​Le procès d’une vingtaine de personnes (harratines)

Le mouvement EL HOR qui a suivi avec beaucoup d’attention le procès d’une vingtaine de personnes (harratines) dont 13 membres d’IRA, le verdict  tombé le mardi 19 AOUT 2016 avec de très lourdes peines allant de 5 à 15 ans d’emprisonnement.

Ce procès avec ses lourdes peines constitue un acte d’une gravité extrême qui sans doute aura des conséquences fâcheuses sur la cohésion nationale; comme sa prouve une volonté manifeste du régime de briser la volonté des harratines à se libérer, à s’émanciper et à recouvrer leurs droits afin qu’ils restent sous le joug des maures, assujettis à l’esclavage dans ses pires formes, exclus et relégués au second plan, ce que les harratines rejettent d’embler.

Ces lourdes peines non justifiées dévoilent davantage les visés du régime d’apartheid de Mauritanie qui, jour après jour nous montre son vrai visage et le mépris qu’il nourri en vers les harratines, ceux là qui luttent pour la liberté, la dignité, le droit et la reconnaissance de leur particularité spécifique.

 

Mohamed Ould Abdel Aziz soutenu par les nationalistes arabes étroits n’a jamais caché ses velléités contre la communauté harratine.

Nous disons à ceux là qu’ils sont entrain de jouer avec le feu et de détruire le fondement de l’état par une vision basée sur le racisme, l’exclusion, la discrimination, la non reconnaissance de l’autre et de ses droits fondamentaux.

Nous rappelons à ceux là que la Mauritanie n’est pas plus arabe qu’africaine de part son positionnement géographique de trait d’union entre le monde arabe et l’Afrique, les liens séculaires, culturels, civilisationnels et historiques sont assez profondes que la tenue à Nouakchott d’un sommet arabe ne peut pas  étouffer comme on a tenté de faire dans une oblique de purification ethnique et raciale.

Ce qu’il faut également comprendre que les harratines ne serviront plus d’appendis des maures, mais un partenaire en tant qu’une composante nationale ayant sa particularité et ses droits particuliers à en  jouir en toute plénitude.

Le mouvement EL HOR dénonce vigoureusement ces peines comme il dénonce et condamne avec force les tortures infligées à ces personnes de manière atroce.

 

EL HOR estime qu’il s’agit là d’une situation inacceptable et exige par voie de conséquence que ces personnes soient libérées car le jugement n’était pas libre, les procès-verbaux de polices sont triqués, les preuves matérielles présentées sont aussi triquées, les détenus ont été sauvagement torturés et brutalisés, bref une opération louche et malsaine, visant à faire taire la voix des opprimés pour les faire renier à leur juste lutte.

 

A BAS le système esclavagiste, A BAS la discrimination et le racisme.

 

POUR  EL HOR

LE COMITE CENTRAL                                                                                                               Nouakchott, le 22 Août 2016

​L’honneur d’être solidaire pour les uns et honte d’avoir des solidarités pour les autres…!!!


Lors d’une interview accordée à la chaîne TV5 dans les jardins du palais ocre à Nouakchott il y a quelques années, notre Raïs considéré par les Occidentaux comme un pion clé du dispositif antiterroriste dans le sahel s’était autorisé une ingérence dans les affaires maliennes. Fier de sa posture d’un protecteur à poigne qui aurait écrasé ou bouté les extrémistes violents hors du champ d’action, Ould Abdelaziz s’était permis de donner des leçons aux autorités maliennes concernant les maliens du Nord. Il croit savoir que ces derniers sont oubliés par le gouvernement central du pays basé à Bamako. En langage diplomatique, on comprendrait que pour lui, les populations du Nord Malien se soulèvent contre l’autorité centrale à cause du traitement dont ils font l’objet. Rien d’étrange, car nous savons que des éléments rebelles touaregs sont présents chez nous et ils ne sont pas que des réfugiés inactifs. Certains milieux puissants dans notre pays se préoccupent plus pour ce qui se passe pour les Nord maliens que pour certains d’entre nous mêmes. Cette solidarité transnationale qui est basée sur une référence tribale et culturelle, fait partie d’un code d’honneur qui s’assume bruyamment même par ceux qui dirigent les affaires étatiques. De l’autre côté, les dirigeants sénégalais et maliens se cachent lâchement derrière le principe d’une fantomatique non-ingérence pour ignorer l’ostracisation veroce et perpétuelle d’une composante importante du peuple mauritanien par un ordre étatique à dominance monocolore. Il faut noter que plusieurs dirigeants africains se limitent dans les rapports d’État à État avec leurs homologues du Nord, alors que ces derniers les traitent toujours dans une position de subalternes qui ne peuvent pas donner de leçons. En dehors du niveau étatique, une société civile consciente du Sénégal notamment ose s’exprimer ouvertement sur ce qui se passe chez nous. Et aussi, le milieu panafricain de la jeune génération commence à réfléchir LARGE en faisant abstraction des frontières physiques, culturelles et religieuses qui sont devenus des outils de domination pour des régimes injustes et partisans. Je citerai en saluant le courage de l’activiste panafricaniste Kemi Seba qui ne cesse d’interpeller les africains sur ce qui se fait en Mauritanie aujourd’hui en 2016. 

