30-08-2016 18:00 – L’esclavage dans les espaces villageois Soninkés du Guidimakha



UFCM
– Cet article est les résultats des enquêtes de terrain par observation, entretien et vécu. Il traite la question de l’esclavage en Mauritanie particulièrement chez les Soninkés dans la région du Guidimakha. Le Guidimakha, 10ème région de la Mauritanie, est constitué de soninkés, peulhs et maures.

Selon différentes statistiques administratives montrent que les soninkés sont majoritaires dans cette région. Il est composé aujourd’hui des villages ethniques et tribaux dont le nombre reste indéterminé car de nos jours de nouveaux villages apparaissent ; de trois départements et une capitale régionale (Selibaby).

L’idée pour répondre à cette question jaillit à travers un certain nombre de thèses qui opposent trois groupes les anciens esclavagistes, le pouvoir et les anciens esclaves. D’une part, les anciens esclavagistes disent que l’esclavage n’existe pas.

D’autre part, les institutions modernes de l’Etat, c’est-à-dire le pouvoir conteste l’existence de l’esclavage et parle des séquelles ce qui ne l’empêche pas de faire de lois antiesclavagismes. En fin, les anciens esclaves parlent de séquelles et de la pratique de l’esclavage. Tels sont les principales thèses dont cet article tente de répondre dans la région du Guidimakha.

Bref, il s’agit dans ce travail, de présenter la situation de l’esclavage dans la région du Guidimakha. Pour traiter la question de l’esclavage, nous nous somme intéressés à définir qu’est ce qu’un espace villageois soninké contemporain, ensuite les coutumes (les lada) et, les railleries et les plaisanteries chez les soninkés.

Un espace villageois soninké contemporain

Un village soninké contemporain est dirigé par le chef de village. Les villages précoloniales, les chefs étaient entouré par des ainés composé de notables, parents et issu de statu libre « Horo », de clients « Nyaxamala » des esclaves de confiances « Komo-khoro ».

Les traditions politiques et sociales remontent aux anciens royaumes et consistent essentiellement en une légende portant sur la formation, la richesse et une série de dyamu (patronymes claniques) et des titres attachées aux fonctions dirigeantes. L’espace villageois soninké contemporain est composé que des soninkés fermés sur eux mêmes, descendant d’un même ancêtre commun où plus généralement ayant une même origine, possédant une culture homogène et parlant une langue commune, et également une unité politique. La manière de penser, d’agir et de sentir, de ses membres est basée sur le système traditionnel.

L’appartenance à un village contemporain soninké dépend de la filiation patrilinéaire. La tribu et le clan ne permettent plus d’habiter à un village soninké. La terre est une propriété collective chez les soninkés malgré que la loi de 83 aboli les propriétés traditionnelles. Les villages soninkés institutionnalisent les lada pour que l’esclavage demeure.

2. Les coutumes (les lada) comme système d’institutionnalisation de l’esclavage chez les soninkés

Selon le dictionnaire Toupie : « une coutume est un usage établi devenu une règle, une pratique collective. Elle peut concerner les mœurs, la manière de vivre d’une société, les croyances, la culture, les comportements dans certaines situations, discours, etc. ».

De nos jours, les fonctions sociales chez les soninkés sont reparties entre les individus selon le statut et le rang social. Les villages sont dirigés par la chefferie traditionnelle et l’imamat reste toujours une propriété d’une famille où d’un clan.

Si les autres n’ont pas accès ces fonctions, forcement il y a une cause et une croyance derrière ce refus. Dans son ouvrage anthropologie de l’esclavage 1998, Claude Meillassoux affirmait qu’« il n’y a esclavage en tant que système social, que s’il se constitue une classe distincte d’individus relevant d’un même état et se renouvelant de façon continue et institutionnelle, de telle sorte que les fonctions que remplit cette classe étant assurée en permanence, les rapports d’exploitation et la classe qui en bénéfice ce renouvellement aussi, comme telles, régulièrement et continûment ».

Soulever la question de l’esclavage un milieu soninké comme d’ailleurs chez tout le peuple mauritanien brule de lèvres et fait des réactions très vives souvent même considérée comme un crime, un pêché, etc. Celui qui parle de l’esclavage, il est l’ennemi, le criminel et celui qu’il faut éliminer pour l’Etat et les esclavagistes.

