement, à sa façon, loin de celle d’un président normal. Il traite les questions que nous lui soumettons au cas par cas, selon d’où nous venons, selon qui nous sommes, selon qui nous a recommandé et selon la nature de l’intérêt pour lequel nous pourrions servir à l’avenir pour lui, politiquement parlant. Il va régler un problème quand il nous reçoit dans son palais. Cela ne lui coûtera pas un centime car il a la main sur  les caisses de l’état. Les questions d’intérêt général, il n’en a cure ! 
Demba Tandia est une Star.  Sa voix compte. Et c’est pourquoi il pourrait susciter un intérêt particulier auprès d’un homme comme Aziz. 
Je me souviens encore, plus jeune, je m’enorgueillissais quand « ceux-là même » me chantonnaient souvent à l’oreille, ce même refrain « Weukhiyert Vikoum N’touma Sarakhoulaw, mah ‘andi kou mouchkile ». Aujourd’hui, j’ai compris. Je n’avalerai plus cette saloperie. Mais la même carte pour diviser reste d’actualité, ne l’oublions pas.  La nouvelle ambassadrice de Mauritanie en France, Mme Aichetou Mint M’Hayham, ayant reçu un groupe de représentants soninkés à son arrivée, avait laissé entendre la même chose. Je parle en connaissance de cause ! 
Il y’a encore des gens qui s’obstinent à croire à l’impossible auprès de Aziz ; Par amour ? Par opportunisme ? Par naïveté ? Faisons ensemble  le point sur la situation ou du moins, un petit résumé : 
Combien il y ‘a-t-il encore de négros « Mauritaniens » qui cherchent à redevenir citoyens mauritaniens en Mauritanie même, c’est-à-dire, dans leur propre pays? Combien en sont-ils en occident à se battre pour éviter l’apatridie? Combien de Mauritaniens, croupissant en ce moment même dans les centaines de foyers de travailleurs émigrés en France (et seulement en France)   ont perdu leurs titres de séjour à cause du recensement discriminatoire ? Pendant qu’on y est, Aziz, le président des pauvres, s’il n’a pu rien faire pour honorer ses engagements quant à éradiquer la pauvreté, qu’il nous laisse en paix nourrir dans la « dignité » nos millions de bouches laissées au pays. Par la grâce d’Allah, nous avons fait de nos régions ce qu’elles sont aujourd’hui. Aziz n’aurait pas fait mieux et je n’attends rien de l’homme qu’il est.  En restreignant l’accès au recensement, il nous prive en même temps de subvenir aux besoins de nos familles car nous perdons nos emplois. Nos enfants innocents deviennent  ainsi les toutes  premières victimes d’un système qui les prive de passer leurs concours parce que leurs pères ne sont pas recensés. Et celui qui pense que Aziz est le bâtisseur de la Mauritanie rêvée de tous, qu’en dit-il de cette situation ?  Combien de Mauritaniens en Occident préfèrent aujourd’hui passer par le Sénégal ou par le Mali, comme des voleurs ou des « Wanted »  pour contourner le système afin d’éviter les contrôles?  Combien d’autres ne sont pas dans les tarifs du montant le plus élevé des visas au monde imposé aux citoyens binationaux en France ? 

Combien de centres de recensement Aziz a-t-il crée pour tous les Mauritaniens d’Europe? Un seul, celui de France et quels sont les voies et moyens pour y effectuer ce recensement ?  il relève d’un parcours du combattant pour y accéder. Et comment ? Il faut appeler pour prendre rendez-vous. Et sur quelle ligne ? Un numéro de portable, j’ai dit bien de portable, a été crée à deux reprises à cet effet. Notre « chancellerie » ne possède pas de standard téléphonique. Vous êtes impatient de savoir si ce numéro fonctionne tous les jours et correctement ; non. Il ne marche que jeudi et vendredi. Ne vous rassurez pas si vite car ce n’est pas tout. Nous y avons beau appeler (pour des cas connus, à plusieurs reprises aux environs de 10h, et c’est une heure raisonnable), les chances sont très minces pour avoir une place. Des fois, nous tombons sur un répondeur plein. Dans le cas contraire, nous pouvons y laisser un message aussi long que le train (de Choum) du chemin de fer de Mauritanie et comme bon nous semble,  il sera sans suite. Peu importe d’où nous venons et si nous sommes accompagné de toute notre famille, si nous-nous rendons à l’ambassade de Mauritanie à Paris, on nous dira toujours de prendre ce fameux RV par téléphone. Si vous ne savez pas, voici pourquoi les citoyens négros mauritaniens sont égarés et pourquoi une telle anarchie règne au sein de notre ambassade.     
Et la question de la double nationalité et de l’esclavage et des spoliations des terres ?  Et des exactions commises à l’encontre des pauvres citoyens qui se battent pour nous libérer du joug de la domination ? Et des 13 militants (innocents des charges qui pèsent sur eux)  d’IRA envoyés dans les fins fonds du désert, à la prison de Bir Moghrein, la région la plus oubliée de la RIM ?  S’agissant d’égalité, je crois que là encore, il y’a un problème dans la tête des mêmes personnes qui continuent de croire en Aziz. Refaisons le point : combien il y a t-il de noirs parmi la classe dirigeante au niveau des hautes instances de l’état et du secteur privé, gouverneurs, préfets, ministres, généraux, procureurs, commissaires, Directeurs,  banquiers etc…. ? Pour ceux qui s’entêtent à voir en Aziz le sauveur de la Mauritanie multiethnique, qu’ils partent visiter l’école supérieure polytechnique de Nouakchott, cette institution élitiste à la disposition des forces armées,  ils verront bien  la nature pernicieuse du projet que Aziz veut réaliser pour la nouvelle Mauritanie, ils constateront de leurs propres yeux qu’il ne suffit pas simplement d’être un digne fils du pays et même doué et passionné pour les domaines concernés pour y être accepté.    
Demba tandia compte beaucoup pour tous et tout particulièrement pour Soninkara mais  son geste montre qu’il n’a pas considéré tous ces paramètres avant de demander à rencontrer Aziz ou d’accepter son invitation, peu importe, et de se laisser aller aux prises de photos avec l’homme qui nous prive de notre dignité. D’aucuns me diront que Demba n’est  pas la priorité de l’instant. Ça l’est pourtant parmi tant d’autres. La raison est toute simple : il est jeune et c’est un artiste. Il est écouté et suivi. Je préfère voir Demba dans une autre posture mais pas dans celle là.

TU MÉRITES MIEUX, TANDIA. 



Tu fais partie des fils aimés du pays et de toute l’Afrique aujourd’hui. Et dans cet élan, tu ne dois pas accepter de serrer une main entachée de sang pour solliciter quoi que ce soit. Il n’y a rien de plus grand que ta foi. Mon cher frère Demba Tandia,  on perd plus qu’on ne gagne avec un homme pour lequel nous ne sommes qu’une option.

La Dignité d’abord!


Diabé  Ndiaye dit  Thomas Mag


Crédit source : Post FB  Thomas Mag

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