Nous, de notre côté , il est temps qu’on fasse sauter nos chaînes psychologiques qui font qu’on n’assume pas d’où viendra notre voi(e)x de secours. Faire du lobbying auprès des peuples subsahariens concernant les injustices que nous vivons depuis des années, n’est en rien un acte anti-patriotique. On ne devient pas « ennemi » d’une nation hypocritement dite soudée et en parfaite cohésion sociale ressassée par certains profiteurs éphémères du VENTRE, si on part à Dakar ou à Abidjan pour exposer nos réalités tristes qui perdurent. S’il est honorable et digne de permettre l’activisme même subversif d’un Touareg malien ou un arabe malien à Nouakchott, au profit ses causes politiques et autres, il n’est pas non plus HONTEUX et INDIGNE qu’un abolitionniste ou un VRAI opposant soit accueilli et écouté à Bamako ou à Kigali. Être libre, c’est savoir choisir sans tenir compte des humeurs et des caprices inhibiteurs de l’Autre.

K.S

KEMI SEBA , LE PANAFRICANISTE CHEVRONNÉ INTERPELLE ET AVERTIT LE PRÉSIDENT MAURITANIEN AU SUJET DES ABOLITIONNISTES LOURDEMENT CONDAMNÉS.


[MAURITANIE: QUE LES CHOSES SOIENT DITES]

Kemi Seba:« 3 à 15 ans de prison, ce sont les peines que la (prétendue) justice de Nouakchott a prononcé contre des militants noirs mauritaniens cette semaine. LEUR CRIME?Lutter contre l’esclavage des Noirs en terre mauritanienne AU 21EME SIÈCLE. Que dit l’Union africaine? RIEN. Que disent les tiers-mondistes? Rien. Que disent les pro-palestiniens si prompts à critiquer le racisme des israéliens mais si silencieux pour dénoncer le racisme structurel (parfois bien plus violent) qui persiste à bon nombre d’endroits dans le monde arabe et chez  ces ESCLAVAGISTES BEYDANES en particulier? RIEN.

Que disent la majorité des Noirs face à ce drame? Rien, ou si peu! C’est tellement moins swagg que la lutte des Noirs aux USA n’est ce pas….? Une pensée POUR CHAQUE FRERE de l’IRA incarcéré injustement et mention spéciale pour mon ami proche et frère de combat, Ousmane Anne, qui fait partie des condamnés. Je t’aime mon frère. Et peu importe les moyens à notre disposition, nous vous sortirons de là, même si nous devons remuer ciel et terre.