Qu’en est-il de l’esclavage chez les soninkés ? Les réponses liées aux questions de l’esclavage sont mystiques chez les soninkés : « hado o’wara kundu » – hado c’est à dire ’vous’’ ; c’est vous est l’ennemi qui parle de l’esclavage et o’wara kundu veut dire laissez nous ainsi.

La réponse est : O’kou komakhou n’to makha – il n’y a pas d’esclavage. En effet, la seconde réponse qui suive généralement est : O’kou ladalemakhou yani o’makha ta – ce qui veut dire – Il n’y a que les coutumes.

Meillassoux ajoutait que pour « concevoir l’esclavage comme système, c’est-à-dire éventuellement comme mode de production, il faut qu’il y’ait continuité des rapports esclavagistes, donc que ces rapports se reproduisent organiquement et institutionnellement d’une manière telle qu’ils préservent l’organisation sociopolitique esclavagiste, donc qu’ils mettent en relation des groupes sociaux dans un rapport spécifique et sans cesse renouvelé, d’exploitation et de domination ».

Le système social soninké est pensé comme un idéal. Les soninkés disent : soninkakhou n’me tadou : ce qui veut dire qu’il n’existe pas un modèle pareil à celui de soninké où même un système qui peut égaler à leur système. Ce qui est tout à fait normal. Je ne sais pas où veulent-ils trouver un système social comme celui de soninkés si ce n’est pas chez les soninkés ? Ils disent aussi : O’kou soninko barékanianoya : ce qui veut dire les soninkés sont un peuple béni. Ce qui est une folie totale. Les autres sont maudits.

Quelques éléments du système social soninké : La phrase qui marque le plus est : khoro on tokho o’mokho bawoni o’mokho ké minta dou : ce qui veut dire : rester comme ils sont et parce qu’il n’existe aucun modèle qui peut égaler à le leur. Qu’en est-il vraiment de ce système ?

Le système social soninké a ces tunkalemmu, modilemmu, komolemmu, diarilemmu, et tagalemmu. Dans ce groupe chacun doit occuper une fonction particulière dans la société soninké. L’enfant est son père. Il est son père parce qu’il doit faire et accepter ce que son père fit. Avoir un père tunkalemé, komolemé, diarilemé est refusé d’être cela, signifierai pour les soninkés n’est pas reconnaître son père. Certains aillent jusqu’à dire si tu ne veux pas être un modilémé, un komolemé, un diarilémé, etc. il faut changer de père. Une personne qui a toute sa conscience ne parlera pas ainsi certainement.

La danse et les instruments de musique sont permis pour le folemmu ce qui veut dire les êtres inférieurs. Un tunkalemmé peut danser ça passe. Les modililemmu sont interdits à danser, toucher aux instruments de musique, etc. ils doivent être dans les écoles coraniques, la mosquée, etc.

D’où viennent ses ordres qui disent que tel doit frapper le tam-tam, tel doit danser, tel doit être à la mosquée. Ce ne sont certainement pas des ordres qui viennent d’Allah, étant donné que la région dont il est question est musulmane. Il s’agit d’une pire folie.

Les mots grossiers sont autorisés pour les griots, les forgerons, les komos et quelques tunkalemmu. Nous vivons dans quel monde pour faire croire de telles âneries.

Il est tout à fait normal et légitime qu’ils disent qu’on ne trouvera pas une société comme la leur. Comment les soninkés veulent-ils avoir une telle société inégalitaire ailleur si ce n’est pas chez eux. Le socialiste Joseph Fourrier et le communiste Karl Marx ne disaient-ils pas que toute différence est une inégalité et qu’il faut les supprimer. Quant à l’utilitariste Bentham disait la différence se justifie par le travail, le talent et la réussite. On supprime les inégalités qui si elles altèrent l’optimum commun.

3. Les blagues et les plaisanteries comme normalisation de l’esclavage chez les soninkés

Dans son ouvrage intitulé La psychopathologie de la vie quotidienne, Freud étudie un ensemble de faits et gestes jusque là considérés comme gratuits et insignifiants mais qui se révèlent très importants dans la compréhension des conflits de la personnalité. La théorie des actes manqués a permis de mieux comprendre l’homme qui est un être extrême complexe.

