​31-10-2016 21:00 – L’UAGD adresse au Wali de Guidimakha , une lettre sur la situation dramatique de l’enrôlement à vocation biométrique


Essirage – L’Union des Associations de Guidimakha pour Le Développement (UAGD) a adressé au Wali de Guidimakha, en courrier une lettre critique qui retrace la situation dramatique de l’enrôlement à vocation civile des populations de cette wilaya. 

Le document évoque le problème des populations locales, qui n’arrivent pas à se recenser ainsi que celui des émigrés, dont la plus part parmi eux ont perdu leurs emplois à cause des papiers d’états civils et du nouveau passeport biométriques initiés par les autorités mauritaniennes.

Selon certaines sources, les populations de Guidimakha soutiennent cette initiative entreprise par l’UAGD et qu’une délégation, constituée par ces dernières avait sollicité une audience pour rencontrer le président de la république, pour lui parler de leurs préoccupations et plus particulièrement l’état civil mais en vain, ça fait un mois que dure l’attente.»

Il faut souligner que la délégation compte 10 personnalités issues des 3 couches que composent la wilaya du Guidimakha et réparties comme suit : 2 peulhs, 2 maures et 2 Soninkés. En plus du médiateur de l’initiative, la délégation comprend également le Président de l’union des associations, représentant de la société civile ainsi que le Président des ressortissants mauritaniens de France. 

Pour plus d’information lire la lettre transcrit ci-jointe :

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Union des associations de Guidimakha 



Pour le développement (UAGD)

Récépissé n°0225

Le président 

A monsieur le wali du Guidimakha 

Monsieur le Wali,

Je viens très respectivement, porter à votre connaissance, que les doyens de beaucoup de villages me demandent d’organiser une assemblée générale de notre organisation afin de désigner un groupe de sages, qui ira à Nouakchott solliciter une audience du Président de la République, pour lui soumettre, en tant que société civil, les problèmes rencontrés au niveau de l’agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés.

J’ai précisé aux envoyés qu’il faut d’abord passer par le Wali du Guidimakha et lui soumettre tous les problèmes et demander son aval pour solliciter l’audience du Président.

C’est dans ce contexte que je vous adresse la présente lettre qui souligne l’ensemble des doléances :

Le problème des Passeports est un point très important qui inquiète particulièrement nos ressortissants à l’étranger, beaucoup d’émigrés ont perdu leur emploi, faute de passeport pour retourner à leur travail car les conditions de délivrance ont changé.

Or Monsieur le Wali, il n’est pas à démontrer l’importance de l’émigration chez nous et son impact au niveau des familles. Le second point est l’enrôlement ou le recensement dans la région. Il est créé un centre au niveau de chaque commune. Rares les centres qui fonctionnement aujourd’hui. 

Si les machines ne sont pas en panne, c’est le manque de gasoil ou l’absence de réseau, situation favorisant l’absentéisme des chefs de centres, qui parfois, ne daignent même pas informer les citoyens. S’ils le font, c’est avec arrogance. Le cas de Khabou est un exemple éclatant. 

L’homme est venu en vacances donc le temps est très limité, le chef de centre déclare que le gasoil est terminé. Très poliment, l’homme dit qu’il peut trouver du gasoil pour ne pas être en retard. Le chef de centre refuse catégoriquement et dit qu’il n’utilisera que le carburant envoyé par Nouakchott sans se préoccuper des soucis des citoyens.

Bientôt c’est la rentrée des écoles, les enfants n’ont pas la carte d’identité exigée, que faire ?

Changement des noms : le recensement est en majorité fait par les arabisants qui écrivent les noms et prénoms à leur façon : pour Assa, ils écrivent Aiché, pour Laliya = El aliya pour Bilaly Bilal les exemples sont nombreux, beaucoup de veuves des retraités de France ont perdu leur pension de réversion à cause de ce phénomène de noms tronqués.