Quant à vous, monsieur  le criminel politique, esclavagiste, raciste, monsieur le président Mohammed Ould Abdel Aziz, tant que des Hommes innocents, dont le seul crime est de dénoncer l’esclavage que VOUS TOLÉREZ sur vos terres (leur incarcération, malgré vos élucubrations, en est la plus grande illustration), seront en prison, j’appelle tout les militants panafricanistes à PERTURBER vos déplacements sur le continent africain. VOUS ETES PIRE QUE PETHER BOTHA d’AFRIQUE DU SUD, pire que NETANYAHOU le sioniste. TANT QUE NOS FRÈRES ne seront pas libérés, vous ne voyagerez plus TRANQUILLE EN AFRIQUE.  J’en prends l’entière responsabilité, en appelant toujours les miens à agir sans pour autant tomber dans le piège de la VIOLENCE, dans lequel nos ennemis aimeraient bien nous voir nous noyer pour par la suite, pouvoir nous immobiliser…
Crédit source : Page officielle Facebook Kemi Seba 

​Déclaration : Un simulacre de procès


Treize militants abolitionnistes « iraouis » , adeptes de la lutte non violente, viennent d’écoper de lourdes peines de prison ferme, qui de 15 ans, qui de 5 ans et d’autres de 3 ans. Avec  eux, sept habitants de « Edbaye Ould Bouamatou » se voient infliger des peines similaires. Ces militants antiesclavagistes et ces citoyens de quartiers pauvres de la Capitale vont rejoindre les jeunes du Mouvement du 25 février, condamnés à des peines du même ordre il y a quelques semaines. Ils iront peut être dans les cellules encore chaudes que viennent de quitter, il y a trois  mois, les autres dirigeants d’IRA à savoir son président Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Ramdhane. Ainsi vont les droits de l’homme sous le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, général putschiste ayant légalisé son forfait en se faisant élire puis réélire. 
 Ces peines, extraordinairement lourdes, ont été prononcées à l’issue d’un simulacre de procès où la police était juge et partie, les juges violaient les codes de procédure pénale et l’Exécutif se montrait ouvertement à la manœuvre.  Le procès s’était d’ailleurs terminé sans la présence du Collectif des avocats de la défense qui s’était retiré à la demande des prévenue et à la suite du refus de la Cour d’examiner la plainte pour actes de torture déposée par les détenus contre des officiers et agents de la police qu’ils avaient nommément désignés. La Cour s’étant déclarée incompétente alors que la loi lui fait l’obligation de recevoir de telle plainte.

 Devant la démesure des peines et face à ce qui paraît être un choix d’escalade trahissant la fébrilité du gouvernement de Ould Abdel Aziz, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) tient à porter à la connaissance de l’opinion ce qui suit:

 1- Nous saluons nos militants et célébrons leur courage, leur détermination et leur dignité face à l’injustice qui s’abat sur eux et sur leur famille. Vous n’êtes pas  les premiers et ne serez pas les derniers abolitionnistes que le régime esclavagiste et raciste du Général Ould Abdel Aziz a désignés comme cibles, cibles qu’il a systématiquement  ratées. Nos chaleureux remerciements et notre profonde gratitude vont au Collectif des avocats qui s’est spontanément mis en place pour défendre nos militants;

 2- les arrestations de nos militants, leur condamnation à des peines aussi lourdes ne changeront d’un iota notre détermination à déconstruire, jusqu’à la dernière pierre,  le système esclavagiste et à bâtir sur ses ruines une Mauritanie pour tous, juste, égalitaire et prospère. Cette détermination n’a d’égale que notre volonté à mener ce combat, comme nous l’avons toujours fait et notamment pendant les 18 mois de détention arbitraire de nos autres dirigeants, par les moyens de la non violence que nous garantit la Constitution;

 3- Nous exhortons l’ensemble des forces de l’Opposition, les personnalités libres et les institutions indépendantes à unir nos actions et à conjuguer nos efforts pour en finir avec un régime qui n’a que trop, tantôt pris en otage, tantôt en bouclier les uns et les autres pour perpétuer son emprise sur le pays et continuer à s’octroyer les avantages indus produits par le labeur des Mauritaniens. La lutte contre l’esclavage et le racisme est l’affaire de tous et ne peut être gagnée que par les efforts de tous;

4- Nous appelons nos militants à la mobilisation générale pour exiger la libération des détenus en utilisant toutes les formes de luttes pacifiques garanties par la constitution de notre pays.   
 Le bureau exécutif                                        

 Nouakchott le 20  août 2016

​Les abolitionnistes sont « SEULS »…face à  l’État et son « peuple élite »…!!!