Les plaisanteries se manifestent sous la forme de propos satiriques destinés à faire rire. Cet aspect fait la plaisanterie est le plus souvent perçue comme un moyen de détendre les individus. Freud va démonter que la plaisanterie une manière socialement acceptée et codifiée de dire ses intentions et ses aspirations les plus profondes.

Les blagues sont aussi une forme de railleries sans méchanceté, ce caractère leur ôte toute forme de condamnation. Freud va pourtant démonter également que les blagues sont une manière voilée de dire la vérité, qui, si elle était sans voile serait condamnée socialement ou moralement.

Quelques exemples des plaisanteries et des blagues :

n’komolémé li yéré : mon esclave vient ici. n’komé ! mon esclave !

n’komé hatayé débéri : mon petit esclave fait du thé.

koudé an kama wa séféné : tais toi ton maître parle.

komé do andiri ani i kama koutanaya : un esclave avec une maison un béton va contredire son maitre.

koudé an komé séré man tiridi : tais-toi, on ne t’a pas sonné esclave.

an ké komé niani : toi t’es un esclave

komé féti goundalema : n’est pas parlé les secrets avec un esclave.

komé féti soukalé sobé : l’esclave n’est pas un bon compagnon.

komé khani man tou : quel rapport entre esclave et le savoir.

Eh diarré garé wara : griot arrête de mentir.

modi n’do delilé : marabout avec un pouvoir sacré

kagoro digammé : parole de guerrier

modi n’do goundo : marabout avec les secrets

C’est vraiment fatigant et insensé d’entendre ça tous les jours. Tellement de choses insensées, insultantes, inhumaines et humiliantes qu’on attend tous les jours et on laisse passer sans rien dire. C’est vraiment la honte. Il ne s’agit pas de simples blagues où plaisanteries mais une manière de pouvoir exprimer une croyance.

En vérité, les soninkés sont la pire de l’espèce humaine attaché à l’esclavage, aux pratiques esclavagistes, à de mythes et à de pouvoirs imaginaires. Le rappel de la conscience collective est rappelé par les griots font de tous les descendants d’un guerrier à des guerriers, d’un marabout à des marabouts, d’un esclave à des esclaves. Alors que ces descendants guerriers ne peuvent maint pas maniés une arme, où encore ces descendants de marabouts ne peuvent maint pas lire un verset du coran.

Ils utilisent les plaisanteries et les blagues pour exprimer leurs intentions et leurs croyances les plus profondes. A travers les plaisanteries et les blagues ; ce que quand soninké est capable d’exprimer des anciens esclaves et de lui faire faire, c’est vraiment de l’inacceptable qui est devenue acceptable. Les deux techniques de langage voilent la vérité sur l’esclavage et permettent de traiter quelqu’un d’esclave et le faire travailler sans salaire.

En conclusion, la situation en Mauritanie est très urgente. Les pratiques inhumaines tuent la société mauritanienne. L’immobilité sociale est devenue la norme puisque considérée comme la norme, devenue naturelle et perpétuelle. Chaque citoyen doit prendre compte de la gravité de la situation du pays.

Signé : B.D


Crédit source : http://www.cridem.org 

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Commune de DAFORT, la jeunesse agit par l’action sociale et citoyenne. 


L’AJDD ENTAME UNE  ACTION SOCIALE ET CITOYENNE À DAFORT À PARTIR DE CE 26 AOÛT 2016.
L’Association des Jeunes de DAFORT pour le Développement par sa section principale basée à Nouakchott, se rend à DAFORT aujourd’hui pour animer la deuxième édition de sa Semaine Citoyenne. Tôt ce matin du vendredi 26 août 2016, une douzaine de membres de l’association sont partis de Nouakchott pour le village. Il est au programme, plusieurs activités sociales, culturelles, sanitaires et environnementales lors de ce rendez-vous annuel très attendu par les ressortissants de DAFORT. À l’heure où nous écrivons ces lignes, leur convoi est en route en toute sérénité vers DAFORT. La délégation est conduite par Monsieur Cheikhou Oumar Camara, le président en exercice de l’AJDD.  Nous espérons vous faire part de la suite des activités dans les prochains jours en fonction des éléments communiqués depuis DAFORT Insh’Allah.
-K.S-

​Indignations sélectives par Venance Konan, un célèbre journaliste ivoirien.

