​Déclaration : Un simulacre de procès


Treize militants abolitionnistes « iraouis » , adeptes de la lutte non violente, viennent d’écoper de lourdes peines de prison ferme, qui de 15 ans, qui de 5 ans et d’autres de 3 ans. Avec  eux, sept habitants de « Edbaye Ould Bouamatou » se voient infliger des peines similaires. Ces militants antiesclavagistes et ces citoyens de quartiers pauvres de la Capitale vont rejoindre les jeunes du Mouvement du 25 février, condamnés à des peines du même ordre il y a quelques semaines. Ils iront peut être dans les cellules encore chaudes que viennent de quitter, il y a trois  mois, les autres dirigeants d’IRA à savoir son président Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Ramdhane. Ainsi vont les droits de l’homme sous le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, général putschiste ayant légalisé son forfait en se faisant élire puis réélire. 
 Ces peines, extraordinairement lourdes, ont été prononcées à l’issue d’un simulacre de procès où la police était juge et partie, les juges violaient les codes de procédure pénale et l’Exécutif se montrait ouvertement à la manœuvre.  Le procès s’était d’ailleurs terminé sans la présence du Collectif des avocats de la défense qui s’était retiré à la demande des prévenue et à la suite du refus de la Cour d’examiner la plainte pour actes de torture déposée par les détenus contre des officiers et agents de la police qu’ils avaient nommément désignés. La Cour s’étant déclarée incompétente alors que la loi lui fait l’obligation de recevoir de telle plainte.

 Devant la démesure des peines et face à ce qui paraît être un choix d’escalade trahissant la fébrilité du gouvernement de Ould Abdel Aziz, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) tient à porter à la connaissance de l’opinion ce qui suit:

 1- Nous saluons nos militants et célébrons leur courage, leur détermination et leur dignité face à l’injustice qui s’abat sur eux et sur leur famille. Vous n’êtes pas  les premiers et ne serez pas les derniers abolitionnistes que le régime esclavagiste et raciste du Général Ould Abdel Aziz a désignés comme cibles, cibles qu’il a systématiquement  ratées. Nos chaleureux remerciements et notre profonde gratitude vont au Collectif des avocats qui s’est spontanément mis en place pour défendre nos militants;

 2- les arrestations de nos militants, leur condamnation à des peines aussi lourdes ne changeront d’un iota notre détermination à déconstruire, jusqu’à la dernière pierre,  le système esclavagiste et à bâtir sur ses ruines une Mauritanie pour tous, juste, égalitaire et prospère. Cette détermination n’a d’égale que notre volonté à mener ce combat, comme nous l’avons toujours fait et notamment pendant les 18 mois de détention arbitraire de nos autres dirigeants, par les moyens de la non violence que nous garantit la Constitution;

 3- Nous exhortons l’ensemble des forces de l’Opposition, les personnalités libres et les institutions indépendantes à unir nos actions et à conjuguer nos efforts pour en finir avec un régime qui n’a que trop, tantôt pris en otage, tantôt en bouclier les uns et les autres pour perpétuer son emprise sur le pays et continuer à s’octroyer les avantages indus produits par le labeur des Mauritaniens. La lutte contre l’esclavage et le racisme est l’affaire de tous et ne peut être gagnée que par les efforts de tous;

4- Nous appelons nos militants à la mobilisation générale pour exiger la libération des détenus en utilisant toutes les formes de luttes pacifiques garanties par la constitution de notre pays.   
 Le bureau exécutif                                        

 Nouakchott le 20  août 2016

​Les abolitionnistes sont « SEULS »…face à  l’État et son « peuple élite »…!!!

J’écrivais une fois que ceux qui nous dirigent ne sont pas des colons. Ils viennent de nous et font beaucoup des choses comme nous. Ceux qui tiennent notre État honteux, ne croient pas à la primauté de l’état de DROIT sur nos normes tribales et communautaires. L’exécutif qui joue de la justice pour étouffer les voi(es)x abolitionnistes et anti-esclavagistes, suit une certaine logique malheureuse que tout Mauritanien sincère reconnaîtrait dans son for intérieur. L’État se sert d’un certain morcellement d’identification sur les différentes injustices qui traversent toutes les  communautés nationales . Il n’est pas étonnant que le mouvement IRA, soit le focus principal des attaques multiples d’un ordre étatique qui porte les desseins des plusieurs milieux réactionnaires ayant  des intérêts convergents (matériels et immatériels). Le corps militant et sympathisant transcommunautaire du mouvement abolitionniste, déroute tous les milieux communautaristes qui sont formés et conditionnés à ne prendre en compte les INJUSTICES que selon certains angles en concordance avec leurs convenances coutumières et sociales. Nos normes mentales et psychologiques font que notre SINCÉRITÉ est toujours DOUTEUSE en fonction des événements qui bousculent notre quotidien honteux et fataliste d’une échelle à une autre. Pour notre État, qui nous incarne finalement au fond, un Haratine exclusivement anti-esclavagiste et abolitionniste est sous contrôle stratégique s’il n’est suivi que par des Haratines communautarisés. Pour Nous autres (Noirs Hors Haratines) , si ce même Haratine est TROP abolitionniste et anti-esclavagiste de fond en débordant sur certaines manifestations socialisées de l’esclavage, il devient dangereux et irrespectueux des nôtres. De ce fait, son combat ne sera pas sincèrement et massivement le nôtre. L’État est honteux mais suit une certaine cohérence évidente, quant à nous, nous sommes à la fois HONTEUX ET INCOHÉRENTS. J’ai honte de reconnaître  de ne pas pouvoir mobiliser plus 150 personnes dans mon village d’origine au sein de mon Guidimakha natal pour manifester contre le verdict qui a frappé les leaders abolitionnistes d’IRA-Mauritanie  (de 3 à 15 ans de prison ferme) . Mais pourquoi..? 