J’écrivais une fois que ceux qui nous dirigent ne sont pas des colons. Ils viennent de nous et font beaucoup des choses comme nous. Ceux qui tiennent notre État honteux, ne croient pas à la primauté de l’état de DROIT sur nos normes tribales et communautaires. L’exécutif qui joue de la justice pour étouffer les voi(es)x abolitionnistes et anti-esclavagistes, suit une certaine logique malheureuse que tout Mauritanien sincère reconnaîtrait dans son for intérieur. L’État se sert d’un certain morcellement d’identification sur les différentes injustices qui traversent toutes les  communautés nationales . Il n’est pas étonnant que le mouvement IRA, soit le focus principal des attaques multiples d’un ordre étatique qui porte les desseins des plusieurs milieux réactionnaires ayant  des intérêts convergents (matériels et immatériels). Le corps militant et sympathisant transcommunautaire du mouvement abolitionniste, déroute tous les milieux communautaristes qui sont formés et conditionnés à ne prendre en compte les INJUSTICES que selon certains angles en concordance avec leurs convenances coutumières et sociales. Nos normes mentales et psychologiques font que notre SINCÉRITÉ est toujours DOUTEUSE en fonction des événements qui bousculent notre quotidien honteux et fataliste d’une échelle à une autre. Pour notre État, qui nous incarne finalement au fond, un Haratine exclusivement anti-esclavagiste et abolitionniste est sous contrôle stratégique s’il n’est suivi que par des Haratines communautarisés. Pour Nous autres (Noirs Hors Haratines) , si ce même Haratine est TROP abolitionniste et anti-esclavagiste de fond en débordant sur certaines manifestations socialisées de l’esclavage, il devient dangereux et irrespectueux des nôtres. De ce fait, son combat ne sera pas sincèrement et massivement le nôtre. L’État est honteux mais suit une certaine cohérence évidente, quant à nous, nous sommes à la fois HONTEUX ET INCOHÉRENTS. J’ai honte de reconnaître  de ne pas pouvoir mobiliser plus 150 personnes dans mon village d’origine au sein de mon Guidimakha natal pour manifester contre le verdict qui a frappé les leaders abolitionnistes d’IRA-Mauritanie  (de 3 à 15 ans de prison ferme) . Mais pourquoi..? 

Tout simplement, la cause abolitionniste et anti-esclavagiste ne porte pas chez moi et certainement dans plusieurs localités du Sud Mauritanien. J’ose parier que 95% de nos chefs traditionnels et leurs cours n’ont aucune sympathie pour les thèses abolitionnistes et anti-esclavagistes. Dans les milieux urbains également, on peut plus mobiliser une certaine frange Black pour la Palestine que pour les leaders abolitionnistes incarcérés. Je ne peux ne pas citer un échange avec un homme soninké dans la région parisienne, qui disait que Biram mourrait en Prison parce qu’il est violent et insultant envers tout le monde. L’anti-esclavagisme n’est pas combattu que par l’État seulement. Il y a en nous Autres, des prédispositions sociétales qui sont allergiques à l’abolitionnisme. Ce dernier serait même un critère anti-VALEURS culturelles selon notre code nobiliaire d’honneur. Certains parmi nous, sont contre l’esclavage par principe évidemment, mais ils ne supportent pas l’activisme agissant et “intrusif” des anti-esclavagistes. Reconnaissons-le humblement, notre État Honteux s’aligne sur l’écrasante majorité du « peuple élite » qui n’est pas forcément esclavagiste mais foncièrement et HONTEUSEMENT anti-abolitionniste. On dirait que les partis politiques classiques font eux aussi du minima sur cette affaire farfelue mise injustement sur les cadres d’IRA-Mauritanie. Rappelons nous de l’interpellation pendant quelques heures du colonel Ould Beibacar .
 Ce dernier par ses sorties courageuses sur certains événements douloureux du passé, avait été arrêté, et à la suite, lors d’une conférence de presse en présence des plusieurs voix qui comptent, un comité de soutien expresse avait été mis en place pour sa défense. Et là, la timidité de certains acteurs de la scène politique est étrange. Bref, les partis sont peut être un certain reflet de ce qui tient les tripes de nos sociétés. De ce point de vue, aucun parti n’est esclavagiste évidemment, mais ceux qui tiennent les partis politiques ne sont pas tous à l’aise avec le VRAI anti-esclavagisme et l’abolitionnisme.
K.S

18-08-2016 01:30 – La Mauritanie, mon pays, cet enfant métis arabisé Par Abdoulaye Oiga, ancien DG de la CNSS


Le Quotidien de Nouakchott
– La Mauritanie est composée des trois types de populations :

1) Des noirs agriculteurs, chasseurs, autochtones qui étaient là au temps du néolithique vers 6000 ans avant-J-C au moment où le Sahara était humide. Ces populations sont des Soninké, des Sérères, Peuls, Wolof et Bambara. C’est de ces populations que sont issus les haratines.