Il est entendu que l’esclavage est l’une des pires choses qui soient arrivées au continent africain. Nous frissonnons d’indignation chaque fois que nous pensons à tous ces êtres, nos ancêtres, arrachés à leur terre, notre terre, transportés dans des conditions inhumaines sur un autre continent où ils étaient ravalés à un rang pire que celui des animaux. Nous tremblons de colère en lisant le « Code Noir » édicté par la France sous le règne de Louis XIV, pour régir les esclaves et qui les considérait comme de simples objets. Oui, la traite négrière a vidé le continent africain de ses bras les plus valides et elle n’est pas pour rien dans la situation de pauvreté généralisée que vivent nos pays. Nous avons toutes les raisons d’en vouloir à l’Amérique et à l’Europe qui ont bâti leurs économies avec la force des bras de nos ancêtres. Aujourd’hui nous réclamons réparation en espèces sonnantes et trébuchantes pour le mal qui nous a été fait.

Ce qui est étrange est que notre colère n’est dirigée que contre l’Europe et l’Amérique, et nous oublions sciemment que l’esclavage fut aussi le fait de ceux que nous appelons nos cousins, lorsque nous partageons les mêmes galères en Europe, à savoir les Arabes. Notre cousinage s’arrête en Europe, lorsque nous sommes face au Blanc, mais il en est autrement lorsque nous sommes dans le monde arabe. De la Mauritanie au sultanat d’Oman en passant par le Maroc, la Tunisie, le Soudan, l’Arabie Saoudite, l’esclavage fut pratiqué à grande échelle pendant des siècles. Les séquelles de cette traite en sont la présence, de nos jours, d’importantes populations noires dans ces pays, et les discriminations dont elles sont toujours victimes. Le mot couramment utilisé pour désigner les Noirs Africains dans bon nombre de pays arabes signifie « esclave ». Dans un pays comme la Mauritanie, qui se trouve en Afrique de l’ouest, à côté du Sénégal, l’esclavage ne fut officiellement aboli qu’en 1981. Et en 2014, c’est-à-dire il y a deux ans, l’ONG Walk Free estimait qu’il y avait encore 4% d’esclaves, soit environ 150 000 personnes au sein de la population du pays. Il est vrai que le 13 août 2015, le parlement mauritanien avait adopté une loi considérant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Cependant, le 20 août 2015, c’est-à-dire une semaine plus tard, c’est Biram Dah Abeid, figure emblématique de la lutte anti-esclavage qui était condamné à deux ans de prison, pour avoir réclamé la fin de l’esclavage. En 2000, au moment où Mouammar Kadhafi militait pour la création de l’Union africaine, les Noirs subsahariens qui vivaient dans son pays étaient victimes de terribles pogroms dans le silence assourdissant des chefs d’Etat et des intellectuels africains. Au moment de la chute de Kadhafi, les Noirs Africains qui vivaient dans son pays furent massacrés par les forces rebelles du pays. Et depuis que l’organisation terroriste Etat Islamique s’est emparée d’une partie du pays, c’est l’enfer pour les Noirs Africains qui y vivent. Et bon nombre d’Africains qui empruntent les bateaux de fortune pour tenter de traverser la méditerranée au péril de leur vie le font pour fuir cet enfer. Il y a quelques mois, ce sont tous les Noirs Africains d’une ville algérienne qui ont été victimes d’un autre pogrom. 

Toutes ces informations sont régulièrement données dans la presse, mais rien de tout cela ne nous émeut. Jamais nous n’avons organisé de manifestations pour protester contre l’esclavage qui est encore pratiquée dans un pays comme la Mauritanie. Malgré la pratique de cette abomination, ce pays fut membre de la CEDEAO jusqu’à ce qu’il décide lui-même de la quitter, pour rejoindre l’Union du Maghreb arabe. Il est toujours membre de l’Union africaine qui ne lui a jamais demandé de faire encore plus d’effort dans sa lutte contre l’esclavage. Nous n’avons jamais manifesté contre les discriminations dont sont victimes les Noirs dans les pays arabes, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid. On a l’impression que pour nous Africains, ce qui se passe dans ces pays arabes dont certains se trouvent sur notre continent est une sorte de folklore local dont il ne faut surtout pas se mêler. Il s’agit pourtant de la dignité d’êtres humains, de notre dignité à nous autres Africains, qui subissons aussi ces discriminations et vexations lorsque nous nous rendons dans ces pays. 

