​Il y’a la rhétorique pompeusement servie et il y’a les réalités têtues difficilement évitables. 


Ces mots alibis et paravents bien connus dans nos discours politiques et militants se voulant analytiques de la problématique de l’esclavage et ses manifestations sociétales : partage du travail, organisation sociale, le temps fera le changement, tout le monde trouve son compte, nos traditions, le système étatique serait le pire, le mal serait la discrimination raciale, nos valeurs culturelles, la liste est longue…!!
Une gymnastique bien connue chez nous et parmi nous, par laquelle le progressiste à l’échelle nationale s’avère être le réactionnaire acharné dans sa communauté d’origine. Le discours abolitionniste agissant est repoussé voire honni pour les mêmes raisons que l’on soit proche du pouvoir ou des certains mouvements politiques opposants dans le système et en dehors du système. 

D’aucuns s’entretiennent au sein de leurs girons communautaires sur l’immatériel et le matériel, par la promotion d’un ordre tribal ou féodal par lequel les Hommes ne se valent pas. L’état méchant qu’on décrit incessamment et qui est tant décrié, transpose un certain régime réactionnaire qui sévit dans nos sociétés respectives. Cet État est bien incarné aujourd’hui par le président actuel, mais j’ose parier les 5 doigts de ma main gauche, qu’une bonne dizaine de personnalités publiques qui comptent dans l’arène politique « NORMALE » ont la même approche des réalités de l’esclavage et ses manifestations sociétales dans le pays que le Raïs . Très souvent dans le passé les appareils politiques élitistes dans les milieux urbains essaient de développer un discours politique très différent de celui servi dans les milieux ruraux réactionnaires où la notion de citoyenneté est diluée dans l’ancien ordre. Le personnel politique d’extraction sociale ayant une certaine complicité ou ambivalence avec l’ancien ordre, s’est servi d’une manière plus ou moins assumée pour se donner du crédit d’une échelle à une autre (communautaire à nationale). Cette incohérence flagrante longtemps tue n’échappe plus à la nouvelle lecture du fait politique centré sur le CITOYEN. Dans un pays où des juridictions spécialisées pour les pratiques esclavagistes se créent , et les mentalités féodales s’expriment par le silence douteux et les indifférences sournoises, on ne fera pas la politique à la classique comme un autre pays. Tout parti politique d’aspiration noble de l’exercice, se doit de penser à l’édification de la NORME CITOYENNE d’abord afin d’éviter l’inévitable dévoilement par les hésitations et les discours creux dans les salons climatisés. Le jeu de la politique politicienne qui meuble le vide pour figurer en bonne entente tacite avec les gouvernants du moment, montrera ses limites à terme. Les programmes politiques qui appellent aux changements sortent de partout, mais ceux qui peaufinent tous ces beaux textes, sont parmi les premiers qui combattent le CHANGEMENT chez eux et parmi eux. On voudrait que l’autre change mais notre propre changement serait l’ordre d’une indignité affectant notre socle identitaire. Tout ce qui pourrait mettre en cause notre socle identitaire jalousement hérité, est rejeté du champ des aspirations réformatrices. Ainsi les ardeurs activistes s’estompent et le relativisme prend le dessus sur les convictions profondes prêchées ailleurs. 
Une réalité amère se constate entre la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste et certains mouvements opposants et revendicatifs à l’échelle nationale. Certains pensent que lanti-esclavagisme qui déborde à l’anti-féodalisme bien réel, serait malvenu parce que cela toucherait certains milieux dits alliés naturels dit-on . Ces derniers préfèrent l’anti-esclavagisme couplé à l’anti-racisme globalisant et binaire et veulent gommer le féodalisme latent qui inhibe tout autant l’expression citoyenne d’une frange importante du peuple du bas statut social. Parmi nous, il y en a qui nient l’existence de l’esclavage et ses conséquences socialisées dans leurs communautés, mais ils hésitent de participer à la lutte contre l’esclavage connu existant ailleurs, pire ils se permettent de torpiller les efforts de ceux qui agissent. On dirait que l’activisme abolitionniste et anti-esclavagiste par sa vitalité courageuse face à un régime répressif incarnant des pouvoirs multiformes au fond, dévoile un esclavagisme d’esprit et de mentalité  qu’on voudrait cacher quelque part. Le déni ressassé ne dissout pas les réalités dévoilées par nos incohérences devenues flagrantes jour après jour. 
K.S

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s