Tout simplement, la cause abolitionniste et anti-esclavagiste ne porte pas chez moi et certainement dans plusieurs localités du Sud Mauritanien. J’ose parier que 95% de nos chefs traditionnels et leurs cours n’ont aucune sympathie pour les thèses abolitionnistes et anti-esclavagistes. Dans les milieux urbains également, on peut plus mobiliser une certaine frange Black pour la Palestine que pour les leaders abolitionnistes incarcérés. Je ne peux ne pas citer un échange avec un homme soninké dans la région parisienne, qui disait que Biram mourrait en Prison parce qu’il est violent et insultant envers tout le monde. L’anti-esclavagisme n’est pas combattu que par l’État seulement. Il y a en nous Autres, des prédispositions sociétales qui sont allergiques à l’abolitionnisme. Ce dernier serait même un critère anti-VALEURS culturelles selon notre code nobiliaire d’honneur. Certains parmi nous, sont contre l’esclavage par principe évidemment, mais ils ne supportent pas l’activisme agissant et “intrusif” des anti-esclavagistes. Reconnaissons-le humblement, notre État Honteux s’aligne sur l’écrasante majorité du « peuple élite » qui n’est pas forcément esclavagiste mais foncièrement et HONTEUSEMENT anti-abolitionniste. On dirait que les partis politiques classiques font eux aussi du minima sur cette affaire farfelue mise injustement sur les cadres d’IRA-Mauritanie. Rappelons nous de l’interpellation pendant quelques heures du colonel Ould Beibacar .
 Ce dernier par ses sorties courageuses sur certains événements douloureux du passé, avait été arrêté, et à la suite, lors d’une conférence de presse en présence des plusieurs voix qui comptent, un comité de soutien expresse avait été mis en place pour sa défense. Et là, la timidité de certains acteurs de la scène politique est étrange. Bref, les partis sont peut être un certain reflet de ce qui tient les tripes de nos sociétés. De ce point de vue, aucun parti n’est esclavagiste évidemment, mais ceux qui tiennent les partis politiques ne sont pas tous à l’aise avec le VRAI anti-esclavagisme et l’abolitionnisme.
K.S

18-08-2016 01:30 – La Mauritanie, mon pays, cet enfant métis arabisé Par Abdoulaye Oiga, ancien DG de la CNSS


Le Quotidien de Nouakchott
– La Mauritanie est composée des trois types de populations :

1) Des noirs agriculteurs, chasseurs, autochtones qui étaient là au temps du néolithique vers 6000 ans avant-J-C au moment où le Sahara était humide. Ces populations sont des Soninké, des Sérères, Peuls, Wolof et Bambara. C’est de ces populations que sont issus les haratines.

2) Les berbères Sanhaja venus du Yemen aux environs de 380 avant J-C. composés de plusieurs tribus appelées Lemtoma en maure.

3) Des arabes qui ont rejoint ces berbères entre le 13ème et 14ème siècle qu’on appelle les béni-Hassan.

Ces trois groupes vivaient ensemble sur cette terre, des siècles durant. Ils formèrent des alliances et des contre-alliances, se combattirent et finissent par se marier et donner naissance au pays métis que nous sommes aujourd’hui.

La Mauritanie est donc un pays arabo-négro-berbère au lieu de pays arabo-africain. Le qualificatif arabo-africain est une manière subtile de faire disparaître de sa population la composante négro-mauritanienne parce que tous les pays arabes situés sur le continent africain, à commencer par le plus peuplé de tous l’Egypte, la Lybie, le Soudan, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, le Djibouti, les Comores et la Somalie sont arabo-africains.

La Mauritanie est un enfant métis dont le père est le monde arabe et la mère l’Afrique noire. Ce métissage de la Mauritanie trouve sa justification dans le fait qu’il n’existe aucune tribu maure qui n’a de sang négro-mauritanien qui circule dans ses veines, et qu’il n’existe aucune communauté négro-mauritanienne qu’elle soit Peul, Soninké ou Wolof qui n’a de sang maure qui circule dans ces veines.

Je citerai entre autres exemples les cas suivants :

– Cheikh Mohamed Vadel, Cheikh El Aïnina ont pour mère une peule qui s’appelle Khadijetou Bal, petite fille du grand marabout peul Thierno Souleymane Bal qui instaura l’Etat théocratique du Fouta.

– Abderrahmane ould Cheine dit Deïba, chef général des Talaba a une mère soninké de la famille Soumaré.

– L’émir du Tagant Abderrahmane ould Bakar ould Sid’Ahmed a sa mère Tileïla qui est une négro-mauritanienne.

– L’émir du Trarza Mohamed El Habib a épousé la princesse du royaume wolof du Walo qui s’appelle N’Djimbott Mbodj avec laquelle il a eu Ely Njimbott.

– Mohamed El Bambari, quatrième khalif des Lemtouna, a épousé la princesse peule du Toro qui s’appelle Fatimata Sall. Il a eu avec elle un garçon nommé Ahmed qui est devenu le roi du walo que les Wolofs appellent N’Diadiane N’Diaye.

– L’émir du Brakna, Sidi Ely a sa grand-mère paternelle qui est la grande sœur du grand père de Dieng Boubou Farba ancien Président du Sénat.

– L’émir Ehel Heïba ont une parenté avec les négro-mauritaniens.

– Cheikh El Avia ould Mohamed Khouna, ancien premier ministre également Talaba est peul d’origine.

– Mohamed Khoulé, l’ancêtre de la tribu Lakhlal a une mère Soninké qui s’appelle Kounda Cissé de la ville de Chinguetti. Chinguetti est une déformation du nom soninké « si-nguédé » qui signifie le « puits du cheval ». La mosquée de Chinguetti qui fait la fierté de tous les mauritaniens a été construite par un Soninké nommé Cheikh Namou Camara. Il y fut Imam, il est mort et enterré dans la mosquée sur le côté gauche en entrant.

– La famille des chérifs Ould Moulaye Zeine, ont leur ancêtre El Ghassem qui a une mère negro-mauritaniennne (Bambara) qui s’appelle Mariam.

– La tribu des Oulad Beri ont une fraction les Takarir qui sont des négro-mauritaniens d’autres descendent de Biry Kaba Diakhité, un soninké.

– Dah ould Teiss, ancien président de l’assemblée nationale de Mauritanie a une mère peule nommée Tacko Kane.

– Sidi El Mokhtar NDiaye ancien président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie a pour mère une Sbaï nommée Sokeïna mint kharchi.

– Mr Boudda ould Bousri et Ahmed Salem ould Adoud sont d’origine peule.

– La tribu des Deg-moli tous des peuls qui sont acculturés pour devenir des maures.

– Il y a des Kane, Ehel Modi Nalla qui sont d’origine maure, Lemtouna.

– La mère de Cheikhna Hamahoullah est une peule nommée Assa Diallo.