Nous ne doutons pas un seul instant de la volonté des gouvernements de ces pays de mettre fin à ces pratiques moyenâgeuses profondément ancrées dans les mentalités. Nous les aiderions mieux en manifestant nous aussi de temps à autre notre indignation, en leur mettant la pression, comme nous l’avions fait du temps de l’apartheid en Afrique du sud. Mais je crois que la vérité est que notre indignation dépend de celle de l’occident. Quand il s’est indigné contre l’esclavage qu’il avait lui-même pratiqué, nous nous sommes aussi indignés. Et dans la foulée, nous lui avons réclamé un peu de sous, comme si nous reconnaissions que nous avions vendus nos aïeuls à un prix trop bas. Il en fut de même pour l’Afrique du sud. Nous avons accompagné l’indignation du monde occidental. Pour le moment l’Occident ne s’est pas encore indigné contre l’esclavage arabe. Les Arabes non plus. Nous attendons donc.

 Venance Konan, le directeur du journal Fraternité-Matin en Côte d’ivoire .

L’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA Mauritanie) (Section France)


Déclaration

Depuis que la Mauritanie a pris l’engagement d’organiser le sommet arabe les 26 et 27 juillet 2016 à Nouakchott, les autorités ont lancé une campagne d’embellissement de la ville pour impressionner ses hôtes arabes. Et comme à l’accoutumée, les victimes sont les populations les plus vulnérables du pays. Ces populations ont été la cible d’une campagne violente des forces de l’ordre le 29 juin, au cours de laquelle des centaines de familles haratin ont été expulsées de la ville et jetées dans des lieux enclavés, sans toit et sans point d’eau. Des dizaines des personnes, toutes Haratin, victimes de la discrimination économique et sociale, ont été arrêtées et emprisonnées jusqu’à maintenant et sans qu’aucune voix ne s’élève pour dénoncer leur sort.

Le lendemain, le 30 juin, IRA a reçu à Washington une distinction prestigieuse (2016 TIP Heroes Awards) des mains du Secrétaire d’État américain, John Kerry, pour saluer et honorer les actions d’IRA-Mauritanie auprès des populations vulnérables soumises à l’injustice, à l’esclavage et au racisme. Depuis cet événement, les autorités de Nouakchott ont entamé une chasse à l’homme contre les militants d’IRA, une chasse qui s’est soldée par plusieurs arrestations des membres du Bureau Exécutif.

Le 17 août 2016, après une parodie de procès, ces responsables de l’organisation IRA ont été injustement condamnés de trois à quinze années d’emprisonnement. Ce procès a été dénoncé comme « politique » par l’ensemble de la communauté internationale.
·

Les prisonniers d’opinion ont été torturés par les forces de police entre le moment de leur arrestation et le début du procès.

IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des
droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté
internationale à s’ériger contre et à dénoncer ces condamnations iniques et injustifiées,
orchestrées par l’Etat mauritanien . IRA Mauritanie appelle toutes ses militantes et tous ses
militants à une mobilisation pacifique, massive et continue jusqu’à la libération
de tous ces militants des Droits de l’Homme victimes de la politique répressive de l’Etat mauritanien.

IRA Mauritanie demandera que les responsables de ces tortures soient poursuivis juridiquement.

IRA-Mauritanie rappelle que les coups de déstabilisation menés contre notre
mouvement par le régime du General Aziz ne servent qu’à nous rendre encore
plus déterminés pour faire échouer les campagnes de diabolisation auxquelles il nous a habitués.

Notre mouvement, pacifique, s’est fortement développé ces dernières années au sein de la population mauritanienne discriminée, ce qui explique les efforts croissants du régime pour éliminer les cadres du mouvement.

La liste des dirigeants condamnés est la suivante :

1-Amodou Tidjane Diop vice-président d’IRA Mauritanie, 15 ans de prison

2-Hamady Lehbous, conseiller du président, chargé de la communication, 5 ans de prison.