Quelques fois dans la même famille, le nom est écrit différemment : exemple Sokhona, Sokina, Soukhna etc…

Les émigrés ou les veuves de ces derniers ont déjà les dossiers au niveau des institutions françaises donc contenant des pièces d’état civil, avec ce nouveau recensement, il est précisé sur l’acte de naissance le jour, le mois et l’année, alors qu’auparavant seule l’année est indiquée : exemple né en 1940, on écrit né le 31/12/1940 ou le 28 Aout 1940 ou le 03/02/1940 etc…

Ces dates sont choisies au hasard, quelque fois c’est le jour de la date du recensement qui est marqué. Avec ces nouveaux actes de naissance et nouvelles cartes d’identité, les institutions françaises exigent un jugement modifiant les pièces d’état civil, or ce n’est pas la justice qui a fait la modification, elle ne peut donc rectifier une pièce qu’elle n’a pas établie.

Tant que ces incohérences existent au niveau des dossiers, les bénéficiaires ne jouiront pas de leurs avantages.

Au nom de quelle loi agit-on ainsi sans demander au préalable l’avis des intéressés.

Il est à souligner aussi que certains enfants ont le même âge que leur père ou leur mère ou ont comme père ou mère leur grand père ou grande mère. Le père est remplacé par le grand père et la mère par la grand-mère. 

L’agence du Registre des Populations et des Titres Sécurisés responsable de toutes ces anomalies doit procéder à la rectification de ces pièces d’état-civil afin que les intéressés puissent bénéficier de leurs droits.

Un dernier point non moins important, c’est celui de l’état civil au niveau de la justice, le Magistrat chargé de ce dernier n’est autre que le Président du Tribunal qui est aussi le Cadi du département de Sélibaby. Ce dernier a plusieurs fonctions à remplir. Il est donc trop chargé pour satisfaire les citoyens qui cherchent leurs pièces d’état civil.

Le département de Sélibaby étant le plus peuplé de la Mauritanie, pour cela on a toujours sollicité un Magistrat chargé spécifiquement de l’état civil, mais en vain.

Tels sont Monsieur le Wali, les problèmes saillants évoqués par nos sociétaires et particulièrement celui des Passeports qui a fait perdre beaucoup des emplois de nos émigrés.

Le Souhait le plus ardent est de soumettre ces problèmes épineux au Président de la République afin que des solutions soient trouvées. Amin ! 

Fait à Sélibaby, le 10/09/2016

Crédit source : http://www.cridem.org

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IRA-Mauritanie installe une section au Pays-Bas

​INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

IRA – Mauritanie:
Note d’information
 IRA-Mauritanie installe une section au Pays-Bas

Assemblée générale de constitution de IRA-Pays-Bas.
Le samedi 29 novembre 2016 à Eindhoven au Pays-Bas, s’est tenu l’assemblée générale constitutive de IRA-PAYS-BAS. Les militants venus de toutes les villes du Royaume du Pays-Bas, ont décidé á l’unanimité la création d’une section IRA dans ce pays pour contribuer en première ligne à la lutte contre le système obscurantiste, d’oppression des personnes d’ascendance africaine, d’esclavage et de stigmatisation des Hratin, de non-droit et de corruption généralisées en Mauritanie.

Les démarches pour cette initiative ont débuté au mois de Juillet dernier quand les membres de la communauté mauritanienne avaient pris contact avec la coordination européenne du mouvement pour demander la création de cette section. Le rendez-vous leur a été donné pour la tournée du président Biram Dah Abeid qui était attendu en Europe.

L’assemblée qui a eu lieu sous la supervision du président de IRA-Mauritanie, Biram Dah ABEID, a élu le bureau provisoire suivant:
Le président : Harouna Sala SY

Vice-présidente et trésorière : Leida FLORIJN

Secrétaire General: Bocar KONTE

Secrétaire Générale Adjoint : Fode Bakary DOUKOURE

Commissaire au compte: Fama KANE

Chargé de l’organisation et de la communication : Mamadou KELLY

Chargé de l’organisation et de la communication adjoint: Abdoulaye BA.

La Commission de communication

Nouakchott, le 30 Octobre 2016

​Les vannes féodales ouvertes publiquement sur Mr Diokhoba Coulibaly ne tarissent pas.