– Mohamed Lemine Tandia a épousé une peule Kaladio nommée Hawa Sy avec laquelle il a eu Tandia Cheikh Sidya actuel président de l’Association pour la Promotion et la Culture Soninké en Mauritanie. Ce même Mohamed Lemine Tandia a également épousé une Rgueïbatt qui s’appelle Boytir Mint Herbal.

– Monsieur Bouh El Moukdad Seck a épousé une femme de la tribu Oulad Ahmed Mine Demane.

– Cheikh Tourad Camara a épousé une femme de la tribu Idawaly etc.

Dans ce métissage, la composante haratine n’est pas en reste :

– Certains éléments sont des sérères faisant part des premières populations mauritaniennes qui ont été coupées de leur racine et sont devenues haratines.

– D’autres sont les victimes des razzias opérées par hordes de maure qui sont venus les voler au sud du pays pour en faire des captifs. Il faut ajouter à ceux-ci, les éléments qui ont été battus à la suite des guerres claniques et qui ont été vendus par les rois négro-mauritaniens.

– La dernière catégorie, ce sont les éléments des armées négro-mauritaniennes alliées de Bakar ould Sid’Ahmed. Ils étaient venus aider Bakar à conquérir le Tagant. Une fois la guerre achevée, ils se sont installés dans le milieu maure, et ces derniers les considèrent comme des haratines.

La composante haratine s’est métissée avec aussi bien les berbères Sanhaja qu’avec la communauté négro-mauritanienne dont elle est issue.

Par ailleurs, l’ardine, la Tidinite instruments de musique maure sont d’origine négro-mauritanienne. Le boubou, avec ses accessoires, le Tourqui, les babouches traditionnelles, ainsi que le dissa (Hawoli) est la tenue officielle que portent les ambassadeurs de Mauritanie pour la présentation de leurs lettres de créance. Cette tenue qui est fixée par décret comme tenue officielle est négro-mauritanienne. La structuration de la société maure en guerrier, marabout, forgeron, griot et captif vient de la société négro-mauritanienne puisqu’elle n’est pas arabe.

Vouloir gommer une telle réalité qui crève les yeux relève de la mauvaise foi.

Cet enfant métis qu’est la Mauritanie n’a pas été reconnu avant sa naissance par son père (monde arabe excepté la Tunisie du Président Bourguiba). Ce père a utilisé tous les moyens pour qu’il ne voit pas le jour, qu’il n’existe pas (revendications marocaines). Mais grâce à l’aide de ses oncles maternels (certains pays de l’Afrique noire en particulier le Sénégal) et l’appui de son tuteur (la France) l’enfant vit le jour. Il fit suivi, encadré puis accompagné jusqu’à son admission aux nations unies le 21 octobre 1961.

Les années passèrent, l’enfant grandit et prit de l’audience sur la scène internationale. Ses prises de positions en faveur des causes justes, la création de la monnaie nationale (l’Ouguiya), la nationalisation des mines de fer de Mauritanie (Miferma), la révision des accords avec la France lui valurent l’estime, la considération et le respect de la communauté internationale. C’est dans ce contexte que le père sentant son fils devenu un prodige, surgit pour enfin le reconnaître (1973).

La mère qui a tant souhaité cette reconnaissance, poussa un ouf de soulagement, mais s’inquiéta pour l’avenir de son fils dont le père avec cette reconnaissance risque d’être trop envahissant. Après une période courte de retrouvailles entre les deux parents où débuta l’épanouissement de l’enfant, commença la période de conflit dû au tiraillement entre les parents pour conserver l’enfant. L’enfant à qui il a manqué des années durant l’amour paternel, bascula dans le camp de son père pour combler son déficit en amour paternel mais sans renier sa mère.

Aussitôt après cette reconnaissance de l’enfant par son père, certains de ces oncles paternels (arabo-berbères) commencèrent à faire de lui un arabe et à le pousser à renier sa mère (les négros-mauritaniens).

Ses oncles paternels tenants de la thèse d’une Mauritanie où ne prévalent et ne prévaudront que la langue et la culture arabe à l’exclusion de celles des communautés Peul, Soninké et Wolof, sont une minorité d’idéologues civils et militaires de la composante arabo-berbère qui se sont imposés à l’ensemble du peuple mauritanien par la force des armes et qui se relaient au pouvoir depuis 1978.

Le refus par ces idéologues dont le cercle s’agrandit de jour en jour, du développement de la langue et de la culture des populations négro-mauritaniennes vient de ce complexe de vouloir être arabe qui est né à la suite de la défaite humiliante qui leur a été infligée par les Beni Hassan lors de la guerre Charbaba (1640-1666) à l’issue de laquelle il leur a été interdit le port du pantalon (Sirwal) tant qu’ils ne deviendront pas arabes et de ne plus parler berbère mais plutôt le Hassanya la langue dialectale des Béni Hassan.

Pour remplir les conditions imposées par les Beni-Hassan, nous constatons aujourd’hui que dans leur majorité ils ont honte de ce qu’ils sont (berbères) au point de supprimer de leur état-civil les mots Ould et Mint pour devenir arabe. Puisque tel est leur choix respectons-le. Mais nous espérons que ce choix ne changera en rien le caractère métissé et multiculturel du peuple mauritanien.

La situation des communautés négros-mauritaniennes a atteint un tel degré de gravité que ni les concertations du dialogue, ni le débat sur la cohabitation, l’exclusion et l’unité nationale ne serviront si ce n’est que de cautionner la politique d’extinction de ces communautés.

L’objectif affirmé de ces idéologues étant d’assimiler les populations peul, soninké et wolof à défaut les exterminer, pour ce faire ils devront déplacer le pays pour aller l’installer dans le Golf arabique et permettre ainsi à deux républiques sœurs l’une le Mali d’être désenclavée et avoir accès à la mer et l’autre l’Algérie d’avoir une ouverture sur l’Atlantique.

Au terme de cet article, je voudrais lancer un appel pressant aux forces militaires, politiques et aux acteurs de la société civile en particulier la jeunesse mauritanienne dans toutes ses composantes afin que cet enfant métis puisse réconcilier ses deux parents pour sa survie.

C’est l’aider à assumer cette responsabilité historique que j’invite l’ensemble de mes compatriotes.