3-Bala Toure, chargé des relations extérieures, 5 ans de prison.

4-Ahmed Hamar Vall, Trésorier, 3 ans

5-Mohamed Jarroulah, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

6-Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, 3 ans de prison

7-Mohamed Daty, secrétaire général coordination IRA de Nouakchott, 3 ans de prison

8-Khatri Mbarack, président du comité de la paix d’IRA, 3 ans de prison

9-Ousmane Anne, président du bureau IRA Tevragh Zeina, 3 ans de prison

10-Abdallahi Matala Seck, président du bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

11-Moussa Biram, vice-président bureau IRA Sebkha, 15 ans de prison

12-Jemal Bleyil, membre du bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

13-Abdallahi Abou Diop, membre bureau IRA Riadh, 15 ans de prison

Avec eux, sept habitants de « Edebaye Bouamatou » tous haratines,se voient infliger des peines similaires.

IRA France-Mauritanie

Paris le 24 Août 2016

Association IRA France-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste)
Le Laval, Route de Cucuron 84160- Cadenet Courriel : 

irafrance.mauritanie@yahoo.fr

Regardez « IRA MAURITANIE ABIDJAN FRANCAIS » sur YouTube

L’intervention en français  du président Biram Dah Abeid. Un appel solennel à l’unité de toutes les composantes sociales du pays pour faire barrage à la lancée extrémiste dirigée par l’actuel chef de l’état entouré d’une minorité.

À suivre….!!!

​Antiesclavagiste : l’activité la plus criminelle en Mauritanie !

Il n’est pas bon d’être défenseur des droits de l’homme en Mauritanie. Il est encore plus dangereux d’être un défenseur des droits de l’homme antiesclavagiste. C’est le crime le plus élevé en Mauritanie. Pire que l’assassinat en série et à l’atteinte à la sûreté de l’Etat. Appartenir à une organisation comme IRA qui lutte contre l’esclavage, le racisme et la discrimination, c’est pire qu’appartenir à Al Qaïda au Maghreb Islamique, pire qu’être égorgeur en série au sein de Daech, Un dealer, trafiquant de drogue, un meurtrier multirécidiviste est un enfant de cœur à côté d’un militant d’IRA.

En Mauritanie, violer une fillette de 2 ans et l’étrangler à mort est mieux que lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination. Etre cambrioleur, braqueur de banque, faire l’inceste est encore mieux. Il est encore mieux de voler 12 milliards d’UM d’engrais et les remplacer par des ordures. Il est mille fois mieux encore de demander une rançon pour livrer un exilé politique réclamé par son pays pour le guillotiner. Il est enfin dix mille fois mieux d’utiliser les devises de la Banque centrale pour s’acheter des appartements au 18ème arrondissement à Paris, à Dubaï, à Casablanca et à Rabat, que de militer au sein d’IRA.

il est incroyable que d’un coup, tout le bureau politique d’une organisation reconnue pour sa lutte non violente, tombe dans le piège d’une manifestation où des policiers sont tabassés à mort et leur véhicule incendié. Mais le scénario  ficelé pour en finir avec IRA est si grossier que n’importe quel apprenti investigateur peut le sentir de loin.

Quel est le postulat de départ : en finir avec IRA. Pourquoi ? Parce que cette organisation est active sur le terrain de la dénonciation aussi bien sur le plan intérieur qu’à l’extérieur. Elle est le cauchemar de l’Etat mauritanien devant toutes les commissions internationales des droits de l’Homme. Pire, ses dirigeants n’acceptent ni les villas, ni les postes cossus, ni les comptes garnis en banque pour renoncer à leur combat. Que faire ? La décapiter. Qui devra s’occuper de la tâche ? Un ancien génocidaire rompu dans les plans scabreux et, fort d’une expérience récoltée dans les bases militaires, transformées dans les années 90 en laboratoire pour des épurations ethniques. 