Ces derniers temps, nous avons écrit un mot à la suite d’une émission spéciale très particulière animée par une webradio communautaire  (Radio Diaguily) . L’émission faisait suite à des propos acerbes tenus par notre compatriote expatrié en Angola, Mr Diokhoba Coulibaly.  Pour rappel, il avait tenu ses propos dans un cadre originellement privé (groupe virtuel Whatsapp dénommé GANBANAAXU FEDDE), et il ne s’était pas adressé aucunement par voie de correspondance aux tenants de cette Web radio qui croit dénicher l’affaire du siècle au sein de l’étroite communauté soninké. Ainsi comme dans notre précédent écrit, nous continuons de s’interroger comment une émission toute entière a été axée et préparée sur la base des propos d’un individu obtenus par un circuit malsain et partial ouvertement . Après quelques jours, comme notre monde 2.0 n’est plus petit mais microscopique, nous avons eu accès à certains propos-audios ayant la teneur d’un spot publicitaire annonçant le dépeçage qui a eu lieu le vendredi 21 Octobre 2016 en soirée sur les ondes de cette radio qui semble avoir une dent particulière contre Mr Coulibaly et suspectement par ricochet contre la déterminante et ouverte mouvance anti-féodale et anti-esclavagiste notamment dans le monde soninké très réactionnaire . La diffusion en direct des propos-audios de Mr Coulibaly, a un dessein trop étrange s’apparentant à un Grand Péché et pire encore avec la préparation souterraine qui l’a précédée aujourd’hui dévoilée. L’idéal et la sagesse aurait été d’inviter Mr Coulibaly et de l’interroger sur ses dires destinés à une sphère privée avec une audience limitée, surtout arrivés à la radio étrangement. Rien  de tout ça, on a préféré créer l’excitation en portant ses dires à la connaissance de leurs 600000 auditeurs annoncés dit-on d’après leur source. 
Et une semaine après cette émission de bas étage, l’effet escompté d’une fixation orientée pour salir fatalement la mouvance anti-féodale, n’a pas eu lieu par la Grâce d’Allah. Notre activisme est largement sain et sincère, et nous sommes perfectibles heureusement d’ailleurs . Soumis comme tout être humain au relativisme et à l’imperfection, nous articulons notre lutte autour des FAITS et rien que des FAITS qui sont TÊTUS, et les petits arrangements amicaux et alliés ourdis par CERTAINS DÉTRACTEURS DÉTERMINÉS sont voués à un échec évident. 
Sur l’autre volet, celui du monde invisible via le mobile connect, Mr Coulibaly a recensé près de 4300 numéros contactants issus de différents pays  (France, Mauritanie, Angola et ailleurs). L’écrasante majorité des audios qu’il a reçus, viennent de la meute féodale et esclavagiste qui parasite le Vivre-Soninké dont le noyau maléfique représente les LADANI (convenances coutumières et sociétales) . On ne s’est pas suffi du dévoilement méthodique et complice de sa vie privée sur les ondes de la Radio, car le tourbillon haineux et insultant se poursuit toujours par le téléphone. Nous constatons dans ces audios, la présence remarquée de la gent féminine qui vomit son venin féodal avec une certaine condescendance ahurissante. Les numéros sont obtenus, certains auteurs sont identifiés et les propos seront transcrits et utilisés le moment opportun InshAllah. L’élément marquant qui apparaît souvent dans les propos, est de pointer une supposée ingratitude de Mr Coulibaly. Ainsi  la morale religieuse et le souci humaniste n’ont aucune valeur dans certaines dites SOLIDARITÉS pompeusement alléguées à un certain régime social soninké. Ce grattage de caniveaux entamé sur la radio le vendredi dernier, passe à une vitesse maximale avec laquelle l’apologie de l’esclavage tient une place maîtresse. Certains contacts indexent le passé supposé miséreux de la lignée de Mr Coulibaly, tout en oubliant qu’ils sont pour certains à plus 6000 km de leurs contrées féodales arides à la quête d’une promotion matérialiste. Certains bouffeurs parmi les bouffeurs d’allocations sociales et les bénéficiaires de facilités professionnelles en occident particulièrement dans la douce « Franci » sont les plus hautains à l’endroit de leurs compatriotes appartenant au même tissu social d’origine pour nos hôtes. 
Pour conclure, que ceux qui sont excités poursuivent leurs harcèlements téléphoniques apologistes de la féodalité et de l’esclavage avec zèle et condescendance, et d’autres choses se font également en parallèle. Nous étions méfiants dans le passé mais avertis aujourd’hui , et nous espérons que tous ceux qui militent sincèrement pour l’émergence d’un HOMME NOUVEAU SONINKÉ, le soient également dans ce monde d’engagement où le PARAÎTRE est UNE STRATÉGIE sophistiquée pour nombre d’entre nous Z’AUTRES. 
Seule la vérité est révolutionnaire.