Nouakchott, le 15/08/2016

Abdoulaye Ali OIGA

Ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de sécurité sociale

18-08-2016 15:51 – Procès des abolitionnistes : le propriétaire du terrain lève un coin du voile


Le Calame
– A la demande de la partie civile, la Cour Criminelle a procédé, mardi, à l’audition du propriétaire du terrain squatté par les populations haratines, à l’origine des affrontements du 29 juin dernier.

Cette audition, qui n’a pas excédé trois minutes chrono, a permis de lever certaines zones d’ombre. Le propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne contrairement aux pv établis par la police qui soutenaient le contraire.

Dans la même veine, il a récusé les assertions qui lui sont prêtées dans les PV dressés par la police qu’il dit n’avoir jamais paraphés. Réaffirmant le caractère spontané des regrettables affrontements du 29 juin dernier, il a estimé n’y avoir vu, en âme et conscience aucune main invisible d’aucune organisation dans cette affaire et ne pas connaître les militants abolitionnistes.

Il a soutenu être arrivé à un compromis avec les habitants de la gazra visant à leur départ du site après le mois du ramadan.

Déclarant entretenir de bons rapports avec les occupants de son terrain, il dit avoir versé un acompte de 6 millions sur les 12 prévus montrant à la cour les décharges. Il s’est déclaré surpris et choqué des violents affrontements et a fait remarquer n’avoir mandaté aucune autorité pour procéder au déguerpissement des squatteurs.
Crédit source : http://www.cridem.org 

​INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE:Bulletin d’information n°11


Le procès des militants d’IRA, vu de l’intérieur (Lundi 15 et mardi 16 août 2016)

 Comme prévu, le procès des militants d’IRA a repris son cours ce lundi 15 août 2016 par l’interrogatoire des 13 prévenus membres d’IRA. Les réponses des militants anti-esclavagistes furent claires, précise et pertinentes. Sans grande difficulté, ils ont réduit à néant les accusations de la partie civile s’appuyant sur les grossiers montages des services de sécurité visant à les impliquer et à impliquer la direction d’IRA dans cette affaire du quartier Bou ammatou.  Ils démontrèrent que le vrai danger encouru par la paix civile en Mauritanie vient de la multiplication de ces montages policiers qui sèment la discorde et brouillent les pistes et les esprits des simples gens.

 Cette première séance de la 3 ème semaine a été levée avec la promesse, donnée par la Cour, d’examiner la plainte pour torture introduite par Moussa Biram qui avait cité nommément les membres du groupe de policiers qui l’ont soumis aux sévices physiques pendant la semaine de sa garde-à-vue. Les policiers, selon Moussa, tenaient à lui faire avouer des faits dont il n’a aucune connaissance et qui sont tous liés à cette affaire du quartier Bou ammatou.

 Aujourd’hui, mardi 16 août, la séance s’ouvrait par les réquisitoires de la partie civile, qui réclame des millions de dommages et intérêts au profit de la partie qu’il considère être la victime. Puis la Cour s’est retirée pour statuer sur la plainte pour torture de Moussa Biram mais aussi sur la demande du Procureur pour qu’il soit autorisé à projeter un film dans la salle, demande que le Collectif des avocats de la défense avait récusée en évoquant l’article 278 du code de procédures pénales qui interdit, expressément, tous usages d’appareil d’enregistrement électronique à l’intérieur de la salle d’audience. 

 De retour de ses délibérations, la Cour annonça deux décisions. La première est le rejet de la plainte de Moussa Biram pour torture en évoquant sa propre incompétence à traiter de ce genre de plainte! La seconde décision autorise le Procureur à projeter son film en violation flagrante du code de procédures. A l’annonce de cette seconde décision, le Collectif s’est retiré en bloc suivi par le public composé essentiellement de militants d’IRA et des familles des prévenus.

 Suite au retrait de leurs avocats, la Cour a proposé aux prévenus de leur commettre d’autres avocats mais ces derniers repoussèrent cette proposition en bloc en signifiant au Président leur refus, désormais acté, de collaborer avec le Tribunal en l’absence de leurs avocats.

 Considérant tous ces développements, IRA envoie ses plus vives félicitations au Collectif des avocats pour la défense de ses militants pour leur vigilance et leur attachement au respect du code de procédure pénale en vigueur. IRA  regrette l’entêtement de la Direction de la Sûreté à obliger la Cour à suivre son plan machiavélique qui vise à impliquer injustement ses militants au risque de menacer la paix civile dans notre pays. Pourrait-on espérer que la Cour recouvre une partie de sa lucidité et corrige le tir?
La Commission de Communication                          

Nouakchott le 16 août 2016

17-08-2016 15:10 – L’éditorial de saheljournal : La police et moi



Sahel Journal
– Une interpellation ? Peut-être pas ? Mais une séance de questions incongrues et inopportunes, oui ! Et quelques heures de flottement pour savoir ce qu’il faut faire de moi.

Allait-il une fois encore grossir le rang des prisonniers non coupables ? Des coups de fils au patron … Mon identité ? Elle a été prise trois fois. C’est là le scenario de mes quelques heures avec la police que je m’autorise à écrire à mon ami Balla Touré, en prison pour avoir aimé sa patrie.

Cher Balla, tes deux petites fillettes se portent bien et ont compris l’absence de Papa. Tu les avais bien préparées. Mais ces visages innocents et pleins de vie réclament parfois Papa. Elles me demandent quand est-ce que tu vas venir et pourquoi on veut toujours te garder ?

Car toi à ton tour tu ne le feras jamais subir cela à quelqu’un. J’ai dis à M’Ma que tu es parti contribuer à requinquer l’image de la Mauritanie par la vérité et la sincérité des mots que tu utilises pour chaque personne, pour chaque action et à chaque occasion. M’Ma, sous le regard médusé de Coumba, demande pourquoi tu restes si longtemps si la Mauritanie ne veut pas t’entendre… l’innocence sensée des deux fillettes à la recherche d’un papa entre les griffes de l’oppresseur.

Mon ami, j’ai reçu votre message et je l’ai exécuté à la lettre.

1- prendre les clés de ton bureau, le siège de POPDEV que les policiers attribuent à IRA Mauritanie l’organisation dans laquelle tu es chargé des relations extérieures. Heureusement, ta maison tu l’as construite avant la création de IRA, sinon nos vaillants flics l’attribueront aussi à ce mouvement, comme ils qualifient tout opposant noir d’appartenir aux FLAM.