2) Les berbères Sanhaja venus du Yemen aux environs de 380 avant J-C. composés de plusieurs tribus appelées Lemtoma en maure.

3) Des arabes qui ont rejoint ces berbères entre le 13ème et 14ème siècle qu’on appelle les béni-Hassan.

Ces trois groupes vivaient ensemble sur cette terre, des siècles durant. Ils formèrent des alliances et des contre-alliances, se combattirent et finissent par se marier et donner naissance au pays métis que nous sommes aujourd’hui.

La Mauritanie est donc un pays arabo-négro-berbère au lieu de pays arabo-africain. Le qualificatif arabo-africain est une manière subtile de faire disparaître de sa population la composante négro-mauritanienne parce que tous les pays arabes situés sur le continent africain, à commencer par le plus peuplé de tous l’Egypte, la Lybie, le Soudan, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, le Djibouti, les Comores et la Somalie sont arabo-africains.

La Mauritanie est un enfant métis dont le père est le monde arabe et la mère l’Afrique noire. Ce métissage de la Mauritanie trouve sa justification dans le fait qu’il n’existe aucune tribu maure qui n’a de sang négro-mauritanien qui circule dans ses veines, et qu’il n’existe aucune communauté négro-mauritanienne qu’elle soit Peul, Soninké ou Wolof qui n’a de sang maure qui circule dans ces veines.

Je citerai entre autres exemples les cas suivants :

– Cheikh Mohamed Vadel, Cheikh El Aïnina ont pour mère une peule qui s’appelle Khadijetou Bal, petite fille du grand marabout peul Thierno Souleymane Bal qui instaura l’Etat théocratique du Fouta.

– Abderrahmane ould Cheine dit Deïba, chef général des Talaba a une mère soninké de la famille Soumaré.

– L’émir du Tagant Abderrahmane ould Bakar ould Sid’Ahmed a sa mère Tileïla qui est une négro-mauritanienne.

– L’émir du Trarza Mohamed El Habib a épousé la princesse du royaume wolof du Walo qui s’appelle N’Djimbott Mbodj avec laquelle il a eu Ely Njimbott.

– Mohamed El Bambari, quatrième khalif des Lemtouna, a épousé la princesse peule du Toro qui s’appelle Fatimata Sall. Il a eu avec elle un garçon nommé Ahmed qui est devenu le roi du walo que les Wolofs appellent N’Diadiane N’Diaye.

– L’émir du Brakna, Sidi Ely a sa grand-mère paternelle qui est la grande sœur du grand père de Dieng Boubou Farba ancien Président du Sénat.

– L’émir Ehel Heïba ont une parenté avec les négro-mauritaniens.

– Cheikh El Avia ould Mohamed Khouna, ancien premier ministre également Talaba est peul d’origine.

– Mohamed Khoulé, l’ancêtre de la tribu Lakhlal a une mère Soninké qui s’appelle Kounda Cissé de la ville de Chinguetti. Chinguetti est une déformation du nom soninké « si-nguédé » qui signifie le « puits du cheval ». La mosquée de Chinguetti qui fait la fierté de tous les mauritaniens a été construite par un Soninké nommé Cheikh Namou Camara. Il y fut Imam, il est mort et enterré dans la mosquée sur le côté gauche en entrant.

– La famille des chérifs Ould Moulaye Zeine, ont leur ancêtre El Ghassem qui a une mère negro-mauritaniennne (Bambara) qui s’appelle Mariam.

– La tribu des Oulad Beri ont une fraction les Takarir qui sont des négro-mauritaniens d’autres descendent de Biry Kaba Diakhité, un soninké.