K.S

​LES DÉFIS DE LA NOUVELLE ÈRE PAR CISSÉ DIALLO

Au moment où la communauté « soninké » engage un débat et cherche à trouver les mécanismes idoines pour asseoir les nouvelles bases de son organisation, il s’avère nécessaire et impératif que certaines branches du modèle ancien d’organisation soient élaguées pour assurer la santé générale de notre système d’organisation. A l’aube donc de ce débat crucial pour la communauté, diverses questions sont soulevées par ceux que nous désignons comme étant les tenants d’un conservatisme à caractère primaire, des interrogations sommes toutes légitimes qui nécessitent qu’on s’y penche sérieusement.

Visiblement ceux-ci(les tenants du conservatisme dogmatique) sont, et c’est le moins qu’on puisse dire, inconscients de la gravité du retard qu’ils accumulent par rapport aux communautés qu’ils côtoient quotidiennement. Cette attitude est révélatrice de deux choses, soit ils optent pour ne plus exister à long terme dans un monde évoluant à pas de géant et au moment où, il serait judicieux pour toute communauté d’assurer sa présence pour ne pas dire sa survie dans ces mouvements mondialisés de mutation, soit ils font à juste titre et de manière encore inconsciente le choix suicidaire d’être vouée à une disparition certaine dans un futur proche et plus personne ne fera plus mention de cette communauté pourtant historique, héritière, rappelons le, de la fameuse empire du Ghana.

Il est évident que les structures claniques qui constituaient le soubassement de l’organisation socio-politique soninké étaient la résultante des rapports des forces de l’époque. Elles étaient bon gré mal gré le fruit d’un certain consensus général et par ce fait permettait une certaine harmonie et cohésion sociale même relatives. Dans cette organisation voulue et conçue par les anciens qui ont bien sûr tenu compte de leur époque et de leur réalité, le clan de la noblesse détenait le pouvoir suprême, l’exécutif, le pouvoir de décider pour la communauté épaulée en cela par la branche dite des marabouts qui était son partenaire privilégié et qui détenait elle, si l’on peut se permettre un rapprochement avec notre réalité contemporaine en terme de sémantique, les pouvoirs législatif et judiciaire par le fait que cette branche a eu l’avantage à travers l’histoire de bénéficier d’une instruction religieuse et à ce titre, décrétait les règles du vivre ensemble de la collectivité selon les besoins et sous le contrôle bien entendu du clan de la noblesse, l’exécutif désigné, règles qui parfois empiétaient et allaient à l’encontre d’une justice sociale élémentaire pourvu que les intérêts des deux branches qui ont l’avantage des rapports de force soient préservés et maintenus en l’état. Ces deux branches de l’organisation « soninké »qui contrôlent et détiennent le monopole du pouvoir sont immédiatement alliées au clan des médiateurs « les mangous ». Cette branche a pour principale vocation de pacifier les relations entre les différents clans et tribus pour que la communauté puisse vivre dans l’apaisement général.

Puis nous avons le clan des‘’Niakhamala’’, une branche composée essentiellement de professionnels et des gens de métiers entre autres les forgerons, bucherons, cordonniers, Griots qui sont souvent d’origine étrangère et vivent de leurs métiers tout en jouant un rôle important dans l’organisation des cérémonies et accessoirement le rôle d’entremetteurs-facilitateurs sociaux aux côtés de la branche « des mangous ». A ce titre, ils jouissent des petits privilèges de la part de la noblesse et du clan dit des marabouts à diverses occasions. Littéralement « Niakhamala » signifie d’ailleurs : « célèbre moi, je prendrais soin de toi ».