2- payer la facture d’électricité au gérant de l’immeuble. Cher ami, j’ai ouvert le bureau, ce vendredi 12 août 2016 au jeune et sympathique planton qui avait manifesté le désir de venir dépoussiérer le local qui est resté longtemps fermé. Je suis parti vaquer à mes occupations tout en lui promettant un retour rapide, ou, si je restais un peu longtemps, qu’il me fasse signe dès qu’il termine pour que je vienne le libérer.

Comme promis, je suis revenu sur le lieu. A la sonnerie, c’est d’autres personnes qui m’ont ouvert la porte. Je n’ai pas compris. Mais sachant que je ne me suis pas trompé de porte, j’ai avancé vers ton bureau au ralenti avec les poings fermés (référence à mes quelques leçons de wushu et wing chun… merci Maître Wagué). J’ai aperçu un homme basané et une femme en voile… Je me suis alors demandé si le jeune n’avait pas eu la visite d’un couple.

J’ai subitement aussi aperçu deux têtes que je connaissais : un commissaire et un brigadier-chef. Et la femme était une policière, secrétaire du commissariat Tevragh-Zeina I. Les autres individus en civil, je ne les connais pas. Ainsi, je venais de réaliser que ce comité d’accueil n’était autre que les éléments du commissariat Tevragh-Zeina I et de la DSE venus investir ton bureau. Ils m’attendaient.

Mon premier reflexe était d’envoyer un message à mon épouse pour lui dire que ce 12 août 2016 pourrait être le premier jour de mon arrestation avec comme délit «l’amitié». Tu me connais cher ami (je suis plus courageux que toi), avec sérénité et sans qu’il ne m’y invite, j’ai pris place en face du commissaire. En plus de la police, j’ai trouvé le jeune planton très secoué et hagard accompagné d’Alioune MBarka Vall venu faire photocopier la carte d’identité de sa femme et qui avait croisé le jeune sous l’immeuble.

Le commissaire a commencé par me demander ce que je faisais sur les lieux et surtout comment j’ai trouvé les clés ? A ces questions simples des réponses simples. « Mon commissaire, ici c’est le bureau d’un ami et frère (Balla Touré) et pour avoir les clés (les doubles), un coup de fil au planton avait suffi ». Combien de fois êtes-vous venu ici ? «Deux, trois, ou quatre fois je pense. J’ai pas une souvenance exact du nombre».

Le commissaire revient à la charge avec une question bizarre. A savoir ce que j’ai pris ou transféré du bureau. Je lui ai répondu : rien. Car je ne vois pas ce que je peux transférer de ce bureau et pour quelle utilité car j’ai tout ce qu’il faut dans mes bureaux.

Il demanda ma carte d’identité, nota mes numéros de téléphones et prit toute ma filiation. Il appelle son directeur et échange avec lui…

Auparavant, cher ami et frère, le commissaire s’est étonné de notre lien de fraternité, avec comme prétexte nos noms de famille. Et il pense aussi que nous n’appartenons pas à la même communauté, c’est dire que la police ne te connait pas et pourtant c’est elle qui t’accuse de choses que tu n’as pas faites. Ce n’est pas la police, c’est une main invisible que la police elle-même ne contrôle pas qui t’en veut ! Notre police est victime d’une robotisation ou de fixation sur certains hommes et femmes de ce pays pour les nuire.

Mon frère, à toi et aux lecteurs, je vais vous faire l’économie de certains détails de cet épisode incongru et bien fâcheux. Il y a eu à un moment de l’électricité dans l’air avec l’intrusion d’un élément de la DSE dans le bureau avec une question-insulte. Ma riposte fut, sans équivoque, ne s’était pas fait attendre. Mais le commissaire a calmé la situation. Toutefois, mon vis-à-vis d’apparence était plus fort. Et il est policier. L’histoire de la torture de Moussa Birane et encore là pour nous faire réfléchir quand on est face à ces gens-là.

De ce qui précède, cher ami, il ressort que la police cherche encore « la chose » pour laquelle elle vous a arrêté. Et le juge sauf surprise (toi et tes codétenus) vous condamnera pour cette chose qui n’existe pas. Le juge en le faisant veut, dit-on, se rattraper après le jugement rendu sur une affaire où l’exécutif n’était pas content et l’avait fait savoir par l’envoi d’une inspection.

Peut-on trouver quelque chose qui n’existe pas ? Et les inventions du parquet ne peuvent résister aux arguments du beau et compétent collectif d’avocats qui a en charge ce dossier.

Mon ami, pourquoi les policiers ne peuvent pas comprendre que ce que je peux transférer de ton bureau, tu l’as emportés avec toi à la prison de Dar Naim : c’est ton engagement, ta conviction et ta détermination de servir des causes justes pour une Mauritanie de tous et pour tous.

Mon ami, tes compagnons d’infortune et toi pourront être condamnés et cela ne surprendra personne. Car on vous accuse de flagrant délit dans un dossier où vous avez été (pour beaucoup d’entre vous) arrêtés quelques jours après les faits incriminés. Mieux, vous avez tous appris cet incident sur les réseaux sociaux. L’audition du propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne, ne voyant la main d’aucune organisation dans cette affaire. Et ce, contrairement à ce que la police lui avait attribué. La coupe est pleine… Pourquoi la police fait tout ça pour ça… ?

Ce sont vos convictions, vos engagements et votre détermination à servir et militer pour une Mauritanie juste qui vous valent ce séjour à la citadelle du silence. Ici et là en Mauritanie pour le système qui nous asservit aujourd’hui, les vertus et valeurs d’un bon citoyen c’est d’applaudir et d’accepter tout et son contraire. Sinon, c’est des privations de toutes sortes, y compris celle de la liberté. Et cela tu le vis depuis plusieurs années, mais malgré tout, tu es resté humble et droit dans tes babouches.

Cher frère et ami, ta petite famille t’embrasse et te dit à bientôt. A toi, à Lô Ousmane et à tous les autres, je réitère mon amitié avoir espoir qu’un jour pas lointain le peuple vous sera reconnaissant.

Camara Seydi Moussa


Crédit source : http://www.cridem.org 

​Victime d´une agression de notre gendarmerie nationale!

Je revenais de Boghé après une conférence que j’animais sur le Rap et la Résistance pendant deux jours, je n’avais pas fermé  l’oeil.