Voilà le scénario tel qu’il a été concocté pour en finir avec IRA. Las des défections et des dissidences fortement monnayées qui n’ont pas donné les résultats escomptés, on passe à la vitesse supérieure. On utilise un homme peu scrupuleux et on l’injecte à l’intérieur d’IRA, le temps qu’il s’imprègne de la machinerie d’IRA Cet homme joue bien son rôle et se montre encore plus radical que l’ensemble de ceux qui l’ont précédé au sein du mouvement. Sa mission achevée, il se met à déballer des révélations bien cousues en main que la presse à la solde du système sert de tribune. Puis, arrive l’heure H.  Un nombre restreint de personnes est impliqué, quelques administrateur et chefs de corps, avec l’aide de la Taupe. Il s’agit de provoquer les habitants d’un bidonville. La Taupe organise sa troupe, tous enturbannés. Ces derniers s’invitent sur le terrain de l’opération sise à la Gazra Bouamatou. Le reste est facile à deviner. «Les enturbannés blancs » visibles dans les photos publiées lors des émeutes, excitent les jeunes de la Gazra puis passent à l’action. Quelques policiers se laissent tabasser, abandonnent leur véhicule, un car antédiluvien tout bon pour la casse, pour que les «émeutiers » commandés puissent y mettre le feu. Puis, quelques policiers sont «internés à l’hôpital » le temps d’une prise d’images. Le soir, le Wali de Nouakchott-Nord, sort à la télé publique pour la deuxième partie du scénario. Face à une opinion indignée par ce qui vient de se passer, il désigne le mouvement IRA à la vindicte populaire. D’où tient-il ses preuves ? Mystère et boule de neige. Les jours suivant seront marqués par des vagues d’arrestation. Le hic, c’est qu’au lieu de cibler les militants d’IRA actifs sur le terrain de la protestation et dont l’appareil sécuritaire détient les identités, le couperet s’abat sur les membres du Bureau exécutif, des gens qui n’ont jamais investi le terrain. Diop Amadou Tijane, Hamady Lehbouss, Mohamed Hamar Vall, Balla Touré, Lô Ousmane, Anne Ousmane, n’ont jamais participé à des manifestations organisées par IRA. Qu’importe ! L’essentiel pour le pouvoir mauritanien, c’est de décapiter IRA en visant ses plus hauts cadres, n’importe le subterfuge qui sera utilisé.

Arrêtés sans mandat d’un juge, leurs domiciles et lieux de travail seront perquisitionnés. Ils subiront une garde-à-vue de plus de dix jours, dans des lieux autres que ceux fixés par la loi, c’est-à-dire dans des commissariats. Là, ils subissent les pires tortures, alors que la Mauritanie a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains dégradants ainsi que son Protocole. Mieux, elle a érigé la torture au rang de crime contre l’humanité inscrite dans sa Constitution et mis en place un Mécanisme national de prévention contre la torture dont les membres ont prêté serment.

La dernière partition de ce drame qui devait consacrer la fin du mouvement IRA, a été jouée jeudi 18 août 2016. Après quinze jours de débats stériles, marqués par les pires violations des procédures judiciaires, et en l’absence des avocats, la Cour pénale a décidé d’infliger des peines de 15 ans à cinq militants d’IRA, les autres écopant entre 3 et 5 ans. De pauvres pères de famille, dont le seul crime est d’avoir choisi de lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination raciale. Cette mascarade de procès doit être dénoncé par tous les hommes épris de justice. Encore une fois, c’est l’image de la Justice mauritanienne, de sa partialité et de son inféodation au pouvoir politique, qui est salie face au monde qui la regarde. Pas étonnant dans ces conditions que le capital international ait peu de confiance en ce pays et qu’il devient de jour en jour connu à l’étranger comme un Etat esclavagiste et raciste.

Crédit source : Posting Page Facebook du journaliste Cheikh Aidara 

24-08-2016 14:00 – Urgent : Balla Touré extrait de la maison d’arrêt de Dar Naïm




Le Calame – Condamné à cinq ans de prison « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue », le jeudi dernier à l’issue d’un procès qualifié par les avocats et les observateurs de « mascarade judiciaire », le secrétaire aux relations extérieures de IRA Mauritanie, Balla Touré vient d’être extrait de la prison de Dar Naïm par la police.

Il a été conduit ce mercredi (24 aout) matin vers une destination inconnue. Les conseils des détenus n’avaient pas été informés. Ses collègues de cellule qui ignorent les motifs de cette extraction s’inquiètent.
Crédit source : http://www.cridem.org