En dernier lieu et au bas de l’échelle de la stratification arrive le clan ou la branche dit des esclaves, qui étaient il faut le reconnaitre à l’époque ancienne, des travailleurs sans salaire n’ayant aucun droit d’expression quel qu’il soit. Le lot quotidien de l’esclave dans la société soninké comme dans toutes les sociétés humaines d’ailleurs est d’obéir au maître sans conditions et d’autant plus qu’en milieu soninké traditionnel, son accès à l’agrément de Dieu est subordonné à sa soumission totale au dictat, aux désirs et à la volonté du maître sous les pieds duquel se trouverait sa demeure au paradis lui a-t-on inculqué! Il s’agit là d’une astuce qui permettait à l’esclave d’accepter sa condition soit disant voulue par Dieu, une manière de soumettre davantage celui-ci aux jougs inhumains de la noblesse en l’aliénant psychologiquement.Ce mode de fonctionnement de la société soninké a connu son heure de gloire, bien sûr au détriment, sur tous les volets de la vie sociale, de la branche ou du clan dit des esclaves, une classe laborieuse muselée et à qui était attribuées les tâches ingrates. Aussi, la classe des « niakhamala », malgré ses petits privilèges, qui en réalité ne l’avantagent qu’en apparence, n’intègre pas bien entendu le cercle matrimonial des deux clans qui détiennent le monopole de la gouvernance de la collectivité. ils sont, à l’instar de la classe dite des esclaves considérés comme des « folemmou », littéralement ceux qui sont de condition inférieure. Mais cette considération ou cette étiquette ne le dérange guère aussi longtemps que les petits privilèges que l’on a évoqués sont préservés, les « niakhamala » sont décidés à défendre le système bec et ongle sans aucune vision à long terme en ne tenant compte naïvement que de soit disant intérêts immédiats et illusoires: l’audition par intérêt au prix de la préservation de son EGO…!!!

Nous devons tous pourtant intégrer un nouveau paramètre, le fait que le monde connait désormais une mutation totale à travers l’éducation, les migrations de masses, et sa transformation en un village planétaire par le biais des nouvelles technologies et les nouveaux moyens de communications, tout cela accélère tous azimuts. Et la conséquence directe de ces mutations est la naissance, la multiplication et l’amplification des mouvements de revendication des droits qui ne laissent plus aucun individu digne ce nom dans une léthargie mortifère. C’est pourquoi même des sociétés conservatrices comme la nôtre n’ont pas d’autres choix à cette ère nouvelle que de bouger et de faire bouger les lignes. Aussi, il devient légitime pour chacun d’avoir sa place dans la société nouvelle même ces personnes que l’on a trop longtemps négligées, humiliées, privées et opprimées dans leurs corps, leurs âme et leurs mentales, ces personnes qui ont occupé le bas de l’échelle de la stratification sociale horizontale, ces personnes qu’on a désignées avec le sobriquet « d’esclave »

Alors, désormais, rien ne sera plus jamais comme avant, l’ère du statut quo est révolue. Cette classe revendique haut et fort ses droits, tous ses droits, rien que ses droits très longtemps bafoués. La nouvelle société soninké doit désormais célébrer en son sein les valeurs de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la justice pour tous. C’est pourquoi il faut répondre aux interrogations et proposer des alternatives crédibles pour un avenir apaisé. Et Il faut donc commencer par bannir de notre sphère sociale les expressions humiliantes et discriminatoires et faire la promotion d’une citoyenneté égalitaire: les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes attributions et qualifications pour tous. Et Ensuite, nos intellectuels doivent désormais s’évertuer à étudier le passé, non pour s’y complaire et le sacraliser mais pour y puiser des leçons qui nous permettrons d’améliorer le futur et notre avenir en intégrant à nos anciennes valeurs les nouvelles valeurs universelles de l’époque contemporaine: Les distinctions sociales ne doivent être fondées que sur l’utilité commune.

Et Enfin,nos hommes de sciences, nos intellectuels et ceux qui détiennent un pouvoir quelconque dans la collectivité doivent lutter pour des idées et des intérêts généraux et non pour des clans, des familles et des intérêts particuliers et égoïstes.