– Dah ould Teiss, ancien président de l’assemblée nationale de Mauritanie a une mère peule nommée Tacko Kane.

– Sidi El Mokhtar NDiaye ancien président de l’Assemblée Nationale de Mauritanie a pour mère une Sbaï nommée Sokeïna mint kharchi.

– Mr Boudda ould Bousri et Ahmed Salem ould Adoud sont d’origine peule.

– La tribu des Deg-moli tous des peuls qui sont acculturés pour devenir des maures.

– Il y a des Kane, Ehel Modi Nalla qui sont d’origine maure, Lemtouna.

– La mère de Cheikhna Hamahoullah est une peule nommée Assa Diallo.

– Mohamed Lemine Tandia a épousé une peule Kaladio nommée Hawa Sy avec laquelle il a eu Tandia Cheikh Sidya actuel président de l’Association pour la Promotion et la Culture Soninké en Mauritanie. Ce même Mohamed Lemine Tandia a également épousé une Rgueïbatt qui s’appelle Boytir Mint Herbal.

– Monsieur Bouh El Moukdad Seck a épousé une femme de la tribu Oulad Ahmed Mine Demane.

– Cheikh Tourad Camara a épousé une femme de la tribu Idawaly etc.

Dans ce métissage, la composante haratine n’est pas en reste :

– Certains éléments sont des sérères faisant part des premières populations mauritaniennes qui ont été coupées de leur racine et sont devenues haratines.

– D’autres sont les victimes des razzias opérées par hordes de maure qui sont venus les voler au sud du pays pour en faire des captifs. Il faut ajouter à ceux-ci, les éléments qui ont été battus à la suite des guerres claniques et qui ont été vendus par les rois négro-mauritaniens.

– La dernière catégorie, ce sont les éléments des armées négro-mauritaniennes alliées de Bakar ould Sid’Ahmed. Ils étaient venus aider Bakar à conquérir le Tagant. Une fois la guerre achevée, ils se sont installés dans le milieu maure, et ces derniers les considèrent comme des haratines.

La composante haratine s’est métissée avec aussi bien les berbères Sanhaja qu’avec la communauté négro-mauritanienne dont elle est issue.

Par ailleurs, l’ardine, la Tidinite instruments de musique maure sont d’origine négro-mauritanienne. Le boubou, avec ses accessoires, le Tourqui, les babouches traditionnelles, ainsi que le dissa (Hawoli) est la tenue officielle que portent les ambassadeurs de Mauritanie pour la présentation de leurs lettres de créance. Cette tenue qui est fixée par décret comme tenue officielle est négro-mauritanienne. La structuration de la société maure en guerrier, marabout, forgeron, griot et captif vient de la société négro-mauritanienne puisqu’elle n’est pas arabe.

Vouloir gommer une telle réalité qui crève les yeux relève de la mauvaise foi.

Cet enfant métis qu’est la Mauritanie n’a pas été reconnu avant sa naissance par son père (monde arabe excepté la Tunisie du Président Bourguiba). Ce père a utilisé tous les moyens pour qu’il ne voit pas le jour, qu’il n’existe pas (revendications marocaines). Mais grâce à l’aide de ses oncles maternels (certains pays de l’Afrique noire en particulier le Sénégal) et l’appui de son tuteur (la France) l’enfant vit le jour. Il fit suivi, encadré puis accompagné jusqu’à son admission aux nations unies le 21 octobre 1961.

Les années passèrent, l’enfant grandit et prit de l’audience sur la scène internationale. Ses prises de positions en faveur des causes justes, la création de la monnaie nationale (l’Ouguiya), la nationalisation des mines de fer de Mauritanie (Miferma), la révision des accords avec la France lui valurent l’estime, la considération et le respect de la communauté internationale. C’est dans ce contexte que le père sentant son fils devenu un prodige, surgit pour enfin le reconnaître (1973).

La mère qui a tant souhaité cette reconnaissance, poussa un ouf de soulagement, mais s’inquiéta pour l’avenir de son fils dont le père avec cette reconnaissance risque d’être trop envahissant. Après une période courte de retrouvailles entre les deux parents où débuta l’épanouissement de l’enfant, commença la période de conflit dû au tiraillement entre les parents pour conserver l’enfant. L’enfant à qui il a manqué des années durant l’amour paternel, bascula dans le camp de son père pour combler son déficit en amour paternel mais sans renier sa mère.