J’ai quitté Boghé ce matin et à 12h:15 mn, arrivé au poste de contrôle de la gendarmerie à 25 km de Nouakchott  on nous arrête. Je dormais en ce moment précis parce que fatigué. Sans me saluer un gendarme me tire violemment le turban et me demande de l’enlever, chose que j’ai faite, même si mon visage n’était pas assez couvert. Et avant même de me demander ma pièce d´identité il me bouscule et me dit : ”Tu es un drogué”. Parce que tout simplement je n’avais pas assez dormi et j´avais les yeux rouges et le visage enflé de fatigue. 

 Je l’ai répondu:” Monsieur vous pouvez au moins me saluer et vous n’avez pas le droit de me traiter de la sorte parce que je suis avant tout un être humain, un citoyen de ce pays que vous devez respecter.

 Il s’énerve et me dit: ” Pourquoi tu me parles en francais descends !”. 
 Il me sort de la voiture, me conduit dans leur bureau et m’introduit dans une chambre qui les sert de poste pour me déshabiller devant tous les gendarmes et d´autres détenus. Il me bouscule avec une violence inouie et haineuse et me crie : ” Ce sont des Flamistes et les gens de l´ IRA”. 

Sans comprendre les autres se mettent dans la danse. Des pluies de monstruosités sortent de leurs bouches, ils insultent mes parents et me traitent de tous les noms d´oiseaux et crachent sur moi.  Ils m’ont pris mon portable et mes lunettes (myope de 5,00 vision de loin), après ce fut une pluie de gifles et des crachas qui m´assaillent.

Je garde toujours ma sérenité, mon calme et refuse de répondre à leur provocation et à leur barbarie. Ils cherchaient certainement un motif valable pour m´accuser ”d´offense à l´autorité publique ou résistance aux forces de l´ordre” mais je suis resté de marbre à leurs coups. 

”Etes-vous fils d´un ministre ou du président pour nous parler en francais?”. Je leur ai répondu que j´étais un simple et un pauvre citoyen Mauritanien, qui a encaissé  tous leurs coups et violences physiques et morales sans réagir et je veux seulement comprendre et savoir pourquoi cette violence et cette injustice?

 Satisfaits et fiers de leur acte et sans répondre à mes questions , ils me sortent de la cellule et me remettent mon téléphone sans aucune autre explication. L’un d’eux m´avertit avec une grande impolitesse:  ”Si tu ne veux pas encore être torturé il faut quitter les lieux et continuer ton chemin! ”. 
J´avais toujours entendu et cru jusqu´à ce matin que les gendarmes étaient d´un corps correcte et juste et qu´íls protegeaient le citoyen et j’avais beaucoup du respect pour ce corps qui était moins visible que les policiers  dans des pagailles mais aujord´hui j´ai découvert ce terrible, hideux et honteux visage de notre gendarmerie nationale. 

 J’irai jusqu’au bout pour savoir la cause de cette violence pour ne pas dire de cette barbarie même si je sais d’avance que notre justice est très inféodée au pouvoir exécutif et à tout le Système.

Avec le soutien du Fonadh et d’éminents avocats nous sommes toujours dans la procédure pour déposer la plainte qui doit être encore écrite en arabe et qui sera introduite dés demain matin inchaallah au parquet de justice de Nouakchott Nord.

 Je ne me plierai pas, je continuerai la lutte, je resterai toujours ferme sur mes principes, je serai la voix des exclus et des opprimés pour une Mauritanie juste et respectueuse de tous ses fils et filles. 

#Jokko_sa_famii, engage – toi avec nous si tu as compris cette noble cause!

Victime d´une agression de notre gendarmerie nationale!
Je revenais de Boghé après une conférence que j’animais sur le Rap et la Résistance pendant deux jours, je n’avais pas fermé  l’oeil.

J’ai quitté Boghé ce matin et à 12h:15 mn, arrivé au poste de contrôle de la gendarmerie à 25 km de Nouakchott  on nous arrête. Je dormais en ce moment précis parce que fatigué. Sans me saluer un gendarme me tire violemment le turban et me demande de l’enlever, chose que j’ai faite, même si mon visage n’était pas assez couvert. Et avant même de me demander ma pièce d´identité il me bouscule et me dit : ”Tu es un drogué”. Parce que tout simplement je n’avais pas assez dormi et j´avais les yeux rouges et le visage enflé de fatigue. 

 Je l’ai répondu:” Monsieur vous pouvez au moins me saluer et vous n’avez pas le droit de me traiter de la sorte parce que je suis avant tout un être humain, un citoyen de ce pays que vous devez respecter.

 Il s’énerve et me dit: ” Pourquoi tu me parles en francais descends !”. 
 Il me sort de la voiture, me conduit dans leur bureau et m’introduit dans une chambre qui les sert de poste pour me déshabiller devant tous les gendarmes et d´autres détenus. Il me bouscule avec une violence inouie et haineuse et me crie : ” Ce sont des Flamistes et les gens de l´ IRA”. 

Sans comprendre les autres se mettent dans la danse. Des pluies de monstruosités sortent de leurs bouches, ils insultent mes parents et me traitent de tous les noms d´oiseaux et crachent sur moi.  Ils m’ont pris mon portable et mes lunettes (myope de 5,00 vision de loin), après ce fut une pluie de gifles et des crachas qui m´assaillent.

Je garde toujours ma sérenité, mon calme et refuse de répondre à leur provocation et à leur barbarie. Ils cherchaient certainement un motif valable pour m´accuser ”d´offense à l´autorité publique ou résistance aux forces de l´ordre” mais je suis resté de marbre à leurs coups. 

”Etes-vous fils d´un ministre ou du président pour nous parler en francais?”. Je leur ai répondu que j´étais un simple et un pauvre citoyen Mauritanien, qui a encaissé  tous leurs coups et violences physiques et morales sans réagir et je veux seulement comprendre et savoir pourquoi cette violence et cette injustice?

 Satisfaits et fiers de leur acte et sans répondre à mes questions , ils me sortent de la cellule et me remettent mon téléphone sans aucune autre explication. L’un d’eux m´avertit avec une grande impolitesse:  ”Si tu ne veux pas encore être torturé il faut quitter les lieux et continuer ton chemin! ”. 
J´avais toujours entendu et cru jusqu´à ce matin que les gendarmes étaient d´un corps correcte et juste et qu´íls protegeaient le citoyen et j’avais beaucoup du respect pour ce corps qui était moins visible que les policiers  dans des pagailles mais aujord´hui j´ai découvert ce terrible, hideux et honteux visage de notre gendarmerie nationale. 