LES TENANTS DU CONSERVATISME PRIMAIRE INCITÉS À RECHERCHER DES MÉCANISMES IDOINES POUR ASSEOIR LES NOUVELLES BASES DE SON ORGANISATION SOCIALE, SOULÈVENT DES INTERROGATIONS SOMMES TOUTES LÉGITIMES QUI NÉCESSITENT QUE L’ON S’Y PENCHE SÉRIEUSEMENT, À SAVOIR ENTRE AUTRES:


A/ PAR QUEL ATTRIBUT FAUDRAIT-IL DESIGNER LE CLAN ESCLAVE SI L’ON CHANGEAIT CETTE DÉSIGNATIONS ?
En réponse à cette triste question, nous disons entre autres : que le changement ne se résumerait pas au changement de la désignation; les Soninko devront se rendre compte que tous ces attributs existaient, sinon plus, en France, pays de prédilection pour leur immigration, mais depuis plus de deux siècles, elle s’en est débarrassée ; or nous sommes bien d’accord que les Soninko intègrent individuellement la sphère culturelle Française par plusieurs petites portes : L’on imite quasiment tout ! Cependant, en dépit de l’adoption de sa langue apprise à l’école, l’on remarque entre autres, la manière de s’habiller. Chez certains le plat traditionnel est servi à table avec ouverts et consorts, il arrive parfois que l’on épouse même l’intonation vocale en parlant pourtant Soninké !

Mais qu’en est- il quand il s’agit d’intégrer les grands principes qui fondent l’égalité entre les hommes pour permettre l’équilibre social ? Alors c’est bien là, où commence le déni de la réalité. 

Pourtant, il suffit d’adhérer à l’application des principes de la citoyenneté pour admettre de désigner les habitants une cité par le nom de leur cité : Un Nouakchottois, un Tavraghzéïni remplaceraient sainement un Komoncâniké, un hôroncâninké qui induisent la volonté de nuire l’un  par son abaissement et d’honorer l’autre par sa valorisation.


B/ PAR QUELLES COUTUMES ALLONS-NOUS REMPLACER CELLES QUE L’ON VOUDRAIT  VOIR DISPARAÎTRE ?


De même que la question précédente, il faut une volonté de changement en profondeur qui passe par l’acceptation de l’égalité voire la parité devant les lois qui régissent les règles de la communauté, l’implication équitable de tous devant les devoirs et droits, encore une fois les distinctions sociales ne doivent être fondées que sur l’utilité commune. Ces mécanismes reconnus par tous, peuvent permettre de ne pas avoir recours au changement des coutumes sauf si celles-ci ne répondent aux exigences de notre conviction religieuse. En la demeure, le rejet de certains groupes de la manière dont se déroulent actuellement les coutumes, fera inévitablement son petit bonhomme de chemin, autrement dit, fera tâche d’huile.


C/ COMMENT PEUT-ON METTRE À DOS TOUS LES SIENS POUR SOUTENIR UNE CAUSE QU’ILS NE PARTAGENT AVEC NOUS ?


Le porteur d’un tel souci : « Soutenir une cause que les siens ne partagent avec soi », à parfaitement raison, mais cette raison ne pourrait le dédouaner de comprendre également que, les porteurs, voire, les initiateurs des causes « révolutionnaires » souffrent de la même inquiétude par rapport aux leurs qu’ils ont également à dos , ils craignent et, pour la sécurité des ceux-ci, c’est-à-dire ces initiateurs-acteurs; et, pour leur propre sécurité contre les représailles qui pourraient être engendrées des antagonistes de la démarche. Outre cette vision des choses, n’oublions pas que les grands hommes dont les noms perpétuent jusqu’ici, étaient confrontés également aux mêmes soucis, mais ils étaient guidés par une volonté indéfectible, la volonté de libérer autrui du poids de l’injustice, même si eux n’en souffraient guère: Tout homme est né libre, cette liberté dérobée à un moment donné, doit être absolument réhabilitée à un autre moment donné tant qu’une seule âme juste existe sur terre. Voila selon moi, ce que devrait être la vision d’un intellectuel véritable, d’un esprit visionnaire, donc une implication logique de la communauté Soninké dans cette action dont le résultat s’intitule « intérêts communs ».

L’une des causes pouvant unifier les acteurs des deux camps, est le partage des idéaux communs qui consiste à vouloir sublimer (comme précisé plus haut)la place à la justice comme à l’égalité; à l’équité comme à la parité devant les devoirs et droits qui régissent la société. 

Mais la lutte d’une telle dimension a besoin d’être nourrie d’une alimentation bio, autrement dit, qui ne souffre d’aucune sophistication, de faux semblants. Son socle doit englober entre autres, la volonté absolue dans l’engagement, la lucidité dans l’objectif, le courage dans l’action, l’autonomie dans la démarche etc…afin de supporter le poids qu’incombe le changement des fondements séculaires dont les nostalgiques veulent préserver à bras-le-corps.

