​L’honneur d’être solidaire pour les uns et honte d’avoir des solidarités pour les autres…!!!


Lors d’une interview accordée à la chaîne TV5 dans les jardins du palais ocre à Nouakchott il y a quelques années, notre Raïs considéré par les Occidentaux comme un pion clé du dispositif antiterroriste dans le sahel s’était autorisé une ingérence dans les affaires maliennes. Fier de sa posture d’un protecteur à poigne qui aurait écrasé ou bouté les extrémistes violents hors du champ d’action, Ould Abdelaziz s’était permis de donner des leçons aux autorités maliennes concernant les maliens du Nord. Il croit savoir que ces derniers sont oubliés par le gouvernement central du pays basé à Bamako. En langage diplomatique, on comprendrait que pour lui, les populations du Nord Malien se soulèvent contre l’autorité centrale à cause du traitement dont ils font l’objet. Rien d’étrange, car nous savons que des éléments rebelles touaregs sont présents chez nous et ils ne sont pas que des réfugiés inactifs. Certains milieux puissants dans notre pays se préoccupent plus pour ce qui se passe pour les Nord maliens que pour certains d’entre nous mêmes. Cette solidarité transnationale qui est basée sur une référence tribale et culturelle, fait partie d’un code d’honneur qui s’assume bruyamment même par ceux qui dirigent les affaires étatiques. De l’autre côté, les dirigeants sénégalais et maliens se cachent lâchement derrière le principe d’une fantomatique non-ingérence pour ignorer l’ostracisation veroce et perpétuelle d’une composante importante du peuple mauritanien par un ordre étatique à dominance monocolore. Il faut noter que plusieurs dirigeants africains se limitent dans les rapports d’État à État avec leurs homologues du Nord, alors que ces derniers les traitent toujours dans une position de subalternes qui ne peuvent pas donner de leçons. En dehors du niveau étatique, une société civile consciente du Sénégal notamment ose s’exprimer ouvertement sur ce qui se passe chez nous. Et aussi, le milieu panafricain de la jeune génération commence à réfléchir LARGE en faisant abstraction des frontières physiques, culturelles et religieuses qui sont devenus des outils de domination pour des régimes injustes et partisans. Je citerai en saluant le courage de l’activiste panafricaniste Kemi Seba qui ne cesse d’interpeller les africains sur ce qui se fait en Mauritanie aujourd’hui en 2016. 

Nous, de notre côté , il est temps qu’on fasse sauter nos chaînes psychologiques qui font qu’on n’assume pas d’où viendra notre voi(e)x de secours. Faire du lobbying auprès des peuples subsahariens concernant les injustices que nous vivons depuis des années, n’est en rien un acte anti-patriotique. On ne devient pas « ennemi » d’une nation hypocritement dite soudée et en parfaite cohésion sociale ressassée par certains profiteurs éphémères du VENTRE, si on part à Dakar ou à Abidjan pour exposer nos réalités tristes qui perdurent. S’il est honorable et digne de permettre l’activisme même subversif d’un Touareg malien ou un arabe malien à Nouakchott, au profit ses causes politiques et autres, il n’est pas non plus HONTEUX et INDIGNE qu’un abolitionniste ou un VRAI opposant soit accueilli et écouté à Bamako ou à Kigali. Être libre, c’est savoir choisir sans tenir compte des humeurs et des caprices inhibiteurs de l’Autre.

K.S

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