 J’irai jusqu’au bout pour savoir la cause de cette violence pour ne pas dire de cette barbarie même si je sais d’avance que notre justice est très inféodée au pouvoir exécutif et à tout le Système.

Avec le soutien du Fonadh et d’éminents avocats nous sommes toujours dans la procédure pour déposer la plainte qui doit être encore écrite en arabe et qui sera introduite dés demain matin inchaallah au parquet de justice de Nouakchott Nord.

 Je ne me plierai pas, je continuerai la lutte, je resterai toujours ferme sur mes principes, je serai la voix des exclus et des opprimés pour une Mauritanie juste et respectueuse de tous ses fils et filles. 

#Jokko_sa_famii, engage – toi avec nous si tu as compris cette noble cause!
Yero Abdoulaye Sow 


Crédit source : Post FB du Rappeur. 

 

Un Cri Osé : Quand je trouble mon interlocuteur noir du maghreb.


L’effet Noir…!!!

Le frère black « arabe » d’un pays maghrébin  m’interroge sur le racisme et les pratiques esclavagistes qui seraient pratiqués dans ma Mauritanie natale. Sommairement quelques éléments sont donnés concernant le racisme de fait du milieu arabo-berbère qui tient l’État depuis l’indépendance, contre la composante black d’une manière générale. Par la suite, j’ai détaillé brièvement les pratiques esclavagistes et leurs séquelles dont sont victimes certains membres de la grande frange des noirs mauritaniens. J’ai expliqué que ces « noirs esclaves » connus de l’extérieur du pays, sont par le fait d’une acculturation historique par l’esclavage arabo-berbère, devenus des Maures dits Noirs. Jusqu’à là tout semblait être clair et il a même fait une ressemblance de statut entre ces maures noirs et eux (noirs de son pays) qui vivent au sein des sociétés majoritairement « arabes ». Il admet qu’ils sont victimes du racisme sur plusieurs plans, et mis socialement au bas de la société. Malgré leur acculturation aussi historique à cause de l’esclavage, ils sont toujours considérés comme une composante à part . La norme sociale de la classe majoritaire blanche, n’accepte pas un brassage racial par les mariages et les métissages. Des cas existent mais très rares, certains milieux « arabes » pensent corrompre leurs lignées nobiliaires si l’un ou l’une d’eux épouse un ou une Black . Surtout ces blacks d’à côté connus comme d’extraction sociale servile dans le temps et l’espace. Après m’avoir tenu ces détails de chez lui, je lui ai dit que chez moi également, cette problématique de relation matrimoniale existe entre arabo-berbere et composante noire, mais aussi entre Noirs et Noirs. J’ai décrit chez nous, dans certaines sociétés noires hors Maures Noirs, un régime de caste est en vigueur dans lequel les hommes ne se valent pas même étant tous de culture identique. Certaines castes dites supérieures veillent afin d’éviter tout brassage social par les mariages pour préserver leurs lignées nobiliaires par rapport aux autres castes dans la même sphère socio-culturelle. Comme certains arabes veulent éviter une « corruption de leur espèce » par le métissage pigmentaire,chez nous, certains craignent la « corruption statutaire » . Ce qui a troublé mon interlocuteur qui ne comprenait pas comment on pourrait  discuter ensemble de nos MAUX qui nous affectent en étant Noirs alors que certains de nôtres font pire en Nous mêmes que l’humiliation venant des autres. Le Mauritanien Noir dit victime dans ce monde globalisé se doit d’apprendre à torturer sa conscience sans cesse pour DIRE LES CHOSES et SURTOUT TOUTES LES CHOSES.

​Communiqué de presse: IRA-Mauritanie s’implante en Côte d‘ivoire.

A l’occasion de son passage en côte d’ivoire, le président Biram  Dah  Abeid,  invité  par  plusieurs organisations  ivoiriennes de droit de l’homme, supervise l’installation de la section de IRA-Mauritanie.

Le président  de l’initiative de la résurgence du mouvement Abolitionniste  ( IRA Mauritanie)  a été  invité  par  plusieurs  cadres et  organisations de droit de l’homme en Côte d’ivoire  précisément à la capitale économique de la côte d’ivoire  Abidjan  pour  échanger sur certains thèmes concernant le respect de la dignité humaine  en Afrique de l’ouest en général et celle de la communauté haratine victimes de l’esclavage en particulier. 

1) Ces organisations de droit de l’homme, également ravie de la présence de Monsieur le président  d’Ira Mauritanie  Biram  Dah Abeid et son épouse  Leila  Ahmed Khliva,  n’ont pas raté l’occasion de le féliciter pour tous les efforts accomplis dans la lutte pacifique. Ensuite elles ont condamné les arrestations et les condamnations des militants d’Ira en République islamique de  Mauritanie  et demandé la libération  des détenus d’opinion dans le plus bref délais .

2) Le président Biram Dah Abeid a été  reçu par une forte délégation d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire venant des différentes villes ivoiriennes. A cette occasion Monsieur le président a adressé un discours à ses militants insistant sur la lutte pacifique en déclarant « c’est avec la non-violence que nous pouvons arriver au sommet, c’est-à-dire obtenir le but qui est bel et bien  une Mauritanie  unie sans discrimination et sans distinction pour tous les mauritaniens ». Ensuite il a échangé certains points essentiels  avec les militants d’Ira vivant en Côte d’ivoire,  comme  le cas des détenus  d’Ira en Mauritanie, que  tous les membres de la section de côte d’ivoire condamnent avec toute énergie. Les militants dénoncent  l’arrestation de leurs confrères en Mauritanie et demandent la libération de ceux derniers dans les plus brefs délais et sans condition.

3) Désormais  Ira Mauritanie ouvre son bureau en Côte d’ivoire. La visite de Monsieur le président Biram Dah Abeid a permis l’ouverture du nouveau bureau central  pour l’initiative de la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira)  en Côte d’ivoire composé  de dix membres. En plus un bureau de la sous-section à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a été installé vue l’importance de la présence d’une grande diaspora dans cette ville.  

En conclusion, les militants sont convaincus que Monsieur le président d’IRA Mauritanie est le seul homme qu’il faut pour la Mauritanie et que sous sa direction le mouvement d’Ira représente l’unique solution pour la Mauritanie.