Alors, il serait recommandable à la communauté Soninké : Si elle tient à pérenniser sa cohésion sociale dont les soubassements étaient régis sur des accords, disons, amiables (précisé plus haut également) elle devrait en accepter désormais la phase de dénonciation engagée aujourd’hui, et que rien ne peut plus en contrecarrer le processus; émonder les branches nuisibles des soubassements d’antan, sources de divisions d’aujourd’hui. Dès lors, esprits avisés, avides de l’édification des mentalités de votre communauté au rang de celles du concert des nations, il est grand temps de s’unir pour donner force à la bonne cause, la cause des acteurs des mouvements pour la Justice autrement dit : LA PARITE ABSOLUE !

DERNIER MOT : ÉVOLUONS DE MENTALITÉS AFIN DE POUVOIR PARTICIPER À 

L’ÉCRITURE DE LA NOUVELLE PAGE DE L’HISTOIRE DE NOTRE CHER PAYS!

 


Cissé DIALLO

27-10-2016 14:52 – Conférence de Biram Dah Abeid à Aix-en-Provence : « le pouvoir Mauritanien, acculé, ne sait répondre à la montée des revendications intérieures que par la répression »

IRA France Mauritanie – Le mardi 18 octobre 2016, dans le cadre du partenariat qui se noue entre IRA et la Clinique Internationale des Droits de l’Homme d’Aix-en-Provence, s’est tenue à la Faculté de Droit de l’Université d’Aix-Marseille une conférence à l’invitation du Professeur Hennebel au cours de laquelle Biram Dah Abeid a développé le thème : « Vaincre l’esclavage en Mauritanie : état des lieux ».

Cette conférence a réuni pendant plus de deux heures plus de 200 participants : des enseignants et étudiants de l’Université en droit humanitaire ou en droit international des droits de l’homme et des membres de nombreuses associations de défense des droits humains, dont IRA-France-Mauritanie qui a facilité l’organisation de cette conférence.

Devant un public qui découvrait pour partie la situation dramatique dans laquelle se trouve une partie importante de la population mauritanienne, M. Dah Abeid a développé les ressorts politiques, économiques, sociaux et raciaux qui sous-tendent le maintien de cette situation inacceptable que l’élite au pouvoir nie ou tente de légitimer par des arguments pseudo-religieux.

Par la description rapide de son parcours familial et de quelques situations judicieusement choisies, il a su donner vie aux humiliations et souffrances qui sont le lot quotidien de tant de Haratines à qui est niée toute dignité, jusqu’à la citoyenneté. Il a également dénoncé le traitement révoltant dont sont victimes les 13 prisonniers d’opinion d’IRA (procès inique, transfert illégal, tortures) et la brutalité avec laquelle sont traitées les personnes manifestant pacifiquement contre cet état de fait.

Il a montré comment le pouvoir Mauritanien, acculé, ne sait répondre à la montée des revendications intérieures et des pressions internationales sur ce thème que par la production de lois et la ratification de traités peu ou pas appliqués et la fuite en avant dans une répression accrue. Dans des contextes voisins, d’autres pays africains ont su dans le passé limiter les privilèges historiques d’une minorité pour entamer la construction d’une société plus juste et démocratique reconnaissant dans la loi et dans les faits l’égale dignité de tous les habitants du pays.

Les interventions émouvantes de quelques Mauritaniens installés en France rendant hommage à son combat augmentaient encore, si besoin était, la légitimité des propos tenus par l’intervenant, Prix des Droits de l’Homme de l’ONU 2013 pour son combat pacifique contre l’esclavage en Mauritanie. Il a été rappelé que cette situation est dénoncée également de façon continue par de nombreux rapports de grandes associations internationales de défense des Droits Humains telles que Amnesty International, Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Action des Chrétiens contre la Torture, Front Line Defenders, par le Parlement Européen, par la diplomatie américaine, par les Rapporteurs Spéciaux de l’ONU et par les propos très clairs de M. Ban Ki Moon après son voyage en Mauritanie.

C’est debout que les participants ont applaudi le conférencier, et le pot de l’amitié qui les a tous réunis a permis de prolonger longuement les échanges sur les différentes pistes dans lesquelles ce juste combat pourra être poursuivi.

Source médias : http://www.cridem.org