Aussitôt après cette reconnaissance de l’enfant par son père, certains de ces oncles paternels (arabo-berbères) commencèrent à faire de lui un arabe et à le pousser à renier sa mère (les négros-mauritaniens).

Ses oncles paternels tenants de la thèse d’une Mauritanie où ne prévalent et ne prévaudront que la langue et la culture arabe à l’exclusion de celles des communautés Peul, Soninké et Wolof, sont une minorité d’idéologues civils et militaires de la composante arabo-berbère qui se sont imposés à l’ensemble du peuple mauritanien par la force des armes et qui se relaient au pouvoir depuis 1978.

Le refus par ces idéologues dont le cercle s’agrandit de jour en jour, du développement de la langue et de la culture des populations négro-mauritaniennes vient de ce complexe de vouloir être arabe qui est né à la suite de la défaite humiliante qui leur a été infligée par les Beni Hassan lors de la guerre Charbaba (1640-1666) à l’issue de laquelle il leur a été interdit le port du pantalon (Sirwal) tant qu’ils ne deviendront pas arabes et de ne plus parler berbère mais plutôt le Hassanya la langue dialectale des Béni Hassan.

Pour remplir les conditions imposées par les Beni-Hassan, nous constatons aujourd’hui que dans leur majorité ils ont honte de ce qu’ils sont (berbères) au point de supprimer de leur état-civil les mots Ould et Mint pour devenir arabe. Puisque tel est leur choix respectons-le. Mais nous espérons que ce choix ne changera en rien le caractère métissé et multiculturel du peuple mauritanien.

La situation des communautés négros-mauritaniennes a atteint un tel degré de gravité que ni les concertations du dialogue, ni le débat sur la cohabitation, l’exclusion et l’unité nationale ne serviront si ce n’est que de cautionner la politique d’extinction de ces communautés.

L’objectif affirmé de ces idéologues étant d’assimiler les populations peul, soninké et wolof à défaut les exterminer, pour ce faire ils devront déplacer le pays pour aller l’installer dans le Golf arabique et permettre ainsi à deux républiques sœurs l’une le Mali d’être désenclavée et avoir accès à la mer et l’autre l’Algérie d’avoir une ouverture sur l’Atlantique.

Au terme de cet article, je voudrais lancer un appel pressant aux forces militaires, politiques et aux acteurs de la société civile en particulier la jeunesse mauritanienne dans toutes ses composantes afin que cet enfant métis puisse réconcilier ses deux parents pour sa survie.

C’est l’aider à assumer cette responsabilité historique que j’invite l’ensemble de mes compatriotes.

Nouakchott, le 15/08/2016

Abdoulaye Ali OIGA

Ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de sécurité sociale

18-08-2016 15:51 – Procès des abolitionnistes : le propriétaire du terrain lève un coin du voile


Le Calame
– A la demande de la partie civile, la Cour Criminelle a procédé, mardi, à l’audition du propriétaire du terrain squatté par les populations haratines, à l’origine des affrontements du 29 juin dernier.

Cette audition, qui n’a pas excédé trois minutes chrono, a permis de lever certaines zones d’ombre. Le propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne contrairement aux pv établis par la police qui soutenaient le contraire.

Dans la même veine, il a récusé les assertions qui lui sont prêtées dans les PV dressés par la police qu’il dit n’avoir jamais paraphés. Réaffirmant le caractère spontané des regrettables affrontements du 29 juin dernier, il a estimé n’y avoir vu, en âme et conscience aucune main invisible d’aucune organisation dans cette affaire et ne pas connaître les militants abolitionnistes.

Il a soutenu être arrivé à un compromis avec les habitants de la gazra visant à leur départ du site après le mois du ramadan.

Déclarant entretenir de bons rapports avec les occupants de son terrain, il dit avoir versé un acompte de 6 millions sur les 12 prévus montrant à la cour les décharges. Il s’est déclaré surpris et choqué des violents affrontements et a fait remarquer n’avoir mandaté aucune autorité pour procéder au déguerpissement des squatteurs.
Crédit source : http://www.cridem.org