Ira Mauritanie « yes we can », vive Ira Mauritanie pour une Mauritanie Juste. 

Version français édité par Laabad Ould El Waghere chargé de la communication. 

Version arabe édité par Moustapha  Bilal le président d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire.
Abidjan, le 14.08.2016

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIEBulletin d’information n°10


Le procès des militants d’IRA, vu de l’intérieur (Mardi 9 et mercredi 10 août 2016)


Prévu pour reprendre le mardi 9 août, le procès des militants d’IRA a eu du mal à redémarrer et pour cause. Dans une lettre transmise par le régisseur des prisons à la Cour, les prévenus expliquaient clairement qu’ils ne comparaitraient plus, par eux-mêmes, devant les magistrats si la police continuait à réprimer leurs camarades, les familles de ces derniers et si elle s’obstinait à les empêcher d’accéder à la salle d’audience. Or, le moins qu’on puisse en dire, est que tel ne fut pas le cas. Bien au contraire. le nombre de blessés par agression policière ne cesse de croître et le périmètre du Palais de justice est toujours zone interdite.

C’est ainsi que la police a dû extraire, par la force et la contrainte, les prévenus de leur cellule pour les transporter manu militari au Palais de justice. Mais là, les prisonniers ont de nouveau résisté et refusé de descendre du panier à salade de la police. Il s’en est suivi une rixe qui a nécessité l’intervention, au prés des prévenus, de quelques uns des membres les plus écoutés du Collectif de défense (MM. le Bâtonnier Cheukh Ould Handi, les Doyens Yarba Ould Ahmed Saleh et Lô Gourmo Abdoul) pour amener les militants à accepter de descendre et de rentrer en conciliabule avec le Procureur avant d’accéder à la salle d’audience. Après une longue discussion, le Procurer s’est engagé, en présence des avocats, à laisser le public accéder à la salle d’audience, à donner des instructions pour cesser la répression contre les militants à l’extérieur du Tribunal et à œuvrer pour réunir les conditions nécessaires pour le déroulement normal du procès. En contre partie de ces promesses, qui sont, après tout; d’une grande banalité en temps normal et qui ont été présentées par le Procureur comme étant des concessions majeures, les prévenus s’étaient engagés à accepter de se présenter le lendemain de leur plein gré au tribunal.

Le lendemain, mercredi 10 août, la séance a commencé de la façon la plus normale possible, en présence de toutes les parties. La répression à l’extérieur du Palais a marqué un répit ce qui a eu comme effet immédiat le remplissage des gradins de la salle d’audience de militants et de sympathisants d’IRA et de leurs proches.

Mais, chassons le naturel, il revient au galop! Dès l’audition des prévenus, des événements d’une rare gravité se sont produits remettant en cause le fonctionnement même de la Cour et en doute sa capacité de mener un procès de cette importance dans des conditions réunissant un minimum de normalité pour ne pas prétendre à l’équité ou à la justice.

– Pour commencer, le président de la Cour a décidé d’éloigner les prévenus en les enfermant dans une salle adjacente et en prévoyant de les appeler pour les écouter un à un et chacun à son tour. Or, il est connu que des prévenus impliqués dans la même affaire de peuvent pas être entendus par la Cour de façon séparée. Tous doivent pouvoir entendre les réponses de chacun et le voir pendant qu’il répond aux questions de la Cour. Evidemment, les avocats de la défense ne se firent guère prier pour relever cette entorse manifeste à la procédure. Après moult pressions et pressions contraires, le Président fit machine arrière et autorisa l’ensemble des prévenus à rester groupés dans le box des accusés. Le premier à être interrogé était Moussa Biram

– En plein débat entre partie civile et défense, le Président est intervenu pour interdire aux avocats des militants d’IRA de monter sur l’estrade ou de s’approcher de lui ou du prévenu dont l’audition est en cours. Pour appuyer cette interdiction, le Président intima l’ordre aux policiers d’empêcher les avocats de s’approcher de l’estrade. Ainsi quand Maître El iid Ould Mohameden, avocat de la défense, a voulu transmettre un document au Président, il fut physiquement agressé par un policier et ce au vu et au su du Président de la Cour. Encouragé par cette complicité du Président, un second policier s’est mis à débiter un flot d’insultes et d’insanités en direction du banc des avocats de la défense ce qui a eu comme conséquence prévisible le retrait de ses derniers de la salle d’audience en protestation devant l’humiliation dont ils sont l’objet. Pour calmer la situation, le Président de la Cour finit par présenter ses excuses aux avocats en promettant de renvoyer les policiers insulteurs de la salle d’audience, ce qui permit au procès de reprendre son cours.

– Les réponses de Moussa Biram furent d’une très grande pertinence et ont eu pour effet de déstabiliser la stratégie de la partie civile. Pour tenter de reprendre la main, le Procureur décida de projeter une vidéo censée prouver les accusations proférées contre Moussa. Mais, ce faisant, Monsieur le Procureur feignait d’ignorer le code de procédures qui interdit formellement, par son article 278, tout usage d’appareil d’enregistrement audiovisuel (appareil photographique, enregistrement sonore, vidéo, film…) en cours de séance. S’en suivit une empoignade verbale entre la défense et la partie civile au milieu de laquelle, le Président décida de suspendre la séance jusqu’à lundi 15 août et ce sans trancher la question de l’usage de cette appareil pourtant clairement objet de l’article 278 du code de procédures.

– Que décidera le Président lundi prochain? Acceptera-t-il la violation d’une disposition claire et nette du code de procédures? Est ce que l’Exécutif voudra intervenir dans ce procès plus directement?

– De nouveau la question de l’omniprésence de la police et de son double rôle de juge et de partie mérite d’être posée. C’est la police qui porte plainte, pour soit disant agression contre l’un de ses éléments, c’est la police qui mène l’enquête et c’est la police qui est chargée de sécuriser le tribunal où son affaire est jugée! La nervosité des éléments de la police à l’encontre des militants d’IRA mais aussi à l’encontre des avocats de ces derniers est un signe patent de leur implication dans ce procès et une preuve supplémentaire de leur partialité dans cette affaire. Il est donc urgent que ce corps soit dessaisi au moins de la mission de la sécurisation du Palais de justice et remplacé par celui de la gendarmerie.

Nouakchott le 12 août 2016 La Commission de Communication